jeudi 26 avril 2018

AUTOUR DE LA QUESTION PROPOSITION CITOYENNE une association d’étudiants en médecine appellent à la création d'un "module d'initiation à la santé"

Initiation à la santé au lycée : l’ANEMF propose de former les futurs patients-citoyens
Elsa Bellanger
25.04.2018 lequotidiendumedecin.fr
 
En pleine réforme du lycée, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) souhaite apporter sa pierre au nouvel édifice. L’organisation propose d’intégrer dans le cursus des lycéens un module d’initiation à la santé. Mêlant prévention, éducation à la sexualité, sensibilisation aux conduites à risque et au bon usage du médicament, mais aussi apprentissage du fonctionnement du système de santé, l’approche se veut sociétale. Il s’agit de permettre aux citoyens de demain « d’être acteurs de leur santé individuelle comme collective ».

30 à 40 heures de formation

« C’est un outil qui peut être utile pour répondre aux enjeux de santé publique, comme actuellement l’engorgement des urgences ou la surconsommation d’antibiotiques. Tout le monde a sa part à prendre dans la résolution de ces problématiques, mais encore faut-il être conscient des enjeux », analyse Yanis Merad, président de l’ANEMF.

« Au départ, on s’est demandé ce que nous-mêmes aurions aimé savoir au lycée, comme le fonctionnement de la carte Vitale », raconte Yanis Merad. De cette réflexion, six thématiques ont émergé : la vie affective et sexuelle, les conduites à risque, la santé mentale, le bon usage du médicament, la culture de la santé (bases d’anatomie et de physiologie, hygiène, etc.) et le fonctionnement du système de santé.

Concrètement, ce module d’initiation à la santé se composerait de 30 à 40 heures de formation, réparties sur l’ensemble des années de lycée, sous la forme de séminaires thématiques. Plusieurs objectifs seraient poursuivis. Développer la « culture de la santé et l’esprit critique » d’abord, en démocratisant l’accès à la connaissance médicale dans un contexte de « foisonnement de contenus, d’avis d’experts réels ou prétendus, de témoignages » ; Faire « de chacun un usager autonome et responsable du système de santé », ensuite, en apprenant à s’orienter dans un système de santé de plus en plus « complexe » et en apprenant le « bon usage » des médicaments ; Contribuer, enfin, à « la démocratie sanitaire » en éduquant à la gestion des données de santé et aux enjeux de santé publique pour, in fine, « une meilleure intégration de la voix des patients dans le système de gouvernance ».

Des lycéens ambassadeurs de la prévention

L’animation de ce module pourrait être confiée aux professionnels de santé, aux étudiants en santé (notamment dans le cadre du service sanitaire), mais aussi aux pairs ou à des « presque-pairs » ayant suivi une formation, aux patients experts, aux enseignants ou encore aux secouristes. « Si une formation et une certification sont mises en place, tout le monde pourrait être amené à le faire » estime Yanis Merad, qui met en avant l’idée de former des lycéens « ambassadeurs de la prévention ». « Pour certaines thématiques comme l’éducation à la sexualité ou les conduites à risque, les pairs peuvent avoir un impact plus important qu’un adulte », poursuit le président de l’ANEMF, alors que les étudiants en médecine disposent déjà d’une expérience dans l’éducation à la sexualité auprès de publics adolescents.

La proposition a reçu un bon accueil de la part des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Une rencontre devrait avoir lieu prochainement avec les services d’Agnès Buzyn. « Des contacts vont être établis dans les deux mois qui viennent avec les autres acteurs concernés comme les chefs d’établissements, professeurs et parents d’élèves pour confronter les points de vue », explique Yanis Merad, qui souhaite aller vite pour coller au calendrier de la réforme du lycée. Concernant le coût d’un tel module, la réflexion est « embryonnaire, parce qu’on n’a pas tous les éléments », admet le futur médecin. « Ce qui est sûr, c’est que des investissements dans la santé scolaire, qui connaît un gros déficit actuellement, seront nécessaires. » conclut-il.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/04/25/initiation-la-sante-au-lycee-lanemf-propose-de-former-les-futurs-patients-citoyens_857379

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