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samedi 12 février 2022

ETUDE RECHERCHE NOTICE ARTICLE A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

Julien Corbé 1
1 Thèses d'exercice et mémoires - UFR de Médecine Montpellier-Nîmes
Résumé : Contexte : les personnes faisant des tentatives de suicide médicalement graves (Medically Serious Suicide Attempt (MSSA)) partagent un certain nombre de caractéristiques avec celles qui se suicident et présentent un risque élevé de suicide ultérieur. Les études menées jusqu'à présent ont surtout porté sur des échantillons cliniques ; une étude épidémiologique au niveau national permettra d'établir des profils à risque et des parcours de soins dans cette population. Méthodes : nous avons exploré la base de données nationale française des sorties d'hôpital (Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information, PMSI) pour identifier toute MSSA ayant eu lieu entre 2012 et 2019. Des informations démographiques et médicales pertinentes ont été collectées sur la première MSSA de chaque patient avec une période de washout de deux ans. Résultats : le nombre de premières MSSAs s’est élevé à 81 959 cas sur 8 ans, avec un âge moyen de 45,8 ans et 53,6 % de femmes. L'incidence était plus élevée chez les femmes (18.1 contre 17.3 pour 100 000 personnes-années). La méthode de suicide la plus courante était l'auto-intoxication médicamenteuse (64,9 % des cas). En comparaison, les méthodes violentes étaient associées à une mortalité et à des comorbidités plus élevées et étaient plus fréquentes chez les hommes. Les troubles mentaux les plus fréquents étaient les troubles de l'humeur (55,6 %) et les troubles de l’usage de substances (46,2 %). Une minorité de survivants de MSSAs ont été hospitalisés en psychiatrie (32,5 %), principalement des femmes. Conclusions : les MSSAs sont fréquentes et faciles à identifier. Il est nécessaire de renforcer la continuité des soins psychiatriques pour cette population étant donné le risque élevé de suicide ultérieur, et les faibles taux d'hospitalisation en psychiatrie après une MSSA. Une prise en charge spécifique ciblant cette population pourrait réduire les écarts de traitement.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03563477
Contributeur : Faculté de Médecine Um
Soumis le : mercredi 9 février 2022

Julien Corbé. A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors. Human health and pathology. 2021. ⟨dumas-03563477⟩ 

jeudi 10 février 2022

NOTICE ARTICLE Suicidant

Suicidant
R. Wallaert , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
Service de psychiatrie, Unité de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France
Auteur correspondant.
 
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Thursday 10 February 2022
- 09/02/22
[24-153-B-20] - Doi : 10.1016/S1241-8234(22)45986-4
Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention
Plan
Introduction
Suicide en France : données épidémiologiques
Crise suicidaire
Comorbidité psychiatrique liée aux conduites suicidaires
Parcours des patients suicidants
Prise en charge des suicidants dans les services d'urgences
Place des urgences dans la prévention du suicide
Déclaration de liens d'intérêts

☆ Les annexes indiquées dans ce PDF sont présentes dans la version étendue de l'article disponible sur www.em-consulte.com/.

☆☆ Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Médecine d'urgence 2020;14(4):1-11 [25-150-A-20]. 

https://www.em-consulte.com/article/1500978

vendredi 28 janvier 2022

USA Réduction du risque suicidaire : la question du depistage universel hospitalier

D’après article Suicide Risk Screenings Can Save Lives Hospitals and health systems are well positioned to identify patients at risk and connect them to care Par: Kristen MizziAngelone 25/01/22 https://www.pewtrusts.org/*


Les dépistages du risque de suicide peuvent sauver des vies
Les hôpitaux et les systèmes de santé sont bien placés pour identifier les patients à risque et les connecter aux soins

Le suicide était la 12e cause de décès aux États-Unis en 2020.

Le taux de suicide global aux États-Unis a augmenté de 33 % de 1999 à 2019, selon les  Centers for Disease Control and Prevention. Le CDC signale des augmentations encore plus importantes parmi certains groupes raciaux et ethniques : les femmes et les hommes (71 %) amérindiens et autochtones de l'Alaska ; les femmes noires (65 %), les femmes blanches (68 %) et les hommes (40 %), et Femmes hispaniques (37%). Les autres personnes les plus à risque de suicide comprennent les anciens combattants, les personnes qui s'identifient comme LGBTQ, les adolescents et les jeunes adultes et les survivants de catastrophes.

Les données de l'enquête montrent que la plupart des Américains pensent que le suicide est évitable, et les dernières recherches scientifiques soutiennent ce point de vue. La prévention du suicide nécessite une gamme d'interventions, mais une étape simple est le dépistage hospitalier, c'est-à-dire poser quelques questions aux patients entrant dans les hôpitaux ou les systèmes de soins de santé pour déterminer s'ils risquent de se faire du mal. Un tel dépistage permet aux professionnels de la santé d'évaluer les besoins des patients, puis de leur fournir ou de les orienter vers des soins fondés sur des données probantes.

Selon une étude récente, environ la moitié des personnes décédées par suicide au cours de la période de 10 ans examinée avaient consulté un professionnel de la santé au moins une fois au cours du mois précédant leur décès. Des recherches supplémentaires suggèrent que, s'ils avaient été dépistés pour le risque de suicide par ces prestataires, beaucoup auraient pu recevoir des soins et survivre. En effet, une étude de 2017 portant sur huit services d'urgence dans sept États, on a constaté 30 % de tentatives de suicide en moins chez les patients qui ont été dépistés et ont reçu des soins fondés sur des preuves par rapport aux patients qui n'ont pas été dépistés. Une autre étude portant sur les hôpitaux des anciens combattants a révélé que les patients qui ont été dépistés puis ont reçu des interventions cliniques étaient deux fois moins susceptibles d'avoir un comportement suicidaire et plus de deux fois plus susceptibles de suivre un traitement de santé mentale par rapport à ceux qui recevaient des soins habituels.

La plupart des systèmes de soins de santé américains dépistent les patients pour le risque de suicide uniquement s'ils ont déjà été diagnostiqués avec un problème de comportement ou de santé mentale. Cependant, certains leaders de l'industrie ont déjà pris des mesures pour dépister le risque suicidaire d'une population de patients plus large. Par example:
En 2001, le système de santé Henry Ford du Michigan est devenu le premier à étendre ses efforts de prévention et de dépistage du suicide dans le but de mettre fin au suicide au sein du système. Le résultat global a été une réduction de 80 %, dont une période de 18 mois entre 2009 et 2010 sans aucun suicide. Il est à noter que cette baisse statistiquement significative s'est produite alors que le taux de suicide global du Michigan a augmenté.

L'hôpital Parkland de Dallas , l'un des plus grands hôpitaux publics du pays, a mis en place avec succès le dépistage universel du risque de suicide en 2015.
Le système de santé de l'Université de Pennsylvanie évalue tous les patients de son service d'urgence et de ses consultations externes.
La clinique Billings, un système de santé rural desservant le Montana, le Wyoming et les Dakotas de l'ouest, dépiste tous les patients de son service d'urgence.

Les cliniciens et les gestionnaires de soins de santé reconnaissent l'importance de réduire le suicide, mais peuvent craindre que le dépistage ne soit un fardeau de plus coûteux et chronophage pour des opérations déjà surchargées. Heureusement, bon nombre, sinon la totalité, de ces préoccupations peuvent être atténuées.

Premièrement, le dépistage et les soins de suite sont remboursables par l'assurance. Deuxièmement, les enquêtes de dépistage peuvent être aussi brèves que deux questions. Après la mise en œuvre du dépistage universel, l'hôpital Parkland a constaté que 96 % des patients avaient un dépistage négatif, ne justifiant aucune autre action de la part des prestataires. Enfin, dans les quelques cas qui nécessitent une attention particulière, le prestataire peut orienter les patients vers les soins et services appropriés, y compris la planification de la sécurité, les contacts de suivi et les conseils, généralement disponibles dans cet hôpital ou système de santé ou via d'autres services de santé mentale et de prévention du suicide. ressources dans la communauté. Des preuves anecdotiques de Parkland suggèrent également que le dépistage n'a pas perturbé les flux de travail hospitaliers et qu'il a connecté des milliers de personnes à des services de soins de santé mentale indispensables.

Étant donné que la pratique du dépistage du risque suicidaire chez tous les patients est encore limitée à une petite minorité d'établissements de soins de santé, la plupart des prestataires et des administrateurs ont besoin d'aide pour comprendre comment l'intégrer à leurs opérations quotidiennes. Parmi les questions clés figurent : qui doit effectuer les évaluations, qui doit être évalué, comment s'assurer que les systèmes fournissent des soins de manière équitable et répondent aux besoins des populations mal desservies, comment obtenir le remboursement de l'assurance et comment mesurer les résultats et ajuster les programmes si nécessaire. Les prestataires ont également besoin d'outils de dépistage intégrés dans leurs systèmes de dossiers de santé électroniques pour normaliser et rationaliser leurs processus d'identification des risques. Les organismes d'accréditation et de surveillance des hôpitaux peuvent jouer un rôle dans la promotion d'une adoption généralisée et d'une mise en œuvre cohérente.

Alors que la pandémie de COVID-19 amplifie l'anxiété, la dépression , le stress financier, la toxicomanie et d'autres facteurs de risque de suicide, les hôpitaux et les systèmes de santé ont une opportunité à faible risque et très gratifiante d'identifier et de traiter les personnes susceptibles de se faire du mal. Le coût du dépistage est minime et les avantages peuvent être mesurés en milliers de vies.

