USA : Un accréditeur publie des directives sur les mesures de protection de l'environnement pour prévenir le suicide
info tirée de AHA News Now Oct 27, 2017 *
"The Joint Commission" a publié aujourd'hui des lignes directrices pour aider
les hôpitaux et les inspecteurs à déterminer ce qui constitue des mesures de
protection environnementales adéquates pour protéger les patients ayant
des idées suicidaires contre les blessures à soi meme. Mises
au point par un groupe d'experts comprenant des représentants des
organisations prestataires et des centres de services Medicare & Medicaid, ce guide aborde uniquement les questions les plus débattues et
controversées liées aux risques environnementaux dans les unités
psychiatriques hospitalières, les établissements hospitaliers
médico-chirurgicaux généraux et les services d'urgence.
«Au
cours de l'année écoulée, il y a eu plusieurs situations où inspecteurs de la Commission conjointe et / ou des organismes d'État
n'étaient pas d'accord sur ce qui constitue un risque de ligature et
quelles stratégies d'atténuation sont acceptables». «Il
faut un consensus sur ces questions pour que les organismes de soins de
santé sachent quels changements ils doivent apporter pour assurer la
sécurité des patients et que les arpenteurs puissent évaluer de façon
fiable la conformité des organismes aux normes.» La Commission mixte
continuera de convoquer son groupe d'experts pour discuter des questions liées à la prévention du suicide et ajouter des
informations supplémentaires aux directives dès qu'elles seront
disponibles.Sujet: Plaidoyer et politique publique liens vers le Rapport spécial: Prévention du suicide dans les milieux de soins de santé de The Joint Commission https://www.jointcommission.org/issues/article.aspx?Article=GtNpk0ErgGF%2b7J9WOTTkXANZSEPXa1%2bKH0%2f4kGHCiio%3d
Source
http://news.aha.org/article/171027-accreditor-issues-guidance-on-environmental-safeguards-to-prevent-suicide
Affichage des articles dont le libellé est MATERIAUX ACCESSOIRES. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est MATERIAUX ACCESSOIRES. Afficher tous les articles
samedi 28 octobre 2017
jeudi 17 novembre 2016
RAPPORT ETUDE USA Efficacité durable de la liste de contrôle de l'environnement de soins de santé mentale
Rapports brefs : Efficacité durable de la liste de contrôle de l'environnement de soins de santé mentale pour réduire le suicide chez l'usagerBrief Reports
Sustained Effectiveness of the Mental Health Environment of Care Checklist to Decrease Inpatient Suicide
Sustained Effectiveness of the Mental Health Environment of Care Checklist to Decrease Inpatient Suicide
Watts BV1, Shiner B1, Young-Xu Y1, Mills PD1.
1The
authors are with the Department of Psychiatry, Geisel School of
Medicine, Dartmouth College, Hanover, New Hampshire, and the National
Center for Patient Safety, White River Junction, Vermont (e-mail:
bradley.v.watts@dartmouth.edu ).
Objectif:
Méthodes: Des rapports d'analyse des causes profondes de tous les hôpitaux du ministère des Anciens Combattants ont été examinés afin d'obtenir un dénombrement des suicides survenus dans les unités de santé mentale de 2000 à 2015. Le nombre d'admissions en santé mentale et de jours de garde a été obtenu pour la même période.Résultats: Le taux de suicide avant la mise en œuvre du MHEOCC était de 4,2 pour 100 000 admissions ou 2,72 par million de lits-jours de soins. Le taux après la mise en œuvre était de 0,74 pour 100 000 admissions ou 0,69 par million de lits-jours de soins. Il n'y a eu aucune perte d'effet au cours des sept années qui ont suivi la mise en œuvre.
Conclusions: Le MHEOCC a été associé à une réduction soutenue des suicides survenus sur les unités de santé mentale des patients hospitalisés.
INFO +
le Mental Health Environment of Care Checklist
d'après www.patientsafety.va.gov* Sept 2016
Liste de contrôle de l'environnement de soins en santé mentale
La Mental Health Environment of Care Checklist (MHEOCC) (01/06/2016, XLS) a été développé pour les hôpitaux des Anciens Combattants à utiliser pour examiner les risques environnementaux des services de santé mentale des patients hospitalisés. L'objectif est d'identifier et d'atténuer les dangers environnementaux qui pourraient augmenter les risques de suicide du patient ou d'automutilation. La liste de contrôle a été utilisée dans toutes les unités VA de santé mentale depuis
Environmental Services Programmes de VHA a publié son premier guide sur la santé mentale Mental Health Guide . Le Guide offre des produits et des solutions recommandés pour veiller à ce que nos anciens combattants soient pris en charge dans un environnement sécuritaire et thérapeutiquement enrichissant.
Il a été développé par une équipe multidisciplinaire composée de membres du Centre national VA pour la sécurité des patients, les soins infirmiers, la sécurité, la gestion de l'environnement et de design d'intérieur. Les membres de l'équipe ont élaboré des critères et ont partagé des informations avec les leaders de l'industrie.
Le Guide servira de document vivant pour permettre l'ajout de mises à jour à mesure que de nouveaux produits sont identifiés et vérifiés. Il contient les ressources précieuses suivantes:
- Produits et idées à utiliser dans les espaces de la santé mentale des patients hospitalisés, y compris les propriétés positives et les avertissements à considérer avant l'achat.
- Produits développés par l'industrie avec les commentaires en retour des membres de l'équipe des produits intégrés.
- Contexte pour former le personnel à l'évaluation des produits au niveau de l'établissement.
- Module de formation et exemples de listes de contrôle pour le personnel non clinique qui peut avoir accès à une unité de santé mentale pour malades hospitalisés pour l'entretien et l'inspection de routine.
http://www.patientsafety.va.gov/professionals/onthejob/mentalhealth.asp
Acces au guide http://www.patientsafety.va.gov/docs/joe/eps_mental_health_guide.pdf
Libellés :
EVALUATION ACTION,
MATERIAUX ACCESSOIRES,
RECHERCHE,
SUICIDE EN INSTITUTION,
USA
mardi 5 avril 2016
SUISSE ARTICLE BLOG : Pont Bessières L’architecture au service de la prévention & mobilisation citoyenne
Pont Bessières : entre suicide et espoir
article du blog http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/
de Florian Poupelin |
Le Pont Bessières est un monument important de Lausanne, autant pour son architecture que pour sa réputation de "pont des suicides" romand. En plus d'un siècle, il a su se transformer et s'adapter aux époques qu'il a traversées, mais il reste néanmoins, encore aujourd'hui, un triste symbole de notre ville. Rétrospective et explications.
