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lundi 29 août 2022

USA Une enquête explore les pratiques de prévention utilisées par les hôpitaux à travers le pays

D’après article How Are Hospitals Helping Patients at Risk of Suicide?  https://www.pewtrusts.org

Comment les hôpitaux aident-ils les patients à risque de suicide ?
Une enquête explore les pratiques de prévention utilisées par les hôpitaux à travers le pays
Près de 46 000 personnes sont décédées par suicide aux États-Unis en 2020. Et près de la moitié de ceux qui meurent par suicide interagissent avec le système de santé dans les quatre semaines suivant leur décès , donnant aux prestataires de soins de santé la possibilité de dépister le risque de suicide et de se connecter aux patients à risque avec des soins potentiellement vitaux.
David Boulanger
Avec l'aimable autorisation de David Baker

De plus, les taux de suicide augmentent à l'échelle nationale depuis des années, ce qui a incité en 2019 la Commission mixte, un organisme indépendant d'accréditation des hôpitaux axé sur la qualité des soins de santé et la sécurité des patients, à mettre à jour ses objectifs nationaux de sécurité des patients en matière de prévention du suicide .  Ces objectifs exigent que les quelque 3 800 hôpitaux accrédités par la Joint Commission - soit environ 80 % de tous les établissements du pays - examinent tous les patients traités pour des troubles du comportement afin de déterminer s'ils présentent un risque de suicide, et qu'ils aient des politiques de sortie qui prévoient des conseils et des soins de suivi pour toute personne identifiée comme étant à risque.

Aujourd'hui, la Commission mixte et The Pew Charitable Trusts se sont associés pour mener une enquête nationale auprès des hôpitaux accrédités afin de mieux comprendre les pratiques de prévention du suicide qu'ils utilisent et d'évaluer si la Commission mixte devrait augmenter les exigences hospitalières afin de réduire davantage les suicides. Les résultats de l'enquête devraient être publiés début 2023.

Pew s'est entretenu avec le Dr David Baker, vice-président exécutif chargé de l'évaluation de la qualité des soins de santé à la Joint Commission, sur l'état actuel de la prévention des suicides dans les hôpitaux, les objectifs de l'enquête et la manière dont les données peuvent éclairer le travail de la Joint Commission en matière de prévention des suicides aux États-Unis.

Q : En attendant les résultats de l'enquête, que savons-nous déjà des pratiques de prévention du suicide dans les hôpitaux et les services d'urgence ?

R : Nous savons qu'au cours des 18 derniers mois, 89 % des hôpitaux agréés par la Joint Commission se sont conformés à nos exigences en matière de dépistage du suicide. Cela signifie qu'ils ont examiné tous les patients qui ont été évalués ou traités pour des problèmes de santé comportementale à risque de suicide à l'aide d'outils de dépistage et d'évaluation validés .  Nous savons également que 97 % des hôpitaux se sont conformés à nos exigences en matière de planification de la sortie de l'hôpital, ce qui implique que les hôpitaux développent et respectent des politiques et des procédures écrites pour le conseil et le suivi des patients avant qu'ils ne quittent l'hôpital. Cette planification de la sortie peut impliquer l'identification de stratégies d'adaptation et de sources de soutien que les patients peuvent utiliser pendant une crise suicidaire et la fourniture des coordonnées du centre d'appel de crise.


Q : Êtes-vous satisfait de ces chiffres ?

R : Bien qu'il soit encourageant de constater un haut niveau de conformité à nos exigences, celles-ci ne sont pas de nature prescriptive. Par exemple, nous ne précisons pas ce que doivent contenir les politiques et procédures écrites des hôpitaux en matière de conseil et de suivi des soins. Et certains hôpitaux mettent en œuvre des efforts de prévention supplémentaires - à la fois dans le dépistage et l'évaluation du risque de suicide et dans la planification de la sortie.


Q : Pouvez-vous nous en dire plus sur ces efforts supplémentaires ?
R : En fait, pas autant que je le souhaiterais. Nous devons en savoir plus sur la nature de ces efforts, leur fréquence dans les hôpitaux agréés et leur effet sur l'amélioration des soins aux patients.

Nous savons que certains hôpitaux vont au-delà de nos normes de dépistage actuelles et mettent en place un dépistage universel du risque de suicide - c'est-à-dire que chaque patient, quelle que soit la raison de son séjour à l'hôpital, est soumis à un dépistage du risque de suicide. Nous aimerions savoir combien d'hôpitaux mettent en œuvre un protocole de dépistage universel ou d'autres pratiques de dépistage qui vont au-delà de nos exigences actuelles.

Certains hôpitaux collaborent avec les prestataires de soins ambulatoires pour accélérer les rendez-vous de conseil lorsqu'un patient suicidaire s'apprête à quitter l'hôpital et assurent le suivi des patients jusqu'à ce qu'ils se présentent à ce rendez-vous. Bien qu'elles ne soient pas actuellement requises pour l'accréditation, ces pratiques sont importantes car les études montrent que le risque de suicide reste élevé chez les patients qui quittent les établissements psychiatriques et les services d'urgence.

