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lundi 4 octobre 2021

SUEDE L’expression des sentiments chez les enfants pour prévenir le suicide

L’expression des sentiments chez les enfants pour prévenir le suicide
L'initiative du livre sur les émotions pour les enfants est mise sur pied par l'Association nationale suédoise de prévention du suicide
Le 15-18Publié le 27 septembre 2021

En Suède, tous les parents d'enfants de 9 ans ont reçu par la poste un livre rédigé par des spécialistes de l'enfance, dont l'objectif est d'apprendre aux fillettes et aux garçons à reconnaître leurs émotions et à bien les exprimer. Cette initiative en est à sa deuxième année et a pour but de prévenir le suicide. Comme l'explique notre journaliste cambrioleuse Hélène Mercier, il ne s'agit toutefois pas d'un livre sur le thème du suicide, mais bien sur les émotions des enfants.

Selon les recherches d’Hélène Mercier, de nombreuses études démontrent que les enfants qui sont capables de bien identifier leurs émotions et de les exprimer plus aisément ont moins de risque, à l’âge adulte, de faire une dépression et de s’enlever la vie. 

Émission à écouter https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/chronique/372703/prevention-suicide-enfants-emotions-suede

 INFO + 

Veuillez en savoir plus sur https://www.suicidezero.se/livsviktenasnack/
"
Les enfants qui peuvent parler d'émotions se sentent mieux. La recherche montre que les enfants qui peuvent exprimer ce qu'ils ressentent sont mieux équipés pour faire face aux défis de la vie. Voici des connaissances, des conseils et des exercices pratiques qui vous aideront, vous et votre enfant, à pratiquer exactement cela.
Livsviktiga snack (discussions vitales) sont également disponibles sous forme de livre que vous pouvez télécharger ici : https://www.suicidezero.se/livsviktigasnack/Boken_Livsviktiga_Snack_2021.pdf. 

https://www.suicidezero.se/livsviktigasnack/

Livsviktiga snack - Ladda ner boken

samedi 22 mai 2021

Suède : Avicii : Une immense salle de spectacle de Stockholm rebaptisée en son hommage !

Avicii : Une immense salle de spectacle de Stockholm rebaptisée en son hommage !

Ecrit par

Une décision prise avec la Fondation Tim Bergling. 

La nouvelle vient de tomber ! L'Ericsson Globe, l'un des bâtiments les plus emblématiques de Stockholm, va changer de nom pour se nommer la Avicii Arena. En cause ? Une récente décision de la part des exploitants de cette immense salle de spectacle qui souhaitaient rendre hommage à l'une des plus grandes stars suédoises du XXIe siècle. Une décision prise en accord avec la Fondation Tim Bergling, créée par la famille du défunt pour soutenir les personnes et associations travaillant dans le domaine de la santé mentale et de la prévention du suicide.

Décédé il y a trois ans, l'artiste natif de la capitale suédoise aura désormais une salle de spectacle de près de 16 000 places qui portera son nom. Un bel hommage pour le Dj et producteur et surtout un clin d'œil aux innombrables fois où il a fait danser les foules. "À partir d'aujourd'hui, Avicii Arena est le nouveau nom de l'arène emblématique en forme de globe en Suède. L'Avicii Arena devient un symbole et un lieu de rencontre pour une initiative axée sur la santé mentale des jeunes." peut-on lire en légende d'une récente publication sur le compte Facebook d'Avicii. A noter également qu'un musée consacré au DJ devrait voir le jour à Stockholm d'ici la fin de l'année.

Le géant de la téléphonie cède le pas au géant de l'électro. L'Ericsson Globe de Stockholm, l'un des bâtiments les plus connus de la capitale suédoise s'appellera désormais l'Avicii Arena. Il a été ainsi rebaptisé en hommage au DJ suédois, natif de Stockholm, décédé il y a trois ans, ont annoncé mercredi ses exploitants. «Le nouveau nom n'est pas seulement un hommage à l'un des plus grands artistes suédois de notre temps», mais également «un symbole et un lieu de rencontre pour les initiatives axées sur la santé mentale des jeunes et l'avenir de l'Europe», a indiqué dans un communiqué Stockholm Live, qui gère l'immense salle omnisports et de spectacle. 

https://www.virginradio.fr/avicii-une-immense-salle-de-spectacle-de-stockholm-rebaptisee-en-son-hommage-a759941.html

jeudi 4 mars 2021

ETUDE RECHERCHE SUEDE Parentalité et risque suicidaire

Parentalité, un moindre risque de suicide

Publié le 03/03/2021 https://www.jim.fr*
Réalisée à partir des registres nationaux de Suède portant sur plus d’un million et demi de personnes (hommes et femmes) nées entre 1967 et 1985 et suivies de 1992 à 2011, une étude de cohorte vise à déterminer si la parentalité « est associée à un plus faible risque de suicide. » L’exploitation statistique des données s’est faite sur les modèles de régression de Cox[1] avec un statut parental variable dans le temps afin d’évaluer les rapports de risques ajustés (HR) et les intervalles de confiance (IC) à 95% pour le risque de suicide.

Les auteurs constatent que le fait d’avoir un ou plusieurs enfants est associé à un taux de suicide plus faible, par rapport à une absence d’enfant : dans les modèles ajustés, cette réduction du taux de suicide est pour un, deux ou trois enfants, respectivement de 64 %, 79 % et 78 %. En prenant en compte chez les participants à cette enquête épidémiologique un large éventail d’indicateurs (tels que les facteurs socio-démographiques, professionnels, les antécédents psychiatriques, les aspects de la personnalité, le quotient intellectuel et la forme physique), on observe une réduction du risque de suicide de 58 % chez les parents avec un enfant (Hazard Ratio HR = 0,42 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,36–0,48) et de 70 % chez les parents avec deux enfants (HR = 0,30 ; IC 0,25–0,35) ou plus de deux enfants (HR = 0,30 ; IC 0,21–0,42), comparativement aux personnes sans enfant.  

