vendredi 29 mars 2019

RETOUR SUR MANIFESTATION Montemboeuf Le mal-être présenté par des étudiants en école d'infirmière

Charente Limousine, lundi 25 mars 2019 205 mots, p. 36
Montemboeuf
Le mal-être présenté par des étudiants en école d'infirmière
Dans le cadre de la semaine nationale de prévention du suicide, le personnel enseignant du collège Le Petit-Mairat a invité la troupe des étudiants infirmiers d'Angoulême «Le Criquet seul», contraction du «cri qui est seul». Le suicide occasionne 500 décès par an chez les 15/24 ans selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Tous les élèves du collège étaient regroupés pour assister à des saynètes conçues et jouées par ces étudiants sur le thème du mal-être. Trois étapes ont été illustrées par ces sketches: «Est-ce que c'est grave?», qui informe sur les signaux d'alerte d'une souffrance psychique; «qui j'alerte?», qui renseigne sur les personnes ressources de proximité et «à quoi ça sert d'en parler?», qui aborde la relation d'aide psychologique avec des professionnels.
Les élèves ont ensuite partagé leurs sentiments avec les infirmiers présents et Patrick Rivière, coordonnateur chargé de la prévention du risque suicidaire au niveau départemental, qui encadraient cette journée. Elle s'est terminée le soir au centre culturel par une nouvelle représentation des étudiants infirmiers devant un public d'adultes et de quelques parents d'élèves après un apéritif dinatoire offert par l'AAEP coorganisatrice de cette rencontre.

ETUDE RECHERCHE Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires



Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires
Sciences sociales et santé Volume 37, numéro 1, Mars 2019

Philippe Le Moigne * Florian Pisu  **

* Philippe Le Moigne, sociologue, INSERM CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

** Florian Pisu, sociologue, CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

  • Mots-clés : urgences, tentative de suicide, catégorisation, sélection
  • DOI : 10.1684/sss.2019.0133
  • Page(s) : 75-98
  • Année de parution : 2019
En France, la majorité des tentatives de suicide connues est prise en charge par les urgences générales. Près d’un quart de ces patients font l’objet d’une ré-hospitalisation pour le même motif moins de quatre ans après leur première admission. Sachant que la récidive constitue l’un des éléments les plus prédictifs d’un suicide à venir, l’article tente de comprendre pourquoi les urgences ne parviennent pas à mieux endiguer ce risque. Fondée sur l’observation ethnographique de trois services, cette recherche met en lumière une série de facteurs tant internes qu’externes aux urgences. Elle montre en particulier comment les priorités d’intervention des services, les conditions d’échanges avec les patients et la caractérisation de la crise suicidaire par les personnels soignants contribuent à façonner une prise en charge qui n’est congruente qu’en partie avec les préconisations médicales.

source https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/seulement_sils_veulent_mourir._les_urgences_generales_face_aux_patients_suicidaires_314032/article.phtml 


Article associé



Les pratiques psychiatriques et psychologiques auprès des suicidants en service d’urgence : entre paradoxalité, conflictualité et innovation
Sciences sociales  Volume 37, numéro 1, Mars 2019
Auteur
François Danet *
* François Danet, psychiatre et chercheur en psychologie, École de Psychologues Praticiens de Lyon, Institut Catholique de Paris
DOI : 10.1684/sss.2019.0134
Page(s) : 99-107
Année de parution : 2019

L’article « Seulement s’ils veulent mourir » décrit les limites du dispositif de soins tel qu’il s’exerce en service d’urgence au bénéfice des suicidants, en démontrant notamment qu’il n’est congruent qu’en partie avec les préconisations médicales. Il met également en exergue la sous-évaluation des tentatives de suicide chez les hommes qui sont masquées par les alcoolisations et les abus de substances.Ce commentaire qui s’appuie sur des recherches menées sur le sujet de la prise en charge des suicidants [...]
https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/les_pratiques_psychiatriques_et_psychologiques_aupres_des_suicidants_en_service_durgence_entre_paradoxalite_conflictualite_et_innovation_314033/article.phtml

Souffrance des soignants: «Pour un médecin, avoir des états d’âme et en parler, c’est comme si on devenait incompétent»

Souffrance des soignants: «Pour un médecin, avoir des états d’âme et en parler, c’est comme si on devenait incompétent»
INTERVIEW La psychiatre, Michèle Maury, co-auteure de l’essai « Les médecins aussi ont leurs maux à dire », publié ce jeudi, explique combien cette profession est concernée par les risques psychosociaux
Propos recueillis par Oihana Gabriel
  • Un essai Les médecins ont aussi leurs maux à dire paraît ce jeudi.
  • Il détaille les divers facteurs de risques psychosociaux d’une profession dont le malaise, longtemps tu, est devenu audible depuis quelques années.
  • Michèle Maury, psychiatre au CHU de Montpellier qui a mis en place un groupe pour promouvoir le bien-être au travail, nous détaille l’origine de son projet et ses résultats.
Pourquoi se préoccuper de sa propre santé alors qu’on a choisi de s’occuper de celle des autres ? Alors que les signaux d’alarme se sont multipliés ces dernières années sur le malaise des professionnels de santé, que le burn-out et les  suicides n’épargnent pas cette profession, un ouvrage, qui paraît ce jeudi, se penche sur les souffrances psychiques des soignants :  Les médecins ont aussi leurs maux à dire*. Si les spécificités de ces métiers et les conditions d’exercice détériorées multiplient ces risques psychosociaux, dans certains CHU, des expériences ont été mises en place pour renouer le dialogue en chair et en os. Michèle Maury, psychiatre au CHU de Montpellier a ainsi lancé un groupe Bien-être au travail. La co-auteure de cet essai nous explique comment ce genre d’initiative locale, mais aussi une médiation qui est en train de se mettre en place au niveau national, peuvent aider nos soignants à prendre soin d’eux.
Quelles sont les spécificités du métier de médecin qui accroissent le risque de burn-out ?
Le métier de médecin fait vivre des situations de stress, même si c’est différent d’une spécialité à l’autre. On est régulièrement confronté à l’échec, à la mort. Ce que j’ai pu voir au cours de ma carrière à l’hôpital, c’est aussi que nos conditions de travail ont énormément changé depuis 15 ou 20 ans. L’évolution de l’organisation, la tarification à l’activité, de nouvelles contraintes administratives, une pression accrue ont aussi multiplié les risques psychosociaux. Il y a aussi l’informatisation qui rend de grands services, mais qui prend beaucoup de temps… Il arrive que des patients regrettent que les médecins fassent des visites le nez sur l’écran, plutôt qu’en les regardant. Les patients, parce qu’ils ont accès à beaucoup de connaissances, sont également plus exigeants.
Vous soulignez aussi dans un des articles que beaucoup rechignent à consulter… Et même que 80 % d’entre eux sont leur propre médecin…
Les médecins ont beaucoup de mal à demander de l’aide, surtout pour parler de problèmes psychiques, quand c’est pour une jambe cassée, c’est moins compliqué. Je pense qu’il y a plusieurs facteurs en jeu. Longtemps, quand on choisissait d’être médecin, c’est qu’on était à l’aise avec une forme d’invulnérabilité, « d’insensibilité » à la souffrance. Pire, pour un médecin, avoir des états d’âme et en parler c’est comme si on devenait incompétent, comme un aveu de faiblesse. Il y a ensuite un facteur plus psychologique, on a pu apprendre dans l’enfance que s’occuper des autres était plus important que s’occuper de soi-même. Dans la formation médicale, rien n’est enseigné sur le stress du métier. Lors des stages hospitaliers non plus. En plus, dans le contexte actuel de surcharge de travail, certains s’inquiètent de voir leur travail peser sur leurs collègues, s’ils doivent s’absenter.

Est-ce qu’il y a une prise de conscience de l’urgence de soigner nos soignants ?

