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mardi 2 avril 2019

Santé publique : le suicide... un entretien avec Enguerrand du Roscoat

Santé publique : le suicide... un entretien avec Enguerrand du Roscoat




Enguerrand du Roscoat nous précise dans cet entretien les données épidémiologiques liées au problème du suicide. Celles-ci confirment le véritable souci de santé public qui nécessite la mise en place de mesures efficaces pour y remédier. Ces données épidémiologiques nous sont expliquées de façons claires en fonction de l'âge, du sexe, des données socio-économiques, culturelles et religieuses. Il souligne d'emblée le rôle déterminant des troubles psychiques et plus particulièrement de la dépression. Après avoir évoqué les axes d'une politique de prévention prenant en compte les différents déterminants, comme en particulier les évènements traumatiques et les situations de souffrance de la vie, il conclue cet entretien par le panel de mesures mises en place en insistant sur le fait de la nécessité de resituer la prévention du suicide dans le cadre plus large de la santé mentale. 2019 / 29 minutes / réf M68 /


cnasm@orange.fr Le CNASM possède un large fonds audiovisuel en santé mentale et psychiatrie à la disposition des professionnels du sanitaire, du social et de l'éducatif ainsi que du grand public. Catalogue de l'ensemble des films disponibles à l'achat : www.cnasm-lorquin.fr



lundi 29 mai 2017

ETUDE RECHERCHE AUSTRALIE SANTE PUBLIQUE Une approche de «systèmes» pour la prévention du suicide

Titre original  A 'systems' approach to suicide prevention: radical change or doing the same things better?
Fitzpatrick SJ1, Hooker C2.
1 Centre for Rural and Remote Mental Health, University of Newcastle, NSW, Australia, scott.fitzpatrick@newcastle.edu.au.
2 Centre for Values, Ethics and the Law in Medicine, University of Sydney, NSW, Australia.

Public Health Res Pract. 2017 Apr 27;27(2)
Sujet :
Le suicide est une préoccupation importante pour la santé publique. Les taux continus de suicide élevés, conjugués aux preuves internationales émergentes, ont conduit au développement d'une approche systémique de la prévention du suicide, qui est actuellement testée dans le cadre d'un projet de cadre de prévention du suicide pour NSW (New South Wales, Australia). Le cadre réplique les approches internationales réussies. Il est organisé autour de neuf composantes, allant des approches individuelles à des approches au niveau de la population, afin d'améliorer la coordination et l'intégration des services existants. Si elle est mise en œuvre intégralement, le cadre peut conduire à une réduction significative du suicide. Cependant, pour assurer son succès à long terme, nous devons prêter attention aux structures sous-jacentes du système et à leurs interrelations. Une telle approche permettra également aux décideurs politiques et aux groupes d'action locaux de prévention du suicide, en particulier dans les zones rurales, de répondre aux défis locaux et d'intégrer de multiples perspectives dans leur pratique, y compris des preuves des déterminants sociaux plus larges du suicide.
Article en ligne
http://www.phrp.com.au/issues/april-2017-volume-27-issue-2/a-systems-approach-to-suicide-prevention-radical-change-or-doing-the-same-things-better-2/

lundi 10 avril 2017

Revue La santé en action : Dossier Promouvoir la santé mentale de la population

Dossier "Promouvoir  la santé mentale  de la population
de la revue LA SANTÉ EN ACTION la revue de la prévention, de l’éducation pour la santé et de la promotion de la santé  éditée par Santé publique France
n°439  Promouvoir la santé mentale de la population     mars 2017
La promotion de la santé mentale est définie comme étant « un processus visant à renforcer la capacité des personnes et des collectivités à prendre leur vie en main et à améliorer leur santé mentale. Elle met en œuvre des stratégies qui favorisent les environnements de soutien et la résilience individuelle ». Le dossier central de ce numéro rassemble la contribution de 25 experts, il présente un état des connaissances et passe en revue un certain nombre d’initiatives de terrain pour promouvoir une santé mentale positive, mobilisant tous les acteurs requis : professionnels de la santé, du social, réseaux, services de l’État, collectivités territoriales, associations… sans oublier les citoyens eux-mêmes.
Télécharger La Santé en action 439 au format pdf (2.7 Mo)

http://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/pdf/sante-action-439.pdf


vendredi 30 décembre 2016

OUVRAGE AUTOUR DE LA QUESTTION Santé mentale, santé publique. Un pavé dans la mare des bonnes intentions.

Parution d’ouvrage:
Santé mentale, santé publique.
Un pavé dans la mare des bonnes intentions. 
de Xavier Briffault
Xavier BRIFFAULT est chercheur en sciences sociales de la santé au CNRS.

Grenoble : PUG
Collection : POINTS DE VUE ET DÉBATS SCIENTIFIQUES
Septembre 2016


schermata-2016-10-18-alle-12-50-34Jamais notre santé mentale n’a été l’objet d’autant d’attention par les pouvoirs publics. Qu’il s’agisse de nous éviter d’être déprimés, anxieux, en burn-out, agressifs envers nous-mêmes ou autrui, de trop manger, trop boire, trop fumer, etc., le dispositif de santé publique multiplie les programmes de prise en charge de notre mal-être.
Mais cela ne suffit plus : mieux vaut prévenir que guérir, dit-on, et il s’agit désormais d’intervenir très en amont des problèmes que l’on imagine devoir survenir. Dès notre naissance, et même avant, par exemple en
formant les futurs parents à des méthodes d’éducation permettant d’obtenir des enfants garantis sans troubles mentaux ni comportementaux…
Les intentions sont bonnes. C’est évidemment pour notre bien et pour celui des autres que l’on se préoccupe de nous apprendre les bons comportements. Mais le bien qui est ainsi visé s’articule à une définition
de la bonne vie, du bon humain, sur laquelle il est impératif de porter un regard critique, comme sur les moyens utilisés pour y parvenir, tant ce dispositif est susceptible d’avoir des conséquences majeures sur nos vies.
C’est l’objectif que se donne cet ouvrage, qui jette le pavé d’une analyse critique, statistiquement, sociologiquement et épistémologiquement informée, dans la mare des bonnes intentions.

