Affichage des articles dont le libellé est IMPACT SUICIDE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est IMPACT SUICIDE. Afficher tous les articles

lundi 10 mai 2021

ETUDE RECHERCHE Nouvelle-Zélande l'impact du suicide sur les professionnels de la santé et les intervenants de première ligne

En première ligne : l'impact du suicide sur les professionnels de la santé et les premiers intervenants
d'apres article "On the front line: the impact of suicide on health professionals and first responders" https://www.otago.ac.nz*
Mardi 4 mai 2021

Selon un chercheur de l'Université d'Otago, à Wellington, il est urgent d'approfondir les recherches sur l'impact de la participation à des événements liés au suicide sur le personnel paramédical et les autres premiers intervenants.

Renan Lyra, étudiant en doctorat et psychologue de formation, affirme qu'une proportion importante d'officiers de police, de pompiers et d'ambulanciers assisteront à au moins une manifestation suicidaire au cours de leur carrière, mais peu de recherches ont été menées sur l'impact de cette participation sur leur vie personnelle et professionnelle et sur leur propre risque de suicide.

M. Lyra a examiné 25 documents de recherche sur l'impact de la participation à un événement suicidaire sur les personnes en première ligne dans des pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et l'Europe.

Son étude, qui vient d'être publiée dans la revue internationale PLOS ONE, est la première à examiner spécifiquement l'impact de l'exposition au suicide liée au travail chez les premiers intervenants et les professionnels de la santé mentale.

Il a constaté que presque tous les articles de recherche publiés au cours des dix dernières années étaient axés sur l'impact du suicide d'un patient sur les psychologues, les psychiatres, les travailleurs sociaux et les infirmières qui travaillaient avec eux, plutôt que sur les premiers intervenants.

Selon M. Lyra, se rendre sur les lieux d'un suicide présumé est l'une des situations les plus critiques et les plus traumatisantes que les premiers intervenants sont susceptibles de rencontrer dans le cadre de leur travail.

"Pour les premiers intervenants, l'impact émotionnel comprend le travail émotionnel important qu'ils doivent déployer pour gérer leurs sentiments, ce qui s'est avéré être associé à une augmentation des pensées suicidaires chez les pompiers."

La recherche qui a détaillé l'impact de la participation à un événement relatif à un suicide sur les professionnels de la santé mentale a révélé qu'ils ont ressenti de la tristesse, un choc, des sentiments de blâme, de désespoir, de culpabilité, de doute de soi, de chagrin et de colère.

"Leurs réactions professionnelles allaient de la tristesse au travail et d'une sensibilisation accrue au risque de suicide à une diminution de la confiance professionnelle et à la peur de la publicité et des litiges. Ils étaient également plus susceptibles d'adresser leurs patients à des psychiatres."

Seuls deux des 25 articles de recherche examinés par M. Lyra mesuraient les résultats en matière de santé mentale chez les professionnels de la santé mentale après le suicide d'un patient, l'épuisement professionnel et le syndrome de stress post-traumatique étant signalés comme des résultats négatifs importants.

Selon M. Lyra, l'exposition au suicide est un facteur de risque majeur pour le suicide, les professionnels de la santé mentale et les premiers intervenants étant eux-mêmes plus exposés au risque de suicide que la population générale.

"L'une des explications du taux plus élevé de suicides dans ces professions est le niveau plus élevé de détresse psychologique liée au travail et, pour les premiers intervenants, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) lié au travail. L'un des facteurs contribuant à cette situation pourrait être leur plus grande exposition au suicide".

Selon M. Lyra, le suicide est un problème sanitaire et social majeur à l'échelle mondiale, puisque l'on estime que 800 000 personnes meurent par suicide chaque année.

"Les coûts sociaux et psychologiques du suicide sont élevés. Pour chaque suicide, on estime qu'entre six et vingt personnes, généralement des membres de la famille et des amis des personnes décédées, sont affectées psychologiquement et émotionnellement. Il est probable que ce groupe comprenne les personnes qui sont confrontées au suicide dans le cadre de leur travail.

M. Lyra prévoit d'autres recherches sur l'impact du suicide sur les premiers intervenants. Si vous êtes, ou avez été, un secouriste et souhaitez vous renseigner sur la possibilité de participer à la recherche, envoyez un courriel à renan.lyra@postgrad.otago.ac.nz.
Détails de la publication

Occupational exposure to suicide: A review of research on the experiences of mental health professionals and first responders
Renan Lopes de Lyra, Sarah K. McKenzie, Susanna Every-Palmer, Gabrielle Jenkin
PLOS ONE

vendredi 3 janvier 2020

ETUDE RECHERCHE l'impact des conduites suicidaires graves de patients sur les internes en psychiatrie

Impact of exposure to severe suicidal behaviours in patients during psychiatric training: An online French survey.
Leaune E 1,2,3, Durif-Bruckert C 4, Noelle H 1,5, Joubert F 1, Ravella N 6, Haesebaert J 7, Poulet E 1,2, Chauliac N 1,7, Cuvillier B 4.
1 Center for Suicide Prevention, Centre Hospitalier Le Vinatier, Bron, France.
2 INSERM U1028, CNRS UMR5292, Claude Bernard Lyon 1 University, PSYR2 Team, Lyon Neuroscience Research Center, Lyon, France.
3 Philosophical Research Institute of Lyon, Jean Moulin Lyon 3 University, Lyon, France.
4 Groupe d'Etude en Psychologie Sociale (GRePS), Lumière Lyon 2 University, Lyon, France.
5 Lyon-EstSchool of Medicine, Claude Bernard Lyon 1 University, Villeurbanne, France.
6 Pôle 69G35, Hôpital Saint Cyr au Mont d'Or, Saint Cyr au Mont d'Or, France.
7 Université Claude Bernard Lyon 1, EA 7425 HESPER Health Services and Performance Research-Claude Bernard Lyon 1 University, Université de Lyon, Lyon, France.