On en parle davantage. Mais cela prend du temps pour déconstruire les représentations. Autrefois, prendre soin des soignants ne venait même pas à l’esprit. Là, on commence à dire que ce métier est coûteux sur le plan psychologique. Je crois que les jeunes vont amener une prise en considération de cette problématique. Ils n’ont d’ailleurs pas peur de publier des chiffres inquiétants sur l’anxiété et la dépression des étudiants en médecine. Mais de façon générale, en France on est en retard sur la question des risques psychosociaux.
Un service public de médiation est en train de se mettre en place, est-ce une solution pour améliorer la situation dans les hôpitaux ?
Cela ne peut que concourir à un mieux-être. Marisol Touraine et Agnés Buzyn ont nommé un médiateur national, qui est en train de mettre en place l’organisation d’un service de médiation avec un échelon local, l’hôpital, puis régional et enfin national. C’est en cours de création, puisqu’un décret normalement en juin devrait préciser les choses. C’est la preuve d’une prise de conscience qu’il y a des conflits au sein des équipes hospitalières qui consomment beaucoup d’énergie. Je crois qu’il faut chercher des outils divers et variés pour traiter ces maux des soignants.
Justement, vous avez mis en place depuis plusieurs années dans votre CHU de Montpellier un groupe Bien être au travail (BEAT) : comment est né ce projet ?
En 2010, un jeune médecin s’est suicidé dans un contexte d’erreur médicale, ça a été un choc terrible pour toute la communauté hospitalière. On se sentait coupable. Il y a eu une assemblée du corps médical pour annoncer la création d’un groupe de réflexion pour savoir que faire en cas d’erreur médicale, comment soutenir les gens. J’ai alors proposé de se préoccuper aussi de ce que vivent les médecins au quotidien. Le projet a été accepté. J’ai tout de suite su que je ne pouvais pas le monter seule : on est 1.400 médecins au CHU ! J’ai réussi à réunir une douzaine de collègues. On a donc mené des entretiens en tête à tête avec 150 collègues pour savoir ce qui leur faisait plaisir et souffrir au travail. En 2015, j’ai également mis en place une consultation gratuite et anonyme destinée aux médecins. Une charte des relations au travail a été écrite pendant un an. Bon, elle est loin d’être mise en pratique, mais elle a le mérite d’exister…
Qu’est ce qui fait l’originalité de cette démarche ?
On est vraiment parti de l’avis de nos collègues pour mettre en place des dispositifs pour les aider. Les deux premières années, on restait entre médecins. Mais dès le début de nos entretiens, ce qui ressortait comme facteur de mal-être c’était des problèmes relationnels avec l’administration. J’ai proposé d’ouvrir le groupe à des directeurs. Cela a fait peur à certains collègues. Finalement, avoir deux directeurs autour de la table s’est révélé extrêmement précieux. On avance petit à petit. Certains restent sceptiques devant notre démarche, d’autres estiment qu’il y a surtout besoin de plus d’argent, mais la question du bien-être au travail n’est plus taboue.
Est-ce que cela a réellement soulagé les professionnels de santé ?
A l’échelle individuelle, on a de nombreux témoignages de l’amélioration perçue par certains collègues après avoir pu être entendus sur leur mal-être. Dans un sondage sur les relations au travail en 2015 ce qui est davantage ressorti, ce sont les conflits entre médecins. Après, il ne faut pas généraliser et imaginer les hôpitaux comme un champ de bataille.
Au-delà de ces deux pistes, un service de médiation et des groupes d’échange au niveau local, que faudrait-il faire selon vous pour mieux prévenir la souffrance au travail des médecins ?
Il faudrait commencer par reconnaître la réalité et informer sur les risques psychosociaux, l’enseigner pendant les études. Réfléchir à mieux organiser le travail pour éviter les surcharges. On peut aussi mettre en place des actions de prévention du stress. Dans notre CHU, les internes ont ainsi mis en place des groupes de méditation de pleine conscience, d’hypnose et de sophrologie pour apprendre à mieux gérer le stress. De même, dans un pôle, un coaching sportif a été mis en place pour que les médecins fassent du sport ensemble.
* Les médecins ont aussi leurs maux à dire, sous la direction de Michèle Maury et Patrice Taourel, Editions Erès, 25 euros.
https://www.20minutes.fr/sante/2482707-20190328-souffrance-soignants-medecin-avoir-etats-ame-parler-comme-si-devenait-incompetent

EMA, la radio qui libère les ados

EMA, la radio qui libère les ados
La Croix, no. 41368
Initiatives et solidarité, vendredi 29 mars 2019 1038 mots, p. 21,23

Créée en 2012 à Marseille, cette antenne donne la parole à des jeunes en souffrance, hospitalisés pour de longs ou courts séjours.
BONNEFOY Coralie  correspondante régionale Marseille

«J 'aime bien qu'on me remarque. Mais au collège, je ne veux pas qu'on sache que je suis à l'hôpital. » D'une voix fluette et enfantine, Matteo (1), 11 ans, souffle quelques phrases dans le micro. Comme la dizaine d'enfants - entre 11 et 16 ans ce jour-là - réunis dans le studio de radio, il est hospitalisé au sein de l'Espace méditerranéen de l'adolescence (EMA). Depuis 2012, à Marseille, les locaux de l'hôpital Salvator, magnifique bastide du XIXe siècle aux murs ocre rehaussés de mosaïques colorées, accueillent là des adolescents en souffrance psychique.

Cet établissement les reçoit à la journée ou pour plusieurs mois. « La spécificité du lieu, c'est qu'il mêle les activités classiques de soins à celles de la culture » , expose le professeur David Da Fonseca, chef du pôle de psychiatrie, pédopsychiatrie et addictologie de l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM), aux manettes de l'établissement. Outre des ateliers d'arts plastiques ou de musique, il offre à ses résidents la possibilité d'animer une radio. « Il existe d'autres radios hospitalières en milieu psychiatrique en France, mais aucune ne propose ce dispositif, entièrement équipé de matériel professionnel neuf et sous la forme d'une webradio professionnelle » , détaille Mikhaele Elfassy, la responsable de Radio EMA.

En poussant la porte de ce qui fut un espace voué à la réanimation, Mikhaele dévoile son lieu de travail. Trois pièces en enfilade: un bureau, une régie et, derrière de larges baies vitrées, un studio, avec micros et casques. Matteo, Robin, Ève, Lou, Maxence, Ninon... arrivent accompagnés d'un infirmier. Ils sont hospitalisés pour plusieurs semaines au sein de l'EMA pour différentes pathologies: anorexie mentale, troubles anxieux sévères, troubles dépressifs, crises suicidaires et troubles du comportement. Mikhaele, qui accompagne une soixantaine d'ados en trois groupes hebdomadaires, ignore de quoi ils souffrent: « Cela me permet de tout aborder sans complexe, avec authenticité. Certains ont été harcelés, maltraités. S'ils veulent en parler ils en parlent. »

Autour de la table, les remarques fusent. Ce mardi-là, le thème retenu est « le prénom » . Chacun raconte sa relation, si intime, au sien. Trop compliqué à écrire, trop original ou à l'inverse trop normal, à la mode « au temps des parents » : certains l'aiment, d'autres non. « On se façonne avec nos prénoms, glisse Lou. Il y en a de plus doux, de plus écorchés, de plus vifs. » À l'inverse, pour Robin, « le prénom n'est qu'une appellation. À nous de voir si on veut lui donner un sens. C'est nous qui lui donnons sa consistance. »

Les ados, au micro, devisent avec une aisance surprenante. Et leur expression est bien différente de celle recueillie lors des groupes de parole sur la maladie. « La radio offre un accès indirect à toutes les problématiques liées à des besoins non assouvis: le besoin de reconnaissance, d'appartenance au groupe - cruciale dans la réalité des adolescents -, la valorisation des compétences et le développement de l'estime de soi... » , décrypte le professeur Da Fonseca.

Derrière la baie vitrée qui la sépare des intervenants du jour, Mikhaele amène finement le débat sur la singularité de chacun. « Le but de cet atelier est d'accompagner l'ado vers un mieux-être. Ici, c'est un lieu de liberté. Et moi, je ne suis ni un parent, ni un soignant, ni un enseignant », poursuit l'animatrice, un oeil sur les boutons de la régie, un autre sur le groupe. Une jeune fille, qui souffre d'anorexie, embraye sur « les surnoms que donnent les parents ». Dans un demi-sourire, elle lève les yeux au ciel: « C'est mignon, mais ça nous renvoie toujours à l'enfance, alors que, nous, on cherche à s'émanciper. »

Le débat vire sur la paternité. Robin ne veut « pas forcément avoir d'enfant. » Ils sont nombreux à partager son sentiment.

