jeudi 19 avril 2018

ETUDE RECHERCHE L'intensité du travail chez les hommes et les exigences émotionnelles liées au travail chez les femmes sont associées à une augmentation de la suicidalité chez les personnes qui fréquentent les soins primaire

Titre original : Work intensity in men and work-related emotional demands in women are associated with increased suicidality among persons attending primary care
N Younès a, b, , , M Rivière c, d, L Plancke e, A Leroyer f, T Blanchon c, M Azevedo Da Silva c, a, M Melchior c
a EA 40-47 University of Versailles Saint-Quentin, Versailles, France
b Academic Unit of psychiatry for adults, Versailles Hospital, Versailles, France
c Sorbonne Universités, UPMC Univ Paris 06, INSERM, Institut Pierre Louis d'épidémiologie et de Santé Publique (IPLESP UMRS 1136), F75013, Paris, France
d Department of Infectious Diseases, Centre Hospitalier Régional, Orléans, France
e Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France, Lille, France
f Univ. Lille, CHU Lille, Institut Pasteur de Lille, EA 4483 - IMPECS – IMPact de l'Environnement Chimique sur la Santé humaine, F-59000 Lille, France
Parmi les travailleurs qui consultent un médecin de soins primaires, 8,0% ont déclaré avoir des idées suicidaires au cours du mois précédent.•   La suicidalité est significativement associée à l'intensité du travail chez les hommes et aux exigences émotionnelles liées au travail chez les femmes.•   Pour prévenir le suicide, une stratégie globale devrait inclure les généralistes.
Contexte
Une grande partie des personnes décédées par suicide sont employées au moment du décès et les facteurs liés au travail contribuent en partie au risque de suicide. Notre objectif était d'examiner l'association entre les multiples aspects de l'organisation du travail et les idées suicidaires dans une étude menée en soins primaires.MéthodesLes données proviennent d'une étude menée auprès de 2 027 patients travaillant dans un service de médecine générale représentant les patients de la région Nord Pas-de-Calais en France (avril-août 2014). La suicidalité a été évaluée en utilisant le MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview). Six facteurs émergents liés au travail ont été explorés (intensité du travail, exigences émotionnelles, autonomie, relations sociales au travail, conflit de valeurs, insécurité du travail). Plusieurs covariables ont été considérées: les caractéristiques du patient et du généraliste, et les données au niveau de la région (privation matérielle et sociale, densité de la présence de psychiatres et  généralistes, tentatives de suicide et taux de suicide)Résultats8,0% des participants ont rapporté des idées suicidaires au cours du mois précédent (7,5% des hommes et 8,6% des femmes, p = 0,03). Dans les analyses multivariées ajustées pour les covariables, la suicidabilité était significativement associée à l'intensité du travail (OR = 1,65; IC 95% [1,18 - 2,31]) chez les hommes et aux exigences émotionnelles liées au travail (OR = 1,35; IC 95% [1,01 - 1,80] ) chez les femmes. Les données au niveau de la zone n'étaient pas associées.
 

MàJ PRESSE Les communes de France qui vont expérimenter l'application STOPBLUES

StopBlues, un site et une appli pour prévenir le mal-être
Science   19.04.2018 www.inserm.fr*
Une équipe Inserm a développé StopBlues, un dispositif numérique pour agir sur le mal-être psychologique qui, s’il n’est pas reconnu, peut conduire à des troubles plus sévères comme la dépression ou le suicide
Un dessin de téléphone avec le logo StopBlues
Chaque année on compte en France 200 000 tentatives de suicide et 10 500 décès par suicide, soit près de trois fois plus que par accidents de la circulation... Sans compter que ces chiffres sont forcément sous-évalués, tant le tabou en la matière est grand. La prévention, elle, reste complexe. "Il y a deux façons d’intervenir pour prévenir le suicide : soit on agit sur toute la population, ce qui permet au final d’atteindre les personnes cibles, soit on agit a posteriori sur la population qui a déjà fait une tentative de suicide. Jusqu’à aujourd’hui les actions se focalisaient sur ce deuxième axe, qu’on appelle la prévention secondaireprévention secondaireElle vise à réduire la gravité d’un problème de santé.. Mais rien n’existait pour prendre en charge la souffrance avant qu’une personne ne passe à l’acte", explique Karine Chevreul, directrice adjointe de l’unité Épidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables* à Paris. Pour combler le manque de prévention dite "primaire", la chercheuse et ses collègues ont développé une approche originale : StopBlues.
Cet outil de e-santé vise à combattre le mal-être qui, s’il n’est pas reconnu, peut conduire à des troubles plus sévères comme la dépression ou le suicide. Un site Internet et une application mobile permettent d’accéder à tout un ensemble d’informations et d’outils, comme des vidéos sur la dépression, des quiz, des solutions telles que des exercices de relaxation ou de psychologie positive, ainsi qu’une cartographie des ressources locales – médecins, associations... – vers lesquelles se tourner pour se faire prendre en charge.

Combattre le déni
Si les scientifiques ont eu l’idée de se tourner vers ces deux outils numériques aussi bien universels qu’anonymes, c’est avant tout pour dépasser un des principaux obstacles auxquels se heurte la prévention. "Aujourd’hui les personnes en souffrance psychologique sont dans le déni : 80 à 90% des personnes qui se suicident sont allées consulter un médecin, mais pour tout autre chose... Elles n’ont pas osé se confier, observe Karine Chevreul. Ressentir un mal-être ou évoquer le suicide est encore associé à une faiblesse, alors les personnes en souffrance n’en parlent pas, jusqu’au jour décisif..." Pour lutter contre ce déni, StopBlues véhicule l’idée, au travers des explications sur les signes et les causes multiples du mal-être, que celui-ci peut toucher tout le monde et qu’on en est en rien responsable.
Et parce que cette culture de dénigrement du mal-être psychologique ne touche pas que les personnes qui en sont victimes, des informations sont aussi destinées à leurs proches. "Quand une personne qui ne va pas bien se décide enfin à le partager avec sa famille, ses amis, ceux-ci doivent être en mesure de l’accueillir de façon appropriée, notamment pour ne pas entretenir le sentiment de faiblesse et le déni, précise la chercheuse. Sur StopBlues, nous expliquons par exemple comment réagir, quels mots utiliser, comment orienter ses proches vers un médecin..."

Évaluer le mal-être
Les quiz sont au centre du dispositif. Subit-on un mal-être ? Quelle est sa sévérité ? Ces questions sont souvent difficiles à aborder avec un médecin, sans compter que les manifestations variées du mal-être n’aident pas à poser soi-même un diagnostic : selon les individus, le sentiment de malaise peut s’exprimer par l’anxiété, la tristesse, la fatigue, l’irritabilité, les troubles du sommeil, un sentiment d’échec, d’inutilité, de dévalorisation, l’impuissance à trouver des solutions à ses problèmes en passant par des troubles addictifs ou du comportement alimentaire..."Lorsqu’une personne a des doutes sur ce qu’elle ressent, l’auto-évaluation reste possible au travers de questionnaires. Ceux-ci ont été mis au point grâce à l’abondante littérature scientifique disponible en la matière, dont le test PHQ-9, très efficace et qui évalue en seulement neuf questions la présence et la sévérité de la dépression, décrit la spécialiste. C’est également un outil qui permet aux personnes de suivre l’évolution de leur mal-être une fois qu’elles sont prises en charge, car ce test est très sensible au changement. Et constater des améliorations peut se révéler encourageant dans le processus de guérison."
Les chercheurs n’entendent pas s’arrêter là : "Nous avons également le projet de développer une application spécifiquement dédiée à la prévention du suicide chez les 15-25 ans, pour lesquels les conditions du mal-être ne sont pas les mêmes que dans la population plus âgée, ainsi qu’une application en lien avec les souffrances psychiques liées au travail", décrit Karine Chevreul.

