Affichage des articles dont le libellé est SUIVI SUICIDANT. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SUIVI SUICIDANT. Afficher tous les articles

mardi 5 septembre 2023

A l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, Santé publique France publie les résultats de l’évaluation du dispositif VigilanS

Prévention du suicide : VigilanS, un dispositif efficace face au risque de récidives des tentatives de suicide

A l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, Santé publique France publie les résultats de l’évaluation du dispositif VigilanS.

Publié le 5 septembre 2023
 
Contacts presse

Son objectif est de réduire le risque de réitération suicidaire en maintenant le contact avec les personnes hospitalisées après une tentative de suicide. Les résultats montrent une réduction significative de ce risque chez les personnes ayant bénéficié de ce suivi. En complément, une étude médico-économique a permis de montrer qu’investir dans ce dispositif permettrait de générer des économies de santé. VigilanS s’inscrit dans la stratégie nationale de prévention du suicide du ministère en charge de la Santé et de la Prévention.

VigilanS : une réduction significative du risque de réitération suicidaire et un gain en coût de santé

Santé publique France a été missionnée par la Direction générale de la Santé pour évaluer l’efficacité du dispositif VigilanS sur la période 2015-2017 dans les 6 premiers territoires l’ayant expérimenté : Nord-Pas-de-Calais, Bretagne, Haute et Basse-Normandie, Languedoc-Roussillon et Jura.

L’évaluation a porté sur 23 146 patients ayant fait une tentative de suicide, dont la moitié exposée à VigilanS et l’autre non exposée. Dans le premier groupe, 3 214 réitérations suicidaires ont été identifiées contre 5 014 pour les patients non exposés. Ces résultats montrent une diminution de 38 % du risque de réitération suicidaire (passage aux urgences ou hospitalisation pour tentative de suicide ou décès par suicide) dans les 12 mois suivant leur tentative de suicide chez les patients VigilanS. L’efficacité du dispositif est observée quel que soit le sexe ou s’il s’agit de la première tentative de suicide de la personne ou non.

Par ailleurs, le montant total des sommes versées pour le dispositif VigilanS pendant la période de l’étude a été rapporté au coût des tentatives de suicide évitées sur la période. L’évaluation médico-économique a montré que 1 € investi dans le dispositif VigilanS permettrait d’économiser 2 € de coût de santé. En moyenne, 248 € de coûts de santé seraient ainsi économisés pour chaque patient inclus dans VigilanS.

VigilanS : maintenir le contact après une tentative de suicide

Lancé en 2015, le dispositif de recontact et de veille post-hospitalier de patients ayant effectué une tentative de suicide a pour objectif de réduire le risque de réitération suicidaire. Les patients qui bénéficient du dispositif sont contactés par une équipe de « vigilanseurs » sur une période allant de quelques jours à 6 mois après une tentative de suicide. Le contact peut se faire par téléphone ou par voie postale.

En 2023, on compte 32 centres VigilanS qui couvrent l’ensemble des régions françaises, y compris les territoires d’outre-mer (Océan Indien, Antilles, Guyane).

La prévention du suicide, un enjeu majeur de santé publique

Le suicide est évitable, sa prévention doit être une priorité. Santé publique France s’engage depuis plusieurs années dans la surveillance et la prévention des tentatives de suicide et des décès par suicide. L’agence soutient notamment, via ses travaux d’expertise, le dispositif VigilanS. L’évaluation positive de ce dispositif conforte les orientations de la stratégie nationale de prévention du suicide et doit pousser l’ensemble des acteurs à poursuivre les actions mises en place dans ce domaine.
Caroline Semaille, Directrice générale de Santé publique France

La France présente un taux de suicide supérieur à la moyenne des autres pays de l’Union européenne1. Même si le nombre de suicides tend à diminuer depuis 20 ans, on compte toujours près de 9 200 décès par suicide et environ 200 000 tentatives de suicide par an en France. Depuis le début de la crise sanitaire, une passages aux urgences pour pensées suicidaires a été observée en population générale.

Les personnes ayant déjà tenté de se suicider constituent une population particulièrement à risque de réitération suicidaire et de décès par suicide2. Il est donc primordial de déployer des actions de prévention en direction de cette population pour réduire ces risques.

1 Données Eurostat 2019 sur 27 pays de l’Union Européenne.

2 Goldacre M., Seagroatt V., Hawton K. Suicide after discharge from psychiatric inpatient care. The Lancet 1993; 342:283-6.

Des outils d’aide à disposition de tous

Le numéro national de prévention du suicide le 3114, accessible 24h/24 et 7j/7, gratuitement, en France, propose un accompagnement et une écoute par un professionnel du soin, spécifiquement formé à la prévention du suicide. Ce dispositif comporte également un site internet qui met à disposition des ressources pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter.

En complémentarité du 3114, de nombreuses associations proposent une aide et un soutien selon les problématiques spécifiques rencontrées. Santé publique France a créé un espace dédié à la santé mentale sur son site internet, permettant de recenser tous les dispositifs d’aide à distance, classés selon les populations (enfants, étudiants, personnes âgées...) ou thématiques (détresse psychologique, violence, deuil, addictions, parentalité…).

mardi 7 février 2023

SUISSE Nouvel outil thérapeutique pour prévenir le risque de suicide chez les adolescents

Nouvel outil thérapeutique pour prévenir le risque de suicide chez les adolescents

 02.02.2023

 

 

AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET

Vaud, lundi 23 janvier 2023 sur 24 Heures (Suisse), no. 16522

Suicide des adolescents

Une nouvelle thérapie combat le risque de repasser à l'acte

L'outil AdoASSIP aide les jeunes à « comprendre leur histoire autourde la tentative de suicide » et à réagir si cette crise se répète.

Romaric Haddou

En Suisse, selon une étude de 2017, environ 10% des jeunes ont déjà eu des pensées suicidaires dans les deux dernières semaines et environ 1% des adolescents ont fait une tentative pendant les douze derniers mois. Pour prévenir la récidive, le Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA) du CHUV utilise depuis l'automne 2022 un nouvel outil thérapeutique. Intitulé AdoASSIP (pour Attempted Suicide Short Intervention Program for Adolescents), il est en place dans treize cantons et consiste en une thérapie brève qui vise à mobiliser les ressources de l'adolescent et de son entourage. Cheffe de la filière Hospitalisation et urgences/crises au SUPEA, Carole Kapp détaille cette nouvelle méthode.

Comment et par qui a été développé AdoASSIP?

C'est une adaptation de l'outil ASSIP, une thérapie de trois séances qui est destinée aux adultes, utilisée depuis environ quinze ans à Berne et implantée depuis 2021 en Suisse romande. Promotion Santé Suisse a soutenu cette adaptation qui est un peu plus complexe et comprend deux séances supplémentaires. Le but reste de prévenir la récidive chez des personnes ayant déjà fait une tentative de suicide. Pour cela, nous aidons l'adolescent à déculpabiliser, à comprendre et à expliciter cette tentative afin de lui permettre de mobiliser les stratégies à utiliser si ça devait se reproduire. C'est une thérapie qui complète la prise en charge ambulatoire de base, ce n'est pas un substitut.

En quoi consistent ces cinq séances?

