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jeudi 7 octobre 2021

ETUDE RECHERCHE CANADA FRANCE Comprendre les origines du suicide au début de la vie : la vulnérabilité peut commencer avant même la naissance

Comprendre les origines du suicide au début de la vie : la vulnérabilité peut commencer avant même la naissance
D’après article Understanding the early-life origins of suicide: Vulnerability may begin even before birth

Auteurs  Massimiliano Orri, Professeur adjoint, McGill Group for Suicide Studies, Département de psychiatrie, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université McGill

Marie-Claude Geoffroy Professeur adjoint, Département de psychologie de l'éducation et du counseling et Chaire de recherche du Canada en prévention du suicide chez les jeunes, Université McGill
Déclaration de divulgation

Le suicide est un événement tragique. Malheureusement, toutes les 40 secondes, une personne se suicide . Au-delà de la perte prématurée de la vie d'un individu, plus de 100 personnes peuvent être affectées par chaque suicide, y compris la famille, les amis et les membres de la communauté.

Les personnes qui envisagent leur propre mort ont souvent traversé de longues périodes de souffrance intense et de luttes internes. Ils peuvent avoir souffert d'une maladie mentale et avoir vécu une série d'événements indésirables dans leur vie. Aider les personnes souffrant d'un trouble mental et/ou traversant une période difficile est donc de la plus haute importance pour prévenir le suicide.

Cependant, les preuves issues de recherches menées au cours des deux dernières décennies ont mis en évidence que le suicide n'est pas seulement le résultat de ces facteurs contributifs au moment du décès. Au lieu de cela, la vulnérabilité au suicide peut s'accumuler tout au long de la vie. Cela peut commencer par des événements survenant très tôt dans la vie, pendant la période périnatale et la petite enfance, qui ont une influence durable sur le suicide à l'âge adulte.

Les origines développementales de la santé et des maladies

Dans les années 1990, l'épidémiologiste britannique David Barker a remarqué que les enfants nés avec un faible poids à la naissance (moins de 2,5 kilogrammes) ou prématurés (avant 37 semaines) étaient plus susceptibles de développer des maladies chroniques telles que des maladies cardiovasculaires ou métaboliques à l' âge adulte. Ces observations ont servi de fondement à l' hypothèse des origines développementales de la santé et des maladies (ou DOHaD).

L'hypothèse DOHaD suggère que l'exposition aux influences environnementales pendant la période critique du développement fœtal pourrait avoir des conséquences importantes sur la santé à court et à long terme d'un individu. Ces connaissances ont favorisé les interventions précoces telles que la nutrition prénatale et infantile pour améliorer les résultats à long terme. Il a également soutenu des lignes directrices visant à promouvoir des soins de qualité (developmental origins of health and diseases (or DOHaD)) avant, entre et pendant les grossesses.

En tant que telle, l'hypothèse DOHaD a accru l'intérêt scientifique pour comprendre comment les événements précoces influencent le risque d'autres problèmes de santé, y compris le suicide.

Origines précoces du suicide
 

Lorsque le fœtus est exposé à l'adversité, il peut s'adapter pour survivre dans un environnement difficile in utero. 


En tant que chercheurs du projet de recherche LIFESPAN , notre objectif est de mieux comprendre si les facteurs de la petite enfance influencent le risque de suicide plus tard dans la vie, et comment. Si des facteurs de la petite enfance sont associés au suicide, des stratégies de prévention du suicide doivent être mises en œuvre tôt dans la vie.

Dans le cadre du projet LIFESPAN, nous avons récemment mené une méta-analyse portant sur 42 articles de 21 études de cohorte longitudinales d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Asie. Il a examiné les associations de 14 facteurs de la petite enfance dans les périodes prénatale et périnatale - y compris le faible poids à la naissance, les complications obstétricales, les conditions socio-économiques appauvries de la famille à l'accouchement et le jeune âge parental - avec le suicide ultérieur.

