Comment réussir à parler plus ouvertement du suicide ? En Allemagne, le musée de Kassel aborde ce thème avec beaucoup de tact pour répondre à de nombreuses questions : d'où vient le désir de mourir ? Et comment se sentent les proches qui continuent à vivre seuls avec leur deuil et des questions sans réponse ? Outre des expositions artistiques et culturelles, l'exposition offre la possibilité d'une prise de parole sur ce thème souvent tabou, pour une meilleure prévention du suicide.
Image : Jörg Pätschlack Montage : Vivian Wang Journaliste : Sabine Hanke Moritz Wulf Son : Karsten Peter Pays : France Allemagne Année : 2021
Le cabinet de curiosités d'Infosuicide.org La rubrique " Le cabinet de curiosités
d'Infosuicide.org " des sujets, actualités, débats plus ou moins documentés et sous réserves
d'informations complémentaires et/ou fiables, qui toutefois nous questionnent
et nous interpellent... Nous les relayons essentiellement comme matière à penser et à débattre.
Aidez nous à alimenter une réflexion...
Vous trouverez mon corps au petit port Virginie Rebetez, en collaboration avec Marie Ilse Bourlanges http://www.forma-art.ch/files/Virginie%20RebetezVoustrouverezComPresse En marge du Toussaint'S Festival*, Virginie Rebetez livre une proposition artistique autour du suicide, thème de cette 5e édition.Les questionnements autour de l'absence et de la mort, propres au travail de l'artiste se retrouvent dans son nouveau projet,Vous trouverez mon corps au petit port, qui touche, cette fois, à sa propre histoire familiale.Le travail se concentre sur le suicidedu grand-oncle de l'artiste, Bernard Rebetez, survenu en 2010 alors qu'il était âgé de 80 ans. Dans la nuit du 13 juin, il se donne la mort dans le lac de Bienne, laissant ses habits soigneusement pliés sur la plage. Dans son appartement, une note: "Je nepeux plus supporter ma surdité, donc ma solitude. On peut me trouver petite plage port nautique."Vivant à l'étranger au moment de sa mort, l'artiste n'a pu se rendre à ses obsèques et lui faire ses adieux. Elle charge alors son père de lui récupérer quelques objets personnels et réaliser divers clichés. Al’aveugle,il s'exécute. C'est donc autour de ces différents objets rapportés que le travail se développe. Par la métamorphose et donc la mise en mouvement de ces éléments restés figés durant 10 ans,le projet n'émet pas de jugement mais tente de retisser une connexion interrompue brutalement. S’intéressant à l'idée de communication défectueuse, il met en parallèle la surdité presque absolue du parent et les questions laissées en suspens à la suite deson geste final.Ce travail, de l'ordre de l'enquête, est constitué d'éléments qui se déclinent, d'informations qui se démultiplient, se chevauchent, s'entrechoquent et s'annulent, pour ne laisser placequ'à la beauté déstabilisante deslacunes.Vernissage vendredi 30 octobre de 17 à 20h en présence des artistesExposition du 31 octobre au 14 novembre 2020*Le Toussaint'S Festival est organisé par l'association Deuil'S, dont fait partie Virginie Rebetez. En raison de la situationparticulière de cette année 2020, cette 5e édition a été obligée de restreindre son programme.
*** Presse
"Virginie Rebetez mène une enquête poétique autour d'un suicide familial"
Revenir sur ses traces / Vertigo / 7 min. / 12/11/2020
Toujours
ouverte, la Galerie Forma à Lausanne présente le travail de la
plasticienne et photographe Virginie Rebetez, qui s’est penchée sur un
sujet sensible, le suicide de son grand-oncle, fatigué d'être sourd.
Certaines
petites galeries d'art échappent à la fermeture. C'est le cas de Forma,
à Lausanne, qui expose en ce moment le travail de la plasticienne et
photographe Virginie Rebetez que l'on peut visiter en tout petit comité.
Et cela en vaut la peine.
L'exposition "Vous trouverez mon corps
au petit port" ressemble à une enquête poétique. Elle dit la
disparition, ce qui reste, ce que l’on imagine pour combler ce qu’on ne
sait pas. Virginie Rebetez a travaillé en collaboration avec l'artiste
Marie Ilse Bourlanges.