Notre enquête nous aidera à comprendre combien d'hôpitaux, et dans quelle mesure, mettent en œuvre ces pratiques et d'autres pratiques de pointe en matière de prévention du suicide, et si le fait d'exiger de tous les hôpitaux agréés qu'ils mettent en œuvre des pratiques similaires améliorerait les soins aux patients et réduirait le nombre de suicides.

Q : Y a-t-il autre chose que vous espérez apprendre de l'enquête ?

R : Absolument. Pour les hôpitaux qui ont choisi d'adopter des pratiques de dépistage allant au-delà de nos exigences, nous espérons comprendre quels sont les obstacles et les difficultés liés au dépistage d'un plus grand nombre de patients. Nous avons également besoin de connaître les défis auxquels les hôpitaux ont été confrontés dans la mise en œuvre des protocoles de planification des sorties et, plus important encore, comment ils ont surmonté ces obstacles et déployé avec succès ces initiatives. Nous aimerions également savoir quelles sont les pratiques de prévention qui semblent poser les défis les plus importants sur le terrain afin de pouvoir déterminer la meilleure façon de relever ces défis.


Q : Que peut faire votre organisation avec ces informations ?

R : Les données de l'enquête peuvent nous aider à déterminer si la Commission mixte peut faire plus pour atteindre nos objectifs nationaux de sécurité des patients en matière de prévention du suicide et quelles interventions supplémentaires de prévention du suicide, le cas échéant, devraient être nécessaires. Cela peut également mettre en lumière les opportunités d'améliorer davantage la sécurité, la qualité des soins de santé et les efforts de prévention du suicide dans l'ensemble de notre réseau hospitalier.

Et dans le cadre de la mission de notre organisation, nous fournissons une multitude de ressources conçues pour aider et soutenir nos organisations accréditées à atteindre nos objectifs de sécurité des patients. En fin de compte, les données de l'enquête peuvent aider à éclairer ces efforts.


Q : Une dernière réflexion ?

La Commission mixte s'engage à faire en sorte que les hôpitaux fournissent les meilleurs soins de prévention du suicide à leurs patients. Nous espérons donc pouvoir en faire davantage en matière de prévention du suicide et inclure éventuellement dans nos exigences d'accréditation certaines des pratiques de pointe que les hôpitaux ont déjà mises en œuvre pour améliorer la prise en charge du suicide chez leurs patients.

https://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/articles/2022/08/26/how-are-hospitals-helping-patients-at-risk-of-suicide

jeudi 10 février 2022

NOTICE ARTICLE Suicidant

Suicidant
R. Wallaert ⁎ , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
Service de psychiatrie, Unité de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France
Auteur correspondant.
 
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Thursday 10 February 2022
- 09/02/22
[24-153-B-20] - Doi : 10.1016/S1241-8234(22)45986-4
Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention
Plan
Introduction
Suicide en France : données épidémiologiques
Crise suicidaire
Comorbidité psychiatrique liée aux conduites suicidaires
Parcours des patients suicidants
Prise en charge des suicidants dans les services d'urgences
Place des urgences dans la prévention du suicide
Déclaration de liens d'intérêts

☆ Les annexes indiquées dans ce PDF sont présentes dans la version étendue de l'article disponible sur www.em-consulte.com/.

☆☆ Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Médecine d'urgence 2020;14(4):1-11 [25-150-A-20]. 

https://www.em-consulte.com/article/1500978

lundi 25 octobre 2021

ETUDE RECHERCHE Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire

Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire
Thèse d'exercice Université de Poitiers
Faliere Armande
Date de soutenance : 14 septembre 2021

Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire

Le suicide reste la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans en Nouvelle-Aquitaine. Les adolescents et jeunes adultes comptent également plus d’hospitalisations pour conduites suicidaires. Pour autant, il n’y a pas de consensus sur la prise en charge de ces jeunes, tant au niveau national qu’international. De même, les territoires géographiques ne sont pas tous dotés des mêmes structures. Le but principal de ce travail de recherche est d’évaluer la prise en charge à l’hôpital de jour ASAP des adolescents suicidants en étudiant le nombre de récidives à 6 mois, puis à 1 an.

Le taux de récidives suicidaires à 6 mois de la prise en charge à l’hôpital de jour ASAP est de 11,4%. Il est de 4% à 1 an. Cela est inférieur aux données de la littérature.

Bien que notre étude montre des résultats encourageants de l’hôpital de jour ASAP dans la prise en charge des adolescents suicidants, l’étude doit être poursuivie afin d’obtenir des données plus robustes.

Consulter le texte intégral (format PDF)

Mots-clés libres : Adolescents, suicide, hôpital de jour, récidive.Rameau (langage normalisé) :
Jeunesse -- Comportement suicidaire Diplôme : Diplôme d'état de médecine Établissement de soutenance : Université de Poitiers UFR, institut ou école : UFR Médecine et PharmacieDomaine de recherche : Médecine. PédopsychiatrieDirecteur(s) du travail : Damien Mallet Date de soutenance : 14 septembre 2021 Président du jury : Ludovic GicquelMembres du jury : Nematollah Jaafari, Bertrand Olliac, Ghina Harika-Germaneau

Source http://petille.univ-poitiers.fr/notice/view/64792

vendredi 22 janvier 2021

Programme Haute Autorité de Santé "psychiatrie et santé mentale" : une démarche de coconstruction

 

[Interview croisée] Psychiatrie et santé mentale : une démarche de coconstruction

Article HAS - Mis en ligne le 20 janv. 2021

Le 2è programme de travail pluriannuel « psychiatrie et santé mentale », fondé, comme le précédent, sur une démarche de coconstruction, intègre des travaux relatifs aux champs sanitaire, médico-social et social, dans le but d’améliorer les parcours de santé et de vie des patients. Amélie Prigent, du service des bonnes pratiques (SBP) et le Dr Yvan Halimi, psychiatre et président du comité de suivi « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, en présentent ici les spécificités et les avancées.

