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jeudi 23 novembre 2017

ISRAEL Le comité de la Knesset discute du taux de suicide élevé des immigrants

Le comité de la Knesset discute du taux de suicide élevé
d'après source" Knesset committee discusses high olim suicide rate Par Tamara Zieve le
21 novembre 2017  sur /www.jpost.com/Israel-News/*

Un tiers des suicides en Israël commis par des immigrés.

Le comité d'immigration et d'intégration de la Knesset  (Parlement de l’État d’Israël) a discuté mardi de la façon de lutter contre le taux élevé de suicide parmi les immigrants en Israël, une population qui constitue le tiers des suicides dans le pays.

Cette statistique provient d'un rapport rédigé par le ministère de la Santé en 2016, qui couvre les données de la dernière décennie.

Le nombre est alarmant en gardant à l'esprit que les immigrants ne représentent que 20% de la population. Certains groupes d'immigrants ont des taux de suicide particulièrement élevés.

Entre 2000 et 2013, environ 1 658 immigrants se sont suicidés. Parmi ceux-ci, un quart est arrivé de l'ex-Union soviétique dans les années 90 et de 3 à 8% d'Ethiopie dans les années quatre-vingt.

Le président du Comité, MK Avraham Neguise (Likud), a souligné que ces populations sont plus exposées au risque de suicide en raison du manque d'environnement favorable, de difficultés d'acclimatation et de moyens de subsistance. Il a appelé les citoyens à "être attentifs et soutenir les immigrants qu'ils connaissent, et parfois un sourire et une bonne parole peuvent faire la différence".

Il a également noté que l'un des principaux problèmes était que de nombreux immigrants ne savaient pas vers qui se tourner pour obtenir de l'aide en cas de crise.

Selon le Conseil national pour la prévention du suicide, qui a créé un comité spécial pour prévenir le suicide chez les immigrants, le ministère de la protection sociale ne dispose pas d'une base de données transversale sur les immigrants et de stratégies pour prévenir le suicide. Un représentant du conseil a également déclaré que le ministère de la Santé manque également de données sur les immigrants dans les cadres des services de santé mentale, des cliniques, des services psychologiques, des hôpitaux psychiatriques et des hôpitaux généraux.

L'initiateur de la discussion, Yakov Margi (Shas), a appelé à accorder une attention particulière aux jeunes immigrants et à veiller à ce que les bureaux du gouvernement fournissent une réponse ciblée.

Mira Keidar, directrice du Welfare and Human Resources Department  de Jewish Agency, a mentionné un projet de recherche sur deux ans qui examine la réponse des ministères au problème et précise que même dans les organismes de prévention du suicide, on ne se concentre généralement pas sur la population immigrée, sur le travail avec des cultures ou des langues différentes.
Liami Lawrence, co-fondateur de Keep Olim en Israël, a déclaré que son organisation a l'intention de commencer à exploiter des services de conseil en santé mentale subventionnés à faible coût dans diverses langues l'année prochaine.

MK Ksenia Svetlova (Union sioniste) a noté que le taux de suicide chez les immigrants de l'ex-Union soviétique est le double de celui de la population générale, selon un rapport de l'ONG Path to Life.

Elle a appelé le gouvernement à budgétiser et à mettre en place un programme pour «prévenir le prochain suicide».

L'État ne doit pas «ignorer la nécessité de prendre soin des immigrants, même après leur arrivée, de les garder en Israël, mais aussi de les garder en vie», a-t-elle déclaré.
 
http://www.jpost.com/Israel-News/Knesset-committee-discusses-high-olim-suicide-rate-514826

vendredi 16 juin 2017

ETUDE RECHERCHE ISRAEL Facteurs de risque de suicide dans l'armée israélienne entre les années 1992-2012