Kristen Mizzi Angelone dirige le projet de réduction des risques de suicide de Pew. 

https://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/articles/2022/01/25/suicide-risk-screenings-can-save-lives

lundi 27 septembre 2021

Montpellier : Le CHU renforce sa présence auprès des patients hospitalisés suite à une tentative de suicide avec la mise en place de la “prescription sociale”


Montpellier : Le CHU renforce sa présence auprès des patients hospitalisés suite à une tentative de suicide

Alix Drouillat
13 septembre 2021 - 14:01

Le Département d’Urgence et Post Urgence Psychiatrique (DUPUP) du CHU de Montpellier met en place un nouveau dispositif d’accompagnement des patients hospitalisés suite à une tentative de suicide.

« L’épidémie de suicides déclenchée par la pandémie de Covid-19 est prévisible et évitable », soutient le CHU de Montpellier. À l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, vendredi 10 septembre, le Département d’Urgence et Post Urgence Psychiatrique (DUPUP) a présenté un nouveau dispositif d’accompagnement mis en place dès la rentrée pour les patients suicidaires pris en charge dans ses services.

En comparaison avec les années précédentes, le nombre d’hospitalisations est resté stable durant l’année 2020. Mais le CHU de Montpellier craint une augmentation des conduites suicidaires allant jusqu’à + 8 % dans les prochaines années. « La pandémie et son cortège de conséquences économiques et sociales sont un terreau fertile à l’émergence de troubles psychiatriques chez les personnes vulnérables », explique-t-il.

Accompagnement plus adapté

Avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé Occitanie, l’équipe du DUPUP renforce son accompagnement auprès des patients hospitalisés après une tentative de suicide. Lorsqu’ils sont admis aux urgences, ils bénéficient tout d’abord d’une prise en charge par l’équipe afin de procéder à une évaluation clinique. Par la suite, une hospitalisation peut être proposée dans l’unité de soins dédiée de l’Hôpital Lapeyronie. Le patient sera alors accompagné par une « équipe spécialisée dans la crise suicidaire et pourra bénéficier des innovations pharmacologiques actuelles », poursuit le CHU de Montpellier. Après le retour à domicile, des consultations médicales et infirmières sont organisées régulièrement durant quelques semaines.

Mise en place de la “prescription sociale”

L’innovation dans ce dispositif consiste à mettre en place une “prescription sociale”. Au-delà des soins médicaux apportés par les équipes, l’objectif est de prendre en compte les facteurs favorisant le passage à l’acte dans l’environnement du patient, comme « les violences, l’insécurité économique, l’isolement social et la solitude”, explique le CHU. Ainsi, un travailleur social aura pour mission de l’accompagner quotidiennement afin de l’aider à restaurer ses besoins essentiels en le connectant directement aux ressources institutionnelles ou associatives existantes. « La perspective souhaitée sera de développer des collaborations avec les services de la Métropole pour optimiser ces possibilités de soutien social auprès des patients », ajoute le CHU de Montpellier.

De plus, les patients bénéficient désormais du “dispositif Vigilans”, qui permet de maintenir le lien par contact téléphonique ou postal avec les professionnels de santé. En cas de nouvelle crise suicidaire, une équipe dédiée pourra réagir plus rapidement pour éviter le passage à l’acte.


Alix Drouillat

https://www.lejournaltoulousain.fr/occitanie/herault/montpellier-chu-aide-suicide-129409/

lundi 28 juin 2021

ETUDE RECHERCHE : Une modalité de prise en charge de jeunes adultes psychotiques suicidants en institution psychiatrique

Une modalité de prise en charge de jeunes adultes psychotiques suicidants en institution psychiatrique
Souad Dehbi *
Psychologue clinicienne au GHU Paris Psychiatrie & neurosciences, Paris, France
L'Information Psychiatrique
Volume 97, numéro 5, Mai 2021

Les tentatives de suicide dans un contexte de psychose continuent d’interroger les soignants d’une part, à cause de la fréquence et la gravité des passages à l’acte et d’autre part, parce qu’elles se distinguent des passages à l’acte suicidaire dans d’autres pathologies. Nous présenterons, dans une première partie, comment certaines modalités de traitement institutionnel permettent qu’une dynamique de soins limite les effets délétères du risque des passages à l’acte. Nous donnerons ensuite quelques repères psychanalytiques pour penser l’adolescence et la psychose émergente afin d’aider à saisir la problématique d’un jeune homme âgé de 20 ans ayant fait de nombreuses tentatives de suicide dans un contexte de psychose. Enfin, je montrerai les potentialités que peut permettre un suivi psychothérapique au côté d’un travail pluridisciplinaire.

Mots-clés : premier épisode psychotique, jeune adulte, tentative de suicide, récidive suicidaire, prise en charge, hospitalisation psychiatrique, psychothérapie, cas clinique
DOI : 10.1684/ipe.2021.2268
Page(s) : 397-401
Année de parution : 2021

source https://www.jle.com/fr/revues/ipe/e-docs/une_modalite_de_prise_en_charge_de_jeunes_adultes_psychotiques_suicidants_en_institution_psychiatrique_320421/article.phtml

jeudi 11 mars 2021

Mal-être des étudiants: une plateforme pour bénéficier de prises en charges psychologiques gratuites

Mal-être des étudiants: une plateforme pour bénéficier de prises en charges psychologiques gratuites

Un site internet vient d’être lancé pour faciliter l’accès pour les étudiants à une prise en charge psychologique.

Les étudiants Français vivent de plus en plus mal la crise sanitaire et toutes les contraintes qui y sont liées. Difficultés financières, manque d’interactions sociales, isolement… pour certains, un mal-être profond s’est installé.

C’est pour les aider que le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé en janvier la création d’un « chèque psy » pour permettre «  à tous les jeunes qui en ont besoin d’accéder beaucoup plus facilement, et avec une prise en charge, à un professionnel – psychologue, psychiatre  ».

Pour concrétiser le processus le gouvernement a mis en ligne ce mercredi 10 mars le site Santé Psy Etudiant, a repéré Le Parisien. « Étudiants, parlez de vos difficultés ! », annonce le site sur sa page d’accueil, qui permet aux étudiants « pendant la crise sanitaire, [de bénéficier] de séances avec un psychologue gratuitement, sans avancer de frais ».

Concrètement, pour pouvoir bénéficier du dispositif, les étudiants qui le souhaitent doivent consulter leur médecin généraliste, ou le Service de Santé Universitaire, en se munissant « de leur carte étudiante ou de tout document équivalent » pour se faire prescrire les séances remboursées.

500 professionnels déjà recensés

Reste ensuite à choisir un professionnel, parmi la liste des psychologues partenaires, et à prendre rendez-vous. Le psychologue suivra ensuite l’étudiant pendant 3 séances (pour lesquelles il n’aura rien à débourser), en rendez-vous physique, ou à distance pour des séances de 45 minutes à 1 heure, précise le Parisien. Elles seront renouvelables une fois par son médecin traitant, ou par le médecin du service de santé universitaire, si nécessaire.

Actuellement, près de 500 psychologues sont inscrits sur le site, et la liste devrait s’allonger dans les semaines à venir. Le Parisien indique que près de 1 300 professionnels se sont portés volontaires pour rejoindre le dispositif, et facturer leurs séances à 30 €, en deçà des tarifs habituels. Dans le Nord, on dénombre 15 professionnels (majoritairement dans la métropole lilloise), et 8 dans le Pas-de-Calais.

« Nous n’effectuerons pas un suivi classique. Il s’agit plutôt de trouver des réponses dans l’urgence, leur permettre de dégonfler une pression, un stress, des angoisses liées à la situation sanitaire ou l’isolement », a détaillé Gladys Mondière, coprésidente de la Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP), au journal quotidien.

https://www.lavoixdunord.fr/956202/article/2021-03-10/mal-etre-des-etudiants-une-plateforme-pour-beneficier-de-prises-en-charges

vendredi 22 janvier 2021

Programme Haute Autorité de Santé "psychiatrie et santé mentale" : une démarche de coconstruction

 

[Interview croisée] Psychiatrie et santé mentale : une démarche de coconstruction

Article HAS - Mis en ligne le 20 janv. 2021

Le 2è programme de travail pluriannuel « psychiatrie et santé mentale », fondé, comme le précédent, sur une démarche de coconstruction, intègre des travaux relatifs aux champs sanitaire, médico-social et social, dans le but d’améliorer les parcours de santé et de vie des patients. Amélie Prigent, du service des bonnes pratiques (SBP) et le Dr Yvan Halimi, psychiatre et président du comité de suivi « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, en présentent ici les spécificités et les avancées.

Le programme pluriannuel et le comité de suivi

Pourquoi la HAS a-t-elle mis en place un programme pluriannuel et un comité de suivi sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale ?

