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jeudi 7 avril 2022

MàJ GRAND EST Présentation kit régional Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS

Kit « Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS » 

Ce kit a été réalisé dans le cadre d’un groupe de travail régional SRA Grand Est dans l’objectif de vous accompagner sur la thématique de la prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées.

Les outils et éléments contenus dans ce kit n’ont pas de caractère obligatoire et ne sauraient se substituer aux outils d’ores et déjà utilisés, mais constituent des supports mis à disposition des établissements / structures adhérents à la SRA GE, ayant pour intention de les aider sur la thématique de la « Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS ».

Les établissements ou structures peuvent ainsi se les approprier, les personnaliser et les adapter à leurs besoins.

Téléchargez les supports dont vous avez besoin :
Éléments à visée informative
Page de garde (accès libre)
Sommaire (accès libre)
Fiche descriptive et d’utilisation du kit
Outils
Utilisation outil 1
Outil 1 - Repérage précoce des signes de dépression et identification des signaux d’alerte
Utilisation outil 2
Outil 2 - Évaluation de la situation et identification d’un éventuel risque suicidaire
Utilisation outil 2 Annexe
Outil 2 Annexe - Mémo sur les facteurs de risque suicidaire chez la personne âgée en ESSMS
Utilisation outil 3
Outil 3 - Support de sensibilisation des professionnels au risque suicidaire des personnes âgées en ESSMS
Utilisation outil 4
Outil 4 - Quizz « Le risque suicidaire chez les personnes âgées » et réponses au quizz
Réponses du quizz
Visuels
Utilisation visuels
Visuel 1 - La dépression chez la personne âgée – principaux signes
Visuel 2 - Note explicative
Visuel 2 - La crise suicidaire
Visuel 3 - Différencier « dépression » et « crise suicidaire » (accès libre)
Visuel 4 - Les 1ères mesures à prendre – Réagir et agir
Visuel 5 - Quelques pistes pour sécuriser l’environnement d’une personne à risque suicidaire
En complément
Pour aller plus loin : Bibliographie – Remerciements
Fiche Outils internes « Prévention et prise en charge du risque suicidaire chez la personne âgée »
Dispositifs et actions en région Grand Est" (accès libre)


Contact

1 rue du Vivarais
54500 Vandoeuvre-lès-Nancy

contact@sragrandest.org

03 83 40 85 11
https://sragrandest.org/wp/2022/02/23/kit-prevention-du-risque-suicidaire-chez-les-personnes-agees-en-essms/

 

1er post 24/02/22

Présentation kit Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS

23 févr. 2022

jeudi 21 octobre 2021

ANNUAIRESTRUCTURES TRAVAILLANT DANS LECHAMP DU SUICIDE GRAND EST



ANNUAIRE STRUCTURES TRAVAILLANT DANS LE CHAMP DU SUICIDE GRAND EST 2021

EDITION 2021
Les suicides et tentatives de suicide demeurent un problème de santé publique majeur.
Dans la région Grand Est, les conduites suicidaires, c’est en moyenne, un décès par suicide
toutes les 12 heures, un passage aux urgences et une hospitalisation complète toutes les 80
minutes. En 2017, un habitant de la région sur 20 (4,9 %) déclarait avoir eu des pensées sui-
cidaires au cours de l’année écoulée.
Le champ de la prévention des conduites suicidaires a évolué avec de nouvelles stratégies
inscrites dans la feuille de route de la santé mentale et de la psychiatrie de juin 2018 et
dans une instruction qui présente la stratégie nationale multimodale de prévention du sui-
cide. Cette stratégie, qui se déploie en région grâce aux professionnels de terrain, comporte
plusieurs axes dont le dispositif VigilanS (p.83), le déploiement de formations sur le repé-
rage et la gestion de la crise suicidaire (https://www.geps-formation.com) ou encore la
mise en place d’un numéro unique.
Dans ce cadre et en appui du déploiement de stratégies innovantes et probantes, l’Agence
Régionale de Santé (ARS) du Grand Est et ses partenaires ont jugé indispensable de dispo-
ser d’un annuaire des professionnels et associations ressources sur le territoire afin de le
diffuser largement.
L’ARS Grand Est en a confié la réalisation à l’Observatoire Régional de la Santé Grand Est
(ORS Grand Est).
https://ors-ge.org/sites/default/files/documents/Annuaire_2021_10_04.pdf

mardi 5 octobre 2021

Prévention du suicide : le point sur les actions menées en Grand Est

 Communique ARS Grand est

Journée mondiale de prévention du suicide : le point sur les actions menées en Grand Est
9 septembre 2021



La Journée mondiale de la prévention du suicide a pour but de sensibiliser le grand public à l’ampleur du problème et aux façons de le prévenir.

La France présente l'un des taux de suicide les plus élevés d’Europe avec environ 9300 décès par an.

Le Grand Est touché par ce problème majeur de santé publique a mis en place une stratégie de prévention avec une feuille de route en santé mentale.

La France métropolitaine présente un des taux de suicide les plus élevés d’Europe avec environ 9 300 décès par suicide par an, soit près d’un toutes les heures. Les tentatives de suicides entraînent 200 000 passages aux urgences par an et 75% des récidives ont lieu dans les 6 mois suivant une première tentative.
Pour chaque décès par suicide, ce sont 7 personnes qui sont significativement impactées et 26 personnes endeuillées.
Il s'agit donc d'un problème majeur de santé publique, qui peut cependant faire l’objet d’une stratégie de prévention.
Le Grand Est, une région aux fortes disparités départementales

La région Grand Est présentait en 2015 un taux de mortalité par suicide comparable au taux national (16.5 pour 100 000 habitants). Néanmoins, de fortes disparités départementales apparaissent : les Vosges et la Haute Marne enregistrent les taux les plus élevés de la région, avec respectivement 23.7 et 23.6 décès par suicide pour 100 000 habitants contre 11.7 dans le département du Bas-Rhin.

Ainsi, en région Grand Est, on comptabilise en moyenne 1 décès par suicide toutes les 12 heures, un passage aux urgences et une hospitalisation complète toutes les 80 minutes. En 2017, un habitant de la région sur 20 déclarait avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, ce qui représentait plus de 190 000 personnes.

La feuille de route de la santé mentale et de la psychiatrie publiée en juin 2018 puis l’instruction du 10 septembre 2019 présentent la stratégie nationale multimodale de prévention du suicide.

L’ARS Grand Est décline cette stratégie en région (parcours" Santé mentale") avec l’appui des professionnels de terrain.

Vous vous sentez concernés par le suicide ? Où vous adresser ?
Vous êtes un particulier ?

Si vous, ou l'un de vos proches, vous sentez concernés par le suicide, ou si vous éprouvez un mal être psychique, avec des idées suicidaires ou non, nous vous recommandons de prendre contact avec votre médecin traitant, le Centre Médico Psychologique (CMP) de votre secteur, en contactant l’hôpital psychiatrique le plus proche ou encore un cabinet de psychiatre ou de psychologue libéral.

Si la situation vous parait urgente, vous pouvez appeler les urgences (le 15) ou vous rendre au service des urgences de votre hôpital de proximité.

Vous trouverez des informations générales sur le thème du suicide, sur le site du PSYCOM, un organisme public d'information et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale : http://www.psycom.org/Troubles-psychiques/Risque-suicidaire#aide

Vous êtes un professionnel ?

Dans le cadre de la prévention des conduites suicidaires, l’ARS Grand Est a confié à l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) Grand Est la réalisation d'un annuaire des professionnels et des associations ressources dans les départements du Grand Est (Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vosges).

> Annuaire des structures travaillant dans le champs du suicide en Grand Est

Si vous êtes un professionnel et si vous voulez y figurer ou modifier vos coordonnées, n’hésitez pas à contacter Delphine Reboul à l'ORS Grand Est : delphine.reboul@ors-ge.org

Aller plus loin

Liens utiles
Communiqué de presse Journée mondiale de prévention du suicide Le ministère des Solidarités et de la Santé poursuit son engagement pour une prévention du suicide au plus près des personnes à risque suicidaire
Site internet Ministère de la Santé : la prévention du suicide

Allez plus loin
Bulletin de Santé publique conduites suicidaires dans le Grand Est – Février 2019
Santé Publique France – Suicide et tentatives de suicides : données nationales et régionales
Instruction n° DGS/SP4/2019/190 du 10 septembre 2019 relative à la stratégie multimodale de prévention du suicide
Feuille de route santé mentale et psychiatrie
Site PSSM France : https://pssmfrance.fr/
Dossier HCSP - La prévention du suicide (2003)
[Interview] La Santé en action, 2019, n°. 450 - Démontrer qu'il existe des méthodes efficaces de prévention du suicide

Source https://www.grand-est.ars.sante.fr/journee-mondiale-de-prevention-du-suicide-le-point-sur-les-actions-menees-en-grand-est-0 

jeudi 1 avril 2021

MàJ Groupe de travail SRA Grand Est «Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS»

Groupe de travail SRA Grand Est
«Prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées en ESSMS»

Selon le 4ème rapport de l’Observatoire National du Suicide (Juin 2020), en France, en 2016, les décès par suicide des personnes âgées de 75 ans ou plus représentent 20 % de l’ensemble des décès par suicide, tandis que la population de cette tranche d’âge ne constitue que 9 % de l’ensemble de la population.

