samedi 25 mai 2019

USA SACRAMENTO initiative, programme d'entraide et de soutien par les pairs, "I Got Your Back" dans les cuisines

D’après How mental health checks may help restaurant workers temper destructive stress

Après une série de suicides très médiatisés l'an dernier, un restaurateur de Sacramento, en Californie, a décidé de faire face à un problème dans les cuisines du pays. Le rythme rapide, l'environnement sous haute pression et les salaires souvent bas peuvent avoir des répercussions sur la santé mentale des travailleurs. Son programme d'entraide et de soutien par les pairs, "I Got Your Back", commence maintenant à se répandre.

John Yang (le journaliste) fait son rapport.

Traduction de la transcription du reportage

    Judy Woodruff :
    Après une série de suicides très médiatisés l'an dernier, dont celui d'Anthony Bourdain, un restaurateur de Sacramento, en Californie, a décidé d'agir. Il essaie maintenant de susciter un mouvement national, une cuisine à la fois.

    John Yang fait un reportage pour la  série hebdomadaire the Leading Edge of health and science.


    John Yang :     Les spécialités du soir au restaurant Mulvaney's B&L à Sacramento, pâtes aux truffes et flétan sauvage au bok choy. L'humeur du personnel, très anxieux.

    Man:
    Si vous ne l'avez pas fait à votre arrivée aujourd'hui, veuillez utiliser notre boîte d'enregistrement en santé mentale et y mettre votre carte pour voir où vous en êtes.

    John Yang :
    Les tensions sont vives parce que le chef et propriétaire Patrick Mulvaney a explosé plus tôt lorsqu'un un travail de restauration a mal tourné. Il y a des mois, le personnel aurait pu mettre ses sentiments de côté, sourire pour les clients et passer à autre chose.
    Mais, de nos jours, les travailleurs sont encouragés à s'ouvrir sur leurs sentiments et à garder un œil sur les autres. C'est un changement né de la nécessité et de la perte.

    Anthony Bourdain :
    J'ai le meilleur boulot du monde, avouons-le.

    John Yang :
    Le suicide d'Anthony Bourdain l'an dernier a choqué les restaurateurs du monde entier. L'animateur de l'émission "Parts Unknown" de CNN était aimé des chefs cuisiniers, parlait franchement de ses combats contre la drogue et la dépression.
    À Sacramento, la mort de Bourdain est survenue au milieu d'une série de suicides d'employés de restaurant.

    Patrick Mulvaney :
    Donc, en quatre semaines, quatre personnes sont mortes. Et un dimanche, nous avions un mémorial ici pour notre serveur. Et je me suis réveillé lundi pour me préparer à une cérémonie commémorative à la mémoire d'un ancien barman et ai vu mon téléphone allumé avec tous les messages qu'un ancien chef était mort aussi. Quatre services commémoratifs en deux semaines, c'est trop.

    John Yang :
    Le deuil de Mulvaney l'a poussé à créer un programme axé sur la santé mentale de ses travailleurs. Il l'appelle I Got Your Back.

    Patrick Mulvaney :
    Nous voulons que les gens puissent en parler et l'idée que l'on puisse, en réduisant la stigmatisation, accroître la sécurité.

    Mais aussi, les gens qui font face à des défis, au lieu de se dire, c'est leur problème, et de les laissr partir, nous commençons à nous engager avec eux pour essayer de leur dire, hé, je ne pense pas que tu vas bien. Comment pouvons-nous vous aider à aller mieux ?


    John Yang :
    Il s'agit d'un programme de counseling et de soutien par les pairs conçu en collaboration avec des fournisseurs de soins de santé locaux.

    Les chercheurs affirment que les employés de service qui comptent sur les pourboires sont plus vulnérables à la dépression et au stress que tout autre employé. Et selon les données fédérales, l'abus de substances est plus élevé dans l'industrie de la restauration et de l'accueil que dans tout autre domaine.
  Le rythme rapide et la forte pression dans les cuisines de restaurants, les longs quarts de travail exténuants et les salaires souvent bas et imprévisibles peuvent avoir des conséquences néfastes.