Article  Suicide dans l’armée, une cause majeure de mortalité en temps de paix !  Publié le 12/06/2017 www.jim.fr*
Seconde cause de décès chez les 15–24 ans, le suicide est une cause importante de mortalité en Europe et aux États-Unis. Dans l’armée d’Israël (où il demeure la cause principale de mortalité en temps de paix), une vaste étude sur des adolescents (1 171 359 participants) a été conduite pour préciser le profil des suicidaires dans cette population et mieux comprendre les facteurs de risque du suicide chez les adolescents en général.
Alors que le service militaire est obligatoire aussi pour les femmes en Israël, cette étude confirme la « sur- représentation du sexe masculin parmi les suicidés dans l’armée. » Dans les facteurs de risque, on remarque notamment l’origine éthiopienne, un faible statut socio-économique, un trouble de la personnalité de type B ou C[1] ou de faibles difficultés d’adaptation. Ce dernier constat semble paradoxal, car on s’attendrait plutôt à de « fortes difficultés d’adaptation », mais il s’agit là d’un biais apparent de sélection où les sujets avec une problématique plus lourde (dépression majeure, troubles bipolaires, psychose...) ont été réformés d’emblée à l’examen médico-psychologique d’incorporation et ne figurent donc pas dans les effectifs de l’armée. À l’inverse, il existe des facteurs protecteurs contre le risque de suicide sous l’uniforme : pratique de la religion juive, intelligence faible à moyenne, service dans une unité non combattante et, plus curieusement, un « diagnostic d’anxiété lors de la conscription. »

Appartenance à une minorité et trouble psychiatrique

En définitive, ces données de l’armée israëlienne sont globalement « comparables à celles recueillies chez les militaires et civils américains ou européens » : être issu de l’immigration, appartenir à une minorité, ou relever d’un diagnostic psychiatrique sont des facteurs de risque bien connus. Ici, les Juifs originaires d’Ethiopie constituent la dernière minorité arrivée en Israël et présentent aussi le plus fort taux de suicide dans la population générale. Autre fait marquant : si le suicide est plus de deux fois plus fréquent parmi les sujets avec une pathologie diagnostiquée, « 93,5 % des soldats suicidés n’avaient reçu aucun diagnostic psychiatrique à l’enrôlement. » Cela fait écho au taux de suicide « quatre fois supérieur chez les personnes avec de faibles difficultés d’adaptation » : outre l’existence d’un biais de sélection, ce constat contre-intuitif s’explique par deux autres facteurs. D’une part, les sujets avec un trouble mental léger (mais non réformés) sont affectés à un poste moins stressant (non combattant), a priori moins susceptible d’amplifier le risque de suicide. D’autre part, un suivi plus étroit est proposé aux sujets dépistés, ce qui expliquerait pourquoi un diagnostic d’anxiété à l’enrôlement se révèle paradoxalement un facteur protecteur du risque de suicide, car il s’accompagne généralement d’une prise en charge médico-psychologique favorisant une meilleure insertion de l’intéressé. Cependant, le contexte psychopathologique peut entraîner un refus ou un évitement de l’aide proposée, le sujet ou/et son commandement pouvant « sous-évaluer les difficultés. » Se retrouvant alors au front malgré une vulnérabilité latente, ce sujet a bien sûr un risque de suicide plus élevé.
Par un meilleur dépistage, mais aussi en réduisant le sentiment de honte et de stigmatisation lors d’un suivi psychologique ou psychiatrique, les politiques de prévention du suicide peuvent donc encore être renforcées en Israël, pays où le suicide collectif de Massada[2] passe parfois comme un « acte héroïque fondateur. »
[1] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2071
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Massada
Dr Alain Cohen
Références
Shelef L et coll.: Risk factors for suicide in the Israeli army between the years 1992–2012: A case-control study. European Psychiatry, 2017; 39: 106–113.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924933816300992

* http://www.jim.fr/medecin/e-docs/suicide_dans_larmee_une_cause_majeure_de_mortalite_en_temps_de_paix__165933/document_actu_med.phtml

jeudi 8 décembre 2016

Première en Israël : des services d’urgence pour la santé mentale


Première en Israël : des services d’urgence pour la santé mentale
  le 7 décembre 2016 - par Judith Douillet. 1.alliancefr.com*
 

Le Ministère de la Santé et le Magen David Adom ont mis en place un système permettant de fournir une réponse aux situations d'urgence dans le domaine de la santé mentale : prévention du suicide, des épisodes psychotiques et de la détresse mentale.

Le nouveau plan a été élaboré par l'unité de sauvetage, l’unité responsable des suicides et la division des services de santé mentale du ministère de la Santé et constitue une étape supplémentaire dans le "programme national de prévention du suicide."

Il est question d'un système unique au monde qui unit tous les domaines en offrant une réponse médicale d'urgence à l'intégrité physique et mentale.

Dans le cadre du programme, les ambulanciers du Magen David Adom seront formés en santé mentale et en prévention du suicide. Les psychiatres du Ministère de la Santé les accompagneront et les aideront dans les manipulations.


MDA: aider les personnes en détresse mentale

Le service fonctionnera par l’intermédiaire de la hotline 101 du MDA, 24h/24m et 7j/7. La première session de formation démarrera début 2017 et formera les ambulanciers ainsi que les répartiteurs.

