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lundi 3 janvier 2022

ETUDE RECHERCHE Étude des relations entre l’état de santé, sa prise en charge et le décès par suicide à partir du Système national des données de santé


Étude des relations entre l’état de santé, sa prise en charge et le décès par suicide à partir du Système national des données de santé  

 Moussa Laanani 1 

1 CépiDc - Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (80 rue du Général Leclerc - Secteur Marron/Bâtiment LAFORCE/Porte 58 - 94270 Le Kremlin-Bicêtre Cedex - France) UPD7 - Université Paris Diderot - Paris 7 (5 rue Thomas-Mann - 75205 Paris cedex 13 - France) INSERM - Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale : US10 (101, rue de Tolbiac, 75013 Paris - France)

Résumé : Le suicide représente un problème de santé publique majeur en France avec près de 10 000 décès prématurés chaque année. L'étude des déterminants du suicide est complexe. Il s'agit d’un phénomène plurifactoriel, pouvant être influencé par des éléments personnels et/ou environnementaux, bio-médicaux et/ou socio-économiques. La présence de pathologies (psychiatriques ou somatiques) chez l'individu joue un rôle important. Les pathologies psychiatriques peuvent se compliquer de processus suicidaires (idées suicidaires, pouvant être suivies de comportements suicidaires, puis d'un décès par suicide). Pour les pathologies somatiques, la maladie peut impacter de manière importante la qualité de vie de l'individu, favorisant des processus suicidaires, et ainsi des décès par suicide. Des troubles psychiatriques peuvent ainsi compliquer les maladies somatiques, et constituer une étape vers la survenue de processus suicidaires. Les maladies somatiques peuvent également survenir chez des individus souffrant de troubles psychiatriques, et favoriser le déclenchement de processus suicidaires. Pour les pathologies psychiatriques comme somatiques, les processus suicidaires peuvent également être la conséquence d'effets indésirables des traitements médicamenteux. Il est alors souvent difficile de dénouer le rôle du traitement et de la pathologie traitée. Ce travail de thèse visait à étudier les relations complexes entre pathologies et suicide, à partir des données du Système national des données de santé (SNDS).
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-03506263
Soumis le : dimanche 2 janvier 2022
Version validée par le jury (STAR)
Citation
Moussa Laanani. Étude des relations entre l’état de santé, sa prise en charge et le décès par suicide à partir du Système national des données de santé. Santé publique et épidémiologie. Université Paris-Saclay, 2020. Français. ⟨NNT : 2020UPASR016⟩. ⟨tel-03506263⟩

vendredi 3 janvier 2020

ETUDE RECHERCHE Évaluation somatique de cent patients hospitalisés en unité de crise psychiatrique : étude observationnelle rétrospective

Évaluation somatique de cent patients hospitalisés en unité de crise psychiatrique : étude observationnelle rétrospective 
G.Choron a F.-X.Lesage ab L.Picy c P.Courtet cd E.Olie cd 
a Université de Montpellier, CHU de Montpellier, 34000 Montpellier, France 
b Epsylon, université de Montpellier, université Paul-Valéry Montpellier 3, CHU de Montpellier, 34000 Montpellier, France 
c Psychiatric emergency and post-acute care, CHU de Montpellier, 34000 Montpellier, France 
d Unité INSERM U1061, 34000 Montpellier, France
Received 6 March 2019, Accepted 18 July 2019, Available online 20 December 2019.


Résumé
Intérêt
En comparaison de la population générale, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont en moins bonne santé et ont un accès aux soins réduits.
Méthodes
Nous avons réalisé une étude descriptive au CHU de Montpellier entre le 2 novembre 2011 et le 21 décembre 2012. Chaque mercredi et vendredi, les deux derniers patients hospitalisés dans le service de post-urgences psychiatriques du CHRU de Montpellier étaient évalués par un médecin généraliste et inclus dans l’étude. Ce service accueille principalement des patients en crise suicidaire dans le cadre d’un trouble de l’humeur et/ou d’un trouble de personnalité. L’évaluation informait sur les antécédents somatiques, les comorbidités somatiques actuelles et le suivi médical pour des raisons non psychiatriques.
Résultats
Cent patients ont été inclus. La population était principalement composée de femmes (81 %) et l’âge moyen était de 43 ans (18 à 79 ans). Quasiment tous les patients avaient un antécédent somatique (96 %) et un suivi par un médecin généraliste (99 %). Six patients n’avaient pas vu leur médecin généraliste depuis plus d’un an. Une dyslipidémie était retrouvée chez 32 patients, parmi lesquels seul un patient était traité par un médicament hypolipémiant. Parmi les patients présentant une altération de l’état dentaire, 29 (55,77 %) n’avait pas consulté de dentiste depuis plus d’un an. Parmi ceux présentant une baisse d’acuité visuelle de loin ou de près, 19 (65,52 %) n’avaient pas consulté d’ophtalmologue depuis plus d’un an.
Perspectives
Les comorbidités somatiques, bien que dépistées, semblent sous-traitées chez ces patients. Une sensibilisation des différents professionnels de santé sur leur prise en charge pourrait améliorer leur couverture thérapeutique et leur survie.