    Patrick Mulvaney :
    La réticence à demander de l'aide ou à demander des choses aux gens est inhérente à l'industrie de la restauration, parce que nous sommes une entreprise d'accueil. Votre boisson est froide ? Votre steak est chaud ? Votre soupe est à votre goût ? Nous ne nous posons jamais de questions sur nous-mêmes.

    John Yang :
    Afin d'encourager les employés à être conscients de leurs sentiments et de ceux de leurs collègues, chaque membre de l'équipe de Mulvaney fait chaque jour un test d'humeur à leur arrivée au travail. Ils choisissent une couleur, rouge pour colère, verte pour heureux, jaune pour OK et bleu pour triste, et la placent dans une boîte.

    Lisa Schulze est la directrice des ressources humaines du restaurant.

    Lisa Schulze :
    Tout au long de la journée, nous pourrions prendre la boîte au changement d'équipe et compter combien de rouges nous avons, combien de jaunes nous avons, combien de verts. Parfois, le simple fait d'avoir une idée de ce que ressentent les gens change la façon dont vous réagissez avec eux.

    Et je voulais simplement dire fondamentalement merci d’avoir pris la relève pour Alex.

    John Yang :
    Un travailleur à chaque quart de travail, identifié par un autocollant violet comme celui que porte Lisa, est formé pour reconnaître les signes de détresse mentale de ses collègues et leur demander de l'aide.

    Patrick Mulvaney :
    nous nous sommes dit que si les conseillers étaient des pairs, des gens sur le terrain travaillant avec vous dans les tranchées , ils iraient naturellement vers eux, et en fait, ils l’ont fait.

    John Yang :
    Et ils peuvent transmettre les préoccupations de leurs collègues au patron. Des ressources sont disponibles en ligne et des rappels sont partout, des toilettes au stand d'accueil, qu'il y a de l'aide et de l'espoir.
Une coalition de groupes de soins de santé locaux, comprenant Kaiser Permanente et l'Université de Californie, Davis, Medical Center, fournit des fonds et des ressources en santé mentale.

Liseanne Wick :
Qu'est-ce qui a empiré aujourd'hui ?

John Yang :
Liseanne Wick est directrice du programme de prévention du suicide de WellSpace Health, qui offre également des services pour le programme de Mulvaney.

Liseanne Wick :
La beauté du projet I Got Your Back, c'est qu'il se met là où ils en sont. Il rend plus naturel de parler de santé mentale, de mieux-être, de recherche d'aide et même de suicide ou de dépression.

John Yang :
L'initiative de M. Mulvaney s'inscrit dans le cadre des autres activités communautaires qu'il mène avec son épouse et associée en affaires, Bobbin. Il dit que c'est inspiré d'un de ses films préférés, le classique "It's A Wonderful Life".

Le B&L au nom de son restaurant signifie Building and Loan, un clin d'œil à l'institution au centre de l'histoire du film.

Patrick Mulvaney :
J'espérais que nous ouvririons un endroit où les gens pourraient venir pour discuter des questions du jour et nous inviter à participer à ces conversations.

Et au cours des 13 dernières années, nous avons constaté que nous sommes devenus un élément central de bon nombre de ces conversations dans notre collectivité. Et c'est la première fois que nous faisons venir cette communauté extérieure pour parler de la façon d'aider notre propre communauté.

John Yang :
Aidez des gens comme Casey Shideler, chef exécutif d'un autre restaurant de Sacramento, Taylor's Kitchen. On lui a diagnostiqué un trouble bipolaire.

Depuis 10 ans qu'elle travaille dans des cuisines professionnelles, elle dit qu'elle a touché le fond d' alcoolisme et de santé mentale. En 2018, elle avait des pensées suicidaires, mais n'en parlait jamais. Après le suicide de Bourdain, elle a assisté à une séance I Got Your Back chez Mulvaney's.

Casey Shideler :
Après cette première rencontre, même si je n'ai pas parlé, je me sentais mieux. C'est là que j'ai parlé à ma mère pour la première fois. Ma mère a été dans le domaine de la santé mentale toute ma vie, et elle a toujours été une personne sûre à qui parler.

