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vendredi 22 septembre 2023

COMMUNIQUE Programme PAPAGENO Harcèlement et suicide : des liaisons dangereuses ?

Source :  

Harcèlement et suicide : des liaisons dangereuses ?

Chaque année, selon les données officielles, entre 700 000 et 1 million de jeunes sont victimes de harcèlement scolaire en France. Si le sujet est préoccupant, il nest jamais mis autant en lumière qu’à la faveur dune issue fatale : celle du suicide dune victime.
 
Les médias se sont tous emparés du sujet ces derniers mois. Les prénoms et les photos des victimes font la Une, des jours durant, ainsi que les témoignages de leurs proches endeuillés.
 
Le plus souvent, le harcèlement est évoqué à l’occasion d’un suicide dont il est supposé avoir été la cause. Si ce lien de causalité directe peut concourir à un effet Werther, le traitement médiatique actuel pose d’autres questions déontologiques auxquelles il nest pas simple de répondre. Devoir dinformation, sentiment durgence à agir, à dénoncer…
 
Que lon soit professionnel.le des médias ou préventeur du suicide, il est important de nous questionner sur nos pratiques. Et le contexte actuel nous appelle à une exigence supplémentaire.
 
Pourquoi nous en inquiétons-nous au sein du programme Papageno ? Si la mobilisation en faveur de la prévention du suicide et de la dénonciation du harcèlement est une priorité, il nen demeure pas moins que le spectre dun effet Werther est bien présent.
 
Comment ? Voici quelques éléments de réponse en lien avec les recommandations éditées par lOMS sur la couverture médiatique du suicide :

  • 1 : Une sur-exposition médiatique sur le long terme qui génère un sentiment de fatalité. La couverture médiatique actuelle des suicides peut conduire à une normalisation du suicide comme moyen « acceptable » de faire face aux difficultés. Nous reprendrons ici les propos de la sociologue de l’éducation et du numérique, Margot Déage : " la surexposition des cas de harcèlement qui ont mené au suicide, par rapport aux autres cas, peut donner à certains et certaines victimes l'impression que le suicide est la seule issue possible, pouvant précipiter des suicides par mimétisme."
  • 2 : Un lien de causalité direct qui nuit aux efforts de prévention. Car rappelons-le, le suicide nest jamais le résultat dune cause unique. Il est la résultante dun parcours de vie dans lequel les situations vécues de harcèlement pèsent lourd. Si le suicide se produit dans un contexte de harcèlement, toute situation de harcèlement ne conduit pas au suicide. Agir sur le harcèlement et accompagner la période de crise suicidaire cest se donner les moyens de soulager la souffrance. Pour ce faire, il convient de rappeler en permanence quil existe des solutions et notamment des numéros de téléphone gratuits, anonymes et confidentiels : le 3020 (harcèlement à l'école), le 3018 (cyber harcèlement) et le 3114 (prévention du suicide).
  • 3 : L’évocation du moyen létal, que ce soit à l’écrit ou pour nourrir des iconographies en illustration du sujet. Or, toute représentation dune méthode de suicide dans les médias (par les mots ou par limage), fournit des renseignements qui peuvent influencer le scénario des personnes vulnérables par effet de mimétisme.
Si le suicide demeure un geste létal face à une souffrance ultime, on ne peut nier le poids de la part sociale dans cette souffrance. Tant individuellement - et les témoignages de victimes le retranscrivent avec détails - que collectivement. Le sentiment dune perte de sens dans linstitution et de confiance dans les adultes figurant parmi les facteurs de risque suicidaire, il convient dapporter une vigilance accrue aux victimes et davantage encore dans le contexte actuel.
 
Cest pourquoi, nous recommandons de contre balancer les faits par :
  • Le rappel que des solutions existent notamment celles mentionnées précédemment : le 3020 (harcèlement à l'école), le 3018 (cyberharcèlement) et le 3114 (prévention du suicide). En effet, citer un dispositif d'aide élargit le champ des possible en cas de désespoir et ouvre la voie à un soutien immédiat aux personnes en détresse.
  • Des témoignages de rétablissement après des vécus de harcèlement tels que ceux :
Sources:
  • Association between suicide reporting in the media and suicide: systematic review and meta-analysis. BMJ 2020;368:m575 
  • Effects of media stories of hope and recovery on suicidal ideation and help-seeking attitudes and intentions: systematic review and meta-analysis. Lancet Public Health. 2022 Feb;7(2):e156-e168.

L'équipe du Programme Papageno est à votre disposition si besoin :

Mail : papageno@f2rsmpsy.fr

Web : www.papageno-suicide.com

jeudi 10 novembre 2022

SONDAGE Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide

Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide

08/11/2022
Par Le HuffPost avec AFP

Selon une étude, 60 % des jeunes adultes de 18 à 25 ans ont déjà subi du cyberharcèlement, avec des conséquences parfois très graves sur leur santé mentale.

Plus d’un jeune adulte sur deux a déjà été victime de cyberharcèlement.

HARCELEMENT EN LIGNE - Les chiffres font froid dans le dos. Selon une étude financée par la Caisse d’Epargne et publiée par e-Enfance mardi 8 novembre 2022, plus d’un jeune adulte sur deux (60 %) a déjà été harcelé sur Internet. « Une proportion énorme », souligne auprès de l’AFP Justine Atlan, la directrice générale de cette association de protection de l’enfance sur internet. D’autant que parmi les victimes, 49 % ont déjà pensé au suicide.


L’étude, réalisée par l’institut Audirep auprès d’un échantillon de 1 209 jeunes âgés de 18 à 25 ans, montre les conséquences « lourdes » du cyberharcèlement sur la santé physique et mentale des victimes : 69 % d’entre elles déclarent avoir subi des insomnies, des troubles de l’appétit ou ressenti du désespoir, et 51 % ont failli tomber dans des comportements d’addiction à l’alcool ou à la drogue.

Le phénomène peut prendre plusieurs formes, comme des insultes, des moqueries ou le partage de photos sans le consentement de la personne concernée.

Par ailleurs, la majorité des victimes y ont été confrontées pour la première fois avant 21 ans. « Il s’agit d’un âge où les jeunes sont parfois très seuls et se trouvent dans une situation précaire. Pour autant, ils ont besoin de socialisation de cet âge, ce qui les amène à prendre des risques » en ligne, explique Justine Atlan, alors que la journée nationale de lutte contre le harcèlement aura lieu dans deux jours, jeudi 10 novembre 2022.
Une activité de plus en plus intense sur les réseaux

« Les usages continuent à s’amplifier, les jeunes ont plusieurs messageries, s’inscrivent sur différents réseaux sociaux, ce qui multiplie le facteur de risque de subir du cyberharcèlement », décrit Justine Atlan. Les plateformes les plus utilisées sont celles où l’on dénombre le plus de signalements pour du cyberharcèlement. « Pour cette tranche d’âge, ça va être plus TikTok que Facebook », indique-t-elle, alors que les jeunes déclarent avoir en moyenne un compte sur huit réseaux sociaux différents.