Les + de l’ouvrage

•  Une analyse méthodologique, éthique, sociologique et épistémologique des interventions de santé publique en santé mentale
•  Un argumentaire complet, pluridisciplinaire appuyé sur des données empiriques
•  Un essai très documenté
•  Des interrogations salutaires sur une problématique de société (ex. quelles pratiques pour supprimer les comportements à risques chez les jeunes ?)

Pour qui ?

Cet ouvrage intéressera toute personne concernée par les prétentions de la santé publique (dont les parents), les professionnels de la prévention de la santé, santé mentale, addictions, mais aussi les professionnels de l’accompagnement des parents, du social, de l’éducation (psychologues, responsables de politiques de santé au niveau municipal, régional et national) ainsi que le milieu universitaire.

Table de matières

INTRODUCTION  
PREMIÈRE PARTIE : ANALYSE MÉTHODOLOGIQUE ET ÉTHIQUE DES INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE EN SANTÉ MENTALE
Chapitre 1 : La formation au formatage de la famille « scientifiquement validée »  
Chapitre 2 : De l’efficacité des méthodes de changement psychologique : analyse critique méthodologique  
Chapitre 3 : Des effets pervers de la simplification
DEUXIÈME PARTIE : ANALYSE SOCIOLOGIQUE ET ÉPISTÉMOLOGIQUE DES LOGIQUES D’INTERVENTION DE SANTÉ PUBLIQUE EN SANTÉ MENTALE
Chapitre 4 : De l’efficacité des méthodes de changement psychologique : analyse critique empirique
Chapitre 5 : De l’efficacité des méthodes de changement psychologique : analyse critique socio-épistémologique  
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
source https://amades.hypotheses.org/5802 du 18/10/2016


samedi 17 décembre 2016

Conférence de presse : bilan de la deuxième mandature (2011-2016) du Haut Conseil de la santé publique

Conférence de presse : bilan de la deuxième mandature (2011-2016)
Créé par la loi du 9 août 2004 et mis en place en 2007, le Haut Conseil de la santé publique a bientôt 10 ans.
Le HCSP a tenu une conférence de presse pour présenter une sélection de travaux de  sa dernière mandature (2011-2016) :
  • Dix ans du HCSP : une institution reconnue et respectée (Roger Salamon)
  • Maladies infectieuses émergentes : faire face aux urgences (Christian Chidiac)
  • Maladies chroniques : vers un diagnostic et une prise en charge précoces (Liana Euller Ziegler)
  • Environnement : réduire les risques pour la santé (Denis Zmirou)
  • Santé sexuelle et reproductive : pour une meilleure lisibilité et efficacité (Zeina Mansour et Éric Billaud)
  • Enseignements de l’évaluation du Plan santé mentale et du Programme prévention du suicide (Viviane Kovess)

À cette occasion un rapport est publié présentant les principaux travaux réalisés durant cette période  Expertise en santé : les travaux du HCSP 2011- 2016. 
Rapport (1034 ko)
Date du document : 13/12/2016
Autres documents
- Bilan des activités du Haut Conseil de la santé publique 2011-2016 Rapport (1856 ko)
Date du document : 13/10/2016Date de mise en ligne : 13/12/2016 Groupe de travail


Communiqué de presse de Conférence de presse : bilan de la deuxième mandature  (148 ko)  Dossier de presse  (545 ko)  Date du document : 13/12/2016 Date de mise en ligne : 13/12/2016

Extraits du dossier de presse bilan de la deuxième mandature (2011-2016)
Enseignements de l’évaluation du plan santé mentale et du programme prévention suicide
Le plan “Psychiatrie et santé mentale 2011-2015” a été évalué par le HCSP qui a formulé des recommandations obéissant toutes à la nécessité d’inscrire la politique de santé mentale de façon pérenne et pilotée à long terme.
Elles sont articulées autour de cinq thèmes :
Permettre aux personnes vivant avec un trouble psychique de faire leurs propres choix de vie, changer leur regard et celui de leurs proches sur leur maladie et les maintenir ou les replacer dans les dispositifs accessibles à tous. L’approche dite du « rétablissement » est privilégiée, la lutte contre les discriminations est soulignée.
Améliorer le parcours de soins des personnes vivant avec un trouble psychique, notamment en favorisant l’articulation entre le médical, le médico-social et les structures s’occupant des questions de handicap.
Encourager la formation et la multidisciplinarité en accordant une attention particulière aux médecins généralistes, aux infirmiers et aux cadres infirmiers, appelés à jouer un rôle croissant dans la prise en charge.
Développer l’évaluation et la recherche évaluative sur les pratiques. Les professionnels des disciplines dites paramédicales et des sciences humaines devraient être encouragés à participer à ces recherches qui doivent être multidisciplinaires et impliquer les patients.
Renforcer le pilotage de la politique en psychiatrie et en santé mentale, notamment en dotant les agences régionales de santé d’un référent en santé mentale et psychiatrie à plein temps. La santé mentale doit être inscrite à l’agenda du Comité interministériel pour la santé et chaque mesure doit faire l’objet d’un suivi.
Le HCSP a également évalué le Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 (PNACS). Il a formulé neuf recommandations, avec comme priorités :
• l’inscription de la prévention du suicide dans le champ de la santé mentale, sans lui attribuer un programme spécifique ; en particulier, elle doit être du ressort du référent santé mentale préconisé par le HCSP dans son évaluation du PPSM 2011-2015 ;
• le ciblage des populations à risque en fonction des données épidémiologiques, notamment en se référant au sexe, à l’âge et aux antécédents de tentatives de suicide ;
• l’inscription du médecin généraliste comme acteur fondamental de la prévention.





