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jeudi 16 mars 2023

ETUDE RECHERCHE Suicide en période périnatale : données épidémiologiques récentes et stratégies de prévention

Suicide en période périnatale : données épidémiologiques récentes et stratégies de prévention

Publié le 14 mars 2023
Mis à jour le 13 mars 2023

La période périnatale (grossesse et première année post-partum) est une période de vulnérabilité à la survenue/ l'aggravation de symptômes/troubles psychiatriques chez les mères pouvant conduire jusqu'au suicide. À partir des données du dernier rapport de l'Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles en France et de résultats majeurs de la littérature internationale, l'objectif de cet article est : i) de présenter et de discuter les principales données épidémiologiques concernant les suicides maternels (fréquence, caractéristiques, facteurs de risque, évitabilité), ii) de lister les principaux outils de dépistage et les interventions en prévention. En France, sur la période 2013-2015, les suicides représentaient la première cause connue de décès maternels en période périnatale (13,4% de l'ensemble des décès), soit 1,4 femmes pour 100 000 naissances vivantes (intervalle de confiance à 95% (IC95%): [1,0-2,0]). La majorité des suicides (77%) s'étaient produits après le 42e jour postpartum et en médiane vers le 4e mois post-partum. Les différents facteurs de risque retrouvés en France comme à l'international étaient notamment : la précarité, l'isolement, des évènements de vie douloureux, des antécédents psychiatriques et des complications pendant la grossesse ou l'accouchement. Les données nationales et internationales montrent également qu'une grande part de ces décès serait évitable. Parmi les stratégies de prévention, un dépistage précoce et répété des femmes à risque, et tout spécifiquement de celles présentant des troubles psychiatriques déjà connus ou incidents, et une prise en charge graduée sont à retenir. En France, le projet gouvernemental " 1 000 premiers jours ", les entretiens prénatals précoces et post-natals obligatoires vont dans ce sens. Néanmoins, seul un déploiement national et universel de ces mesures pourra infléchir cette problématique majeure.

Auteur : Doncarli Alexandra, Gorza Maud, Gomes Eugênia, Cardoso Thierry, Vacheron Marie-Noëlle, Regnault Nolwenn, Tebeka Sarah
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2023, n°. 3-4, p. 68-76

jeudi 19 janvier 2023

AUTOUR DE LA QUESTION Périnatalité et santé mentale : tout savoir sur le projet européen PATH

Périnatalité et santé mentale : tout savoir sur le projet européen PATH

Dans sa newsletter de janvier 2023, le GCS pour la recherche et la formation en santé mentale précise que dans le cadre de ce projet européen, pour la France, de nombreuses réalisations seront communiquées et présentées dans les semaines à venir. Elle cite une brochure d’information destinée aux familles, un support BD pour sensibiliser les pères/coparents, un podcast et un MOOC de plus de 40 vidéos sur la santé mentale périnatale.

Pour les autres pays, signalons les six applications web développées pour les Pays-Bas et la Flandre, apportant chacune un soutien aux parents à un moment clé du parcours en périnatalité : la période préconceptionnelle, la grossesse, l’accouchement et le post-partum ou encore des applications accessibles gratuitement, dont le contenu est basé sur la recherche scientifique et les recommandations de bonnes pratiques professionnelles. A découvrir également, les cours en ligne gratuits sur la grossesse, le Podcast Premature, les vidéos de réalité virtuelle développées par les partenaires néerlandais, les résultats de l’étude de Kent & Medway Partnership Trust qui pointe le déficit de confiance des nouveaux parents pour demander de l’aide, la BD sur l’accouchement traumatique réalisée avec l’Université de Bournemouth, des sites d’informations, des formations, rencontres entre pairs…

Projet PATH La période dite des 1000 premiers jours s’étend des premiers mois de grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant. Il s’agit d’une période clé pour le développement de l’enfant, sa santé, son bien-être et celui de ses parents. Devenir parent est un évènement de vie majeur qui implique des changements physiques, psychiques et sociaux importants. Cette période de transition vers la parentalité peut être source de fatigue et d’émotions négatives. Pendant la grossesse et après la naissance d’un enfant, la santé mentale des futurs et nouveaux parents peut être fragilisée. C’est pourquoi le soutien et l’accompagnement des parents et des enfants, par l’entourage et par les professionnels de la périnatalité, sont essentiels tout au long des 1000 premiers jours. Les employeurs ont aussi un rôle à jouer en aidant les futurs et nouveaux parents à s’épanouir dans leur environnement de travail. Le projet européen PATH, PerinAtal menTal Health, est né de ce constat. D’une durée de quatre ans, le projet se terminera en mars 2023. Ce numéro spécial de VROEG détaille les activités du projet. • Nathalie Léone, Coordinatrice scientifique du projet PATH France, Centre Collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS, EPSM Lille Métropole)

Voir la version française du magazine VROEG

source https://www.santementale.fr/2023/01/perinatalite-et-sante-mentale-tout-savoir-sur-le-projet-europeen-path/

vendredi 29 juillet 2022

Anticiper, dépister, collaborer et accompagner pour prévenir les morts maternelles par suicide

Anticiper, dépister, collaborer et accompagner pour prévenir les morts maternelles par suicide


Sages-Femmes Volume 21, Issue 4, July–August 2022, Pages 25-31

Les maladies cardio-vasculaires et les suicides ont représenté les deux premières causes de morts maternelles entre 2013 et 2015 en France. Trente-cinq suicides maternels sont survenus, soit un tous les mois, dont 91 % ont été jugés évitables. Il est indispensable de sensibiliser les professionnels de la périnatalité au dépistage des facteurs de risque et des symptômes de souffrance psychique ainsi qu’à la prise en charge coordonnée des femmes à risque ou porteuses de troubles psychiatriques. Les sages-femmes jouent un rôle clé dans cette prévention primaire et secondaire.

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1637408822000761

lundi 14 février 2022

AVIS CRITIQUES DEBAT Maternités, le tabou des maltraitances

Maternités, le tabou des maltraitances

Le Point.fr, no. 202202
Société, mercredi 9 février 2022 

 Par Phalène de La Valette et Mathilde Cesbron https://www.lepoint.fr*

ENQUÊTE. Malgré des hôpitaux à la pointe, de plus en plus de femmes dénoncent la déshumanisation de l'accouchement et du post-partum.

« On m'a dit : "Vous êtes à dilatation complète, on revient." Mais personne n'est venu pendant deux heures. On sonnait, personne ne venait. Je hurlais, je me sentais partir, je voulais juste mourir pour que ça s'arrête. Puis ils sont arrivés tous d'un coup, m'ont posé une anesthésie qui m'a paralysée : j'étais incapable de pousser. Notre fille avait son coeur au ralenti. On ne m'a pas expliqué ce qu'il se passait. Un interne m'a arraché mon bébé au forceps, et une épisiotomie a été pratiquée, sans mon consentement. J'ai eu une déchirure complète du périnée... et j'ai subi le "point du mari" [épisiotomie recousue avec un ou deux points de suture supplémentaires pour resserrer l'orifice vaginal et supposément accroître le plaisir de l'homme lors des rapports, NDLR]. L'interne m'a dit le lendemain : "Mieux vaut trop serré que pas assez !" »