90 % des jeunes adultes estiment d’ailleurs que leur temps passé sur internet et les réseaux sociaux a augmenté, dont 59 % « beaucoup plus », à cause du développement massif des réseaux sociaux, de la crise du Covid et des différents confinements. Cette période a également facilité l’augmentation de conduites à risques sur internet et les réseaux sociaux, et 64 % des jeunes estiment s’y exposer.

L’étude ne permet en revanche pas de définir un profil type de victime, à cause de leur nombre très important. Elle relève toutefois qu’un peu plus d’hommes, de non diplômés, inscrits sur un plus grand nombre de réseaux sociaux et à des jeux en ligne, sont concernés.
Comment lutter ?

Afin de lutter contre le cyberharcèlement, 62 % des jeunes adultes interrogés veulent la mise en place d’un suivi psychologique renforcé pour les victimes. Ils sont aussi 52 % à souhaiter avoir accès à de l’aide ou de l’information de la part d’une association qui lutte contre les cyberviolences.

Parmi lesquelles E-Enfance, qui a commandé cette étude. L’association gère le 3018, numéro national pour les victimes de violences numériques. Il a connu cette année une hausse des cas traités : environ 25 000 de janvier à septembre 2022, contre 19 000 sur l’ensemble de l’année 2021, selon Justine Atlan.

L’autre numéro d’écoute, le 3020, s’adresse aux familles et aux victimes d’une situation de harcèlement scolaire entre élèves. Il a également connu « une nette progression des appels traités » cette année, a indiqué à l’AFP Murielle Cortot Magal, directrice générale de l’association EPE-IDF (École des parents et des éducateurs d’Île-de-France), qui gère cette plateforme téléphonique.

Cette année, le numéro a enregistré 22 000 appels jusqu’à septembre 2022, contre 17 000 sur l’ensemble de l’année 2021. Les cas traités émanant majoritairement de parents, avec un fort taux d’appels pour des élèves de CM1, CM2, 6e et 5e.

https://www.huffingtonpost.fr/life/article/cyberharcelement-chez-les-jeunes-49-des-victimes-ont-deja-pense-au-suicide_210003.html

vendredi 4 mars 2022

Loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire devient un délit
Arnaud BÉLIER. mercredi 2 mars 2022 Ouest-France 

Nouvelle loi. Le harcèlement à l’école pourra être puni jusqu’à dix ans de prison en cas de suicide ou tentative de suicide de la victime.

La proposition de loi visant à combattre le harcèlement scolaire, déposée par le député finistérien MoDem Erwan Balanant, a été définitivement adoptée par le Parlement, en fin de semaine. Le harcèlement scolaire, étendu aux faits commis en marge de la vie scolaire ou universitaire et par les personnels, y compris dans l’enseignement privé et dans l’enseignement supérieur, devient un délit qui pourra être puni jusqu’à dix ans de prison en cas de suicide ou tentative de suicide de la victime.

150 000 € d’amende

Les harceleurs encourent jusqu’à dix ans de prison et 150 000 € d’amende. Leur téléphone et leur ordinateur pourront être saisis. La loi fait également obligation aux plateformes et aux fournisseurs d’accès à Internet de modérer des contenus de harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux.

Les établissements d’enseignement, mais aussi les Crous, soumis à une obligation de moyens, devront prendre les mesures appropriées pour prévenir et traiter les cas de harcèlement et orienter les victimes, les témoins et les auteurs vers des associations pouvant les accompagner.

Mais la prévention reste le maître mot. Une information sur les risques liés au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement sera délivrée chaque année aux élèves et aux parents. Les médecins, travailleurs sociaux, policiers, magistrats et enseignants amenés à traiter des cas de harcèlement seront également formés.

Dans un communiqué, Hugo Martinez, président de l’association Hugo !, se dit fier d’être citoyen d’un pays qui adopte un texte majeur qui écrit les petites lignes de l’histoire de France, celle de nos enfants, et des générations futures .


 INFO + 

Loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire

Dernière modification : 3 mars 2022  https://www.vie-publique.fr*
Loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire

La loi crée un délit de harcèlement scolaire qui pourra être puni jusqu'à 10 ans de prison en cas de suicide ou tentative de suicide de la victime. Elle améliore également le droit à une scolarité sans harcèlement. Le harcèlement scolaire, amplifié par les réseaux sociaux, toucherait près d'un élève sur dix chaque année.

Où en est-on ?
Étape 1 validée
5 novembre 2021
Dépôt au parlement
Étape 2 validée
24 février 2022
Examen et adoption
Adoption définitive
Étape 3 validée
2 mars 2022
Promulgation
La loi a été promulguée le 2 mars 2022

Elle a été publiée au Journal officiel du 3 mars 2022

Le 24 février 2022, l'Assemblée nationale a définitivement voté la proposition de loi.
Le texte avait été déposé par le député Erwan Balanant et plusieurs de ses collègues le 5 novembre 2021. Il avait été adopté en première lecture, avec modifications, par l'Assemblée nationale le 1er décembre 2021, puis par le Sénat le 27 janvier 2022. Après échec de la commission mixte paritaire le 1er février, l'Assemblée nationale avait adopté le texte en nouvelle lecture, avec modifications, le 10 février 2022. Le Sénat l'avait rejeté en nouvelle lecture le 17 février.
Le gouvernement avait engagé la procédure accélérée sur ce texte le 8 novembre 2021.

Le droit à une scolarité sans harcèlement
Un nouveau délit de harcèlement scolaire

La loi complète les mesures déjà mises en oeuvre par le gouvernement, et rappelées par le ministre de l'éducation nationale le 17 novembre 2021.

Le droit à une scolarité sans harcèlement

Le droit de suivre une scolarité sans harcèlement scolaire, posé par la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance, devient une composante du droit à l'éducation. Il est étendu dans le code de l'éducation aux élèves de l'enseignement privé et aux étudiants. La définition du harcèlement est aussi complétée, notamment pour y inclure les faits commis en marge de la vie scolaire ou universitaire et par les personnels.