Le programme pluriannuel et le comité de suivi

Pourquoi la HAS a-t-elle mis en place un programme pluriannuel et un comité de suivi sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale ?

Amélie Prigent : « C’est à la suite de nombreuses saisines institutionnelles adressées à la HAS sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale qu’en 2012 il a été décidé de travailler à la cohérence et à la priorisation des travaux grâce à un programme de travail pluriannuel et à la constitution d’un comité de suivi. Le premier programme de ce type, qui est le seul à la HAS à être dédié à une discipline, a ainsi couvert la période 2013-2017 et a principalement inclus des recommandations et des guides de bonnes pratiques. A la suite des retours positifs sur la démarche et la méthode développées pour ce premier programme, un second programme pluriannuel a été élaboré pour la période 2018-2023. La version actualisée vient d’être mise en ligne, onze nouveaux travaux y sont intégrés par rapport à la version de 2018. Quatre grands thèmes sont abordés : droits des patients et sécurité en psychiatrie ; troubles mentaux sévères et persistants et handicap psychique ; pédopsychiatrie ; psychiatrie, santé mentale et addictions. En complément des recommandations et guides de bonnes pratiques qui seront produits sur ces thèmes, le programme 2018-2023 intègre également les travaux de développement d’indicateurs dans le champ de psychiatrie et de la santé mentale, les travaux relatifs à la certification des établissements de santé, etc. »

Yvan Halimi : « Un programme de travail dédié à la psychiatrie et à la santé mentale se justifie également par la complexité, dans cette discipline, de l’intrication des facteurs bio-psycho-sociaux. La HAS doit tenir compte de cette intrication tout en se gardant des risques en miroir des postures scientistes ou idéologiques, et de clivage entre recherche fondamentale et pratiques soignantes sur le terrain. Cette approche décloisonnée pluridisciplinaire doit ainsi intégrer recherche clinique, neurosciences, sciences humaines et sociales, recherche en soins infirmiers, épidémiologie, recherche sur les politiques publiques de santé, etc. Elle doit aussi prendre en compte les expériences et modèles étrangers mais en veillant à les référer à leurs contextes historiques, culturels et législatifs pour évaluer les conditions de leur faisabilité en France. C’est ainsi qu’à notre dernier comité de suivi, le Dr Alain Grégoire a présenté le dispositif de psychiatrie périnatale qu’il a mis en place au Royaume-Uni. »

Le principe de coconstruction

Quel a été l'apport des professionnels de santé et des patients dans la démarche ? Comment sont-ils intégrés ? En quoi consiste ce principe de coconstruction ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie les vérités mathématiques sont plutôt rares et les plus grandes réussites sont souvent le fruit d’un travail de coconstruction par l’ensemble des acteurs concernés, la contribution de chacun étant le meilleur garant de l’appropriation de la démarche dans l’évolution des pratiques au quotidien. Parmi ces acteurs, il faut insister sur l’importance du dialogue avec les patients et leurs proches, levier essentiel par l’éclairage de leurs expériences vécues, pour questionner et améliorer nos pratiques de prévention et de soins. Il faut toutefois souligner que la mise en œuvre sur le terrain des productions de la HAS suppose des professionnels formés et en nombre suffisant. »

La pédopsychiatrie, un nouveau thème

La pédopsychiatrie est un des nouveaux thèmes abordés dans le plan 2018-2023. Quels sont les besoins actuels dans ce domaine ?

Yvan Halimi : « De nombreux rapports sur la pédopsychiatrie ont souligné la difficulté d’accès aux soins et les disparités régionales dans la prise en charge et le repérage précoce, alors même que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous rappelle que 50 % des pathologies psychiatriques de l’adulte commencent avant 16 ans... Il faut donc agir tôt, voire très tôt au vu du développement actuel des connaissances sur la psychiatrie du bébé et sur la psychiatrie fœtale, notamment les travaux sur l’attachement et l’épigénétique. Tous ces travaux soulignent le besoin de continuité pour l’enfant d’un environnement sécurisant, cohérent et fiable. Car l’enfant n’est pas un adulte miniature, c’est un être en plein développement dont l’approche diagnostique et thérapeutique doit toujours s’inscrire dans une perspective dynamique et évolutive, la place des parents étant bien entendu essentielle.

En outre, les équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie, dont le centre de gravité est l’ambulatoire, doivent veiller à une bonne coordination avec leurs multiples partenaires : pédiatres, médecins généralistes, éducation nationale, protection de l’enfance, travailleurs sociaux, etc.