Avant de mettre au monde son premier enfant à la maternité du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), en 2016, Sara Maubert, 28 ans, avait « totalement confiance » dans l'hôpital public. Elle n'appréhendait pas son accouchement et pensait qu'en suivant les consignes des professionnels tout se passerait au mieux. « En sortant de là, tout était brisé. Ma confiance dans le corps médical, mon estime de moi, mon rapport à mon corps... Même aujourd'hui, le dossier n'est pas clos. À chaque fois que j'ai du mal à aller aux toilettes - parce que oui, tout n'est pas rentré dans l'ordre -, les souvenirs remontent. »

Les témoignages comme celui de Sara sont légion. Sur les forums dédiés aux parents, dans la presse, sur les plateformes de vidéos en ligne ou les réseaux sociaux, où fleurissent les hashtags comme #MonPostPartum, les femmes n'hésitent plus à partager le vécu douloureux de leurs accouchements et de leurs suites de couches. Même la ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, évoque la « boucherie » de son premier accouchement dans le documentaire d'Arte Tu enfanteras dans la douleur. Toutes dessinent une maternité qui, loin d'être le cocon protecteur qu'on veut imaginer pour la naissance d'un bébé, s'est transformée en lieu de maltraitances ordinaires, voire de violences extraordinaires : paroles infantilisantes ou méprisantes du personnel hospitalier; manque d'écoute; gestes posés trop rapidement, sans tact, sans justification, sans consentement; expressions abdominales [une pratique interdite qui consiste à faire pression sur le fond de l'utérus pour faire sortir le bébé plus vite, NDLR]; césariennes à vif; bébés retirés à leurs parents dès les premières minutes sans un mot d'explication, etc.

Suicides maternels

Dérapages occasionnels ? Circonstances exceptionnelles ? Les chiffres plaident plutôt en faveur d'un problème de fond. 31 % des femmes ne se sont pas senties respectées ou entendues par l'équipe médicale, lors de leur premier accouchement; 37 % auraient souhaité qu'on leur explique les gestes pratiqués et qu'on recueille leur consentement; 29 % estiment avoir vécu des violences gynéco-obstétricales, relève par exemple l'enquête de l'ONG Make Mothers Matter (MMM), conduite sur 22 000 mères. Plus inquiétant encore, différentes études concluent qu'environ une femme sur trois souffre désormais de dépression post-partum. Et le suicide est devenu la deuxième cause de mort maternelle dans notre pays ! D'où ce constat, énoncé il y a deux ans déjà dans Le Figaro par le Dr Amina Yamgnane, chef du service maternité de l'Hôpital américain de Paris : « Le suicide en raison d'une dépression du post-partum est devenu la complication [mortelle] la plus fréquente de la grossesse. »

« Oui, on peut dire que les maternités sont devenues des lieux de maltraitance », confirme sans détour Anna Roy, qui a exercé dix ans comme sage-femme à la maternité des Bluets (Paris 12e), avant de se tourner à 100 % vers le libéral. Alarmée par la dégradation croissante de ses conditions de travail et au risque de heurter la profession, elle a lancé le hashtag #JeSuisMaltraitante, décrivant les mauvais traitements qu'elle a elle-même fait subir, par la force des choses, à ses parturientes. « Aujourd'hui, accoucher revient à jeter un dé en l'air. Si vous avez de la chance, vous allez tirer le bon numéro et tomber sur une garde super, avec peu de monde en salles de naissance et une équipe aux petits oignons. Si vous n'avez pas de chance, vous allez être massacrée. »

Effondrement du nombre de maternités en France © Le PointComment en est-on arrivé là ? Du côté des professionnels de santé, la réponse est unanime : tout est parti des accords de périnatalité instaurés en 1998, toujours en vigueur et complètement dépassés. Ils fixent les effectifs, l'organisation et le ratio de sages-femmes par maternité. Sauf qu'à l'époque les techniques n'étaient pas les mêmes, le champ de compétences des sages-femmes non plus, et la France comptait quelque 1 500 maternités. On en trouve aujourd'hui moins de 500, alors que le nombre de naissances, lui, est resté assez stable. D'où les « usines à bébés », comme on les nomme dans le milieu, hyperstructures qui assurent jusqu'à 5 000 accouchements par an et souffrent particulièrement de ces ratios caducs. « Ça donne l'impression d'être livreur au McDrive », résume crûment Adrien Gantois, président du Collège national des sages-femmes de France (CNSF), qui a lui-même décidé de quitter l'hôpital public pour ne plus avoir à faire « de l'abattage ». « C'est vrai qu'il y a des situations où l'on est à la limite de la dangerosité, voire dans la dangerosité, parce qu'il n'y a pas assez de personnel pour surveiller tout le monde », reconnaît le Pr Olivier Picone, gynécologue-obstétricien à l'hôpital Louis-Mourier (Colombes). La profession réclame en vain de nouveaux accords de périnatalité avec la règle une femme/une sage-femme - « une sage-femme pour deux ou trois femmes serait déjà un progrès énorme », souffle le Pr Picone. Le ministère de la Santé invoque le Covid pour justifier les retards de réforme. « Personne ne comprend pourquoi ces nouveaux accords ne sortent pas », s'agace le Pr Alexandra Benachi, responsable du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère. « Depuis vingt ans, je vois la situation dégénérer totalement. C'est un cercle vicieux et le seul moyen de le casser, c'était de mettre plus de sages-femmes. Sauf que, maintenant, il n'y en a plus ! La situation dans laquelle on arrive est explosive. »

Statut étrangement ambigu (profession médicale dans le Code de la santé publique, elle relève du paramédical à l'hôpital), salaire insuffisant (à peine plus que le smic en moyenne), métier épuisant (42,3 % de burn-out chez les cliniciennes salariées, selon le CNSF) : les sages-femmes sont de plus en plus nombreuses à raccrocher la blouse, y compris chez les étudiants. « Pour vous donner un exemple, dans une école du Grand Est, sur 30 sages-femmes diplômées en juin, 12 ont demandé leur reconversion », détaille Camille Dumortier, présidente de l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes. « Jadis, 90 % des néodiplômées choisissaient d'intégrer un établissement hospitalier. Aujourd'hui, 40 % choisissent le libéral, alors qu'elles sont payées en moyenne 25 % de moins que dans le public », complète-t-il. « On les a détournées de leur coeur de métier », regrette le Pr François Goffinet, chef de service de la maternité de Port-Royal (Paris 14e). « C'est incroyable de se dire que la majorité des élèves qui sortent des écoles de sages-femmes aujourd'hui ne veut pas faire d'accouchement ! » À la suite de plusieurs mouvements de grèves nationales, le gouvernement a tenté un geste de revalorisation des salaires de 500 euros et annoncé une sixième année de formation en maïeutique. « De la politique Instagram », raillent les professionnels du secteur, qui estiment que ces mesures n'auront hélas aucun impact sur les conditions actuelles d'accouchement.