Comme dans une vraie émission de radio, les discussions sont ponctuées de morceaux de musique choisis par les jeunes résidents: la voix grave de la chanteuse britannique Adele succède au hip-hop très sombre de l'Américain Lil Peep, décédé précocement à 21 ans. « Chacun assume ses choix. On n'est jamais jugé » , se satisfait Maxence. Le studio est un outil que les ados se sont manifestement approprié. À l'occasion, ils partent en reportage, reçoivent des invités, organisent des « talk-shows », imaginent des chroniques.

Autour des micros, la conversation a une nouvelle fois dévié. Elle peut, au gré des semaines, s'attacher aux réseaux sociaux, aux interactions sociales, à la famille, aux relations amoureuses. Cléo confie son besoin d'écriture: « Cela aide à expulser ses émotions. Après ça ne tourne plus en boucle dans ma tête. Je brûle ce que j'ai écrit et puis ça s'en va. » À ses côtés, sa voisine, les yeux dans le lointain, joue inconsciemment avec le sparadrap qui maintient sa sonde alimentaire sur sa joue. Elle fait partie de ceux qui s'expriment le moins. « Mais elle a parlé, et c'est déjà énorme, souligne Mikhaele. Quand elle est arrivée, il y a quelques semaines, elle était mutique. »

Au fil de la discussion, les rires jaillissent parfois. Comme chaque séance, l'émission de ce mardi est suivie par un soignant. « Ils sont parfois surpris de voir des ados extrêmement silencieux ou alors turbulents, devenir très à l'aise ou respectueux au micro », enchaîne l'animatrice. Dans le studio, les gamins abondent. « Ici, on communique plus qu'ailleurs. On s'exprime librement aussi, car il y a une forme d'anonymat », analyse le volubile Robin . « Souvent on ne parle pas, par peur du jugement » , enchaîne Matteo, dont la maturité manifeste se révèle malgré ses 11 ans.

La capacité des patients à se libérer lors des ateliers n'a pas échappé au personnel de l'hôpital. « Un rendez-vous en tête-à-tête avec un ado n'est pas toujours facile. La radio ouvre une autre approche, un autre chemin pour accéder à leurs croyances, leurs pensées, leurs émotions et leurs ressentis » , note le profeseur Da Fonseca. Chaque semaine, Mikhaele réalise un compte rendu de ses émissions, mine d'informations complémentaires déterminantes pour les soignants. Calée dans son fauteuil, Lou lâche dans un sourire: « Les psys devraient venir quand on est à la radio, ils en apprendraient plus sur nous. Ici, on découvre des facettes de notre âme. »

Les clés du sujet

EMA. Faciliter le retour au monde extérieur

Pourquoi ?

En 2012, le pédiatre Marcel Rufo créé l'Espace méditerranéen de l'adolescent (EMA) au sein de l'hôpital Salvator, à Marseille. Le site accueille dix jeunes en « temps plein », pour quelques semaines ou quelques mois. Ils souffrent de troubles des conduites alimentaires, de troubles du comportement ou d'un autisme de haut niveau. L'EMA reçoit également, à l'année, environ 140 jeunes patients en « hôpital de jour » (l'adolescent rentre chez lui le soir). Des enfants déscolarisés en raison de troubles sévères: anxiété sociale, phobies, stress post-traumatique...

Comment ?

La radio n'est que l'un des ateliers proposés aux ados hospitalisés. « L'idée, à la création de l'EMA, était d'imaginer un hôpital qui ne ressemble pas à un hôpital, avec de nombreux espaces culturels, un parc, etc. » , résume David Da Fonseca qui a succédé à Marcel Rufo à la tête de l'établissement. Les anciens blocs opératoires sont devenus salles d'arts plastiques, danse, sport, répétition de musique, salles de classe, à la décoration pimpante. « Tout est pensé pour avoir l'air fun, mais avec une portée thérapeutique. Ici, la culture est comme un médicament », décrit Mikhaele Elfassy, la responsable de Radio EMA.

Et vous ?

Comme les autres activités culturelles, la pratique de la radio vise à faciliter le retour des adolescents dans le monde extérieur. « C'est un espace transitionnel entre l'hôpital et la vraie vie », explique le profeseur Da Fonseca. Après chaque séance d'une heure trente, Mikhaele monte les échanges en une émission de 45 minutes que chacun peut écouter sur radio-ema.com . « Il ne faut pas enfermer la diffusion dans l'hôpital », conclut-elle.

https://www.la-croix.com/France/Initiatives-et-solidarite/EMA-radio-libere-ados-2019-03-29-1201012119

"Je t'aime ma fille", un nouveau spot percutant contre la transphobie


"Je t'aime ma fille", un nouveau spot percutant contre la transphobie
L'Inter-LGBT lance une campagne de sensibilisation, à la télévision et sur les réseaux sociaux, pour les jeunes trans.
Le HuffPost avec AFP 29/03/2019



Inter-LGBT / YouTube
Le spot "Je t'aime ma fille" fait partie d'une nouvelle campagne de sensibilisation sur les ados transgenres.

LGBT -“Aucun parent ne devrait préparer son enfant à affronter sa vie plutôt qu’à la vivre”. L’Inter-LGBT, fédération d’associations lesbiennes, gay, bi, trans et intersexes, a lancé ce jeudi 28 mars une campagne de sensibilisation pour les jeunes personnes trans, victimes d’agressions et de discriminations.
Le film de la campagne, intitulé “Je t’aime ma fille” et visible ci-dessous, sera diffusé à la télévision et sur les réseaux sociaux. Il met en scène une lycéenne trans, rentrant des cours avec le visage tuméfié, que le père cherche à endurcir physiquement pour pouvoir mieux se défendre.


“En s’appuyant sur la relation d’un père et de sa fille trans, l’objectif de la campagne est de faire prendre conscience au grand public que, sans le soutien de son entourage, un(e) enfant ou adolescent(e) trans pourra très difficilement surmonter les épreuves de la vie, et notamment les agressions dont il ou elle risque d’être victime dès le milieu scolaire”, explique l’Inter-LGBT dans un communiqué.
Un site internet a également été conçu, avec des témoignages et des conseils de soutien et d’accompagnement pour les parents ou les proches.
“Un message large”
“À l’instar des adultes, les jeunes personnes trans continuent d’être discriminées et persécutées et comptent parmi les communautés subissant le plus grand nombre d’agressions verbales et physiques, y compris les meurtres”, souligne l’Inter-LGBT dans son communiqué.
Environ 85% des personnes trans seront agressées au cours de leur vie selon une enquête menée en 2014 par les sociologues Arnaud Alessandrin et Karine Espineira, spécialistes des questions liées à l’identité sexuelle.

Les signalements d’actes “LGBTphobes” en milieu scolaire ont augmenté de 38% en 2017, selon le dernier rapport de SOS Homophobie.
“C’est un message large, qui s’adresse à la fois aux familles, car une jeune personne trans non soutenue a beaucoup plus de chances de faire une dépression ou une tentative de suicide, mais aussi aux pouvoirs publics pour les pousser à mettre en place des outils contre la transphobie”, explique à l’AFP Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT.
La transphobie dans une campagne de l’Éducation nationale
Pour la première fois, la campagne contre l’homophobie à l’école lancée fin janvier par le ministère de l’Éducation nationale incluait le problème de la transphobie.
“Sensibiliser, c’est bien, agir c’est mieux”, observe la porte-parole, qui regrette “l’absence de protocole lorsqu’un élève fait son coming-out trans pour que son nouveau genre soit respecté”. 
Depuis 2016, le changement d’état-civil a été facilité pour les personnes transgenres, qui n’ont plus à le justifier par des documents médicaux mais doivent cependant toujours passer devant un tribunal pour l’obtenir, dénonce l’Inter-LGBT.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/je-taime-ma-fille-un-nouveau-spot-percutant-contre-la-transphobie_fr_5c9d80fde4b0474c08cb6e25

MàJ Les assises du deuil, 12/04/2019 Paris


Les assises du deuil


Alerter - Mobiliser - Agir

Vendredi 12 avril 2019 de 9 heures à 18 heures

Palais du Luxembourg - Sénat - Paris

Evènement sur invitation uniquement Je souhaite participer aux Assises du Deuil

À propos


Source de souffrance, le deuil est aussi à l’origine de conséquences sur la santé, l’emploi, la scolarité, la dépendance… Quels sont ses enjeux et quelles réponses apporter ?

