Équipe mobile de psychiatrie du sujet âgé et risque suicidaire en Ehpad. Un cas clinique Lisa Poupard, Benjamin Brami, Cécile Hanon Service de Psychiatrie de l’adulte et du sujet âgé EMPSA 92 Sud AP-HP Centre Hôpital Corentin-Celton Issy-les-Moulineaux, France Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Dans L'information psychiatrique 2023/5 (Volume 99), pages 315 à 318
Résumé
La dépression est fréquente chez le sujet âgé et le risque suicidaire
majeur chez une population qui a davantage recours à des modes de
suicide à forte létalité. L’évaluation et la gestion du risque
suicidaire peuvent s’avérer particulièrement délicats pour des équipes
qui n’y sont pas formées, comme celles des établissements d’hébergement
pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ce cas illustre comment les
équipes mobiles de psychiatrie du sujet âgé (EMPSA) peuvent intervenir
afin d’offrir une alternative à l’hospitalisation tout en proposant un
accompagnement des équipes soignantes et une prise en charge
personnalisée.
Besançon Suicide : une équipe au domicile des patients pour prévenir les passages à l'acte
Depuis la crise sanitaire et les multiples confinements, il y a comme un aspect épidémique au suicide. Pour lutter contre ce fléau, des tentatives de prévention sont mises en place par le CHU de Besançon. Comme la création fin 2019 d'une équipe mobile de prévention au suicide, au chevet des personnes en détresse. Par Mélissa LATRÈCHE - 12 juil. 2022 https://www.estrepublicain.fr/* Agathe Laine, psychologue, Flora Boisson, psychiatre et Nadia Harbaoui, infirmière, de l’équipe mobile de prévention suicide. Photo ER /Franck HAKMOUN
Le suicide, ce dur désir de mourir. Aujourd’hui encore, la force du tabou conduit à interpréter un certain nombre d’entre eux comme des accidents. Pour les professionnels, il s’agit de comprendre l’impensable. Agir en amont, prévenir les passages à l’acte, mais aussi éviter les récidives. Pour garantir un accès plus égalitaire aux soins, le CHU de Besançon pilote depuis trois ans une équipe mobile de prévention du suicide (EMPS). Elle intervient au plus vite lorsqu’une personne en difficulté est repérée.
« Tout le monde ne peut pas se déplacer. Or c’est primordial de garantir la continuité des soins », atteste Nadia Harbaoui. Infirmière de l’équipe, elle sillonne les routes du Doubs, avec une psychologue et une psychiatre, sur demande des urgences psychiatriques ou sur prescription médicale. La consultation est quelque peu particulière. « C’est totalement différent de l’hôpital, qui peut être anxiogène pour certains. Là on n’a pas de blouse, ni de bureau quand on va chez les gens, ça peut les libérer. On créé un lien de confiance encore plus fort », lance Agathe Laine, la psychologue. Car une fois passée leur porte d’entrée, elles débarquent dans l’intimité la plus profonde des patients. Mettre des mots sur son mal-être n’est pas chose facile, alors être dans un environnement familier peut aider.
Le risque zéro n’existe pas
L‘attention et l’écoute d’autrui sont le premier degré de la prévention. « Faire verbaliser leurs émotions participe à décharger les tensions et désamorcer la crise suicidaire », assure Nadia Harbaoui.
« On travaille avec une population de patients suicidaires, donc fatalement on va être amené à ce risque de passage à l’acte », livre Agathe Laine. Car le risque zéro n’existe pas. « Ça reste des êtres humains, on n’aura jamais 100 % de réussite, mais on sait que notre dispositif permet de réduire considérablement les risques », reconnaît la psychologue.
Or la faiblesse du tissu social est un facteur majeur dans les problématiques suicidaires. Surtout quand le mal-être est profond. « Il y a déjà des patients qu’on a suivi et qui ont quand même fait des tentatives de suicide », regrette l’infirmière.
Une jeunesse en détresse
Le suicide est l’affaire de tous, il n’y a pas de profil type pour vouloir mettre fin à ses jours. En Franche-Comté, le nombre de passage aux urgences de patients désespérés est en moyenne de 400 par mois, selon Santé publique France.
Mais le climat anxiogène de la crise sanitaire a particulièrement affecté la santé mentale des jeunes adultes. L’équilibre de vie s’est dégradé, et les liens autrefois tissés semblent encore gelés pour certains. Cette détresse psychologique serait liée à la précarité sociale, la pauvreté vécue à cet âge et l‘isolement forcé.
« Les moins de 30 ans souffrent énormément. La demande des soins pour eux a explosé depuis deux ans », martèle Nadia Harbaoui. Parce que souffrance sociale et désespoir peuvent conduire à la mort. « Ils étaient en cours à distance, souvent dans des petits studios, sans voir personne », assure-t-elle. Une période difficile qui les a marqué.
Elle s’intéresse au suicide pour sa thèse de médecine M.L. L'Est Républicain Edition de Besançon Doubs, mercredi 13 juillet 2022
Après six ans de médecine et quatre ans
de spécialisation en psychiatrie, Flora Boisson a été diplômée. Mais
avant d’obtenir le précieux sésame, elle a dû faire sa thèse. La
psychiatre de 30 ans s’est intéressée à l’équipe mobile de prévention
suicide du CHU de Besançon. Une immersion de 6 mois où la théorie a
laissé place à la pratique, dans cette filière « où l’on place l’humain
avant tout ».
Par M.L. -
12 juil. 2022 à 19:00
| mis à jour le 12 juil. 2022 à 19:09
- Temps de lecture : 2 min
« On m’a souvent dit que ce métier c’est pour soigner les fous. Mais ça me tenait à cœur de choisir cette spécialité et ce sujet-là », raconte Flora Boisson. Fraîchement diplômée en psychiatre, la Bisontine a fait sa thèse sur l’équipe mobile de prévention suicide de Besançon. 105 pages où la jeune femme y décrit tout. Son expérience, son ressenti, ses motivations. « La problématique du suicide m’intriguait, et cette forme de soins encore plus, car c’est totalement différent de l’hôpital », explique-t-elle. Au cours de son stage d’interne de médecine, elle a pu être au chevet de l’équipe mobile, pour aussi affronter la dure réalité du terrain. « Cela n’a pas toujours été évident. J’ai aussi eu des moments d’incertitude avant d’arriver chez des patients. Mais cela m’a permis de mettre en pratique la théorie, de faire du concret », se souvient-elle.
« Avec la psychiatrie, je me sens utile »
Les années de médecine ne sont pas une partie de plaisir pour tout le monde, et Flora Boisson la première. Elle a souvent songé à décrocher. Car il faut étudier toutes les spécialités médicales avant de n’en choisir qu’une.
Mais dès la sixième année, elle a pu se spécialiser en psychiatrie. Une révélation pour elle.
« Être mal ce n’est pas être fou »
« Je ne voulais pas faire médecine, mais de l’humain. C’est un domaine d’écoute et ça fait partie de mon tempérament. Avec la psychiatrie je me sens utile. J’aide les personnes dans un moment important de leur vie », confie la docteure. Et surtout pour casser les stéréotypes, car la spécialité est souvent trop stigmatisée, selon elle « La psychologie souffre de préjugés, et peu encore choisissent cette filière. On soigne des personnes normales. Être mal ce n’est pas être fou », regrette-t-elle.