vendredi 17 juin 2016

Suite Video de l'AP-HP Prévention des risques suicidaires chez les patients les bonnes pratiques & à ne pas faire

Les vidéos en ligne
- Prévention des risques suicidaires chez les patients aux urgences : les bonnes pratiques
http://www.dailymotion.com/video/x4eadvc_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-aux-urgences-les-bonnes-pratiques_news

- Prévention des risques suicidaires chez les patients aux urgences : à ne pas faire
http://www.dailymotion.com/video/x4eaeu3_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-aux-ugences-a-ne-pas-faire_news

Prévention des risques suicidaires chez les patients en gériatrie : les bonnes pratiques
http://www.dailymotion.com/video/x4eac09_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-en-geriatrie-les-bonnes-pratiques_news

- Prévention des risques suicidaires chez les patients en gériatrie : à ne pas faire
http://www.dailymotion.com/video/x4eacrw_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-en-geriatrie-a-ne-pas-faire_news

- Prévention des risques suicidaires chez les patients en cancérologie : les bonnes pratiques
http://www.dailymotion.com/video/x4eaa82_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-en-cancerologie-les-bonnes-pratiques_news

- Prévention des risques suicidaires chez les patients en cancérologie : à ne pas faire
http://www.dailymotion.com/video/x4eab5i_prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-en-cancerologie-a-ne-pas-faire_news


source info profil dailymotion APHP Assistance Publique - Hôpitaux de Paris
et http://www.aphp.fr/contenu/prevention-des-risques-suicidaires-chez-les-patients-aux-ugences-ne-pas-faire


 ++
A ce sujet voir post du 7/04/2016 "OUTILS AP-HP propose un kit pédagogique pour faciliter l'identification et la prévention du risque suicidaire chez les patients hospitalisés en milieu somatique "

http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2016/04/outils-ap-hp-propose-un-kit-pedagogique.html

jeudi 7 avril 2016

OUTILS AP-HP propose un kit pédagogique pour faciliter l'identification et la prévention du risque suicidaire chez les patients hospitalisés en milieu somatique

Identification et prévention du risque suicidaire chez les patients hospitalisés en milieu somatique

En collaboration avec les Drs C. Lemogne (psychiatre HEGP et administrateur de la SFPO) et N. Dantchev (psychiatre Hôtel-Dieu), l'AP-HP propose un kit pédagogique pour faciliter l'identification et la prévention du risque suicidaire chez les patients hospitalisés en milieu somatique.

Ce kit comprend :
6 courtes vidéos didactiques (visibles sur l'intranet de l'AP-HP uniquement)
un dépliant intitulé « Votre patient a-t-il des idées suicidaires, posez des questions, sauvez une vie" (en partenariat avec la SFPO, le GEPS et le CRRPSA)  des documents pour accompagner l'appropriation de ce kit par les équipes
Télécharger la plaquette
Accéder au kit pédagogique

source info : http://www.sfpo.fr/actualites/333-identification-du-risque-suicidaire-a-l-hopital.html

***
CME :Commission médicale d'établissement de l'AP-HP, CHU d'Île-de-France

Prévention du risque suicidaire des patients à l'hôpital : kit pédagogique
Pour faciliter l’identification du risque suicidaire des patients à l’hôpital, la cellule Qualité et sécurité des soins, et conditions d’accueil et de prise en charge des usagers (QSS & CAPCU), pilotée par le président de la CME, a validé un kit pédagogique préparé en concertation avec la commission des soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques (CSIRMT) et les directeurs de soins. Il comprend : 
  • 6 courtes vidéos (visibles sur l'intranet uniquement) qui mettent en pratique la reconnaissance (ou non) par le soignant du mal-être du patient dans un service de gériatrie, d’oncologie et aux urgences :
  1. Risques suicidaires des patients en gériatrie – occasion manquée
  2. Risques suicidaires des patients en gériatrie – exploration
  3. Risques suicidaires des patients aux urgences - occasion manquée
  4. Risques suicidaires des patients aux urgences – exploration
  5. Risques suicidaires des patients en cancérologie - occasion manquée
  6. Risques suicidaires des patients en cancérologie – exploration
  • un dépliant intitulé « Votre patient a-t-il des idées suicidaires, posez des questions, sauvez une vie”, conçu pour aider les équipes médico-soignantes à identifier le risque suicidaire ;
  • des documents pour accompagner l’appropriation de ce kit par les équipes :
  1. le script des vidéos ;
  2. un quiz pour introduire le débat ;
  3. un diaporama qui rappelle le contexte général et les préconisations du groupe de travail ;
  4. un résumé sur les conduites à tenir sous forme de questions & réponses ;
  5. un questionnaire d'évaluation (à retourner à nathalie.gildas@aphp.fr).
 http://cme.aphp.fr/taxonomie-qualite-securite/liens-utiles


Info +
Voir le post d'infosuicide sur les videos http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2016/02/initiative-interessante-l-association.html 

jeudi 24 mars 2016

RECHERCHE ETUDE Intoxications médicamenteuses volontaires chez 58 adolescents : étude prospective sur l’impact somatique et les complications biologiques