Réflexion de fond nécessaire

Il ne s'agit pas seulement, ni même peut-être d'abord, de moyens humains ou financiers. Il manque une vraie réflexion de fond sur l'accouchement et le post-partum dans son ensemble, pointent de concert femmes et sages-femmes. Marlène Schiappa indique ainsi avoir vécu une expérience désastreuse « dans un hôpital privé très réputé, qui avait tous les moyens pour un accouchement serein ». « Certains dysfonctionnements ne sont pas explicables par la question des moyens, confie la ministre. Il y a une question plus philosophique du rapport à la maternité. La fameuse injonction "tu enfanteras dans la douleur"... On considère qu'il est normal de souffrir avant, pendant et après l'accouchement, donc les femmes ne devraient pas se plaindre et il ne faudrait pas les prendre en compte. »

Alors que le bien-être de l'enfant est de mieux en mieux défendu, celui de la mère reste largement négligé : en témoignent tant la faible place accordée au sujet dans le rapport des 1 000 Premiers Jours commandé par le ministère de la Santé que la façon dont les femmes sont livrées à elles-mêmes en suites de couches, au moment où elles sont souvent le plus vulnérables. Pour la sociologue Illana Weizman, autrice de Ceci est notre post-partum, c'est précisément parce que cette vulnérabilité est forte que la société préfère l'ignorer. « Il y a un mythe de la maternité comme étant forcément belle, épanouissante, désirable. Dès que quelque chose contrecarre ce mythe, la société fait en sorte de le cacher, de ne pas en parler, analyse-t-elle. Le corps post-partum, c'est un corps qui saigne pendant des semaines. C'est un corps qui rappelle la vieillesse, qui va à l'encontre de ce qui est demandé aux femmes, en termes de productivité et d'esthétique. On va donc le laisser en coulisse, le temps qu'il soit à nouveau présentable. »

 Et puis, dire qu'on est en souffrance psychique quand on donne naissance à un enfant, qu'on peut avoir des regrets, c'est encore plus tabou », souligne de son côté Élise Marcende, présidente de l'association Maman Blues, qui a elle-même souffert d'une longue dépression périnatale. « On préfère penser que c'est exceptionnel, quelques mamans névrosées. » Maman Blues tente de vulgariser le concept de « matrescence » (sorte d'adolescence de la maternité) pour faire comprendre qu'en réalité « toutes les femmes traversent une crise existentielle lorsqu'elles deviennent mères ». Cette crise sera d'autant plus forte s'il y a eu maltraitances ou violences, et si la mère se sent seule en post-partum. Ce qui arrive de plus en plus souvent du fait de l'éclatement des familles et des villages d'autrefois.

On ne peut pas se contenter de sauvegarder les corps et se dire que tout se passe bien.Anna Roy, sage-femme

À ceux, nombreux dans le corps médical, qui pointent les faibles taux de mortalité infantile et maternelle pour se féliciter, à juste titre, de la compétence des maternités françaises et affirmer que « notre système de périnatalité marche plutôt bien », Anna Roy rétorque : « L'OMS définit la santé comme "un état de complet bien-être physique, mental et social". On ne peut pas se contenter de sauvegarder les corps, se dire que tout se passe bien parce que les femmes et les enfants ne meurent pas. On a sacrifié le caractère intime et privé de l'accouchement au profit de la sécurité médicale. Maintenant que la sécurité médicale est plus ou moins acquise, c'est le moment de rééquilibrer les choses. »

Moins de médical et plus d'humain, c'est effectivement ce que réclament 43 % des femmes, après leur premier accouchement, d'après l'enquête de MMM. Beaucoup dénoncent, par exemple, l'administration très courante d'ocytocine synthétique (64 % des accouchements par voie basse, selon l'Inserm), ce qui accélère le travail de l'accouchement, mais provoque souvent des contractions plus douloureuses, favorisant le recours à la péridurale. « Parlons-en, de la péridurale ! » s'exclame Marlène Schiappa, qui a fait le choix de s'en passer pour son deuxième enfant. « Si vous ne voulez pas de péridurale, vous êtes considérée comme une hippie, contre les avancées de la science ! Pour certaines, la péridurale est formidable et pour d'autres, elle n'est pas appropriée. On doit sortir du jugement et du manichéisme et laisser les femmes choisir. » En théorie, le choix existe; dans les faits, notre pays, champion de la péridurale (avec un taux de 82 %, l'un des plus élevés au monde, selon l'Inserm), a du mal à accompagner comme il le faudrait les projets de naissance physiologique. Par manque de temps, une fois de plus (un accouchement naturel requiert une présence constante), mais pas seulement. Maylis Villemain, 28 ans à l'époque, raconte qu'on lui a littéralement ri au nez lorsqu'elle a exprimé son souhait d'accouchement sans péridurale, bien qu'elle s'y soit longuement préparée et qu'il s'agisse de son troisième. « On infantilise les femmes et on leur fait perdre confiance dans leurs propres capacités », déplore-t-elle, regrettant au passage que tout le discours périnatal soit centré sur les risques et les dangers potentiels, comme si la grossesse était une pathologie.

On est uniquement dans un registre de prescriptions ou de proscriptions », confirme Isabelle Derrendinger, présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes et directrice d'une école à Nantes (Loire-Atlantique). « Face à l'hypertechnicité des maternités, je rejoins les usagers qui disent que les sages-femmes sont formées dans une optique technique purement médicale. » Sonia Bisch, présidente de Stop VOG, ne dit pas autre chose : « Il y a clairement un problème de formation à tous les niveaux, y compris chez les gynécologues. Très peu, voire aucune place n'est accordée à la dimension psychosociale. » S'ils reconnaissent qu'il peut y avoir des lacunes et des disparités d'un professionnel à l'autre, médecins et sages-femmes estiment cependant, et très majoritairement, qu'on leur fait là un faux procès. « La formation, on l'a, martèle Camille Dumortier. Mais je ne peux pas me permettre de prendre en compte le contexte psychosocial; si je demande à une patiente si elle a déjà subi des violences dans le passé et qu'elle me répond oui, j'en ai pour quarante-cinq minutes de discussion. Sauf que ces minutes, je ne les ai pas ! »

Un plan Marshall de la périnatalité

Le serpent qui se mord la queue ? La question des moyens refait surface, comme la crise générale que traverse l'hôpital public. Beaucoup se montrent fatalistes, estimant à l'instar du Pr Picone que, « dans l'état actuel de finances du système hospitalier », il ne faut espérer aucun miracle en maternité, d'autant que le sujet ne semble prioritaire pour personne. « Et pourtant, l'impact d'un accouchement sur la santé publique est énorme ! s'exaspère Adrien Gantois. Si, dans une société, on n'est même pas capable d'assurer sans maltraitance la mise au monde de nos futurs citoyens, alors quel intérêt ? Toutes les données scientifiques montrent que, si vous investissez pour que la naissance et le post-partum se passent bien, c'est bénéfique économiquement, à moyen et à long terme. Il faut un plan Marshall de la périnatalité : arrêter de mettre des bouts de sparadrap partout et repenser l'ensemble. »

Taux de mortalité infantile et maternelle en France et chez certains de nos voisins européens. © Le PointLes solutions trouvées par certains de nos voisins européens - qui affichent des taux de mortalité maternelle et infantile équivalents ou meilleurs que les nôtres - pourraient être autant de pistes de réflexion. Le développement des maisons de naissance et de l'accouchement accompagné à domicile mérite d'être étudié, sans naïveté ni dogmatisme. Quitte à imaginer, par ailleurs, de nouveaux modèles de maternité. « On aurait besoin d'une structure gérée par les gynécologues-obstétriciens pour la prise en charge des grossesses pathologiques et, juste à côté, afin qu'on puisse passer de l'un à l'autre, d'une structure gérée par les sages-femmes pour les accouchements naturels, mais où la péridurale reste possible, si les patientes le veulent, suggère le Pr Benachi. Il faut que les femmes aient vraiment le choix. »

Redonner le choix aux femmes et retrouver le caractère intime de l'accouchement : plus qu'une revendication syndicaliste ou un combat féministe, il s'agit, selon l'obstétricien Michel Odent, pionnier des méthodes d'accouchement alternatives en maternité, d'une question de civilisation. « On a oublié les besoins de base de la femme qui accouche. Dans ce domaine, comme dans tous les autres aujourd'hui, on atteint les limites de la domination de la nature. Pour changer le monde, commençons par changer le monde des naissances. »

Cet article est paru dans Le Point.fr

jeudi 20 janvier 2022

CANADA «Maman, pourquoi tu pleures?»: la santé mentale périnatale mise en lumière


La santé mentale périnatale mise en lumière

Photo: Ève B Lavoie Cathy Gauthier et Jessica Barker dans le documentaire «Maman, pourquoi tu pleures?»

