Affichage des articles dont le libellé est ARCHITECTURE URBANISME. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ARCHITECTURE URBANISME. Afficher tous les articles

samedi 5 janvier 2019

IRLANDE Installation artistique et amenagement urbain d'un pont

Une installation artistique à Derry / Londonderry sera aussi une stratégie de prévention du suicide
d’après article  An art installation in Derry/Londonderry will double as a suicide prevention tactic

Par David Capener 20/09/2018


Le pont de la paix sur la rivière Foyle, Derry / Londonderry, 2013. Image: Getty.

Depuis le Good Friday Peace Agreement, le nombre de personnes qui se sont suicidées en Irlande du Nord est supérieur au nombre de personnes tuées au cours des troubles, laissant la province avec le taux de suicide le plus élevé du Royaume-Uni. Il s’agit d’un problème particulier pour la ville de Derry / Londonderry, qui connaît le taux de suicide le plus élevé d’Irlande du Nord.

Depuis 2016, une équipe de concepteurs du Centre de design Helen Hamlyn du Royal College of Art, travaillant avec l'Agence de santé publique d'Irlande du Nord, étudie comment les approches de conception pourraient améliorer la santé mentale en ville. Ils se sont concentrés sur la rivière Foyle, un point de repère dominant de la ville qui a des connotations négatives pour les problèmes de santé mentale dans la ville.

Historiquement, le fleuve a agi comme un mur de «paix» non officiel. «Cela a séparé les communautés», a déclaré Elisha McCalion, députée de Sinn Féin. L'ouverture du pont de la Paix en 2011 reliait les rives est et ouest de la ville, «mais malheureusement, il existe aussi une réalité: malheureusement, de nombreuses personnes se suicident dans le fleuve».

L’expression locale «
‘ready for the Foyle’» est utilisée en plaisanterie en période de stress ou de difficultés. Une récente augmentation des incidents suicidaires sur le fleuve a contribué à inciter la ville à réagir. Cependant, le fleuve joue également un rôle positif dans l’histoire de la ville.

Un des événements les plus inhabituels sur la rivière est devenu un point de départ pour le projet. En 1977, au plus fort des troubles, un orque - appelé localement Dopey Dick - remonta la rivière Foyle à la recherche de saumons. Pendant plusieurs jours, la baleine est devenue un point de cohésion de la communauté - une distraction de la violence en cours.

L’équipe a construit une réplique de baleine grandeur nature pour flotter sur le fleuve dans le cadre du festival maritime annuel de Derry et des célébrations d’Halloween. Utilisant la baleine comme base de recherche, ils ont demandé aux gens comment ils pourraient améliorer le bord de la rivière.

«La réponse a été étonnante», a déclaré le responsable du projet, Ralf Alwani. «Nous avons commencé à comprendre à quel point la baleine avait une telle importance et pourquoi elle résonnait encore comme un souvenir positif. Nous avons appris que la rivière joue un rôle si important dans la conscience locale. Nous avons donc commencé à réfléchir à la manière dont le projet pourrait faire quelque chose de similaire en réanimant la rivière de manière positive - en créant un sentiment de
fête. "



La première proposition de l’équipe - s’attaquer au comportement suicidaire le long des ponts du Foyle - est le projet Foyle Reeds. Environ 12 000 roseaux extrudés et interactifs numériques seront installés le long de la barrière existante du pont principal de la ville, le pont Foyle, dans ce qui deviendra la plus grande installation d’art en Irlande du Nord. Les roseaux créeront une barrière architecturale qui vise à prévenir les suicides planifiés. Contrairement aux barrières de prévention traditionnelles, qui semblent emprisonnées, les roseaux interagissent avec les piétons, changeant de couleur à mesure qu'ils détectent le mouvement des personnes. Les gens peuvent également adopter un roseau pour une somme modique et changer de couleur pour une occasion spéciale.


La deuxième proposition est Foyle Bubbles, une série de petits espaces portables pouvant être déployés sur le bord de la rivière. Les «bulles» hébergeront des groupes communautaires, artistiques, de loisirs et commerciaux. L’équipe espère que les «bulles» incuberont l’activité entrepreneuriale et généreront des festivités dans la région. Les occupants des «bulles» suivront également une formation de sensibilisation à la santé mentale, afin de les aider à repérer les personnes en crise le long du fleuve, apportant une réponse communautaire sans stigmatisation clinique.


C'est la première fois qu'un projet de ce type et de cette envergure est entrepris. En cas de succès, il faudra probablement une génération pour que les perceptions négatives de la rivière changent. Alwani est conscient des limites du projet: «L’art et le design ne sont pas la solution miracle». Toutefois, les recherches effectuées par le Centre pour l’aménagement urbain et la santé mentale
Centre for Urban Design and Mental Health  ont montré que la santé mentale peut être améliorée en "modifiant le sens des lieux".

Dr. Layla McCay, directrice du centre, a déclaré: «Une théorie est que les installations qui évoquent la nature peuvent rendre les gens moins anxieux et réduire les pensées suicidaires; une autre est qu'investir dans des lieux qui ont un sens pour les communautés peut susciter la fierté d'un quartier et améliorer le sentiment d'appartenance et d'estime de soi. Le projet Foyle Reeds comprend des éléments de ces deux théories. "

Visuels courtoisie de Vizrage; photos de Ralf Alwani.

source https://www.citymetric.com/fabric/art-installation-derrylondonderry-will-double-suicide-prevention-tactic-4190

jeudi 26 janvier 2017

Quand l’architecture aide à soigner: visite d’une clinique psychiatrique

Quand l’architecture aide à soigner: visite d’une clinique psychiatrique
Par Jean-Bernard Litzler Mis à jour le 25/01/17 immobilier.lefigaro.fr










EN IMAGES - Installée récemment, la clinique psychiatrique Jeanne d’Arc à Saint-Mandé (94), a ouvert ses portes au Figaro Immobilier. Découvrez comment la conception des locaux et les aménagements participent au bien-être des malades.