Mémoire original
Intoxications médicamenteuses volontaires chez 58 adolescents : étude prospective sur l’impact somatique et les complications biologiques
A prospective study on suicide attempts by self-poisoning in adolescents: Symptoms and complications
J. Le Vaillant, , L. Pellerin,  J. Brouard,  D. Nimal-Cuvillon
Service de pédiatrie médicale, CHU Caen, avenue de la Côte-de-Nacre, 14033 Caen, France
Archives de Pédiatrie Available online 23 March 2016

Résumé

Les complications biologiques et l’impact somatique des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV) chez l’adolescent ont été peu évalués. L’objectif de notre étude, descriptive, prospective et monocentrique, était de décrire les circonstances du geste, les substances ingérées ainsi que leurs complications. Elle s’est déroulée au service d’accueil des urgences pédiatriques et dans les services de pédiatrie et réanimation pédiatrique du Centre hospitalier universitaire de Caen. Tous les enfants âgés de 10 à 18 ans s’étant présentés entre le 1er juin 2012 et le 1er juin 2013 pour une IMV ont été inclus. Une évaluation somatique et biologique a été réalisée à l’arrivée, et répétée pendant l’hospitalisation. Un questionnaire a été rempli en parallèle pour identifier les substances ingérées et les facteurs de risque de tentative de suicide (TS). Le paracétamol avait été la substance la plus utilisée comparativement aux autres médicaments (p = 0,01). Les douleurs abdominales à l’arrivée étaient significativement associées à la prise de paracétamol (p = 0,02). Au total, 3,4 % des adolescents ont présenté une insuffisance rénale aiguë, et 3,4 % une insuffisance hépatique aiguë en lien avec une prise de paracétamol à dose toxique. Les anomalies biologiques et l’examen somatique s’étaient normalisés avant la sortie d’hospitalisation. La durée moyenne d’hospitalisation a été de 7,1 jours. La prévention de l’accès aux traitements médicamenteux par les adolescents pourrait permettre une réduction du risque de survenue de complications biologiques. La prévention des récidives d’IMV reste également à améliorer pour permettre de diminuer la mortalité par répétition des TS.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0929693X16300811

lundi 22 février 2016

SUISSE RECHERCHE ETUDE Maladies neurologiques et suicide : de la neurobiologie au manque d’espoir

Maladies neurologiques et suicide : de la neurobiologie au manque d’espoir
Alessandra Costanza, Marc Baertschi, Kerstin Weber, Alessandra Canuto
Rev Med Suisse N° 461 2015;402-405 
Contact auteur(s)  Alessandra Costanza  Service des urgences  Unité d’accueil et d’urgences psychiatriques (UAUP)  Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences  HUG, 1211 Genève 14  alessandra.costanza@hcuge.ch
Marc Baertschi  Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC)  Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 marc.baertschi@hcuge.ch 
Kerstin Weber Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC) Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 kerstin.weber@hcuge.ch
Alessandra Canuto Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC) Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 alessandra.canuto@hcuge.ch

Articles thématiques : psychiatrie de liaison
Résumé
Les maladies neurologiques exposent à un risque élevé de conduites suicidaires et constituent un domaine privilégié pour explorer la nature hétérogène des mécanismes sous-jacents. Elles sont en effet caractérisées par des atteintes de nature strictement biologique pouvant toucher à des systèmes postulés à la base de la vulnérabilité neurobiologique au suicide. En même temps, elles interrogent des sujets existentiels comme le manque d’espoir dû – pour plusieurs conditions particulièrement invalidantes – à l’absence de traitements. Une approche clinique laissant de l’espace à une écoute inconditionnelle peut se révéler protectrice face à un passage à l’acte. Ceci parle aussi du rôle du psychiatre de liaison qui essaie de transformer en questionnement une situation sans espoir ou, simplement, d’être là quand on ne peut rien faire.
lire la suite http://www.revmed.ch/rms/2015/RMS-N-461/Maladies-neurologiques-et-suicide-de-la-neurobiologie-au-manque-d-espoir

Téléchargez le PDF
ou sur http://www.revmed.ch/rms/2015/RMS-N-461/Maladies-neurologiques-et-suicide-de-la-neurobiologie-au-manque-d-espoir

jeudi 3 décembre 2015

ARTICLE PRESSE Quand épilepsie rime avec psy

Quand épilepsie rime avec psy
signalé par psyzoom.* sur legeneraliste.fr**

Maia Bovard Gouffrant | 27.11.2015
Dépressions, suicides, mais aussi psychoses... Les patients épileptiques présentent un risque accru de comorbidités psychiatriques. Initialement mis sur le compte des anti-épileptiques ou du poids psychologique de la maladie, ce lien pourrait s’expliquer par un dysfonctionnement cérébral commun comme cela a été expliqué lors des Journées françaises de l’épilepsie 2015 (Montpellier).
Après avoir été longtemps associée à la folie, voire à la sorcellerie, dans l’imaginaire collectif, l’épilepsie est désormais considérée par tous comme une pathologie neurologique. Mais, depuis quelques années, ses comorbidités psychiatriques suscitent un intérêt croissant. Avec de plus en plus de données suggérant qu’elles ne seraient pas une simple conséquence de l’épilepsie et de son poids psychologique pour les patients mais peut être plus le témoin d’un fonctionnement cérébral spécifique avec un substratum physiopathologique commun.
Un risque suicidaire augmenté
Cette nouvelle façon de voir les choses remonte à 2009. À l’époque, suite à la publication d’une méta-analyse portant sur 199 essais cliniques, la Food and Drug Administration (FDA) alerte quant à une éventuelle augmentation du risque suicidaire sous anti-épileptiques (AE) avec un risque multiplié par deux sous lamotrigine, par 2,5 sous topiramate et bien plus élevé lorsque ces molécules sont prescrites pour une épilepsie par rapport aux autres indications.