(© Ville de Lausanne)
Il y a plus d’un siècle déjà
Après plusieurs années d’indécision, la Ville de Lausanne met enfin au concours la construction d’un pont reliant le quartier de la Caroline et la Cité. Nous sommes en 1899 et c’est Eugène Jost, architecte vaudois à qui l’ont doit notamment l’Hôtel des Postes de Saint-François, qui se voit confier le chantier de ce pont devant joindre la Cité à l’École de Médecine (bâtiment au carrefour des rues César-Roux et Caroline).
Deux ans plus tard, le bijoutier et banquier lausannois Charles Bessières court-circuite le projet de la ville et offre 500 000 francs à Jost pour construire un pont à son nom, avec un tracé plus en aval du projet initial, entre la Cité-Dessous et la Chapelle de Marterey. Mais, quelques mois après cette proposition, Charles Bessières meurt, et cinq jours après son décès, la Ville de Lausanne accepte son idée, finissant même par annuler la construction du pont communal.
Les piétons envahissent le Pont Bessières le 24 septembre 1910, jour de son inauguration (© Musée historique de Lausanne)
Le chantier commence alors en 1908, mené par les Ateliers de constructions métalliques de Vevey, et s’achève deux ans plus tard. Le 24 septembre 1910, Victor et Charlotte Bessières, frère et sœur de Charles, inaugurent le Pont Bessières, en rendant hommage à leur frère défunt devant la plaque commémorative. Toujours visible aujourd’hui à l’entrée du pont, côté Caroline, cette plaque marque le début d’une relation particulière entre ce pont et une certaine idée de la mort.
Le pont des suicides
En Suisse, un suicide sur dix s’effectue depuis un pont, une moyenne qui se place parmi les plus élevées au monde. Avec Berne et Zoug, Lausanne fait partie des trois villes suisses où le taux de morts par « précipitation dans le vide depuis un pont » est le plus haut. Lieu emblématique de la ville, le Pont Bessières serait donc un des haut-lieux du suicide en Suisse.
Les anciennes balustrades du Pont Bessières (© Ville de Lausanne)
Mais s’il atteint ce statut peu glorieux de « pont des suicides » de Suisse Romande, ce n’est aucunement pour des raisons romantiques ou symboliques, mais plutôt et surtout pour des raisons architecturales. En effet, durant plus de soixante ans, les deux balustrades du pont ne s’élèvent qu’à hauteur de 110 cm, permettant aux suicidés en devenir de les franchir facilement, de parcourir ensuite les 23 mètres de chute libre, et enfin de rencontrer la chaussée bitumée de la Rue Saint-Martin. (Pour comparaison, la balustrade du Golden Gate Bridge de San Francisco, deuxième haut-lieu mondial du suicide, après de Pont de la rivière Nanjing Yangtze en Chine, n’est haute que de 120 cm).
Lors de sa remise en état en 1972, le Pont Bessières voit néanmoins ses balustrades remonter de 20 cm, passant alors à 130 cm de hauteur. Mais malheureusement, cela n’aura aucun effet sur le taux de suicide enregistré, 130 cm étant presque aussi faciles à enjamber que 110. Ainsi, de 1966 à 2003, la moyenne annuelle des suicidés était de quatre, pour un minimum de deux par an.
L’architecture au service de la prévention
Puis, au cours des dernières décennies, plusieurs éléments viennent accélérer une nouvelle remise en état du pont et une véritable mise en place d’urbanisme anti-suicide, aboutissant à la nouvelle version du Pont Bessières que nous connaissons aujourd’hui. Tout d’abord, en 1987, le pont est inscrit à l’Inventaire cantonal des monuments historiques, redonnant un peu de sa splendeur d’antan au pont à la désormais triste réputation.
Le plan d’étude des garde-corps installés en 2003 sur le Pont Bessières (© Bureau des travaux de la Ville de Lausanne)
Puis, en 1995, un rapport d’inspection indique de manière alarmante des phénomènes de corrosion accélérée qui fragilise la structure métallique du pont. Il faudra néanmoins cinq ans, et l’insistance du criminologue André Kuhn (ayant assisté à deux suicides depuis son bureau situé à côté du pont) pour que la Ville de Lausanne vote et accepte un crédit visant à remettre en état le pont et à mettre en place de nouveaux garde-corps. Ce n’est que trois ans plus tard que les travaux se termineront. Les balustrades sont rehaussées de 25 cm, passant donc de 130 cm à 155 cm, avec un faux-aplomb intérieur de 35 cm, rendant la balustrade presque impossible à enjamber. Un système lumineux est également installé dans l’architecture même du pont, créant une atmosphère douce, reflétée notamment par des éclats de miroir incrustés dans le revêtement des trottoirs.
Mis en place depuis seulement treize ans, ce nouveau Pont Bessières semble déjà porter ses fruits. Depuis 2003, la moyenne annuelle des suicidés est passée de quatre à un par an, avec auparavant deux suicides minimum par an, pour deux suicides maximum par an maintenant, et ce sans qu’un déplacement des suicides ou d’autres modes opératoires aient été observés. De plus, entre 1966 et 2003, une seule année sans suicide fut enregistrée, contre déjà quatre entre 2004 et 2016.
Joël Albert devant sa cabane de fortune sur le Pont Bessières (© Cyberphoto)
Peut-être en passe de perdre sa réputation de « pont des suicides » de Suisse Romande, le Pont Bessières est donc un très bon exemple du rôle prépondérant que peut jouer l’architecture des lieux de suicide dans la prévention de ces mêmes suicides.
