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jeudi 7 décembre 2023

PRATIQUES PROFESSIONNELLES FICHE RETOUR D'EXPÉRIENCE ANALYSE APPROFONDIE IMV en retour de permission

FICHE RETOUR D'EXPÉRIENCE ANALYSE APPROFONDIE IMV en retour de permission
Fiche REX élaborée à partir de l’analyse réalisée par les acteurs impliqués dans
l’évènement, mise à disposition dans une visée pédagogique, ne se substituant
pas aux publications et recommandations en vigueur

Date de parution :
11/2023

https://www.qualirelsante.com/wp-content/uploads/2023/11/FR2023-15-_-IMV-retour-permission.pdf

lundi 21 mars 2022

PRATIQUES PROFESSIONNELLES : OUTILS FORMATION : Formation des Hôpitaux universitaires Paris Centre " CHBRE DES ERREURS VIRTUELLE-PSYCHATRIE"

Plan de formation 2022

Hôpitaux universitaires Paris Centre
BRC - CCH - HTD
CCH CHBRE DES ERREURS VIRTUELLE-PSYCHATRIE 1
Qualité et gestion des risques / Autres risques
Généralités:
CCH CHAMBRE DES ERREURS VIRTUELLES EN PSYCHATRIE 1

Formation continue

Objectifs:
Développer une culture de la gestion du risque pour les professionnels de santé:
- Identifier des situations à risque pour le patient et le soignant
- Remédier à ces situations
Pré-requis:
Etre formé à la prise en charge des patients en centre de soin psychiatrique.
Public: Tout professionnel de santé étant en contact des patients hospitalisés en psychiatrie
Contenu: Formation délivrée à travers un casque de réalité virtuelle
L'agent doit :
Patient 1 :
- S'informer sur le patient
- Rechercher les erreurs liées au risque suicidaire
- Comprendre pourquoi ce sont des erreurs
- Comprendre comment y remédier

Source : http://plandeformation.aphp.fr/pedago.php?code_stage=012285492&gh=1&as=

vendredi 25 février 2022

NOTICE ARTICLE PRATIQUE PROFESSIONNELLE Crise suicidaire, Covid et intervention en équipe mobile de crise : aménagement(s) du dispositif

Crise suicidaire, Covid et intervention en équipe mobile de crise : aménagement(s) du dispositif
L'Information Psychiatrique Volume 98, numéro 2, Février 2022
Auteurs 
Laure Zeltner 1 6 * Virginie Guillard  2 6 Clémentine Dolmaire 2 6 Julien Fousson 2 6
Théophane Masquelier 2 6 Tom Freundlich 2 6 Charlotte Serrano 3 6 Catherine Luttenbacher 4 6
Philippe Stéfant 4 6 Marion Postel-Vinay 2 5
1 Psychiatre responsable de l’équipe d’urgence et de crise ERIC
2 Psychiatre
3 Médecin généraliste
4 Psychologue
5 Chef de pôle 78G11
6 Équipe d’urgence et de crise ERIC
Centre hospitalier de Plaisir  30 rue Marc-Laurent, 78370 Plaisir, France
* Correspondance
Page(s) : 121-7
Année de parution : 2022 2022

Depuis 27 ans, ERIC (Équipe rapide d’intervention de crise) déploie son activité dans le sud des Yvelines et propose des alternatives à l’hospitalisation en psychiatrie en mobilisant les ressources du patient désigné et de son entourage. La crise Covid nous a saisis : comment prescrire « l’aller vers » et le rapproché des corps alors que la distanciation sociale devenait la règle et les protections rares ou méconnues ?

Nous avons choisi de développer la vidéo-consultation de crise, « la fenêtre sur », d’explorer son usage. L’objet du propos, à rebours du temps, est de décrire les adaptations successives nécessaires au maintien de l’intervention en équipe mobile de crise en situation de crise sanitaire en se focalisant sur une de nos activités, celle de la crise suicidaire. De notre observatoire local trois étapes clefs du cycle de vie de la personne ont particulièrement souffert de la crise Covid : la naissance, l’adolescence et le grand âge. Nous avons dû adapter notre dispositif à une clinique émergente. La Covid, facteur prépondérant de nos décisions de mode d’intervention au début du premier confinement, est devenue progressivement un élément d’arrière-plan avec lequel il a fallu composer.

https://www.jle.com/fr/revues/ipe/e-docs/crise_suicidaire_covid_et_intervention_en_equipe_mobile_de_crise_amenagement_s_du_dispositif_322040/article.phtml

mardi 1 février 2022

MàJ Haute Autorité de Santé Recommandation de bonne pratique : Idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : repérer, évaluer et orienter la prise en charge

Idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : repérer, évaluer et orienter la prise en charge
Communiqué de presse - Mis en ligne le 30 sept. 2021 30 septembre 2021

En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Les tentatives de suicide ont un retentissement psychologique et social très lourd, en plus des blessures et de la potentielle invalidité à long terme auxquelles il faut faire face. Pour tenter de prévenir ces événements, il est important de ne pas banaliser les idées suicidaires et d’y apporter une écoute attentive pour trouver une réponse rapide et adaptée. La HAS publie des recommandations de bonne pratique pour les professionnels chargés de repérer, évaluer et orienter les enfants et adolescents pouvant présenter un risque suicidaire à court, moyen ou long terme.

Depuis plus de 30 ans, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et la 5ème cause de mortalité chez les moins de 13 ans. En 2016, 26 décès par suicide ont été enregistrés chez les moins de 15 ans et 352 chez les 15-24 ans, soit des taux respectifs de 0,3 et 4,5 pour 100 000 habitants.
Les professionnels en contact quotidien avec des enfants et adolescents se posent de nombreuses questions concernant les idées suicidaires : quels sont les principes généraux pour le repérage, la prise en charge et le suivi ? Comment repérer et évaluer les idées suicidaires ? Comment prévenir le passage à l’acte ?
Reconnaitre et prendre en charge un enfant ou un adolescent à risque suicidaire peut s’avérer délicat et demande un engagement collectif. Dans ce contexte et dans le cadre de son programme « Psychiatrie et santé mentale » 2018-2023, la HAS a décidé de mettre à jour ses recommandations de bonne pratique de prévention, repérage, évaluation et prise en charge des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent à destination de l’ensemble des professionnels se trouvant régulièrement au contact d’enfants et d’adolescents. Ces recommandations sont adaptées aux différents maillons constituant la chaine de prise en charge (professionnels des urgences, acteurs de soins de 1ère ligne, hospitaliers et de 2ème ligne, professionnels non cliniciens, décideurs).
A terme, les objectifs sont multiples : réduire la fréquence des passages à l’acte, la mortalité, les handicaps et les incapacités résultant de tentatives de suicide et diminuer les nouvelles tentatives de suicide.

 Les idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent ne doivent pas être banalisées

Le suicide est un sujet tabou, douloureux et intime. Il est très difficile, surtout chez les plus jeunes, d’accepter de demander de l’aide concernant sa santé mentale. Il est commun de penser que la période de l’adolescence est difficile pour tout le monde et propice aux idées suicidaires, et il arrive très souvent que celles-ci soient donc banalisées. Pourtant, selon une enquête IPSOS pour la Fondation Pierre Deniker¹, 95% des jeunes sont globalement heureux et intéressés par la vie.

Parmi les signes qui doivent alerter, on retrouve : un changement brutal du comportement, la consommation fréquente de drogue ou d’alcool, les actes d’automutilation ou encore les propos suicidaires, qui ne doivent jamais être pris à la légère. Le repérage des enfants et des adolescents suicidaires repose sur une écoute active et un questionnement direct. Il est donc important de prendre au sérieux la parole de tous les enfants et adolescents qui expriment ces idées et de leur apporter une réponse réactive et adaptée. Par ailleurs, il est primordial de noter que le fait de poser de façon explicite la question à un enfant ou un adolescent sur la présence d’idées suicidaires n’induira pas de telles idées ou même un passage à l’acte.

 Des recommandations pour permettre aux différents acteurs de première ligne d’évaluer le risque suicidaire

Pour orienter l’échange avec les enfants et les adolescents, les professionnels disposent de plusieurs outils qui peuvent les guider dans la conduite de la consultation mais qui ne remplacent pas une écoute attentive et un questionnement direct :

  • Le Bullying Insomnia Tobacco Stress Test (BITS) aborde des points tels que la qualité du sommeil, le stress lié au travail scolaire et à l’ambiance familiale, les maltraitances, le tabagisme...
  • L’Ask Suicide-Screening Questions (ASQ) est utile lors des consultations pour des difficultés en lien avec la santé mentale ou lorsque des difficultés se révèlent au cours de la consultation. Celui-ci aborde directement les idées suicidaires.
  • La Columbia Suicide Severity Rating Scale peut aider pour un état des lieux des idées suicidaires et du risque potentiel de passage à l’acte à court, moyen ou long terme.

Pour une appréciation plus complète du risque suicidaire, un entretien avec l’enfant ou l’adolescent dans un contexte propice doit être réalisé : lieu adéquat, climat d’empathie, de non-jugement et de bienveillance, respect de la confidentialité. Celui-ci sera complété par le recueil d’informations auprès du ou des titulaires de l’autorité parentale ainsi que d’autres personnes, dans le respect du secret médical (infirmier et/ou médecin scolaire, médecin traitant, pédiatre, etc.) tout en prenant systématiquement en compte l’environnement de l’enfant et de l’adolescent, en particulier ses interactions avec sa famille et ses pairs. Ces échanges permettront notamment de recueillir des éléments sur d’éventuels problèmes liés au harcèlement sur les réseaux sociaux. D'autres entretiens différés pourront faire suite, dont le délai d’organisation doit être inversement proportionnel au niveau d’urgence et de vulnérabilité estimé.