Aim
Patient suicide (PS) has been identified as a frequent and stressful “occupational hazard” for mental health professionals. Studies are needed to assess the impact on psychiatric trainees of the exposure to severe patient suicidal behaviours.
Methods
Our cross‐sectional study aimed to measure the prevalence of exposure to PS and severe patient suicide attempts (SPSA) in French psychiatric trainees. We also assessed the emotional, traumatic and professional impacts and perceived support in the aftermath through a 62‐item online questionnaire that included the French version of the IES‐R, a composite emotional score and questions about professional practice and perceived support. All French psychiatric trainees were contacted regarding participation in the study through email and social networks between November 2017 and March 2018.
Results
A total of 409 trainees participated in the survey (response rate = 16.4%). 253 trainees fully completed the questionnaire. Of the 253 trainees, 43.2% were exposed to PS and 13.8% to SPSA. The exposure mostly occurred in the early stage of the training period. Ten to 15% of exposed trainees showed a high level of traumatic and emotional impact and 8.1% exhibited clinically relevant symptoms of post‐traumatic stress disorder (PTSD). We found that 21.6% received no support in the aftermath, especially after PS.
Conclusion
A large proportion of psychiatric trainees encounter severe suicidal behaviours of patients, and a substantial part of them is highly impacted. Our results thus stress the need for programmes dedicated to the prevention of the deleterious effects of the exposure to PS or SPSA in psychiatric trainees.
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/eip.12923
***
COMPLEMENT : 
Info signalée & source  Leaune Edouard @EdouardLeaune ·26 déc. 2019
" 2/3 Près de deux-tiers de notre échantillon (253 internes en psychiatrie français) ont été exposés au suicide ou à la TS grave d'un(e) patient(e). 17% présentent des réactions post-traumatiques et 8% des signes cliniques de PTSD. 11% rapportent un état de détresse émotionnelle"
" 3/3 50% décrivent un impact professionel négatif sur leur pratique. Deux phénomènes très inquiétants: un interne sur cinq déclare n'avoir reçu aucun soutien après l'évènement et plus d'un quart des internes de l'échantillon ont eu des idées suicidaires au cours de leur internat

vendredi 14 juin 2019

RECHERCHE ETUDE L'étude « IMPACT-S » s’intéresse à la prévalence de l’exposition au suicide de patients pendant l’internat en psychiatrie.

"Un quart des internes en psychiatrie ne reçoivent aucune aide après un suicide"
Par Julien Moschetti  whatsupdoc-lemag.fr/*

Prévention du suicide
La moitié des internes en psychiatrie sont touchés par le suicide d'un patient au cours de leur internat, selon une étude récente du Centre de prévention du suicide (CPS) du centre hospitalier Le Vinatier (69). L’impact émotionnel, traumatique et professionnel du suicide serait important, tandis qu’un manque criant de soutien est observé après l'évènement. Nous avons interrogé l’un des co-auteurs de l’étude : Edouard Leaune. Chef de clinique en psychiatrie au CPS du centre hospitalier Le Vinatier, il nous communique en avant-première les résultats de son étude.
What’s up Doc : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre étude ? Quels étaient vos objectifs ?
Edouard Leaune.  Notre étude s’intitule « IMPACT-S » Montée en 2017, elle s’intéresse à la prévalence de l’exposition au suicide de patients pendant l’internat en psychiatrie. Elle tente aussi d’évaluer les effets que cela peut avoir sur les internes d’être confrontés au suicide de patients. Ce travail est la suite d’une première étude qui est une revue de la littérature sur le sujet, publiée en mai 2019 dans la Harvard Review of Psychiatry. L’étude « IMPACT-S » a été soumise à des revues internationales, on espère qu’elle sera publiée en fin d’année.
 

WUD. Quels sont les résultats de l’étude « IMPACT-S » ?
EL. Dans la revue de la littérature, on découvre que 46 % des internes en psychiatrie sont confrontés au suicide de leurs patients. L’étude IMPACT-S, qui porte sur 253 internes en psychiatrie français, montre que 49 % d’entre eux y sont confrontés. Autre résultat intéressant : près des deux tiers, voire les trois quarts d’entre eux ont été impactés durant les deux premières années d’internat. Les internes en psychiatrie sont donc très précocement confrontés au suicide de leurs patients. Or, souvent, ils n’auront pas les armes et les connaissances pour faire face à cela, donc l’impact sera assez fort. Il y a en effet très peu de prévention en amont, très peu de soutien après l’événement. Dans la revue de la littérature, on a découvert qu’un quart des internes en psychiatrie ne reçoivent aucune aide et se retrouvent seuls après un tel événement. On retrouve donc chez eux un sentiment de solitude, le sentiment de ne pas être soutenus par leur hiérarchie ou leur environnement professionnel. Ils ont très peu de soutien institutionnel, donc ils se tournent plutôt vers leurs amis ou leur famille.
Il y a un sentiment de honte qui intervient vis-à-vis des autres professionnels.
WUD. Comment expliquez-vous ce manque de soutien institutionnel ?
EL. Les internes exposés au suicide de leurs patients vont plus facilement se tourner vers le milieu non professionnel, ce qui est assez étonnant. Ils ont besoin de soutien institutionnel, mais ils n’en bénéficient pas. Cela s’explique en partie par des éléments de tabou. Ce n’est pas facile de parler de ça. Cela reste un peu secret, on n’ose même pas en parler, même aux autres internes. Il y a un sentiment de honte qui intervient vis-à-vis des autres professionnels. Mais aussi un sentiment de culpabilité, car on peut se dire qu’on n’a pas agi comme il le fallait. On se retrouve isolé, donc on se tourne vers la famille et les amis, alors qu’on aurait attendu un soutien institutionnel de la part de ses supérieurs.
 

WUD. Peut-on comparer l’impact de ces suicides sur les internes à l’impact des premiers morts sur les internes ?
EL. C’est justement une des questions que j’aimerais investiguer à l’avenir. En quoi est-ce similaire ou différent ? Quand un interne en pédiatrie est confronté à un décès de l’un de ces patients, cela doit être une expérience tout aussi difficile à vivre que le suicide d’un patient. Ce que l’on sait, c’est que la culpabilité est l’émotion la plus forte chez les endeuillés par suicide. Elle ressort donc vraiment très fortement chez les internes en psychiatrie qui sont impactés par le suicide d’un patient et qui ont vraiment le sentiment d’être coupables, parce qu’on ne peut pas trouver d’autre explication à part soi-même, à part se dire « je n’ai pas fait ce qu’il fallait ». D’autant plus que les patients se suicident dans trois types de situations : les hospitalisations, les permissions ou les fugues. Par exemple, quand un interne donne une permission et que son patient se suicide, c’est très difficile à vivre pour les internes en termes de culpabilité. Sur des fugues, ils se disent « j’aurais pu voir arriver le risque de fugue ou de suicide, mais je ne l’ai pas vu ».
15 à 20 % des internes en psychiatrie sont très fortement impactés par le suicide de leurs patients 
WUD. Comment expliquez-vous ces éléments de tabou quand un interne est confronté au suicide d’un patient ?
EL. Les suicides font partie de toutes ces choses que les internes sont censés gérer car il est admis qu'ils doivent avoir les reins solides. Dans la plupart des études, le suicide sera vu de manière positive, ce qui est un peu paradoxal. Le suicide est censé leur permettre d’améliorer leur pratique professionnelle, de l’intégrer dans leur parcours professionnel. Donc il y a un côté « rite initiatique ». Sauf que, selon les études, 15 à 20 % des internes en psychiatrie sont très fortement impactés par le suicide de leurs patients. Et si, par exemple, on est exposés à deux suicides de suite, ce qui arrive régulièrement, on arrive à encaisser le premier suicide, mais on se remet vraiment en cause lors du deuxième, on le vit vraiment mal.
 