Le deuil est une épreuve dont les enjeux sociétaux doivent s’inscrire dans les dispositifs concernant la santé, la responsabilité sociale des entreprises, la santé au travail, l’éducation, la pauvreté, la dépendance, les politiques de prévention, la protection de l’enfance… Aussi, Empreintes mobilise pour faire émerger le deuil et ses conséquences dans le débat public, afin de créer les conditions d’un accompagnement éthique du deuil, partout et pour tous. 


Dans la continuité des Assises du Funéraire de la Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire, Empreintes organise les Assises du Deuil, présidées par le sénateur Bernard Jomier : un évènement institutionnel qui interpelle, appelle au rassemblement et à la réflexion.

Depuis 1995, l’association Empreintes œuvre au niveau national pour une meilleure connaissance et reconnaissance du deuil. Elle mobilise et agit pour le développement du soutien des particuliers et des professionnels qui y sont confrontés.


Vous souhaitez être invité ? Merci de remplir ici le formulaire de demande en ligne. Dans la mesure des places disponibles, nous vous ferons parvenir un deuxième formulaire d’invitation, sans laquelle vous ne pouvez accéder à cette journée.


Empreintes crée les Assises du Deuil pour :
ALERTER, MOBILISER, AGIR,

afin de développer et d’encadrer l’accompagnement du deuil au sein de chaque établissement, entreprise, organisme public ou privé.


Palais du Luxembourg - Sénat - Paris
Le programme Télécharger le programme
Lire la suite https://assises.empreintes-asso.com/

***

Luttons contre l’isolement des personnes en deuil
"A l’initiative de l’association Empreintes, diverses personnalités appellent, en amont des premières Assises du deuil, le 12 avril au Palais du Luxembourg, à une mobilisation pour que l’impact et le coût du deuil en France soient enfin reconnus."

En signant cette tribune parue dans le journal Le Monde daté du 13 février 2019, vous plaidez pour un meilleur soutien des personnes en deuil en France.
Pour relayer & signer cette tribune  : http://www.empreintes-asso.com/tribune/
Le deuil échappe aux politiques publiques de prévention et de soutien aux personnes vulnérables. Agissons ensemble, pour mieux accompagner les personnes en deuil et pour former les professionnels.

Le deuil fait peur. Personne ne veut y penser, en parler, s’en occuper. En France, on recense chaque année 600 000 décès dont 8 500 suicides, soit un décès toutes les 54 secondes. 4 Français sur 10 se déclarent en deuil, 5 millions sont veufs ou veuves. En établissement scolaire, un élève par classe est orphelin comme le sont également 20 % des élèves placés à l’aide sociale à l’enfance. Nous le savons, nous l’oublions le plus souvent : tout être vivant est destiné à mourir. Or, chaque mort impacte 5 à 7 personnes proches, qui seront durablement fragilisées.
Vécu en société, le deuil reste considéré comme exclusivement intime. Sa définition, sa nature, son évolution sont liées aux représentations et aux croyances. Mais rappelons ici que le deuil est un processus de cicatrisation utile, naturel et bénéfique. Chacun devrait pouvoir le vivre à son rythme, selon son lien au défunt, selon les circonstances du décès, selon sa propre histoire. Souvent associé à l’oubli, le deuil risque d’être prolongé, voire bloqué. Idées reçues, injonctions et silences témoignent du malaise collectif face au deuil. Par action, par omission ou par déni, notre société ajoute de la douleur à la douleur du deuil.
Si le deuil a un impact humain que chacun mesure à l’aune de son vécu, il a aussi un coût sanitaire que l’on commence à quantifier, mais également un coût économique et social qui doivent être pris en compte.
Le soutien de deuil doit s’inscrire de façon transversale dans les domaines de l’éthique, du soin, de l’éducation, du travail, de la dépendance, du handicap, de l’aide aux aidants et aux victimes, de la prévention du suicide, mais aussi de la recherche scientifique. Il mérite un cadre, une formation, des moyens et une place dans les politiques publiques. A ce jour, aucune ligne budgétaire n’est dédiée à l’accompagnement des personnes en deuil. Et si la loi de 1999 sur l’accès aux soins palliatifs énonçait un droit au soutien pour l’entourage du patient y compris après son décès, ce droit n’a pas été repris en 2005 et 2016 par les lois ultérieures sur la fin de vie. Des avancées législatives sont nécessaires en la matière.
Il existe à ce jour un corpus de connaissances et d’expériences cliniques partagé par des professionnels et des associations spécialisées. Ces compétences permettent de définir ce qu’est un deuil, d’évaluer si le deuil est “normal”, compliqué (environ 20%) ou pathologique (5%), de repérer les personnes à risque, d’orienter vers une prise en charge adaptée – thérapeutique ou de soutien. Mais trop rares sont ceux qui en bénéficient ! Quels salariés en deuil accèdent à un dispositif de et d’accompagnement au sein de leur entreprise ? A l’école, à l’aide sociale à l’enfance, quels outils ont les enseignants et les éducateurs pour comprendre les enfants en deuil ? Quels hôpitaux et quels EHPAD forment leurs équipes et proposent une offre systématique de soutien de deuil ? Parmi les victimes du terrorisme, qui éclaire les personnes en deuil sur ce vécu, au-delà des prises en charge liées à leur statut ?
Les risques consécutifs à un deuil sont connus : dans la première année de veuvage, la mortalité est accrue de 80 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes ; 58 % des actifs en deuil ont été en arrêt de travail plus d’une semaine, 29 % l’ont été plus d’un mois ; 77 % des élèves orphelins déclarent des impacts négatifs sur leur scolarité.
Pour que l’impact et le coût du deuil en France soient reconnus, pour lever ce tabou et pour qu’une action politique soit entreprise, combien faudra-t-il de décès par maladie, suicide, accident, addiction ; combien de personnes désocialisées, isolées, précarisées ; combien de familles monoparentales fragilisées ; combien d’enfants en échec scolaire ; combien de personnes âgées perdent leur autonomie après la mort de leur conjoint et restent sans soutien ?
Prévenir les risques liés au deuil nécessite motivation, courage, audace, professionnalisme. Et si, pour commencer, dans chaque entreprise, chaque établissement scolaire ou universitaire, chaque service social, médico-social ou hospitalier, un référent sur le deuil était formé ?
Nous avons à construire, grâce à une prise de conscience et une volonté collective fortes, une solidarité pour lutter contre l’isolement des personnes en deuil.
Ensemble, parlons-en et agissons ! Le deuil, c’est la vie. Le deuil, c’est l’affaire de tous.
Alors, dans le cadre d’une mobilisation nationale, les premières Assises du Deuil – organisées par l’association Empreintes – auront lieu le 12 avril 2019 au Palais du Luxembourg à Paris, sous la présidence du sénateur Bernard JOMIER, sous le haut patronage du Ministère des Solidarités et de la Santé et du Ministère de l’Education Nationale. Ces Assises sont soutenues par nos partenaires : la Chambre Nationale Syndicale de l’Art Funéraire, l’Action Sociale de Klésia, la Fondation OCIRP.