Il y a d'abord un entretien préliminaire, en présence du jeune et de ses parents, puis une séance filmée où le thérapeute écoute le récit de l'adolescent. Il faut qu'il parvienne à comprendre ses émotions, ses pensées et ses comportements avant et pendant la tentative de suicide. Très souvent, il fera le lien avec les éléments qui ont engendré cette souffrance ou qui ont déclenché la tentative. Lors du deuxième entretien, on visionne certains extraits du premier afin d'approfondir cette compréhension. Et lors du troisième, le thérapeute présente l'histoire du patient, qu'il a écrite sur la base des rencontres précédentes. Cette histoire sera ajustée avec l'adolescent afin d'être lue aux parents si l'adolescent le souhaite. Un plan de sécurité personnel est aussi élaboré avec des objectifs, des signaux avant-coureurs à repérer et des stratégies en cas de réactivation du processus suicidaire. La cinquième séance est donc une nouvelle rencontre avec les parents afin de leur transmettre l'histoire de leur enfant. Le thérapeute ambulatoire participe aussi.

Cette méthode a-t-elle déjà des résultats?

Nous avons lancé AdoASSIP à l'automne dernier, mais une étude a été menée sur vingt-quatre mois concernant l'efficacité d'ASSIP auprès des adultes. Elle a montré qu'en ajoutant ASSIP à la prise en charge habituelle, on constate une baisse d'environ 80% de la récidive en plus d'une baisse de 72% des jours hospitalisés.

Combien d'adolescents imaginez-vous suivre par année?

À terme, selon les estimations du projet soutenu par Promotion Santé Suisse, environ une cinquantaine par année. Nous fonctionnons sur une base volontaire: pour initier AdoASSIP, il faut que l'adolescent et sa famille souhaitent faire ce travail thérapeutique supplémentaire.

L'implication des parents est-elle impérative?

Oui, il est important que l'environnement de vie soit partie prenante. La prévention n'est pas uniquement l'affaire des spécialistes, elle concerne la famille, les amis, les enseignants, les médecins... AdoASSIP est un dispositif spécialisé mais il y a tout un accompagnement qui doit être fait en dehors. Les décès par suicide restent rares chez les jeunes mais c'est malheureusement toujours la première cause de mortalité chez les 15-29 ans en Suisse.

Contact: adoassip.supea@chuv.ch

 

INFO plus 

Keller, R., Saillant, S., Gysin-Maillart, A., Michaud, L., ASSIP : nouvelle modalité thérapeutique après un geste suicidaire, Rev Med Suisse, 2021/751 (Vol.7), p. 1602–1605. DOI: 10.53738/REVMED.2021.17.751.1602 URL: https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2021/revue-medicale-suisse-751/assip-nouvelle-modalite-therapeutique-apres-un-geste-suicidaire

 

lundi 29 août 2022

USA Une enquête explore les pratiques de prévention utilisées par les hôpitaux à travers le pays

D’après article How Are Hospitals Helping Patients at Risk of Suicide?  https://www.pewtrusts.org

Comment les hôpitaux aident-ils les patients à risque de suicide ?
Une enquête explore les pratiques de prévention utilisées par les hôpitaux à travers le pays
Près de 46 000 personnes sont décédées par suicide aux États-Unis en 2020. Et près de la moitié de ceux qui meurent par suicide interagissent avec le système de santé dans les quatre semaines suivant leur décès , donnant aux prestataires de soins de santé la possibilité de dépister le risque de suicide et de se connecter aux patients à risque avec des soins potentiellement vitaux.
David Boulanger
Avec l'aimable autorisation de David Baker

De plus, les taux de suicide augmentent à l'échelle nationale depuis des années, ce qui a incité en 2019 la Commission mixte, un organisme indépendant d'accréditation des hôpitaux axé sur la qualité des soins de santé et la sécurité des patients, à mettre à jour ses objectifs nationaux de sécurité des patients en matière de prévention du suicide .  Ces objectifs exigent que les quelque 3 800 hôpitaux accrédités par la Joint Commission - soit environ 80 % de tous les établissements du pays - examinent tous les patients traités pour des troubles du comportement afin de déterminer s'ils présentent un risque de suicide, et qu'ils aient des politiques de sortie qui prévoient des conseils et des soins de suivi pour toute personne identifiée comme étant à risque.

Aujourd'hui, la Commission mixte et The Pew Charitable Trusts se sont associés pour mener une enquête nationale auprès des hôpitaux accrédités afin de mieux comprendre les pratiques de prévention du suicide qu'ils utilisent et d'évaluer si la Commission mixte devrait augmenter les exigences hospitalières afin de réduire davantage les suicides. Les résultats de l'enquête devraient être publiés début 2023.

Pew s'est entretenu avec le Dr David Baker, vice-président exécutif chargé de l'évaluation de la qualité des soins de santé à la Joint Commission, sur l'état actuel de la prévention des suicides dans les hôpitaux, les objectifs de l'enquête et la manière dont les données peuvent éclairer le travail de la Joint Commission en matière de prévention des suicides aux États-Unis.

Q : En attendant les résultats de l'enquête, que savons-nous déjà des pratiques de prévention du suicide dans les hôpitaux et les services d'urgence ?

R : Nous savons qu'au cours des 18 derniers mois, 89 % des hôpitaux agréés par la Joint Commission se sont conformés à nos exigences en matière de dépistage du suicide. Cela signifie qu'ils ont examiné tous les patients qui ont été évalués ou traités pour des problèmes de santé comportementale à risque de suicide à l'aide d'outils de dépistage et d'évaluation validés .  Nous savons également que 97 % des hôpitaux se sont conformés à nos exigences en matière de planification de la sortie de l'hôpital, ce qui implique que les hôpitaux développent et respectent des politiques et des procédures écrites pour le conseil et le suivi des patients avant qu'ils ne quittent l'hôpital. Cette planification de la sortie peut impliquer l'identification de stratégies d'adaptation et de sources de soutien que les patients peuvent utiliser pendant une crise suicidaire et la fourniture des coordonnées du centre d'appel de crise.


Q : Êtes-vous satisfait de ces chiffres ?

R : Bien qu'il soit encourageant de constater un haut niveau de conformité à nos exigences, celles-ci ne sont pas de nature prescriptive. Par exemple, nous ne précisons pas ce que doivent contenir les politiques et procédures écrites des hôpitaux en matière de conseil et de suivi des soins. Et certains hôpitaux mettent en œuvre des efforts de prévention supplémentaires - à la fois dans le dépistage et l'évaluation du risque de suicide et dans la planification de la sortie.


Q : Pouvez-vous nous en dire plus sur ces efforts supplémentaires ?
R : En fait, pas autant que je le souhaiterais. Nous devons en savoir plus sur la nature de ces efforts, leur fréquence dans les hôpitaux agréés et leur effet sur l'amélioration des soins aux patients.

Nous savons que certains hôpitaux vont au-delà de nos normes de dépistage actuelles et mettent en place un dépistage universel du risque de suicide - c'est-à-dire que chaque patient, quelle que soit la raison de son séjour à l'hôpital, est soumis à un dépistage du risque de suicide. Nous aimerions savoir combien d'hôpitaux mettent en œuvre un protocole de dépistage universel ou d'autres pratiques de dépistage qui vont au-delà de nos exigences actuelles.

