CIRCULAIRE N° DGS/SP4/DGOS/2021/122 du 7 juillet 2021 relative à la mise en place du numéro national de prévention du suicide dans le cadre de la stratégie nationale de prévention du suicide.
Date d’application : immédiate
NOR : SSAP2117972J Classement thématique : santé publiqueValidée par le CNP le 11 juin 2021 – Visa CNP 2021-71
Article sur le sujet Numéro national de prévention du suicide : les premiers centres régionaux répondants seront opérationnels le 10 septembre
Publié le vendredi 30 juillet 2021 https://www.encephale.com*
PARIS, 28 juillet 2021 (APMnews) - Dans le cadre de la mise en place du numéro national de prévention du suicide, les premiers centres régionaux de réponses aux usagers seront opérationnels à partir du 10 septembre, est-il indiqué dans l'annexe d'une circulaire publiée mi-juillet.
La mise en place d'un numéro unique national de prévention du suicide (2NPS), prévue de longue date, constitue l'un des axes de la stratégie nationale de prévention du suicide et l'une des actions du Ségur de la santé conclu en juillet 2020.
La circulaire, publiée le 28 juillet 2021, "a pour objet d'accompagner les agences régionales de santé (ARS) dans la mise en place du numéro national de prévention du suicide", est-il détaillé dans son résumé. Sont annexés le plan de déploiement du 2NPS, daté de mai 2021, et la liste des centres sélectionnés.
Le ministère de la santé rappelle tout d'abord les "objectifs opérationnels" du 2NPS, au premier rang desquels "permettre aux personnes suicidaires d'accéder rapidement par téléphone ou par tchat à un service professionnel d’écoute, d’information, d’évaluation, d’intervention et d’orientation, 24h/24 et 7 jours/7".
Ce dispositif pourra également "prendre en charge les appels que les régulateurs du centre 15 ou d'autres dispositifs d'aide à distance ont identifiés comme relevant de la prévention, de la prise en charge ou de l’orientation des personnes suicidaires", "apporter des conseils à l'entourage des personnes suicidaires et aux professionnels non soignants", "apporter des conseils et des avis spécialisés aux professionnels soignants" et "faire le lien avec les structures relais de prévention du suicide du champ social, médico-social et associatif".
Dans le plan de déploiement, annexé à la circulaire, il est annoncé que le pôle national (équipe en charge de son déploiement, voir paragraphe "La gouvernance du numéro national" ci-dessous) "s'est engagé à un lancement du 2NPS au 10 septembre 2021, journée internationale de prévention du suicide".
En septembre, le dispositif doit donc "répondre aux exigences opérationnelles suivantes", est-il listé dans le corps de la circulaire: "réponse réactive 24h/24 et 7j/7", "couverture de l’ensemble du territoire national (métropole et outre-mer)", "réponses assurées en termes d’accueil, d’évaluation, d’orientation et d’intervention, avec une priorité donnée à la prise en charge des situations de crise" et "articulation avec les ressources locales, régionales et nationales". 17 centres régionaux, répartis selon "deux types"
Le pôle national explique dans son plan de déploiement avoir renoncé "à l'option d'une plateforme unique et centralisée de répondants", mais d'avoir plutôt opté pour le modèle "d'antennes de réponses décentralisées" (17 au total).
"Afin de répondre au mieux à la cinétique présumée des appels et des sollicitations (pic d’activité attendu entre 17h et 23h), mais aussi de s’inscrire dans un calendrier de déploiement réaliste", le pôle national du dispositif prévoit dans son plan de déploiement la création de "deux types" de centres régionaux: ceux ouverts 24h/24 et les "centres régionaux 'de jour' ", qui "assurent leurs missions techniques 7 jours/7 sur les mêmes tranches horaires que celles du dispositif Vigilans" .
Dès la fermeture des centres régionaux de jour, "les appels sont transférés à l'antenne 24/24 de la zone concernée", est-il précisé.
A terme, le pôle national prévoit que chaque région dispose d'un centre régional, selon la répartition suivante : 13 centres de jour dans les villes de 11 régions (Angers, Rouen, Nancy, Paris, Besançon-Dijon, Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Poitiers, Ajaccio, Marseille, Tours et enfin La Réunion -validation en cours- pour la Réunion et Mayotte) et quatre centres 24/24 (Lille, Brest, Montpellier et un en outre-mer, pour lequel la décision de localisation est en attente).
Les centres ne devraient pas être tous ouverts au 10 septembre, est-il précisé dans le plan de déploiement, daté de mai 2021 : le "diagnostic de chaque configuration locale ne nous permet de nous prononcer que sur l'ouverture de huit [centres régionaux] au 10 septembre 2021 (7 en métropole et 1 dans les DOM-TOM)". Les autres régions devraient ouvrir leurs centres dans les mois qui suivent.
Dans le cadre de la mise en place de ces centres, le rôle des ARS sera d'"organiser la mise en oeuvre stratégique et opérationnelle des centres régionaux", de "s'assurer que les professionnels répondants bénéficieront d'une formation socle", de "contribuer à la réalisation d’un répertoire des ressources territoriales", de "relayer la communication auprès des partenaires et usagers potentiels", d'"inviter les lignes d’écoute présentes sur [leur] territoire à signer un protocole d’articulation avec le pôle national et les centres répondants", est-il détaillé dans la circulaire. Une seconde délégation de crédits début 2022
"Bien qu’une montée en charge progressive soit à prévoir", le pôle national profite "de la plasticité organisationnelle et institutionnelle qu’offre le déploiement initial du 2NPS" pour proposer "un calibrage d’emblée des CR sur le rythme de croisière attendu de 500.000 à [1 million] d’appels" annuels au niveau national.
"Par conséquent, la composition des centres, leurs effectifs, la durée et le roulement des postes de travail des répondants seront d’emblée configurés dans leur format final", complète-t-il.
Dans le corps de la circulaire, le ministère rappelle qu'"une première délégation de crédits de 3,1 M€ [millions d'euros], soit 175.000 € par région", a été envoyée aux ARS, lors de la première circulaire budgétaire de l'année, datée d'avril 2021.
"Cette première dotation correspond aux frais de fonctionnement des plateformes régionales pour les trois premiers mois de service", précise-t-il. A ces financements régionaux s'ajoutent 2,9 M€ versés au pôle national.
Le ministère annonce qu'"une seconde délégation de crédits" sera versée lors de la première circulaire budgétaire de 2022 "pour couvrir le fonctionnement annuel des 17 antennes régionales et les dépenses d'investissements en équipements", précisant que "les montants précis sont encore en cours de validation". La gouvernance du numéro national
Selon la circulaire, la gouvernance relative à la mise en place du 2NPS est composée de trois niveaux : Les équipes régionales, chargées d’assurer la réponse aux usagers de la ligne téléphonique et du tchat, seront animées et coordonnées par le "pôle national". Ce dernier a été sélectionné à la suite d'un appel à projets. La candidature du CHU de Lille "associant de nombreux partenaires de la prévention du suicide" avait été retenue. "Au niveau national, le projet est suivi par un comité de pilotage, composé de la direction générale de la santé (DGS, secrétariat), la direction générale de l’offre de soins (DGOS), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), le secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales (SGMAS), la délégation ministérielle santé mentale et psychiatrie, Santé publique France et le coordonnateur national du pôle national, qui valide l’ensemble des orientations stratégiques du numéro national de prévention du suicide proposées par le pôle national." Au niveau régional, le déploiement du numéro national s'inscrit dans la stratégie régionale de chaque ARS, estime le ministère. Il appartient donc à ces dernières "de décider de l'opportunité de mettre en place une instance spécifique de suivi de la création du centre répondant de [la] région, ou d'inscrire ce suivi dans une instance globale de pilotage de la stratégie régionale".
Le ministère précise qu'une "une instruction-cadre révisant l’instruction du 10 septembre 2019 portant sur l’ensemble des axes de la stratégie nationale de prévention du suicide et leur pilotage sera élaborée début 2022 une fois le numéro national bien implanté".
More than 700 000 persons die by suicide every year globally. Suicide is the fourth leading cause of death among 15-29 year olds. The reduction of suicide rates in countries is an indicator in the UN SDGs, the WHO GPW13 and Mental Health Action Plan. Information material on data and statistics is necessary for advocacy and information purposes. This booklet provides this essential information in an accessible and digestible format. Target audiences are academics/researchers, development agencies, general public, health workers, journalists/media, nongovernmental organizations, policy-makers.
WHO Team Mental Health and Substance Use Editors World Health Organization Number of pages 35 Reference numbers ISBN: 9789240026643 Copyright World Health Organization - Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO. https://www.who.int/publications/i/item/9789240026643
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LIVE LIFE: An implementation guide for suicide prevention in countries 17 June 2021 | Publication
More than 700 000 people lose their life to suicide every year. The world is not on track to reach the 2030 suicide reduction targets. WHO advocates for countries to take action to prevent suicide, ideally through a comprehensive national suicide prevention strategy. Governments and communities can contribute to suicide prevention by implementing LIVE LIFE – WHO’s approach to starting suicide prevention so that countries can build on it further to develop a comprehensive national suicide prevention strategy. The guide is for all countries, with or without a national suicide prevention strategy; national or local focal points for suicide prevention, mental health, alcohol or NCDs; and community stakeholders with a vested interest or who may already be engaged in implementing suicide prevention activities.
Un décès sur 100 est un décès par suicide Orientations de l’OMS pour aider le monde à atteindre l’objectif de réduire d’un tiers le taux de mortalité par suicide d’ici à 2030 17 juin 2021
Communiqué de presse
Le suicide reste l’une des principales causes de décès dans le monde, selon les dernières estimations de l’OMS, parues aujourd’hui dans la publication « Suicide worldwide in 2019 ». Chaque année, un plus grand nombre de personnes meurent par suicide que du fait du VIH, du paludisme ou du cancer du sein ̶ ou encore des guerres ou des homicides. En 2019, plus de 700 000 personnes se sont suicidées : soit un décès sur 100, ce qui a incité l’OMS à élaborer de nouvelles orientations pour aider les pays à améliorer la prévention et la prise en charge liées au suicide.
« Nous ne pouvons pas – et ne devons pas – ignorer le suicide », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. « Chaque suicide est une tragédie. Il est d'autant plus important aujourd'hui de porter attention à la prévention du suicide, que nous venons de vivre de longs mois de pandémie de COVID-19, et que de nombreux facteurs de risque de suicide ̶ perte d’emploi, difficultés financières et isolement social – sont toujours très présents. Les nouvelles orientations que l’OMS publie aujourd’hui montrent clairement la voie pour intensifier les efforts de prévention du suicide. »
Chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, le suicide est la quatrième cause de décès après les accidents de la route, la tuberculose et la violence interpersonnelle.
Les taux varient d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, et entre hommes et femmes.
Plus de deux fois plus d’hommes que de femmes mettent fin à leurs jours (taux de 12,6 pour 100 000 hommes contre 5,4 pour 100 000 femmes). Les taux de suicide chez les hommes sont généralement plus élevés dans les pays à revenu élevé (16,5 pour 100 000). Pour les femmes, on constate les taux de suicide les plus élevés dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (7,1 pour 100 000).
Les taux de suicide dans les Régions OMS de l’Afrique (11,2 pour 100 000), de l’Europe (10,5 pour 100 000) et de l’Asie du Sud-Est (10,2 pour 100 000) étaient supérieurs à la moyenne mondiale (9,0 pour 100 000) en 2019. C'est la Région de la Méditerranée orientale qui enregistre le taux de suicide le plus faible (6,4 pour 100 000). À l’échelle mondiale, le taux de suicide est en baisse mais il est en hausse dans les Amériques
Les taux de suicide ont diminué au cours des 20 années allant de 2000 à 2019, le taux mondial ayant diminué de 36 %, avec un recul allant de 17 % dans la Région de la Méditerranée orientale à 47 % dans la Région européenne et 49 % dans la Région du Pacifique occidental.
Toutefois, dans la Région des Amériques, les taux ont augmenté de 17 % au cours de la même période.
Même si certains pays ont placé la prévention du suicide en bonne place dans leurs priorités, ils sont encore trop nombreux à ne pas s'engager en ce sens. À l’heure actuelle, seuls 38 pays disposent d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Il convient d'accélérer considérablement les efforts pour atteindre la cible des ODD qui est de réduire d’un tiers le taux de mortalité par suicide à l'échelle mondiale d’ici à 2030. VIVRE SA VIE
Pour soutenir les pays dans leurs efforts, l’OMS publie aujourd’hui des orientations complètes pour mettre en œuvre son approche LIVE LIFE (Vivre sa vie) qui vise à prévenir le suicide. Cette approche s'appuie sur quatre stratégies : limiter l’accès aux moyens de se suicider, comme les armes à feu et les pesticides les plus dangereux ; former les médias à une couverture responsable du suicide ; favoriser les compétences psychosociales chez les adolescents ; et à un stade précoce, identifier, évaluer, prendre en charge et suivre toute personne ayant des pensées et/ou un comportement suicidaire.
Interdiction des pesticides les plus dangereux : une intervention à fort impact
Étant donné que l’empoisonnement par les pesticides est, selon les estimations, à l’origine de 20 % de tous les suicides, et que les interdictions nationales de pesticides hautement dangereux à toxicité aiguë se sont révélées rentables, de telles interdictions sont recommandées par l’OMS. Parmi les autres mesures figurent la limitation de l’accès aux armes à feu, la réduction de la taille des conditionnements de médicaments et l’installation de barrières sur les sites d'où il est possible de sauter dans le vide. Couverture médiatique responsable
Le guide souligne le rôle que jouent les médias dans le domaine du suicide. Les reportages des médias sur le suicide peuvent entraîner une augmentation du nombre de suicides par un phénomène d’imitation – surtout si le reportage concerne une personne célèbre ou décrit la méthode de suicide.