Manon Dumais 20 janvier 2022 https://www.ledevoir.com*

Il n’est pas rare, avant une émission, d’entendre une voix anonyme annonçant un contenu qui pourrait choquer. Dans le cas de Maman, pourquoi tu pleures ?, documentaire écrit et réalisé par Patricia Beaulieu, Jessica Barker lit elle-même cette notice d’une voix feutrée : « L’émission qui suit contient du contenu sensible. Il est question de dépression, troubles bipolaires, troubles anxieux, psychose, interruption de grossesse, fausse couche et tentative de suicide. Nous préférons vous en avertir. »

« C’était quelque chose de très important pour moi, explique l’animatrice au cours d’un point de presse virtuel tenu mercredi. J’assiste à plusieurs conférences féministes dans les universités et j’y ai découvert ces avertissements-là. Il est 19 h, un mercredi, une femme s’installe devant la télé ; elle ne sait pas nécessairement où on s’en va et elle n’a peut-être pas envie de revivre ces traumas-là. Je voulais prévenir, dans un esprit de bienveillance et de douceur. Sur Twitter, beaucoup d’hommes ridiculisent souvent les trigger warnings, mais je pense que c’est une bonne chose et qu’il faut se protéger. »

C’est après que sa voisine lui a confié qu’on lui avait diagnostiqué un trouble bipolaire après son accouchement que Jessica Barker a voulu se pencher sur la santé mentale périnatale. Elle s’est alors tournée vers celle qu’elle surnomme son âme sœur créative, Patricia Beaulieu (Cultes religieux. Des enfants oubliés), qui a su insuffler « de la poésie dans la souffrance ».

« Avec Jessica, on a voulu mettre un peu de lumière dans le documentaire, confie la réalisatrice. On aurait pu aller du côté sombre, chercher des témoignages de participantes qui n’auraient pas eu d’aide, dire comment ça a été difficile pour elles de briser le silence. On le ressent dans leurs propos, mais on s’est dit qu’on avait plus envie d’outiller la maman en devenir ou celle qui souffre. »

Oser en parler

Comme le rappelle Jessica Barker dans le documentaire, selon des études faites au Québec, une femme sur cinq éprouvera avant ou pendant la grossesse des problèmes de santé mentale. Malgré cela, vingt ans après la parution de Maman, pourquoi tu pleures ? (Odile Jacob), du psychiatre Jacques Dayan, on en parle peu ou prou aux principales intéressées. À titre d’exemple, cent pages du guide Mieux vivre avec notre enfant, bible des parents depuis 1977 qu’on remet à jour ponctuellement, sont consacrées à l’allaitement et une seule à la dépression.

« Les choses n’ont pas bougé beaucoup et, en ce moment, il y a une escalade, constate Jessica Barker. On sait à quel point l’anxiété et les dépressions sont omniprésentes dans la société et on en a un peu le miroir avec les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher. C’est surprenant qu’on n’ait pas plus évolué et qu’il y ait peu de recherches sur le sujet. Il y a un manque d’investissement ; la santé mentale est le parent pauvre, on le sait, et dans l’optique de la santé des femmes, on est dans la même situation. »

« Je sentais quand même qu’il y avait une évolution depuis 20 ans, avec le projet Grande Ourse à Sainte-Justine, où on s’intéresse aux mamans, où on leur pose des questions, nuance Patricia Beaulieu. Avec Jessica, on ne prétend pas tout connaître sur cette problématique-là, mais on a voulu faire une espèce de chorale, un bouquet, de ces mamans qui ont vécu des choses totalement différentes, mais qui, quand on les regarde maintenant, vont quand même bien ou mieux. Il y a donc cet espoir-là que je trouvais très important de dépeindre. »

Lumineux et bienveillant, Maman, pourquoi tu pleures ? bénéficie des témoignages courageux de quatre mères, dont l’humoriste Cathy Gauthier et l’autrice Émilie Choquet (Un espace entre les mains, Boréal), et d’un fils dont la mère souffre de maladie mentale, l’animateur et producteur Jean-Philippe Dion. Avec empathie, respect et complicité, Jessica Barker recueille leurs confidences dans une atmosphère détendue et chaleureuse.

« On aurait pu faire un film de six heures ! » s’exclame l’animatrice en rappelant que Maman, pourquoi tu pleures ? sera diffusé à l’occasion de la journée Bell cause pour la cause. Les ressources sont limitées et difficiles à trouver pour les mamans, alors soyons à l’écoute et soyons là pour nos voisines. »

« Si ce documentaire-là peut juste faire en sorte que la personne qui est chez elle et qui se sent moins bien prenne le téléphone, aille chercher des ressources, parle à un voisin ou une voisine, pour moi, c’est déjà un beau pas en avant », conclut la réalisatrice.
Maman, pourquoi tu pleures?

À Canal Vie, le 26 janvier, 19 h. Disponible à noovo.ca et sur Crave. 

https://www.ledevoir.com/culture/ecrans/661911/ecrans-une-sur-cinq


















mercredi 1 décembre 2021

Suicidalité en période périnatale : quels sont les facteurs associés ?

Suicidalité en période périnatale : quels sont les facteurs associés ?
Publié le 13 mai 2021
Mis à jour le 1 décembre 2021

https://www.santepubliquefrance.fr/*
Objectifs : le suicide est la première cause de mortalité maternelle dans les pays à ressources élevées. L'apparition d'idées suicidaires est un facteur de risque majeur de passage à l'acte suicidaire. La suicidalité impacte la relation mère-bébé et le développement de l'enfant. L'objectif principal de l'étude était d'identifier les facteurs associés aux idées suicidaires en période périnatale chez les femmes hospitalisées en secteur spécialisé. Les objectifs secondaires étaient de décrire cette population spécifique et d'élaborer une trame d'entretien afin d'évaluer les facteurs de risque de suicide et d'orienter les patientes vers les dispositifs de périnatalité existants. Méthodes : étude descriptive et rétrospective réalisée dans un Centre Hospitalier Spécialisé portant sur les femmes hospitalisées en période périnatale entre 2014 et 2019. Les critères d'inclusion étaient : être enceinte ou en post-partum dans un délai maximal d'un an après l'accouchement et être âgée entre 16 et 43 ans. Les dossiers informatisés ont été retrouvés grâce à une recherche par mots-clés. Résultats : l'échantillon comptait 25 patientes enceintes et 57 patientes en post-partum. La présence d'un antécédent psychiatrique multipliait par 4,38 le risque de survenue des idées suicidaires (p < 0,03). Un tiers des patientes présentaient un motif d'admission en lien avec la suicidalité. Moins d'un tiers des patientes étaient orientées vers les dispositifs de psychiatrie périnatale existants. Conclusions : la prévention du suicide en période périnatale est une priorité, une vigilance particulière doit être portée aux femmes ayant un antécédent psychiatrique. La prise en charge par des équipes spécialisées en périnatalité est essentielle.

