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lundi 11 mars 2024

CANADA Expériences avec le suicide : les communautés africaines, caribéennes et noires du Canada

Expériences avec le suicide : les communautés africaines, caribéennes et noires du Canada

Chaque année, environ 4500 personnes meurent par suicide au Canada. Si les données disponibles permettent d’expliquer les disparités entre les sexes et les groupes d’âge en ce qui concerne les tendances en matière de suicide, notre compréhension de l’expérience propre aux divers groupes est lacunaire. Par conséquent, notre connaissance des facteurs qui influent sur le risque de suicide et, par conséquent, sur les approches efficaces de prévention du suicide au sein des communautés africaines, caribéennes et noires (ACN) demeure limitée. La Commission de la santé mentale du Canada a mis au point la présente ressource en collaboration avec un groupe de personnes issues des communautés ACN ayant un savoir expérientiel passé et présent sur le suicide, ceci dans le but de mieux saisir le vécu de ces communautés en matière de suicide. Voici les objectifs de la ressource :

  • Mettre en lumière les réalités des gens touchés par le suicide du point de vue des personnes ayant une expérience passée et présente dans les communautés ACN au Canada, en les situant dans un contexte plus large incluant la stigmatisation, le racisme systémique et les barrières systématiques à l’accès.
  • Formuler des recommandations à l’intention des décideurs politiques, des chercheurs et des prestataires de services afin d’éliminer la stigmatisation, de faciliter l’accès aux soins et d’améliorer la prestation de services pour les personnes touchées par le suicide dans les communautés ACN au Canada.
  • Mettre à disposition des ressources culturellement adaptées et accessibles aux membres des communautés ACN concernés par le suicide.

Le contenu de la présente ressource est basé sur les conclusions tirées de l’analyse documentaire et sur les expériences et les contributions transmises par les personnes ayant un savoir expérientiel.

jeudi 12 août 2021

Nouvelle Zelande, Australie, US. Des chercheurs révèlent de nouveaux outils de prévention du suicide provenant de survivants

Des chercheurs révèlent de nouveaux outils de prévention du suicide provenant de survivants
Traduction article Researchers reveal new suicide prevention tools from survivors By Joshua A. Krisch |


Dans la recherche sur le suicide, les leçons des survivants - des personnes qui, malgré l'envie de mourir, trouvent des moyens de faire face et des raisons de vivre - sont rarement entendues.

Des chercheurs de Cornell et leurs collègues ont rédigé l'une des premières études visant à changer cela.

“Strategies to Stay Alive: Adaptive Toolboxes for Living Well with Suicidal Behavior,” publiée le 29 juillet dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health. Dans cette étude, les auteurs présentent une série d'entretiens avec des personnes suicidaires qui ouvre de nouvelles voies de recherche sur la prévention du suicide et offre une fenêtre rare dans l'esprit de ceux qui ont envisagé ou tenté de se suicider.

"Je trouve ironique que le suicide, une décision très personnelle et une trajectoire existentielle ultime, soit généralisé", a déclaré Vilma Santiago-Irizarry, co-auteur de l'étude et professeur associé d'anthropologie et d'études latina/o au College of Arts and Sciences (A&S). "Un objectif de la recherche dans ce domaine devrait être de capter les voix de ceux qui sont empêtrés dans des situations difficiles et de déterminer ce qu'ils ont eux-mêmes à nous dire."

"Nous voulions savoir quelles stratégies ont aidé les gens à vivre, et à bien vivre, malgré un comportement suicidaire chronique", a déclaré l'auteur principal, Bonnie Scarth, ancienne boursière Fulbright du département d'anthropologie (A&S) de Cornell. "Je pense que cette question est essentielle pour réussir la prévention du suicide".

Pour l'étude, Scarth a mené des entretiens ouverts avec 17 personnes de la région d'Ithaca. Chaque personne interrogée a décrit un parcours similaire : combattre la tentation de mettre fin à ses jours, faire face à des périodes d'ambivalence (ne pas se soucier de vivre ou de mourir) et accepter les idées suicidaires comme faisant partie de leur vie. L'espoir a joué un rôle important dans leur décision de mettre de côté les pensées suicidaires.

Lorsqu'on leur a demandé de décrire leurs stratégies d'adaptation, les participants ont surpris les chercheurs en proposant un certain nombre de méthodes qui sont minimisées ou carrément absentes des études conventionnelles.

Par exemple, le fait d'avoir des animaux de compagnie était essentiel pour de nombreux participants, ce qui n'est pas abordé dans la littérature, a indiqué M. Scarth. Parmi les autres stratégies non conventionnelles, citons la méditation, les pratiques spirituelles et les arts. Sur le plan politique, une participante a déclaré que les barrières sur les ponts l'ont aidée en lui rappelant que la communauté se soucie d'elle. Un autre a déclaré que la reconnaissance légale du mariage homosexuel lui avait donné une raison de vivre.

"Jusque-là, j'avais envisagé la prévention du suicide dans un sens quelque peu individualisé", a déclaré M. Scarth, aujourd'hui coordinateur de la prévention du suicide au sein du WellSouth Primary Health Network, en Nouvelle-Zélande. "Ces réponses m'ont frappé par l'impact profond et de grande portée des lois et des politiques qui n'ont peut-être rien de spécifique à la prévention du suicide en soi, mais qui peuvent faire une différence positive."

Un thème récurrent tout au long des entretiens était l'importance du soutien par les pairs et des récits.

"Entendre d'autres personnes présentant le même type de symptômes, et savoir comment cela fonctionne pour eux, et leurs histoires, est très puissant", a déclaré un participant. Une autre s'est souvenue de la catharsis qu'elle a ressentie en discutant de sa dépression chronique avec une âme sœur alors qu'elle suivait une formation pour devenir une spécialiste des pairs.

Le soutien par les pairs est toujours considéré comme ne faisant pas partie de la prévention traditionnelle du suicide, tout comme bon nombre des mécanismes d'adaptation recommandés par les participants à l'étude.

Mme Scarth espère que ses travaux inspireront des études de suivi qui exploreront et amélioreront des méthodes qui, comme le soutien par les pairs, ont suscité peu d'attention de la part des chercheurs, mais qui restent utiles aux survivants du suicide.

Lorsqu'il s'agit de prévenir le suicide - l'une des principales causes de décès qui, malgré des décennies de recherche sur la prévention, fait encore 700 000 victimes chaque année dans le monde - les nouvelles approches ne sauraient tarder.

"La résurgence actuelle du suicide, en particulier dans les groupes d'âge les plus jeunes, exige l'approche fine de l'ethnographie pour que nous puissions la comprendre", a déclaré Mme Santiago-Irizarry.

Les autres co-auteurs de l'étude sont Jesse M. Bering, de l'Université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, Ian Marsh, de l'Université Canterbury Christ Church, en Nouvelle-Zélande, et Karl Andriessen, de l'Université de Melbourne, en Australie.

Joshua A. Krisch est un rédacteur indépendant pour le College of Arts and Sciences.

https://news.cornell.edu/stories/2021/08/researchers-reveal-new-suicide-prevention-tools-survivors

samedi 15 mai 2021

MàJ CANADA guide et une boite à outil "buddy up". Crées par les hommes pour savoir comment parler à tes amis du suicide

Guide et site en version française
TROUSSE D’OUTILS POUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE
Les hommes  et le suicide

À L’INTÉRIEUR DE CETTE TROUSSE D’OUTILS
À quoi doit-on s’attendre?
Statistiques
Signaux d’alerte
Facteurs de risque
et de protection
Le paradoxe du sexe
Masculinité et suicide
Comment prévenir
le suicide chez les hommes?
Lecture recommandée
(en anglais seulement)
Références

https://www.buddyup.ca/wp-content/uploads/2021/04/Men-and-suicide-2020-toolkit_FR.pdf

"Le taux de suicide chez les hommes est trois fois plus élevé que chez les femmes.
Voici ce que vous pouvez faire.