Certains hôpitaux collaborent avec les prestataires de soins ambulatoires pour accélérer les rendez-vous de conseil lorsqu'un patient suicidaire s'apprête à quitter l'hôpital et assurent le suivi des patients jusqu'à ce qu'ils se présentent à ce rendez-vous. Bien qu'elles ne soient pas actuellement requises pour l'accréditation, ces pratiques sont importantes car les études montrent que le risque de suicide reste élevé chez les patients qui quittent les établissements psychiatriques et les services d'urgence.

Notre enquête nous aidera à comprendre combien d'hôpitaux, et dans quelle mesure, mettent en œuvre ces pratiques et d'autres pratiques de pointe en matière de prévention du suicide, et si le fait d'exiger de tous les hôpitaux agréés qu'ils mettent en œuvre des pratiques similaires améliorerait les soins aux patients et réduirait le nombre de suicides.

Q : Y a-t-il autre chose que vous espérez apprendre de l'enquête ?

R : Absolument. Pour les hôpitaux qui ont choisi d'adopter des pratiques de dépistage allant au-delà de nos exigences, nous espérons comprendre quels sont les obstacles et les difficultés liés au dépistage d'un plus grand nombre de patients. Nous avons également besoin de connaître les défis auxquels les hôpitaux ont été confrontés dans la mise en œuvre des protocoles de planification des sorties et, plus important encore, comment ils ont surmonté ces obstacles et déployé avec succès ces initiatives. Nous aimerions également savoir quelles sont les pratiques de prévention qui semblent poser les défis les plus importants sur le terrain afin de pouvoir déterminer la meilleure façon de relever ces défis.


Q : Que peut faire votre organisation avec ces informations ?

R : Les données de l'enquête peuvent nous aider à déterminer si la Commission mixte peut faire plus pour atteindre nos objectifs nationaux de sécurité des patients en matière de prévention du suicide et quelles interventions supplémentaires de prévention du suicide, le cas échéant, devraient être nécessaires. Cela peut également mettre en lumière les opportunités d'améliorer davantage la sécurité, la qualité des soins de santé et les efforts de prévention du suicide dans l'ensemble de notre réseau hospitalier.

Et dans le cadre de la mission de notre organisation, nous fournissons une multitude de ressources conçues pour aider et soutenir nos organisations accréditées à atteindre nos objectifs de sécurité des patients. En fin de compte, les données de l'enquête peuvent aider à éclairer ces efforts.


Q : Une dernière réflexion ?

La Commission mixte s'engage à faire en sorte que les hôpitaux fournissent les meilleurs soins de prévention du suicide à leurs patients. Nous espérons donc pouvoir en faire davantage en matière de prévention du suicide et inclure éventuellement dans nos exigences d'accréditation certaines des pratiques de pointe que les hôpitaux ont déjà mises en œuvre pour améliorer la prise en charge du suicide chez leurs patients.

https://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/articles/2022/08/26/how-are-hospitals-helping-patients-at-risk-of-suicide

mardi 1 mars 2022

Patients suicidaires : bilan du dispositif RE-START à 6 mois

Patients suicidaires : bilan du dispositif RE-START à 6 mois
Publié le 28 février 2022 https://www.santementale.fr*

Dans un contexte actuel très difficile pour les sujets vulnérables psychologiquement et socialement, le dispositif RE-START (CHU de Montpellier) répond à la problématique cruciale de la prévention des conduites suicidaires. Il s’assure d’une prise en charge individualisée mais aussi globale du patient, de son arrivée aux urgences jusqu’à son suivi par d’autres structures de psychiatrie publique ou libérale. Bilan après six mois de lancement.

L’équipe mobile de prévention du suicide, RE-START, a démarré son activité au 15 septembre 2021. Entre cette date et le 21 Janvier 2022, 936 passages aux urgences de l’hôpital Lapeyronie pour idées suicidaires et tentative de suicide ont été identifiées. Parmi les patients qui ne sont pas orientés en hospitalisation, la grande majorité, soit 172 patients, ont pu bénéficier du dispositif. Grace à RE-START, sont assurés la mise en place du « Safety plan », le suivi de la crise suicidaire et le passage de relai. Ce projet est financé au CHU par La Fondation de France et l’ARS Occitanie.

La mission de RE-START

Le dispositif s’adresse aux patients se présentant aux urgences de l’hôpital Lapeyronie (CHU de Montpellier) pour idées suicidaires (IDS) et tentative de suicide (TS) pour lesquels un retour à domicile après consultation médicale est décidé. Systématiquement avant leur sortie, l’inclusion dans le dispositif ambulatoire Restart leur est proposé. Le patient bénéficie d’une évaluation clinique précise des facteurs de risque et de protection suicidaire, d’un traitement adapté et sur le plan social d’une évaluation de ses besoins sociaux par l’assistante sociale. Un plan de soins est co-construit avec l’infirmier qui prévoit un temps d’accompagnement personnalisé sur une période maximale de 3 mois avec en moyenne 5 consultations planifiées.

RE-START oriente et met en contact avec d’autres unités sociales, et sanitaires comme l’addictologie, l’algologie, etc. Le lien est établi avec de nombreuses structures d’aval : Centres Médicaux Psychologiques (CMP), Médecin Généraliste (MG) et Psychiatres libéraux, puisqu’ils sont informés de toute action de la part du dispositif. Ce dispositif permet d’impliquer de nombreux acteurs de la santé sur la problématique du suicide. Les différents services d’aide et d’urgences sont rappelés aux patients : VigilanS, 3114, SAMU.

RE-START aussi pour les mineurs

RE-START s’adresse aux patients à partir de 16 ans. A ce jour, 50,6% des patients ont moins de 26 ans et 17% entre 16 et 18 ans. Pour ces patients mineurs, les parents sont informés du dispositif et accompagnent le jeune à chaque consultation. Les entretiens sont menés sans la présence parentale sauf demande contradictoire du mineur. A la fin de la consultation, les parents sont conviés pour répondre à d’éventuelles questions et échanger sur le futur suivi en libéral. Dans la majorité des cas, les mineurs ne souhaitent pas que le contenu des entretiens soit transmis aux parents. En cas d’absence à une consultation de suivi et de non réponse à l’appel téléphonique, les parents du mineur sont joints directement. 40% des patients suivis par l’assistante sociale ont moins de 26 ans.

Du suivi au passage de relai

Lors des consultations de suivi, l’acceptation des soins est travaillée avec le patient, car les réticences qui caractérisent les patients suicidaires, sont parfois aggravées par les fausses représentations des soins psychiatriques.

L’équipe s’adapte aux situations cliniques et personnelles de chaque patient avec une offre de soins personnalisée. Le temps dédié à l’inclusion du patient dans le dispositif est crucial pour la compréhension de l’aide qui est proposée et pour faciliter sa volonté d’adhésion. L’objectif pour ces patients en crise suicidaire est de les amener à accepter le soutien, l’accompagnement lors des semaines suivantes repérées comme critique par la communauté scientifique jusqu’à ce que le passage de relais de soins soit effectif

Une évaluation multidimensionnelle est réalisée et le risque suicidaire évalué avec l’état clinique (thymie, anxiété, douleur psychique, sommeil, appétit, décompensation psychiatrique sous-jacente), l’observance et la tolérance du traitement médicamenteux, ainsi que les conditions de vie du patient (présence d’un entourage soutenant, reprise des activités professionnelles ou de loisirs…).