Pour la grande majorité de la population qui n’y a jamais été confrontée, l’hôpital psychiatrique est un univers qui fait peur. On l’imagine volontiers fermé et sinistre et les cinéphiles ne peuvent s’empêcher d’y associer des images de Vol au-dessus
d’un nid de coucou. Alors quand un de ces établissements vous propose de franchir le seuil de sa porte, l’occasion est belle de voir ce qui se passe derrière ces murs. Précisons tout de suite que la clinique Jeanne d’Arc à Saint-Mandé (94) est un établissement privé et ouvert où les tarifs d’hébergement peuvent s’envoler jusqu’à 500 euros la nuit. Alors forcément, mieux vaut soigner le cadre et l’aménagement.

«En psychiatrie, 40% de la prise en charge réside dans l’environnement, précise immédiatement Philippe Pouget, directeur de la clinique. Nous devons donc créer le cadre le plus agréable possible et tentons de créer une atmosphère d’hôtel 4-étoiles plus que d’hôpital.» Ouvert l’an dernier, l’établissement repris par le groupe Inicea disposant de 10 cliniques psychiatriques à travers le pays, vient remplacer la clinique historique du même nom, installée depuis 1860 dans un parc de la ville.

«On fume beaucoup en psychiatrie»

Lorsque l’on vise une clientèle plutôt haut de gamme et que l’on échange une localisation bucolique contre un terrain urbain beaucoup plus dense, il faut soigner l’architecture et les matériaux. Avec ses 6200 m² en R+4 et ses 120 chambres, l’établissement se fond discrètement dans le voisinage. Une grille d’entrée mais pas de hauts murs, ni d’affichage de l’activité exacte des lieux, juste la mention «Hôpital privé parisien».

On remarque immédiatement les claustras en bois sur la façade avant du bâtiment. Chaque étage dispose de son coin café avec terrasse, car «on fume beaucoup en psychiatrie», comme le souligne Philippe Pouget. Alors pour concilier sécurité et esthétique, les ouvertures sont grillagées mais habilement recouverte de bois, un «matériau rassurant», selon Hervé Cornou l’un des architectes de l’agence Palissad, qui s’est occupée des lieux. L’occasion aussi d’apporter un maximum de lumière dans le bâtiment et de rester ouvert sur la ville.

Une salle d’eau évoquant la cabine d’un paquebot

À chaque niveau, on retrouve ce soin apporté à la lumière. Les fameuses salles à café avec terrasse disposent par exemple d’une vitre donnant sur le couloir. «L’intérêt est double, explique Hervé Cornou, cela diffuse de l’éclairage naturel vers le couloir tout en permettant aux malades de s’assurer avant d’entrer qu’il n’y a personne qu’ils n’apprécient pas, à l’intérieur.» Une idée à importer dans les salles à café des bureaux?

Quant au mini-jardin de l’hôpital, il a aussi été optimisé. Bon nombre de chambres donnent sur cet espace de verdure tout en longueur prolongé par des plantes grimpantes, et en rez-de-jardin, la petite allée fait office de banc sur toute sa longueur. Dans les chambres enfin, d’une vingtaine de mètres carrés en moyenne, tout a été fait pour entretenir un état d’esprit d’hôtel: un lit qui semble le moins «médical possible» et une salle d’eau monobloc, facile d’entretien, mais «ressemblant plus à une cabine de paquebot qu’à autre chose», selon Hervé Cornou. La télévision qui diffuse les messages internes finit d’entretenir l’illusion hôtelière.
Côté aménagement des chambres, les téléphones sont sans fil pour éviter les pendaisons tandis que les crochets pour les vêtements sont prévus pour ne pas supporter le poids d’un homme.

Mais on est bien dans un hôpital psychiatrique: tous les accès sont sécurisés par badge, permettant de définir des autorisations et interdictions de circuler pour chaque patient, des veilleuses dans chaque chambre facilitent les passages nocturnes du personnel médical et l’insonorisation a été particulièrement renforcée pour ne pas perturber le sommeil.

Côté aménagement des chambres, les téléphones sont sans fil pour éviter les pendaisons tandis que les crochets pour les vêtements sont prévus pour ne pas supporter le poids d’un homme. Du côté du mobilier, il est soit très lourd pour éviter tout déplacement ou alors très léger (comme les chaises) pour que l’on ne puisse blesser personne avec. Les fenêtres sont bien spécifiques: on peut les ouvrir de l’extérieur (une nécessité pour les pompiers) mais de l’intérieur, il faut se contenter d’un volet étroit permettant d’aérer.

Pour ce qui est des soins à proprement parler, l’établissement dispose de plusieurs salles pour des thérapies de groupe: sophrologie, danse-thérapie, art-thérapie, repas thérapeutiques, etc. Moins rassurant, mais toujours d’actualité, on découvre le plateau technique où se pratique l’électro-convulso thérapie, appellation high-tech des électrochocs. «Cette technique se pratique sous anesthésie générale et reste très efficace pour traiter les dépressions sévères, dans 5 à 10% des cas», estime Philippe Pouget. Des méthodes qui peuvent désormais être relayées par la stimulation magnétique transcrânienne (RTMS), une technique à base d’ondes électromagnétique, moins violente et moins invasive.

http://immobilier.lefigaro.fr/article/quand-l-architecture-aide-a-soigner-visite-d-une-clinique-psychiatrique_8179e300-e23d-11e6-a30c-7e0318ea1240/

vendredi 30 décembre 2016

AUTOUR DE LA QUESTION Comment nous pourrions mieux gérer les maladies mentales en redessinant nos villes

Comment nous pourrions mieux gérer les maladies mentales en redessinant nos villes

Si les maladies mentales ne trouvent pas leurs causes dans l'urbanisme, celui-ci peut parfois aider les personnes les plus fragiles. En effet, le calme d'un espace vert comme l'affluence d'une terrasse de café peuvent être des vecteurs de liens importants pour les malades mentaux.


