jeudi 13 décembre 2018

PRESENTATION STRUCTURE RESSOURCE Un nouveau centre ambulatoire de santé mentale Saint-Martin-d'Hères (38)

Un nouveau centre ambulatoire de santé mentale
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Un nouveau centre ambulatoire de santé mentale
©JBA - Le nouveau centre de santé mentale, à Saint-Martin-d'Hères.
En face des halles Neyrpic encore à l'abandon, un nouveau centre ambulatoire de santé mentale a ouvert ses portes à Saint-Martin-d'Hères. Il accueillera six structures de soin.
« L'idée d'un centre ambulatoire ne faisait pas consensus au sein de nos équipes du CHAI (Centre Hospitalier Alpes-Isère). En effet, ces équipes n'avaient pas été associées, et il était indispensable de redonner du sens au projet », avoue la directrice du CHAI Véronique Bourrachot.  Nous avons donc recueilli la parole des professionnels, qui ont pu influer à la marge ou plus fortement. » Le projet a occupé les esprits de janvier à octobre 2018. Le maire de Saint-Martin-d'Hères, David Queiros confirme : « il y a eu une phase de travaux délicate, avec les riverains, mais ils ont apprécié le dialogue ». Le centre ambulatoire de santé mentale a donc ouvert ses portes, il y a quelques semaines.
Le centre est composé de six structures différentes : un accueil en addictologie, un accueil pour les personnes présentant des risques suicidaires (avec la création du centre thérapeutique ambulatoire intensif, résumé en CTAI) et un centre de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive (C3R). À cela s'ajoute le centre de jour Nelson-Mandela (qui accompagne le patient sur ses capacités de socialisation), le RéHPsy (un réseau de partenaires qui aide les personnes en situation de handicap psychique) et, enfin, un service médico-psychique universitaire, pour proposer aux étudiants des soins psychiatriques et psychothérapiques. Le centre devrait permettre, en tout cas, un travail au plus proche des patients. C'est ce qu'affirme Christian Coigné, président du conseil de surveillance : «  ce centre va permettre d'être plus inclusif, et le patient devient acteur de sa santé. C'est un tournant ambulatoire du CHAI, puisque d'autres centres vont ouvrir ailleurs, à Seyssins ou Vizille. »
Cette nouvelle organisation découle de la réorganisation opérée par la loi GHT (réforme de la gestion des hôpitaux). « Lorsque j'ai pris la présidence du conseil de surveillance en 2015, cette loi venait de sortir. Je suis entré dans ce monde du soin avec un œil neuf, plein d'objectivité », affirme l'élu.
David Queiros, maire de Saint-Martin-d'Hères, a,,lui évoqué « le réaménagement de la ville. Ici, on se trouve sur une centralité, proche de la ville centre. Le centre de santé est accessible pour les piétons, vélo ou transports en commun ». Il a aussi rappelé le fort maillage de professionnels de la santé et inciter « les professionnels de santé à profiter des futurs aménagements de Neyrpic pour se divertir ».
J.-B.A.

INFORMATIONS ARS Nouvelle Aquitaine "Souffrance psychique - Comment repérer des proches en situation de mal être, et/ou à risque suicidaire ?"

MàJ Guide HAS : Coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux – états des lieux, repères et outils pour une amélioration

Améliorer la coordination des soins en santé mentale : nouveau guide de la HAS (France)
Psychomédia
Publié le 9 octobre 2018

La Haute autorité de santé (HAS) présente, dans un communiqué publié le 9 octobre, de nouvelles recommandations pour améliorer la coordination des soins en santé mentale.

« Dans la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux, la coordination entre les médecins généralistes et les autres acteurs de soins (psychiatres, psychologues, infirmiers, etc.) est insuffisamment développée », estime la HAS.

La coordination des soins en santé mentale « est actuellement moins formalisée que dans d’autres champs ».

Pour promouvoir une évolution des pratiques, la HAS publie un guide proposant différents outils. Il est notamment destiné aux médecins généralistes exerçant en ville et aux professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale (équipes des secteurs de psychiatrie, psychiatres libéraux, psychologues libéraux, urgentistes, infirmiers libéraux, pharmaciens d’officine, etc.). Un enjeu est d'améliorer la continuité des prises en charge et d'éviter les ruptures de soins.

A partir d'un état des lieux des expériences conduites à ce jour, la HAS publie une série de repères et d’outils utiles à l’atteinte de 3 objectifs opérationnels :

identifier les ressources disponibles (professionnels, établissements, dispositifs) ;

échanger les informations utiles avec les autres acteurs de la prise en charge ;

être en capacité d’accéder à des conseils de confrères, d’adresser un patient à un professionnel spécialisé en psychiatrie et santé mentale ou à un médecin généraliste et d’assurer un suivi conjoint.

Sur le site de la HAS : Coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux – états des lieux, repères et outils pour une amélioration.

*http://www.psychomedia.qc.ca/sante-mentale/2018-10-09/coordination-des-soins-france-guide-has


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Coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux – états des lieux, repères et outils pour une amélioration 
https://www.has-sante.fr/*

Le médecin généraliste est un acteur majeur de la prise en charge des troubles mentaux. Il participe à la détection et au traitement des troubles et accompagne les patients dans le cadre d’une prise en charge globale.

On constate en France une coordination insuffisamment développée entre le médecin généraliste et les professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale notamment. Cette situation peut aboutir à des ruptures de soins, susceptibles d’avoir des conséquences importantes pour le patient, tant sur le plan psychiatrique que somatique.

Pour répondre à ces enjeux, la HAS propose un guide pour aider les professionnels à développer et renforcer la coordination interprofessionnelle dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux. Il présente des expériences d’amélioration conduites en France et à l’étranger ainsi que des repères et outils mobilisables de façon isolée ou combinée et en fonction des besoins, des ressources et des contraintes des professionnels.

Ce travail entre dans le cadre du programme pluriannuel « psychiatrie et santé mentale » de la HAS.