Sur les 14 facteurs étudiés, sept étaient associés au suicide à l'âge adulte, ce qui étaye l'hypothèse DOHaD. Les influences les plus fortes au début de la vie sur le suicide ultérieur étaient les caractéristiques parentales telles que le faible niveau d'instruction des parents, les faibles conditions socio-économiques familiales et le jeune âge maternel, ainsi qu'une croissance fœtale limitée, y compris un faible poids à la naissance .

Par exemple, les chercheurs ont découvert que les enfants nés avec un poids de naissance inférieur ou qui étaient prématurés étaient plus susceptibles de mourir par suicide que les enfants nés avec un poids de naissance normal. Ils ont également constaté que les enfants de parents adolescents étaient plus susceptibles de mourir par suicide que les enfants de parents plus âgés, et que les enfants nés de parents moins instruits étaient plus susceptibles de mourir par suicide que les enfants nés de parents plus instruits.

Il est important de noter qu'il s'agit de résultats épidémiologiques qui ne doivent pas être appliqués directement à un seul individu, mais plutôt à la population. On ne peut pas considérer un bébé né prématurément comme étant à risque de suicide, mais dans une population donnée, les bébés nés prématurément sont, en moyenne, plus à risque de se suicider que les enfants nés à terme.
Comment les facteurs de risque en début de vie augmentent le risque de suicide
 
Une question de suivi importante consiste à comprendre pourquoi des facteurs survenant très tôt dans la vie peuvent influencer un comportement survenant des décennies plus tard . Une première théorie implique des mécanismes sociaux. Les facteurs socio-économiques (tels que la pauvreté ou un faible niveau d'éducation) sont des déterminants clés de la santé et ont tendance à se transmettre d'une génération à l'autre .

Les enfants nés dans une famille aux faibles ressources financières peuvent avoir un accès restreint à une éducation de qualité, à des soins de santé et à des opportunités de vie. Cela peut augmenter leurs chances d'être confrontés à des problèmes financiers et sociaux à l'âge adulte, ce qui peut à son tour augmenter le risque de suicide. En d'autres termes, les problèmes sociaux et économiques qui augmentent le risque de suicide à l'âge adulte peuvent être, en partie, la continuation des conditions socioéconomiques de la famille dans laquelle un enfant est né.

Cela est également vrai pour les indicateurs non monétaires de la position socio-économique, tels que le niveau de scolarité des parents . Les parents jeunes et moins instruits peuvent ne pas avoir les ressources matérielles et émotionnelles pour offrir à leurs enfants le meilleur départ dans la vie. Offrir des ressources aux jeunes parents issus de conditions socio-économiques défavorisées peut donc être une opportunité d'améliorer la santé de leur enfant à l'âge adulte, et par conséquent de diminuer le risque de suicide.

Une deuxième théorie implique le développement du cerveau . L'hypothèse DOHaD stipule que lorsque le fœtus est exposé à l'adversité, il réagit avec des adaptations pour survivre dans un environnement difficile in utero. Ces adaptations peuvent entraîner des altérations du développement du cerveau, qui sont à leur tour associées à une diminution des compétences cognitives qui peuvent réduire davantage la capacité d'une personne à faire face à des événements stressants plus tard dans la vie. La capacité de faire face au stress de la vie, également appelée résilience, est un facteur de protection clé contre le suicide et les problèmes de santé mentale en général.

La réduction des facteurs de risque susceptibles de déterminer un faible poids à la naissance ou des souffrances fœtales , tels qu'une mauvaise alimentation, des infections, une exposition à des produits chimiques ou des perturbations hormonales, est importante pour la santé de la progéniture. Cependant, les interventions visant à renforcer la résilience chez les enfants qui ont connu l'adversité pendant la période fœtale peuvent également être une voie prometteuse pour prévenir les problèmes ultérieurs, y compris le suicide.

Prévention du suicide du point de vue de la petite enfance

La prévention précoce est universellement reconnue comme un moyen de premier plan pour réduire les problèmes de santé tout en minimisant les coûts sociétaux . La prévention précoce signifie souvent éliminer ou réduire les facteurs de risque dans une population avant qu'un problème de santé ne se manifeste.