Tout part du suicide de son grand-oncle,
Bernard Rebetez, dans la nuit du 13 juin 2010, dans le lac de Bienne.
Avant de se noyer, il a plié délicatement ses affaires sur la plage. Il
avait 80 ans. Dans son appartement, une note: "Je ne peux plus supporter
ma surdité, donc ma solitude. On peut me trouver petite plage port
nautique".
"Je fais un parallèle entre sa surdité et le geste de
se donner la mort, comme s'il y avait eu un bug de communication, un
message qui n'avait pas été capté", explique à la RTS Virginie Rebetez.
Rendez-vous culture: la photographe Virginie Rebetez / 12h45 / 8 min. / le 3 novembre 2020
L'artiste,
qui depuis un an et demi a remis à l'honneur le métier de photographe
funéraire, est connue pour ses sujets autour de la disparition et de la
mort. "Quand on part en voyage, on se prépare, on fait ses valises, on
imagine un circuit et on se documente. Pourquoi ne fait-on pas la même
chose avec la mort?"
Mais pour la première fois, l'artiste se
concentre sur une histoire familiale et personnelle. "Quand mon
grand-oncle est mort, j'étais à Amsterdam. Je n'ai pas pu me rendre à
ses obsèques mais j'ai demandé à mon père qu'il mette de côté un ou deux
objets qui lui appartenaient et qu'il prenne des images de son
appartement".
Rien de sinistre
Son travail est fort et
subtil. Rien de heurtant, de sinistre ou de voyeuriste dans cette
exposition qui mêle archives familiales, rapports de police et
d'autopsie, photos d'objets ayant appartenu au défunt, à l'image de ses
prothèses auditives, agrandies de sorte qu'elles ressemblent à une
créature étrange.
Il y a aussi la note manuscrite laissée par
l'oncle à son domicile qui informe de sa solitude et de son désir d'en
finir. La plasticienne et photographe a retravaillé ce document,
raturant certains passages et multipliant les textes. "Même si son
intention était claire, il reste toujours des interrogations, des
lacunes", dit l'artiste qui tente ainsi de tisser ou retisser le
dialogue interrompu par cette brutale disparition.
Florence Grivel/mcm
Exposition "Vous trouverez mon corps au petit port" de Virginie Rebetez, galerie Forma à Lausanne, jusqu'au 28 novembre.
La série photographique « Petit Patron » sera présentée à l’Orangerie du Sénat (Paris)
Du 22 août au 2 septembre 2019.
Tous les jours de 11h à 20h et les 1er et 2 septembre de 11h à 19h30.
Jardin du Luxembourg, accès porte Férou / 19 bis rue de Vaugirard, 75006 Paris
Entrée libre.
Le vernissage se déroulera le 30 août de 15h à 19h.
Cette journée sera dédiée aux entrepreneurs et à tous les acteurs qui
les entourent, un grand moment pour des rencontres informelles et
conviviales. De l’anticipation des difficultés à la résilience les
sujets abordés seront nombreux.
Depuis
2014, le portfolio « Petit Patron » a été exposé dans des Tribunaux de
Commerce, lors de réunions de clubs d’entrepreneurs, à l’ENM, en
galerie, dans des festivals photographiques…
Le travail de Jean Lecourieux Bory sur les « petits »
patrons en difficulté : Un travail artistique qui met en valeur les
actions et acteurs de terrain ..
Portfolio I & Portfolio II : « PETIT PATRON » et « PETIT PATRON, le Rebond »
« Il y a des gens qui s’occupent des patrons quand
ils sont à terre !? » m’a dit ironiquement un jour une avocate. La
réponse est oui !
Un professeur d’université, un greffier de tribunal de commerce, un
banquier et d’anciens chefs d’entreprise ont créé des associations pour
épauler les « petits » patrons en difficulté. Leurs actions sont
complémentaires.
Leur travail est méconnu du grand public alors que leur engagement est
total. Ces hommes et ces femmes ont des points communs. Ils agissent sur
le terrain, ils ne cherchent pas de reconnaissance, ils aident, non pas
des employeurs, mais leurs prochains, ils réparent une forme
d’injustice car ils prennent en charge ceux qui ne sont pas à plaindre
aux yeux de certains et enfin, ils remettent dans le circuit économique
des créateurs de richesses et vraisemblablement d’emplois.