D’après un article du magazine Science&Santé n°39

Note

*ECEVE, unité 1123 Inserm/Université Paris Diderot

https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/stopblues-site-et-appli-pour-prevenir-mal-etre

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Vannes. La Ville expérimente StopBlues, outil de prévention contre le suicide

Sous la forme d’un smartphone, StopBlues vise à aider les utilisateurs à mieux reconnaître les signes de déprime, blues ou de mal-être. | Ouest-France

Fleury VUADIAMBO 12/04/2018

La municipalité a lancé jeudi 12 avril une campagne d’informations autour de l’outil numérique StopBlues. Sous la forme d’un site ou application mobile, le dispositif vise à aider les utilisateurs à mieux reconnaître les signes de déprime, blues ou de mal-être.

Après Rennes et Brest, c’est au tour de Vannes d’être en première ligne dans la lutte contre la souffrance psychique. La municipalité a lancé, jeudi 12 avril, une campagne d’informations autour de l’outil numérique StopBlues.

Le dispositif a été développé, l’année dernière, par une équipe de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en collaboration avec « des psychiatres et des personnes qui ont été en souffrance », indique Sophie Becquet, coordinatrice du Relais prévention santé.

Sous la forme d’un site ou application mobile, StopBlues présente plusieurs rubriques avec des fonctionnalités complémentaires. L’accès est gratuit. Le futur utilisateur doit juste créer un compte pour découvrir toute une panoplie de renseignements sur le blues, la dépression et le mal-être.

L’expérience va durer dix-huit mois

S'informer sur la souffrance psychique, reconnaitre les signes de dépression et déterminer ses causes. « L’usager peut consulter des vidéos thématiques expliquées par différents professionnels de santé. Mais aussi des personnes qui racontent leur vécu », explique Sophie Becquet.

Avec StopBlues, l’utilisateur suit l’évolution de son moral en répondant aux quizz sur son état psychologique. Ce qui ne l’empêche pas de solliciter des professionnels de santé. Il peut accéder à une carte indiquant la localité de médecins, psychologues et autres associations. Enfin, les appels aux urgences sont facilités en un seul clic.
Affiches, flyers et dépliants seront déployés visant à faire connaître le dispositif. L’expérience va durer dix-huit mois, annonce la municipalité. « Tous les trois mois, on fera une réunion pour faire le point », ajoute Sophie Becquet.

Le site est disponible : www.stopblues.fr. L’application est téléchargeable gratuitement sur Apple store ou Google play.
https://www.ouest-france.fr/bretagne/vannes-56000/vannes-lancement-de-stopblues-un-outil-pour-eviter-le-coup-de-blues-5691615
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La ville de Vannes a rejoint le dispositif StopBlues, développé par l'Institut national de santé et de recherche médicale. Il s'agit d'une application sur smartphone gratuite, accessible 24 h/24 h et à télécharger sur Apple Store ou Google Play. Lors de la réunion, à la mairie, jeudi après-midi 12 avril, Christine Penhouët, maire-adjointe, entourée de professionnels de santé a rappelé que ce dispositif est adopté par 42 collectivités en France et que Vannes est la troisième ville bretonne à y adhérer après Rennes et le Pays de Fougères.

Les jeunes particulièrement touchés

La Bretagne reste la région la plus touchée en France et le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans. Les objectifs de StopBlues sont d'informer sur la souffrance psychique, de permettre de s'autoévaluer par des tests, de s'informer sur les solutions existantes et de mettre des moyens à disposition. Cet outil de prévention permet de créer un compte personnel privé et propose une cartographie des structures locales aptes à répondre aux questions des personnes en souffrance. En lien avec les professionnels de santé et les généralistes, ce nouveau dispositif est expérimenté pendant 18 mois au niveau national.

Contact
Site Internet : www.stopblues.fr

© Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/prevention-du-suicide-la-municipalite-s-engage-17-04-2018-11929678.php#kzZVqOTmHrLqdXxC.99
 
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 METZ Isabelle Mouric, psychiatre à Jury & application stopblues à Metz
vendredi 6 avril 2018
SANTÉ Isabelle Mouric, psychiatre à Jury : « Le suicide, 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans »On compte un cas toutes les 40 secondes dans le monde. Pour Isabelle Mouric, psychiatre à l’hôpital de Jury, le suicide, qui peut se prévenir, est l’affaire de tous.
Le 05/04/2018 www.republicain-lorrain.fr/*
Isabelle Mouric, psychiatre à Jury : « En 2015, on a compté 75 000 tentatives de suicide en France. »    Photo Gilles WIRTZ


Photo HD Isabelle Mouric, psychiatre à Jury : « En 2015, on a compté 75 000 tentatives de suicide en France. » Photo Gilles WIRTZ
Pour quelle raison le suicide est-il une priorité de santé publique ?
Isabelle MOURIC, psychiatre à l’hôpital de Jury : « C’est une priorité de santé publique depuis plus de dix ans. Le suicide touche toutes les populations. C’est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents de 15 à 24 ans. »
Concerne-t-il plutôt les hommes ou les femmes ?
« Nous n’avons pas de réponse formelle. Mais les moyens utilisés par les hommes sont plus violents. En général, ils portent encore l’image culturelle d’être solide et de toujours faire face à toutes les situations. Du coup, il y a des choses plus difficiles à supporter. Ne dit-on pas encore Sois fort mon fils. »
Comment expliquer ces gestes ?
« Il n’y a pas de cause unique. C’est une accumulation d’événements. La personne est dans une telle souffrance, qu’elle veut que ça s’arrête. »
Le suicide est-il une conséquence de certaines pathologies ?
« Il intervient fréquemment dans des épisodes dépressifs. On sait aussi que les maladies psychiatriques augmentent les risques. »
Qu’est-ce qu’une dépression ?
« Ce n’est pas être triste suite à une mauvaise nouvelle. C’est la tristesse dans sa durée, liée à des troubles du sommeil, la perte d’appétit. Les personnes dépressives perdent le plaisir à faire les choses. »
Peut-on prévenir ?
« Il faut connaître les facteurs de risques. La vigilance revient à tout un chacun, dans le domaine familial, professionnel, des loisirs. Ne pas négliger des phrases anodines du genre « Si je partais, ce serait une bonne chose ». Prêter attention aux personnes en situation de rupture : perte d’emploi, d’un conjoint, rupture amoureuse. »
Il paraît difficile d’évaluer les risques ?
« Difficile quand on ne sait pas évaluer. D’où l’importance d’une formation à la prévention du suicide, qui s’adresse aux professionnels de santé, de l’éducation, de la gendarmerie, de la police à l’administration pénitentiaire. »
En quoi consiste cette formation ? 
« À repérer et gérer la crise suicidaire. On apprend les facteurs de risques et le processus de suicide, à dépister des scénarios établis. On met en place des stratégies pour prévenir. »
Comment repérer les souffrances ?
« Ce sont des changements de comportements. Une personne calme qui devient subitement agressive ou triste alors qu’elle est habituellement enjouée. »
Si on dépiste, comment agir ?
« Écoute et soutien sont fondamentaux. On peut conseiller un professionnel de santé, voire un médecin généraliste qui oriente la personne vers un psychiatre. L’entourage familial, le milieu associatif peut être un soutien. »
Les médecins généralistes sont-ils assez formés ?
« Ils ont besoin de formation car les prises en charge tout comme les traitements médicamenteux ont évolué. C’est d’autant plus important que les médecins généralistes sont les premières personnes à qui on évoque ses soucis. »
Comment agir face à une tentative de suicide ?
« Ce n’est pas un acte anodin, il impose donc une prise en charge médicale et une hospitalisation d’au moins 24 heures. Il ne faut jamais banaliser un geste suicidaire. »
Des populations plus fragiles
La France présente, parmi les pays européens, un des taux de suicide les plus importants derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique. Qui sont les personnes les plus vulnérables ?
• Personnes âgées : « Elles sont particulièrement touchées par la volonté de mettre fin à leur jour », précise Isabelle Mouric, psychiatre. Maladie, perte d’autonomie ou simple désir de rejoindre un conjoint peuvent être à l’origine de cette décision. Pour l’année 2014, le taux de suicide chez les plus de 74 ans s’élève à 59,4 cas pour 100 000 hommes.
• Les jeunes : le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans (7,5 pour 100 000). Le nombre de tentatives est nettement supérieur. L’Observatoire national des suicides (ONS) constate que les pratiques numériques peuvent jouer « dans l’amplification du phénomène » pour les plus fragiles.
• Les agriculteurs et le personnel pénitentiaire sont les professions les plus à risque (plus de 20 % de la moyenne nationale). Pour la seconde catégorie, de gros efforts ont été faits pour la formation à la prévention du suicide.