Soigner, être à l’écoute… Pour Flora Boisson, c’est avant tout de de la bienveillance, un univers où la Bisontine a baigné très tôt. Sa mère est éducatrice spécialisée, et son père psychologue. Une sensibilité qui n’a rien du hasard.
***
Vidéo Franche-Comté : suicide, déceler le passage à l’acte
Quand une personne veut passer à l’acte, elle ne prévient pas. En Franche-Comté, le nombre de passage aux urgences de patients en grande détresse psychologique est en moyenne de 400 par mois, selon Santé publique France. Sébastien Hof, psychologue à Besançon, revient sur les signes inquiétants, et sur la manière de pouvoir se rendre utile. Par Vidéo ER/Mélissa LATRECHE - 13 juil. 2022: https://www.estrepublicain.fr/societe/2022/07/13/franche-comte-suicide-deceler-le-passage-a-l-acte
Reportage
En Belgique, la santé mentale se soigne davantage à domicile pour "comprendre d'où vient la crise"
Article rédigé par Envoyée spéciale à Namur (Belgique) - Valentine Pasquesoone France Télévisions Publié le 17/02/2022 https://www.francetvinfo.fr/*
Le psychiatre Pierre-Antoine
Bogaerts et l'éducateur Rémi Marion, devant le domicile de Mélanie près
de Namur (Belgique), le 8 février 2022. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Pour réduire le nombre d'hospitalisations de longue durée, le pays a
totalement repensé son système de soins psychiatriques. Les patients
bénéficient désormais d'un accompagnement autant médical et que social. A
Namur, ces consultations à domicile aident Mélanie et Jacques à
reprendre pied.
"Je bois un verre, puis deux. Je noie mon chagrin." Au
sous-sol de la maison médicale de La Plante, à Namur (Belgique), une
patiente se confie. L'alcool est devenu son échappatoire. Son fils aîné
ne lui parle plus, son compagnon part et revient sans cesse. Ces
épreuves ont fait naître en elle "des idées sombres", reconnaît
timidement la jeune femme. Face à elle, Camille Lansmanne et Rémi
Marion. L'assistante sociale et l'éducateur découvrent la situation
de cette patiente. Sa médecin les a contactés pour un premier échange,
préoccupée par cette consommation de boisson alcoolisée. "Toute personne dans sa vie peut avoir des difficultés. C'est aussi une force de dire : 'J'ai besoin d'aide'", assure Camille Lansmanne, à l'écoute. Peu à peu, les mots "psychologue" et "suivi" résonnent dans la salle.
Une équipe spécialisée en soins
psychiatriques reçoit une nouvelle patiente, le 9 février 2022, à la
maison médicale de La Plante, à Namur (Belgique). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Professionnels du social, Camille Lansmanne et Rémi Marion sont aussi
membres de Pléiade, des équipes mobiles spécialisées en soins
psychiatriques dans la capitale wallonne. Leur travail est au cœur des
réformes qui, depuis douze ans, tentent de transformer la psychiatrie
dans le pays. En 2017, la Belgique était l'Etat européen comptant le
plus grand nombre de lits psychiatriques rapporté à la population :
136 pour 100 000 habitants, selon la Commission européenne. Un niveau élevé, mais en recul depuis plus de dix ans, d'après Eurostat.
D'hospitalisations en psychiatrie, la Belgique a évolué vers un modèle
de soins de proximité, où l'accompagnement s'invite au domicile. Un
modèle salué par l'Organisation mondiale de la santé.
Des problèmes remis dans leur contexte
La réforme porte en elle un "changement de culture", relève le coordinateur fédéral belge des réformes de soins de santé mentale, Bernard Jacob. "Se
concentrer sur les soins dans la communauté, et sur les besoins de la
personne et de son entourage, pas uniquement le diagnostic",résume la tête pensante du projet. La réforme, appelée "Psy107", s'est appuyée sur un article de loi qui "a permis de transformer une partie du dispositif hospitalier en un dispositif plus mobile, et la création de réseaux" en psychiatrie. D'abord pour les adultes, puis en 2015 pour les enfants et les adolescents. Le terme "usager" est d'ailleurs préféré à celui de "patient".
"On met l'individu et son parcours de vie au centre, pas sa maladie mentale."
Pierre-Antoine Bogaerts, psychiatre
à franceinfo
"Psy107" a sonné le glas d'une "tour d'ivoire enfermante" en psychiatrie, où des patients pouvaient être hospitalisés "depuis vingt, trente ans",
souligne Didier de Vleeschouwer, coordinateur du réseau local de santé
mentale pour les enfants et adolescents. Des lits d'hospitalisation de
très longue durée pour les adultes ont été fermés, remplacés par de
nouvelles équipes mobiles de crise et de suivi continu.
Depuis, une trentaine de professionnels (psychologues, psychiatres,
assistants sociaux, éducateurs, infirmiers...) sillonnent les environs
de la capitale wallonne, se relayant dans les lieux de vie de 230
"usagers".
Le psychiatre Pierre-Antoine
Bogaerts et un éducateur écoutent une usagère du réseau de soins en
santé mentale de Namur (Belgique), le 8 février 2022. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Cet après-midi, Pierre-Antoine Bogaerts et Rémi Marion ont
rendez-vous au domicile de Mélanie, une mère à la silhouette frêle et
aux traits fatigués. L'équipe mobile de crise la rencontre chaque
semaine, depuis sa tentative de suicide, il y a environ deux mois. "Comment allez-vous ?" lui demande d'emblée le psychiatre. "Ça peut aller, je dors jusqu'à midi", répond la trentenaire, le corps quelque peu prostré.
Mélanie vit seule, séparée du père de son fils depuis les trois mois
de l'enfant. Une photo du garçon est encadrée face à elle. Le petit,
sept ans, est pris en charge par ses grands-parents. "Pour le moment, je ne suis pas capable de l'avoir à la maison seule",glisse
cette salariée en arrêt, confiant souffrir de dépression depuis la mort
de son grand-père, lorsqu'elle était adolescente. La santé fragile de
son enfant et la dépression de son compagnon actuel, ajoutés à des
problèmes au travail, ont précipité sa "chute libre".
"Le domicile permet de comprendre ce qui
fait la crise. La masse d'informations que nous avons en les voyant chez
eux... Quand nous les voyons dehors, nous mettons parfois des mois à
comprendre."
Pierre-Antoine Bogaerts, psychiatre
à franceinfo
Assise face au binôme, la patiente livre ses difficultés pour se
faire à manger, retrouver un rythme de vie. Son salon est plongé dans
l'obscurité. Un seul des volets est entrouvert."En se rendant à son domicile, on voit le manque total d'envie", souligne Rémi Marion.
Des séjours à l'hôpital plus courts
Ces équipes mobiles sont également gage de continuité des soins, estime le soignant. "Le fait qu'ils se rendent à domicile, je trouve ça génial. Je n'aurais pas pu y aller", appuie Mélanie. "Pour les personnes sans moyen de locomotion comme moi, qui suis épileptique, c'est très bien."
Le psychiatre Pierre-Antoine
Bogaerts et l'éducateur Rémi Marion échangent avec Mélanie à son
domicile, le 8 février 2022 près de Namur (Belgique). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Mélanie, usagère suivie par une
équipe mobile de soins psychiatriques de crise, à son domicile près de
Namur (Belgique), le 8 février 2022. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Depuis son salon, Mélanie aspire à retrouver le chemin du travail, à "reprendre une vie normale". La jeune femme se demande, tout de même, si un premier séjour à l'hôpital n'aurait pas pu "lui faire du bien". Le sujet est sur la table. Pierre-Antoine Bogaerts, encourageant, salue la volonté de sa patiente. "Mais reprendre le boulot, cela va être un autre rythme. Il faut que vous puissiez tenir le coup", s'inquiète le psychiatre. Le professionnel lui conseille "un objectif quotidien" pour
reprendre un rythme, et lui propose un rendez-vous peu après sa
reprise. Le moyen de voir, assez tôt, comment sa patiente tient.