A l’heure actuelle, les équipes ne possèdent pas les outils nécessaires à la gestion des personnes présentant des signes de détresse mentale. Miri Cohen, directrice du Service de sauvetage au ministère de la Santé, a déclaré: "C'est une étape importante dans le traitement donné aux patients dans son ensemble, pas seulement selon leurs besoins physiques".

Le Ministre de la Santé Yaakov Litzman a déclaré: «Il en va de notre devoir moral et je remercie le MDA d’y avoir répondu et d’offrir son aide. Une expression de nos sages affirme: "Celui qui sauve une vie est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier".

Le Dr Rafi Setrugo, vice-président de la médecine au MDA explique : « Nous nous penchons sur la santé mentale comme sur les problèmes physiques. De la même manière qu’un homme qui a des douleurs dans le thorax composera le 101, celui qui ressentira du vague à l’âme pourra faire de même. Jusqu’à aujourd’hui, la réponse était limitée, mais dès le premier trimestre 2017, des équipes seront formées pour identifier les situations d'urgence ".

Les chiffres du ministère de la Santé montrent que, en 2013, le nombre de décès par suicide en Israël s'est monté à 372.

L'analyse des données du Ministère indique également que le nombre de suicides est en baisse. En effet, 2010 a connu 482 cas de suicide et 2012, 435 cas.

Source : Israel HaYom
* http://www1.alliancefr.com/actualites/premiere-en-israel-des-services-durgence-pour-la-sante-mentale-6048799

lundi 27 juin 2016

ETUDE RECHERCE ISRAEL Religiosité comme un facteur de protection contre le comportement suicidaire

D'après article Où la religion protège du suicide
Publié le 24/06/2016 sur jim.fr*


Excepté le cas particulier du fanatisme sectaire ou idéologique pouvant s’appuyer sur des conceptions prétendument religieuses pour inciter au suicide des adeptes influençables, les croyances religieuses ont généralement un effet protecteur en matière de comportements suicidaires. Sans doute grâce à une résignation fataliste, consubstantielle au sentiment religieux, puisque le croyant s’en remet toujours à Dieu, même pour l’acceptation des souffrances et des avanies de l’existence. L’apaisement psychique lié à la religion tiendrait aussi à l’idée d’une harmonie préétablie, selon la volonté divine (valorisée implicitement par l’adage leibnizien « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ») où les aléas malheureux de la destinée ne seraient qu’épiphénomènes transitoires, avant l’accomplissement d’un avenir radieux, dans le monde terrestre ou céleste... Même à valeur d’utopie, cette croyance d’un « lendemain qui chante » ou d’un « monde meilleur » apporte un antidote probable contre les déconvenues et les humiliations d’un destin adverse. Affirmant, dans son célèbre « pari », comment le croyant a tout à gagner si Dieu existe, mais rien à perdre dans l’hypothèse inverse, Pascal résume cette conception « probabiliste » de l’apport des croyances, laquelle rappelle aussi l’attitude à l’égard des jeux de hasard : pour un inconvénient modeste (perte de la mise), le loto procure ainsi du rêve au joueur et lui permet de fuir un moment la morosité du quotidien, même si le gros gain reste en général inaccessible...
Un taux de suicide 6 fois plus élevé chez les non religieux

Réalisée en Israël sur une cohorte de 19 000 sujets nés entre 1949 et 1958 pour évaluer la fréquence des idées et réalisations suicidaires en fonction des profils religieux (« laïque », « observant partiellement », « pratiquant »), une étude longitudinale a été menée dans les années 1980, puis 25 ans plus tard. Comportant ainsi des informations sur les options religieuses des intéressés[1], elle confirme que le sentiment religieux exerce un « effet protecteur contre les tentatives de suicide, indépendamment du fonctionnement social, du contexte psychopathologique et de l’usage de substances » (cannabis, cocaïne, amphétamines). Plus précisément, si les taux d’idées suicidaires restent « similaires » (9,4 % chez les laïques, 6,7 % chez les sujets observant partiellement, et 6,2 % chez les pratiquants), les taux de suicides accomplis se révèlent par contre « significativement plus faibles » parmi les sujets religieux (0,4 %), alors qu’ils sont environ six fois plus élevés (environ 2,5 %), chez les sujets laïques, comme chez ceux observant partiellement. Mais comme cette étude « ne porte que sur des Juifs » et qu’il n’est pas certain (quoique fort probable) que le judaïsme soit représentatif de l’ensemble des religions, les auteurs mettent en garde contre un possible « biais d’échantillonnage. »

[1] Les fichiers contenant des données relatives aux appartenances religieuses étant interdits en France, une telle étude y serait impossible et condamnée, en particulier sur la base d’une protection contre l’antisémitisme, là où paradoxalement les chercheurs israëliens ne voient aucun mal !