mardi 13 décembre 2016

AUTOUR DE LA QUESTION Interview Alain Ehrenberg : «La santé mentale est une question sociale»

Interview Alain Ehrenberg : «La santé mentale est une question sociale»
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Des troubles de la concentration chez l’enfant au stress au travail, les pathologies mentales ne relèvent plus seulement du psychiatre. Pour Alain Ehrenberg, l’auteur de «la Fatigue d’être soi», elles sont au cœur de débats moraux et politiques sur la valeur de nos relations sociales.

Alain Ehrenberg, directeur de recherches au CNRS, est l’auteur de la Fatigue d’être soi, où il retraçait l’histoire de la dépression, qu’il définissait en une «pathologie du changement». Il a publié la Société du malaise (Odile Jacob, 2010), où il analyse le lien entre malheur individuel et société. Le sociologue vient d’être nommé à la tête du tout nouveau Conseil national de la santé mentale, instauré par la ministre Marisol Touraine. Cette instance, au rôle consultatif, a notamment pour mission d’éclairer les choix de l’Etat et de sa politique de santé mentale - sur des sujets aussi divers que la psychose ou le «bien-être» des Français.
Dépression, souffrance au travail… L’Etat a-t-il quelque chose à dire sur notre santé mentale ?
Il faut préciser ce dont on parle quand on parle de «pathologie mentale». On peut les définir, à la suite du Dr Henri Ey, un des maîtres de la psychiatrie française de l’après-guerre, comme des pathologies des idées et de la relation, qui invalident de multiples manières la liberté du sujet atteint. Cela implique qu’elles relèvent, certes, de la santé, mais également, et tout autant, de la socialité de l’homme. La maladie, dans un sens médical, et le mal moral s’y intriquent inexorablement. Or, la situation de ces pathologies s’est profondément modifiée depuis un demi-siècle sous le coup d’une double dynamique : le virage de la prise en charge vers l’ambulatoire et l’élargissement considérable du spectre des pathologies. Les problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des problèmes spécialisés de psychiatrie et de psychologie clinique. Nombre d’entre eux sont devenus aujourd’hui des questions sociales, tandis qu’un nombre sans cesse croissant de questions sociales sont appréhendées au prisme des catégories et entités psychopathologiques. Pensez à la souffrance au travail ou aux troubles de l’hyperactivité et de l’attention chez l’enfant. Ces pathologies étaient des raisons de se faire soigner, elles sont désormais des raisons d’agir sur des relations sociales perturbées. Plus encore, ces entités sont devenues matières à débats à la fois moraux et politiques sur la valeur de nos relations sociales : c’est le thème du malaise dans la société. Cette nouvelle situation de la souffrance psychique dans nos sociétés doit être placée dans une perspective sociologique globale.
C’est-à-dire ?
Mon hypothèse est que l’extension de la souffrance psychique est l’expression des changements dans nos manières d’agir en société qui se sont progressivement instituées à partir du tournant des années 70 : valorisation forte de la liberté de choix, de l’initiative individuelle, de l’innovation et de la créativité, de la transformation de soi, etc. tous ces idéaux placent l’accent sur la capacité à agir de l’individu. Nous entrons dans un individualisme de capacité imprégné par les valeurs et les normes de l’autonomie. Les questions de santé mentale sont devenues, au-delà des pathologies psychiatriques, des soucis transversaux à toute la société parce que ces idéaux mettent en relief une dimension émotionnelle qui était marginale auparavant. Il faut raisonner sur ces problèmes en termes d’action et de passion, au sens du pathos, du subi, de la souffrance. A ces changements dans la manière d’agir (la compétition scolaire, le travail flexible, les perturbations de la famille, etc.) correspondent des changements dans la manière de subir qui se formulent à travers de nouvelles pathologies. En elles, s’intriquent le mal, moral et social, et la maladie.
Certains parlent de «handicaps psychiques» et non plus de «maladies psychiques»…
La notion de «handicap psychique» est une manière de reconnaître qu’il s’agit de pathologies de la liberté. L’ascension de cette référence tient à ce que les personnes atteintes sont prises en charge essentiellement dans la société. Comment faire en sorte que le patient puisse vivre le mieux possible en société ? La réhabilitation psychosociale et l’idée de rétablissement, qui ont connu une montée en puissance, tentent d’y répondre. Leur but central est de permettre aux personnes atteintes de troubles mentaux sévères et durables de surmonter leur handicap psychique et de développer leurs capacités le plus largement malgré les symptômes. La réhabilitation conçoit l’action en jouant sur les atouts de la personne, sur ses potentiels cachés.
En même temps, ces trente ou quarante dernières années sont marquées par la montée en puissance des médicaments ?
Je dirais plutôt des médicaments et des psychothérapies. Les frontières entre drogues illicites et médicaments psychotropes, entre se droguer et se soigner, se sont modifiées dans une perspective de multiplication de soi, des capacités individuelles, ce que les anglo-américains appellent l’«enhancement». Les psychothérapies ont évolué vers des pratiques allant bien au-delà de ce que l’on appelait «soigner» auparavant, pratiques qui consistent à aider les gens à s’aider eux-mêmes : c’est le concept de «compétence sociale» ou «relationnelle» ou encore celui de «savoir être». Bien souvent, elles accompagnent des parcours de vie pour lesquels le thérapeute est plutôt un coach, voir un pair aidant.
Vous évoquez aussi la nécessité dans ce monde de tensions qu’est celui de la santé mentale, de clarifier les désaccords ?
Dans ce domaine, comme dans bien d’autres en France, les acteurs sont divisés, souvent sur des guerres de principes. On a ainsi assisté à des affrontements réguliers entre partisans des neurosciences et des thérapies comportementales et cognitives, d’une part, et partisans de la psychanalyse et des thérapies psychodynamiques, de l’autre. En arrière-plan de ces polémiques, il y a un enjeu général pour la société française : comment protège-t-on les gens dans le monde de la flexibilité et de la globalisation ? La santé mentale est sans doute l’épicentre de cette question via la souffrance sociale : celle-ci est attribuée aux exigences excessives que l’autonomie fait peser sur l’individu. Il y a également des enjeux plus spécifiques : avec les problématiques capacitaires, les métiers et les pratiques ont connu des recompositions parfois dramatiques et ont suscité toutes sortes de tensions et de frustrations. C’est peut-être un des thèmes sur lesquels le Conseil devra apporter une clarification.
De plus, derrière les polémiques auxquelles on assiste régulièrement, dans les pratiques on constate qu’on peut, et même qu’on doit, employer approches cognitives comportementales et approches psychodynamiques, qui peuvent se combiner de multiples manières selon les contextes. Il ne faudrait d’ailleurs pas croire que les professionnels sont immobilisés par leurs conflits. Le rapport de Michel Laforcade [sur la santé mentale, remis officiellement en octobre, ndlr], souligne à quel point des «innovations remarquables» se sont faites jour, montrant les capacités d’adaptation des professionnelles, mais qu’elles en restent à l’état d’expériences et mériteraient d’être à la base d’une «politique de santé plus homogène». Tout cela donne des directions pour l’action publique. Pour cela, il faut sans doute s’intéresser plus à ce que font les professionnels qu’à ce que disent les prêcheurs.
Recueilli par Eric Favereau
* http://www.liberation.fr/france/2016/12/12/alain-ehrenberg-la-sante-mentale-est-une-question-sociale_1534778
 