Cette réduction du risque de suicide associée à la parentalité se révèle plus marquée pour les mères (respectivement –70 %, –83 % et –93 % avec un, deux ou trois enfants) que pour les pères (respectivement –54 %, –64 % et –59 % avec un, deux ou trois enfants), par rapport aux personnes sans enfant. Les auteurs estiment ainsi que, pour les personnes de 25 à 44 ans (classe d’âge de la population étudiée), la parentalité semble constituer « un effet protecteur probable vis-à-vis du suicide », à la fois chez les hommes et chez les femmes, mais dans une plus large mesure chez les femmes, et en particulier chez les parents de deux enfants ou plus.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Regression_de_Cox

Dr Alain Cohen
Référence
Dehara M et coll.: Parenthood is associated with lower suicide risk: a register-based cohort study of 1.5 million Swedes. Acta Psychiatrica Scandinavica, 2021; 143: 206–215.
https://www.jim.fr/e-docs/parentalite_un_moindre_risque_de_suicide__186670/document_actu_med.phtml

samedi 23 janvier 2021

ETUDE RECHERCHE SUEDE Mort par suicide chez les personnes autistes : Au-delà du poisson-zèbre

Mort par suicide chez les personnes autistes : Au-delà du poisson-zèbre
22 janv. 2021 Par Jean Vinçot Blog : Le blog de Jean Vinçot

Un commentaire de l'étude danoise récemment publiée. Analyse des facteurs de risque, des recherches nécessaires. Sara Luterman : "des millions de dollars sont consacrés aux poissons zèbres génétiquement modifiés et aux rats qui font trop de toilettage, mais presque rien pour découvrir pourquoi tant d'adultes autistes font des tentatives de suicide"

 jamanetwork.com Traduction de "Death by Suicide Among People With Autism: Beyond Zebrafish" - 12 janvier 2021 - Commentaire par Mikle South, PhD1 ; Andreia P. Costa, PhD2 ; Carly McMorris, PhD3

Lire la suite https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/blog/220121/mort-par-suicide-chez-les-personnes-autistes-au-dela-du-poisson-zebre

jeudi 21 janvier 2021

ETUDE RECHERCHE SUEDE Risque de suicide chez les réfugiés par rapport aux migrants non réfugiés et à la population native de Suède

 D'apres article  Davantage de suicides parmi les réfugiés ? Publié le 19/01/2021 https://www.jim.fr*

Afin de vérifier si le statut de réfugié constitue un facteur de risque supplémentaire de suicide (comme on le suppose parfois), une étude a comparé les probabilités de suicide chez des sujets nés en Suède et chez des immigrés dans ce pays, réfugiés ou non réfugiés (venant des mêmes régions géographiques).

En s’appuyant sur les registres démographiques nationaux concernant une population de près d’un million et demi de personnes (nées entre 1970 et 1984, suivies depuis leur seizième anniversaire ou leur date d’arrivée en Suède jusqu’à leur décès éventuel) et sur des modèles à risque proportionnel (régression de Cox)[1], les auteurs ont réalisé une étude de cohorte pour évaluer les rapports de risque ajustés pour l’éventualité de suicide, en fonction du statut (migrant réfugié, migrant non réfugié, ou sujet né en Suède) et d’autres paramètres (âge, sexe, région d’origine, revenus).

Moins de suicides que chez les « natifs » suédois dans les 5 premières années après l’arrivée dans le pays

Les auteurs n’observent « pas de différences significatives » pour le risque de suicide chez les migrants réfugiés, comparativement aux migrants non réfugiés : rapport des cotes = 1,28 ; intervalle de confiance à 95 % [0,93–1,76]. Mais contrairement à ce qu’on pouvait imaginer a priori, en pensant que les difficultés du parcours migratoire constituent un facteur intrinsèque de risque suicidaire, ces deux groupes (migrants réfugiés et non réfugiés) ont « un risque de suicide plus faible que les sujets nés en Suède » : au cours des cinq premières années passées en Suède, aucun immigré n’est mort par suicide. Cependant, après plus de vingt à trente ans dans ce pays d’accueil, on constate une équivalence des risques de suicide entre les migrants et la population native de Suède : rapport des cotes = 0,94 [0,79–1,22]. Et après ajustement pour tenir compte des revenus, ce risque de suicide est même significativement plus faible pour les migrants que pour la population née en Suède.

Au terme de cette étude, les auteurs estiment ainsi que « le fait d’être réfugié ne constitue pas un facteur de risque supplémentaire de suicide. » Par contre, leurs constats suggèrent que la convergence observée au fil du temps dans le risque suicidaire entre les migrants et la population née en Suède peut découler, au moins en partie, des difficultés liées à l’acculturation et aux privations socio-économiques rencontrées après l’immigration.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Regression_de_Cox & https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cox_(statisticien)

Dr Alain Cohen

Référence
Hollander AC coll.: Suicide risk among refugees compared with non-refugee migrants and the Swedish-born majority population. Br Journal Psychiatry, 2020; 217: 686–692.
https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/davantage_de_suicides_parmi_les_refugies__186097/document_actu_med.phtml

lundi 7 décembre 2020

ETUDE RECHERCHE SUEDE Risque de suicide chez les personnes atteintes de troubles de stress post-traumatique: une étude de cohorte de 3,1 millions de personnes en Suède

D’après article "PTSD contributes to suicide risk, particularly for women" 30 November 2020

https://www.ucl.ac.uk*

Les femmes souffrant de stress post-traumatique (PTSD) ont près de sept fois plus de chances que les autres femmes de se suicider, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'UCL.

L'étude portant sur plus de 3 millions de personnes en Suède, publiée dans le Journal of Affective Disorders, a révélé une relation similaire mais plus faible chez les hommes, qui avaient quatre fois plus de risques de mourir par suicide s'ils avaient reçu un diagnostic de PTSD.

Le délai moyen entre le diagnostic de PTSD et le suicide était de moins de deux ans et demi, ce qui, selon les chercheurs, souligne la nécessité de traiter rapidement le PTSD.

L'auteur principal, le Dr Alexandra Pitman (UCL Psychiatry), a déclaré : "Notre étude montre comment l'investissement dans les ressources de santé mentale peut sauver des vies, car nous pensons que si plus de personnes étaient traitées efficacement pour le PTSD, les suicides pourraient être évités.

"Nous pensons que le risque de suicide devrait être intégré dans les directives cliniques pour le traitement du PTSD afin que les professionnels de la santé mentale en soient conscients en ce qui concerne le facteur de risque".

L'équipe de recherche, dirigée par des universitaires de l'UCL et de l'Institut Karolinska en Suède, a examiné les dossiers médicaux de 3,2 millions de personnes en Suède, dont 22 361 avaient été diagnostiquées comme souffrant de PTSD, et un total de 6 319 cas de suicide. Alors que des études précédentes ont révélé que le PTSD est un facteur de risque de suicide, la taille très importante de l'échantillon de l'étude actuelle a permis aux chercheurs de découvrir pour la première fois des différences entre les sexes.