Le nouveau guide conseille de surveiller les reportages sur le suicide et suggère que les médias contrebalancent ceux-ci par des reportages sur le rétablissement réussi de personnes ayant connu des problèmes de santé mentale ou eu des pensées suicidaires. Il recommande également de travailler avec les médias sociaux pour améliorer leur sensibilisation au problème et leurs protocoles en vue de reconnaître et de retirer les contenus préjudiciables. Soutien aux adolescents
L’adolescence (10-19 ans) est une période critique pour l’acquisition des compétences socio-émotionnelles, d’autant plus que la moitié des problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Les orientations de LIVE LIFE préconisent différentes mesures, y compris des programmes visant à promouvoir la santé mentale et à lutter contre l’intimidation ; elles comportent des liens vers des services de soutien et des protocoles clairs à l’intention des personnes travaillant dans les écoles et les universités lorsque le risque de suicide est identifié.
Repérer de façon précoce les personnes à risque de suicide et les suivre
Le dépistage précoce, l’évaluation, la prise en charge et le suivi s’appliquent aux personnes qui ont tenté de se suicider ou qui sont perçues comme étant à risque. Une tentative de suicide antérieure est l’un des facteurs de risque les plus importants pour un suicide futur.
Les agents de santé devraient être formés à l’identification précoce, à l’évaluation, à la prise en charge et au suivi. Les groupes de soutien aux personnes endeuillées par le suicide peuvent compléter le soutien apporté par les services de santé. Des services de crise devraient également être disponibles pour fournir un soutien immédiat aux personnes en situation de détresse aiguë.
Les nouvelles orientations, qui comprennent des exemples d’interventions de prévention du suicide qui ont été mises en œuvre dans le monde entier, dans des pays comme l’Australie, le Ghana, le Guyana, l’Inde, l’Iraq, la République de Corée, la Suède et les États-Unis, peuvent être utilisées par toute personne intéressée par la mise en œuvre d’activités de prévention du suicide, que ce soit au niveau national ou local, et dans les secteurs publics ou privés.
« Même si une stratégie nationale globale de prévention du suicide devrait être l’objectif ultime de tous les gouvernements », a déclaré la Dre Alexandra Fleischmann, spécialiste en prévention du suicide à l’Organisation mondiale de la Santé, « s'engager dans la prévention du suicide par des interventions du type LIVE LIFE peut permettre de sauver des vies et de prévenir la détresse qui submerge les personnes endeuillées par le suicide d'un proche. »
Présentation des conclusions de l’évaluation du premier Plan national de prévention du suicide au Luxembourg 02-02-2021 https://sante.public.lu/*
Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Santé Paulette Lenert, a présenté les conclusions de l’évaluation du Plan national de prévention de suicide au Luxembourg (PNPSL 2015-2019). Cette évaluation a été élaborée par la consultante indépendante Véronique Louazel, chargée d'études en santé publique auprès d’Itinere conseil (France).
Comme relevé dans le rapport d’évaluation, les points forts du plan ont été les nombreuses actions à destination du grand public (campagnes de sensibilisation, sites internet, semaines de la santé mentale, etc.), ainsi que les outils spécifiques créés à destination des secteurs généralistes (guide école, guide famille, formations, etc.) Il est recommandé de continuer de développer ces activités de sensibilisation, de déstigmatisation du suicide et de formation qui doit davantage cibler le personnel enseignant et les professionnels de santé. Ces formations doivent aussi s’adresser aux proches : collègues, entourage des groupes à risque, afin d’offrir un cadre bienveillant aux personnes en souffrance, de détecter les signes et d’orienter vers les services d’aide.
Parmi les points faibles, on peut relever les secteurs trop souvent cloisonnés, tant au niveau de la gouvernance, qu’au niveau opérationnel, ou encore, la difficulté à impliquer le secteur de la médecine générale, pourtant première ligne de la demande d’aide.
« Il n’existe pas de hiérarchie entre la santé mentale et la santé physique, » a déclaré la ministre Paulette Lenert. C’est la raison pour laquelle le ministère compte davantage investir au niveau de la qualité de l’accompagnement en cas de suicidalité. La problématique centrale est ici l’accès à la prise en charge, les services d’urgences dans les hôpitaux p.ex. qui ne sont pas toujours adaptés aux besoins, ou encore le délai d’attente dans la prise en charge en médecine libérale.
Bien que ce plan ait été clôturé en 2019, certaines actions sont toujours maintenues. Sur les 33 actions décrites dans le PNPSL, 19 actions ont abouti ou sont en phase de réalisation. Ainsi, le repérage des signes d’alarme de la crise suicidaire demeure un des objectifs prioritaires des actions lancées. Actuellement, plus de 1.000 personnes ont suivi cette formation organisée par le Centre d’information et de prévention (CIP) de la Ligue d’hygiène mentale, conventionnée avec le ministère de la Santé. Une nouvelle action de continuité, ayant trouvé un début lors de la semaine de la santé mentale en automne 2020, est l’organisation de la formation de premiers secours en santé mentale. Durant cette semaine, 120 personnes ont pu être formés avec déjà 450 inscrits durant cette semaine.
Le suicide est le résultat d’interactions complexes entre différents facteurs de risque et de protection. Néanmoins, tout suicide est évitable et les moyens de réduire de manière significative le nombre de décès par suicide existent.
« Chacun a un rôle important à jouer dans la prévention du suicide, en commençant par les structures de santé, les écoles, mais aussi le monde de l’entreprise et la communauté au sens large » a rappelé Paulette Lenert. « C’est en œuvrant ensemble que nous parviendrons à sauver des vies ».
Cette évaluation du PNPSL démontre l’importance de poursuivre et de développer d’autres actions transversales concernant le bien-être de la population en amont afin d’éviter les éléments déclencheurs d’une crise suicidaire. En aval, il s’agit de se pencher davantage sur les aspects de l’accès aux soins et le suivi pour les personnes en souffrance. C’est la raison pour laquelle la santé mentale sera un des piliers de la stratégie nationale de santé qui sera développée et présentée au cours de l’année 2021.
L’évaluation intégrale du PNPSL 2015-2019 peut être consultée ci-dessous.
Shortcuts: sante.lu/suicide : vers direct vers la page principale sur le PNPSL sante.lu/pnpsl-evaluation: lien direct vers le rapport d'évaluation du PNPSL Pour en savoir plus
La nouvelle commission nationale de la psychiatrie est lancée
Publié le 27 Janvier 2021
La Commission nationale de la
psychiatrie a été lancée le 18 janvier, selon Katia Julienne, Directrice
générale de l’offre de soins (DGOS), qui précise dans un tweet :
«Son rôle est d’accompagner les acteurs de la santé mentale dans leurs
missions de prévention, de soin et de réponse aux besoins de la
population santé. » Présidée par M. Lejoyeux, Pr de psychiatrie et
d’addictologie, cette commission remplace le comité de pilotage de la
psychiatrie. Communiqué de la DGOS.
Katia Julienne, Directrice générale de l’offre de soins, a procédé
lundi 18 janvier à l’installation de la Commission nationale de la
psychiatrie, en présence de Olivier Véran, ministre des solidarités et
de la santé. Cette instance remplace le Comité de pilotage de la
psychiatrie qui ne s’était plus réuni depuis l’été 2020.
L’objectif de cette nouvelle instance est d’engager le plus
rapidement possible, avec l’ensemble des acteurs, les travaux
nécessaires pour traiter les sujets les plus urgents, tels que la
question de la psychiatrie dans la crise Covid ou encore les textes
encadrant les pratiques d’isolement et de contention, mais également
pour faire avancer des réformes de fond, notamment celles du financement
et des autorisations en psychiatrie. Cette commission se mobilisera
naturellement pour donner suite aux annonces du Président de la
République sur la tenue d’« assises de la psychiatrie et de la santé
mentale », sur sa volonté de renforcer le soutien à la pédopsychiatrie
ou encore sur l’accélération de la prise en charge des consultations de
psychologues.
Présidée par le Pr Michel Lejoyeux, cette commission a une
composition large qui reflète la grande diversité des acteurs du soin
psychiatrique de l’adulte, de l’adolescent et de l’enfant :
Usagers et familles : Fédération Nationale des Patients en
Psychiatrie (FNPSY), Union nationale de familles et amis de personnes
malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM)
Fédérations et conférences : Association Nationale des Psychiatres
Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d'Etablissement
des Centres Hospitaliers (ANPCME)
Agence régionale de santé : 1 DG ARS
Conseil national des universités : section psychiatrie et section pédopsychiatrie
Sociétés savantes en psychiatrie
Syndicats des psychiatres
Représentants des professions : IDE, psychologues
Secteur social et médico-social
Médecine générale
Etudiants en psychiatrie
Personnes qualifiées
Représentants des personnels non médicaux
Partenaires : HAS, Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Commission départementale des soins psychiatriques (CDSP)
Ordres professionnels: médecin, pharmacien, IDE
INSERM
Elle s’appuiera pour la conduite de ses travaux sur des
sous-commissions thématiques, qui constitueront des lieux d’expertise et
seront forces de propositions :
Offre hospitalière et ambulatoire privée et publique, parcours et qualité des soins, acteurs du soin
Société, éthique, information épidémiologie
Liens psychiatrie et spécialités médicales
Accès aux soins, parcours de soins, soins non programmés, urgences, suicidologie
Psychiatrie, psychologie, psychothérapies
Recherche
Pédopsychiatrie
Addictologie et psychiatrie
Psychiatrie médico-légale
Droit des malades, place du patient, de la famille et des accompagnants
Psychotropes
Par ailleurs, afin de garantir le caractère concret et opérationnel
des propositions qui seront issus de ces travaux, le Dr Radoine Haoui
coordonnera un Groupe opérationnel de psychiatrie, fonctionnant sur
saisine de la DGOS et dont les missions complémentaires à celle de
l’instance plénière seront, d’une part d’accompagner la mise en œuvre
des réformes par les acteurs de terrain, et d’autre part d’apporter un
appui organisationnel et fonctionnel aux établissements dans certaines
situations spécifiques ou complexes.
Les défis du secteur de la psychiatrie sont nombreux : prendre en
compte l’exigence de mieux repérer, mieux prendre en charge et de façon
plus précoce les troubles psychiques, en étant plus accessible sur
l’ensemble des territoires tout en renforçant le travail partenarial
avec l’ensemble des autres acteurs qui interviennent dans les parcours
de soins et de vie des personnes concernées, et de contribuer à leur
insertion sociale et à leur réhabilitation. La mise en place de cette
nouvelle Commission doit permettre d’y répondre de façon opérationnelle,
efficace et concertée avec l’ensemble des partenaires
Olivier Véran veut engager « une refondation profonde et solide » de la santé mentale
Publié le 22 Janvier 2021 https://www.santementale.fr/*
Dans un discours diffusé en vidéo au Congrès de l'Encéphale le 21 janvier, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, annonce une « refondation profonde et solide de la politique de santé mentale et de psychiatrie », en lien avec la dimension psychologique de la crise sanitaire, qui appelle une « mobilisation collective »
de grande ampleur. Il a également présenté un bilan d'étape et les
perspectives de la Feuille de route santé mentale et psychiatrie. Points
clés et extraits.
Bilan et perspectives de la feuille de route santé mentale et psychiatrie
Le Ministre a souligné que la feuille de route (de juin 2018), dont le « Pr Frank Bellivier assure le suivi » reste le « socle de notre ambition. » Si « la crise sanitaire a retardé certains chantiers, (…) elle a aussi été un accélérateur pour d’autres. »
Revenant sur les objectifs prioritaires pour 2020, parmi les chantiers « emblématiques », il a évoqué : – le déploiement du dispositif Vigilans (rappel et de
suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide) s’est
poursuivi. Vigilans est actuellement déployé dans 12 régions
métropolitaines sur 13, et dans 2 régions d’Outre-mer. « Près de 15 000 patients ont intégré ce dispositif l’an passé, ce qui est très encourageant et nous invite à aller plus loin. » La mise en place du numéro national de prévention du suicide est annoncé en 2021.
– concernant l'offre de soins et les parcours en psychiatrie,« près de 60 millions d’euros supplémentaires » sont venus soutenir «
plus de 100 projets ciblés sur une meilleure articulation entre la
ville et le médico-social, ainsi que sur la psychiatrie de l’enfant et
de l’adolescent. » L’appel à projet de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent sera reconduit à hauteur de 20M€.
– Au titre du Ségur de la santé, « environ 160 postes de psychologues » ont été créés au sein des Centres Médico-Psychologiques.
Selon les besoins, ils seront priorisés sur les structures
infanto-juvéniles. Par ailleurs, la démarche d’ « aller-vers » les
personnes en situation de détresse psychique sera fortement développé « grâce au renforcement des équipes mobiles psychiatrie précarité (EMPP) à hauteur de 10 millions € ».