Par ailleurs, l’analyse des Évènements Indésirables Graves Associés aux Soins (EIGS) menée par la HAS met en exergue l’importance de cette thématique : en effet, selon la HAS*, les suicides ou tentatives de suicides sont la 2ème cause d’EIGS avec 439 EIGS « suicides » sur 1187 EIGS remontés.

* « Retour d’expérience sur les évènements indésirables graves associes à des soins (EIGS) - Rapport annuel d’activité 2019 – HAS »

Dans ce cadre, la SRA Grand Est a identifié les besoins de ses adhérents sur cette thématique via la transmission d’un questionnaire en Octobre 2020.

Après analyse, les réponses font ressortir des attentes des établissements et structures quant à des outils et supports :

  • permettant d’identifier les signaux précurseurs et les étapes d’une crise suicidaire,
  • de formation / de sensibilisation à destination des professionnels,
  • de communication autour du risque suicidaire.

Vous retrouverez l’ensemble des résultats de l’enquête ICI.

Afin de répondre à ces besoins, la SRA Grand Est met en place un groupe de travail spécifique ouvert aux établissements et structures du secteur médico-social « Personnes âgées », avec un nombre limité à 25 participants maximum.

1ère réunion

La 1ère réunion de ce groupe de travail s’est tenue le 16/02/2021, en présence du RéGéCAP (Réseau de coordination Champagne-Ardenne - Gérontologie et Soins Palliatifs) et du Dr Géraldine HALING, responsable du département de Psychogériatrie du CPN.

Au programme :

  • La présentation de quelques définitions et données chiffrées sur les suicides et tentatives de suicide,
  • Des échanges sur les outils actuels, leurs limites et les besoins des adhérents,
  • La définition de la méthodologie des travaux à mener pour répondre aux attentes. 

Merci à tous les participants pour leur présence !

Support de communication

2ème réunion

La 2ème réunion se déroulera le 6 Avril, de 14h à 16h. Celle-ci constituera la 2ème étape du groupe et sera dédiée à la compréhension de la crise suicidaire et notamment :

  • à la définition de la crise suicidaire,
  • à l’identification des facteurs de risques,
  • au repérage des signaux précurseurs et des signes d’alerte,
  • à l’évaluation du risque,
  • et à la mise en place d’actions réflexes.

Dans le cadre de leur co-construction, elle permettra également de recueillir les avis des participants sur les outils et supports proposés.

Pour tout renseignement complémentaire à ce sujet, vous pouvez nous contacter à l’adresse mail suivante : qualite.reims@sragrandest.org.    

En savoir plus

Source https://sragrandest.org/wp/2021/03/18/groupe-de-travail-sra-grand-est-prevention-du-risque-suicidaire-chez-les-personnes-agees-en-essms/

1er post : 21/11/2020

jeudi 11 mars 2021

La Maison des adolescents (MDA) de Toul (54) complète le maillage départemental depuis ce 9 mars

Écoute et confiance à la Maison des adolescents

La Maison des adolescents (MDA) de Toul complète le maillage départemental depuis ce 9 mars. Cet établissement de l’OHS de Lorraine sera ouvert tous les mardis. Un numéro de téléphone est joignable du lundi au vendredi.

Par Jérôme BOURGUIGNON - 09 mars 2021 à 13:23

Premier jour de fonctionnement de la Maison des adolescents (MDA) de Toul, un établissement de l’OHS de Lorraine, ce 9 mars, dans les locaux du centre de ressources de la médiathèque. La psychologue qui assurera les permanences, tous les mardis, n’a pu assister à l’ensemble de l’inauguration le matin, les premiers appels téléphoniques la retenaient dans son bureau.

Le maillage des MDA se poursuit sur le département ; après Toul, il ne restera que Lunéville à pourvoir. « On vise une équité de traitement pour tous les jeunes », indique Marie-Thérèse Bazille, directrice de la MDA de Meurthe-et-Moselle.

Les demandes des 11 à 25 ans sont fortes. La dernière antenne a été ouverte sur Briey et Longwy. « On est passé d’une personne par semaine à deux temps pleins de psychologues pour ce secteur ».

Au départ, la MDA effectue un gros travail avec les structures susceptibles de rencontrer des jeunes en difficultés, afin de se faire connaître, ensuite « le bouche-à-oreille fonctionne et les adolescents viennent d’eux-mêmes ».

La structure présente les avantages d’un dispositif de prévention de premier recours, « si les jeunes ont besoin d’aller au centre médico-psychologique (CMP), ils iront. D’autres n’en ont pas besoin ». Marie-Thérèse Bazille donne l’exemple d’une peine de cœur.

Un jeune sera toujours écouté et soutenu

Clara Denis s’occupera de l’antenne touloise. Sa présence est « un atout à préserver », selon la directrice de la MDA. « Le temps que l’on peut consacrer aux jeunes est essentiel ».

Ils peuvent venir spontanément, ils seront toujours reçus mais pas aussi longtemps que s’ils avaient pris rendez-vous. Ce dernier est fixé sans autorisation parentale. Le fonctionnement est souple, l’endroit facile d’accès.

« C’est un plaisir pour la ville de mettre ces locaux à disposition. Le besoin date de plusieurs années comme le rappelait Lucette Lalevée », explique Alde Harmand, maire.

Suppléante du député Dominique Potier, Martine Huot-Marchand affirme que « cette nouvelle installation tombe à pic. Les ados représentent une population qui souffre le plus, notamment avec l’épidémie. Il faut une relation de confiance avec eux et changer la façon d’intégrer la santé mentale ».

« Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et en passe de devenir la première », rappelle Marie-Thérèse Bazille. Les adolescents seront toujours accompagnés par la MDA. « Même si on ne traite pas l’urgence, on accompagnera un jeune aux urgences physiquement s’il le faut en attendant les parents ».

Les 11-25 ans disposent d’un numéro commun aux MDA, le 03.83.26.08.90, du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 17 h 30. L’antenne de Toul, située au centre de ressources de la médiathèque, est ouverte tous les mardis de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h. La MDA accompagne les adolescents et soutient la parentalité.

https://www.estrepublicain.fr/societe/2021/03/09/ecoute-et-confiance-a-la-maison-des-adolescents

samedi 12 décembre 2020

L’ORS Grand Est réalise actuellement un recensement des structures travaillant sur la question du suicide (structures sanitaires ou associatives) en Grand Est

 Communiqué « Recensement des structures travaillant sur la question du suicide »

10 décembre 2020

L’ORS Grand Est réalise actuellement un recensement des structures travaillant sur la question du suicide (structures sanitaires ou associatives) en Grand Est.

Cet état des lieux a pour objectif d’aider à la mise en œuvre des 3 niveaux de formations proposé par le Groupement d’Études et de Prévention du Suicide (GEPS) qui sont :

  • Des formations ciblées sur l’intervention auprès des personnes en crise suicidaire
  • Des formations à devenir « sentinelles » destinées aux citoyens ou professionnels volontaires en mesure de repérer la souffrance psychologique et la problématique suicidaire au sein de leur milieu de vie et d’orienter les personnes en souffrance
  • Des actions de sensibilisation et d’informations sur le risque suicidaire

Alors, si vous êtes une structure sanitaire ou associative travaillant sur la question du suicide et que vous souhaitez faire partie de ce recensement d’acteurs, vous pouvez contacter l’ORS Grand Est à contact@ors-ge.org ou delphine.reboul@ors-ge.org

https://ors-ge.org/actualites/communique-recensement-des-structures-travaillant-sur-la-question-du-suicide

vendredi 13 novembre 2020

MàJ VigilanS Champagne-Ardenne a été lancé officiellement le 1er octobre 2020


Prévention de la récidive suicidaire : VigilanS Champagne-Ardenne


VigilanS est un dispositif de recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide. Il a été lancé officiellement le 1er octobre 2020 en Champagne-Ardenne. Il est porté par l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

Le dispositif VigilanS se base sur une idée simple : après une tentative de suicide, à la sortie d’une structure de soin (urgence, centre de crise, hôpital), il est important de maintenir le lien… Une carte dite ressource avec un numéro vert à contacter en cas de besoin est ainsi remise à toute personne ayant fait une tentative de suicide.