1 · PORTEZ ATTENTION
Tout changement notable dans son comportement est un signe d’alerte que votre ami ne se porte peut-être pas bien. Ces changements comprennent :
Une consommation d’alcool plus importante qu’à l’habitude
Une apparence de fatigue ou une attitude distante
Un discours négatif sur la vie en général
Un comportement irritable ou colérique


2 · INITIEZ UNE CONVERSATION
Choisissez un cadre agréable.
Au téléphone
En voiture
En prenant un verre à un endroit que vous aimez
En travaillant à un projet

Mentionnez ce que vous avez remarqué.
« Je ne t’ai pas vu beaucoup ici ces derniers jours. Est-ce que tout va bien? »
Ne le blâmez pas et ne le faites pas sentir honteux.

3 · ENTRETENEZ LA CONVERSATION
Posez des questions et écoutez ses réponses.
« L’autre jour tu m’as dit que ta vie était moche… qu’est-ce que ça veut dire pour toi? » Évitez de tenter de résoudre le problème instantanément.
Ne lui faites pas sentir qu’il exagère, et ne changez pas de sujet.
Appuyez-le et reconnaissez ses émotions : « Ça semble vraiment difficile. »
Si vous êtes encore inquiet à son sujet, demandez : « Est-ce que tu penses au suicide? » S’il répond positivement, ne paniquez pas.
Faites-lui savoir que vous êtes là pour lui : « Merci de me le confier. C’est vraiment difficile à faire. Veux-tu m’en parler un peu plus? Je suis là pour toi. »

4 · DEMEUREZ DANS LES LIMITES DE VOTRE RÔLE
Vous êtes un ami, pas un thérapeute.
À qui d’autre en a-t-il parlé? Encouragez-le à s’ouvrir à d’autres personnes.
Appelez ensemble Services de crises du Canada : 1-833-456-4566.
À la suite de la conversation, faites un suivi fréquent avec lui.
S’il planifie de façon imminente de mettre fin à sa vie, appelez le 911, et assurez-vous qu’il n’est pas laissé seul.
Pour aller plus loin https://www.buddyup.ca/?lang=fr 
****

1er post sur le sujet le 15/05/2020 :

mardi 11 mai 2021

VIDEO. Sarthe. Une carte interactive pour rester en contact avec un proche qui a besoin d'aide & campagne de crowdfunding.

VIDEO. Sarthe. Une carte interactive pour rester en contact avec un proche qui a besoin d'aide

Face au suicide, l'association #Ditesjesuislà lance une carte interactive pour rester en contact avec un proche qui a un moment de sa vie a besoin d'aide.
L'association #Ditesjesuislà qui mène des opérations de prévention face au suicide

L’association #Ditesjesuislà qui mène des opérations de prévention face au suicide (©Ditesjesuislà)
Actu Le Mans *

L’association #Ditesjesuislà qui mène des opérations de prévention face au suicide en Sarthe lance une carte interactive. L’objectif : rester proche d’un ami qui a un moment a besoin d’aide. Elle a lancé une cagnotte sur la plateforme Ulule pour financer ces cartes qui pourront notamment être distribuées aux étudiants. 

En octobre dernier, un infirmier à l’Établissement public de santé mentale d’Allonnes et membre de l’équipe des urgences psychiatriques de l’hôpital du Mans, Yann Massart, lançait une plateforme internet de prévention face au suicide nommée #DitesJeSuisLà. 

« Rester en contact réduit le risque suicidaire »

Depuis, l’association fait son chemin. Elle lance une carte interactive pour rester en contact avec un proche un membre de sa famille, un ami, un collègue qui, à un moment de sa vie, a besoin d’aide. 

"Il est démontré que rester en contact réduit le risque suicidaire. La visualisation du message de soutien d’un proche peut aider une personne à surmonter cette crise, lui montrant qu’elle n’est pas seule et qu’il y a d’autres issues que la mort en réponse à sa souffrance". 

Yann Massart

Les membres de #Ditesjesuislà ont ainsi imaginé une carte qui permet d’enregistrer une vidéo sur laquelle on enregistre un message et que l’on donner à un proche.

« Nous avons imaginé des cartes personnalisées avec un QR code unique redirigeant vers une interface disponible sans application et depuis tous les smartphones ».

Comment ça fonctionne ?

Chaque personne voulant garder le contact avec un de ses proches pourra flasher le QR code unique et enregistrer un message vidéo via cette interface. Ensuite, elle pourra donner cette carte personnalisée à son proche, qui aura accès à son contenu en illimité en passant son téléphone devant le QR code.
"https://www.youtube.com/embed/DzBMDiO7M5M"

Un message disponible à n’importe quel moment

Grâce à cette carte, les personnes traversant une crise suicidaire pourront se sentir soutenues. « Le message réconfortant sera disponible en continu, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit ! »

Une campagne participative sur Ulule

Un projet qui a besoin de soutien, une cagnotte a été lancée via la plateforme Ulule pour financer l’achat des cartes qui seront imprimées chez ITF à Mulsanne. « Elles seront ensuite les mettre à disposition des étudiants notamment ».

Il est possible de les précommander sur Ulule

https://actu.fr/pays-de-la-loire/le-mans_72181/video-sarthe-une-carte-interactive-pour-rester-en-contact-avec-un-proche-qui-a-besoin-d-aide_41456764.html

lundi 15 mars 2021

EXPERIENCE INTERESSANTE Une permanence éphémère discrète sur les droits des femmes et des familles à Vernon

Discrète et plus efficace
Paris-Normandie Eure Vernon, lundi 15 mars 2021

Société. La permanence du centre d'information des droits des femmes et des familles de l'Eure s'est déplacée pendant une semaine au centre E. Leclerc de Vernon. Une première sur le territoire. Explications.

L'endroit est atypique. C'est entre cartons et échantillonnages de la réserve de la parapharmacie du centre E. Leclerc de Vernon que les juristes du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles ont installé une permanence la semaine dernière. Un simple bureau improvisé sur lequel est posé un ordinateur. Nous sommes bien loin de l'atmosphère habituelle de ce type de rendez-vous.

L'information a été discrète. Un message imprimé sur les tickets de caisse en début de mois, quelques affiches placardées sur les portes vitrées de la galerie marchande, des prospectus à proximité des produits désinfectants pour les chariots...

Confinement et tensions

Une discrétion assumée et souhaitée pour inciter les victimes à faire un premier pas, en tout anonymat, « dans un lieu très ouvert, mais discret pour être reçu et récupérer une information. Le contexte de huis clos généré par le confinement exacerbe et accroît des tensions qui peuvent exister dans les familles », insiste la sous-préfète de l'arrondissement des Andelys, Virginie Sené-Rouquier, à l'occasion de cette première permanence éphémère sur son territoire.

Le message a été entendu. Treize personnes (10 femmes et trois hommes), ont pris contact durant la semaine avec l'un des trois juristes du CDIFF présents au supermarché, dont six physiquement. « Aujourd'hui [samedi, Ndlr], un monsieur s'est présenté. Il avait l'impression de tourner en rond dans sa situation. Le juriste lui a permis de faire un état des lieux. »

D'autres témoignages sont plus sensibles, comme celui d'un enfant de 10 ans aux idées suicidaires, ou cette femme maltraitée qui n'a pas pu se déplacer physiquement au supermarché à cause de fractures consécutives à des coups.

« Faire prendre conscience »

« Nous ne sommes pas là pour les conseiller, mais pour les informer sur leurs droits et les démarches à suivre, explique l'une des juristes, à peine son téléphone raccroché. " Le plus difficile est de faire prendre conscience qu'elles sont victimes de violences souvent banalisées, pas que physiques, mais aussi psychologiques."

Mais quid du suivi ? " Les juristes recontactent les personnes" , rassure l'association, en réponse à la demande de l'adjointe au maire de Vernon Juliette Rouilloux-Sicre. Rappelons que la Ville a signé une convention de lutte contre les violences conjugales, sexuelles et sexistes faites aux femmes avec la sous-préfecture, l'Académie, le Département et la procureure de la République d'Évreux, en octobre 2020.