Sections
Les publics concernés par ce guide
Eléments de contexte
Une coordination nécessaire
Une coordination actuellement moins formalisée que dans d’autres champs
Pourquoi ?
Quels enjeux ?
État des lieux des expériences d’amélioration de la coordination conduites en France et à l’étranger : 5 grandes catégories d'expériences
Amélioration de la communication
Lieux d'exercice partagés
Dispositifs de soins partagés (DSP)
Coordination de parcours de santé
Dispositifs intégrés
Des repères et des outils pour aider les professionnels
Des valeurs partagées qui sous-tendent l'organisation et la structuration de la coordination
Des leviers à différents niveaux
Un processus progressif et continu impliquant plusieurs acteurs
Du côté des professionnels : conviction, implication, culture partagée
Du côté des patients et des proches
Du côté de la gouvernance
En pratique : accompagner le changement et prendre en compte le contexte local



Les publics concernés par ce guide

  • Médecins généralistes exerçant en ville (libéraux ou salariés) ;
  • Professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale (équipes des secteurs de psychiatrie, psychiatres libéraux, psychologues libéraux, etc.) ;
  • Autres acteurs de proximité (urgentistes, infirmiers libéraux, pharmaciens d’officine, chirurgiens-dentistes, etc.) impliqués dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux ;
  • Dans un registre complémentaire du soin : les patients, leurs proches, les tuteurs et curateurs, les associations représentatives des usagers et des familles d’usagers, les groupes d’entraide mutuelle (GEM), les acteurs des secteurs médico-social et social, les sociétés savantes, les organismes impliqués dans la formation, les institutionnels, etc.

Eléments de contexte

Une coordination nécessaire

  • Médecin généraliste : besoin d’un accès à un avis/conseil spécialisé ou à un adressage.
  • Professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale : besoin d’un accès aux soins somatiques et/ou d’un relais dans le cadre d’une prise en charge globale.
  • Coordination dans le cadre d’un suivi conjoint : échange et partage d’informations, avis, conseils, adressage.

Une coordination actuellement moins formalisée que dans d’autres champs

  • Échanges de courriers non systématiques.
  • Demandes des médecins généralistes n’étant pas toujours formulées de manière explicite.
  • Psychiatres et psychologues décrits comme étant peu accessibles.
  • Difficultés d’accès aux médecins généralistes des professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale.

Pourquoi ?

  • Une réticence à l’échange et au partage d’informations du côté des patients et des professionnels.
  • La construction d’une relation de confiance avec d’autres professionnels, au-delà de la dualité patient-soignant, plus difficile.
  • Un contexte démographique des professionnels de santé contraint.

Quels enjeux ?

  • Améliorer la continuité des prises en charge et éviter les ruptures de soins en visant l’alliance thérapeutique.
  • Mieux prévenir et prendre en charge les troubles mentaux d’une part et les comorbidités somatiques, plus fréquentes chez les patients souffrant de troubles mentaux, d’autre part.
  • Permettre une meilleure gestion du temps pour les patients et les professionnels.


État des lieux des expériences d’amélioration de la coordination conduites en France et à l’étranger : 5 grandes catégories d'expériences

Amélioration de la communication

  • Échange d’information et liaison : annuaires de ressources, lignes téléphoniques dédiées, contenu standardisé de courriers, utilisation des messageries sécurisées, etc.
  • Processus renforcés d’adressage vers les soins spécialisés : formalisation des conditions d’adressage et des rôles de chaque professionnel.

Lieux d'exercice partagés

  • Lieux d’exercice communs entre médecins généralistes et professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale, mais également avec d’autres acteurs de proximité, notamment des infirmiers.

Dispositifs de soins partagés (DSP)

  • Consultation d’évaluation par les professionnels spécialisés sur demande du médecin généraliste.
  • Diagnostic et conseils sur la stratégie thérapeutique à mettre en oeuvre.
  • Suivi du patient et mise en oeuvre de la stratégie thérapeutique par le médecin généraliste en concertation avec le patient.

Coordination de parcours de santé
Care / case management
  • Fonction spécifique de coordination pour faciliter les interactions entre acteurs et promouvoir l’implication du patient.

Dispositifs intégrés
Interventions type collaborative care
  • Approche pluriprofessionnelle : en général, un médecin généraliste, un professionnel spécialisé et un coordonnateur des parcours de santé.
  • Programme de prise en charge structuré : guides ou protocoles de soins.
  • Suivi programmé du patient : prédéfinition d’un calendrier de rendez-vous (adhésion au traitement, évolution des symptômes, etc.).
  • Communication interprofessionnelle renforcée : réunions cliniques pluriprofessionnelles, dossiers médicaux partagés, etc.


Des repères et des outils pour aider les professionnels

coordination entre le medecin generaliste et les differents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux-schema

Des valeurs partagées qui sous-tendent l'organisation et la structuration de la coordination

  • Prise en compte des dimensions psychiques et physiques de la souffrance du patient.
  • Contribuer à faire du patient l’acteur de sa prise en charge.
  • Communication basée sur l’écoute, l’empathie, le respect et la tolérance.
  • Chercher à établir une relation de confiance favorisant l’alliance thérapeutique.
  • Respect des valeurs et reconnaissance des rôles et compétences des différents professionnels impliqués dans la prise en charge.
  • Identifier, avec l’accord du patient, le rôle et les attentes de ses proches.


Des leviers à différents niveaux


Un processus progressif et continu impliquant plusieurs acteurs


 Du côté des professionnels : conviction, implication, culture partagée

  • Formation initiale et continue :
    • aux soins de premier recours ;
    • à la psychiatrie et santé mentale ;
    • à la coordination ;
    • à la reconnaissance des rôles et compétences de chacun.
  • Valorisation de la coordination dans le cadre éthique et déontologique.

 Du côté des patients et des proches

  • Conviction des patients et des proches quant à l’importance de la coordination et du partage d’informations.
  • Sensibilisation à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des troubles somatiques, notamment par le médecin généraliste traitant.
  • Implication du patient dans la gestion de sa maladie (mobilisation de ses ressources et de ses compétences) : objectif consensuel pour les professionnels impliqués, pouvant favoriser la coordination.

 Du côté de la gouvernance

  • Au niveau local et régional (agences régionales de santé [ARS])
    • Information, accompagnement et appui technique pour les professionnels.
  • Au niveau national
    • Réflexion sur des modalités de financement et de tarification adaptées.
    • Facilitation de l’accès aux psychothérapies dispensées en ville par des psychothérapeutes non médecins.
    • Reconnaissance de nouvelles fonctions.
    • Formation

En pratique : accompagner le changement et prendre en compte le contexte local

  • Des instances de concertation au niveau local, par exemple :
    • autour d’un projet territorial de santé mentale (PTSM) ;
    • conseils locaux de santé, conseils locaux de santé mentale, ateliers santé ville, etc. ;
    • plateformes territoriales d’appui (PTA).
  • Un pilotage opérationnel :
    • par exemple, à l’échelle du secteur de psychiatrie, une équipe composée d’un médecin généraliste, d’un psychiatre et d’un infirmier ;
    • support des ARS.
  •  Une planification et une régulation :
    •  évaluation des dispositifs, capitalisation des expériences conduites (pérennisation, généralisation), évolutions législatives, etc.