Une obligation de moyens pèsera sur les établissements d’enseignement scolaire et supérieur publics et privés ainsi que sur les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous), qui devront prendre les mesures appropriées pour :
prévenir et traiter les cas de harcèlement ;
orienter les victimes, les témoins et les auteurs, notamment vers des associations pouvant les accompagner.

Afin de mieux prendre en charge les victimes et les harceleurs, le projet d’école ou d’établissement devra fixer les lignes directrices et les procédures destinées à la prévention, à la détection et au traitement des faits de harcèlement.

Ces mesures accompagneront la généralisation du programme pHARe, plan expérimental de prévention et de lutte contre le harcèlement entre élèves.

À l'initiative des parlementaires, une information sur les risques liés au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement sera délivrée chaque année aux élèves et aux parents d’élèves.

Les différents personnels qui, au cours de leur activité professionnelle, peuvent être amenés à rencontrer ce type de situation (médecins, travailleurs sociaux, policiers, magistrats, enseignants...) devront recevoir une formation sur le harcèlement scolaire et universitaire.

Sur amendements des sénateurs :
lors des visites médicales obligatoires à l'école, une attention devra être portée aux cas de harcèlement scolaire, à côté de la maltraitance ;
afin de mieux prévenir le harcèlement scolaire, les personnels assistants d’éducation (AED) ayant exercé pendant six ans pourront bénéficier d'un contrat à durée indéterminée (CDI) dans leur établissement ;
le gouvernement devra remettre un rapport évaluant la possibilité d'un meilleur remboursement par l'assurance maladie des frais engagés pour le suivi psychologique et psychiatrique des enfants victimes de harcèlement et de leurs auteurs.

Un nouveau délit de harcèlement scolaire

Le texte, tel qu'adopté, prévoit un nouveau délit de harcèlement scolaire, sanctionnant les élèves, les étudiants ou les personnels des établissements scolaires et universitaires, reconnus coupables de harcèlement. Les peines maximales encourues sont de dix ans de prison et de 150 000 euros d’amende en cas de suicide ou de tentative de suicide de la victime harcelée. Un stage de "sensibilisation aux risques liés au harcèlement scolaire" pourra être également prononcé par le juge.

Les sénateurs en première lecture avaient supprimé ce nouveau délit et prévu à la place une circonstance aggravante du délit général de harcèlement, déjà existant.

Afin de mieux lutter contre le cyberharcèlement sur les réseaux sociaux, les parlementaires ont autorisé la saisie et la confiscation des téléphones portables et des ordinateurs qui ont été utilisés pour harceler un élève ou un étudiant. Des garanties sont posées.

Enfin, le texte inscrit la lutte contre le harcèlement scolaire parmi les objectifs assignés aux acteurs d'internet (plateformes et fournisseurs d'accès à internet - FAI) et consacre l’obligation de modération des contenus de harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux.

Vidéo
Le cyberharcèlement en milieu scolaire
consulter

Rapport
Rapport d’information (…) sur harcèlement scolaire et cyberharcèlement : mobilisation générale pour mieux prévenir, détecter et traiter
consulter

Lancement de l'application 3018 pour aider les victimes de cyberharcèlement
L'association e-Enfance, qui gère le numéro national d'assistance 3018 pour les jeunes victimes de cyberviolence et de cyberharcèlement et leurs parents, vient de lancer l'application mobile 3018(nouvelle fenêtre), avec le soutien du gouvernement.
Cette application gratuite et confidentielle permet notamment une prise de contact instantanée par tchat avec un professionnel du 3018 et le stockage sécurisé des preuves du harcèlement vécu (captures d'écran, photos, liens url, etc.), transférable aux équipes 3018.
Le 3018 dispose de procédures de signalement accélérées pour faire supprimer les comptes ou les contenus en quelques heures sur les réseaux. Il est le partenaire de l'Éducation nationale, de la plateforme PHAROS et du 119 Enfance en danger pour réaliser des signalements prioritaires.
En complément
Assemblée nationale https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/combattre_harcelement
Légifrance
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045287658

 

source https://www.vie-publique.fr/loi/282708-loi-balanant-visant-combattre-le-harcelement-scolaire

mardi 1 février 2022

OUTIL PEDAGOGIQUE "S’échapper du harcèlement, ce n’est pas du jeu / Escape game made in MSA

Maine-et-Loire
S’échapper du harcèlement, ce n’est pas du jeu


Frédéric Fromentin
30 décembre 2021 https://ssa.msa.fr/*

Mobilisée dès 2012 dans la prévention du suicide et du mal-être en milieu agricole et dans le monde rural, la MSA de Maine-et-Loire, qui a développé un réseau de Sentinelles, des bénévoles formés à la détection de la crise suicidaire, se concentre ces trois dernières années sur les moins de 25 ans. Cela donne un jeu made in MSA dédié à la lutte contre le harcèlement des 11-25 ans.

#Cyberharcèlement #Jeunes #Suicide
 

Le réseau Sentinelles

En 2011, face à la prévalence du risque du suicide des exploitants agricoles, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation donne mission à la MSA de piloter un plan national de prévention chez les ressortissants du régime agricole. Elle propose alors deux dispositifs pour les adhérents et affiliés en situation de mal-être, en dépression nerveuse, voire avec des idées suicidaires : la cellule Agri’écoute (09 69 39 29 19) et des cellules pluridisciplinaires de prévention au mal-être et au suicide dans chaque caisse.

En 2013, le réseau Sentinelles se constitue à l’initiative du réseau MSA avec l’objectif de mobiliser les différents acteurs du monde agricole pour qu’ils signalent les cas de détresse et amorcent les procédures d’accompagnement. « En fait, il est peut-être un des premiers à l’échelle de la France puisque nous avons commencé à le mettre en place dès 2012 », précise Magali Deniaud, travailleur social de la MSA de Maine-et-Loire et animatrice du réseau sur les Mauges et du Choletais.