La police nationale est également très engagée dans cette lutte. Le commissariat accueille d'ailleurs une intervenante sociale dans ses locaux.

Karine Leroy avec D. G.

Espace laïc vernonnais (29, rue de la Poterie) : quatrième mardi du mois, de 13 h 30 à 16 h 30. Tél. 02 32 33 44 56.
Maison de justice et du droit (93, rue Sadi-Carnot) : deuxième mardi du mois, de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 16 h 30. Tél. 02 32 33 44 56 ou 02 32 71 28 10.
Espace Simone-Veil (15, boulevard d'Aylmer) : premier mardi du mois, de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 16 h 30. Tél. 02 32 64 39 15.
Espace information et médiation (10, rue des Grands Renards) : quatrième mardi du mois, de 9 h 30 à 12 h 30. Tél. 02 32 64 21 30.
CIDFF : www.eure.cidff.info

Des numéros utiles
39 19 : le Département met en relation la victime avec des lieux d'hébergement d'urgence, où elle sera conduite gratuitement en taxi depuis son domicile.
17 : en cas d'urgence, le numéro de la police et de gendarmerie est à privilégier. 114 : pour les sourds et malentendants, par SMS, visiophonie et chat.
0800 05 95 95 : Viols femmes informations.


Illustration(s) :
Les différentes parties prenantes de la permanence en ont dressé le bilan samedi soir.

https://www.paris-normandie.fr/id173665/article/2021-03-14/une-permanence-ephemere-discrete-sur-les-droits-des-femmes-et-des-familles

jeudi 10 décembre 2020

GRANDE BRETAGNE Prévention communautaire : Santé mentale de la Grande-Bretagne, ces "pêcheurs '' ripostent


D’après article :As Pandemic Threatens Britain’s Mental Health, These ‘Fishermen’ Fight Back
By Megan Specia Dec. 6, 2020 New York Times

Un organisme de bienfaisance appelé Bearded Fishermen (les pêcheurs barbus) a commencé une patrouille de prévention du suicide nocturne dans une ville d'Angleterre, à la recherche de personnes en crise.

GAINSBOROUGH, Angleterre - Le groupe de sept volontaires vêtus de gilets haute visibilité, équipés de traceurs GPS et de radios, s'est réuni sur le parking d'une réserve naturelle à la périphérie de la ville.

«Nous allons prendre la route rouge», a déclaré Rick Roberts, faisant briller sa lampe de poche sur une carte de la forêt, alors que son souffle formait un nuage dans l'air froid de fin novembre.

Le groupe s'est déployé sur les sentiers en équipe pendant l'heure suivante, les faisceaux de leurs lampes de poche haute puissance sillonnant les arbres à l'extérieur de Gainsborough, une ville de marché autrefois animée nichée le long de la rivière sinueuse Trent dans le Lincolnshire, dans les East Midlands de l'Angleterre. Ils étaient là dans le cadre de Night Watch, une initiative de prévention du suicide lancée quelques semaines plus tôt pour surveiller les points chauds connus du suicide dans la région, et ils recherchaient des personnes en crise.

Cette nuit a été bonne: ils n'ont trouvé personne.

Mais les dernières semaines ont été bien remplies pour les Bearded Fishermen , l'organisme de bienfaisance pour la santé mentale derrière le projet de patrouille, et ses cofondateurs, M. Roberts et Mick Leyland. Alors que l'Angleterre sort tout juste d'un deuxième confinement , ils ont constaté une augmentation mesurable des appels à l'aide et un besoin croissant de leurs services de crise alors que la communauté est aux prises avec les retombées de la pandémie de coronavirus.

«Il y a beaucoup de gens ici qui sont sans travail depuis un certain temps, qui veulent désespérément du travail», a déclaré Mick Leyland, l'un des cofondateurs de l'organisme de bienfaisance. «Ils arrivent à ce point où ils pensent: 'Je ferais mieux de ne pas être ici.'»Crédit...Andrew Testa pour le New York Times

«Le temps froid et humide, les longues nuits, cela affecte beaucoup de gens», a déclaré M. Leyland. «Et être confiné aussi, c'est encore pire.» Au cours d'une seule semaine récente, ils ont répondu à un certain nombre d'appels de crise, dont certains émanaient de personnes menaçant de se suicider.

Avec la pandémie de coronavirus dévastant la Grande-Bretagne et deux confinements nationaux laissant de nombreuses personnes se sentir isolées , les experts affirment que la santé mentale et le bien-être des personnes à travers le pays sont de plus en plus préoccupants. La recherche a montré une augmentation des déclarations de solitude, une préoccupation particulière pour les jeunes, des difficultés pour ceux qui ont des problèmes de santé mentale préexistants et une augmentation des déclarations d'idées suicidaires.

Bien qu'il n'y ait pas encore de hausse enregistrée du taux de suicide national, le risque de suicide chez les hommes d'âge moyen reste préoccupant en Grande-Bretagne, où depuis des décennies le groupe a constitué le plus grand nombre de décès par suicide .

L'impact de la pandémie et ses effets d'entraînement - confinement, ralentissement économique et isolement social - sur la santé mentale ont été bien documentés dans le monde entier . Et en Grande-Bretagne, qui est simultanément aux prises avec le plus grand nombre de décès liés à Covid-19 en Europe et une profonde récession, les experts de la santé craignent que l'impact ne se fasse sentir pendant des années à venir.

Certains quartiers de Gainsborough sont considérés comme les plus défavorisés du Lincolnshire.

Une rue de banlieue à Gainsborough, Lincolnshire, dans les East Midlands de l'Angleterre. Gainsborough était autrefois un bourg animé.Crédit...Andrew Testa pour le New York Times


David, 22 ans, qui a demandé que son nom de famille soit omis pour protéger sa vie privée, vit dans la ville et lutte contre la dépression et l'abus d'alcool depuis des années.

"J'ai été élevé par mon grand-père, donc j'ai été amené à penser que, peu importe ce qui se passe, il faut juste être fort", a-t-il dit. Pour David, le confinement a posé de nouveaux défis. Sa situation de vie devenant de plus en plus instable et ses possibilités d'emploi diminuant, le stress s'est accru.

"La pandémie a certainement rendu les choses un peu plus difficiles, car il n'y a pas autant de services pour accéder à un soutien en face à face", a-t-il déclaré, ajoutant que le manque de liens humains avait été difficile. Il a ajouté que le soutien des pêcheurs barbus a été une bouée de sauvetage, mais que certains jours ont été meilleurs que d'autres.
Lettre d'amour : Votre dose hebdomadaire d'histoires vraies qui examinent les hauts, les bas et les malheurs des relations.

D'une certaine manière, a dit M. Leyland, la ville se sent "oubliée", souvent négligée dans le financement, même si "les sans-abri, les chômeurs et les résidents à faible revenu voient leur santé mentale affectée par la pandémie.

"Il y a beaucoup de gens ici qui sont sans emploi depuis un certain temps, qui veulent désespérément travailler", a déclaré M. Leyland. "Ils en arrivent au point où ils pensent qu'il vaut mieux ne pas être ici".

M. Leyland et M. Roberts ont officiellement enregistré l'association caritative Bearded Fishermen - son nom est un clin d'œil à leur amour commun de la pêche et à la pilosité du visage touffu qu'ils arborent tous deux - alors que la pandémie commençait à peine en mars. Lorsque l'Angleterre est entrée dans un deuxième confinement national, ils ont commencé les patrouilles de surveillance de nuit.