Auteur : Dejean D, Chan-Chee C, Legendre G, Picard A, Krembel A, Gillard P, Gohier B, Duverger P, Riquin E
L'Encéphale, 2021, p. 1-9 

https://www.santepubliquefrance.fr/docs/suicidalite-en-periode-perinatale-quels-sont-les-facteurs-associes

jeudi 30 septembre 2021

Psychologue sur prescription, CMP, post partum… les annonces de Macron aux Assises de la santé mentale


Psychologue sur prescription, CMP, post partum… les annonces de Macron aux Assises de la santé mentale
Par Louise Claereboudt le 29-09-2021  https://www.egora.fr
Dégradée lors de l’épidémie de Covid-19, la santé mentale des Français constitue un véritable enjeu de santé publique. Lors des Assises de la psychiatrie et de la santé mentale, les 27 et 28 septembre, le président de la République a ainsi annoncé une série de mesures pour pallier le manque de prise en charge et d’accompagnement des personnes en souffrance psychique.

C’est un des fléaux que la crise sanitaire a permis de mettre en lumière : la santé mentale des Français s’est considérablement dégradée ces dernières années, et en particulier depuis l’épidémie de Covid. Etats dépressifs, addictions, idées suicidaires, troubles psychiques, isolement… Face à la hausse de l’ensemble de ces indicateurs, le président de la République avait annoncé en janvier 2021 l’organisation d’Assises de la psychiatrie et de la santé mentale avant l’été afin d’apporter des réponses à ce véritable enjeu de santé publique.

Préparées par le Gouvernement, et par un comité d’orientation rassemblant 16 personnalités qualifiées reconnues, ces Assises se sont finalement tenues les 27 et 28 septembre, en présence d’Emmanuel Macron. Un total de 30 mesures ont ainsi été annoncées, certaines plus attendues que d’autres. Zoom sur les principales annonces.

Pensées suicidaires : un numéro national

1 Français sur 5 est touché chaque année par un trouble psychique (13 millions de personnes au total), 64% des Français ont déjà ressenti un trouble ou une souffrance psychique, le taux de suicide est l’un des plus élevés des pays européens de développement comparable (il s’agit même de la 2e cause de mortalité chez les 10-25 ans), les Français sont les plus gros consommateurs de psychotropes au monde…

Le constat est sans appel, malgré le tabou persistant autour de la santé mentale. Avec plus de 23 milliards d’euros par an, les dépenses remboursées au titre de la souffrance psychique et des maladies psychiatriques sont le premier poste de dépenses de l’Assurance maladie, avant les cancers et les maladies cardiovasculaires. Le Gouvernement entend de fait “lever ce tabou”, en développant les campagnes de communication “généralistes” mais aussi “ciblées” vers les publics fragiles.

Un numéro national de prévention du suicide sera disponible dès le 1er octobre à l’ensemble de la population, 24h/24, sept jours sur sept, pour offrir “une prise en charge sanitaire des personnes ayant des idées suicidaires, depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire”. Les appels seront assurés par des professionnels de santé, en lien avec le Samu.

La lutte contre la souffrance au travail fait elle aussi partie intégrante du programme du Gouvernement pour les futures années avec, notamment, le renforcement du rôle des Services de prévention et de santé au travail (SPST) en matière de prévention des risques psychosociaux et de promotion de la santé mentale.

Les consult’ psychologues remboursées à certaines conditions

A également été décidée dès 2022, la prise en charge de consultations de psychologues de ville (libéraux ou salariés) pour...

les Français de plus de 3 ans sous certaines conditions. Cette prise en charge se fera dans le cadre d'un forfait - renouvelable - de 8 consultations remboursées, la première séance étant à 40 euros et les suivantes à 30 euros. “Une avancée majeure pour la Sécurité sociale”, a souligné Olivier Véran sur France Inter ce mercredi 29 septembre.

Cette mesure doit néanmoins s’inscrire dans un parcours de soins : les enfants, adolescents et adultes en souffrance psychique légère à modérée devront être “adressés par leur médecin” aux psychologues. Une décision qui n’est guère du goût de ces derniers, qui refusent que ce remboursement soit conditionné à l’avis du médecin.


Cela représente un coût de 660 millions d’euros sur cinq ans. La mesure fera l’objet d’une évaluation d’ici 2050, “dans l’optique de poursuivre l’intégration des psychologues dans le parcours en santé mentale”.

Création de 800 postes dans les centres médico-psychologiques

Seront également créés 800 postes dans les centres médico-psychologiques (CMP) dès l’année prochaine, dont “la moitié en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent”, s’est félicité le secrétaire d'Etat chargé de l'enfance et des familles, Adrien Taquet. Objectif : réduire significativement les délais d’attente. En effet, selon le chef de l’Etat, dans certains territoires, ces délais peuvent être “supérieurs à 18 mois”.

Parmi les autres mesures liées à l’augmentation des moyens, nous pouvons également citer la création d’une maison des adolescents dans chaque département, la mise en place de 20 équipes mobiles pour la prise en charge des personnes âgées en Ehpad et dans les structures médico-sociales, et la création de 12 postes d’enseignants chercheurs en psychiatrie supplémentaires entre 2022 et 2025.


Repérage systématique de la dépression post-partum

Dans le cadre de la mise en œuvre la stratégie des 1 000 premiers jours de l’enfant et le déploiement d’une offre de psychiatrie en périnatalité, Aurélien Taquet a annoncé l'instauration début 2022 d'un repérage systématique de la dépression post-partum - grâce à un entretien postnatal, dont 100.000 mères, chaque année, en seraient victimes (environ 15% d’entre elles). “C’est un combat de santé publique, et, je dirais même, politique.”
Congrès Encéphale : le suicide, premier motif de mortalité maternelle à un an

Développement de la recherche en santé mentale

Alors que la recherche française en santé mentale et psychiatrie représente “seulement 2 à 4% du budget de la recherche biomédicale, plusieurs annonces ont été faites pour améliorer l’attractivité du secteur et développer les recherches en France : lancement d’un programme de recherche (80 millions d’euros sur 5 ans), création de l’institut de stimulation cérébrale de Paris, du centre E-CARE de prise en charge et de recherche sur l’enfant, ainsi que le développement de l’usage du numérique en santé mentale.

Au total, l’ensemble des mesures décidées lors des Assises représentent un coût global pour les finances publiques de près de 1,9 milliard d’euros sur 5 ans, soit 380 millions par an en moyenne.


La psychiatrie développée dans le cadre du SAS
Alors que le Service d’accès aux soins (SAS) doit être généralisé dans les prochains mois, les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie ont souhaité compléter le dispositif en y intégrant une régulation psychiatrique 24h/24, 365 jours par an. Cette régulation sera effectuée par des infirmières de psychiatrie, supervisées par une psychiatre, et coordonnée par un professionnel “en lien avec l’offre de soins psychiatriques du département". 5 départements seront d’emblée concernés par la mise en place de cette régulation spécifique. Le coût de cette mesure atteint 1,2 millions d’euros en 2022 et 2,4 millions d’euros par an dès 2023. 

https://www.egora.fr/actus-pro/politique-de-sante/68959-psychologue-sur-prescription-cmp-post-partum-les-annonces-de?nopaging=1
 

Info + 


Assises de la santé mentale et de la psychiatrie les 27 et 28 septembre 2021
publié le 16.09.21 mise à jour 29.09.21
Santé Santé mentale
Annoncées dès janvier 2020 par le Président de la République, les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie des 27 et 28 septembre 2021 ont marqué un moment historique du débat national. Réunissant l’ensemble des acteurs concernés dans un contexte épidémique ayant fragilisé non seulement les corps mais aussi les esprits, ce rendez-vous ambitionnait de dresser un état des lieux partagé de la prise en charge de la santé mentale des Français, de l’offre de soins en psychiatrie et de l’accompagnement qui leur est proposé.https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/evenements/assises-de-la-sante-mentale-2021

 autres articles 


Remboursement des séances chez un psychologue : comment en bénéficier ?