À cet égard, il importe de toujours rappeler qu’au-delà des symptômes et comportements, la pédopsychiatrie est avant tout une médecine de la construction du sujet, sujet narratif dans son histoire. C’est dans cet esprit que la HAS a fait de cet enjeu majeur de santé publique l’une de ses priorités. »

Quels sont les travaux en cours et à venir à la HAS pour répondre aux problématiques identifiées en pédopsychiatrie ? 

Amélie Prigent : « Nous avons, sur le thème pédopsychiatrie, identifié cinq priorités, qui vont de la période périnatale à la période de transition entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. Parmi elles, un travail sur le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et des adolescents suicidants ou à risque suicidaire a été engagé cette année. Deux autres sujets sont en cours de cadrage : le premier porte sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiques pendant la période périnatale, le deuxième traite de la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie et vise à améliorer l’accès aux soins psychiques et la continuité de ces soins pour les enfants relevant de la protection de l’enfance. Les travaux sur ces deux sujets devraient démarrer en 2021. Ultérieurement, un travail sera également conduit en vue d’améliorer la continuité de la prise en charge entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. »

Droits des patients et sécurité en psychiatrie

Sur le thème des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie, quels sont les besoins identifiés ?

Yvan Halimi : « La psychiatrie est la seule discipline où le soin peut impliquer une restriction des libertés individuelles pour restaurer des espaces de liberté psychique altérés par la maladie. Car le patient qui ne demande pas de soins est parfois celui qui en a le plus besoin, le rôle de l’entourage s’avérant alors essentiel. Ces soins sans consentement doivent garder le souci constant d’articuler qualité des soins, respect des libertés individuelles et souci de sécurité. Leur objectif primordial sera l’évolution vers des soins librement consentis par la construction d’une alliance thérapeutique avec les patients.

C’est dire l’importance de l’éclairage de leurs expériences vécues et de notre partenariat avec les patients et leurs proches afin de garantir leurs droits en termes d’accessibilité et de continuité des soins, de respect de leur dignité, de leur intimité et de leurs libertés individuelles. Aussi nous avons veillé à coconstruire avec eux nos travaux sur des sujets particulièrement sensibles et délicats à aborder tels que le guide « mieux prévenir et prendre en charge les moments de violence dans l’évolution clinique des patients adultes lors des hospitalisations en services de psychiatrie », les recommandations « isolement et contention en psychiatrie générale », le travail sur les « programmes de soins » ou encore prochainement « échange et partage d’informations en psychiatrie ».

Le besoin d’harmonisation des pratiques est à la mesure des très fortes disparités départementales constatées dans ce domaine. »

Quels sont les travaux réalisés et à venir à la HAS pour répondre à ces problématiques ? 

Amélie Prigent : Le Dr. Halimi a cité plusieurs travaux du thème « droits des patients et sécurité en psychiatrie », qui faisait déjà partie du 1er programme pluriannuel. Parmi eux, le travail sur les « programmes de soins psychiatriques sans consentement » (soins sans consentement en dehors de l’hospitalisation à temps plein) est actuellement en cours de finalisation. Le programme de soins y est abordé comme une étape du parcours, il est construit avec la préoccupation constante de l’implication du patient et d’une alliance thérapeutique, dans l’objectif d’un retour, dès que possible, à des soins librement consentis. Ce travail va donner lieu à un guide qui sera publié début 2021. La thématique des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie est également abordée dans le cadre des travaux de développement d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins en psychiatrie et santé mentale et dans la certification des établissements de santé pour la qualité des soins.

Articulation des champs sanitaire, médico-social et social

En quoi l’articulation des champs sanitaire, médico-social et social est-elle essentielle en psychiatrie et santé mentale ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie, la bonne évolution d’un grand nombre de patients va dépendre d’une double démarche : soigner et accompagner. Celle-ci doit être synergique et construite dans la durée. Elle doit s’adapter à la variabilité des troubles psychiatriques et aider le patient au quotidien en privilégiant l’inclusion en milieu ordinaire dans l’accès et le maintien dans l’emploi et la scolarisation, l’accès à la vie sociale et culturelle, l’accès au logement... Ces réponses doivent être coconstruites avec les personnes concernées en prenant en compte leurs attentes, leurs capacités et leur degré d’autonomie, mais aussi avec l’ensemble des acteurs des champs sanitaire, médico-social et social.

Ce travail en réseau décloisonné et sous-tendu par une culture partagée, est en effet indispensable pour assurer la sécurisation du parcours du patient en évitant les ruptures et les incohérences lors d’un changement de prise en charge ou de structure d’accueil.

Si la circulaire de mars 1960 sur la politique de secteur avait déjà insisté sur l’importance en psychiatrie de cette collaboration sanitaire/médico-social et social, il est certain que la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a représenté une étape déterminante par le passage d’un projet d’établissement à un projet territorial de santé mentale coconstruit par l’ensemble des acteurs, usagers et professionnels, en intégrant les actions de prévention et de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale.

C’est dans le même esprit que l’élargissement en avril 2018 des missions de la HAS aux champs médico-social et social va contribuer à améliorer la continuité des parcours de soins et de vie des patients et de leurs proches. »

Concrètement, comment cette articulation entre les différents secteurs se traduit-elle à la HAS ?