 
****
 
 
Rappel  : Conseil national de la santé mentale installé en octobre 2016. L’objectif principal de cette instance, qui rassemble les principaux acteurs impliqués dans ce champ, est de développer une approche globale et transversale des enjeux de la santé mentale, pour mieux prévenir les troubles psychiques et psychiatriques et mieux accompagner ceux qui en souffrent.
Présidé par Alain Ehrenberg, sociologue, chercheur au CNRS, le Conseil national de la santé mentale veillera à la cohérence et à l’articulation des politiques des différents champs (prévention, sanitaire, social et médico-social, logement, insertion professionnelle, etc.). Il favorisera la complémentarité des professionnels intervenant dans le parcours de prise en charge des patients.
Quatre axes de réflexion prioritaires ont été fixés par la ministre :
- le bien-être des enfants et des jeunes ;
- la prévention du suicide ;
- le suivi des personnes en situation de grande précarité ;
- l’élaboration d’outils pour faciliter la mise en œuvre des projets territoriaux de santé mentale inscrits dans la loi de modernisation de notre système de santé.
En savoir plus http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2016/10/marisol-touraine-installe-le-conseil.html 

lundi 24 octobre 2016

RECHERCHE ETUDE Suicides et tentatives de suicide dans les EHPAD du Nord Pas-de-Calais

Suicides et tentatives de suicide dans les EHPAD du Nord Pas-de-Calais. MANECHEZ MARIE MÉDECIN GÉRIATRE  CHRU LILLE
http://media.santementale5962.com/intervention-du-dr-manechez-marie-13145.pdf

intervention lors de "La recherche en psychiatrie, à quoi ça sert?  11 oct 2016 Lille
organisé par la  F2RSM
en savoir plus sur la
8e journée scientifique sur le thème "La recherche, à quoi ça sert ?". et lire d'autres interventions
comme par exemples :  CRÉER DES INDICATEURS PERTINENTS POUR LES NOUVEAUX ENJEUX SANITAIRES
Les résultats de l’étude Mopsy
CONTRIBUER A L’ACTION EN SANTÉ PUBLIQUE
La recherche évaluative du dispositif VigilanS
ÉBRANLER LES PARADIGMES ET MIEUX COMMUNIQUER
La recherche-action du programme Papageno
PRENDRE DES DÉCISIONS EN ACCÉDANT A DE L’INFORMATION SUR LES BESOINS ET L’ÉTAT DE SANTÉ MENTALE DE LA POPULATION
Sirsé, un outil interactif d’indicateurs en santé mentale...

http://www.santementale5962.com/recherche-psychiatrie-quoi-sert-pre-programme-ligne.html

lundi 2 mai 2016

RAPPORT Évaluation du programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 & du Plan Psychiatrie et Santé mentale

Évaluation du programme national d’actions contre le suicide 2011-2014
Date du document : 03/03/2016
Date de mise en ligne : 02/05/2016
Groupe de travail
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a évalué le Programme national d’actions contre le suicide (PNACS) 2011-2014.