Mais même là, je ne lui parlais pas. Je ne parlais à personne. Je ne sais pas pourquoi. Je veux dire, ce n'est pas vrai. Je sais exactement pourquoi. C'est juste une chose incroyable - incroyablement difficile à dire à haute voix et à admettre aux gens.

John Yang :
Depuis, elle a reçu le traitement dont elle a besoin, y compris des médicaments. Elle a maintenant reçu une formation en premiers soins de santé mentale et dirige un programme I Got Your Back dans son propre restaurant.

Patrick Mulvaney :
Tout le monde dans la salle, nous avons tous connu une année assez difficile, mais aussi une vie difficile, et nous avons commencé à réfléchir à la façon dont nous pouvons changer la culture dans nos cuisines.

John Yang :
En organisant des séances de formation en santé mentale pour d'autres restaurateurs de Sacramento, M. Mulvaney espère pouvoir étendre le programme à l'échelle de l'État et, un jour, l'étendre aux cuisines de tout le pays.

Patrick Mulvaney :
Au fur et à mesure que nous, en tant qu'industrie, commençons à en parler, à l'ouvrir et à réduire la stigmatisation, nous pensons que tout le monde commencera à prendre part à la conversation.

John Yang :
Et il espère que ses efforts serviront d'exemple à d'autres.

Pour le "PBS NewsHour", je suis John Yang à Sacramento, Californie.

vendredi 24 mai 2019

"Les drogués au jeu, « une population difficile à accrocher »" Entretien

Les drogués au jeu, «  une population difficile à accrocher  »
Recueilli par S. B.
Ouest-France
Vitre
Ille-et-Vilaine, lundi 20 mai 2019 425 mots, p. Vitré_9
Entretien
Héléna Delmas, psychiatre au Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie l’Envol, au centre hospitalier Guillaume-Régnier de Rennes, membre du PoSRAJ (Pôle spécialisé régional sur les addictions aux jeux).
Depuis quand existe l’addiction aux jeux d’argent ?
Elle est ancienne mais a longtemps été mal documentée. C’est aujourd’hui la seule addiction comportementale reconnue par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, la référence mondiale.
Quel est le parcours type d’un joueur addict ?
Le parcours type du joueur pathologique compte quatre phases. La première phase de gain est celle où le joueur a l’impression de s’enrichir. Un des facteurs de risque souvent retrouvé est le «  big win  » (gros gain) où le joueur peut se dire qu’il a un don particulier. La seconde phase est la phase de perte : le joueur se rend compte qu’il a des dettes mais il joue avec l’idée qu’il va se refaire. Ensuite, vient la phase de désespoir où tout s’écroule. Les créanciers ne veulent plus prêter, il y a des conflits et un fort risque suicidaire. La quatrième phase est la phase d’abandon, où le joueur a compris les dégâts mais continue à jouer pour l’amour du jeu et/ou pour rester en lien avec les connaissances faites dans les lieux de jeux.
Y a-t-il un profil type ?
Non. Dernièrement, l’addiction aux jeux serait en augmentation chez les femmes et les adolescents. Chez les jeunes hommes passionnés de sport, je remarque de plus en plus d’addictions aux paris sportifs.
Internet ne met pas de borne au jeu : il y a une offre permanente et accessible partout. Alors que pour les jeux de grattage, il faut se rendre dans un commerce. On conseille aussi aux joueurs de jouer avec billets et pièces. L’argent virtuel entraîne la perte de conscience de l’argent dépensé.
Quel accompagnement proposez-vous ?
Tout d’abord, un suivi addictologique personnalisé avec une psychothérapie. Je propose aussi aux patients de rencontrer une assistante sociale pour évaluer l’ampleur des difficultés financières. Nous avons des groupes de parole pour les malades, toutes addictions confondues, et également pour l’entourage. Une dizaine d’addictions différentes sont traitées ici. Même si les objets de l’addiction sont différents, ce sont les mêmes processus qui sont à l’œuvre. Les personnes souffrant d’addiction aux jeux sont difficiles à accrocher, elles ont souvent tendance à stopper le suivi au bout de quelques semaines.