L’humain avant tout
Mais au-delà du progrès technique et architectural du Pont Bessières, un aspect humain quasi-inédit a aussi, depuis 35 ans déjà, fortement marqué son histoire. En effet, c’est en 1980 que Joël Albert voit quelqu’un sauter du pont devant ses yeux. Révolté par cet acte et surtout par le manque d’engagement des autorités publiques, il décide de s’installer sur le Pont Bessières, durant les fêtes de fin d’année, pour prévenir les éventuelles tentatives de suicide, toujours plus fréquentes à cette période.
Mécontente, la Police Lausannoise essaie de le déloger, mais c’est sans compter sur la détermination de cet ancien activiste membre de «Lôzane Bouge » et de ses amis tout aussi décidés que lui. Un accord est alors trouvé entre les deux parties et Joël Albert installe légalement sa cabane de fortune sur le Pont Bessières.
Une des équipes de bénévoles, durant l’hiver 2010 (© Gérald Verdon Photography)
Jusqu’en 1994, ses amis et lui nourrissent le feu et apportent leur soutien aux âmes désespérées des fêtes de fin d’année. En 1995, Joël meurt soudainement à 38 ans, d’une pancréatite, mettant le projet entre parenthèses.
Heureusement, ses amis n’abandonnent pas et décident de prendre la relève. Ils s’organisent et, au fil des ans, une seconde cabane vient rejoindre la première, maintenant avec des boissons chaudes et de la nourriture à disposition. Le stock de bois augmente et le feu brûle comme jamais. D’année en année, les équipes de bénévoles s’agrandissent et se relaient toutes les huit heures, pour assurer une permanence en continu.
D’abord pensée pour prévenir les actes suicidaires sur le pont, cette initiative s’applique désormais à toutes les personnes désespérées qui passent par là. Certains ont juste besoin de parler, de se sentir moins seuls ou sont tous simplement ivres. La moyenne actuelle de passage est de 20 personnes par jour, durant les fêtes.
Les oriflammes du Pont Bessières, réalisées par Sébastien Lefèvre pour Lausanne Lumières 2015 (© Festival Lausanne Lumières)
Toujours un triste symbole
Mais malgré tout cela, le Pont Bessières reste toujours un triste symbole. Il y a encore quelques mois, à la fin de l’automne, on a vu le milieu du pont se faire envahir de bougies, de fleurs et de petits mots pliés. Des groupes d’adolescents du Gymnase de la Cité situé juste à côté s’y sont relayés pendant plusieurs jours, en fonction des horaires de leurs cours. On pouvait lire de la tristesse et de l’incompréhension dans leurs yeux, parfois même de la révolte. Les passants, eux, jetaient des coups d’œil discrets et gênés, changeant parfois de trottoir, alors que les techniciens de Lausanne Lumières installaient les oriflammes colorées du festival à venir.
Comme souvent et comme partout, la mort côtoie la vie de manière inattendue. Le Pont Bessières respecte cette règle depuis déjà plus d’un siècle et il devra sûrement encore la respecter longtemps.
http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/
article du blog http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/
de Florian Poupelin |
Le Pont Bessières est un monument important de Lausanne, autant pour son architecture que pour sa réputation de "pont des suicides" romand. En plus d'un siècle, il a su se transformer et s'adapter aux époques qu'il a traversées, mais il reste néanmoins, encore aujourd'hui, un triste symbole de notre ville. Rétrospective et explications.
Il y a plus d’un siècle déjà
Après plusieurs années d’indécision, la Ville de Lausanne met enfin au concours la construction d’un pont reliant le quartier de la Caroline et la Cité. Nous sommes en 1899 et c’est Eugène Jost, architecte vaudois à qui l’ont doit notamment l’Hôtel des Postes de Saint-François, qui se voit confier le chantier de ce pont devant joindre la Cité à l’École de Médecine (bâtiment au carrefour des rues César-Roux et Caroline).
Deux ans plus tard, le bijoutier et banquier lausannois Charles Bessières court-circuite le projet de la ville et offre 500 000 francs à Jost pour construire un pont à son nom, avec un tracé plus en aval du projet initial, entre la Cité-Dessous et la Chapelle de Marterey. Mais, quelques mois après cette proposition, Charles Bessières meurt, et cinq jours après son décès, la Ville de Lausanne accepte son idée, finissant même par annuler la construction du pont communal.
Le chantier commence alors en 1908, mené par les Ateliers de constructions métalliques de Vevey, et s’achève deux ans plus tard. Le 24 septembre 1910, Victor et Charlotte Bessières, frère et sœur de Charles, inaugurent le Pont Bessières, en rendant hommage à leur frère défunt devant la plaque commémorative. Toujours visible aujourd’hui à l’entrée du pont, côté Caroline, cette plaque marque le début d’une relation particulière entre ce pont et une certaine idée de la mort.
Le pont des suicides
En Suisse, un suicide sur dix s’effectue depuis un pont, une moyenne qui se place parmi les plus élevées au monde. Avec Berne et Zoug, Lausanne fait partie des trois villes suisses où le taux de morts par « précipitation dans le vide depuis un pont » est le plus haut. Lieu emblématique de la ville, le Pont Bessières serait donc un des haut-lieux du suicide en Suisse.
Mais s’il atteint ce statut peu glorieux de « pont des suicides » de Suisse Romande, ce n’est aucunement pour des raisons romantiques ou symboliques, mais plutôt et surtout pour des raisons architecturales. En effet, durant plus de soixante ans, les deux balustrades du pont ne s’élèvent qu’à hauteur de 110 cm, permettant aux suicidés en devenir de les franchir facilement, de parcourir ensuite les 23 mètres de chute libre, et enfin de rencontrer la chaussée bitumée de la Rue Saint-Martin. (Pour comparaison, la balustrade du Golden Gate Bridge de San Francisco, deuxième haut-lieu mondial du suicide, après de Pont de la rivière Nanjing Yangtze en Chine, n’est haute que de 120 cm).