Dr Alain Cohen
Référence
Burshtein S et coll.: Religiosity as a protective factor against suicidal behaviour. Acta Psychiatrica Scandinavica 2016 ; 133: 481–488.


* http://www.jim.fr/medecin/e-docs/ou_la_religion_protege_du_suicide_159643/document_actu_med.phtml 




Objective Data suggest that adherence to religious beliefs is associated with lower rates of suicide. A number of mediating factors have been hypothesized to explain this association, including enhanced social support, less substance abuse, and lower rates of psychopathology.

Method  We utilized data from a two-phase population-based, epidemiological study of mental disorders among young Jewish Israel born in a 10-year birth-cohort conducted in the 1980s. This study included data on religiosity and suicidal behaviour. Twenty-five years thereafter, mortality data were obtained from a national vital statistics registry.

Results  Rates of suicidal ideation were similar among secular, partially observant, and religious subjects (9.4%, 6.7%, and 6.2%, respectively; adjusted OR for linear trend: 0.80, 95% CI: 0.58–1.09). Rates of suicide attempts were significantly lower among religious subjects (2.4%, 2.5%, and 0.4% for secular, partially observant, and religious, respectively; adjusted OR for linear trend: 0.62, 95% CI: 0.43–0.88). Of the 4914 subjects, eight died by suicide: Seven of them were secular and one was partially observant (χ2 = 2.52, P = 0.09). There were no differences in social functioning or rates of psychopathology among the study groups.

Conclusion Religiosity has a protective effect against suicide attempts, which is independent of social functioning, psychopathology, and substance use.

lundi 20 janvier 2014

ISRAEL : ETUDE SUR LES ex-religieux et les risques suicidaires

( précision d'infosuicide.org : nous n'avons pu trouver les références et lien de l'étude citée)

En Israël, les anciens ultra-orthodoxes trois fois plus exposés au suicide
Cet article a été publié dans notre Fil Expert le 17 janvier 2014. 

Les Israéliens qui ont décidé de quitter le monde religieux ou ultra-orthodoxe sont trois fois plus nombreux à manifester des tendances suicidaires comparés aux autres segments - laïc, traditionaliste ou strictement pratiquant - de la société. Tel est le principal résultat d'une étude, la première du genre, réalisée auprès de 170 ex-religieux, à la demande de l'association pour la prévention du suicide, Bishvil Hahayim - « pour la vie » en hébreu.

Réalisée voilà près d'un an par l'association, en partenariat avec le centre académique Ruppin, l'étude a été rendue publique cette semaine, suite à la récente médiatisation de deux cas de suicides ayant touché de jeunes ex-religieux dans le centre du pays. Au cours des dix-huit derniers mois, la communauté ultra-orthodoxe a totalisé sept cas de suicides, selon les médias israéliens. Une situation qui a poussé le ministre des finances laïc Yair Lapid à allouer 500.000 euros à Hillel, une association qui aide les ex-ultrareligieux à se réinsérer dans la société.

Fondée en 1991, l'organisation Hillel, qui compte 450 adhérents, est contactée en moyenne tous les mois par une vingtaine de personnes désireuses de quitter le monde « haredi »  - ultra-orthodoxe. Trois des sept ex-religieux ayant récemment mis fin à leurs jours s'étaient rapproché de ses équipes. « Une tragédie pour une petite communauté comme la nôtre », a confié au quotidien Haaretz, Yair Hass, le directeur de l'organisation.

Selon les chercheurs de l'étude commanditée par Bishvil Hahayim, les ex-religieux présentent de nombreux facteurs de risque, au même titre que la communauté des immigrants, en raison de leur changement identitaire. La plupart des personnes interrogées ressentent une perte de leur sentiment d'appartenance, un manque de sens existentiel ainsi que les effets de la solitude. De fait, 90% de ceux qui ont quitté la communauté religieuse font état d'un faible niveau de soutien social, contre 17% en moyenne au sein des groupes de contrôle, selon l'étude. Israël recense chaque année près de 500 suicides, rappelle Bishvil Hahayim, dont un cinquième concerne des jeunes de moins de 25 ans.