Au sein de la clinique Henri-Ey, à Reims, 2 Vigilanseurs prennent les appels du lundi au vendredi, de 9 à 17 heures. En fonction des besoins, le patient est rappelé entre 10 et 21 jours, ou à 6 mois. S’il est injoignable ou en difficulté, une carte postale lui est envoyée, une par mois pendant quatre mois. Un compte-rendu est systématiquement adressé au médecin généraliste et au psychiatre référent.

À 6 mois, tous les sujets participant au dispositif VigilanS sont rappelés pour une évaluation. Lors de cet appel, les situations cliniques sont évaluées avec soin et la veille est soit reconduite, soit abandonnée car devenue inutile.
Bien que rattachée au pôle universitaire de psychiatrie de Reims, l’équipe de VigilanS intervient dans toute la région Champagne-Ardenne. Elle est composée de 3 infirmiers à mi-temps, d’un psychologue à mi-temps et d’une secrétaire à temps complet. Deux infirmiers remplaçants s’y ajoutent pour assurer la continuité du dispositif.

VigilanS a été imaginé en 2014 par le Pr Guillaume Vaiva du CHRU de Lille, et soutenu par l’Agence Régionale de Santé du Nord-Pas-de-Calais. Le premier site a ouvert le 1er février 2015 à Boulogne. Progressivement, tous les sites hospitaliers accueillant des suicidants dans la Région Nord-Pas-de-Calais ont rejoint volontairement le dispositif. En 2016, première année « pleine », 3 150 patients suicidants étaient entrés dans le dispositif VigilanS, dont 51 % de personnes ayant fait une première tentative de suicide.

Chef de pôle : Pr Arthur KALADJIAN
Cadre supérieur de santé : Muriel LAROCHE
Praticien hospitalier responsable de l’unité : Dr Louise PIMPAUD

 

vendredi 11 septembre 2020

Journée mondiale de prévention du suicide : le point sur les actions menées en Grand Est

Journée mondiale de prévention du suicide : le point sur les actions menées en Grand Est
Source ARS Grand Est
Date de publication

La Journée mondiale de la prévention du suicide a pour but de sensibiliser le grand public à l’ampleur du problème et aux façons de le prévenir.

La France présente l'un des taux de suicide les plus élevés d’Europe avec environ 9000 décès par an.

Le Grand Est touché par ce problème majeur de santé publique a mis en place une stratégie de prévention avec une feuille de route en santé mentale.
Corps de texte

La France métropolitaine présente un des taux de suicide les plus élevés d’Europe avec environ 9 000 décès par suicide par an. Les tentatives de suicides entraînent 200 000 passages aux urgences par an et 75% des récidives ont lieu dans les 6 mois suivant une première tentative. Pour chaque décès par suicide, ce sont 7 personnes qui sont significativement impactées et 26 personnes endeuillées.
Il s'agit donc d'un problème majeur de santé publique, qui peut cependant faire l’objet d’une stratégie de prévention.

Le Grand Est, une région aux fortes disparités départementales

La région Grand Est présentait en 2015 un taux de mortalité par suicide comparable au taux national (16.5 pour 100 000 habitants). Néanmoins, de fortes disparités départementales apparaissent : les Vosges et la Haute Marne enregistrent les taux les plus élevés de la région, avec respectivement 23.7 et 23.6 décès par suicide pour 100 000 habitants contre 11.7 dans le département du Bas-Rhin.

Ainsi, en région Grand Est, on comptabilise en moyenne 1 décès par suicide toutes les 12 heures, un passage aux urgences et une hospitalisation complète toutes les 80 minutes. En 2017, un habitant de la région sur 20 déclarait avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, ce qui représentait plus de 190 000 personnes.

La feuille de route de la santé mentale et de la psychiatrie publiée en juin 2018 puis l’instruction du 10 septembre 2019 présente la stratégie nationale multimodale de prévention du suicide.

L’ARS Grand Est décline cette stratégie en région (parcours" Santé mentale") avec l’appui des professionnels de terrain. 

Vous vous sentez concernés par le suicide ? Où vous adresser ?

Si vous, ou un de vos proches, vous sentez concernés par le suicide, ou si vous éprouvez un mal être psychique avec des idées suicidaires ou non, nous vous recommandons de prendre contact avec votre médecin traitant, le Centre Médico Psychologique (CMP) de votre secteur, en contactant l’hôpital psychiatrique le plus proche ou encore un cabinet de psychiatre ou de psychologue libéral.

Si la situation vous parait urgente, vous pouvez vous rendre au service des urgences de votre hôpital de proximité.

Vous trouverez des informations générales sur le thème du suicide, sur le site du PSYCOM, un organisme public d'information et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale : http://www.psycom.org/Troubles-psychiques/Risque-suicidaire#aide

Voir Aussi

source https://www.grand-est.ars.sante.fr/journee-mondiale-de-prevention-du-suicide-le-point-sur-les-actions-menees-en-grand-est

lundi 27 janvier 2020

Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne (51) Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?

Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?
Source https://www.epsm-marne.fr/**

Une nouvelle formation a commencé au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne : la prévention du risque suicidaire. Destinée aux infirmiers, psychologues, assistants sociaux et médecins, elle doit leur permettre de reconnaître les signes de détresse chez les patients, d’évaluer le risque de passage à l’acte et d’adapter leur intervention.
Retarder le plus possible le passage à l’acte suicidaire pour laisser la place au soin : tel est l’objectif principal de la formation sur la prévention du risque suicidaire qui a démarré les 18 et 19 novembre 2019 au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.
Quinze infirmiers s’étaient inscrits à cette première session qui dure trois jours. « La première partie s’avère théorique. On aborde la notion de suicide, l’épidémiologie, les idées reçues, la particularité du suicide en milieu psychiatrique », explique le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre au pôle infanto-juvénile d’Épernay-Sézanne de l’EPSM de la Marne et formateur régional avec Carine Léon, psychologue au pôle rémois 05. Le modèle théorique psychosocial de la crise suicidaire y est développé. Tout comme les interventions de crise avec des outils d’évaluation. « Il n’y a pas uniquement des paroles explicites mais aussi de petits signes allusifs, de petits gestes qui peuvent survenir avant le passage à l’acte suicidaire », rappelle le Dr Vincent Scherr.
Pour travailler les techniques d’entretien avec des patients suicidaires, les deux formateurs n’hésitent pas à mettre en situation les participants dans des jeux de rôle. « Le but est qu’ils développent, qu’ils optimisent leur capacité à repérer une personne en phase de crise suicidaire et à apporter une aide appropriée, adaptée pour éviter le passage à l’acte », précisent le Dr Vincent Scherr et Carine Léon.
« Un risque fort en psychiatrie »
« Le risque suicidaire est un risque fort en psychiatrie qui est identifié comme tel par l’établissement et posé au Compte Qualité thématique Parcours du patient, indique Marie-José Mouchot, directrice adjointe - coordonnateur des risques associés aux soins. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un panel d’actions. » La formation systématique des professionnels à la prise en charge de patients présentant un risque suicidaire, recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) lors de la visite de certification en avril dernier, en fait désormais partie.
Une formation que les 15 infirmiers ont trouvée « très enrichissante » et particulièrement « accessible ». La plupart d’entre eux se sentent désormais « plus à l’aise ». « On est mieux armé, on a des outils supplémentaires pour faire face à un patient en crise suicidaire, confie Mathilde, infirmière dans un centre médico-psychologique (CMP). On peut tous être confronté à ce type de situation quelle que soit la structure dans laquelle on travaille. »
La première session s’achève le 28 janvier 2020. Une deuxième session est d’ores et déjà programmée les 3 et 4 février 2020, ainsi que le 18 mars, sur le site rémois de l’établissement. Elle sera animée par le Dr Éric Tran, médecin psychiatre à G10, et Nezlie Lefevre, psychologue clinicienne au CHU de Reims, tous deux formateurs régionaux. À terme, l’ensemble des soignants devrait être formé à la prévention du risque suicidaire. Comme l’annonce Marie-José Mouchot : « cette formation a vocation à être pérenne ».
Des actions inscrites dans le projet d’établissement
Lors de la commission médicale d’établissement (CME) du 22 novembre 2018, le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre, avait déjà présenté des préconisations concernant la prévention des passages à l’acte suicidaire en service intra-hospitalier. Parmi les pistes envisagées, la formation des personnels soignants dans les trois ans, la mise en place de référents en prévention du suicide dans chaque unité, le développement de réunions cliniques en équipe autour de la crise suicidaire. Parallèlement, une fiche actions dédiée à la prévention du risque suicidaire a été insérée dans le projet d’établissement 2018-2022.