Une initiative locale

Tout part d’initiatives de délégués de la MSA de Maine-et-Loire qui, constatant de nombreux cas de mal-être chez leurs collègues du secteur viticole, s’emparent du sujet parallèlement à la demande du ministère de l’Agriculture, comme le détaille Dominique Pichot, responsable de secteur, en charge de la coordination des réseaux Sentinelles dans le département : « L’initiative agricole a croisé tout un travail que faisait l’agence régionale de santé (ARS). En 2011, quand on nous a demandé de piloter le premier plan de prévention du suicide, l’ARS proposait déjà des formations mais nous n’étions pas au courant. Le pont s’est fait à partir de 2012 et nous avons été les premiers à suivre ces formations de deux jours, proposées jusqu’en 2018-2019, pour aider tout citoyen à développer une écoute active et repérer les signes d’une crise suicidaire éventuelle à travers le risque, l’urgence et la dangerosité. »

Ce maillage de nombreuses personnes formées est « homologué » réseau Sentinelles en 2018 : « Cette appellation est demandée et labellisée par l’ARS, il faut donc répondre à un certain nombre de critères. Une personne qui s’y inscrit doit suivre la formation et s’engager à être attentive à ce qui se passe autour d’elle, il y a une charte à signer, explique Dominique Pichot. En Maine-et-Loire, nous avons deux types de réseaux : les Veilleurs, qui mobilisent des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma), des exploitants, des élus MSA, des banques, des professionnels qui gravitent autour des exploitants agricoles et que l’on va outiller pour repérer des difficultés économiques ; et les Sentinelles, qui font de la prévention auprès de l’ensemble de la population rurale au titre de la santé publique et qui œuvrent avec l’ARS, le régime général et le régime agricole confondu. »

Une ouverture aux populations rurales

Destiné au départ aux populations agricoles, ce réseau vigilant étend peu à peu son action à l’ensemble du monde rural : le Maine-et-Loire compte quatre réseaux. Au niveau des Mauges et du Choletais, il est constitué d’une soixantaine de personnes formées et s’articule avec les deux contrats locaux de santé.

« Nous avons des professionnels de divers horizons : médico-sociaux, des infirmiers psychologue, des médecins en pédopsychiatrie, explique Magali Deniaud. Il y a trois, quatre ans, quand le réseau a souhaité travailler auprès de la jeunesse, il a intégré des infirmières scolaires, des coordinateurs jeunesse et des professionnels travaillant auprès de public jeune. »


En effet, le mal-être chez les jeunes est un sujet prégnant ces dernières années. Pour prévenir le harcèlement ou les discriminations dont ils peuvent être victimes, des réunions de réseau d’information deux à trois fois par an et la constitution de sous-groupes de travail sont alors organisées par les Sentinelles du Groupe Mauges Prévention Suicide.

L’un des groupes travaille autour d’un outil de réflexion permettant d’échanger avec les jeunes. Émerge alors l’idée d’un escape game (“jeu d’évasion”). Julie Tison, coordinatrice jeunesse, connaît dans son réseau professionnel une société capable de réaliser le projet, la société coopérative et participative Nitescence située à Bléré.

Escape game made in MSA

Entièrement créé pour et avec la MSA, l’outil a fait l’objet d’un cahier des charges et de nombreux aller-retour pour qu’il réponde entièrement aux attentes. Il a été présenté le 14 octobre dernier à quinze professionnels de santé et du secteur médico-social des Mauges et du Choletais au complexe sportif Pierre-de-Coubertin à La Séguinière.

« Nous avons choisi de l’utiliser dans des vestiaires mais ça fonctionne aussi dans une salle de classe. Nous avons deux mallettes. Chacune correspond à un décor avec des outils qui représentent l’escape game », indique Magali Deniaud. L’essentiel reste que les jeunes se retrouvent dans un environnement familier, se l’approprient et se sentent à l’aise.

Pour autant, « ce n’est pas un escape game habituel, c’est un jeu pour amener à l’échange autour de la notion de mal-être et de harcèlement, précise l’animatrice. L’enquête dure entre 45 minutes et une heure et il faut quasiment le même temps d’échange à la fin. Il est préférable qu’il soit coanimé avec un professionnel de santé en lien avec la thématique et les jeunes ».

Et pour cause, la finalité de ce jeu est de pousser les jeunes à se poser les bonnes questions : qu’est-ce que le harcèlement ? Quel numéro contacter en cas d’actes ou de faits ? Avec qui en parler ?
Contre le harcèlement des jeunes

Pour cela, ils auront au préalable découvert, non pas qui est un harceleur, mais qui est harcelé au moyen d’un journal intime, de lettres, de messages sur un téléphone ou d’informations et d’indices découverts dans un ordinateur portable.

« L’escape game a été testé par Julie Tison lors des animations d’été au centre social, ajoute Magali Deniaud, et il l’a également été lors des vacances de la Toussaint. Les jeunes ont apprécié le jeu. En tant qu’adultes, nous avons eu beaucoup de mal à retrouver les codes des téléphones… pour les jeunes, c’était très simple. C’est un outil idéal pour les 11-17 ans. »


Collégiens et lycéens sont une population particulièrement impactée par le harcèlement, et les coordinateurs jeunesse du département les premiers concernés par cet outil. « Le secteur est très mobilisable en termes d’acteurs sociaux, médico-sociaux et centres sociaux. Nous avons un certain nombre de ces derniers sur notre territoire et ils sont les premiers bénéficiaires de notre outil, continue Magali Deniaud. Les coordinateurs jeunesse peuvent réserver cet escape game. J’ai deux mallettes à disposition que nos partenaires du réseau Sentinelles peuvent emprunter gracieusement (prêt avec convention). Elles partent jusque fin décembre et sont déjà réservées en février et mars. J’ai été contactée par une animatrice d’une autre MSA ainsi que l’instance régionale d’éducation et de promotion santé (Ireps) qui aimeraient le tester début janvier. »

Si le harcèlement et ses répercussions n’ont rien d’un jeu, leur prévention en vaut la chandelle. L’outil développé par la MSA de Maine-et-Loire et la société Nitescence semble être un support idéal pour entamer le dialogue et permettre aux jeunes d’exprimer leurs émotions et identifier leurs questionnements face aux situations de harcèlement scolaire et sportif. 

https://ssa.msa.fr/sechapper-du-harcelement-ce-nest-pas-du-jeu/

lundi 10 mai 2021

MANIFESTATION WEBINAIRE Jeudi 10 juin 2021 Harcèlement scolaire : prévenir la spirale infernale

WEBINAIRE organisé la Fondation d’entreprise Ramsay Santé dans la continuité du précédent sur le suicide chez les jeunes


INVITATION WEBINAIRE
Jeudi 10 juin 2021

Harcèlement scolaire : prévenir la spirale infernale

4èmes Rencontres Prévention Santé

Jeudi 10 juin 2021 entre 10h30 et 13h (pause incluse)

Webinaire en deux sessions d’une heure chacune,
animées par Christophe Barbier, éditorialiste.