BRETAGNE Côtes-d'Armor Gendarmerie.Un officier pilote la prévention

Gendarmerie. Un officier pilote la prévention
Le Télégramme (Bretagne)
mardi 21 mai 2019  p. CDA2
Dimitri Rouchon-Borie

Le lieutenant-colonel Laurent Kerdoncuff vient de rejoindre le groupement de gendarmerie des Côtes-d'Armor en qualité d'officier adjoint commandement. C'est lui qui sera chargé de piloter la prévention dans le département. Avec des axes forts : les seniors sur la route, la prise en charge des victimes et l'épineuse question du suicide.

Cela surprendra sans doute ceux qui imaginent plus volontiers les gendarmes du côté de la répression des bords de route que dans l'action préventive. Mais voilà : il y a un officier chargé de la prévention dans tous les groupements départementaux. Dans les Côtes-d'Armor, ce poste de commandement vient d'être attribué au lieutenant-colonel Laurent Kerdoncuff.Son travail s'appuie sur un « diagnostic de territoire en matière de délinquance, mais pas seulement », explique-t-il. « Le groupement a déjà mis un grand nombre de choses en place, avec l'association des maires, mais aussi la CCI ou la chambre de métiers, les professionnels de la mer... Il faut poursuivre dans cette voie et développer aussi des actions différentes ».
Les seniors sur la route

Les chantiers de l'officier passeront forcément par la case cambriolages, pour les particuliers mais aussi les entreprises. La sécurité routière sera au coeur de sa mission avec un axe de travail spécifique : « On va mettre en place des choses autour des seniors. À partir d'ateliers qui leur permettront d'évaluer leurs compétences, d'évoquer aussi l'effet de certains médicaments... On s'est rendu compte que l'on faisait beaucoup pour les publics jeunes, les motards, et peu pour les plus anciens, alors que c'est un sujet ici. On a des zones rurales, avec des personnes isolées, géographiquement mais aussi parfois psychologiquement, et la voiture reste indispensable alors que l'âge avance ».

Mieux détecter les situations à risque
Autre dossier épineux ? Le suicide. « On a chaque année de très nombreux cas, et les gendarmes sont concernés en première ligne pour les recherches notamment. On va travailler à la mise en place d'un réseau de veille, pour améliorer la détection de situations fragiles et mieux orienter les personnes concernées vers les bons acteurs ». Cela suppose, pour la gendarmerie, de la formation en interne. « Mais au-delà, on peut envisager la construction d'un groupe de référents pour l'aide aux victimes au sens large, car nous sommes également concernés de manière forte par la problématique des violences intrafamiliales. Nous avons développé des compétences pour l'audition des mineurs victimes, cela va dans ce sens ».
« Une expérience intense »
De racines finistériennes, le colonel a passé une partie de son enfance à Saint-Brieuc, avant d'entrer en gendarmerie à Quimper. Sous-officier, il a commencé sa carrière en Ille-et-Vilaine puis dans les Côtes-d'Armor, à Rostrenen. Une expérience « intense et très formatrice ». Il est ensuite muté sur le ressort de la compagnie de Vitré (35), où il passe le concours d'officier. De Bretagne, il part dans le Sud-Ouest et le Gers, avant de « franchir la Garonne » pour devenir instructeur à l'école de gendarmerie de Libourne. Il quittera ensuite le Sud pour les Deux-Sèvres avant de rejoindre l'état-major de Région à Nantes, où il gérait déjà les partenariats, les actions de prévention et la coordination des moyens spéciaux : unité nautique, négociateurs.Dimitri Rouchon-Borie
Aussi paru dans
20 mai 2019 -

MANIFESTATION Bécon-les-Granits (49) 27/06/2019 Soirées de prévention sur le thème du suicide

Soirées de prévention sur le thème du suicide
 

SUISSE TEMOIGNAGES "Vivre après une tentative de suicide" sur un "media suisse, street & pop"