Il existe selon les données épidémiologiques un lien étroit entre le suicide et la santé mentale. La situation touche de façon inégale la population et les différentes régions françaises. Les conclusions sont mitigées quant à l’impact du programme. On constate d’insuffisantes avancées sur la recherche et l’observation. Le ciblage des populations semble peu adapté, les populations à risque élevé, comme celles ayant déjà fait une tentative de suicide, n’étant pas les plus ciblées pour les actions. Le programme est construit en cohérence avec les modes d’intervention efficaces mis en évidence par l’Inpes. La démarche est bien entamée et à poursuivre sur plusieurs actions, notamment la sensibilisation des médias à la thématique du suicide.

L’évaluation du HCSP porte en particulier sur les points suivants : la pertinence des mesures et actions du programme au regard de ses objectifs, la gouvernance du programme, son pilotage, la mobilisation des acteurs, l’apport du programme dans la politique de prévention du suicide mise en œuvre au niveau régional, la diffusion, l’appropriation des outils élaborés par l’Inpes, l’atteinte des objectifs, l’impact du programme.

Le HCSP formule 9 recommandations générales pour repenser la lutte contre le suicide. Parmi celles-ci, promouvoir un double objectif de prévention générale et de prévention spécifique, inscrire la prévention du suicide dans le champ de la santé mentale, cibler les populations à risque.
Rapport (2696 ko)
http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=554 

***

Évaluation du plan psychiatrie et santé mentale 2011-2015
Rapport  (2604 ko)
Date du document : 10/03/2016
Date de mise en ligne : 02/05/2016
Groupe de travail

Autres documents portant sur


Le Plan psychiatrie et santé mentale 2011-2015 a été évalué par le HCSP.
Ce plan a été construit autour d’objectifs stratégiques avec un rôle central des agences régionales de santé pour sa mise en œuvre. Il est décliné autour de quatre axes pour prévenir et réduire les ruptures :
  1. au cours de la vie ;
  2. selon les publics et les territoires ;
  3. entre la psychiatrie et son environnement sociétal ;
  4. entre les savoirs.
Le HCSP dresse les constats suivants : ce plan est consensuel et pertinent. On constate des progrès dans la reconnaissance du rôle des personnes vivant avec des troubles psychiques et de leur entourage. Les études et les recommandations sur le handicap psychique se sont développées. On a assisté à un rôle accru des secteurs médico-social et social, et à un début de rééquilibrage de l’offre de soins. La santé somatique est mieux prise en compte et une attention a été apportée à la prise en charge en urgence et à l’accès aux soins des populations défavorisées.
Il persiste cependant des difficultés : notamment une hétérogénéité des pratiques de soins et des moyens. Le HCSP regrette l’absence de remboursement des soins de psychothérapie.
Le HCSP recommande d’inscrire la politique de santé mentale et de psychiatrie de façon pérenne et pilotée à long terme, avec une dimension interministérielle, plutôt que de mettre en place des plans successifs.

Une enquête qualitative dans 5 régions a permis d’enrichir cette évaluation. Le rapport comporte 64 recommandations déclinées autour de cinq thèmes principaux : organisation des actions, prévention, développement des formations et soutien de la recherche, amélioration de l’accès aux soins, et amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec un trouble psychique.
Lire aussi :

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Article sur le sujet

Santé mentale et psychiatrie : le HCSP plaide pour une politique nationale pérenne Coline Garré
| 03.05.2016 Lequotidiendumedecin.fr *
Le Plan psychiatrie et santé mentale (PPSM) 2011-2015 avait pour objectif de « prévenir et réduire les ruptures pour mieux vivre avec des troubles psychiques », et comme caractéristique d'être mis en œuvre par les agences régionales de santé (ARS). C'est le premier plan de santé publique lancé après la loi HPST. Articulé autour de 4 axes, il n'était assorti ni de mesures ni d'objectifs concrets et quantifiés. Il était donc difficile de se prononcer sur son impact direct. Néanmoins, construit avec les acteurs de la santé mentale, c'est un plan « consensuel est pertinent », en termes de stratégie, eu égard aux besoins, évalue aujourd'hui le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) dans un rapport de près de 230 pages, en réponse à la saisine de la Direction générale de la santé (DGS) de novembre 2014.
Meilleure reconnaissance des personnes

Ce plan a permis des progrès dans la reconnaissance des personnes vivant avec des troubles psychiques, salue le HCSP. Il a aussi permis l'éclosion d'études, suivies de recommandations, sur le handicap psychique, issues d'instances comme la Haute Autorité de santé, l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité (ANESM), la Direction de la recherche, des études et statistiques (DREES), ou encore l'Institut de recherche en santé publique.

Les secteurs médico-social et social tendent à mieux se coordonner avec le sanitaire, grâce à des formations croisées, la co-construction de projets ou des évaluations partagées des besoins. La santé somatique commence à être davantage prise en compte, comme le traduit le recrutement de généralistes par les établissements psychiatriques. L'urgence psychiatrique se structure et prend mieux en considération les populations défavorisées, grâce aux équipes mobiles, par exemple.
Hétérogénéité des pratiques et moyens, délais d'attente, benzodiazépines

Néanmoins, le HCSP déplore une trop grande hétérogénéité des pratiques et des moyens sur le terrain. Et de citer, par exemple, l'utilisation de la chambre d'isolement, de la contention, ou de contraintes de soins, des pratiques d'intervention à domicile, ou encore des aides au quotidien en termes d'accès au logement et à l'emploi.

Le HCSP dénonce les délais d'attente pour une première consultation, qui se révèlent cruels en pédopsychiatrie, entraînant des retards de diagnostic. Il déplore une surmédicalisation du mal-être (avec des consommations de benzodiazépines préoccupantes) et se positionne en faveur d'un remboursement des soins de psychothérapie.