Pratique

À l’issue des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, Emmanuel Macron a annoncé mardi 28 septembre que les consultations de psychologues seront remboursées par la Sécurité sociale à partir de 2022.

Esther Serrajordia,
le 29/09/2021 à 17:52 

Alors qu’un Français sur cinq est touché chaque année par un trouble psychique, Emmanuel Macron a annoncé mardi 28 septembre le futur remboursement des consultations de psychologues sur prescription médicale par la Sécurité sociale.
► Qui est concerné ?

Enfants, adolescents, adultes… Tous les Français âgés d’au moins 3 ans pourront bénéficier du remboursement des séances dès 2022. Cependant, dans sa synthèse, le gouvernement précise que cette nouveauté s’adresse en priorité aux personnes qui souffrent de « troubles dépressifs et anxieux d’intensité légère à modérée ».
i Pourquoi lire La Croix ?
La Croix s'efforce de donner des éléments de compréhension sur des sujets graves. +
► Comment va fonctionner le remboursement ?

Le remboursement fonctionnera sous forme de forfait. Lors de son allocution, Emmanuel Macron a expliqué que ce forfait comptera huit séances, la première à hauteur de 40 € et les sept autres à 30 €. Il ne s’agit pas d’un remboursement partiel mais d’une prise en charge entière par la Sécurité sociale, ce qui signifie que le patient n’aura pas de reste à charge. « Ce forfait pourra être renouvelé si la prescription médicale le propose », a ajouté le président.
Ce qui compte vraiment dans l'actualité

Pour en bénéficier, il faudra d’abord prendre rendez-vous chez un médecin généraliste qui fournira au patient une prescription médicale et l’orientera vers un psychologue.
► Pourra-t-on aller chez le psychologue de son choix ?

Il ne sera pas possible de consulter n’importe quel praticien avec ce forfait. « La liste des psychologues conventionnés avec l’assurance-maladie va bientôt être disponible sur un annuaire qui sera accessible aux usagers », précise la synthèse. Les médecins généralistes y auront également accès.
À lire aussi

Seuls les psychologues volontaires seront concernés par ce dispositif national, qu’ils soient en exercice libéral ou en exercice salarié dans un centre ou une maison de santé. « Cette activité conventionnée pourra ne concerner qu’une partie seulement de leur activité », précise le gouvernement, qui ajoute qu’ils pourront par ailleurs continuer à exercer leur activité avec leurs tarifs propres et sans remboursement de la Sécurité sociale.

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Un numéro national gratuit de prévention du suicide

Vendredi 1er octobre sera mis en place le 31 14, un numéro national de prévention du suicide.

Cette ligne d’appel nationale est destinée à toutes les personnes ayant des idées suicidaires, depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire. Des professionnels de santé ayant besoin d’un avis précis et spécialisé pourront également l’utiliser.

Au bout du fil, des professionnels de la psychiatrie« spécifiquement formés pour assurer des missions d’écoute, d’évaluation, d’orientation et d’intervention » seront disponibles sept jours sur sept et 24 heures sur 24.

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Remboursement-seances-chez-psychologue-comment-beneficier-2021-09-29-1201177981

vendredi 21 mai 2021

ETUDE RECHERCHE Suicidalité en période périnatale : quels sont les facteurs associés

Article de recherche Suicidalité en période périnatale : quels sont les facteurs associés ?
D.
Dejeana
C. Chan-Chee b G. LegendrecA. Picard d A. Krembel e P. Gillard c B. Gohier af P. Duverger fg E. Riquin fghi

a Service de Psychiatrie et d’Addictologie, CHU d’Angers, 4, rue Larrey, 49933 Angers cedex 9, France
b Direction Santé Environnement Travail, Agence nationale de santé publique, 12, rue du Val d’Osne, 94415 Saint-Maurice cedex
c Service de gynécologie obstétrique, CHU Angers, 4, rue Larrey, 49933 Angers cedex 9, France
d Service de psychiatrie périnatale, CHRU de Lille, 2, rue André Verhaeghe, 59037 Lille
e Centre Roger Misès - Secteur Psychiatrie Infanto-Juvénile Ouest, 33, rue de la Charnasserie, 49100 Angers
f Laboratoire de Psychologie, LPPL EA4638, Université d’Angers, Maison des sciences humaines, 5, bis boulevard Lavoisier, 49045 Angers cedex 01, France
g Service de Psychiatrie de L’Enfant et de l’Adolescent, CHU d’Angers, 4, rue Larrey, 49933 Angers cedex 9, France
h Unité Mitovasc, UMR CNRS 6015-Inserm 1083, 3, rue Roger Amsler, 49100 Angers, France
i Fondation Santé des Etudiants de France, Centre Pierre Daguet, route du Mans, 72302 Sablé-sur-Sarthe

L'Encéphale Available online 13 May 2021

Résumé

Objectifs

Le suicide est la première cause de mortalité maternelle dans les pays à ressources élevées. L’apparition d’idées suicidaires est un facteur de risque majeur de passage à l’acte suicidaire. La suicidalité impacte la relation mère-bébé et le développement de l’enfant. L’objectif principal de l’étude était d’identifier les facteurs associés aux idées suicidaires en période périnatale chez les femmes hospitalisées en secteur spécialisé. Les objectifs secondaires étaient de décrire cette population spécifique et d’élaborer une trame d’entretien afin d’évaluer les facteurs de risque de suicide et d’orienter les patientes vers les dispositifs de périnatalité existants.

Méthodes

Étude descriptive et rétrospective réalisée dans un Centre Hospitalier Spécialisé portant sur les femmes hospitalisées en période périnatale entre 2014 et 2019. Les critères d’inclusion étaient : être enceinte ou en post-partum dans un délai maximal d’un an après l’accouchement et être âgée entre 16 et 43 ans. Les dossiers informatisés ont été retrouvés grâce à une recherche par mots-clés.

Résultats

L’échantillon comptait 25 patientes enceintes et 57 patientes en post-partum. La présence d’un antécédent psychiatrique multipliait par 4,38 le risque de survenue des idées suicidaires (p < 0,03). Un tiers des patientes présentaient un motif d’admission en lien avec la suicidalité. Moins d’un tiers des patientes étaient orientées vers les dispositifs de psychiatrie périnatale existants.

Conclusions

La prévention du suicide en période périnatale est une priorité, une vigilance particulière doit être portée aux femmes ayant un antécédent psychiatrique. La prise en charge par des équipes spécialisées en périnatalité est essentielle.

Mots clés Suicide Idées suicidaires Mortalité maternelle Périnatalité

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0013700621000877

lundi 23 novembre 2020

Mortalité maternelle en France : 6e rapport de l'Enquête Nationale Confidentielle sur la période 2013-2015 - Les Morts maternelles par suicide,

Le suicide en période périnatale : Quel constat ? Comment prévenir ?
Dr Marie Noëlle Vacheron  Secteur 75G13, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences
pour le CNEMM
Lors des  15ème Journée des Réseaux de Santé de périnatalité  du JEUDI 18 NOVEMBRE 2021
https://www.perinat-nef.org/wp-content/uploads/2021/11/intervention-RPN-Paris-Sud-18-novembre-3Pr-Marie-Noelle-VACHERON.pdf

***

[Replay] 15ème Journée des Réseaux de Santé de périnatalité
La 6ème enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles a révélé que le suicide était, avec les maladies cardio-vasculaires la première cause des morts périnatales.
Publié le 29 novembre 2021 https://www.ghu-paris.fr/*
Entre 2013 et 2015, 35 suicides ont été avérés sur 262 morts périnatales. Les conséquences auprès de la famille et des équipes soignantes sont importantes mais ces chiffres sont souvent méconnus.

