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jeudi 3 février 2022

ETUDE RECHERCHE Neurosciences, imagerie médicale et lutte contre le suicide : le HPC français au service de la recherche en santé mentale

Neurosciences, imagerie médicale et lutte contre le suicide : le HPC français au service de la recherche en santé mentale

Extraits article 1/02/22 sur https://www.genci.fr/*

Au rythme de la pandémie, des confinements, d’un climat anxiogène, la santé mentale est devenue de manière ostensible une question de société, un enjeu collectif. Longtemps considérée en France comme tabou, cantonnée derrière les murs de la psychiatrie, elle fait désormais l’objet d’enquêtes suivies en population générale, et la une des journaux. L’opinion française semble petit à petit s’approprier la conception de l’OMS selon laquelle « il n’y a pas de santé sans santé mentale ». En janvier 2022, le buzz s’est produit depuis le journal de TF1, où le chanteur Stromae a parlé des fragilités psychiques et du suicide en interprétant en direct son texte intitulé Les Enfers. 

La médiatisation de la dégradation de la santé mentale [..]constituent un objet d’inquiétudes intimes ou publiques, bénéficiant désormais d’une attention accrue des pouvoirs publics.  

Dans ce contexte, alors que s’est tenu il y a peu le Congrès de l’Encéphale  et à quelques heures de la Journée nationale de prévention du suicide, présenter le projet Neuroimaging-informed phenotypes of suicidal behavior mené par le chercheur Fabricio Pereira présente un réel intérêt. Mobilisant plus d’un million d’heures cœur du supercalculateur Occigen de GENCI, hébergé et opéré par le CINES, les résultats de ce projet vont être prochainement publiés. 

Figure 1 

Lutter contre le suicide : une nécessaire interdisciplinarité 

Fabricio Pereira est physicien, et titulaire d’un doctorat (et HDR) en neurosciences. Des bancs de la faculté de science médicale au Brésil à l’Université de Nîmes en passant par le Harvard–MIT Program in Health Sciences and Technology ce chercheur a connu un parcours non linéaire, marqué par l’acquisition et la mobilisation de savoirs croisés. Il est aujourd’hui Maître de conférences au MIPA (Laboratoire Mathématiques, Informatique, Physique et Applications de l’Université de Nîmes, Département de Sciences et Art) et ingénieur hospitalier au CHU de Nîmes (Délégation à la recherche clinique et à l’innovation, UR UM103 IMAGINE). Cela n’est pas anodin. 

En effet, si dans le champ du trouble suicidaire, l’interaction de nombreux facteurs (biologiques, psychologiques, sociaux, environnementaux) semble déterminante, la connaissance nécessaire pour le prévenir ou lutter contre gagne en intérêt lorsqu’elle revêt un caractère interdisciplinaire et des disciplines émergentes comme la neuro-informatique. 

C’est ce que confirme précisément Fabricio Pereira. Le projet qu’il mène se déroule effectivement à la croisée de plusieurs services, dont celui d’imagerie médicale du professeur Beregi et celui de psychiatrie du professeur Jollant du CHU de Nîmes. 

Des biomarqueurs du suicide ? 

Le projet Neuroimaging-informed phenotypes of suicidal behavior vise à déterminer l’existence de biomarqueurs au travers d’« images » réalisées, entre autres, sur des patients étant ou ayant été atteints de troubles dépressifs, ou ayant opéré une tentative de suicide. 

Ces biomarqueurs consistent dans « des petits signes que les yeux ne peuvent pas voir mais on peut les calculer » explique Fabricio Pereira. Les images obtenues par IRM du cerveau des patients comportent en effet des informations représentant des milliards de voxels. La comparaison de différents groupes et différentes images permet de repérer ces signes, d’un groupe à un autre, d’une personne à un autre, d’un état à un autre.  

Ces différents marqueurs peuvent également varier d’une image à l’autre selon d’autres facteurs, tels que la sévérité de la tentative de suicide. 

Les comparaisons des milliards de données ainsi récoltées conduisent à identifier des informations sur des caractéristiques fonctionnelles propres à certaines zones cérébrales très réduites, dont l’identification a elle-même requis le traitement de quantités considérables de données. 

Cartographie de la douleur mentale 

Une constante a pu être observée : les personnes qui ont opéré une tentative de suicide ont ressenti une « douleur mentale », facteur déterminant dans la prise de décision. Afin de connaître précisément la configuration de cette douleur dans le cerveau, plusieurs outils ont été mobilisés. Par exemple, des médicaments antalgiques ont été proposés à des patients par le médecin. L’analyse des biomarqueurs observés alors grâce à « l’image » peut révéler des modifications du fonctionnement cérébral à l’origine de la douleur.