Ils ont constaté que le taux de suicide était 6,7 fois plus élevé chez les femmes souffrant de PTSD que chez celles qui n'en souffrent pas, après ajustement pour tenir compte d'autres facteurs démographiques. Sur l'ensemble de l'échantillon de l'étude, le taux de suicide était de 12,9 pour 100 000 personnes-années, passant à 53,9 chez les personnes ayant reçu un diagnostic de PTSD (67,2 pour les hommes, qui sont généralement confrontés à un taux de suicide plus élevé que les femmes).

Les chercheurs ont constaté que 3,5 % des suicides chez les femmes pouvaient être dus à un PTSD et 0,6 % des suicides chez les hommes, ce qui suggère que jusqu'à 1,6 % de tous les suicides pourraient être évités si personne ne souffrait de PTSD. Jusqu'à 54 % des suicides chez les personnes souffrant de PTSD sont dus à ce trouble.

Les chercheurs affirment que les différences entre les sexes peuvent être dues à des différences dans les causes du PTSD, potentiellement influencées par la stigmatisation entourant l'agression sexuelle qui est une cause commune de PTSD chez les femmes, ou encore à des différences dans les traitements, ou dans la façon dont les femmes et les hommes évaluent cognitivement le traumatisme, bien que les chercheurs ne puissent pas tirer de conclusions sur la base de ces résultats.

Le Dr Pitman a déclaré : "Jusqu'à une personne sur vingt peut souffrir de PTSD au cours de sa vie, et potentiellement jusqu'à une femme sur dix. Le PTSD peut avoir des conséquences dévastatrices, il est donc urgent d'approfondir la recherche sur ces différences entre les sexes et d'investir davantage dans les soins aux personnes présentant des symptômes de SSPT".
Liens

https://www.ucl.ac.uk/news/2020/nov/ptsd-contributes-suicide-risk-particularly-women

Étude citée  :

Research paper
Suicide risk in people with post-traumatic stress disorder: A cohort study of 3.1 million people in Sweden
VerityFoxa  ChristinaDalman bc HenrikDal bAnna-ClaraHollander b James B.Kirkbride a1 AlexandraPitman ad1

a Division of Psychiatry, UCL, London, W1T 7NF, United Kingdom
b
Department of Global Public Health, Karolinska Institutet, Sweden
c
Centre for Epidemiology and Social Medicine, The Region Stockholm, Sweden
d
Camden and Islington NHS Foundation Trust, London, NW1 0PE, United Kingdom

Received 29 July 2020, Revised 28 September 2020, Accepted 4 October 2020, Available online 8 October 2020.

Highlights

• PTSD is a risk factor for suicide, particularly in women.
•
Risk is primarily attenuated by suicide attempts pre-PTSD diagnosis.
•
PTSD accounts for 0•6% of suicides in men and 3•5% in women.
•
Up to 54% of suicides in people with PTSD are attributable to PTSD.

Abstract

Background

It is unclear whether post-traumatic stress disorder [PTSD] is associated with suicide risk in the general population, whether this differs by sex, or what the population impact of PTSD is for suicide.

Methods

We constructed a nationwide cohort of all people living in Sweden, born 1973–1997, followed from their 14th birthday (or immigration, if later) until suicide, other death, emigration or 31 December 2016. We used Cox proportional hazards regression to estimate hazard ratios [HR], and calculated the population impact of PTSD on suicide. We included sensitivity analyses to explore effects of outcome and exposure definitions, and to account for potential competing risks.

Results

Of 3,177,706 participants, 22,361 (0•7%) were diagnosed with PTSD, and 6,319 (0•2%) died by suicide over 49•2 million person-years. Compared with women and men without PTSD, suicide rates were 6•74 (95%CI: 5•61–8•09) and 3•96 (95%CI: 3•12–5•03) times higher in those with PTSD, respectively, after sociodemographic adjustment. Suicide rates remained elevated in women (HR: 2•61; 95%CI: 2•16–3•14) and men (HR: 1•67; 95%CI: 1•31–2•12) after adjustment for previous psychiatric conditions; attenuation was driven by previous non-fatal suicide attempts. Findings were insensitive to definitions or competing risks. If causal, 1•6% (95%CI: 1•2–2•1) of general population suicides could be attributed to PTSD, and up to 53.7% (95%CI: 46.1–60.2) in people with PTSD.

Limitations

Residual confounding remains possible due to depressive and anxiety disorders diagnosed in primary care but unrecorded in these registers.

Conclusions

Clinical guidelines for the management of people with PTSD should recognise increased suicide risks.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0165032720328536

vendredi 4 septembre 2020

ETUDE RECHERCHE SUEDE Exposition au harcèlement sexuel au travail liée à un risque accru de comportement suicidaire

Exposition au harcèlement sexuel au travail liée à un risque accru de comportement suicidaire
Des mesures ciblant les comportements inappropriés dans l'environnement du travail social pourraient contribuer à réduire le suicide, selon des chercheurs
D'apres "Exposure to workplace sexual harassment linked to an increased risk of suicidal behavior: Measures targeting inappropriate behaviours in the social work environment could help reduce suicide, say researchers." ScienceDaily. ScienceDaily, 2 September 2020.  

Les travailleurs qui ont été exposés au harcèlement sexuel sur leur lieu de travail sont plus à risque de se suicider et de tenter de se suicider, constate une étude publiée aujourd'hui par le BMJ.

Les auteurs affirment que leurs résultats suggèrent que les interventions en milieu de travail axées sur l'aspect social de l'environnement de travail pourraient aider à réduire le suicide.

Le mouvement «Me Too» a attiré beaucoup d'attention sur le harcèlement sexuel lié au travail ces dernières années, et sur l'impact qu'il peut avoir sur les entreprises et la société, mais surtout sur les individus.

Bien que des recherches antérieures aient révélé que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail était lié à des symptômes de santé physique, à une absence pour maladie et à une santé mentale plus mauvaise, comme la détresse psychologique, la dépression et l'anxiété, peu de recherches ont été menées sur son impact sur le comportement suicidaire.

Une équipe de chercheurs a donc cherché à déterminer comment l'exposition au harcèlement sexuel sur le lieu de travail est associée à un comportement suicidaire dans une large population de travailleurs suédois.

L'étude a inclus 85 205 hommes et femmes en âge de travailler dans un emploi rémunéré qui ont rempli un questionnaire entre 1995 et 2013 qui comprenait des questions sur l'exposition au harcèlement sexuel lié au travail.

On a demandé aux travailleurs s'ils avaient été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail au cours des 12 derniers mois, soit de la part de supérieurs ou de collègues, soit d '«autres personnes», telles que des patients, des clients, des passagers et des étudiants.