Travailleurs et bénévoles de l'association caritative Bearded Fishermen. L'Angleterre ayant subi un deuxième verrouillage, ils ont constaté une hausse mesurable des appels à l'aide.Crédit...Andrew Testa pour le New York Times

Les luttes pour la santé mentale des deux hommes et leur cheminement vers le réconfort constituent un témoignage puissant. Tous deux ont survécu à des tentatives de suicide. Après avoir été sans abri pendant un certain temps, M. Roberts a déménagé à Gainsborough, et les deux sont devenus amis lors de sorties de pêche hebdomadaires avec un groupe d'autres hommes.

"Nous souffrons tous les deux de dépression et d'anxiété, et la pêche a donc été un soulagement pour nous", a déclaré M. Roberts. "Nous étions assis là à discuter de choses dont nous ne parlerons à personne d'autre".

Ils ont pensé que d'autres personnes, en particulier les hommes qui luttent pour s'ouvrir, pourraient bénéficier d'un soutien similaire. À la fin de l'année dernière, ils ont créé un groupe communautaire hebdomadaire, où les hommes pouvaient "discuter de leurs problèmes" autour d'une tasse de thé dans un centre communautaire local, a déclaré M. Leyland.

Lorsque la pandémie a rendu les rassemblements impossibles, ils ont déplacé leurs réunions en ligne. Puis ils ont mis en place un centre d'appel cet été, offrant une assistance téléphonique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
"Si quelqu'un ne veut pas sonner c'est parce qu'il a dans la tête que ce qu'il fait", a déclaré M. Leyland à propos des personnes qui envisagent de se suicider, les patrouilles étaient une occasion d'intervenir. Le groupe travaille avec les intervenants d'urgence et la communauté pour identifier les points chauds, et aide également à rechercher les personnes disparues lorsque leurs familles n'ont nulle part où aller.


M. Leyland trie la nourriture donnée à l'association caritative Bearded Fishermen.Crédit...Andrew Testa pour le New York Times

L'organisme de bienfaisance répond également de plus en plus aux appels de santé mentale dans les maisons des résidents. La semaine dernière, des travailleurs ont été appelés au domicile d'un homme de 28 ans dont la femme a déclaré qu'il menaçait de mettre fin à ses jours. Il avait déjà écrit une note de suicide. Ils ont parlé avec lui avant d'appeler les services d'ambulance et de police, et l'ont orienté vers des services de conseil.

La situation dans la région de Gainsborough reflète le plus grand problème de santé mentale en Grande-Bretagne. Un rapport publié par le British Journal of Psychiatry en octobre a révélé une augmentation des déclarations d'idées suicidaires pendant la pandémie. Les jeunes, les personnes issues de milieux socialement défavorisés et ceux ayant des problèmes de santé mentale préexistants ont signalé une aggravation de leur situation lors du premier confinement national au printemps.

Mette Isaksen, chercheuse principale et responsable des preuves chez Samaritans, une organisation caritative britannique de santé mentale qui était partenaire de la recherche, a déclaré que si l'étude révélait des tendances inquiétantes, cela ne signifiait pas nécessairement que les suicides augmenteraient.

«C'est tellement important que les gens sachent qu'ils peuvent obtenir de l'aide», dit-elle. «Le suicide n'est pas inévitable.»

La Fondation pour la santé mentale, qui a mené une étude à l'échelle nationale sur l'impact de la pandémie sur la santé mentale en Grande-Bretagne, a constaté que les déclarations de solitude avaient augmenté lors du premier confinement. La recherche a également noté que, si certaines émotions négatives signalées au début - comme l'anxiété, le stress et la panique - avaient diminué, les sentiments de solitude et d'isolement avaient persisté.

Le Dr Antonis Kousoulis, directeur de recherche de la fondation pour l'Angleterre et le Pays de Galles, a déclaré que certains groupes étaient particulièrement préoccupants, notamment les jeunes, qui ont signalé des sentiments de désespoir à un taux nettement plus élevé que le reste de la population. Beaucoup de personnes ayant des problèmes de santé mentale préexistants ont également vu leur état empirer, a-t-il ajouté.

«Nous constatons que nous sommes tous dans la même tempête, mais nous ne sommes pas tous dans le même bateau», a déclaré le Dr Kousoulis à propos des résultats.

Pour MM. Leyland et Roberts, les préoccupations des jeunes sont également présentes à l’esprit après une série de suicides et de tentatives dans la ville voisine de Winterton au cours des dernières semaines. Les clubs de jeunes étant fermés et les activités interrompues, ils ont dit que beaucoup se sentaient désespérés.

Ce sera comme l'année qui ne l'était pas", a déclaré M. Leyland.

En réponse, des bénévoles des Pêcheurs barbus ont rencontré un groupe d'adolescents à un mémorial improvisé à Winterton pour un jeune homme récemment décédé par suicide, pour leur offrir leur soutien.

"Vous avez une clôture de parc entière juste couverte de fleurs", a déclaré M. Leyland à propos de l'hommage, sa voix étant chargée d'émotion. Il ressent encore un profond regret pour la mort du jeune homme. "C'est comme si j'avais pu être ici deux semaines plus tôt. Mais personne ne le savait."

If you are having thoughts of suicide, call the National Suicide Prevention Lifeline at 1-800-273-8255 (TALK). You can find a list of additional resources at SpeakingOfSuicide.com/resources. If you’re in Britain, call Samaritan’s on 116 123 or visit nhs.uk/conditions/suicide.

https://www.nytimes.com/2020/12/06/world/europe/uk-mental-health-suicide-coronavirus.html


samedi 31 octobre 2020

CANADA Schizophrénie et suicide : le témoignage de Serge

Schizophrénie et suicide : le témoignage de Serge

•22 oct. 2020

La schizophrénie a été l’un des facteurs qui a amené Serge à penser au suicide. Aujourd’hui, grâce au soutien de professionnels, à son engagement social et à ses proches, il va mieux. Découvrez son témoignage. suicide.ca ou 1 866 APPELLE (277-3553) si vous pensez au suicide ou êtes inquiet pour un proche. De l’aide existe. En savoir plus : https://bit.ly/3dO13Pb

jeudi 24 septembre 2020

CANADA Soutien aux parents de jeunes suicidaires

Soutien aux parents de jeunes suicidaires

de PLEO (créé par des parents, pour des parents.)

"En septembre 2019 nous avons commencé à recueillir les mots de sagesse et l’intuition de parents et jeunes avec expérience vécue pour guider cet important projet – de nous dire ce que les parents qui supportent un jeune suicidaire ont de besoin afin de garder leur enfant en sécurité et en vie. Nous avons reçu une centaine de réponses et en novembre, nous avons travaillé avec un groupe de discussion formé de parents et avons distillé les questions en cinq catégories clés :  Accéder aux services; signes et sensibilisation; la sécurité à la maison, communication et gestion des crises. Le groupe pu générer une riche discussion sur les enjeux et réalités auxquels les parents et aidants de jeunes suicidaires font face, et leurs commentaires furent saisis dans l’illustration ci-bas. Ce qui suit sont les réponses à ces questions – ce qui est de plus utile et encourageant – de la part de parents et jeunes avec expérience vécue, cliniciens, et experts en prévention du suicide.



Soutien aux parents de jeunes suicidaires : Accéder aux services

Pour plus d’informations utiles et encourageantes, voir la fiche de conseils 

Soutien aux parents de jeunes suicidaires : Signes et sensibilisation

Pour plus d’informations utiles et encourageantes, voir la fiche de conseils Signes et sensibilisation

Soutien aux parents de jeunes suicidaires : La sécurité à la maison

Pour plus d’informations utiles et encourageantes, voir la fiche de conseils La sécurité à la maison

Soutien aux parents de jeunes suicidaires : Communication   

Pour plus d’informations utiles et encourageantes, voir la fiche de conseils Communication

Soutien aux parents de jeunes suicidaires : Gestion des crises 

Pour plus d’informations utiles et encourageantes, voir la fiche de conseils Gestion des crises

Accès : https://www.pleo.on.ca/fr/resources/fr-supporting-parents-of-suicidal-youth/

 


Évaluation de notre impact

Veuillez remplir ce bref sondage anonyme pour nous aider à comprendre si nous accomplissons notre mission d’aider les parents à soutenir leur jeunesse suicidaire. 

