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vendredi 9 juin 2023

Union européenne de la santé : une nouvelle approche globale de la santé mentale

Union européenne de la santé : une nouvelle approche globale de la santé mentale

Source https://france.representation.ec.europa.eu/ 7/06/23

Aujourd'hui, la Commission met en œuvre l'engagement pris par la présidente von der Leyen dans le discours sur l'état de l'Union de 2022, en ajoutant un pilier à l'union européenne de la santé: une nouvelle approche globale de la santé mentale.

Press conference by Margaritis Schinas, Vice-President of the European Commission, and Stella Kyriakides, European Commissioner, on a global approach in terms of mental health

Aujourd'hui, la Commission met en œuvre l'engagement pris par la présidente von der Leyen dans le discours sur l'état de l'Union de 2022, en ajoutant un pilier à l'union européenne de la santé: une nouvelle approche globale de la santé mentale.

La présente communication constitue une première étape importante pour mettre la santé mentale sur un pied d'égalité avec la santé physique et pour garantir une nouvelle approche transsectorielle des questions de santé mentale. Avec 20 initiatives phares et des financements de l'UE provenant de différents instruments financiers d'une valeur de 1,23 milliard d'euros, la Commission soutiendra les États membres en accordant la priorité aux personnes et à leur santé mentale.

La communication d'aujourd'hui arrive à point nommé: avant la pandémie de COVID-19, les problèmes de santé mentale touchaient déjà 1 personnes sur 6 dans l'UE, situation qui s'est aggravée avec les crises sans précédent des dernières années. Le coût de l'inaction est considérable, s'élevant à 600 milliards d'euros par an.

Questions de santé mentale: éléments clés pour lutter contre les problèmes de santé mentale

Dans un contexte marqué par d'importants changements technologiques, environnementaux et sociétaux auxquels la population a du mal à faire face, l'action de l'UE en matière de santé mentale s'articulera autour de trois principes directeurs:

i) une prévention adéquate et efficace,

ii) l'accès à des soins de santé mentale et à des traitements de qualité et abordables, et

iii) la réintégration dans la société après la guérison.

Cette approche globale aborde la problématique de la santé mentale dans l'ensemble des politiques afin de reconnaître les multiples facteurs de risque de la maladie mentale. Dans le cadre de cette approche, les actions concrètes couvriront un vaste éventail de politiques et incluront des efforts pour:

  • Promouvoir la bonne santé mentale par l'intermédiaire de la prévention et la détection précoce, notamment au moyen d'une initiative européenne pour la prévention de la dépression et du suicide, d'un code européen de la santé mentale et d'un renforcement de la recherche sur la santé cérébrale.
  • Investir dans la formation et le renforcement des capacités qui mettent l'accent sur la santé mentale dans l'ensemble des politiques et améliorent l'accès aux traitements et aux soins. Les actions comprendront des programmes de formation et d'échange pour les professionnels et un soutien technique aux réformes de la santé mentale à l'échelle nationale.
  • Assurer une bonne santé mentale au travail en sensibilisant et en améliorant la prévention. Cela se fera, par exemple, au moyen de campagnes de sensibilisation menées à l'échelle de l'UE par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) et d'une éventuelle future initiative de l'UE sur les risques psychosociaux au travail.
  • Protéger les enfants et les jeunes pendant leurs années les plus vulnérables et les plus formatrices, dans un contexte de pressions et de défis croissants. Les mesures comprennent un réseau de santé mentale pour les enfants et les jeunes, une boîte à outils de prévention pour les enfants, portant sur les principaux déterminants de la santé mentale et physique, ainsi qu'une meilleure protection en ligne et sur les médias sociaux.
  • Répondre aux besoins des groupes vulnérables en apportant un soutien ciblé à ceux qui en ont le plus besoin, tels que les personnes âgées, les personnes en situation économique ou sociale difficile et les populations de migrants/réfugiés. Une attention particulière est accordée aux populations touchées par les conflits, notamment les personnes déplacées d'Ukraine (en particulier les enfants) et les enfants restés en Ukraine et traumatisés par la guerre.
  • Montrer l'exemple à l'échelle internationale en sensibilisant et en fournissant un soutien de qualité en matière de santé mentale dans les situations d'urgence humanitaire.

Contexte

Même avant la pandémie de COVID-19, les problèmes de santé mentale touchaient environ 84 millions de personnes dans l'UE, et les chiffres n'ont fait qu'empirer depuis lors. La pandémie a exercé une pression accrue sur la santé mentale, en particulier chez les jeunes et les personnes souffrant de troubles mentaux préexistants. Dans son discours sur l'état de l'Union de septembre 2022, la présidente von der Leyen a annoncé une nouvelle initiative sur la santé mentale.

L'initiative répond également aux appels du Parlement européen et à une proposition présentée par les citoyens dans le cadre de la conférence sur l'avenir de l'Europe. Le coût de l'inaction en matière de santé mentale est considérable et devrait augmenter, compte tenu des défis mondiaux liés aux changements sociaux, politiques et environnementaux, à l'intensification de la numérisation, aux pressions économiques et aux changements radicaux sur le marché du travail. Les coûts totaux des problèmes de santé mentale — qui incluent les coûts pour les systèmes de santé et les programmes de sécurité sociale, mais aussi ceux de la baisse de l'emploi et de la productivité des travailleurs — sont estimés à plus de 4 % du PIB dans l'ensemble des pays de l'UE, soit plus de 600 milliards d'euros par an [1].

Pour en savoir plus

Communication

Santé mentale (europa.eu)Vidéo sur la santé mentale

[1]
 Panorama de la santé Europe - Europe 2018: https://health.ec.europa.eu/system/files/2020-02/2018_healthatglance_rep_en_0.pdf

Déclarations de membres du Collège

«La santé mentale est aussi importante pour notre bien-être que la santé physique. Les citoyens l’ont rappelé une nouvelle fois lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe. Aujourd’hui, nous prenons une mesure majeure pour soutenir la santé mentale en Europe, pour les plus vulnérables, notamment pour les personnes et les enfants fuyant l’Ukraine, qui doivent surmonter des expériences terribles. Notre approche européenne, la première du genre, met la santé mentale sur un pied d’égalité avec la santé physique et décrit tout ce que nous faisons pour que le soutien soit accessible et abordable pour tous ceux qui en ont besoin».

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne - 07/06/2023

«Aujourd’hui, nous présentons une approche globale et anthropocentrique de la santé mentale. Notre communication constitue une étape importante vers une Europe dans laquelle la santé est meilleure, plaçant les besoins psychosociaux des personnes les plus vulnérables au cœur de nos efforts. La solidarité avec les plus vulnérables et la protection de ces derniers constituent des valeurs européennes fondamentales, des composantes essentielles de notre mode de vie européen».

Margaritis Schinas, vice-président chargé de la promotion de notre mode de vie européen - 07/06/2023

«La santé, cela comprend la santé mentale et il ne peut y avoir d’union européenne de la santé sans un accès égal et en temps utile à la prévention, au traitement et à la prise en charge de la santé mentale de tous. Aujourd’hui nous prenons un nouveau départ vers une approche globale de la santé mentale, axée sur la prévention et une conception multipartite à l'échelle de l’UE. Nous devons mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination afin que ceux qui en ont besoin puissent demander et recevoir l’aide dont ils ont besoin. On a le droit de ne pas aller bien, et il nous incombe de veiller à ce que toute personne demandant de l’aide y ait accès».

Stella Kyriakides, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire - 07/06/2023

«Environ la moitié des travailleurs de l’UE considèrent que le stress est courant sur leur lieu de travail et qu’il est à l’origine d’environ la moitié des journées de travail perdues. Il est temps de prendre le problème à bras-le-corps, dans l’intérêt de nos travailleurs et de notre économie. Une entreprise qui ne dispose pas d'une main-d’œuvre en bonne santé ne peut pas réaliser son potentiel de productivité il y a donc un impératif à la fois social et économique à s’attaquer à cette tendance croissante. Notre santé mentale au travail est tout aussi importante que notre santé physique».