Publié le atlantico.fr/* de  Jacques Lévy

Jacques Lévy est urbaniste et professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il a récemment publié Réinventer la France

Fou dans la ville

Atlantico : La psychiatre Layla McCay, fondatrice du Center for Urban Design and Mental Health, travaille notamment à alerter les autorités sur la nécessité de prendre en compte la santé mentale en matière d'urbanisme. Par leurs caractéristiques, à quel point les villes affectent-elles notre santé mentale ? Comment cela se manifeste-t-il ?

Jacques Levy : La maladie mentale peut être définie comme une difficulté de vivre avec soi même, comme une difficulté de vivre avec les autres. Il faut rechercher la base de ces maladies dans la construction de l’individu dès la petite enfance, époque où ses relations avec l’environnement sont faibles. La ville n’est pas responsable de la maladie mentale, cependant l’environnement spatial et urbain ont connu une certaine évolution. Nous somme passé de l’idiot du village au fou dans la ville et entre les deux se trouve l’institution qu’est l’hôpital psychiatrique.
Nous avons parfois une certaine nostalgie d’un système intercommunautaire et rural, où le malade s'intègre dans l’environnement avec une faible institutionnalisation (à condition qu’il ne soit pas un danger pour autrui). Michel Foucault a travaillé sur la question de l’extraction des déviances et notamment des maladies mentales du 18ème siècle à la moitié du 20ème par la création d’espace spécifique, c’est l’hétérotopie. La ressemblance entre hôpital psychiatrique et prison étant évidente. Pour beaucoup de médecins, les malades peuvent utiliser l’environnement extérieur comme une ressource pour aller mieux, indépendamment des autres types de traitement.
Finalement, plus une ville est grande plus elle offre des ressources urbaines qui vont aider le malade à travers la solidarité mais aussi l’anonymat. La conquête de l’urbanité, du respect des individus résume l’histoire des villes depuis le 19ème siècle. Plus les villes sont des villes, plus elles sont ouvertes à l’altérité et au mélange, plus elles vont être agréables aux personnes qui ressentent un mal être important. Dans toutes les situations de vulnérabilité la ville permet de rendre une vie normale par son adaptation. La violence et l'agressivité dans la ville sont néfastes pour tous les habitants de la ville. A mon sens, il ne faut pas une ville spécialement pour les malades mentaux, une ville se doit d’être bonne pour tous et donc pour les catégories les plus faibles.

Quel rôle peut jouer précisément l'urbanisme dans la prévention de certains troubles mentaux et dans l'accompagnement des personnes qui en souffrent déjà ?

L’origine des maladies mentales étant probablement dans le cercle proche de la personne, nous pouvons donc penser que plus l’individu existe en dehors du cercle familial plus les syndromes liés à la construction familiale peuvent s'atténuer. La force d’une ville est son espace publique et ce qu’on peut appeler les liens faibles. L’espace public ne se substitue pas aux liens forts qui construisent l’individu. Tout en étant conscient des limites, lorsque la ville offre des opportunités de construction, de relations ou de réseaux de relations par une approche pragmatique, cela peut aider certains individus. La possibilité d’une intimité dans l’espace public est une notion importante, nous avons souvent confondu le couple public/privé avec le couple intime/extime. Beaucoup de personnes déploient leur intimité dans des lieux où la densité n’est pas faible, dans un espace public mobile. Si l’individu peut progresser doucement dans la reconquête de son intimité, la ville peut être utile. Les lieux où l’on se sent bien sont important, nous devons pouvoir interagir de façon équilibrée avec un environnement présent.

L’une des caractéristiques fondamentale de l’urbanité est la multitude de micro événements non prévisibles auxquels nous sommes confrontés. Cette dimension aléatoire peut être utile à celui qui se sent mal, il va voir des voies s’ouvrir auxquelles il ne serait pas confronté dans un espace fonctionnel classique. La force de la ville est que chaque chose n’est pas à sa place. Il faut que l’individu soit prêt à recevoir positivement ces informations, c’est la sérendipité (le fait de trouver ce que l’on ne cherche pas).
Cet apport de la ville peut prendre des formes multiples, il ne faut pas nécessairement du calme. Il faut créer des infrastructures appropriés aux habitants. L’urbanisme propose, si les habitants viennent à un moment donné, alors il y a un espace public. Il faut offrir aux personnes fragiles des environnements malléables qui peuvent leur convenir. Par exemple, le sociologue Erving Goffman a montré que dans l’espace public, l’inattention civile est très importante. Le fait ne pas faire attention aux choses inhabituelles est importante pour les malades mentaux. Par la ville, des personnes en difficultés mentales peuvent vivre sans se sentir agressées, il y a là un réel enjeu.

Quels efforts une ville comme Paris doit-elle fournir afin de prendre en compte, dans son urbanisme, les dommages causés sur notre santé mentale par l'environnement urbain ? Comment juger la volonté des politiques municipales à cet égard ?

Lorsque l’on qualifie l’espace public pour tout le monde il est important de la faire aussi pour les plus vulnérables. Il n’est à mon avis pas nécessaire d’avoir des politiques spécifiques pour les malades mentaux. Une politique urbaine se doit de toucher tout le monde, pas seulement les personnes fragiles. L'immatériel est plus important que le concret, l’urbain a besoin par exemple d’espace fixe et calmes (espaces verts) comme de mobilité et d’affluence (terrasses de café). Les agoraphobes n’ont pas besoin des mêmes choses que des claustrophobes. Plus la diversité d’offre urbaine est grande, plus les différents cas de figure de maladies mentales vont trouver des réponses.