Tataki
Ajoutée le 23 mai 2019

"Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes, c'est un sujet tabou mais il est important d'en parler.
Tu peux retrouver des liens vers des sites de prévention et d'aide en bas de la description. YADEBAT !
Retrouve à chaque épisode un débat de société animé par Melissa et des invités prêts à défendre leur point de vue. Hésite pas à nous partager tes expériences en commentaire ou dans le groupe YADEBAT de Tataki (lien en dessous). Tu peux nous suivre sur nos réseaux sociaux et sur notre site internet: 🔥 https://www.facebook.com/groups/YADEBAT/ 🤖 https://www.facebook.com/Tatakiiii/ 📸 https://www.instagram.com/ta_ta_ki/ 👻 tatakisnap 🎥 http://www.tataki.ch/ ADRESSES UTILES : STOP SUICIDE : https://stopsuicide.ch/besoindaide/ CIAO : https://www.ciao.ch/ PRO JUVENTUTE Conseil et Aide au 147 LA MAIN TENDUE Conseil et Aide au 143"
"C'est quoi TATAKI ? - Ton media suisse, street & pop ! Tataki c'est rencontres, des coups de gueules et des délires made in Suisse romande. Tout ça propulsé de ta rue à ton feed. Tataki est un média digital de la RTS qui montre que ça bouge en Suisse."

JNPS 2020 24 èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide Février 2020 Information & appel à contributions


24èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide
Février 2020
Information & appel à contributions

L’Union Nationale pour la Prévention du Suicide s’est fondée sur le regroupement d’associations, diverses dans leur objet premier et leurs pratiques, mais ayant toutes une forte préoccupation pour la prévention du suicide et le désir de la construire conjointement.

Chacun des acteurs de la prévention du suicide -de sa place et à sa place- est un maillon indispensable d’une chaîne de prévention qui va du développement de compétences psychosociales à la postvention, en passant par l’écoute, le soin, le soutien aux personnes, l’attention portée aux situations entrainant des vulnérabilités… En prendre la mesure est essentiel.
Il est devenu urgent de réaffirmer que si toutes ces compétences sont incontournables, leur cumul n’est pas suffisant. Pas plus que ne le seraient leur développement et leur exercice en strict parallèle.

Ce sont le décloisonnement et la coopération, l’interconnaissance, les temps et les formations partagées, les analyses communes de pratique et les relais institués entre ses acteurs qui donnent de la force à la prévention, la font gagner en visibilité et en éthique !
La prévention du suicide ne peut être univoque. Elle est nécessairement plurielle.

Face à une démarche de prévention qui a tendance à se fragmenter l’UNPS entend rappeler, promouvoir, soutenir voire défendre cette vision et sa mise en pratique.

C’est dans cet objectif qu’il a été choisi d’axer la réflexion des JNPS 2020 sur un

Plaidoyer pour une prévention partagée

Il revient aux associations, groupes ou collectifs qui organisent des temps forts autour du 5 février, d’interroger ou de mettre en valeur les sujets qui leur tiennent à cœur dans ce cadre.

Et c’est l’ensemble de ces regards ou préoccupations, rendus visibles, qui composera la fresque
de l’incontournable prévention partagée.

La Journée Nationale pour la Prévention du Suicide du 5 février, a pour vocation d’informer, de sensibiliser, d’alerter et d’échanger sur cette question majeure de santé publique et de société. Rendez-vous annuel des membres de l’Union, de leurs partenaires et du grand public, ce sont, à Paris et dans les régions, à cette date et tout au long du mois de février, des colloques, manifestations et rencontres qui sont organisés.


PROJET ETUDE RECHERCHE Saint-Denis, prévenir la récidive suicidaire : mise en place d'un protocole case management ou gestion de cas et comparaison à la veille téléphonique simple thérapeutique