L’objectif de RE-START est de procurer les outils de prévention du suicide et de susciter l’adhésion aux soins avec une stratégie d’accompagnement intensif et de recontact, coordonnée par une équipe spécialisée. 

Grace à plusieurs questionnaires, les professionnels élaborent avec le patient un plan de sécurité, « SAFETY PLAN » afin que le patient identifie dans son environnement des éléments lui permettant de gérer la survenue d’idées suicidaires. Cette pratique est devenu un standard de soins dans plusieurs pays.

Des techniques de gestion de la crise et des outils sont expliqués : méthodes de relaxation, prévention des scarifications, gestion de leurs émotions, hygiène du sommeil, etc. La majorité des patients y est très sensible. Au fur et à mesure des consultations de suivi, la plupart des patients rapporte s’en être saisi au domicile.

La prise en charge sociale dans RE-START

Souvent dans la précarité, l’isolement social, les difficultés administratives et financières, situations largement aggravées par la pandémie, la rencontre avec une assistante sociale, qui repère les problématiques sans jugement et facilite les démarches, apporte une aide concrète et un nouveau souffle aux patients. Se sentant moins démunis et pouvant entrevoir une solution à leur situation, le soulagement ressenti vient participer à l’envie d’aller mieux et de s’inscrire dans un suivi. 

En début de prise en charge, les questions « Qu’aimez-vous faire ? Qu’est-ce qui vous fait du bien ? Quelles activités avez-vous l’habitude de faire ? » restent bien souvent sans réponse tant les personnes sont perdues et ne parviennent plus à définir ce qui pourrait leur apporter du plaisir. C’est une réelle marche en avant qui s’opère au sein même du dispositif et qui les amènera à la reprise d’une activité (sport, activité culturelle) et de re-construction des liens sociaux.

https://www.santementale.fr/2022/02/patients-suicidaires-bilan-du-dispositif-re-start-a-6-mois/

samedi 12 février 2022

ETUDE RECHERCHE NOTICE ARTICLE A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

Julien Corbé 1
1 Thèses d'exercice et mémoires - UFR de Médecine Montpellier-Nîmes
Résumé : Contexte : les personnes faisant des tentatives de suicide médicalement graves (Medically Serious Suicide Attempt (MSSA)) partagent un certain nombre de caractéristiques avec celles qui se suicident et présentent un risque élevé de suicide ultérieur. Les études menées jusqu'à présent ont surtout porté sur des échantillons cliniques ; une étude épidémiologique au niveau national permettra d'établir des profils à risque et des parcours de soins dans cette population. Méthodes : nous avons exploré la base de données nationale française des sorties d'hôpital (Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information, PMSI) pour identifier toute MSSA ayant eu lieu entre 2012 et 2019. Des informations démographiques et médicales pertinentes ont été collectées sur la première MSSA de chaque patient avec une période de washout de deux ans. Résultats : le nombre de premières MSSAs s’est élevé à 81 959 cas sur 8 ans, avec un âge moyen de 45,8 ans et 53,6 % de femmes. L'incidence était plus élevée chez les femmes (18.1 contre 17.3 pour 100 000 personnes-années). La méthode de suicide la plus courante était l'auto-intoxication médicamenteuse (64,9 % des cas). En comparaison, les méthodes violentes étaient associées à une mortalité et à des comorbidités plus élevées et étaient plus fréquentes chez les hommes. Les troubles mentaux les plus fréquents étaient les troubles de l'humeur (55,6 %) et les troubles de l’usage de substances (46,2 %). Une minorité de survivants de MSSAs ont été hospitalisés en psychiatrie (32,5 %), principalement des femmes. Conclusions : les MSSAs sont fréquentes et faciles à identifier. Il est nécessaire de renforcer la continuité des soins psychiatriques pour cette population étant donné le risque élevé de suicide ultérieur, et les faibles taux d'hospitalisation en psychiatrie après une MSSA. Une prise en charge spécifique ciblant cette population pourrait réduire les écarts de traitement.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03563477
Contributeur : Faculté de Médecine Um
Soumis le : mercredi 9 février 2022

Julien Corbé. A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors. Human health and pathology. 2021. ⟨dumas-03563477⟩ 

jeudi 10 février 2022

NOTICE ARTICLE Suicidant

Suicidant
R. Wallaert ⁎ , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
Service de psychiatrie, Unité de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France
Auteur correspondant.
 
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Thursday 10 February 2022
- 09/02/22
[24-153-B-20] - Doi : 10.1016/S1241-8234(22)45986-4
Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention
Plan
Introduction
Suicide en France : données épidémiologiques
Crise suicidaire
Comorbidité psychiatrique liée aux conduites suicidaires
Parcours des patients suicidants
Prise en charge des suicidants dans les services d'urgences
Place des urgences dans la prévention du suicide
Déclaration de liens d'intérêts

☆ Les annexes indiquées dans ce PDF sont présentes dans la version étendue de l'article disponible sur www.em-consulte.com/.

☆☆ Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Médecine d'urgence 2020;14(4):1-11 [25-150-A-20]. 

https://www.em-consulte.com/article/1500978

lundi 25 octobre 2021

ETUDE RECHERCHE Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire

Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire
Thèse d'exercice Université de Poitiers
Faliere Armande
Date de soutenance : 14 septembre 2021

Intérêt de la prise en charge en hôpital de jour pour prévenir la récidive des conduites suicidaires chez l'adolescent suicidant : Étude observationnelle exploratoire

Le suicide reste la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans en Nouvelle-Aquitaine. Les adolescents et jeunes adultes comptent également plus d’hospitalisations pour conduites suicidaires. Pour autant, il n’y a pas de consensus sur la prise en charge de ces jeunes, tant au niveau national qu’international. De même, les territoires géographiques ne sont pas tous dotés des mêmes structures. Le but principal de ce travail de recherche est d’évaluer la prise en charge à l’hôpital de jour ASAP des adolescents suicidants en étudiant le nombre de récidives à 6 mois, puis à 1 an.

Le taux de récidives suicidaires à 6 mois de la prise en charge à l’hôpital de jour ASAP est de 11,4%. Il est de 4% à 1 an. Cela est inférieur aux données de la littérature.

Bien que notre étude montre des résultats encourageants de l’hôpital de jour ASAP dans la prise en charge des adolescents suicidants, l’étude doit être poursuivie afin d’obtenir des données plus robustes.