Le premier portfolio : « Petit patron » résumait la vie d’un
entrepreneur jusqu’à son dépôt de bilan. La suite à apporter paraissait
évidente et s’intitule : « Petit Patron, le Rebond ».
« On apprend de ses échecs », derrière cette phrase j’ai rencontré une
réalité durant la période de prise de vue, la volonté farouche des
individus à se relever et la détermination d’autres pour les aider.
Chaque association est décrite en photographie par les portraits de son
représentant, de son équipe, de ses parrains, de ses entrepreneurs.
Leurs actions sont traduites par des mises en scène amusantes reflétant
l’enthousiasme qui émane de chacune d’elles.
dont : SOS Entrepreneur (aide les dirigeants pour éviter leur dépôt de bilan): Bruno Delcampe, ancien dirigeant. APESA (prévention du suicide): Marc Binnié, greffier du tribunal de commerce de Saintes. Re-Créer (soutien psychologique
des dirigeants en région parisienne): Christian de Baecque, Ancien
président du tribunal de commerce de Paris. »
ainsi que d’autres associations à découvrir…
» Les photographies, aux compositions parfois extravagantes, ont
été réalisées grâce à la volonté des participants de soutenir les
actions envers les « petits » patrons. Ils ont permis de composer un
portfolio original et qui sera, j’espère, utile. » Jean Lecourieux Bory
Rencontre entre deux mondes : l’art et l’entreprise. Les artistes Lea Lund et Erik K reçoivent dans leur show-room parisien l’exposition photographique « Petit Patron » de Lecourieux-Bory *.
"Cette
série, pleine de sincérité et parsemée d’humour, retrace le quotidien vécu par
son auteur, ancien dirigeant, jusqu’à sa liquidation."
Cocktail vendredi 23 juin 2017 de 17h à 23h
Sont
invités à cet évènement, des professionnels hétéroclites pour un moment
d’échanges informels.
"Si
votre emploi du temps vous le permettait, nous serions ravis de vous recevoir
le vendredi 23 juin à partir de 17h pour le cocktail de présentation.
Afin
de mieux vous accueillir et de parfaire l’organisation vous pouvez nous indiquer
votre présence en cliquant ICI."
Adresse:
Atelier Lea Lund & Erik K, 13 Cité Dupont, 75011 PARIS
"Qu’est-ce qui est normal?" - Le ministère de la Santé et le CIP présentent l'expo A | Normal Communiqué – Publié le 20.07.2016 https://www.gouvernement.lu*
Cette
expo s’inscrit dans le cadre du Plan national de prévention du suicide
au Luxembourg (PNPSL) qui a défini 33 actions prioritaires pour les
années 2015-2019, élaborées avec les acteurs de terrain et approuvées
par le Groupe interministériel prévention suicide.
"Le
gouvernement travaille sur le sujet depuis 2006. C’est une priorité de
la politique et un grand défi en matière de santé publique", a rappelé
Lydia Mutsch. La situation au Grand-Duché
Au Luxembourg,
le nombre de suicides est estimé à 81 cas probables rien que pour
l’année 2015, contre 85 cas en 2014. L’ampleur du problème est encore
plus importante lorsque l’on sait que le taux de tentatives de suicide
est de 10 à 20 fois plus élevé que celui des suicides accomplis.
"Il
s'agit véritablement de briser un tabou, et d'en parler aussi dans les
écoles, car les plus jeunes sont aussi touchés. Le suicide constitue
même une des principales causes de décès auprès des jeunes entre 25 et
29 ans", a précisé la ministre.
Avec un taux de suicide
standardisé selon l’âge de 8,7 par 100.000 habitants pour l’année 2012,
le Grand-Duché se situe en dessous de la moyenne européenne. Le nombre
de suicides dans l’Union européenne des 28 s’élevait à 61.929 pour
l’année 2012, ce qui correspond à un taux standardisé de mortalité par
suicides de 12 par 100.000 habitants.