Le harcèlement sexuel a été défini comme «des avances indésirables ou des références offensantes à ce qui est généralement associé aux relations sexuelles».

Tout suicide ou tentative de suicide de ces travailleurs sur une période moyenne de suivi de 13 ans a été identifié à partir des registres administratifs.

Dans l'ensemble, 4,8% des travailleurs ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail au cours des 12 mois précédents: 1,9% de tous les hommes et 7,5% de toutes les femmes. Les personnes exposées étaient plus susceptibles d'être plus jeunes, célibataires, divorcées et occupant des emplois peu rémunérés mais très sollicités (demandes élevées mais faible contrôle) et nées en dehors de l'Europe.

Au total, 125 personnes sont décédées par suicide et 816 ont fait une tentative de suicide au cours de la période de suivi, ce qui se traduit par un taux de 0,1 suicide pour 1000 personnes-années et un taux de 0,8 tentatives de suicide pour 1000 personnes-années.

Après ajustement pour tenir compte des facteurs sociodémographiques, l'exposition au harcèlement sexuel en milieu de travail s'est avérée associée à un risque de suicide 2,82 fois plus élevé et à un risque de tentative de suicide 1,59 fois plus élevé. Les estimations du risque accru sont demeurées significatives après ajustement pour les caractéristiques de santé et de travail, et il n'y avait pas de différences significatives dans les taux entre les sexes.

Le harcèlement sexuel de la part d'autrui est plus fortement associé au suicide que le harcèlement sexuel de la part de supérieurs ou de collègues

Il s'agit d'une étude d'observation qui ne peut donc pas établir de cause, et les auteurs soulignent que leurs résultats peuvent avoir été compromis par une sous-déclaration du harcèlement sexuel en raison d'attitudes variées à l'égard de ce qui représente un incident, ou de certains répondants, y compris des incidents dont ils avaient été témoins.

Néanmoins, ils affirment que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail peut «représenter un facteur de risque important de comportement suicidaire. Cela suggère que les interventions en milieu de travail axées sur l'environnement et les comportements du travail social pourraient contribuer à réduire le fardeau du suicide».

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la causalité et les facteurs de risque du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et les mécanismes expliquant l'association entre le harcèlement sexuel lié au travail et le comportement suicidaire, ajoutent-ils.

Cette étude souligne la nécessité de considérer le harcèlement sexuel sur le lieu de travail comme à la fois un risque professionnel et un problème de santé publique important, affirment des chercheurs américains dans un éditorial connexe.

Pourtant, étant donné que les approches les plus courantes de prévention (formation sur le harcèlement sexuel) et d'atténuation (procédures de signalement ou de réclamation) se sont avérées faire plus de mal que de bien, de nouvelles façons de prévenir et de lutter contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail sont nécessaires de toute urgence, écrivent-ils.

"Nous pensons qu'aucun lieu de travail ne peut être considéré comme sûr s'il n'est pas exempt de harcèlement, et cette question ne peut plus être mise de côté", disent-ils.

"Des solutions prometteuses et fondées sur des preuves existent et devraient être largement mises en œuvre et évaluées. Les victimes de harcèlement sexuel devraient bénéficier d'un dépistage et d'un traitement de santé mentale pour atténuer les risques de problèmes de santé mentale et de suicidalité ultérieurs", concluent-ils.
 
Story Source:

Materials provided by BMJ. Note: Content may be edited for style and length.


Journal References:
Linda L Magnusson Hanson, Anna Nyberg, Ellenor Mittendorfer-Rutz, Fredrik Bondestam, Ida E H Madsen. Work related sexual harassment and risk of suicide and suicide attempts: prospective cohort study. BMJ, 2020; m2984 DOI: 10.1136/bmj.m2984
Urmimala Sarkar, Shirin Hemmat, Eleni Linos. Sexual harassment and suicide. BMJ, 2020; m3330 DOI: 10.1136/bmj.m3330

Cite This Page:
BMJ. "Exposure to workplace sexual harassment linked to an increased risk of suicidal behavior: Measures targeting inappropriate behaviours in the social work environment could help reduce suicide, say researchers." ScienceDaily. ScienceDaily, 2 September 2020. <www.sciencedaily.com/releases/2020/09/200902185524.htm>. 

vendredi 15 novembre 2019

SUEDE DANEMARK ETUDE RECHERCHE Suicide chez les personnes ayant contracté un mariage homosexuel ou un couple homosexuel au Danemark et en Suède, 1989-2016:

La légalisation du mariage gay en Suède et au Danemark a fait chuter le taux de suicide chez les homosexuels

Par CNEWS  Publié le 14/11/2019 à 16:42
Le taux de suicide en Suède et au Danemark entre 1989-2002 et 2003-2016 a baissé de 46 % chez les homosexuels, contre 28 % chez les personnes hétérosexuelles. [Philip FONG / AFP]

Depuis la légalisation du mariage gay en Suède et au Danemark, le taux de suicide chez les personnes homosexuelles a chuté dans les deux pays, d'après une étude suédo-danoise publiée ce jeudi 14 novembre.

Alors que le mariage entre personnes de même sexe a été autorisé en Suède en 2009 et au Danemark en 2012, les chercheurs de l'Institut de recherche danois pour la prévention du suicide et de l'Université de Stockholm ont comparé les taux de suicide entre 1989-2002 et 2003-2016.

Résultat, leur nombre a baissé de 46 % chez les lesbiennes et les gays entre les deux périodes, contre 28 % chez les personnes hétérosexuelles. «La légalisation du mariage homosexuel et d'autres mesures législatives de ce type peuvent réduire la stigmatisation des minorités sexuelles», estime à Reuters Annette Erlangsen, l'auteure principale du rapport.
Les homos toujours plus exposés au suicide que les hétéros
Malgré tout, cette étude - qui a suivi plus de 28.000 personnes aux relations homosexuelles pendant onze ans en moyenne - note que les personnes mariées avec un partenaire du même sexe se sont suicidées plus de deux fois plus que les individus hétérosexuels mariés au cours des deux périodes examinées.De quoi renforcer les précédentes études internationales, qui pointent l'incidence plus élevée des tentatives de suicide chez les personnes LGBT. Selon un rapport datant de l'an dernier rassemblant 35 études provenant de dix pays, les jeunes LGBT (de 12 à 20 ans) ont 3,5 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels du même âge.
Le tableau est donc encore loin d'être parfait. «Il reste encore un degré considérable d'homophobie, particulièrement contre les hommes gays», déplore à Reuters Morten Frisch, du Statens Serum Institut, un centre de recherche danois. Même en Suède et au Danemark, des pays faisant pourtant figure de modèles pour les droits des LGBT. En effet, un homme danois sur trois considère que le sexe entre deux hommes est moralement inacceptable, d'après une étude parue en octobre.
https://www.cnews.fr/monde/2019-11-14/la-legalisation-du-mariage-gay-en-suede-et-au-danemark-fait-chuter-le-taux-de