Depuis, le propos a été tempéré et l’attitude de la FDA jugée excessive, explique le Pr Philippe Courtet (Montpellier), « puisqu’en rajoutant trois autres études le risque lié à la lamotrigine disparaît, que les données de ces essais étaient rétrospectives, la suicidalité mal définie, les antécédents et les autres thérapeutiques non prises en compte et, surtout, qu’elle mettait tous les AE dans le même panier.».

Mais cette alerte aura eu le mérite d’amener épileptologues et psychiatres à collaborer pour éclaircir les liens entre l’épilepsie et les pathologies psychiatriques en général.

Désormais, l’association entre épilepsie et processus suicidaire fait consensus. Une étude menée par l’OMS en 2010 montre qu’elle est l’affection somatique la plus souvent associée au risque suicidaire (RS). Un fait confirmé par deux registres suédois et danois. L’épilepsie seule multiplie par deux à trois le risque de suicide, mais l’existence d’une comorbidité psychiatrique pourrait multiplier par vingt le risque. Le RS est majeur dans les 6 premiers mois qui suivent le diagnostic, dans les 72 heures après une crise et 3 mois après chirurgie de l’épilepsie, mais on constate qu’il est déjà nettement plus élevé que dans la population générale avant le diagnostic, ce qui s’inscrit en faux contre un effet majeur des traitements.

Certains facteurs comme le début précoce, la fréquence et la sévérité des crises pourrait augmenter le risque tandis que le retentissement psychosocial lié à l’épilepsie ne semble pas véritablement impliqué. On retrouve des facteurs de vulnérabilité, comme les antécédents de TS personnels ou familiaux, l’impulsivité agressive, le pessimisme, les abus dans l’enfance, la douleur psychologique.
Un dysfonctionnement du système sérotoninergique
Sur le plan physiopathologique, certains auteurs pointent le dysfonctionnement du système sérotoninergique central en particulier au niveau des récepteurs 5HT1A, dont on sait qu'il témoigne d'une vulnérabilité biologique aux conduites suicidaires et qui est retrouvé dans différents types d'épilepsie. De même les anomalies de la prise de décision qui impliquent le cortex orbito-frontal et pourraient être un élément clé dans les conduites suicidaires ont aussi été retrouvées dans certaines épilepsies. Le rôle de l'inflammation a aussi été soulevé.
En revanche, le rôle des AE semble finalement très faible (1 patient sur 500 traités) et pour l'ILAE (International Ligue Against Epilepsy) le RS est dans tous les cas largement inférieur au risque de ne pas traiter les patients épileptiques. Les AE ne doivent donc pas être contre-indiqués, même chez les patients à haut risque suicidaire, qui doivent en revanche être évalués sur le plan psychiatrique et informés de la nécessité de signaler à leur médecin tout risque de changement d'humeur ou d'idéation suicidaire.
Liaisons dangereuses avec la dépression

Avec une prévalence de 25 %, voire de 30 à 50 % en cas d'épilepsie résistante, les troubles dépressifs sont particulièrement fréquents chez les épileptiques. Là aussi, la relation entre les deux pathologies est bidirectionnelle puisqu'un dépressif a trois à sept fois plus de risque de développer une épilepsie. L'âge de début, la fréquence des crises, la résistance au traitement n'ont pas vraiment fait la preuve de leur imputabilité.


« Prendre en charge la dépression associée est un défi majeur vu ses conséquences non seulement sur la qualité de vie globale mais aussi sur le contrôle de l’épilepsie », insiste le Dr Coraline Hingray (Nancy). Pourtant, les troubles dépressifs sont sous-diagnostiqués car le cadre du DSMV n'est pas adapté à l'épilepsie, que les crises peuvent modifier leur expression, qu'ils peuvent être confondus avec les effets secondaires du traitement ou considérés comme «normaux» dans une pathologie chronique. Un outil sensible et spécifique le NDDI-E (Neurological Disorders Depression Inventory for Epilepsy), questionnaire en six items, permet de façon très simple d'évaluer les troubles dépressifs. Il ne faut pas hésiter à poser des questions sur d'éventuelles idées suicidaires, sur l'abus de substance et, surtout, sur l'anxiété présente dans près de la moitié des cas.