Documents

Mis en ligne le 09 oct. 2018

Guide coordination entre médecin généraliste et acteurs de la psychiatrie ( 1,12 Mo) Écouter
Synthèse coordination entre médecin généraliste et acteurs de la psychiatrie ( 186,54 Ko) Écouter
Rapport coordination entre médecin généraliste et acteurs de la psychiatrie ( 1,8 Mo) Écouter

Documents complémentaires
Mis en ligne le 09 oct. 2018

En savoir +

Améliorer la coordination des soins dans le domaine de la santé mentale
Décision n° 2018.0130/DC/SA3P du 5 septembre 2018 du collège de la HAS portant adoption du guide « Coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux – état des lieux, repères et outils pour une amélioration » et ses documents associés
Programme "psychiatrie et santé mentale" de la HAS

https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2874187/fr/coordination-entre-le-medecin-generaliste-et-les-differents-acteurs-de-soins-dans-la-prise-en-charge-des-patients-adultes-souffrant-de-troubles-mentaux-etats-des-lieux-reperes-et-outils-pour-une-amelioration


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Troubles mentaux : fluidifier la coordination des prises en charge

30.11.2018
Mots clés : 
Si le médecin généraliste prend en charge un patient atteint de troubles mentaux, certaines situations peuvent nécessiter l’avis d’un professionnel spécialisé en santé mentale. C’est le cas, par exemple, devant une dépression grave ou résistante chez un patient connu ou devant une pathologie psychiatrique sévère chez un patient non connu. Afin d’améliorer la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux, la HAS publie un guide pour aider à organiser une coordination fluide entre le médecin généraliste et les autres acteurs de soins. Ce guide propose des repères et des outils pour aider les professionnels à identifier les ressources disponibles, à échanger et partager les informations, à accéder à un avis diagnostic, thérapeutique, à un adressage et à assurer un suivi conjoint. Explications du Dr Marielle Lafont et d’Amélie Prigent*, du service évaluation de la pertinence des soins et amélioration des pratiques et des parcours à la HAS.

 Lorsque le médecin généraliste souhaite un avis spécialisé en psychiatrie et en santé mentale, comment identifie-t-il les professionnels ressources ?

Lorsqu’un médecin généraliste veut avoir recours à un psychiatre, un psychologue libéral ou une équipe de psychiatrie, il peut s’aider des annuaires de ressources existants s’il ne dispose pas d’un réseau suffisant (voir encadré).

Lors d’une demande de première consultation psychiatrique, quels éléments le médecin généraliste transmet-il ?

Dans le courrier adressé au psychiatre, le généraliste précise certains éléments comme le motif du recours (sous forme de question), les éléments symptomatiques et hypothèses diagnostiques, les attentes relatives aux modalités de suivi partagé, les pistes thérapeutiques, les antécédents médicaux et les traitements en cours. En cas d’urgence, si une hospitalisation est nécessaire, il rédige une lettre de liaison à l’entrée qui inclut notamment les motifs de la demande d'hospitalisation, les traitements en cours et les allergies connues.
Dans tous les échanges, les informations sont transmises par écrit, par messagerie sécurisée ou par tout moyen garantissant la confidentialité des informations. Un courrier est également remis au patient (ou à son tuteur) et versé à son dossier médical partagé s’il existe.
 
Suite à l’avis spécialisé, quels sont les éléments dont le médecin généraliste a besoin pour assurer la prise en charge ?
Le courrier du psychiatre précise la réponse aux questions du généraliste et propose notamment un avis diagnostique, un projet de soins et une prescription médicamenteuse. En cas d’hospitalisation, la lettre de liaison à la sortie, rédigée par le praticien qui a pris en charge le patient, contient les informations qui permettent la continuité des soins : motif d’hospitalisation, synthèse médicale du séjour, traitements prescrits à la sortie et arrêtés pendant le séjour. Elle aborde également les suites à donner : actes prévus et à programmer, recommandations et surveillances particulières.

 Lorsqu’un patient est pris en charge par des professionnels spécialisés en santé mentale, comment ceux-ci peuvent-ils identifier et joindre le médecin traitant ?

Si le patient a désigné un médecin traitant, les professionnels spécialisés renseignent, avec l’accord du patient, ses coordonnées dans le dossier médical. Si le patient n’a pas désigné de médecin traitant ou s’il refuse de communiquer ses coordonnées, ils l’informent sur les risques qu’il encourt pour sa santé, l’encouragent et éventuellement l’aident à trouver un médecin traitant. Il est essentiel que le médecin généraliste facilite la prise de rendez-vous pour ces patients et accepte si possible d’être désigné comme médecin traitant.

Quelles sont les informations que les professionnels spécialisés fournissent au médecin généraliste ?

Pour assurer une continuité des soins, ils transmettent au médecin généraliste les informations sur l’histoire et le suivi psychiatrique du patient : avis, hypothèses diagnostiques, risques évolutifs, projet de soins, traitements, éléments de surveillance, etc. Ils donnent également leur avis sur l’état somatique du patient et sa prise en charge. 

Quelles sont les modalités de collaboration entre le médecin généraliste et les professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale ?

En associant le patient (ainsi que sa famille et ses proches s’il en est d’accord), tous les professionnels impliqués dans sa prise en charge, définissent ensemble les rôles de chacun des acteurs. Cette démarche inclut notamment le pharmacien d’officine, le chirurgien-dentiste et l’infirmier libéral. Les modalités de communication, de prévention et de gestion des situations de crise ou d’urgence sont définies de façon partenariale. Ce travail d’équipe peut être régulièrement évalué dans une logique d’amélioration continue.

La prise en charge, par le généraliste, des patients non-demandeurs de soins psychiatriques

Lorsqu’il est confronté à un patient qui refuse des soins psychiatriques, le généraliste va s’évertuer à le convaincre en s’appuyant, avec son accord, sur sa famille et ses proches. Il a aussi la possibilité d’échanger avec des professionnels spécialisés en santé mentale, voire de les solliciter pour mettre en place des consultations conjointes.
Si les troubles mentaux du patient rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats tels que définis dans l’article L3212-1 du code de la santé publique, des soins psychiatriques sans consentement constituent un dernier recours.