https://www.epsm-marne.fr/actualites/comment-prevenir-le-risque-suicidaire-chez-un-patient

lundi 14 octobre 2019

Lunéville (54) Santé Du soutien téléphonique pour les personnes âgées

Lunéville | Santé Du soutien téléphonique pour les personnes âgées
Le Stapa, vous connaissez ? Il s’agit du soutien téléphonique aux personnes âgées mis en place, depuis 2004, sur le territoire. Zoom sur un dispositif évoqué cette semaine à l’occasion du 20e anniversaire de l’unité de prévention et de promotion de la santé mentale du Lunévillois.
Le 13/10/2019 à 05:03 /www.estrepublicain.fr/*

Photo HD Le salon des Halles accueillait, ce jeudi, plusieurs conférences organisées pour les 20 ans de l’unité de prévention et de promotion de la santé mentale du Lunévillois. Photo ER /Adeline ASPER
Chaque année, quelque 3000 personnes âgées se suicident et 70 % d’entre eux ont lieu au domicile. Des chiffres alarmants qui ont fait prendre conscience de l’urgence à gérer la situation. À Lunéville, depuis 2004, l’unité de prévention de la psychiatrie adulte a créé un dispositif, le Stapa (soutien téléphonique aux personnes âgées), visant à fédérer l’adhésion des partenaires accompagnant la personne âgée.

Ce jeudi, le Stapa était présenté au public à l’occasion du 20e anniversaire de l’unité de prévention et de promotion de la santé mentale du Lunévillois. Au milieu d’autres interventions, l’exemple concret de ce dispositif propre à Lunéville a mis en exergue tout le bien-fondé du programme. « Ce dispositif a pour objectif de soutenir psychologiquement les personnes âgées de plus de 65 ans qui habitent le Lunévillois. La communication entre l’appelant et l’appelé permet de rompre la solitude et les évaluations mises en place auprès du médecin traitant permettent de mettre en évidence la pertinence de ce dispositif. »

25 personnes prises en charge actuellement

Catherine Hamelin et Aurélie Marchal, toutes deux infirmières, ainsi qu’Émilie Thouvenin, conseillère en gérontologie, ont présenté une situation concrète qu’elles ont eue à traiter. « Une dame qui devait être protégée de son fils, pressé de la placer en Ehpad et qui, aujourd’hui, vit toujours chez elle avec des aides à domicile. Après le suivi effectué grâce au Stapa, elle est aujourd’hui moins anxieuse et plus sereine. »Actuellement, 25 personnes sont prises en charge par le Stapa et 300 personnes âgées ont été suivies depuis le début de cette opération.
Plus d’infos sur le Stapa : 03 83 92 67 00.

https://www.estrepublicain.fr/edition-de-luneville/2019/10/13/du-soutien-telephonique-pour-les-personnes-agees

mardi 24 septembre 2019

GRAND EST SOLIDARITÉ « Plus de 100 pas d’espoir » contre le suicide

SOLIDARITÉ « Plus de 100 pas d’espoir » contre le suicide
Le Mulhousien d’origine Jean-Baptiste Feist s’est lancé ce lundi dans une marche de Saverne à Thann. Cette action, « Plus de 100 pas d’espoir pour Sepia », vise à briser l’isolement et soutenir l’action de cette association de prévention du suicide.
24/09/2019
Jean-Baptiste Feist, au départ de sa randonnée de douze jours, ce lundi à Saverne, revêtu du tee-shirt créé spécialement pour cette action. Photo Camille Feist

Une marche a toujours un but, fait valoir Jean-Baptiste Feist. Il souhaite en plus « donner un sens » à celle dans laquelle il s’est lancé, ce lundi matin au départ de Saverne, pour douze jours à travers l’Alsace, jusqu’à Thann. En l’occurrence mettre en avant la prévention d’une cause « sensible » qui lui tient à cœur, celle du suicide, concernant « une personne toutes les 40 secondes, soit 804 000 personnes par an, sur l’année 2012, selon l’Organisation mondiale de la santé », comme il le détaille sur les réseaux sociaux.

« Le voyage et la marche remplacent la morosité par la curiosité »

En partenariat avec l’association Sepia (Suicide écoute prévention intervention auprès des ados), ce Mulhousien d’origine, âgé de 32 ans, espère encourager « des personnes qui ont peut-être besoin d’extérioriser leur détresse et briser leur isolement », mais aussi faire passer le message que « la marche et le voyage aident énormément ». C’est ainsi que lui a réussi à « prendre du recul » alors que dans son enfance, il a été marqué par le suicide en peu de temps de deux de ses proches, ceux de son père et de son parrain. « Cela a changé mon adolescence. Ces années ont été difficiles. J’étais en révolte. Je ne trouvais pas d’explication », se souvient Jean-Baptiste Feist. « Le voyage et la marche permettent de changer d’air et de penser calmement. Ce sont des formes de thérapie qui remplacent la morosité par la curiosité. Et quand la curiosité est là, il y a l’envie d’avancer, il y a de l’espoir. J’ai pu mettre des mots sur des manques et m’en sortir. »

De fait, sans être, estime-t-il, un grand marcheur, il a effectué « plusieurs treks en Indonésie ». Et il a voyagé, en commençant par le Canada, « le pays du hockey sur glace » dont il rêvait, au terme de ses études en techniques de commercialisation à l’IUT Colmar. Puis, après une licence professionnelle effectuée en alternance dans une entreprise du bâtiment en Alsace, il est reparti, il y a six ans, pour l’Australie, où il est désormais responsable d’un magasin de vins et spiritueux, au sud de Perth.

Il a plaisir à revenir régulièrement en France, pour se « raccrocher aux racines, à la famille et aux traditions » qu’il apprécie. Et c’est à cette occasion qu’il a eu l’initiative de ce projet, initialement sportif et finalement aussi solidaire, baptisé « Plus de 100 pas d’espoir pour Sepia ». Depuis ce lundi, ceux qui le souhaitent peuvent consulter son itinéraire de 292 km sur la page Facebook de l’événement et l’accompagner, sans qu’il y ait d’encadrement particulier, le temps d’une étape le long du beau GR5. « Quand je vois la réactivité sur les réseaux sociaux, ça fait plaisir ! », sourit Jean-Baptiste Feist. Pour ceux qui ne le rejoignent pas sur les sentiers, il est aussi possible de soutenir l’action de prévention de Sepia à travers la collecte de fonds qu’il a lancée sur internet.

AIDER Sur le site : www.gofundme.com/f/100-pas-pour-sepia

jeudi 23 mai 2019

ALSACE Agriculture Une association à l'écoute de la souffrance des paysans

Agriculture Une association à l'écoute de la souffrance des paysans
Créée il y a deux ans à Fréland, l’antenne alsacienne de Solidarité paysans est une sorte de « SOS amitié » pour les agriculteurs. La démarche d’exprimer son désarroi reste encore rare chez les paysans.
22/05/2019  par Françoise Marissal www.lalsace.fr*

« Parler de ses difficultés n’est pas dans la mentalité des agriculteurs, ils voient ceci comme une honte, un échec. » Réunis autour d’une table à Fréland, Marie-Ray Prou, ancienne infirmière et fille d’agriculteurs, Denis Marchal, éleveur à la retraite à Lapoutroie, et Michel Hartweg, viticulteur à la retraite à Dambach-la-Ville, expliquent les raisons de la création, il y a deux ans, de Solidarité paysans Alsace : « Nous leur permettons justement de pouvoir parler en toute confidentialité et sans jugement ; nous sommes d’abord là pour être à l’écoute de leur détresse. »

Antenne régionale de Solidarité paysans, elle peut également leur permettre de prendre du recul par rapport à leur situation, être un relais vers les différents partenaires, MSA (mutualité sociale agricole), chambre d’agriculture (etc.), les accompagner lorsqu’il s’agit de renégocier un prêt… Elle compte une dizaine de bénévoles accompagnateurs. 