 Le risque de vulnérabilité ou d’urgence suicidaire doit déterminer la prise en charge

L’évaluation d’une crise suicidaire de l’enfant ou de l’adolescent repose sur l’estimation du niveau d’urgence et de vulnérabilité, qui déterminera la suite de la prise en charge :

  • L’urgence suicidaire correspond à la probabilité que la personne adopte une conduite suicidaire potentiellement létale sur le court terme. Celle-ci ne doit jamais être sous-estimée. Elle nécessite l’appréciation du niveau de souffrance ou de douleur psychique, la caractérisation des idées suicidaires, la recherche d’un scénario suicidaire, l’estimation du niveau d’intentionnalité suicidaire et la recherche de facteurs dissuasifs.
  • La vulnérabilité suicidaire correspond à la probabilité que la personne adopte une conduite suicidaire sur le moyen ou le long terme. Celle-ci est liée aux facteurs de risque, tels que les antécédents personnels et familiaux, l’existence d’un trouble psychiatrique ou encore de difficultés d’ordre familial, et les facteurs de protection présentés par la personne, notamment le soutien social, la cohésion familiale, la spiritualité et les croyances religieuses.

Tout enfant ou adolescent ayant fait une tentative de suicide récente doit être orienté vers un service d’urgences, quel que soit le niveau d’urgence suicidaire actuel.

 Si l’enfant ou l’adolescent présente des idées suicidaires mais n’a pas fait de tentative de suicide récente, la conduite à tenir est fonction de l’évaluation de l’urgence suicidaire :

  • Si l’urgence suicidaire est élevée (inquiétude quant à un passage à l’acte imminent), l’enfant ou l’adolescent est envoyé aux urgences ;
  • Si l’urgence suicidaire est faible à moyenne, l’enfant ou l’adolescent est orienté vers une prise en charge ambulatoire de deuxième ligne (telle qu’un centre médico-psychologique ou un centre médico-psycho-pédagogique, un psychiatre libéral, ou selon le territoire une Maison des adolescents).

En dehors des situations d’urgence élevée, une réévaluation peut être reconduite à 2 ou 3 jours afin de préciser le niveau d’urgence et de vulnérabilité.

Pour éviter un nouveau passage à l’acte, il est recommandé de recourir au plan de sécurité. Il s’agit d’une intervention souple, de mise en œuvre relativement simple et dont l’efficacité est soutenue par des éléments de preuve, en particulier chez l’adolescent après une tentative de suicide. Celui-ci comprend :

  • L’identification des signaux d'alarme associés à une aggravation de la crise suicidaire,
  • Le renforcement des stratégies de coping²;
  • La sécurisation de l'environnement en limitant l'accès aux moyens de suicide ;
  • La mobilisation du réseau social de proximité ;
  • Le renforcement de l'adhésion au suivi et mise à disposition de ressources en cas d'urgence.

 ¹ Enquête réalisée en ligne par IPSOS auprès de 603 jeunes de 15 à 25 ans, 601 parents d’enfants de 11 à 25 ans et 235 enseignants, réalisée du 2 au 12 février 2016

² Ensemble des procédures et des processus qu'un individu peut imaginer et installer entre lui et un événement qu’il juge inquiétant, voire dangereux, afin d'en maîtriser les conséquences potentielles sur son bien-être physique et psychique.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3289297/fr/idees-suicidaires-chez-l-enfant-et-l-adolescent-reperer-evaluer-et-orienter-la-prise-en-charge

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Idées et conduites suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : prévention, repérage, évaluation, prise en charge

Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 30 sept. 2021

L’objectif de ce travail est l’élaboration de recommandations dans le but d’améliorer le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et adolescents ayant des idées suicidaires ou des conduites suicidaires.

Après une présentation des définitions et des quatre principes généraux de la prévention du suicide, la recommandation comporte les parties suivantes :

  • Comment identifier les enfants et adolescents suicidaires ou à risque suicidaire ?
  • Comment évaluer une crise suicidaire de l’enfant ou de l’adolescent ?
  • Comment orienter ?
  • Comment prendre en charge la crise suicidaire en aigu ?
  • Prise en charge hospitalière
  • Plan de sécurité
  • Accompagnement de moyen et long terme
  • À la sortie d’un séjour hospitalier ou des urgences

Documents

 source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3288864/fr/idees-et-conduites-suicidaires-chez-l-enfant-et-l-adolescent-prevention-reperage-evaluation-prise-en-charge


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Idées suicidaires de l’enfant et de l’adolescent : quelle prévention ?

Stéphanie Lavaud 31 janvier 2022 https://francais.medscape.com/*

France – La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en octobre dernier de nouvelles recommandations consacrées à la « prévention des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent ». Lors du congrès de l’Encéphale 2022, le Dr Charles-Edouard Notredame (MCU-PH dans le service de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent du CHU de Lille), qui a co-dirigé ce travail, est revenu sur les nouveautés de ce texte, tandis que son collègue, le Dr Vincent Trebossen, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent à l’hôpital Robert Debré (Paris) a abordé l’impact de la pandémie Covid-19 sur la santé mentale des jeunes [1].

Suicide : 2ème cause de décès chez les 15-24 ans

Avec 23 cas chez les 5-14 ans en 2017 et 312 chez les 15-24 en 2017, le suicide des enfants et des adolescents reste rare. « Néanmoins rapporté aux chiffres de la mortalité à ces âges-là, ces chiffres prennent de l’importance puisque le suicide représente alors 14% de la part de la mortalité chez les 15-24 ans et se place en 2ème position de la cause des décès dans cette tranche d’âge », a rapporté le Dr Charles-Edouard Notredame.

Avant la crise Covid, c’était 8 adolescents de 17 ans sur 100 qui disaient avoir eu des idées suicidaires tandis que 14 avaient fait une tentative de suicide hypothéquant leur pronostic vital. Des chiffres préoccupants « car des études ont montré qu’une tentative de suicide à l’adolescence péjorerait, indépendamment de toute pathologie psychiatrique, le risque vital et fonctionnel et augmenterait le risque de troubles psychiatriques ultérieurement, de même que celui d’avoir davantage de troubles somatiques, de souffrir d’isolement et d’avoir besoin d’aide sociale », a expliqué le psychiatre lillois. Cette hypothèque de l’avenir des jeunes après une tentative de suicide, justifie, pour l’orateur, « l’effort considérable à mener en termes de prévention. »

Le fort impact Covid

Et ce d’autant qu’il y a véritablement un avant et un après Covid quant à la santé mentale des jeunes. Depuis 2019, les chiffres ont littéralement explosé avec plus de 126% de passages aux urgences pour des idées suicidaires chez les 11-17 ans, et une augmentation de 30% des tentatives de suicide. « Et le début 2022 est très inquiétant avec des données qui sont déjà le double de 2021 », a précisé le psychiatre lillois.

Un constat inquiétant corroboré par le Dr Vincent Trebossen, qui a vu une nette augmentation des passages aux urgences de l’hôpital Robert Debré (Paris) à partir de septembre 2020, surtout chez les moins de 15 ans, par rapport aux années précédentes. « Il est indéniable que le Covid a eu un impact sur la santé mentale », a affirmé le psychiatre parisien. S’il y a une tendance à l’augmentation depuis 2010, on assite à une nette accélération ces derniers mois, a-t-il précisé.

C’est donc dans ce contexte tendu que la HAS a procédé à la mise à jour des recommandations en matière de prévention, de repérage, d’évaluation et de prise en charge des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent, parue en octobre 2021, alors que les dernières dataient de 1998. « L’idée a été de capitaliser sur les anciennes pour en faire de nouvelles », a expliqué le Dr Notredame, qui a copiloté ce travail.

Plusieurs changements de paradigme

Parmi les changements de paradigme retenus figure le fait de ne plus mettre de limites d’âge aux recommandations pour les adolescents et les jeunes suicidants, mais de les étendre à la tranche allant de 11 à 25 ans, compte-tenu que l’adolescence est « sous-tendue par un processus développemental biopsychosocial », explique le psychiatre lillois. Autre grand principe : les idées suicidaires de l’enfant ou de l’adolescent ne doivent plus être banalisées, il faut, autrement dit, « en finir avec l’idée communément admise que tout ado a des idées suicidaires ou que faire une tentative de suicide à l’adolescence, c’est normal » sachant qu’il existe un « continuum » allant des pensées suicidaires au suicide complété. « Il est largement étayé que les personnes qui adoptent des conduites suicidaires préparatoires sont exposées à un surrisque de tentatives de suicide futures, et que le fait d’avoir fait une tentative de suicide augmente à son tour le risque de mourir de suicide. De même, les idées suicidaires augmentent la probabilité d’une tentative de suicide ultérieure, voire d’un suicide complété », peut-on lire dans les recommandations.