Coordination en santé mentale 

Outils et repères





* Propos recueillis par Arielle Fontaine & Citizen press – HAS 



mardi 11 décembre 2018

Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val de Seine 1ère formation pour les professionnels de l’APHP

Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val de Seine‏ @HUPNVS 7 déc.
1ère formation pour les professionnels de l’@APHP dédiée à la prévention du risque suicidaire chez les patients des services hors psychiatrie, une initiative d’un groupe de travail des @HUPNVS . Les soignants paramédicaux, médecins et psychologues sont nombreux au rendez-vous !



Source https://twitter.com/hupnvs

En savoir plus sur la formation
source 
http://plandeformation.aphp.fr/pedago.php?code_stage=071873600&gh=4&as=

GH11 RISQUE SUICIDE PATIENT
Qualité et gestion des risques / Autres risques
Généralités:
Une formation sur le Risque suicidaire est organisé sur l'Hôpital Bretonneau.
Intitulé : "Votre patient a-t-il des idées suicidaires ? Posez des questions, sauvez une vie."

Référents formation : Dr Delphine MOISAN, Mme Maria DEVAUD
Objectifs:
- Reconnaître la crise suicidaire en milieu hospitalier
- Savoir apprécier la dangerosité et l'urgence dans un contexte de soins
- Intervenir, alerter et orienter devant une crise suicidaire
- Prévenir les conduites suicidaires de patients
Pré-requis:
Public:
Médecins hospitaliers, Personnel soignant, Etudiants en santé
Contenu:
09h15 - 09h30 : Introduction (Mme MAISANI - Pr LEJOYEUX - Mme DEVAUD)
09h30 - 10h00 : Clinique des conduites suicidaires (Dr DUROY)
10h00 - 10h30 : Prise en charge des conduites suicidaires (Dr MAZER)
11h00 - 12h00 : Présentation du kit pédagogique AP-HP (Pr LEMOGNE)
12h00 - 12h30 : Point de vue du soignant (Mme ALLEGRE)
12h30 - 14h00 : Pause
14h00 - 15h30 : Ateliers et échanges cliniques en groupes (médecins psychiatres, psychologues, infirmiers)
15h45 - 16h30 : Retour des ateliers, conclusion de la journée
Présentation des protocoles réalisés par le groupe de travail (Mme DEVAUD, Dr MOISAN,
M. GAUTIER)
Organisation:
Date : Vendredi 07 décembre 2018
Horaires : de 9h00 à 16h45
Lieu : Bretonneau - Salle de spectacle

Contacts au sujet de cette formation :
Dr Delphine MOISAN (delphine.moisan@aphp.fr)
Arnaud GAUTIER (arnaud.gautier@aphp.fr)
Durée: 1 jour




AUTOUR DE LA QUESTION Article Traitement du trouble bipolaire


Traitement du trouble bipolaire - 07/12/18
[37-860-D-55] - Doi : 10.1016/S0246-1072(18)70103-X
A. Gaillard, MD, Msc a, b, , D. Gourion, MD, PhD c

a Service hospitalo-universitaire, Centre hospitalier Sainte-Anne, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France
b Cabinet, 170, boulevard Haussmann, 75008 Paris, France
c 17, rue des Marronniers, 75016 Paris, France

Auteur correspondant.

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le dimanche 09 décembre 2018

Résumé

Le trouble bipolaire est une pathologie psychiatrique chronique débutant chez l'adulte jeune et classée parmi les dix pathologies les plus invalidantes selon l'Organisation mondiale de la santé. Un patient sur six meurt par suicide, et cette pathologie des émotions et de la cognition expose à de nombreuses comorbidités psychiatriques ainsi qu'à une surmortalité médicale, notamment cardiovasculaire. Les traitements médicamenteux du trouble bipolaire ont transformé, en particulier depuis l'avènement du lithium, le pronostic des patients. Si les molécules « classiques » comme le lithium et le valproate conservent une place de choix dans l'arsenal thérapeutique, celui-ci s'est enrichi au cours des dix dernières années de nouvelles molécules. Parmi ces molécules thymorégulatrices d'émergence plus récente, la lamotrigine a montré son efficacité dans la prévention des rechutes dépressives et son rapport bénéfice-risque est particulièrement favorable (absence de prise de poids et de sédation) en dehors des rares cas d'allergies cutanées sévères qui nécessitent un protocole rigoureux de mise en place et de surveillance. Les nouvelles générations d'antipsychotiques atypiques ont également représenté une véritable avancée, comme nouveaux traitements dans la prise en charge du trouble bipolaire que ce soit en phase aiguë ou comme prévention des rechutes avec, en particulier pour la quétiapine, une efficacité tant sur les épisodes maniaques que dépressifs, mais au prix de possibles syndromes métaboliques. Au-delà du profil d'efficacité de chaque molécule, ce sont surtout les combinaisons polychimiothérapiques synergiques qui ont montré leur efficacité dans l'augmentation des taux de rémission, notamment dans les formes difficiles ou résistantes. Ces stratégies thérapeutiques s'articulent désormais autour de deux aspects fondamentaux que sont la précocité de la prise en charge et la notion de staging. Si les recommandations internationales constituent un cadre thérapeutique de base indispensable, la prise en charge de chaque situation singulière nécessite une approche de type médecine personnalisée qui devrait s'enrichir les années à venir grâce à une meilleure caractérisation des différents profils phénotypiques avec l'imagerie cérébrale et la pharmacogénétique, qui permettra de guider le choix de la molécule comme cela se fait par exemple en cancérologie. Les outils pharmacologiques ne sont par ailleurs que l'un des axes de la prise en charge des troubles bipolaires, qui doit être globale et intégrer les nouvelles approches psychothérapiques validées (thérapie des rythmes, thérapies comportementales et cognitives, méditation en pleine conscience), ainsi que les interventions de psychoéducation et la remédiation cognitive quand elle est nécessaire. La psychoéducation tient une place importante dans la mesure où toutes les interventions thérapeutiques ont comme préalable un long et difficile cheminement d'acceptation de la maladie, paramètre déterminant de l'observance et de la rémission. Enfin, les concepts de qualité de vie, de réhabilitation psychosociale, de rémission fonctionnelle et d'empowerment ont élevé le niveau d'ambition thérapeutique au-delà de la simple abrasion des épisodes thymiques qui représentait le graal thérapeutique il y a encore relativement peu de temps.