Le suicide est le
résultat d’interactions complexes entre différents facteurs de risque et
de protection. Néanmoins, tout suicide est évitable et les moyens de
réduire de manière significative le nombre de décès par suicide
existent.
La prévention du suicide nous concerne tous!
Parmi les priorités du PNPSL figure la prévention au sens large du
terme, ciblé sur les populations à risque, les jeunes, les personnes
âgées, tout comme la poursuite de la décentralisation des structures
d’aide, les formations spécifiques et les prises en charge
thérapeutiques.
"Chacun a un rôle important à jouer dans la
prévention du suicide, en commençant par les structures de santé, les
écoles, mais aussi le monde de l’entreprise et la communauté au sens
large", a expliqué Dr Fränz D’Onghia du Centre d’information et de
prévention. "C’est en œuvrant ensemble que nous parviendrons à sauver
des vies.". "Anormal? ou quand même normal?"
C’est dans cet esprit qu’a été élaborée l’exposition "A|Normal". Il
s’agit du développement et de la mise à disposition de programmes de
promotion de la santé mentale en entreprise et dans les autres lieux de
rencontre, avec pour informations essentielles les possibilités d’aide
et d’entraide dans le but de lutter contre la stigmatisation des
maladies mentales.
Sous forme d’une vingtaine de panneaux, le
visiteur est invité à se poser de multiples questions autour de la santé
mentale. Au-delà, il reçoit une large panoplie de réponses à travers
des vécus et des réflexions, autour des thèmes de la peur et de
l’anxiété, de la dépendance, de la dépression, des troubles
obsessionnels compulsifs et de la schizophrénie.
À travers
cette action destinée à l’ensemble de la population, un accent
particulier est mis sur l’information à la reconnaissance des troubles
dépressifs, des troubles anxieux, des troubles de l’addiction et de la
promotion de la santé mentale.
État d’avancement du PNPSL
Parallèlement à cette action de promotion de la santé mentale, 14
autres actions ont déjà pu être mises en place ou sont en cours
d’élaboration. Parmi celles-ci:
1. Le développement d’actions
visant à promouvoir la connaissance des problématiques des groupes
stigmatisés et d’améliorer l’orientation vers les services d’aide,
notamment pour les populations à risque de discrimination/stigmatisation
dû à:
l’orientation sexuelle et l’identité sexuelle du genre (enfants et adultes intersexes et trans);
un trouble psychique/psychiatrique;
lieu de travail (burnout, harcèlement sexuel, mobbing, etc.);
une privation de liberté (détenus);
un parcours migratoire, etc.
2. La promotion de la vigilance partagée (à l'instar des risques
d’accident de travail traditionnels) rapportée aux maladies psychiques
en entreprise, afin de responsabiliser l’ensemble des salariés.
3. Le développement et l’amélioration de l’information et de la
sensibilisation relatives aux addictions, et notamment sur les effets
des nouvelles drogues.
4. La réalisation et la promotion des
journées de la santé mentale en collaboration avec les communes dans le
but d’informer la population sur les maladies mentales.
5. L'information et la sensibilisation à l’attention du grand public sur
les problèmes de santé mentale, et plus particulièrement:
les états de stress post-traumatique (PTSD);
les troubles de l’humeur;
le stress chronique et le harcèlement;
les troubles de l’angoisse;
la crise suicidaire, etc.
Afin d’objectiver l’impact de la stratégie nationale de prévention du
suicide et d’optimiser l’efficience des actions successives, une
évaluation externe de l’intégralité du plan d’action sera réalisée. Des
réévaluations du Plan national prévention du suicide 2015-2019 en cours
de réalisation sont également prévues.
L’exposition, actuellement installée au ministère de la Santé, peut encore être visitée jusqu’au 29 juillet 2016. Communiqué par le ministère de la Santé
OUTIL UNE EXPOSITION ITINÉRANTE : LE TRAVAIL À L’ACTE Suicide au travail : « Il est difficile d’en parler, douloureux de se taire ».