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En France, plus d’un élève sur dix scolarisés à l’école primaire et au collège est victime de harcèlement scolaire et près de 4% des lycéens restent impactés. Longtemps considéré comme une simple nuisance des cours de récréation, le harcèlement scolaire et son prolongement sur les réseaux sociaux ont en réalité un effet dévastateur sur leurs victimes.

La Fondation Ramsay Santé, investie sur la prévention des jeunes, a voulu appréhender le mécanisme du harcèlement scolaire et ses conséquences sur la santé mentale puis présenter des actions originales et impactantes sur les territoires ou les réseaux sociaux.

10h30 - 11h30
État des lieux

11h45 - 12h45
Initiatives innovantes et remarquables en faveur de la prévention du harcèlement scolaire

Les intervenants
Justine Atlan, directrice générale de l'association e-Enfance
Erwan Balanant, député de la 8ème circonscription du Finistère, auteur du rapport de mission gouvernementale « Comprendre et combattre le harcèlement scolaire »
Axel Dauchez, directeur général de make.org

Eric Debarbieux, professeur émérite en Sciences de l’éducation, vice-président de Prévenance
Daniel Jasmin, co-fondateur des Centres Relier et de l’École des Réseaux Sociaux
Marie-Pierre Lescure, psychopédagogue, directrice pédagogique de l’association Educat
Dr Jean-Luc Martinez, psychiatre, Clinique des 3 Cyprès
Hugo Martinez, étudiant et président de l’association Hugo !

Emmanuelle Myoux, podcasteuse et fondatrice de l’agence Newing
Maître Valérie Piau, avocate au Barreau de Paris
Marie Quartier, professeure agrégée de lettres et licenciée de psychologie, directrice de la formation de l’association Resis

 En savoir plus sur le programme

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mardi 16 mars 2021

ETUDE RECHERCHE Analyse descriptive d'adolescents en crise suicidaire. Harcèlement scolaire : la vulnérabilité interpersonnelle au cœur de la crise ? Étude ancillaire du protocole "Bipolarité-dépression chez l'enfant et l'adolescent suicidant : mieux diagnostiquer pour prévenir la récidive"

Analyse descriptive d'adolescents en crise suicidaire. Harcèlement scolaire : la vulnérabilité interpersonnelle au cœur de la crise ? Étude ancillaire du protocole "Bipolarité-dépression chez l'enfant et l'adolescent suicidant : mieux diagnostiquer pour prévenir la récidive"
Cecilia Faurie 1

1
UCA Faculté Médecine - Université Côte d'Azur - Faculté de Médecine

Résumé : Introduction : la perte du lien social joue un rôle majeur dans les troubles psychiques des adolescents, en particulier dans la crise suicidaire, ce qui est soutenu par les travaux sur l’exclusion sociale et la théorie interpersonnelle du suicide. À l’adolescence, une situation fréquente d’exclusion et de perte du lien social est le harcèlement scolaire (un tiers des adolescents selon l’Unesco) qui a des conséquences potentiellement graves.
Objectifs : cette étude vise à comparer le taux de récidive suicidaire entre les adolescents ayant subi du harcèlement scolaire et les adolescents non-harcelés et à mettre en évidence des facteurs de vulnérabilité spécifiques aux adolescents harcelés par leurs pairs.
Méthode : cette étude s’intègre dans une étude initiale menée sur une population pédiatrique hospitalisée pour une crise suicidaire en service de médecine pédiatrique des hôpitaux de Nice. Il s’agit d’une étude de cohorte prospective et longitudinale sur 12 mois comprenant des évaluations sociodémographiques, cliniques, dimensionnelles et diagnostiques.
Résultats : l’analyse descriptive des adolescents harcelés à l’inclusion a montré une association significative entre l’antécédent de harcèlement scolaire et l’antécédent d’abus dans l’enfance. L’analyse qualitative des discours des adolescents et de leur famille a également montré plusieurs caractéristiques psychologiques spécifiques aux adolescents harcelés tels que le vécu abandonnique, la faible estime de soi et la sensibilité au rejet. Bien que similaire à celui des adolescents non-harcelés, le taux de récidive des adolescents était élevé et semblait refléter le taux de récidive des adolescents avec antécédent d’abus. Enfin, un résultat non attendu dans l’analyse était la qualité du taux de suivi sur 12 mois qui était deux fois plus important chez les adolescents harcelés.
Discussion : l’association retrouvée entre harcèlement scolaire et abus dans l’enfance ainsi que le rôle constaté des facteurs interpersonnels offrent plusieurs pistes thérapeutiques et préventives du risque suicidaire, notamment celles qui sont basées sur le maintien du lien social et celles basées sur les relations interpersonnelles. Il serait intéressant d’explorer davantage cette association entre harcèlement scolaire et abus dans l’enfance dans la population générale afin de compléter les résultats de cette étude.

Sciences du Vivant [q-bio] / Médecine humaine et pathologie
Contributeur : Bibliothèque Universitaire de Médecine Nice <bu-medecine.theses@univ-cotedazur.fr>
Soumis le : jeudi 8 octobre 2020 - 14:43:24
Dernière modification le : mardi 16 mars 2021 - 03:12:21
Fichier   2020NICEM064.pdf
Fichiers produits par l'(les) auteur(s) 

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02961477

samedi 13 février 2021

AUTOUR DE LA QUESTION : MusicToo : «La dénonciation des prédateurs est nécessaire», affirme Roselyne Bachelot

Article : Roselyne Bachelot : la Ministre se confie sur le suicide de la meilleure amie de sa mère, violée par un prêtre
Politique closermag.fr*

Alors que le mouvement Music Too qui recueille les témoignages de personnes harcelées ou agressées sexuellement dans l'industrie musicale prend de l'ampleur. La ministre de la Culture s'est exprimée sur ce sujet qui lui tient très à cœur.

Les Victoires de la musique se déroulent ce vendredi 12 février, l'occasion pour la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, de donner une interview dans le Parisien. Cette dernière y a surtout évoqué Music Too, le mouvement de libération de la parole des victimes de violences sexuelles dans l'univers de l'industrie musicale. "Il permet aux victimes de réaliser qu'elles ne sont pas seules et qu'elles ont les moyens d'obtenir justice, souligne Roselyne Bachelot. La dénonciation des prédateurs est nécessaire."
Roselyne Bachelot très engagée dans le mouvement Music Too

Un combat que la ministre soutient notamment pour des raisons très personnelles. "Cela a été une priorité pendant toute ma carrière associative et politique. C'est un combat que menait déjà ma mère, explique-t-elle avant de détailler, sa meilleure amie avait été violée par un prêtre et s'était suicidée en se jetant dans un puits lorsqu'elle avait appris qu'elle était enceinte. Les religieuses avaient rendu aux parents le corps de leur enfant suppliciée en leur disant qu'elle était une fille de mauvaise vie qui avait séduit un saint homme. Ils l'ont enterrée à la nuit tombée, sans personne. Ma mère avait 14 ans quand c'est arrivé et ce drame a contribué à la construire. Ce fut un des combats de sa vie et elle me l'a transmis."