En cas de dépression avérée, la première étape est de vérifier si le ou les AE prescrit(s) ont un effet plutôt positif sur l'humeur (lamotrigine, carbamazépine, valproate) ou au contraire plutôt dépresseur (topiramate, levetiracetam, phénobarbital, zonisamide et, dans ce cas, diminuer la dose ou modifier le traitement).
Les IRS divisent par deux les crises

« La prescription d'un anti-dépresseur est indispensable et même bénéfique même si la notice indique un abaissement du seuil épileptogène », souligne la psychiatre. Une étude menée chez plus de 75 000 patients montre que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRSS et IRSNa) divisent par deux l'incidence des crises ; en revanche, le buproprion et la clomipramine l'augmentent tandis que chez les épileptiques dépressifs non traités le risque de crise est multiplié par 19 par rapport à la population générale ! Un consensus d'expert recommande en première ligne un IRSS avec un bon profil de tolérance (sertaline, citalopram, paroxétine…, en fonction des troubles associés) puis un IRSNA (venlafaxine), en troisième ligne des tricycliques (imipramine) et, en dernier recours, une association type fluoxetine/paroxetine + tricyclique. Il faut débuter par de faibles doses et augmenter toutes les 2 à 3 semaines. La durée du traitement est d'au moins 6 mois après rémission complète s'il s'agit du premier épisode, de 2 ans au-delà. Les psychothérapies, voire les traitements comme la stimulation magnétique transcrânienne ou la stimulation neuro-vagale peuvent être discutés.

source info http://psyzoom.blogspot.fr/2015/11/quand-epilepsie-rime-avec-psy.html 
** http://www.legeneraliste.fr/actualites/dossier-congres/2015/11/27/comorbidites-psychiatriques_282886

mardi 10 novembre 2015

RECHERCHE ETUDE L'impact de la douleur physique sur les pensées et comportements suicidaires: méta-analyses

L'impact de la douleur physique sur les pensées et comportements suicidaires: méta-analyses
Journal of Psychiatric Research Volume 71, December 2015, Pages 16–32
Review
Titre original : The impact of physical pain on suicidal thoughts and behaviors: Meta-analyses
Raffaella Calatia, b, c, , , Camelia Laglaoui Bakhiyia, b, d, Sylvaine Arteroa, Mark Ilgene, f, Philippe Courteta, b, c
a INSERM U1061, La Colombière Hospital, University of Montpellier UM1, Montpellier, France
b Department of Psychiatric Emergency & Acute Care, Lapeyronie Hospital, CHU Montpellier, Montpellier, France
c FondaMental Foundation, France
d Psychiatric Unit, CHU Casablanca, Hassan II University, Casablanca, Morocco
e VA Center for Clinical Management Research (CCMR), VA Ann Arbor Healthcare System, Ann Arbor, MI, USA
f University of Michigan Department of Psychiatry, Ann Arbor, MI, USA
Received 22 June 2015, Revised 11 August 2015, Accepted 10 September 2015, Available online 11 September 2015
Corresponding author. Inserm U 1061, Neuropsychiatry: Epidemiological and Clinical Research, University of Montpellier, 39, avenue Charles Flahault, 34093 Montpellier cedex 5, France.

Sujet de l'étude : L'impact de la douleur physique sur les pensées et comportements suicidaires: méta-analyses
Bien que la relation entre la douleur physique et les pensées suicidaires et les comportements a été exploré dans plusieurs études épidémiologiques et cliniques, il est encore loin d'être bien compris. Par conséquent, l'étude a effectué une méta-analyse d'études comparant les taux de pensées et comportements suicidaires chez les personnes avec et sans douleur physique.
Recherche sur articles de MEDLINE et PsycINFO (mai 2015), des études comparant les taux de pensées suicidaires actuelles et au courant de la vie et comportements suicidaires chez les individus avec tout type de douleur physique par rapport à ceux sans douleur.
D'après l'étude la douleur physique est un facteur de risque cohérent pour les pensées et comportements suicidaires. Néanmoins de plus amples recherches sont nécessaires pour déterminer l'impact spécifique de: 1) contre la douleur aiguë chronique, 2) différents types de douleur (par exemple, douleurs inexpliquées médicalement ), et 3) les facteurs de risque de suicide chez les patients souffrant de douleurs chroniques. 

Abstract
Although the relationship between physical pain and suicidal thoughts and behaviors has been explored in multiple epidemiologic and clinical studies, it is still far from being well understood. Consequently, we conducted a meta-analysis of studies comparing rates of suicidal thoughts and behaviors in individuals with and without physical pain.
We searched MEDLINE and PsycINFO (May 2015) for studies comparing rates of current and lifetime suicidal thoughts and behaviors (death wish, suicide ideation, plan, attempt and death: DW, SI, SP, SA, SD) in individuals with any type of physical pain (headache, back, neck, chest, musculoskeletal, abdominal and pelvic pains, arthritis, fibromyalgia, medically unexplained pain, and other not specified pain) versus those without it. Data were analyzed with Cochrane Collaboration Review Manager Software (RevMan, version 5.3). We assessed the methodological quality of the studies with the STROBE statement.
Of the 31 included studies, three focused on lifetime DW, twelve focused on current SI (six lifetime), six focused on current SP (two lifetime), nine focused on current SA (11 lifetime) and eight on SD. Individuals with physical pain were more likely to report lifetime DW (p = 0.0005), both current and lifetime SI (both p < 0.00001), SP (current: p = 0.0008; lifetime: p < 0.00001), and SA (current: p < 0.0001; lifetime: p < 0.00001). Moreover, they were more likely to report SD (p = 0.02). In all analyses, the between study heterogeneity was high. Moreover, the presence of publication bias has been detected in the main outcomes.
Physical pain is a consistent risk factor for suicidal thoughts and behaviors. Further research is required to investigate the specific impact of: 1) chronic versus acute pain, 2) different types of pain (e.g., medically unexplained pain), and 3) risk factors for suicide in chronic pain patients.
Keywords Pain; Suicidal thoughts; Suicidal behaviors; Meta-analysis