Sur la base de l’exposition « Le suicide en face » organisée par Universcience, ENTR’ACTES propose une exposition itinérante en direction du grand public Télécharger la présentation
"J’ai parcouru 25 746 kilomètres, dans toute la France, pour rencontrer 29 personnes qui ont tenté de se suicider. Je leur ai demandé quelle était leur réalité, terriblement supérieure. Et j’ai pris des photos, de chaque trajet fait pour rencontrer ces 29 personnes, chez elles." Margot Morgiève
"Kilomètre 25 746" retrace le parcours de Margot Morgiève, psychologue et sociologue, au cours d'une évaluation sociologique sur le suicide. 29 photographies et autant d’extraits de verbatim de patients ont été recueillis lors d’entretiens semi-directifs et autant de nuages de mots. Chaque nuage de mot est une représentation visuelle de l’intégralité de l’entretien, dont les mots les plus répétés sont écrits en plus gros et les mots les moins répétés sont les plus petits.
"J’ai recueilli ces témoignages au cours d’une évaluation sociologique
d’un dispositif de veille au décours d’une tentative de suicide
(protocole ALGOS). La volonté d’étudier qualitativement ce dispositif
émanait du groupe de travail sur les conduites suicidaires présidé par
Nadia Younes avec Michel Autès, Christine Chan- Chee, Philippe
Courtet, Grégoire Rey, Jean-Luc Roelandt, Marie Tournier, Guillaume
Vaiva et Michel Walter. Cette étude a été coordonnée par Isabelle
Vazeilles de l’IReSP (Institut de Recherche en Santé Publique) avec la
participation et le financement de la DGS (Direction Générale de la
Santé), et la participation de la DREES (Direction de la Recherche, des
Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) et de l’INPES (Institut
National de Prévention et d’Education pour la Santé). Merci à Fausto
Urru, photographe, pour la mise en scène de cette exposition, à
l’INSERM pour son financement, et au Congrès Français de Psychiatrie
pour son accueil. Margot Morgiève, psychologue et sociologue."
L'ensemble de ce parcours ne pouvant être présenté dans cet espace, une sélection de quelques clichés sera exposée ainsi qu'un film (19 min) retraçant cette aventure mise en son par deux comédiens.
Du 5 avril au 28 août 2016 Cité des sciences et de l'industrie - 30, avenue Corentin-Cariou - 75019 Paris. Cité de la santé, Bibliothèque, niveau -1 Accès libre
Le photographe et chargé de cours Jean-François Bérubé
présente Mon village, une exposition sur les
conséquences du suicide. La maison d'enfance du photographe.
Photo :Jean-François Bérubé
Le Centre de design accueille, du 11 au 16 juin prochains, les expositions Mon village, du photographe et chargé de cours Jean-François Bérubé, de l'École de design, et Meeting, de l’artiste new-yorkais Nick Kline. Présentées par le 28e Congrès mondial de l’Association internationale pour la prévention du suicide (IASP) et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, ces expositions reflètent la volonté des deux artistes d’aborder, à travers l’art, la perspective de ceux qui ont perdu un parent ou un ami à cause du suicide.
«Le suicide touche tout le monde, mais un grand silence entoure le
phénomène. Ceux qui restent se sentent coupables, tout en se demandant
ce qu'ils auraient pu faire pour éviter l'inévitable. Chose certaine,
les souvenirs ne s'effacent pas», croit Jean-François Bérubé, qui a
perdu plusieurs amis, morts par suicide, «l'équivalent d'une équipe de
hockey au complet».
Originaire de la vallée de la Matapédia, celui qui œuvre comme
photographe depuis plus de 30 ans est retourné sur les lieux de son
enfance à la recherche de souvenirs. Son point de départ, une photo de
son équipe de hockey pee-wee prise par un photographe du journal local
après une victoire en finale régionale. «Sans chercher à nommer le
village dans lequel j'ai grandi, j'ai voulu mettre en scène des lieux
physiques faisant référence à la mémoire et à des activités auxquelles
nous aimions nous adonner enfants, comme la pêche et les jeux dans les
cours d'école, dit-il. Des images qui peuvent rappeler une blessure.»