L'enquête sociologique a établi le portrait de femmes âgées de 30 ans, vivant pour 43% d'entre elles dans une vulnérabilité sociale. Un tiers d'entre elles ont des antécédents psychiatriques connus et un tiers ont des antécédents existants mais méconnus et incomplètement connus de l'équipe obstétricale.
On estime que le suicide peut être ou probablement évité dans 21 sur 23 dossiers analysés, c'est-à-dire dans 91% des cas.

L'exposé du Dr Vacheron souhaite mettre en lumière la détresse psychologique de ces femmes afin de sensibiliser et former le personnel soignant à mieux les accompagner. L'organisation d'une coordination entre les maternités, les services de périnatalité et les services de psychiatrie adulte permettrait de mieux prévenir de ces passages à l'acte.
Retrouvez l'intervention Du Dr Vacheron :
cliquez ici
>>> En savoir plus sur l'enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles : cliquez ici
https://www.ghu-paris.fr/fr/actualites/replay-15eme-journee-des-reseaux-de-sante-de-perinatalite

***

Mortalité maternelle en France : 6e rapport de l'Enquête Nationale Confidentielle sur la période 2013-2015 - Les Morts maternelles par suicide, France 2013-2015Maternal mortality in France : 6th Report from the National Confidential Enquiry 2013-2015 - Maternal deaths due to suicide, France 2013-2015
Marie-Noëlle Vacheron 1 Véronique Tessier 2 Mathias Rossignol 3 Catherine Deneux-Tharaux 4
pour le Comité National d’Experts sur la Mortalité Maternelle
1 Psychiatrie adulte Secteur 75G13, pole 14, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, 1 rue Cabanis, 75014 Paris pour le CNEMM, France
2 FHU PREMA, Maternité de Port Royal, AP-HP, 53 avenue de l’Observatoire, 75014 Paris, France
3 SMUR, Unité de réanimation Chirurgicale Polyvalente, Hôpital Lariboisière, APHP, 2 Rue Ambroise Paré, 75010 Paris pour le CNEMM, France
4 Inserm U1153, CRESS, Equipe EPOPé, Epidémiologie Obstétricale Périnatale et Pédiatrique, Université de Paris, INRA, DHU Préma, 53 avenue de l’Observatoire, 75014, Paris, France

Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie Available online 5 November 2020


https://doi.org/10.1016/j.gofs.2020.11.008Get rights and content

Résumé


La grossesse représente une période de vulnérabilité psychique importante pour les femmes. Vingt pour cent d’entre elles présenteraient pendant la période périnatale des troubles mentaux variant de l’anxiété à la dépression. Chez celles présentant une maladie mentale préexistante, le risque de décompensation aigue est important. Dans ce sens, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande de classer les suicides survenant pendant la grossesse et jusqu’à un an du post-partum comme mort maternelle. Ainsi, entre 2013 et 2015, 35 suicides maternels sont survenus en France, soit un ratio de mortalité maternelle de 1,4 pour 100 000 naissances vivantes (IC95% 1.0-2.0). Constituant 13,4% de l’ensemble des morts maternelles pour la période, ce groupe est l’un des 2 premières causes de mortalité maternelle. 23% des suicides sont survenus dans les 42 premiers jours du post-partum, et 77% entre 43 jours et un an après la naissance. 33,3% des mères suicidées présentaient des antécédents psychiatriques connus et 30.3% des antécédents de soins psychiatriques, méconnus des maternités. Les soins non optimaux sont présents dans 72% des cas avec 91% de décès potentiellement évitables, liés à un défaut de prise en charge multidisciplinaire, et une interaction inadéquate entre la patiente et le système de soins.

De l’analyse des cas, ont été tirés des messages forts permettant d’optimiser la prise en charge: améliorer la connaissance des antécédents psychiatriques dès l’inscription en maternité, améliorer le repérage des symptômes d’alerte et le recours au psychologue et/ou au psychiatre, mettre en place un parcours de soins spécifique et une collaboration multidisciplinaire en cas de pathologie psychiatrique connue.


https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2468718920303305




samedi 31 octobre 2020

ETUDE RECHERCHE Suicide et périnatalité.

Suicide et périnatalité.
Elsa Moreau 1
1 AMU SMPM MED - Aix-Marseille Université - École de médecine

Résumé : La prévalence du suicide maternel semble avoir été sous-estimée pendant de nombreuses années compte-tenu de la fréquence des troubles psychiatriques chez les femmes en général, de la vulnérabilité psychique en période périnatale et de l’évolution récente des classifications des morts maternelles ainsi que de la durée de la période périnatale. Objectifs : le but de notre étude est de déterminer, à partir d’une revue systématique de la littérature, le taux de suicide maternel dans les pays développés, ainsi que le délai médian de survenue de celui-ci par rapport au terme de la grossesse, et de décrire, si elle existe, une typologie des femmes décédées par suicide en période périnatale afin, à terme, de mieux prévenir la survenue de ces événements. Méthode : dans cette revue exhaustive de la littérature, nous avons recherché de façon systématique, sur la base de données Medline/PubMed, des articles ayant été publiés entre le 1er janvier 1990 et le 15 juillet 2020. Nous avons également identifié les enquêtes confidentielles concernant la mortalité maternelle dans les pays suivants : Canada, Etats-Unis, Australie et Royaume-Uni. La sélection finale comptait 44 articles ou rapports d’enquête confidentielle sur la mortalité maternelle. Résultats : les taux de suicide maternel sur toute la période périnatale (grossesse et jusqu’à un an du post-partum) varient entre 0,43 à 4,6 pour 100 000 naissances vivantes selon les études. Les taux de suicide maternel pendant la grossesse et jusqu’au 42ème jour du post-partum varient quant à eux entre 0,5 et 0,6 pour 100 000 naissances vivantes selon les études. Le suicide maternel survient principalement après la 6ème semaine du post-partum. La mortalité par suicide pendant la grossesse ou suite à une naissance vivante est plus faible par rapport à la mortalité par suicide suite à un avortement induit ou suite à une fausse couche spontanée. Le suicide se place dans les huit premières causes de mortalité maternelle dans les pays développés sur toute la période périnatale. Il se classe dans les deux premières causes de décès après la sixième semaine du post-partum. La moitié des femmes décédées par suicide en période périnatale présentaient un antécédent psychiatrique antérieur à la grossesse. Entre 50 % et 100 % des femmes présentaient un trouble psychiatrique au moment de leur décès. Le diagnostic principal est l’épisode dépressif caractérisé isolé ou récurrent. Conclusion : le suicide maternel est une cause fréquente de mortalité maternelle, bien qu’il reste un évènement rare. Il survient principalement après la 6ème semaine du post-partum. Les avortements induits, les fausses couches spontanées et les tentatives de suicide sont des facteurs de risque de suicide maternel.