Amélie Prigent : « Effectivement, comme l’a indiqué le Dr Halimi, la HAS a étendu son périmètre aux secteurs social et médico-social en 2018. Une nouvelle organisation s’est alors mise en place. Elle s’appuie sur une commission réglementée, la commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CSMS), qui définit les orientations et valide les travaux d’une nouvelle direction de la qualité de l'accompagnement social et médico-social (DiQASM). Cette direction élabore des recommandations de bonnes pratiques concernant la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et le secteur de l’inclusion sociale. Elle développe également le dispositif d’évaluation de la qualité dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Du côté du programme « psychiatrie et santé mentale », nous avons, dans une première étape, en 2018, intégré des projets de recommandations spécifiques aux secteurs social et/ou médico-social et en lien avec la psychiatrie et la santé mentale. Il s’agit maintenant d’aller plus loin. Aujourd’hui, nous travaillons à des travaux communs aux champs sanitaire, médico-social et social, pour répondre aux différents enjeux dont parlait Yvan Halimi. Il est par exemple possible de citer le travail sur la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie.

Le programme « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, élaboré à un temps donné pour 5 ans, est bien sûr évolutif. Entre-temps de nouvelles saisines sont adressées à la HAS, de nouveaux besoins émanent du terrain. À titre d’exemple, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, nous élaborons des « réponses rapides » visant à favoriser la continuité des soins ambulatoires pour les patients souffrant de troubles psychiques ou encore à prévenir et prendre en charge la souffrance des professionnels du monde de la santé. La dernière fiche « réponses rapides » a été mise en ligne tout récemment, le 24 novembre 2020.

 


Consulter le programme "psychiatrie et santé mentale"

* Propos recueillis par Citizen press. Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3232907/fr/-interview-croisee-psychiatrie-et-sante-mentale-une-demarche-de-coconstruction

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Info plus

Extrait du programme "psychiatrie et santé mentale :
"5. Améliorer la prévention, l’évaluation et la prise en charge des tentatives de suicide et du risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent
Ce sujet fera notamment l’objet d’une réflexion sur l’opportunité d’une actualisation des recommanda-tions de bonnes pratiques« Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide » produites par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) en 1998 (46).Il est inscrit au programme de travail de la HAS(47)

(46)  Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Recommandations de bonne pratique « Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide ». Paris: ANAES;1998.
(47) Haute Autorité de santé. Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent: prévention, évaluation, prise en charge –Note de cadrage. Saint-Denis La Plaine: HAS; 202

vendredi 21 février 2020

ETUDE RECHERCHE L’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de Westen : résultats préliminaires sur une population française d’adolescentes suicidantes hospitalisées

L’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de Westen : résultats préliminaires sur une population française d’adolescentes suicidantes hospitalisées
Résumé
Objectifs
1) Dans un premier temps, nous présenterons une traduction synthétique de l’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de la forme dite « G » ou globale (SCORS-G) telle qu’elle a été conçue par Westen en 1985 et qui est basée à la fois sur l’expérience clinique, la recherche et la théorie. Le codage peut se faire à partir de narratifs issus d’entretiens cliniques, d’entretiens de recherche, des récits de rêve ou des récits du Thematic Apperception Test (TAT). L’auteur a identifié plusieurs domaines distincts — tels que la complexité des représentations des personnes, la tonalité affective des représentations des personnes, l’investissement émotionnel dans les relations et dans les normes morales, et la compréhension de la causalité sociale — et conceptualisés comme des processus cognitifs, affectifs et motivationnels médiateurs du fonctionnement interpersonnel. Leur but est de capter des schémas, des attentes, des affects, des désirs, des fantasmes et des conflits que la personne met en jeu dans ses relations interpersonnelles. 2) Dans un deuxième temps, nous souhaitons relater les résultats préliminaires d’une étude auprès d’adolescentes suicidantes hospitalisées et d’adolescentes non cliniques.
Méthode
Nous avons retranscrit (verbatim) 31 entretiens d’attachement (AAI) qui ont été codés indépendamment par trois codeurs avec la SCORS-G. La fidélité intercotateur est d’un niveau tout à fait acceptable.
Résultats
Les adolescentes suicidantes hospitalisées ont des scores significativement inférieurs à ceux du groupe contrôle et ce, pour les quatre dimensions de la SCORS (de p < 0,004 à p < 0,0001 selon les domaines). En nous basant sur les résultats globaux du groupe clinique, nous pourrions dire que leurs représentations de soi et d’autrui ne sont pas clairement différenciées et intégrées, qu’elles ont une capacité mineure d’élaboration de la vie mentale ; que leurs attentes et leurs attributions interpersonnelles ont une coloration affective mixte mais néanmoins plutôt négative ; que leur investissement à l’égard des personnes et des valeurs morales reste conventionnel et stéréotypé mais avec présence de culpabilité vis-à-vis de la transgression de la morale ; et qu’enfin leurs descriptions des événements interpersonnels comportent des lacunes ou des incongruités qui imposent un « travail » pour les comprendre pleinement. A contrario, les adolescentes non cliniques décrivent les personnes de manière plus évoluées, ont conscience de l’impact de leurs conduites sur les autres, relatent des expériences subjectives plus complexes avec une sensibilité affective mixte et équilibrée mais plutôt positive.
Discussion
La description des relations montre l’existence de sentiments conventionnels d’amitié, d’attention, d’amour et d’empathie dans les relations. Le sujet est concerné par les valeurs morales, ressent de la culpabilité et respecte les figures d’autorité. Les narrations sur les relations sont franches, claires et directes, les actions des individus proviennent de la façon dont ils ressentent et interprètent les situations.
Conclusions
Ainsi, par ce travail spécifique, nous pouvons apprécier le rôle des processus mentaux dans la formation des pensées, des sentiments, des conduites et des interactions interpersonnelles.