L’identification de ces variations peut être réalisée en fonction de certaines caractéristiques à l’instar de l’âge et de la présence d’un trouble mental ou d’un syndrome dépressif. Le suicide reste en effet particulièrement élevé dans les catégories « personnes âgées » et celles présentant un trouble dépressif, un trouble mental ou psychique.

Un outil basé sur la perception du sentiment d’injustice sociale a été implémenté dans le groupe des personnes âgées. Les changements à l’image en découlant ont ensuite pu être analysés dans les groupes des personnes qui avaient préalablement fait une tentative de suicide, dans celui des personnes qui ont un trouble dépressif mais n’ont pas fait de tentative de suicide, et dans celui des personnes qui ne sont pas en situation dépressive et n’ont pas fait de tentative de suicide. 

La perception de la douleur mentale est plus élevée chez les personnes ayant fait une tentative de suicide que chez celles n’en ayant pas fait. Concomitamment, certaines zones du cerveau identifiées sont plus actives chez celles qui ont tenté de se suicider en comparaison avec celles ne rentrant pas dans ce groupe.

La neuro-informatique : un espoir 

Identifier des signaux de petite ampleur implique des données massives. Plus le signal émis est petit, plus on a besoin de données pour le trouver. Aussi, des téraoctets de données ont été collectés et analysés. L’utilisation du big data pour aider à connaître et prévenir le suicide et plus largement les troubles de santé mentale requiert des outils adaptés. Les supercalculateurs de GENCI démontrent leur pertinence pour résoudre des problèmes complexes, impliquant des milliards de connexions. Sans cela, précise Fabricio Pereira, « les calculs dureraient des années ». 

Les résultats présentés ne permettent cependant pas de démontrer, pour le moment, l’existence d’un lien de causalité entre les biomarqueurs et l’acte de suicide. Ce lien constituera un pan de recherche essentiel pour l’avenir, impliquant des développements considérables dans le champ de l’épigénétique notamment. 

Le développement d’applications utilisant l’identification des biomarqueurs pourrait alors peut-être revêtir un caractère déterminant dans la pratique de prévention du suicide, conclut le scientifique.

Pour aller plus loin :  

https://www.nature.com/articles/s41398-018-0170-2.pdf

https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.09.15.21263562v1

https://www.brainconnect.me

Figure 1 Brain networks and gene expression associated with psychological pain and suicidal ideas. aux idées suicidaires. Networks: basal ganglia (BGN); default mode (DMN); central executive (CEN); and salience (SN). Gene: serotonergic system (HTR2B and HTR3A) and opioid system (OPRL1 and TPH1)

Nota : projet financé par les fondations Apicil (www.fondation-apicil.org) et l’Avenir (www.fondationdelavenir.org)

Lire l'article en intégralité https://www.genci.fr/fr/node/1171

 


lundi 15 février 2021

ETUDE RECHERCHE PREFRONTAL ACTIVITY DURING EXPERIMENTAL OSTRACISM AND DAILY PSYCHACHE IN SUICIDE ATTEMPTERS

PREFRONTAL ACTIVITY DURING EXPERIMENTAL OSTRACISM AND DAILY PSYCHACHE IN SUICIDE ATTEMPTERS

Received 6 November 2020, Revised 12 January 2021, Accepted 31 January 2021, Available online 9 February 2021.
Journal of Affective Disorders
Available online 9 February 2021

https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.01.087Get rights and content

Highlights
• Psychological pain is a salient dimension in past suicide attempters
• fMRI scanner has a meaningful relationship with real-world experience in suicide attempters
• Prefrontal activity during Cyberball Game is related to emergence of psychological pain

Abstract

Background

: Suicidal behaviors can result from a complex interaction between social stressors and individual vulnerability. Evidence suggests a specific neural processing of social cues in suicide attempters without knowledge of how it relates to real-world experiences.

Objective

: To investigate the association between brain activity during experimental social exclusion (measured by functional MRI) and psychological pain in daily life (assessed by Ecological Momentary Assessment) in patients with a lifetime history of suicide attempt.

Methods

: Thirty-three euthymic females with a history of a major depressive episode were recruited: 13 suicide attempters and 20 affective controls (no history of suicide attempt). Functional MRI scans were acquired while participants played the Cyberball game, a validated social exclusion paradigm. After fMRI, participants completed EMA for a one-week period. Five times per day, they were asked to rate their psychological pain, hopelessness and the negativity of daily events. EMA indices (psychological pain, hopelessness and their interaction with negative events) were correlated with cerebral activations using a ROI approach (orbitofrontal, dorsal and ventrolateral prefrontal cortices, anterior cingulate cortex and insula) in each group.

Results

: We found a negative correlation between daily ratings of psychological pain and orbitofrontal activation for exclusion versus inclusion during the Cyberball game in suicide attempters but not in affective controls. We did not find correlations between cerebral activation and daily hopelessness ratings.