Signataires : Pr Régis Aubry, soins palliatifs CHU Besançon ; Dr Carole Bouleuc, soins de supports Institut Curie ; Pierre Cahuc, économiste Sciences-Po Paris ; Dr Laure Copel soins palliatifs Diaconesses C. St Simon ; Karine Dusfour, réalisatrice ; Marie Darrieussecq, auteure ; Anny Duperey actrice ; Philippe Duperron, Président association 13 onze 15 ; Pr Emmanuel Gyan Professeur des Universités-Praticien Hospitalier (PU-PH) en Hématologie-Transfusion ; Dr Christophe Fauré, psychiatre ; Laurence Ferrari, journaliste ; Pr François Goldwasser, cancérologue APHP ; Serge Guérin, sociologue ; Bernard Jomier, Sénateur ; Marie L. Tournigand et Hélène Lalé, association Empreintes ; Michèle-Hélène Salamagne, co-fondatrice de la SFAP ; Georges Saline, association 13 onze 15 ; Audrey Pulvar, auteure ; Hélène Romano, Dr en psychopathologie ; Pr Christophe Tournigand, cancérologue APHP et CHIC…
Sources et statistiques nationales disponibles sur ce site.
Le choc du veuvage à l’orée de la vieillesse : vécus masculin et féminin Delbès Christiane, Gaymu Joëlle, INED, Population n° 6, 2002 – page 879
Enquête Unaf-Favec, 2011
Etude CREDOC/CSNAF 2016
Etude Ecole et orphelins, IFOP/OCIRP 2017
INED MORTA_NIV : Tables de mortalité par sexe, âge et niveau de vie 2018
http://www.empreintes-asso.com/tribune/
Autre article su le sujet
Comment mieux aider ceux qui souffrent du décès d’un proche?
Par Hélène Lalé Marie Tournigand Publié le 17/02/2019 
http://sante.lefigaro.fr/article/comment-mieux-aider-ceux-qui-souffrent-du-deces-d-un-proche-/


Comment mieux aider ceux qui souffrent du décès d’un proche?
AVIS D’EXPERT - Contrairement à certains pays du Nord et aux pays anglo-saxons, la France ne dispose pas de données exhaustives sur les conséquences du deuil. Afin d’alerter, mobiliser et agir, l’association Empreintes organise les premières Assises du deuil  le 12 avril prochain.
Par Hélène Lalé et Marie Tournigand, présidente et déléguée générale de l’association Empreintes.
Chaque année, plus de 3 millions de Français vivent la mort d’un proche et entrent dans un processus de deuil. Ils sont alors fragilisés, vulnérables, ont besoin d’être reconnus, écoutés, informés, voire protégés. Or dans notre pays, ils se sentent seuls, incompris.
Selon une étude Crédoc de 2016, 4 Français sur 10 se déclarent en deuil. Parmi eux, on compte environ 5 millions de veufs et veuves de moins de 55 ans, 800.000 orphelins (soit en moyenne un élève par classe) et près de 20 % des enfants placés à l’aide sociale à l’enfance. L’absence de dispositif pour soulager la souffrance du deuil nous interroge.

Le deuil, un «processus de cicatrisation»
« Le deuil est un parcours qui permet d’intérioriser la relation à l’autre et lui permet d’exister encore, en nous. »
Le deuil est vécu de manière intime. C’est un processus de cicatrisation qui se fait dans la durée, naturellement, sans que nous le décidions. Un parcours qui permet d’intérioriser la relation à l’autre et lui permet d’exister encore, en nous. Ce n’est pas l’oubli. Le mot «deuil» vient du latin dolere qui signifie «douleur», «affliction». Il est souvent employé, mais son sens, sa temporalité, son processus sont méconnus. Chacun est amené à le vivre, mais sa réalité reste taboue. Notons que la maladie, le handicap, la dépendance touchent aussi les individus dans leur intimité. Cela n’empêche pas notre société de penser leur prise en charge!


Le deuil est aussi un événement social. Il se vit au quotidien, dans nos relations familiales, amicales et professionnelles. Il dérange notre société de la performance dans laquelle la solidarité et l’entraide ont peu de place. La vulnérabilité est écartée ou rejetée. Vivre aux côtés d’une personne en deuil est difficile - sans connaissances, sans savoir quelles réactions sont «normales» ou «pathologiques», ce qui aide ou blesse.
Ainsi Mattéo, 14 ans, témoigne de la mort de son père dans le documentaire Destins d’orphelins, d’Élisabeth Bost et Karine Dusfour: «Deux mois plus tard, je suis entré en sixième. Comme je ne connaissais personne, j’ai caché mon histoire à tout le monde. Je me suis inventé une vie dans laquelle mon père était vivant. Même avec mes amis les plus proches, j’avais du mal à en parler. Cela nous mettait tous mal à l’aise. Je me sentais seul.» Nous devons protéger nos enfants. Pourrait-on concevoir une campagne nationale de sensibilisation et d’information?

Un impact sur la scolarité, l’emploi, la santé
Le deuil est, enfin, un enjeu de société. Il a un impact sanitaire, familial et économique dont les politiques publiques doivent prendre la mesure. On ne connaît ni son poids ni son coût sur la santé, le travail, le logement, la précarité, l’autonomie. Contrairement à certains pays du Nord et aux pays anglo-saxons, la France ne dispose pas de données exhaustives sur les conséquences du deuil. Pourrait-on mettre en place un rapport annuel sur le sujet, comme celui sur le mal-logement?
Prenons ici quelques exemples. Le deuil impacte le retour et le maintien dans l’emploi: lorsqu’ils sont frappés par la mort d’un proche, 58 % des Français actifs sont en arrêt de travail une semaine, 29 % plus d’un mois. Le deuil impacte la scolarité: 77 % des élèves orphelins déclarent un effet négatif sur leur attention et leurs résultats. Oui, le deuil altère le fonctionnement cognitif, les capacités de concentration. Cela n’étonne personne, mais qui en tient compte?

À la mort d’un proche, l’idée de mourir pour ne plus souffrir, pour le ou la rejoindre, est extrêmement fréquente
Il impacte aussi la santé. On observe une morbidité liée au deuil: maladies cardio-vasculaires, diabète, addictions notamment. Des études ont montré 80 % de surmortalité la première année de veuvage pour les hommes, 60 % pour les femmes ; 20 à 30 % de majoration du taux d’hospitalisations (patients de 50 à 70 ans) ; des conséquences psychologiques durables. Le deuil est un facteur de risque suicidaire majeur.
Le 5 février, lors de la Journée nationale de prévention du suicide tenue au ministère de la Justice, Santé Publique France a présenté des données épidémiologiques: les antécédents personnels et familiaux de suicide, le veuvage, les pertes parentales précoces, les épisodes dépressifs exposent les personnes en deuil au risque suicidaire. En effet, à la mort d’un proche, l’idée de mourir pour ne plus souffrir, pour le ou la rejoindre, est extrêmement fréquente. Combien faut-il de passages à l’acte pour qu’un accompagnement préventif du deuil soit proposé?


Afin d’alerter, mobiliser et agir, l’association Empreintes organise les premières Assises du deuil * le 12 avril prochain, au Palais du Luxembourg à Paris, sous la présidence du sénateur Bernard Jomier. Nous y présenterons une nouvelle étude Crédoc/CSNAF/Empreintes. Avec professionnels, dirigeants, associations, pouvoirs publics et médias, il s’agit de valoriser les initiatives innovantes, de penser des dispositifs pour systématiser l’information aux professionnels et l’aide aux personnes en deuil. C’est une belle occasion pour que nos gouvernants s’engagent pour amorcer des politiques publiques et des projets législatifs. Créons ensemble une Journée nationale du deuil, pour soutenir et informer les millions de Français concernés. Chacun de nous peut y contribuer.
* Sous le haut patronage du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l’Éducation nationale. Journée soutenue par nos partenaires: Chambre nationale syndicale de l’art funéraire, Action sociale de Klésia, Fondation d’entreprise Ocirp.

 http://sante.lefigaro.fr/article/comment-mieux-aider-ceux-qui-souffrent-du-deces-d-un-proche-/ 

ETUDE RECHERCHE Association des symptômes du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité et de l'agressivité impulsive avec la gravité du comportement suicidaire chez les adultes qui tentent de se suicider

Association des symptômes du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité et de l'agressivité impulsive avec la gravité du comportement suicidaire chez les adultes qui tentent de se suicider
Titre original Association of symptoms of attention deficit-hyperactivity disorder and impulsive-aggression with severity of suicidal behavior in adult attempters

Auteurs:    I. Conejero, I. Jaussent, R. Lopez, S. Guillaume, E. Olié, C. Hebbache, R. F. Cohen, J. P. Kahn, M. Leboyer, P. Courtet et J. Lopez-Castroman.