– En 2021, pour poursuivre le déploiement des actions de la feuille de route, en y intégrant des mesures du Ségur de la santé et tenant compte du contexte, il fautaméliorer le repérage précoce : «
nous allons financer dans les prochains mois, à hauteur de 12 M€/an
pendant 3 ans, prévus dans le Ségur de la Santé, des psychologues au
sein des Maisons de Santé Pluri professionnelles (MSP) et des Centres de
santé. » Cette mesure annonce « le déploiement d’un dispositif plus ambitieux de première ligne “médecin généraliste-psychologue” ». Dans la même logique, «
la prise en charge de consultations de psychologues pour les enfants
doit être rendue accessible dès 2022 dans des conditions à définir d’ici
l’été ». – Le Ministre a rappelé les enjeux des Projets Territoriaux de Santé mentale, qui réunissent les différents acteurs du parcours. « Mettre en œuvre et avancer, telle est mon exigence, telle est mon obsession ! (…) le
Ségur de la santé a prévu le financement dès cette année d’un poste de
coordonnateur pour chacun des 104 projets territoriaux. »
– Faire progresser l’insertion et la citoyenneté des personnes en situation de handicap psychique est également un enjeu essentiel. – Concernant les pratiques d'isolement et de contention, O. Véran a rappelé « l'obligation qui nous était faite de mieux encadrer juridiquement » ces mesures. La réforme permet «
d’une part, un meilleur contrôle de ces pratiques; et d’autre part, la
prise en compte de la réalité de situations cliniques difficiles qui
appellent à préserver la santé et la sécurité du patient et des équipes.
» Un plan d’accompagnement à cette nouvelle réglementation,
assorti à ce stade de 15 M€, est prévu pour permettre aux établissements
de se réorganiser, « avec des mesures de formation, des recrutements d’effectifs, et une amélioration des Systèmes d’information. » « Vous n’êtes pas seuls dans cette dynamique d’adaptation », a-t-il souligné, précisant que «
le dispositif d’accompagnement montera en charge dans le cadre d’un
plan pluriannuel, et j’attends de la commission nationale de psychiatrie
qu’elle puisse nous aider à en tracer les contours. »
Trois orientations majeures pour les « bases d'une refondation »
Face aux conséquences de la crise sanitaire, « nous
devons élargir notre ambition et jeter les bases d’une refondation
profonde et solide de la politique de santé mentale et de la psychiatrie
pour les décennies à venir. » Un renforcement et un enrichissement des actions « autour de 3 orientations majeures » sont proposés. – « diversifier l’information et la formation en santé mentale,
pour changer le regard de l’opinion publique et lutter contre la
stigmatisation, et pour faire entrer la santé mentale dans une culture
de la prévention qui soit largement partagée ». – « renforcer notre attention envers les publics les plus vulnérables ». Sur ce point le Minsitre a insité sur « la prévention et l’accompagnement de l’addiction des jeunes aux écrans. » Sur la base des recommandations du Haut conseil de la santé publique, « une Feuille de route sur la prévention des usages excessifs des écrans pour les enfants » sera lancée. – « renforcer notre mobilisation autour des objectifs de notre politique de santé mentale tels que je les ai rappelés. »
Cela passe par « une meilleure connaissance des différentes dimensions de la santé mentale et de la psychiatrie » et donc un renforcement de la recherche :
• « Santé mentale et psychiatrie sont des axes prioritaires du
Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) depuis plusieurs
années et nous poursuivrons dans cette direction » ;
• Un nouvel outil pour inciter les établissements universitaires et non
universitaires à coopérer pour des actions de recherche et de formation « sera mis en place de au printemps 2021 » ,
• Un programme prioritaire de recherche « Santé mentale et psychiatrie » « sera mis en place prochainement afin d’accélérer le développement de la recherche et d’accompagner les acteurs. » – Echanges de pratiques. Cette mobilisation passe aussi par une réflexion « ouverte et partagée ». Dans le cadre d'une gouvernace « sereine et constructive », O.
Véran compte beaucoup sur la nouvelle commission nationale de la
psychiatrie, présidée par le Pr Lejoyeux. Parmi les moments forts pour
croiser les points de vue, il a signalé« le sommet
international des ministres de la santé mobilisés en faveur de la santé
mentale que Paris accueillera en octobre prochain » et « les
assises nationales de la santé mentale et de la psychiatrie dont la
tenue avant l’été a été appelée de ses vœux par le Président de la
République ».
La prévention du suicide est un enjeu majeur de santé publique. C’est une priorité pour le ministère des solidarités et de la santé qui l’a inscrite dans l’action 6 de la Feuille de route santé mentale et psychiatrie de 2018. L’objectif de la stratégie nationale de prévention du suicide consiste à mettre œuvre de façon coordonnée dans les territoires un ensemble d’actions intégrées de prévention du suicide qui sont : le dispositif VigilanS de maintien du contact avec la personne qui a fait une tentative de suicide, la formation actualisée au repérage, à l’évaluation et à l’intervention de crise suicidaire, les actions de prévention de la contagion suicidaire, et la mise en place d’un numéro national de prévention du suicide
21 juillet 2020 Après la signature des
accords du Ségur de la santé qui consacrent 8,2 milliards d’euros à la
revalorisation des métiers des établissements de santé et des EHPAD et à
l’attractivité de l’hôpital public, Olivier Véran, ministre des
Solidarités et de la Santé, a présenté les conclusions du Ségur de la
santé le 21 juillet 2020.
Le ministre s’est appuyé sur le rapport remis par Nicole Notat,
animatrice du Ségur de la santé, pour retenir des mesures et des
orientations fortes afin de poursuivre la modernisation du système de
santé en France et d’améliorer le quotidien des soignants ainsi que la
prise en charge des patients. Aux côtés de Jacqueline Gourault, ministre de la
Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités
territoriales, de Fédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation, et de Brigitte Bourguignon,
ministre Déléguée à l’Autonomie, Olivier Véran a détaillé l’ensemble des
mesures retenues des travaux du Ségur de la santé.
MESURE 31 RENFORCER L’OFFRE DE SOUTIEN PSYCHIATRIQUE ET PSYCHOLOGIQUE DE LA POPULATION
— Mettre en place un numéro national de prévention du suicide 24h/24 7j/7.
— Recruter 160 psychologues supplémentaires dans les centres médico-psycholo-giques pour un soutien psychologique accessible à tous (financement de postes par e FIR).
— Renforcer « l’aller vers » au travers des cellules d’urgences médico-psychologiques.—Donner accès à des consultations de psychologues en ambulatoire dans des maisons de santé pluri-professionnelles.
Prochaines étapes—Second semestre 2020 : délégation de crédits et élaboration finale du dispositif
—2021-2022 : lancement du dispositif général de première ligne
Retrouver l’ensemble des 33 mesures de conclusion du Ségur de la santé :
Agnès Buzyn annonce 140 M€ supplémentaires pérennes pour la psychiatrie
Publié le 24 Janvier 2020 https://www.santementale.fr*
Agnès
Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, s'est adressée aux
psychiatres lors du Congrès de l'Encéphale à Paris le 23 janvier. La
ministre de la Santé a précisé le déploiement en 2020 de plusieurs
points de la feuille de route dédiée à la psychiatrie et annonce au
moins 140 M€ supplémentaires pérennes pour opérer un rattrapage des moyens et accélérer la dynamique de transformation..
Dressant un bilan de ses engagements, elle a estimé que « le cap était tenu » et rappelé les grands principes qui guident son action : « – Le premier est une approche intégrée de la santé mentale,
qui articule trois dimensions dans le même temps : prévention-promotion
du bien être mental ; parcours de soins ; respect du droit, exprimé
dans la citoyenneté et l’inclusion sociale des personnes ;
– Le deuxième consiste à prendre en compte la parole et l’expérience des patients et de leurs familles,
car ce sont pour eux que nous nous mobilisons et ils sont des acteurs à
part entière de l’évolution de la psychiatrie et du changement de
regard que nous devons opérer sur la maladie mentale et le handicap
psychique ;
– Le troisième est de faire de la réhabilitation psycho-sociale un axe à part entière car
il est un horizon d’espoir pour les personnes souffrant de troubles
psychiques, afin de leur faire atteindre un niveau de vie et
d’adaptation satisfaisant conforme à leurs attentes ;
– Ce que nous voulons aussi, c’est aussi une psychiatrie ancrée dans
l’organisation du secteur, comme offre de proximité immédiatement
accessible, inscrite au cœur des territoires ; mais qui doit également
garantir l’accès de tous à des prises en charge spécialisées et
adaptées, par une organisation plus graduée ;
– Enfin, un effort tout particulier doit se porter sur le
développement de l’offre ambulatoire et de la psychiatrie de l’enfant et
de l’adolescent. »
Pour la ministre, 2020sera « une année décisive » pour la psychiatrie. « Nous devons en premier lieu accompagner la réorganisation structurelle et réglementaire de l'offre de soins ». Sur ce plan, les
deux appels à projets nationaux relatifs au fonds d'innovation
organisationnel et à la pédopsychiatrie seront reconduits au même niveau
financier qu'en 2019, soit 30 millions d'euros (M€) au total. Plus
généralement, « au moins 140M€ supplémentaires seront alloués de manière pérenne en2020 à la psychiatrie financée en dotation annuelle ».Par ailleurs, un accord pluriannuel est en perspective pour le secteur privé.
Concernant la réforme du financement,qui
doit entrer en vigueur en 2021, les travaux vont se poursuivre jusqu'en
septembre de cette année. Un projet de décret sera examiné « dès le mois d'avril pour une parution en juillet2020».Des
outils seront élaborés pour suivre l'affectation effective des crédits
aux établissements et aux équipes. En parallèle, la réforme du régime
des autorisations en psychiatrie, engagée en fin d'année 2019 avec les
acteurs concernés « continuera ses travaux ». Les textes doivent « évoluer en fonction des missions et des modalités de fonctionnement attendues des établissements ».
Faciliter l'accès aux soins
- Affirmer le rôle essentiel des
infirmiers de pratique avancée (IPA) dans la réorganisation des parcours
de soin, de même que les psychologues,"nous devrons
intégrer progressivement au panier de soins, les modules indispensables
de psychothérapies ou de bilans, accessibles sans conditions de
ressource". Le ministère définira donc collectivement en 2020, en liens étroits avec la profession, les conditions d’une participation plus intégrée des psychologues au parcours de soins.
- Par ailleurs, la ministre a souligné l'enjeu d'amélioration des parcours de soins pour les personnes les plus vulnérables et/ou difficiles à atteindre (migrants, enfants et adolescents pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (Ase), personnes détenues…).
- Les projets territoriaux de santé
mentale (PTSM), sont censés être finalisés dans l'ensemble des
départements en juillet prochain. Une grande journée de
restitution des PTSM sera organisée au premier semestre avec l'aide du
comité de pilotage (Copil) de la psychiatrie à la DGOS
- Parachever le déploiement de la stratégie de prévention du suicide avec la généralisation de Vigilans à toutes les régions. - Déployer en 2020 cinq nouveaux dispositifs de prise en charge du psychotraumatisme
Lutter contre les stigmatisations
La candidature de la France a été
entérinée par l’OMS et l‘Alliance pour organiser le sommet
inter-ministériel mondial de la santé mentale en octobre prochain à
Paris. Le thème sera Droits des personnes avec handicap
psychique – France, pays des droits de l’homme. Ce sera un grand moment
d’engagement collectif en faveur de la santé mentale, parce que dans ce
domaine comme dans bien d’autres, la France doit s’engager résolument,
doit donner l’exemple et tracer un chemin.
Agir concrètement pour le respect
de la parole, du vécu et des droits des usagers, la réduction des soins
sans consentement, de la contention, de l’isolement et la promotion des
droits
Un plan national de réduction du recours aux soins sans consentement a
été validé, sur la base de l’investissement remarquable mené sur ce
sujet par le professeur SENON et le Dr TRIANTAFYLLOU, dans le cadre du
comité de pilotage de la psychiatrie et en lien avec la Contrôleure
générale des lieux de privation de liberté. Une action de mobilisation des acteurs de terrain a été engagée dans
plus de la moitié des régions, dans le cadre des séminaires régionaux
des présidents de CME, avec l’enjeu de faire évoluer les pratiques. En vue de disposer de données consolidées, le ministère travaille à la constitution à l’été prochain d’un « observatoire » des droits des patients et des pratiques en psychiatrie.
Dressant un point d’étape de la feuille de route « Santé Mentale et
Psychiatrie » devant le Comité Stratégique dédié (CSSMP), puis au
congrès de l’Encéphale, Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la
Santé, a annoncé la poursuite en 2020 de l’effort budgétaire en faveur
de la psychiatrie, avec en particulier un complément de 140 millions
d’euros de dotations pour les établissements, pour opérer un rattrapage
des moyens et accélérer la dynamique de transformation.