Aujourd'hui, Roselyne Bachelot en fait l'une des priorités de son ministère, "les milieux culturels et artistiques sont des milieux fragiles, où les concurrences exacerbées, l'exaltation créatrice et la proximité sont des terrains de choix pour les prédateurs sexuels", prévient-elle.

https://www.closermag.fr/politique/roselynebachelot-la-ministre-se-confie-sur-le-suicide-de-la-meilleure-amie-de-sa-mere-violee-par-unpretre-1247356

vendredi 12 février 2021

Prévention Des copains bienveillants et volontaires agissent pour éviter le harcèlement à l’école

Prévention
Des copains bienveillants et volontaires agissent pour éviter le harcèlement à l’école

Publié le 10/02/2021 • Par Nathalie Perrier prévention sécurité, Innovations et Territoires, Régions Service prévention police municipale de Mougins
Des élèves des classes du primaire et des collèges de Mougins dans les Alpes-Maritimes repèrent et signalent les agressions sur leurs pairs.

Ma Gazette

[Mougins (Alpes-Maritimes) 18 500 hab.] A Mougins, les enfants ne sont pas seulement victimes, auteurs ou complices de harcèlement, ils peuvent aussi être acteurs de la prévention. Selon le ministère de l’Education nationale, un élève sur dix serait victime de harcèlement à l’école, soit 700 000 élèves. Par honte ou peur des répressions, la plupart se taisent. Pour les inciter à rompre le silence, la ville expérimente depuis 2019 le dispositif « copains bienveillants ».

Le principe ? Des élèves, volontaires, attentifs et vigilants, prêts à recueillir les confidences d’un camarade en difficulté, repérer les situations problématiques et en référer aux adultes de la communauté éducative. « Le harcèlement est un fléau, avec des conséquences souvent dramatiques : absentéisme, décrochage scolaire, isolement, voire suicide, constate Richard Galy, le maire. La principale difficulté étant le repérage des victimes, nous avons voulu trouver parmi leurs pairs des personnes ressources à qui elles pourraient plus facilement se confier. »

Des policiers formés

En janvier 2019, la ville envoie deux de ses policiers municipaux participer à la formation « harcèlement en milieu scolaire » proposée par la brigade de prévention de la délinquance juvénile de la gendarmerie (BDPJ) de Cagnes-sur-Mer qui teste un dispositif proche dans un collège du département. Quelques mois plus tard, « copains bienveillants » est mis en place dans les écoles primaires. Piloté par la police municipale en partenariat avec l'Education nationale, il se déploie dans les six écoles (niveaux CM1 et CM2) et les deux collèges de la ville (de la sixième à la troisième), soit auprès de 2 000 élèves. « Nous avons adapté le dispositif de la BDPJ aux plus jeunes, dès la fin du primaire, explique Hervé Houste, brigadier-chef principal du pôle prévention de la police municipale. Plus nous abordons tôt le problème, plus nous désamorçons des comportements, on dédramatise l'entrée en classe de 6E et nous tissons des liens avec les enfants que nous suivrons au collège. »

« Pas des balances »

Concrètement, en début d'année, Hervé Houste et son complice Anthony Maccario, brigadier du service « prévention », interviennent dans les classes pour expliquer ce qu'est le harcèlement - « à ne pas confondre avec des chamailleries ». Ils insistent sur l'importance du dialogue - « vous n'êtes pas des balances » - et présentent les adultes ressources à qui les enfants peuvent s'adresser au sein de leur établissement. En primaire, une première heure de sensibilisation a auparavant été dispensée aux élèves par la psychologue scolaire. « Nous travaillons à l'aide de supports qui parlent aux élèves : le clip Fragile du chanteur Soprano, le single Ma jolie de Claudio Capeo, la vidéo de la campagne de 2019 Non au harcèlement, explique Hervé Houste. Le but, c'est de libérer la parole, d'amener les enfants à nous parler d'eux, de situations de harcèlement dont ils ont été victimes, témoins ou auteurs. »

L'an dernier, les copains bienveillants ont repéré et signalé cinq situations de harcèlement. Immédiatement traitées par la communauté éducative ou la police, elles ont aussitôt pris fin.

Contact : pôle « prévention » de la police municipale, serviceprevention@villedemougins.com

Une violence répétée
Moqueries, insultes, surnoms désobligeants, coups... Le harcèlement prend plusieurs formes. Il s'agit, selon la définition de l'Education nationale, d'une violence physique ou psychologique répétée qui s'exerce sur une personne souvent isolée, dans une relation de dominant /dominé. En France, 700 000 élèves sont victimes de harcèlement scolaire, dont 380 000 de manière sévère. La plupart n'osent pas se confier. Le harcèlement scolaire peut avoir des
conséquences dramatiques : absentéisme, décrochage scolaire, troubles, changement de comportement. 

https://www.lagazettedescommunes.com/720533/des-copains-bienveillants-et-volontaires-agissent-pour-eviter-le-harcelement-a-lecole/


vendredi 4 septembre 2020

ETUDE RECHERCHE SUEDE Exposition au harcèlement sexuel au travail liée à un risque accru de comportement suicidaire

Exposition au harcèlement sexuel au travail liée à un risque accru de comportement suicidaire
Des mesures ciblant les comportements inappropriés dans l'environnement du travail social pourraient contribuer à réduire le suicide, selon des chercheurs
D'apres "Exposure to workplace sexual harassment linked to an increased risk of suicidal behavior: Measures targeting inappropriate behaviours in the social work environment could help reduce suicide, say researchers." ScienceDaily. ScienceDaily, 2 September 2020.  

Les travailleurs qui ont été exposés au harcèlement sexuel sur leur lieu de travail sont plus à risque de se suicider et de tenter de se suicider, constate une étude publiée aujourd'hui par le BMJ.

Les auteurs affirment que leurs résultats suggèrent que les interventions en milieu de travail axées sur l'aspect social de l'environnement de travail pourraient aider à réduire le suicide.

Le mouvement «Me Too» a attiré beaucoup d'attention sur le harcèlement sexuel lié au travail ces dernières années, et sur l'impact qu'il peut avoir sur les entreprises et la société, mais surtout sur les individus.