Amélie Prigent : « C’est à la suite de nombreuses saisines institutionnelles adressées à la HAS sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale qu’en 2012 il a été décidé de travailler à la cohérence et à la priorisation des travaux grâce à un programme de travail pluriannuel et à la constitution d’un comité de suivi. Le premier programme de ce type, qui est le seul à la HAS à être dédié à une discipline, a ainsi couvert la période 2013-2017 et a principalement inclus des recommandations et des guides de bonnes pratiques. A la suite des retours positifs sur la démarche et la méthode développées pour ce premier programme, un second programme pluriannuel a été élaboré pour la période 2018-2023. La version actualisée vient d’être mise en ligne, onze nouveaux travaux y sont intégrés par rapport à la version de 2018. Quatre grands thèmes sont abordés : droits des patients et sécurité en psychiatrie ; troubles mentaux sévères et persistants et handicap psychique ; pédopsychiatrie ; psychiatrie, santé mentale et addictions. En complément des recommandations et guides de bonnes pratiques qui seront produits sur ces thèmes, le programme 2018-2023 intègre également les travaux de développement d’indicateurs dans le champ de psychiatrie et de la santé mentale, les travaux relatifs à la certification des établissements de santé, etc. »

Yvan Halimi : « Un programme de travail dédié à la psychiatrie et à la santé mentale se justifie également par la complexité, dans cette discipline, de l’intrication des facteurs bio-psycho-sociaux. La HAS doit tenir compte de cette intrication tout en se gardant des risques en miroir des postures scientistes ou idéologiques, et de clivage entre recherche fondamentale et pratiques soignantes sur le terrain. Cette approche décloisonnée pluridisciplinaire doit ainsi intégrer recherche clinique, neurosciences, sciences humaines et sociales, recherche en soins infirmiers, épidémiologie, recherche sur les politiques publiques de santé, etc. Elle doit aussi prendre en compte les expériences et modèles étrangers mais en veillant à les référer à leurs contextes historiques, culturels et législatifs pour évaluer les conditions de leur faisabilité en France. C’est ainsi qu’à notre dernier comité de suivi, le Dr Alain Grégoire a présenté le dispositif de psychiatrie périnatale qu’il a mis en place au Royaume-Uni. »

Le principe de coconstruction

Quel a été l'apport des professionnels de santé et des patients dans la démarche ? Comment sont-ils intégrés ? En quoi consiste ce principe de coconstruction ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie les vérités mathématiques sont plutôt rares et les plus grandes réussites sont souvent le fruit d’un travail de coconstruction par l’ensemble des acteurs concernés, la contribution de chacun étant le meilleur garant de l’appropriation de la démarche dans l’évolution des pratiques au quotidien. Parmi ces acteurs, il faut insister sur l’importance du dialogue avec les patients et leurs proches, levier essentiel par l’éclairage de leurs expériences vécues, pour questionner et améliorer nos pratiques de prévention et de soins. Il faut toutefois souligner que la mise en œuvre sur le terrain des productions de la HAS suppose des professionnels formés et en nombre suffisant. »

La pédopsychiatrie, un nouveau thème

La pédopsychiatrie est un des nouveaux thèmes abordés dans le plan 2018-2023. Quels sont les besoins actuels dans ce domaine ?

Yvan Halimi : « De nombreux rapports sur la pédopsychiatrie ont souligné la difficulté d’accès aux soins et les disparités régionales dans la prise en charge et le repérage précoce, alors même que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous rappelle que 50 % des pathologies psychiatriques de l’adulte commencent avant 16 ans... Il faut donc agir tôt, voire très tôt au vu du développement actuel des connaissances sur la psychiatrie du bébé et sur la psychiatrie fœtale, notamment les travaux sur l’attachement et l’épigénétique. Tous ces travaux soulignent le besoin de continuité pour l’enfant d’un environnement sécurisant, cohérent et fiable. Car l’enfant n’est pas un adulte miniature, c’est un être en plein développement dont l’approche diagnostique et thérapeutique doit toujours s’inscrire dans une perspective dynamique et évolutive, la place des parents étant bien entendu essentielle.

En outre, les équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie, dont le centre de gravité est l’ambulatoire, doivent veiller à une bonne coordination avec leurs multiples partenaires : pédiatres, médecins généralistes, éducation nationale, protection de l’enfance, travailleurs sociaux, etc.

À cet égard, il importe de toujours rappeler qu’au-delà des symptômes et comportements, la pédopsychiatrie est avant tout une médecine de la construction du sujet, sujet narratif dans son histoire. C’est dans cet esprit que la HAS a fait de cet enjeu majeur de santé publique l’une de ses priorités. »

Quels sont les travaux en cours et à venir à la HAS pour répondre aux problématiques identifiées en pédopsychiatrie ? 

Amélie Prigent : « Nous avons, sur le thème pédopsychiatrie, identifié cinq priorités, qui vont de la période périnatale à la période de transition entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. Parmi elles, un travail sur le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et des adolescents suicidants ou à risque suicidaire a été engagé cette année. Deux autres sujets sont en cours de cadrage : le premier porte sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiques pendant la période périnatale, le deuxième traite de la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie et vise à améliorer l’accès aux soins psychiques et la continuité de ces soins pour les enfants relevant de la protection de l’enfance. Les travaux sur ces deux sujets devraient démarrer en 2021. Ultérieurement, un travail sera également conduit en vue d’améliorer la continuité de la prise en charge entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. »

Droits des patients et sécurité en psychiatrie

Sur le thème des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie, quels sont les besoins identifiés ?

Yvan Halimi : « La psychiatrie est la seule discipline où le soin peut impliquer une restriction des libertés individuelles pour restaurer des espaces de liberté psychique altérés par la maladie. Car le patient qui ne demande pas de soins est parfois celui qui en a le plus besoin, le rôle de l’entourage s’avérant alors essentiel. Ces soins sans consentement doivent garder le souci constant d’articuler qualité des soins, respect des libertés individuelles et souci de sécurité. Leur objectif primordial sera l’évolution vers des soins librement consentis par la construction d’une alliance thérapeutique avec les patients.

C’est dire l’importance de l’éclairage de leurs expériences vécues et de notre partenariat avec les patients et leurs proches afin de garantir leurs droits en termes d’accessibilité et de continuité des soins, de respect de leur dignité, de leur intimité et de leurs libertés individuelles. Aussi nous avons veillé à coconstruire avec eux nos travaux sur des sujets particulièrement sensibles et délicats à aborder tels que le guide « mieux prévenir et prendre en charge les moments de violence dans l’évolution clinique des patients adultes lors des hospitalisations en services de psychiatrie », les recommandations « isolement et contention en psychiatrie générale », le travail sur les « programmes de soins » ou encore prochainement « échange et partage d’informations en psychiatrie ».

Le besoin d’harmonisation des pratiques est à la mesure des très fortes disparités départementales constatées dans ce domaine. »

Quels sont les travaux réalisés et à venir à la HAS pour répondre à ces problématiques ? 

Amélie Prigent : Le Dr. Halimi a cité plusieurs travaux du thème « droits des patients et sécurité en psychiatrie », qui faisait déjà partie du 1er programme pluriannuel. Parmi eux, le travail sur les « programmes de soins psychiatriques sans consentement » (soins sans consentement en dehors de l’hospitalisation à temps plein) est actuellement en cours de finalisation. Le programme de soins y est abordé comme une étape du parcours, il est construit avec la préoccupation constante de l’implication du patient et d’une alliance thérapeutique, dans l’objectif d’un retour, dès que possible, à des soins librement consentis. Ce travail va donner lieu à un guide qui sera publié début 2021. La thématique des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie est également abordée dans le cadre des travaux de développement d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins en psychiatrie et santé mentale et dans la certification des établissements de santé pour la qualité des soins.

Articulation des champs sanitaire, médico-social et social

En quoi l’articulation des champs sanitaire, médico-social et social est-elle essentielle en psychiatrie et santé mentale ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie, la bonne évolution d’un grand nombre de patients va dépendre d’une double démarche : soigner et accompagner. Celle-ci doit être synergique et construite dans la durée. Elle doit s’adapter à la variabilité des troubles psychiatriques et aider le patient au quotidien en privilégiant l’inclusion en milieu ordinaire dans l’accès et le maintien dans l’emploi et la scolarisation, l’accès à la vie sociale et culturelle, l’accès au logement... Ces réponses doivent être coconstruites avec les personnes concernées en prenant en compte leurs attentes, leurs capacités et leur degré d’autonomie, mais aussi avec l’ensemble des acteurs des champs sanitaire, médico-social et social.

Ce travail en réseau décloisonné et sous-tendu par une culture partagée, est en effet indispensable pour assurer la sécurisation du parcours du patient en évitant les ruptures et les incohérences lors d’un changement de prise en charge ou de structure d’accueil.

Si la circulaire de mars 1960 sur la politique de secteur avait déjà insisté sur l’importance en psychiatrie de cette collaboration sanitaire/médico-social et social, il est certain que la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a représenté une étape déterminante par le passage d’un projet d’établissement à un projet territorial de santé mentale coconstruit par l’ensemble des acteurs, usagers et professionnels, en intégrant les actions de prévention et de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale.

C’est dans le même esprit que l’élargissement en avril 2018 des missions de la HAS aux champs médico-social et social va contribuer à améliorer la continuité des parcours de soins et de vie des patients et de leurs proches. »

Concrètement, comment cette articulation entre les différents secteurs se traduit-elle à la HAS ?