Des engagements tenus en 2019 Intervenant hier devant le Comité Stratégique de la Santé Mentale et
de la Psychiatrie (CSSMP), en présence de la Secrétaire d’Etat chargée
des personnes handicapées, Sophie CLUZEL, puis au congrès de
l’Encéphale, la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès BUZYN, a
souligné que les engagements pris lors du dernier CSSMPP sont tenus, et
que les dix chantiers prioritaires identifiés en 2019 sont largement
déployés. La Ministre a indiqué sa satisfaction que cette politique prioritaire
soit désormais incarnée par l’action déterminée du Délégué ministériel à
la Santé Mentale et à la Psychiatrie, le Pr Frank BELLIVIER, nommé à
ses côtés en mai dernier. Celui-ci a engagé un tour de France des
régions qui lui a permis de constater l’importante dynamique des Projets
Territoriaux de Santé Mentale (PTSM) qui seront finalisés d’ici juillet
2020. Ils constituent les cadres structurants privilégiés pour la
construction de parcours de soins en santé mentale articulant toutes les
compétences, au plus près des milieux de vie. Deux appels à projets nationaux, en psychiatrie infanto-juvénile (35
projets retenus pour 20 M€) et en innovation organisationnelle (42
projets retenus pour 10 M€) ont concrétisé les capacités de
transformation de la psychiatrie, notamment pour développer le dépistage
précoce, la gestion de l’urgence et des crises, l’offre ambulatoire et
la création d’une offre en pédopsychiatrie là où elle n’existait pas. Ces financements complètent les 80 M€ de nouveaux crédits délégués
début 2019 pour renforcer les moyens de la psychiatrie. 10 postes de
chefs de clinique en pédopsyont été créés, complétant les 10 postes
créés en 2018. 5,3 M€ ont été alloués au développement des soins de réhabilitation
psycho-sociale et 10 dispositifs de prise en charge globale du psycho
traumatisme et un centre national ressources ont été créés. Cette
stratégie converge avec la dynamique quinquennale de la transformation
de l’offre médico-sociale engagée favorisant les parcours
d’accompagnement précoce et l’inclusion dans le droit commun.
En matière de promotion de la santé mentale et de prévention de la
souffrance psychique, le dispositif de veille et de recontact des
suicidants Vigilans est opérationnel dans 9 régions et a touché près de
14.000 patients suicidants. Le programme « premiers secours en santé mentale » connaît une
dynamique très positive, de même que, pour l’insertion sociale et la
citoyenneté des personnes handicapées psychiques, les 500 Groupes
d’Entraide Mutuelle (GEM), le dispositif d’emploi accompagné ou les
différents dispositifs d’accès au logement (habitat inclusif, pensions
de famille, résidences accueil, « un chez soi d’abord »). Un engagement d’augmentation d’au moins 140 millions d’euros
des dotations annuelles de psychiatrie pour accompagner le programme de
transformation en 2020 Pour 2020, la Ministre a proposé de poursuivre cette dynamique par une mobilisation autour de 4 engagements prioritaires :
Poursuivre et consolider le déploiement de la
stratégie de prévention de la souffrance psychique et de la promotion de
la santé mentale ;
Développer prioritairement le repérage précoce et les réponses aux situations d’urgences et de crise ;
Accompagner la réorganisation structurelle et réglementaire de l’offre de soins, jusqu’aux publics les plus vulnérables ;
Agir concrètement pour le respect de la parole, du vécu et des droits des usagers.
A cette fin, il est convenu d’accélérer toute une série d’actions de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » :
L’achèvement du déploiement de Vigilans ;
La reconduction des deux appels à projets en psychiatrie infanto-juvénile et en innovation organisationnelle
La préparation de la mise en œuvre en 2021 de la très importante réforme du financement de la psychiatrie ;
La réforme des autorisations en psychiatrie ;
La définition de parcours de soins gradués, en reprécisant notamment
les missions des CMP et en définissant les conditions d’une
participation plus intégrée des psychologues ;
L’installation d’un « observatoire » pour
consolider les données relatives aux respects des droits des usagers de
la psychiatrie.
Le soutien au développement de la pair- aidance
La ministre a rappelé que les établissements publics de santé mentale
bénéficient des mesures « Investir pour l’hôpital » dont le soutien à
l’investissement du quotidien. Elle a par ailleurs annoncé que les
dotations annuelles des établissements psychiatriques augmenteraient
d’au moins 140 millions en 2020 pour soutenir la dynamique de
transformation engagée. Elle a réaffirmé sa détermination à renforcer sur l’ensemble du
territoire l’accès et la qualité de la prise en charge de la santé
mentale en France, avec l’appui des tous les acteurs, au premier rang
desquels, les usagers et les professionnels qu’elle a remerciés. La Ministre a confirmé l’organisation par la France, du prochain sommet mondial de la santé mentale, en octobre à Paris.
D'apres article Succès des appels à projets sur l'innovation en psychiatrie et la pédopsychiatrie
Publié le 06 Décembre 2019 sur https://www.santementale.fr/actualites/buzyn.html
Agnès
BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé, a rendu public le
résultat de deux appels à projets nationaux organisés dans le cadre de
la feuille de route santé mentale et psychiatrie pilotée par le délégué ministériel Frank BELLIVIER.
Dotés de 30 M€, ces appels à
projets viennent s’ajouter aux 80 M€ de nouveaux crédits déjà délégués
début 2019 pour développer l’offre de psychiatrie dans les territoires.
Ces avancées concrètes témoignent de
l’engagement tenu par la Ministre de donner une forte priorité à la
psychiatrie et à la pédopsychiatrie, conformément à la feuille de route
et à sa traduction dans le plan Ma Santé 2022 annoncé en septembre 2018 par le Président de la République.
- Le premier appel à projet, doté
de 20 M€, concerne le renforcement spécifique des ressources de la
psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la suite de la priorité
fixée par Agnès BUZYN début 2019. Il cible en priorité les
départements non pourvus ou sous dotés au regard des besoins de la
population, notamment en offre d’hospitalisation pour mineurs. Les
nombreux projets remontés par les ARS ont fait l’objet d’une analyse par
un comité d’experts de la discipline. 35 projets ont été retenus sur un total de 92 projets remontés,
ce qui témoigne du succès de l’appel à projets et de la forte
mobilisation des acteurs de la psychiatrie de l’enfant et de
l’adolescent sur les territoires.
Les projets retenus viennent renforcer
l’offre de pédopsychiatrie dans des territoires en grande difficulté, de
la périnatalité jusqu’à la fin de l’adolescence et la transition vers
l’âge adulte. Ils portent sur la création de lits d’hospitalisation dans
les départements qui en sont dépourvus, de places de crise ou
post-crise, d’évaluation et de prise en charge des situations urgentes,
ainsi que de places d’hospitalisation de jour ou de nuit. Le
renforcement de l’offre ambulatoire est largement mis en avant à travers
le renforcement des CMP et le développement d’équipes mobiles.
Ainsi, l’appel à projets permet de
renforcer, de manière structurante, l’offre en psychiatrie de l’enfant
et de l’adolescent notamment dans les départements des
Alpes-de-Haute-Provence, de Corrèze, de Creuse, des Côtes d’Armor, de
l’Eure et de l’Indre.
- Le deuxième appel à projets, doté de 10 M€, concerne le fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie créé en 2019.
Il vise à financer des projets innovants en psychiatrie tant dans
l’organisation que dans la prise en charge, afin de répondre de manière
plus efficace et complète aux besoins des patients. Une attention
particulière est apportée aux projets élaborés au sein des Projets
Territoriaux de Santé Mentale.
Sur la base des orientations nationales concertées avec le comité de pilotage de la psychiatrie, 42 projets (sur plus de 260 déposés auprès des ARS) ont été retenus par un jury national.
Ils portent notamment sur la mise en œuvre de parcours facilité avec
les acteurs de la ville et du médico-social ; la prévention et la
gestion des situations de crise ; le développement de la télémédecine ;
l’accès facilité des patients de psychiatrie aux soins somatiques.
Le succès de cet appel à projets et la
qualité des projets remontés témoignent de la motivation et du dynamisme
des équipes de psychiatrie sur les territoires, et montrent un
mouvement de transformation important vers davantage d’ambulatoire, de
partenariat et d’inclusion. Une large majorité de projets sont portés
par des établissements publics de santé mentale, et environ 20% de
porteurs sont des structures associatives ou privées.
Une deuxième vague d’appel à projet sera engagée au début de l’année 2020.
Agnès Buzyn a également annoncé que le ministère envisageait de reconduire et de prolonger ces appels à projets l'an prochain.
D'ores et déjà, il a été demandé aux ARS d'organiser des rencontres
entre toutes les équipes candidates sur ces différents projets pour
échanger sur les expériences et les résultats existants. Le ministère
travaille à l'organisation d'une réunion nationale avec les lauréats "début2020". Agnès Buzyn a évoqué par ailleurs le déploiement du dispositif de prévention de la récidive suicidaire Vigilans, avec "neuf régions aujourd'hui opérationnelles".
Enfin, Agnès Buzyn a annoncé concernant les centres médico-psychologiques qu'une réflexion sera engagée au premier semestre 2020
au sein du comité de pilotage de la psychiatrie au ministère sur la
base du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales attendu
par la ministre en tout début d'année.
Extrait Liste des projets retenus pour l’appel à projets pour le fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie : Ile de France Hôtel Dieu (AP-HP) cellule de régulation de l'offre de soins en suicidologie à l'AP-HP
La sensibilisation et la formation
au cœur de la stratégie régionale de lutte contre le suicide de
l’Agence régionale de santé de Normandie
Communiqué de presse
Ce mardi 10 septembre avait lieu la journée mondiale de la prévention
du suicide. A cette occasion, l’ARS Normandie fait le point sur la
stratégie régionale de lutte contre le suicide mise en œuvre dans la
région face à cet enjeu de santé publique.
La Normandie demeure en effet parmi les régions les plus
impactées en termes de mortalité par suicide : avec une mortalité de
20,9 décès pour 100 000 habitants sur la période 2012-2014, la région se
situe en deuxième position des régions les plus touchées après la
Bretagne, et devant les régions des Hauts-de-France et des Pays de la
Loire.
Depuis plusieurs années, la prévention du mal-être et du suicide
constitue une priorité en Normandie. Elle y fait l’objet de travaux
régionaux associant l’ensemble des partenaires institutionnels et des
acteurs, notamment en matière de sensibilisation et de formation, qui
constituent l’un des volets de la stratégie régionale de lutte contre le
suicide développée par l’Agence régionale de santé.
En Normandie, deux formatrices ont été identifiées dans le cadre du
dispositif national élaboré par la Direction Générale de la Santé en
lien avec le GEPS (groupement d’étude et de prévention du suicide), qui
prévoit trois niveaux de formations, adaptés aux rôles, compétences et
responsabilités des bénéficiaires :
sentinelle (fonction de repérage et d’orientation) - destiné à des citoyens ou professionnels non cliniciens volontaires,
évaluateur (fonction d’évaluation et d’orientation) - destiné aux professionnels,
intervenant de crise (fonction d’évaluation et d’intervention) - destiné aux professionnels.
Depuis octobre 2018, le Dr Françoise Chastang (CHU de Caen) et le Dr
Audrey Pinaud (CHU de Rouen et CH du Rouvray) ont ainsi formé une
cinquantaine de professionnels normands. A leur tour, ils formeront dès
2019 des professionnels, notamment des personnels des centres
hospitaliers sur le niveau « intervenant ». Pour organiser le
déploiement progressif de ces formations sur la région, l’ARS Normandie a
fait appel à l’association GRAFISM.
Par ailleurs, dans le cadre de sa stratégie, l’ARS soutient VigilanS
(dispositif de maintien du contact avec les personnes ayant fait une
tentative de suicide) et les associations d’écoute.
SOS Amitié : numéro national 09 72 39 40 50 qui donne accès à tous les postes d'écoute - https://www.sos-amitie.com/
Vivre son deuil : Siège à Caen et antennes à Cherbourg, St-Lô, Avranches-Granville et Argentan - http://www.vivresondeuil-bassenormandie.fr/ - 8 Rue Germaine Tillion - 14000 Caen - 02 31 82 20 16
Le Comité de pilotage de la psychiatrie reprend ces travaux. Le délégué ministériel à la santé mentale et la psychiatrie entame un tour de France des régions publié le 06.09.19 Le Comité de pilotage de la psychiatrie, instance de réflexion qui fédère représentant des usagers et des professionnels de la psychiatrie, a repris ses travaux ce jour, sous la conduite de son nouveau Président, Pierre Thomas, chef du pôle de psychiatrie, médecine légale et médecine pénitentiaire du CHU de Lille, et de la nouvelle Directrice Générale de l’Offre de soins, Katia Julienne. Ces travaux apporteront un éclairage et un appui essentiels au déploiement de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » présentée par Agnès Buzyn, le 28 juin 2018. Parmi les thématiques prioritaires du comité : la réforme des régimes d’autorisation d’activité en psychiatrie en lien avec la réforme de son financement ; la recherche ; la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent ; les addictions associées aux pathologies psychiatriques. Présent au Comité, le Pr. Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie chargé de mettre en œuvre la feuille de route, a annoncé l’engagement d’un tour de France des régions. Entamé fin juin en Nouvelle Aquitaine, ce programme de déplacements s’échelonnera jusqu’en avril prochain dans toutes les régions métropolitaines et ultra-marines, avec une moyenne de deux déplacements mensuels. Il permettra d’évaluer la réalité et la diversité des situations dans les territoires, de rencontrer tous les acteurs mobilisés autour de la feuille de route et d’en mesurer l’état d’avancement. Il permettra d’organiser l’appui du délégué, notamment à l’élaboration des Projets Territoriaux de Santé Mentale (PTSM), principaux outils d’intégration des différentes ressources d’un territoire pour améliorer la réponse aux besoins non couverts.
Des nouveaux leviers d’action, présentés au Comité, compléteront cet appui aux territoires et garantiront une répartition plus équitable des moyens et assureront la promotion de l’innovation : d’une part, la réforme du financement de la psychiatrie, confiée à la mission Aubert, dont les principes seront inscrits dès la prochaine loi de financement de la sécurité sociale, pour une entrée en vigueur en 2021 ; d’autre part et de façon plus immédiate, les projets qui seront sélectionnés courant novembre par un jury national, au titre du fonds d’innovation pour la psychiatrie doté de 10 M€. Par ailleurs, dans le cadre de la politique de prévention du suicide, les ARS sont invitées à développer une stratégie multimodale qui, notamment, généralise à l’ensemble du territoire national le dispositif VigilanS de recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide.