Affiliations
  1. Department of Psychiatry, Nimes University hospital, University of Montpellier, Montpellier, France
    • I. Conejero
    •  & J. Lopez-Castroman
  2. Inserm, Unit 1061 “Neuropsychiatry: Epidemiological and Clinical Research”, Montpellier, France
    • I. Jaussent
    • , S. Guillaume
    • , E. Olié
    • , P. Courtet
    •  & J. Lopez-Castroman
  3. Department of Neurology, CHU Montpellier, University of Montpellier, Montpellier, France
    • R. Lopez
  4. Department of Emergency Psychiatry & Acute Care, CHU Montpellier, University of Montpellier, Montpellier, France
    • S. Guillaume
    • , E. Olié
    •  & P. Courtet
  5. Department of Psychiatry and Clinical Psychology, Université de Lorraine and Nancy University Medical Center, Nancy, France
    • J. P. Kahn
  6. Department of Psychiatry and Addictology, Mondor Hospital, University Paris Est Créteil, Inserm U 955, fondation FondaMental, Créteil, France
    • C. Hebbache
    •  & M. Leboyer
  7. Department of Psychiatry and Clinical Psychology, Centre Psychothérapique, Nancy, France
    • R. F. Cohen
    •  & J. P. Kahn
Scientific Reports volume 9, Article number: 4593 (2019)

La littérature met l'accent sur la relation entre le trouble déficitaire de l'attention et l'hyperactivité (TDAH) et le comportement suicidaire. Cependant, le lien entre le TDAH et la sévérité du
comportement suicidaire n'est pas encore déterminé. Nous avons étudié l'association entre un diagnostic probable de TDAH et la gravité du comportement suicidaire chez 539 tentatives de suicide hospitalisées, et avons déterminé le rôle des diagnostics psychiatriques concomitants. La sévérité du comportement suicidaire était définie par le nombre de tentatives de suicide, l'âge au premier essai, la gravité et la violence des tentatives de suicide. Un diagnostic de TDAH probable chez l'adulte (TDAH probable) a été défini comme la présence à la fois de symptômes actuels du TDAH et de symptômes de TDAH dans l'enfance. Nous avons évalué l'effet combiné des niveaux élevés d'agression impulsive et du TDAH probable. Le TDAH probable n’a pas été associé à des tentatives de suicide précoces ou fréquentes après un ajustement pour tenir compte des troubles psychiatriques et de la prise du traitement. Des niveaux élevés d'agressivité impulsive augmentait le risque de tentative de suicide précoce, en particulier chez les patients présentant des symptômes du TDAH et indépendamment de tout autre facteur clinique. L'association entre les tentatives de suicide graves et le TDAH probable est restée significative après ajustement. Bien que le TDAH soit impliqué dans la vulnérabilité suicidaire, les comorbidités psychiatriques et l'agressivité impulsive semblent expliquer en grande partie la sévérité du comportement suicidaire chez les patients adultes présentant des symptômes du TDAH.

 

https://www.nature.com/articles/s41598-019-41046-y

ETUDE RECHERCHE le Syndrome de crise suicidaire comme diagnostic specifique


Syndrome de crise suicidaire: examen des preuves à l'appui d'un nouveau diagnostic spécifique au suicide

Titre original : Suicide Crisis Syndrome: A review of supporting evidence for a new suicide‐specific diagnosis
Allison Schuck 1 Raffaella Calati 1 Shira Barzilay 2 Sarah Bloch‐Elkouby2  Igor Galynker 1,2
1 Department of Psychiatry, Mount Sinai Beth Israel, New York, NY, USA
2 Icahn School of Medicine at Mount Sinai, New York, NY, USA
21 March 2019 SPECIAL ISSUE ARTICLE Behavioral Sciences & the law
Free Access

Le suicide est un problème majeur de santé publique et les taux de suicide ne cessent d'augmenter. Les stratégies actuelles d'identification des individus à risque de suicide, telles que l'utilisation des idées suicidaires auto-déclarées par le patient ou la preuve de tentatives de suicide antérieures, n'ont pas permis de réduire les taux de suicide. Récemment, des groupes de recherche se sont concentrés sur la détermination de l'état mental aigu précédant une tentative de suicide. Le développement d'un diagnostic suicidaire aigu, le syndrome de suicide en crise (SCS), vise à capturer cet état pour mieux traiter les individus. Le SCS comporte cinq composantes principales fondées sur des preuves: le sentiment d’être
piégé dans une situation, les perturbations affectives, la perte de contrôle cognitif, l'hyperexcitation et le retrait social. Le SCS peut donner aux cliniciens la capacité d'identifier les personnes qui présentent un état mental aigu pré-suicidaire, indépendamment de leurs idées suicidaires autodéclarées. Les recherches futures conduisant à l'intégration de ce diagnostic dans la pratique clinique pourraient améliorer la qualité des soins et réduire le fardeau personnel, sociétal et juridique du suicide.


Article en ligne https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/bsl.2397




CANADA WEBINAIRE 17 - Jessica Rassy - Prévention du suicide à l’ère numérique: les jeunes peuvent-ils vraiment trouver de l’aide en ligne?

Jessica Rassy est professeure adjointe à l'École des sciences infirmières de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke (Campus Longueuil). Elle détient un baccalauréat et une maîtrise en sciences infirmières de l'Université de Montréal et a obtenu son doctorat en sciences cliniques de l'Université de Sherbrooke en juin 2017.
Prévention du suicide à l’ère numérique: les jeunes peuvent-ils vraiment trouver de l’aide en ligne?


Résumé de la présentation: Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont grandement transformé la façon dont les adolescents cherchent des réponses à leurs questions en matière de santé mentale, surtout concernant le suicide. Cet atelier vous permettra de plonger dans l’univers virtuel des adolescents à risque de suicide afin de mieux comprendre leur processus de recherche d’aide et mieux leur venir en aide.
Biographie: Le projet doctoral de Jessica Rassy portait sur le processus de recherche d'aide par les technologies de l’information et des communications (TIC) chez des adolescents à risque de suicide. Elle a également travaillé comme infirmière en pédopsychiatrie pendant plusieurs années à l'Hôpital Rivière-des-Prairies. Ses intérêts de recherche portent sur la prévention du suicide chez les adolescents, les facteurs de protection du suicide, les TIC en prévention du suicide et les soins infirmiers en lien avec la problématique du suicide.
POUR VISIONNER LE WEBINAIRE:
WEBINAIRE 17 - Jessica Rassy - Prévention du suicide à l’ère numérique: les jeunes peuvent-ils vraiment trouver de l’aide en ligne?

Pour toute information , veuillez communiquer avec Luc Dargis: dargis.luc@uqam.ca ou 514-987-3000 #1685 Pour consulter les documents relatifs aux précédents webinaires, cliquez ici.

Source http://www.crise.ca/fr/webinaire18.asp?section=cdd&sujet=webinaires 

jeudi 28 mars 2019

CANADA Des données pour éclairer la prévention du suicide : rapport statistique de la Direction régionale de santé publique de Montréal


Publication - Description


Titre:  Des données pour éclairer la prévention du suicide : rapport statistique de la Direction régionale de santé publique de Montréal

2019 | 54 pages
Auteur(s) : Analyse et rédaction : Danielle Blanchard, contribution spéciale : Camille Poirier-Veilleux

Résumé

Malgré la baisse de mortalité par suicide dans les vingt dernières années, la problématique du suicide demeure une question importante de santé publique.  Dans le cadre de son madat de surveillance de l'état de santé de la population, la Direction régionale de santé publique présente un état de situation sur le suicide à Montréal. 
Le portrait intègre plusieurs dimensions de la problématique, dont la mortalité par suicide, les tentatives de suicide et les idéations suicidaires, examinées à travers différentes perspectives. 
Ces nouvelles données devraient contribuer à éclairer la mise en oeuvre des actions de prévention du suicide à Montréal.

SUEDE La famille Avicii lance la fondation pour promouvoir la santé mentale et la prévention du suicide

La famille Avicii lance la fondation pour promouvoir la santé mentale et la prévention du suicide

La Fondation Tim Bergling cherchera également à s’attaquer à des problèmes tels que le changement climatique, les espèces menacées

D'apres article Avicii’s Family Launches Foundation to Address Mental Health, Suicide Prevention
Par Jon Blistein March 26, 2019  https://www.rollingstone.com/*
La famille Avicii a lancé la Fondation Tim Bergling en l'honneur du regretté DJ / producteur, décédé l'année dernière.