À la place d'une succession de plans, le Haut Conseil réclame une politique de santé mentale pérenne, pilotée à long terme, avec une dimension interministérielle et des indicateurs de suivi. Pour la définir, il recommande la mise en place d'une instance nationale de santé mentale associant usagers, professionnels du sanitaire et du médico-social et élus, tandis qu'au niveau régional, un référent santé mentale au sein des ARS doit la rendre opérationnelle.
Repenser la lutte contre le suicide

Dans un second rapport mis en ligne concomitamment, le HCSP déplore un mauvais ciblage du programme national d'actions contre le suicide 2011-2014, tant en termes de populations (les plus à risque étant peu prises en compte) que de professionnels de santé (les généralistes pourraient être mieux sensibilisés).

De nouveau, le HCSP étrille la gouvernance, qui, à l'échelon national, manque de transversalité, et à l'échelon régional, n'a pas fait l'objet d'un investissement de la part des ARS. « Le programme peut sembler inachevé, au sens où il n'est pas allé jusqu'à fixer des objectifs chiffrés en termes de réduction des suicides et des tentatives, le rendant ainsi moins lisible et concret aux yeux des acteurs qui le mettent en œuvre », lit-on. Le HCSP souligne aussi le frein qu'a constitué le manque de moyens financiers alloués.

En termes de recherche, les avancées sont insuffisantes depuis 2011, tance le HCSP qui réclame davantage de moyens pour la mise en place d'une recherche évaluative en santé mentale. Seul trouve grâce à ses yeux le programme de sensibilisation des étudiants en journalisme au suicide, intitulé Papageno, qu'il suggère d'élargir à la communication institutionnelle.

Le HCSP recommande in fine de promouvoir un double objectif : prévention générale en amont, et prévention spécifique visant à réduire le nombre de suicides à court terme, notamment en ciblant les populations à risque et en fixant des objectifs chiffrés. Cette politique de prévention du suicide devra s'intégrer à d'autres plans nationaux, comme celui de santé mentale, mais aussi ceux touchant les jeunes, les personnes âgées, et la santé au travail.

Source : Lequotidiendumedecin.fr -http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/05/03/sante-mentale-et-psychiatrie-le-hcsp-plaide-pour-une-politique-nationale-perenne_808941?

lundi 3 septembre 2012

ARTICLE Santé :Les jeunes oubliés de la santé publique sur vivapresse du 1/09/2012

Santé :Les jeunes oubliés de la santé publique sur vivapresse du 1/09/2012
Sexualité, contraception, mal-être… les jeunes ont des besoins spécifiques de santé. des structures existent pour les accueillir, les informer, les soigner, quelle que soit leur situation familiale et financière. Mais certaines sont menacées de disparition.