Amélie Prigent : « Effectivement, comme l’a indiqué le Dr Halimi, la HAS a étendu son périmètre aux secteurs social et médico-social en 2018. Une nouvelle organisation s’est alors mise en place. Elle s’appuie sur une commission réglementée, la commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CSMS), qui définit les orientations et valide les travaux d’une nouvelle direction de la qualité de l'accompagnement social et médico-social (DiQASM). Cette direction élabore des recommandations de bonnes pratiques concernant la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et le secteur de l’inclusion sociale. Elle développe également le dispositif d’évaluation de la qualité dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Du côté du programme « psychiatrie et santé mentale », nous avons, dans une première étape, en 2018, intégré des projets de recommandations spécifiques aux secteurs social et/ou médico-social et en lien avec la psychiatrie et la santé mentale. Il s’agit maintenant d’aller plus loin. Aujourd’hui, nous travaillons à des travaux communs aux champs sanitaire, médico-social et social, pour répondre aux différents enjeux dont parlait Yvan Halimi. Il est par exemple possible de citer le travail sur la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie.

Le programme « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, élaboré à un temps donné pour 5 ans, est bien sûr évolutif. Entre-temps de nouvelles saisines sont adressées à la HAS, de nouveaux besoins émanent du terrain. À titre d’exemple, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, nous élaborons des « réponses rapides » visant à favoriser la continuité des soins ambulatoires pour les patients souffrant de troubles psychiques ou encore à prévenir et prendre en charge la souffrance des professionnels du monde de la santé. La dernière fiche « réponses rapides » a été mise en ligne tout récemment, le 24 novembre 2020.

 


Consulter le programme "psychiatrie et santé mentale"

* Propos recueillis par Citizen press. Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3232907/fr/-interview-croisee-psychiatrie-et-sante-mentale-une-demarche-de-coconstruction

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Info plus

Extrait du programme "psychiatrie et santé mentale :
"5. Améliorer la prévention, l’évaluation et la prise en charge des tentatives de suicide et du risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent
Ce sujet fera notamment l’objet d’une réflexion sur l’opportunité d’une actualisation des recommanda-tions de bonnes pratiques« Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide » produites par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) en 1998 (46).Il est inscrit au programme de travail de la HAS(47)

(46)  Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Recommandations de bonne pratique « Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide ». Paris: ANAES;1998.
(47) Haute Autorité de santé. Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent: prévention, évaluation, prise en charge –Note de cadrage. Saint-Denis La Plaine: HAS; 202

mardi 4 août 2020

ETUDE RECHERCHE Un soutien intensif en suivi ambulatoire peut augmenter l'observance du traitement et diminuer les symptômes dépressifs chez les patients après une tentative de suicide

Original article
Intensive supportive ambulatory aftercare may increase adherence to treatment and decrease depressive symptoms in patients after a suicide attempt

French Journal of Psychiatry

Available online 25 June 2020

Highlights

•Patients present a high risk for relapse during the post-discharge period of a suicide attempt.
• Individualized, proactive, intensive psychosocial follow-up (IPC) provided by a psychiatric team, assuring continuity of care maintaining substantial personalized contacts after discharge, could significantly reduce the levels of depressive symptoms in suicide attempters patients after discharge.
• IPC seems to improve compliance with treatment and slightly decrease the number of repeat SA.

Summary

Objectives

Patients who survive a suicide attempt present an increased risk of relapse during the three months after discharge from a hospital, referred to herein as the post-discharge period. Developing and assessing the efficacy and safety of methods that reduce the risk of relapse in the post-discharge period is critical for professionals in the field of suicide prevention. This study aimed to compare the efficacy of a new Intensive Psychosocial Care (IPC) program after discharge for a suicide attempt with a Standard Care Program (SCP) in non-hospitalized patients.

Methods

We conducted a open-label prospective trial to compare the outcome of patients who have attempted suicide for a duration of 6 months according to whether they were included in care program group IPC or SCP after discharge from the emergency department.

Results

Using the Beck Depression Inventory short-form (BDI-SF), the IPC program was significantly associated with both a decrease of the total score of the scale at 6th month, and a trend towards a decline in the time lag between discharge and the improvement of depressive symptoms. When compared to SCP, patients receiving the IPC had also a lower drop-out rate (43% versus 15% in the 6th month) and a higher adherence to treatment until the 3rd month (56% versus 41.7%). Median time to reattempt was 83.7 [95%CI: 45.8–121.7] days for IPC as compared to 75.6 [95%CI: 38.8–112.4] days for SCP, respectively.

Conclusions

Personalized follow-up with close contacts by the same caregivers as those who initially assessed the patient in the emergency room improved adherence to care and reduced depressive symptoms more intensely and faster after a suicide attempt.

Keywords

Suicide Attempted Self-injurious behavior Suicidal ideation Depressive disorder Prevention
Ambulatory care Social support


vendredi 24 avril 2020

ETUDE RECHERCHE Prise en charge en soins primaires lors d'une tentative de suicide et son impact sur les soins après une tentative de suicide: une étude observationnelle dans le système de surveillance sentinelle généraliste français

Management in primary care at the time of a suicide attempt and its impact on care post-suicide attempt: an observational study in the French GP sentinel surveillance system
Nadia Younès 1 Mathieu Rivière 2, 3, 4 Frédéric Urbain 1 Romain Pons 2, 3, 4 Thomas Hanslik 2, 3, 4 Louise Rossignol 2, 3 Christine Chan Chee 5 Thierry Blanchon 2, 3
1 UVSQ - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
2 iPLESP - Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique
3 SU - Sorbonne Université
4 CHR - Centre Hospitalier Régional d'Orléans
5 INVS - Institut de Veille Sanitaire
Abstract : BACKGROUND: We aimed to describe primary care management at the time of a suicide attempt (SA) and after the SA. METHODS: An observational (cross-sectional) study was conducted among 166 sentinel GPs within France (a non-gatekeeping country) between 2013 and 2017 for all GP's patients who attempted suicide. MEASUREMENTS: frequency of patients 1) managed by the GP at the time of the SA, 2) addressed to an emergency department (ED), 3) without care at the time of the SA, and 4) managed by the GP after the SA and factors associated with GP management at the time of and after the SA. RESULTS: Three hundred twenty-one SAs were reported, of which N = 95 (29.6%) were managed by the GP at the time of the SA, N = (70.5%) were referred to an ED, and N = (27.4%) remained at home. Forty-eight (14.9%) patients did not receive any care at the time of the SA and 178 (55.4%) were managed directly by an ED. GPs were more likely to be involved in management of the patient at the time of the SA if they were younger (39.2% for patients < 34 years old; 22.9% for those 35 to 54 years old, and 30.3% for those more than 55 years old p = 0.02) or the SA involved a firearm or self-cutting (51.9%) versus those involving drugs (23.7%); p = 0.006). After the SA, GPs managed 174 patients (54.2%), more often (60%) when they provided care at home at the time of the SA, p = 0.04; 1.87 [1.07; 3.35]. No other factor was associated with management by GPs after the SA. CONCLUSIONS: The study faced limitations: data were not available for patients managed solely by specialists during their SA and results may not be generalisable to countries with a stronger gatekeeping system. We concluded that GPs are involved in the management of patients at the time of a SA for a third of patients. EDs are the major provider of care at that time. Half patients consulted GPs after the SA and connections between GPs and ED upon discharge should be improved.
https://hal.sorbonne-universite.fr/hal-02540233
Soumis le : vendredi 10 avril 2020 - 18:00:54
Fichier s12875-020-01126-9.pdf
Publication financée par une institution
Identifiants HAL Id : hal-02540233, version  DOI : 10.1186/s12875-020-01126-9 PUBMED : 32213164  PUBMEDCENTRAL : PMC7098086
Collection INVS | UVSQ | IPLESP | SORBONNE-UNIVERSITE | SU-MEDECINE | UNIV-PARIS-SACLAY
Citation
Nadia Younès, Mathieu Rivière, Frédéric Urbain, Romain Pons, Thomas Hanslik, et al.. Management in primary care at the time of a suicide attempt and its impact on care post-suicide attempt: an observational study in the French GP sentinel surveillance system. BMC Family Practice, BioMed Central, 2020, 21 (1), pp.55. ⟨10.1186/s12875-020-01126-9⟩. ⟨hal-02540233⟩

mardi 28 janvier 2020

NOTICE ARTICLE Conduites suicidaires à l'adolescence


Conduites suicidaires à l'adolescence
 - 27/01/20
[7-0352] - Doi : 10.1016/S1634-6939(19)41418-X
X. Benarous a, b, , M.-J. Guedj c, S. Garny de la Rivière a, J.-M. Guilé a, b, D. Périsse d
a Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, CHU d'Amiens-Picardie, Site Sud, 1, rue du Professeur-Christian-Cabrol, 80054 Amiens, France 
b Inserm U1105, Groupe de recherche sur l'analyse multimodale de la fonction cérébrale, Université Picardie-Jules-Verne-Amiens, chemin du Thil, 80025 Amiens, France 
c Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil, Hôpital Sainte-Anne, AP-HP, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
d Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Sorbonne Universités, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 28 janvier 2020
Résumé

Les conduites suicidaires à l'adolescence représentent un problème majeur de santé publique non seulement du fait de leur fréquence mais aussi de leur gravité potentielle. Un peu plus d'un adolescent sur dix rapporte avoir eu des idées suicidaires dans l'année qui précède et environ 4 % d'entre eux auraient déjà tenté de se suicider. Il s'agit de la seconde cause de mortalité à cet âge. Parmi les nombreux facteurs de risque impliqués, les plus importants sont l'existence d'un geste suicidaire antérieur et d'un trouble psychiatrique caractérisé, en particulier dépressif. Chez les adolescents les plus jeunes, l'identification d'une crise suicidaire peut être rendue compliquée par les troubles du comportement à type de réactions agressives et impulsives qui peuvent être au premier plan. Chez les adolescents plus âgés, l'accroissement progressif d'un sentiment de désespoir et des idées de mort peuvent rester longtemps masqués derrières des plaintes banales anxieuses ou psychosomatiques associées à un retrait relationnel ou au contraire à des prises de risque inconsidérées. Si les conduites suicidaires de l'adolescent sont parfois la manifestation d'un trouble psychiatrique caractérisé, le geste suicidaire est quasiment toujours adressé à l'entourage. Il représente alors pour l'adolescent l'ultime moyen de faire entendre une souffrance et un désir de changement indicible. La prise en charge des adolescents après une tentative de suicide fait l'objet de recommandations à la pratique professionnelle : tout adolescent suicidant doit être admis dans un service d'urgence hospitalier où il est évalué sur les plans somatique, psychologique et social. Dans un certain nombre de cas, une hospitalisation spécialisée est indiquée. Une fois la crise suicidaire passée, le relai du jeune et de sa famille vers des professionnels de santé (psychiatre, psychologue) est un enjeu essentiel. Au-delà du repérage diagnostique et du traitement d'un trouble psychiatrique caractérisé, des interventions centrées sur la famille aident à mobiliser au mieux les ressources du système familial pour rendre audible différemment la détresse de l'adolescent et aider chacun à s'y ajuster au mieux.