En termes de prise en charge, il s’agit par exemple « de ne plus préconiser de façon systématique l’hospitalisation car de nombreux autres dispositifs sont nés depuis [les dernières recommandations], des dispositifs ambulatoires, des dispositifs originaux ou renforcés, des suivis étroits tels l’Asma à Marseille ou à VigilanS, le dispositif permettant de recontacter les jeunes après une tentative de suicide. On peut donc désormais s’appuyer sur des dispositifs post-hospitaliers et on a décidé aussi de mutualiser les différentes solutions qui peuvent être mises en œuvre après une tentative de suicide », a considéré le psychiatre.

Autre changement en termes de priorités et des enjeux de la prévention du suicide : passer sur le mode collectif. « S’il y avait à l’époque, une volonté de mobiliser le sanitaire, on veut aujourd’hui aller plus loin » et faire en sorte d’engager « la responsabilité collective, avec la nécessité d’une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la prévention, supposant une meilleure coordination de l’action de ses acteurs dans le respect du champ de responsabilité et de compétence de chacun », a-t-il précisé.

Changement de vocabulaire : « appeler un chat, un chat »

Un point sur lequel les auteurs de la recommandation se sont montrés « un peu pointilleux, voire exigeant » est celui du vocabulaire employé pour désigner les conduites et pensées relatives au suicide. « Premièrement, on a préconisé d’arrêter de parler de « suicide accompli ou réussi » ou de « tentative de suicide ratée » parce que nous avons voulu vider la terminologie autour des conduites suicidaires de toutes dimensions morales », explique le Dr Notredame, « en considérant que ce n’est jamais une réussite de se suicider, que ce n’est jamais un échec de faire une tentative de suicide ». « Deuxièmement, on a évité tout ce qui est « idées noires, tentative de suicide, parasuicide » pour appeler un chat, un chat. Si on veut faire de la prévention et de la recherche exigeantes, il faut pouvoir avoir des terminologies précises sans utiliser des éléments de pudeur ». Le champ du vocabulaire faisant référence au champ pénal est aussi à bannir. Ainsi on parlera non plus de « récidives suicidaires mais de ré-itération suicidaire », ne pas dire « commettre un suicide mais plus simplement, se suicider. » De même, essayer d’éviter les termes « menaces de suicide ou chantage au suicide » qui sont aussi très connotés moralement, a indiqué le Dr Notredame.

Une approche globale, développementale, éco-systémique et pro-active

Sinon, de façon plus générale, les auteurs de la recommandation HAS ont souhaité « ancrer quatre principes forts de la prévention du suicide, à savoir une approche globale, développementale, écosystémique et proactive », a rappelé le psychiatre lillois.

« L’approche globale, c’est une approche multi-niveau, ciblée, impliquée, sélective et universelle. Cela signifie qu’elle est multimodale, conjuguant différentes actions, multidisciplinaires, avec différents champs pouvant être convoqués, mais aussi multi-secteurs, englobant le sanitaire, le médico-social, le social, l’éducatif.... L’approche développementale signifie, elle, que l’on prend en compte les besoins et les modalités d’action spécifiques à l’enfant et à l’adolescent », a décrypté le psychiatre. Par approche éco-systémique, comprendre que la famille doit tenir une place importante dans la prise en charge de conduites suicidaires. « Dans l’approche proactive, exit le temps où l’on attendait que l’adolescent soit motivé ou soit en demande, pour le prendre en charge. L’idée, c’est d’aller au-devant des enfants et des adolescents, et d’assumer le fait qu’ils ont des difficultés (surtout les ados) à demander de l’aide (surtout quand ils ne vont pas bien) ».

Le but de toute cette démarche est de « structurer une chaine de prévention depuis la détection qui s’appuie sur le repérage et le dépistage, puis l’évaluation de l’urgence et de la vulnérabilité suicidaire, l’orientation vers les bonnes ressources et, enfin, la prise en charge en termes de protection, de soins et d’accompagnement », a précisé l’orateur. « Nous avons proposé que toute cette chaîne s’appuie sur la structuration de parcours territoriaux auprès des acteurs de primaire et de seconde ligne », a-t-il poursuivi, avant de promouvoir, pour clore son intervention la ligne de prévention du suicide 3114 (voir encadré ci-dessous) mise en place fin 2021.

De nouveaux outils

Si la période pandémique a été (et est encore) une période très difficile en termes d’impact psychologique sur les enfants et les adolescents, elle a aussi vu émergé de nouveaux outils à destination de la population, a fait remarquer la Pre Priscille Gerardin, responsable de la pédopsychiatrie au CHU de Rouen, qui co-animait la session. Le Dr Vincent Trebossen a ainsi souligné la création du site de ressources clepsy.fr qui regroupe de nombreuses fiches pratiques, conçues par les professionnels du Centre d’Excellence des Troubles Neurodéveloppementaux de l'Hôpital Robert Debré AP-HP (InovAND) sous la houlette du Dr Benjamin Landman, pour accompagner les familles dans leur quotidien. (Lire Des fiches pour aider les parents d’enfants en difficulté pendant le confinement). Le Dr Notredame a, quant à lui, fait la promotion du numéro national de prévention du suicide mis en place le 1er octobre dernier. Gratuit et confidentiel, le 3114 permet une prise en charge sanitaire des personnes ayant des idées suicidaires 7j/7 et 24h/24, sur tout le territoire national.

https://francais.medscape.com/voirarticle/3608079#vp_1

 

jeudi 20 mai 2021

Partenariat entre ASC sécurité et infosuicide : élaboration d’un protocole d’intervention de prévention du suicide pour les agent.e.s de sécurité

Partenariat entre ASC sécurité et infosuicide.Org : élaboration d’un protocole d’intervention de prévention du suicide pour les agent.e.s de sécurité

La question du suicide sur les lieux publics est difficile, c’est un évènement relativement rare et pour lequel il est difficile de s’y préparer. Par définition les lieux sont publics et chacun est principalement concentré sur sa tâche : visiter, traverser , y travailler etc. L’acte suicidaire casse donc de façon soudaine, brutale et inattendue le quotidien et l’ordre public du lieu.
Par ailleurs, ces évènements sont difficiles à quantifier. En effet la détermination du lieu du suicide, à partir des certificats de décès, sur lesquels les données des suicides en France s’élaborent, est partielle. Elle repose sur le certificat de décès qui indique le lieu du décès, et qui n’est pas forcément le lieu du suicide. Si une personne meurt à l’hôpital à la suite d’un suicide, le certificat de décès mentionnera l’hôpital comme lieu de décès, sans que l’on sache si l’acte a eu lieu à l’hôpital, au domicile ou dans un lieu public.

Les tentatives quant à elles ne sont quantifiées que par les données hospitalières, un réseau sentinelles de médecins généralistes ainsi que des sondages ou baromètre en population générale, et la question du lieu de la tentative n’est jamais abordée et/ou recensée. Il existe quelques études locales dans la littérature de psychiatrie internationale mais il est difficile d’en esquisser des généralités. Une étude anglaise suggère qu'environ un tiers de tous les suicides ont lieu à l'extérieur du domicile, dans un lieu public[i] [ii].

Des préventions spécifiques, reconnues efficaces, de limitations d’accès aux moyens sont envisagées sur certains sites, par exemple pour les suicides par sauts (filets de sécurité, pose de hautes parois vitrées etc.), néanmoins elles peuvent s’avérer difficiles par leur coût financier, la faisabilité architecturale ou même pour des raisons esthétiques.

Par ailleurs pour penser une problématique, faut-il encore reconnaitre le risque même quand celui-ci se produit, hors aucun site ne veut être associé à un suicide et encore moins à des suicides ou des tentatives de suicide.

Toutefois, il en est autrement dans la réalité de terrain et il arrive que des tentatives de suicide ou suicides se produisent sur ces lieux : monuments historiques, centre commercial, administrations, métro, building etc. Des lieux qui sont susceptibles d’avoir de la surveillance humaine (agent.e de prévention et de sécurité, gardien.ne, etc. ), avec pour aide un système de vidéosurveillance pouvant aider à détecter des comportements inquiétants.

Suite à des échanges et retours d’expériences de terrain avec des opérationnels, intervenant pour le compte de la société ASC sécurité sur la question, plusieurs constats ont été avancés :
des suicides et tentatives de suicide ont lieu dans les espaces publics ou établissement recevant du public et la première personne primo-intervenante qui est souvent sur place est un.e agent.e de sécurité, en adéquation avec ses missions premières à savoir la protection des personnes.

Dans les faits de nombreux agent.e.s de sécurité sauvent ou contribuent à sauver des vies du suicide. Néanmoins, ces intervenants à qui on ne pense pas forcement restent souvent invisibles. Bien qu’ils/elles y soient régulièrement confronté.e.s, on ne leur a pas donné d’outils spécifiques ni de reconnaissance. Les agent.e.s ont dans leurs formations une approche des soins en premiers secours mais quand est-il des soins en premiers secours de l’ordre de la souffrance psychique, d'autant si la question des suicides est occultée parce que personne ne veut ni n’admet qu’elle arrive ?
 
Ils/elles sont par ailleurs susceptibles de pouvoir repérer des comportements ou attitudes inquiétantes ou significatives avant un passage à l’acte grâce à l’analyse comportementale (ex : une personne qui passe des rambardes de sécurité d’un haut lieu, une personne qui semble abattue ou au contraire très agitée restant de longues heures dans un coin avec un objet tranchant etc.). Même si la majorité des procédures ou le bon sens consiste à appeler les pompiers ou la police, il n’empêche qu’il y a un temps où l’équipe de sécurité et de sureté peut être la seule sur place ou la première à pouvoir rentrer en contact avec la personne afin de tenter de temporiser et intervenir dans la limite de leur sécurité, en attendant les équipes de secours.