Bien que des recherches antérieures aient révélé que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail était lié à des symptômes de santé physique, à une absence pour maladie et à une santé mentale plus mauvaise, comme la détresse psychologique, la dépression et l'anxiété, peu de recherches ont été menées sur son impact sur le comportement suicidaire.

Une équipe de chercheurs a donc cherché à déterminer comment l'exposition au harcèlement sexuel sur le lieu de travail est associée à un comportement suicidaire dans une large population de travailleurs suédois.

L'étude a inclus 85 205 hommes et femmes en âge de travailler dans un emploi rémunéré qui ont rempli un questionnaire entre 1995 et 2013 qui comprenait des questions sur l'exposition au harcèlement sexuel lié au travail.

On a demandé aux travailleurs s'ils avaient été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail au cours des 12 derniers mois, soit de la part de supérieurs ou de collègues, soit d '«autres personnes», telles que des patients, des clients, des passagers et des étudiants.

Le harcèlement sexuel a été défini comme «des avances indésirables ou des références offensantes à ce qui est généralement associé aux relations sexuelles».

Tout suicide ou tentative de suicide de ces travailleurs sur une période moyenne de suivi de 13 ans a été identifié à partir des registres administratifs.

Dans l'ensemble, 4,8% des travailleurs ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail au cours des 12 mois précédents: 1,9% de tous les hommes et 7,5% de toutes les femmes. Les personnes exposées étaient plus susceptibles d'être plus jeunes, célibataires, divorcées et occupant des emplois peu rémunérés mais très sollicités (demandes élevées mais faible contrôle) et nées en dehors de l'Europe.

Au total, 125 personnes sont décédées par suicide et 816 ont fait une tentative de suicide au cours de la période de suivi, ce qui se traduit par un taux de 0,1 suicide pour 1000 personnes-années et un taux de 0,8 tentatives de suicide pour 1000 personnes-années.

Après ajustement pour tenir compte des facteurs sociodémographiques, l'exposition au harcèlement sexuel en milieu de travail s'est avérée associée à un risque de suicide 2,82 fois plus élevé et à un risque de tentative de suicide 1,59 fois plus élevé. Les estimations du risque accru sont demeurées significatives après ajustement pour les caractéristiques de santé et de travail, et il n'y avait pas de différences significatives dans les taux entre les sexes.

Le harcèlement sexuel de la part d'autrui est plus fortement associé au suicide que le harcèlement sexuel de la part de supérieurs ou de collègues

Il s'agit d'une étude d'observation qui ne peut donc pas établir de cause, et les auteurs soulignent que leurs résultats peuvent avoir été compromis par une sous-déclaration du harcèlement sexuel en raison d'attitudes variées à l'égard de ce qui représente un incident, ou de certains répondants, y compris des incidents dont ils avaient été témoins.

Néanmoins, ils affirment que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail peut «représenter un facteur de risque important de comportement suicidaire. Cela suggère que les interventions en milieu de travail axées sur l'environnement et les comportements du travail social pourraient contribuer à réduire le fardeau du suicide».

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la causalité et les facteurs de risque du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et les mécanismes expliquant l'association entre le harcèlement sexuel lié au travail et le comportement suicidaire, ajoutent-ils.

Cette étude souligne la nécessité de considérer le harcèlement sexuel sur le lieu de travail comme à la fois un risque professionnel et un problème de santé publique important, affirment des chercheurs américains dans un éditorial connexe.

Pourtant, étant donné que les approches les plus courantes de prévention (formation sur le harcèlement sexuel) et d'atténuation (procédures de signalement ou de réclamation) se sont avérées faire plus de mal que de bien, de nouvelles façons de prévenir et de lutter contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail sont nécessaires de toute urgence, écrivent-ils.

"Nous pensons qu'aucun lieu de travail ne peut être considéré comme sûr s'il n'est pas exempt de harcèlement, et cette question ne peut plus être mise de côté", disent-ils.

"Des solutions prometteuses et fondées sur des preuves existent et devraient être largement mises en œuvre et évaluées. Les victimes de harcèlement sexuel devraient bénéficier d'un dépistage et d'un traitement de santé mentale pour atténuer les risques de problèmes de santé mentale et de suicidalité ultérieurs", concluent-ils.
 
Story Source:

Materials provided by BMJ. Note: Content may be edited for style and length.


Journal References:
Linda L Magnusson Hanson, Anna Nyberg, Ellenor Mittendorfer-Rutz, Fredrik Bondestam, Ida E H Madsen. Work related sexual harassment and risk of suicide and suicide attempts: prospective cohort study. BMJ, 2020; m2984 DOI: 10.1136/bmj.m2984
Urmimala Sarkar, Shirin Hemmat, Eleni Linos. Sexual harassment and suicide. BMJ, 2020; m3330 DOI: 10.1136/bmj.m3330

Cite This Page:
BMJ. "Exposure to workplace sexual harassment linked to an increased risk of suicidal behavior: Measures targeting inappropriate behaviours in the social work environment could help reduce suicide, say researchers." ScienceDaily. ScienceDaily, 2 September 2020. <www.sciencedaily.com/releases/2020/09/200902185524.htm>. 

jeudi 27 août 2020

ETUDE RECHERCHE Explorer l'association entre la victimisation par l'intimidation et les pensées suicidaires à travers les cadres théoriques du suicide

Exploring the Association Between Bullying Victimization and Suicidal Thoughts Through Theoretical Frameworks of Suicide
John F. Gunn III &  Sara E. Goldstein

John F. Gunn III NJ Center on Gun Violence Research, School of Criminal Justice, Rutgers University, 123 Washington Street, Newark, NJ, 07102-3094, USA
Sara E. Goldstein Department of Family Science & Human Development, Montclair State University, 1 Normal Ave., University Hall Room 4144, Montclair, NJ, 07043, USA

Correspondence to John F. Gunn III.

dans  International Journal of Bullying Prevention (2020)  Published:
 
Abstract

The role of bullying victimization in suicide has been discussed at length in the literature. Additionally, it is an association that has gained widespread attention in media, with shows like 13 Reasons Why receiving a great deal of attention. However, just how bullying victimization can contribute to suicidal thoughts is less understood. The present study explores two theoretical frameworks for suicide within the context of bullying victimization: the interpersonal-psychological theory of suicide (IPTS) and the social pain model (SPM). In a sample of college students (N = 252), we explored three models: (1) a model drawn from the SPM, (2) a model drawn from the IPTS, and (3) a combined model informed from model 1 and 2. The combined model showed greater support for the IPTS in understanding the bullying-suicide link—though this support was partly attenuated by the introduction of depressive and anxiety symptoms as a control. The findings highlight the role of perceived burdensomeness, hopelessness, and depressive and anxiety symptoms in the experience of suicidal thoughts. Further work is needed to expand upon the role of bullying in theoretical frameworks for suicide.