Ces avancées de la feuille de route s’inscrivent dans la suite des efforts déjà engagés avec la création de 10 postes de chefs de clinique en pédopsychiatrie en 2018 et 10 nouveaux postes en 2019-2020, ainsi qu’avec les financements complémentaires en faveur de la psychiatrie, soit : 50 millions fin 2018, reconduits en 2019 et augmentés de 100 millions supplémentaires, dont 20 Millions spécifiquement destinés à la pédopsychiatrie. Ils permettront de financer la création ou le renforcement d’une offre de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent dans les territoires déficitaires. Ces projets sont en cours d’instruction par les Agences Régionales de Santé pour un accompagnement financier dès la fin d’année. pdf Téléchargez le communiqué de presse Téléchargement (93.6 ko)
Castaner inaugure une cellule "alerte prévention suicide" chez les policiers
Cette cellule doit mener à bien le plan d'action développé par Gérard Collomb, mais aussi faire des propositions à l'Intérieur afin de lutter contre la recrudescence de suicides au sein des forces de l'ordre.
Comment endiguer la vague de suicides qui frappe
cette année les forces de l'ordre? En 2018, plus de 30 policiers ont mis
fin à leurs jours. Fin avril 2019, ils sont déjà 29 à s'être donné la
mort.
Le 12 avril dernier, Christophe Castaner avait annoncé la création d'une "cellule alerte prévention suicide", afin d'accélérer le plan lancé l'année dernière par Gérard Collomb.
Signaler les risques et accompagner Inaugurée ce lundi, elle devra non seulement mener à bien ce plan
d'action, mais aussi faire des propositions au ministre de l'Intérieur. A
sa tête, Noémie Angel, inspectrice générale de l'administration et
sous-directrice de la prévention, de l'accompagnement et du soutien,
épaulée par le médecin-psychiatre Jean-Louis Terra et un officier de
police, précisent Les Jours.
Une ligne téléphonique de soutien psychologique existait déjà. A
partir de juin, elle sera désormais disponible 24H/24, 7 jours sur 7, note Libération.
Elle permettra de signaler les risques, accompagner les policiers
appelant à l'aide et les mettre en relation avec des personnes en mesure
de les aider.
Les objectifs sont nombreux, le suicide pouvant résulter de multiples
causes émanant de multiples sphères de vie. Cette cellule vise entre
autres à faciliter l'appel à l'aide, sachant qu'un service de soutien
psychologique opérationnel (SSPO) existe déjà depuis 1996, et
sensibiliser la hiérarchie afin d'identifier les personnes fragilisées
et de les accompagner.
***
Autres articles et débats sur le sujet
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récit Suicide dans la police : à Montréal, un dispositif de prévention qui a fait ses preuves
En 1997, alors que la province du Québec connaissait une vague de suicides chez ses policiers, la ville a créé un programme d’aide en impliquant ses agents. Depuis, le nombre de morts n’a cessé de baisser.
De son bureau aux larges baies vitrées, Louis-Francis
Fortin surplombe l’île de Montréal. Comme un signe pour cet homme
de 44 ans au physique affûté, dont le travail est de veiller à la santé
mentale des agents de police de sa ville. Depuis deux ans, Fortin est à
la tête du Programme d’aide aux policiers et policières (PAPP), une
équipe de cinq psychologues au chevet des 4 800 membres du service de
police de la ville de Montréal (SPVM). Leur mission : prévenir les
suicides. L’équipe perpétue un dispositif mis en place il y a
vingt-deux ans et désormais considéré comme un modèle du genre.
A la fin des années 90, le SPVM fait face à une vague de suicides
dans ses rangs : 14 policiers de Montréal se sont donné la mort
entre 1986 et 1996. Un chiffre élevé, légèrement supérieur au reste des
forces de police de la province. En 1997, le SPVM lance donc avec
les syndicats et les psychologues un plan d’action dédié aux policiers,
une population jugée à risque pour sa proximité avec la mort, la
violence, et sa difficulté à demander un accompagnement. Le programme,
nommé «Ensemble pour la vie», se donne pour objectif d’aider les agents à
identifier les signes pouvant mener au suicide et d’améliorer la
solidarité entre collègues et le climat au travail. «Sentinelles»Il repose sur quatre
composantes : une campagne d’information et de sensibilisation, une
formation d’une demi-journée en groupe pour toutes les unités afin
d’apprendre à détecter les signes avant-coureurs - et soutenir un
collègue en difficulté -, une formation plus poussée pour les sergents
et délégués syndicaux qui doivent agir comme des «sentinelles», et enfin
une ligne téléphonique anonyme d’entraide gérée par des policiers
bénévoles.
Les résultats sont impressionnants : dans les douze ans qui suivent
la mise en place, le taux de suicides au SPVM chute de 79 %, soit quatre
morts entre 1997 et 2008. Durant la même période, il augmente de 11 %
chez les autres forces de police du Québec… «Tout le monde a
collaboré pour monter ce programme. Il n’a pas été perçu comme imposé
d’en haut car tous les policiers de base ont été impliqués. Je pense que
cela explique en partie son succès», analyse le professeur de
psychologie à l’université du Québec à Montréal Brian Mishara, l’un des
fers de lance de ce plan d’action. Une étude qu’il a réalisée en 2012
montre que le programme a permis d’améliorer les connaissances des
policiers sur le suicide et les interventions auprès des agents à
risque. «Ils ont aménagé les heures de travail pour ceux qui en
avaient besoin, et dans des cas extrêmes, ils sont intervenus pour
retirer l’arme de service», explique Brian Mishara. L’assistance téléphonique, dit-il, a aussi offert aux policiers la possibilité d’être «entendus par des gens qui comprennent leur métier».
«Filet»
Une analyse plus
récente, effectuée à nouveau par Mishara, confirme la tendance.
Entre 2009 et 2018, le taux de suicides s’est maintenu à un niveau très
bas, toujours inférieur à celui constaté chez les autres forces de
police et au sein de la population en général au Québec, dont le taux de
suicides a aussi nettement baissé depuis la mise en œuvre d’une
stratégie provinciale en 1999.
Si quelques améliorations ont été apportées ici et là, le programme
de la SPVM a relativement peu changé depuis sa création. Il continue de
reposer sur les sentinelles, ces sergents et délégués syndicaux formés
pour identifier les signes avant-coureurs de suicide. Les sentinelles et
les psychologues constituent «un filet de sécurité», explique Louis-Francis Fortin. «On
ne pourrait pas arriver à un programme aussi efficace sans avoir des
oreilles et des yeux sur le terrain. Si les sentinelles détectent
quelqu’un qui ne va pas bien, elles peuvent être soutenues par les
psychologues pour intervenir auprès de leurs collègues en difficulté ou
nous référer la personne», dit-il.
Les formations en groupe, dispensées à l’origine par deux
psychologues, sont à présent menées par un duo composé d’un psy et d’un
policier. «Le policier, lui, témoigne des difficultés qu’il a
rencontrées, de la façon dont il a été soutenu par son entourage. Puis
il discute avec le groupe, poursuit Fortin. Cela permet de normaliser le fait d’avoir des difficultés et de donner un modèle de résilience.»
A l’issue de ces ateliers, certains policiers ont parfois pris des
nouvelles de collègues en arrêt de travail quand d’autres ont demandé à
être accompagnés. Les psychologues ont dispensé plus de quatre mille
heures de consultation en 2018. Tous ces efforts ont permis de «changer les mentalités» au sein de la police de Montréal en «démystifiant» le recours à l’aide psychologique, assure le chef du programme PAPP. Qui observe : «La
demande est de plus en plus forte. Les policiers voient leurs collègues
franchir le cap et ils se rendent compte que ça leur fait du bien.» Olivier Monnier correspondance au Canada
Beaucoup redoutent une année noire, à l’instar de
1996 et ses 70 suicides. La «cellule alerte prévention suicide» doit
être une force de proposition auprès du ministre de l’Intérieur.Photo Aimée Thirion Le ministre de l’Intérieur lance ce lundi une cellule de prévention afin d’endiguer un phénomène qui touche particulièrement les forces de l’ordre et que les syndicats dénoncent de plus en plus vigoureusement. Depuis janvier, vingt-huit agents se sont donné la mort.
Une capitaine de 48 ans à Montpellier, un gardien de la
paix de 25 ans à Villejuif, un CRS de 42 ans au Mans, un agent de 40 ans
de la police aux frontières à Querqueville… Depuis début janvier,
28 policiers se sont donné la mort. L’an dernier, ce chiffre n’avait été
atteint qu’au mois de septembre. A l’heure où certains scandent «suicidez-vous !» en manif ou taguent «flics suicidés à moitié pardonnés»,
cette série macabre rappelle qu’il y a des hommes derrière les
matricules. Le 19 avril, les flics de France se sont réunis devant leurs
commissariats à la mémoire des collègues. Message fort et inédit, le
directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, a lui-même
enjoint toute la hiérarchie de participer à ce recueillement. «Il
est trop tôt pour parler de hausse, mais ce nombre est extrêmement
inquiétant. La tendance est malheureusement à une année record», affirme le chercheur Mathieu Zagrodzki, auteur de Que fait la police ? Le rôle du policier dans la société.
Beaucoup redoutent en effet une année noire, à l’instar de 1996 et ses
70 suicides. L’éprouvante mobilisation dans le cadre des gilets jaunes
joue-t-elle ? Beauvau affirme qu’il n’y a pas de corrélation, mais «ce
contexte de confrontation entre police et manifestants pourrait être un
élément se mélangeant au stress professionnel et à d’autres
circonstances plus structurelles», estime le chercheur au CNRS Sebastian Roché.
Dans la foulée des plans anti-suicide de ses prédécesseurs lancés
en 2015 et 2018, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner,
inaugure ce lundi une «cellule alerte prévention suicide». Dirigé par
Noémie Angel de l’Inspection générale de l’administration (IGA), le
dispositif a pour vocation d’être un réceptacle des pratiques et une
force de proposition auprès du ministre de l’Intérieur. «Nous ne laisserons pas le suicide devenir un risque du métier», a assuré Castaner en visite à l’hôpital des Gardiens de la paix à Paris, le 12 avril. Dans ce centre accueillant des agents «fragilisés»,
il a rencontré une équipe pluridisciplinaire pour parler prévention.
Autour de la table, on évoque pêle-mêle : la détection des signaux
faibles, une meilleure appréhension des tentatives de suicide, mais
aussi une «libération de la parole» dans ce milieu d’hommes où
il est si difficile de parler, ainsi que la nécessité de sensibiliser la
hiérarchie. Souvent désignée comme responsable, celle-ci doit devenir «une vigie attentive et bienveillante», dira Castaner dans son discours, enjoignant à lever «le tabou du besoin d’aide».
Si une ligne téléphonique existait déjà pour les agents en détresse,
elle sera dorénavant ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept
jours sur sept. Mise en place en juin, précise-t-on au cabinet du
ministre. Une rencontre aura également lieu «très rapidement» avec l’ensemble des syndicats qui «ont un vrai rôle à jouer», dixit Beauvau.
Le «fléau», lui, n’est pas nouveau. Depuis une vingtaine d’années, le
nombre de suicides oscille entre 30 et 60 par an. En 2018, 35 policiers
et 33 gendarmes se sont donné la mort. Si les effectifs de la sécurité
publique sont les plus touchés, aucun corps ni grade n’est épargné. Le
taux de suicides dans la profession est supérieur de 36 % à celui de la
population générale, selon une étude de l’Inserm menée de 2005 à 2009.
Comment l’expliquer ? L’épidémiologiste Gaëlle Encrenaz, coauteure de
cette enquête, met en garde : «Le suicide est un phénomène complexe
et multifactoriel, ce qui le rend compliqué à comprendre. En général, il
survient quand plusieurs sphères de vie sont affectées.» «En retard»
Longtemps, l’administration policière a pourtant renvoyé les morts
volontaires dans ses troupes à la seule sphère privée, faisant fi des
conditions de travail et suscitant le courroux des syndicats et des
familles endeuillées. «Rien n’est fait en amont pour accompagner les
agents en difficulté. On n’intervient qu’après la tentative de suicide
ou le suicide», dénonce Guillaume Lebeau, de l’association
Mobilisation des policiers en colère. Y a-t-il des facteurs propres au
métier ? Quel rôle peuvent jouer le surmenage, la confrontation
quotidienne à la violence et la mort ou encore l’isolement des recrues
affectées en région parisienne alors qu’elles sont souvent originaires
de province ? Aucune étude récente n’existe sur le sujet. «Le ministère, très en retard en matière de recherche scientifique, n’a jamais développé d’outils ni de capacités d’analyse», déplore Sebastian Roché, auteur de l’ouvrage De la police en démocratie : «Il
y a un déficit réel de considération du problème : le gouvernement
annonce des mesures successives, sans faire de suivi ni vérifier leur
efficacité.» Et de glisser quelques pistes, comme veiller à «former l’encadrement et multiplier les portes d’entrée pour que la personne puisse appeler à l’aide».