Nicolas Schmit, commissaire à l'emploi et aux droits sociaux - 07/06/2023

Détails

Date de publication
7 juin 2023
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/union-europeenne-de-la-sante-une-nouvelle-approche-globale-de-la-sante-mentale-2023-06-07_fr

ARTICLE SUR LE SUJET

Dépressions, stress, suicides : Bruxelles pousse les Vingt-Sept à agir sur la santé mentale

Alors que la santé mentale des Européens s'est nettement dégradée ces dernières années, la Commission européenne propose une série d'actions spécifiques et met 1,23 milliard sur la table.

Bruxelles
Emploi et travailAvant la pandémie de Covid-19, environ 84 millions de personnes étaient touchées sur le Vieux Continent, d'après la Commission européenne. (iStock)

Par Fabienne Schmitt  Publié le 7 juin 2023  https://france.representation.ec.europa.eu/*

C'est « l'épidémie silencieuse » de l'Europe, selon les termes du vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas. La santé mentale des Européens s'est considérablement dégradée ces dernières années, engendrant des coûts de plus en plus élevés.

Avant la pandémie de Covid, environ 84 millions de personnes étaient touchées sur le Vieux Continent, d'après la Commission. Un chiffre qui n'a fait qu'empirer, depuis, sur fond de guerre en Ukraine, de crise énergétique, d'augmentation du coût de la vie et de changements radicaux des modes de travail…

Le coût total des problèmes de santé mentale - systèmes de santé, programmes de Sécurité sociale, baisse de l'emploi et de la productivité des travailleurs compris - est évalué, par Bruxelles, à « plus de 4 % du PIB » en Europe, soit plus de 600 milliards d'euros par an.

L'exécutif européen estime ainsi qu'il y a urgence à agir, en proposant une série d'actions spécifiques, en particulier préventives et pour aider, avant tout, les plus vulnérables.


Il s'agit aussi de remettre de l'ordre dans les différentes initiatives qui ont été prises par le passé dans ce domaine. De l'aveu même de la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, « les services et outils » mis en place par l'UE sont « dispersés et souvent insuffisamment connus de ceux qui en ont besoin ».
Epidémie silencieuse

L'UE est ainsi prête à mettre 1,23 milliard de financement sur table pour « agir là où c'est nécessaire », a souligné Margaritis Schinas et inciter les Etats membres à classer la santé mentale parmi leurs priorités.

« Ce n'est pas à Bruxelles que nous pouvons résoudre tous ces problèmes, a-t-il ajouté. Nous avons placé haut la barre sur ce que peut faire l'Europe pour compléter les efforts nationaux et internationaux. Ce n'est que le début du voyage, pas un aboutissement… »

A ce stade, les mesures sont très générales. Bruxelles veut d'abord lancer une « initiative » - étape préalable à une législation - de prévention de la dépression et du suicide.

L'Europe planche parallèlement sur un code européen de la santé mentale dont les contours restent, pour l'heure, assez flous. Il s'agit de « donner aux gens les moyens de mieux prendre soin d'eux-mêmes et de leurs proches », a simplement mentionné Stella Kyriakides.
Suicides

Bruxelles veut aussi que les entreprises prennent plus en compte ces questions et annonce, pour ce faire, une future initiative sur les risques psychosociaux. Et des campagnes européennes de sensibilisation par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail.

« Nous savons que le stress et l'épuisement contribuent à environ la moitié de toutes les journées de travail perdues. Ceci est inacceptable », a regretté la commissaire. Elle a par ailleurs promis de « continuer à soutenir » les partenaires sociaux dans la négociation des nouveaux accords de télétravail et dans le droit à la déconnexion.

La Commission envisage aussi plusieurs mesures en direction des enfants, cible privilégiée, pour qui elle veut développer « une trousse d'outils de prévention ». Elle veut surtout sécuriser l'espace numérique, alors que la cyberintimidation fait des ravages sur la jeunesse provoquant des suicides. Ceux-ci sont d'ailleurs devenus, après les accidents de la route, la deuxième cause de mortalité chez les jeunes.

Fabienne Schmitt (Bureau de Bruxelles)
https://www.lesechos.fr/monde/europe/depressions-stress-suicides-bruxelles-pousse-les-vingt-sept-a-agir-sur-la-sante-mentale-1950014

mardi 2 mai 2023

MàJ Une étude européenne confirme la baisse des suicides au cours de la dernière décennie

D'apres article " Major European study confirms drop in suicides in last decade: may be linked to active measures to prevent suicide" https://www.eurekalert.org/ Communiqué de presse24 mars 2023

Une étude européenne majeure confirme la baisse des suicides au cours de la dernière décennie : peut être liée à des mesures actives de prévention du suicide

Baisse moyenne de 20 % des taux de suicide en Europe de 2011 à 2019
Association Psychiatrique Européenne

Une nouvelle étude majeure confirme la tendance à la baisse des suicides en Europe. Les résultats montrent que les taux de suicide sont en baisse dans 15 pays (dont l'Allemagne et l'Italie) et stables ailleurs (dont la France, l'Espagne et le Royaume-Uni). Seule la Turquie affiche une augmentation significative. Ce travail est présenté pour la première fois au Congrès Européen de Psychiatrie à Paris.

Le suicide est l'une des principales causes de décès prématuré, environ 700 000 suicides sont signalés chaque année dans le monde. Les taux de suicide en Europe sont généralement en baisse depuis le début du siècle. Chaque suicide indique une décision de mettre fin à ses jours et peut donc en principe être évitable.

Les statistiques de l'UE montrent qu'environ 1,1 % de tous les décès sont dus au suicide 2 , ce qui signifie que dans l'UE, une année moyenne, environ 56 000 décès résultent d'un suicide – plus si l'on considère l'ensemble de l'Europe.

La nouvelle étude a examiné les taux de suicide, tels qu'ils sont répertoriés dans les bases de données publiques européennes, dans 38 pays européens entre 2011 et 2019. 15 de ces pays ont montré une baisse significative des suicides (ajustés en fonction de la population), sans changement significatif dans les 22 autres pays. La Turquie a été le seul pays à signaler une augmentation significative, bien que les raisons de cette augmentation ne soient pas claires.

Chercheur, Dr. Anna Gimenez (Université de Barcelone) a déclaré :

"Ce travail confirme que les taux de suicide ont continué à baisser - ou au pire sont restés stables - à travers l'Europe entre 2011 et 2019. Les troubles psychiatriques sont liés à une proportion écrasante de ces cas. Au cours des dernières années, plusieurs interventions et plans d'action spécifiques pour la prévention du suicide ont été mis en œuvre dans un certain nombre de pays européens, et nous pensons qu'ils pourraient avoir eu un impact sur les tendances au suicide. Cela contraste avec, par exemple, les États-Unis 3, où les taux de suicide ont augmenté de 36 % sur la période 2000-2018, avant de commencer à baisser. Les différences de tendances d'un pays à l'autre reflètent bien sûr la société locale, mais peuvent également refléter l'adoption de mesures de prévention du suicide dans chaque pays. Nous n'en sommes pas encore sûrs, mais cela semble être la cause la plus probable. Des recherches antérieures ont montré que l'introduction de ces mesures peut être efficace, notre prochaine étape consiste donc à confirmer que l'amélioration est liée à cette action directe.

Le taux de suicide total en Europe (38 pays) est passé de 20 décès pour 100 000 personnes en 2011 à 16 pour 100 000 en 2019, soit une baisse des décès par suicide de près de 20 % sur cette période.

La Lituanie, qui avait auparavant de loin le taux de suicide le plus élevé d'Europe, a enregistré la plus forte baisse des suicides.

Tous les pays européens ont accepté de travailler avec l'Organisation mondiale de la santé pour mettre en œuvre des mesures de réduction du suicide, dont 4 : limiter l'accès aux moyens de se suicider (p. ex. pesticides, armes à feu, certains médicaments);
interagir avec les médias pour des reportages responsables sur les suicides ;
favoriser les compétences socio-émotionnelles de la vie chez les adolescents;
identification précoce, évaluation et prise en charge continue de toute personne affectée par des comportements suicidaires.