Suicide claims over 47,000 lives annually in the USA at a rate of 14.5 per 100,000 persons and is the 10th leading cause of death (Drapeau et al. 2018). However, for the young (age 15–24 years) suicide is the 2nd leading cause of death, though this varies by race and gender. One factor that may contribute to suicidal thoughts and behaviors at these developmental periods is the experience of bullying victimization (Gunn and Goldstein 2016). Bullying victimization refers to repeated exposure to negative experiences perpetrated by one or more members of a peer group (Olweus 1991). Bullying victimization may impact between 20 and 35% of students (US Department of Education 2016; Modecki et al. 2014). Additionally, some populations experience bullying victimization at even more elevated rates. Previous research indicates that LGBTQ+ youth experience bullying victimization at greater rates than their heterosexual peers (Berlan et al. 2010; Kahle 2017; DeSmet et al. 2018) as do persons with disabilities (Rose et al. 2015; Chatzitheochari et al. 2016; Beckman et al. 2019).

 Lire la suite https://link.springer.com/article/10.1007/s42380-020-00078-z

samedi 25 janvier 2020

AUTOUR DE LA QUESTION Nord (59) CAR’ADO poursuit sa route de la prévention

CAR’ADO poursuit sa route de la prévention
24 janvier 2020 - Par la capitaine Sophie Bernard

Fort de son succès, la Car’ado poursuit son itinérance en 2020. À l'occasion de cette deuxième édition, un second message de prévention sera diffusé, portant sur les dangers liés au harcèlement. - © © GGD 59
Cela fait six mois maintenant que le groupement de gendarmerie départementale du Nord a lancé l’opération Car’ado, un projet innovant amenant des jeunes volontaires à se déplacer vers d’autres jeunes pour prévenir les violences sexuelles et sexistes. Ce début d’année est l’occasion de dresser un premier bilan et de connaître leurs objectifs pour 2020.
L’opération de prévention Car’ado existe depuis déjà six mois dans le Groupement de gendarmerie départementale du Nord, alternant les rendez-vous sur l'espace public, dans les cinémas ou encore sur les réseaux sociaux, afin de sensibiliser les jeunes face aux violences sexuelles et sexistes.

Ce dispositif de primo-prévention, conduit par les jeunes et pour les jeunes, se distingue en effet par son itinérance dans l'espace et sa continuité dans le temps. Le message porté par les « caradistes » s'articule en quatre points :
- sensibilisation aux premiers signes de violences sexistes et sexuelles à l'occasion des premiers rapports amoureux ;
- promotion et sanctuarisation de l'égalité des genres ;
- diffusion d'adresses utiles dès lors qu'on est confronté directement ou indirectement à ces violences ;
- dénonciation permanente des violences faites aux femmes.

Édition 2019 : bilan très positifDepuis son lancement, l'été dernier, l’opération rencontre un franc succès, que ce soit du côté des des jeunes armant la Car’ado, dont l’essentiel des volontaires sont notamment issus du centre ÉPIDE (Établissement pour l'insertion dans l'emploi ) de Cambrai et du lycée Jean-Paul II de Denain, qu’auprès des différents partenaires, mais aussi et surtout, vis-à-vis des milliers de jeunes rencontrés.
En seulement six mois, le minibus sillonnant les routes du Nord a permis de diffuser ces messages de prévention auprès de plus de 6 000 adolescents. Par ailleurs, via les réseaux sociaux, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont été sensibilisées par Car’ado.

En seulement six mois, le minibus sillonnant les routes du Nord a permis de diffuser ces messages de prévention auprès de plus de 6 000 adolescents. - © © GGD 59
L’initiative a également été saluée par les secrétaires d’État, Marlène Schiappa et Laurent Nunez, les parlementaires et élus des collectivités territoriales ainsi que par les plus hautes autorités administratives et judiciaires. Tous ont eu l’occasion de rencontrer les jeunes volontaires de la Car’ado à l’occasion de leurs différentes interventions.

Ciné-débats : des images sur des mauxAu total, l’action a déjà mené à une vingtaine de rendez-vous organisés sur la voie publique, autant sur les réseaux sociaux, ainsi que neuf ciné-débats autour de films traitant de cette thématique, comme « Darling » de Christine Carrière, « Arrêtez-moi » de Jean-Paul Lilienfeld, ou encore « L’emprise » de Claude-Michel Rome.
Deux ciné-débats auront encore lieu ce mois-ci avec la Car’ado : l’un à Fourmies, le lundi 27 janvier, et le second à l’Institution régional d’administration (IRA) de Lille, le vendredi 31 janvier. Ce sera en quelque sorte le jubilé de la Car’ado pour l’édition 2019.
Pour participer à ces rendez vous, il suffit de s’inscrire en envoyant un message via la page Facebook « Car’ado Team ».

Ce dispositif de primo-prévention, conduit par les jeunes et pour les jeunes, se distingue par son itinérance dans l'espace et sa continuité dans le temps. - © © GGD 59

Vers de nouveaux horizons en 2020Les violences, sous toutes leurs formes, demeurant malheureusement un fléau dans notre société, la Car’ado, fort de son succès, se doit de poursuivre son itinérance en 2020. À l'occasion de cette deuxième édition, un second message de prévention sera diffusé, portant sur les dangers liés au harcèlement.
En effet, tout aussi destructeur, celui-ci peut survenir dans différents cadres, que ce soit dans la rue, à l’école, sur Internet, ou encore au travail. Il constitue malheureusement aujourd’hui une véritable vulnérabilité à laquelle sont exposés les jeunes, susceptible de les conduire du mal-être jusqu'au suicide.
Par ailleurs, les partenariats déjà entrepris seront pérennisés et de nouveaux liens seront tissés avec des institutions intéressées par ce concept novateur de « prévention pour et par les jeunes ». Continuez de suivre la Car’ado sur Facebook (Car’ado Team et GGD 59), Instagram (car_ado__ ), ou encore Twitter (@gendarmerie59).

Les jeunes armant la Car’ado sont pour l'essentiel des volontaires issus du centre ÉPIDE de Cambrai et du lycée Jean-Paul II de Denain. - © © GGD 59
 
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