Les jeunes vont plutôt bien. En revanche, la politique de santé à leur égard va mal. En février dernier, la Société française pour la santé de l’adolescent (Sfsa) et d’autres associations* ont lancé un manifeste « Pour une politique de santé en faveur des jeunes » en direction des pouvoirs publics. « Nous voulons alerter sur le manque de moyens. Ces dernières années, la seule avancée dans le champ de la santé des jeunes a été la création de Maisons pour adolescents, souligne le Dr Paul Jacquin, directeur de la Maison des adolescents à l’hôpital Robert-Debré (Paris). Mais, aujourd’hui, on court après les sous en permanence au lieu de nous occuper de nos patients. C’est très précaire. Je sais déjà que, là où j’exerce, je n’ai pas de budget pour l’année prochaine.  »
Des financements réduits de moitié en trois ans
Tous les dispositifs sont touchés. En trois ans, l’Etat a diminué les financements des espaces santé jeunes de moitié, les faisant passer de 9,7 millions d’euros, en 2008, à moins de 5 millions en 2012. Résultat : une cinquantaine de structures ont fermé. Pourtant, ces espaces accueillent chaque année 10 000 jeunes individuellement et 50 000 collectivement et leur utilité n’est plus à démontrer. Par exemple, la mise en place d’un projet de prévention du suicide entre l’espace santé jeunes de Salon-de-Provence et les urgences de l’hôpital a permis de réduire le taux de récidives de 35 % à 3 %.
«  Les conséquences de ces fermetures sont très lourdes, lâche Max Daniel, président de la Fédération des espaces santé jeunes. Tous les jeunes sont concernés, mais encore plus ceux qui sont en difficulté ou qui habitent dans les zones rurales ou périurbaines. Ceux-là devront se débrouiller seuls pour avoir accès aux soins, car si on ne va pas vers eux, ils ne consultent pas.  » Ces jeunes qui ont décroché du système, le Dr Joël Dutertre, généraliste dans plusieurs missions locales de la région parisienne, les connaît bien : « La médecine libérale ne leur est pas adaptée, il faut prendre rendez-vous, aller dans le centre-ville, attendre, payer… Il faut aller les pêcher. C’est au hasard d’une rencontre avec un conseiller de la mission que l’on découvre qu’ils ont un problème d’abcès dentaire ou de dyslexie.  » Il y aurait environ 20 % des jeunes en grande précarité, qui se retrouvent parfois dans les points accueil écoute jeunes. Mais ces lieux sont également menacés  : environ 50 ont dû arrêter leur activité faute de subsides. Selon Marc Leray, président de leur association nationale, «  c’est plus d’un million de jeunes en situation de mal-être, souvent en rupture de liens social et familial, qu’on a abandonnés  ».
Une médecine scolaire misérable
La situation n’est guère plus reluisante du côté de la médecine scolaire , parent pauvre de la santé publique, ou du Planning familial, qui a vu disparaître 180 centres. Le nombre d’équipes pratiquant des Ivg (environ 15 000 mineures avortent chaque année) a été divisé par deux depuis dix ans. «  On est dans un vent de misère qui met en cause la santé des jeunes  », assure le Dr Jacquin.
Une pénurie qui touche aussi la pédopsychiatrie  : « La liste d’attente pour une première consultation au centre médico-psychologique de Montreuil [Seine-Saint-Denis] est de six mois, affirme le Dr Roger Teboul, responsable de l’unité Ado 93 à l’hôpital de cette ville et président de l’Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile (Api). Il y a certainement des jeunes qui passent à côté des soins. Il y en a pas mal qui souffrent, même si ça ne se voit pas. La société est assez violente et, sans vouloir psychiatriser les problèmes sociaux, la précarité déstabilise et entraîne des difficultés qui se répercutent sur le mental. C’est criant en Seine-Saint-Denis.  »
Etudiants : les prémices d’une crise sanitaire
Dans la liste des laissés-pour-compte de la politique de santé de la jeunesse, les étudiants ne sont pas épargnés. Une récente enquête (voir encadré) montre qu’ils ont de plus en plus de difficultés pour se soigner. Et seuls 32 % ont bénéficié d’une visite médicale dans le cadre de la médecine préventive universitaire. Pour Gabriel Szeftel, président de la Mutuelle des étudiants, le constat est sans appel : « Nous sommes dans les prémices d’une crise sanitaire. On crée une génération qui ne recourt pas à la prévention.  »
Le problème d’autonomie financière accroît encore les obstacles. En 1975, on trouvait son premier emploi en moyenne à 20,5 ans. Actuellement, c’est à 27 ans. «  On retrouve de plus en plus de jeunes dans les consultations précarité des Restos du cœur ou dans les dispositifs pour pauvres, affirme le Dr Jacquin. Quand ils vivent dans leur famille et qu’ils ont une angine, ça va, mais s’ils ont besoin de consulter pour une contraception, un mal-être, leur consommation de cannabis…, c’est plus compliqué car tout ce qui est fait alors l’est au vu et au su des parents.  » Une consultation annuelle gratuite à partir de 16 ans avait été annoncée dans le cadre du plan santé-jeunes 2008-2010, mais elle n’a toujours pas vu le jour.
“Il faut des dispositifs généralistes” pour les jeunes
Autres inquiétudes : le déficit prévu de pédiatres et de pédopsychiatres dans les prochaines années et l’absence de coordination nationale dans la prise en charge de la santé des jeunes. «  Il faudrait une véritable politique interministérielle de la jeunesse qui permette de pérenniser les budgets, déclare Max Daniel. Actuellement, quand l’Etat a besoin d’argent pour une structure, il déshabille Paul pour habiller Pierre. Il n’y a pas de cohérence d’ensemble, tout est segmenté. On a du mal à voir l’offre de soins sur tout le territoire.  »
Parallèlement, la tendance est à la stigmatisation. «  On découpe la jeunesse en rondelles en créant des dispositifs spécifiques : cannabis, alcool, absentéisme scolaire, etc. C’est très opérant pour l’administration, cela permet de faire des statistiques, mais c’est inefficace, dénonce le Dr Jacquin. Il faut des dispositifs généralistes dans lesquels on vient parce qu’on est jeune, pas parce qu’on est drogué. C’est comme si on assimilait les jeunes à une classe dangereuse que l’on veut faire rentrer dans une case. On ne peut pas construire une société sur une jeunesse aussi mal vue.  » Autrement dit par le Dr Teboul, «  à part l’élite qui est toujours bien traitée, on manque de considération pour les jeunes  ».

-  [03.09.12]   Brigitte Bègue
* Site Internet : www.sfsante-ado.org



INFO +++
Concernant l’expérience mentionnée ’un projet de prévention du suicide entre l’espace santé jeunes de Salon-de-Provence et les urgences de l’hôpital"

RETOUR D’’EXPÉRIENCE
Réussites à l’Espace Santé Jeunes de Salon A travers un projet spécifique de prévention de la récidive
du suicide avec les urgences de l’hôpital Salon-de- Provence, le taux de récidive est passé de 35% en
moyenne à 3%. La méthode choisie par l’équipe de l’ESJ a été de fournir une réponse adaptée à chaque jeune à travers 4 approches : art thérapie, psychodrame, atelier d’écriture et suivi psychologique. Ce projet fonctionne aujourd’hui mais est remis en cause faute d’un cofinancement assuré de l’Etat.
Source - La Gazette de la Fédération n°1 – septembre 2011- http://www.fesj.org/IMG/pdf/la_gazette_de_la_fede_no1.pdf
Coordonnées: MDA Nord des Bouches du Rhône  94 rue Labadie  13300 Salon-de-Provence
Tél. : 04.90.56.78.89  Fax : 04.90.56.99.54  @ :ESJ-SALON@wanadoo.fr
http://www.mda13nord.fr/

vendredi 24 août 2012

NOTES ARTICLE USA Les dépenses publiques sur la santé mentale abaissent-t-elles les taux de suicide ?

RECHERCHE ÉTATS UNIS
Les dépenses publiques sur la santé mentale abaissent-t-elles les taux de suicide ? Titre original : Does state spending on mental health lower suicide rates? Justin M. Ross, Pavel A. Yakovlev, Fatima Carson Dans The Journal of Socio-Economics Volume 41, Issue 4, August 2012, Pages 408–417
En utilisant les données publiées récemment sur ​​les dépenses publiques de santé mentale par les Etats Unis de 1997 à 2005, cette étude est la première à examiner l'effet des dépenses de santé en santé mentale sur les taux de suicide. L'effet des dépenses publiques par habitant en santé mentale sur le taux de suicide est qualitativement petit et manque de signification statistique. Ce résultat tient au travers des différentes techniques d'estimation, du sexe et des groupes d'âge. Les estimations suggèrent que les politiques des dépenses publiques de santé mentale visant à la croissance des revenus, la prévention du divorce ou de soutien et d'aide aux personnes à faible revenu pourraient être plus efficaces dans la prévention du suicide .