Mots-clés : Thymorégulateurs, Troubles bipolaires, Lithium, Résistance, Guidelines, Troubles de l'humeur
Plan

MàJ JNPS 2019 Journée Nationale de Prévention du Suicide Février 2019

Thème JNPS (Journée Nationale de Prévention du Suicide) 2019 de l'UNPS (Union Nationale pour la prévention du suicide): "suicide et violences - violence du suicide" Argumentaire UNPS




Toutes les informations, manifestations en France à venir...


Manifestations par régions & pays (en cours) 
En rouge les dernières mises à Jour  


AUVERGNE RHÔNE ALPES ( Lyon) - BOURGOGNE FRANCE COMTE (Besançon)
BRETAGNE (Rennes) - ILE DE FRANCE (Paris) - NOUVELLE AQUITAINE (Poitiers (Saint Benoît)) -


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  • AUVERGNE RHÔNE ALPES


MARDI 12 FÉVRIER 2019, LYON (69)

POSTVENTION : ACCOMPAGNER, SOUTENIR ET INTERVENIR APRÈS UN SUICIDE
Organisé en collaboration entre le Centre de Prévention du Suicide et la Fondation ARHM
le 12 février prochain à Lyon.

Ce colloque portera sur la prise en charge des endeuillés par suicide et les réponses institutionnelles au suicide d’un patient dans un service de santé ou médico-social. L'impact sur les professionnels impliqués dans la prise en charge d'un patient décédé par suicide et sur la communauté sera notamment évoqué.
Les inscriptions sont gratuites mais obligatoires (nombres de places limitées) auprès de yamina.lagha@ch-le-vinatier.fr


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  • BOURGOGNE FRANCHE COMTE
JEUDI 31 JANVIER 2019, BESANÇON

Besançon - Jeudi 31 janvier à l'IRTS de Franche-Comté 1 rue Alfred de Vigny
Cette journée est organisée en partenariat avec la Coordination Besançon Prévention Suicide, la MSA de Franche-Comté et l’Association Santé Education et Prévenvion sur les Territoires Franche-Comté / Bourgogne (ASEPT FC/B).
Inscription et contact - Programme


  • BRETAGNE


MERCREDI 6 FÉVRIER 2019, RENNES (35)


Le Collectif Ensemble prévenons le suicide - Ille et Vilaine (CoEPS 35) et l'association PeGAPSe relaient en Bretagne, comme chaque année depuis 2008, la Journée nationale de prévention du suicide.
En 2019, la thématique retenue est "Suicide & Violence : des impacts croisés, une prévention liée ?".
Le colloque se déroulera le mercredi 6 février 2019 à la chambre des métiers et de l'artisanat de Rennes.
Pré-programme et les modalitésd'inscription.
Le programme détaillé à venir

 Informations, contacts :
PeGAPSe – CoEPS 35
Mutualité Française Bretagne
Service Prévention
20 Square de Broglie
CS 74 348
35043 RENNES Cedex
Tel : 02.99.67.88.06
06.26.78.68.24
pegapse@laposte.net
col.preventionsuicide35@laposte.net  


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  • ILE DE FRANCE

MARDI 5 FÉVRIER 2019, PARIS (75)


Organisée par l'UNPS
 Horaire, adresse et programme précisés sous peu.
Informations, contacts :
Union Nationale pour la Prévention du Suicide
UNPS
33 rue Linné 75005 Paris
téléphone : 09 66 83 58 03
Email : contact@unps.fr
www.unps.fr


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  • NOUVELLE AQUITAINE


MARDI 29 JANVIER 2019, SAINT BENOIT (86)

18ème Journée d'Etudes de la Coordination Territoriale de la Vienne « Prévention du Suicide et de la Dépression Promotion de la Santé Mentale » -

Journée organisée dans le cadre de la 23ème Journée Nationale pour la Prévention du Suicide 2019
« SUICIDE ET VIOLENCES VIOLENCE DU SUICIDE »


En savoir plus

Entrée gratuite, inscription obligatoire

Informations, contacts :

Centre Hospitalier Henri Laborit
Pavillon Pierre Janet CS 10587 86021 POITIERS Cedex
Marie Claire COTTIN
Tel 05 49 44 58 13 Mail :Marie-claire.cottin@ch-poitiers.fr