La co-chercheuse, le Dr Giovanna Fico (Université de Barcelone) a déclaré : « Bien sûr, notre étude nous a menés jusqu'en 2019 ; la COVID, et la guerre en cours en Ukraine peuvent affecter les tendances au suicide, mais dans l'ensemble, la tendance en Europe est à moins de suicides ".

Commentant, le professeur Philip Gorwood (ancien président de l'Association européenne de psychiatrie, Université de Paris) a déclaré :

"Alors que les pays font face différemment pour réduire le fardeau des troubles mentaux, il est intéressant de savoir quelles mesures sont efficaces et se traduisent réellement par quelque chose d'aussi crucial qu'une diminution du taux de mortalité suicidaire. Cette étude européenne est donc très intéressante, montrant qu'il existe de grandes hétérogénéités entre les pays, et que pour un nombre relativement important de pays, il est effectivement possible de réduire le nombre de décès par suicide par an".

Les 22 pays suivants n'ont montré aucun changement significatif dans les taux de suicide de 2011 à 2019 :

Bulgarie, Danemark, Estonie, Grèce, Espagne, France, Croatie, Chypre, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Finlande, Suède, Islande, Norvège, Royaume-Uni, Monténégro, Macédoine du Nord, Albanie, Ukraine.

Le Congrès Européen de Psychiatrie se déroule du 25 au 28 mars 2023, à Paris. Il s'agit du plus grand congrès européen dédié à la psychiatrie, avec environ 4500 participants https://epa-congress.org/


Remarques

1 This indication is part of a project from the Academy of Medical Sciences to improve press release communication.  See https://tinyurl.com/37pp49xu

2 EU statistics https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/-/DDN-20180716-1

3 US statistics https://www.cdc.gov/suicide/suicide-data-statistics.html

4 More info at: https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/suicide

 

***

Autre article 

Une baisse du taux de suicide observée en Europe

Liam Davenport

2 mai 2023 https://francais.medscape.com*

Paris, France – Une nouvelle étude présentée lors du Congrès 2023 de l’Association européenne de Psychiatrie fin mars à Paris montre que les taux de mortalité liés au suicide ont diminué de manière significative en Europe entre 2011 et 2019 : 15 pays affichant une baisse significative et 22 autres avec des taux stabilisés.

Afin de dresser un tableau des tendances récentes des taux de mortalité par suicide en Europe, les chercheurs ont rassemblé des données sur les statistiques nationales annuelles relatives au suicide pour les années 2011 à 2019 dans 38 pays européens à partir de la base de données publique d’Eurostat.

Une réduction du taux de suicide de 20 %

En estimant le taux de mortalité par suicide par an pour 100 000 habitants, l’équipe a constaté une réduction significative des taux de mortalité dans l’ensemble de l’Europe au cours de la période d’étude.

Le taux de suicide total sur ce continent est passé de 20 décès pour 100 000 personnes en 2011 à 16 pour 100 000 personnes en 2019, soit une réduction de 19,4 %.

C’est en Lituanie, qui affichait initialement le taux de suicide le plus élevé d’Europe, que la baisse du taux de suicide a été la plus importante. Viennent ensuite la Lettonie et la Pologne. L’Italie a enregistré la réduction significative la plus faible parmi les pays où les taux de suicide ont diminué. En revanche, les taux de suicide ont augmenté de manière significative en Turquie.

Dans l’ensemble, 15 pays ont enregistré une réduction des taux annuels de suicide au cours de la période étudiée. Aucun changement n’a été observé dans 22 pays, dont la France, l’Espagne et le Royaume-Uni.

La stratification des résultats par sexe a révélé que, chez les femmes, les taux de mortalité par suicide ont diminué de manière significative entre 2011 et 2019 en Hongrie, en Serbie, en Belgique et en Autriche, tandis qu’ils ont augmenté de manière significative au Royaume-Uni.

Chez les hommes, les taux de suicide ont diminué de manière significative dans 17 pays. Les baisses les plus importantes ont été signalées en Lituanie et en Hongrie, tandis que la baisse significative la plus faible a été observée en Albanie. Les taux de suicide chez les hommes ont augmenté de manière significative en Turquie.

La Dr Fico a déclaré qu’à l’avenir, tous les pays européens ont accepté de travailler avec l’Organisation mondiale de la santé pour mettre en œuvre des mesures de réduction du suicide, telles que la limitation de l’accès aux moyens de se suicider et un traitement responsable de l'information ayant trait au suicide dans les médias.

D’autres mesures comprennent la promotion des compétences socio-émotionnelles chez les adolescents et l’identification, l’évaluation et la prise en charge précoces des personnes affectées par un comportement suicidaire.

Comment l’expliquer ?

« Les différences de tendances d’un pays à l’autre reflètent des spécificités locales, mais elles peuvent être le reflet des mesures de prévention du suicide mises en œuvre dans chaque pays », a déclaré dans un communiqué l’auteure principale de l’étude la Dre Anna Gimenez (service de Psychiatrie, Clínic Barcelona, Espagne). « Des études antérieures ont montré que l’introduction de ces mesures peut être efficace, notre prochaine étape donc sera de confirmer que l’amélioration est liée à cette adoption », a-t-elle ajouté.

Les différences de tendances d’un pays à l’autre reflètent des spécificités locales, mais elles peuvent être le reflet des mesures de prévention du suicide mises en œuvre dans chaque pays.

 

La Dre Giovanna Fico, médecin dans l’unité des troubles bipolaires et dépressifs de la Clínic Barcelona, a également fait remarquer, lors de la présentation de l’étude, que celle-ci n’avait recueilli des données que jusqu’en 2019. C’est-à-dire antérieures à la pandémie de Covid-19 et à la guerre qui se déroule actuellement en Ukraine, ce qui pourrait influer sur les tendances suicidaires. Néanmoins, la tendance générale est « qu’en Europe, il y a eu moins de passages à l'acte », a-t-elle ajouté.

La Dre Fico a expliqué à Medscape Medical News que des pays comme l’Italie, la France et le Royaume-Uni disposent de plans nationaux structurés de lutte contre le suicide, ce qui n’est pas le cas de pays comme la Turquie. Elle pense que cela peut « impacter l’augmentation ou la diminution des taux de suicide ».

Toutefois, elle a souligné que l’étude était limitée par le fait que de nombreux pays européens ne communiquent pas de taux de suicide détaillés. En Ukraine, par exemple, les suicides de femmes ne sont pas enregistrés dans le registre national du pays.

Des données qui contrastent avec celles des Etats-Unis

La réduction globale des taux de suicide en Europe contraste fortement avec ce qui est observé aux États-Unis, où les Centres de Contrôle et de Prévention (Centers for Control and Prevention – CDC) signalent que les taux de suicide ont augmenté de 36 % entre 2000 et 2018, avant de diminuer de 5 % entre 2018 et 2020.

La Dre Fico a émis l’hypothèse que cet écart entre les comportements pourrait être liée aux différences entre les systèmes de soins en Europe et aux États-Unis et aux problèmes d’accès aux soins, en particulier pour les personnes à faible revenu.

Le Dr W. Vaughn McCall du Département de psychiatrie et de comportement sanitaire au Medical College of Georgia à l’université d’Augusta (Augusta, États-Unis), a suggéré que la facilité d’accès aux armes à feu pourrait aussi expliquer une part importante de cette différence.

La Dre Fico a déclaré que le suicide était « l’une des principales causes de décès prématuré ». Il coûte la vie à environ 700 000 personnes dans le monde chaque année, soit un taux de 10,7 pour 100 000 personnes en 2019. La « proportion écrasante de ces cas est liée à des troubles psychiatriques ».

La Dre Fico a noté qu’en 2020, 12,2 millions d’adultes aux États-Unis ont sérieusement envisagé le suicide, 3,2 millions ont planifié une tentative de suicide et 1,2 million d’entre eux ont tenté de se suicider, parmi lesquels 45 979 sont décédés. Selon les calculs du CDC, cela équivaut à un décès toutes les 11 minutes.