samedi 25 janvier 2020

ETUDE RECHERCHE Le parcours du patient suicidant dans la Somme : intérêts et limites de l'implantation du dispositif VigilanS

Le parcours du patient suicidant dans la Somme : intérêts et limites de l'implantation du dispositif VigilanS
Émilie Johancik 1
1 UPJV - Université de Picardie Jules Verne
Résumé : Le déploiement sur l’ensemble du territoire Français d’un dispositif de prévention de la récidive suicidaire, tel que le dispositif VigilanS est recommandé par la feuille de route en santé mentale et psychiatrie de juin 2018. L’objectif de ce travail est de caractériser le parcours du patient suicidant dans la Somme afin d’identifier les avantages et les limites de l’implantation de ce type de dispositif dans notre département. Nous avons réalisé une description de la prise en charge aux urgences des patients suicidants dans les différents centres hospitaliers de la Somme via des entretiens standardisés réalisés auprès des médecins travaillant dans ces structures. Puis nous avons mené une étude épidémiologique, observationnelle, de cohorte, rétrospective, sur l’ensemble des patients suicidants âgés de 17 ans et plus, durant 6 mois au sein du CHU d’Amiens. Les patients suicidants aux urgences bénéficiaient d’une évaluation somatique et souvent d’une évaluation psychiatrique. Le contact avec l’entourage et le médecin généraliste et les moyens de prévention de la récidive étaient variable entre les cliniciens et les établissements. Au CHU d’Amiens, 481 patients ont été pris en charge à la suite d’une tentative de suicide durant cette période, 74,4% sont retournés à domicile. Parmi les patients retournés au domicile, il a été proposé une consultation de réévaluation post-urgence au CHU d’Amiens à 43,3% des patients et 27,9% en ont réellement bénéficié. On observe sur le CHU d’Amiens 7,7% de récidives dans l’échantillon. Le parcours du patient suicidant dans la Somme est hétérogène et l’adhésion à une prise en charge ambulatoire est difficile. Il existe des limites humaines et financières à l’implantation du dispositif VigilanS. Il ne peut se substituer à une prise en charge psychiatrique ambulatoire au décours du geste. Le dispositif VigilanS pourrait permettre une diminution de la morbi-mortalité suicidaire ainsi qu’une harmonisation et une coordination des pratiques dans la Somme. 
Dernière modification le : samedi 25 janvier 2020 - 01:24:09

Source  https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02332122

vendredi 13 septembre 2019

ORS de Bourgogne-Franche-Comté APPEL A TEMOIGNAGES Étude sur le parcours des jeunes suicidaires et suicidants : impact des actions et dispositifs de prévention du suicide

Étude sur le parcours des jeunes suicidaires et suicidants : impact des actions et dispositifs de prévention du suicide 
Publié le 10 septembre 2019 https://www.orsbfc.org*
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En 2018, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a lancé un appel à recherche afin de mieux connaître les comportements suicidaires des adolescents et jeunes. La Fnors et les ORS de trois régions réalisent dans ce cadre une étude qualitative s’appuyant sur les expériences concrètes et le vécu de jeunes. La description des objectifs de l’étude, de la méthodologie et du cadre réglementaire sont consultables sur la page suivante (lien)

L’ORS de Bourgogne-Franche-Comté participe à cette étude.

Nous recherchons, dans ce contexte, 15 jeunes de 15 à 25 ans pour témoigner de leur expérience, dans le cadre d’un entretien individuel.
Si vous connaissez un(e) jeune concerné(e) pour témoigner de son expérience,
ou pour toute information complémentaire, merci de contacter :
Bérénice LAMBERT, chargée d’études ORS BFC
Tél. : 03 80 65 08 14 E-mail : b.lambert@orsbfc.org

https://www.orsbfc.org/etude-sur-le-parcours-des-jeunes-suicidaires-et-suicidants-impact-des-actions-et-dispositifs-de-prevention-du-suicide/

vendredi 14 décembre 2018

ETUDE RECHERCHE Impacts d’un système de veille en prévention du suicide sur les consommations de soins


Impacts d’un système de veille en prévention du suicide sur les consommations de soins
L'Encéphale

A. Demesmaeker a, b, c, V. Benard a, ⁎, b, c , A. Leroy a, b, c, G. Vaiva a, b, c

a Service de Psychiatrie Adultes, Hopital Fontan, rue André Verhaegue, 59037 Lille Cedex, France 

b Univ. Lille, CNRS UMR-9193, SCALab-Sciences Cognitives et Sciences Affectives, & CHU Lille, hôpital Fontan, plateforme CURE, 59000 Lille, France 

c CHU Lille, hôpital Fontan, service de psychiatrie adulte, 59000 Lille, France 
⁎Auteur correspondant.