*http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-pourrions-mieux-gerer-maladies-mentales-en-redessinant-nos-villes-jacques-levy-2921298.html

mardi 5 avril 2016

SUISSE ARTICLE BLOG : Pont Bessières L’architecture au service de la prévention & mobilisation citoyenne

Pont Bessières : entre suicide et espoir
article du blog http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/

de Florian Poupelin | 
Le Pont Bessières est un monument important de Lausanne, autant pour son architecture que pour sa réputation de "pont des suicides" romand. En plus d'un siècle, il a su se transformer et s'adapter aux époques qu'il a traversées, mais il reste néanmoins, encore aujourd'hui, un triste symbole de notre ville. Rétrospective et explications.
(© Ville de Lausanne)

Il y a plus d’un siècle déjà

Après plusieurs années d’indécision, la Ville de Lausanne met enfin au concours la construction d’un pont reliant le quartier de la Caroline et la Cité. Nous sommes en 1899 et c’est Eugène Jost, architecte vaudois à qui l’ont doit notamment l’Hôtel des Postes de Saint-François, qui se voit confier le chantier de ce pont devant joindre la Cité à l’École de Médecine (bâtiment au carrefour des rues César-Roux et Caroline).

Deux ans plus tard, le bijoutier et banquier lausannois Charles Bessières court-circuite le projet de la ville et offre 500 000 francs à Jost pour construire un pont à son nom, avec un tracé plus en aval du projet initial, entre la Cité-Dessous et la Chapelle de Marterey. Mais, quelques mois après cette proposition, Charles Bessières meurt, et cinq jours après son décès, la Ville de Lausanne accepte son idée, finissant même par annuler la construction du pont communal.
Les piétons envahissent le Pont Bessières le 24 septembre 1910, jour de son inauguration (© Musée historique de Lausanne)

Le chantier commence alors en 1908, mené par les Ateliers de constructions métalliques de Vevey, et s’achève deux ans plus tard. Le 24 septembre 1910, Victor et Charlotte Bessières, frère et sœur de Charles, inaugurent le Pont Bessières, en rendant hommage à leur frère défunt devant la plaque commémorative. Toujours visible aujourd’hui à l’entrée du pont, côté Caroline, cette plaque marque le début d’une relation particulière entre ce pont et une certaine idée de la mort.

Le pont des suicides

En Suisse, un suicide sur dix s’effectue depuis un pont, une moyenne qui se place parmi les plus élevées au monde. Avec Berne et Zoug, Lausanne fait partie des trois villes suisses où le taux de morts par « précipitation dans le vide depuis un pont » est le plus haut. Lieu emblématique de la ville, le Pont Bessières serait donc un des haut-lieux du suicide en Suisse.
 Les anciennes balustrades du Pont Bessières (© Ville de Lausanne)

Mais s’il atteint ce statut peu glorieux de « pont des suicides » de Suisse Romande, ce n’est aucunement pour des raisons romantiques ou symboliques, mais plutôt et surtout pour des raisons architecturales. En effet, durant plus de soixante ans, les deux balustrades du pont ne s’élèvent qu’à hauteur de 110 cm, permettant aux suicidés en devenir de les franchir facilement, de parcourir ensuite les 23 mètres de chute libre, et enfin de rencontrer la chaussée bitumée de la Rue Saint-Martin. (Pour comparaison, la balustrade du Golden Gate Bridge de San Francisco, deuxième haut-lieu mondial du suicide, après de Pont de la rivière Nanjing Yangtze en Chine, n’est haute que de 120 cm).

Lors de sa remise en état en 1972, le Pont Bessières voit néanmoins ses balustrades remonter de 20 cm, passant alors à 130 cm de hauteur. Mais malheureusement, cela n’aura aucun effet sur le taux de suicide enregistré, 130 cm étant presque aussi faciles à enjamber que 110. Ainsi, de 1966 à 2003, la moyenne annuelle des suicidés était de quatre, pour un minimum de deux par an.


L’architecture au service de la prévention

Puis, au cours des dernières décennies, plusieurs éléments viennent accélérer une nouvelle remise en état du pont et une véritable mise en place d’urbanisme anti-suicide, aboutissant à la nouvelle version du Pont Bessières que nous connaissons aujourd’hui. Tout d’abord, en 1987, le pont est inscrit à l’Inventaire cantonal des monuments historiques, redonnant un peu de sa splendeur d’antan au pont à la désormais triste réputation.
 Le plan d’étude des garde-corps installés en 2003 sur le Pont Bessières (© Bureau des travaux de la Ville de Lausanne)

Puis, en 1995, un rapport d’inspection indique de manière alarmante des phénomènes de corrosion accélérée qui fragilise la structure métallique du pont. Il faudra néanmoins cinq ans, et l’insistance du criminologue André Kuhn (ayant assisté à deux suicides depuis son bureau situé à côté du pont) pour que la Ville de Lausanne vote et accepte un crédit visant à remettre en état le pont et à mettre en place de nouveaux garde-corps. Ce n’est que trois ans plus tard que les travaux se termineront. Les balustrades sont rehaussées de 25 cm, passant donc de 130 cm à 155 cm, avec un faux-aplomb intérieur de 35 cm, rendant la balustrade presque impossible à enjamber. Un système lumineux est également installé dans l’architecture même du pont, créant une atmosphère douce, reflétée notamment par des éclats de miroir incrustés dans le revêtement des trottoirs.