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OUTILS JNPS 2019

Argumentaire UNPS

#JNPS2019

Suicide et violences – Violence du suicide

Depuis un siècle, le regard que nous portons sur le suicide s’est profondément modifié. De la criminalisation, à la « sociétalisation » du regard sur le geste, en passant par la psychiatrisation, les étapes ont été nombreuses. Aujourd’hui, pour la plupart des personnes, le suicide n’est plus une faute ni même une erreur. Il est plutôt perçu comme le témoin d’une profonde souffrance, d’une impasse, d’une difficulté à être soi-même ou simplement à se sentir exister et à trouver son identité, sa place dans une société de plus en plus complexe. Société moderne qui est ressentie comme contradictoire, vide de sens et de perspectives, insupportable et violente.
Notre vision du suicide a évolué. Nous ne sommes plus dans la condamnation morale, nous cherchons à mieux comprendre ce qui a pu amener une personne à commettre ce geste. Ainsi nous cherchons à saisir ce qui n’a pas pu se dire, ce qui n’a pu être entendu, ce qui n’a pas pu se construire entre soi et les autres.  Il y a cette impression que la personne s’est heurtée au mur de la société dans une sorte de protestation ultime, sans avoir trouvé d’autres ressources pour le dire. Face à ce dialogue impossible, sidéré par des souffrances indicibles et inaudibles, il semble ne rester que la violence, celle que l’on ressent, que l’on retourne contre soi et qu’on renvoie à l’autre et au monde.
La violence est indissociable de la question du suicide. Mais doit-on pour autant s’arrêter à ce constat ? Ne pourrait-on pas aller chercher plus loin ? Il semble difficile d’interroger cette violence, comme si elle était forcement vide de sens.  Comme la représentation du suicide est violente, douloureuse, elle fait violence. Face à ce qui fait violence, l’attitude est souvent d’éviter de s’y confronter ou de condamner.
Pour aller plus loin dans nos missions de prévention, si nous souhaitons mieux comprendre notre démarche de prévention du suicide et, mieux aider les personnes endeuillées par suicide, nous devons analyser ce qui peut faire violence et ce qu‘il y a derrière la violence. En effet, la violence n’est pas neutre. Elle manifeste souvent ce que nous ne pouvons pas entendre, ni penser. Elle est comme un signal d’alerte ultime de situations qui dysfonctionnent. Il faut d’ailleurs parler des violences tant les situations peuvent être multiformes.
Nous sommes donc face à un double constat contradictoire : la violence est centrale dans la question du suicide et en même temps parler de cette violence en elle-même, l’analyser est peut-être ce qu’il y a de plus difficile. Le risque est de culpabiliser les acteurs de la prévention et les proches.  Comment alors poser la question du sens de la violence, sans être violent ? Quel sens cela peut avoir d’interroger cette notion dans la cadre de la prévention du suicide ? Pour quel objectif ? De quelle manière pourrions nous l’interroger sans ajouter  de la violence?
A l’occasion des Journées Nationales pour la Prévention du Suicide 2019 l’UNPS vous propose de réfléchir ensemble à ces questions  autour de 3 axes : 
- Violence ressentie par la personne :
Confrontée à des situations  de vie insupportables .et convaincue de l’absence de perspectives d’effacement d’une douleur devenue intolérable, elle voit dans la mort par suicide la seule façon d’échapper à cette souffrance.
Comment mieux prendre en compte dans la prévention du suicide, l’ensemble des facteurs sociaux et environnementaux qui sont souvent mis au second plan et ne pas se contenter de dire juste qu’il faudrait améliorer le lien social et rompre l’isolement ?
- Violence que l’acte suicidaire impose aux entourages :
Parfois privés de toute explication, ils s’interrogeront durablement sur quelle fut leur éventuelle responsabilité : ce que l’on n'a pas vu, pas entendu, ce que l’on n'a pas voulu entendre, ce qui n’était pas entendable et repérable.
Comment mieux prendre en compte dans la prévention  ce que vivent et ressentent les entourages ?
Peut-on réfléchir à des nouvelles pratiques d’accompagnement des suicidants et des endeuillés ?
- Violence faite aux intervenants professionnels ou bénévoles :
Confrontés à une personne prête à se tuer pour cesser de souffrir, les intervenants vivent le paradoxe d’éviter la non-assistance[1] tout en respectant l’autonomie de cette personne. Sans compter la violence induite par divers protocoles qui peuvent apparaître de plus en plus rigides.
Comment tenir compte de ce que vivent et ressentent les intervenants ?

Finalement, comment (ré)interroger les manières de faire de la prévention, de la postvention[2], les méthodes d’intervention et les pratiques ?
Sur toutes ces questions et sur bien d’autres, l’UNPS vous invite à venir réfléchir dans les très nombreux lieux en France avec les équipes qui organisent ces rencontres.

[1] C’est la notion de non assistance à personne en danger
[2] Intervention menée après un suicide, prenant essentiellement la forme d'un soutien aux personnes en deuil.

Source https://www.unps.fr/theme-_r_89.html

lundi 10 décembre 2018

Pays de la Loire Témoignages. Elles partagent leur souffrance après un suicide

Les participants au groupe d’échanges, qui se retrouve une fois par mois autour de Jacques Ripaud et Marie-Jeanne Roulleau. Les femmes présentes ce soir-là n’ont pas souhaité montrer leur visage.
Les participants au groupe d’échanges, qui se retrouve une fois par mois autour de Jacques Ripaud et Marie-Jeanne Roulleau. Les femmes présentes ce soir-là n’ont pas souhaité montrer leur visage. | OUEST-FRANCE
Une fois par mois, à La Roche-sur-Yon, des personnes endeuillées après le suicide d’un proche se retrouvent dans un groupe de parole animé par Familles rurales. Entre incompréhension, culpabilité, dépression, le chemin est long pour retrouver le goût de vivre. Échanges et soutien du groupe peuvent aider à garder la tête hors de l’eau. Famille rurales a aussi créer un site, www.vivrelabsence.fr pour accompagner toutes les personnes endeuillées.
« J’ai perdu mon papa le 18 décembre 2017, il s’est pendu. » Gorge nouée, regard baissé, Marylou, 26 ans, entame le tour de table du groupe de parole de personnes endeuillées après un suicide. Il se réunit une fois par mois, à La Roche-sur-Yon. Marylou et Patricia, sa maman, habitent près de Loudun, dans la Vienne, et elles font deux bonnes heures de route pour venir y participer. « C’est moi qui ai trouvé Jean-Jacques, mon mari. Mon fils a essayé de le ranimer  » , poursuit Patricia, 54 ans. Silence : « Pour tenir, il y a les médicaments, le psychologue, mais c’est très dur. On ne sait pas comment on survit. Je continue pour mes enfants. »

Jacques Ripaud, chargé de mission à la fédération Familles rurales de Vendée, anime ce groupe d’échanges. À ses côtés, Marie-Jeanne Roulleau, bénévole et membre de la commission deuil. Parmi l’ensemble des actions menées pour accompagner les familles, la question du deuil est prise en compte depuis quarante ans, en lien avec les travailleurs sociaux et en complémentarité avec d’autres associations.

Culpabilité et questions

Depuis début 2018, Familles rurales a mis en place un groupe spécifique pour les endeuillés après un suicide. Entre pairs, on ose dire ce que l’on endure, chaque fois un peu plus au fil du temps. On s’écoute, on se comprend et s’épaule parce que les paroles de l’un font écho à celles des autres, empruntant les mêmes chemins pavés de questions, de souffrances et, souvent, de grand mal-être. On vient ici parce qu’on ne se sent pas jugé, dit aussi une participante.
Ce soir-là, huit femmes sont autour de la table. Marylou, Patricia, Régine, Hélène, Martine, Marie, Claire, Céline (1) ont perdu un mari, un compagnon, un père, un enfant… Les hommes sont trois fois plus nombreux que les femmes à mettre fin à leurs jours. Une mort violente, traumatisante pour les proches. « J’ai trouvé Anthony dans la cave en rentrant dans la nuit du 29 au 30 juillet, j’ai laissé les enfants dans la voiture… J’ai appelé les pompiers  » , raconte Claire, 33 ans. Marie, sa belle-mère, enchaîne : « En tant que mère, on souffre dans ses tripes. On se demande pourquoi il n’est pas venu nous parler. »
Derrière le choc, la révolte et l’incompréhension, les questions arrivent, la quête des « pourquoi » un tel geste. « Il avait laissé un mot dans sa poche, mais il ne m’a pas parlé  » , soupire Hélène. « Moi aussi, j’avais beaucoup de colère et je m’en voulais : qu’est-ce que je n’ai pas fait, pas vu, pas compris… explique Marie-Jeanne, bénévole-animatrice confrontée au suicide d’un fils. La culpabilité, ça fait partie des étapes normales du deuil. » Parce que le suicide est tabou, le regard des autres en rajoute une couche : « Les gens ne savent pas quoi dire, ils sont maladroits, assure Martine.  Quand on me dit « ma pauvre, ma pauvre », c’est encore plus lourd sur mes épaules. »
Les derniers chiffres connus du suicide dans les Pays de la Loire. | Ouest-France