Dans cette perspective, la recherche sur les origines précoces du suicide nous invite à intégrer les interventions au niveau individuel à la prévention au niveau de la population. Il soutient la nécessité de considérer la prévention du suicide comme un effort à long terme, plutôt qu'uniquement à court terme, dans le but de réduire la vulnérabilité au suicide au cours de la vie.

Une politique de santé publique offrant le meilleur environnement pour que les enfants grandissent peut avoir le potentiel de renforcer la résilience et de réduire la vulnérabilité à long terme au suicide.

Si vous ou quelqu'un que vous connaissez pensez au suicide, appelez le 911 pour les services d'urgence. Pour obtenir de l'aide, appelez le Service canadien de prévention du suicide au 1-866-277-3553 (du Québec) ou 1-833-456-4566 (autres provinces), ou envoyez un texte au 45645. Visitez Crisis Services Canada for more resources. pour plus de ressources.


En savoir plus sur l'article original https://theconversation.com/understanding-the-early-life-origins-of-suicide-vulnerability-may-begin-even-before-birth-163863

lundi 2 mars 2020

Publications du CREDOC tous autonomes et fragiles à la fois

"Tous autonomes et vulnérables à la fois" - Etat des lieux des publics fragiles
BERHUET Solen, CROUTTE Patricia, DE BARTHES Jeanne, HOIBIAN Sandra
Cahier de recherche N°C348

Résumé

Les termes de « vulnérabilité » et de « fragilité » ont peu à peu pris une place grandissante dans les discours des pouvoirs publics et des médias pour désigner une multitude de situations : du handicap à la pauvreté, de la précarité professionnelle à la relégation territoriale, etc. La liste est longue et contingente des travaux qui analysent ces phénomènes A l’heure où une réflexion est entamée au niveau institutionnel sur une possible fusion et simplification de différents minimas sociaux, et alors que différents mouvements sociaux (Gilets Jaunes, grèves relatives à la réforme des retraites) pointent les projecteurs sur différents types de difficultés, il nous a paru intéressant de tenter de dresser un état des lieux de la mesure de différentes vulnérabilités. 

 ***

Dépasser la vision figée d'une fracture sociale: tous autonomes et fragiles à la fois
BERHUET Solen, CROUTTE Patricia, DE BARTHES Jeanne, HOIBIAN Sandra

Consommation & Modes de Vie N°CMV310 février 2020


Résumé

L’image d’une société française « fracturée » revient à intervalles réguliers dans le débat public avec, d’un côté, des individus entrepreneurs d’eux-mêmes, autonomes, dynamiques et sans difficultés particulières et, de l’autre, des personnes « fragiles », publics des politiques sociales enferrés dans un chômage de longue durée, en prise avec des problèmes de santé, etc. L’enquête Conditions de vie et Aspirations du CRÉDOC bat en brèche cette vision dichotomique. Elle montre que les deux tiers de la population se trouvent confrontés à au moins une des six situations de fragilité étudiées dans l’enquête : pauvreté monétaire, handicap ou santé dégradée, relégation territoriale, isolement et solitude, précarité professionnelle, difficultés de logement. Et un tiers fait face à plusieurs de ces difficultés. Il n’existe donc pas d’un côté des personnes autonomes et de l’autre des publics fragiles, mais des moments de vie, des accidents de parcours qui peuvent faire basculer une personne dans une situation où l’écheveau des difficultés devient complexe à démêler. Plutôt que de mettre en place des politiques sociales conçues pour des personnes considérées comme intrinsèquement fragiles, et tenter de réparer ou d’amoindrir les difficultés qu’elles rencontrent, ces résultats invitent à davantage agir en prévention dans une logique d’investissement social qui bénéficiera au plus grand nombre.