La démarche doit venir d’eux-mêmes, nous ne nous imposons pas

En deux ans, une quinzaine d’agriculteurs les ont contactés, principalement des agriculteurs de montagne : « La démarche doit venir d’eux-mêmes, nous ne nous imposons pas » , indique Marie-Ray Prou, présidente de l’antenne.

Si bien sûr les difficultés existent dans tous les métiers, celles des agriculteurs sont particulières car elles sont peu connues. D’une part du fait de cette honte d’en parler, d’autre part car elles ont un impact affectif très fort.

L’obligation de cohabiter sous un même toit

Ainsi, « les problèmes de transmission sont parmi les plus fréquents, surtout si l’enfant se sent contraint de reprendre alors que ce n’est pas sa vocation. Quand ils prennent leur retraite, les parents restent souvent sur l’exploitation ; ils ont du mal à lâcher, à accepter que leurs enfants puissent faire d’autres choix de production. » D’où des tensions permanentes.

Souvent, par manque de moyens, le jeune ne peut racheter l’exploitation à ses parents et est locataire, mais il suffit d’une mauvaise année pour qu’il se retrouve en difficulté : soit il ne peut plus rembourser ses parents, lesquels ont eux-mêmes de très faibles retraites, soit c’est lui qui ne peut plus vivre de son travail. Souvent aussi, les parents aident à l’exploitation, mais lorsqu’ils doivent arrêter, le fils se retrouve noyé dans le travail car il n’a pas les moyens d’avoir un salarié.

Un agriculteur ne peut se permettre d’arrêter

Le problème se retrouve aussi lors des divorces : le conjoint participait au travail. Une fois parti le restant ne peut plus en assumer la charge. 

C’est le cas d’un éleveur du Haut-Rhin. Après la séparation d’avec sa femme, il a dû peu à peu diminuer l’exploitation, vendre ses bêtes. Cela n’a pas suffi, et il a fait un burn out. « À la différence d’un salarié, un agriculteur ne peut se permettre d’arrêter ; les bêtes ont besoin qu’on s’occupe d’elles chaque jour » , souligne Denis Marchal.

Si, en Alsace, les éleveurs sont les plus démunis, le phénomène touche dorénavant aussi les viticulteurs. Solidarité paysans vient d’en rencontrer un, pris à la gorge par ses dettes. « Il avait emprunté pour refaire sa cave. Mais ces dernières années les ventes de vin ont chuté , car la consommation de vin baisse alors que la concurrence des autres pays augmente. Les prix ont donc baissé et il n’a plus pu rembourser » , détaille Michel Hartweg.

Noyés sous les dossiers administratifs

Certes, il existe des aides, mais les agriculteurs sont souvent noyés sous la multiplication de dossiers à remplir. « Ceux qui en auraient le plus besoin, les petits, n’ont pas la possibilité de le faire car ils travaillent toute la journée, s’indigne Marie-Ray Prou. Ce sont les grosses exploitations qui en bénéficient, celles dont le patron est au bureau tandis que ses salariés sont au champ. Parfois, les petits agriculteurs ne connaissent même pas leurs droits, la possibilité de demander le RSA par exemple… »

À l’extrême, le suicide arrive. Un a eu lieu dans le secteur récemment, plus une tentative.

Les membres de l’association s’indignent d’autant plus qu’à côté de cela « on se désole que les villages se dépeuplent. Or, un agriculteur c’est une famille, des enfants à l’école… »

Une amplification avec le dérèglement climatique ?

Ils craignent de voir le phénomène de souffrance prendre de l’ampleur avec l’augmentation de la fréquence des périodes de sécheresse « qui se multiplient depuis les années 2000 » , reprend Denis Marchal. Et 2019 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices : « Avec les dégâts de la sécheresse 2018, et ceux des sangliers, on prévoit déjà une récolte en baisse de 50 %. Certains éleveurs se demandent déjà comment ils vont pouvoir nourrir leurs bêtes. »

Le taux de suicide des agriculteurs est trois fois plus élevé que dans les professions à responsabilité, qui génèrent du stress. Chez les femmes, il est deux fois plus important.

Marie-Ray Prou présidente de Solidarité paysans Alsace

De multiples soutiens et une lente évolution

La MSA (Mutualité sociale agricole) d’Alsace a mis en place des structures de soutien aux agriculteurs il y a trois ans.

Ainsi, onze points d’accueil sont répartis dans la région, où les agriculteurs (exploitants comme salariés) peuvent rencontrer des travailleurs sociaux.

Elle a également développé des aides sociales en cas de difficultés financières, de santé, sociales… Elle peut prendre en charge 300 € en cas de besoin de voir un psychologue.

Pilotée par la MSA et la Chambre d’agriculture, la cellule Réagir propose un accompagnement administratif.

Chaque MSA dispose par ailleurs d’une cellule pluridisciplinaire de prévention : travailleurs sociaux, médecins du travail, conseillers en prévention et conseillers en prestations sociales y sont présents.
D'autres dispositifs au plan national

D’autres dispositifs existent au plan national : Agri’écoute est un service d’accueil téléphonique 24h/24 et 7j/7. Lorsqu’un risque de burn out , voire de suicide, est détecté, chaque MSA peut proposer à l’agriculteur une « aide au répit » : des agriculteurs salaries qualifiés peuvent venir s’occuper de l’exploitation pour permettre à l’agriculteur de faire une pause.

Mais les habitudes ont la vie dure : « Nous avons une enveloppe financière pour une trentaine de familles, souligne Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA Alsace. Mais elle est peu utilisée. L’agriculteur ne se sent pas le droit de partir ; tout au plus permettra-t-il à sa famille de partir, mais pas lui. »

Les agriculteurs osent enfin se renseigner sur leurs droits

Même phénomène en matière de prestations de soutien. On recense une cinquantaine d’agriculteurs qui perçoivent le RSA ; et le nombre de ceux qui perçoivent la prime d’activité (complément de revenu quand le travail n’arrive pas à faire vivre le foyer) est en augmentation. « Mais les chiffres restent en deçà de la réalité ; ce n’est pas dans la mentalité agricole de faire appel à la solidarité nationale. »

Cela dit, les choses évoluent petit à petit, « les agriculteurs osent enfin se renseigner sur leurs droits ».

Il n’empêche que, en plus des difficultés évoquées par les membres de Solidarité paysans, les agriculteurs doivent faire face au climat social.
«L’agri-bashing», même chez les agriculteurs bio

«L’agri-bashing» est un problème, « même chez les agriculteurs bio ; ceux-ci aussi ont besoin de pulvériser leurs cultures et ils doivent se justifier. » Les éleveurs souffrent de l’influence des végans, des débats sur le bien-être animal.

L’Alsace possède également ses problématiques spécifiques. Le coût des terres agricoles y est élevé, d’où les nécessités d’endettement, ou l’obligation pour les différentes générations de cohabiter.

Par ailleurs « l’Alsace est un grand village, où les exploitations sont proches, reprend Sylviane Fargeon. Le poids du regard des autres y est important. Le jeune se sent une obligation de réussir la succession, de garder intacte la ferme familiale. »


Ils ont du mal à vivre l’image du viticulteur opulent lorsqu’ils ont des problèmes financiers

Heureusement, les exploitations y restent encore souvent petites et diversifiées ; si une filière est en crise, les autres peuvent compenser.

Le phénomène touche désormais aussi les viticulteurs : « Ils ont du mal à vivre l’image du viticulteur opulent lorsqu’ils ont des problèmes financiers. » Le suicide survenu en 2019 était d’ailleurs un viticulteur.

Pour la MSA, Solidarité paysans est un partenaire précieux : « Ses membres sont sur le terrain et peuvent orienter un agriculteur chez nous. Et étant eux-mêmes paysans, ils peuvent échanger plus facilement et montrer à leur confrère qu’il n’est pas seul. »

SURFER Sur le site national de Solidarité paysans

CONTACTER Directement l'antenne alsacienne au 03.89.47.20.28 ou par e-mail : solidaritepaysansalsace(@)zaclys.net

https://www.lalsace.fr/haut-rhin/2019/05/23/ecouter-la-souffrance-des-paysans

mardi 7 mai 2019

MàJ Jeunes en souffrance psychique : lancement de l’expérimentation Écout’Émoi en Île-de-France


Jeunes en souffrance psychique : lancement de l’expérimentation Écout’Émoi en Île-de-France
Communiqué de presse Santé publique

Logo Ecout'émoi

L’expérimentation Écout’Émoi, destinée aux jeunes de 11 à 21 ans en détresse psychologique, débute en Île-de-France, Pays de la Loire et Grand Est pour une durée de trois ans.