Psychiatrie - Pédopsychiatrie  A Saint-Denis, prévenir la récidive suicidaire
Dr Fayçal Mouaffak @EPSMVilleEvrard
Le suicide entraîne chaque année en France 11 000 décès. Sa prévention est d’ailleurs l’un des trois axes de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » publiée en juin 2018. A Saint-Denis, le Dr Fayçal Mouaffak, psychiatre des hôpitaux, chef de pôle 93G04 à l’établissement public de santé mentale (EPSM) de Ville-Evrard va mener une étude clinique visant à démontrer le lien entre la mise en place d’appels téléphoniques et la prévention de la récidive suicidaire.
Comment vous êtes-vous intéressé au dispositif de mise en place d’appels téléphoniques pour prévenir la récidive suicidaire ?
Lorsque j’étais responsable du service des urgences de l’hôpital Bicêtre (AP-HP), j’ai participé à un protocole de recherche mené par le Pr Patrick Hardy qui visait à étudier l’intérêt de la veille téléphonique, c’est-à-dire les rappels téléphoniques des patients ayant fait une tentative de suicide. En dépit des résultats négatifs de cette étude, je reste convaincu de l’utilité de cette approche, sur un profil particulier de patients. La veille téléphonique est une méthode qui préserve la connectivité, autrement dit le lien avec le patient, ce que le psychiatre américain Jérôme Motto nomme « Connectedness ». Cet accompagnement bienveillant est une démarche respectueuse, non aliénante qui peut aussi permettre de résoudre des situations, administratives par exemple, par téléphone. Malheureusement, la veille téléphonique n’est pas suffisante et il faudrait, pour certains patients, l’associer à d’autres approches telle que la gestion de cas ou les thérapies en face à face.
Pourquoi le maintien du lien doit-il être travaillé ?
Après une tentative de suicide, jusqu’à 50% des patients refusent un suivi ambulatoire. Et dans 70% des cas, ils se désengagent des soins après une année. Nous savons aussi que le bénéfice des consultations sur la prévention du risque suicidaire est proportionnel à leur nombre. Avec une supériorité démontrée des thérapies comportementales et cognitives et des thérapies comportementales dialectiques. Mais si ces techniques ont montré leur efficacité en termes de prévention, elles sont coûteuses en temps et en personnel. Lorsque je suis arrivé à Saint-Denis, j’ai souhaité réaliser un audit. Parmi les chiffres à retenir : 60% des suicidants retournent à leur domicile, 66% sont sans emploi, 45% vivent seuls et le taux de récurrence suicidaire est élevé, à 27%. Par ailleurs, seuls 16,5% des patients s’engagent dans les soins. Notre population est très précaire, et cosmopolite avec par exemple quinze nationalités dans mon unité d’hospitalisation. Par ailleurs, certains de nos patients sont défiants vis-à-vis des représentants de l’Etat, y compris hospitaliers. Ils craignent que leur passage en psychiatrie les disqualifie. J’ai donc souhaité mettre en place un protocole case management ou gestion de cas et de le comparer à la veille téléphonique simple thérapeutique. C’est le sens du protocole de recherche qui sera prochainement mis en place.

Pouvez-vous nous détailler ce protocole de recherche ?

L’étude sera randomisée avec un premier bras interventionnel basé sur la gestion de cas et les appels téléphoniques et un deuxième bras contrôle associant prise du premier rendez-vous lors du passage aux urgences et rappel téléphonique. Mon hypothèse est que la gestion de cas définie comme le processus par lequel on obtient, coordonne et assure l’utilisation par les usagers souffrant de troubles psychiatriques des soins et des services supplante la veille téléphonique dans l’aide à l’engagement dans les soins et réduit par voie de conséquence la récidive suicidaire.
D’ailleurs, une infirmière du service est en cours de formation à la gestion de cas pour les suicidants. Nous avons obtenu l’accord du comité de protection des personnes pour commencer cette recherche qui si elle démontre l’intérêt de l’accompagnement en aval des urgences pourrait légitimer notre projet de créer une unité mobile post-urgence pour les suicidants. Nous avons la chance que notre projet d’établissement prévoie des moyens pour la recherche.

Vous avez également un projet de création d’un centre renforcé d’urgence psychiatrique. Pouvez vous nous en dire quelques mots ?

Il s’agit d’une unité d’hospitalisation de courte durée, 48H au maximum, en aval des urgences, un SAS pour se donner le temps que l’on a pas dans le cadre des urgences somatiques. L’idée serait de dédier quelques lits à la décision afin d’accueillir les patients plus dignement. Ce centre nous permettrait de trouver la solution la plus adaptée à la problématique des patients, cette solution n’étant peut-être pas l’hospitalisation. L’objectif est donc aussi de réduire le nombre d’hospitalisations par défaut de temps d’évaluation.