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le jeudi 13 décembre 2018
Résumé
Introduction
Le développement de systèmes alternatifs en prévention du suicide, comme les systèmes de veille, est en plein essor. Les résultats sont encourageants, mais les processus à l’œuvre restent complexes à analyser. L’objectif de cette étude est d’évaluer si l’action d’un système de veille passe par la stimulation des consommations de soins des patients suicidants.
Méthode
L’étude est prospective, multicentrique, en simple insu, randomisée et contrôlée. Les participants du groupe ALGOS ont bénéficié d’un système de veille en comparaison à un groupe témoin. L’impact médico-économique de ce dispositif a été évalué à 6 et 13 mois après l’inclusion.
Résultats
Au total, 987 patients ont été inclus. Aucune différence significative entre les 2 groupes à 6 mois et à 13 mois après la tentative de suicide n’a été mise en évidence en ce qui concerne les contacts de soins, le nombre total de patients ayant bénéficié d’une hospitalisation en psychiatrie ou dans les autres services de soins. De manière intéressante, le nombre moyen de consultations en rhumatologie était significativement supérieur dans le groupe témoin (p=0,01) à 13 mois. Le nombre total de consultations chez le rhumatologue et le kinésithérapeute étaient nettement supérieurs dans le groupe témoin à 6 et 13 mois.
Conclusion
L’efficacité d’un système de veille en prévention de la récidive suicidaire ne semble pas passer par une augmentation des contacts et des recours de soins.
http://www.em-consulte.com/article/1263109

vendredi 30 novembre 2018

PRESENTATION DISPOSITIF Roubaix (59) La Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe

L'EPSM de l'agglomération lilloise et ses secteurs de psychiatrie et de pédopsychiatrie sont amenés à créer des dispositifs spécifiques en fonction des territoires couverts et des partenaires de la santé mentale.

La Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe

Une équipe au service :
• Des patients majeurs exprimant des idées suicidaires, présentant un risque de passage à l’acte ou ayant fait une tentative de suicide
• Des patients majeurs sans suivi psychiatrique actuel (CMP ou libéral)

Situé au Centre Hospitalier Victor Provo
Hall de pédiatrie
Boulevard Lacordaire, 59100 Roubaix

Contact - À usage des professionnels de santé uniquement
Flyer Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe (Document à destination des professionnels de santé)

Source https://www.epsm-al.fr/article/la-reecoute-des-suicidants-equipe-sisyphe

lundi 12 novembre 2018

ETUDE RECHERCHE Troubles cognitifs chez les suicidants

Troubles cognitifs chez les suicidants


Présentation des premiers résultats d'une étude permettant d'évaluer les troubles cognitifs chez les suicidants, par Amélie Porte, assistante des hôpitaux au CHR de Lille. Vidée tournée à l'occasion du 10ème colloque annuel de l'AFRC qui s'est tenu le 21 septembre à Lille.

ETUDE RECHERCHE Comment améliorer l’adhésion aux soins des adolescents suicidants après une prise en charge aux urgences : une revue de la littérature

Comment améliorer l’adhésion aux soins des adolescents suicidants après une prise en charge aux urgences : une revue de la littérature - 11/11/18
J. Lachal a, b, c, ⁎ , S. Grandclerc a, b, c, M. Spodenkiewicz c, d, e, M.R. Moro a, b, c

a Maison de Solenn, Cochin Hospital, AP–HP, 97, boulevard de Port-Royal, 75014 Paris, France
b Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 100-104, avenue de France, 75013 Paris, France
c CESP, faculté de médecine, université Paris-Sud, faculté de médecine, UVSQ, Inserm, université Paris-Saclay, 94805 Villejuif, France
d Unité de pédopsychiatrie d’urgence et de liaison, pôle de santé mentale, CHU Sud Réunion, avenue du Président-Mitterrand, 97448 Saint-Pierre, La Réunion
e Centre d’études périnatales de l’Océan Indien (CEPOI), EA 7388, CHU Sud Réunion, université de la Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre, La Réunion

⁎Auteur correspondant. CESP-Inserm 1178, Maison des Adolescents, 97, boulevard de Port-Royal, 75679 Paris cedex 14, France.CESP-Inserm 1178, Maison des Adolescents, 97, boulevard de Port-Royal, 75679 Paris cedex 14, France.

l'Encéphale Vol 44 - N° 5 P. 476-478 - novembre 2018 

Résumé
Objectifs
Les adolescents qui consultent dans les services d’accueil et d’urgence (SAU) après une tentative de suicide sont une population particulièrement à risque de récidive. Des soins existent, mais la mauvaise observance du suivi post-urgence à l’adolescence et en particulier dans ce contexte, les rend peu efficaces. Nous proposons de résumer la littérature internationale sur les interventions au SAU favorisant l’observance des soins proposés aux adolescents admis pour tentatives de suicide.

Méthode
Revue exhaustive des articles répertoriés dans les bases PubMed, PsycInfo, et des archives en ligne des revues spécialisées dans la suicidologie (Crisis, Suicide and Life-Threatening Behavior) et l’adolescence (Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, Journal of Adolescent Health, Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence), sur la période janvier 1990 à juin 2017. Quatorze articles inclus présentés sous une forme de revue narrative.