Le point en recherche

▶ L'effet des dépenses publiques de santé mentale de l’État par habitant est quantitativement faible et n'est pas statistiquement significative dans la réduction de l'incidence du suicide chez les hommes et les femmes. ▶ Ces résultats ne signifient pas que le traitement de la santé mentale est inefficace, c'est juste que les niveaux actuels de dépenses publiques de santé mentale, semble y avoir peu ou pas d'effet significatif sur les taux de suicide. ▶ les dépenses d'assistance sociale publique ont un impact comparable à celle des dépenses publiques de santé mentale dans la réduction des taux de suicide ▶ Les politiques visant à améliorer la croissance du revenu et un soutien financier pour les personnes à faible revenu sont plus susceptibles d'être efficaces pour réduire les taux de suicide. ▶ la recherche à venir devraient examiner l'efficacité des dépenses de santé sur sur d'autres objectifs de santé mentale (troubles de l'alimentation, la toxicomanie, etc.)

TEXTE ORIGINAL


Does state spending on mental health lower suicide rates? Justin M. Rossa, Corresponding author contact information, E-mail the corresponding author, Pavel A. Yakovlevb, E-mail the corresponding author, Fatima Carsonc, E-mail the corresponding author

  • a School of Public & Environmental Affairs, 1315 East Tenth Street, Indiana University, Bloomington, IN 47405, United States
  • b Department of Economics and Quantitative Sciences, A.J. Polumbo School of Business, 600 Forbes Avenue, Duquesne University, Pittsburgh, PA 15282, United States
  • c Strategic Development Group, Inc., 2901 North Walnut Street, Bloomington, IN 47404, United States

Volume 41, Issue 4, August 2012, Pages 408–417

Abstract

Using recently released data on public mental health expenditures by U.S. states from 1997 to 2005, this study is the first to examine the effect of state mental health spending on suicide rates. We find the effect of per capita public mental health expenditures on the suicide rate to be qualitatively small and lacking statistical significance. This finding holds across different estimation techniques, gender, and age groups. The estimates suggest that policies aimed at income growth, divorce prevention or support, and assistance to low income individuals could be more effective at suicide prevention than state mental health expenditures.

Research highlights

▶ The effect of per capita state public mental health expenditures is quantitatively small and is not statistically significant in reducing the incidence of suicide among males and females. ▶ These results do not imply that mental health treatment is ineffective, just that at current levels of public mental health spending, there appears to be little to no marginal effect on suicide rates. ▶ In reducing state suicide rates, state public welfare expenditures have a magnitude comparable to that of public mental health expenditures. ▶ Policies directed towards improving income growth and financial support for low income individuals are more likely to be effective at reducing suicide rates. ▶ Future research should examine effectiveness of state mental health spending on other mental health objectives (e.g. eating disorders, substance abuse, etc).

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1053535710001381

SANTE PUBLIQUE ET STIGMATISATION

A lire le dans La santé de l'homme, INPES
N° 419 - mai-juin 2012
 

L'article "Stigmatisation sociale et santé publique : les enjeux éthiques" de Béatrice Lamboy PhD, chef du département Évaluation et expérimentation, direction des Affaires scientifiques, Inpes


"La stigmatisation, danger inhérent à toute action de santé publique, sape la prévention et, de surcroît, peut être délétère pour la société. L’anthropologue québécois Raymond Massé explique pourquoi l’absence de réflexion éthique sur les impacts des interventions de santé publique « n’est plus acceptable ». Il faut notamment former les intervenants quant aux coûts sociaux et éthiques des programmes d’intervention qu’ils mettent en application. Une santé publique éthique passe par la responsabilisation de ceux qui la mettent en œuvre au quotidien et des autorités politiques qui les mandatent."
"L’un des enjeux éthiques importants qui en découle – d’ailleurs pratiquement absent des codes éthiques mentionnés"– est celui de la stigmatisation  sociale de certains sous-groupes étiquetés  comme étant à risque."

Extraits
" De la même façon, certains ont refusé de participer à un programme de dépistage de prévention de
la violence conjugale, craignant que tous les membres des communautés ethniques ciblées ne soient étiquetés
« batteurs de femmes ». L’association de la population inuit à l’alcoolisme ou au suicide est un exemple manifeste d’étiquetage ethnique apparu suite aux résultats d’enquêtes épidémiologiques médiatisées. L’étiquetage peut, encore,toucher des quartiers ; le fait de cibler certains quartiers défavorisés pour l’implantation de programmes de prévention des abus et négligences envers les enfants est tout autant à risque de stigmatiser l’ensemble des habitants. Il peut toucher des travailleurs et des secteurs économiques. Des travailleurs d’une usine associée à une forte prévalence d’un type de cancer risquent d’être stigmatisés par les membres de leur réseau social et victimes de discrimination de la part de compagnies d’assurance ou de futurs nouveaux employeurs." P10

A télécharger : http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-419.pdf

A lire également dans le même numéro "Stigmatisation, homophobie et boucs émissaires" de Éric Verdier Psychologue  communautaire, Chef du pôle Discriminations, violence et santé, Ligue française pour la santé mentale, Paris


A télécharger : http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-419.pdf