La cause la plus fréquente des suicides aux États-Unis

Le Dr McCall s’est dit « surpris » par les résultats, d’autant plus que les données américaines « semblent très différentes », en commentant les résultats pour Medscape Medical News.

Il a déclaré que « les tendances séculaires et les déterminants sociaux de la santé jouent sans aucun doute un rôle dans les taux de suicide ».

Soulignant l’augmentation constante du taux de suicide aux États-Unis, suivie d’une légère réduction pendant la pandémie, le Dr McCall a déclaré que « personne ne sait avec certitude pourquoi il a chuté, si ce n’est qu’en période de détresse universelle, l’humanité peut se montrer à la hauteur de la situation ».

Toutefois, il a déclaré qu’il ne serait pas surpris si les taux de suicide recommençaient à augmenter maintenant que la pandémie s’est calmée. Concernant les raisons possibles des différences de taux de suicide entre l’Europe et les États-Unis, le Dr McCall a suggéré que « la plus grande différence » est peut-être « l’accessibilité aux armes à feu ».

Il a déclaré que « les armes à feu sont la cause la plus fréquente de suicide aux États-Unis » et que la réduction de leur accès « est la pierre angulaire de la prévention du suicide ».

Par ailleurs, le Dr McCall a noté que si la population américaine « est plus à l’aise pour parler de la plupart des sujets de santé mentale, elle ne l'est pas quand il s'agit de parler du suicide. Il semble que faciliter les discussions sur le suicide soit nécessaire à la prévention. »

Dans un commentaire, le Pr Philip Gorwood du centre Hospitalier Sainte Anne (Paris, France), a affirmé que « comme les pays font face différemment pour réduire le fardeau des troubles mentaux, il est intéressant de savoir quelles mesures sont efficaces, et ont pour conséquence quelque chose d’aussi crucial qu’une diminution du taux de mortalité par suicide ».

« Cette étude européenne est très intéressante, car elle montre qu’il existe de grandes hétérogénéités entre les pays mais que pour un nombre relativement important d'entre eux, il est effectivement possible de réduire le nombre de décès par suicide par an », a-t-il déclaré.

Cette étude européenne est très intéressante, car elle montre qu’il existe de grandes hétérogénéités entre les pays.

 

Financements et liens d’intérêts
La Dre Fico a bénéficié d’une bourse de la Fondation La Caixa et entretient des relations avec les Drs Angelini, Janssen-Cilag et Lundbeck.

Cet article a initialement été publié sur Medscape.com Steady Drop in Suicide Deaths Across Europe. Traduit et adapté par Mona El-Guechati

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samedi 13 mars 2021

AUTOUR DE LA QUESTION Différences de Prise en charge : comment l'anxiété et la dépression sont-elles traitées en Europe ?

Différences de Prise en charge : comment l'anxiété et la dépression sont-elles traitées en Europe ?

Dans de nombreux pays européens, l’accessibilité aux soins psychologiques du système public de santé est insuffisante, voire inexistante. Les listes d'attente interminables, les frais de santé et le manque de ressources sont autant d’obstacles qui poussent les personnes souffrant d'anxiété ou de dépression à se tourner vers le système privé, lorsqu'elles peuvent se le permettre.

Lire la suite https://www.europeandatajournalism.eu/fre/News/News-data/Differences-de-Prise-en-charge-comment-l-anxiete-et-la-depression-sont-elles-traitees-en-Europe

vendredi 11 septembre 2020

Santé mentale à l’OMS/Europe. Prévention du suicide : La Fédération de Russie adapte l’outil de surveillance de l’OMS contre l’autodestruction

Prévention du suicide : La Fédération de Russie adapte l’outil de surveillance de l’OMS contre l’autodestruction

Les nouvelles stratégies de prévention du suicide se fondent sur des informations recueillies avec sollicitude et respect

La Journée mondiale de prévention du suicide, observée le 10 septembre dans le monde entier, prend une dimension particulière dans la Région européenne de l’OMS où, chaque année, on déplore le suicide de 140 000 personnes. La Fédération de Russie a été l’un des premiers pays à percevoir, dans le contexte des efforts de prévention du suicide, la valeur d’un système de surveillance performant contre l’autodestruction. En partenariat avec l’OMS/Europe, elle a mis au point un système de ce type, et les enseignements qu’elle en a tirés peuvent être mis à profit pour des projets similaires dans d’autres pays russophones de la Région.

À l’échelle mondiale, le suicide représente 50 % des morts violentes chez les hommes et 71 % chez les femmes. Nombre des pays ayant les taux de suicide parmi les plus élevés au monde se trouvent dans la Région européenne.

La surveillance de l’autodestruction est l’un des volets de l’action multisectorielle de santé publique nécessaire pour prévenir le suicide. Ainsi, elle contribue à la concrétisation des objectifs du Plan d’action européen sur la santé mentale 2013-2020 de l’OMS et de la cible des Objectifs de développement durable des Nations Unies consistant à réduire d’un tiers les décès par suicide pour 2030.

L’information sauve des vies

Le recueil d’informations est essentiel pour la prévention du suicide. Des données de qualité provenant de l’état civil, des systèmes des hôpitaux et d’enquêtes sont indispensables pour répertorier les tentatives de suicide et les cas d’autodestruction. Après analyse, ces informations peuvent étayer plus solidement des politiques et une planification éclairées.

Le tout premier facteur de risque par ordre d’importance pour les suicides au sein de la population est une tentative de suicide antérieure n’ayant pas entraîné la mort. Si ces cas peuvent être décelés rapidement et si un soutien adéquat peut être apporté, la probabilité que des issues tragiques soient évitées augmente fortement.

Mais il est difficile d’obtenir des données sur les tentatives de suicide et les cas d’autodestruction. Souvent, elles ne sont pas enregistrées dans le système de soins de santé secondaires et sont traitées, par exemple, comme des blessures non intentionnelles. En outre, une grande partie des personnes souffrant de troubles mentaux ne sont soignées qu’avec un retard considérable ou choisissent de ne pas s’adresser du tout aux services de santé mentale, à cause d’une stigmatisation et d’une discrimination. C’est un autre facteur qui permet aux cas d’autodestruction d’« échapper au radar » des systèmes de santé.

Un projet de la Fédération de Russie pour faire reculer la mortalité par suicide

La Fédération de Russie est l’un des pays de la Région européenne où le suicide représente une part importante de la charge de mortalité et de morbidité. En réaction, les homologues clés de la Fédération de Russie ont collaboré avec l’OMS/Europe et avec le bureau de pays de l’OMS en Fédération de Russie pour lancer un projet qui, à terme, peut être bénéfique pour tous les pays russophones de la Région.

La stratégie de surveillance de l’OMS contre l’autodestruction qui est appliquée a déjà été déployée dans un certain nombre de pays anglophones tels que l’Irlande, où elle a prouvé son efficacité. Dans le cadre du projet russe, les pratiques positives à l’échelle nationale ont été analysées et les outils et la méthodologie ont commencé à être adaptés.

En 2018, trois régions russes des districts fédéraux de l’Oural, du Caucase du Nord et d’Extrême-orient ont été sélectionnées et ont exprimé leur souhait de devenir des sites pilotes en vue de l’adaptation et de l’utilisation d’un outil et d’un manuel de l’OMS pour améliorer les systèmes de suivi et de surveillance des tentatives d’autodestruction et de suicide. Le ministère de la Santé de la Fédération de Russie et le Centre scientifique d’État Serbsky pour la psychiatrie sociale et médico-légale ont apporté leur soutien et leurs conseils aux responsables du projet.

« Cet outil est basé sur une série de procédures recommandées par l’OMS, qu’un travailleur de la santé dûment qualifié peut suivre pour déceler les cas d’autodestruction dans le cadre des soins médicaux secondaires. Par exemple, pour poser à un patient chez lequel on suspecte une certaine expérience de l’autodestruction une série de questions précises, et pour recommander des soins de santé mentale si nécessaire », explique le docteur Dan Chisholm, chef du programme Santé mentale à l’OMS/Europe.