Veuillez compléter maintenant (pdf)

Balayage des ressources existantes

PLEO a demandé au Centre de la prévention du suicide de faire un examen de l’information et ressources disponibles pour identifier ce qui était couramment disponible pour répondre aux questions des parents et aidants sur comment garder leur jeune suicidaire en vie. Malgré le fait qu’il n’y avait presque pas de recherche académique sur ce sujet spécifique, le document qui suit contient plusieurs références qui contiennent des informations utiles sur plusieurs sujets qui touchent les parents et aidants.

Visionner Maintenant (pdf)

Pour les chercheurs et responsables politiques

Ce projet dirigé par des parents a regroupé de l’information sur le terrain sur ce que les parents et jeunes ont besoin afin de survivre. Les données recueillies sont disponibles ici afin que d’autres puissent continuer ce travail important.

Visionner Maintenant (pdf)


vendredi 7 août 2020

ETUDE RECHERCHE AUSTRALIE Raisons de vivre parmi les personnes entrées sur le marché du travail en tant que pairs aidants pour la prévention du suicide

Une étude sur les raisons de vivre révèle un aperçu de main d’œuvre de la prévention du suicide
source 
news.griffith.edu.au Australian Institute for Suicide Research and Prevention 6/08/2020

 
Le lien avec les autres et le service sont les deux principales raisons de vivre parmi les personnes ayant vécu une expérience avec le  suicide qui entrent sur le secteur de la prévention du suicide, selon une étude de l'Université Griffith.

Publié dans la revue
Death Studies - le projet de recherche en collaboration entre l'Australian Institute for Suicide Research and Prevention (AISRAP) et suicide prevention organisation Roses in the Ocean - a impliqué 110 personnes qui ont participé à des programmes de formation sur la prévention du suicide.

«L'objectif était d'explorer les raisons de vivre des personnes ayant vécu une expérience avec le suicide et qui en sont aux premiers stades de leur entrée sur le marché du travail de l'expérience vécue en tant que pairs aidants pour la prévention du suicide '', explique l'auteure principale Jacinta Hawgood, de l'AISRAP et 
School of Applied Psychology.

La recherche a révélé que les liens avec les autres, suivis du service, étaient les raisons de vivre les plus couramment invoquées. Parmi les autres raisons importantes de vivre figuraient l'orientation vers l'avenir, la vie, le moi, le plaisir et les raisons et valeurs spirituelles.

Mme Hawgood dit que les résultats sont importants parce que les raisons de vivre d’une personne la protègent contre les idées suicidaires et les tentatives de suicide.

«Les raisons de vivre augmentent la perception que la vie a un sens et la participation dans le domaine de la prévention du suicide est associée à la création de sens.»

Martina McGrath de Roses in the Ocean a déclaré que le thème de cette étude était unique: contribuer à la société et apporter un changement en aidant directement les autres.

"Le travail des pairs dans le domaine de la prévention du suicide n'en est qu'à ses débuts en Australie et au niveau international, et en particulier en cette période de COVID-19, il est nécessaire de poursuivre les recherches et d'obtenir des conseils de la part de ceux qui ont une expérience vécue quant au soutien nécessaire pour que leurs contributions puissent continuer à avoir un impact positif sur le secteur de la prévention du suicide".

 
https://news.griffith.edu.au/2020/08/06/reasons-for-living-study-reveals-insights-into-suicide-prevention-workforce/

vendredi 31 juillet 2020

ROYAUME UNI Temoignage et initiative Un homme accroche des notes manuscrites de prévention du suicide sur les ponts pour convaincre les gens de ne pas sauter

INSPIRANT
Un homme accroche des notes manuscrites de prévention du suicide sur les ponts pour convaincre les gens de ne pas sauter
Par Daksha Devnani