Aider ceux qui restent

Débit saccadé, tête dans les mains, Céline compte les mois et les jours depuis la mort de son mari, il y aura bientôt deux ans, après plus de vingt ans de vie commune et « deux beaux enfants  » . La colère et la tristesse ne la quittent plus : « Je casse tout dans la maison, le béton, la cuisine… Je fais du bois, je fends des bûches. Mes garçons parlent de leur père et ont retenu tout ce qu’il leur a apporté de bon. Il est tout le temps là, c’est moi qui dérape. » Martine, elle, voudrait qu’on parle de son mari, cet homme élu et engagé dans des associations : « Au début, on est portés par l’entourage. Mais plus ça va, plus c’est difficile. L’absence s’installe et personne ne parle plus de lui. »
Les « dégâts collatéraux » du suicide, on n’en parle pas ou peu. Et pourtant. Comment faire pour s’en sortir quand dépression et désespoir sont installés, à tel point que, comme le confie Marylou, « les journées sont trop difficiles. Quand je me réveille, c’est le cauchemar, lâche la jeune femme, qui ne peut plus contenir ses larmes. Je tiens pour maman et mon frère, mais j’espère partir jeune pour être près de papa. » Jacques Ripaud s’emploie à mettre des mots sur cette étape du deuil que traverse Marylou, afin d’apaiser un tant soit peu sa douleur : « L’état dépressif, c’est la phase la plus longue, on n’a plus le goût de vivre, jusqu’à cette étincelle qui revient après la traversée du désert. »

Remonter la pente

Le groupe de parole peut aider, justement, à passer un cap, conserver ou sortir la tête de l’eau. Marie, qui trouve des raisons d’espérer dans le spirituel, partage avec le groupe ce qui peut faire remonter la pente : « On a l’impression que c’est la fin du monde, mais je t’assure, Marylou, on y arrive. Je vis la journée qu’il m’est donné de vivre et je n’ai plus peur du lendemain. Depuis qu’il est mort, Anthony a resserré les liens familiaux. »
Malgré la fatigue, Claire tient parce que « Anthony n’aimerait pas me voir abattue. Mes deux enfants, ce sont ma force. » Jacques conseille : « Il faut faire appel aux amis, oser demander de l’aide, souffler. »
Pour s’accrocher, rester à la surface, « on a besoin d’ancres  » , insiste Marie-Jeanne. Un livre, des animaux, de la musique, des chansons, une passion, un dérivatif. Patricia a repris la plume pour coucher son chagrin sur le papier. « Depuis le suicide de Jean-Jacques, je n’arrivais plus à écrire », dit-elle avant de lire un texte au groupe. Céline s’apaise en restaurant des meubles pour les amis. « Ça prend du temps, car le meuble a déjà une histoire. Il faut enlever toutes les couches qui le recouvrent, mettre à nu pour repartir à zéro. » La symbolique ne lui a pas échappé : la transformation sera longue pour réapprendre à vivre et continuer son chemin.

 (1) À la demande de plusieurs participantes, les prénoms ont été modifiés.

La page d’accueil du site www.vivrelabsence.fr | Ouest-France

Deuil : un site internet au service des familles

Parce que le soutien et l’aide aux familles, le développement local et l’entraide de proximité sont au cœur du projet de Familles rurales, l’accompagnement du deuil figure depuis quarante ans parmi les actions que l’association déploie dans les territoires. Cette prise en compte a démarré avec les hommes et femmes confrontés au veuvage. Comme le rappelle Bérengère Soulard, la directrice de la fédération de Vendée, « notre action est complémentaire de celle des professionnels de santé, des services sociaux et des autres associations » .
« Parce qu’il est difficile d’y arriver seul, qu’on a tous été dépourvus face à la demande d’un ami  » , rappelle Jacques Ripaud, chargé de mission pour l’accueil des familles en deuil, Familles rurales Vendée propose diverses actions collectives, en lien avec des partenaires comme la MSA, la CAF, des associations comme Jalmav ou Hespéranges : conférences animées par des thérapeutes, service d’accueil et d’écoute ; groupes de parole après le décès d’un enfant, un suicide ; forum et soirées d’échanges… Mission principale : accompagner les personnes endeuillées pour leur permettre de se reconstruire progressivement.
En 2017, la fédération a enregistré une hausse importante des accueils physiques et des écoutes téléphoniques individuels. Pour s’adapter aux nouveaux modes de communication, mieux répondre aux attentes d’un public qui évolue, elle a lancé, au mois d’octobre, un site internet : www.vivrelabsence.fr.
Sobre, pédagogique et ergonomique, il propose des textes de référence sur le deuil, des conférences filmées, des liens pour effectuer diverses démarches, une bibliographie variée et un forum de discussion. Vu sa richesse, www.vivrelabsence.fr n’est pas réservé aux seuls Vendéens et adhérents de l’association.
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/temoignages-elles-partagent-leur-souffrance-apres-un-suicide-6115646

MANIFESTATION 11/12/2018 Loudéac (22) Des réponses aux questions que se posent les proches des personnes en souffrance psychique

Loudéac. Des réponses aux questions que se posent les proches des personnes en souffrance psychique
Quelles sont les ressources dont peuvent bénéficier les aidants de personnes en souffrance psychique ? Des réponses, mardi à Loudéac.
Publié le 8 Déc 18 https://actu.fr/*
Quelles sont les ressources dont peuvent bénéficier les aidants de personnes en souffrance psychique ? Des réponses, mardi à Loudéac. (©LD)

A Loudéac, ce mardi 11 décembre, le Conseil Territorial de Santé Cœur de Breizh, l’UNAFAM* Bretagne et l’Association hospitalière de Bretagne organisent un débat public sur le thème : Accompagner un proche en souffrance psychique : quelles ressources pour les aidants ?
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En France, plus d’une personne sur 10 accompagne un proche en souffrance psychique (conjoint, famille ou ami). Être aidant réclame une forte implication personnelle et de nombreux sacrifices. Ces personnes, qui ont besoin de soutien et d’accompagnement elles-mêmes, sont souvent démunies face à la souffrance de leur proche.