La fondation récoltera des fonds et sensibilisera à diverses causes, à commencer par celles liées à la maladie mentale et à la prévention du suicide. La fondation espère également aborder des problèmes tels que le changement climatique, l’aide au développement, la conservation de la nature et les espèces menacées, tout en travaillant dans le pays d’origine, Avicii, en Suède, ainsi qu’à l’étranger.

«Tim voulait faire la différence. Créer une fondation en son nom est une façon d'honorer sa mémoire et de continuer à agir dans son esprit», a déclaré la famille dans un communiqué.

Avicii est décédé en avril dernier, à l'âge de 28 ans, apparemment d'un suicide. Le musicien était à l'avant-garde du mouvement EDM du début des années 2010, avec des succès croisés comme «Levels» et «Wake Me Up». Après plusieurs années de travail acharné , Avicii a cessé sa tournée en 2016, mais l'année suivante, il retourne en studio et sort un nouvel EP, Avīci (01).

Source https://www.rollingstone.com/music/music-news/avicii-family-launches-tim-bergling-foundation-mental-health-813704/

MANIFESTATION Paris (75) 28/03/2019 Projection-Débat Mobilisons-nous pour combattre l'isolement de nos aînés !

Projection-Débat

Mobilisons-nous pour combattre l'isolement de nos aînés !

Hôtel de Ville de Paris
- Accès visiteur, 5 rue de Lobau, 75004 Paris  

AUTOUR DE LA QUESTION CANADA Un nouvel outil pour traiter de l’intimidation dans les médias

Un nouvel outil pour traiter de l’intimidation dans les médias

source https://www.inspq.qc.ca* 26 mars 2019

Un nouvel outil suggérant des pistes pour aborder le sujet de l’intimidation dans les médias est mis en ligne aujourd’hui par l’INSPQ en partenariat avec le ministère de la Famille. Découlant du Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation 2015-2018 (lien externe s'ouvrant dans une nouvelle fenêtre), cet outil Web s’adresse aux professionnels des médias de l’information, aux étudiants en journalisme, aux personnes intervenant auprès des victimes et des auteurs d’intimidation de même qu’au grand public.

La manière dont les médias traitent de l’intimidation, qu’il s’agisse d’un cas précis ou de la problématique en général, et l’utilisation qui est faite de ce terme peuvent avoir un effet sur la perception de cette problématique au sein de la population. « On a constaté que le terme était parfois utilisé comme « fourre-tout », ce qui peut alimenter une certaine confusion », explique Dominique Gagné, conseillère scientifique à l’INSPQ.

Des réponses à des questions

Pour y voir plus clair, l’INSPQ a rassemblé les meilleures données probantes sur l’intimidation dite traditionnelle et l’intimidation en ligne. Cette nouvelle trousse média présente toute l’information pertinente et répond à une multitude de questions telles que :

  • Qu'est-ce que l'intimidation?
  • Combien de personnes sont touchées?
  • Quelles sont les causes et les conséquences?
  • Que pouvons-nous faire?
  • Quelle est l’ampleur de l’intimidation en ligne chez les jeunes?
  • Que pouvons-nous faire?
  • Vers quels organismes d'aide se tourner?
L’influence du traitement journalistique

De plus, l’INSPQ s’est inspiré des meilleures pratiques en matière de traitement journalistique du phénomène de l’intimidation et des principaux constats d’une analyse de la couverture médiatique de cette problématique dans la presse écrite québécoise pour suggérer quelques recommandations. Celles-ci peuvent s’appliquer à toute personne ayant à intervenir dans les médias ou dans l’espace public. En résumé, il s’agit de bien définir l’intimidation et d’en comprendre les caractéristiques, afin de transmettre une information juste et crédible sur le phénomène. Il est aussi important de varier les points de vue et de privilégier le recours aux experts et aux sources officielles pour remettre en contexte les différentes situations faisant l’objet d’une couverture médiatique.

Finalement, l’INSPQ aborde le lien entre l’intimidation et le suicide. « Comme le suicide d’une personne victime d’intimidation est un phénomène rare, mais généralement abondamment couvert par les médias, il importe de ne pas présenter ce geste comme étant un résultat direct d’une situation d’intimidation », constate Dominique Gagné. La trousse rappelle ainsi la manière de traiter du suicide dans les cas d’intimidation.

Quelques faits saillants

Environ 20 % des jeunes Canadiens seraient victimes d’intimidation dite traditionnelle. Malgré le fait que les jeunes soient souvent ciblés en raison de leurs caractéristiques individuelles (ex. : apparence, poids, expression de genre), il faut aller au-delà de ces caractéristiques et s’intéresser au contexte dans lequel ils évoluent afin de mieux comprendre le phénomène et pouvoir le prévenir. L’intimidation peut entraîner différentes conséquences pour les auteurs et les victimes qui peuvent perdurer dans le temps. Les personnes qui vivent de l’intimidation peuvent ressentir de l’insécurité et de l’angoisse et développer une faible estime de soi, de l’anxiété ou des symptômes de dépression. Il est important de savoir que ce phénomène peut être contré et ses conséquences atténuées par différents facteurs comme la qualité des relations sociales et les compétences personnelles et sociales des personnes qui en sont la cible. La réaction de l’entourage, du milieu et des personnes qui sont témoins des gestes posés peut également avoir une influence. L’intimidation en ligne est un phénomène relativement récent et peu documenté. « En raison du caractère anonyme et potentiellement viral de certains gestes posés en ligne, les conséquences pourraient être encore plus importantes pour les jeunes qui en sont victimes », de conclure Dominique Gagné.

Pour consulter cette trousse média sur l’intimidation : www.inspq.qc.ca/intimidation

ETUDE RECHERCHE USA Tendances des visites aux services d'urgence psychiatriques chez les jeunes et les jeunes adultes aux États-Unis

Tendances des visites aux services d'urgence psychiatriques chez les jeunes et les jeunes adultes aux États-Unis
Titre original
Trends in Psychiatric Emergency Department Visits Among Youth and Young Adults in the US dans Pediatrics March 2019
Source https://pediatrics.aappublications.org *

Luther G. Kalb, Emma K. Stapp, Elizabeth D. Ballard, Calliope Holingue, Amy Keefer, Anne Riley

    Résumé vidéo en anglais

CONTEXTE: Les visites au service des urgences à des fins psychiatriques sont un indicateur de besoins en santé mentale chroniques et aigus. Dans la présente étude, nous avons examiné si le nombre de visites à l'urgence psychiatrique chez les personnes âgées de 6 à 24 ans augmentait à l'échelle nationale.

MÉTHODES: Les données sur les urgences proviennent du Sondage national sur les soins médicaux ambulatoires dans les hôpitaux de 2011 à 2015, une enquête nationale sur les visites aux urgences à travers les États-Unis. Les visites à l'urgence psychiatrique ont été identifiées à l'aide des codes de la Classification internationale des maladies, neuvième révision et du motif de la visite. Des analyses de régression logistique pondérées par enquête ont été utilisées pour examiner les tendances et les corrélats des visites à l'urgence en psychiatrie. Les données du US Census Bureau ont été utilisées pour examiner les taux de population.

Résultats: Entre 2011 et 2015, il y a eu une augmentation globale de 28% (de 31,3 à 40,2) des visites à l'urgence en psychiatrie pour 1 000 jeunes aux États-Unis. Les plus fortes hausses des visites à l'urgence en psychiatrie pour 1 000 jeunes américains ont été observées chez les adolescents (54%), les Afro-Américains (53%) et les patients hispaniques (91%). Une forte augmentation du nombre de visites liées au suicide (de 2,5 fois) a été observée chez les adolescents (4,6 à 11,7 visites pour 1000 jeunes américains). Bien que les visites à l'urgence en psychiatrie aient été longues (51% ont duré au moins 3 heures), peu de patients (16%) ont été vus par un professionnel de la santé mentale au cours de leur visite.

CONCLUSIONS: Les visites à l'urgence à des fins psychiatriques chez les jeunes sont en augmentation aux États-Unis. Une expertise psychiatrique et des options efficaces de traitement de la santé mentale, notamment celles utilisées pour lutter contre l'épidémie croissante de suicides chez les adolescents, sont nécessaires à l'urgence.