Accès https://www.credoc.fr/download/pdf/4p/CMV310.pdf
Source https://www.credoc.fr/publications/depasser-la-vision-figee-dune-fracture-sociale-tous-autonomes-et-fragiles-a-la-fois

vendredi 8 septembre 2017

ETUDE RECHERCHE Violence, vulnérabilité sociale et troubles psychiques chez les migrants/ exilés

VIOLENCE, VULNÉRABILITÉ SOCIALE ET TROUBLES PSYCHIQUES CHEZ LES MIGRANTS/EXILÉS
Arnaud Veïsse (arnaud.veisse@comede.org), Laure Wolmark, Pascal Revault, Maud Giacopelli, Muriel Bamberger,  Zornitza Zlatanova
Comité pour la santé des exilés (Comede), Hôpital de Bicêtre, le Kremlin-Bicêtre, France  Soumis le 28.02.2017 //  Date of submission: 02.28.2017
dans "La santé et l’accès aux soins des migrants : un enjeu de santé publique"  BEH N° 19-20 - 5 septembre 2017
Résumé //
Abstract
Objectifs – Mesurer et caractériser trois phénomènes associés dans l’observation du Comité pour la santé des exilés (Comede) : les violences subies par les exilés, leurs conditions de vulnérabilité sociale et les troubles psychiques graves dont ils sont atteints, ainsi que les liens entre ces trois phénomènes.
Méthodes –Les taux de prévalence des troubles psychiques graves ont été calculés parmi les 16 095 personnes ayant effectué un bilan de santé au Comede entre 2007 et 2016. Les résultats portant sur les autres indicateurs (violence, vulnérabilité sociale, symptômes et syndromes) sont issus d’une analyse des consultations médicales et psychologiques de 5 204 patients reçus entre 2012 et 2016.
Résultats – Entre 2012 et 2016, 62% des personnes accueillies ont déclaré des antécédents de violence, 14% des antécédents de torture et 13% des violences liées au genre et à l’orientation sexuelle. Les violences extrêmes – plus fréquentes parmi les femmes et les demandeurs d’asile – sont très liées à la nationalité et au statut social dans le pays d’origine. Toutes les formes de violences sont liées à une probabilité significativement plus élevée d’être suivi en psychothérapie – trois fois plus souvent en cas de violences extrêmes – et fortement associées à des formes graves de troubles psychiques.
Par ailleurs, ces personnes exilées cumulent les facteurs de vulnérabilité sociale : faibles ressources financières, absence de logement et d’hébergement, précarité du séjour, défaut de protection maladie, obstacles linguistiques, difficultés d’accès à l’alimentation, isolement et situation de détresse sociale (24% cumulent au
moins 5 critères de vulnérabilité). Ces indicateurs de vulnérabilité sociale sont très liés aux antécédents de  violence subie, en particulier pour les personnes en situation de détresse sociale. Les antécédents de torture et  de violence liée au genre sont fortement associés à la précarité du quotidien et de l’hébergement, à l’isolement social et plus encore à l’isolement relationne
Accès article  http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2017/19-20/pdf/2017_19-20_5.pdf
ou http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2017/19-20/2017_19-20_5.html

-  La santé et l’accès aux soins des migrants : un enjeu de santé publique"  BEH N° 19-20 - 5 septembre 2017 Télécharger le numéro PD

vendredi 17 février 2017

RECHERCHE La douleur au cœur du suicide

La douleur au cœur du suicide
Emilie Olié, , Philippe Courtet
Département urgence et post-urgences psychiatriques, hôpital Lapeyronie, université de Montpellier, 371, avenue du Doyen-Gaston-Giraud, 34295 Montpellier cedex 5, France
Douleurs : Evaluation - Diagnostic - Traitement
Available online 14 February 2017
In Press, Corrected Proof — Note to users
Résumé

Avec un million de décès dans le monde, le suicide est un problème de santé majeur. Malgré la recherche actuelle, les stratégies thérapeutiques efficaces font encore défaut. De nouvelles hypothèses pour mieux comprendre ce phénomène complexe sont donc nécessaires. Le but de cet article est d’attirer l’attention sur la place de la douleur, notamment psychologique ou mentale, dans le processus suicidaire. La présence d’une douleur psychologique insupportable est un thème fréquemment retrouvé dans les notes de suicide. Selon de nombreux auteurs, la douleur psychologique est considérée comme centrale dans le passage à l’acte suicidaire. Considérer l’exclusion sociale (source de la douleur psychologique) peut aussi aider à comprendre la phénoménologie de l’acte suicidaire. En outre, un chevauchement entre douleur psychologique/sociale et douleur physique est admis. Une modification de la perception de la douleur peut donc être un facteur de vulnérabilité suicidaire. Considérer la douleur au cœur du suicide pourrait offrir de nouveaux axes pour améliorer la compréhension de la physiopathologie suicidaire et la prise en charge des patients à risque suicidaire.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1624568717300100

vendredi 5 août 2016

NOTICE ARTICLE Rôle et nature du dérèglement de la relation sujet environnement dans les théories du suicide