Lors de sa remise en état en 1972, le Pont Bessières voit néanmoins ses balustrades remonter de 20 cm, passant alors à 130 cm de hauteur. Mais malheureusement, cela n’aura aucun effet sur le taux de suicide enregistré, 130 cm étant presque aussi faciles à enjamber que 110. Ainsi, de 1966 à 2003, la moyenne annuelle des suicidés était de quatre, pour un minimum de deux par an.
L’architecture au service de la prévention
Puis, au cours des dernières décennies, plusieurs éléments viennent accélérer une nouvelle remise en état du pont et une véritable mise en place d’urbanisme anti-suicide, aboutissant à la nouvelle version du Pont Bessières que nous connaissons aujourd’hui. Tout d’abord, en 1987, le pont est inscrit à l’Inventaire cantonal des monuments historiques, redonnant un peu de sa splendeur d’antan au pont à la désormais triste réputation.
Puis, en 1995, un rapport d’inspection indique de manière alarmante des phénomènes de corrosion accélérée qui fragilise la structure métallique du pont. Il faudra néanmoins cinq ans, et l’insistance du criminologue André Kuhn (ayant assisté à deux suicides depuis son bureau situé à côté du pont) pour que la Ville de Lausanne vote et accepte un crédit visant à remettre en état le pont et à mettre en place de nouveaux garde-corps. Ce n’est que trois ans plus tard que les travaux se termineront. Les balustrades sont rehaussées de 25 cm, passant donc de 130 cm à 155 cm, avec un faux-aplomb intérieur de 35 cm, rendant la balustrade presque impossible à enjamber. Un système lumineux est également installé dans l’architecture même du pont, créant une atmosphère douce, reflétée notamment par des éclats de miroir incrustés dans le revêtement des trottoirs.
Mis en place depuis seulement treize ans, ce nouveau Pont Bessières semble déjà porter ses fruits. Depuis 2003, la moyenne annuelle des suicidés est passée de quatre à un par an, avec auparavant deux suicides minimum par an, pour deux suicides maximum par an maintenant, et ce sans qu’un déplacement des suicides ou d’autres modes opératoires aient été observés. De plus, entre 1966 et 2003, une seule année sans suicide fut enregistrée, contre déjà quatre entre 2004 et 2016.
Peut-être en passe de perdre sa réputation de « pont des suicides » de Suisse Romande, le Pont Bessières est donc un très bon exemple du rôle prépondérant que peut jouer l’architecture des lieux de suicide dans la prévention de ces mêmes suicides.
L’humain avant tout
Mais au-delà du progrès technique et architectural du Pont Bessières, un aspect humain quasi-inédit a aussi, depuis 35 ans déjà, fortement marqué son histoire. En effet, c’est en 1980 que Joël Albert voit quelqu’un sauter du pont devant ses yeux. Révolté par cet acte et surtout par le manque d’engagement des autorités publiques, il décide de s’installer sur le Pont Bessières, durant les fêtes de fin d’année, pour prévenir les éventuelles tentatives de suicide, toujours plus fréquentes à cette période.
Mécontente, la Police Lausannoise essaie de le déloger, mais c’est sans compter sur la détermination de cet ancien activiste membre de «Lôzane Bouge » et de ses amis tout aussi décidés que lui. Un accord est alors trouvé entre les deux parties et Joël Albert installe légalement sa cabane de fortune sur le Pont Bessières.
Jusqu’en 1994, ses amis et lui nourrissent le feu et apportent leur soutien aux âmes désespérées des fêtes de fin d’année. En 1995, Joël meurt soudainement à 38 ans, d’une pancréatite, mettant le projet entre parenthèses.
Heureusement, ses amis n’abandonnent pas et décident de prendre la relève. Ils s’organisent et, au fil des ans, une seconde cabane vient rejoindre la première, maintenant avec des boissons chaudes et de la nourriture à disposition. Le stock de bois augmente et le feu brûle comme jamais. D’année en année, les équipes de bénévoles s’agrandissent et se relaient toutes les huit heures, pour assurer une permanence en continu.
D’abord pensée pour prévenir les actes suicidaires sur le pont, cette initiative s’applique désormais à toutes les personnes désespérées qui passent par là. Certains ont juste besoin de parler, de se sentir moins seuls ou sont tous simplement ivres. La moyenne actuelle de passage est de 20 personnes par jour, durant les fêtes.
Toujours un triste symbole
Mais malgré tout cela, le Pont Bessières reste toujours un triste symbole. Il y a encore quelques mois, à la fin de l’automne, on a vu le milieu du pont se faire envahir de bougies, de fleurs et de petits mots pliés. Des groupes d’adolescents du Gymnase de la Cité situé juste à côté s’y sont relayés pendant plusieurs jours, en fonction des horaires de leurs cours. On pouvait lire de la tristesse et de l’incompréhension dans leurs yeux, parfois même de la révolte. Les passants, eux, jetaient des coups d’œil discrets et gênés, changeant parfois de trottoir, alors que les techniciens de Lausanne Lumières installaient les oriflammes colorées du festival à venir.
Comme souvent et comme partout, la mort côtoie la vie de manière inattendue. Le Pont Bessières respecte cette règle depuis déjà plus d’un siècle et il devra sûrement encore la respecter longtemps.
http://www.lausannebondyblog.ch/pont-bessieres-entre-suicide-et-espoir/
Libellés :
ARCHITECTURE URBANISME,
LIMITER L'ACCES AU MOYENS,
MATERIAUX ACCESSOIRES,
MOBILISATIONS,
SUISSE
jeudi 28 janvier 2016
LIMITER L'ACCES AUX MOYENS Pont de Normandie : peut-on éviter les suicides?
Pont de Normandie : peut-on éviter les suicides?
Article Normandie sur Ouest-France Région, samedi 23 janvier 2016
Depuis le mois d'octobre, au moins cinq suicides ont eu lieu depuis le pont de Normandie.
Filets anti-suicide ou interdiction d'accès aux piétons, aucune solution ne semble envisageable.
Pourquoi? Comment? Est-il possible d'installer des filets anti-suicide?