Références étude citée
Erlangsen A, Drefahl S, Haas A, et al Suicide among persons who entered same-sex and opposite-sex marriage in Denmark and Sweden, 1989–2016: a binational, register-based cohort study
J Epidemiol Community Health Published Online First: 13 November 2019. doi: 10.1136/jech-2019-213009
https://jech.bmj.com/content/early/2019/11/01/jech-2019-213009

jeudi 28 mars 2019

SUEDE La famille Avicii lance la fondation pour promouvoir la santé mentale et la prévention du suicide

La famille Avicii lance la fondation pour promouvoir la santé mentale et la prévention du suicide

La Fondation Tim Bergling cherchera également à s’attaquer à des problèmes tels que le changement climatique, les espèces menacées

D'apres article Avicii’s Family Launches Foundation to Address Mental Health, Suicide Prevention
Par Jon Blistein March 26, 2019  https://www.rollingstone.com/*
La famille Avicii a lancé la Fondation Tim Bergling en l'honneur du regretté DJ / producteur, décédé l'année dernière.

La fondation récoltera des fonds et sensibilisera à diverses causes, à commencer par celles liées à la maladie mentale et à la prévention du suicide. La fondation espère également aborder des problèmes tels que le changement climatique, l’aide au développement, la conservation de la nature et les espèces menacées, tout en travaillant dans le pays d’origine, Avicii, en Suède, ainsi qu’à l’étranger.

«Tim voulait faire la différence. Créer une fondation en son nom est une façon d'honorer sa mémoire et de continuer à agir dans son esprit», a déclaré la famille dans un communiqué.

Avicii est décédé en avril dernier, à l'âge de 28 ans, apparemment d'un suicide. Le musicien était à l'avant-garde du mouvement EDM du début des années 2010, avec des succès croisés comme «Levels» et «Wake Me Up». Après plusieurs années de travail acharné , Avicii a cessé sa tournée en 2016, mais l'année suivante, il retourne en studio et sort un nouvel EP, Avīci (01).

Source https://www.rollingstone.com/music/music-news/avicii-family-launches-tim-bergling-foundation-mental-health-813704/

lundi 26 février 2018

ETUDE RECHERCHE SUEDE Risque de suicide significativement accru chez les mineurs réfugiés non accompagnés

Risque de suicide significativement accru chez les mineurs réfugiés non accompagnésPublié 2018-02-19 12:53. Denna sida på svenska sur https://ki.se *
Dans un rapport rédigé pour le compte du Conseil national suédois de la santé et du bien-être, des chercheurs du Karolinska Institut ont conclu que le risque de suicide chez les mineurs non accompagnés et les jeunes adultes en 2017 était neuf fois supérieur à celui du même groupe d'âge de
la population suédoise.
La compilation du rapport a présenté des problèmes méthodologiques car les enfants réfugiés n'ont pas de numéro d'identité personnel suédois. L'échantillonnage du groupe s'est également avéré difficile, les mineurs réfugiés non accompagnés arrivant pendant la période en question, mais quittant également le pays en raison de demandes d'asile rejetées. Aux fins du rapport, les chercheurs ont évalué une population de 23 425 mineurs demandeurs d'asile et jeunes adultes non accompagnés (âgés de 10 à 21 ans) en 2017 et n'ont inclus que des suicides confirmés par le National Board of Forensic Medicine en Suède.
Les chercheurs ont trouvé 12 suicides confirmés dans le groupe en 2017, ce qui équivaut à 51,2 suicides pour 100 000 personnes, soit neuf fois plus que pour le même groupe d'âge dans la population suédoise. Comme chaque suicide  est révélateur d'une mauvaise santé mentale chez une proportion beaucoup plus grande de personnes, les chercheurs recommandent la mise en œuvre de mesures renforcées de prévention du suicide visant les mineurs réfugiés non accompagnés et les jeunes adultes.
Mapping of self-harming, attempted suicide, suicide and other mortality among unaccompanied child and adolescent refugees, Department of Clinical Neuroscience, Division of Insurance Medicine, Karolinska Institutet, 2018. Authors: Ana Hagström, Anna-Clara Hollander, Ellenor Mittendorfer-Rutz.

Autre lien
Spotlight on Refugee Health




* https://ki.se/en/news/significantly-increased-suicide-risk-among-unaccompanied-refugee-minors

vendredi 9 février 2018

MàJ SUEDE Une unité psychiatrique mobile contre le suicide

La première «ambulance santé mentale» au monde aide des centaines de personnes en SuèdePar John Large -d'apprès article du 4 janvier 2018 World’s First ‘Mental Health Ambulance’ is Helping Hundreds of People in Sweden


www.goodnewsnetwork.org*/
Stockholm est la première ville au monde à déployer une ambulance spécialement pour répondre aux crises de santé mentale. Un an après son lancement, ses données impressionnantes témoignent de son succès.
Au cours de sa première année sur la route, l'ambulance de l'équipe d'intervention en cas d'urgence psychiatrique (PAM) a répondu à plus de 1 000 personnes ayant besoin d'aide. En moyenne, l'équipe PAM répond à 135 appels par mois - et ils n'ont reçu que des contacts répétés de 96 personnes au total. Ce faible nombre de crises répétées montre l'efficacité d'une équipe dédiée prête à écouter quelqu'un ayant besoin de conseils.
Sur les 1 036 personnes suivies au cours de la première année, seulement un quart ont été hospitalisées à plus long terme.
"C'était la police qui traitait ces types d'appels. Mais la simple présence de la police peut facilement amener un patient à avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. La maladie mentale n'est pas criminelle, donc cela n'a pas de sens ", a déclaré Anki Björnsdotter, un paramédical de la PAM, à la VICE.
Bien que la ville de Stockholm soit assez grande, la PAM est prête à aller partout où cela est nécessaire dans toute la région. Avant toute action, Björnsdotter et l'équipe prennent le temps de comprendre la situation.
«Nous parlons à la personne afin de lui demander si nous devons amener le patient à l'hôpital ou lui rendre visite à la maison», dit-elle. Une fois que l'équipe a déterminé la situation, elle peut offrir de l'aide sur place ou l'amener pour une évaluation et des soins prolongés.
L'intérieur de l'ambulance spéciale révèle la différence évidente entre un véhicule d'intervention d'urgence normal et la PAM. Alors qu'une ambulance typique est occupée par des brancards et du matériel médical, la PAM est équipée de fauteuils confortables et d'un petit bureau pour créer un environnement propice à la discussion et à la thérapie.
Interrogée sur son opinion sur l'avenir de LA PAM, Björnsdotter a répondu: "Je crois que nous nous retournerons en arrière et que nous penserons:" Pourquoi ne l'avons-nous pas fait plus tôt? "J'espère que des services similaires seront disponibles pour couvrir les grandes villes suédoises. "
Heureusement, en raison du succès à Stockholm, d'autres régions telles que Skåne, Örebro, Blekinge et Jönköping prévoient de créer leurs propres PAM.