Consulter le texte intégral (format PDF)

Mots-clés libres : Adolescents, suicide, hôpital de jour, récidive.Rameau (langage normalisé) :
Jeunesse -- Comportement suicidaire Diplôme : Diplôme d'état de médecine Établissement de soutenance : Université de Poitiers UFR, institut ou école : UFR Médecine et PharmacieDomaine de recherche : Médecine. PédopsychiatrieDirecteur(s) du travail : Damien Mallet Date de soutenance : 14 septembre 2021 Président du jury : Ludovic GicquelMembres du jury : Nematollah Jaafari, Bertrand Olliac, Ghina Harika-Germaneau

Source http://petille.univ-poitiers.fr/notice/view/64792

vendredi 22 janvier 2021

Programme Haute Autorité de Santé "psychiatrie et santé mentale" : une démarche de coconstruction

 

[Interview croisée] Psychiatrie et santé mentale : une démarche de coconstruction

Article HAS - Mis en ligne le 20 janv. 2021

Le 2è programme de travail pluriannuel « psychiatrie et santé mentale », fondé, comme le précédent, sur une démarche de coconstruction, intègre des travaux relatifs aux champs sanitaire, médico-social et social, dans le but d’améliorer les parcours de santé et de vie des patients. Amélie Prigent, du service des bonnes pratiques (SBP) et le Dr Yvan Halimi, psychiatre et président du comité de suivi « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, en présentent ici les spécificités et les avancées.

Le programme pluriannuel et le comité de suivi

Pourquoi la HAS a-t-elle mis en place un programme pluriannuel et un comité de suivi sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale ?

Amélie Prigent : « C’est à la suite de nombreuses saisines institutionnelles adressées à la HAS sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale qu’en 2012 il a été décidé de travailler à la cohérence et à la priorisation des travaux grâce à un programme de travail pluriannuel et à la constitution d’un comité de suivi. Le premier programme de ce type, qui est le seul à la HAS à être dédié à une discipline, a ainsi couvert la période 2013-2017 et a principalement inclus des recommandations et des guides de bonnes pratiques. A la suite des retours positifs sur la démarche et la méthode développées pour ce premier programme, un second programme pluriannuel a été élaboré pour la période 2018-2023. La version actualisée vient d’être mise en ligne, onze nouveaux travaux y sont intégrés par rapport à la version de 2018. Quatre grands thèmes sont abordés : droits des patients et sécurité en psychiatrie ; troubles mentaux sévères et persistants et handicap psychique ; pédopsychiatrie ; psychiatrie, santé mentale et addictions. En complément des recommandations et guides de bonnes pratiques qui seront produits sur ces thèmes, le programme 2018-2023 intègre également les travaux de développement d’indicateurs dans le champ de psychiatrie et de la santé mentale, les travaux relatifs à la certification des établissements de santé, etc. »

Yvan Halimi : « Un programme de travail dédié à la psychiatrie et à la santé mentale se justifie également par la complexité, dans cette discipline, de l’intrication des facteurs bio-psycho-sociaux. La HAS doit tenir compte de cette intrication tout en se gardant des risques en miroir des postures scientistes ou idéologiques, et de clivage entre recherche fondamentale et pratiques soignantes sur le terrain. Cette approche décloisonnée pluridisciplinaire doit ainsi intégrer recherche clinique, neurosciences, sciences humaines et sociales, recherche en soins infirmiers, épidémiologie, recherche sur les politiques publiques de santé, etc. Elle doit aussi prendre en compte les expériences et modèles étrangers mais en veillant à les référer à leurs contextes historiques, culturels et législatifs pour évaluer les conditions de leur faisabilité en France. C’est ainsi qu’à notre dernier comité de suivi, le Dr Alain Grégoire a présenté le dispositif de psychiatrie périnatale qu’il a mis en place au Royaume-Uni. »

Le principe de coconstruction

Quel a été l'apport des professionnels de santé et des patients dans la démarche ? Comment sont-ils intégrés ? En quoi consiste ce principe de coconstruction ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie les vérités mathématiques sont plutôt rares et les plus grandes réussites sont souvent le fruit d’un travail de coconstruction par l’ensemble des acteurs concernés, la contribution de chacun étant le meilleur garant de l’appropriation de la démarche dans l’évolution des pratiques au quotidien. Parmi ces acteurs, il faut insister sur l’importance du dialogue avec les patients et leurs proches, levier essentiel par l’éclairage de leurs expériences vécues, pour questionner et améliorer nos pratiques de prévention et de soins. Il faut toutefois souligner que la mise en œuvre sur le terrain des productions de la HAS suppose des professionnels formés et en nombre suffisant. »

La pédopsychiatrie, un nouveau thème

La pédopsychiatrie est un des nouveaux thèmes abordés dans le plan 2018-2023. Quels sont les besoins actuels dans ce domaine ?

Yvan Halimi : « De nombreux rapports sur la pédopsychiatrie ont souligné la difficulté d’accès aux soins et les disparités régionales dans la prise en charge et le repérage précoce, alors même que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous rappelle que 50 % des pathologies psychiatriques de l’adulte commencent avant 16 ans... Il faut donc agir tôt, voire très tôt au vu du développement actuel des connaissances sur la psychiatrie du bébé et sur la psychiatrie fœtale, notamment les travaux sur l’attachement et l’épigénétique. Tous ces travaux soulignent le besoin de continuité pour l’enfant d’un environnement sécurisant, cohérent et fiable. Car l’enfant n’est pas un adulte miniature, c’est un être en plein développement dont l’approche diagnostique et thérapeutique doit toujours s’inscrire dans une perspective dynamique et évolutive, la place des parents étant bien entendu essentielle.

En outre, les équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie, dont le centre de gravité est l’ambulatoire, doivent veiller à une bonne coordination avec leurs multiples partenaires : pédiatres, médecins généralistes, éducation nationale, protection de l’enfance, travailleurs sociaux, etc.

À cet égard, il importe de toujours rappeler qu’au-delà des symptômes et comportements, la pédopsychiatrie est avant tout une médecine de la construction du sujet, sujet narratif dans son histoire. C’est dans cet esprit que la HAS a fait de cet enjeu majeur de santé publique l’une de ses priorités. »

Quels sont les travaux en cours et à venir à la HAS pour répondre aux problématiques identifiées en pédopsychiatrie ? 

Amélie Prigent : « Nous avons, sur le thème pédopsychiatrie, identifié cinq priorités, qui vont de la période périnatale à la période de transition entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. Parmi elles, un travail sur le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et des adolescents suicidants ou à risque suicidaire a été engagé cette année. Deux autres sujets sont en cours de cadrage : le premier porte sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiques pendant la période périnatale, le deuxième traite de la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie et vise à améliorer l’accès aux soins psychiques et la continuité de ces soins pour les enfants relevant de la protection de l’enfance. Les travaux sur ces deux sujets devraient démarrer en 2021. Ultérieurement, un travail sera également conduit en vue d’améliorer la continuité de la prise en charge entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. »

Droits des patients et sécurité en psychiatrie

Sur le thème des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie, quels sont les besoins identifiés ?

Yvan Halimi : « La psychiatrie est la seule discipline où le soin peut impliquer une restriction des libertés individuelles pour restaurer des espaces de liberté psychique altérés par la maladie. Car le patient qui ne demande pas de soins est parfois celui qui en a le plus besoin, le rôle de l’entourage s’avérant alors essentiel. Ces soins sans consentement doivent garder le souci constant d’articuler qualité des soins, respect des libertés individuelles et souci de sécurité. Leur objectif primordial sera l’évolution vers des soins librement consentis par la construction d’une alliance thérapeutique avec les patients.