Rôle et nature du dérèglement de la relation sujet–environnement dans les théories du suicide
Jérémie Vandevoorde a, b, , Ambre Sanchez Valero bEmmanuelle Baudoin b Safie Kamar b Béatrice Chabert b ,Thierry Baudoin b

a Laboratoire IPSé, université Paris Ouest-Nanterre, 200, avenue de la République, 92000 Nanterre, France
b Accueil de psychiatrie et UHMP, hôpital René-Dubos, 6, avenue de l’Île-de-France, 95300 Cergy-Pontoise, France
Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 3 August 2016
In Press, Corrected Proof
Mémoire
Résumé

La suicidologie est riche de plusieurs modèles théoriques : évolutionnistes, neurobiologiques, cognitifs, empiriques, psychanalytiques, vulnérabilité–stress, systémiques. La plupart des chercheurs partagent l’idée d’une genèse épigénétique, probabiliste, dynamique et multicausale de l’activité suicidaire. Le modèle vulnérabilité–stress intègre la plupart des données scientifiques disponibles et permet de poser les bases du processus suicidaire. Une fois l’individu fragilisé, la recherche a mis en évidence chez les patients de nombreux mécanismes vulnérants qui dérèglent le rapport sujet–environnement. Les altérations psychologiques peuvent toucher la sphère cognitive, la conceptualisation de soi, la sphère émotionnelle, la sphère relationnelle, la sphère fantasmatique, les processus de l’action et les capacités de maîtrise de soi. Ce dérèglement sujet–environnement semble à l’origine de quatre états pré-suicidaires : un état algique, un état de grande vulnérabilité, un état de contestation de la condition existentielle et un état de déconsidération de la condition humaine. En réponse à ces états, le psychisme va chercher dans le suicide un programme de changement et de soulagement. L’émergence d’une activité suicidaire sera marquée par l’irruption d’idées à contenu autolytique, de comportements préparatoires, d’une intention suicidaire, d’une spirale cognitive. Passé un seuil de souffrance ou en présence d’un facteur déclenchant, des processus pré-passage à l’acte vont éclore : mise en état, état d’agitation, effondrement de la peur de la mort, accalmie suspecte, irruption émotionnelle intense, gonflement narcissique. La reconstitution du processus suicidaire est complexe et nécessite la poursuite des recherches scientifiques. Le maillon entre les états de souffrance et l’émergence suicidaire est encore à ce jour inconnu.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003448716300907

mardi 15 décembre 2015

Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable

BEH n°42-43 (15 décembre 2015)
Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable
Personnes sourdes ou malentendantes : améliorer la communication et l’accessibilité de la société pour améliorer leur santé
Données épidémiologiques sur les surdités bilatérales sévères et profondes en France pour les générations 1997 à 2005
Pensées suicidaires, tentatives de suicide et violences subies chez les populations sourdes et malentendantes en France. Résultats du Baromètre santé Sourds et malentendants, 2011-2012
Handicap auditif, limitations et déficiences fonctionnelles : principaux résultats de l’enquête Handicap-Santé 2008-2009, France
Les unités régionales hospitalières d’accueil et de soins pour les sourds
Lire le BEH

Article Lié

Les sourds vulnérables face aux violences et à la dépression
Une étude sur 3 000 personnes sourdes ou malentendantes met en lumière un risque plus important d'idées suicidaires et d'être victime de violences. Source AFP
Publié le 15/12/2015 Le Point.fr

Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) explique que les sourds et les malentendants sont nettement plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires, de faire des tentatives de suicide et de subir des violences, y compris sexuelles, que les personnes entendantes.