L’exposition témoigne de la résilience face à la mort et explore
l’impact du suicide sur les survivants. «J'ai réalisé une série de
portraits de survivants meurtris par la perte d'un frère, d'un père,
d'un ami ou d'un enfant», souligne Jean-François Bérubé. Le chargé de
cours a également publié un recueil de photos et de textes. «L'ouvrage
m'a permis d'aller encore plus loin que l'exposition et de prendre le
temps de raconter cette histoire qui m'habite depuis si longtemps.» Le
vernissage de l'exposition et le lancement du livre auront lieu le
mercredi 10 juin, à 18 h.
Un projet participatif
En parallèle à l'exposition Mon village, l'artiste new-yorkais Nick Kline présentera Meeting,
un projet d’art participatif qui sera finalisé dans le cadre de
l'exposition. «L’objectif principal du projet est de créer un livre
d’artiste, en collaboration avec le grand public, autour du thème du
suicide et du deuil, explique Jean-François Bérubé. Durant l'exposition
et de manière anonyme, les gens pourront partager leurs commentaires,
leurs réflexions, leurs témoignages, leurs images et leurs souvenirs sur
le sujet.» Professeur adjoint de photographie au Department of Arts, Culture and Media
de la Rutgers University-Newark, dans le New-Jersey, Nick Kline
conjugue la photographie, les livres d’artistes et la pratique sociale
de l'art. «Nick Kline travaille depuis longtemps sur le sujet du
traumatisme et a lui aussi perdu beaucoup d'amis en raison du suicide,
relève Jean-François Bérubé. C'est lui qui m'a donné l'idée de faire une
exposition sur ce thème.»
Les deux expositions seront suivies, du 16 au 20 juin, du Congrès mondial de l’Association internationale pour la prévention du suicide.
Parrainé par l’Organisation mondiale de la Santé et organisé par le
Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie
(CRISE) de l'UQAM, l'événement rassemblera à l'Université plus de 700
chercheurs et praticiens du monde entier qui discuteront des découvertes
récentes et des nouvelles approches en prévention du suicide.
Fresnes : exposition sur la santé mentale en prison Article du 14 Avril 2015,http://www.leparisien.fr/fresnes-94260/fresnes-exposition-sur-la-sante-mentale-en-prison-14-04-2015-4692095.php Illustration. L’afiche de l’exposition «La santé mentale en prison» est tirée de la bande dessinée de Sylvain Ricard et Nicob «20 ans ferme» (Editions Futuropolis, 2012). (Nicoby.) L’exposition qui débute ce mercredi à l’Ecomusée du Val-de-Bièvre propose de faire un état des lieux de la santé mentale des personnes détenues en prison en France. Il faut attendre la fin du XVIIe siècle pour que les aliénés soient traités avec bienveillance. Les premières formes de psychothérapie naissent à cette époque, à Bicêtre. Sur le Val-de-Bièvre, les détenus peuvent aujourd’hui être pris en charge par Le Service Médico-Psychologique Régional de Fresnes, rattaché à l’hôpital Paul-Guiraud. Ils peuvent aussi poursuivre leur thérapie après leur sortie en ayant recours au Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital. Exposition jusqu’au 24 mai, 41, rue Maurice Ténine
"La santé mentale en prison, histoire et actualité Exposition
réalisée par Marie-Hélène Bonnet et le Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital (RPH), en collaboration avec l’écomusée Du 15 avril au 24 mai 2015 A l’écomusée (salle d’expositions participatives)
Cette exposition propose au visiteur de découvrir l’état des
lieux de la santé mentale des personnes détenues en France, et
l’évolution du traitement de la souffrance psychique dans des situations
d’enfermement depuis le XVIIIe siècle, ère d’avènement de la
psychiatrie aliéniste, jusqu’à aujourd’hui. ----- Mercredi et samedi de 10h à 12 et de 14h à 18h Mardi, jeudi, vendredi, dimanche et jour férié de 14 à 18h Fermé le lundi (y compris férié) & le 1er mai
Entrée gratuite
Contacts
Ecomusée du Val de Bièvre - Fresnes
Ferme de Cottinville - 41, rue Maurice Ténine - 94260 Fresnes