"Nous sommes là pour la raccrocher à son réseau, à son
psychologue et psychiatre qu'elle ne voyait plus. Et pour définir avec
elle ce que pourrait être une hospitalisation", pointe Rémi Marion. L'éducateur insiste sur le choix de la patiente, pilier de la réforme avec l'inclusion des familles.
"Notre travail, c'est d'essayer de
baisser la fréquence des hospitalisations. Ne pas les éviter à tout
prix, car elles restent un outil précieux. Mais les préparer, les rendre
les plus courtes et les plus efficientes possibles."
Pierre-Antoine Bogaerts, psychiatre
à franceinfo
Et le soignant de souligner qu'"une hospitalisation est toujours
une rupture avec son environnement. Si on peut l'éviter, on maintiendra
des repères d'insertion très importants". Une prise de risque, au regard des pensées suicidaires de certains patients ? "Si nous sommes vraiment inquiets, nous indiquerons une hospitalisation",défend le psychiatre.
L'hôpital psychiatrique du Beau Vallon à Namur (Belgique). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Douze ans après, la réforme a-t-elle abouti à des séjours plus courts
à l'hôpital ? Au centre neuro-psychiatrique de Saint-Martin, à Namur, "80% des hospitalisations ont une durée moyenne inférieure à trois mois. Avant, on y rentrait parfois à vie",avance
son directeur général Benoît Folens, évoquant en conséquence une hausse
des admissions. Le constat est similaire pour l'hôpital psychiatrique
du Beau Vallon, situé sur les hauteurs de la ville. La durée moyenne
d'une prise en charge aiguë y est de 27 jours, contre 45 auparavant. A
l'hôpital, les soins psychiatriques sont désormais plus intensifs,
pensés pour répondre aux situations les plus difficiles. Des moyens
manquent encore pour ces cas plus complexes, note le directeur du Beau
Vallon, François Rassart.
Quand la santé mentale rime avec social
De retour au "QG" de Pléiade, une maison de ville en briques ocre,
l'heure est à la réunion quotidienne des équipes de crise.
Pierre-Antoine Bogaerts parle d'une "usagère" au "parcours lourd en psychiatrie",mais
ses propos portent aussi sur sa solitude, la recherche de liens sociaux
avec sa paroisse, ou sa crainte de perdre son logement. Dans les
suivis, médical et social s'entremêlent constamment. Les contacts des
services locaux de l'emploi, du logement ou des activités sociales sont
clairement affichés dans les bureaux. Au total, 108 partenaires. "Santé, réinsertion... Nous plaçons autour des besoins de la personne les ressources utiles pour lui construire sa trajectoire", résume Bernard Jacob.
"80% de mon réseau ne sont pas des acteurs en santé mentale."
Didier de Riemaecker, coordinateur du réseau de santé
à franceinfo
Dans son bureau du "QG", sciemment situé "dans la communauté et en dehors de l'hôpital", le coordinateur du réseau Didier de Riemaecker insiste sur un mot : "intersectoriel". Habitation, formation, culture... "Il faut que chaque partenaire soit une porte d'entrée vers les acteurs de la santé mentale", défend ce
psychologue de formation. Et que ces acteurs veillent à la réinsertion
des usagers. Des agents immobiliers jouent ainsi l'intermédiaire auprès
de propriétaires, pour faciliter l'accès au logement. Des restaurateurs
proposent des stages, "pour tester ce que c'est d'être en formation".
Les équipes mobiles de Pléiade
spécialisées en soins psychiatriques de crise, lors d'une réunion dans
leurs bureaux à Namur (Belgique), le 8 février 2022. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Un accompagnement social également mené de front, chaque jour, par les équipes mobiles. Ce matin-là, Camille Lansmanne
et sa collègue psychologue retrouvent Jacques*, l'une de ses filles et
ses petites-filles à son domicile. L'homme au sourire facile,
malentendant et analphabète, vit relativement isolé en pleine campagne, à
30 minutes de Namur. Veuf, ce retraité du bâtiment souffre de troubles
dépressifs, de schizophrénie et de paranoïa. Il y a quelques mois, il
s'est laissé tomber dans l'escalier de la maison, alors que sa
petite-fille était présente. Il ne bénéficiait alors d'aucun suivi.
"J'ai des dettes, ma fille est partie... C'est difficile."
Jacques, un patient dépressif
lors d'une consultation à domicile
Tout en veillant sur le moral de Jacques au fil des visites, Camille
Lansmanne a mis en place, depuis son retour de l'hôpital, une infirmière
et des repas à domicile. "Je vais contacter votre médecin pour voir s'il peut faire les démarches pour l'administrateur de biens", précise d'une voix calme l'assistante sociale. "Et la semaine prochaine, on va aucentre public d'action sociale pour faire votre demande de chauffage."
Jacques, sa petite-fille et sa
fille à son domicile près de Namur (Belgique), lors d'une visite d'une
équipe mobile en soins psychiatriques, le 10 février 2022. (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Seul un petit radiateur d'appoint, déjà bien esquinté, chauffe un
salon orné de guirlandes lumineuses. La fille de Jacques, celle qui a
quitté les lieux, "s'accapare sa pension", souligne Camille Lansmanne. "La médiation des dettes, les repas à domicile, l'accompagnement au centre d'action sociale... Tout cela est très fréquent", liste l'assistante sociale spécialisée en psychiatrie.
"Le social, c'est souvent la porte
d'entrée vers le soin. Une personne peut avoir peur de rencontrer une
équipe psychiatrique. Le social la rassure."
Camille Lansmanne, assistante sociale
à franceinfo
Quand ses repères ont vacillé, Véronique a, elle aussi, été
accompagnée par une assistante sociale. Souffrant de problèmes
neurologiques, l'ancienne pharmacienne à la voix discrète a connu au
passage de la trentaine "l'accident" qui a fait dérailler sa vie. Une opération dont l'issue fût une hémorragie cérébrale. "Ma
fille venait de naître. Cela a explosé : le boulot, mon couple, tout.
Et je n'ai plus su gérer les émotions qui allaient avec tout cela."
Véronique, représentante des
usagers au sein du réseau des soins en santé mentale à Namur, le 9
février 2022 à Loyers (Belgique). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)
Dans ce moment si traumatique, cette aide à la fois sociale et psychologique a été essentielle. "Je
venais de perdre mon emploi, mon mari m'avait dit que c'était terminé
et j'avais encore des problèmes de santé physique. Je devais faire une
demande de handicap", énumère la Namuroise de 47 ans."Tout cela, pour moi, c'était plus qu'une montagne."
"Je ne voyais plus rien, j'étais noyée."
Véronique, représentante des usagers au sein du réseau
à franceinfo
Aujourd'hui représentante des usagers dans les réunions du réseau à
Namur, Véronique se bat pour que ces personnes souffrant de troubles
psychiques aient accès aux soins "les plus globaux possibles". Pour que la réforme aille encore plus loin dans sa vision liant médical et sociétal. Car "si quelqu'un va mal intérieurement, cela donne des répercussions sur tout".
* Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressé.
Depuis 27 ans, ERIC (Équipe rapide d’intervention de crise)
déploie son activité dans le sud des Yvelines et propose des
alternatives à l’hospitalisation en psychiatrie en mobilisant les
ressources du patient désigné et de son entourage. La crise Covid nous a
saisis : comment prescrire « l’aller vers » et le rapproché des corps
alors que la distanciation sociale devenait la règle et les protections
rares ou méconnues ?
Nous avons choisi de développer la
vidéo-consultation de crise, « la fenêtre sur », d’explorer son usage.
L’objet du propos, à rebours du temps, est de décrire les adaptations
successives nécessaires au maintien de l’intervention en équipe mobile
de crise en situation de crise sanitaire en se focalisant sur une de nos
activités, celle de la crise suicidaire. De notre observatoire local
trois étapes clefs du cycle de vie de la personne ont particulièrement
souffert de la crise Covid : la naissance, l’adolescence et le grand
âge. Nous avons dû adapter notre dispositif à une clinique émergente. La
Covid, facteur prépondérant de nos décisions de mode d’intervention au
début du premier confinement, est devenue progressivement un élément
d’arrière-plan avec lequel il a fallu composer.
Depuis septembre 2020, une équipe mobile mise en place par le CHU de Lille accompagne les sortants de prison atteints de troubles psychiatriques pour faciliter leur prise en charge dans les structures extérieures. Les semaines suivant la libération étant cruciales pour la réinsertion de ce public vulnérable, il s’agit d’éviter l’interruption du parcours de soins.
Les premières semaines qui suivent la sortie de détention représentent une période charnière. Elles le sont d’autant plus pour les personnes faisant l’objet d’une prise en charge psychiatrique pendant leur incarcération. Le relais du suivi médical entre la prison et l’extérieur est ainsi essentiel pour éviter les risques de suicide, d’overdose ou de récidive, accrus par les difficultés financières, matérielles ou sociales auxquelles les sortants sont confrontés. S’il existe en détention des consultations “sortants” pour préparer la personne détenue et faciliter la transmission du dossier médical à un médecin à l’extérieur, le dispositif est, dans les faits, rendu inopérant par la surpopulation carcérale, la grande précarité des personnes libérées et les difficultés du secteur de la psychiatrie publique(1). La fin de la détention rime donc bien souvent avec rupture de soins.
Prévenir les suicides et les overdoses, une priorité
C’est pourquoi, depuis septembre 2020, le CHU de Lille a mis en place une équipe de mobilité transitionnelle (Emot), composée de quatorze professionnels qui exercent pour la plupart aussi en détention. L’équipe se déplace à la rencontre des patients pendant les six mois suivant leur libération, afin d’assurer le relai des soins psychiatriques et leur prise en charge dans les structures médicosociales de droit commun. Cette mobilité vise à « pallier les difficultés des patients sortants que l’on perd de vue. La plupart n’ont pas de domicile fixe, pas de téléphone », explique Tatiana Scouflaire, psychiatre au CHU de Lille, ayant cofondé l’Emot avec son confrère Thomas Fovet. « Nous allons toujours vers les patients, ce ne sont pas eux qui viennent à nous. » Alors que le taux de suicide parmi la population carcérale en France est déjà sept fois supérieur à celui relevé dans la population générale, il est encore multiplié par quatre au cours des deux semaines qui suivent la libération. Six mois après, ce taux redevient identique à celui observé en prison(2). L’objectif de l’Emot est donc d’agir pendant cette période sensible. Par ailleurs, une transition défaillante vers une prise en charge en milieu libre expose davantage les sortants, en situation de détresse psychologique, au risque de récidive : « Nous faisons face au syndrome des “portes tournantes” : on voit entrer et sortir de prison les mêmes patients, qui n’arrivent pas à retrouver leur équilibre dehors », pointe Tatiana Scouflaire. Les membres de l’équipe prennent en charge des personnes qu’ils soignaient déjà entre les murs, ou qui leur sont adressées par des confrères depuis les unités de soin des centres pénitentiaires de Lille-Loos-Sequedin et d’Annoeullin, et de l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Seclin. Les sortants souffrant de troubles psychiques et addictologiques sont rencontrés dans les deux mois qui précèdent leur libération, pour établir un premier contact et s’assurer de leur souhait d’être accompagnés. « Le relais des soins psychiatriques est doublé d’un accompagnement social en fonction des besoins du patient. Infirmiers et éducatrices interviennent pour aider à la réappropriation de la vie quotidienne, et les assistantes sociales les accompagnent dans leurs démarches, nombreuses et laborieuses à la sortie d’incarcération », précise le médecin psychiatre. Les déplacements se font toujours en binôme, où que se trouve le patient : à son domicile, en foyer d’hébergement, à la rue. Le maintien des liens est assuré par des contacts rapprochés avec les structures d’accueil, d’accompagnement et de soins locales, telles que les centres d’hébergements, les centres médico-psychologiques (CMP), centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa), etc.(3) Quand cela est possible, l’équipe se met en relation avec l’entourage de la personne suivie. « Il nous arrive de rencontrer la famille avec le patient pour expliquer les troubles dont il souffre et présenter notre dispositif. Nos patients sont très souvent des personnes isolées, éloignées de leur famille, et le rétablissement des liens sociaux fait également partie de nos objectifs. »
Le but n’étant pas que l’équipe mobile se substitue aux services médico-psychologiques extérieurs, le passage de relais est organisé progressivement. La co-fondatrice de l’Emot détaille : « Au début, nous accompagnons les patients pour leurs premiers rendez-vous en CMP ou en Csapa. Plus nous avançons dans les six mois de suivi, plus nous encourageons le patient à être autonome dans ses rendez-vous quand cela est possible. »
Neuf mois plus tard, des passages de relais encourageants
L’Emot est financée par l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France pour trois ans, avec une période d’évaluation de deux ans. Les résultats, tant en termes de prévention des risques de suicide et d’overdose que de continuité des soins, devront convaincre de la nécessité de pérenniser le dispositif avec des moyens supplémentaires. Après dix mois de fonctionnement, l’équipe pouvait déjà dresser un premier bilan. Ainsi, depuis le mois de septembre, trente-deux personnes sont ou ont été accompagnées par l’Emot. « Trois personnes ont été réincarcérées au cours de leur suivi. Six personnes ont été perdues de vue. Nous ne déplorons aucun suicide ou overdose, détaille Tatiana Scouflaire. Et même quand la prise en charge s’arrête avant l’heure, on a pu avancer sur la situation de certains patients. » C’est dire si de tels dispositifs sont indispensables pour reprendre attache avec l’extérieur.
par Pauline Petitot
(1) CGLPL, Avis relatif à la prise en charge des personnes détenues atteintes de troubles mentaux, 22 novembre 2019. (2) Fovet et P. Thomas, “Les suicides et tentatives de suicide et leur prise en charge en milieu carcéral”, Actualité et dossier en santé publique, septembre 2018, p. 28. (3) Centres d’hébergement d’urgence, Caarud (centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), etc. Ecrit le 20 août 2021
Supportive effect of body contact care with ylang ylang aromatherapy
and mobile intervention team for suicide prevention: A pilot
study
Effet des soins à médiation corporelle avec aromathérapie au ylang-ylang et équipe d'intervention mobile dans la prévention du suicide: une étude pilote (traduction par les auteurs)
Stéphane Amadéo,1,2,3 Ngoc Lam Nguyen,1,5 Taivini Teai,2,4 Patrick Favro,2,4 Aurélia Mulet,2 Nathalie Colin-Fagotin,2 Moerani Rereao,2 Aurélia Malogne,2 Michel De Simone,2 Géraldine Rioche,2 Virginie Gassion,2 Paul Pere,2 Alban Prokop,2 Fabienne Bernis,2 Pierre Dufour,2 Annie Tuheiava,2 Germaine Vanquin,2 Steve Vilhem,6 Erick Gokalsing,3,7 Michel Spodenkiewicz,3,8 Marianne Pradem,3 Monique Seguin,9 Guy Beauchamp,9 Pierre Thomas,10 Guillaume Vaiva,10 and Louis Jehel3,11
J Int Med Res. 2020 Sep; 48(9): 0300060520946237.