Les méfaits de la désinstitutionnalisation
Dans les chiffres, la désinstitutionalisation s’est traduite par le passage de 78 320 lits en psychiatrie en 1994 à 57 000 lits en 2007, soit la suppression d’un tiers des lits. A Saint-Denis, l’évolution a été plus radicale encore avec le passage de 70 lits à la fin des années 1990 à 20 aujourd’hui dans le service du Dr Fayçal Mouaffak.Cette déperdition conjuguée à l’inflation démographique urbaine a eu pour conséquences une présence croissante de patients psychiatriques dans les prisons (20% des détenus en France souffrent de pathologies psychotiques selon les données de l’observatoire internationa des prisons) et l’embolisation des services d’urgence. Avec une augmentation de plus de 50% d’accueil de malades psychiatriques aux urgences au cours des 10 dernières années.

Urgences et temporalité
Selon une étude réalisée en mai 2017 par le Dr Fayçal Mouaffak, la temporalité du soin psychiatrique est particulière dans la mesure où la durée des prises en charge psychiatrique aux urgences est le double de celle des prises en charge somatiques. Car nombre de problématiques sont intriquées notamment professionnelles ou sociales. Selon une étude du Dr Schmoll, publiée dans la revue l’Encéphale en 2013, 2,2% des patients se présentant aux urgences psychiatriques sont dits récurrents ou répétiteurs, ils représentent 21,3% des passages et monopolisent donc un cinquième de l’activité. « Dans les trois-quarts des cas, sont posés des diagnostics de psychose. Mais ces patients reviennent à l’hôpital car nous n’avons pas de solution cohérente et durable à leur proposer. Ils relèvent souvent davantage du médico-social que du sanitaire. L’utopie de les faire vivre en cité s’est transformée en dystopie », commente le Dr Fayçal Mouaffak.

Hélène Delmotte
Rédactrice en chef adjointe

https://www.reseau-hopital-ght.fr/actualites/specialites-medicales/psychiatrie-pedopsychiatrie/a-saint-denis-prevenir-la-recidive-suicidaire.html?

Drôme – Ardèche Presentation Structure ressource : GUST, Guichet Unique Santé au Travail,

D'apres info signalée DRÔME/ARDÈCHE Burn-out, mal-être au travail : le Gust peut vous aider
www.ledauphine.com du 23/05


Info +
GUST Santé
Les risques psychosociaux constituent une problématique de société susceptible de concerner tous les secteurs d’activité et toutes les catégories d’emploi.
En France, depuis les premiers travaux du Conseil Economique et Social sur le sujet, la législation n’a cessé de renforcer l’obligation de prévention et de protection de la santé des salariés. Pourtant, les études réalisées par l’INRS sur la santé au travail montrent que ce phénomène se maintient à un niveau élevé, représentant a minima un coût de 3 milliards par an pour les comptes publics, perturbant le fonctionnement des entreprises et des collectifs de travail, compromettant le déroulement de la carrière professionnelle de salariés et d’agents de la fonction publique pouvant entrainer des difficultés relationnelles jusque dans la sphère familiale. Cette problématique a fait l’objet d’un constat largement partagé par les partenaires sociaux et repris dans les accords nationaux interprofessionnels (ANI) sur le stress au travail du 2 juillet 2008 et sur le harcèlement et la violence au travail du 26 mars 2010.
En Drôme-Ardèche, les acteurs et préventeurs locaux, services de santé au travail, DIRECCTE, CARSAT, CPAM, pouvoirs publics, associations (ARAVIS, REMAID, AMAV), appuyés et soutenus par les médecins généralistes, les psychiatres, les psychologues, ont décidé de constituer un réseau de professionnels P-RPS/QVT 26/07 pour partager leurs expériences et améliorer la prévention et le traitement de ces risques dans le fil des orientations du Plan Régional de Santé au Travail 2016/2020 Auvergne-Rhône-Alpes (PRST3).
Se faisant, il leur est apparu indispensable de créer une structure légère dénommée GUST, Guichet Unique Santé au Travail, celui-ci agissant comme un levier sur les problématiques de santé au travail  (conflits, crise du dialogue social, violences, accompagnement au changement, plans sociaux…). Facilement identifiable et connu des préventeurs, le GUST permet d’actionner précocement des dispositifs d’aide et de soutien qui représenteront autant d’économies sur l’avenir en termes de souffrances du personnel, désorganisation des collectifs, arrêts du travail, inaptitudes, incapacités.
Ce GUST constitue également un pôle ressource et Recherche & Développement pour l’ensemble des acteurs concourant à la prise en compte des risques psycho-sociaux.
Le Comité d’Hygiène Sociale de la Drôme apporte son soutien financier à hauteur de 10 000 euros par an sur 3 ans à REMAID, association porteuse.
Pour joindre le GUST appeler le 0 806 000 136   Mardi, Mercredi, Jeudi  9h à 12h