SOurce
https://pediatrics.aappublications.org*

autre article sur le sujet
Les visites à l'urgence psychiatrique pour adolescents ont plus que doublé en 4 ans
Date de publication: 19 mars 2019
Par     Tara Haelle
sur https://www.mdedge.com*

Une étude a révélé que les visites psychiatriques effectuées par des adolescents dans les services d’urgence américains avaient augmenté de 54% entre 2011 et 2015, et que les visites d’adolescents liées au suicide d'adolescents avaient plus que doublé.

Les visites des jeunes afro-américains et latino-américains ont considérablement augmenté, mais une minorité de tous les jeunes (16%) a été vue par des professionnels de la santé mentale lors de leurs visites aux urgences en psychiatrie.

«Cette étude révèle sans équivoque que les adolescents constituent une population ayant des besoins urgents en matière de santé mentale», a déclaré Luther G. Kalb, Ph.D., de la faculté de santé publique Johns Hopkins Bloomberg et du Kennedy Krieger Institute de Baltimore, et ses collègues. «Non seulement leurs visites ont été les plus aiguës, mais leur probabilité de tentative de suicide et / ou d'automutilation a également augmenté», une constatation qui correspond à la récente augmentation nationale des idées suicidaires.

Les chercheurs ont utilisé le sondage 2011-2015 sur les soins médicaux ambulatoires dans les hôpitaux nationaux pour analyser les données relatives aux visites aux urgences en psychiatrie chez les jeunes américains âgés de 6 à 24 ans. Une visite psychiatrique a été identifiée sur la base du motif de visite du patient et sur la neuvième révision de la Classification internationale des maladies, des codes pour les troubles de l’humeur, des troubles du comportement ou de la toxicomanie; psychose; ou d'autres raisons psychiatriques. La tentative de suicide ou l'automutilation intentionnelle ont été identifiés avec les codes de motif de la visite.

Les visites à l'urgence psychiatrique chez tous les jeunes ont augmenté de 28%, passant de 31 à 40 visites pour 1 000 jeunes américains, entre 2011 et 2015, un résultat «fortement motivé par 2015, où la plus forte augmentation de visites a été observée», ont noté les auteurs. .

La plus forte hausse concerne les adolescents, dont le nombre de visites a augmenté de 54%, et parmi les patients noirs et latinos, dont les visites ont augmenté de 53% et de 91%, respectivement. Les visites à l'urgence liées à un suicide chez un adolescent et à l'automutilation ont plus que doublé de 2011 à 2015, passant de 5 à 12 visites pour 1 000 jeunes Américains. Ils étaient le seul groupe d'âge à voir une probabilité accrue d'une visite liée à la question suicidaire au fil du temps (odds ratio, 1,27, P inférieur à 0,01).

«En fin de compte, il n’est pas clair si les résultats représentent un changement d’identification (par les prestataires) ou de rapports (par des patients ou des membres de la famille) de la santé mentale aux urgences, un changement dans l’épidémiologie des troubles psychiatriques aux États-Unis, ou des fluctuations dans modèles d’aiguillage ou de recherche de services », ont déclaré le Dr Kalb et ses collaborateurs.

Les limitations de l'étude comprenaient "une incapacité à confirmer la validité du diagnostic" et certaines données manquantes concernant l'acuité des visites et la race / ethnie, ont-ils déclaré.

La recherche a été financée par l'Institut national de la santé et en partie par le programme de recherche intra-muros de l'Institut national de la santé mentale. Les auteurs n'ont rapporté aucune information financière pertinente.

SOURCE: Kalb LG et al. Pediatrics. 2019 Mar 18. doi: 10.1542/peds.2018-2192.

https://www.mdedge.com/psychiatry/article/196647/pediatrics/adolescent-psychiatric-ed-visits-more-doubled-4-years



mardi 26 mars 2019

ETUDE RECHERCHE Pour un programme de prévention face au cyberharcèlement parmi les étudiants

Pour un programme de prévention face au cyberharcèlement parmi les étudiants
Publié le 23/03/2019 www.jim.fr/*
Si le harcèlement classique remonte sans doute aux origines de l’humanité, l’avènement d’Internet et des smartphones lui a donné un nouveau visage, en facilitant la « cyber-attaque » d’une victime, notamment sous couvert d’un anonymat présumé sur les réseaux sociaux. Ce cyber-harcèlement est déjà bien documenté chez les adolescents, gros « consommateurs » de ces réseaux sociaux, mais une étude (réalisée au Canada et portant sur 4 626 étudiants inscrits dans des universités en France) montre que cette problématique ne se résume pas à l’adolescence : elle concerne également les jeunes étudiants (âgés ici de 15 à 23 ans, avec un âge moyen de 20 ans ± 1,3 an).

Selon cette étude, la fréquence du cyber-harcèlement chez ces jeunes adultes est importante, puisqu’elle concerne environ 20,1 % des étudiants et 18,7 % des étudiantes. Constatant que le cyber-harcèlement constitue un « problème majeur » en milieu universitaire, les auteurs estiment que les programmes de prévention ne devraient pas cibler seulement les adolescents. Il faudrait aussi « mettre en garde les étudiants et les autorités universitaires » sur cet effet pervers d’Internet et des réseaux sociaux : conçus pour faciliter les contacts humains, ces outils sont parfois dévoyés à des fins néfastes.
Relation entre cyber intimidation et suicidalité
Ce « harcèlement 2.0 » peut consister notamment en messages agressifs (15,7% des cas) ou en propagation de rumeurs sur le sujet ciblé (9,7 % des étudiants et 7,5% des étudiantes). Mais le plus préoccupant est bien sûr son incidence péjorative sur le risque de suicide : « les cyber-victimes des deux sexes rapportent avoir plus d’idées suicidaires et commettre plus de tentatives de suicide » que la population générale. Et la modélisation de ce phénomène montre un « effet de médiation complet de la détresse psychologique (associée à la cyber-victimisation) sur la relation entre la cyber-intimidation et la suicidalité. »

Une meilleure prise en compte de ce phénomène de société devrait donc permettre de renforcer la prévention des idées et des comportements suicidaires parmi les étudiants d’âge universitaire. Les auteurs proposent aussi d’étudier la personnalité des cyber-agresseurs et celle des cyber-victimes, pour « intégrer cet aspect de la question aux programmes de prévention » du cyber-harcèlement.

Dr Alain Cohen

lundi 25 mars 2019

SUISSE Une étude documente les tentatives de suicide pour la première fois en Suisse romande

Une étude documente les tentatives de suicide pour la première fois en Suisse romande

« Le destin naturel de quelqu’un qui va mal et qui est suicidaire, c’est d’aller mieux. »

une étude menée par l'observatoire romand des tentatives de suicide se penche sur les comportements suicidaires, le "self-harm" et les facteurs de risque qui peuvent l'entraîner.






INFO +
Information sur l'Observatoire romand des tentatives de suicide (ORTS)
https://www.chuv.ch/fr/psychiatrie/dp-home/recherche/projets-majeurs/observatoire-romand-des-tentatives-de-suicide-orts/

Et https://preventionsuicide-romandie.ch/observatoire-romand-des-tentatives-de-suicide-orts/

MANIFESTATION 19/06 au 21/06/2019 Paris (75) CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PÉDIATRIE 2019

Du mercredi 19 juin au vendredi 21 juin 2019
Congrès de la Société Française de Pédiatrie et de l’Association des Pédiatres de Langue Française
PALAIS DES CONGRÈS DE PARIS

programme préliminaire


Dont le Vendredi 21 juin 2019
"111h00-12h00 Prévention du risque suicidaire en pédiatrie
Objectifc Nous proposons de décliner les différents types de problématiques autour de la crise suicidaire : comment repérer un adolescent à risque suicidaire ? Comment évaluer le potentiel suicidaire d’un jeune qui a des idées noires ? Comment prévenir une nouvelle tentative de suicide ou un suicide chez un adolescent qui a fait une tentative de suicide ? Nous déclinerons ces enjeux dans deux circonstances différentes : l’adolescent aux urgences pédiatriques et l’adolescent hospitalisé dans le service de pédiatrie.
Modérateur : Mario SPERANZA, Versailles (sous réserve)
La problématique suicidaire vue par le pédiatre Renaud DE TOURNEMIRE, Boulogne-Billancourt
La problématique suicidaire vue par la cadre de santéNadia KARA-ALI, Boulogne-Billancourt