C’est dire l’importance de l’éclairage de leurs expériences vécues et de notre partenariat avec les patients et leurs proches afin de garantir leurs droits en termes d’accessibilité et de continuité des soins, de respect de leur dignité, de leur intimité et de leurs libertés individuelles. Aussi nous avons veillé à coconstruire avec eux nos travaux sur des sujets particulièrement sensibles et délicats à aborder tels que le guide « mieux prévenir et prendre en charge les moments de violence dans l’évolution clinique des patients adultes lors des hospitalisations en services de psychiatrie », les recommandations « isolement et contention en psychiatrie générale », le travail sur les « programmes de soins » ou encore prochainement « échange et partage d’informations en psychiatrie ».

Le besoin d’harmonisation des pratiques est à la mesure des très fortes disparités départementales constatées dans ce domaine. »

Quels sont les travaux réalisés et à venir à la HAS pour répondre à ces problématiques ? 

Amélie Prigent : Le Dr. Halimi a cité plusieurs travaux du thème « droits des patients et sécurité en psychiatrie », qui faisait déjà partie du 1er programme pluriannuel. Parmi eux, le travail sur les « programmes de soins psychiatriques sans consentement » (soins sans consentement en dehors de l’hospitalisation à temps plein) est actuellement en cours de finalisation. Le programme de soins y est abordé comme une étape du parcours, il est construit avec la préoccupation constante de l’implication du patient et d’une alliance thérapeutique, dans l’objectif d’un retour, dès que possible, à des soins librement consentis. Ce travail va donner lieu à un guide qui sera publié début 2021. La thématique des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie est également abordée dans le cadre des travaux de développement d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins en psychiatrie et santé mentale et dans la certification des établissements de santé pour la qualité des soins.

Articulation des champs sanitaire, médico-social et social

En quoi l’articulation des champs sanitaire, médico-social et social est-elle essentielle en psychiatrie et santé mentale ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie, la bonne évolution d’un grand nombre de patients va dépendre d’une double démarche : soigner et accompagner. Celle-ci doit être synergique et construite dans la durée. Elle doit s’adapter à la variabilité des troubles psychiatriques et aider le patient au quotidien en privilégiant l’inclusion en milieu ordinaire dans l’accès et le maintien dans l’emploi et la scolarisation, l’accès à la vie sociale et culturelle, l’accès au logement... Ces réponses doivent être coconstruites avec les personnes concernées en prenant en compte leurs attentes, leurs capacités et leur degré d’autonomie, mais aussi avec l’ensemble des acteurs des champs sanitaire, médico-social et social.

Ce travail en réseau décloisonné et sous-tendu par une culture partagée, est en effet indispensable pour assurer la sécurisation du parcours du patient en évitant les ruptures et les incohérences lors d’un changement de prise en charge ou de structure d’accueil.

Si la circulaire de mars 1960 sur la politique de secteur avait déjà insisté sur l’importance en psychiatrie de cette collaboration sanitaire/médico-social et social, il est certain que la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a représenté une étape déterminante par le passage d’un projet d’établissement à un projet territorial de santé mentale coconstruit par l’ensemble des acteurs, usagers et professionnels, en intégrant les actions de prévention et de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale.

C’est dans le même esprit que l’élargissement en avril 2018 des missions de la HAS aux champs médico-social et social va contribuer à améliorer la continuité des parcours de soins et de vie des patients et de leurs proches. »

Concrètement, comment cette articulation entre les différents secteurs se traduit-elle à la HAS ?

Amélie Prigent : « Effectivement, comme l’a indiqué le Dr Halimi, la HAS a étendu son périmètre aux secteurs social et médico-social en 2018. Une nouvelle organisation s’est alors mise en place. Elle s’appuie sur une commission réglementée, la commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CSMS), qui définit les orientations et valide les travaux d’une nouvelle direction de la qualité de l'accompagnement social et médico-social (DiQASM). Cette direction élabore des recommandations de bonnes pratiques concernant la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et le secteur de l’inclusion sociale. Elle développe également le dispositif d’évaluation de la qualité dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Du côté du programme « psychiatrie et santé mentale », nous avons, dans une première étape, en 2018, intégré des projets de recommandations spécifiques aux secteurs social et/ou médico-social et en lien avec la psychiatrie et la santé mentale. Il s’agit maintenant d’aller plus loin. Aujourd’hui, nous travaillons à des travaux communs aux champs sanitaire, médico-social et social, pour répondre aux différents enjeux dont parlait Yvan Halimi. Il est par exemple possible de citer le travail sur la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie.

Le programme « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, élaboré à un temps donné pour 5 ans, est bien sûr évolutif. Entre-temps de nouvelles saisines sont adressées à la HAS, de nouveaux besoins émanent du terrain. À titre d’exemple, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, nous élaborons des « réponses rapides » visant à favoriser la continuité des soins ambulatoires pour les patients souffrant de troubles psychiques ou encore à prévenir et prendre en charge la souffrance des professionnels du monde de la santé. La dernière fiche « réponses rapides » a été mise en ligne tout récemment, le 24 novembre 2020.

 


Consulter le programme "psychiatrie et santé mentale"

* Propos recueillis par Citizen press. Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3232907/fr/-interview-croisee-psychiatrie-et-sante-mentale-une-demarche-de-coconstruction

***

Info plus

Extrait du programme "psychiatrie et santé mentale :
"5. Améliorer la prévention, l’évaluation et la prise en charge des tentatives de suicide et du risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent
Ce sujet fera notamment l’objet d’une réflexion sur l’opportunité d’une actualisation des recommanda-tions de bonnes pratiques« Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide » produites par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) en 1998 (46).Il est inscrit au programme de travail de la HAS(47)

(46)  Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Recommandations de bonne pratique « Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide ». Paris: ANAES;1998.
(47) Haute Autorité de santé. Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent: prévention, évaluation, prise en charge –Note de cadrage. Saint-Denis La Plaine: HAS; 202

mardi 22 décembre 2020

NUMERO SPECIAL Perspectives Psy : Dépression et conduites suicidaires à l’adolescence


Perspectives Psy Volume 59 n. 3 (juillet-septembre 2020)


Éditorial

Free Access
Comment en est-on arrivé là ?
Daniel Zagury
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 211–213

Dépression et conduites suicidaires à l’adolescence (2)



Les parents d’adolescents suicidants

Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 214–217
Hervé Benhamou*
Psychiatre des Hôpitaux Honoraire, Docteur en Psychanalyse (Paris VII), Ancien member de la Société Psychanalytique de Paris, France
* hbenhamou@aol.com