Mots-clés : Idées suicidaires, Tentative de suicide, Conduites à risque, Dépression, Adolescence

Plan

lundi 27 janvier 2020

Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne (51) Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?

Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?
Source https://www.epsm-marne.fr/**

Une nouvelle formation a commencé au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne : la prévention du risque suicidaire. Destinée aux infirmiers, psychologues, assistants sociaux et médecins, elle doit leur permettre de reconnaître les signes de détresse chez les patients, d’évaluer le risque de passage à l’acte et d’adapter leur intervention.
Retarder le plus possible le passage à l’acte suicidaire pour laisser la place au soin : tel est l’objectif principal de la formation sur la prévention du risque suicidaire qui a démarré les 18 et 19 novembre 2019 au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.
Quinze infirmiers s’étaient inscrits à cette première session qui dure trois jours. « La première partie s’avère théorique. On aborde la notion de suicide, l’épidémiologie, les idées reçues, la particularité du suicide en milieu psychiatrique », explique le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre au pôle infanto-juvénile d’Épernay-Sézanne de l’EPSM de la Marne et formateur régional avec Carine Léon, psychologue au pôle rémois 05. Le modèle théorique psychosocial de la crise suicidaire y est développé. Tout comme les interventions de crise avec des outils d’évaluation. « Il n’y a pas uniquement des paroles explicites mais aussi de petits signes allusifs, de petits gestes qui peuvent survenir avant le passage à l’acte suicidaire », rappelle le Dr Vincent Scherr.
Pour travailler les techniques d’entretien avec des patients suicidaires, les deux formateurs n’hésitent pas à mettre en situation les participants dans des jeux de rôle. « Le but est qu’ils développent, qu’ils optimisent leur capacité à repérer une personne en phase de crise suicidaire et à apporter une aide appropriée, adaptée pour éviter le passage à l’acte », précisent le Dr Vincent Scherr et Carine Léon.
« Un risque fort en psychiatrie »
« Le risque suicidaire est un risque fort en psychiatrie qui est identifié comme tel par l’établissement et posé au Compte Qualité thématique Parcours du patient, indique Marie-José Mouchot, directrice adjointe - coordonnateur des risques associés aux soins. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un panel d’actions. » La formation systématique des professionnels à la prise en charge de patients présentant un risque suicidaire, recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) lors de la visite de certification en avril dernier, en fait désormais partie.
Une formation que les 15 infirmiers ont trouvée « très enrichissante » et particulièrement « accessible ». La plupart d’entre eux se sentent désormais « plus à l’aise ». « On est mieux armé, on a des outils supplémentaires pour faire face à un patient en crise suicidaire, confie Mathilde, infirmière dans un centre médico-psychologique (CMP). On peut tous être confronté à ce type de situation quelle que soit la structure dans laquelle on travaille. »
La première session s’achève le 28 janvier 2020. Une deuxième session est d’ores et déjà programmée les 3 et 4 février 2020, ainsi que le 18 mars, sur le site rémois de l’établissement. Elle sera animée par le Dr Éric Tran, médecin psychiatre à G10, et Nezlie Lefevre, psychologue clinicienne au CHU de Reims, tous deux formateurs régionaux. À terme, l’ensemble des soignants devrait être formé à la prévention du risque suicidaire. Comme l’annonce Marie-José Mouchot : « cette formation a vocation à être pérenne ».
Des actions inscrites dans le projet d’établissement
Lors de la commission médicale d’établissement (CME) du 22 novembre 2018, le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre, avait déjà présenté des préconisations concernant la prévention des passages à l’acte suicidaire en service intra-hospitalier. Parmi les pistes envisagées, la formation des personnels soignants dans les trois ans, la mise en place de référents en prévention du suicide dans chaque unité, le développement de réunions cliniques en équipe autour de la crise suicidaire. Parallèlement, une fiche actions dédiée à la prévention du risque suicidaire a été insérée dans le projet d’établissement 2018-2022.

https://www.epsm-marne.fr/actualites/comment-prevenir-le-risque-suicidaire-chez-un-patient

vendredi 22 novembre 2019

USA Pratiques exemplaires en matière de transition des soins pour les personnes à risque de suicide

Pratiques exemplaires en matière de transition des soins pour les personnes à risque de suicide
22 novembre 2019 sur www.sprc.org*

Le groupe consultatif sur les transitions des soins Care Transitions Advisory de The National Action Alliance for Suicide Prevention (Action Alliance) a publié un document intitulé Best Practices in Care Transitions for Best Practices in Care Transitions for Individuals with Suicide Risk: Inpatient Care to Outpatient Care. Le rapport présente des pratiques réalisables et fondées sur des données probantes pour aider les systèmes de soins de santé et les fournisseurs de soins de santé à améliorer la participation et la sécurité des patients pendant la transition des soins aux patients hospitalisés aux soins externes. Il s'appuie sur le document Recommended Standard Care for People with Suicide Risk et The Way Forward: Pathways to Hope, Recovery, and Wellness with Insights from Lived Experience.


source info http://www.sprc.org/news/best-practices-care-transitions-individuals-suicide-risk

vendredi 21 juin 2019

SUISSE PROJET Hôpitaux universitaires de Genève Au-delà de la crise, maintenir le lien avec les jeunes patients Assurer le suivi personnalisé de jeunes à risque suicidaire et de leurs proches

Au-delà de la crise, maintenir le lien avec les jeunes patients Assurer le suivi personnalisé de jeunes à risque suicidaire et de leurs proches

Source www.fondationhug.org*

Chef de projet
Dre Anne Edan & Dr Remy Barbe, HUG

Contexte

Le suicide est l’une des trois causes principales de décès pour les adolescents et les jeunes adultes. Depuis 1994, un partenariat entre les HUG et la Fondation Children Action a donné lieu à une unité de crise offrant des soins, des recommandations et un suivi sur plusieurs semaines des jeunes à risque suicidaire et leurs proches: "Malatavie". Il apparaît ainsi qu’un suivi sur plusieurs années serait éminemment souhaitable au delà de l'hospitalisation et de la période de crise, pour maintenir un lien avec ces jeunes et, bien sûr, faire diminuer les risques de récidive.

Projet

Ce projet propose de maintenir le lien avec les jeunes patients ayant fait une tentative de suicide et de les observer afin d’identifier les facteurs de risques, en collaboration étroite avec les médecins traitants, les familles et les proches. Il s'appuie sur un binôme psychologue-infirmier en contact régulier avec le patient, par SMS et entretiens, à 6 mois, 1 an et deux ans. Ce binôme met en place un nouveau volet d'itinéraire clinique dans le réseau de soins et encourage l’implication active du jeune patient.


Chefs de projet
Docteure Anne Edan, Médecin adjointe responsable d'unité, Département de l'enfant et de l'adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève

Docteur Remy Barbe, Médecin adjoint responsable d'unitl, Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Département de l'enfant et de l'adolescent,
Hôpitaux universitaires de Genève

Faire un don
 

http://www.fondationhug.org/Lien_jeunes_patients

vendredi 24 mai 2019

PROJET ETUDE RECHERCHE Saint-Denis, prévenir la récidive suicidaire : mise en place d'un protocole case management ou gestion de cas et comparaison à la veille téléphonique simple thérapeutique