WUD. Quelles sont les conséquences psychologiques pour les internes qui sont touchés par ces suicides ?
EL. On retrouve trois dimensions dans l’impact. Il y a le côté traumatique, avec des états de stress aigus et des états de stress post-traumatiques. Selon notre étude, 9 % des internes sont dans un état de trouble post-traumatique (TSPT) après le suicide d‘un patient, ce qui est assez énorme. 15 % sont dans un état émotionnel qui est très fortement marqué par la tristesse, la culpabilité, des difficultés de sommeil. La troisième dimension, c’est l’impact professionnel. Ce sont des internes qui vont avoir peur de s’occuper des patients, notamment des patients suicidaires. Ils vont avoir tendance à éviter leurs collègues. Ils auront aussi ce que j’appellerais des symptômes « traumatiques professionnels », avec une espèce d’hyper-vigilance et d’évitement similaire à ce qu’on observe dans le versant traumatique pur, sauf que cela s’exprime sur le pan professionnel.
Les internes en psychiatrie ont plus de problèmes de santé mentale que les autres internes 
WUD. Quelles sont les conséquences à long terme pour les internes ?
EL. L’étude française BOURBON a montré que les internes en psychiatrie ont plus de problèmes de santé mentale que les autres internes, donc je me demande si cette exposition précoce au suicide de patients en tant qu’interne en psychiatrie ne joue pas sur leur santé mentale. Certes, les autres internes sont exposés à d’autres problématiques, mais on peut se demander si le suicide des patients, qui est particulier, n’induit pas un impact spécifique sur la santé mentale. En tout cas, quand on sait qu’il y a 9 % de TSPT chez les jeunes internes, on imagine qu’il y aura forcément des conséquences derrière. Mais est-ce que ces TSPT sont traités ? Sans doute que non, donc on a des internes qui se retrouvent très mal… En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’en France, aujourd’hui, il y a très peu, voire pas du tout, de propositions de prise en charge systématique des internes.
 

WUD. Quelles propositions préconisez-vous ? Comment améliorer les programmes de prévention du suicide ?
EL. L’idée des programmes de prévention du suicide, c’est qu’au début de l’internat en psychiatrie, on ait une sensibilisation à la question du suicide chez les internes en psychiatrie. Il faudrait dire à ces internes que la moitié y seront confrontés. Si l’on ajoute à ces suicides les tentatives de suicide graves qui finissent en réanimation, ce sont les deux tiers des internes qui sont impactés, donc c'est énorme. Donc il s’agit de les sensibiliser à ces chiffres, de leur dire qu’il y a des risques d’avoir des TSPT, voire un impact sur le plan professionnel… Il s’agirait de leur transmettre des informations qui se rapprochent du mode de la psycho-éducation, car on leur parlerait des « effets indésirables » quand on est interne en psychiatrie. De plus, cela serait l’occasion de les sensibiliser à d’autres types d’expositions, comme par exemple la violence de patients. Enfin, des études ont montré que les programmes de prévention de l’impact du suicide de patient ont des effets bénéfiques : cela augmente les connaissances des internes sur ce qu’ils peuvent faire, mais aussi leur connaissance du phénomène.
Le fait de pouvoir parler du suicide en groupe avait un effet thérapeutique
WUD. Que proposez en matière de « postvention » pour agir auprès des professionnels de santé suite au suicide d’un patient ?
EL. L’une des hypothèses serait de proposer des groupes de soutien pour les internes. Dans les focus-groups que nous avons réalisés avec des internes dans l’étude IMPACT-S, le fait de pouvoir parler du suicide en groupe avait un effet thérapeutique, notamment quand on n’en avait jamais parlé à personne, jamais parlé à ses supérieurs hiérarchiques. Cela fait du bien d’en parler, donc on pourrait envisager des prises en charge de groupe. Nous sommes aussi en train de montrer une autre étude qui ne concernera pas uniquement les internes, mais toute une équipe de soins impactée par un suicide. Cela permettrait de savoir si une prise en charge groupale, un soutien groupal qui se rapprochait un peu des cellules psychologiques, permettrait de diminuer l’impact négatif et traumatique du suicide chez les professionnels.
 

Suicide Écoute :
Écoute des personnes confrontées au suicide.
Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7.
Tél. : 01 45 39 40 00
Site Internet : www.suicide-ecoute.fr
CPS: cps@ch-le-vinatier.fr/04.37.91.52.10

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/un-quart-des-internes-en-psychiatrie-ne-recoivent-aucune-aide-apres-un-suicide


Référence étude mentionnée : 
Encountering Patient Suicide During Psychiatric Training An Integrative, Systematic Review
Leaune, Edouard, MD, MSc; Ravella, Noémie, MD; Vieux, Maxime, MSc; Poulet, Emmanuel, MD, PhD; Chauliac, Nicolas, MD, MSc; Terra, Jean-Louis, MD
the Suicide Prevention Centre, Centre Hospitalier le Vinatier, Bron; Philosophic Research Institute of Lyon, Lyon 3 University (Dr. Leaune); Lyon Neuroscience Research Center (Drs. Leaune and Poulet), Health Services Performance Research Laboratory (Dr. Chauliac), and Parcours Santé Systémique (Dr. Terra), Lyon 1 University; Department of Emergency Psychiatry, Edouard Herriot Hospital, Hospices Civils de Lyon, Lyon (Dr. Poulet) (all France).
Harvard Review of Psychiatry: May/June 2019 - Volume 27 - Issue 3 - p 141–149
https://journals.lww.com/hrpjournal/Abstract/2019/05000/Encountering_Patient_Suicide_During_Psychiatric.2.aspx

lundi 16 juillet 2018

ARTICLE Reflexion Impact du trauma sur les répondants d’un service téléphonique de prévention du suicide