Dans la gendarmerie, où l’on se suicide moins, on constate une
meilleure cohésion de groupe ; celle-là même qui se serait étiolée au
sein de la police. La vie en caserne permettrait aussi de mieux détecter
les signes précurseurs. «Il faut développer un management plus horizontal dans la police et une culture du débrief après les interventions»,
suggère le chercheur Mathieu Zagrodzki. Car derrière l’aspect technique
et opérationnel, ces échanges sont l’occasion de dire bien plus. Un
bilan de personnalité annuel pourrait aussi permettre d’ouvrir le
dialogue. «La première façon de prévenir, c’est de parler. On doit comprendre que faire appel à un psy, c’est pro»,
martèle le directeur départemental de la sécurité publique du Nord,
Jean-François Papineau, confronté à une douzaine de suicides en
trente-cinq ans de carrière. Groupes de paroleDepuis la création du Service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) en 1996, les comportements ont toutefois évolué. «Au départ, les policiers ne s’autorisaient pas à venir. Maintenant, la démarche est moins taboue»,
assure la psychologue coordinatrice du Nord, Nathalie Bascop. En 2018,
les équipes du SSPO ont ainsi mené 32 000 entretiens et 2 916 actions
post-traumatiques individuelles ou collectives, tels des débriefings
émotionnels ou des groupes de parole après des situations éprouvantes.
La prise en charge opère sur un champ assez large : un usage de l’arme
de service, une mise en joue par un délinquant, une opération qui s’est
mal déroulée, une intervention sur un suicide, une mort d’enfant, une
attaque terroriste… «Si besoin, on se déplace dans chaque service.
Il est important que les fonctionnaires de terrain puissent échanger sur
les situations qu’ils ont vécues», déclare Nathalie Bascop, qui
dirige les sept psychologues du département. Il y a vingt ans, à la
naissance du SSPO, les praticiens n’étaient qu’une dizaine. Désormais,
ils sont 89 au service des quelque 150 000 policiers français. «C’est
encore trop peu ! Cela fait un référent pour 1 800 agents. Surtout, il y
a toujours cette crainte d’aller voir le psychologue de
l’administration parce qu’on a peur que ça se sache auprès de la
hiérarchie», complète Frank Baudry, modérateur du groupe Facebook
«SOS Policiers en détresse», lancé à l’automne. Depuis quelques jours,
les demandes d’adhésion «explosent» sur ce petit groupe privé, où l’on vient échanger et se soutenir entre collègues.
Chloé Pilorget-Rezzouk photo Aimée Thirion
Suicides dans la police : « Être à l’écoute »
Recueilli par Nathalie FLOCHLAY.
Face à la vague de suicides dans la police, François Angelini, directeur départemental de la sécurité publique,
revient sur les dispositifs d’écoute et de prévention qui existent en
Ille-et-Vilaine.
Trois questions à… François Angelini, directeur départemental de la sécurité publique en Ille-et-Vilaine.
La police est touchée par une vague de suicides depuis le début de
l’année. En Ille-et-Vilaine, quelles mesures ont été prises ?
Le
ministre de l’Intérieur a annoncé, lundi, l’installation de la cellule
Alerte prévention suicide. Il existe déjà tout un dispositif de
prévention en Ille-et-Vilaine. Les policiers peuvent contacter à tout
moment le numéro d’urgence du Service de soutien psychologie
opérationnel (SSPO). Nous avons aussi des psychologues qui assurent des
permanences au commissariat et reçoivent sur rendez-vous. Ils ont un
bureau commun avec l’assistante sociale.
Des policiers sont
aussi sensibilisés aux risques psycho sociaux. Conseillers ou assistants
de prévention, ils peuvent signaler un problème, orienter un collègue,
assurer un relais. Enfin, des séances d’information et de
sensibilisation sur le suicide sont prévues.
Syndicats et
policiers de terrain plaident pour davantage d’écoute, pour remettre de
l’humain dans les relations avec la hiérarchie. Votre sentiment ?
Le suicide d’un collègue crée une profonde tristesse, une onde de choc.
Plusieurs mois, années après, on y pense toujours. Chacun à son niveau
doit être attentif et faire remonter les informations. Être à l’écoute,
sensible aux autres, avoir une fibre sociale sont les qualités
essentielles d’un chef d’équipe. Je confie les postes à responsabilité
aux gradés qui ont ces valeurs.
Les policiers se disent rincés, usés par des mois de mobilisation sociale. Sentez-vous un moral en baisse, un épuisement ?
Oui, il y a de la fatigue. Ils sont rappelés souvent. Nous en sommes au
24e samedi de mobilisation des Gilets jaunes, c’est du jamais vu, avec
une utilisation de la force contenue. On compte vingt policiers blessés
depuis le début du mouvement, principalement des blessures légères aux
jambes, après avoir reçu des projectiles.
À Rennes, des
fonctionnaires ont fait les vingt-quatre samedis et ils sont
volontaires, motivés. Ils aiment leur métier, gardent le moral. Je suis
fier d’être leur patron.
***
Société Suicides dans la police: «Ils veulent juste éviter qu'on passe à l'acte avec notre arme de service»
Alors que la Cellule alerte et prévention suicide promise par le ministre de l'Intérieur a été inaugurée le 29 avril, nombre d'agent·es des forces de l'ordre pointent du doigt l'administration.
Rassemblement devant le
commissariat central de Montpellier le 19 avril 2019, au lendemain du
suicide d'une capitaine de police sur son lieu de travail. | Sylvain
Thomas / AFP
Temps de lecture: 8 min
Il est midi ce vendredi 19 avril 2019 quand, dans la rue Albert du XIIIe arrondissement de Paris, tout s'arrête. Devant la préfecture de police, une minute de silence.
C'est ce qu'a demandé l'intersyndicale
(Unsa-police, Alliance et Unité SGP-police, entre autres), pour rendre
hommage aux deux policiers qui se sont suicidés la veille.
En à peine une semaine, la préfecture de police du XIIIe
a été endeuillée à deux reprises. Ils étaient deux collègues de la
Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), deux camarades,
deux jeunes hommes de 27 et 25 ans. Ils ont mis fin à leurs jours avec
leur arme de service.
Partout en France, les forces de l'ordre ont interrompu leurs activités entre 11h30 et midi. «On
arrive au vingt-huitième collègue parti depuis le début de l'année. La
cadence s'accélère. Il faut qu'on puisse véhiculer un message fort», lâche Hubert Gimenez, responsable du syndicat Unsa-Police.
Vingt-huit, soit le double de l'an dernier à la même période. En 2018, trente-cinq policièr·es et trente-trois gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Et d'après un rapport sénatorial de juin 2018, le taux de suicide dans la police est 36% plus élevé que dans la population générale.
Rue Albert, on salue la mémoire des collègues, mais on se rassemble aussi pour exprimer son désarroi et son ras-le-bol. «Un pansement sur une jambe de bois»Une semaine auparavant, le ministre de l'Intérieur avait promis de répondre au mal-être général des forces de l'ordre. «Le suicide dans la police et la gendarmerie ne sera jamais une fatalité», déclarait Christophe Castaner, en visite à l'hôpital des gardiens de la paix à Paris.
Le lundi 29 avril, le ministre a inauguré la Cellule alerte prévention suicide (Caps), installée dans le XIIe arrondissement de Paris, accélérant ainsi la mise en œuvre d'un plan lancé par Gérard Collomb en mai 2018. Noémie Angel, membre de l'Inspection générale de l'administration (IGA), aura la charge de cette cellule.
Une ligne téléphonique est désormais ouverte en continu pour mettre en relations gardien·nes de la paix et psychologues. «L'idée, c'est de renforcer la détection», indiquait le 23 avril Laurent Nuñez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur.
Marc Loriol est sociologue, chercheur au CNRS et auteur d'une étude sur la résistance à la psychologisation des difficultés au travail chez les policiers, parue en 2006. Il émet quelques réserves quant à ce dispositif téléphonique anonymisé et pour le moins distant: «Ces
psychologues ne connaissent pas tous bien l'univers de la police. Il
est donc probable qu'ils s'attachent surtout à l'émotionnel et à
l'affect des agents. Cela va renvoyer les policiers à leur personne,
alors qu'eux pensent que le problème n'est pas lié à leur situation,
mais à leurs conditions de travail.»
Dans les rangs, les personnels sont plus que sceptiques: un Service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) existe déjà en France depuis 1996, sombre année durant laquelle soixante-dix agent·es avaient mis fin à leurs jours.
Pour Boris*, policier endurci par vingt ans de métier, l'annonce de Castaner est «un
pansement sur une jambe de bois». «Cette cellule est un placebo. Ça ne
sert à rien, c'est juste histoire de montrer qu'ils ne sont pas
insensibles», renchérit Thomas*, policier de la Direction de la sécurité publique de l'agglomération parisienne (DSPAP). «Le fond du problème, ce sont nos conditions de travail au quotidien, qui nous pourrissent la vie», assure le quarantenaire.
«Certains dorment dans leur voiture»Pour les deux hommes, «tout est à refaire». Bas salaires, retards de paie de plusieurs mois, heures supplémentaires, «absence totale de reconnaissance» de la hiérarchie… À les entendre, rien ne va. À commencer par le matériel: «Je suis sûr qu'il n'y a pas une de nos voitures qui passe le contrôle technique», souffle Boris. Le policier fixe doucement son regard: «On pourrait aussi parler d'argent, le nerf de la guerre.»
Après
dix-sept ans de métier, la rémunération de Boris dépasse à peine les
2.000 euros mensuels –un salaire bien faible pour celui qui s'est déjà «fait planter trois fois et a reçu deux impacts de balles».
«Le rythme de travail n'est pas compatible avec une vie personnelle.»
Hubert Gimenez, responsable du syndicat Unsa-Police
«La vie est compliquée. Manger au resto, c'est difficile», soupire Amanda*, une collègue de Boris âgée d'une trentaine d'année et confrontée aux mêmes problèmes financiers. «Les contraintes du métier de policier sont dures», confirme le sociologue Marc Loriol. «Le rythme de travail n'est pas compatible avec une vie personnelle», tranche le responsable syndical Hubert Gimenez.
Et la rudesse du métier s'impose dès le début. «Beaucoup
de jeunes viennent de province et sont issus de milieux sociaux
modestes. Quand ils arrivent sur Paris après l'école de police, ils ont
des difficultés pour se loger. Certains dorment plusieurs mois dans leur
voiture. Ils se retrouvent loin de leurs amis et de leur famille», explique Marc Loriol.
Selon
le sociologue, les jeunes agent·es sont souvent envoyé·es dans des
quartiers difficiles –une facilité pour la hiérarchie, qui préfère ne
pas imposer ces postes compliqués aux gardiens de la paix aguerris qui
exigeraient des rémunérations plus élevées. «Tout ce qui compte, ce sont les chiffres»À
40 ans, la silhouette de Boris* se déploie sur un bon mètre
quatre-vingt et sa large carrure donne une impression
d'indestructibilité. Pourtant, l'homme qui dit ne pas avoir eu un
week-end libre depuis le 11 novembre 2018 est marqué par la fatigue.
«Les policiers sont des éponges. Tous les jours, ils sont confrontés à
la misère sociale et à la mort. Tous les jours, on nous insulte», reconnaît-t-il à demi-mot.
Boris
ne conteste pas la dure réalité de son travail, il l'assume. Ce qu'il
déplore, c'est la pression liée à la politique de résultat. «Tout ce qui compte, ce sont les chiffres», abonde Hubert Gimenez.
Cette
politique du chiffre, les forces de l'ordre la connaissent depuis plus
de quinze ans. Le 26 juin 2002, Nicolas Sarkozy, alors ministre de
l'Intérieur, prononce un discours devant les commissaires marquant le coup d'envoi de la «culture du résultat».
Désormais, brigades, départements et régions ont un objectif principal:
faire baisser les chiffres de la délinquance –des critères quantitatifs
qui négligent les réalités du terrain. Chaque mois, les préfets des
cinq départements les plus mauvais et des cinq meilleurs sont reçus par Nicolas Sarkozy; sans grande discrétion, ils sont réprimandés ou félicités.
Victime de ses mauvais résultats quantitatifs, la police de proximité devient une nouvelle cible pour Nicolas Sarkozy et est supprimée en 2003.
Cette culture du résultat n'est pas sans conséquences sur le quotidien des agent·es. «La
politique du chiffre est à la base de ce cercle vicieux, car elle crée
artificiellement des mauvais et des bons. Cela entraîne une concurrence
entre les brigades», regrette Marc Loriol.
Depuis, la politique du chiffre n'a pas été réformée. «La
hiérarchie a un attachement fort à cette politique qui lui permet
d'avoir une vision sur les performances des brigades, même si elle est
tronquée», fait remarquer le sociologue.
«Quand un agent appelle un psy, c'est un échec»«Le problème, c'est qu'ils ne font rien! Notre hiérarchie n'est pas à la hauteur»,
vitupère Boris. Quand un·e gardien·ne de la paix avoue son mal-être, il
est fréquent que la hiérarchie lui retire son arme de service, pour
éviter les risques. «Ils ne prennent pas nos problèmes en compte. Ils veulent juste éviter qu'on passe à l'acte avec notre arme de service», s'étrangle le policier.
Désarmés, les personnels concernés deviennent inopérants sur le terrain et sont redirigés dans des bureaux. «Cette
double protection est perçue comme une sanction. Il y a une véritable
coupure avec les collègues et le collectif. C'est vécu comme un échec», affirme Marc Loriol. «Le stress est dans les étages», entend-t-on dans certains commissariats.
«La culture policière veut que les problèmes se résolvent entre collègues.»