Psychiatrie - Pédopsychiatrie  A Saint-Denis, prévenir la récidive suicidaire
Dr Fayçal Mouaffak @EPSMVilleEvrard
Le suicide entraîne chaque année en France 11 000 décès. Sa prévention est d’ailleurs l’un des trois axes de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » publiée en juin 2018. A Saint-Denis, le Dr Fayçal Mouaffak, psychiatre des hôpitaux, chef de pôle 93G04 à l’établissement public de santé mentale (EPSM) de Ville-Evrard va mener une étude clinique visant à démontrer le lien entre la mise en place d’appels téléphoniques et la prévention de la récidive suicidaire.
Comment vous êtes-vous intéressé au dispositif de mise en place d’appels téléphoniques pour prévenir la récidive suicidaire ?
Lorsque j’étais responsable du service des urgences de l’hôpital Bicêtre (AP-HP), j’ai participé à un protocole de recherche mené par le Pr Patrick Hardy qui visait à étudier l’intérêt de la veille téléphonique, c’est-à-dire les rappels téléphoniques des patients ayant fait une tentative de suicide. En dépit des résultats négatifs de cette étude, je reste convaincu de l’utilité de cette approche, sur un profil particulier de patients. La veille téléphonique est une méthode qui préserve la connectivité, autrement dit le lien avec le patient, ce que le psychiatre américain Jérôme Motto nomme « Connectedness ». Cet accompagnement bienveillant est une démarche respectueuse, non aliénante qui peut aussi permettre de résoudre des situations, administratives par exemple, par téléphone. Malheureusement, la veille téléphonique n’est pas suffisante et il faudrait, pour certains patients, l’associer à d’autres approches telle que la gestion de cas ou les thérapies en face à face.
Pourquoi le maintien du lien doit-il être travaillé ?
Après une tentative de suicide, jusqu’à 50% des patients refusent un suivi ambulatoire. Et dans 70% des cas, ils se désengagent des soins après une année. Nous savons aussi que le bénéfice des consultations sur la prévention du risque suicidaire est proportionnel à leur nombre. Avec une supériorité démontrée des thérapies comportementales et cognitives et des thérapies comportementales dialectiques. Mais si ces techniques ont montré leur efficacité en termes de prévention, elles sont coûteuses en temps et en personnel. Lorsque je suis arrivé à Saint-Denis, j’ai souhaité réaliser un audit. Parmi les chiffres à retenir : 60% des suicidants retournent à leur domicile, 66% sont sans emploi, 45% vivent seuls et le taux de récurrence suicidaire est élevé, à 27%. Par ailleurs, seuls 16,5% des patients s’engagent dans les soins. Notre population est très précaire, et cosmopolite avec par exemple quinze nationalités dans mon unité d’hospitalisation. Par ailleurs, certains de nos patients sont défiants vis-à-vis des représentants de l’Etat, y compris hospitaliers. Ils craignent que leur passage en psychiatrie les disqualifie. J’ai donc souhaité mettre en place un protocole case management ou gestion de cas et de le comparer à la veille téléphonique simple thérapeutique. C’est le sens du protocole de recherche qui sera prochainement mis en place.

Pouvez-vous nous détailler ce protocole de recherche ?

L’étude sera randomisée avec un premier bras interventionnel basé sur la gestion de cas et les appels téléphoniques et un deuxième bras contrôle associant prise du premier rendez-vous lors du passage aux urgences et rappel téléphonique. Mon hypothèse est que la gestion de cas définie comme le processus par lequel on obtient, coordonne et assure l’utilisation par les usagers souffrant de troubles psychiatriques des soins et des services supplante la veille téléphonique dans l’aide à l’engagement dans les soins et réduit par voie de conséquence la récidive suicidaire.
D’ailleurs, une infirmière du service est en cours de formation à la gestion de cas pour les suicidants. Nous avons obtenu l’accord du comité de protection des personnes pour commencer cette recherche qui si elle démontre l’intérêt de l’accompagnement en aval des urgences pourrait légitimer notre projet de créer une unité mobile post-urgence pour les suicidants. Nous avons la chance que notre projet d’établissement prévoie des moyens pour la recherche.

Vous avez également un projet de création d’un centre renforcé d’urgence psychiatrique. Pouvez vous nous en dire quelques mots ?

Il s’agit d’une unité d’hospitalisation de courte durée, 48H au maximum, en aval des urgences, un SAS pour se donner le temps que l’on a pas dans le cadre des urgences somatiques. L’idée serait de dédier quelques lits à la décision afin d’accueillir les patients plus dignement. Ce centre nous permettrait de trouver la solution la plus adaptée à la problématique des patients, cette solution n’étant peut-être pas l’hospitalisation. L’objectif est donc aussi de réduire le nombre d’hospitalisations par défaut de temps d’évaluation.

Les méfaits de la désinstitutionnalisation
Dans les chiffres, la désinstitutionalisation s’est traduite par le passage de 78 320 lits en psychiatrie en 1994 à 57 000 lits en 2007, soit la suppression d’un tiers des lits. A Saint-Denis, l’évolution a été plus radicale encore avec le passage de 70 lits à la fin des années 1990 à 20 aujourd’hui dans le service du Dr Fayçal Mouaffak.Cette déperdition conjuguée à l’inflation démographique urbaine a eu pour conséquences une présence croissante de patients psychiatriques dans les prisons (20% des détenus en France souffrent de pathologies psychotiques selon les données de l’observatoire internationa des prisons) et l’embolisation des services d’urgence. Avec une augmentation de plus de 50% d’accueil de malades psychiatriques aux urgences au cours des 10 dernières années.

Urgences et temporalité
Selon une étude réalisée en mai 2017 par le Dr Fayçal Mouaffak, la temporalité du soin psychiatrique est particulière dans la mesure où la durée des prises en charge psychiatrique aux urgences est le double de celle des prises en charge somatiques. Car nombre de problématiques sont intriquées notamment professionnelles ou sociales. Selon une étude du Dr Schmoll, publiée dans la revue l’Encéphale en 2013, 2,2% des patients se présentant aux urgences psychiatriques sont dits récurrents ou répétiteurs, ils représentent 21,3% des passages et monopolisent donc un cinquième de l’activité. « Dans les trois-quarts des cas, sont posés des diagnostics de psychose. Mais ces patients reviennent à l’hôpital car nous n’avons pas de solution cohérente et durable à leur proposer. Ils relèvent souvent davantage du médico-social que du sanitaire. L’utopie de les faire vivre en cité s’est transformée en dystopie », commente le Dr Fayçal Mouaffak.

Hélène Delmotte
Rédactrice en chef adjointe

https://www.reseau-hopital-ght.fr/actualites/specialites-medicales/psychiatrie-pedopsychiatrie/a-saint-denis-prevenir-la-recidive-suicidaire.html?

vendredi 29 mars 2019

ETUDE RECHERCHE Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires



Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires
Sciences sociales et santé Volume 37, numéro 1, Mars 2019

Philippe Le Moigne * Florian Pisu  **

* Philippe Le Moigne, sociologue, INSERM CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

** Florian Pisu, sociologue, CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

  • Mots-clés : urgences, tentative de suicide, catégorisation, sélection
  • DOI : 10.1684/sss.2019.0133
  • Page(s) : 75-98
  • Année de parution : 2019
En France, la majorité des tentatives de suicide connues est prise en charge par les urgences générales. Près d’un quart de ces patients font l’objet d’une ré-hospitalisation pour le même motif moins de quatre ans après leur première admission. Sachant que la récidive constitue l’un des éléments les plus prédictifs d’un suicide à venir, l’article tente de comprendre pourquoi les urgences ne parviennent pas à mieux endiguer ce risque. Fondée sur l’observation ethnographique de trois services, cette recherche met en lumière une série de facteurs tant internes qu’externes aux urgences. Elle montre en particulier comment les priorités d’intervention des services, les conditions d’échanges avec les patients et la caractérisation de la crise suicidaire par les personnels soignants contribuent à façonner une prise en charge qui n’est congruente qu’en partie avec les préconisations médicales.

source https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/seulement_sils_veulent_mourir._les_urgences_generales_face_aux_patients_suicidaires_314032/article.phtml 


Article associé



Les pratiques psychiatriques et psychologiques auprès des suicidants en service d’urgence : entre paradoxalité, conflictualité et innovation
Sciences sociales  Volume 37, numéro 1, Mars 2019
Auteur
François Danet *
* François Danet, psychiatre et chercheur en psychologie, École de Psychologues Praticiens de Lyon, Institut Catholique de Paris
DOI : 10.1684/sss.2019.0134
Page(s) : 99-107
Année de parution : 2019

L’article « Seulement s’ils veulent mourir » décrit les limites du dispositif de soins tel qu’il s’exerce en service d’urgence au bénéfice des suicidants, en démontrant notamment qu’il n’est congruent qu’en partie avec les préconisations médicales. Il met également en exergue la sous-évaluation des tentatives de suicide chez les hommes qui sont masquées par les alcoolisations et les abus de substances.Ce commentaire qui s’appuie sur des recherches menées sur le sujet de la prise en charge des suicidants [...]
https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/les_pratiques_psychiatriques_et_psychologiques_aupres_des_suicidants_en_service_durgence_entre_paradoxalite_conflictualite_et_innovation_314033/article.phtml

jeudi 21 mars 2019

ROYAUME UNI Film : Les dilemmes de la prévention du suicide

Les dilemmes de la prévention du suicide

source info *systemsafetylab.com/safe-mental-health/

Le film a pour but d'initier une discussion/conversation sur les changements avec les praticiens, les gestionnaires et les décideurs politiques.
Les dilemmes de la prévention du suicide (En anglais)
Dilemmas in Suicide Prevention



Commentaire de film - Dilemmes dans la prévention du suicide (En anglais)
Film Commentary – Dilemmas in Suicide Prevention



Cliquez sur la photo pour voir le commentaire du film

Ce film montre des professionnels de la santé engagés et compatissants qui font face aux incertitudes et aux dilemmes complexes inhérents aux efforts qu'ils déploient pour sauver deux patients atteints de troubles mentaux de leur propre vie. Il vise à nous mettre au défi de réfléchir différemment à la conception des soins de santé mentale.