Stopblues, une application pour reconnaître les signes de la dépression
La ville de Metz a été sollicitée par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) pour participer à un projet de recherche sur la prévention de la souffrance psychique et du suicide », détaille Catherine Morel, adjointe chargée de la santé à la mairie de Metz. Cette démarche s’inscrit dans un axe du contrat local de santé de Metz, qui vise l’amélioration du bien-être psychique. « Metz, reprend l’adjointe au maire, compte 225 hospitalisations pour tentatives de suicide entre 2013 et 2015. » Des chiffres inquiétants puisqu’ils dépassent la moyenne nationale.
L’application Stopblues est disponible depuis le mois de février. Elle permet à toute personne majeure en souffrance psychique ou présentant un risque suicidaire à rechercher de l’aide.
En effet, Stopblues permet de définir le blues, la déprime, le mal-être, la dépression. Des vidéos informent sur les signes et les causes. Des quiz permettent d’évaluer l’état psychologique de la personne qui consulte. Comment en parler ? À qui ? L’application évoque des solutions et renvoie par le biais d’une carte vers des structures d’aide sur le bassin messin. Elle fournit encore des outils pour que chacun puisse créer son propre plan d’action, gérer son moment d’angoisse par des exercices de relaxation, voire appeler les urgences. « Ce programme d’études sera disponible jusqu’en juillet 2019 », précise Catherine Morel. Les élus estimeront ensuite s’il sera pérennisé. Ou non.
Le chiffre : 8 885
C’est le nombre de décès par suicide et par an en France. Le nombre de tentatives de suicide est bien supérieur : 78 000 personnes hospitalisées. Et on ne parle pas des personnes qui n’ont pas recours aux soins.
Propos recueillis par Anne RIMLINGER-PIGNON 
https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-metz-agglo-et-orne/2018/04/05/isabelle-mouric-psychiatre-a-jury-le-suicide-2e-cause-de-mortalite-chez-les-15-24-ans 

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Stopblues, un nouvel outil de prévention du suicide présenté à Metz
La semaine dernière, la Ville de Metz a présenté le premier dispositif d'e-santé gratuit de prévention du suicide en France.

Publié le mercredi 04 avril 2018  par La rédaction de http://www.lorfm.com/*

La semaine dernière, la Ville de Metz a présenté le premier dispositif d'e-santé gratuit de prévention du suicide en France. Un outil qui s’appelle Stopblues et a été développé par l’INSERM. Il est destiné à toutes les personnes majeures qui se trouvent en souffrance psychique ou souhaitant soutenir un proche. 
Stopblues, s’inscrit dans le cadre du Contrat Local de Santé de la Ville de Metz, car la prévention du suicide fait parti des priorité en matière de santé publique. 
Précisions de Catherine Mergen-Morel, Conseillère municipale déléguée à la Santé :
Priorite sante publique
Le fait que ce soit un outil numérique permettra à ceux qui ont besoin d’obtenir de l’aide à n’importe quel moment.
Précisions de Précisions de Catherine Mergen-Morel, Conseillère municipale déléguée à la Santé :
E sante
Il est déjà possible de s’inscrire sur le site www.stopblues.fr et l’application sera bientôt disponible sur smartphone.


Anne-Sophie Gross


 
 
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Antibes est l'une des 42 communes de France qui va expérimenter une application mobile pour éviter le suicide

Publié le 16/01/2018 http://www.nicematin.com*




Application STOP BLUES de prévention contre le suicide, testée sur la ville d'Antibes.
Application STOP BLUES de prévention contre le suicide, testée sur la ville d'Antibes. Photo Sébastien Botella






L’application StopBlues sera prochainement testée dans la cité des Remparts. Une solution qui aiguille les utilisateurs selon leur degré de déprime vers les relais de proximité.




Parce que les causes de suicide sont multiples et parfois insondables, seules les personnes en souffrance psychique elles-mêmes peuvent se relever.
Une application mobile, sorte de "compagnon virtuel, chargé d'accompagner, de renseigner et de rassurer les utilisateurs en souffrance" a été inventée. Baptisée Stopblues, bientôt disponible pour tous les Antibois, deviendra un relais de taille pour penser les bleus à l’âme...
"Gratuite et éthique" 
Bientôt fonctionnel, l’outil numérique dédié à la prévention du mal-être et de la souffrance psychique sera testé à travers quarante-deux villes pilotes.
La cité des Remparts s’est portée volontaire pour faire partie de l’expérimentation. Une démarche suivant la cohérence du Conseil local de santé mental de la commune créé en 2016.
"L’application est gratuite et respecte l’éthique et la confidentialité", explique l’adjoint à la santé, Eric Duplay, avant d’exposer le projet: "Quand on ouvre l’outil on trouve de l’information sur les différents maux que l’on peut ressentir par exemple. Mais le cœur du concept réside dans l’auto-évaluation."
 
http://www.nicematin.com/faits-de-societe/antibes-est-lune-des-42-communes-de-france-qui-va-experimenter-une-application-mobile-pour-eviter-le-suicide-200012 
 


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Expérimentation/ Avec StopBlues, Don’t worry, be appli

À la une En ville
Expérimentation/ Avec StopBlues, Don’t worry, be appli
Pour prévenir les souffrances psychiques et le risque suicidaire, l’Inserm lance une application mobile et un site Internet dont l’intérêt sera évalué dans plusieurs communes de France, dont Saint-Denis. Initialement prévu pour être disponible début février, un problème d'ordre technique survenu le 31 janvier a retardé le lancement du projet d'environ trois semaines.
En se connectant au site ou à l'application, l’utilisateur accède à une panoplie de vidéos et d’outils pour s’informer sur le blues, le mal-être et la souffrance psychique.
En se connectant au site ou à l'application, l’utilisateur accède à une panoplie de vidéos et d’outils pour s’informer sur le blues, le mal-être et la souffrance psychique.
En se connectant au site ou à l'application, l’utilisateur accède à une panoplie de vidéos et d’outils pour s’informer sur le blues, le mal-être et la souffrance psychique.
En se connectant au site ou à l'application, l’utilisateur accède à une panoplie de vidéos et d’outils pour s’informer sur le blues, le mal-être et la souffrance psychique.

Il y a des jours comme ça, où ça ne va pas. C’est la déprime, le moral dans les chaussettes, les idées noires… « C’est quelque chose qui peut arriver à tout le monde. D’ailleurs, ça arrive à tout le monde », relativise d’emblée Kathleen Turmaine, chargée de recherche auprès de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). En fonction de chacun, ce mal-être peut s’exprimer de différentes façons : anxiété, tristesse, fatigue, troubles du sommeil, sentiment d’échec, d’inutilité, dévalorisation, isolement…
Mais aussi banal et fréquent que soit ce phénomène, il faut être vigilant. « Parfois ces situations ne peuvent pas être surmontées seul et nécessitent une intervention extérieure pour éviter de rentrer dans un cercle infernal où on se retrouve à aller de plus en plus mal. » Et c’est justement tout l’enjeu de l’outil numérique « StopBlues » que de chercher à prévenir la souffrance psychologique, la dépression et plus encore le risque suicidaire, qui occasionne chaque année en France près de 11 000 décès et pas moins de 200 000 tentatives.
Aux côtés de 41 autres collectivités et communes de France, de la petite bourgade à la grosse agglomération, Saint-Denis s’est portée volontaire pour expérimenter pendant 18 mois cette solution interactive. Non pas parce que le taux de suicide est sur le territoire particulièrement élevé – c’est même l’inverse, la Seine-Saint Denis compte parmi les départements où le taux de suicide est le plus bas – mais parce qu’« il y a un enjeu à communiquer autour de la question des souffrances psychiques », estime Stéphane Jung, coordinateur du Conseil local de santé mentale.
Si cet outil de e-santé a été pensé pour offrir des solutions pour la population en général, il peut aussi être une ressource pour les personnels des Maisons de quartier, des administrations, des associations, qui, sans être des structures de soins, peuvent être confrontées dans leur quotidien à l’expression de ces souffrances, sans trop savoir quoi dire, quoi faire ou vers qui orienter quelqu’un qui manifestement ne va pas bien.
« Donner de l’information et renseigner aussi bien les personnes concernées que leur entourage, pour comprendre ce qu’est le mal-être, en connaître les signes, les causes et avoir une idée des actions possibles à mettre en place », c’est, comme l’explique Kathleen Turmaine, l’une des vocations du projet StopBlues. Initialement prévu pour être disponible début février, un problème d'ordre technique a obligé l'Inserm à retarder son lancement d'environ trois semaines.
Élaboré avec des psychiatres et entièrement financé par les pouvoirs publics, via Santé Publique France, il repose sur la mise à disposition d’une application mobile et d’un site Internet www.stopblues.fr, accessibles gratuitement depuis n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. En s’y connectant, l’utilisateur accède à une panoplie de vidéos et d’outils pour s’informer sur le blues, le mal-être et la souffrance psychique. Il est également possible de se créer un compte pour s’auto-évaluer, bénéficier de conseils personnalisés et mieux repérer les ressources médicales ou médico-sociales qui se trouvent à proximité. À ces fonctionnalités s’ajoutent différents trucs et astuces pour améliorer son état psychologique : exercice de relaxation, introduction à la méditation et autres petits jeux pour focaliser son attention.