Published online 2020 Sep 4.
1Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF), & Maison
des Sciences de l'Homme du Pacifique (USR 2003, UPF / CNRS) Tahiti, Polynésie
française (SA), Tahiti, Polynésie française, France
2Centre de prévention du suicide (SPC), SOS Suicide NGO, Tahiti,
Polynésie française, France
3Inserm, Équipe Moods-IPSOM, CESP, 94807, Villejuif, France
4Université de Polynésie française (UPF), Tahiti, Polynésie
française, France
5Direction de la santé publique de la Polynésie française,
Tahiti, Polynésie française, France
6Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de
l’adolescent (SUPEA), centre hospitalier universitaire Vaudois (CHUV), Lausanne,
Switzerland
7CUMP Océan Indien/VigilanS Océan Indien Etablissement Public de
Santé Mentale, La Réunion, France
8Pôle de Santé Mentale, CIC-EC 1410, CHU de la Réunion,
Saint-Pierre, France
9Groupe McGill d'Étude sur le Suicide. Réseau québécois de
recherche sur le suicide, la dépression et les troubles associés (Rqsdta),
Université McGill -- Institut Universitaire en Santé Mentale de l’Hôpital
Douglas, Canada
10Université de Lille, Inserm, CHU Lille, U1172 -- Lille
Neuroscience & Cognition et Centre National de Ressource et Résilience pour
les psychotraumatismes (Cn2r Lille Paris), F-59000 Lille, France
11Université des Antilles, Campus de Schoelcher, BP 7029, 97275
Schoelcher. Université Paris-Saclay, UVSQ & Université Paris-Sud. Centre
Hospitalier Universitaire de Martinique, BP632, 97261 Cedex Fort de France
Stéphane Amadéo, CHPF, BP 1640. 98 713.
Papeete, Tahiti, Polynésie française, France. Email:
fp.liam@oedama
Résumé Objectifs: Évaluer des modalités alternatives de prévention du suicide peu étudiées en santé mentale. Méthodes: Cette étude prospective évalue le risque de passage à l’acte suicidaire chez des patients (n = 140, 68 cas et 72 témoins), admis à l'hôpital ou qui ont contacté la ligne de crise de l’association SOS Suicide, pour des idées ou des tentatives suicidaires. Les diagnostics psychiatriques (questionnaire MINI) et l'intensité de l'anxiété / dépression / suicidalité (HAMA, MADRS & Beck Suicidal Ideation Scales) ont été évalués. Le groupe d'intervention avait un tronc commun (carte de crise mentionnant le numéro de la ligne de crise, entretiens avec des psychologues ou des bénévoles, un appel téléphonique entre le 10ème et le 21ème jour, puis 6 mois plus tard) et un choix entre deux interventions sur une période de 4 mois: Soins à Médiation corporelle ou équipe mobile d'intervention. Résultats: Les interventions semblent avoir une forte tendance à des résultats significatifs (p <0,017) pour réduire à six mois le nombre de tentatives de suicide et de suicide (3%) par rapport aux témoins (12%). Les perdus de vue dans le groupe d'intervention (7,35%) étaient moins nombreux que dans le groupe témoin (9,72%). Conclusions: Les résultats favorisent la mise en place de soins intégrés et le maintien du contact dans la prévention du suicide.
La première «ambulance santé mentale» au monde aide des centaines de personnes en SuèdePar John Large -d'apprès article du 4 janvier 2018 World’s First ‘Mental Health Ambulance’ is Helping Hundreds of People in Sweden www.goodnewsnetwork.org*/ Stockholm est la première ville au monde à déployer une ambulance spécialement pour répondre aux crises de santé mentale. Un an après son lancement, ses données impressionnantes témoignent de son succès. Au
cours de sa première année sur la route, l'ambulance de l'équipe
d'intervention en cas d'urgence psychiatrique (PAM) a répondu à plus de 1
000 personnes ayant besoin d'aide. En moyenne, l'équipe PAM répond à 135 appels par mois - et ils n'ont reçu que des contacts répétés de 96 personnes au total. Ce faible nombre de crises répétées montre l'efficacité d'une équipe dédiée prête à écouter quelqu'un ayant besoin de conseils. Sur les 1 036 personnes suivies au cours de la première année, seulement un quart ont été hospitalisées à plus long terme. "C'était la police qui traitait ces types d'appels. Mais la simple présence de la police peut facilement amener un patient à avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. La maladie mentale n'est pas criminelle, donc cela n'a pas de sens ", a
déclaré Anki Björnsdotter, un paramédical de la PAM, à la VICE. Bien que la ville de Stockholm soit assez grande, la PAM est prête à aller partout où cela est nécessaire dans toute la région. Avant toute action, Björnsdotter et l'équipe prennent le temps de comprendre la situation. «Nous
parlons à la personne afin de lui demander si nous devons amener le
patient à l'hôpital ou lui rendre visite à la maison», dit-elle. Une fois que l'équipe a déterminé la situation, elle peut offrir de
l'aide sur place ou l'amener pour une évaluation et des soins prolongés. L'intérieur de l'ambulance spéciale révèle la différence évidente entre un véhicule d'intervention d'urgence normal et la PAM. Alors qu'une ambulance typique est occupée par des brancards et du
matériel médical, la PAM est équipée de fauteuils confortables et d'un
petit bureau pour créer un environnement propice à la discussion et à la
thérapie. Interrogée
sur son opinion sur l'avenir de LA PAM, Björnsdotter a répondu: "Je
crois que nous nous retournerons en arrière et que nous penserons:"
Pourquoi ne l'avons-nous pas fait plus tôt? "J'espère que des services
similaires seront disponibles pour couvrir les grandes villes suédoises.
" Heureusement,
en raison du succès à Stockholm, d'autres régions telles que Skåne,
Örebro, Blekinge et Jönköping prévoient de créer leurs propres PAM. https://www.goodnewsnetwork.org/worlds-first-mental-health-ambulance-helping-hundreds-people-sweden/
***
1er post le 27/02/2017:
Psychiatrie En Suède, une ambulance 100 % psy
Une unité psychiatrique mobile contre le suicide
Le Quotidien du Médecin* Article, lundi 27 février 2017
Suède
Après deux années d'expérimentation, l'ambulance 100 % psy qui sillone tous les jours les rues du comté de Stockholm (Suède), a gagné son pari : inventer une prise en charge pré-hospitalière des urgences psy, déstigmatiser les malades, intervenir à domicile et lutter contre le suicide.