Marc Loriol, sociologue
Rue Albert, Amanda* cale une mèche blond platine derrière son oreille. Elle en est certaine: la crainte de cette «punition»
incite ses collègues à se taire –un obstacle supplémentaire pour une
population déjà peu encline à aller solliciter une aide psychologique. «La
culture policière veut que les problèmes se résolvent entre collègues,
parce qu'ils sont les seuls à comprendre ce mal-être. Quand un agent
appelle un psy, c'est un double échec: l'échec du groupe qui n'a pas su
aider le collègue et l'échec individuel de celui qui n'a pas su
rebondir», analyse Marc Loriol.
Entre culture policière,
honte de ce qui est souvent perçu comme un abus de faiblesse et peur du
désarmement, les policièr·es qui se décident à consulter le cachent
souvent à leur équipe et à leur hiérarchie.
Mais dans la
préfecture de police d'un département de la petite couronne parisienne
étudiée par Marc Loriol, le bureau du psychologue est situé dans un
couloir avec beaucoup de passage: difficile de s'y rendre discrètement.
«Demain, tout aura recommencé»Depuis ses débuts dans le métier il y a vingt ans, Boris note tout de même quelques légers changements. «Avant, c'était tabou. Maintenant, on parle un peu plus du mal-être qu'il y a dans la profession, remarque-t-il. Aujourd'hui, certains jeunes collègues disent qu'ils vont démissionner. Avant, on avait honte de ne pas y arriver.»
Mais Boris ne croit plus en sa hiérarchie. «Aujourd'hui,
on se rassemble et on proteste, mais ça ne changera rien. Demain, tout
aura recommencé, et nous perdrons d'autres collègues», lance-t-il, résigné. Dans son service, quatre d'entre eux ont mis fin à leurs jours en cinq ans.
Avec quelques mots glaçants, Amanda résume la situation: «Dans la police, le suicide est devenu banal.»
À la préfecture de la rue Albert, les forces de l'ordre ont salué l'hommage rendu à leurs collègues. Pourtant, «encore une fois», elles déplorent que la hiérarchie n'ait pas été «à la hauteur du drame».
Au rassemblement des forces de l'ordre rue Albert, dans le XIIIe arrondissement de Paris, le 19 avril 2019. | Justine Rodier
Un policier est sidéré: «Aucun
membre de la hiérarchie n'a pris la parole!» «Si nos collègues de
l'intersyndicale n'avaient pas appelé au rassemblement et à une minute
de silence, personne n'aurait rien fait», murmure Amanda.
Devant la préfecture, Boris échange avec ses collègues. Malgré tout ce que son travail lui fait endurer, il ne partira pas. «Au quotidien, je suis récompensé par les remerciements des gens que j'aide», sourit-il. En 2015, ce policier a sauvé trois enfants, coincés dans un immeuble en feu en banlieue parisienne. «Cela m'a valu dix jours d'hospitalisation, mais j'étais fier», déclare l'homme, également père de famille.
Tout ce qu'il demande aujourd'hui, c'est «la reconnaissance de [sa] hiérarchie». Et il dit être très loin du compte: «Je vais peut-être vous choquer. Mais l'administration policière a du sang sur les mains.» * Les prénoms ont été changés.
Suicides dans la police. Faut-il communiquer? Pour quels effets?
Publié le 22 avril 2019 sur blog "Police de Caractere"
par Chris, Policier
31 jours se sont écoulés. Un mois. Et huit de mes collègues se sont donnés la mort, depuis les quelques lignes publiées ici
sur le sujet. L'on s'apprête à vivre une des années les plus noires, en
terme de suicides, au sein des rangs policiers. L'on s'apprête à,
potentiellement, rejoindre l'année 1996 (celle où je suis arrivé dans
cette maison, par une toute petite porte), laquelle avait enregistrée 70
policiers ayant décidé d'en finir...
"On" en parle beaucoup, ces derniers
temps. Mais qui est ce on? Les syndicats, certaines associations de
policiers (MPC, FFOC), mais aussi la presse. Il n'y a qu'à se rendre sur
un moteur de recherche, pour se rendre compte des articles qui traitent
du sujet ces dernières semaines.
Et pourtant, j'en arrive à me poser la
question du bien fondé. Ou plutôt de savoir si cette communication n'est
pas finalement contre-productive?
Encore plus après avoir observé certains manifestants utiliser les
suicides policiers comme slogants ou chants provocateurs dans les
récents mouvement de gilets jaunes.
L'effet Werther
J'ai découvert ce terme il y a quelques semaines. Et il est revenu récemment sur les réseaux sociaux. De quoi parle-t-on?
Le terme désigne un phénomène par lequel
un suicide qui est médiatisé entraîne, de par la médiatisation, une
augmentation du nombre de suicides dans la période qui s'en suit. Une
forme de mimétisme néfaste. C'est Phillips, sociologue américain, qui a
fait cette découverte dans les années 70. Phénomène qui doit son nom à
un ouvrage de Goethe, "Les souffrances du jeune Werther", dans lequel le
héros, transi d'amour, dans une histoire impossible, décide de mettre
fin à ses jours. Dans les mois qui suivirent la publication, une vague
de suicides s'en suivit en Europe (certains s'étant habillé comme le
héros du livre, d'autres ayant mis fin à leurs jours, le livre étant
découvert à proximité). Le roman fut alors interdit dans certains pays
européens, pendant une cinquantaine d'années (source).
Le phénomène aurait été ensuite observé à l'occasion de certains
suicides de stars comme par exemple Marilyn Monroe, lequel avait donné
lieu à une hausse de 12% du nombre de suicides (soit 197 de plus) sur
l'ensemble des Etats-Unis. C'est donc un effet "boule de neige" dont il
est question
Lorsque le livre est décrypté, plusieurs
principes de prévention du suicide n'auraient pas été respectés
(source: Les épidémies de suicide de l'effet Werther à l'effet internet -
mémoire de Rares Cosmin MESU, interne DES de Psychiatrie, 2009),
principes qui pourraient atténuer le phénomène:
la mort du personnage n'est pas présentée comme
"sensationnelle",mais en tant que héros romantique Werther est un modèle
exceptionnel;
le vécu et le parcours du jeune suicidé, à partir de son amour
naissant jusqu'au passage à l'acte, semblent légitimes ou "normaux"; il
n'y a pas de signe identifiable par le lecteur comme une pathologie
mentale (ou "folie") même si le spécialiste peut retrouver les symptômes
d'une dépression
les détails du suicide (préparation, contenu de la lettre d'adieu,
moyen utilisé, conséquences immédiates) sont racontés avec soin
le livre ne propose aucune autre alternative au jeune Werther, ainsi
donnant l'impression que la seule "solution", inévitable, a été choisie
On pourrait être tenté de faire quelques
parallèles avec la situation des policiers. Les policiers sont souvent
présentés, de par leur profession, comme "sauveurs" ou "héros" (même si
les mots sont forts), pas de cause mentale préétablie, on raconte les
détails (avec arme de service, le lieu,etc..) et la solution inévitable
par rapport à la crise globale que rencontre la police.
Un cas vient rapidement à l'esprit, en
France, si l'on parle de contagion. C'est celui de l'entreprise "France
Telecom". Dans les années 2008/2009, 24 cas de suicide sont rapportés,
sur une période de 18 mois. Même si de nombreux cas font référence au
management de l'entreprise, on peut se poser la question de savoir
combien de cas sont survenus par mimétisme. Pour autant, le nombre de
suicides, ramenés par année était alors de 16 dans l'entreprise (pour
100.000 employés), ayant été calculé, en 2006, à l'échelon national, à
17.1, le tout pour 100.000 habitants. Mais là aussi, il y eut une
couverture médiatique importante.
De quelle manière en parler?
Si l'on parle du suicide dans la police,
c'est naturellement qu'il y a des raisons objectives. La sensation, par
les policiers, que le phénomène n'est pas pris en compte par
l'administration est la cause principale. De fait, des policiers en
parlent, des journaux reprennent les informations, l'opinion publique
est sensibilisée, et l'on se dit que, avec "ça" peut-être que quelque
chose va bouger.
Faut-il, alors, interdire de parler des
suicides? Devons-nous, nous-mêmes, policiers et/ou observateurs, nous
interdire de relayer les informations?
Il semblerait qu'il y ait une solution à
"mi-chemin" qui puisse être observée; et c'est l'OMS, en 2000, qui
préconise quelques recommandations (toujours selon le mémoire de mémoire
de Rares Cosmin MESU):
éviter l'apparition des articles concernant les suicides sur la
première page des journaux; éviter l'iconographie; proscrire le
sensationnel, surtout s'il s'agit de personnes célèbres; la couverture
médiatique devrait être réduite au
minimum nécessaire;
ne pas donner des détails sur le moyen utilisé pour un suicide abouti;
le suicide ne devrait pas être présenté de manière simpliste,
mais comme le résultat de plusieurs facteurs; toute maladie mentale
associé doit être mentionnée;
l'image du suicide ne devrait pas être celle d'une solution aux problèmes personnels, ni un moyen de glorifier la victime;
commenter les effets du suicide sur l'entourage proche;
expliquer les conséquences physiques des tentatives échouées
Ce sont là quelques recommandations
faites à l'usage de la presse, globalement. Mais, nous qui commentons
ces faits, parce qu'ils nous touchent de par leur proximité,
devrions-nous peut-être aussi nous en appliquer certains.
Ainsi, comme souvent, il s'agirait de
faire preuve de "sagesse". L'effet Werther n'est pas systématiquement
observé, dans toutes études qui ont été faites; et son effet est très
variable fonction de la situation, de la personne dont il s'agit,
etc...). Néanmoins, lorsque l'on appréhende la possible existence du
phénomène, il me semble qu'il faille le prendre en compte, et peut-être
corriger un peu nos comportements, à l'image des quelques
recommandations citées plus haut. Sans donner de leçon. Juste, que
chacun se l'applique.
Ainsi, il devrait être possible d'attirer l'attention, sans pour autant être excessif.
A cela, il convient de préciser que le
gouvernement a communiqué sur un certain nombre de mesures, pas plus
tard que le 12 avril dernier avec la création d'une cellule "alerte
prévention suicide", chargée de présenter un plan d'action. Saluons
également les paroles du ministre selon lequel "...Prétendre que les
suicides sont dus aux situations familiales n’est pas la seule réponse à
nous apporter. Prétendre que l’arme est un souci majeur n’est pas
acceptable. Ne pas oser aborder le suremploi, les carences de l’outil
managérial, l’absence de la protection de l’image, les rythmes de
travail, l’absence d’espaces d’échanges et de convivialité… est encore
plus inacceptable".
Ce ne sont ici toujours que des paroles.
Mais elles ont le mérite d'exister. Osons croire qu'elles seront
suivies d'effet, avec de vraies mesures désignées à, déjà, déceler les
causes pour ensuite être capable de faire baisser ces chiffres.
Puisse cette cellule se mettre au
travail rapidement, qu'elle puisse s’imprégner de ce que le "monde"
policier a la lui dire. Qu'elle aille voir ailleurs ce qu'il se passe, à
l'étranger (notamment au Canada, pays qui a connu une vague de suicide
importante dans les années 90, et qui a su y faire face avec une réelle
efficacité du dispositif).
Parce que, ne l'oublions pas, le nombre de suicides n'est toujours que l'arbre qui cache la forêt. Celle du mal être au travail.
Et, à n'en pas douter, un flic bien dans ses baskets, c'est un flic efficace, au service du citoyen.
« Il n'existe aucune étude de fond du ministère permettant d'analyser les suicides dans la police »
Pour le chercheur, Sebastian Roché, le nombre important de
suicides de policiers enregistrés depuis le début de l'année est un
phénomène alarmant. Louise Couvelaire Sebastian
Roché, directeur de recherche au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS), est un spécialiste de la police. Il a notamment
publié De la police en démocratie
(Grasset, 2016). Pour le chercheur, le nombre important de suicides de
policiers enregistrés depuis le début de l'année est un phénomène
alarmant, mais difficile à analyser, faute d'études sur le sujet.
Les suicides des policiers se multiplient depuis le début de l'année. S'agit-il d'un niveau « hors norme » ?
Le taux de sur-suicides des policiers se maintient à un niveau élevé
depuis longtemps. Cela fait quarante ans que l'on sait qu'il y a
davantage de suicides chez les policiers que dans le reste de la
population à structure égale, c'est-à-dire entre 35 ans et 45 ans et
majoritairement masculine. En juin 2018, un rapport du Sénat pointait un taux de suicides dans la police
supérieur de 36 % à celui de la population générale. Mais ce qui est
certain, c'est que l'année 2019 est très mal partie, et c'est alarmant.
Si le rythme se maintient, on pourrait atteindre le record de l'année
1996, « année noire » qui avait enregistré soixante-dix suicides.
Quelles sont les causes de ce taux de « sur-suicides » ?
On ne le sait pas justement. Et c'est bien le problème. Il n'existe
aucune étude de fond du ministère de l'intérieur permettant d'analyser
le phénomène. Il y a un défaut de volonté de comprendre. C'est une
lacune historique et structurelle de Beauvau. Résultat, nous n'avons
toujours pas réussi à identifier le problème ni été capables de mesurer
l'efficacité des mesures mises en place jusqu'à présent.