http://www.lejsd.com/content/avec-stopblues-don%E2%80%99t-worry-be-appli  

MANIFESTATION 16 juin 2018 Paris (75) Psychologie et violence collective


Psychologie et violence collective
Le 16 juin 2018
Paris (75) - France

Conférence-débat organisée par le SNP Île-de-France.
Pris par l’intensité et la vitesse de la modernité, le sujet contemporain peine à penser, se penser et, plus encore, à penser à l’autre. Il devient alors essentiel de comprendre ce que sont les violences collectives et leurs effets sur le psychisme de ceux qui les subissent au travail. Les récentes évolutions du droit du travail, dont la suppression de l’instance censée veiller aux conditions de travail, illustrent et amplifient ce mouvement inscrit dans les modalités actuelles de management. Le travail, vidé de son sens et de ses fonctions, donne lieu à de nouvelles pathologies et psychopathologies catégorisées sous le terme de « risques psychosociaux (RPS) » : épuisement professionnel, dépression, suicide, troubles musculo­squelettiques… Face à ce nouveau fléau, les solutions ne sont plus individuelles : le seul moyen de remettre l’humain et ses potentialités au cœur du travail est de s’attacher au sujet dans le collectif. Quand le travail se fait violence sociale, quelle place pour les psychologues dans la reconstruction du sujet souffrant ?
Renseignements :
Tél. : 01 45 87 03 39
Courriel : snp-idf@psychologues.org


source https://www.jdpsychologues.fr/agenda/psychologie-et-violence-collective

MàJ AUTOUR DE LA QUESTION Fin de vie : débats

Fin de vie : les médecins des soins palliatifs plaident pour une meilleure prise en charge de la douleur
Coline Garré
| 18.04.2018 https://www.lequotidiendumedecin.fr*

Les moyens manquent en France en termes de soins palliatifs et de prise en charge de la douleur, ont fait savoir des médecins conviés à une table ronde organisée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale ce 18 avril. Une réunion « dissociée de la révision de la loi de bioéthique (...), destinée non à légiférer, mais à écouter ceux qui voient la fin de vie au quotidien », a précisé la députée Brigitte Bourguignon (LaREM) en préambule.
Environ « 311 000 personnes requièrent un accompagnement palliatif par an, soit 60 % des situations de fin de vie. Or 75 % courent le risque d'une insuffisance de soins palliatifs », a rappelé le Dr Anne de la Tour, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Pourquoi ? « Parce que les moyens ne sont pas encore arrivés » depuis la loi de 1999, s'indigne-t-elle. La formation des étudiants en médecine, 10 heures, est insuffisante ; la France ne compte que cinq professeurs associés, et non titulaires, regrette-t-elle. 
Les effectifs de soignants sont trop faibles, ce qui met en péril la pérennité de certaines unités de soins palliatifs. Les lits manquent, en particulier des lits d'urgence, dans ces unités. Dans un contexte de désertification médicale, les équipes et réseaux de soins palliatifs, mais aussi les médecins coordonnateurs dans les EHPAD devraient pouvoir prescrire, a fait valoir le Dr de la Tour.
Quant aux 190 millions d'euros du plan national 2015-2018, « certaines ARS prennent des libertés », a estimé la cheffe de service de soins palliatifs, accusant notamment l'agence Occitanie d'« amputer de 20 % le budget des équipes mobiles ».
Pour la reconnaissance d'une spécialité médecine de la douleur
Le Pr Serge Perrot, président de la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD) a dénoncé une méconnaissance voire un « mépris » (sic) par les tutelles et le corps médical de la médecine de la douleur. Avec la médecine palliative, la médecine de la douleur devrait être reconnue comme une véritable spécialité médicale, demande-t-il. « Ce n'est pas du luxe ! » insiste-t-il dit, regrettant la position inverse de l'Ordre des médecins. Le Pr Perrot plaide aussi pour la valorisation des approches complémentaires (hypnose, psychologue, acupuncture) via des parcours et des forfaits hors T2A. Il déplore le silence de la Stratégie nationale de santé sur la douleur alors que celle-ci doit être considérée tout au long de la vie, dans toutes les structures, en particulier les centres anticancers et les services de psychiatrie.
Faut-il revoir la loi Leonetti-Claeys ?
La question s'est glissée inéluctablement dans le débat, faisant apparaître des divergences entre les acteurs.
Turgdual Derville, délégué général d'Alliance Vita, refuse catégoriquement de « franchir une ligne rouge » ; et de pointer les dérives à craindre selon lui dans les EHPAD ou dans la cohérence de la politique de prévention du suicide.
« Laissez-nous le temps de travailler » avant de légiférer de nouveau, a exhorté le Dr Anne de la Tour à l'adresse des députés, alors que la Haute autorité de santé vient tout juste de préciser ce qu'il faut entendre derrière la « sédation profonde et continue ». Elle a néanmoins rappelé que l'euthanasie ne fait pas partie de l'histoire des soins palliatifs, nés de la consternation des soignants à l'égard des cocktails lytiques jadis pratiqués, et de leur volonté de trouver des alternatives pour répondre à la souffrance réfractaire.
Du côté des patients, Sylvain Fernandez-Curiel, de France assos santé, demande qu'une évaluation des demandes de sédation et des soins palliatifs soit conduite avant de remettre le travail sur l'ouvrage. Parmi les pistes d'amélioration à creuser dès aujourd'hui, il suggère une clarification de la HAS sur les conditions dans lesquels les médecins peuvent passer outre les directives anticipées contraignantes, et une meilleure mise en œuvre de l'allocation pour les aidants.
En revanche le Pr d'éthique Emmanuel Hirsch estime que le statu quo n'est pas tenable, la loi Leonetti-claeys, « de compromission », étant trop ambiguë. À titre personnel opposé à l'euthanasie, il estime néanmoins la société assez mature pour « ne pas verser dans un tout euthanasique, si demain passe une loi qui y serait favorable, avec des encadrements précis ».
Le responsable de l'espace éthique Île-de-France appelle surtout à dépasser des contradictions insolubles sur ce point précis, pour penser plus largement une politique de santé qui protège les plus vulnérable et une solidarité qui lutte contre « l'abandonnisme social ». « Évitons les polémiques stériles et interrogeons-nous sur le "long survivre" », conclut-il, appelant à un débat qui n'est plus médical, mais social et politique.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/04/18/fin-de-vie-les-medecins-des-soins-palliatifs-plaident-pour-une-meilleure-prise-en-charge-de-la-douleur_857140

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Fin de vie : les nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé

Apr 18, 2018 / par Julie P. https://www.sante-sur-le-net.com/*

Avec la mise en place de loi Cleays-Leonetti en août 2016, la France a enfin accordé plus de droits aux patients en fin de vie. Deux ans après la mise en place de cette règlementation qui remet les volontés des individus au premier plan, la Haute autorité de Santé (HAS) publie un guide à destination des professionnels. Répondant au Plan national 2015-2018 pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie du Ministère des solidarités et de la santé, ces recommandations offrent un cadre de travail aux soignants pour la mise en œuvre de la sédation profonde et continue pour les personnes en fin de vie en hôpital, en EHPAD ou à leur domicile.