On envisage de former à l’évaluation et à l’intervention de crise suicidaire les pompiers, voir  les policiers, les psychologues, psychiatres mais qu’en est-il des autres professions qui sont présentes lors de la crise à sa plus haute intensité ?

Il nous a donc paru intéressant d’élaborer un protocole donnant des éléments d’interventions possibles mais aussi un cadre, des ressources adaptées, des éléments afin de pouvoir ouvrir une discussion avec les personnes en crise suicidaire, des limites d’intervention et surtout une visibilité de leur action.
Le cadre de leurs missions, leurs ressources déjà existantes et inhérentes à leur fonction ne sont pas anodines pour la prévention du suicide :  l’humain et son pouvoir relationnel tout d’abord mais aussi les vidéos surveillances, les rondes, une surveillance des lieux avec peu de passage ou donnant accès à des espaces dangereux, des procédures complémentaires déjà en place, une culture etc. Mais aussi un cadre d’intervention : veiller à la sécurité des biens et des personnes.

Ce protocole permet aussi de mettre des mots sur la difficulté de ce type d’interventions auxquelles ils.elles sont confronté.e.s et permet d’être informé.e.s sur l’existence des espaces vers lesquels ils.elles peuvent s’orienter. Par ailleurs l'impact d’un suicide public s'étend bien au-delà du cercle habituel des membres de la famille, des amis et des connaissances. Les spectateurs, y compris les agent.es de sécurité, peuvent souffrir de traumatismes durables en étant témoins d'un suicide dans un lieu public ou en découvrant un corps. Certaines méthodes de suicide impliquent également directement une autre personne, ce qui peut avoir des conséquences psychologiques importantes.

En dehors même de ces actes graves, les agent.e.s peuvent être aussi être les dépositaires d’un mal être voire de propos suicidaires d’habitué.e.s du site, de collègues, de proches etc. Il est donc important de proposer des ressources pour que ces agent.es puissent orienter si besoin et ainsi, participer à une prévention primaire du suicide. 

Liens :  https://ascsecurite.fr/ & http://www.infosuicide.org/


[ii] Owens C, Lloyd-Tomlins S, Emmens T, Aitken P. Suicides in public places: findings from one English county. European Journal of Public Health 2009; 19(6): 580-2.

lundi 17 mai 2021

Pratiques professionnelles Vendée : Formation à la crise suicidaire en simulation

Dans La Lettre de Mazurelle Lettre d’information et de communication du Centre Hospitalier Georges Mazurelle - EPSM de Vendé No18 - Avril 2021 - 3 : Formation à la crise suicidaire en simulation  P3*

"Depuis un peu plus d’un an, 6 infirmier(e)s de la Fédération des Urgences sont formateurs en simulation au sein du Centre d’Enseignement Vendéen de la Simulation Médicale (CEVeSim).I ls y proposent une formation sur la crise suicidaire à destination des personnels médicaux et paramédicaux, que ce soit en psychiatrie ou en soins généraux.Installé dans les locaux du CESU 85 (Centre d’Enseignement des Soins d’Urgences) au CHD Vendée depuis 2017, le CEVeSim a pu se développer avec le soutien financier quasi intégral :•de la Région Pays de la Loire,•du Conseil Départemental de la Vendée,•de l’Agence Régionale de Santé Pays de la Loire, qui, consciente du caractère incontournable de cette méthode pédagogique dans le développement des compétences, l’évaluation des pratiques et la gestion des risques, a engagé une dynamique de développement régional de la simulation.Il répond aux recommandations du ministère de la santé et de la Haute Autorité de Santé : « Jamais la première fois sur le patient ».Il s’inscrit dans une démarche de formation initiale et continue en permettant aux apprenants de participer, dans un contexte authentique simulé, à des situations de soins réalistes rares et/ou complexes.La pédagogie de la simulation en santé s’articule en trois temps : •un briefing sur la situation de simulation à venir,•une situation simulée d’un professionnel ou d’une équipe, à l’aide d’un matériel spécifique (type mannequin) ou des acteurs peuvent être utilisés pour la simulation. La situation simulée est filmée et retransmise en instantané au reste du groupe d’apprenants dans une pièce adjacente,•un débriefing collectif.En effet, en donnant la possibilité aux professionnels de s’exercer en milieu « protégé », la simulation en santé leur permet d’expérimenter une grande variété de situations, tout en ayant un « droit à l’erreur ». Ce type de formation pratique offre également la possibilité d’apprendre à travailler efficacement en situation critique et il permet de définir des axes de progression.La formation sur la crise suicidaire en simulation a reçu la labellisation de l’ARS en 2019. Elle s’effectue dans les locaux du CEVeSim.Elle a lieu sur deux jours, conformément aux recommandations de l’ARS concernant les formations sur ce sujet.Chaque groupe est constitué au maximum de 12 personnes.La formation s’organise dans une alternance de briefing, de situation simulée, de débriefing et d’apports théoriques. Le Dr Bescond vient apporter son expertise de psychiatre au cours de la seconde matinée.Les situations simulées se veulent variées. Chaque apprenant est invité à participer activement à au moins une d’entre elle.Depuis un an, cette formation a été dispen-sée à des professionnels du CHD Vendée multi sites, de l’EPSM de Vendée Georges Mazurelle, et récemment à un groupe d’étudiants infirmiers 3ème année, dans le cadre d’un module optionnel.Des sessions de formations sont d’ores et déjà prévues pour 2021. Si vous êtes intéressés, nous vous invitons à vous rapprocher de votre cadre de santé ou du service de formation de l’établissement.
Louis-Marie BITEAU et Eric WILLAIME IDE EN PSYCHIATRIE À LA FÉDÉRATION DES URGE
lire la suite https://www.ch-mazurelle.fr/wp-content/uploads/2021/04/LettreDeMazurelle-Avril.pdf

lundi 12 avril 2021

Consensus - Recommandations Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Consensus - Recommandations
Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Recommandations validées par le CA SFMU le 31/03/2021 


Extraits :

"L’identification du risque suicidaire lors de la prise en charge préhospitalière du patient (en régulation notamment) est essentielle. La formation des médecins du SAMU à l’évaluation du risque suicidaire s’intègre à la priorité ministérielle visant à réduire la mortalité par suicide en France. Il est donc nécessaire de former les personnels des SAMU à la détection de ces facteurs.Les tentatives d’autolyse avec passage à l’acte (intoxication, traumatisme...) nécessitent une première évaluation dans les SU de la sévérité et des conséquences induites 5 par le geste suicidaire, et la réalisation éventuelle d’examens complémentaires. L’expression d’idées suicidaires, autant que le passage à l’acte suicidaire, doit faire l’objet d’une évaluation psychiatrique une fois la prise en charge somatique finalisée (cf. section 2.3)."

...
2.3 Évaluation du risque suicidaire
Les SU prennent en charge de manière courante des patients suicidaire ou suicidant (après le passage à l’acte). L’apparition d’idées suicidaires et a fortiori le passage à l’acte est à comprendre comme l’acutisation d’un processus pathologique sous-jacent. Il existe donc une réelle opportunité de détecter le risque suicidaire dans nos structures, d’autant plus que proposer un suivi permet de diminuer la morbi-mortalité [18][19]. L’évaluation du risque suicidaire par l’urgentiste est possible en s’aidant de différents outils décrits dans la littérature sous forme de score de risque sans qu’aucun n’ait montré sa supériorité sur les autres. Une des échelles validées aux urgences est la Manchester Self-Harm rule qui se base sur quatre points : antécédents d’autolyse ?, antécédents de prise de traitement à visée psychiatrique ?, utilisation de benzodiazépines dans la tentative d’autolyse actuelle ?, traitement par psychotrope en cours ? Les patients qui ont un score nul sont beaucoup moins a risque de récidive [20] . Un des critères majeurs de l’évaluation initiale reste de demander dès l’accueil IOA, puis lors de l’entretien médical s’il existe encore une velléité suicidaire. Dans ce cas, le risque de récidive précoce y compris en intra hospitalier est non nul. L’évaluation de la stratégie de prise en charge d’orientation d’un patient suicidaire ou suicidant est complexe. De fait, l’évaluation psychiatrique doit être systématique [21]. La prise en charge du patient psychiatrique nécessite une surveillance et une sécurisation des lieux. En dehors des situations où il existe un risque vital somatique, les SU ne sont pas structurellement prévues pour cela et des unités de santé mentale au sein des services d’urgences devraient être le plus possible implémentées lorsque cela est possible. 8 La décision d’hospitalisation ou de non-hospitalisation doit être conjointe entre le médecin psychiatre et le médecin urgentiste. Le lieu d'hospitalisation en soins libres ne dépend pas forcément du secteur dont dépend le patient, contrairement aux hospitalisations sans consentement. La recherche d’une place d’hospitalisation en psychiatrie reste de la responsabilité du psychiatre, le transfert se faisant après accord entre ce dernier et le service d’aval. En cas de fugue, la déclaration administrative doit être systématique avec demande de recherche justifiée auprès des forces de l’ordre s’il existe un risque suicidaire, si le patient présente des idées délirantes ou s’il existe une hétéro dangerosité.