Des chercheurs de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) ont en effet interrogé près de 3 000 personnes de plus de 15 ans et vivant avec une acuité auditive réduite. Ils ont découvert que chez ces personnes, les pensées suicidaires au cours des douze derniers mois étaient cinq fois plus fréquentes et les tentatives de suicide étaient trois fois plus importantes au cours de la même période que dans la population générale. Pour expliquer cette situation, les chercheurs avancent la fatigue liée à l'effort de communication ainsi que « les gênes et les douleurs » occasionnées par les troubles de l'audition.
Une plus grande vulnérabilité

« Dans la surdité, le handicap s'éprouve surtout par des possibilités d'information et de communication réduites avec, potentiellement, des conséquences très négatives sur la qualité des échanges et des relations sociales et donc sur la qualité de vie et le bien-être », relèvent-ils dans leur étude. Mais les sourds et les malentendants sont également deux à trois fois plus susceptibles de faire l'objet de violences physiques ou psychologiques, voire de violences sexuelles, que la population générale.

Selon les chercheurs, ces violences sexuelles se retrouvent chez d'autres handicapés souffrant de limitations d'activités « pouvant induire une plus grande vulnérabilité », mais nécessiteraient d'être étudiées de manière approfondie. Plus de cinq millions de personnes souffrent d'un handicap auditif de moyen à sévère en France, dont 360 000 souffrent de limitations auditives très graves ou totales, selon des estimations fournies par l'enquête Handicap-Santé. Sur ces personnes, 330 000 ont eu des problèmes auditifs avant l'âge de 20 ans, dont les trois quarts avant 6 ans. Après 80 ans, plus d'une personne sur deux a des problèmes auditifs au moins légers.

Selon une autre étude publiée par le BEH, 0,58 enfant sur 1 000 est né entre 1997 et 2005 avec des surdités bilatérales sévères, parfois associées à d'autres déficiences (intellectuelles, motrices...). La compensation des difficultés d'audition se fait principalement par l'usage de prothèse auditive. Mais, selon le BEH, entre 1 million et 1,1 million de personnes seulement portaient un appareil auditif en 2008, alors que deux millions déclaraient en avoir besoin.

http://www.lepoint.fr/societe/les-sourds-vulnerables-aux-violences-et-a-la-depression-15-12-2015-1990129_23.php 



POST SUR LE MEME SUJET http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2015/12/barometre-sante-2011-2012-resultats.html

lundi 2 novembre 2015

Tentative de suicide et impulsivité, aspects psychopathologiques et outils de mesures : une évaluation du serious game « Clash-Back Tattoo or not tattoo©

Tentative de suicide et impulsivité, aspects psychopathologiques et outils de mesures : une évaluation du serious game « Clash-Back Tattoo or not tattoo© »

Baptiste Le Grand 1
1 UB - Université de Bordeaux

Accès document :  http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01218698/document


Université Bordeaux Segalen U.F.R. DES SCIENCES MEDICALES Année 2015
Thèse pour l’obtention du DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN MEDECINE
Présentée et soutenue publiquement le 21/09/15
Thèse dirigée par
Madame le Docteur Astrid CLARET
Résumé : Le modèle vulnérabilité-stress (Mann et coll., 1999), la théorie interpersonnelle du suicide (Joiner, 2005) et leurs interactions avec les facteurs de risques de conduites suicidaires identifiés peuvent expliquer actuellement comment une idée suicidaire apparue distalement peut se révéler de façon brutale dans un contexte stressant et conduire au passage à l'acte. Des mesures objectives de l'impulsivité permettent une évaluation fine des dimensions cognitives à risque de conduites suicidaires. Les chercheurs s'efforcent de développer des outils de mesures reproduisant, dans des conditions expérimentales, la réalité sensorielle et subjective vécue par le sujet afin de déterminer certains facteurs déterminants dans les conduites suicidaires. À partir d'une population d'adolescents âgés de 13 à 20 ans hospitalisés en service de pédopsychiatrie, nous avons débuté une étude cas-témoins multicentrique afin d'apprécier les capacités d'un serious game (« Clash-Back : Tatoo or not tatoo ») à évaluer la propension à un comportement impulsif. Les scores d'impulsivité obtenus ont été comparés à des mesures effectuées avec l'échelle d'impulsivité de Barratt (BIS-11) et l'inventaire de caractère et de tempérament de Cloninger révisé (TCI-R). Les résultats n'ont pas montré de corrélations significatives des mesures d'impulsivité obtenues avec le serious game Clash-Back « Tatoo or not tatoo » et l'échelle d'impulsivité de Barratt. Les scores d'impulsivité mesurés avec ces deux outils étaient plus élevés de façon significative dans le groupe hospitalisé suite à une tentative de suicide. Le développement de nouveaux outils utilisant une interface numérique et permettant l'accès à une la réalité virtuelle tel que le serious game Clash back, particulièrement dans une population d'adolescents, semble offrir des perspectives intéressantes en terme de dépistage de population à risque et de prévention du suicide. Mots-clés :
Type de document : Mémoires Human health and pathology. 2015
Domaine : Sciences du Vivant [q-bio] / Médecine humaine et pathologie