https://www.goodnewsnetwork.org/worlds-first-mental-health-ambulance-helping-hundreds-people-sweden/

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1er post le 27/02/2017:
Psychiatrie  En Suède, une ambulance 100 % psy
Une unité psychiatrique mobile contre le suicide 
Le Quotidien du Médecin* Article, lundi 27 février 2017

Suède

Après deux années d'expérimentation, l'ambulance 100 % psy qui sillone tous les jours les rues du comté de Stockholm (Suède), a gagné son pari : inventer une prise en charge pré-hospitalière des urgences psy, déstigmatiser les malades, intervenir à domicile et lutter contre le suicide.

Avec sa carrosserie jaune fluo, son allure sportive et ses gyrophares bleus, elle ressemble à toutes les autres. Et pourtant, trois discrètes lettres inscrites sur ses flancs distinguent cette ambulance qui sillonne les routes de la capitale suédoise. « PAM », comme Psykiatrisk Akut Mobilitet : la toute première unité psychiatrique mobile de Suède.

Inaugurée en mars 2015, cette ambulance roule ainsi entre 15h et 1h du matin, 7 jours sur 7, pour assurer la prise en charge des urgences psychiatriques dans tout le comté de Stockholm, soit 2,3 millions de personnes. Cette mission clef n'était jusqu'alors dévolue qu'à la seule police suédoise, posant d'inévitables questions d'efficacité voire de légitimité. Une bizarrerie à laquelle Fredrik Bengtsson, le chef des urgences psychiatriques à l'hôpital public Saint Görans de Stockholm, a donc voulu s'attaquer. « L'idée me trottait dans la tête depuis une quinzaine d'années et un voyage de travail à Saint-Pétersbourg. J'y avais découvert que les urgences russes faisaient rouler des ambulances 100 % psy depuis... 1965. Il était temps de faire pareil en Suède » , raconte le Dr Bengtsson. Il pilote donc un premier test, il y a quelques années, avec l'accord du comté. Il ne s'agit alors pas d'une ambulance, mais d'un fourgon de police, « spécialement relooké pour ne pas ressembler à un fourgon de police » . À son bord : deux policiers et un infirmier. L'expérimentation est très concluante pour tout le monde... sauf pour le nouveau chef de la police de Stockholm, peu ouvert aux innovations de terrain. Le projet est enterré. « Police et hôpital sont deux mondes qui ne dialoguent pas très naturellement ensemble... » , ronchonne Fredrik Bengtsson.

Des soignants plutôt que des policiers

Le projet est toutefois relancé en 2015. Le dossier est cette fois présenté au gouvernement suédois, qui le valide, et débloque une enveloppe de 10 millions de couronnes (environ 1 million d'euros). Le mois prochain (mars), les deux ans d'expérimentation seront écoulés et le programme PAM est un succès. L'autorité centrale de santé a décidé de rendre permanent le dispositif. L'ambulance a d'abord inventé une prise en charge pré-hospitalière des urgences psy qui n'existait tout simplement pas en Suède. Ensuite, et c'est une farouche volonté du chef du projet, elle permet de déstigmatiser les malades psys, en arrêtant d'envoyer à leur chevet des policiers plutôt que des soignants. « Aujourd'hui, la police est encore présente sur environ 50 % des cas, pour raisons de sécurité, mais elle n'intervient qu'en cas de besoin » , souligne Fredrik Bengtsson.

Une pratique inédite

Enfin, l'ambulance PAM a permis de développer une pratique inédite : la prise en charge psy à domicile. Les infirmiers interviennent et pratiquent les soins, si cela est possible, chez le patient. L'avantage est double, selon le patron des urgences du Saint Görans Hospital : « Pour le patient, le domicile est un cadre bien moins anxiogène qu'un service d'urgences ; pour l'hôpital, c'est intéressant d'un point de vue financier » . En effet, un tiers des patients restent chez eux après la prise en charge. L'objectif affiché de PAM est clair : lutter contre le suicide. Si le nombre de victimes de suicide en Suède a beaucoup baissé après les années 1980, il stagne depuis près d'une décennie, autour des 1 500 décès annuels (très proche de la moyenne européenne). Surtout, il demeure prévalent chez les jeunes de moins de 25 ans et les personnes âgées de plus de 75 ans. Depuis son lancement, l'ambulance intervient en moyenne 5,1 fois par shift de 10 heures, soit plus de 1 800 cas par an. Elle est mobilisable uniquement via le 112, le numéro qui centralise les appels d'urgence en Suède. Le véhicule, légèrement réaménagé (2 sièges ont remplacé le brancard), emploie cinq temps plein d'infirmiers. Une seconde ambulance pourrait être ajoutée cette année, et les horaires amplifiés. Fort de son succès, le dispositif est parti pour essaimer dans toute la Suède. Göteborg, deuxième ville du pays, l'a adopté l'année dernière, et Malmö, la troisième, le fera cette année.