La réponse de Claire Grivel, directrice des concessions à la Chambre de commerce et d'industrie du Havre, le gestionnaire du pont, est sans appel : « Non. » La solution a pourtant été envisagée dès la construction de l'ouvrage. Mais, après étude, l'idée a été écartée : « Que ce soit sur le viaduc du grand canal, le pont de Tancarville ou le pont de Normandie, il est techniquement impossible d'installer des barrières ou des filets anti-suicide. » La raison? « Des filets ou des barrières mettraient en péril la résistance au vent de ces ouvrages, précise Claire Grivel.
Le grand public ne se rend pas forcément compte mais l'installation d'un filet provoque une résistance qui est très importante. »Les filets sont pourtant adoptés sur de nombreux bâtiments et ponts. D'ici 2018, le célèbre Golden Gate de San Francisco en sera équipé. Pas sûr cependant que ces dispositifs soient une solution miracle.
L'illumination du pont est-elle en cause? C'est une thèse partagée par certains : l'illumination du pont pourrait attirer les candidats au suicide .Faux, selon Claire Grivel : « Lorsque nous avons changé les Led, avant, pendant et après les travaux, nous n'avons constaté aucune évolution du nombre de suicides. » Pourquoi ne pas interdire l'accès des piétons au pont? Là encore, cette solution n'est pas envisageable. Selon Claire Grivel, elle nécessiterait trop de moyens : « Nous pourrions effectivement fermer l'accès aux piétons. Mais nous n'avons aucun moyen de le contrôler. Il faudrait mettre des gendarmes ou installer des barrières. » Et même si ces contrôles étaient mis en place, le résultat ne serait pas garanti. « Les personnes pourraient toujours se rendre sur le pont en voiture pour commettre un geste désespéré », ajoute Claire Grivel.
Depuis le mois d'octobre, au moins cinq suicides ont eu lieu depuis le pont de Normandie.
Filets anti-suicide ou interdiction d'accès aux piétons, aucune solution ne semble envisageable.
Pourquoi? Comment? Est-il possible d'installer des filets anti-suicide?
La réponse de Claire Grivel, directrice des concessions à la Chambre de commerce et d'industrie du Havre, le gestionnaire du pont, est sans appel : « Non. » La solution a pourtant été envisagée dès la construction de l'ouvrage. Mais, après étude, l'idée a été écartée : « Que ce soit sur le viaduc du grand canal, le pont de Tancarville ou le pont de Normandie, il est techniquement impossible d'installer des barrières ou des filets anti-suicide. » La raison? « Des filets ou des barrières mettraient en péril la résistance au vent de ces ouvrages, précise Claire Grivel.
Le grand public ne se rend pas forcément compte mais l'installation d'un filet provoque une résistance qui est très importante. »Les filets sont pourtant adoptés sur de nombreux bâtiments et ponts. D'ici 2018, le célèbre Golden Gate de San Francisco en sera équipé. Pas sûr cependant que ces dispositifs soient une solution miracle.
L'illumination du pont est-elle en cause? C'est une thèse partagée par certains : l'illumination du pont pourrait attirer les candidats au suicide .Faux, selon Claire Grivel : « Lorsque nous avons changé les Led, avant, pendant et après les travaux, nous n'avons constaté aucune évolution du nombre de suicides. » Pourquoi ne pas interdire l'accès des piétons au pont? Là encore, cette solution n'est pas envisageable. Selon Claire Grivel, elle nécessiterait trop de moyens : « Nous pourrions effectivement fermer l'accès aux piétons. Mais nous n'avons aucun moyen de le contrôler. Il faudrait mettre des gendarmes ou installer des barrières. » Et même si ces contrôles étaient mis en place, le résultat ne serait pas garanti. « Les personnes pourraient toujours se rendre sur le pont en voiture pour commettre un geste désespéré », ajoute Claire Grivel.
lundi 20 octobre 2014
ANGLETERRE MESURES PREVENTIVES ESSAI DE LUMIERES BLEUES APAISANTES SUR LES QUAIS
Des lumières bleues apaisantes sur le quai seront testées dans les gares pour lutter contre la hausse des suicides sur les voies
Informations tirées de l'article " Soothing blue platform lights will be trialled in railway stations to tackle the rise in suicides on the tracks" Jenny Awford pour MailOnline
le 19 Octobre 2014.
Des Lumières bleues apaisantes seront installées dans certaines stations de chemin de fer dans l'espoir d'arrêter le nombre croissant de suicides.
Network Rail a entrepris une série d'essais, comprenant des lumières bleues dans les voutes et les poteaux d'éclairage sur les quais.
Il étudie également l'utilisation de capteurs qui se déclenchent quand les gens entrent dans certains espaces du chemin de fer, comme la fin des quais, suivi d'un message d'alerte enregistré.

Les lumières bleues ont déjà été installées dans la station Gumyoji, à l'ouest de Tokyo, au Japon. Network Rail expérimentera les lumières pour voir si elles ont un impact sur le nombre de suicides
Il y a eu 279 suicides ou suicides suspectés sur le réseau ferroviaire en 2013-2014, le nombre le plus élevé jamais enregistré (246 de l'année précédente), selon les chiffres officiels.
"Nous voulons faire tout notre possible pour empêcher cela" a déclaré Ian Stevens, directeur de la prévention du suicide pour Network Rail au Sunday Times.
Le Rail Safety and Standards Board a révélé qu'il y avait eu 29 suicides présumés en Août et 28 en Juillet. La moyenne mensuelle au cours de la dernière année a été de 23.
Informations tirées de l'article " Soothing blue platform lights will be trialled in railway stations to tackle the rise in suicides on the tracks" Jenny Awford pour MailOnline
le 19 Octobre 2014.
Des Lumières bleues apaisantes seront installées dans certaines stations de chemin de fer dans l'espoir d'arrêter le nombre croissant de suicides.
Network Rail a entrepris une série d'essais, comprenant des lumières bleues dans les voutes et les poteaux d'éclairage sur les quais.
Il étudie également l'utilisation de capteurs qui se déclenchent quand les gens entrent dans certains espaces du chemin de fer, comme la fin des quais, suivi d'un message d'alerte enregistré.