Télécharger le fichier joint

Source https://www.sfmu.org/fr/vie-professionnelle/outils-professionnels/consensus/prise-en-charge-du-patient-adulte-a-presentation-psychiatrique-dans-les-structures-d-urgences-/con_id/540

vendredi 6 novembre 2020

AUTOUR DE LA QUESTION Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage HAS

Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage

Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 06 nov. 2020

Contexte de la demande

La HAS a été saisie par la DGS et la DGOS sur plusieurs thèmes entrant dans le cadre du psychotraumatisme : 

  • L’évaluation, le diagnostic et la prise en charge du psychotraumatisme lié aux violences, chez l’enfant et chez l’adulte : élaboration d’outils pour les professionnels du psychotraumatisme ;
  • La prise en charge des femmes victimes de violences

Cette seconde demande s’intègre dans le 5ème plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019) présenté le 23 novembre 2016 par la ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes. Le plan intègre une action intitulée « Garantir la prise en charge psychologique des femmes victimes de violences » (action 24), dont la coordination est confiée à la DGOS.

La HAS a réalisé et publié en 2019 une recommandation de bonne pratique et des fiches pratiques sur le repérage des femmes victimes de violences.

L’élaboration de la recommandation dont il est question dans cette note de cadrage permettra de compléter la recommandation sur le repérage des femmes victimes de violences en abordant la prise en charge. Par ailleurs, une recommandation spécifique pour les professionnels de santé de premier recours sur la prise en charge des mutilations sexuelles féminines a été publiée par la HAS en février 2020.

Objectif

Élaborer des recommandations de bonnes pratiques cliniques et des outils pour les professionnels, pour le repérage, le diagnostic et la prise en charge du psychotraumatisme chez le bébé, l’enfant et l’adulte (dont la personne âgée en Ehpad), prenant en compte les dimensions psychologique, psychiatrique, somatique, juridique et sociale du psychotraumatisme.

Cibles de ce projet

Patients, usagers

Toute personne, bébé, enfant, adolescent, adulte (dont personne âgée en Ehpad), ayant subi, pour l’avoir vécu personnellement ou en avoir été témoin, un événement porteur d’une menace d’atteinte à la vie et/ou à l’intégrité physique et ce, de façon unique ou répétée. Cela inclut également l’annonce d’un tel événement ayant touché un proche.

Ce type d’événement recouvre les cas suivants :

  • Violences volontaires physiques et sexuelles : maltraitance, abus, violences et exploitation sexuelles ;
  • Accidents graves : accidents de la route, de transport, au travail, au domicile ;
  • Morts violentes par suicide, homicide ou accident ;
  • Catastrophes naturelles, technologiques, accidentelles ;
  • Attaques de masse, attentats ;
  • Violences politiques et les guerres, les déplacements forcés ;
  • Expositions traumatiques dans le cadre de l’exercice professionnel (soldats, policiers, pompiers, soignants, aidants, reporters de guerre, milieu carcéral, etc.) ;
  • Situations de harcèlement institutionnelles, scolaires, professionnelles.

Professionnels

  • Médecins : Médecins généralistes, Urgentistes, Pédiatres, Psychiatres (de l’adulte / de l’enfant et de l’adolescent), Médecins légistes, Gériatres, Gynécologues, Médecins du travail, Médecins et infirmiers scolaires, Médecins militaires et de la police nationale
  • Psychologues, psychomotriciens, psychothérapeutes
  • Professionnels du social et médico-social
  • Professionnels de l’éducation nationale
  • Paramédicaux : Infirmiers, Aides-soignants, Ambulanciers, Secouristes
  • Professionnels du système répressif et judicaire : Avocats, Magistrats, Juristes
  • Gendarmes, Policiers, en particuliers officiers de police judiciaire formés au recueil de la parole de l’enfant

Services et structures cibles principales

  • Professionnels libéraux
  • Service de médecine légale
  • Services de pédiatrie
  • Services de psychiatrie de l’adulte et de l’enfant/adolescent, unités parents-bébés
  • Services médico-psychologiques régionaux pénitentiaires (SMPR)
  • Services spécialisés dans l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences
  • Services d’addictologie
  • Services d’urgence
  • Unités d'Accueil Pédiatriques Enfants en Danger (UAPED)
  • Protection de l’enfance (incluant la Protection maternelle et infantile [PMI], l’Aide Sociale à l’Enfance [ASE] et la protection judiciaire de la jeunesse [PJJ])
  • Médecine scolaire
  • Services de santé au travail
  • Établissements, services et dispositifs spécialisés dans l’accueil et l’accompagnement des personnes sans-abri
  • Établissements sociaux et médico-sociaux
  • Cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP)
  • Unités Médico-Judiciaires (UMJ)
  • Services de santé des armées (dont gendarmerie) : centre médicaux et hôpitaux d’instruction des armées, services d’intervention médico-psychologiques des armées, services psychiatriques des hôpitaux d’instruction des armées ; et de la police nationale 
  • Secouristes
  • Permanences d’accès aux soins de santé (PASS)
  • Associations de victimes
  • Associations d’usagers

Modalités de réalisation

Ces recommandations seront réalisées en lien avec le centre national de ressources et de résilience (CN2R).

Dans la mesure où les modalités et les acteurs du repérage et de la prise en charge diffèrent entre les adultes et les bébés/enfants/adolescents, tant au niveau sanitaire que juridique, il est proposé de mettre en place deux groupes de travail distincts pour les adultes d’une part, et pour les bébés/enfants/adolescents d’autre part.

Documents

Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage 

 

source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3215922/fr/evaluation-et-prise-en-charge-des-syndromes-psychotraumatiques-enfants-et-adultes-note-de-cadrage

vendredi 22 novembre 2019

Rapport public de la Délégation interministérielle à l'aide aux victimes Comment améliorer l'annonce des décès ?

Rapport public   Comment améliorer l'annonce des décès ?
Date de remise : 25 octobre 2019
Auteur(s) : Élisabeth Pelsez
Auteur(s) moral(aux) : Délégation interministérielle à l'aide aux victimes
Type de document : Rapport d'étude
Pagination : 52 pages
Édité par : Ministère de la justice

Depuis sa création en août 2017, la délégation interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV) s’est efforcée d’améliorer les dispositifs de prise en charge des victimes, en prenant en compte les retours d’expérience issus du très grand nombre d’événements dramatiques, pour lesquels elle s’est mobilisée ; qu’il s’agisse d’attentats, de catastrophes naturelles, d’accidents collectifs ou d’autres infractions commises au quotidien, il est rapidement apparu que les proches des victimes auxquels un décès est annoncé, témoignaient de manière régulière de l’importance de ce moment crucial et de la nécessité d’y accorder une attention extrême, tant les conséquences qui en découlent peuvent marquer toute l’existence. Dans son rapport, la délégation interministérielle à l’aide aux victimes énumère 18 propositions visant à mieux former les personnels et à définir des « règles » à respecter en matière d’information des décès et des mesures à prendre après le drame. Le rapport préconise que l’intervenant professionnel (enquêteurs, médecins…) dispose d’un certain nombre de référentiels qui le soutiendrait dans la démarche délicate de l’annonce, combinant le respect des proches, l’accompagnement de leur désarroi et l’efficacité de sa fonction.

Chapitre "Une préparation mentale renforcée pour annoncer un suicide"

Acces rapport https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/271505.pdf

source https://www.vie-publique.fr/rapport/271505-comment-ameliorer-lannonce-des-deces-delegation-laide-aux-victimes

USA Pratiques exemplaires en matière de transition des soins pour les personnes à risque de suicide

Pratiques exemplaires en matière de transition des soins pour les personnes à risque de suicide
22 novembre 2019 sur www.sprc.org*

Le groupe consultatif sur les transitions des soins Care Transitions Advisory de The National Action Alliance for Suicide Prevention (Action Alliance) a publié un document intitulé Best Practices in Care Transitions for Best Practices in Care Transitions for Individuals with Suicide Risk: Inpatient Care to Outpatient Care. Le rapport présente des pratiques réalisables et fondées sur des données probantes pour aider les systèmes de soins de santé et les fournisseurs de soins de santé à améliorer la participation et la sécurité des patients pendant la transition des soins aux patients hospitalisés aux soins externes. Il s'appuie sur le document Recommended Standard Care for People with Suicide Risk et The Way Forward: Pathways to Hope, Recovery, and Wellness with Insights from Lived Experience.


source info http://www.sprc.org/news/best-practices-care-transitions-individuals-suicide-risk

vendredi 29 mars 2019

EMA, la radio qui libère les ados

EMA, la radio qui libère les ados
La Croix, no. 41368
Initiatives et solidarité, vendredi 29 mars 2019 1038 mots, p. 21,23

Créée en 2012 à Marseille, cette antenne donne la parole à des jeunes en souffrance, hospitalisés pour de longs ou courts séjours.
BONNEFOY Coralie  correspondante régionale Marseille

«J 'aime bien qu'on me remarque. Mais au collège, je ne veux pas qu'on sache que je suis à l'hôpital. » D'une voix fluette et enfantine, Matteo (1), 11 ans, souffle quelques phrases dans le micro. Comme la dizaine d'enfants - entre 11 et 16 ans ce jour-là - réunis dans le studio de radio, il est hospitalisé au sein de l'Espace méditerranéen de l'adolescence (EMA). Depuis 2012, à Marseille, les locaux de l'hôpital Salvator, magnifique bastide du XIXe siècle aux murs ocre rehaussés de mosaïques colorées, accueillent là des adolescents en souffrance psychique.