Limitations : Small sample size

Conclusion

: Scanner-based orbitofrontal activity during social exclusion relates to psychological pain in daily life which participates in suicide risk among vulnerable individuals.

Keywords Social exclusion Ecological Momentary Assessment psychological pain suicide fMRI
 

samedi 15 février 2020

RAPPORT Académie Nationale de Médecine Les Biomarqueurs en Psychiatrie

RAPPORT  de I 'Académie nationale de médecine dans sa séance du mardi 26 novembre 2019
Les Biomarqueurs en Psychiatrie

MOTS-CLEFS : Biomarqueurs, Trouble Bipolaire, Schizophrénie, Conduites Suicidaires, Autisme, TroubleObsessionnel Compulsif, Troubles du Comportement Alimentaire, Maladie d'Alzheimer, Inflammation Chronique en Psychiatrie.
Bernard Bioulac, Patrice Debré, Jean-Jacques Hauw, Francis Galibert (rapporteurs)Au nom de la commission I (Biologie - Génétique - Technologie biomédicale)

http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/01/Les-biomarqueurs-en-psychiatrie-2019-11-20-VOT%C3%89.pdf

ARTICLE Ce que la neurobiologie peut nous dire sur le suicide

Ce que la neurobiologie peut nous dire sur le suicide
Les mécanismes biochimiques dans le cerveau qui sous-tendent le comportement suicidaire commencent à apparaître, et les chercheurs espèrent qu'ils pourraient un jour conduire à de meilleures stratégies de traitement et de prévention.
Lire la suite en anglais  What Neurobiology Can Tell Us About Suicide,  Jan 13, 2020 Catherine Offord https://www.the-scientist.com/features/what-neurobiology-can-tell-us-about-suicide-66922

mardi 17 décembre 2019

ETUDE RECHERCHE Bases biologiques des comportements suicidaires: revue narrative.

Biological bases of suicidal behaviours: a narrative review.
Lengvenyte A 1,2, Conejero I 3,4, Courtet P1,3,  Olié E 1,3.
1 Department of Emergency Psychiatry & Acute Care, CHU Montpellier, University of Montpellier, Montpellier, France.
2 Vilnius University, Faculty of Medicine, Institute of Clinical Medicine, Psychiatric Clinic, Vilnius, Lithuania.
3 Inserm, Unit 1061 "Neuropsychiatry: Epidemiological and Clinical Research", Montpellier, France.
4 Department of Psychiatry, CHU Nimes, University of Montpellier, Montpellier, France.
Eur J Neurosci. 2019 Dec 2.

Abstract

Suicidal behaviour is a multifaceted phenomenon that concerns all human populations. It has been suggested that a complex interaction between the individual genetic profile and environmental factors throughout life underlies the pathophysiology of suicidal behaviour. Although epidemiological and genetic studies suggest the existence of a genetic component, exposure to biological and psychosocial adversities, especially during critical developmental periods, also contributes to altering the biological responses to threat and pleasure. This results in amplified maladaptive cognitive and behavioural traits and states associated with suicidal behaviours. Alterations in the cognitive inhibition and decision-making capacity have been implicated in suicidal behaviours. Structural and functional changes in key brain regions and networks, such as prefrontal cortex, insula and default mode network, may underlie this relationship. Furthermore, the shift from health to suicidal behaviour incorporates complex and dynamic changes in the immune and stress responses, monoaminergic system, gonadal system, and neuroplasticity. In this review, we describe the major findings of epidemiological, genetic, neuroanatomical, neuropsychological, immunological and neuroendocrinological studies on suicide behaviours to provide a solid background for future research in this field. This broad overview of the biological bases of suicide should promote neuroscience research on suicidal behaviours. This might lead to improved biological models and to the identification of evidence-based biomarkers, treatment options, and preventive strategies.

KEYWORDS:

Suicide; inflammation; neurobiology; neuroimaging; suicidal behaviour
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31793103

mercredi 16 octobre 2019

ETUDE RECHERCHE USA Utiliser l’IRM pour prédire le risque de suicide

Utiliser l’IRM pour prédire le risque de suicide

Par Mégane Fleury Publié 14.10.2019  https://www.pourquoidocteur.fr/*
Chez certaines personnes atteintes de troubles de l’humeur, l’imagerie cérébrale permettrait de mettre en lumière des circuits cérébraux différents. Ils seraient le signe d’un risque de suicide.
Une personne se suicide toutes les 40 secondes dans le monde. Des chercheurs essaient de trouver des méthodes pour mieux détecter les personnes à risque. Une équipe mêlant des scientifiques de l’université de l’Illinois à Chicago et de l’université de la santé de l’Utah a découvert que des IRM peuvent permettre de mieux les identifier. Dans leur étude, ils constatent que les cerveaux des personnes suicidaires ont des connexions différentes entre leurs circuits cérébraux.
Détecter le risque suicidaire