Autres articles liés
Correspondence  Framing the impact of physical pain on suicide attempts. A reply to stubbs
 Raffaella Calati, Psy.D. Ph.D., ·INSERM U1061, La Colombière Hospital, University of Montpellier UM1, Montpellier, France. Department of Psychiatric Emergency & Acute Care, Lapeyronie Hospital, CHU Montpellier, Montpellier, France .  FondaMental Foundation, France
Sylvaine Artero, Ph.D.  INSERM U1061, La Colombière Hospital, University of Montpellier UM1, Montpellier, France
Philippe Courtet, MD Ph.D. INSERM U1061, La Colombière Hospital, University of Montpellier UM1, Montpellier, France .   Department of Psychiatric Emergency & Acute Care, Lapeyronie Hospital, CHU Montpellier, Montpellier, France  FondaMental Foundation, France
Jorge Lopez-Castroman.  INSERM U1061, La Colombière Hospital, University of Montpellier UM1, Montpellier, France ,  Department of Adult Psychiatry, CHRU Nimes, Nimes, France
Journal of Psychiatric Research  Available online 28 October 2015 Received 23 October 2015, Accepted 26 October 2015, Available online 28 October 2015

Références de l'article concerné  : Stubbs B. The prevalence and odds of suicidal thoughts, behaviours and deaths among peoplewith painful comorbidities: An updated meta-analysi s accounting for publication bias. Journal of psychiatric research.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022395615003155


lundi 23 mars 2015

PRESSE SCIENCESETAVENIR Dépression : les 4 périodes à risque & Dépression : les gènes, un facteur de vulnérabilité

Dépression : les 4 périodes à risque
Par Sylvie Riou-Milliot



Les trajectoires de vie présentent des moments de vulnérabilité psychique au cours desquelles certaines personnes peuvent être fragilisées.


Entre 55 et 85 ans, près d’une personne sur cinq est en souffrance psychologique. Et 40 à 60 % de ces cas ne sont pas diagnostiqués. 

NUMÉRIQUE. Cet article est extrait du magazine Sciences et Avenir n°817, en vente en mars 2015. Le magazine est également disponible à l'achat en version numérique via l'encadré ci-dessous.



DÉPRESSION. Si elle peut survenir à tout âge, la dépression frappe tout particulièrement à quatre moments précis de la vie. Ces périodes au cours desquelles les personnes les plus fragiles sont susceptibles d’être exposées à la maladie sont l’adolescence, la grossesse, l’apparition d’une maladie chronique grave au pronostic incertain altérant la qualité de vie (cancer, maladies neurologiques évolutives et invalidantes…) et l’avancée en âge. Autant de phases à risque, toutes marquées par la banalisation et le déni, deux freins à la consultation spontanée et à une demande d’aide.

Raison de plus pour être particulièrement attentif aux changements d'humeur au cours de ces périodes. En fait, en matière de dépression, "il est un paradoxe bien connu, pointe le Dr Adeline Gaillard, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne (Paris). Les vrais déprimés n’ont pas accès aux traitements car ils ne sont pas repérés alors que d’autres, atteints de déprime légère, reçoivent des traitements alors qu’ils pourraient s’en passer." Pour que le diagnostic de dépression légère à modérée soit posé, au moins 5 à 7 des 9 symptômes caractéristiques doivent être présents presque tous les jours depuis au moins quinze jours. Au-delà de huit symptômes, on parle d’épisode dépressif majeur (EDM). 

Une détection précoce pour une meilleure prise en charge 


Mais les masques de ce trouble sont multiples. Résultat, à l’heure actuelle, "un déprimé sur deux n’est pas ou mal pris en charge", poursuit la psychiatre. Distinct de la déprime passagère, du léger blues ou du simple vague à l’âme, l’EDM touche en profondeur l’environnement familial et social du dépressif. 10 à 20 % de la population peut ainsi présenter un EDM à un moment de son existence et les femmes sont deux fois plus touchées, sans que l’on sache encore en expliquer réellement les raisons. Or, rappelons que la dépression est la première cause de suicide, 70 % des passages à l’acte survenant chez des déprimés non repérés. Une détection précoce permet donc une meilleure prise en charge, que celle-ci soit médicamenteuse ou non. L’objectif du traitement étant de réduire les symptômes mais aussi de limiter le risque de récidive. 