Cet établissement les reçoit à la journée ou pour plusieurs mois. « La spécificité du lieu, c'est qu'il mêle les activités classiques de soins à celles de la culture » , expose le professeur David Da Fonseca, chef du pôle de psychiatrie, pédopsychiatrie et addictologie de l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM), aux manettes de l'établissement. Outre des ateliers d'arts plastiques ou de musique, il offre à ses résidents la possibilité d'animer une radio. « Il existe d'autres radios hospitalières en milieu psychiatrique en France, mais aucune ne propose ce dispositif, entièrement équipé de matériel professionnel neuf et sous la forme d'une webradio professionnelle » , détaille Mikhaele Elfassy, la responsable de Radio EMA.

En poussant la porte de ce qui fut un espace voué à la réanimation, Mikhaele dévoile son lieu de travail. Trois pièces en enfilade: un bureau, une régie et, derrière de larges baies vitrées, un studio, avec micros et casques. Matteo, Robin, Ève, Lou, Maxence, Ninon... arrivent accompagnés d'un infirmier. Ils sont hospitalisés pour plusieurs semaines au sein de l'EMA pour différentes pathologies: anorexie mentale, troubles anxieux sévères, troubles dépressifs, crises suicidaires et troubles du comportement. Mikhaele, qui accompagne une soixantaine d'ados en trois groupes hebdomadaires, ignore de quoi ils souffrent: « Cela me permet de tout aborder sans complexe, avec authenticité. Certains ont été harcelés, maltraités. S'ils veulent en parler ils en parlent. »

Autour de la table, les remarques fusent. Ce mardi-là, le thème retenu est « le prénom » . Chacun raconte sa relation, si intime, au sien. Trop compliqué à écrire, trop original ou à l'inverse trop normal, à la mode « au temps des parents » : certains l'aiment, d'autres non. « On se façonne avec nos prénoms, glisse Lou. Il y en a de plus doux, de plus écorchés, de plus vifs. » À l'inverse, pour Robin, « le prénom n'est qu'une appellation. À nous de voir si on veut lui donner un sens. C'est nous qui lui donnons sa consistance. »

Les ados, au micro, devisent avec une aisance surprenante. Et leur expression est bien différente de celle recueillie lors des groupes de parole sur la maladie. « La radio offre un accès indirect à toutes les problématiques liées à des besoins non assouvis: le besoin de reconnaissance, d'appartenance au groupe - cruciale dans la réalité des adolescents -, la valorisation des compétences et le développement de l'estime de soi... » , décrypte le professeur Da Fonseca.

Derrière la baie vitrée qui la sépare des intervenants du jour, Mikhaele amène finement le débat sur la singularité de chacun. « Le but de cet atelier est d'accompagner l'ado vers un mieux-être. Ici, c'est un lieu de liberté. Et moi, je ne suis ni un parent, ni un soignant, ni un enseignant », poursuit l'animatrice, un oeil sur les boutons de la régie, un autre sur le groupe. Une jeune fille, qui souffre d'anorexie, embraye sur « les surnoms que donnent les parents ». Dans un demi-sourire, elle lève les yeux au ciel: « C'est mignon, mais ça nous renvoie toujours à l'enfance, alors que, nous, on cherche à s'émanciper. »

Le débat vire sur la paternité. Robin ne veut « pas forcément avoir d'enfant. » Ils sont nombreux à partager son sentiment.

Comme dans une vraie émission de radio, les discussions sont ponctuées de morceaux de musique choisis par les jeunes résidents: la voix grave de la chanteuse britannique Adele succède au hip-hop très sombre de l'Américain Lil Peep, décédé précocement à 21 ans. « Chacun assume ses choix. On n'est jamais jugé » , se satisfait Maxence. Le studio est un outil que les ados se sont manifestement approprié. À l'occasion, ils partent en reportage, reçoivent des invités, organisent des « talk-shows », imaginent des chroniques.

Autour des micros, la conversation a une nouvelle fois dévié. Elle peut, au gré des semaines, s'attacher aux réseaux sociaux, aux interactions sociales, à la famille, aux relations amoureuses. Cléo confie son besoin d'écriture: « Cela aide à expulser ses émotions. Après ça ne tourne plus en boucle dans ma tête. Je brûle ce que j'ai écrit et puis ça s'en va. » À ses côtés, sa voisine, les yeux dans le lointain, joue inconsciemment avec le sparadrap qui maintient sa sonde alimentaire sur sa joue. Elle fait partie de ceux qui s'expriment le moins. « Mais elle a parlé, et c'est déjà énorme, souligne Mikhaele. Quand elle est arrivée, il y a quelques semaines, elle était mutique. »

Au fil de la discussion, les rires jaillissent parfois. Comme chaque séance, l'émission de ce mardi est suivie par un soignant. « Ils sont parfois surpris de voir des ados extrêmement silencieux ou alors turbulents, devenir très à l'aise ou respectueux au micro », enchaîne l'animatrice. Dans le studio, les gamins abondent. « Ici, on communique plus qu'ailleurs. On s'exprime librement aussi, car il y a une forme d'anonymat », analyse le volubile Robin . « Souvent on ne parle pas, par peur du jugement » , enchaîne Matteo, dont la maturité manifeste se révèle malgré ses 11 ans.

La capacité des patients à se libérer lors des ateliers n'a pas échappé au personnel de l'hôpital. « Un rendez-vous en tête-à-tête avec un ado n'est pas toujours facile. La radio ouvre une autre approche, un autre chemin pour accéder à leurs croyances, leurs pensées, leurs émotions et leurs ressentis » , note le profeseur Da Fonseca. Chaque semaine, Mikhaele réalise un compte rendu de ses émissions, mine d'informations complémentaires déterminantes pour les soignants. Calée dans son fauteuil, Lou lâche dans un sourire: « Les psys devraient venir quand on est à la radio, ils en apprendraient plus sur nous. Ici, on découvre des facettes de notre âme. »

Les clés du sujet

EMA. Faciliter le retour au monde extérieur

Pourquoi ?

En 2012, le pédiatre Marcel Rufo créé l'Espace méditerranéen de l'adolescent (EMA) au sein de l'hôpital Salvator, à Marseille. Le site accueille dix jeunes en « temps plein », pour quelques semaines ou quelques mois. Ils souffrent de troubles des conduites alimentaires, de troubles du comportement ou d'un autisme de haut niveau. L'EMA reçoit également, à l'année, environ 140 jeunes patients en « hôpital de jour » (l'adolescent rentre chez lui le soir). Des enfants déscolarisés en raison de troubles sévères: anxiété sociale, phobies, stress post-traumatique...

Comment ?

La radio n'est que l'un des ateliers proposés aux ados hospitalisés. « L'idée, à la création de l'EMA, était d'imaginer un hôpital qui ne ressemble pas à un hôpital, avec de nombreux espaces culturels, un parc, etc. » , résume David Da Fonseca qui a succédé à Marcel Rufo à la tête de l'établissement. Les anciens blocs opératoires sont devenus salles d'arts plastiques, danse, sport, répétition de musique, salles de classe, à la décoration pimpante. « Tout est pensé pour avoir l'air fun, mais avec une portée thérapeutique. Ici, la culture est comme un médicament », décrit Mikhaele Elfassy, la responsable de Radio EMA.

Et vous ?

Comme les autres activités culturelles, la pratique de la radio vise à faciliter le retour des adolescents dans le monde extérieur. « C'est un espace transitionnel entre l'hôpital et la vraie vie », explique le profeseur Da Fonseca. Après chaque séance d'une heure trente, Mikhaele monte les échanges en une émission de 45 minutes que chacun peut écouter sur radio-ema.com . « Il ne faut pas enfermer la diffusion dans l'hôpital », conclut-elle.

https://www.la-croix.com/France/Initiatives-et-solidarite/EMA-radio-libere-ados-2019-03-29-1201012119

lundi 25 mars 2019

NOTICE ARTICLE L’infirmière confrontée au risque suicidaire en institution

L’infirmière confrontée au risque suicidaire en institution
Françoise Bourgeois : cadre supérieure de santé, responsable du service de la formation continue
Groupe hospitalier Paul-Guiraud, 54 avenue de la République, BP 20065, 94806 Villejuif cedex, France
La revue de l'infirmière Vol 68 - N° 247 P. 51-52 - janvier 2019 
Mis en ligne - 23/03/19
Résumé
Durant leur parcours professionnel, les soignants peuvent être confrontés au risque suicidaire d’un patient. Très choquantes, ces situations peuvent confronter les équipes à un fort sentiment d’échec. La formation est importante pour prévenir et repérer le risque suicidaire. L’accompagnement des équipes y ayant été confrontées est indispensable pour les aider à dépasser l’événement traumatisant.


Plan
Un événement traumatisant
Accompagner les professionnels
Mieux prévenir le suicide en institution
Déclaration de liens d’intérêts

Source https://www.em-consulte.com/article/1283468

vendredi 28 décembre 2018

OUTILS ETABLISSEMENTS Plateforme Régionale d'Appui à la Gestion des Évènements indésirables. Retour d’expérience : Le suicide en structure de soins

Retour d'expérience : le suicide en structure de soins

Plateforme Régionale d'Appui à la Gestion des Évènements indésirables. Retour d’expérience : Le suicide en structure de soins
Publication par la PRAGE d'une nouvelle fiche thématique sur le suicide en structure de soins,
réalisée en collaboration avec les professionnels des structures de santé mentale.