Les lumières bleues ont déjà été installées dans la station Gumyoji, à l'ouest de Tokyo, au Japon. Network Rail expérimentera les lumières pour voir si elles ont un impact sur le nombre de suicides
Il y a eu 279 suicides ou suicides suspectés sur le réseau ferroviaire en 2013-2014, le nombre le plus élevé jamais enregistré (246 de l'année précédente), selon les chiffres officiels.
"Nous voulons faire tout notre possible pour empêcher cela" a déclaré Ian Stevens, directeur de la prévention du suicide pour Network Rail au Sunday Times.
Le Rail Safety and Standards Board a révélé qu'il y avait eu 29 suicides présumés en Août et 28 en Juillet. La moyenne mensuelle au cours de la dernière année a été de 23.
mardi 5 août 2014
Berne inspire San Francisco pour prévenir les suicides
Berne inspire San Francisco pour prévenir les suicides
Par Thomas Stephens 04. août 2014 sur http://www.swissinfo.ch/fre/berne-inspire-san-francisco-pour-pr%C3%A9venir-les-suicides-/40529562
Une représentation du Golden Gate muni des filets de sécurité.
(Keystone)
Le Golden Gate de San Francisco bat le triste record du nombre de suicides sur cette Terre. Les autorités californiennes mettent en place des filets de sécurité en dessous du pont, en s’inspirant d'un modèle qui a fait ses preuves à Berne.
Quatre secondes, c'est le temps de la chute. L'an dernier, 46 personnes se sont suicidées en sautant du pont emblématique. Depuis son ouverture il y a 67 ans, le Golden Gate a connu 1653 sauts mortels. Et les statistiques ne comprennent que les personnes dont le corps a été récupéré.
Pour inverser la tendance, San Francisco a lancé le 27 juin un projet de 76 millions de dollars (68 millions CHF) qui doit être achevé en 2018. Il s’agit d’installer des filets en acier, six mètres en dessous du pont pour sauver les candidats au suicide ou les dissuader de passer à l’acte.
Pendant les quatre ans qu’a duré la construction du pont, des filets ont été mis en place pour protéger les ouvriers. Dix-neuf vies ont pu être épargnées. Mais depuis lors, les projets d’infrastructures de sécurité (barrières ou filets) n’ont jamais vu le jour pour diverses raisons, notamment esthétiques, structurelles et financières.
Alors, pourquoi le projet actuel a-t-il pu être lancé ?
Denis Mulligan, directeur général du district Golden Gate Bridge, Highway and Transportation, se réfère directement à l'expérience de Berne et sa terrasse populaire de la cathédrale qui offre une vue imprenable sur l’Aar, la basse ville, les Alpes. Et une falaise de 33 mètres avec en contrebas un sol en béton.
La terrasse du Münster à Berne. (unibe.ch)
Denis Mulligan souligne, à juste titre, que depuis 1998, quand les filets ont été installés sept mètres au-dessous du mur de la terrasse, personne n’avait tenté d’y mettre fin à ses jours. «On se fait mal en tombant de sept mètres sur un filet en acier. Mais les personnes fatiguées de la vie veulent se tuer, pas se blesser», commente Denis Mulligan.
Mais les candidats au suicide peuvent juste aller ailleurs pour se tuer. Cette hypothèse semble toutefois erronée. Une étude de 1978 a suivi 515 personnes ayant tenté de sauter depuis le Golden Gate entre 1937 et 1971 avant d’être retenues par des tiers. L’étude a constaté que 94% des candidats au suicide étaient soit encore en vie, soit morts de causes naturelles. Seulement 6% des personnes suivies s'était ensuite suicidées ou décédées dans des circonstances suggérant le suicide.
Paul Muller, de la Fondation Bridge Rail, est impliqué dans le projet du Golden Gate Il s’appuie sur cette étude pour souligner que le suicide est évitable: «La chose la plus importante est de restreindre l'accès aux lieux permettant de mettre fin à ses jours. Une personne en état suicidaire ne l’est que durant un certain laps de temps. Les psychiatres peuvent débattre de sa durée, quelques heures ou quelques jours. Mais un dispositif de sécurité permet de placer la personne en lieu sûr et de faire baisser ainsi sa pulsion suicidaire.»
«Pas acceptable»
La capitale suisse est parsemée de ponts élevés et de falaises vertigineuses. Résultat: 30% des suicides à Berne sont le fait de sauts dans le vide, généralement depuis des ponts. Ce chiffre était de 60% avant que les autorités ne prennent des mesures en 1998.
Entre 1996 et 1998, sept personnes ont sauté depuis la terrasse de la cathédrale. En janvier 1998, une personne s’est écrasée à quelques mètres d'un garçon de 10 ans. À la fin de cette année-là, les filets étaient en place.
Les passants traumatisés ne sont pas les seuls à être soulagés. Les secouristes ne sont plus confrontés à la tâche tout aussi traumatisante de nettoyer les lieux du drame. Les filets dissuasifs évitent aussi les cas rares de survivants aux blessures graves et les coûts de santé associés.
«Stop suicide», par les élèves de l'école secondaire Kirchenfeld à Berne.
(Keystone)
Le politicien UDC (droite conservatrice) Erich Hess a été le témoin d’un suicide en ville de Berne. «J'étais dans le tram. Il traversait le pont de Kirchenfeld, quand en regardant par la fenêtre, j’ai vu quelqu'un sauter. Je suis sorti à l'arrêt suivant en me disant que c'était inacceptable. Je savais que beaucoup de gens se suicidaient comme ça», raconte le politicien bernois à swissinfo.ch.
Erich Hess a présenté une motion pour prévenir ce type de suicide. Elle a été approuvée en 2009 par le parlement de la ville. Des grillages métalliques temporaires ont été érigés au-dessus des barrières longeant les ponts de Kirchenfeld et du Kornhaus.
«Diminution drastique»
Ces clôtures ont été très efficaces. Elles ont entrainé une «baisse drastique» des suicides, selon le gouvernement de la ville. Les chiffres exacts sont difficiles à trouver car toutes les parties concernées sont réticentes à donner des détails. Les experts estiment que trop d'information ou de couverture médiatique peut encourager les suicides.