Source https://www.chs-drome-sante.org/soutien-projet/gust-sante

En savoir plus sur le GUST http://www.legust26-07.fr

BRETAGNE Rennes : Présentation Cellule Alerte Prévention Suicide dans la police

[Ouest] Rennes : présentation Cellule Alerte Prévention Suicide

Une délégation UNSA-Police, composée de Philippe CAVANAC, Laurent LE TALLEC et Yoann LEANDRI, représentants zonaux et départementaux, a participé à la présentation de la « Cellule Alerte Prévention Suicide » présidée par la Préfète de région, pour « mieux comprendre les causes du suicide ».


 

Source 23/05/2019 http://police.unsa.org/vie-des-regions/regions-province/article/ouest-rennes-presentation-cellule-alerte-prevention-suicide

ETUDE RECHERCHE Revue de la littérature : les outils cliniques d’évaluation du risque suicidaire chez l’adulte en soins primaires



Revue de la littérature : les outils cliniques d’évaluation du risque suicidaire chez l’adulte en soins primaires
Mathilde Blanchet 1
1 UBO UFR MSS - Université de Bretagne Occidentale - UFR Médecine et Sciences de la Santé

Résumé : En France, plus de 60% des suicidants ont contacté leur médecin généraliste dans le mois précédant leur tentative de suicide. Aucun outil simple et rapide n’est validé dans ce contexte. Le but de cette étude était de rechercher les outils cliniques d’évaluation du risque suicidaire chez l’adulte en soins primaires. Méthode : la revue de la littérature a suivi le protocole PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic reviews and Meta-Analyses). La recherche a été faite en aout 2018 sur les bases de données PubMed, Cochrane, PsycINFO. Pour être inclus un article devait contenir un outil clinique, d’évaluation du risque de suicide en soins non spécialisés. Étaient exclus les outils évalués en soins psychiatriques, sur des sous populations, trop spécifiques ou non cliniques. Résultats : 1199 articles ont été trouvés, 8 ont été inclus. 9 outils ont été trouvés, 5 avaient au moins un indice psychométrique. La Modified SAD Persons Scale avait une valeur prédictive négative entre 95,6 et 100%, une sensibilité entre 94 et 100%, une spécificité 69 à 71% et une valeur prédictive positive entre 62 et 64% pour un score positif supérieur à 5, non confirmé dans une seconde étude. La SAD Persons Scale avait une aire sous la courbe entre 0,72 et 0,76. La version longue de la Columbia Suicide Severity Rating Scale avait un alpha de Cronbach de 0,73. La Scale of Suicide Ideation SSI et la Suicide Assessment Five-Step Evaluation and Triage avaient des indices psychométriques faibles. Le Patient Safety Screener 2 et 3 étaient fortement corrélés à la SSI . 3 autres outils retrouvés n’avaient pas d’analyse psychométrique. Discussion : 9 outils d’évaluation du risque suicidaire ont été trouvés. Les indices psychométriques retrouvés pour 5 d’entre eux sont décevants. Aucun outil n’a été retrouvé en médecine générale.

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