RÉFLEXION
Impact du trauma sur les répondants d’un service téléphonique de prévention du suicide
Dimitra Laimou a, b, ⁎  : Psychologue clinicienne, maître de conférences
dans Revue Soins Volume 63, numéro 827  pages 30-33 (juillet 2018)
Contre-transferts des soignants face au trauma

a Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits, université de Picardie Jules-Verne, Chemin du Thil, 80025 Amiens, France
b Laboratoire de Psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse (LPCPP) (EA 4056), Institut de psychologie, université Paris-Descartes, Centre Henri-Piéron, 71, avenue Édouard-Vaillant, 92100 Boulogne-Billancourt cedex, France

Résumé
En prenant appui sur l’expérience clinique acquise auprès des services téléphoniques de prévention du suicide, il est possible de mener une réflexion sur l’éprouvé du clinicien durant l’interaction
La prise en compte de certains aspects de la relation appelant-répondant est en effet essentielle pour l’amélioration de ce soutien psychologique.
Mots clés : écoute, prévention, service téléphonique, suicide, trauma

Plan de l'article
La distance physique
Impact sur le vécu du répondant
Des protocoles d’intervention
Réparation, déception, élaboration
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts

http://www.em-consulte.com/article/1226827

jeudi 28 août 2014

USA : Réflexion d'un psychiatre sur l'impact de suicide de patient

Réflexion d'un psychiatre sur l'impact de suicide de patientD'après article du MARDI 26 Août, 2014 sur alert.psychiatricnews.org


Alors que le suicide fait partie du travail quotidien des psychiatres, ils «sont principalement axées sur« l'évaluation du risque de suicidaire du patient, l'exploration des pensées suicidaires et de la planification et le traitement direct des schémas cognitifs ou les maladies psychiatriques sous-jacentes, En d'autres termes, sécurité et prévention », note le psychiatre Michael Myers, M.D, après le récent décès par suicide de l'acteur et comédien Robin Williams. Mais les Psychiatres entrent dans un "monde étranger et effrayant, un endroit sombre et solitaire" quand ils perdent un patient au suicide, explique Myers co-auteur du livre "Touched by Suicide: Hope and Healing After Loss" et professeur de psychiatrie clinique au Centre médical SUNY Downstate à Brooklyn, N.Y.
En tant que clinicien qui a eu des patients décédés par suicide, Myers a saisi l'occasion du suicide largement discuté de Williams pour partager des réflexions et idées avec des collègues psychiatres.

Ne pas oublier pourquoi nous avons choisi la psychiatrie comme notre domaine.
La plupart des candidats d'internes en psychiatrie décrivent dans leur déclaration personnelle comment ils ont été affectés par quelqu'un qu'ils savaient aux prises avec une maladie mentale. Ils veulent atténuer la souffrance, faire une différence. Mais la plupart n'ont jamais parlé à un clinicien qui a partagé leur histoire de perdre un patient par suicide. Nous ne devons jamais oublier les inquiétudes de nos stagiaires, incluant le déni, quand un de leurs patients meurent par suicide.

Le suicide est une forme unique de mort. Perdre un patient par suicide est très différente de perdre un patient de diabète ou de cancer. Notre deuil, et le deuil des proches du défunt, sont caractéristiques. Nous luttons avec une foule d'émotions - de choc ou de surprise, de confusion, de perte, de tristesse, de colère, de peur, d'échec, de culpabilité, et presque toujours, de honte. La honte est pourquoi tant de psychiatres ne discutent pas ou écrivent facilement leurs expériences. La plupart des cliniciens sont aux prises avec des quantités variables de responsabilités et de blâme de soi. Je connais ceci de première main des révélations des participants à mes cours et des réunions de cas cliniques sur la perte de patients par suicide lors des réunions annuelles de l'APA.

Le suicide est un élément clé de notre travail. Je crois que nous avons un impératif moral pour diagnostiquer et traiter les patients les plus gravement malade et les plus dangereusement suicidaires. Bien que la "sélection à la carte" parmi nos rangs existe, je pose cette question. un oncologue pourrait il affirmer "Désolé, je n'accepte pas les patients atteints de maladie métastatique"? En fait, quand j'ai perdu des patients par suicide qui ont vécu avec des troubles de l'humeur prolongés de traitement résistant avec des cascades de pertes de démoralisation, je me sens comme un oncologue. Mon mantra est «Mon patient est décédé de sa maladie. Il a combattu une bataille longue et difficile. il est maintenant en paix ".

Tendez la main à la famille en deuil. J'ai toujours cru que si notre humanisme éclipse nos craintes de conséquences juridiques, à savoir être poursuivi en justice. La recherche montre que les risques d'être poursuivi en justice sont réduites (mais non éradiquées) en restant présent professionnellement avec les proches de nos patients.

Ne pas s'isoler. Nous devons prendre soin de nous de quelque manière que ce soit, notamment en parler à nos familles et collègues. D'excellentes ressources sont disponibles auprès de l'Association américaine de suicidologie (www.suicidology.org) and the Physician Litigation Stress Resource Center (www.physicianlitigationstress.org)
Pour lire la suite de commentaires de Myers, cliquez ici.
Lien vers l'article en anglais http://alert.psychiatricnews.org/2014/08/

Dr Myers is Professor of Clinical Psychiatry at SUNY Downstate Medical Center, Brooklyn, NY and the author (with Carla Fine) of “Touched by Suicide: Hope and Healing After Loss”, Gotham/Penguin Books, New York, NY 2006

samedi 8 mars 2014

NOTICE THESE 2013 De l'impact du suicide sur l'entourage : approches théoriques et illustrations cliniques

De l'impact du suicide sur l'entourage : approches théoriques et illustrations cliniques / Lucie Gibon ; sous la direction de Vincent Scherr
Thèse d'exercice : Médecine. Médecine spécialisée. Psychiatrie : Reims : 2013   
Université de Reims Champagne-Ardenne. Organisme de soutenance
numero these 2013REIMM117
http://www.sudoc.fr/175368260

Résumé(s) :
   
Nous proposons d'examiner la question du suicide à travers l'impact sur l'entourage. Après un enseignement non exhaustif sur le suicide, nous aborderons les particularités de deuil après suicide, prolongé, difficile et souvent traumatique. A court, moyen et long terme, il y a des expressions du travail de ce deuil. Il semble que la honte, la culpabilité soient des expressions centrales et particulièrement intense du deuil après suicide. L'absence d'élaboration autour de ses affects peut donner lieu à des difficultés individuelles dans le travail de deuil, à des troubles de la communication intrafamiliale concernant la transmission ou la non-transmission de cet événement. Cela peut se manifester par une symptomatologie plus ou moins psychiatrique sur le plan individuel ou des conséquences transgénérationnelles.