30 juillet 2020 source https://fr.theepochtimes.com/*

AVERTISSEMENT : cet article contient une description de scène violente et une image de blessure pouvant déranger certains lecteurs.
Un homme du quartier de Spondon à Derby s’est investi de la mission de donner de l’espoir à tous ceux qui envisagent d’attenter à leur vie en affichant sur les ponts du comté du Derbyshire des notes édifiantes les exhortant à ne pas sauter.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Rocco Hawkins, 36 ans, plâtrier, a un jour envisagé de se suicider après une agression dans la rue en février 2019, qui lui a laissé une foule de problèmes psychiques et mentaux.
Parlant de l’agression avec Epoch Times, par e-mail,  Rocco a déclaré : « J’ai été assommé. On m’a frappé à la tête et frappé à coups de poings. J’ai eu le crâne fracturé, une hémorragie cérébrale, une demi-dent arrachée, des atteintes au cou et des vertèbres fracturées. »
À la suite de l’agression, Rocco a été atteint du syndrome de stress post-traumatique et également de trouble de la personnalité limite (borderline). L’idée qu’il serait comme ça pour le reste de sa vie l’a totalement bouleversé. Après quatre semaines de séjour à l’hôpital, Rocco a même dû renoncer à son intention de faire une promenade tant cela le rendait anxieux de ne pas pouvoir regarder derrière lui en raison de la minerve qu’il portait.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Pour palier aux résurgences constantes des images de son agression, Rocco s’est réfugié dans l’alcool à des degrés d’absorption très élevés. Pendant toute cette période, souffrant de problèmes de santé mentale, son fils n’a pas été autorisé à lui rendre visite. Après quatre mois de port d’une minerve, Rocco a partagé qu’il n’en pouvait plus et qu’il ne se trouvait plus de raison de vivre. C’est alors qu’il a voulu attenter à sa vie. « J’étais complètement dans le brouillard, j’ai marché sur le pont, grimpé sur la balustrade et ensuite, je ne me souviens pas d’avoir ressenti quoi que ce soit », a déclaré Rocco.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Cependant, ce jour-là, les choses ont pris une autre tournure, car au dernier moment, deux policiers l’ont saisi et mis en sécurité. Cet acte a changé sa vie pour toujours. Après cette tentative de suicide, Rocco a passé quatre mois dans un hôpital psychiatrique, où il était sous traitement et aidé par des professionnels de la santé. Faisant allusion aux quatre mois passés à l’hôpital, Rocco se souvient qu’il lui a été difficile au début d’accepter leur aide, ne voulant pas s’ouvrir à eux. Puis, avec le temps, il leur a tout raconté, et ils ont ainsi pu élaborer un plan pour l’aider. « Je crois que ces professionnels m’ont sauvé la vie et je ne les remercierai jamais assez », a-t-il déclaré.
En janvier de cette année, c’est un homme nouveau, sorti des ténèbres que l’on a pu découvrir. « Arrivé devant la porte de l’hôpital, j’ai fermé les yeux, j’ai pris une grande respiration et je me suis dit que ma vie commençait aujourd’hui », a déclaré Rocco Hawkins. Après avoir quitté l’hôpital, transformé, il s’est senti plein d’ardeur et à eu l’idée de créer de l’espoir chez les personnes qui envisageaient de se suicider, et a ainsi commencé sa mission.
« J’ai décidé d’apposer des citations de prévention du suicide sur les ponts et également des lettres personnalisées de mon histoire », a déclaré Rocco. « J’étais abasourdi lorsque j’étais sur le pont, alors j’ai pensé que les citations pourraient être la distraction dont quelqu’un a besoin pour se changer les idées. »
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Lorsque Epoch Times a demandé à Rocco Hawkins ce qui l’avait poussé à lancer un tel projet, il a répondu que c’étaient les mots de quelqu’un qui avait commenté son statut sur Facebook lorsqu’il avait demandé de l’aide. « Une personne à qui je ne m’attendais pas, et qui m’a que dit si j’allais sur ce pont pour sauter, de surtout faire tout pour me distraire, dévier mon attention et me détourner ainsi du funeste dessein de me jeter du pont », a-t-il déclaré.
Il a ajouté : « J’ai pensé que si on peut me dire cela, alors on peut le dire aux autres. » Il a ensuite décidé de créer quelque chose.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Depuis le début de son engagement à soutenir les gens, Rocco, maintenant sobre depuis 10 mois, a parcouru 15 ponts en épinglant des citations sur la prévention du suicide à travers le comté et a directement aidé à sauver la vie de sept personnes.
Même si c’est difficile, ta lumière éclaire les ténèbres. Ta vie est importante. (Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Il a partagé le fait que les gens le contactent constamment pour lui demander conseil lorsqu’ils se sentent déprimés et qu’ils sont attaqués par des pensées suicidaires. Rocco Hawkins est en mesure de les aider et de leur offrir quelques techniques à partir de ce qu’il a appris à l’hôpital jusqu’à ce que l’aide arrive sur place.
Partageant l’impact positif que ses lettres manuscrites ont sur les gens, M. Hawkins a déclaré : « J’ai reçu un message d’une dame qui me remerciait beaucoup parce que j’avais sauvé la vie de son fils. Il est rentré chez lui avec ma lettre à la main et a dit à sa mère qu’elle l’avait sauvé. »
« Rocco, lorsque j’ai traversé le pont, je n’avais pas l’intention de sauter, mais j’avais le moral au plus bas et me sentais très seul. Ces messages m’ont fait pleurer – je me suis senti tellement aimé, et ça m’a touché d’avoir un rappel que tout va passer encore une fois. Ça m’a rappelé combien de gens ont besoin de moi. Merci du fond du coeur. J’ai remis tes affiches en place puisque d’autres pourront aussi en bénéficier ainsi, et je voulais te dire que tu as eu un impact. Merci, RTB. (Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Pour Rocco Hawkins, la sensibilisation à la santé mentale est très importante, car nous sommes actuellement confrontés à une crise sans précédent. Il croit fermement que les gens doivent s’ouvrir et partager ce qu’ils vivent. « Un problème partagé est un problème réduit de moitié », a expliqué Rocco Hawkins. En visitant les ponts à travers le comté, le bon samaritain a fait parler les gens d’eux-mêmes et leur a fait partager comment les choses ont changé pour eux. De plus, il gère également un groupe Facebook appelé « Bridges of Hope », où les gens partagent ouvertement leurs différentes expériences et s’entraident.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
La vie a vraiment pris un virage à 360 degrés pour Rocco Hawkins, accomplissant plus de neuf marathons et parcourant plus de 1 000 km à vélo pendant cette pandémie. Il a également partagé qu’il se sentait plus fort que jamais et qu’il est passé de la haine des gens de ce monde à l’acceptation des choses nouvelles et excitantes de sa vie. Rocco Hawkins, qui participe toujours à des séances de sevrage d’alcool, s’est également vu offrir le poste de mentor pour ses pairs.
(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
Partageant sa philosophie personnelle qui lui permet de rester motivé et fort, M. Hawkins a déclaré : « Il est urgent de mettre un coup d’arrêt à la stigmatisation qui entoure la santé mentale et de faire prendre conscience aux gens qu’il est tout à fait normal de ne pas toujours aller bien. »
Il conclut en déclarant qu’il veut faire prendre conscience aux gens « que le changement est possible et qu’il en est la preuve vivante ».
Voici d’autres citations que M. Hawkins a affichées sur les ponts
« Mets ta main sur ton coeur. Le sens-tu ? C’est ce qui donne un sens à la vie. Il y a une raison pour laquelle tu es en vie » (Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
« Quand tu as envie de tout abandonner, rappelle-toi ce qui t’a fait tenir le coup jusqu’à présent. » (Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
« Tu es une personne belle, gentille, intelligente, aimable, rayonnante, épatante, tu vaux la peine […] »(Avec l’autorisation de Rocco Hawkins)
source https://fr.theepochtimes.com/homme-accroche-notes-manuscrites-de-prevention-suicide-ponts-convaincre-gens-de-ne-sauter-1478095.htmlhttps://fr.theepochtimes.com/homme-accroche-notes-manuscrites-de-prevention-suicide-ponts-convaincre-gens-de-ne-sauter-1478095.html

samedi 15 février 2020

ETUDE RECHERCHE Connaissances des jeunes sur la dépression et la recherche d’aide et évaluation de la thématique « Santé Mentale et Prévention du Suicide » du Service Sanitaire

CFP 2019
Connaissances des jeunes sur la dépression et la recherche d’aide et évaluation de la thématique « Santé Mentale et Prévention du Suicide » du Service Sanitaire
Décembre 2019, à Nice
C. Guénard (1), M. Wathelet (2,3), P. Aly (3), V. Chouraki (2), P. Thomas (1), C-E. Notredame (1)

(1) Service de psychiatrie, CHU de Lille // (2) Service d’épidémiologie, santé publique, économie de santé et prévention, CHU de Lille // (3) Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie et Santé Mentale Hauts-de-France, Saint-André-lez-Lille

Contexte :

L’adolescence est une période à risque pour la santé mentale. En 2018, le service sanitaire pour tous les étudiants en santé (SSES) a été créé et une thématique Santé Mentale et Prévention du Suicide (SMPS) a été proposée dans le Nord-Pas-de-Calais (NPDC). L’objectif principal de l’étude était d’évaluer les connaissances des jeunes sur la dépression et la recherche d’aide puis d’évaluer la thématique SMPS en matière de satisfaction des adolescents quant à la formation reçue et d’amélioration des connaissances.

Consultez la communication affichée

source https://www.f2rsmpsy.fr/connaissances-jeunes-sur-depression-recherche-draide-evaluation-thematique-sante-mentale-prevention-suicide-service-sani 

mardi 11 février 2020

OUTIL PEDAGOGIQUE & INITIATIVE Court métrage « Le silence parle »


Court métrage « Le silence parle »

Ce court métrage a été réalisé avec une classe d’élèves du Lycée Joliot Curie de Nanterre dans le cadre d’un atelier animé par Marie-Sandrine LAMOUREUX, professeure de français, et Charlotte POUCH, réalisatrice.
Le court métrage est Lauréat "Regards de femmes" - Cannes 2019.
Le thème 2020 des journées de prévention du suicide est « Plaidoyer pour une prévention partagée ». Le court métrage en est exemple et diffusé lors d'une rencontre grand public autour du court métrage à Colombes le 25/02/2020

Dossier de presse du court métrage

Le silence parle, un court métrage qui parle du suicide
Synopsis :
Les élèves d’une classe de seconde à Nanterre écrivent le scénario d’un film, autour du suicide chez les adolescents. A partir de situations qui les entourent quotidiennement, Sophie rend un dernier hommage à son meilleur ami. Tour à tour, ils expriment ce qui va devenir les images de leur film.
Un film du Lycée Joliot Curie réalisé dans le cadre du projet « Regards de Femmes », mis en place par l’Association Femmes&Cinéma, les ateliers de lecture et d’écriture accompagnés par un·e scénariste professionnel·le· sont suivis par un atelier de réalisation du court-métrage encadré par un·e réalisateur·rice professionnel·le· et leur enseignant·e. L’enjeu de ces ateliers est de faire interagir les lycéen·ne·s sur des thématiques de société comme le suicide, le sexisme, le handicap… auxquelles ils sont/seront confrontés.
Le court métrage est lauréats Cannes 2019.
Contacts du court métrage :  Charlotte POUCH  Réalisatrice 06 70 72 48 23
charlottepouch@icloud.com
Marie-Sandrine LAMOUREUX   Professeure de français  06 67 69 54 31
Sandrine.Lamoureux@ac-versailles.fr

Affiche de la journée du 25 février 2020


lundi 3 février 2020

INITIATIVE Des étudiants en agronomie veulent sensibiliser leur profession aux suicides chez les agriculteurs

Société
Des étudiants en agronomie veulent sensibiliser leur profession aux suicides chez les agriculteurs
Lundi 3 février 2020 Par Victorien Willaume, France Bleu Bourgogne

Cinq étudiants en deuxième année à l'Agro Sup Dijon préparent depuis plusieurs semaines un projet de sensibilisation aux suicides chez les agriculteurs. Ils ont réalisé un poster qui explique le comportement à adopter quand on rencontre un agriculteur en détresse. En tout cinq étudiants ont décidé de se lancer dans ce projet, notamment parce qu'on parle rarement du suicide des agriculteurs dans les écoles. © Radio France - Victorien Willaume

Dijon, France

Cinq étudiants en deuxième année d'agronomie à l'AgroSup Dijon préparent depuis plusieurs semaines un projet de sensibilisation au suicide chez les agriculteurs. Ils ont entre 21 et 23 ans et sont partis de ce constat : plus d'un agriculteur se suicide chaque jour en France.