Trois conférences débats seront proposées, animées par des représentants de l’UNAFAM et des professionnels de la santé mentale (psychiatres, infirmiers…) sur les problématiques rencontrées par les aidants, les ressources et les dispositifs qui existent pour les soutenir, qu’ils soient professionnels ou associatifs.

Mardi 11 décembre 2018 de 14h à 17h, salle Jeanne Malivel (34, rue de Moncontour) à Loudéac. Gratuit, ouvert à tous.

* Union Nationale de FAMilles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques

https://actu.fr/bretagne/loudeac_22136/loudeac-reponses-questions-se-posent-proches-personnes-souffrance-psychique_20153767.html

vendredi 7 décembre 2018

AUTOUR DE LA QUESTION CANADA Trousse d'information sur le harcèlement psychologique ou sexuel

Trousses d'information > Trousse d'information sur le harcèlement psychologique ou sexuel

Documentation à l'intention des employeurs

Capsules vidéo sur le harcèlement psychologique au travail

Les capsules illustrent trois types de situations problématiques pouvant se présenter en milieu de travail ainsi que les moyens qui auraient pu être pris pour les régler.

Les sept clés pour prévenir le harcèlement psychologique ou sexuel
  • Le respect des personnes au travail
  • Une communication ouverte entre les employés et la direction
  • Une distribution équitable des charges de travail
  • La promotion de la collaboration
  • Des attentes clairement établies et des malentendus dissipés rapidement
  • Une concordance entre les exigences de l’emploi et les compétences des personnes
  • Des tâches et des rôles clairement définis

Pour en savoir plus sur les normes du travail concernant le harcèlement psychologique et sexuel au travail, consultez la page Harcèlement psychologique ou sexuel.


https://www.cnt.gouv.qc.ca/publications/trousses-dinformation/trousse-dinformation-sur-le-harcelement-psychologique-ou-sexuel/index.html

CANADA Des élèves et du personnel formés à la prévention du suicide Dans les écoles secondaires de Viamonde

Des élèves et du personnel formés à la prévention du suicide Dans les écoles secondaires de Viamonde
L'Express. ca *  3 décembre 2018
Les écoles secondaires du Conseil scolaire Viamonde peuvent désormais compter sur la présence d’élèves et de membres du personnel formés pour identifier les personnes ayant des idées suicidaires et leur offrir des services de premiers soins en santé mentale.
Après quatre demies journées de formation offertes dans autant de régions sur le territoire de Viamonde (toute la péninsule du Centre-Sud ontarien), les participants sont désormais aptes à reconnaître les appels à l’aide de personnes ayant des pensées suicidaires, à entrer en relation avec elles et à les mettre en contact avec les ressources appropriées.

DouleurLes professionnels de la santé mentale s’entendent pour dire que plupart des personnes qui ont des pensées suicidaires ne veulent pas mourir, mais qu’elles cherchent plutôt une façon de faire cesser une douleur qui les afflige.
Les aidants sont formés pour intervenir en utilisant une démarche de prévention reconnue internationalement et développée par l’organisme LivingWorks Education. La démarche s’articule autour de l’utilisation des quatre étapes TALK, soit: dire, demander, écouter et protéger (rester en sécurité).

77 aidantsLes 77 élèves et membres du personnel de Viamonde qui ont participé à la formation s’ajoutent à un réseau de plus de 275 000 personnes à travers le monde certifiées safeTALK. Elles et ils contribuent à prévenir le suicide et à convaincre les personnes aux prises avec des idées noires de s’accrocher à la vie.
La démarche été développée par LivingWorks Education.
 
 
https://l-express.ca/des-eleves-et-du-personnel-formes-la-prevention-du-suicide/?fbclid=IwAR12mnlbjuu2t3Smja8KK1NcpTSTRk0_pZm9dyApPDySwIGQGzxjlT-aum4

WEBINAIRE chercheur du CRISE Quebec Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.

Bogdan M. Balan
professeur, Département des sciences infirmières, Université du Québec en Outaouais (UQO), membre chercheur du CRISE
Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.
source http://www.crise.ca*

Résumé de la présentation: La thérapie comportementale dialectique (Linehan, 1993) est reconnue comme approche de choix auprès des personnes souffrant d’un trouble de personnalité limite et à risque suicidaire. Pour l’intervenant intéressé qui travaille auprès des adolescents à risque, certaines techniques et éléments sont potentiellement utiles même en absence d’un programme TCD complet. Ce webinaire se propose de présenter (avec des exercices et applications) les stratégies de validation, orientation et engagement ainsi que la démarche d’analyse comportementale en chaîne.
Biographie: Bogdan M. Balan est professeur au Département des Sciences Infirmières de l’Université du Québec en Outaouais, campus de Saint Jérôme où il est responsable de la formation des infirmières en pratique avancée en santé mentale. Après une formation en psychologie et en médecine humaine, il a soutenu son doctorat en psychologie sociale en 2000 à l’Université « Al.I.Cuza » de Iasi, Roumanie. Il a par la suite été stagiaire postdoctoral au CRISE, UQAM, et est devenu membre de l’Ordre des Psychologues du Québec en 2006. Entre 2006 et 2015, il a pratiqué en tant que psychologue clinicien auprès d’une clientèle jeunesse avec troubles de l’humeur et comportements auto-dommageables à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Il est psychothérapeute d’orientation dialectique comportementale (DBT – Linehan) avec une formation intensive en 2009-2010 et a participé à l’implantation d’un des premiers programmes de DBT pour adolescentes au Québec à la Clinique des Troubles de l’Humeur de l’HRDP. Ses intérêts de recherche portent principalement sur la prévention des comportements auto-dommageables et suicidaires chez les adolescents autant à travers des programmes de prévention que par l’utilisation d’interventions spécifiques, selon des modèles soutenus par les données probantes.
POUR VISIONNER LE WEBINAIRE:
WEBINAIRE 16 - Bogdan M. Balan   - Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.

Pour toute information , veuillez communiquer avec Luc Dargis: dargis.luc@uqam.ca ou 514-987-3000 #1685

http://www.crise.ca/fr/webinaire17.asp?section=cdd&sujet=webinaires