* http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/02/27/une-unite-psychiatrique-mobile-contre-le-suicide_845084

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lundi 18 décembre 2017

ETUDE RECHERCHE SUEDE Association de l'adversité cumulée vécue durant l'enfance et de la délinquance violente chez les adolescents avec le suicide au début de l'âge adulte

Association de l'adversité cumulée vécue durant l'enfance et de la délinquance violente chez les adolescents avec le suicide au début de l'âge adulte

Titre original : Association of Cumulative Childhood Adversity and Adolescent Violent Offending With Suicide in Early Adulthood
Emma Björkenstam, PhD1,2; Anders Hjern, MD, PhD3,4; Charlotte Björkenstam, PhD5; et al Kyriaki Kosidou, MD, PhD6,7
Author Affiliations
1
Division of Social Medicine, Department of Public Health Sciences, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden 
2Department of Neuroscience, Psychiatry Uppsala University, Uppsala, Sweden 
3Centre for Health Equity Studies, Stockholm University and Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
4
Clinical Epidemiology Unit, Department of Medicine, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
5Department of Clinical Neuroscience, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
6
Division Public Health Epidemiology, Department of Public Health Sciences, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
7
Center for Epidemiology and Community Medicine, Stockholm County Council, Stockholm, Sweden
JAMA Psychiatry. Published online December 13, 2017. doi:10.1001/jamapsychiatry.2017.3788

Question Est-ce que la délinquance violente chez les adolescents intervient dans l'association entre l'adversité pendant l'enfance et le suicide au début de la vie adulte?
Résultats :  Dans cette étude de cohorte basée sur la population de 476103 jeunes adultes, les personnes ayant des antécédents d'adversité durant l'enfance
qui avaient été condamnées pour des infractions avec violences présentaient un risque de suicide 8 fois plus élevé que les personnes non condamnées après ajustement des facteurs antécédents importants et troubles psychiatriques . La délinquance violente chez les adolescents a partiellement influencé l'association entre l'adversité de l'enfance et le suicide.
signification : Les interventions visant à prévenir les comportements d'extériorisation pendant l'enfance et le soutien accru aux jeunes ayant un comportement délinquant peuvent prévenir le suicide associé
à l'enfance difficile.
L'adversité infantile (AC) est associée à un risque accru de suicide chez les jeunes adultes qui pourrait s'expliquer par des trajectoires inadaptées durant l'adolescence. Bien que la délinquance violente chez les adolescents soit associée au suicide, on sait peu de choses sur son rôle dans l'association entre l'adversité vécue pendant l'enfance et le suicide.
Objectif : Examiner si la délinquance violente chez les adolescents est un médiateur dans l'association entre l'AC et le suicide au début de l'âge adulte.

Cette étude de cohorte longitudinale basée sur la population, avec un suivi de 5 à 9 ans, a porté sur 476103 personnes nées en Suède entre 1984 et 1988. La population étudiée a été suivie prospectivement de 20 ans jusqu'au 31 décembre 2013, en ce qui concerne le suicide. L'analyse des données a été effectuée entre le 1er janvier 1984 et le 31 décembre 2013.

Les
adversités infantiles basées sur les registres comprenaient la mort parentale, la toxicomanie parentale et les troubles psychiatriques, les infractions criminelles parentales, la séparation des parents, l'admissibilité à l'aide publique, les interventions en protection de l'enfance et l'instabilité résidentielle. La délinquance avec violence chez les adolescents a été définie comme étant reconnue coupable d'un crime violent entre 15 et 19 ans.
Principaux résultats et mesures Les estimations du risque de suicide après 20 ans (de 2004 si né en 1984 et de 2008 si né en 1988) jusqu'à la fin de 2013 ont été calculés sous forme de taux d'incidence (IRR) avec un IC de 95 % à l'aide d'une analyse de régression de Poisson.. Des ajustements ont été faits pour les données démographiques et les troubles psychiatriques. De plus, une analyse de médiation binaire avec régression logistique a été utilisée.
Résultats Un total de 476103 individus (231 699 [48,7%] de sexe féminin) ont été inclus dans l'étude. Ceux qui ont été condamnés pour une infraction avec violence ont été davantage exposés à toutes les AC que ceux qui n'ont commis aucune infraction avec violence. L'AC cumulative était associée au risque suicidaire chez les jeunes non condamnés  (IRR ajusté, 2,4; IC à 95 %, 1,5-3,9) et les jeunes condamnés, qui présentaient un risque plus élevé de suicide (IRR ajusté, 8,5; IC à 95 %, 4,6-15,7). La délinquance violente chez les adolescents a partiellement influencé l'association entre l'AC et le suicide.
Les personnes ayant des antécédents d'AC qui commettent  également des infractions avec violence à l'adolescence courent un risque élevé de suicide. Les interventions visant à prévenir les comportements d'extériorisation pendant l'enfance et le soutien accru aux jeunes ayant un comportement délinquant peuvent prévenir le suicide lié à l'AC.
 
 

vendredi 27 octobre 2017

ETUDE RECHERCHE SUEDE image de soi et risques d'idéations suicidaires dans dans les troubles de l'alimentation chez les adultes.

Titre original Diagnosis-specific self-image predicts longitudinal suicidal ideation in adult eating disorders.
Andersén M1, Birgegård A1.
1 Centre for Psychiatry Research, Department of Clinical Neuroscience, Karolinska Institutet, & Stockholm Health Care Services, Stockholm County Council, Stockholm, Sweden.

Int J Eat Disord. 2017 Aug;50(8):970-978. doi: 10.1002/eat.22730. Epub 2017 Jun 5.
Abstract
OBJECTIVE:
Eating disorders (ED) are prevalent, serious illnesses with elevated mortality, mainly attributable to suicide. Predictors of suicidality include binge/purge symptomatology, impulsivity, and psychiatric comorbidity, as well as personality factors. Recent research has also shown self-image (the Structural Analysis of Social Behavior, SASB, model) to predict manifest suicide attempts in ED, and the study explored suicide risk prediction to increase knowledge of warning signs and intervention targets.
METHOD:
Participants were adult ED patients registered in the Stepwise clinical database (N = 1537) with anorexia nervosa (AN), bulimia nervosa (BN), binge-eating disorder (BED), or other specified feeding and eating disorder (OSFED). The SASB self-image questionnaire was used in stepwise regressions to predict 12-month suicidal ideation, both self- and clinician-rated, in models both excluding and including baseline clinical variables.
RESULTS:
Validation analyses showed fair correspondence between outcome variables as well as with suicide attempts. Different variables predicted suicidality in different diagnoses, over and above baseline clinical variables in all but one regression model. Low Self-protection was important in AN and BN, high Self-control in AN, and high Letting go of the self in BN. For BED, self-blame explained variance, and in OSFED, lack of self-love.
DISCUSSION:
Findings are in line with research showing differential self-image-based prediction of important outcomes in ED, with noteworthy consistencies across diagnoses and suicidality variables. Strengths included the large sample, and limitations pertained to measures, attrition and Type II error risk. Replication is needed, but findings are consistent with some previous work and offers clinical and research implications.

© 2017 Wiley Periodicals, Inc.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28580647

jeudi 13 juillet 2017

ETUDE RECHERCHE SUEDE Y a-t-il des biomarqueurs pour les idées suicidaires ?