Transposer les travaux à l’échelon régional

Cette initiative vise à créer une version en langue russe testée dans de multiples centres via une plateforme de surveillance en ligne qui peut servir pour le recueil et l’analyse de données de haute qualité sur l’autodestruction et les tentatives de suicide. La plateforme en ligne est en train d’être modifiée par des professionnels de la santé dans le Kraï de Stavropol (district fédéral du Caucase du Nord).

Par ailleurs, l’OMS/Europe et les autorités sanitaires russes ont mis au point des cours pour les formateurs à l’utilisation de ce système de surveillance et de suivi. Ces spécialistes seront en mesure de former suffisamment de travailleurs de la santé pour étendre cette initiative aux niveaux national et international.

« Cet ensemble d’outils recommandés par l’OMS a été harmonisé avec les normes des services de santé russes au niveau sous-national et pourra encore être développé à l’avenir. En outre, le système de surveillance en langue russe pourrait être utilisé dans d’autres pays russophones de la Région européenne de l’OMS », ajoute le docteur Chisholm. « Cette initiative peut devenir une partie intégrante de l’infrastructure de prévention du suicide et de l’autodestruction dans la Région, en contribuant à améliorer les services aux personnes à risque de comportement suicidaire. »


Prévention du suicide : L’état d’urgence mondial (2014) 

 

Source https://www.euro.who.int/fr/health-topics/noncommunicable-diseases/mental-health/news/news/2020/9/preventing-suicide-russian-federation-adapts-who-self-harm-monitoring-tool

vendredi 31 janvier 2020

RECHERCHE ETUDE Idées suicidaires et troubles de santé mentale chez les jeunes écoliers en Europe

Suicidal ideation and mental health disorders in young school children across Europe
Viviane Kovess-Masfety 1, 2 Daniel Pilowsky Dietmar Goelitz Rowella Kuijpers Roy Otten Maria Francesca Moro Adina Bitfoi Ceren Koç Sigita Lesinskiene Zlatka Mihova Greg Hanson Christophe Fermanian 3 Ondine Pez 4 Mauro Giovanni Carta
1 Fondation pour la santé publique
2 EHESP - École des Hautes Études en Santé Publique [EHESP]
3 Unité de recherche clinique
4 Pacte, Laboratoire de sciences sociales
Abstract : INTRODUCTION: The aim of this study is to measure the prevalence of suicidal ideation and thoughts of death in elementary school children in a European survey and to determine the associated socio-demographic and clinical factors. METHODS: Data refer to children aged 6-12 (N=7062) from Italy, Turkey, Romania, Bulgaria, Lithuania, Germany, and the Netherlands randomly selected in primary schools. Suicidal thoughts and death ideation were measured using a computerized pictorial diagnostic tool from the Dominic Interactive (DI) completed by the children. The Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) was administrated to teachers and parents along with a socio-demographic questionnaire. RESULTS: Suicidal ideation was present in 16.96% of the sample (from 9.9 in Italy to 26.84 in Germany), death thoughts by 21.93% (from 7.71% in Italy to 32.78 in Germany). SI and DT were more frequent in single-parent families and large families. Externalizing disorders were strongly correlated with SI and DT after controlling for other factors and this was true for internalizing disorders only when reported by the children. CONCLUSION: Recognizing suicidal ideation in young children may be recommended as part of preventive strategies such as screening in the context of the presence of any mental health problems whether externalizing or internalizing.
https://hal.ehesp.fr/hal-02460596
Soumis le : jeudi 30 janvier 2020 - 10:54:40
Source https://hal.ehesp.fr/hal-02460596

vendredi 28 juin 2019

EPIDEMIOLOGIE EUROPE Taux de mortalité standardisé pour 100 000 habitants 2016 Eurostat

Décès dus au suicide, par sexe

Taux de mortalité standardisé pour 100 000 habitants 2016
Code: TPS00122   dernière mise à jour: 25/06/2019 23:00    
Taux de mortalité d'une population présentant une répartition standard par âge. Comme la plupart des causes de décès varient notablement selon l'âge et le sexe des personnes, l'utilisation de taux de mortalité standardisés renforce la comparabilité entre périodes et entre pays, car ces taux visent à mesurer la fréquence des décès indépendamment des différences dans la pyramide des âges des populations. La population de référence utilisée est la «population standard européenne» telle que définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des statistiques détaillées, ventilées selon 65 causes de décès, sont disponibles dans la base de données (voir la rubrique "Données").
 
 
 
https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/web/_svg/Eurostat_Map_tps00122_28131953364_download_tmp_embed.png


HOMMES
https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/web/_svg/Eurostat_Map_tps00122_28132233156_download_tmp_embed.png
FEMMES

https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/web/_svg/Eurostat_Map_tps00122_28132521830_download_tmp_embed.png

vendredi 23 novembre 2018

Panorama de la Santé : Europe 2018 Les troubles de la santé mentale représentent un lourd fardeau économique pour les pays européens

Les troubles de la santé mentale représentent un lourd fardeau économique pour les pays européens
22/11/2018 http://www.oecd.org*

- Les pays européens pourraient améliorer la vie de plusieurs millions de leurs citoyens et favoriser la croissance de l’emploi et de l’économie s’ils intensifiaient les efforts pour promouvoir la santé mentale et améliorer le diagnostic précoce et le traitement des troubles de la santé mentale, selon un nouveau rapport de l'OCDE et de la Commission européenne.

Selon le Panorama de la Santé : Europe 2018, les troubles de la santé mentale, comme la dépression, les troubles anxieux et les problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogues, touchent plus d’une personne sur six dans l’Union européenne chaque année. Outre l’impact sur le bien-être de ces personnes, le rapport estime que les problèmes de santé mentale engendrent un coût total supérieur à 600 milliards EUR – soit plus de 4 % du PIB – dans les 28 pays de l’UE.

Pour une grande part, ces coûts sont liés aux taux d’emploi et à la productivité moins élevés des personnes atteintes de troubles de la santé mentale (1.6 % du PIB ou 260 milliards EUR) et aux dépenses plus importantes consacrées aux programmes de sécurité sociale (1.2 % du PIB ou 170 milliards EUR), le reste correspondant aux dépenses directement allouées aux soins de santé (1.3 % du PIB ou 190 milliards EUR).

« Le lourd fardeau que représentent les problèmes de santé mentale sur le plan individuel et social n’a rien d’inéluctable », explique M. Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE. « De nombreux pays européens ont adopté des mesures et des programmes pour faire face aux troubles mentaux, mais il reste beaucoup à faire pour promouvoir la santé mentale et améliorer la prise en charge des personnes touchées. Nous nous réjouissons de continuer à travailler avec la Commission européenne pour mesurer l'état de la santé dans les économies européennes et les défis spécifiques auxquels elles sont confrontées pour offrir de meilleures politiques en matière de santé pour une vie meilleure ».

À l’occasion du lancement du rapport à Bruxelles, M. Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, ajoute : « Ce rapport fournit aux États membres des informations précieuses pour mettre davantage l’accent sur la charge trop souvent négligée que représentent les troubles de la santé mentale aussi bien pour la vie quotidienne des individus que pour l’économie dans son ensemble. Il présente de solides arguments en faveur d’actions mieux cordonnées visant à promouvoir une meilleure santé mentale à l’école et au travail, mais aussi parmi les populations plus vulnérables comme les chômeurs et les personnes âgées ».

Le rapport Panorama de la Santé : Europe 2018 met aussi en lumière le ralentissement des gains d’espérance de vie constaté ces dernières années dans de nombreux pays européens, y compris la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui tient en partie à une réduction moins importante des décès causés par les maladies cardiovasculaires, sous l’effet peut-être de l’augmentation des facteurs de risque comme l’obésité et le diabète. On constate également une hausse du nombre de décès de personnes âgées, causée notamment par la sévérité des épisodes de grippe enregistrés ces dernières années dans certains pays.

D’importants écarts persistent en matière d’espérance de vie selon le milieu socioéconomique. À 30 ans, les personnes ayant un faible niveau d’études ont une espérance de vie inférieure de six ans à celle des personnes les plus instruites. Cet écart est particulièrement prononcé dans les pays d’Europe centrale et orientale, surtout chez les hommes, en raison de modes de vie moins sains et de disparités dans l’accès aux soins de santé.