Pour voir les autres publications de la PRAGE : http://www.ccecqa.asso.fr/outil/gestion-des-risques/prage-retours-dexperiences


Info signalée  jeu 11/10/2018 sur  https://www.rreva-na.fr/actualite/retour-dexperience-le-suicide-en-structure-de-soins

 Info +
 Autres outils du CCECQA https://blogdinfosuicide.blogspot.com/2014/12/prevention-du-suicide-des-usagers-en.html 

jeudi 27 décembre 2018

NOTICE ARTICLE Prendre en charge et prévenir le risque suicidaire du patient détenu


Prendre en charge et prévenir le risque suicidaire du patient détenu
- 25/12/18
Aymeric Lapp a,  : Cadre de santé, Annabelle Mille a : Infirmière, Jean-Pierre Bouchard b : Psychologue, directeur
a UHSA, Centre psychothérapique de Nancy, 1, rue du Docteur-Archambault, 54520 Laxou, France 
b Institut psycho-judiciaire, Unité pour malades difficiles, centre hospitalier de Cadillac, 10, avenue Joseph-Caussil, 33410 Cadillac, France 
La revue de l'infirmière Vol 67 - N° 246 P. 28-29 - décembre 2018
Implantées à partir de 2010, les unités hospitalières spécialement aménagées ont pour vocation de répondre aux besoins en santé mentale des personnes détenues. Elles peuvent recevoir, en hospitalisation complète, des soins psychiatriques appropriés à leurs besoins. Une équipe nancéenne témoigne de sa pratique avec un focus sur la prévention vis-à-vis du risque suicidaire.


Plan

jeudi 11 octobre 2018

CANADA ETUDE RECHERCHE Gestion d’incident et soutien aux employés : L’importance d’appliquer les protocoles d’intervention après un incident grave

Gestion d’incident et soutien aux employés : L’importance d’appliquer les protocoles d’intervention après un incident grave

Recherche à L'IRSST
source http://www.preventionautravail.com* 3 oct 2018


Des chercheurs ont évalué les protocoles d’intervention à la suite d’incidents graves dans l’industrie ferroviaire afin d’en déterminer les éléments qui ont des effets positifs majeurs sur la récupération des employés en état de stress important, dont certains vivent des troubles plus sérieux.

Cécile Bardon est chercheuse au Centre de recherche et intervention sur le suicide et l’euthanasie éthique et pratique de fin de vie (CRISE), associé au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). En 2008, pour Transports Canada, elle étudie les comportements suicidaires du personnel des réseaux ferroviaires du pays. « Nous nous sommes aperçus qu’au-delà des comportements des personnes suicidaires, il y avait les ingénieurs de locomotive, complètement pris par la situation bien malgré eux, et qui en souffrent énormément. Cela nous avait pris un peu par surprise parce que, naïvement, nous arrivions là pour parler de suicide et, dans les faits, une grosse partie de notre travail a été de comprendre et de nommer l’immense détresse dans laquelle peuvent se retrouver les employés qui font face à ce type d’événement. »
État des lieux

Chaque année, une centaine de personnes décèdent d’un accident ferroviaire au Canada, dont une vingtaine au Québec. « Ces chiffres datent de 2007 et ils sont en augmentation. Chaque décès constitue en fait le sommet de l’iceberg, parce qu’en réalité, beaucoup d’accidents n’entraînent pas de décès, mais des blessés, ou alors les personnes décèdent bien après l’incident. C’est aussi sans compter les accidents avec de l’équipement ou des animaux sur les voies. »

La plupart des ingénieurs de locomotive et chefs de train vivent ce type d’incident grave au moins une fois dans leur carrière. Ils en sont à la fois témoins, victimes, parties prenantes et souvent premiers répondants. La grande majorité d’entre eux retrouvent rapidement un fonctionnement personnel et professionnel satisfaisant et en gardent très peu de séquelles. De 4 à 17 % de ces employés souffriront toutefois de troubles plus conséquents, incluant la dépression, l’état de stress aigu, l’état de stress post-traumatique (ESPT) ou des troubles anxieux. Les besoins sont moins connus et les ressources plus rares, pour ceux qui ne développent pas d’ESPT et subissent des effets négatifs importants, mais non diagnostiqués.
Une collaboration fructueuse

La Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (TCRC), le syndicat des employés du rail et l’équipe de gestion de VIA Rail travaillaient déjà ensemble à la mise en place de meilleures pratiques de gestion d’incidents et de soutien aux employés, ayant pris conscience du problème au fil des ans. « Mais ce n’est pas leur métier de faire de la gestion du trauma et de la détresse ; ils étaient un peu démunis. Les résultats de la recherche menée avec Transports Canada et nos recommandations pour la gestion d’incidents sortaient juste à ce moment-là. Alors nous nous sommes assis ensemble pour discuter, et ils ont fini par produire un protocole de gestion des incidents basé en grande partie sur les recommandations de l’étude. Je leur ai proposé d’étudier la mise en oeuvre de ce protocole pour démontrer les ingrédients actifs de ces pratiques, pour en arriver, avec les partenaires essentiels de l’industrie, à établir des standards de bonne pratique, applicables ensuite à d’autres acteurs du secteur ferroviaire. L’implantation des protocoles, faite en 2011, a été mise à jour en fonction de ce que nous avons découvert et de ce qui fonctionne le mieux, ou pas. Le processus demeure très vivant et évolutif. VIA Rail fait preuve d’une très belle attitude dans ce programme. »

Un projet de recherche a donc été soumis à l’IRSST. Il a permis d’évaluer l’implantation et l’efficacité des protocoles de gestion d’incidents et de soutien dans l’industrie ferroviaire canadienne. Par l’intermédiaire des Teamsters, les chercheurs ont obtenu la participation d’ingénieurs de locomotive et de chefs de train venant de toutes les compagnies ferroviaires de classe I au Canada. Seule VIA Rail participait à la recherche en tant qu’entreprise. Ainsi, 74 ingénieurs et chefs de train ayant éprouvé un incident grave ont été interrogés sur ce qu’ils avaient vécu et ressenti durant la semaine suivante et sur leur parcours de récupération après un mois, trois mois et six mois. Neuf superviseurs ont aussi contribué à la recherche à deux reprises sur trois mois.
Un constat rassurant

La majorité des employés ont récupéré de l’incident grave au cours de la période de six mois couverte par l’étude. « Mais la vitesse de récupération varie d’une personne à l’autre, précise Cécile Bardon, et la gestion du retour au travail revêt une importance déterminante. » Une des conclusions les plus significatives de la recherche pour les employés, les employeurs et les organismes qui traitent des suites des accidents du travail est que la manière de gérer les incidents graves, et le contexte dans lequel ils se produisent, ont une influence majeure sur la récupération et le bien-être des employés. « Cette étude a confirmé que la prévention est importante et que lorsqu’on en fait, c’est efficace. Bien sûr, il y aura toujours des situations particulièrement dramatiques où, peu importe la prévention, celle-ci ne suffira pas. Je pense à un cas où un train a percuté un VUS avec des parents et leur enfant de deux ans à bord. C’est très difficile de protéger les ingénieurs et les conducteurs des effets d’un tel incident. Mais il y a plusieurs choses qu’on peut faire pour prendre la balle au bond le plus tôt possible et offrir l’aide tout de suite. »
Combattre le sentiment d’impuissance

Le sentiment d’impuissance face à l’accident était fréquent (75,7 %) chez les travailleurs interrogés et il représente un facteur de risque important dans l’apparition d’effets post-traumatiques. Il est important de le définir sur place et de donner à l’employé des moyens pour retrouver sa maîtrise de soi et de la situation qu’il vit. Il y a quand même une bonne nouvelle, selon Cécile Bardon. « L’étude confirme qu’on peut faire beaucoup de chemin en investissant peu d’énergie, mais au bon endroit. Cela demande d’adopter une approche empathique, de se doter d’un protocole et de le mettre en oeuvre. Ça demande aussi d’être une entreprise qui se soucie de ses gens, de les écouter, de les valider dans ce qu’ils ressentent et dans ce qu’ils vivent, et de leur offrir de l’aide au fur et à mesure qu’ils en ont besoin. Et ces choses-là ne coûtent pas cher. Demander comment ça va et écouter la réponse. Raccompagner la personne à la maison, avoir un psychologue pour parler quand ça ne va pas, ou sur place pour faire un breffage dès qu’on peut, avoir du soutien quand on rentre à la maison, rappeler le lendemain pour demander comment ça va. Et ne pas demander à la personne quand elle revient. Accorder un congé, faire un suivi. Des petites choses, mais qui sont très efficaces. Alors, c’est encourageant. »