Mieux anticiper sa fin de vie
Ce travail publié en avril 2018 complète tout un ensemble de travaux précédents portant sur l’accompagnement de la fin de vie comme : les directives anticipées (les volontés du patient), les démarches palliatives ou encore les conditions pour la mise en œuvre d’un maintien au domicile nécessitant des soins palliatifs.
À savoir ! Les directives anticipées existent depuis 2005 et consistent à rédiger ses volontés thérapeutiques et choisir sa personne de confiance. Le médecin doit obligatoirement les respecter, sauf circonstances particulières, mais sur lesquelles il doit s’expliquer. La loi prévoit deux cas : l’urgence vitale nécessitant une évaluation complète de la situation et le cas où les directives paraissent manifestement inappropriées ou non-conformes à la situation médicale.
Les situations de fin de vie sont très diverses et concernent les patients ayant une maladie grave, un pronostic vital engagé à court et moyen terme ou encore, les victimes d’un accident.
En France, 75 % des personnes souhaitent décéder à leur domicile mais seulement 11 % des personnes de plus de 50 ans ont rédigé leurs directives anticipées.
Selon la HAS, les causes de ce paradoxe retrouvé chez les français sont :
  • Une méconnaissance des procédures anticipées ;
  • Un sentiment de mal être ou d’inconfort face à cette situation nécessitant de parler et de prendre en charge le déroulement de sa fin de vie.
En parallèle, seule la moitié des malades nécessitant des soins palliatifs en bénéficie. Pour l’instance sanitaire cette situation peut être expliquée par :
  • L’inégalité des ressources sanitaires sur le territoire ;
  • Le manque de formation des professionnels en soins palliatifs dans des structures hospitalières ou à domicile ;
  • La méconnaissance des lois et des dispositifs existants.
À savoir ! Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipeinterdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.

Sédation profonde et continue jusqu’au décès
Le travail publié par la HAS décrit les conditions et les modalités pour mettre en œuvre une sédation profonde et continue jusqu’au décès du patient.
À savoir ! La sédation profonde et continue, prévue par la loi de 2016, est réalisée à la demande d’un patient qui souffre trop et dont la mort est proche ou à l’initiative d’un professionnel de santé. Cette sédation a pour objectif d’endormir profondément la personne jusqu’à son décès. Elle se distingue de la sédation proportionnée, également prévue par la loi, qui vise à diminuer la conscience de façon proportionnelle à l’intensité des symptômes et qui peut être transitoire ou intermittente, pour un malade dont les souffrances sont trop difficiles à supporter.
Concernant cette sédation, la HAS recommande aux professionnels de :
  • Prendre en compte le soutien des proches tout au long de la sédation ;
  • L’appliquer dans les hôpitaux, au domicile ou en EHPAD (Etablissement Hébergement pour Personnes Agées et Dépendantes).
Enfin, pour aider les professionnels de santé et uniformiser les procédures, la HAS met à disposition un guide comportant : une liste des professionnels de soins palliatifs à contacter pour évaluer et mettre en œuvre la sédation, une fiche sur les modalités de la procédure collégiale, une grille des éléments à prendre en compte pour évaluer la demande du patient, une feuille de surveillance et une fiche décrivant les modalités d’administration du midazolam chez l’adulte et chez l’enfant.
À savoir ! Le midazolam est un hypnotique sédatif dérivé du groupe des imidazobenzodiazépines. Il possède une action sédative et hypnotique intense. Il exerce également des activités anxiolytiques, anticonvulsives et myorelaxantes. Par voie orale, il est utilisé dans la prise en charge de convulsions chez l’enfant et le nourrisson. Par voie injectable, le midazolam est utilisé dans la prise en charge des anesthésies et des sédations.
La HAS a élaboré également 3 autres documents pour permettre au patient de :
  • Rédiger ses directives anticipées, même hors contexte de fin de vie ;
Et au professionnel de santé de :
  • Mettre en place une démarche palliative anticipée afin de commencer les soins palliatifs, le plus tôt possible, même en parallèle des soins curatifs si besoin ;
  • Maintenir à domicile ou en EHPAD les patients qui reçoivent des soins palliatifs. Ce travail aborde notamment la coordination en ville, l’appui des services et de l’hôpital.
Dès la fin 2018, la HAS publiera ses recommandations sur les stratégies médicamenteuses à privilégier.

En savoir plus sur https://www.sante-sur-le-net.com/recommandations-has-fin-vie/#kVsLcYk3OUzASD0s.99

 INFO +
 En savoir plus sur le site de la HAS :15 mars 2018 | Dossier de presse  Fin de vie : en parler, la préparer et l’accompagner
https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2834548/fr/fin-de-vie-en-parler-la-preparer-et-l-accompagner 

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Fin de vie : le CESE se prononce pour un droit à une « médication expressément létale »
Coline Garré
| 10.04.2018 equotidiendumedecin.fr*

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté ce 10 avril un avis appelant à ouvrir un nouveau droit pour une personne malade : celui de demander au médecin « une médication expressément létale ».
Rédigé par une commission temporaire constituée pour répondre à cette autosaisine, dans laquelle on retrouve Étienne Caniard, ancien président de la Mutualité française, la Pr Sylvie Castaigne (hématologue), ou encore le psychiatre Michel Debout, l'avis, intitulé « Fin de vie : à l'heure des choix », fait d'abord le constat d'une insuffisante mise en œuvre des droits actuels : accès compliqué aux soins palliatifs, notamment à domicile, méconnaissance des dispositions visant à placer le malade au centre de décisions le concernant, et mise en œuvre de la sédation profonde et continue « entravée par des difficultés d'ordre tant médical que juridique et éthique ». 
L'avis propose plusieurs mesures pour améliorer l'application de la réglementation en vigueur : lancer une campagne d’information sur les soins palliatifs, augmenter les moyens qui y seront alloués dans le plan 2019-2021 pour gonfler l'offre à l'hôpital de 20 à 40 %, les exclure de la tarification à l'activité (T2A) et mieux prendre en compte la rémunération du médecin coordonnateur, autoriser la prescription par la médecine de ville de médicaments nécessaires à la sédation profonde et continue et leur dispensation par les officines, ou encore préciser par décret la procédure collégiale afin de conforter la place des non-médecins et des associatifs…
Éviter des « mots qui crispent »
Dans un second volet, l'avis veut élargir le champ des possibles en « autorisant les derniers soins », c'est-à-dire donner la possibilité à une personne malade de demander au médecin, y compris à travers les directives anticipées ou sa personne de confiance, dans des conditions strictes, de recevoir une médication expressément létale. Des mots pesés pour éviter les termes d'euthanasie ou de suicide assisté : « Il y a des mots qui immédiatement crispent, qui bloquent, et qui sont les mots de suicide et d'euthanasie », s'est justifié le rapporteur du texte Pierre-Antoine Gailly, représentant au CESE du groupe des entreprises. « L'opinion, depuis 2001, est d'avis que le pays devrait autoriser des formes de mourir plus volontaristes que les dernières lois », analyse-t-il.
« Un tel amendement, qui réaliserait une dépénalisation conditionnelle de l’aide à mourir, devrait préciser la définition de ce soin ainsi que les modalités de l’acte, selon que celui-ci est réalisé par le médecin (et donc assimilable à une euthanasie) ou par la personne elle-même (et donc assimilable à un suicide assisté). Cela induit une révision des règles éthiques définies par l’Ordre des médecins pour éviter qu’un acte « dépénalisé » puisse faire l’objet de sanctions professionnelles », lit-on dans le corps de l'avis.
En parallèle, la loi doit inclure une clause de liberté de conscience, permettant à toute personne, quelle que soit sa profession, de refuser la prescription, la dispensation, ou l'administration de cette médication expressément létale.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/04/10/fin-de-vie-le-cese-se-prononce-pour-un-droit-une-medication-expressement-letale-_856889

Armée de Terre : Souffrance psychique : nouvelle campagne de prévention lancée

Armée de Terre : Souffrance psychique : nouvelle campagne de prévention lancée
Mise à jour : 15/04/2018 www.defense.gouv.fr*

Dans un contexte d’engagement exigeant, l’armée de Terre a dernièrement mis en place une nouvelle campagne interne de sensibilisation à la souffrance psychique. Cette dernière réaffirme la fraternité d’armes en se recentrant sur le facteur humain qui fait la force de l’armée de Terre.