Avec sa carrosserie jaune fluo, son allure sportive et ses gyrophares bleus, elle ressemble à toutes les autres. Et pourtant, trois discrètes lettres inscrites sur ses flancs distinguent cette ambulance qui sillonne les routes de la capitale suédoise. « PAM », comme Psykiatrisk Akut Mobilitet : la toute première unité psychiatrique mobile de Suède.
Inaugurée en mars 2015, cette ambulance roule ainsi entre 15h et 1h du matin, 7 jours sur 7, pour assurer la prise en charge des urgences psychiatriques dans tout le comté de Stockholm, soit 2,3 millions de personnes. Cette mission clef n'était jusqu'alors dévolue qu'à la seule police suédoise, posant d'inévitables questions d'efficacité voire de légitimité. Une bizarrerie à laquelle Fredrik Bengtsson, le chef des urgences psychiatriques à l'hôpital public Saint Görans de Stockholm, a donc voulu s'attaquer. « L'idée me trottait dans la tête depuis une quinzaine d'années et un voyage de travail à Saint-Pétersbourg. J'y avais découvert que les urgences russes faisaient rouler des ambulances 100 % psy depuis... 1965. Il était temps de faire pareil en Suède » , raconte le Dr Bengtsson. Il pilote donc un premier test, il y a quelques années, avec l'accord du comté. Il ne s'agit alors pas d'une ambulance, mais d'un fourgon de police, « spécialement relooké pour ne pas ressembler à un fourgon de police » . À son bord : deux policiers et un infirmier. L'expérimentation est très concluante pour tout le monde... sauf pour le nouveau chef de la police de Stockholm, peu ouvert aux innovations de terrain. Le projet est enterré. « Police et hôpital sont deux mondes qui ne dialoguent pas très naturellement ensemble... » , ronchonne Fredrik Bengtsson.
Des soignants plutôt que des policiers
Le projet est toutefois relancé en 2015. Le dossier est cette fois présenté au gouvernement suédois, qui le valide, et débloque une enveloppe de 10 millions de couronnes (environ 1 million d'euros). Le mois prochain (mars), les deux ans d'expérimentation seront écoulés et le programme PAM est un succès. L'autorité centrale de santé a décidé de rendre permanent le dispositif. L'ambulance a d'abord inventé une prise en charge pré-hospitalière des urgences psy qui n'existait tout simplement pas en Suède. Ensuite, et c'est une farouche volonté du chef du projet, elle permet de déstigmatiser les malades psys, en arrêtant d'envoyer à leur chevet des policiers plutôt que des soignants. « Aujourd'hui, la police est encore présente sur environ 50 % des cas, pour raisons de sécurité, mais elle n'intervient qu'en cas de besoin » , souligne Fredrik Bengtsson.
Une pratique inédite
Enfin, l'ambulance PAM a permis de développer une pratique inédite : la prise en charge psy à domicile. Les infirmiers interviennent et pratiquent les soins, si cela est possible, chez le patient. L'avantage est double, selon le patron des urgences du Saint Görans Hospital : « Pour le patient, le domicile est un cadre bien moins anxiogène qu'un service d'urgences ; pour l'hôpital, c'est intéressant d'un point de vue financier » . En effet, un tiers des patients restent chez eux après la prise en charge. L'objectif affiché de PAM est clair : lutter contre le suicide. Si le nombre de victimes de suicide en Suède a beaucoup baissé après les années 1980, il stagne depuis près d'une décennie, autour des 1 500 décès annuels (très proche de la moyenne européenne). Surtout, il demeure prévalent chez les jeunes de moins de 25 ans et les personnes âgées de plus de 75 ans. Depuis son lancement, l'ambulance intervient en moyenne 5,1 fois par shift de 10 heures, soit plus de 1 800 cas par an. Elle est mobilisable uniquement via le 112, le numéro qui centralise les appels d'urgence en Suède. Le véhicule, légèrement réaménagé (2 sièges ont remplacé le brancard), emploie cinq temps plein d'infirmiers. Une seconde ambulance pourrait être ajoutée cette année, et les horaires amplifiés. Fort de son succès, le dispositif est parti pour essaimer dans toute la Suède. Göteborg, deuxième ville du pays, l'a adopté l'année dernière, et Malmö, la troisième, le fera cette année.
Une
équipe mobile du centre hospitalier Esquirol de Limoges va à la
rencontre des personnes âgées en Haute-Vienne pour évaluer et prendre en
charge les troubles psychiatriques. C’est le dossier de la nouvelle
rubrique « questions de santé » du lundi sur France 3 Limousin.
Pour les psychiatres, les personnes âgées sont particulièrement
fragiles, car un début de dépression peut dégénérer et provoquer une
hospitalisation.
En Haute-Vienne, les médecins généralistes
peuvent faire appel à des spécialistes du Centre Hospitalier Esquirol
qui se déplacent chez les patients et dans les maisons de retraite
(Ehpad).
L'équipe mobile d'évaluation et de suivi de la personne âgée (Emespa) propose des prises en charge diversifiées avec un psychiatre et des infirmiers.
L'objectif
est d'établir un diagnostic précis de la situation du patient, de
faciliter si besoin l'accès aux soins psychiatriques (hospitalisations à
temps plein, hôpitaux de jour, suivi à domicile ou consultations
spécialisées) et de diminuer le recours à l'hospitalisation.
L'Emespa est aux avant-postes pour l'aide et l'accompagnement au diagnostic, améliorer l'accès aux soins et pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées.
Prévenir les troubles psychiatriques au domicile des personnes âgées Une
équipe mobile du centre hospitalier Esquirol de Limoges va à la
rencontre des personnes âgées en Haute-Vienne pour évaluer et prendre en
charge les troubles psychiatriques. Intervenants : Bertrand Faure,
psychiatre CH Esquirol, Marie-Alicia Martin, Infirmière CH Esquirol,
Magali Bricaud-Calvet, Psychiatre CH Esquirol et Hervé Merveille,
Psychiatre CH Esquirol, Responsable EMESPA. - france 3
limousin - F.Clapeau/V.Agut/C.Cogne
En Corée du Sud, une brigade à la rescousse des suicidaires
source lalibre.be 01 juin 2016 *
La Corée du Sud est confrontée à un fléau: le suicide. En 2012, selon des chiffres de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), le taux de suicide pour 100.000 habitants était de 29,1. En 2012, seule la Hongrie faisait pire.
vidéo soutitré en anglais possibilité d'avoir des soutitres en français en cliquant sur CC en bas de l’écran/ options /Français
Le Centre de prévention du suicide de Québec ajoute une autre corde à son arc dans sa mission d’intervention et de prévention auprès des personnes en crise suicidaire en mettant sur pied sa propre équipe d’intervention mobile.
Pour une première fois en 40 ans d’histoire, le CPSQ peut désormais se déplacer directement au domicile d’une personne en crise. Le service, qui s’ajoute à l’offre déjà existante de l’organisme qui propose une ligne d’intervention téléphonique et des rencontres individuelles sur rendez-vous, est en fonction depuis septembre dernier.
«C’était devenu nécessaire pour nous d’intervenir de cette façon-là, a confié Lynda Poirier, directrice générale du CPSQ. Notre offre de service est davantage complète, assure plus de sécurité et une meilleure qualité d’intervention.»
Bien que l’intervention téléphonique ou la rencontre suffisent dans la plupart des cas, les spécialistes en intervention doivent parfois aller au-delà de ces méthodes.