L’expérimentation Écout’Émoi, mesure phare du plan « Bien être et santé des jeunes », débute en Île-de-France pour une durée de trois ans, ainsi que dans deux autres régions : Pays de la Loire et Grand Est.
Destiné aux jeunes de 11 à 21 ans en détresse psychologique, ce parcours coordonné de prise en charge et d'accompagnement va permettre de tester un accès facilité et rapide à des consultations de psychologues libéraux avec, pour la première fois en France, un remboursement intégral de ces consultations par l’Assurance maladie. Le repérage de ces jeunes se fera par les acteurs présents dans leur territoire de vie : établissements scolaires, centres de loisirs, dispositifs d’insertion, médecins généralistes, services de santé universitaires…et bien-sûr par les familles.
Au niveau national, cette expérimentation est portée par la Direction Générale de la Santé (DGS), la Fédération Française de psychiatrie (FFP), la Direction Générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO) et la Direction Générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle.
En quoi consiste Écout’Émoi ?
L’expérimentation a pour objectif principal de mieux repérer des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et de leur proposer une prise en charge adaptée et facilitée. Le dispositif prévoit une consultation médicale d’évaluation et la prescription d’un forfait de prise en charge auprès d’un psychologue libéral (sur la base d’un forfait de 12 séances pour le jeune et/ou les titulaires de l’autorité parentale). Le renforcement de la formation en santé mentale, pour les professionnels, et l’inclusion dans un parcours de soins, pour les jeunes, sont coordonnés par les Maisons des Adolescents (MDA) de chaque territoire concerné.
Fonctionnement du dispositif Écout’Émoi
Le parcours du jeune se déroule selon les étapes suivantes :
  • Information sur la santé mentale, dans les lieux de vie des jeunes, auprès des acteurs de première ligne, des jeunes et de leurs familles,
  • Repérage des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et orientation vers un médecin évaluateur,
  • Évaluation de la situation globale du jeune par le médecin évaluateur,
  • En cas de mal être ou de souffrance psychique, le médecin évaluateur prescrit un forfait de 12 consultations psychologiques en libéral, sans reste à charge pour le patient (le consentement du jeune et des titulaires de l’autorité parentale pour les mineurs est indispensable),
  • En cas de situations plus complexes, de besoin d’un complément d’évaluation ou d’une prise en charge spécialisée, le jeune est adressé par le médecin évaluateur vers les Maisons des adolescents, les psychiatres ou, le cas échéant, les urgences.
Les listes des médecins évaluateurs et des psychologues qui s’engagent dans l’expérimentation sont gérées par les MDA qui les diffusent aux acteurs de première ligne, aux familles et aux jeunes afin de faciliter leur participation à Écout’Émoi. Les professionnels de santé et psychologues participant à l’expérimentation sont formés à la prise en main d’Écout’Émoi et accompagnés par les MDA pendant toute la durée de l’expérimentation sous la forme de staffs cliniques. Ils signent une charte d’engagement dans l’expérimentation et participent à son évaluation.
Le public concerné
Plusieurs conditions doivent être réunies pour bénéficier de l’expérimentation Écout’Émoi :
  • Être âgé(e) de 11 à 21 ans,
  • Résider ou être scolarisé dans l’une des six villes expérimentatrices,
  • Ne pas présenter de troubles psychiatriques, ni  de signes manifeste de crise suicidaire,
  • Ne pas déjà bénéficier d’un suivi.
Il est prévu que 500 jeunes bénéficient de ce dispositif en Île-de-France d’ici la fin 2021.
Les villes expérimentatrices
En Île-de-France, ce dispositif est piloté par l’ARS et l’Académie de Versailles et mis en œuvre avec les MDA des territoires concernés (MDA Yvelines Sud, la MDA Yvelines Nord et la MDA Est Val d’Oise).
6 villes ont été retenues pour participer à l’expérimentation en Île-de-France :
  • Dans les Yvelines : Trappes, Les Mureaux
  • Dans le Val-d’Oise : Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel, Sarcelles, Goussainville.
Le choix du territoire a été fait dans la suite de la dynamique d’acteurs enclenchée par l’expérimentation, en 2017, du plan « Mission bien-être des jeunes » conduite par l’ARS et l’Education nationale (rectorat de Versailles), avec le concours des MDA et des Conseils locaux de santé mentale. Dans le cadre de la lutte contre les inégalités de santé, le choix s’était alors porté sur des villes avec une forte représentation de jeunes de 11 à 21 ans dans leur population et des indicateurs de précarité marqués.
Évaluation à venir de l’expérimentation
Le dispositif Écout’Émoi fera l’objet d’une évaluation dont les résultats doivent permettre d’envisager la généralisation du dispositif de prise en charge sur l’ensemble du territoire français. Ainsi, Écout’Émoi doit permettre de préfigurer des modalités de collaborations nouvelles entre professionnels de santé, médecins, pédiatres et psychologues, de contribuer à développer l’alliance entre acteurs de l’éducation et de la santé, de faciliter et d’accompagner l’orientation des jeunes vers des psychologues libéraux par un dispositif de prise en charge financière et une information adaptée.
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Yvelines. Un nouveau dispositif pour aider les jeunes en souffrance psychique à Trappes
Le dispositif Ecout'émoi bénéficie aux jeunes de Trappes (Yvelines) de 11 à 21 ans, en souffrance psychique, qui peuvent avoir 12 consultations auprès de psychologue.
Publié le 1 Mai 19 à 8:52
Les jeunes de Trappes (Yvelines) présentant des troubles peuvent bénéficier d’une aide psychologique (photo d’illustration).
Vous êtes jeunes et vous vivez à Trappes (Yvelines) ? Vous avez des angoisses ou bien une tendance à vous isoler ? Ecout’émoi peut peut-être vous aider.

Douze consultations gratuites auprès de psychologues

Piloté par l’Agence régionale de santé (ARS) et l’Éducation nationale, ce nouveau dispositif gratuit s’adresse à des jeunes de 11 à 21 ans, en souffrance psychique, habitant ou scolarisés à Trappes.
Cette expérimentation concerne des personnes « présentant des symptômes propres à l’adolescence (maux de tête, maux de ventre, angoisse, sentiment de fatigue, tristesse, stress…) et qui peuvent être résorbés en quelques consultations », explique Mélanie Bourdel, psychologue clinicienne à la Maison des adolescents Yvelines sud et référente de l’expérimentation à Trappes.
Les cas plus graves comme les symptômes psychiatriques et les crises suicidaires ne sont pas concernés.
Après une évaluation médicale réalisée par un médecin généraliste ou un médecin scolaire, le jeune peut bénéficier de douze consultations auprès de six psychologues libéraux installés dans des communes voisines de Trappes (Elancourt, Montigny-le-Bretonneux, Plaisir…).
La consultation médicale et la consultation du psychologue sont prises en charge, le patient n’a pas à avancer les frais.
Pour l’instant, les premiers retours semblent positifs.
On a intégré des jeunes qui n’avaient jamais vu un psychologue et qui ne savaient même pas ce que c’était », précise la psychologue.
Cette initiative doit permettre de mieux « prévenir l’apparition de troubles mentaux ».
Dans les Yvelines, ce dispositif est également expérimenté aux Mureaux.
Il est aussi testé dans plusieurs autres départements de l’Hexagone (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Meuse, Val-d’Oise, Vosges…). L’expérimentation doit s’achever en 2021.
Le but serait de le généraliser à toute la France », conclut Mélanie Bourdel.
Un dispositif du même type est mené chez les adultes en France.
Maison des adolescents Yvelines sud – Institut de promotion de la santé – 3, place de la Mairie – Trappes. Rens. au 06 61 81 88 02. ecoutemoi@ch-versailles.fr
 https://actu.fr/ile-de-france/trappes_78621/yvelines-nouveau-dispositif-aider-jeunes-souffrance-psychique-trappes_23444401.html

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VIDEO. Agnès Buzyn face aux jeunes: «Ce qui m'inquiète, c'est le déficit de médecins!»
EXCLUSIF Jeudi dernier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a rencontré six membres de notre communauté #MoiJeune, qui l’ont interviewée sur les sujets qui les préoccupent le plus
Propos recueillis par Oihana Gabriel