Y a-t-il des biomarqueurs pour les idées suicidaires ? Publié le 11/07/2017 www.jim.fr*
Selon l’OMS, « plus de 800 000 » décès par suicide surviennent chaque année dans le monde, en particulier chez des personnes âgées, mais peu d’informations sont encore disponibles sur le contexte neurobiologique du comportement suicidaire dans cette population.
Réalisée en Suède à partir des données issues d’une enquête prospective (portant sur 1 462 femmes et commencée en 1968), une étude réalisée à Göteborg (Suède) évalue la possibilité de disposer d’outils « quantitatifs et plus objectifs, tels que certains biomarqueurs » pour déceler et suivre l’évolution d’idées suicidaires.
Âgées de 62 à 84 ans (âge moyen : 72,5 ans ± 3,3 ans), les participantes ont été examinées par un psychiatre et les 88 retenues effectivement pour cette étude ont accepté de subir une ponction lombaire permettant de doser des biomarqueurs présumés dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) : YKL-40 (chitinase-3-like protein 1)[1], GAP-43 (grow-associated protein-43)[2], et protéine basique de la myéline (MBP)[3]. Deux diagnostics de démence ayant été portés, il reste en définitive 86 participantes, car les auteurs ont écarté les sujets avec démence pour réduire le risque de biais de sélection.

Des taux plus élevés de YKL-40 et de GAP-43 dans le LCR
Huit de ces 86 femmes (9,3 %) ont exprimé avoir eu des idées suicidaires dans le mois précédent leur inclusion dans l’étude. Chez ces femmes avec idées suicidaires, on constate, comparativement aux autres participantes, des niveaux « significativement plus élevés » de YKL-40 et de GAP-43 dans le LCR. Ces associations persistent après modélisation statistique (modèles de régression ajustés pour un contexte éventuel de tabagisme, pour l’Indice de Masse Corporelle, et pour l’âge). On constate par ailleurs que les niveaux des biomarqueurs considérés ne présentent aucune différence en fonction du contexte thymique (présence ou absence de dépression) et que « des niveaux élevés de GAP-43dans le LCR sont associés à un sentiment d’inutilité », une « forte relation » étant observée dans le modèle ajusté (odds ratio = 5,95 ; intervalle de confiance à 95 % [1, 52–23,20] ; p = 0,01).
 Malgré ses limites (car elle ne concerne que des femmes âgées et que son extrapolation pour d’autres populations est ainsi incertaine), cette étude suggère la possibilité de rechercher dans le LCR d’éventuels biomarqueurs, objectivement associés à des idées suicidaires, et traduisant vraisemblablement des anomalies sous-jacentes du fonctionnement neuronal (ou/et des cellules gliales) ou/et d’ordre inflammatoire.
[1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9686683
[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Gap-43_protein
[3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6177033
Dr Alain Cohen

mardi 9 mai 2017

ETUDE RECHERCHE SUEDE Repérer la souffrance de l’enfant pour prévenir le suicide de l’adolescent

Repérer la souffrance de l’enfant pour prévenir le suicide de l’adolescent
Publié le 27/04/2017 www.jim.fr*

Alors que les taux de suicides ont globalement diminué dans les pays occidentaux depuis une dizaine d’années, ce n’est le cas ni pour les adolescents ni les jeunes adultes. Chez les 15 à 29 ans, le suicide fait en effet partie des principales causes de décès. L’identification des facteurs de risque est d’une grande importance qui peut avoir des implications majeures pour la mise en place de futures actions de prévention.

Certains facteurs ont été reconnus comme étant en lien avec le risque de tentatives de suicide ou d’idées suicidaires durant l’adolescence. Il s’agit notamment d’expériences négatives de l’enfance, comme les abus sexuels ou les négligences, une famille dysfonctionnelle, etc. Mais jusqu’à présent, aucune étude n’a clairement démontré le lien entre le cumul de plusieurs situations de souffrance pendant l’enfance et le décès par suicide des adolescents et jeunes adultes. Certains indicateurs sont déjà identifiés, pouvant alerter sur une éventuelle souffrance de l’enfant : décès familial, abus parental de substances, pathologie psychiatrique ou criminalité parentale, séparation, instabilité du lieu de résidence, intervention de l’assistance publique.
Des indicateurs qui doublent le risque de suicide

Une équipe suédoise a réalisé une étude de cohorte incluant plus de 548 mille enfants nés entre 1987 et 1991. Les auteurs ont examiné la relation entre le décès par suicide parmi ces enfants à l’âge de 15-24 ans et la présence de l’un ou plusieurs des indicateurs.

Quatre enfants sur 10 de la cohorte considérée ont été exposés à au moins l’un des indicateurs, le plus souvent la séparation parentale (29 %) et le fait que le foyer reçoive des aides publiques (20 %). Pendant le suivi, 431 individus sont décédés par suicide. Excepté pour la séparation parentale, tous les indicateurs sont associés à un risque doublé de suicide par rapport à l’absence d’exposition à l’un de ces indicateurs, allant d’un ratio de 1,6 pour l’instabilité de résidence, à 2,9 pour un suicide dans la famille. L’existence d’une pathologie psychiatrique ou de criminalité chez l’un des parents ou un antécédent familial de suicide, sont les indicateurs associés au plus grand risque de suicide. Sans trop de surprise, le risque augmente avec le nombre d’indicateurs, allant d’un ratio de 1,1 quand il existe un seul indicateur, à 1,9 pour 2 indicateurs et 2,6 pour 3 ou plus, après ajustement pour plusieurs covariables incluant un trouble psychopathologique ou les performances scolaires.

Selon les auteurs, le lien observé peut s’expliquer par le fait que l’expérience d’épreuves difficiles pendant l’enfance perturbe l’apprentissage de l’autorégulation des émotions et du comportement, ce qui peut augmenter ensuite le risque de conduites impulsives et destructrices en réaction au stress et à l’adversité. Ce serait l’une des explications possibles de la relation entre les souffrances de l’enfance et le risque de suicide. Si le repérage précoce des enfants à risque devrait permettre de mettre en place des actions de prévention, remarquons que ce n’est pas tâche facile et que l’on peut déplorer que les indicateurs utilisés ici semblent très réducteurs, puisque l’on sait que la maltraitance de l’enfant n’est pas effective seulement dans les familles « ouvertement» dysfonctionnelles.

Dr Roseline Péluchon
Références Charlotte Björkenstam et coll. : Childhood adversity and risk of suicide: cohort study of 548721 adolescents and young adults in Sweden.
BMJ 2017;357:j1334
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28424157


* http://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/21_psy/e-docs/reperer_la_souffrance_de_lenfant_pour_prevenir_le_suicide_de_ladolescent_165173/document_actu_med.phtml