Bibliothèque de l'Université de Reims Champagne-Ardenne.Section Santé
51, rue Cognacq Jay
51097 REIMS CEDEX
France
Tél. 03.26.91.39.01
Fax : 03.26.91.39.05
Web : http://scdurca.univ-reims.fr  
Adresse PEB : audrey.vachez@univ-reims.fr

vendredi 20 décembre 2013

PUBLICATION RECHERCHE impact psycho-économique de la tentative de suicide sur les proches du suicidant

N’oublions pas les survivants ! Impact psycho-économique de la tentative de suicide sur les proches du suicidant  G. Vaiva European Psychiatry
Volume 28, numéro 8S
pages 46-47 (novembre 2013)
Doi : 10.1016/j.eurpsy.2013.09.120
 
Présentation communication lors Congrès Francais de Psychiatrie / European Psychiatry  (2013)



N’oublions pas les survivants ! Impact psycho-économique de la tentative de suicide sur les proches du suicidant
 

G. Vaiva
 CHRU de Lille, hôpital Michel-Fontan, 59000 Lille, France 

Mots clés : Suicide, Entourage, Psychotrauma, Médicoéconomique, Automédication

Hypothèse .– La tentative de suicide d’un sujet propage une souffrance en cascade sur les différents cercles de l’entourage familial et affectif, qui peut se mesurer en termes de stress traumatique et d’impact médicoéconomique. Chaque année, 3 750 000 français sont concernés par une TS de l’un de leurs proches.
Sujets étudiés .– Homme ou femme, âgé de plus de 16ans sans limite supérieure d’âge, membre de l’entourage proche d’un suicidant (sujets habitant sous le même toit que le suicidant). Au total, 171 familles ; soit 171 suicidants et 171 « informateurs ménages ». Ces sujets ont été comparés aux données de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) sur la population française (échantillon de 20 000 personnes, représentatif de 95 % des ménages français). L’ensemble des sujets a été recontacté par téléphone après 3 mois et 1 an.
Résultats .– Quatre-vingt-sept pour cent des proches vont « plutôt bien » à 1 an ; les 13 % qui vont moins bien sont importants à qualifier au plus tôt après la TS. Un modèle explicatif de la probabilité d’aller mal après 1 an est possible ; modèle dominé par l’impact psychotraumatique de la scène suicidaire ou de l’activation des secours (70 % de symptômes psychotraumatiques dans ce sous-groupe). Sur le plan médicoéconomique, nous observons une grande stabilité des contacts de soin à 1 an, qui contraste avec une forte augmentation des consommations médicamenteuses (×2,37) ; toutes les catégories pharmacologiques sont concernées. L’hypothèse d’une automédication en partie non consciente et non perçue est soulevée.






Pour en savoir plus

Magne-Ingvar U, Ojehagen A. Significant others of suicide attempters: their views at the time of the acute psychiatric consultation. Soc Psychiatr Psychiatr Epidemiol 1999;34/2:73–9.

vendredi 28 juin 2013

BELGIQUE : Suicide de patient: L'expérience des psychiatres flamands

Suicide de patient: L'expérience des psychiatres flamandsRothes IA, Scheerder G, Van Audenhove C, Henriques MR (Portugal, Belgique)

Titre original : Patient suicide: The experience of Flemish psychiatrists
Rothes IA, Scheerder G, Van Audenhove C, Henriques MR (Portugal, Belgium)
Suicide and Life-Threatening Behavior. Published online: 26 March 2013. doi: 10.1111/sltb.12024, 2013
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23530711




L'expérience la plus pénible du suicide de patient de psychiatres flamands est décrite. Sur 584 psychiatres, 107 ont rempli un questionnaire d'auto-évaluation. Quatre-vingt-huit psychiatres avaient été confrontés à au moins un suicide de patient. La souffrance affective et l'impuissance étaient les sentiments les plus fréquemment rapportés. Les changements dans les pratiques professionnelles ont été décrits et ont inclus une approche plus structurée de la gestion des patients suicidaires. Les collègues et les contacts avec la famille du patient ont été les sources d'aide les plus fréquemment utilisées, tandis que l'examen des cas d'équipe et des collègues ont été jugés les plus utiles. Le suicide des patients conduit à la souffrance émotionnelle et a un impact professionnel considérable .

 
D'après Commentaires de l'AISRAP http://www.griffith.edu.au/health/australian-institute-suicide-research-prevention  Principales conclusions: Bien que la plupart des recherches sur les survivants du suicide se concentrent sur les membres de la famille et des amis, il est important de ne pas négliger les expériences de professionnels impliqués en santé mentale, avec pas moins de 80% des psychiatres dans les études antérieures ayant expérimenté le suicide de patient au cours de leur carrière (1 ). L'étude flamande actuelle a évalué l'impact du suicide des patients grâce à un sondage en ligne, complété par 107 psychiatres. La majorité des participants a travaillé dans un centre psychiatrique (51%), (22%) dans un centre de santé mentale communautaire  ou dans le service de psychiatrie d'un hôpital général (20%). Dans l'exemple actuel, 101 (94,4%) psychiatres avaient subi une tentative de suicide, tandis que 98 (91,6%) avaient connu le suicide d'un patient, avec une moyenne de 5,37 suicides de patients pour un psychiatre. Les hommes en moyenne ont connu plus de suicides de patient que chez les femmes.
Un grand nombre de participants a été affecté à la fois personnellement et professionnellement après un suicide de patient, avec près de la moitié des répondants estimant de la tristesse, du désespoir ou de la douleur et environ un quart un sentiment d'impuissance. Cependant, tous les résultats n'étaient pas négatifs, les événements se traduisant souvent par le fait d'accorder plus d'attention à la présence d'idées suicidaires chez les patients (54%) et une utilisation accrue des mesures formelles pour mesurer avec plus de précision le risque de suicide. D'autres modifications comprennent l'augmentation des discussions d'équipe et de réflexions, la révision des procédures actuelles, des recherches pour améliorer les connaissances sur le suicide et l'évolution de la relation psychiatre - patient
Implications: Ce document confirme les résultats antérieurs que le suicide du patient est un phénomène fréquent pour les psychiatres, et que ces événements donnent souvent lieu à des expériences émotionnelles négatives. Le journal a rapporté une incidence plus élevée d'expériences de suicide des patients de l'échantillon de psychiatres flamands que ce qui a été présenté dans les études d'autres pays (1,2) suggérant que la fréquence des expériences de suicide peut différer selon les pays. Des recherches plus poussées dans le contexte australien peut accroître la compréhension et aider à améliorer les services de soutien pour les psychiatres après de tels événements.
Rothes et ses collègues présentent un certain nombre de mesures qui ont été mises en œuvre dans la pratique clinique en raison de l'expérience d'apprentissage unique suite à un suicide patient. Ces résultats fournissent une opportunité pour d'autres professionnels de la santé mentale à apprendre de ces expériences et potentiellement mettre en œuvre des procédures de méthodes de prévention.
Endnotes
1. Landers A, O’Brien S, Phelan D (2010). Impact of patient suicide on consultant psychiatrists in Ireland. The Psychiatrist 34, 136-140.
2. Ruskin R, Sakinofsky I, Bagby RM, Dickens S, Sousa G (2004). Impact of patient suicide on psychiatrists and psychiatric trainees. Academic Psychiatry 28, 104-110.