Les étudiants ont eu cette idée pour plusieurs raisons : d'abord, en tant que futurs techniciens, ils seront amenés à côtoyer régulièrement sur le terrain des agriculteurs, et ils veulent donc être en capacité de les aider. Deuxième déclic : ils ont trouvé intéressant de parler d'un sujet qui n'est jamais évoqué dans leur école.
Apprendre à réagir quand on se retrouve face à un agriculteur en difficulté

Et après plusieurs semaines de travail, le principal résultat est un poster composé de schémas, qui permet de savoir comment réagir lorsqu'un technicien agronome notamment se retrouve face à un agriculteur en détresse. A terme, ils espèrent que leur travail servira de support pédagogique à des écoles d'agronomie. A terme, les étudiants espèrent carrément que leur travail servira de support pédagogique à des écoles d'agronomie.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/des-etudiants-en-agronomie-veulent-sensibiliser-leur-profession-aux-suicides-chez-les-agriculteurs-1580552931

vendredi 31 janvier 2020

ETUDE RECHERCHE SUISSE Programme sentinelle : exemple de prévention du suicide auprès d’une population agricole en Suisse


Programme sentinelle : exemple de prévention du suicide auprès d’une population agricole en Suisse - 31/01/20
Sentinel program: Example of suicide prevention for an agricultural population in Switzerland
Doi : 10.1016/j.encep.2019.10.008 
S. Saillant a, ⁎ , L. Michaud b, J. Besson c, Y. Dorogi b
a Département de psychiatrie générale et liaison, Centre Neuchâtelois de psychiatrie, Maladière 45, 2000 Neuchâtel, Suisse 
b Service de psychiatrie de liaison, département de psychiatrie, CHUV, Les Allières, Av. De Beaumont 23, 1011 Lausanne, Suisse 
c Service de psychiatrie communautaire, département de psychiatrie, CHUV, place Chauderon 18, 1003 Lausanne, Suisse 
⁎Auteur correspondant.
Sous presse.  L'Encéphale Disponible en ligne depuis le vendredi 31 janvier 2020
Résumé
Objectifs
Présenter la mise sur pied d’une formation de prévention à la problématique suicidaire auprès d’une population de travailleurs du domaine agricole dans deux cantons de Suisse francophone (Vaud et Neuchâtel).
Méthodes
Le modèle de formation repose sur un concept de mises en situation ayant pour objectif de travailler sur la posture (savoir être) des participants, en formant des « sentinelles » qui peuvent établir un lien entre les individus en souffrance et les ressources d’aide disponibles. La durée de la session de formation est d’une demi-journée, alternant entre travail en plénière et mises en situation en petits groupes.
Résultats
Neuf sessions ont eu lieu avec 220 participants au total. Les thèmes abordés par les participants furent, d’une part, l’aspect tabou du sujet, la difficulté à en parler et la nécessité de pouvoir aborder le sujet (rompre l’isolement). Les participants ont mis en évidence la nécessité d’avoir des pairs qui servent de relais afin d’obtenir de l’aide.
Conclusions
Compte tenu de ce groupe à risque, nous mettons en évidence une nécessité à renforcer la prévention du suicide auprès de la population agricole, avec des programmes de formation et également en améliorant l’accès aux soins de santé mentale, aspect souvent déficitaire dans le milieu rural.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.


Plan

jeudi 30 janvier 2020

Suicide des forces de l’ordre: ces policiers qui viennent en aide à leurs pairs

Suicide des forces de l’ordre: ces policiers qui viennent en aide à leurs pairs
TÉMOIGNAGE - Près de 5000 policiers ont rejoint la page Facebook SOS policiers en détresse, association qui lutte contre les suicides dans la police.
Par MARGAUX D ADHEMAR DE CRANSAC
«
Plus de suicides dans la police» scandent les manifestants lors d’une «marche de la colère» des policiers à Paris, le 2 octobre 2019. AFP
Depuis le début de l’année 2020, déjà trois fonctionnaires se sont donné la mort. En 2019, selon un décompte de la police nationale, 59 policiers se sont suicidés, soit une hausse de 60% par rapport à l’année précédente. Une page Facebook créée par des policiers vient en aide à ceux susceptibles de passer à l’acte - une structure montée par des policiers pour des policiers.
«J’étais dans le vestiaire, mon arme à la main, et si tu ne m’avais pas répondu…», confie une collègue à Christophe, vice-président de l’association SOS policiers en détresse. Un aveu que le fonctionnaire de la brigade anticriminalité de Dijon entend souvent de la part de ses confrères. Le dernier appel qu’il a reçu était celui d’une femme d’une quarantaine d’années, le soir, à 23h: «Elle m’a dit: “Christophe, dis-moi un mot. Je suis en voiture, là. Dis-moi un mot qui prouve que le métier que je fais a encore un sens”. J’ai répondu: “Pense aux victimes, pense à toutes ces personnes qui ont été victimes d’infraction et que tu as aidées”. Le lendemain, j’ai rappelé pour savoir comment ça allait. Elle m’a dit: “Tu sais , tu te serais trompé de mot, je me serais mise dans un arbre”.»

Des suicides à répétition
Avec 59 suicides l’année dernière, le bilan est presque aussi élevé que «l’année noire» de 1996, lorsque 70 suicides avaient été recensés. Bien souvent, ces suicides adviennent sur le lieu de travail, dénonçant ainsi un management défaillant. Christophe en est persuadé, «les collègues ne font plus attention les uns aux autres». «Dans mon commissariat, un jeune ADS (Adjoint de sécurité) de 24 ans s’est suicidé», explique le policier membre de l’association. «C’est son père, qui était aussi un collègue, qui l’a retrouvé au sein même du commissariat. Le lendemain de l’enterrement, j’ai été choqué par l’indifférence générale du service. La vie reprenait son cours, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, on savait que c’était lié à ses supérieurs, qu’il y avait eu un vrai problème de management.».
Seulement quelques mois après cet événement, le service du commissariat de Christophe a fait face à une nouvelle tentative de suicide: «Le commissaire nous a dit: “On est d’accord, c’est un appel au secours, c’est un problème personnel” , alors que la tentative de suicide s’était produite sur le lieu de travail. (...) Il avait son arme à la main, il était soûl. Il avait laissé trois lettres - deux pour le côté professionnel et une pour le personnel». Christophe a alors le déclic et s’engage aux côtés de Yohan, fondateur de la page Facebook, créant une association pour venir en aide aux policiers à bout de nerfs.
En 1996, 71 policiers se sont suicidés. Depuis, les différentes mesures mises en place n'ont pas fait baissé la courbe des suicides. Résultat ? Entre 1996 et 2018, 1054 policiers ont mis un terme à leur vie. Et ce taux ne baissera pas en 2019.

