vendredi 27 avril 2018

France Culture : Souffrance au travail : qui peut intervenir ?

Souffrance au travail : qui peut intervenir ?
https://www.franceculture.fr/*  27/04/2018




Cédric "Les facteurs souffrent de mal faire le travail"
Dans son secteur, deux expertises, interne et externe, ont été réalisées sur les risques psychosociaux suite à des suicides La semaine dernière des alertes ont encore été déclenchées.
Banquiers, infirmiers, enseignants, consultants.... les travailleurs de tous les secteurs sont désormais concernés. En commun, souvent, un contexte d'intensification mais aussi d'individualisation du  travail, et parfois d'importantes réorganisations.
"On n'imagine pas quand on franchit la porte d'une agence bancaire la violence psychologique qui s'exprime tous les jours de l'autre côté du guichet. L'organisation du travail oblige les conseillers à vendre des produits à des clients y compris quand il ne leur sont pas adaptés, ce qui crée des conflits psychologiques et déontologiques", souligne Régis Dos Santos, président du SNB CFE-CGC (Syndicat national de la banque).   
Écouter
Régis Dos Santos (SNB-CFE CGC)
Les personnels de la banque sont éclatés en dizaines de milliers de petites agences. Elles sont constituées d'une à maximum une vingtaine de personnes. Il y a donc une solitude profonde des salariés. Quand vous êtes quatre dans une agence dont le directeur, il est difficile de trouver une oreille. D'où notre attachement aux CHSCT.
Des acteurs institutionnels menacés  ?
Quel que soit le secteur, “il y a souvent un dénominateur commun qui est un contexte d’intensification du travail. Et une individualisation des relations de travail. Du coup, les salariés ressentent les difficultés sans doute beaucoup plus seuls qu’il y a 30 ans", estime Annabelle Chassagnieux, experte auprès des CHSCT au sein du cabinet Apteis
Dans les entreprises auprès desquelles son cabinet est intervenu, les interlocuteurs institutionnels pour répondre à des situations de crise sont plus ou moins actifs, constate-t-elle. Mais comme la majorité des acteurs de la santé au travail s’inquiète désormais des conséquences des ordonnances de la loi travail. Elles prévoient entre autres la fusion des CE, délégués du personnel, des CHSCT, les comités hygiène et sécurité, en un Comité économique et social.
En décembre dernier, membres de CHSCT, syndicalistes, experts en santé et travail, avocats, médecins du travail, inspecteurs du travail, chercheurs ont appelé à une "assemblée nationale des CHSCT" pour protester contre la disparition de cette instance en tant que telle.
Permanences pluridisciplinaires  

"La première réaction des salariés c’est malheureusement de se tourner d’abord vers son médecin et seulement après vers les organisations syndicales", déplore Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.
Quand on s’extrait de l’organisation du travail par la médicalisation, la réponse collective est plus difficile à construire. D’où l’importance pour les organisations syndicales de donner des réponses aux salariés.
Solidaires forme désormais ses équipes spécifiquement sur ces questions : elle leur donne des clés pour aller devant les tribunaux, faire reconnaître une maladie professionnelle. Le syndicat fait aussi partie de ceux qui tiennent deux fois par mois une permanence interprofessionnelle à la Bourse du travail à Paris. Une initiative issue des premiers Etats généraux de la santé des travailleuses et des travailleurs organisés en 2016 par le collectif  « Ne plus perdre plus sa vie à la gagner". Les prochains auront lieu en mai prochain. 
Le  collectif rassemble des inspecteurs du travail, des médecins du travail, des chercheurs, des experts CHSCT etc. Il s’agit de mettre toutes ces compétences à la disposition de ceux qui n’y ont pas accès dans leur entreprise ou rencontrent des difficultés. Elle pourrait aussi bientôt voir le jour dans d’autres territoires comme la Loire Atlantique ou la Seine maritime.

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