1 Adolescence : ne pas confondre avec la fameuse "crise"


"Les adolescents sont des homards pendant la mue", estimait Françoise Dolto, sans carapace pour faire face aux aléas de la vie, ce qui peut se révéler périlleux pour certains. On estime ainsi qu’un adolescent sur huit souffre d’une dépression qui, dans un cas sur trois, conduit à une tentative de suicide. Cet état dépressif est à distinguer de la "déprime" passagère, typique de la "crise d’adolescence" et souvent sans retentissement relationnel et scolaire graves. Il faut ainsi être attentif à différents signes cliniques pour repérer les symptômes associés : irritabilité, agressivité, troubles du sommeil, troubles de la pensée (enchaînement illogique des idées, difficulté à formuler une réponse, etc.), perte de plaisir… Avec, cette fois, des conséquences au quotidien comme le désinvestissement scolaire ou les idées suicidaires.

8% des adolescents entre 12 et 18 ans concernés


"À cet âge, les messages émis sont brouillés car les adolescents ont du mal à exprimer leurs émotions", précise le Dr Adeline Gaillard, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Résultat, la dépression peut ne pas être identifiée par des parents confrontés à un enfant avec qui le dialogue est devenu difficile. "Il ne faut pourtant pas hésiter à poser franchement des questions qui visent à rechercher d’éventuelles idées noires. Parler du suicide ne provoque pas le passage à  l’acte", poursuit la spécialiste. Les médecins généralistes, en première ligne, sont bien placés pour effectuer ce repérage. Pour les y aider, la Haute Autorité de santé (HAS) a d’ailleurs publié des recommandations en décembre dernier. Il est donc important de parvenir à convaincre un adolescent en difficulté d’accepter de consulter. Concernant la prise en charge thérapeutique, la HAS est formelle : les médicaments ne doivent jamais être donnés en première intention. Une psychothérapie de soutien doit d’abord être privilégiée. L’objectif à court terme étant de protéger l’adolescent et, à long terme, de l’aider à dépasser ses vulnérabilités.



2 Maternité : un risque méconnu pour la femme et l'enfant


Bien connu des praticiens et des jeunes mères, le "baby blues", qui concerne une femme sur deux et intervient dans les jours qui suivent l’accouchement, ne constitue pas un épisode dépressif grave. En revanche, la dépression périnatale reste méconnue. "Survenant plutôt au troisième trimestre de grossesse", explique le Dr Romain Dugravier, pédopsychiatre à l’Institut de puériculture (Paris), elle concerne 15 % des femmes enceintes. Preuve que les hormones, longtemps considérées comme bénéfiques pour le psychisme, ne protègent pas de la dépression. "Toute la difficulté consiste à repérer cet épisode", poursuit l’expert. Il est en effet souvent impossible pour les futures mères, culpabilisées, de mettre en mots leur souffrance et leurs appréhensions  durant cette période censée être un moment de bonheur intense. "C’est encore plus vrai pour les plus fragilisées d’entre elles, celles qui sont peu entourées, en situation de précarité. C’est aussi tabou pour les soignants", pointe le Dr Dugravier. Fatigue et troubles du sommeil font souvent écran, masquant l’angoisse profonde de ces femmes persuadées qu’elles ne pourront pas faire face à leur maternité. "Elles sont irritables, se disent débordées", détaille le Dr Dugravier. 


Pourtant, des outils simples de repérage existent comme des auto-questionnaires lors de l’entretien périnatal mais qui ne sont pas systématiquement utilisés. Une prise en charge thérapeutique est en effet indispensable car les conséquences, tant pour la mère que pour l’enfant, sont nombreuses. "Au-delà du risque d’accouchement prématuré ou d’une dépression qui devient chronique, on sait que les enfants nés de mères déprimées présentent plus souvent des troubles dits de l’attachement, voire des troubles anxiodépressifs", poursuit le spécialiste. Les antidépresseurs classiques peuvent être proposés, sans risque pour le foetus, mais aussi des thérapies individuelles ou au sein de groupes de parole.



3 Maladies chroniques : quand souffrances physiques et morales s'additionnent


Souffrir à la fois d’une maladie chronique grave évolutive… et d’une dépression. Une association pas si facile à mettre en évidence. Car la douleur physique occupe souvent le devant de la scène, rendant malaisé le repérage de la souffrance morale. Pour preuve, une étude parue dans la revue The Lancet à l’été 2014, menée sur plus de 20 000 personnes atteintes d’un cancer, montrait que les trois quarts des malades atteints de dépression n’étaient ni dépistés ni traités. "En cancérologie, pour les patients comme pour les équipes soignantes, la dépression est souvent considérée comme une conséquence quasi inéluctable de la maladie. D’où sa banalisation", explique Hélène de La Ménardière, psychologue à l’hôpital Cochin, à Paris.

 Un manque de prise en charge regrettable car si 50 % des patients peuvent traverser une période marquée par l’anxiété, la peur et la tristesse, on estime que 5 à 10 % d’entre eux présentent un épisode dépressif majeur. "Face à la gravité du diagnostic, les soignants et l’entourage peuvent parfois être tentés de rationaliser de façon excessive les troubles de l’humeur", remarque la psychologue. Plusieurs éléments peuvent en effet se télescoper. Ainsi, la fatigue peut être due à la maladie ou aux effets secondaires des traitements, mais aussi à la dépression.