D’après les chercheurs, la moitié des personnes décédées des suites d’un suicide ont vu un médecin dans les 30 jours qui ont précédé leur acte fatal. "Aujourd’hui nous avons très peu d’outils pour identifier les personnes qui peuvent être concernées par un risque élevé de comportement suicidaire", analyse directeur principal de cette étude, Scott Langenecker. Pour l’heure, les professionnels de santé peuvent seulement se fier aux déclarations des patients et à leur propre jugement médical.
Des défauts dans certaines connexions neuronales

212 jeunes adultes ont participé à l’étude, ils ont tous subi des IRM fonctionnelles pour analyser les différentes connexions entre leurs circuits cérébraux. Cet examen est une méthode non-invasive pour analyser l’activité dans le cerveau. 4 groupes étaient représentés : les personnes en bonne santé, ceux qui ont des troubles de l’humeur et qui ont déjà fait des tentatives de suicide, ceux avec des troubles de l’humeur et qui ont déjà eu des pensées suicidaires et ceux qui avaient des troubles de l’humeur mais qui n’ont jamais eu de pensées suicidaires, ni fait de tentative de suicide. En comparaison aux autres groupes, les adultes qui ont déjà fait des tentatives de suicide avaient moins de connexion dans les réseaux cérébraux liés au contrôle cognitif et à l’impulsivité.

"Si nous trouvons comment améliorer les connexions dans ce circuit cérébral, nous pourrons peut-être réduire le risque de suicide", explique Jonathan Stange, auteur de l’étude. Pour l’heure, les chercheurs doivent réaliser de nouveaux essais sur un échantillon plus important pour valider leurs conclusions.
https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/30421-Utiliser-l-IRM-predire-risque-suicide

INFO +
The study is titled, “Using Resting State Intrinsic Network Connectivity to Identify Suicide Risk in Mood Disorders.” Along with Langenecker, other University of Utah Health co-authors are Stephanie Pocius and Robert C. Welsh. Along with Stange, other University of Illinois at Chicago co-authors are Kayla Kreutzer, Katie L. Bessette, Sophie R. DelDonno, Leah R. Kling, Runa Bhaumik and K. Luan Phan. Other members of the study team are Lisanne M. Jenkins, of Northwestern University, and John G. Keilp, of Columbia University.

jeudi 23 mai 2019

ETUDE RECHERCHE Australie Des pistes pour comprendre « l’activité suicidaire »

Des pistes pour comprendre « l’activité suicidaire »
Publié le 22/05/2019 www.jim.fr
Animée par le Professeur Gin S Malhi[1], une équipe de l’Université de Sydney (Australie) rappelle que les troubles de l’humeur sont « fortement associés au suicide » dont la prévention repose sur « la détection en temps utile de l’activité suicidaire : idéation et comportement. »

Proposant une étude où l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) vient compléter l’évaluation clinique, les auteurs ont comparé les réponses à une tâche de Stroop[2] émotionnelle chez 79 patients avec des troubles thymiques (incluant « divers niveaux d’activité suicidaire ») et chez 66 sujets-contrôles. Dans un contexte où l’interférence entre une tâche cognitive et une autre (susceptible ainsi de ralentir la première) résulte du « coût attentionnel provoqué par l’activation simultanée » de deux ou plusieurs processus cognitifs, le test de Stroop émotionnel évalue « le coût attentionnel généré par le traitement de stimuli de valence émotionnelle forte, en référence à des stimuli neutres », comme l’explique Nathalie Besnier dans sa thèse[3] (2010). Et une augmentation de l’interférence aux tests de Stroop pourrait notamment traduire « une caractéristique des troubles bipolaires où s’observent un déficit d’inhibition et une dérégulation des émotions », surtout lors des phases aiguës de ces troubles.

Des déficits cognitifs et émotionnels
Ce test de Stroop permet d’évaluer les réactions face à une sorte de dissonance cognitive, quand le sujet est confronté à des « stimuli incongrus », par exemple la contradiction entre l’image d’un visage joyeux et le mot « triste » en légende ou l’inverse (visage triste avec la légende « joie »). Par rapport aux témoins, les auteurs observent chez les patients avec des troubles de l’humeur « une activité différente dans ces cas de figure non congruents. » Et en recherchant des « associations avec des activités suicidaires », on constate des liens entre « l’activité du réseau de noyaux gris centraux » et les réactions cognitives à ces tests, les données en IRMf suggérant que « l’activité suicidaire chez les patients avec des troubles thymiques puisse être sous-tendue par des déficits cognitifs et émotionnels.»