Mis en place depuis seulement treize ans, ce nouveau Pont Bessières semble déjà porter ses fruits. Depuis 2003, la moyenne annuelle des suicidés est passée de quatre à un par an, avec auparavant deux suicides minimum par an, pour deux suicides maximum par an maintenant, et ce sans qu’un déplacement des suicides ou d’autres modes opératoires aient été observés. De plus, entre 1966 et 2003, une seule année sans suicide fut enregistrée, contre déjà quatre entre 2004 et 2016.
 Joël Albert devant sa cabane de fortune sur le Pont Bessières (© Cyberphoto)

Peut-être en passe de perdre sa réputation de « pont des suicides » de Suisse Romande, le Pont Bessières est donc un très bon exemple du rôle prépondérant que peut jouer l’architecture des lieux de suicide dans la prévention de ces mêmes suicides.

L’humain avant tout

Mais au-delà du progrès technique et architectural du Pont Bessières, un aspect humain quasi-inédit a aussi, depuis 35 ans déjà, fortement marqué son histoire. En effet, c’est en 1980 que Joël Albert voit quelqu’un sauter du pont devant ses yeux. Révolté par cet acte et surtout par le manque d’engagement des autorités publiques, il décide de s’installer sur le Pont Bessières, durant les fêtes de fin d’année, pour prévenir les éventuelles tentatives de suicide, toujours plus fréquentes à cette période.

Mécontente, la Police Lausannoise essaie de le déloger, mais c’est sans compter sur la détermination de cet ancien activiste membre de «Lôzane Bouge » et de ses amis tout aussi décidés que lui. Un accord est alors trouvé entre les deux parties et Joël Albert installe légalement sa cabane de fortune sur le Pont Bessières. Une des équipes de bénévoles, durant l’hiver 2010 (© Gérald Verdon Photography)

Jusqu’en 1994, ses amis et lui nourrissent le feu et apportent leur soutien aux âmes désespérées des fêtes de fin d’année. En 1995, Joël meurt soudainement à 38 ans, d’une pancréatite, mettant le projet entre parenthèses.

Heureusement, ses amis n’abandonnent pas et décident de prendre la relève. Ils s’organisent et, au fil des ans, une seconde cabane vient rejoindre la première, maintenant avec des boissons chaudes et de la nourriture à disposition. Le stock de bois augmente et le feu brûle comme jamais. D’année en année, les équipes de bénévoles s’agrandissent et se relaient toutes les huit heures, pour assurer une permanence en continu.

D’abord pensée pour prévenir les actes suicidaires sur le pont, cette initiative s’applique désormais à toutes les personnes désespérées qui passent par là. Certains ont juste besoin de parler, de se sentir moins seuls ou sont tous simplement ivres. La moyenne actuelle de passage est de 20 personnes par jour, durant les fêtes. Les oriflammes du Pont Bessières, réalisées par Sébastien Lefèvre pour Lausanne Lumières 2015 (© Festival Lausanne Lumières)

Toujours un triste symbole

Mais malgré tout cela, le Pont Bessières reste toujours un triste symbole. Il y a encore quelques mois, à la fin de l’automne, on a vu le milieu du pont se faire envahir de bougies, de fleurs et de petits mots pliés. Des groupes d’adolescents du Gymnase de la Cité situé juste à côté s’y sont relayés pendant plusieurs jours, en fonction des horaires de leurs cours. On pouvait lire de la tristesse et de l’incompréhension dans leurs yeux, parfois même de la révolte. Les passants, eux, jetaient des coups d’œil discrets et gênés, changeant parfois de trottoir, alors que les techniciens de Lausanne Lumières installaient les oriflammes colorées du festival à venir.

Comme souvent et comme partout, la mort côtoie la vie de manière inattendue. Le Pont Bessières respecte cette règle depuis déjà plus d’un siècle et il devra sûrement encore la respecter longtemps.
http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/

vendredi 12 février 2016

AUTOUR DE LA QUESTION MANIFESTATION 2èmes rencontres Architecture et Psychiatrie 20 mai 2016 PARIS APPEL A Communication

2èmes rencontres Architecture et Psychiatrie
source info cyberarchi.com*
 
L’ Association pour la Promotion de l’Assurance Qualité en Santé Mentale (APAQESM) organise en partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Val de Seine un colloque « Architecture et Psychiatrie » pour permettre à des architectes, des urbanistes, des soignants, des gestionnaires, des personnes vivant avec un trouble psychiatrique et leurs proches de réfléchir au meilleur lieu de soin et de vie possible, dans ce contexte , quel que soit leur lieu de vie au cœur de la cité, dans des petites villes ou en milieu rural.
Comment trouver des solutions architecturales adaptées dans toutes les phases des troubles mentaux : des phases aigues aux moments de retour vers la vie, en conciliant au mieux la sécurité tout en offrant aux personnes un espace qui favorise leur rétablissement et maintienne leurs liens sociaux ?
Les relations entre architecture et psychiatrie ont traditionnellement donné lieu à un débat très animé qui a évolué à travers l’exercice de la psychiatrie et plus spécifiquement de la mise en place du mouvement de désinstitutionalisation. Quel que soit le contexte, l'architecture doit prendre en compte les besoins des personnes vivant des troubles mentaux aux différents stades de leur évolution et dans le respect de leurs besoins.
L’architecture est donc un élément essentiel de la qualité des soins autant que de la phase de réadaptation et de participation à la vie sociale et il importe que le dialogue entre architectes, soignants, gestionnaires et les personnes impliquées puisse avoir lieu.
Un premier colloque initiatique s’est tenu en octobre 2001 à l’hôpital Européen Georges Pompidou et a permis l’édition d’un livre « Architecture et Psychiatrie ». Ce colloque se proposait alors de décliner le rapport entre la psychiatrie et l’architecture, dans ses équilibres intra et extrahospitalier et privé/public, par la mise en place d’une rencontre permettant de générer des éléments de réflexion voire des références qui deviendraient disponibles pour ceux (psychiatres , architectes et gestionnaires) fréquemment confrontés à des projets d’aménagement ou de réaménagement architecturaux amenant de ce fait à un réinvestissement de la problématique architecture et psychiatrie.
Le présent colloque, qui se tiendra le 20 mai 2016 grâce à un partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Val de Seine, veut faire le point 15 ans après, sur les nouvelles réalisations en élargissant le champ au domaine social et médico social et plus largement à l’intégration des personnes et usagers de la psychiatrie dans la cité. Il propose aussi de prendre en compte des projets dans différents contextes nationaux et internationaux, en faisant un appel à communication.