Ce qui
est nouveau, en revanche, c'est d'entendre le ministre de l'intérieur,
Christophe Castaner, dire que les causes ne sont peut-être pas
uniquement d'ordre personnel, mais qu'elles peuvent être liées au
métier. C'est une façon de reconnaître la responsabilité de l'employeur,
c'est-à-dire de l'État. Mais ce ne sont que des suppositions, le fait
est que nous n'en avons pas la démonstration. Nous ne savons pas non
plus quel impact a eu l'autorisation, depuis 2015, pour les policiers de
porter leur arme en dehors du service.
Les syndicats de police
dénoncent des conditions de travail éprouvantes. La crise des « gilets
jaunes » peut-elle être un facteur ?
L'intensité du travail
n'est pas une explication en soi. Il s'agit probablement d'une
conjonction de facteurs. L'année 2016, post-attentats, a été une année
de forte mobilisation policière et de grandes tensions pour les forces
de l'ordre, et pourtant les suicides avaient diminué par rapport à 2015.
La qualité de la relation avec la population joue probablement un rôle
important. En 2016, elle était meilleure que les années précédentes, ce
qui peut aider les policiers à donner un sens à leur engagement.
Sur ce terrain, 2019 est une année conflictuelle et donc difficile. Les
policiers sont mis en cause par une partie de la population qui
jusque-là les soutenait. Pour répondre à leur détresse, il ne suffit pas
d'ouvrir une ligne téléphonique, comme le prévoit le plan antisuicides,
il faut multiplier les portes d'entrée pour appeler à l'aide, comme l'a
fait la police de Montréal, au Canada, en formant la hiérarchie, les
syndicats et des pairs référents.
Louise Couvelaire This article appeared in Le Monde.fr
***
Historique POST
Suicide de policiers: Christophe Castaner annonce "la mise en place d'une cellule de vigilance"
12/04/2019
"Ici, à l’hôpital des Gardiens de la Paix, je suis venu à la rencontre du personnel soignant pour répondre à deux questions simples : comment mieux protéger ceux qui nous protègent ; comment mieux combattre le fléau du suicide dans la @PoliceNationale et la @Gendarmerie."J'en ai assez d’entendre, à chaque fois, « ça n’avait rien à voir avec le service, c’était seulement personnel ». Nous ne pouvons ignorer que le suicide est lié à un ensemble de facteurs, pas seulement à un fait déclencheur. C'est la raison de ma présence.
"Aujourd’hui, avec vous tous, j’ai décidé de me battre. J’ai décidé de renforcer nos moyens et nos actions. J’ai décidé d’affirmer haut et fort que le suicide dans la police et la gendarmerie ne sera jamais une fatalité.
"Notre premier objectif, c’est de déceler l’alerte et de répondre à l’urgence :
écoute téléphonique 24h/24 pour signaler les risques
réunions et séances de formation pour sensibiliser chacun
travail transversal avec psychologues, médecine préventive, assistants sociaux.
"Le deuxième pilier de notre action, c’est la prévention. Nous devons :
simplifier les systèmes actuels, les rendre plus accessibles à tous
améliorer notre suivi psychologique, médical et social, dans la durée, en particulier pour les agents les plus exposés.
***
Le Figaro.fr
vendredi 12 avril 2019
Flash Actu
Les suicides dans la police ne sont pas «une fatalité», selon Castaner
Le Figaro avec AFP
Christophe
Castaner a estimé aujourd'hui que les suicides dans la police n'étaient
pas une «fatalité» en promettant de mettre «les bouchées doubles» pour
lutter contre ce fléau persistant dans l'institution: depuis le début de
l'année, 24 policiers se sont donné la mort.
«La police et la gendarmerie ne sont pas malades du suicide»,
a-t-il déclaré lors d'une visite à l'hôpital des gardiens de la paix à
Paris. Le ministre de l'Intérieur n'a pas annoncé un nouveau programme
de lutte et de prévention des suicides mais a promis une accélération
dans la mise en oeuvre du plan lancé en 2018 par son prédécesseur, Gérard Collomb, après une année 2017 déjà marquée par une recrudescence des suicides au sein des forces de l'ordre.
Christophe
Castaner a annoncé la création d'une «cellule alerte
prévention suicide» pour la police nationale pilotée par Noémie Angel,
membre de l'Inspection générale de l'administration (IGA). Cette cellule aura pour mission de porter le plan d'actions et sera également chargée de faire des propositions au ministre.
Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, permettra de signaler
les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec
des psychologues. Castaner a redit l'importance de la hiérarchie dans la
prévention du suicide en estimant qu'elle devait être «une
vigie attentive et bienveillante» en écho aux récriminations
récurrentes des syndicats et collectifs de policiers souvent critiques
sur son rôle.
Selon le ministre, le suivi psychologique,
médical et social «dans la durée» doit être amélioré, par exemple en ce
qui concerne les agents revenant de maladie ou d'arrêt de travail. Ce
chantier a déjà été lancé au sein de la Police nationale. Vingt-quatre
policiers et deux gendarmes se sont donné la mort depuis janvier. En
2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres
du ministère de l'Intérieur.
Suicides dans la police: Castaner concrétise un plan de lutte
Alors
que 24 fonctionnaires se sont déjà donné la mort depuis janvier, le
ministre de l’Intérieur crée une cellule d’alerte dédiée.
Le corps de Christophe, policier affecté à la brigade anticriminalité
d’Alès, a été retrouvé dimanche dernier, pendu à un arbre dans un bois
de la commune de Dions. Âgé de 49 ans, ce fonctionnaire, qualifié de
«très sportif», avait signalé sa détresse psychologique et était pris en
charge médicalement depuis plusieurs semaines. La veille, une
fonctionnaire de la brigade de nuit de Conflans-Sainte-Honorine s’est
donné la mort avec son arme de service, en Eure-et-Loir. Mère de deux
enfants, tourmentée par des difficultés de couple, cette femme de 37 ans
a été retrouvée sans vie à bord de sa voiture, garée dans un champ,
situé dans le hameau Le Vieux Château. Ces suicides ont une fois encore
endeuillé une profession qui a les nerfs à vif. Ils portent à 24 le
nombre de policiers s’étant suicidé depuis janvier. Soit près d’une mort
volontaire tous les quatre jours. «Si on continue à ce rythme-là, ce
seraune centaine de policiers qui auront mis fin à leurs jours avant la
fin de l’année. On décime un commissariat complet», a lancé vendredi
matin sur Franceinfo Daniel Chomette, secrétaire général adjoint du
Syndicat général de la police (SGP).
Alors que plane toujours la menace terroriste et que la «fièvre
jaune» s’empare chaque samedi de la France depuis 22 semaines
consécutives, la profession frise la surchauffe. Christophe Castaner a
décidé de descendre dans l’arène pour tenter d’endiguer l’épidémie des
décès qui clairsèment les rangs policiers dix fois plus que dans la
gendarmerie, où 2 suicides sont à déplorer depuis le début de l’année.
«Nous ne laisserons pas le suicide être un risque du métier»
Christophe Castaner
Dans les murs de l’hôpital des gardiens de la paix, institution
centenaire qui abrite à Paris un centre d’accompagnement psychologique
et psychiatrique pour les agents qui présentent des «fragilités», le
ministre de l’Intérieur a annoncé la création d’une inédite cellule
d’alerte prévention suicide, disponible 24 heures sur 24. Pilotée par
Noémie Angel, membre de l’Inspection générale de l’administration (IGA)
et spécialiste des ressources humaines, cette cellule inaugurée sous
quinze jours aura pour mission de porter le plan d’action et sera
également chargée de faire des propositions au premier flic de France.
Face à cette «maladie qui ronge l’âme» et peut «frapper comme un coup de
tonnerre dans un ciel bleu», l’hôte de Beauvau en fait la promesse
publique: «Nous ne laisserons pas le suicide être un risque du métier.»
Bien conscient que le port de l’uniforme est une «passion mais aussi une
pression», confessant son indignation de voir «certains policiers
obligés de demander à leurs enfants, à l’école, de cacher leur
profession», il a décidé de se «battre». Et d’accélérer enfin la mise en
œuvre d’un plan annoncé en 2018 par Gérard Collomb et intervenant
lui-même après un train de 55 mesures dévoilé dès janvier 2015 par
Bernard Cazeneuve. Parmi les mesures, figurait l’idée de déposer les
armes de service, souvent à l’origine des drames, dans des casiers
sécurisés à l’issue des vacations des fonctionnaires. Mais la vague
terroriste et l’assassinat du couple de policiers en juin 2016 à
Magnanville, ont mis fin à cette expérience lancée dans le Val-d’Oise.
«Il y a un an, mon prédécesseur avait alerté sur ce sujet. Mais alerter,
ça ne suffit pas, a taclé Christophe Castaner. Alors le gouvernement a
pris le problème en main et un plan d’action contre le suicide a été
décidé.» Un numéro de téléphone dédié, disponible 24 heures sur 24,
«permettra de signaler les risques mais aussi de mettre les personnes en
souffrance en relation avec des psychologues».
«Le suicide est lié à un ensemble de facteurs, pas seulement à un
fait déclencheur», insiste le premier flic de France, qui lâche: «Quand
l’un des nôtres se donne la mort, tous ses camarades s’interrogent, se
culpabilisent, se demandent ce qu’ils ont raté, ce qu’ils auraient pu
faire, ce qu’ils auraient dû faire.» Pointée du doigt par les syndicats
de gardiens et gradés qui l’accusent de pousser les effectifs au burn
out, la hiérarchie est invitée à être «une vigie attentive et
bienveillante». «Nous devons aussi briser un tabou, le tabou du besoin
d’aide, clame Christophe Castaner. Il n’y a aucune gloire, jamais, à
souffrir dans son coin. Aucune honte, jamais, à saisir une main tendue.»
Car dans le milieu «viril» des forces de l’ordre, les «gueules
cassées» peinent à confesser leur mal-être. Outre le «commandement de la
police et de la gendarmerie», le ministre en appelle à l’union sacrée
pour «les psychologues, la médecine préventive, la médecine statutaire,
les assistants sociaux, les psychiatres». Sur le front de la prévention,
Castaner entend «améliorer le suivi psychologique, médical et social,
dans la durée, en particulier pour les agents les plus exposés». À ce
titre, il a jugé en petit comité qu’il n’y avait «pas forcément de
corrélation» entre la poussée de ce fléau et la crise des «gilets
jaunes», «puisque ce ne sont pas les forces mobiles qui présentent les
taux les plus élevés».
«Prétendre que les suicides sont dus aux situations familiales n’est pas la seule réponse à nous apporter»
Le Syndicat général de la police
«La police nationale se dirige vers le triste record de 1996 avec
71 suicides dans le courant de l’année, s’indigne le Syndicat général de
la police. Prétendre que les suicides sont dus aux situations
familiales n’est pas la seule réponse à nous apporter. Prétendre que
l’arme est un souci majeur n’est pas acceptable. Ne pas oser aborder le
suremploi, les carences de l’outil managérial, l’absence de la
protection de l’image, les rythmes de travail, l’absence d’espaces
d’échanges et de convivialité… est encore plus inacceptable.»
Soucieux «d’améliorer le travail au quotidien» et de «débarrasser, au
plus vite, les policiers et gendarmes des tâches indues», Christophe
Castaner a égrainé les «10.000 postes créés d’ici la fin du mandat», les
«900 millions d’euros engagés d’ici la fin de 2020 pour rénover les
casernes et de commissariats» ou encore les «6000 voitures neuves qui
sont livrées cette année».
Le ministre sait que la pente sera rude. Un rapport choc sur «l’état
de la sécurité intérieure», porté par le sénateur (LR) de Moselle
François Grosdidier, pointait dès juillet dernier un taux de suicide
anormalement élevé dans la police, de 36 % supérieur à la moyenne
nationale. «La police et la gendarmerie se sont mobilisées», avait
souligné le parlementaire, précisant qu’«avec 82 postes de psychologues,
le service de soutien psychologique opérationnel de la police nationale
(SSPO) est le dispositif le plus important en France».
Suicides dans la police: Des syndicats s'unissent pour appeler l'administration à réagir
20 Minutes avec AFP
PASSAGE A L'ACTE Un rapport sénatorial remis en 2018 avait mis en lumière «un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale» chez les policiers
Depuis le début de l'année, 24 policiers se sont suicidés. En 2018, ce chiffre avait été atteint en août. Cette accélération pousse plusieurs syndicats de police à tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme, appelant les autorités à réagir.
Un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale
L'un des principaux syndicats policiers, Unité-SGP-FO a appelé ce mardi les responsables des autres organisations à une réunion commune «qui devra aboutir sur des projets concrets» pour mettre fin «à une spirale dramatique». «Seule l'unité obligera l'administration à enfin réagir, à se mettre en face de ses responsabilités et à rechercher les véritables causes de ces drames», assure Unité-SGP-FO dans un communiqué.
Le syndicat estime «intolérable» de réduire les passages à l'acte des policiers à «des problèmes personnels». Les deux syndicats incriminent la passivité de l'administration et «le management vertical» au sein de l'institution. Un rapport sénatorial remis en 2018 avait mis en lumière «un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale» chez les policiers, même en tenant compte des spécificités de cette population (population davantage masculine, jeune, ayant accès aux armes, etc.)
En 2015, Bernard Cazeneuve avait présenté un plan de 23 mesures (recrutement de psychologues, redynamisation des cellules de veille, nouveaux cycles de travail...) destinées à prévenir le suicide. Fin 2017, un nouveau pic avait conduit Gérard Collomb à réunir les syndicats policiers, sans que les discussions n'aboutissent à de nouvelles mesures tangibles. This article appeared in 20 Minutes (site web)