Le film s'inspire d'événements réels et s'appuie sur des recherches menées par l'Université de Loughborough en partenariat avec Leicestershire Partnership NHS Trust, et Cambridgeshire and Peterborough NHS Foundation Trust, et est financé par le Patient Safety Collaborative and Health Education England.

Voyage de la recherche, du scénario au film

1. octobre 2016: financement de la recherche par
Carton Hayes Mental Health Charity
2. Jan-Dec 2017: Analyse de 41 rapports d'incidents de suicide et entretiens avec 20 professionnels de la santé mentale
3. 2018-19: publications des résultats de la recherche
   

  • Jun, G.T., Canham, A., Kumar, S., and Noushad, F., 2019. Safety I and safety II for suicide prevention – lessons from how things go wrong and how things go right in community-based mental health services. In: Advances in Intelligent Systems and Computing, 818, p. 449-452. IEA 2018, Florence, Italy, 26th – 30th August 2018.
  • Canham, A., Jun, G.T., Noushad, F., and Kumar, S., 2018. Suicide Incidents and Prevention in Community-Based Mental Health Services – Human Factors and System Safety. The Royal College of Psychiatrists International Congress 2018, ICC, Birmingham, UK, 26th June 2018.
  • Jun, G.T., Canham, A., Kumar, S., and Noushad, F., 2018. Safety-I and Safety-II for suicide prevention. In: International Workshop on Safety-II in Practice, Cardiff, UK, 14th – 15th June 2018.
  • Canham, A., Jun, G.T., Kumar, S., and Noushad, F., 2018. Systems approach to analysing suicide incidents in community-based mental health care. In: Ergonomics & Human Factors 2018. Proceedings of the Annual Conference of the Chartered Institute of Ergonomics & Human Factors, Birmingham, UK, 23rd – 25th April 2018.
  • Canham, A., Jun, G.T., Noushad, F., Gangadharan, K. (under review), A Systems Approach to Suicide Incident Analysis and Prevention in Community-Based Mental Health Services – Safety I and Safety II Perspectives, Safety Science

4. Mars 2018: financement de la production de films par
Patient Safety Collaborative et Health Education England
5. avril 2018 - mars 2019:
Film Making Process (many special thanks to Andre Brito, Director)


 Source  : https://systemsafetylab.com/safe-mental-health/

vendredi 1 mars 2019

MAJ ETUDE RECHERCHE USA Intervention de soutien psychopédagogique et social Youth-Nominated Support Team auprès d' adolescents suicidaires

Association of the Youth-Nominated Support Team Intervention for Suicidal Adolescents With 11- to 14-Year Mortality OutcomesSecondary Analysis of a Randomized Clinical Trial
Cheryl A. King, PhD1; Alejandra Arango, MS1; Anne Kramer, LMSW 1; et al Danielle Busby, PhD 1; Ewa Czyz, PhD 1; Cynthia Ewell Foster, PhD 1; Brenda W. Gillespie, PhD 2; for the YST Study Team
1Department of Psychiatry, University of Michigan, Ann Arbor 
2Consulting for Statistics, Computing and Analytics Research at the University of Michigan, Ann Arbor
JAMA Psychiatry. Published online February 6, 2019. doi:10.1001/jamapsychiatry.2018.4358

Points clés

Question L'intervention
Youth-Nominated Support Team (YST) auprès d' adolescents suicidaires - Version II est-elle associée à une réduction de la mortalité sur les 11 à 14 ans?

Dans cette analyse secondaire d'un essai clinique randomisé comprenant 448 adolescents hospitalisés pour risque de suicide, il y a eu 2 décès chez les adolescents
de 11 à 14 ans de l'équipe de soutien, comparativement à 13 dans le groupe affecté au traitement habituel, une différence significative.

La mise en œuvre de l'intervention
YST  (version II) auprès d'adolescents suicidaires hospitalisés peut être associée à un risque réduit de mortalité; Cependant, les résultats sont préliminaires et doivent être reproduits.

La prévalence du suicide chez les adolescents est en augmentation, mais on sait peu de choses sur les interventions efficaces. À ce jour, aucune intervention auprès d'adolescents suicidaires n'a permis de réduire la mortalité.

Objectif Déterminer si l’intervention de l’équipe d’appui auprès des adolescents suicidaires - Version II (YST) est associée à une réduction de la mortalité des 11 à 14 ans après une hospitalisation psychiatrique pour risque suicidaire.

Conception, cadre et participants Cette analyse secondaire post-hoc d’un essai clinique randomisé a utilisé les données de l’indice national de décès (NDI) provenant de patients hospitalisés psychiatriques adolescents de 2 hôpitaux psychiatriques américains inscrits à l’essai clinique du 10 novembre 2002 au 26 octobre 2005. Les participants éligibles étaient âgés de 13 à 17 ans et présentaient des idées suicidaires (fréquentes ou avec un plan suicidaire), une tentative de suicide ou les deux au cours des 4 dernières semaines. Les participants ont été randomisés pour recevoir le traitement habituel (treatment as usual  : TAU) ou YST plus TAU (YST). Les évaluateurs et le personnel qui
appariaient les données d'identification aux enregistrements NDI ont été masqués pour le groupe. La durée du suivi NDI variait de 11,2 à 14,1 ans. Les analyses ont été effectuées entre le 12 février 2018 et le 18 septembre 2018.

Interventions Le YST est une intervention de soutien psychopédagogique et social. Les adolescents ont désigné des «adultes bienveillants» (En moyenne, 3,4 par adolescent auprès de la famille, de l'école et de la communauté) pour leur servir de personnes de soutien après leur hospitalisation. Ces adultes ont assisté à une séance psychoéducative pour se renseigner sur la liste des problèmes et le plan de traitement du jeune, les signes avant-coureurs du suicide, la communication avec les adolescents et la façon de favoriser l'observance thérapeutique et les choix comportementaux positifs. Les adultes ont reçu des appels téléphoniques hebdomadaires de soutien de la part du personnel de YST pendant trois mois.

Principaux résultats et mesures : Survie des 11 à 14 ans après l’indice d’hospitalisation, mesurée à partir des données du NDI concernant les décès (suicide, surdose de drogue et autres causes de décès prématuré), du 1er janvier 2002 au 31 décembre 2016.

Résultats Les enregistrements de l'Indice national de décès ont été examinés pour l'ensemble des 448 participants à l'étude YST (319 [71,2%] identifiés comme des femmes; âge [SD] moyen, 15,6 [1,3] ans; 375 [83,7%] de race blanche / origine ethnique). Il y avait 13 décès dans le groupe TAU et 2 décès dans le groupe YST (ratio de risque, 6,62; IC à 95%, 1,49-29,35; P <0,01). Aucun patient n'a été retiré de l'YST en raison d'effets indésirables.

Conclusions et pertinence Les résultats suggèrent que l'intervention YST chez les adolescents suicidaires est associée à une réduction de la mortalité. Comme il s’agissait d’une analyse secondaire, les résultats méritent d’être reproduits avec un examen des mécanismes.

Trial Registration  ClinicalTrials.gov identifier: NCT00071617

Source  https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2722847 


INFO + Discussions

D'apres Article A promising new clue to prevent teen suicide: empower adults who care By
Un nouvel indice prometteur pour prévenir le suicide chez les adolescents: autonomiser les adultes qui s’occupent de lui

«Si vous pouvez proposer un traitement dont le traitement permet de réduire de 50% la mortalité, ce traitement est en réalité énorme, si cela devait se reproduire.»

Les suicides chez les adolescentes sont de plus en plus courants et personne ne sait vraiment pourquoi ni comment y remédier.

Voici quelques statistiques qui font réfléchir. Entre 2009 et 2017, le nombre d'élèves du secondaire qui envisageaient de se suicider aurait augmenté de 25%. Les décès par suicide chez les adolescents ont également augmenté de 33% au cours de cette période. Le suicide est maintenant la deuxième cause de décès chez les adolescents après les accidents (accidents de la route, empoisonnements, noyades, etc.). Mais ne vous y trompez pas: le suicide chez les adolescents est encore rare. Seulement 10 adolescents sur 100 000 âgés de 15 à 19 ans meurent de cette façon. Mais même une seule mort est une de trop.

Les chercheurs travaillent depuis des décennies sur des interventions visant à réduire le taux de suicides chez les adolescents (ainsi que chez les adultes). C'est dur. D'une part, beaucoup de personnes qui se sont suicidées ne se sont jamais fait soigner pour des problèmes de santé mentale. Et ceux qui l’ont fait, eh bien, il existe très peu de preuves sur ce qui fonctionne.

En fait, selon les auteurs d'un nouvel article paru dans JAMA Psychiatry, j'ai lu récemment: «À notre connaissance, aucune autre intervention auprès d'adolescents suicidaires n'a été associée à une réduction de la mortalité». Cette ligne m'a glacé. Rien n’a été scientifiquement prouvé pour sauver des vies en ce qui concerne les adolescents suicidaires, à l’exception de ce qu’ils ont découvert dans cet article?

J'ai appelé Cheryl King, qui étudie la prévention du suicide chez les jeunes depuis 30 ans à l'Université du Michigan et qui était l'auteur principal du nouvel article de JAMA Psychiatry.

King a expliqué que le document reprenait un essai clinique mené par elle-même et ses collègues il y a plus de dix ans. Au cours du programme, la moitié des 448 adolescents qui ont été admis dans un hôpital psychiatrique pour cause de suicide ont été priés de choisir jusqu'à quatre adultes dans leur vie pour bénéficier d'une formation continue et d'une prévention du suicide. Autrement dit: les adultes recevaient une éducation et un soutien afin de mieux soutenir l'adolescent.