Santé mentale, sexualité, perturbateurs endocriniens, déserts médicaux, voilà les thèmes qui ont été abordés lors de cette interview face aux jeunes lecteurs de 20 Minutes.
Santé mentale, sexualité, perturbateurs endocriniens, déserts médicaux, voilà les thèmes qui ont été abordés lors de cette interview face aux jeunes lecteurs de 20 Minutes. — C.Follain / 20 Minutes

  • Santé mentale, perturbateurs endocriniens, accès à la santé, voilà les trois thèmes qui préoccupent le plus notre communauté #MoiJeune, selon une enquête « 20 Minutes »-OpinionWay.
  • Autant de sujets que six membres de ce panel ont pu aborder en face-à-face avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
  • Au cours d’un échange détendu et précis, Salomé, Dorian, Pierre, Solène, Maximilien et Camille, âgés de 19 à 24 ans, ont pu questionner la ministre 

« C’est pour la jeunesse, pour vous, que je me suis engagée en politique. » Voilà comment s’est achevée l’heure d’échanges qui a eu lieu entrela ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn et six jeunes femmes et hommes venus l’interviewer dans nos locaux, en fin de semaine dernière. En parallèle d’une enquête 20 Minutes-OpinionWay menée pour connaître les principales préoccupations des jeunes en matière de santé, ces six étudiants et jeunes travailleurs, âgés de 19 à 24 ans et membres de notre communauté #Moijeune, sont venus de Besançon (Bourgogne-Franche-Comté), de Tergnier (Hauts-de-France) ou encore de Paris, pour rencontrer la ministre et lui poser leurs questions. Au menu de la discussion : la santé mentale, les perturbateurs endocriniens, les déserts médicaux ou encore la contraception.



Agnès Buzyn était à la rédaction de 20 Minutes pour échanger avec six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril 2019.
Agnès Buzyn était à la rédaction de 20 Minutes pour échanger avec six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril 2019. - C. Follain / 20 Minutes
Pierre : Alors que le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans, que proposez-vous pour améliorer le suivi des jeunes fragiles ?

On n’a pas assez anticipé le besoin en santé mentale et les centres médico-psychologiques sont débordés. Pour les jeunes âgés de 11 à 25 ans, nous lançons une expérimentation (Ecoute’Emoi) dans trois régions, qui va leur permettre de consulter un psychologue et d’être remboursé quand ils sont en souffrance. Pour ceux qui ont déjà fait une tentative de suicide, nous allons financer et déployer dans la France entière une expérimentation qui a bien marché dans le Nord-Pas-de-Calais, qui s’appelle VigilanS : l’équipe VigilanS, qui inclut des psychiatres, rappelle le patient après une tentative de suicide, pour l’accompagner une fois reparti chez lui. Ensuite, nous voulons former les étudiants aux premiers gestes de secours en santé mentale, pour qu’ils soient en capacité de soutenir et d’orienter vers un lieu d’écoute un jeune qui va mal.



Dorian : La fragilité psychologique est parfois amplifiée par les addictions. Sur le tabac, certaines actions ont été menées. Qu’est-ce qui est mis en place côté prévention sur d’autres addictions : l’alcool, le cannabis, les drogues dures ?

Sur les produits licites, l’alcool et le tabac – même si, rappelons-le, quand on a moins de 18 ans, la loi interdit qu’on nous vende cigarettes et alcool –, l’augmentation du prix semble efficace pour les jeunes. Concernant les produits illicites, c’est beaucoup plus compliqué pour l’État d’agir, parce que ce sont des circuits parallèles. On soutient donc énormément les associations, qui interviennent à l’intérieur des soirées et festivals, par exemple. La prévention via les pairs est primordiale pour mieux toucher les jeunes, et plus efficaces que les descentes de police pour changer les comportements. Un outil formidable pour la prévention a été mis en place : le service sanitaire. Progressivement, tous les étudiants en santé vont faire de la prévention pendant trois mois dans les écoles, universités, entreprises et sont formés pour cela. L’information que donnent ces futurs soignants, par des conseils mais aussi par leur vécu, cela peut être beaucoup plus fort que le message d’un médecin, d’une association ou même qu’une image choc. Les chiffres, c’est abstrait, une histoire, c’est beaucoup plus efficace. Les effets de l’alcool sont souvent minorés par les jeunes : beaucoup pensent que prendre une bière tous les jours, ce n’est pas grave. En réalité, c’est déjà une forme de dépendance si l’on ne peut pas s’en passer une journée. Ils minimisent aussi les risques indirects comme le viol, le coma, les accidents de la route. Les jeunes n’évoquent pas facilement l’addiction à l’alcool ou aux drogues dures chez leurs amis ou pour eux-mêmes. Or ce n’est un service à rendre à personne. Un jeune qui va mal est souvent très seul, il faut donc oser parler.

Maximilien : Le manque de médecins généralistes se fait davantage ressentir dans les départements ruraux. Ne faudrait-il pas obliger les jeunes médecins à s’installer dans ces déserts médicaux ?

Jusqu’en 2025, on aura un manque de médecins en France, et il n’y a pas moyen d’en faire venir d’autres car c’est un problème européen. Obliger les médecins à s’installer, ça marche quand vous avez assez ou trop de professionnels, comme pour les infirmiers, par exemple. Mais aujourd’hui, il y a des milliers de postes de médecins vacants. Si vous leur dites « Vous n’avez pas le droit de vous installer où vous voulez », d’une part on risquerait d’endommager leur motivation, et d’autre part, ils pourraient prendre les postes salariés vacants plutôt que de s’installer en libéral. On a donc choisi une autre méthode : redonner du temps médical disponible aux médecins en déléguant des tâches telles que la vaccination aux pharmaciens, ou le suivi de certaines maladies chroniques à des infirmiers formés spécifiquement pour le faire. En plus, je crée un nouveau métier pour les décharger de la paperasse, avec les assistants médicaux. Et j’espère donner envie aux médecins de s’installer dans ces zones en leur proposant une pratique qui leur plaît, particulièrement les plus jeunes : l’exercice regroupé (kiné, infirmière, médecin) dans des maisons de santé.

Pierre : Quand on ferme des hôpitaux de proximité, des maternités, les Français peuvent se sentir abandonnés…

J’ai pris l’engagement de ne fermer aucun hôpital. En revanche, dans ma loi santé, il est prévu que ces hôpitaux locaux se transforment pour mieux assurer les soins du quotidien et devenir plus attractifs. Je ne peux pas maintenir toutes les activités médicales partout. Le problème, on l’a dit, c’est qu’il n’y a pas assez de médecins. Quand il y a une maternité qui ferme, ce n’est pas pour embêter les Français. Ce n’est absolument pas une question de déficit financier des hôpitaux, ce qui m’inquiète, c’est le déficit de médecins ! La sécurité de ces accouchements n’est pas assurée quand il n’y en a pas assez pour faire tourner une maternité. Si certains jours, aucun pédiatre, aucun obstétricien n’est là, comment fait-on si une femme enceinte a besoin d’une césarienne en urgence ?



Salomé, Pierre, Solène, Maximilien, Dorian et Camille ont échangé pendant 1h20 avec la ministre et Oihana Gabriel, journaliste santé à 20 Minutes.
Salomé, Pierre, Solène, Maximilien, Dorian et Camille ont échangé pendant 1h20 avec la ministre et Oihana Gabriel, journaliste santé à 20 Minutes. - C. Follain / 20 Minutes


Maximilien : A cette difficulté d’accès aux médecins s’ajoute souvent, pour les étudiants, un frein financier, qui peut entraîner de l’automédication ou la consultation de sites en ligne. Mais quand je tape sur Internet mes symptômes, à chaque fois, j’en déduis que j’ai un cancer…

On a supprimé les fameuses « sécus étudiantes ». A partir de la rentrée 2019, tous les étudiants seront affiliés au régime général de l’Assurance maladie, ce qui fait tout de même 220 euros économisés chaque année. On est également en train de transformer les services de prévention en centres de santé dans les universités, pour que les étudiants puissent accéder à des dentistes, des ophtalmos, par exemple, sans dépassement d’honoraire. Plus généralement, avec « 100 % santé », on doit aboutir en 2021 à ce que les lunettes, le dentaire et les audioprothèses soient sans reste à charge. C’est un gros effort, pour un vrai sujet de justice sociale. Enfin, en novembre, une complémentaire santé contributive à 1 euro par jour sera proposée aux Français qui touchent jusqu’à 1.000 euros par mois.