Peur d’être désarmé
Pourtant, depuis 1996, les policiers ont à leur disposition une cellule d’écoute. Un service officiel peu utilisé dans la profession: «Il y a une vraie rupture entre l’administration et les collègues», témoigne le vice-président de l’association SOS policiers en détresse. Pour Christophe, cette défiance vis-à-vis des psychologues est liée à la peur d’être désarmé: «Le problème, c’est la confidentialité: si on parle au psy en expliquant ce qui ne va pas bien, les collègues craignent que le psychologue avertisse la hiérarchie et le désarme. Or, le psychologue fait son travail en alertant. (...) Cette peur est très ancrée dans les mentalités. Le but de notre association est de rendre leur légitimité aux psychologues, parce que nous connaissons nos limites, nous sommes juste policiers, donc, à un moment donné, il faut passer le relais à un psychologue professionnel. C’est pourquoi notre travail est de s’attacher à faire le lien entre l’administration et nos collègues».

Une alternative qui séduit les gardiens de la paix. Selon les informations communiquées par l’association au Figaro, du 28 septembre au 31 décembre 2019, la cellule d’écoute officielle a reçu seulement 300 appels, alors que SOS policiers en détresse a été sollicité environ 6000 fois. Un écart lié, selon Christophe, au fait que les psychologues de la cellule d’écoute ne connaissent pas le métier: «Il faut d’abord que les policiers expliquent leur profession. Alors qu’avec nous, il y a un “transfert d’identification”. Ils nous disent simplement dans quel service ils sont, puis on se tutoie tout de suite, une confiance s’installe rapidement, ils parlent tout de suite de leurs problèmes. On se confie plus facilement à des pairs qu’à des professionnels extérieurs. Nous, nous connaissons les spécificités du métier. Les policiers qui nous appellent nous font confiance. Et puis, on arrive à se reconnaître grâce à notre propre jargon».
Une violence quotidienne «qui pousse à presser la détente»
Au-delà de la confiance mutuelle et du vocabulaire commun, les policiers qui contactent SOS policiers en détresse savent que ceux qui leur parlent connaissent leur quotidien et la violence à laquelle ils sont bien souvent confrontés. Un sujet tabou au sein de la profession: rares sont les cas où les forces de l’ordre s’expriment sur cette violence, «ayant intégré en école policière qu’on ne parle pas de ce qu’on fait ou de ce que l’on voit au travail». Une façon également de protéger leurs familles. «Nous n’avons pas le droit de parler, c’est ce qu’on nous inculque en école policière (...). Le vase se remplit un peu tous les jours, on attend qu’il soit plein pour le vider», ajoute Christophe.
Un silence sur la violence quotidienne qui se retourne finalement contre eux: «À force d’y être confrontés, on banalise la violence, même celle vis-à-vis de nous. Tous les jours, on doit faire preuve de courage, et, bien souvent, c’est ce courage quotidien qui pousse à presser la détente», explique le cofondateur de l’association.
Début octobre, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé la mise en place d’un nouveau numéro vert (0805 230 405) pour lutter contre ce phénomène de suicides au sein de la profession.

samedi 25 janvier 2020

AUTOUR DE LA QUESTION Nord (59) CAR’ADO poursuit sa route de la prévention

CAR’ADO poursuit sa route de la prévention
24 janvier 2020 - Par la capitaine Sophie Bernard

Fort de son succès, la Car’ado poursuit son itinérance en 2020. À l'occasion de cette deuxième édition, un second message de prévention sera diffusé, portant sur les dangers liés au harcèlement. - © © GGD 59
Cela fait six mois maintenant que le groupement de gendarmerie départementale du Nord a lancé l’opération Car’ado, un projet innovant amenant des jeunes volontaires à se déplacer vers d’autres jeunes pour prévenir les violences sexuelles et sexistes. Ce début d’année est l’occasion de dresser un premier bilan et de connaître leurs objectifs pour 2020.
L’opération de prévention Car’ado existe depuis déjà six mois dans le Groupement de gendarmerie départementale du Nord, alternant les rendez-vous sur l'espace public, dans les cinémas ou encore sur les réseaux sociaux, afin de sensibiliser les jeunes face aux violences sexuelles et sexistes.

Ce dispositif de primo-prévention, conduit par les jeunes et pour les jeunes, se distingue en effet par son itinérance dans l'espace et sa continuité dans le temps. Le message porté par les « caradistes » s'articule en quatre points :
- sensibilisation aux premiers signes de violences sexistes et sexuelles à l'occasion des premiers rapports amoureux ;
- promotion et sanctuarisation de l'égalité des genres ;
- diffusion d'adresses utiles dès lors qu'on est confronté directement ou indirectement à ces violences ;
- dénonciation permanente des violences faites aux femmes.

Édition 2019 : bilan très positifDepuis son lancement, l'été dernier, l’opération rencontre un franc succès, que ce soit du côté des des jeunes armant la Car’ado, dont l’essentiel des volontaires sont notamment issus du centre ÉPIDE (Établissement pour l'insertion dans l'emploi ) de Cambrai et du lycée Jean-Paul II de Denain, qu’auprès des différents partenaires, mais aussi et surtout, vis-à-vis des milliers de jeunes rencontrés.
En seulement six mois, le minibus sillonnant les routes du Nord a permis de diffuser ces messages de prévention auprès de plus de 6 000 adolescents. Par ailleurs, via les réseaux sociaux, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont été sensibilisées par Car’ado.

En seulement six mois, le minibus sillonnant les routes du Nord a permis de diffuser ces messages de prévention auprès de plus de 6 000 adolescents. - © © GGD 59
L’initiative a également été saluée par les secrétaires d’État, Marlène Schiappa et Laurent Nunez, les parlementaires et élus des collectivités territoriales ainsi que par les plus hautes autorités administratives et judiciaires. Tous ont eu l’occasion de rencontrer les jeunes volontaires de la Car’ado à l’occasion de leurs différentes interventions.

Ciné-débats : des images sur des mauxAu total, l’action a déjà mené à une vingtaine de rendez-vous organisés sur la voie publique, autant sur les réseaux sociaux, ainsi que neuf ciné-débats autour de films traitant de cette thématique, comme « Darling » de Christine Carrière, « Arrêtez-moi » de Jean-Paul Lilienfeld, ou encore « L’emprise » de Claude-Michel Rome.
Deux ciné-débats auront encore lieu ce mois-ci avec la Car’ado : l’un à Fourmies, le lundi 27 janvier, et le second à l’Institution régional d’administration (IRA) de Lille, le vendredi 31 janvier. Ce sera en quelque sorte le jubilé de la Car’ado pour l’édition 2019.
Pour participer à ces rendez vous, il suffit de s’inscrire en envoyant un message via la page Facebook « Car’ado Team ».

Ce dispositif de primo-prévention, conduit par les jeunes et pour les jeunes, se distingue par son itinérance dans l'espace et sa continuité dans le temps. - © © GGD 59

Vers de nouveaux horizons en 2020Les violences, sous toutes leurs formes, demeurant malheureusement un fléau dans notre société, la Car’ado, fort de son succès, se doit de poursuivre son itinérance en 2020. À l'occasion de cette deuxième édition, un second message de prévention sera diffusé, portant sur les dangers liés au harcèlement.
En effet, tout aussi destructeur, celui-ci peut survenir dans différents cadres, que ce soit dans la rue, à l’école, sur Internet, ou encore au travail. Il constitue malheureusement aujourd’hui une véritable vulnérabilité à laquelle sont exposés les jeunes, susceptible de les conduire du mal-être jusqu'au suicide.
Par ailleurs, les partenariats déjà entrepris seront pérennisés et de nouveaux liens seront tissés avec des institutions intéressées par ce concept novateur de « prévention pour et par les jeunes ». Continuez de suivre la Car’ado sur Facebook (Car’ado Team et GGD 59), Instagram (car_ado__ ), ou encore Twitter (@gendarmerie59).

Les jeunes armant la Car’ado sont pour l'essentiel des volontaires issus du centre ÉPIDE de Cambrai et du lycée Jean-Paul II de Denain. - © © GGD 59
 
https://www.gendinfo.fr/Sur-le-terrain/Immersion/CAR-ADO-poursuit-sa-route-de-la-prevention