Présentation – inscription - appel à communication :
programme sur www.apaqesm.org
Date limite pour la réception des communications : 31 mars 2016
2èmes rencontres Architecture et Psychiatrie

20 mai 2016 – Paris - ENSA Paris-Val de Seine
* http://www.cyberarchi.com/article/2emes-rencontres-architecture-et-psychiatrie-11-02-2016-15821

lundi 20 octobre 2014

ANGLETERRE MESURES PREVENTIVES ESSAI DE LUMIERES BLEUES APAISANTES SUR LES QUAIS

Des lumières bleues apaisantes sur le quai seront testées dans les gares pour lutter contre la hausse des suicides sur les voies

Informations tirées de l'article " Soothing blue platform lights will be trialled in railway stations to tackle the rise in suicides on the tracks" Jenny Awford pour MailOnline
le 19 Octobre 2014.

Des Lumières bleues apaisantes seront installées dans certaines stations de chemin de fer dans l'espoir d'arrêter le nombre croissant de suicides.

Network Rail a entrepris une série d'essais, comprenant des lumières bleues dans les voutes et les poteaux d'éclairage sur les quais.

Il étudie également l'utilisation de capteurs qui se déclenchent quand les gens entrent dans certains espaces du chemin de fer, comme la fin des quais, suivi d'un message d'alerte enregistré.



Les lumières bleues ont déjà été installées dans la station Gumyoji, à l'ouest de Tokyo, au Japon. Network Rail expérimentera les lumières pour voir si elles ont un impact sur le nombre de suicides

Il y a eu 279 suicides ou suicides suspectés sur le réseau ferroviaire en 2013-2014, le nombre le plus élevé jamais enregistré (246 de l'année précédente), selon les chiffres officiels.

"Nous voulons faire tout notre possible pour empêcher cela" a déclaré Ian Stevens, directeur de la prévention du suicide pour Network Rail au Sunday Times.

Le Rail Safety and Standards Board a révélé qu'il y avait eu 29 suicides présumés en Août et 28 en Juillet. La moyenne mensuelle au cours de la dernière année a été de 23.

mardi 11 mars 2014

AUTOUR DE LA QUESTION : L’architecture des prisons, un casse-tête non résolu


L’architecture des prisons, un casse-tête non résolu

Dans son rapport annuel, rendu public mardi 11 mars, le contrôleur général des lieux de privation de liberté appelle l’exécutif à repenser l’architecture carcérale.
11/3/14 - 10 H 59 sur http://www.la-croix.com/Actualite/France/L-architecture-des-prisons-un-casse-tete-non-resolu-2014-03-11-1118570
 


Photo du nouveau centre pénitencier de Corbas prise le 02 avril 2009 dans la banlieue de Lyon.
FRED DUFOUR/AFP Photo du nouveau centre pénitencier de Corbas prise le 02 avril 2009 dans la banlieue de Lyon.


L’immense majorité des prisons françaises est calquée sur un schéma très ancien hérité du XIXe  siècle.

Désireux d’innover, les architectes doivent souvent batailler contre l’administration pénitentiaire pour qui la sécurité prime.

Quitter la vétuste prison lyonnaise de Saint-Paul pour le centre pénitentiaire ultramoderne de Corbas (Rhône), Steeve en a rêvé pendant des mois. Jusqu’à son transfert un jour de 2009. Une fois sur place, il a vite déchanté. « Corbas, c’était propre, aussi nickel qu’un hôpital, se souvient l’ancien détenu. Mais tout était automatisé, il y avait des sas et des caméras partout, on se serait cru dans un film de science-fiction. »
Fonctionnelle, parfaitement sécurisée, la prison de Corbas a pendant un temps incarné la prison du futur. Un temps seulement. Les violences à répétition et les suicides en série ont fini par en faire un contre-exemple.
000_APP2000022080697
La prison de Saint-Paul, à Lyon (c. AFP)

Juguler la surpopulation carcérale
 « C’est dans les prisons les plus récentes que le mal-être des détenus se révèle le plus profond, note l’aumônier Vincent Feroldi. Les lieux ont été mal conçus, de sorte que les condamnés se sentent à la fois plus isolés et plus oppressés. »
Un constat partagé par le contrôleur général des prisons, Jean-Marie Delarue, qui a choisi de consacrer toute une partie de son rapport annuel à l’architecture en prison. Son but : inciter les pouvoirs publics à réfléchir à la prison de demain, eux qui ont plutôt eu tendance, ces vingt dernières années, à construire dans l’urgence en vue de juguler la surpopulation carcérale.
En France, l’architecture des prisons est quasiment inchangée depuis le XIXe  siècle. Les établissements sont pratiquement tous conçus sur le même modèle : un bâtiment principal de plusieurs étages, des cellules fermées donnant sur de longues coursives, une cour de promenade entourée d’un mur d’enceinte doté de miradors.
Cette organisation spatiale fait de la cellule le lieu central de la vie en détention, ce qui n’encourage ni à la socialisation, ni à la réinsertion, ni à la responsabilisation du détenu, confiné dans sa cellule 22 heures sur 24.