Les résultats, publiés pour la première fois en 2009, étaient modestes. Il y a eu de petites réductions temporaires des pensées suicidaires chez les adolescents du groupe de traitement, qui étaient plus susceptibles de s'en tenir à leur traitement de suivi. "Ce n’était pas un effet important, mais un peu plus probable", souligne King.


Mais l'intérêt pour le programme a persisté. Alors King a profité d'un congé sabbatique et elle et ses collègues ont essayé de savoir combien de leurs participants - ceux qui avaient reçu le traitement et ceux qui ne l'avaient pas - étaient décédés 11 à 14 ans plus tard.

Il y a eu 13 décès parmi les participants du groupe témoin (la plupart sont morts de surdose de drogue - on ne sait pas s’ils étaient intentionnels ou non). Mais parmi ceux qui ont élu des adultes pour les aider, il n'y en avait que deux. L'interprétation la plus prudente des données suggère une réduction de 50% du nombre de décès dans le groupe de traitement.

«Si vous pouvez proposer un traitement dont le traitement permet de réduire de 50% la mortalité, ce traitement est en réalité énorme, si cela devait se reproduire», déclare King.

Mais encore: Comment cette petite étude préliminaire peut-elle être? C’est la seule intervention - ou du moins la seule intervention connue de ses auteurs, ou des rédacteurs en chef de JAMA Psychiatry - pour montrer que davantage de vies, après l’hospitalisation, peuvent être sauvées?

Les chiffres de l'étude sont tout simplement trop petits pour permettre une conclusion solide. Elle a insisté sur le fait qu'il fallait refaire le test, avec un échantillon plus large et dans plus d'hôpitaux. Ce n’est pas encore un miracle. Mais il est encourageant de voir qu'un simple programme d'éducation peut sauver des vies. Mais je crains que l’arrière-plan ne soit pas moins important. Pourquoi n’existe-t-il pas de bonnes données pour sauver des vies?

Ce n’est pas que la psychiatrie n’ait aucun traitement fondé sur des preuves pour offrir à ces adolescents

Au fil du temps, les psychiatres ont découvert divers traitements, médicaments et thérapies permettant de réduire les idées suicidaires, voire les tentatives de suicide (notamment en limitant l’accès à des moyens mortels). Et ce sont des résultats extrêmement importants.
Mais les résultats réels en matière de décès ne sont pas souvent étudiés - et les adolescents suicidaires ne sont généralement pas suivis à l’âge adulte. «Le problème est que nous n’avons pas étudié la mortalité», déclare King. "Je ne peux donc pas dire qu'aucune intervention ne sauve des vies - nous ne savons simplement pas si l'une d'entre elles le sait."

Une des raisons est qu’il faut beaucoup de temps pour étudier la mortalité.

Même chez les adolescents à haut risque, «le suicide est relativement rare», me confie dans un courriel Kathryn Gordon, une psychologue clinicienne et chercheuse qui a récemment quitté son emploi universitaire pour un cabinet privé. En 2017, les Centres de contrôle et de prévention des maladies ont signalé 2 877 décès par suicide parmi les 13 à 19 ans dans l'ensemble du pays.

«Souvent, la recherche interventionnelle se concentrera sur les tentatives de suicide et le désir suicidaire - des résultats utiles, mais pas les plus cruciaux pour établir qu'une intervention sauve des vies», a déclaré Gordon. Et c’est difficile d’étudier quelque chose qui est rare.

Rendre les choses plus difficiles: En règle générale, les études ne sont pas financées assez longtemps pour que les données sur la mortalité puissent s'accumuler de manière statistiquement significative.

En 2017, les Instituts nationaux de la santé ont dépensé 37 millions de dollars en subventions de recherche pour la prévention du suicide. C’est trivial quand on le compare aux 6,6 milliards de dollars dépensés en recherche sur le cancer. Sur les 295 zones de recherche sur les maladies financées par les NIH, en 2018, la prévention du suicide en était classée 206. La recherche sur le virus du Nil occidental - qui tue environ 137 personnes par an - est mieux classée.

«En santé mentale, nos études ont tendance à être financées pour des études avec des échantillons plus petits et le financement va généralement de quatre à cinq ans», a déclaré King. Ce n’est pas assez de temps pour évaluer la mortalité. Elle et ses collègues ont pu procéder à une nouvelle analyse de l'étude originale en examinant les registres de décès nationaux et en recoupant leurs dossiers de participants. Mais ce n’est pas la même chose que de suivre un groupe pendant 10 ans et de le réévaluer sur une plus grande variété de résultats.

Pourquoi ce programme d'éducation simple pourrait sauver des vies

Alors, pourquoi les découvertes les plus récentes de King dans la psychiatrie de la JAMA sont-elles si prometteuses? C’est parce qu’ils suggèrent que les adolescents qui ont élu des adultes pour recevoir une éducation et un soutien étaient plus susceptibles d’être en vie 11 à 14 ans plus tard.

Gordon, qui n'a pas participé au journal JAMA Psychiatry, dit que ces découvertes sont importantes, rares et pleines d'espoir. C’est une intervention qui n’est pas particulièrement onéreuse et qui semble avoir un effet sur la mortalité, a-t-elle noté.

Mais pourquoi cela pourrait-il fonctionner?

King a développé l’intervention après avoir travaillé avec beaucoup d’adolescents suicidaires et constaté qu’ils n’obtenaient pas assez de soutien lorsqu’ils quittaient l’hôpital. Quand ils sont hospitalisés, ils reçoivent des soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. «Et tout à coup, lorsqu'ils sont libérés, ils sont supposés retourner à l'école et attendre leur premier rendez-vous hebdomadaire», explique King. Cette transition est vraiment difficile et peut les ramener dans un endroit sombre. «J'ai développé cela parce que je voulais construire un pont favorable à partir d'eux."

Selon King, il est essentiel que l’intervention cible les adultes autour de l’adolescence - ceux qui fournissent un soutien. Les adolescents ont été nommés jusqu’à quatre, ce n’est donc pas uniquement leurs parents qui sont chargés de veiller sur eux. L'adolescent était encouragé à désigner d'autres membres de la famille, des éducateurs ou des membres de la communauté. Ils devaient juste être des personnes que les adolescents savaient aimer.

Les adultes ont appris à parler à des adolescents suicidaires et à s’assurer qu’ils adhéraient au traitement. Après une formation en personne, les adultes ont obtenu de l'aide par téléphone pendant quelques mois pour les aider à surmonter les difficultés rencontrées pour aider un adolescent en difficulté.

King soupçonne que ce qui rend l'intervention efficace, c'est que ce sont les enfants qui ont choisi de nommer les adultes. Cela les incite peut-être à réfléchir aux liens qu’ils entretiennent avec d’autres - et leur ouvre la porte pour les renforcer.

L’intervention incite également les adultes - qui ne sont pas tous les parents de l’enfant - à être plus proactifs. «La vérité, c’est qu’il n’est pas très facile pour les adultes d’y aller, d’atteindre, de parler et d’essayer d’aider les adolescents suicidaires», déclare King. «Nous étions toujours rassurés par le fait que leur rôle était simplement d’être une personne bienveillante et qu’ils n'étaient pas responsables des choix que l'adolescent avait faits. ”

L'essai a eu lieu du début des années 2000 jusqu'en 2008 et les résultats ont été publiés en 2009. Là encore, les résultats étaient modestes. L’intervention n’a pas semblé causer de dommages, ce qui est un obstacle important à surmonter dans toutes les recherches d’essais cliniques. Les adolescents n'ont été suivis que pendant un an. Au cours des six premières semaines, il semble que les adolescents qui ont proposé la candidature d'adultes avaient moins de pensées suicidaires. Mais cette amélioration a disparu à la fin de l'année.

Mais que s'est-il passé par la suite pour rendre ces enfants moins susceptibles de mourir une décennie ou plus après?

Il se pourrait que les adolescents se sentent plus affirmés et se sentent compris. Il se peut qu’ils aient appris à parler avec un adulte attentionné et à demander de l’aide. Il se peut qu’ils adhèrent mieux à leur traitement lorsque les adultes de leur vie participent plus activement.

King ne sait pas quel est l'ingrédient secret. «Les choses peuvent etre en cascade» pour les adolescents, dit-elle. De petits choix concernant l’éducation, la consommation de drogues, les situations de vie et les partenaires romantiques commencent à s’accumuler et à tracer la voie de nos vies. Et il est difficile de dire comment cette intervention pourrait faire pencher la balance.

King souhaite toutefois le savoir en réalisant une étude plus vaste dans quelques localités du pays. Demander une subvention est «un processus très long», dit-elle. Plus longtemps encore est le temps d'attente pour recruter les patients, le temps nécessaire pour former les adultes, le temps nécessaire pour intégrer les données et le temps nécessaire pour compter les résultats à la fin.

Encore une fois, s’il est vrai que cette intervention peut sauver 50% de vies en plus, ce serait énorme. Rappelons que 13 personnes du groupe de contrôle dans la réanalyse de King sont mortes.

«Pensez-y en termes de vie individuelle des jeunes», dit-elle. «Six d'entre eux auraient pu vivre. Ce n'est tout simplement pas si coûteux une intervention. "


https://www.vox.com/science-and-health/2019/2/28/18234667/teen-suicide-prevention