Le rapport Panorama de la Santé : Europe 2018 montre que les dépenses de santé ont augmenté parallèlement à la croissance économique en 2017, pour s’établir à 9.6 % du PIB de l’UE. La France et l’Allemagne ont consacré plus de 11 % de leur PIB à la santé en 2017, suivis par la Suède, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas, dont les dépenses de santé s’élèvent à plus de 10 % du PIB. Les dépenses de santé des pays situés à l’est de l’UE sont généralement beaucoup moins élevées, comprises entre 5 et 6 % du PIB.

Le Panorama de la Santé : Europe 2018 marque la première étape du cycle concernant l'état de la santé dans l’UE lancé en 2016 par la Commission européenne pour aider les États membres de l’UE à améliorer l’état de santé de leurs citoyens et les performances de leurs systèmes de santé. La deuxième étape consistera en une série de profils de santé pour chacun des pays de l’UE, qui seront publiés en 2019. De plus amples informations sur le Panorama de la Santé : Europe 2018 sont disponibles sur le site : http://www.oecd.org/fr/sante/health-at-a-glance-europe-23056088.htm.

Pour toute question sur le chapitre dédié à la santé mentale, les journalistes sont invités à prendre contact avec Emily Hewlett (tél. : 33 1 45 24 98 23). Pour toute autre question concernant la publication, veuillez contacter Francesca Colombo (tél. : 33 1 45 24 93 60), Gaétan Lafortune (tél. : 33 1 45 24 92 67) ou la Division des médias de l'OCDE (tél. : + 33 1 45 24 97 00).

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.
 http://www.oecd.org/fr/presse/les-troubles-de-la-sante-mentale-representent-un-lourd-fardeau-economique-pour-les-pays-europeens.htm

lundi 17 septembre 2018

Un rapport de l’OMS révèle qu’en Europe, trop d’hommes meurent jeunes de causes évitables

Un rapport de l’OMS révèle qu’en Europe, trop d’hommes meurent jeunes de causes évitables
Copenhague, Rome, 17 septembre 2018
Le tout premier rapport de l’OMS sur la santé et le bien-être de l’homme dans les 53 pays de la Région européenne de l’OMS révèle que les hommes n’ont jamais vécu en meilleure santé et plus longtemps qu’aujourd’hui. Mais malgré les progrès réalisés, beaucoup d’entre eux meurent beaucoup trop jeunes de causes évitables, et les raisons qui expliquent ce phénomène dépassent le champ de la biologie.
Ces nouvelles constatations suscitent des appels en faveur de l’adoption d’une approche sexospécifique pour que la santé des hommes figure parmi les priorités des décideurs de la santé dans la Région européenne. Le rapport intitulé « The health and well-being of men in the WHO European Region: better health through a gender approach » [La santé et le bien-être de l’homme dans la Région européenne de l’OMS : améliorer la santé en adoptant une approche sexospécifique] sera officiellement présenté aux délégués lors de la session de l’organe décisionnel de l’OMS pour la Région européenne, qui s’ouvre aujourd’hui à Rome. Les 53 États membres devraient adopter une nouvelle stratégie régionale pour remédier aux problèmes rencontrés en matière de santé de l’homme.
« La Région européenne montre l’exemple en faisant chuter la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles. Cependant, trop d’hommes restent en dehors du champ d’activité des services de santé et meurent jeunes de ces maladies, ou de traumatismes. Ce nouveau rapport nous aide à comprendre leurs besoins spécifiques et à voir comment nous pouvons proposer aux hommes des interventions tenant compte des sexospécificités, qui nous aideront également à atteindre l’objectif de développement durable relatif à l’égalité des sexes », déclare le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.
Des différences alarmantes – mais évitables – en matière de mortalité masculine dans la Région
Ce rapport met en évidence l’écart considérable qui existe entre les hommes de la Région en matière de santé. En effet, l’espérance de vie moyenne des hommes à la naissance varie de 64 à 81 ans, soit une différence de 17 ans entre les pays. En particulier, le rapport révèle que :
  • chez l’homme, environ 86 % des décès sont imputables à une maladie non transmissible et à des traumatismes qui affectent les hommes à un plus jeune âge.
  • dans la partie orientale de la Région, 37 % des décès liés aux maladies non transmissibles surviennent avant l’âge de 60 ans, contre 13 % seulement en Europe occidentale.
  • les principales causes de décès chez les hommes âgés de 30 à 59 ans sont les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les maladies respiratoires.
  • dans certains pays de la partie orientale de la Région, les hommes courent sept fois plus de risques de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire que dans la partie occidentale.
  • les trois quarts environ des hommes décédés dans un accident de la route avaient moins de 25 ans.
Qu’est-ce qui peut expliquer le comportement des hommes lorsqu’ils prennent des risques ou cherchent à être en bonne santé ?
Il y a si longtemps qu’on observe chez l’homme une exposition plus forte à des facteurs de risque que celle-ci est presque considérée comme liée à leur condition biologique, mais les différences entre les hommes de la Région montrent que ce n’est pas le cas. Les normes sexospécifiques et les attentes de la société ont une influence sur les niveaux de tabagisme, de consommation d’alcool et de traumatismes chez les hommes, qui sont plus élevés que chez les femmes, ainsi que sur leur participation plus fréquente à de la violence interpersonnelle. Leur santé se détériore également en raison d’une alimentation peu saine. Ici aussi, on enregistre des différences d’un pays à l’autre de la Région. Par exemple, le risque d’une consommation élevée de sodium est plus élevé en Asie centrale, alors que le principal risque en Europe occidentale est une alimentation pauvre en fruits et légumes frais. Les statistiques les plus récentes montrent :
  • qu’en 2016, le tabagisme a été responsable de 1 million de décès d’hommes dans la Région européenne, et qu’il constitue le premier facteur de risque pour la santé des hommes d’Europe occidentale et centrale.
  • que la consommation d’alcool et de drogues est le premier facteur de risque en Europe de l’Est, responsable de 24 % des années perdues par les hommes.
  • qu’en Asie centrale, le principal facteur de risque pour la santé est une mauvaise alimentation, à laquelle on peut attribuer 17 % des années perdues par les hommes.
De plus, les hommes sont souvent moins enclins que les femmes à consulter un médecin généraliste. Par exemple, il n’est pas rare que de graves problèmes émotionnels ou des symptômes de dépression ne soient pas diagnostiqués chez les hommes parce que ceux-ci ne prennent pas ces problèmes médicaux au sérieux et ne sont pas aussi habitués à demander de l’aide. La non-détection des problèmes de santé mentale contribue à l’augmentation des taux de suicide, qui sont cinq fois plus élevés chez les hommes de 30 à 49 ans que chez les femmes du même âge.
L’égalité des sexes, un avantage pour la santé de l’homme
Ce rapport révèle que le niveau d’aisance matérielle, l’éducation, l’emploi, l’exclusion sociale et la discrimination, les conditions de la retraite et le cadre et les conditions de vie sont parmi les facteurs clés qui influencent la santé et le bien-être de l’homme. Vivre dans un pays où règne l’égalité des sexes est bénéfique pour la santé des hommes et se traduit par des taux de mortalité plus bas, un bien-être plus important, un risque de dépression diminué de moitié, une probabilité accrue d’avoir des rapports sexuels protégés, des taux de suicide moins élevés et 40 % de risques en moins de mourir de mort violente.
Le rapport souligne que l’amélioration de la santé et du bien-être de l’homme est mieux prise en compte lorsqu’il y a une égalité entre les sexes. Pour atteindre les objectifs mondiaux en matière d’égalité des sexes et concrétiser plus rapidement les objectifs fixés en matière de santé, il est essentiel d’inciter les hommes à dispenser des soins rémunérés ou non, à prévenir la violence à l’égard des femmes et à assumer leur part de responsabilités en matière de santé reproductive, tout en facilitant cette participation des hommes.
L’action de santé publique
Les responsables des politiques de santé participant à la session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe à Rome seront invités à débattre de la nouvelle Stratégie pour la santé et le bien-être de l’homme dans la Région européenne de l’OMS, qui a été élaborée en consultation avec les pays, des experts, des organisations partenaires et la société civile.
Cette Stratégie propose de nombreuses mesures qui peuvent aider les pouvoirs publics à s’attaquer aux déséquilibres entre les sexes, à intensifier les efforts consentis pour prévenir la violence, à encourager la participation des hommes à la santé reproductive, etc. Elle vise à rendre les systèmes de santé sensibles à la dimension homme-femme et à garantir une meilleure accessibilité des garçons et des hommes aux services de soins. L’objectif est également de comprendre les besoins des hommes en matière de santé, d’établir le contact avec eux et d’assurer une meilleure promotion de la santé auprès d’eux.