mercredi 19 juin 2013

AUTOUR DE LA QUESTION : ESPACE PUBLIQUE TENTATIVE DE SUICIDE & DROIT

D'après article "Suicidaire poursuivi par la SNCF: «Sa détresse dépasse la menace d'une amende»"http://www.20minutes.fr/societe/1172487-20130612-suicidaire-poursuivi-sncf-sa-detresse-depasse-menace-amende

Créé le 12/06/2013

FAITS DIVERS - Aux Mureaux, dans les Yvelines, un homme a voulu mettre fin à ses jours lundi, perturbant le trafic ferroviaire. La SNCF le poursuit en justice pour «entrave à la circulation». Une association d'usagers crie au «scandale»...
La nuance est subtile. «On ne poursuit pas les candidats au suicide», assure une porte-parole de la SNCF, contactée ce mercredi par 20 Minutes. Le dépôt de plainte porte sur le fait d’être «rentré dans un endroit non-autorisé». Peu importe s’il voulait se suicider ou commettre des actes malveillants. «C’est du ressort de la police et de la justice. Et cela ne nous concerne pas», poursuit fermement le transporteur.
Pour la SNCF, «il n’y a pas de polémique», quelques jours après qu’un jeune homme a été extrait des voies à la hauteur des Mureaux (Yvelines), alors qu’il assurait vouloir se suicider à la suite une «peine de cœur», comme l’a révélé Le Parisien de ce mercredi. La SNCF assure qu’à chaque intrusion, «des poursuites sont systématiquement engagées». «Cette personne est rentrée de manière illicite. Elle a enfreint la loi car elle a mis en danger sa sécurité et celle des autres», indique une porte-parole.
«Faire preuve de compréhension»
Mais pour les associations d’usagers, cette position de principe du transporteur passe mal. «C’est scandaleusement inhumain. Vraiment gonflé. La SNCF pourrait peut-être en premier lieu faire preuve de compréhension envers des gens au bord du désespoir», s’insurge Jean-Claude Delarue, président de SOS-Usagers.
«D’autant que la SNCF ne fait pas les efforts nécessaires pour prévenir ce type d’incidents. Elle ne peut pas mettre, comme c’est le cas sur certaines lignes de métros, des double-portes. En revanche, si le personnel était plus important dans les gares, les agents pourraient plus rapidement prévenir ces actes», poursuit le responsable de l’association.
De son côté, Yves Boutry, vice-président de l’Association des usagers des transports en Ile-de-France, estime qu’il «est normal que la SNCF verbalise les intrusions». «En revanche, quand il s’agit d’un suicide raté, la SNCF devrait passer l’éponge. Le poursuivre est totalement inefficace et absolument pas dissuasif pour des gens dont la détresse dépasse largement la menace d’une amende ou de poursuites», poursuit-il.
400 accidents de personnes par an
«Il ne faut pas oublier que les agents qui sont intervenus lundi lui ont sauvé la vie», tient-on à préciser au siège du transporteur qui indique que cette tentative de suicide a eu comme conséquence trente trains retardés et deux trains supprimés.
Les accidents de personnes sur le réseau ferré de la SNCF sont au nombre d’environ 400 par année, dont «une majorité en Ile-de-France».

***

Suivi de l'Affaire

La SNCF retire sa plainte contre un jeune suicidaire

Au regard de la "détresse" du jeune homme de 22 ans, la SNCF a retiré sa plainte pour "entrave à la circulation", révèle Le Figaro. 

La SNCF retire sa plainte contre un jeune suicidaire
La SNCF avait porté plainte pour "entrave à la circulation" contre un homme suicidaire qui errait sur la voie ferrée de la gare des Mureaux.
afp.com/Sebastien Bozon
Il errait le long des voies à la gare des Mureaux, dans les Yvelines, à cause d'une peine de coeur. Mercredi dernier, la SNCF avait porté plainte contre ce suicidaire de 22 ans pour "entrave à la circulation" après un arrêt du trafic pour retrouver sa trace. Ce mercredi, la compagnie ferroviaire a retiré sa plainte selon une information du Figaro.
"Après avoir eu connaissance des circonstances et de la détresse du jeune homme, la SNCF a décidé de retirer sa plainte", a confirmé à L'Express un porte-parole de la compagnie ferrovière.
Au moment de l'incident, la SNCF avait été contrainte d'arrêter son trafi et avait subi de nombreux retards, pour retrouver le candidat au suicide et l'exfiltrer des voies.

vendredi 7 juin 2013

Effet négatif de l’annonce du diagnostic sur le patient : dépression et tentatives de suicide

D'après article " Mise au point  : Diagnostiquer et annoncer une démence : quels risques, quels bénéfices ? p. 1130  Franz Josef Holzer et al.Diagnostiquer et annoncer une démence : quels risques, quels bénéfices ?
Rev Med Suisse 2012;8:1130-1134

Extraits :

Effet négatif de l’annonce du diagnostic sur le patient : dépression et tentatives de suicide