Présentant pour les auteurs « des implications pour une compréhension approfondie de l’activité suicidaire », ces travaux pourraient donc « éclairer les recherches sur le suicide, sa détection et sa gestion cliniques. »


[1] http://sydney.edu.au/medicine/people/academics/profiles/gin.malhi.php
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Stroop
[3] www.theses.fr/2010AIX20669.pdf

https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/des_pistes_pour_comprendre_lactivite_suicidaire__177723/document_actu_med.phtml

lundi 14 mai 2018

ETUDE RECHERCHE Des chercheurs ont révélé le rôle prépondérant d’une protéine dans le développement de la dépression

Ces chercheurs ont révélé le rôle prépondérant d’une protéine dans le développement de la dépression
La dépression est une maladie qui touche chaque année deux millions de personnes en France. Si de nombreux traitements existent aujourd’hui (notamment médicamenteux), les origines de cette affliction demeurent obscures. Plusieurs chercheurs se sont penchés sur ce mystère et auraient découvert une piste intéressante de traitement. 

Des recherches sur la dépression au niveau cellulaire

Tout est parti d’une interrogation : pourquoi certaines personnes sont sujettes à la dépression et pas d’autres ? Une fois ce problème posé, des chercheurs du monde entier (d’Allemagne, du Canada et de France) se sont interrogés sur l’efficacité parfois relative des traitements existants. L’idée a été donc de percer les mystères biologiques de cette maladie. Le Dr Elisabeth Binder, directrice du groupe de recherche sur la génétique moléculaire de la dépression à l’Institut de psychiatrie Max-Planck de Munich (Allemagne), s’exprime sur le sujet : « Une question centrale qui pourrait aider à mieux définir le risque individuel et la résilience dans les troubles psychiatriques, est de comprendre comment l’environnement (adversité) interagit avec des prédispositions génétiques au niveau moléculaire ».
Plusieurs équipes de chercheurs ont ainsi choisi d’explorer les neurones pour répondre à ces questions. Les équipes françaises et canadiennes du réseau de psychiatrie FondaMental, ont publié leurs résultats en mai dernier dans la revue « Nature Medicine ». Le Dr Eléni Tzavara (Inserm, Paris) pose la base de leur démarche : « Nous nous demandions pourquoi les antidépresseurs mettent deux à trois semaines avant d’agir et aussi pourquoi ils sont inefficaces chez un tiers des patients traités. On s’est dit qu’il fallait peut-être aller en amont des synapses (connexion entre les neurones) et remonter au cœur de la cellule ». Ces recherches ont permis de découvrir le rôle clé d’un marqueur bio-cellulaire : Elk1.

L’importance de la part biologique dans la dépression

Pour comprendre la dépression au niveau biologique, il faut d’abord comprendre une chose : plusieurs facteurs entrent en jeu dans l’apparition de cette maladie. Le Dr Raoul Belzeaux, travaillant à l’Institut des neurosciences de la Timone à Marseille, détaille la complexité de ce fléau. « La dépression est une maladie multifactorielle complexe. Elle peut être très génétique ou très environnementale, sachant que l’environnement agit sur l’expression du génome (épigénétique). » D’où l’importance de la découverte des chercheurs sur le rôle de la protéine Elk1 : La voie biologique intracellulaire que nous avons découverte est assez spécifique de la part biologique de la dépression ».
De fait, l’équipe internationale de chercheurs a fait considérablement avancé les choses. Le Dr Tzavara nous en dit plus à ce sujet. « C’est un mécanisme qui n’a pas encore été décrit. Il y a une dizaine d’années, des chercheurs américains s’étaient intéressés à cette voie, mais ils avaient échoués, car ils n’avaient pas les outils suffisants ». En réalité, ils avaient envisagé l’ensemble d’une cascade biologique alors que la clé reposait sur la voie de la protéine Elk1 (facteur de transcription). D’après le Dr Tzavara, « c’est comme s’ils avaient considéré tout l’arbre alors que nous avons regardé une branche particulière ». Tout l’intérêt de la démarche ici est de mieux soigner la maladie et de remplacer à terme les antidépresseurs.
Des pilules de Prozac, un antidépresseur