La santé et le bien-être de l’homme dans la Région européenne de l’OMS : améliorer la santé en adoptant une approche sexospécifique 

Source :http://www.euro.who.int/fr/media-centre/sections/press-releases/2018/too-many-european-men-die-young-from-preventable-causes-who-report-reveals

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La santé et le bien-être de l’homme dans la Région européenne de l’OMS : améliorer la santé en adoptant une approche sexospécifique (2018)
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2018, ix + 116 pages
ISBN 978 92 890 5353 2
Cette publication est uniquement disponible en ligne.
En adoptant le cadre politique européen de la santé et du bien-être, Santé 2020, et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, les pays se sont engagés à améliorer la santé et le bien-être pour tous, à réduire les inégalités et à améliorer l’égalité entre les sexes. Les États membres de la Région européenne de l’OMS ont confirmé leur engagement en 2016 avec l’adoption de la Stratégie pour la santé et le bien-être de la femme.
Pour compléter et renforcer l’action visant à atteindre les objectifs de développement durable 3 et 5, la Stratégie pour la santé et le bien-être de l’homme a été présentée à la soixante-huitième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe de septembre 2018. Le rapport de l’OMS/Europe intitulé « The health and well-being of men in the WHO European Region: better health through a gender approach » [La santé et le bien-être de l’homme dans la Région européenne de l’OMS : améliorer la santé en adoptant une approche sexospécifique] sert de toile de fond à la stratégie.
Le rapport :
  • donne un aperçu épidémiologique de la santé de l’homme dans la Région ;
  • examine les convergences entre les déterminants sexospécifiques, sociaux, économiques, culturels et environnementaux de la santé et du bien-être de l’homme ;
  • permet de mieux comprendre comment les normes et les rôles sexospécifiques, ainsi que les convergences avec d’autres déterminants de la santé, influent sur la manière dont les systèmes de santé répondent aux besoins des hommes en matière de santé ;
  • présente les bases factuelles sous-tendant les interventions nécessaires afin que les hommes œuvrent à l’égalité des sexes en corrigeant le déséquilibre dans les soins rémunérés et non rémunérés, en les incitant à prévenir la violence contre les femmes, et en encourageant le partage des responsabilités en matière de santé reproductive ;
  • recense les mécanismes de gouvernance nécessaires pour améliorer la santé et le bien-être de l’homme, tout en contribuant à l’égalité des sexes.

Rapport sur la santé de la femme (en anglais seulement)

jeudi 5 juillet 2018

ETUDE RECHERCHE EUROPE Toujours plus inégaux face au suicide

Toujours plus inégaux face au suicide
Publié le 04/07/2018 sur www.jim.fr*
On estime qu’une personne meurt toutes les 40 secondes par suicide dans le monde, ce qui correspond environ à 804 000 décès durant l’année 2012. Mais dans cette comptabilité macabre, le nombre réel des suicides est vraisemblablement sous-estimé, car ce sujet demeure très sensible, d’un point de vue social, culturel, religieux (voire juridique, certaines législations voyant encore le suicide comme un acte « illégal »).

Contrer l’extension du suicide passe par des stratégies de prévention, en limitant les moyens de le commettre, notamment l’accès aux armes à feu et à des médicaments détournés de leur usage thérapeutique. Réalisée en collaboration dans 13 pays d’Europe (Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Lituanie, Norvège, Pologne et Suisse) et exploitant des données sur la mortalité par suicide entre 1991 et 2001 chez des Européens âgés de 35 à 79 ans, une étude confirme le poids des « inégalités socio-économiques » et « l’écart grandissant » dans l’épidémiologie du suicide en Europe. Dans les années 1990, les sujets avec le niveau le plus faible (du point de vue éducatif et socio-économique) ont ainsi un risque de suicide « 1,82 fois plus grand » que ceux du groupe au profil le plus élevé, alors que cette amplification du risque atteint depuis l’an 2000 un facteur 2,12 (soit une augmentation proche de 17 %).

Surmortalité disproportionnée chez les plus défavorisés

Cette étude suggère que la prévention du suicide peine à réduire les inégalités, avec une surmortalité « disproportionnée » chez les sujets les plus défavorisés et dans certaines populations européennes, et « des inégalités plus marquées en 2001 » que dix ans plus tôt, « malgré l’adoption de politiques préventives » durant la décennie considérée, dans la plupart des pays concernés. On doit donc déplorer, avec les éditorialistes du British Journal of Psychiatry, « l’échec des pays d’Europe pour contrer les disparités » en matière de suicide. Et d’autant plus qu’aux inégalités géographiques (taux de suicides plus élevés en Europe de l’Est, notamment en Hongrie et en Lituanie, mais plus faibles en Europe du Sud et en Grande-Bretagne) se superposent des inégalités entre les sexes (plus grande vulnérabilité masculine aux facteurs de risque connus, comme un faible niveau d’éducation). Constat inquiétant : non seulement les inégalités observées subsistent chez les hommes dix ans plus tard, mais elles commencent aussi à « émerger chez les femmes vers l’an 2000, alors qu’elles n’étaient pas présentes auparavant. »

Face à ces signaux d’alerte épidémiologique, les auteurs de l’étude préconisent d’accorder « une plus grande attention aux sujets les plus vulnérables », c’est-à-dire les hommes avec un faible niveau d’instruction et les moins insérés au plan professionnel, lesquels devraient constituer la « cible explicitement prioritaire » des systèmes de soins psychiatriques et des politiques de prévention en santé mentale.

Dr Alain Cohen
Copyright © http://www.jim.fr
https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/toujours_plus_inegaux_face_au_suicide_172585/document_actu_med.phtml

lundi 2 juillet 2018

RECHERCHE ETUDE SEYLE étude européenne qui a exploré la santé mentale et physique des lycéens de 11 pays


Une étude pour prévenir le suicide chez les lycéens
source Lettre d’Information du CPN - Juin 2018 *
SEYLE est une étude européenne qui a exploré la santé mentale et physique des lycéens de 11 pays et a évalué l’efficacité de 3 programmes de prévention du suicide. Les résultats ont produit des données scientifiquement validées et culturellement adaptées, qui contribuent à lutter contre le suicide.