«Avant la pose des filets, près de dix personnes par an sautaient des ponts à Berne. Ce chiffre est maintenant pratiquement de zéro», avance Erich Hess.
En février 2014, le parlement de la ville de Berne a voté un budget de 6,45 millions de francs pour remplacer les clôtures par des filets similaires à ceux de la terrasse de la cathédrale.
Ce vote n’a pas fait l'unanimité, loin de là. Certains politiciens se sont plaints du coût, d’autres ont invoqué la nécessité de protéger ces monuments historiques, la veille ville de Berne étant classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. «Sauver des vies est plus important que l'esthétique», répond Erich Hess.
«Bon investissement»
L’intérêt de la Californie pour l’expérience bernoise s’est manifesté en 2008, selon Dieter Arnold du Département de génie civil de Berne. C'est à ce moment qu'ils ont été contactés par le département des Transports de Californie (CalTrans) qui voulait savoir pourquoi les filets de la terrasse de la cathédrale avaient été posés et comment les gens qui avaient sauté s’en étaient sortis.
«Cette requête concernait le pont du Cold Spring Canyon à Santa Barbara, non le Golden Gate», raconte Dieter Arnold, qui suppose que l'information a ensuite été transmise aux autorités de San Francisco.
L’argument financier ne tient pas, selon le Californien Paul Muller. «Nous parlons d’une infrastructure financée une seule fois et qui durera probablement 50, 75 ans, une période durant laquelle on enregistrerait 2000 décès, si rien n’était fait.»
Suicides en Suisse
En 2012, un total de 1037 personnes (752 hommes et 285 femmes) se sont suicidées. Par comparaison, 339 personnes sont mortes dans des accidents de la route cette année.
Le nombre de suicides a progressivement baissé depuis le milieu des années 1980, quand plus de 1600 personnes se sont ôtés la vie.
Dans un rapport de 2009: 28% des suicidés sont passé à l’acte par pendaison, 23% par balle, 14% avec du poison, 14% en se jetant dans le vide, 10% en se jetant sous un véhicule et 11% par d’autres procédés. Les armes à feu et les pendaisons sont privilégiées par les hommes, tandis que les femmes sont plus susceptibles de se suicider par noyade, empoisonnement, saut dans le vide ou sous un véhicule.
Les suicides mentionnés ci-dessus ne comprennent pas le suicide assisté, légalisé en Suisse.
Par Thomas Stephens, swissinfo.ch
Par Thomas Stephens 04. août 2014 sur http://www.swissinfo.ch/fre/berne-inspire-san-francisco-pour-pr%C3%A9venir-les-suicides-/40529562
Une représentation du Golden Gate muni des filets de sécurité.
(Keystone)
Le Golden Gate de San Francisco bat le triste record du nombre de suicides sur cette Terre. Les autorités californiennes mettent en place des filets de sécurité en dessous du pont, en s’inspirant d'un modèle qui a fait ses preuves à Berne.
Quatre secondes, c'est le temps de la chute. L'an dernier, 46 personnes se sont suicidées en sautant du pont emblématique. Depuis son ouverture il y a 67 ans, le Golden Gate a connu 1653 sauts mortels. Et les statistiques ne comprennent que les personnes dont le corps a été récupéré.
Pour inverser la tendance, San Francisco a lancé le 27 juin un projet de 76 millions de dollars (68 millions CHF) qui doit être achevé en 2018. Il s’agit d’installer des filets en acier, six mètres en dessous du pont pour sauver les candidats au suicide ou les dissuader de passer à l’acte.
Pendant les quatre ans qu’a duré la construction du pont, des filets ont été mis en place pour protéger les ouvriers. Dix-neuf vies ont pu être épargnées. Mais depuis lors, les projets d’infrastructures de sécurité (barrières ou filets) n’ont jamais vu le jour pour diverses raisons, notamment esthétiques, structurelles et financières.
Alors, pourquoi le projet actuel a-t-il pu être lancé ?
Denis Mulligan, directeur général du district Golden Gate Bridge, Highway and Transportation, se réfère directement à l'expérience de Berne et sa terrasse populaire de la cathédrale qui offre une vue imprenable sur l’Aar, la basse ville, les Alpes. Et une falaise de 33 mètres avec en contrebas un sol en béton.
La terrasse du Münster à Berne. (unibe.ch)
Denis Mulligan souligne, à juste titre, que depuis 1998, quand les filets ont été installés sept mètres au-dessous du mur de la terrasse, personne n’avait tenté d’y mettre fin à ses jours. «On se fait mal en tombant de sept mètres sur un filet en acier. Mais les personnes fatiguées de la vie veulent se tuer, pas se blesser», commente Denis Mulligan.
Mais les candidats au suicide peuvent juste aller ailleurs pour se tuer. Cette hypothèse semble toutefois erronée. Une étude de 1978 a suivi 515 personnes ayant tenté de sauter depuis le Golden Gate entre 1937 et 1971 avant d’être retenues par des tiers. L’étude a constaté que 94% des candidats au suicide étaient soit encore en vie, soit morts de causes naturelles. Seulement 6% des personnes suivies s'était ensuite suicidées ou décédées dans des circonstances suggérant le suicide.
Paul Muller, de la Fondation Bridge Rail, est impliqué dans le projet du Golden Gate Il s’appuie sur cette étude pour souligner que le suicide est évitable: «La chose la plus importante est de restreindre l'accès aux lieux permettant de mettre fin à ses jours. Une personne en état suicidaire ne l’est que durant un certain laps de temps. Les psychiatres peuvent débattre de sa durée, quelques heures ou quelques jours. Mais un dispositif de sécurité permet de placer la personne en lieu sûr et de faire baisser ainsi sa pulsion suicidaire.»
«Pas acceptable»
La capitale suisse est parsemée de ponts élevés et de falaises vertigineuses. Résultat: 30% des suicides à Berne sont le fait de sauts dans le vide, généralement depuis des ponts. Ce chiffre était de 60% avant que les autorités ne prennent des mesures en 1998.