Humaniser la prison
Quelques architectes ont pourtant tenté de repenser l’univers carcéral au début des années 1980, encouragés par le ministre de la justice de l’époque, Robert Badinter. « Il y a eu durant cette période une véritable volonté d’humaniser la prison, se souvient l’architecte Guy Autran. À ce moment-là, on a joui d’une vraie liberté. »
C’est d’ailleurs de cette époque que date la prison de Mauzac (Haute-Garonne). Unique en son genre, l’établissement s’organise autour d’une vaste cour centrale partagée, chose rarissime, par les détenus et par le personnel. Les cellules, elles, sont agencées sous forme pavillonnaire.
Ce fut le seul et unique projet carcéral véritablement original de ces trente dernières années. Tous les autres ont échoué.
000_Par2944065-2
La prison de Mauzac, en Haute-Garonne (C: AFP)

Lieux de socialisation
Car la moindre innovation fait l’objet d’interminables tractations entre architectes et surveillants. Quand les premiers ambitionnent de repenser en profondeur l’organisation carcérale, les seconds réclament avant tout une sécurisation maximale des lieux.
 « L’administration pénitentiaire repousse tout ce qui sort de l’ordinaire, y compris les choses les plus anodines, déplore Guy Autran. Il y a quelques années par exemple, j’ai suggéré que les services sociaux, les salles de cours et le gymnase soient visibles depuis l’atrium central de la prison. L’idée était de créer des lignes de fuite vers l’extérieur et d’attirer les détenus vers ces lieux de socialisation. L’administration a refusé, au motif que cela risquait de divertir les détenus et donc de ralentir les déplacements à l’intérieur de la prison. »

Marotte des architectes
 « Les architectes se font plaisir en imaginant sur leur planche à dessin la prison du troisième millénaire », rétorque un surveillant. À l’entendre, « libérer l’espace visuel » serait la grande marotte des architectes.
 « Ils préconisent systématiquement de réduire le nombre de sas de sécurité séparant les coursives et d’ôter les filets de sécurité placés au-dessus de l’atrium central, explique ce surveillant. Pour avoir ce genre d’idées, il faut vraiment ne rien connaître à la prison ! Les filets empêchent les détenus de se suicider en sautant de la coursive et les sas permettent de ralentir le mouvement en cas de mutinerie. Ce n’est peut-être pas esthétique, mais pour l’heure, on n’a rien trouvé de mieux ! »

Administration pénitentiaire
Désireuse de faire évoluer les établissements pénitentiaires sans se mettre à dos le personnel pénitentiaire, la chancellerie s’est fixé des objectifs modestes. Mais elle s’y tient.
 « Nous avons pris acte des critiques formulées à l’encontre des prisons construites ces dernières années, assure Morgan Tanguy, à la sous-direction de l’administration pénitentiaire. À l’avenir, nous prévoyons des établissements plus petits, de 500 places au lieu de 700, afin de lutter contre le caractère trop impersonnel des relations entre surveillants et détenus. Nous veillerons aussi à construire à proximité des centres urbains, afin de faciliter les visites des familles. »
Des engagements qui ne révolutionneront pas la vie en détention mais qui, selon Jean-Marie Delarue, vont déjà dans le bon sens.

mardi 5 novembre 2013

Accessoires pour menuiserie intérieure et appareils sanitaires "version prévention suicide"

Différents produits de la société HEWI Fabricant d'accessoires pour menuiserie intérieure et appareils sanitaires "version prévention suicide"

Crochet mural
Barre avec coulisseau de douche
barre de maintien pour douche
tringle à rideau
Support plafond

 http://produktkatalog.hewi.de/iw/lang_F/produkte/group.php?mgrp=51738&grp=51738









mardi 23 juillet 2013

ILE DE LA REUNION : MOBILISATION DES ACTEURS POUR L'AMENAGEMENT DU SITE DU PONT

Plan global d’aménagement sur le site du pont du Bras de La Plaine

Le Conseil général : « Ne pas ôter la vie, mais apporter la vie »

http://www.temoignages.re/le-conseil-general-ne-pas-oter-la-vie-mais-apporter-la-vie,68834.html

vendredi 19 juillet 2013
C’est sur le site du pont du Bras de La Plaine que Bachil Valy, vice-président du Conseil général, représentant la présidente Nassimah Dindar, accompagné de Jean-Luc Lhemanne, sous-préfet de Saint-Pierre et de Hermann Rifosta, élu de la commune de Saint-Pierre et conseiller général, a tenu son point presse ce jeudi 18 juillet.
JPEG - 62 ko
Bachil Valy, vice-président du Conseil général et maire de l’Entre-Deux à propos du suicide : « c’est un problème sociétal, et ce n’est qu’ensemble que nous réussirons à enrayer ce mal ».
Des représentants d’associations culturelles, sportives et s’occupant du suicide, ainsi que la Police nationale et les Sapeurs Pompiers avaient également répondu présents à l’invitation du Conseil général, car, comme l’a souligné Bachil Valy « c’est un problème sociétal, et ce n’est qu’ensemble que nous réussirons à enrayer ce mal ».

Le pont du Bras de La Plaine, appelé à tord pont de l’Entre-Deux, a été inauguré en 2002 et a obtenu le 1er prix de la Fédération Internationale du Béton à Ozaka. Situé dans un site grandiose, complètement isolé, ce remarquable ouvrage d’art offre malheureusement un cadre idéal pour des suicides par précipitation. Depuis le début de l’année, pas moins de 89 interventions des secours et 7 décès ont été recensés.
Aussi, le Conseil général, propriétaire du pont, a décidé de lancer un plan global d’aménagement afin de diminuer voire de supprimer ces suicides, des travaux qui seront achevés avant 2014 pour certains.