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02971142
Soumis le : lundi 19 octobre 2020 - 11:42:21
Fichier Thèse finale MOREAU.pdf
 Fichiers produits par l'(les) auteur(s)

jeudi 9 mai 2019

ETUDE RECHERCHE Influences intra-utérines et périnatales sur le risque de suicide: revue systématique et méta-analyse

In-utero and perinatal influences on suicide risk: a systematic review and meta-analysis
Massimiliano Orri PhD ad Prof David Gunnell DSc ef Stephane Richard-Devantoy PhD a Despina Bolanis BCs a Jill Boruff MLIS b Prof Gustavo Turecki PhD aProf Marie-Claude Geoffroy PhD ac
a McGill Group for Suicide Studies, Douglas Mental Health University Institute and Department of Psychiatry, McGill University, Montreal, QC, Canada
 b Schulich Library of Physical Sciences, Life Sciences, and Engineering, McGill University, Montreal, QC, Canada
 c Department of Educational and Counselling Psychology, McGill University, Montreal, QC, Canada
 d Bordeaux Population Health Research Centre, Inserm U1219, University of Bordeaux, Bordeaux, France
 e Population Health Sciences, University of Bristol, Bristol, UK
 f National Institute of Health Research Biomedical Research Centre at the University Hospitals Bristol NHS Foundation Trust and the University of Bristol, Bristol, UK


Des conditions périnatales et intra-utérines défavorables pourraient contribuer à un risque accru de suicide tout au long de la vie ; cependant, les preuves existantes sont rares et contradictoires. Notre objectif était d'étudier les expositions intra-utérines et périnatales associées aux suicides, tentatives de suicide et idées suicidaires.
Les méthodes
Nous avons procédé à une revue systématique et à une méta-analyse. Nous avons effectué des recherches dans MEDLINE, Embase et PsycINFO, du début au 24 janvier 2019, dans le cadre d'études prospectives basées sur la population et portant sur l'association entre les facteurs in-utéro et périnataux et les suicides, tentatives de suicide et tentatives de suicide idéation. Seuls les articles publiés en anglais dans des revues à comité de lecture ont été pris en compte. Deux chercheurs ont indépendamment extrait des informations officielles (par exemple, pays, année, durée du suivi) et le nombre de cas et de cas non exposés exposés et non exposés à chaque facteur de risque. Nous avons calculé les odds ratios (OR) combinés avec des IC à 95% en utilisant des modèles à effets aléatoires et avons utilisé la méta-régression pour étudier l'hétérogénéité. Cette étude a été enregistrée auprès de PROSPERO sous le numéro CRD42018091205.
Résultats
Nous avons identifié 42 études éligibles. ils avaient un faible risque de biais (score de qualité médian de 9/9 [IQR 8–9]). Caractéristiques familiales ou parentales, telles que le rang de naissance élevé (par exemple, pour le quatrième né ou plus tard par rapport au premier né, regroupées OU 1 · 51 [IC 95% 1 · 21–1 · 88]), les mères adolescentes (1 · 80 [1 · 52–2 · 14]), mères célibataires (1 · 57 [1 · 31–1 · 89]); indices de position socio-économique, tels que faible éducation maternelle (1,38 [1,28–1,46]) et paternelle (1,38 [1,27–1 · 51]); et la croissance fœtale (par exemple, faible poids à la naissance 1,30 [1,09–1,55] et petite pour l’âge gestationnel de 1,18 ans [1,00 à 1,40]) étaient associées à un risque de suicide plus élevé. L'âge du père, le faible âge gestationnel, les caractéristiques obstétricales (par exemple, la césarienne) et l'état ou l'exposition pendant la grossesse (par exemple, le tabagisme maternel ou l'hypertension) n'étaient pas associés à un risque de suicide plus élevé. Des associations similaires ont été observées pour les tentatives de suicide et les idées suicidaires; toutefois, ces résultats reposaient sur un nombre inférieur d'études. En méta-régression, les différences de durée du suivi expliquaient le plus l'hétérogénéité entre les études (l'Iital I2 variait de 0 à 79,5).
Interprétation
Ces résultats suggèrent que les caractéristiques prénatales et périnatales sont associées à un risque de suicide accru au cours de la vie, corroborant l'origine développementale de la santé et une hypothèse de suicide pour les maladies. Le faible nombre d’études portant sur certains facteurs de risque, en particulier les tentatives de suicide et les idéations, laisse des lacunes dans les connaissances qu’il faut combler. Les mécanismes sous-jacents aux associations rapportées et leur nature causale restent encore flous.

Financement
Horizon 2020 (UE).

https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30077-X/fulltext

jeudi 14 février 2019

ETUDE RECHERCHE suicide et mortalité périnatale, un risque insuffisamment pris en compte.

Psychiatrie  Congrès Encéphale : le suicide, premier motif de mortalité maternelle à un an
Un décès maternel sur 3 serait secondaire au suicide dans l’année suivant une grossesse, un risque insuffisamment pris en compte.
Le suicide après la grossesse était considéré comme exceptionnel. En réalité, les données de l’enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM), mise en place depuis 1996 en France, révèlent que cet événement n’est malheureusement pas si rare lorsqu’on prend en compte, comme le recommande depuis 2012 l’Organisation mondiale de la santé (OMS) une période d’un an après l’accouchement, a expliqué le Dr Catherine Deneux-Tharaux (Paris), en charge de cette étude.
Ainsi, 62 suicides ont été constatés pour la période 2007-2009, dont 7 % durant la grossesse, 7 % au cours des 42 jours du post-partum et 86 % entre 42 et 365 jours (ce qui correspond pour l’OMS à la définition de mort maternelle tardive), en médiane à 179 jours. Les données relevées sur les périodes ultérieures vont dans le même sens. "Ces chiffres sur 1 an conduisent à estimer que le suicide représente 20 % de la mortalité maternelle. Ce qui en fait le premier motif de mortalité maternelle." Des études danoise et britannique ont rapporté des taux de respectivement 18 % et 13 %.
"Il faudrait sensibiliser les équipes obstétricales, psychiatriques, les sages-femmes et les médecins généralistes qui voient les femmes en ville à ce risque, qui survient chez des femmes avec ou sans des antécédents psychiatriques (dépression, psychose)", a insisté le Dr Deneux-Tharaux. L’analyse de cas suggère en effet que "certains de ces suicides étaient évitables".
Des recherches devront aussi être entreprises pour comprendre pourquoi ces suicides surviennent souvent bien après le délai de survenue des dépressions du post-partum et pour identifier des facteurs de prévention.
Sources : 
D’après la communication de C. Deneux-Tharaux (Paris), lors du congrès de l’Encéphale (Paris 23-25 janvier 2019).
 

lundi 19 juin 2017

ETUDE RECHERCHE Suicidalité en période périnatale

Mise au point
Suicidalité en période périnatale
Virginie Guillard 1,  Florence Gressier 1, 2, ,
1 CHU de Bicêtre, service de psychiatrie, 78, rue du Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, France
2 CHU de Bicêtre, université Paris-Saclay, université Paris-Sud, UVSQ, CESP, Inserm U1178, 78, rue du Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, FranceLa Presse Médicale
Available online 2 June 2017
In Press, Corrected Proof — Note to users

Points essentiels
Le suicide figure parmi les premières causes de mortalité maternelle.
Les troubles psychiatriques, et notamment les troubles de l’humeur, constituent le principal facteur de risque de suicide en période périnatale.
La suicidalité maternelle a un impact négatif sur la relation mère–bébé et le développement de l’enfant.
Le dépistage systématique des pathologies psychiatriques en période périnatale est une priorité.
Pour les femmes souffrant d’un trouble psychiatrique, une prise en charge multidisciplinaire doit être mise en place.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0755498217302567