Recommandations et bonnes pratiques

L’étude a permis une avancée significative des connaissances dans le domaine, tout comme dans leur application en pratiques concrètes et faciles à transposer dans l’industrie. Le rapport présente un sommaire des bonnes pratiques de gestion d’incidents potentiellement traumatisants, ainsi que des recommandations pour l’élaboration et la mise en oeuvre de protocoles de gestion des incidents critiques et de soutien (PGICS). Les Teamsters discutent actuellement avec d’autres employeurs du secteur du rail pour implanter ce genre de protocole et l’idée fait son chemin, puisqu’une telle solution améliore la SST tout en permettant des économies. VIA Rail porte, elle aussi, le flambeau auprès des acteurs de l’industrie ferroviaire canadienne. « De plus, ce qu’on a appris sur le trauma professionnel avec le train, on pourra l’appliquer aux gens du métro, du camionnage, en fait dans n’importe quel milieu industriel où des travailleurs dont ce n’est pas le métier peuvent avoir à gérer une urgence, des blessures ou la mort », souligne Cécile Bardon.
Une formation essentielle

Pour quiconque se retrouve dans une situation traumatisante, l’impression de ne plus avoir de prise sur ce qui lui arrive, comme les sentiments d’impuissance et de colère ou de détresse, sont susceptibles de générer des troubles psychologiques. Mais lorsque la personne a préalablement reçu une formation adéquate, elle s’attend à ce qui peut arriver, elle sait déjà ce qu’elle pourrait ressentir, et ce que les autres feront autour d’elle. Tout cela contribue à ramener un certain sentiment de maîtrise et de réalité dans ce qu’elle vit. La formation s’avère donc cruciale pour les superviseurs et les gestionnaires qui ont à intervenir, mais aussi pour les travailleurs des locomotives. Cécile Bardon poursuit en ce moment ce travail essentiel avec VIA Rail. « Au-delà du projet avec l’IRSST, nous finalisons actuellement leur programme de formation sur la compréhension et la gestion des incidents traumatiques. Ce programme reprend, finalement, toutes les bonnes choses que nous avons apprises avec l’étude et depuis le début de notre collaboration. »
Au-delà de la formation, l’éducation

Il reste toutefois un élément important pour que les protocoles fonctionnent. « Il faut éduquer, insiste la chercheuse. Expliquer aux gars – je dis les gars parce qu’il s’agit encore essentiellement d’hommes – que c’est correct de se sentir affecté. Ça ne veut pas dire qu’on est faible si on est affecté après avoir vu mourir ou souffrir quelqu’un. C’est encore plus correct de le dire et de demander de l’aide. Chacun subit des effets à un degré différent ; il faut juste comprendre et reconnaître comment les choses nous rentrent dedans et ne jamais, jamais, hésiter à demander de l’aide quand on en sent le besoin. C’est un message qu’on ne répète jamais assez, surtout dans des milieux très masculins. »
Pour en savoir plus

BARDON, Cécile, Brian L. MISHARA, Angelo SOARES. Évaluation de différents protocoles de gestion d’incident et de soutien aux employés après un incident grave, R-996, 133 pages.

http://www.preventionautravail.com/recherche/594-gestion-d-incident-et-soutien-aux-employes-l-importance-d-appliquer-les-protocoles-d-intervention-apres-un-incident-grave.html

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Évaluation de différents protocoles de gestion d’incident et de soutien aux employés après un incident grave

Résumé

L’industrie ferroviaire canadienne fait régulièrement face à des incidents critiques (IC) associés à des collisions avec des personnes ou des véhicules. Ces incidents peuvent occasionner des blessures graves, ou des décès, parmi les victimes, mais aussi des problèmes de santé mentale chez les ingénieurs et conducteurs opérant les locomotives. Chaque année, environ 20 personnes décèdent lors de collisions avec un train au Québec et une centaine au Canada. À ces incidents mortels s’ajoute un nombre inconnu d’incidents lors desquels des personnes ont été blessées ou des dégâts matériels ont été constatés. La plupart des ingénieurs et conducteurs de train seront exposés au moins une fois dans leur carrière à ce type d’évènement. Ils sont à la fois témoins, victimes, parties prenantes et souvent premiers répondants lorsqu’un tel incident critique se produit.
Une proportion importante des ingénieurs et conducteurs de locomotive retrouvent rapidement un niveau de fonctionnement personnel et professionnel satisfaisant et garde très peu de séquelles aux plans psychologique, social et fonctionnel. Le temps de récupération après un IC peut toutefois être long et les employés requièrent un soutien pendant cette période. De plus, entre 4 % et 17 % de ces employés vivront des troubles plus sévères, incluant la dépression, l’état de stress aigu, l’état de stress post-traumatique ou des troubles anxieux.
Il existe plusieurs approches cliniques efficaces pour réduire les symptômes post-traumatiques et une part importante de la recherche s’est concentrée sur ces traitements. Par contre, les besoins sont moins connus et les ressources sont plus rares pour ceux qui ne développent pas de stress post-traumatique et vivent des effets négatifs importants non diagnostiqués.
Quelques études se sont intéressées aux protocoles de gestion d’IC et de soutien (PGICS) offerts par les employeurs et leurs recommandations visaient souvent à mettre de l’avant des pratiques visant à réduire l’impact potentiel des IC sur les employés et à accélérer le retour au travail. Par contre, ces protocoles, même s’ils sont fondés sur des études des conséquences des IC et des besoins des employés, n’ont pas encore fait l’objet d’évaluations empiriques. De telles évaluations sont nécessaires pour déterminer les éléments importants qui génèrent des effets positifs sur la récupération des employés et pour promouvoir les recommandations fondées sur des connaissances scientifiques.
Ce projet vise à évaluer les PGICS déjà en place au Canada dans l’industrie ferroviaire et leurs effets sur les trajectoires de récupération des employés victimes d’un incident critique et de proposer les pratiques clés pour en réduire les effets négatifs.
Soixante-quatorze ingénieurs et conducteurs ayant vécu un IC ont été recrutés pour participer à l’étude. Ils ont été interviewés à quatre reprises sur une période de six mois tandis que neuf superviseurs répondant aux mêmes critères d’inclusion ont été interviewés deux fois sur une période de trois mois. Une méthode mixte a été employée pour analyser le corpus de données, combinant des analyses statistiques et qualitatives afin de bien comprendre les liens entre les incidents critiques, les PGICS et la récupération post-IC. Les perceptions et besoins des superviseurs qui se retrouvent en première ligne de l’application des protocoles et de l’offre de soutien sont également présentés.
Les résultats indiquent que les PGICS existants sont partiellement implantés ou le sont de façon inégale selon les employeurs, les provinces et les types d’IC. Entre autres, dans les IC sans décès,  les protocoles de gestion et de soutien ne sont pas complètement appliqués, même si la santé des employés est affectée.
Les IC ont des effets très variés sur les employés. L’équipe de recherche a pu établir cinq trajectoires de récupération : pas d’effets négatifs, effets négatifs qui disparaissent dans le mois suivant l’IC, effets négatifs qui diminuent régulièrement et disparaissent dans les trois mois suivant l’IC, effets négatifs qui atteignent un plateau entre un et trois mois avant de disparaître, effets négatifs qui perdurent après six mois.
Dans l’ensemble, les deux tiers des employés voient les effets négatifs de l’IC se dissiper plus ou moins rapidement dans le mois suivant l’IC, 20 % des travailleurs ressentent toujours des effets significatifs après trois mois (trajectoire de plateau et d’effets perdurant après 6 mois) alors que cette proportion atteint 13 % après six mois. Ces effets sont non négligeables et affectent la cognition (concentration, rumination, distraction), l’énergie (fatigue, difficultés de sommeil) et les émotions (culpabilité, deuil) des employés. Ils peuvent également interférer avec leur capacité de faire leur travail de façon optimale.
Les différences dans l’application des PGICS permettent d’évaluer le rôle de ces actions dans le processus de récupération post-IC. Les résultats de cette étude montrent que les protocoles de gestion peuvent avoir un effet sur le processus de récupération. Les éléments suivants ont des effets qui favorisent une accélération du processus de récupération : la présence d’un superviseur sur les lieux; la prise en charge de la scène de l’IC par un superviseur; une attitude respectueuse et empathique des différents intervenants; l’absence de pression sur les employés pour qu’ils poursuivent leur travail ou qu’ils reviennent prématurément; la démobilisation (retrait de la scène d’IC et retour à la maison) et la prise de congés automatiques; l’offre proactive de soutien par le programme d’aide aux employés; une procédure claire de retour au travail et d’évaluation des capacités de l’employé à reprendre sa vie professionnelle; une offre différée de soutien en cas de besoin; un suivi effectué après le retour et un contexte de travail positif.
L’étude montre donc que la gestion de l’IC et le soutien offert par l’employeur sont des facteurs importants favorisant la récupération des employés. Ce sont des attitudes et actions sur lesquelles les employeurs peuvent agir et qui s’appliquent relativement facilement, sans engendrer de coûts prohibitifs pour les entreprises; alors que pour d’autres facteurs, comme la présence de soutien social ou la complexité de l’IC, les employeurs ont moins d’emprise. De plus, les entreprises ferroviaires ont des protocoles qui incluent la majorité des actions considérées comme efficaces. L’application rigoureuse de ces protocoles constitue la première étape vers l’amélioration des pratiques et donc de l’atténuation des effets négatifs des IC.

Informations complémentaires

Collection : Rapports scientifiques
Catégorie : Rapport de recherche
Auteur(s) :
  • Cécile Bardon
  • Brian L. Mishara
  • Angelo Soares
Projet de recherche : 2013-0039
Champ de recherche : Réadaptation au travail
Mis en ligne le : 31 janvier 2018
Date de mise à jour : 15 février 2018
Format : Texte

http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100968/n/gestion-incidentsoutien-employes-incident-grave