La nouvelle campagne de sensibilisation conçue avec le service de santé des armées vise deux objectifs. Elle met d’une part l’accent sur l’importance de l’attention portée à l’autre. Le personnel de l’armée de Terre forme en effet un collectif érigé par la fraternité d’armes. L’intérêt de chacun sur autrui permet donc de percevoir les signaux faibles d’une souffrance intérieure, de la déceler et de la prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard. D’autre part, la campagne insiste sur l’importance, pour les intéressés, de demander de l’aide lorsque nécessaire.
La souffrance psychique est ainsi prise en compte à trois niveaux :
  • le premier consiste à éviter l’apparition de cette souffrance en éliminant ou en réduisant tout facteur de risque pouvant générer de la souffrance liée aux conditions d’exercice du métier ;
  • le deuxième niveau consiste à repérer les personnes en difficulté et à prendre des contre-mesures pour éviter la multiplication du nombre de personne en souffrance (absentéisme, burn-out…) ;
  • le troisième niveau consiste à prendre en charge les personnes en souffrance, en lien avec le service de santé des armées.

Un kit à disposition
Pour répondre à ces besoins, un kit de sensibilisation au bénéfice de tous les civils et militaires de l’armée de Terre a été diffusé ces dernières semaines aux unités. Ce dernier permet aux cadres de mettre en place des séances de sensibilisation ; il comprend :
  • des éléments de compréhension et de sensibilisation pour aider le formateur à informer sur les droits et devoirs de chacun ainsi que sur les différents professionnels pouvant intervenir (médecins, assistants de service social, aumôniers, psychologues...) ;
  • une vidéo de sensibilisation ;
  • une carte individuelle distribuée en fin de formation. Cette dernière recense de manière précise et nominative l’ensemble des acteurs pouvant aider et accompagner un personnel.

Une attention accrue au moral
Cette campagne se mène en totale cohérence avec le Plan familles dont l’une des mesures vise à porter une attention accrue au moral des familles en facilitant notamment l’accès au soutien psychologique mis en place dans les armées et en amplifiant le soutien moral avant, pendant et après la mission.

Droits : Armée de Terre 2017

ETUDE RECHERCHE Échelles d’évaluation du risque suicidaire chez les sujets âgés : revue de la littérature


Échelles d’évaluation du risque suicidaire chez les sujets âgés : revue de la littérature - 17/04/18

Mahery Nantenaina Rakotoroalahy a, , Meja Andrianarisoa b, c, Isabelle Jalenques d

a CHP Saint Bennoît Menni, Imerintsiatosika, Madagascar 
b Pôle de psychiatrie et d’addictologie, Henri Mondor/Albert-Chenevier, CMP de Créteil, 21, rue Olof-Palme, 94000 Créteil, France 
c Centre expert schizophrénie, Fondation FondaMental, 40, rue de Mesly (Pavillon Hartmann), 94000 Créteil, France 
d Service de psychiatrie de l’adulte A et psychologie médicale, pôle de psychiatrie, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand, France 
Auteur correspondant. maheryrakut@gmail.com

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 17 avril 2018
Résumé
Introduction
Le suicide concerne toutes les tranches d’âges et les sujets âgés sont parmi les plus touchés en termes de mortalité. Dépister et évaluer le risque suicidaire des personnes âgées est indispensable en termes de prévention et de prise en charge. L’objectif de ce travail est de réaliser une synthèse bibliographique des outils d’évaluation du risque suicidaire chez les sujets âgés à partir de la littérature.
Méthodologie
Nous avons réalisé une revue de la littérature en utilisant comme moteur de recherche « Pub Med », « EMC », « PsychINFO » et « Google Schoolar ». Les mots clés que nous avons employés sont : suicide, psychogeriatrics, elders age, status rating scale, attempted suicide.
Résultats
Nous avons retenu au total trois échelles pour évaluer le risque suicidaire chez les patients âgés. L’échelle d’idéation suicidaire gériatrique (GSIS), la plus récemment élaborée, est une échelle spécifique, d’utilisation facile et de passation rapide. Les deux autres échelles, l’échelle d’idéation suicidaire (BSS) et l’échelle de désespoir de Beck (BHS), ont aussi montré leur efficacité et leur fiabilité chez les patients âgés.
Discussion
À partir des caractéristiques cliniques et psychométriques de ces outils, nous discutons de leur intérêt pour les cliniciens, en premier lieu les médecins traitants, consultés par la plupart des sujets âgés durant le mois précédant leur geste suicidaire.
Conclusion
Les sujets âgés sont plus exposés au risque suicidaire ; le geste est souvent réalisé avec une forte intentionnalité. Les échelles d’évaluation du risque suicidaire peuvent aider le praticien à réaliser une meilleure prévention ou prise en charge des patients âgés concernés. Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Plan
Introduction
Méthode
Résultats
Échelle d’idéation suicidaire gériatrique
Échelle de désespoir de Beck
Échelle d’idéation suicidaire de Beck
Discussion
Conclusion
Discussion avec l’auditoire
Déclaration de liens d’intérêts

http://www.em-consulte.com/article/1208936

NIGERIA : 1 adulte nigérian sur 5 atteint de dépression ? La Banque mondiale modifie sa note

1 adulte nigérian sur 5 atteint de dépression ? La Banque mondiale modifie sa notePublié: 17 avril 2018 africacheck.org*
Un journal nigérian, préoccupé par les cas de suicides dans le pays le plus peuplé d’Afrique, a lié cette situation au fait qu’un adulte sur cinq est chroniquement déprimé.
Par Motunrayo Joel & Lee Mwiti
En évoquant le suicide au Nigeria, un journal national a identifié la dépression comme étant la cause principale.
« Au Nigeria, la dépression chronique touche un adulte sur cinq », a déclaré The Guardian dans un article publié en février 2018.
La dépression à long terme est-elle être si fréquente au Nigeria ?

4.581 ménages nigérians interrogés
Comme source, le quotidien a orienté Africa Check vers un dossier sur le site Web de l’Unité de développement et de comportement de la Banque mondiale. Celui-ci renseigne qu’ « en moyenne, 22 % des Nigérians sont chroniquement déprimés ».
« L’unité a attribué cette statistique à une étude représentative à l’échelle nationale, réalisée en 2015-2016 par le Bureau national des statistiques du Nigeria. Le bureau a interrogé 4.581 ménages dans le cadre de son panel d’enquête générale sur les ménages, qui a lieu tous les deux ou trois ans.
Le sondage a été administré six fois en visitant les mêmes ménages deux fois par semaine pendant trois semaines, a déclaré à Africa Check Tunde Adebisi, chef de la division de la méthodologie de l’agence de données.

Seul le chef de ménage sondé
L’enquête générale sur les ménages a inclus une mesure de la dépression du chef de ménage. Pour ce faire, l’enquête a utilisé une version de l’échelle de dépression du Centre des études épidémiologiques, a déclaré à Africa Check Julie Perng, de l’Unité de développement et de comportement de l’esprit.
L’échelle de 10 questions est un test de dépistage de la dépression et des troubles dépressifs. Mais, contrairement au reste de l’enquête par panel, l’échelle n’a été administrée qu’une seule fois. On a demandé aux répondants combien de fois au cours des sept derniers jours ils ont senti que tout ce qu’ils faisaient était un fardeau et combien de fois leur sommeil était agité, par exemple.
Le nombre de fois a ensuite été additionné. Ceux qui ont marqué plus de 10 étaient « définis comme ceux avec la dépression chronique», a déclaré Mme Perng. Mais ces personnes n’ont reçu aucun diagnostic de suivi.