Une étude sur patients qui confirme cette découverte

Le Pr Bruno Giros (CNRS, Université McGill) s’enthousiasme sur les bienfaits de cette découverte : « Cette approche chirurgicale pourrait nous permettre d’éviter les effets indésirables des antidépresseurs classiques ». Son équipe s’est servie de la banque de cerveaux Douglas-Bell Canada (BCDBC) et a constaté en effet que Elk1 était surexprimé dans l’hippocampe (zone impliquant les émotions) de 30 personnes en dépression qui s’étaient suicidées, alors que ce n’était pas le cas dans celui de 22 cerveaux témoins. Conjointement à Marseille et Montréal, des patients ont été intégrés à l’étude. Selon le Dr Belzeaux, « on arrive à mesurer l’activité de cette voie biologique par une prise de sang, ce qui permet de suivre les variations du biomarqueur en même temps que l’évolution de la dépression ».
Sans surprise, les chercheurs ont observé que la baisse de l’activité de Elk1 témoignait de l’amélioration des symptômes chez des patients sous traitement d’antidépresseurs et d’un risque de rechute lorsqu’elle restait élevée. Le Dr Belzeaux reconnaît toutefois « que ce n’est pas une corrélation absolue, mais c’est une bonne corrélation ». Et il ajoute, incertain, « peut-être que ce marqueur est meilleur chez certains que chez d’autres ». Par ailleurs, un article de 2012, publié par le Dr Gustavo Turecki et ses collègues du groupe d’étude sur le suicide de l’Université McGill, rappelait que pour un certain nombre de personnes manifestant des comportements suicidaires dans un contexte dépressif, de nombreuses données « suggèrent que l’adversité rencontrée tôt dans la vie pouvait accroître le risque de suicide en induisant des changements épigénétiques » (portant sur les systèmes cérébraux de régulation du stress).
Les différentes parties du cerveau humain

Un nouveau médicament agissant au cœur des neurones

Tout n’est pas encore réglé sur la question. D’après le Dr Tzavara, si « on sait qu’Elk1 est beaucoup modifiée par le stress, il va maintenant falloir voir si cette voie est impliquée dans la susceptibilité individuelle de développer une dépression ». Cette découverte pourrait permettre potentiellement d’identifier les personnes à risque de dépression prolongée ou résistante aux traitements. Le Dr Belzeaux souligne lui le caractère dynamique de ce système. « L’hypothèse est qu’un traumatisme altère Elk1, mais si le système s’adapte grâce aux ressources psychologiques de la personne ou aux antidépresseurs, l’individu va surmonter l’adversité. En revanche, s’il ne s’adapte pas, ce sera très difficile de refaire fonctionner correctement cette voie ».
Aujourd’hui, des recherches ont été faites sur des animaux atteints de dépression. Elles ont permis de vérifier l’implication de la voie Elk1 mais aussi de voir qu’il était possible d’agir sur cette voie grâce à un peptide (polymère d’acides aminés), ayant fait l’objet d’un brevet. Les Dr Belzeaux et Tzavara sont pleins d’espoirs : « Le médicament agit au cœur des neurones, ce qui devrait permettre d’être plus spécifique et d’agir plus rapidement que les antidépresseurs qui agissent à la surface des cellules et peut-être en adjuvant (couplé aux antidépresseurs) ».
Une représentation visuelle de la protéine Elk1
Cette découverte permet d’envisager une meilleure façon d’appréhender la dépression et surtout de trouver un traitement plus efficace et moins porteur d’effets indésirables. On peut espérer un jour que cette maladie insidieuse et fréquente n’ait plus de secret pour nous et qu’elle soit aussi facilement soignable qu’une bronchite.

https://dailygeekshow.com/nouvelle-piste-depression-proteine/


Autre article
Dépression: un nouveau marqueur biologique et une nouvelle voie thérapeutique


References article cité :  Antidepressive effects of targeting ELK-1 signal transduction.
Apazoglou K 1, Farley S 1, Gorgievski V 1, Belzeaux R 2,3,4, Lopez JP 2, Grenier J  5, Ibrahim EC4,6, El Khoury MA 1, Tse YC 2, Mongredien R 1, Barbé A 1, de Macedo CEA 1, Jaworski W 1, Bochereau A 1, Orrico A 1, Isingrini E 2, Guinaudie C 2, Mikasova L 7, Louis F 1, Gautron S 1, Groc L 7, Massaad C 5, Yildirim F 8, Vialou V 1, Dumas S 9, Marti F 1, Mechawar N 2, Morice E 1, Wong TP 2, Caboche J 1, Turecki G 2, Giros B 10,11,12, Tzavara ET 13,14.