Le besoin d’évaluation du bien-être des jeunes en Europe d’une part, et des interventions de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire d’autre part, sont la base du projet SEYLE (Saving and Empowering Young Lives in Europe : « Sauver et Renforcer efficacement la vie des jeunes en Europe ») réalisé entre 2010 et 2011. Cette étude a fourni de nombreux résultats et enseignements.
L’étude
Les objectifs généraux de ce projet étaient de collecter des informations auprès des adolescents sur leur santé et leurs modes de vies à risque et leur rapport avec le bien-être, la dépression et le suicide ; leurs perceptions et attitudes envers la promotion de la santé mentale d’une part et les conduites à risque d’autre part ; leurs valeurs, leurs opinions ou leurs goûts en général.
L’étude avait aussi pour but de comparer les effets de trois différentes interventions de promotion de la santé et de réduction des comportements à risque chez les adolescents.
Les interventions se sont déroulées dans les 11 pays participants (Allemagne, Autriche, Espagne, Estonie, France, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Roumanie, Slovénie sous la coordination du Karolinkska Institute de Stockholm, Suède) auprès de 12 395 élèves âgés de 14 à 16 ans. C’est l’âge où l’identité se construit et où les influences des parents sur les comportements des adolescents diminuent. De plus, les études épidémiologiques ont montré que c’est la tranche d’âge où les comportements à risque augmentent.
En France, c’est le Pr Jean-Pierre Kahn et son équipe qui ont mis en place l’étude. Vingt lycées de la région ont accepté d’y participer.
Une évaluation de la santé des élèves a été réalisée grâce à un questionnaire de 127 questions rempli 3 fois : au début de l’étude, 3 mois et 12 mois plus tard. Les interventions se sont déroulées lors du premier mois de l’étude (un seul type d’intervention par lycée) :
a) ProfScreen (Professional Screening) – Grâce au questionnaire, les professionnels de santé ont identifié les élèves présentant des comportements à risque et leur ont proposé un entretien d’évaluation clinique afin d’explorer plus en profondeur la nature et le degré de leurs difficultés. Si nécessaire, ils ont été orientés vers un professionnel de la santé mentale.
b) QPR (Question, Persuade and Refer) – Ce programme à destination du personnel des lycées, forme des « sentinelles » qui sauront identifier, puis adresser un jeune en souffrance vers un service de santé mentale.
c) YAM (« Youth Aware of Mental Health ») – Au travers de jeux de rôles, ce programme a pour but d’aider les jeunes à prendre conscience de leurs comportements favorables et défavorables à leur santé (mentale) et à renforcer leurs capacités à minimiser leurs comportements à risque.
Bilan
L’étude SEYLE a montré que près d’un tiers des adolescents a un fonctionnement impacté par une importante tristesse et a des idées suicidaires. Près d’un sur dix est cliniquement déprimé.
La consommation d’alcool est régulière pour environ 8% d’entre eux (2 fois par semaine ou plus). Ils sont 4,5% à consommer des drogues illégales et 10,7% à fumer 5 cigarettes par jour ou plus.
Seuls un peu moins de 60% d’entre eux dorment suffisamment, ils sont même près de 15% à dormir moins de 6 heures. De même, seuls environ 14% ont un niveau d’activité physique suffisant (60 mn par jour). Une analyse alarmante a également montré que plus de 50% des élèves subissent un harcèlement verbal, physique et/ou relationnel de la part de leurs pairs.
Enfin, deux résultats retiennent particulièrement notre attention :
- Le programme YAM est le plus efficace des trois programmes évalués pour faire baisser les idées suicidaires sévères et les tentatives de suicide. Il est également le plus rationnel d’un point de vue médico-économique.
- Il existe un « groupe à risque invisible » que l’on peut comparer à des élèves plus immédiatement identifiables en raison de leurs comportements à risques plus « bruyants ». Ainsi les élèves qui passent de longues heures devant leur ordinateur, dorment peu et sont très sédentaires ont un taux d’idées suicidaires, d’anxiété et de dépression aussi important que des élèves qui consomment de la drogue ou manquent l’école.
L’étude SEYLE a généré des résultats européens scientifiquement validés en matière d’épidémiologie, de promotion de la santé mentale et de prévention du suicide. A l’heure où Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, met l’accent sur le développement de la prévention et de la sensibilisation en santé mentale auprès du grand public et des adolescentes en particulier, il nous incombe de mobiliser nos dirigeants et de les engager à utiliser ces résultats pour contribuer à l’amélioration de la santé mentale des adolescents. YAM est en effet un programme efficace et facile à mettre en place dans les lycées, en lien avec les autorités sanitaires et l’Education Nationale.
Pr Jean-Pierre Kahn et Alexandra Tubiana

Bibliographie non exhaustive :

1. Kahn, J.P., Guillemin, F., Tubiana, A., & Legrand, K. (2012). Un programme de recherche européen sur la prévention du suicide, La Revue de Santé Scolaire et Universitaire, 3(14), 29–31.
2. Tubiana, A., & Kahn, J.P. (2015). Santé mentale  : peut-on dépister au lycée sans stigmatiser les élèves  ? La Revue de Santé Scolaire et Universitaire, 6(35), 23–25.
3. Kahn, J.-P., Tubiana, A., Cohen, R. F., Carli, V., Wasserman, C., Hoven, C., … Wasserman, D. (2015). Important Variables When Screening for Students at Suicidal Risk : Findings from the French Cohort of the SEYLE Study. International Journal of Environmental Research and Public Health, 12(10), 12277–12290.
4. Wasserman, D., Hoven, C. W., Wasserman, C., Wall, M., Eisenberg, R., Hadlaczky, G., … Carli, V. (2015). School-based suicide prevention programmes : the SEYLE cluster-randomised, controlled trial. Lancet.
5. Carli, V., Hoven, C. W., Wasserman, C., Chiesa, F., Guffanti, G., Sarchiapone, M., … Wasserman, D. (2014). A newly identified group of adolescents at “invisible” risk for psychopathology and suicidal behavior : findings from the SEYLE study. World Psychiatry : Official Journal of the World Psychiatric Association (WPA), 13(1), 78–86.
Pour une bibliographie complète :
Pr Jean-Pierre KAHN, jp.kahn@chru-nancy.fr
Alexandra TUBIANA, alexandra.tubiana@cpn-laxou.com

*http://www.cpn-laxou.com/-350.html 

***


Info plus
Programme YAM http://www.y-a-m.org/the-programme/

Retrouvez également une présentation en français du programme YAM https://stopsuicide.ch/wp-content/uploads/2017/07/160712_SEYLE_programme_YAM.pdf

jeudi 19 octobre 2017

Bonnes pratiques européennes en santé mentale et bien-être

Bonnes pratiques européennes en santé mentale et bien-être
D'après: EU-Compass for Action on Mental Health and Well-being Newsletter
Issue 4, 18th October 2017 *


3e tour de collecte
La collecte des bonnes pratiques européennes en matière de santé mentale se poursuit à l'automne 2017. C'est l'occasion pour un large éventail d'acteurs de la santé mentale des secteurs public, privé et ONG de proposer des activités à inclure comme bonnes pratiques européennes sur
the EU-Compass good practice brochure. Les pratiques soumises seront évaluées à l'aide de critères de qualité convenus avec les États membres et la Commission européenne. Si vous avez une bonne pratique à l'esprit, suivez le lien pour soumettre votre pratique à l'évaluation. Dans ce cycle de collecte, nous recherchons particulièrement de bonnes pratiques en matière de services de santé mentale communautaires et nous développons des approches intégrées de gouvernance (également appelées la santé mentale dans toutes les politiques).
brochure des bonnes Pratiques publiée
A l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, une nouvelle brochure sur les bonnes pratiques pour la santé mentale au travail, dans les écoles et la prévention de la dépression et du suicide a été lancée. 

Good Practices for Mental health at work, in schools, and prevention of depression and suicide 


Cette brochure rassemble les meilleures pratiques évaluées dans toute l'UE au profit des organisations cherchant à améliorer leur approche de la santé mentale et du bien-être.
Voici quelques exemples de pratiques recueillies et évaluées par le consortium:
La santé mentale au travailL'initiative danoise,
Fighting Stigma at Work: One of us, cherche à combattre la stigmatisation au travail en se concentrant sur des méthodes éprouvées qui empêchent la stigmatisation et favorisent l'empathie et la réflexion.
La santé mentale dans les écoles
Zippy's Friend est un programme pour les enfants de 5 à 7 ans initié par les secteurs de l'éducation et de la santé en République tchèque.
Prévention de la dépressionLe projet allemand 
iFightDepression se concentre sur la E-santé mentale avec une plateforme en ligne.
Prévention du suicideLe programme
Suicide Prevention Austria, coordonné au niveau national et régional, vise à soutenir les groupes à risque, développer le support aux média pour la prévention du suicide, intégrer les programmes de prévention dans d'autres activités de promotion de la santé et soutenir la recherche sur le suicide.
Vous trouverez également les exemples de bonnes pratiques collectés en 2016 dans la brochure 
good practice booklet qui a été lancée lors du premier Forum EU-Compass en octobre 2016.


source http://mailchi.mp/bdd8f7cfc2ab/eu-compass-for-mental-health-newsletter-954661?e=9b33b78a06