L’échelle mesure uniquement les symptômes
Les experts ont indiqué à Africa Check que si un score plus élevé sur l’échelle signifiait qu’il était probable qu’une personne soit déprimée, de multiples entretiens de diagnostic au fil du temps seraient nécessaires pour confirmer cela.
« Il est important de comprendre que [l’échelle] ne donne pas de diagnostic de dépression : c’est une mesure des symptômes », a déclaré  à Africa Check Dr Ian Gotlib, directeur du Département de psychologie de l’Université de Stanford.
« Une seule utilisation de [l’échelle] ne peut pas conduire à une conclusion sur la dépression chronique. Peu importe le score », a déclaré le Dr Gotlib. « Donc, si les chercheurs ont utilisé l’échelle une seule fois, aucune déclaration sur la dépression chronique basée uniquement sur cette mesure n’est justifiée. »
Dr Gotlib a co-édité le Handbook of Depression avec Dr Constance Hammen, professeur émérite au département de psychologie et des sciences du comportement à l’Université de Californie à Los Angeles.
Elle a déclaré que l’échelle « peut certainement être utilisée pour suggérer une dépression potentiellement cliniquement significative si les scores sont suffisamment élevés ». Cependant, il serait plus approprié, à partir d’un seul test, de suggérer qu’un certain pourcentage de Nigérians aient des niveaux élevés de symptômes dépressifs.

La Banque mondiale modifie son texte
Suite à la question d’Africa Check, Mme Perng a déclaré que le langage utilisé dans la note publique de la Banque mondiale – en référence à 22 % des Nigérians – n’avait pas été « aussi précis » que dans son blog qui est plus détaillé.
« Nous allons modifier la note pour souligner que nous parlons bien des chefs de famille », a-t-elle dit.
Depuis lors, la banque a modifié le libellé en disant que « dans un ménage sur cinq au Nigeria, on rencontre des symptômes dépressifs ». Le blog parle toujours de « dépression chronique ».

Quelle est la fréquence de la dépression au Nigeria ?
L’ampleur réelle de la dépression au Nigeria est difficile à évaluer, a confié à Africa Check Ayodeji Ajayi, psychologue clinicien à l’Hôpital neuropsychiatrique fédéral de Lagos.
Une formation plus poussée est nécessaire pour que le personnel de santé puisse diagnostiquer la dépression, tandis que les hôpitaux devraient également être équipés pour le traitement, a ajouté M. Ajayi.
Il a également souligné que la politique actuelle du pays en matière de santé mentale est inadéquate. Elle remonte à 1991, alors qu’un projet de loi présenté pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2003 n’a pas encore été adopté.

Conclusion : prétendre qu’un adulte nigérian sur cinq est atteint de dépression chronique est incorrect
Un adulte nigérian sur cinq souffre de dépression à long terme, selon un grand quotidien au Nigeria, qui souligne que cela explique l’augmentation des cas de suicide dans ce pays. Le journal a attribué cette statistique à l’Unité des sciences du comportement de la Banque mondiale.
Dans une note publique, l’unité avait déclaré que les résultats d’une échelle de dépression avaient montré que « 22 % des Nigérians étaient chroniquement déprimés ».
Les experts ont indiqué à Africa Check que l’échelle ne fournit pas de diagnostic de dépression mais mesure uniquement les symptômes. Pour être certain, un professionnel de la santé mentale devrait faire un diagnostic clinique.
L’unité de la Banque mondiale a, depuis, révisé sa note, indiquant que 22 % des chefs de ménage nigérians présentaient des « symptômes dépressifs ».
Traduit de l’anglais. Lisez la version originale.

https://fr.africacheck.org/reports/1-adulte-nigerian-5-atteint-de-depression-banque-mondiale-modifie-note/

MàJ AUTOUR DE LA QUESTION Expérimentation de la prise en charge de la psychothérapie par l'Assurance Maladie


Dépression: Les caisses d'assurance maladie de quatre départements testent le remboursement des séances chez le psychologue
SECURITE SOCIALE Le remboursement des séances chez le psychologue pour les cas de dépression légère à modérée est actuellement expérimenté dans quatre départements…
20 minutes avec Agence
Les assurés pourront se faire rembourser les séances chez un psychologue pour les dépressions légères à modérées. —
Les Caisses primaires d'assurance maladie (CPAM) de quatre départements ont décidé de tester le remboursement des séances chez un psychologue libéral, prescrites par un médecin. Les patients assurés de Haute-Garonne, du Morbihan, des Bouches-du-Rhône et des Landes pourront bénéficier de cette mesure.
Les autorités se laissent trois ans pour juger de la pertinence d’une telle mesure. L’objectif est de réaliser des économies en réduisant les dépenses de Sécurité sociale liées aux maladies psychiques.

Arrêts de travail et consommation de médicaments
Ces économies passeraient par la baisse du nombre de jours d’arrêt de travail, mais aussi par la baisse de la consommation d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et de somnifères. Ces médicaments ont des effets secondaires indésirables et entraînent des dépendances, pointe Pourquoi Docteur.

La mesure va dans le sens des recommandations de la Haute Autorité de Santé, parues en 2017, qui préconisent la psychothérapie pour diminuer la consommation de psychotropes.
Dans le reste du pays, les séances de psychothérapie ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. Seules les consultations auprès d’un médecin psychiatre ou dans un centre médico-psychologique (CMP) sont prises en charge.

Vingt séances maximum
Avec cette expérimentation, le patient orienté vers un psychologue aura droit à dix séances de psychothérapie de soutien de trente minutes. Une nouvelle prescription de dix séances pourra être décidée si besoin. Au total, vingt séances maximum seront donc prises en charge par la CPAM sans condition de revenus.
« Sur les 404 psychologues et psychothérapeutes recensés par l’ARS en Haute-Garonne, 124 souhaitaient intégrer l’expérimentation de remboursement par la Sécurité sociale », affirme La Dépêche. Une adhésion plutôt faible, de nombreux professionnels considérant les tarifs imposés par l’Assurance maladie trop bas : 22 euros pour les dix premières séances, 32 euros pour les dix suivantes. Chez un praticien libéral, une séance coûte en moyenne 50 euros.
 https://www.20minutes.fr/sante/2256699-20180417-depression-caisses-assurance-maladie-quatre-departements-testent-remboursement-seances-chez-psychologue
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Les psys désormais remboursés en Haute-Garonne
Actu Santé

Jusqu'en 2020, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne expérimente le remboursement des consultations chez les psychologues et les psychothérapeutes. Le but est de réduire la consommation d'antidépresseurs, très importante en France.
Le recours à un psychologue ou un psychothérapeute agréé par l’Agence régionale de santé n’était jusqu’à présent pas remboursé. Seules les consultations auprès d’un médecin psychiatre ou dans un centre médico-psychologique (CMP) étaient prises en charge.
Dans le cadre de cette expérimentation, toutes les personnes, sans condition de ressources, peuvent bénéficier d’un parcours de soins remboursé, sans avance de frais, chez un psychologue.
Une procédure simplifiée
Pour accéder à ce parcours remboursé, il faut d’abord vous rendre chez votre médecin traitant. Il délivre une prescription comportant une séance d’évaluation de 45 minutes, à destination d’un psychologue conventionné, dont il vous fournit la liste. Un bilan est adressé par le psychologue en retour.
S’il s’avère que les troubles mentaux constatés sont d’intensité « faible à modérée », une seconde prescription de 10 séances de psychothérapie de soutien de 30 minutes est adressée. Elle pourra être complétée, le cas échéant, par 10 séances de psychothérapie structurée de 45 minutes. En cas de pathologie plus lourde, le patient pourra être orienté vers un médecin psychiatre. 
CYRIL DOUMERGUE
https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/15/2780662-les-psys-desormais-rembourses-en-haute-garonne.html


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Lorient : la sécurité sociale rembourse des consultations de psychologuesPar Marc-André Mouchère
Depuis quelques jours la sécurité sociale rembourse les consultations chez les psychologues uniquement dans le Morbihan. Une expérimentation très attendue par les professionnels et surtout par les usagers.