Résumé
Le passage à l’acte suicidaire d’un jeune nécessite une évaluation des circonstances et de sa signification psychodynamique pour le sujet lui-même, mais aussi des personnalités des parents et du fonctionnement relationnel familial. De nombreux facteurs familiaux éventuellement cumulés, peuvent ainsi être retrouvés : conflit aigu ou chronique, dépression, suicide, maladie, décès d’un proche, transplantation, négligence, abandon, séparation, abus physique et/ou sexuel, secret de famille... Des inductions suicidogènes parentales peuvent aussi pousser un jeune au suicide, comme le montre le matériel psychothérapique de la mère d’un jeune suicidé. Ce cas clinique suggère que lorsqu’un jeune s’est suicidé, un soutien psychothérapique, voire une psychothérapie pour l’un, ou les deux, parents, peuvent s’avérer utile. Lorsqu’un jeune a tenté de se suicider, ses soins peuvent être associés à un travail thérapeutique parental, afin notamment de déjouer des identifications projectives persistantes et potentiellement génératrices d’éventuelles récidives suicidaires de l’adolescent.
Mots clés : suicide / adolescent / parent / identification projective


***

Dépression, psychotraumatisme et addiction après attentat chez un adolescent
Marc Grohens
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 218–222 

***

La lutte à travers le cafard à l’adolescence - Clinique de l’expression et des transferts face à l’adolescent suicidant
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 223–230
Michel Wawrzyniak*
Rédacteur en chef de Perspectives Psy Psychologue Clinicien, Psychanalyste et Thérapeute Familial. Professeur émérite en Psychologie Clinique à l’Université de Picardie Jules Verne d’Amiens, 1, chemin du Thil, 80000 Amiens, France

* michel.wawrzyniak@u-picardie.fr michel.wawrzyniak@wanadoo.fr

Résumé

Nous explorons une forme de lutte psychique à l’adolescence, celle que Winnicott dénomme lutte à travers le cafard, traduite aussi par lutte à travers le marasme. Les différentes luttes psychiques de l’adolescence interrogent la psychopathologie en ce qu’elles constituent des figures cliniques d’une psychopathologie normale à cet âge. Elles convoquent aussi, dans notre rencontre avec les adolescents, une interrogation sur les ressorts de l’expression et des transferts.
Mots clés : adolescence / cafard / transfert / suicide

***

Place du Cesa, Centre d’évaluation et de soins pour adolescents, dans le parcours de soin des adolescents déprimés en Seine-et-Marne
Catherine Lacour Gonay
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 231–240

***

Adversité précoce, dysrégulation émotionnelle et tentatives de suicide multiples chez les adolescents avec un trouble de la personnalité limite
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 241–247
Bojan Mirkovic
1,2,4 et Priscille Gerardin2,3*

1 Chercheur invité, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide, enjeux éthiques et pratiques de fin de vie
2 Psychiatre, Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, CHU Charles-Nicolle/Le Rouvray, Normandie Université
3 Chercheur, Centre de Recherche et d’Intervention sur le Suicide, enjeux Éthiques et pratiques de fin de vie
4 Laboratoire CRFDP, Normandie Université, Rouen, France

* Priscille.Gerardin@chu-rouen.fr

Résumé

La dysrégulation émotionnelle semble être une caractéristique essentielle du trouble de la personnalité limite (TPL), et plusieurs études ont montré que les adolescents suicidants utilisaient davantage des stratégies inadaptées de régulation des émotions. Par ailleurs, il apparaît que les adolescents atteints de TPL et les adolescents ayant fait plusieurs tentatives de suicide font état de taux plus élevés d’adversité précoce que leurs pairs du même âge. Après un résumé des données de la littérature faisant état des associations multiples entre dysrégulation émotionnelle, conduites suicidaires et adversité précoce, nous proposons un modèle de compréhension des tentatives de suicide multiples chez les adolescents avec un TPL.

Mots clés : tentative de suicide / trouble personnalité limite / adversité précoce

***

Le plan de sécurité : un outil pour la prévention des récidives suicidaires - L’expérience amiénoise avec les adolescents 1
Perspectives Psy, Vol. 59, n°3, juillet-septembre 2020, p. 248–255

Jean-Marc Guilé1,2*, Nicolas Benard1, Olivier Bourdon3, Yann Griboval1,4, Hélène Lahaye1, Bojan Mirkovic5, Benjamin Naepels1, Bastien Paluch1, Ugo Pace2, Vanessa Segard1, Camille Vandeputte2, Marie-Pierre Vernier-Hauvette1, Xavier Benarous1, Réal Labelle3,6 et Sébastien Garny de la Rivière1

1 Service de Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent, CHU Amiens Picardie, France Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université Picardie Jules Verne, Amiens (France). Professeur associé de psychiatrie, Université McGill, Montréal (Canada). 1 rond-point du Pr Christian Cabrol, 80000 Amiens, France
2 Pôle de pédopsychiatrie, EPSM de la Somme – CHPP Amiens, France
3 Université du Québec à Montréal, Montréal, Canada
4 Intersecteur de psychiatrie infanto-juvénile, CH Abbeville, France
5 Pôle de pédopsychiatrie, CHU-CH du Rouvray, Rouen, France
6 Université de Montréal, Montréal, Canada

* guile.jean-marc@chu-amiens.fr

Résumé

Une intervention psychothérapeutique protocolisée a été mise au point par Stanley et associés pour aider à prévenir de futurs comportements suicidaires chez les personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide. Le plan de sécurité (PS) fournit aux suicidants une planification écrite, personnalisée, étape par étape, des stratégies de protection et d’adaptation (coping) à mettre en œuvre en cas de crise suicidaire. Le PS comprend six éléments informatifs : (1) les signes avant-coureurs liés à une augmentation des impulsions suicidaires; (2) les stratégies d’adaptation internes que l’individu est capable de mettre en œuvre par lui-même; (3) les stratégies d’adaptation à mettre en œuvre avec le soutien d’amis et de parents; (4) les moyens qu’il/elle peut employer pour contacter les personnes significatives au sein de son réseau de soutien social; (5) les professionnels de la santé mentale et les services d’assistance téléphonique à éventuellement contacter en cas d’urgence suicidaire; et (6) les stratégies pour obtenir un environnement plus sûr au domicile. Les PS sont élaborés avec les suicidants au décours de la crise suicidaire. Les suicidants sont encouragés à partager le SP avec un proche de leur réseau de soutien. Ceci est obligatoire avec un suicidant mineur. Le parent ou le responsable légal doit être impliqué dans la préparation et le suivi du PS. Afin d’évaluer en permanence le risque suicidaire de l’individu, les PS sont revus tout au long du suivi thérapeutique. Le SP est une brève intervention, facile à mettre en œuvre à la suite d’une tentative de suicide. On dispose de résultats de recherche prometteurs concernant son efficacité dans la prévention des récidives de conduites auto-agressives.

Mots clés : thérapie cognitivo-comportementale / suicide / suicide prevention du suicide / adolescent


1 Une première version de cette communication a été présentée au Colloque franco-canadien de psychiatrie et de psychopathologie organisé par le GEPPSS et le CRISE sur le thème « Dépression et conduites suicidaires à l’adolescence » et tenu à Montréal les 19 et 20 juillet 2019.