«À l’exception, le téléphone peut être une limite. La personne peut ne plus avoir de batterie ou peut avoir de la difficulté à parler via ce médium», explique Éric Arsenault, coordonnateur des services d’intervention, qui ajoute que l’équipe mobile prévoit effectuer de 50 à 100 déplacements dans la prochaine année.
Le Centre de prévention du suicide de Québec espère que cette équipe d’intervention mobile contribuera non seulement à améliorer les délais d’intervention, mais causera un arrimage plus efficace des divers intervenants du milieu communautaire et public.
«L’équipe permet d’offrir une intervention moins fragmentée au travers des différents partenaires et d’assurer une continuité pour éviter un vide de services», explique la directrice générale, qui souligne que l’attente peut avoir des impacts importants pour une personne en crise suicidaire.
Si vous ou un de vos proches avez besoin d’aide, vous pouvez contacter la ligne d’intervention nationale des Centres de prévention du suicide du Québec au 1-866-APPELLE (1-866-277-3553).
Les
équipes mobiles en psychiatrie et le travail de disponibilité, Lise
Demailly, Olivier Dembinski et Catherine Déchamp-Le-Roux, Editions John
Libbey, 2014, 128 p., 28 €.
La centaine de pages qui
compose ce livre éclaire un aspect peu connu du « secteur », cette
(r)évolution des années soixante née dans l’euphorie des trente
glorieuses. Un secteur, entre nous, qui peine toujours à s’imposer dans
le monde compliqué de nos quarante laborieuses… Le sujet du jour est
donc la mobilité en psychiatrie.
Les « équipes mobiles » plus
précisément, une notion dont la genèse est décrite en début d’ouvrage.
Après (entre autres) une évocation de la préhistoire (le « patronage à
domicile pour les aliénés convalescents » en 1864), un survol de la
médecine sociale des années 30 (« aller au-devant de la population »,
tout ça tout ça…), les auteurs nous conduisent aux portes radieuses du
secteur sus-évoqué et à cette fameuse mobilité qui en est la
quintessence.
Le sujet, qui est tout sauf une
science exacte, est abordé sous différents angles. Après avoir
philosophé sur le concept, nous voyons comment il est organisé au
quotidien. Pour cela, petit détour dans trois secteurs du Nord de la
France (en haut, après la Picardie, juste avant le cercle polaire). Ceci
afin de comparer les pratiques des uns et des autres. Mais chacun
fonctionnant à sa manière, et ayant par ailleurs des objectifs qui lui
sont propres (adolescents en crise, monsieur et madame tout le monde…),
l’exercice pose plus de questions qu’il n’en résout. Dans tout ça on
retient toutefois la notion phare de « disponibilité » qui semble
résumer à elle seule la quête de toute la profession. Suivie de près par
sa petite sœur, la « réactivité. »
Comme dans l’ouvrage précédent,
on fait aussi un peu de tourisme européen : l’Angleterre, la Suisse, les
Pays-Bas… toujours cette histoire d’herbe plus ou moins verte. Là-bas,
les pâturages ont un peu la même couleur, mais ils se nomment «
psychiatrie communautaire » ou « psychiatrie d’urgence »…
Bref, c’est un livre dense,
rempli d’informations sur cette démarche qui prétend soigner en dehors
des murs si rassurants de l’institution. L’ouvrage demande une attention
soutenue de la part du lecteur, car il est à la fois très technique et
très interrogatif (le livre, pas le lecteur). Mobilité, diversité de
l’offre, prise en compte du demandeur… il n’est pas facile de tout
concilier. En effet, de quel droit intervenir lorsque la demande n’est
pas formulée ? L’urgence existe-t-elle en psychiatrie, ou n’est-ce pas
plutôt une exigence de la société ? Ne faut-il pas (un peu) décaler la
réponse au lieu de se précipiter ventre à terre ?…
La psychiatrie qui se pose déjà
des tas de questions en temps normal, s’en pose encore davantage
lorsqu’elle est mobile. D’autant plus qu’elle est tiraillée entre les
réformes d’en haut qui soufflent le chaud et le froid, et les
expérimentations de la base qui avancent en terrain inconnu. L’époque
n’arrange rien, non plus. Les deux dernières décennies ont vu les
urgences psychiatriques exploser, avec une gestion de la chose très
variable en fonction des hôpitaux. Car la réponse dépend directement des
moyens disponibles, ainsi que des personnes prêtes à mouiller la
chemise en s’impliquant personnellement. L’articulation avec le social –
ce fameux travail en réseau – reste par ailleurs un défi (une
diplomatie ?) à réinventer au quotidien. Quant à l’hospitalisation à
domicile (déjà si peu développés en soins somatiques), n’en parlons pas…
Vient se greffer aussi le débat
sur la mission elle-même de la psychiatrie : doit-elle s’occuper en
priorité des conduites addictives, des jeunes (et moins jeunes) dans la
précarité, des comportements violents, des risques de suicide… Doit-elle
chercher le « client » pour le ramener dans le bercail de
l’institution, ou bien au contraire le soigner à tout prix à domicile ?
Quadrature d’un cercle qui finirait presque par tourner en rond : la
difficulté, l’impossibilité (?) d’évaluer l’efficacité du système en
termes d’économies sonnantes et trébuchantes.
Bref, en conclusion, un public
généraliste risque d’être un peu désorienté en lisant ce bouillonnement
neuronal. Symbole de cette perplexité annoncée, les sigles barbares
(ERIC, MARSS, EMDPG…) qui jalonnent les pages et dont la mémorisation
provoque un début de migraine. Par contre, les professionnels déjà au
fait du sujet – et curieux d’en savoir plus – feront leur miel de cet
ouvrage très fouillé. Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à vous
souhaiter bon voyage dans le labyrinthe de la psychiatrie…
Exemple à Namur, avec l’Équipe mobile d’intervention en Santé mentale (EMISM) source article : "À Namur, sept fois plus d’interventions qu’en 2011" samedi 14 mars 2015 A.L.G. - http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150313_00616332En Belgique aussi, la santé mentale trinque. Exemple à Namur, où une équipe de psychologie mobile a vu son nombre d’interventions exploser.
Cacher ses failles pour sauver les apparences,
avec le risque de développer certaines pathologies mentales… C’est le
constat de Saverio Tomasella, psychanalyste français, qui observe de
plus en plus de dérapages comportementaux (lire).
Peut-on faire le même rapprochement en Belgique? Une chose de sûre:
les problèmes de santé mentale sont en hausse. Exemple à Namur, avec
l’Équipe mobile d’intervention en Santé mentale (EMISM). Depuis sa mise
en place, l’équipe a vu son nombre de déplacements grimper, passant de
242 interventions en 2011 à 1 786 en 2014.
Reste, selon Stéphane Tonneau, un des psychothérapeutes de l’EMISM, que «les raisons de la souffrance des patients sont difficiles à répertorier ».
Concernant les problématiques principales, l’équipe mobile doit
généralement faire face à 24% de tentatives de suicide, à 14% d’états
dépressifs et à 9% d’assuétude, de dépendance.
Parfois, la difficulté réside aussi dans le fait que les personnes
pensent ne pas avoir besoin de consulter, alors qu’elles viennent de
commettre une tentative de suicide par exemple. Sept intervenantsà temps plein
Constituée de sept intervenants à temps plein, principalement des
psychologues et des assistants sociaux, l’équipe d’intervention
ambulatoire se déplace dans la province de Namur. Un projet né à la
suite de deux réflexions. D’une part, le constat d’un nombre insuffisant
de médecins généralistes pour répondre à toutes les demandes
d’intervention. D’autre part, l’idée est le fruit d’une plateforme de
concertation sur la santé mentale. Objectif principal du concept:
intervenir sur les lieux de crise, à court et à moyen terme.