Afin d’évaluer les conséquences psychiques dans les trois mois qui suivent l’annonce du diagnostic, Carpenter et coll. publient en 2008 une étude22 portant sur 90 binômes (patient et proche) qui consultent pour une évaluation des fonctions cognitives. Les participants ne sont pas mis au courant du stade, mais uniquement de la présence (31% des binômes) ou de l’absence de démence (69% des binômes). Les résultats montrent que les symptômes d’angoisse et de dépression restent stables, voire diminuent discrètement après l’annonce. Le degré de démence (très légère ou légère), l’âge, le sexe et l’éducation n’ont pas d’effet significatif. Les auteurs concluent que le médecin peut poser et annoncer le diagnostic de démence sans crainte de réactions émotionnelles délétères chez la plupart des personnes souffrant d’une démence à un stade précoce.
Toutefois, selon une étude épidémiologique danoise,23 la démence est associée de manière générale à un risque de suicide augmenté, en particulier chez les patients de moins de 70 ans (risque relatif de huit fois), et dans les trois mois qui suivent le diagnostic (20% des décès par suicide ont lieu pendant cette période). Chez les patients de plus de 70 ans, le risque est toujours trois fois plus élevé même en contrôlant les troubles de l’humeur, en particulier chez les hommes. Une récente méta-analyse confirme ce risque,24 avec un odd ratio de 1,5 comparé à une population de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou d’une insuffisance cardiaque.25
Ces données, à première vue inquiétantes, nécessitent une pondération. D’une part, chez 65% de ces patients le diagnostic a été posé durant une hospitalisation pour raison psychiatrique, la question de l’importance des comorbidités psychiatriques reste ouverte. Le suivi après le diagnostic n’est pas connu non plus – il s’agit d’un registre. Quelques travaux ont montré une augmentation relative de plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires chez des suicidés âgés, suggérant que la présence de marqueurs de la maladie puisse être un facteur de risque, indépendamment de l’annonce diagnostique.26 Cependant, il semble surtout que ce soit la période postdiagnostique qui soit à risque.27
Le risque de suicide nécessite un suivi régulier du patient et de son entourage afin de permettre au patient d’exprimer son désarroi et de dépister des signes d’alarme, d’autant plus que les indicateurs de suicide semblent moins fiables dans ces pathologies.28 Retarder l’annonce diagnostique jusqu’à une phase avancée de la maladie simplement pour éviter un passage à l’acte pourrait être considéré comme une forme de paternalisme médical ou un comportement d’évitement de la part du médecin."

références biblio de l'extrait

22 [*] Carpenter BD, Xiong C, Porensky EK, et al. Reaction to a dementia diagnosis in individuals with Alzheimer’s disease and mild cognitive impairment. J Am Geriatr Soc 2008;56:405-12. [Medline]
23 [*] Erlangsen A, Zarit SH, Conwell Y. Hospital-diagnosed dementia and suicide : A longitudinal study using prospective, nationwide register data. Am J Geriatr Psychiatry 2008;16:220-8.
24[*] Draper B, Peisah C, Snowdon J, Brodaty H. Early dementia diagnosis and the risk of suicide and euthanasia. Alzheimers Dement 2010;6:75-82. [Medline]
25 Waern M, Rubenowitz E, Wilhelmson K. Predictors of suicide in the old elderly. Waern Gerontology 2003;49:328-34.
26 Peisah C, Snowdon J, Gorrie C, Kril J, Rodriguez M. Investigation of Alzheimer’s disease-related pathology in community dwelling older subjects who committed suicide. J Affect Disord 2007;99:127-32. [Medline]
27 Haw C, Harwood D, Hawton K. Dementia and suicidal behavior : A review of the literature. Int Psychogeriatr 2009;21:440-53. [Medline]
28 Purandare N, Voshaar RC, Rodway C, et al. Suicide in dementia : 9-year national clinical survey in England and Wales. Br J Psychiatry 2009;194:175-80. [Medline]

source: http://rms.medhyg.ch/numero-342-page-1130.htm

vendredi 25 janvier 2013

REVUES DE PRESSE ÉTUDES RECHERCHES AUTRES PAYS



REVUE DE PRESSE ÉTUDES RECHERCHES AUTRES PAYS 
Titres :
- AUSTRALIE : Histoire et art Est-ce que l'art imite la mort? Les représentations du suicide dans la fiction
- ISRAËL: L'incidence du cancer sur le suicide dans les groupes ethniques avec un différentiel de risque de suicide
- USA : d’après article sur le Boston globe du 14 janvier Le bilan des armes à feu que nous ignorons: le suicide
- USA  Les adolescents sont plus susceptibles de se suicider après une tentative de suicide d’un parent
- AUSTRALIE Facteurs associés aux pensées suicidaires au cours d'une étude importante dans une communauté de personnes âgées





- AUSTRALIE : Histoire et art Est-ce que l'art imite la mort? Les représentations du suicide dans la fiction
" HISTORY AND THE ARTS: Does art imitate death? Depictions of suicide in fiction Saxby Pridmore and Garry Walter
Australasian Psychiatry, Feb 2013; 21: 65 - 72

Saxby Pridmore and Garry Walter

Professor of Psychiatry, School of Medicine, University of Tasmania, Hobart, TAS, Australia
Professor of Child and Adolescent Psychiatry, Discipline of Psychiatry, University of Sydney, Clinical Director, Child and Adolescent Mental Health Services, Northern Sydney Local Health District, and Editor, Australasian Psychiatry, Sydney, NSW, Australia

Correspondence: Professor Garry Walter, University of Sydney, and Clinical Director, Child and Adolescent Mental, Northern Sydney Local Health District, Coral Tree Family Service, PO Box 142, North Ryde, NSW, 1670, Australia Email: gwalter@mail.usyd.edu.au
 
Objectif: déterminer si les fictions (produits narratifs)  traitent de la question du suicide et, si oui, qu'est-ce qu'elle nous dit sur le suicide "drivers".
Méthode: les  suicides dans les produits narratifs ont été recherchés sur le web par le biais des listes, des membres de club de lecture, d'autres lecteurs actifs et un écrivain du film primé et producteur.
Résultats: Soixante et onze représentations de fiction événements suicidaires ont été identifiés. Dans 12 suicides, l'auteur semble indiquer que le décès était directement ou indirectement en raison de troubles mentaux. 15 suicides, la motivation n'a pas pu être déterminée par le lecteur, et dans 44 cas, la motivation était facteurs sociaux / de la situation.
Conclusions: Les événements suicidaires sont représentés dans la fiction, et les caractéristiques sont très similaires aux caractéristiques de suicide dans le monde réel. On devrait déterminer si les influences culturelles, y compris dans la fiction, jouent un rôle important dans le suicide, les activités de prévention visant à modifier les influences culturelles devront prendre en compte toutes les formes de produits de récits


- ISRAËL: L'incidence du cancer sur le suicide dans les groupes ethniques avec un différentiel de risque de suicide
MENTAL HEALTH The effect of cancer on suicide in ethnic groups with a differential suicide risk
Ora Nakash, Micha Barchana, Irena Liphshitz, Lital Keinan-Boker, and Itzhak Levav
Eur J Public Health, Feb 2013; 23: 114 - 115.