1 Neuroscience Paris Seine-IBPS, INSERM UMRS 1130/CNRS UMR8246, Sorbonne University, Université Pierre et Marie Curie, Paris, France.
2 Department of Psychiatry, Douglas Mental Health University Institute, McGill University Faculty of Medicine, Montreal, Quebec, Canada.
3 Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, Sainte Marguerite Hospital, Pôle de Psychiatrie Universitaire Solaris, Marseille, France.
4 FondaMental Foundation, Créteil, France.
5 INSERM UMR-S 1124 ERL 3649, Université Paris Descartes, Paris, France.
6 Aix Marseille Université, CNRS, INT, Institut des Neurosciences de la Timone, UMR 7289, Marseille, France.
7 Interdisciplinary Institute for Neuroscience, CNRS UMR 5297, Université de Bordeaux, Bordeaux, France.
8 Department of Neuropsychiatry, Department of Psychiatry and Psychotherapy and NeuroCure Cluster of Excellence, Charité-Universitätsmedizin Berlin, Berlin, Germany.
9 Oramacell, Paris, France.
10 Neuroscience Paris Seine-IBPS, INSERM UMRS 1130/CNRS UMR8246, Sorbonne University, Université Pierre et Marie Curie, Paris, France. bruno.giros@mcgill.ca.
11 Department of Psychiatry, Douglas Mental Health University Institute, McGill University Faculty of Medicine, Montreal, Quebec, Canada. bruno.giros@mcgill.ca.
12 FondaMental Foundation, Créteil, France. bruno.giros@mcgill.ca.
13 Neuroscience Paris Seine-IBPS, INSERM UMRS 1130/CNRS UMR8246, Sorbonne University, Université Pierre et Marie Curie, Paris, France. eleni.tzavara@inserm.fr.
14 FondaMental Foundation, Créteil, France. eleni.tzavara@inserm.fr.
Nature Medicinevolume 24pages591597 (2018)
https://www.nature.com/articles/s41591-018-0011-0

jeudi 22 février 2018

Tribune : « imagerie cérébrale » pour la psychiatrie ?

Le Monde Science & Médecine * mercredi 21 février 2018

Il faut un plan « imagerie cérébrale » pour la psychiatrie

Tribune L'IRM pourrait aider à affiner le diagnostic de certains troubles mentaux, avancent deux psychiatres et un radiologue selon qui il n'y a aucune raison de s'en priver
La santé mentale est au cœur de tous les débats actuels : de l'amélioration de l'accès aux soins ­psychiatriques, en passant par la lutte contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques, ­jusqu'à la réduction de la souffrance au travail et la prévention du suicide. Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a récemment ­annoncé vouloir faire de la psychiatrie une priorité nationale, et nous ne pouvons que nous en féliciter.
L'épidémiologie démontre toute l'importance de ces pathologies, qui ­figurent au premier rang de la charge mondiale de morbidité chez les 10-18 ans. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) prédit même qu'à l'horizon 2020 une personne sur quatre souffrira d'un trouble psychiatrique. Si de tels chiffres étaient annoncés pour le cancer, aurions-nous attendu aussi longtemps pour tenter d'apporter une réponse à ce problème?
La psychiatrie est une discipline passionnante, plurielle et profondément humaine. L'ancrage exclusivement clinique de la description des maladies psychiatriques se traduit cependant par une certaine « porosité » entre entités diagnostiques : les troubles bipolaires partagent par exemple une vulnérabilité génétique et plusieurs symptômes avec les troubles schizophréniques.
Ce phénomène est-il propre à la ­psychiatrie? Probablement pas, mais d'autres spécialités ont su compléter ce savoir clinique d'une « paraclinique », c'est-à-dire d'examens complémentaires, à même de guider le médecin dans sa stratégie diagnostique et thérapeutique. La clinique de l'infarctus a ainsi pu bénéficier des progrès formidables du coroscanner. Même si cette approche est communément acceptée en médecine, il semble que la psychiatrie peine à entamer cette révolution.
Le prix à payer de la singularité psychiatrique serait-il de se contenter de la partie émergée de l'iceberg, c'est-à-dire des manifestations comportementales des troubles? Alors même que les ­débats sur le dualisme cartésien semblent derrière nous, l'ancrage cérébral des manifestations psychiatriques a longtemps posé problème à la discipline, probablement aussi du fait d'un mouvement historique d'individualisation d'avec la neurologie.
Il est d'ailleurs souvent avancé qu'une telle paraclinique psychiatrique n'existerait pas, mais est-ce réellement le cas? Malgré d'indéniables progrès, aucun examen paraclinique ne permet aujourd'hui de réaliser un diagnostic positif en psychiatrie, donc de confirmer le diagnostic d'une maladie. A l'inverse, plusieurs examens sont utiles dans une démarche de diagnostic ­différentiel, afin d'écarter d'autres étiologies potentiellement graves et curables(tumeurs cérébrales, encéphalites auto-immunes, etc.). S'y ajoute le développement croissant des thérapies guidées par imagerie cérébrale, s'appuyant notamment sur les progrès de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) dans l'étude des phénomènes subjectifs, comme l'imagerie de capture des hallucinations.
Illustrons l'importance d'un accès précoce à l'imagerie cérébrale à travers l'exemple du premier épisode psychotique. Ce diagnostic repose sur la ­conjonction subtile de signes cliniques incluant un délire intense et polymorphe, une désorganisation psychique et une fréquente labilité de l'humeur. Dans 5 % à 25 % des cas, on estime que l'origine pourrait être systémique ou neurologique. Bien qu'une imagerie cérébrale soit recommandée en routine dans ce contexte dans certains pays (Danemark, Allemagne...), cet examen n'est proposé en France qu'en cas d'atypicité clinique.
S'agit-il purement d'un problème médico-économique? Il semble que non, puisque la détection de plus de 1 % d'anomalies sérieuses rendrait cet examen rentable, alors même que 12 % des sujets scannés lors d'un épisode psychotique présentent des anomalies ­significatives(malformations vasculaires, atrophies, tumeurs, etc.)et que la faisabilité de cet examen dans cette ­indication a été récemment démontrée. Sachant que l'IRM a une meilleure résolution que le scanner et qu'elle n'expose pas le patient à des radiations ionisantes, c'est bien un problème ­d'accès aux plateaux techniques IRM qui semble ici être en cause.
Une initiative de la Fédération régionale de recherche en santé mentale des Hauts-de-France a récemment permis l'accès à un examen IRM de qualité et harmonisé au niveau régional pour tout patient présentant un premier épisode psychotique (projet Psymac). En favorisant le maillage territorial ­radiologue-psychiatre tout en respectant la cartographie des secteurs de psychiatrie de l'adulte et de l'enfant, ce projet a recueilli un vif soutien de la profession et des usagers. Il permet aujourd'hui d'amorcer une nouvelle réflexion pluridisciplinaire sur l'utilisation de l'IRM dans le diagnostic différentiel bien sûr, mais aussi, nous ­l'espérons, dans le diagnostic positifdes troubles psychiatriques.
Ce n'est pas renoncer à la clinique que de chercher à proposer aux ­patients souffrant de troubles psychiatriques une évaluation et une prise en charge structurée et fondée sur les preuves. C'est le devoir de tout médecin. L'essor fulgurant des méthodes d'imagerie cérébrale ces dernières ­années laisse entrevoir la naissance d'une nouvelle paraclinique en psychiatrie, dont il convient désormais de définir la place avec compétence, éthique et pragmatisme.