C'est une spécificité française, nous prenons trop de médicaments et pas seulement des antibiotiques : dans le domaine des antidépresseurs nous sommes aussi de gros consommateurs.


Une alternative : la consultation d'un psychologue D'après la fédération française des psychologues et et de la psychologie "des études récentes ont montré l’efficacité de la prise en charge psychologique sur les troubles anxieux, dépressifs et leur moindre coût pour le système de soins. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé parues en octobre 2017 préconisent la psychothérapie, de même que de nombreuses recommandations internationales. Force est de constater que nous restons un pays où le taux de consommation de psychotropes se révèle parmi les plus élevés d’Europe avec une réponse du système de soins inadaptée qui reste ancrée dans le médical."

Une expérimentation dans le Morbihan

Deux expérimentations, encadrées par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, sont en cours pour le remboursement d’actes de psychologues :
  • L'une s'attaque à la souffrance des jeunes (11-21 ans) et se déroule dans des zones définies hors de Bretagne.
     
  • L'autre expérimente la prise en charge des troubles en santé mentale d’intensité légère à modérée des adultes (18 - 60 ans) et se déroule dans les Bouches-du-Rhône, en Haute-Garonne et dans le Morbihan.

Des soins coordonnés par le médecin traitant
En décembre dernier un cahier des charges est paru permettant le démarrage de l'expérimentation ces derniers jours. Il a été défini par des comités de pilotage où les médecins étaient plus nombreux que les psychologues. Le principe est le même que pour accéder à un spécialiste : il faut d'abord voir son médecin généraliste référent (médecin traitant que vous avez déclaré sur ameli.fr )


Premières réactions positives
Les psychologues du département 56 ont été invités à une conférence de présentation. Ceux qui ont accepté la convention de la CPAM ont commencé l'expérimentation. C'est le cas de Fanny Villain qui a déjà reçu cinq patients sur prescription d'un médecin. Psychologues clinicienne diplômée, elle exerce dans un cabinet avec 3 confrères. Pour elle le remboursement du patient permet enfin d'ouvrir l'accès au psychologue à des patientèles modestes :
C'est une belle avancée pour ouvrir notre profession à une patientèle qui sans remboursement ne consulte pas. C'est pour eux que nous sommes satisfaits, et pour lutter contre la consommation excessive d'antidépresseurs.

Tous les psychologues ne sont pas satisfaits par les tarifs imposés ni par le pouvoir des médecins sur cette expérimentation prévue sur quatre ans. Mais elle a l'avantage de légitimer des remboursements très attendues par les usagers à l'instar d'autres pays européens.

Parcours de soins et tarifs
Le cahier des charges impose un premier passage par le médecin généraliste dans le déroulé de la prise en charge. Puis, après une consultation d’évaluation par le psychologue, il faut un 2ème passage chez le médecin généraliste pour la prescription. Cette prescription ne peut dépasser dix séances. Après ces dix séances, sans amélioration suffisante, un nouveau rendez-vous chez le médecin et éventuellement un psychiatre peut déboucher sur une prescription maximale de dix séances de psychothérapie structurée.
Les tarifs et durées des séances prises en charge par l'Assurance Maladie sont les suivant :
Entretien d'évaluation :
1 séance de 45 minutes à 32 €
Accompagnement psychologie de soutien :
1 à 10 séances de 30 minutes  22 € la séance
Psychothérapie structurée :
1 à 10 séances de 45 minutes à 32 € la séance
 
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/lorient/lorient-securite-sociale-rembourse-consultations-psychologues-1436587.html




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Prise en charge de la psychothérapie : internes et jeunes médecins dénoncent une expérimentation « petit bras »  sur www.jim.fr*




Paris, le lundi 12 mars 2018 - S’il se « réjouit a priori » de l’annonce de l’ouverture ce mois-ci dans trois départements (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne et Morbihan) d’une expérimentation de la prise en charge de la psychothérapie par l’Assurance maladie, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) qui rassemble internes, remplaçants et jeunes installés (ou salariés) en médecine générale « se désole » également de certaines conditions de sa mise en place.

Conscient que « les médicaments constituent une mauvaise réponse aux problèmes de santé mentale d’intensité légère à modérée », le SNJMG, qui « soutient une prise en charge des soins primaires en totalité », se déclare favorable aux modalités de l’expérimentation concernant la prise en charge à 100 % de la psychothérapie par l’Assurance maladie, permettant ainsi une dispense totale d’avance de frais pour le patient (tiers payant intégral). Mais le satisfecit s’arrête là.

Une organisation et un financement peu attractifs
Le syndicat regrette ainsi que « les mineurs et les plus de 60 ans [soient] exclus de l’expérimentation ». Bien qu’il comprenne « les difficultés techniques » qu’aurait impliquées leur inclusion, il considère toutefois cette décision comme « décevante en matière de santé publique ». Autre récrimination : l’absence de précision quant à la rémunération des généralistes et une rémunération proposée aux psychologues cliniciens et aux psychothérapeutes « trop déconnectée des pratiques actuelles » : 32 euros pour l’entretien d’évaluation (45 minutes), 22 euros pour chaque séance d’Accompagnement psychologie de soutien (30 mn) et 32 euros pour chaque séance de Psychothérapie structurée (45 mn) contre 45 à 50 euros en moyenne actuellement par séance de 45 à 60 minutes. Sur le premier point, le SNJMG s’était déjà prononcé en faveur de la reconnaissance d’une consultation de dépistage/repérage précoce pour laquelle il n’existe pas encore de cotation réellement adaptée.

Également mis en cause, « la complexité et les limites du déroulé de prise en charge », ainsi que « la non prise en compte des contraintes administratives pour les professionnels [qui] ont de quoi en décourager plus d’un(e) ». Le syndicat rappelle ainsi que la procédure débute par une première évaluation clinique par le généraliste pour permettre l’inclusion, suivie d’une autre consultation d’évaluation par le psychologue qui renvoie le patient vers le généraliste pour qu’il établisse la prescription qui ne peut dépasser dix séances. Sans amélioration à l’issue de ce processus, un nouveau rendez-vous chez le généraliste et éventuellement un psychiatre est enclenché pour permettre la prescription d’un maximum de dix séances de psychothérapie structurée. Pour le SNJMG, ce casse-tête organisationnel adossé à des rémunérations « peu attractives » risque de condamner l’expérimentation dans l’œuf. Il demande donc à l’Assurance maladie de revoir les modalités les plus problématiques et interpelle le ministère de la Santé pour que ce dernier intègre l’expérimentation dans le plan psychiatrie / santé mentale qu’il vient d’annoncer.

Benoît Thelliez
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INFO plus :
Communiqué de l'assurance Maladie Février 2018


Expérimentation de la prise en charge de la psychothérapie par l'Assurance Maladie Les troubles de la santé mentale sont très répandus en France (7,2 millions de personnes concernées en 2015 (1)). Ils sont d'intensité légère à modérée dans la majorité des cas et essentiellement pris en charge par le médecin généraliste. Pour ces patients, la psychothérapie est préconisée en première intention par les recommandations françaises et internationales (efficacité comparable aux médicaments) (2). Cependant, le non-remboursement est un frein à son accès. L'Assurance Maladie expérimente, à partir de mars 2018, dans 3 départements (Haute-Garonne, Morbihan et Bouches-du-Rhône), le remboursement de la psychothérapie pour les patients de 18 à 60 ans présentant des troubles en santé mentale d'intensité légère à modérée. Adressés par leur médecin traitant, ces patients seront pris en charge par les psychologues cliniciens ou psychothérapeutes agréés par les ARS, en coordination avec les psychiatres.

(1) Rapport Charges et produits de l'Assurance Maladie au titre de 2018.
(2) HAS, Recommandation de bonnes pratiques, Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours, octobre 2017 ; et NICE, Clinical guideline, Depression in adults: recognition and management, october 2009.

http://41.ameli-medecins.fr/ohey13jd2vgudyuooj.htm