source : http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01218698

vendredi 4 avril 2014

RECHERCHE NOUVELLE ZELANDE Antécédents : tentative de suicide & vulnérabilités

Antécédents : tentative de suicide 

Publié le 03/04/2014 sur http://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/antecedents_tentative_de_suicide__144583/document_actu_med.phtml

La fréquence des tentatives de suicide s’élève avec les difficultés économiques nées de la « récession globale » : depuis le début de cette crise économique en 2007, « les taux de suicide ont augmenté aux États-Unis et en Europe. » Exploitant les données d’une étude longitudinale réalisée sur une cohorte de 1 037 sujets nés entre avril 1972 et mars 1973 à Dunedin (Nouvelle-Zélande), une étude vise à préciser si des tentatives de suicide dans la jeunesse (avant l’âge de 24 ans) peuvent révéler un « risque accru de difficultés sociales ou médicales ultérieures », indépendamment d’une affection psychiatrique préexistante.
Sur ces 1 037 sujets, 91 (8,8 %) ont connu une telle tentative précoce de suicide, et 946 (91,2 %) sont sans antécédent suicidaire. L’âge moyen lors de la première tentative de suicide est de 17,4 ans. Cette étude confirme la « même prépondérance féminine » déjà remarquée dans des études préalables : les femmes constituent ici 57,1 % des sujets concernés par une tentative de suicide précoce, et les hommes 42,9 %. Mais on ne remarque aucune différence dans les critères sociologiques relatifs au contexte familial.
Parmi les paramètres décrivant l’impact personnel et collectif des tentatives de suicides, les auteurs ont évalué notamment la santé mentale, la santé physique, la violence envers autrui, le besoin d’un soutien psychologique, et observé des associations persistant « après ajustement des données pour la condition sociale et les problématiques pédopsychiatriques. » À l’approche de la quarantaine, les participants « suicidaires » de cette enquête se montrent « significativement plus sensibles à des problèmes persistants de santé mentale » (dépression, toxicomanie, nouvelles tentatives de suicide) que les sujets non suicidaires. Ces participants suicidaires sont également « plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé physique » (par exemple des troubles inflammatoires ou métaboliques) et « d’être impliqués dans des actions violentes » (violences conjugales, crimes). Ces mêmes personnes nécessitent un soutien social (notamment en raison du chômage) et se déclarent « plus isolées et insatisfaites de leur vie. »
Cette enquête confirme, vers l’âge de 40 ans, la persistance de la « vulnérabilité » des sujets suicidaires dans leur jeunesse. Les auteurs estiment donc que la « prévalence croissante des comportements suicidaires avec la crise économique mondiale » impose des « efforts supplémentaires » pour la prévention du suicide et le suivi au long cours des intéressés. 
Dr Alain Cohen
Références
Goldman-Melloret SJ et coll.: Suicide attempt in young people. A signal for long-term health care and social needs. JAMA Psychiatry 2013; 71: 119–127