Entre 1996 et 1998, sept personnes ont sauté depuis la terrasse de la cathédrale. En janvier 1998, une personne s’est écrasée à quelques mètres d'un garçon de 10 ans. À la fin de cette année-là, les filets étaient en place.
Les passants traumatisés ne sont pas les seuls à être soulagés. Les secouristes ne sont plus confrontés à la tâche tout aussi traumatisante de nettoyer les lieux du drame. Les filets dissuasifs évitent aussi les cas rares de survivants aux blessures graves et les coûts de santé associés.
«Stop suicide», par les élèves de l'école secondaire Kirchenfeld à Berne.
(Keystone)
Le politicien UDC (droite conservatrice) Erich Hess a été le témoin d’un suicide en ville de Berne. «J'étais dans le tram. Il traversait le pont de Kirchenfeld, quand en regardant par la fenêtre, j’ai vu quelqu'un sauter. Je suis sorti à l'arrêt suivant en me disant que c'était inacceptable. Je savais que beaucoup de gens se suicidaient comme ça», raconte le politicien bernois à swissinfo.ch.
Erich Hess a présenté une motion pour prévenir ce type de suicide. Elle a été approuvée en 2009 par le parlement de la ville. Des grillages métalliques temporaires ont été érigés au-dessus des barrières longeant les ponts de Kirchenfeld et du Kornhaus.
«Diminution drastique»
Ces clôtures ont été très efficaces. Elles ont entrainé une «baisse drastique» des suicides, selon le gouvernement de la ville. Les chiffres exacts sont difficiles à trouver car toutes les parties concernées sont réticentes à donner des détails. Les experts estiment que trop d'information ou de couverture médiatique peut encourager les suicides.
«Avant la pose des filets, près de dix personnes par an sautaient des ponts à Berne. Ce chiffre est maintenant pratiquement de zéro», avance Erich Hess.
En février 2014, le parlement de la ville de Berne a voté un budget de 6,45 millions de francs pour remplacer les clôtures par des filets similaires à ceux de la terrasse de la cathédrale.
Ce vote n’a pas fait l'unanimité, loin de là. Certains politiciens se sont plaints du coût, d’autres ont invoqué la nécessité de protéger ces monuments historiques, la veille ville de Berne étant classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. «Sauver des vies est plus important que l'esthétique», répond Erich Hess.
«Bon investissement»
L’intérêt de la Californie pour l’expérience bernoise s’est manifesté en 2008, selon Dieter Arnold du Département de génie civil de Berne. C'est à ce moment qu'ils ont été contactés par le département des Transports de Californie (CalTrans) qui voulait savoir pourquoi les filets de la terrasse de la cathédrale avaient été posés et comment les gens qui avaient sauté s’en étaient sortis.
«Cette requête concernait le pont du Cold Spring Canyon à Santa Barbara, non le Golden Gate», raconte Dieter Arnold, qui suppose que l'information a ensuite été transmise aux autorités de San Francisco.
L’argument financier ne tient pas, selon le Californien Paul Muller. «Nous parlons d’une infrastructure financée une seule fois et qui durera probablement 50, 75 ans, une période durant laquelle on enregistrerait 2000 décès, si rien n’était fait.»
Suicides en Suisse
En 2012, un total de 1037 personnes (752 hommes et 285 femmes) se sont suicidées. Par comparaison, 339 personnes sont mortes dans des accidents de la route cette année.
Le nombre de suicides a progressivement baissé depuis le milieu des années 1980, quand plus de 1600 personnes se sont ôtés la vie.
Dans un rapport de 2009: 28% des suicidés sont passé à l’acte par pendaison, 23% par balle, 14% avec du poison, 14% en se jetant dans le vide, 10% en se jetant sous un véhicule et 11% par d’autres procédés. Les armes à feu et les pendaisons sont privilégiées par les hommes, tandis que les femmes sont plus susceptibles de se suicider par noyade, empoisonnement, saut dans le vide ou sous un véhicule.
Les suicides mentionnés ci-dessus ne comprennent pas le suicide assisté, légalisé en Suisse.
Par Thomas Stephens, swissinfo.ch
Libellés :
LIMITER L'ACCES AU MOYENS,
MATERIAUX ACCESSOIRES,
SUISSE,
USA
jeudi 20 mars 2014
BELGIQUE Des caméras le long des voies de chemins de fer pour lutter contre les suicides
Des caméras le long des voies de chemins de fer pour lutter contre les suicides
Les chemins de fer belges vont installer des caméras
sensibles à la chaleur le long des voies afin de lutter contre le nombre
élevé de suicides. « Ces caméras de détection seront installées là où de tels faits se produisent souvent », a expliqué le ministre Jean-Pascal Labille (PS) dans les pages du quotidien Het Nieuwsblad.
Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge Infrabel veut à terme surveiller davantage près de 24 points sensibles le long du réseau ferroviaire. « Ces points sensibles sont des endroits où des suicides ou tentatives de suicide se produisent régulièrement », explique le ministre en charge des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille. Certains endroits sont ainsi situés près de centres psychiatriques.
Ces caméras seront tout d’abord testées en Flandre occidentale, où se produisent le plus d’incidents. Après évaluation, le système sera également installé à d’autres endroits.
Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge Infrabel veut à terme surveiller davantage près de 24 points sensibles le long du réseau ferroviaire. « Ces points sensibles sont des endroits où des suicides ou tentatives de suicide se produisent régulièrement », explique le ministre en charge des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille. Certains endroits sont ainsi situés près de centres psychiatriques.
Ces caméras seront tout d’abord testées en Flandre occidentale, où se produisent le plus d’incidents. Après évaluation, le système sera également installé à d’autres endroits.
mardi 5 novembre 2013
Accessoires pour menuiserie intérieure et appareils sanitaires "version prévention suicide"
Différents produits de la société HEWI Fabricant d'accessoires pour menuiserie intérieure et appareils sanitaires "version prévention suicide"
Crochet mural
Barre avec coulisseau de douche
barre de maintien pour douche
tringle à rideau
Support plafond
http://produktkatalog.hewi.de/iw/lang_F/produkte/group.php?mgrp=51738&grp=51738
Inscription à :
Articles (Atom)