Fabien Paillotsaintes@sudouest.fr La salle des Pas-Perdus du tribunal de grande instance de Saintes accueille,
le temps d'une semaine, une exposition photographique. Professionnel, Jean
Lecourieux-Bory y présente - jusqu'à demain soir - une dizaine de tirages issus
d'une série consacrée aux petits patrons et au monde de l'entreprise. Ce travail
s'intitule d'ailleurs « Les Petits Patrons ». Ses clichés en noir et blanc retracent, avec humour et cynisme, les
différentes étapes rencontrées par les entrepreneurs. Son travail n'omet pas
non plus une dimension beaucoup plus sombre, notamment lorsque le photographe
met en scène « le burn-out » (cliché ci-contre). De la création d'une « boîte »
à la paperasse administrative en passant par la liquidation judiciaire, Jean
Lecourieux-Bory aborde ainsi toutes les facettes d'une histoire méconnue, celle
vécue par un grand nombre de Français lancés dans ce grand bain. Installé à Bourges, le photographe n'a pas choisi ce thème au hasard. Il a
lui-même été un petit patron. Jean Lecourieux-Bory a d'ailleurs traversé les
différentes étapes qu'il a mis en scène dans ses travaux. « Je me sentais légitime », juge-t-il aujourd'hui. D'abord opticien, le
quadragénaire s'est ensuite installé à son compte et a changé de métier. Durant
une dizaine d'années, il a fabriqué « des grues et des wagons ». « Ma mère
voulait que je fasse un métier sérieux », lâche-t-il pour justifier ses choix
de carrière. Sa passion de jeunesse l'a pourtant rattrapé lorsqu'il a rencontré
ses premières difficultés. Huit mois de travail « J'ai toujours voulu faire de la photo. Quitte à se ramasser, autant sauter
le pas », s'amuse-t-il. Jean Lecourieux-Bory s'est donc mis à la photographie
et en a fait son nouveau métier. Devenu professionnel en 2011, il travaille
depuis sur cet univers qu'il a longtemps côtoyé. Sa démarche se veut « plus artistique que militante ». Ce thème,
explique-t-il, n'avait jamais été traité, contrairement à d'autres sujets
éculés. « Lorsque j'ai fermé mon entreprise, j'ai fait quelques photos. » Plus
tard, ces clichés lui sont revenus en tête. Le Berruyer venait de trouver son idée.
Il y a consacré huit mois de travail. Le résultat connaît depuis quelques mois
un franc succès. La série a été exposée dans différentes villes et manifestations. « J'ai
fait ça pour le grand public, détaille le quadragénaire. Mais ce sont des
professionnels qui y ont trouvé un intérêt. » À Saintes, l'un des greffiers du
tribunal de commerce, Marc Binnié, a justement découvert ce travail alors qu'il
assistait à un colloque à Montpellier. « C'est la première fois que je vois les difficultés des entrepreneurs mises
en images, avance-t-il. Le greffier a été touché par « le ton et l'approche »
du photographe. « Ces clichés valent beaucoup de discours », juge Marc Binnié
qui a souhaité les voir exposés à Saintes. « Il a trouvé dans mon travail de
quoi illustrer le sien », sourit le photographe. Marc Binnié œuvre beaucoup en
effet pour les entrepreneurs au sein du tribunal de commerce de Saintes,
notamment au travers d'un dispositif de prévention du suicide. Programmé dans différentes expositions jusqu'en mars prochain, Jean
Lecourieux-Bory se dit heureux de cet accueil. « Les gens comprennent ce que je
veux faire. » Il ne s'attendait pourtant pas à un tel succès. Lui envisageait
plutôt ce travail comme une sorte d'exutoire. « Chaque fois que je faisais une
photo, j'avais l'impression de me libérer », estime-t-il. Le Berruyer vit désormais de son activité. Ses clichés font l'objet de
commandes et se vendent sous la forme d'un livre : « Ça m'aide à continuer ».
Sur sa lancée, Jean Lecourieux-Bory a choisi de travailler sur des thèmes
économiques. « Le sujet est vaste, mais personne ne l'aborde en photographie. » L'histoire ne dit pas s'il privilégiera les autoportraits. Car c'est lui le
petit patron présent sur tous ses clichés. Le photographe s'est mis en scène
sur chacun d'entre eux, « par simplicité ». Jean Lecourieux-Bory sera présent
demain, au tribunal de Saintes, pour en parler.