vendredi 26 janvier 2018

RETOURS SUR MANIFESTATION Leçon inaugurale – Une histoire naturelle du suicide – Pr Fabrice Jollant


Leçon inaugurale – Une histoire naturelle du suicide – Pr Fabrice Jollant


A l’occasion de sa prise de fonction en tant que professeur de psychiatrie attaché à la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale (CMME) du Centre Hospitalier Sainte-Anne à Paris, le Pr. Fabrice Jollant a donné une conférence sur le thème du suicide. Renouant avec la tradition perdue des leçons inaugurales et dans une perspective résolument tournée vers l’avenir, cette présentation fût l’occasion de raconter les multiples facettes des conduites suicidaires. Cette histoire nous conduit de Londres à Montréal en passant par les Philippines, et des gènes au cerveau en passant par la prise de décision.

Lire la suite et voir la video
http://www.ght-paris.com/fr/2018/01/24/lecon-inaugurale-histoire-naturelle-suicide-pr-fabrice-jollant/

ou 

https://vimeo.com/252482621

plan 

1. Introduction. La leçon inaugurale en psychiatrie.
2. Remerciements 08:10
3. La leçon 09:34
a. Epidémiologie descriptive 09:34
i. Prévalences nationales. Fluctuations ethniques et régionales. Les Palawans 09:34
ii. Le spectre suicidaire. Les tentatives de suicide. Effet du sexe 18:12
iii. Les modes opératoires 21:27
iv. La réduction d’accès aux moyens létaux 22:30
v. L’effet de l’âge 26:08
b. Les facteurs de risque suicidaire 27:40
i. Les événements de vie proximaux 29:06
ii. Les maladies mentales 30:30
iii. Les maltraitances dans l’enfance 35:42
iv. Une histoire familiale de suicide 38:35
v. Une histoire personnelle de tentative de suicide 42:41
c. Une modélisation des conduites suicidaires 45:03
d. Approche neurocognitive du suicide 48:26
i. Neurobiologie des conduites suicidaires : sérotonine et cortisol 51:16
ii. Macrostructure cérébrale 55:12
iii. Prise de décision risquée 57:56
iv. Les cognitions sociales : sensibilité à la désapprobation, au rejet, à l’injustice. Douleur psychologique et recherche de traitements antalgiques 01:12:49
v. Autres aspects cognitifs et synthèse 01:14:09
e. Conclusion 01:14:09
De nombreux sujets n’ont pu été abordés par manque de temps notamment les lésions auto-infligées non suicidaires, le rôle d’internet, ou les suicides terroristes et d’autres thèmes importants.