En outre, les troubles dépressifs sont rarement rapportés spontanément car "ce qui prévaut aux yeux de tous, soignés comme soignants, c’est “d’avoir le moral” pour assurer au mieux une guérison". En raison du manque de formation et de temps, les soignants sont également peu attentifs à poser ce diagnostic lors de consultations de courte durée, déjà denses et délicates. La prise en charge, médicamenteuse ou non, mais idéalement toujours multidisciplinaire fait donc défaut. Pourtant, les risques sont réels. Outre le risque de passage à l’acte suicidaire, les dépressifs peuvent être amenés à une moindre observance des traitements.



4 Vieillesse : un taux de suicide record


Sous-estimation, banalisation, déni des troubles par le patient, ses proches et les médecins… La liste des obstacles à la prise en charge de la dépression des personnes âgées est longue. Avec des résultats dramatiques : près d’un suicide sur trois concerne un senior en France. Et le taux augmente avec l’âge. Ainsi, chez les plus de 85 ans, il atteint 40 pour 100 000, soit deux fois plus que chez les 35-44 ans ! "La dépression des personnes âgées est un problème de santé publique, dénonce le Pr Frédéric Limosin, chef de service à l’hôpital Corentin- Celton (Issy-les-Moulineaux). Entre 55 et 85 ans, près d’une personne sur cinq est en souffrance psychologique. Or, 40 à 60 % de ces cas ne sont pas diagnostiqués."


Retraite mal vécue, isolement social ou familial, maladies, deuils… Les raisons de déclencher un épisode dépressif sont nombreuses et peuvent parfois se cumuler. Or, en repérer les symptômes est difficile. En effet, le manque de dynamisme ou la tristesse peuvent être mis sur le compte du vieillissement physique. Les seniors et leur entourage doivent donc être attentifs à tous les signes évocateurs complémentaires, comme une forte anxiété ou des plaintes somatiques multiples (douleurs diverses, fatigue). 

La prise en charge thérapeutique reste "classique", avec soutien psychologique et antidépresseurs en cas de dépression sévère. (Rappelons que la consommation de ces médicaments n’est pas associée à un risque de maladie d’Alzheimer.) Une particularité : leur délai d’action est rallongé, passant de quinze jours à trois à quatre semaines en raison d’un métabolisme ralenti. "Il ne sert donc à rien d’arrêter ou de changer de traitement trop tôt, note le Pr Limosin. Mais trop peu de recherches sont encore menées dans cette classe d’âge", pointe le spécialiste. Qui poursuit : "L’offre de soins en gérontopsychiatrie n’est surtout pas assez structurée et nous manquons d’établissements de proximité pour repérer et anticiper."

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Dépression : les gènes, un facteur de vulnérabilité
Par Elena Sender

Publié le 23-03-2015 http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20150318.OBS4900/depression-les-genes-un-facteur-de-vulnerabilite.html?xtor=RSS-26


Des chercheurs suédois et australiens ont établi un lien entre notre ADN et notre vulnérabilité à la dépression. 

Le chromosome 17 (3e ligne à partir du haut, 5e colonne à partir de la gauche) est porteur des gènes impliqués dans la voie de la sérotonine, un régulateur de l'humeur. © CAVALLINI JAMES / BSIP / AFP
NUMÉRIQUE. Cet article est extrait du magazine Sciences et Avenir n°817, en vente en mars 2015. Le magazine est également disponible à l'achat en version numérique via l'encadré ci-dessous. Les gènes seraient responsables pour 40 % de notre vulnérabilité à la dépression. Du moins si l’on en croit des travaux suédois et australiens réalisés sur des paires de jumeaux. "Cette part génétique apparaît relativement basse comparée à celles de la schizophrénie (80 %) ou du trouble bipolaire (90 %)", souligne Nicolas Ramoz, chercheur au Centre de psychiatrie et neurosciences, Inserm U894, de l’hôpital Sainte- Anne (Paris).
L’environnement (stress, alimentation, alcool...) influe sur l’expression de l’ADN"
GÈNES. Quels sont les gènes impliqués ? Les plus étudiés jusqu’à présent ont été ceux de la voie de la sérotonine, portés par le chromosome 17 en cause dans les troubles de l’humeur. Le gène TPH2 codant pour l’enzyme de synthèse de la sérotonine a des variants associés à la dépression. Mais aussi le gène 5HTT, qui code pour le transporteur de recapture de la sérotonine et les récepteurs du neuromédiateur. Deux formes (allèles) du gène 5HTT existent, une forme longue (L) et une forme courte (S). Des travaux ont montré que les personnes qui développent davantage de dépression et d’idées suicidaires après des stress précoces dans l’enfance sont celles qui possèdent deux formes courtes (SS) du 5HTT. Les porteurs de forme longue (LL) semblent plus résistants. Mais ces gènes de l’ADN ne font pas tout.
"L’environnement (stress, alimentation, alcool...) influe sur l’expression de l’ADN, souligne Nicolas Ramoz. Ce sont les facteurs dits épigénétiques. Les recherches dans ce domaine sont très récentes." Ainsi, en juillet 2014, des chercheurs de l’université McGill (Montréal) ont établi que les cerveaux de personnes suicidées avaient une expression
des gènes différente de celles des cerveaux de témoins. Et cette expression se modifie chez des malades répondant au traitement antidépresseur.