Ora Nakash1, Micha Barchana2,3, Irena Liphshitz4, Lital Keinan-Boker2,3 and Itzhak Levav5,6

1 School of Psychology, Interdisciplinary Center (IDC), Herzliya, 46150, Israel
2 School of Public Health, Haifa University, Haifa, 31905, Israel
3 Israel Center for Disease Control, Ministry of Health
4 National Cancer Registry, Ministry of Health, 4 Shalom Yehuda, Jerusalem 91010, Israel
5 Ministry of Health, 29 Rivka St, Jerusalem 91010, Israel
6 Department of Community Mental Health, Faculty of Social Welfare and Health Sciences, Haifa University, Haifa, 31905, Israel

Correspondence: Correspondence: Ora Nakash, School of Psychology, Interdisciplinary Center (IDC) Herzliya, PO Box 167, Herzliya, 46150, Israel, tel: +972 9 9527946, fax: +972 9 9602845, e-mail: onakash@idc.ac.il

Cette étude a examiné le risque de suicide chez les personnes atteintes de cancer dans les groupes ethniques avec la mortalité par suicide différentielle dans la population générale. Nous avons calculé les ratios de suicide standardisés d'incidence (SIR) entre l'Europe et l'Asie-Amérique-Afrique du Nord-né Israéliens avec le cancer, par rapport aux taux respectifs dans la population générale. Le SIR étaient plus élevés dans le groupe américano-européen [hommes: 1.96, intervalle de confiance 95% (IC) 1,62 à 2,30; femmes: 2,03, IC 95% 1.51 à 2.56], mais pas significativement différent dans le groupe Asie-Afrique du Nord (hommes: 0,86, IC 95% de 0,52 à 1,20; femmes: 0,80, IC 95% de 0.10 à 1.50). D'évaluation du risque de suicide doit tenir compte de la «culture» de la personne atteinte de cancer.


D’après http://www.sprc.org/ 

-  USA :  Le bilan des armes à feu que nous ignorons: le suicide
Vous ne l’apprendrez pas dans le débat national, mais la plupart des décès par balle américains ne sont pas des assassinats - d’après article sur le Boston globe du 14 janvier
Article original The gun toll we’re ignoring: suicide You wouldn’t know it from the national debate, but most American firearm deaths aren’t murder

Le journaliste Léon Neyfakh examine l'idée que «le débat sur la façon de réduire le nombre de morts par arme à feu est, dans une large mesure, un débat sur la prévention du suicide." Neyfakh présente les idées d'un certain nombre des chercheurs en santé publique et des experts prévention de la violence, y compris Cathy Barbier, directeur de la campagne des Moyens matière de prévention du suicide à la Harvard School of Public Health (HSPH); l'Association américaine de suicidologie directeur exécutif Alan Berman; HSPH professeur Matthew Miller et David Litts, secrétaire exécutif de l'Alliance d'action national pour la prévention du suicide.

Lire l’article sur le The Boston Globe, http://www.bostonglobe.com/ideas/2013/01/20/the-gun-toll-ignoring-suicide/xeWBHDHEvvagfkRlU3CfZJ/story.html
En savoir plus sur le sujet  Goal 6 (reducing access to lethal means) of the National Strategy for Suicide Prevention – pages 43-45 


USA  Les adolescents sont plus susceptibles de se suicider après une tentative de suicide d’un parent sur Medical Daily Date: Dec 14, 2012  
Les adolescents avec un parent qui a tenté de se suicider ou admis pour soins psychiatriques sont à risque accru de suicide au cours des deux années qui ont suivi l'épisode, selon une nouvelle étude publiée dans la revue PLoS ONE. «Nous montrons que les jeunes, en particulier les adolescents, ont besoin de soutien pendant une période qui suit immédiatement l'admission d'un parent en charge des troubles mentaux ou de comportements suicidaires", a déclaré le chercheur principal, le Dr Ellenor Mittendorfer-Rutz. L'étude a inclus plus de 15.000 adolescents et adultes qui avaient tenté de se suicider entre 15 et 31 ans.! 

 A Life-Course Study on Effects of Parental Markers of Morbidity and Mortality on Offspring’s Suicide Attem http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0051585
- Youth Risk Behavior Surveillance — United States, 2011
Danice K. Eaton, PhD,1 Laura Kann, PhD,1 Steve Kinchen,1 Shari Shanklin, MS,1 Katherine H. Flint, MS,2 Joseph Hawkins, MA,3 William A. Harris, MM,1 Richard Lowry, MD,1 Tim McManus, MS,1 David Chyen, MS,1 Lisa Whittle, MPH,1 Connie Lim, MPA,1 Howell Wechsler, EdD1
1Division of Adolescent and School Health, National Center for HIV/AIDS, Viral Hepatitis, STD, and TB Prevention, CDC
2ICF Macro, Calverton, Maryland
3Westat, Rockville, Maryland Centers for Disease Control and Prevention


- AUSTRALIE Facteurs associés aux pensées suicidaires au cours d'une étude importante dans une communauté de personnes âgées
Si les stratégies de prévention du suicide sont limitées à des stratégies de gestion de la dépression, le succès dans la réduction du suicide chez les personnes âgées peut être lente à venir, selon une étude publiée dans le British Journal of Psychiatry. Au lieu de cela, les personnes âgées souffrant de dépression et d'anxiété devraient être examinés pour idéation suicidaire et avoir un soutien social approprié, ce qui pourrait conduire à une réduction de 38 pour cent de l'idéation suicidaire dans ce groupe, disent les chercheurs. D'autres acteurs associés à l'idéation suicidaire chez les personnes âgées dans cette étude comprennent sentiment d'isolement., le stress et la douleur.
http://www.australianageingagenda.com.au/2013/01/15/article/Preventative-screening-a-must/HTAYWFSPTS.html
résumé de l’article Facteurs associés aux pensées suicidaires au cours d'une étude importante dans une communauté de personnes âgées"
Read the abstract of “Factors Associated with Suicidal Thoughts in a Large Community Study of Older Adults”