Résultats
Les interventions sont classées en trois groupes : les interventions se déroulant uniquement au sein du SAU, et les interventions sur la transition SAU–post-SAU, auxquelles il faut ajouter les interventions en amont de la prise en charge. Les interventions qui semblent les plus efficaces sont celles qui ciblent la transition, qui sont mises en place le plus rapidement à la sortie, qui incluent activement les parents, et qui travaillent sur les barrières au traitement.

Conclusion
L’efficacité des approches de transition à court terme ne permet pas de conclure à plus long terme. Il n’existe aujourd’hui pas de dispositif idéal pour améliorer l’adhésion aux soins des adolescents après une tentative de suicide. Les pistes doivent être approfondies et étudiées de manière quantitative mais également qualitative.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Adolescence, Suicide, Urgences, Adhésion aux soins

Plan
Introduction
Adhésion aux soins
Services d’accueil et d’urgences, et tentative de suicide des adolescents
Méthode
Résultats
Formation des équipes
Interventions au SAU
Interventions sur la transition SAU–post-SAU
Discussion
Déclaration de liens d’intérêts

Source http://www.em-consulte.com/article/1255255

vendredi 20 avril 2018

USA Action Alliance publie des lignes directrices visant à rendre les soins de santé sécuritaires pour les personnes suicidaires.

New Recommended Standard Care for People with Suicide Risk Aims to Fundamentally Improve Suicide Care Delivered Nationwide
Communiqué du 17 avril 2018
WASHINGTON DCLes premières recommandations visant à améliorer les soins de santé standard pour les personnes suicidaires ont été publiées aujourd'hui par la National Action Alliance for Suicide Prevention (Action Alliance), le partenariat public-privé national pour la prévention du suicide. Bien que les organismes de soins de santé à l'échelle nationale suivent déjà des lignes directrices ou des normes pour traiter d'autres problèmes médicaux urgents - comme les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et les blessures graves à la suite d'un accident - jusqu'à maintenant, il n'existait pas de lignes directrices sur les soins standard en cas de suicide.
Étant donné que la majorité (64 %) des personnes qui font une tentative de suicide consultent un médecin au cours du mois précédant leur tentative de suicide, il est essentiel que les personnes à risque de se suicider reçoivent en temps opportun des traitements et d'autres services de soins de santé fondamentaux dont on sait qu'ils sont efficaces pour réduire le risque de suicide".
Les organismes de soins de santé offrent des services de santé pour réduire les risques d'autres maladies comme les maladies cardiaques ou le diabète, mais ils ne traitent pas le suicide avec le même sens des responsabilités ou de l'urgence », a déclaré le Dr Michael Hogan, ancien commissaire santé et directeur, Hogan Health Solutions."Nous avons l'obligation morale d'utiliser ce que nous savons être efficace dans les soins de santé pour prévenir le suicide ", a ajouté le Dr Hogan.  «Tout comme les statines sont utilisées dans la prévention des maladies cardiaques, nous avons accès à un éventail de pratiques réalisables et fondées sur des données probantes qui devraient faire partie des soins standard offerts aux personnes suicidaires. Faire quoi que ce soit de moins est inacceptable. »Les nouvelles recommandations présentent des mesures réalisables, pratiques et fondées sur des données probantes pour les soins primaires, la santé comportementale et les services d'urgence que les organismes de soins de santé peuvent adopter immédiatement. Ceux-ci inclus:- Dépister les patients pour identifier ceux qui sont à risque;-  Évaluer le niveau de risque de suicide des patients;- Travailler avec les patients pour créer des plans de sécurité qui comprennent comment ils réduirontleur accès à des moyens létaux, tels que des armes à feu ou des poisons; et- Compléter les contacts de soins - assurer le suivi des patients par téléphone, par courriel ou par texto dans les 48 heures suivant leur visite chez le médecin. .Ces recommandations s'adressent aux organismes et aux fournisseurs de soins de santé qui cherchent à s'assurer que les services qu'ils offrent aux patients à risque de suicide sont éclairés par les recherches les plus pertinentes et les plus solides sur la prévention du suicide.Transformer les systèmes de santé pour réduire de manière significative le suicide aux États-Unis est une priorité clef de l'Action Alliance. Le rapport n'est qu'un outil développé par Action Alliance visant à améliorer l'équipement des systèmes de santé aux États-Unis et à faire progresser lesbuts et objectifs énoncés dans la
National Strategy for Suicide Prevention (NSSP)- un effort conjoint du Bureau du Surgeon General des États-Unis et de l'Action Alliance. 
«L'Action Alliance s'est engagée à« promouvoir la prévention du suicide en tant qu'élément central des services de santé », a déclaré M. Robert Turner, président du secteur privé d'Action Alliance et ancien vice-président principal de Union Pacific Corporation. "Pour atteindre cet objectif, nous devons travailler avec des partenaires publics et privés, en particulier les systèmes de santé, qui, je l'espère, adopteront ces recommandations, et atteindre ceux qui sont à risque et réduire le taux de suicide de 20% d'ici 2025

Lire le communiqué sur actionallianceforsuicideprevention.org

Lire les lignes directrices et recommandations : http://actionallianceforsuicideprevention.org/sites/actionallianceforsuicideprevention.org/files/Action%20Alliance%20Recommended%20Standard%20Care%20FINAL.pdf