«Nous sommes joignables 24h/24, tous les jours de la semaine.
Seuls les professionnels de la santé peuvent nous appeler pour nous
demander d’intervenir, explique le thérapeute. N’importe quel
service de soin peut faire appel à nous: éducateurs de rue, médecins
généralistes, institutions médicales, infirmiers etc.»
À domicile, dans les écoles ou sur le lieu de travail, le personnel
de l’EMISM se rend partout où une «situation de crise» a eu lieu.
D’abord dans l’idée de soutenir les professionnels de soin, l’EMISM est
aussi là pour éviter une hospitalisation précipitée et pour amorcer un
échange, un début de suivi thérapeutique.
« Nous jouons un rôle de transfert du lien thérapeutique, en
agissant en tampon. On commence par dialoguer avec les personnes en
détresse. Notre méthode est vraiment basée sur la discussion, souligne Dr Tonneau.
Dans tous les cas, nous essayons vraiment d’entrer dans l’univers de la
personne en souffrance, dans sa subjectivité, au lieu de la
diagnostiquer et de la stigmatiser ».
Depuis novembre 2013, l’EMPS d’Indre-et-Loire est en activité.
L’équipe mobile appartient au réseau Vies 37 (vivre
et intervenir face au suicide) et est financée et soutenue par les
organismes suivants : Fondation de France, fondation Fournier, Centre
Hospitalier d’Amboise et Château-Renault, CHU, Maison des Adolescents,
Agence Régionale de Santé.
Ses missions consistent, dans une démarche de prévention, à faciliter
l’accès aux soins ou aux prestations sociales des mineurs à risque
suicidaire.
Elle s’adresse donc principalement aux jeunes ayant un risque
suicidaire qui se trouvent dans une situation d’isolement géographique,
(distance des services publics, des transports), mais aussi pour
lesquels la famille a des questions, difficultés ou des réticences par
rapport à la demande d’aide, qui entravent celle-ci.
Son action consiste à organiser 1 à 3 visites au domicile du jeune ou
dans un lieu de son choix, en impliquant au maximum la famille et
l’entourage. À l’issue de l’évaluation et de la discussion avec la
famille autour des difficultés, des besoins et des ressources du jeune,
l’équipe effectue un travail de mise en relation avec les partenaires du
domaine sanitaire, social ou médico-social, éventuellement en
transportant le jeune pour un premier rendez vous avec le professionnel
qui s’occupera de la suite de la prise en charge.
L’équipe mobile est contactée par tout professionnel constatant qu’un
jeune semble à risque suicidaire : propos suicidaires directs ou
rapportés, symptômes évocateurs, signes de mal-être.
Les professionnels peuvent être par exemple des assistantes sociales
de secteur, scolaire, des médecins généralistes, des membres du corps
enseignant, du personnel de la protection maternelle et infantile, la
médecine scolaire, etc…
Le professionnel contacte alors l’équipe mobile au 0635455180 ou par mail cell.mob-ados@chu-tours.frqui
le recontacte dans les meilleurs délais. L’équipe mobile, du fait de
ses moyens en personnel limités, n’intervient que le mardi.
L’équipe mobile peut aussi se déplacer à la rencontre des personnels
des institutions hors du contexte d’une intervention pour aborder les
caractéristiques de la crise suicidaire et présenter plus en détails son
fonctionnement.
L’équipe mobile n’est pas appropriée lorsque le risque suicidaire est
imminent. Lorsqu’une intervention est nécessaire dans les 24h il
convient de rechercher une aide médicale d’urgence (appeler le 15 ou le
médecin traitant si possible)
L’intervention permet en premier lieu un dialogue autour des idées
suicidaires du jeune, dans un contexte ouvert et moins stigmatisé que
« la psychiatrie » ou « les services sociaux ». l’équipe peut ainsi plus
facilement discuter ouvertement des réticences et des idées reçues.
Cela permet ensuite de conseiller et accompagner sereinement le jeune et
sa famille vers la prise en charge la plus appropriée lorsque celle-ci
est encore nécessaire.
Sur Société Française de Gériatrie et Gérontologie > Missions > Sessions scientifiques > FMC Sessions de Bonnes Pratiques des 34èmes Journées Annuelles de la SFGG du 25 au 27 novembre 2014 « Quoi de Neuf en Gérontologie ? » http://www.sfgg.fr/missions/sessions-scientifiques/fmc
Avec entre autre : FMC 9 – Session FFAMCO : le suicide des personnes âgées
Intervention de Stephan MEYER : La dépression en EHPAD, un diagnostic à réévaluer – Diaporama Stephan MEYER
Intervention de Michel BENOIT : Intérêt de la formation des
personnels au dépistage et à la prise en charge de la crise suicidaire
en EHPAD et intérêt des équipes mobiles au domicile – Diaporama Michel BENOIT
Intervention de Anaïk BIROT-ALCOUFFE : Présentation de la grille d’évaluation des facteurs de risques suicidaires en EHPAD – Diaporama Anaïk BIROT-ALCOUFFE
La création de cette équipe mobile s'est fait main dans la main
avec le CHRU de Tours. Un psychiatre est ainsi présent à chaque étape.
Une « onction médicale » qui rassure parfois les familles.
Depuis novembre 2013, l’association
Vies37 mène une opération unique en région Centre. Une équipe mobile de
prévention du suicide chez les mineurs.
Financée – entre autres – par la maison des Adolescents et le CHRU de
Tours, une équipe d'intervenants œuvre pour la prévention du suicide
chez les jeunes de moins de 18 ans, dans le département.
Rien de nouveau jusqu'ici, si ce n'est la mobilité du collectif : « Notre
action s'adresse à ceux vivant dans les zones isolées du département,
pauvres en structures médico-sociales et mal desservies par les
transports publics », indique Marie Chu-Tung, assistante sociale.
Des communes telles que Descartes, Richelieu, L'Ile-Bouchard ou
Langeais, situées aux extrêmes nord et sud de l'Indre-et-Loire, sont
ainsi visées.
L'équipe mobile, chapeautée par un psychiatre, est composée d'une assistante sociale et d'une infirmière. « Attention, Nous n'intervenons jamais en urgence ! Notre travail se déroule en amont », précise Marie Chu-Tung. La
cellule, préalablement contactée par un professionnel (médecin,
éducateur, infirmière scolaire, etc.), se déplace, en effet, en cas de
signes avant-coureurs : « Une fiche est à remplir : le médecin
coordinateur l'étudie et avise. Un rendez-vous dans les sept jours peut
alors être pris avec le mineur concerné. »
Sur le terrain, le risque suicidaire est analysé et évalué : « Au
bout de trois rencontres, nous pouvons décider d'orienter le jeune vers
une structure adaptée, comme un centre pédopsychiatrique. Mais nous
sommes, le plus souvent, un soutien, notamment pour l'entourage. » En
un an, « seulement » quatre cas ont été traités. Un chiffre qui
s'explique pour l'instant par la faible notoriété de l'équipe mobile.
Une situation dommageable, lorsque l'on sait que le désenclavement de
certains territoires reste l'objectif de l'initiative. Secrétariat : tél. 06.35.45.51.80. Plus d'informations sur http://cellmob37.psrc.fr/