Salomé : Une pilule contraceptive masculine a été testée et prouvée efficace aux Etats-Unis. Qu’en pensez-vous, sachant que la contraception est principalement une responsabilité féminine aujourd’hui ?

Pour le moment, elle n’est pas admise sur le marché français. Mais il y a, plus généralement, un vrai problème de prévention sur la santé sexuelle. Aujourd’hui, les jeunes filles entre 15 et 18 ans ont accès à une consultation sur la contraception. Demain, je souhaite que l’Assurance maladie envoie un courrier pour les prévenir qu’elles ont droit à cette consultation, remboursée et normée, pour une information fiable et diverse, c’est-à-dire qu’on ne va pas parler que de la pilule. Le préservatif peut désormais être remboursé, les médecins peuvent le prescrire sur ordonnance pour un an, aux filles comme aux garçons. Pour promouvoir l’égalité hommes-femmes sur ces questions de sexualité, je travaille sur la vaccination des garçons pour le virus HPV, aujourd’hui réservé aux jeunes filles uniquement en France. Or, les hommes ont aussi un risque de cancers du canal anal, de cancers ORL et surtout de transmettre le virus aux femmes. C’est un enjeu de solidarité.



Agnès Buzyn, ministre de la Santé a rencontré six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril dans les locaux de 20 Minutes.
Agnès Buzyn, ministre de la Santé a rencontré six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril dans les locaux de 20 Minutes. - C.Follain / 20 Minutes


Solène : Le 12 mars dernier, le principal syndicat des gynécologues a envoyé un courrier dans lequel il demandait à ses adhérents d’arrêter de pratiquer l’IVG. Ce droit est déjà menacé dans certains départements. La notion de clause de conscience pour l’IVG fait débat. Seriez-vous prête à la supprimer ?

Il faut garantir l’accès à l’IVG pour toutes les jeunes filles. J’ai demandé à mes Agences régionales de santé de faire remonter l’information s’il y a des situations de tension, et que tout soit fait pour apporter une réponse, y compris de demander à des professionnels de se déplacer. Je suis consciente de cette inquiétude. J’ai lancé une mission, dont le rapport sera remis d’ici à la fin de l’année aux parlementaires, sur les conditions réelles d’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire.

Pierre : Concernant le VIH, pourquoi est-il toujours difficile de trouver des médecins formés et informés sur les questions de la Prep [traitement qui évite la contamination] et des TPE [traitement post-exposition, qui limite le risque de contamination] ? Comment favoriser l’accès aux soins et à l’information, notamment pour les LGBT + ?

Le nombre de contaminations du VIH est stable depuis une dizaine d’années, mais beaucoup trop élevé, autour de 6.000 par an. La Prep est pour des communautés à risque. Aujourd’hui, j’essaie de développer des centres de santé communautaires, ce qui n’est pas tellement dans la culture française. Face à certains risques, c’est mieux d’avoir des professionnels très bien formés, justement pour expliquer la Prep. Je réfléchis à ce que les généralistes puissent la prescrire, mais cela nécessite un programme de formation continue des généralistes, car c’est une découverte encore récente. En formation initiale, les médecins seront aussi beaucoup mieux formés sur la prévention des IST, qui augmentent chez les jeunes.

Camille : Que ce soit par des applications, type Yuka, ou les médias, on se rend compte que les perturbateurs endocriniens sont partout, dans l’alimentation comme dans les cosmétiques. Le gouvernement peut-il mettre en place des mesures pour favoriser l’accès à des produits sains ?

Nous avons obtenu de la Commission européenne une définition commune des perturbateurs endocriniens, mais il reste à définir la liste des substances qui peuvent répondre à cette définition et être considérées comme telles. Donc, nous ne savons pas encore parfaitement dans quelle mesure un produit est dangereux, et encore moins quel est l’effet cocktail de ces substances à long terme. Nous avons lancé, avec le Ministère de la transition écologique et tous les autres ministères impliqués, un grand programme de recherche dédié aux perturbateurs endocriniens. On a saisi l’Inserm et l’Anses pour qu’elles nous fassent une expertise collective, un résumé de la somme de connaissances dans le monde sur les produits phytosanitaires. On l’aura fin 2019, ça nous permettra d’y voir plus clair sur les précautions prioritaires que l’on doit prendre.

https://www.20minutes.fr/sante/2495315-20190414-video-agnes-buzyn-face-jeunes-inquiete-deficit-medecins

vendredi 12 avril 2019

Suicide chez les personnes âgées À l’image de la Franche-Comté, le Grand Est veut se doter d’un centre ressource psychiatrique, basé à Reims avec des antennes à Nancy et Brumath. 


 Un Centre pour le Grand Est : de l’accès aux soins à la formation professionnelle
Source L'Est Républicain 7 avril 2019

Le premier colloque Grand Est dédié à la psychiatrie de la personne âgée a été organisé « pour mettre en relief une discipline qui se développe et qui est très partenariale », explique Xavier Dousseau, directeur de l’Etablissement public de santé mentale (ESPM) de la Marne. Basée à Châlons-en-Champagne, la première équipe mobile pluridisciplinaire (prévention, diagnostic, soins ambulatoires…) y a été créée en 2006 par le docteur Anis Dammak. Elles sont au nombre de quatre actuellement. Ce type de dispositif a son équivalent à Nancy-Laxou et à Brumath au nord de Strasbourg. L’une des prochaines étapes est la constitution d’un Centre ressource régional de psychiatrie du sujet âgé pour le Grand Est, basé à Reims avec des antennes lorraine et alsacienne. Le premier Centre régional de ce type a été fondé en Ile-de-France en 2013. Il a ensuite essaimé en Franche-Comté. Il a plusieurs missions : améliorer la qualité des soins ainsi que leur accès, appuyer l’enseignement universitaire et les formations professionnelles, la recherche, fédérer les équipes mobiles…
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Suicide chez les personnes âgées : les signaux d’alerte

La dépression est la principale cause du passage à l’acte.
À l’image de la Franche-Comté, le Grand Est veut se doter d’un centre ressource psychiatrique, basé à Reims avec des antennes à Nancy et Brumath.

« Il n’est pas normal d’avoir des idées de suicide lorsqu’on est une personne âgée », lance le professeur Pierre Vandel, chef de service de la psychiatrie au CHU de Besançon. Or « la fréquence du suicide augmente avec l’âge et ce risque est sous-estimé ». Pourquoi ? Parce qu’« une perte peut être celle de trop », rappelle-t-il. Perte du conjoint, de l’animal familier, du domicile… Mais « le trouble le plus souvent constaté est la dépression », poursuit le docteur Vandel. La moitié des personnes décédées par suicide présente des syndromes dépressifs. Ce pourcentage grimpe jusqu’à 82 % chez les personnes âgées.
Le psychiatre bisontin était l’un des intervenants du premier colloque Grand Est organisé à Reims par l’Établissement public de la santé mentale (ESPM) Marne. Thème retenu : « La psychiatrie de la personne âgée : nouvelle discipline, nouvelles pratiques ». Créée en 2017, cette discipline est « paradoxalement très jeune alors qu’elle concerne les personnes âgées », a pointé le professeur Arthur Kaladjian, chef du Pôle universitaire de psychiatrie (ESPM). Avec un enjeu « majeur qui va aller croissant en raison du vieillissement de la population ».
Or l’institution ne protège guère – le suicide est fréquent en maison de retraite. Au-delà même, le repérage est compliqué. Plus de 65 % des suicides après 65 ans se produisent à domicile. Les idées de suicide ne sont pas toujours verbalisées. Ceci étant, les signaux d’alerte existent : modification de l’apparence physique, du comportement, désinvestissement, sentiment d’inutilité, perte d’appétit, expressions d’adieu aux proches, don d’objets importants aux petits enfants…
Brevet de secourisme psychique
« Une personne âgée dit plus facilement : J’ai mal que Je suis mal », relève le docteur Vandel. Repérer ces signaux est la première étape, la seconde consiste à écouter et orienter. « L’empathie et le dire sont une démarche qui a prouvé son efficacité ». Et c’est bien mieux que de juger. Bref, sont à éviter les « pensez à vos enfants ! » De l’entourage proche à l’environnement professionnel, c’est toute une arche qui doit se construire. 75 % des personnes âgées ont consulté un médecin généraliste dans le mois précédant le passage à l’acte. Autre champ d’action, la formation professionnelle. Il faudrait proposer « un brevet de secourisme psychique », conclut Pierre Vandel.