« Tout d’abord, concernant l’exigence sécuritaire, le Conseil général a interdit l’accès aux hourdis inférieurs en y installant une arche en béton. Puis, nous avons mis des barbelés anti-franchissements sur la corniche, dont la pose se termine d’ailleurs aujourd’hui. Des barrières anti chute seront réalisées dès que l’expertise judiciaire en cours sera achevée, une demande faite avant l’achèvement de la garantie décennale. Nous avons également installé une signalétique informative mentionnant le numéro d’appel d’urgence 24h/24h ainsi que ceux des associations anti-suicide. Parallèlement, nous développerons et animerons ce site afin qu’il devienne un espace de vie. Plus fréquenté, il perdra son côté désertique. Les kiosques seront rénovés, une maison de la Vie associative sera créée et offrira ainsi un espace d’échanges et de rencontres ; nous développerons des animations ponctuelles comme les marchés des producteurs, la vente de produits artisanaux, l’organisation de courses sportives sans oublier une valorisation de la zone, à forte potentialité touristique, comme le tourisme industriel, les circuits guidés de randonnée. Enfin, nous favoriserons l’émergence d’activités sportives de pleine nature comme le trampoline sur mur de manière à associer l’exception du site au sport particulièrement extrême », a indiqué Bachil Valy.

JPEG - 76.9 ko
C’est une étape dans la sécurisation du pont du Bras de La Plaine.
Pour Hermann Rifosta, la réalisation de cet aménagement est une grande satisfaction, car comme il l’a précisé :  « ici, nous sommes également sur la commune de Saint-Pierre. En tant qu’élu de la mairie et conseiller général, je ne peux que me réjouir de voir l’aboutissement de ce projet d’aménagement qui créera une dynamique. Il ne faut plus que ce magnifique paysage soit entaché par ces drames humains ».

Des propos, d’ailleurs repris par Jean-Luc Lhemanne qui a également rappelé les compétences de l’État : « L’État se doit de protéger la population et de rendre possible les décisions. Le pont n’appartient pas à l’État. J’adore l’Entre-deux et monsieur le maire le sait bien. Certes, il est impossible pour le Conseil général de toucher à la structure actuellement et de mener des travaux plus lourds. Je suis donc ravi de voir la pose de ces barbelés dissuasifs. L’animation du site est aussi essentielle. J’espère que l’image de ce pont changera et que le pont du Bras de La Plaine ne soit plus le pont de la mort, mais puisse devenir le pont de la vie ».

Les services du Conseil général travaillent en étroite collaboration avec les associations anti-suicide, sportives, économiques et sociales pour apporter d’autres solutions plus globales s’inscrivant dans la prévention plutôt que dans la dissuasion. Car face à la détresse humaine, la réponse n’est pas matérielle. C’est une réponse humaniste avant tout qu’il faut apporter. « Sécuriser le pont n’est qu’une partie de la solution. Il ne faut pas ôter la vie, mais apporter la vie en mobilisant les énergies et en mettant tout en œuvre pour que cet endroit remarquable devienne un lieu de vie à part entière », a conclu le vice-président du Conseil général. 

lundi 10 décembre 2012

Prévention du suicide. Le viaduc de Dinan en question

Dinan : Prévention du suicide. Le viaduc de Dinan en question

Une réunion technique s'esttenue à la sous-préfecture, mercredi, afind'évoquer lespossibilités d'empêcher les suicides au viaduc. Le conseil général va recenser lesmoyens lesplus efficaces.
Selon les chiffres validés par la sous-préfecture, 17 suicides réalisés à partir du viaduc ont été comptabilisés depuis 2007, le nombre variant d'un à cinq chaque année. Suite aux actions menées par le couple Hervé, de Lanvallay, dont le fils s'est suicidé en août (Le Télégramme du 6novembre), le sous-préfet a organisé une réunion technique, mercredi, à laquelle ont participé les services de gendarmerie, police, pompiers et des Bâtiments de France, ainsi que le conseil général, propriétaire de l'ouvrage, et les communes de Dinan et Lanvallay, représentées par leurs maires respectifs.

Un viaduc aux normes
«On a affaire à un viaduc aux normes, la main courante est à une hauteur de 1,10m. Il s'avère que l'ouvrage ne souffre pas d'insatisfaction normative, il n'est pas dangereux, mais ce n'est pas une raison pour esquiver le problèmedes suicides», indique Laurent Bernard, sous-préfet de Dinan, qui souligne la particularité du viaduc enjambant la Rance, ouvert à la fois aux automobilistes et aux piétons, «ce qui est peu fréquent».

Recenser les meilleurs systèmes de protection
La décision a été prise de recenser les meilleurs moyens de protection, adaptés à l'ouvrage en question. «Les filets ne sont pas forcément un bon système, et semblent plus adaptés aux chutes de pierres. Ils posent également des difficultés aux services de secours. D'autres moyens vont être examinés, comme le rehaussement des balustrades par des vitres en plastique transparent ou l'ajout d'une deuxième rambarde inclinée, en arrière de celle existante», précise Laurent Bernard. L'étude sera réalisée par les services du conseil général, qui rendront leur copie lors d'une prochaine réunion de travail, au printemps 2013.

«Les Bâtiments de France ne sont pas opposés»
L'argument souvent évoqué, selon lequel l'aménagement de protections entraînerait un préjudice esthétique, a été levé au cours de la réunion. «L'avis de l'architecte des Bâtiments de France est obligatoire avant toute installation sur l'ouvrage. Or, les services territoriaux de l'architecture et du patrimoine ne sont pas opposés à l'aménagement de protections, mais ils demandent à être associés au projet. C'est une bonne chose, on avance. Àdéfaut d'être commencé physiquement, le chantier est démarré intellectuellement», conclut le sous-préfet. Le couple Hervé a, quant à lui, remis à Claudy Lebreton, président du conseil général, une pétition, recueillant 5.108 signatures, demandant que des actions soient engagées en faveur de l'installation de protections sur le viaduc.
 
  • Corentin Le Doujet