Lire la suite du sommaire Perspectives Psy Volume 59 n. 3 (juillet-septembre 2020)

lundi 10 août 2020

ETUDE RECHERCHE L’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de Westen : résultats préliminaires sur une population française d’adolescentes suicidantes hospitalisées

L’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de Westen : résultats préliminaires sur une population française d’adolescentes suicidantes hospitalisées

Objectifs

1) Dans un premier temps, nous présenterons une traduction synthétique de l’Échelle de Relation d’Objet et de Cognition Sociale de la forme dite « G » ou globale (SCORS-G) telle qu’elle a été conçue par Westen en 1985 et qui est basée à la fois sur l’expérience clinique, la recherche et la théorie. Le codage peut se faire à partir de narratifs issus d’entretiens cliniques, d’entretiens de recherche, des récits de rêve ou des récits du Thematic Apperception Test (TAT). L’auteur a identifié plusieurs domaines distincts — tels que la complexité des représentations des personnes, la tonalité affective des représentations des personnes, l’investissement émotionnel dans les relations et dans les normes morales, et la compréhension de la causalité sociale — et conceptualisés comme des processus cognitifs, affectifs et motivationnels médiateurs du fonctionnement interpersonnel. Leur but est de capter des schémas, des attentes, des affects, des désirs, des fantasmes et des conflits que la personne met en jeu dans ses relations interpersonnelles. 2) Dans un deuxième temps, nous souhaitons relater les résultats préliminaires d’une étude auprès d’adolescentes suicidantes hospitalisées et d’adolescentes non cliniques.

Méthode

Nous avons retranscrit (verbatim) 31 entretiens d’attachement (AAI) qui ont été codés indépendamment par trois codeurs avec la SCORS-G. La fidélité intercotateur est d’un niveau tout à fait acceptable.

Résultats

Les adolescentes suicidantes hospitalisées ont des scores significativement inférieurs à ceux du groupe contrôle et ce, pour les quatre dimensions de la SCORS (de p < 0,004 à p < 0,0001 selon les domaines). En nous basant sur les résultats globaux du groupe clinique, nous pourrions dire que leurs représentations de soi et d’autrui ne sont pas clairement différenciées et intégrées, qu’elles ont une capacité mineure d’élaboration de la vie mentale ; que leurs attentes et leurs attributions interpersonnelles ont une coloration affective mixte mais néanmoins plutôt négative ; que leur investissement à l’égard des personnes et des valeurs morales reste conventionnel et stéréotypé mais avec présence de culpabilité vis-à-vis de la transgression de la morale ; et qu’enfin leurs descriptions des événements interpersonnels comportent des lacunes ou des incongruités qui imposent un « travail » pour les comprendre pleinement. A contrario, les adolescentes non cliniques décrivent les personnes de manière plus évoluées, ont conscience de l’impact de leurs conduites sur les autres, relatent des expériences subjectives plus complexes avec une sensibilité affective mixte et équilibrée mais plutôt positive.

Discussion

La description des relations montre l’existence de sentiments conventionnels d’amitié, d’attention, d’amour et d’empathie dans les relations. Le sujet est concerné par les valeurs morales, ressent de la culpabilité et respecte les figures d’autorité. Les narrations sur les relations sont franches, claires et directes, les actions des individus proviennent de la façon dont ils ressentent et interprètent les situations.

Conclusions

Ainsi, par ce travail spécifique, nous pouvons apprécier le rôle des processus mentaux dans la formation des pensées, des sentiments, des conduites et des interactions interpersonnelles.


Acces article (disponible gratuitement pendant 50 jours) https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0014385520300037

vendredi 10 juillet 2020

MàJ Lancement officiel de VigilanS Auvergne Rhone-Alpes

VigilanS en Auvergne-Rhône-Alpes : prévenir et limiter la réitération suicidaire
10 juillet 2020  ARS Auvergne Rhone-Alpes

VigilanS est un dispositif de veille et de maintien du lien auprès des personnes suicidantes à la sortie d’un service de soins. Financé par l’ARS, ce dispositif est déployé dans 5 établissements de la région afin de couvrir tout le territoire Auvergne-Rhône-Alpes : CH Alpes-Isère, CH Le Vinatier, CHU Clermont-Ferrand, CHU Saint-Etienne et CHU Grenoble-Alpes.

La survenue d’une tentative de suicide multiplie par quatre le risque de suicide ultérieur.

Pour prévenir ce risque, le maintien du contact avec les personnes est l’un des modes d’intervention les plus efficaces.

Dans son Projet régional de santé, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes prévoit la mise en œuvre d’actions visant à renforcer la prévention du suicide, le repérage précoce des signes de souffrance psychique et le suivi des personnes hospitalisées suite à tentative de suicide. Le dispositif VigilanS contribue à répondre à ce besoin.


Aller plus loin
Liens utiles
Site du CH Vinatier
Site du CH Alpes Isère
Site du CHU Grenoble-Alpes
Site du CHU Clermont-Ferrand
 Site du CHU Saint-Etienne
 

https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/vigilans-en-auvergne-rhone-alpes-prevenir-et-limiter-la-recidive-suicidaire



 


***

Lancement officiel aujourd’hui de VigilanS AuRA.  02/07/2020
(4 équipes de Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon et Saint-Etienne)



source:














Image

samedi 25 janvier 2020

ETUDE RECHERCHE Le parcours du patient suicidant dans la Somme : intérêts et limites de l'implantation du dispositif VigilanS

Le parcours du patient suicidant dans la Somme : intérêts et limites de l'implantation du dispositif VigilanS
Émilie Johancik 1
1 UPJV - Université de Picardie Jules Verne
Résumé : Le déploiement sur l’ensemble du territoire Français d’un dispositif de prévention de la récidive suicidaire, tel que le dispositif VigilanS est recommandé par la feuille de route en santé mentale et psychiatrie de juin 2018. L’objectif de ce travail est de caractériser le parcours du patient suicidant dans la Somme afin d’identifier les avantages et les limites de l’implantation de ce type de dispositif dans notre département. Nous avons réalisé une description de la prise en charge aux urgences des patients suicidants dans les différents centres hospitaliers de la Somme via des entretiens standardisés réalisés auprès des médecins travaillant dans ces structures. Puis nous avons mené une étude épidémiologique, observationnelle, de cohorte, rétrospective, sur l’ensemble des patients suicidants âgés de 17 ans et plus, durant 6 mois au sein du CHU d’Amiens. Les patients suicidants aux urgences bénéficiaient d’une évaluation somatique et souvent d’une évaluation psychiatrique. Le contact avec l’entourage et le médecin généraliste et les moyens de prévention de la récidive étaient variable entre les cliniciens et les établissements. Au CHU d’Amiens, 481 patients ont été pris en charge à la suite d’une tentative de suicide durant cette période, 74,4% sont retournés à domicile. Parmi les patients retournés au domicile, il a été proposé une consultation de réévaluation post-urgence au CHU d’Amiens à 43,3% des patients et 27,9% en ont réellement bénéficié. On observe sur le CHU d’Amiens 7,7% de récidives dans l’échantillon. Le parcours du patient suicidant dans la Somme est hétérogène et l’adhésion à une prise en charge ambulatoire est difficile. Il existe des limites humaines et financières à l’implantation du dispositif VigilanS. Il ne peut se substituer à une prise en charge psychiatrique ambulatoire au décours du geste. Le dispositif VigilanS pourrait permettre une diminution de la morbi-mortalité suicidaire ainsi qu’une harmonisation et une coordination des pratiques dans la Somme. 
Dernière modification le : samedi 25 janvier 2020 - 01:24:09

Source  https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02332122