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vendredi 12 août 2022

NOTICE ARTICLE La dépression aux urgences psychiatriques : une expérience quotidienne

La dépression aux urgences psychiatriques : une expérience quotidienne - 09/08/22
Doi : 10.1016/j.amp.2022.07.029 
Louise Todorov ⁎ , Raphaël Gourevitch
 Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, Hôpital Sainte-Anne, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
Auteur correspondant. Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, GHU Psychiatrie Paris et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne, 1 rue Cabanis, 75014 Paris, France.Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, GHU Psychiatrie Paris et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne1 rue CabanisParis75014France
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Tuesday 09 August 2022

Résumé
La dépression est le trouble psychiatrique le plus fréquent dans la population générale, et les consultations aux urgences pour dépression seraient en hausse depuis plusieurs années. Le Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil est un service d’urgences psychiatriques à vocation régionale situé à Paris qui recense environ 10 000 consultations par an. Parmi ces consultations, on retrouve près de 40 % de diagnostics de troubles de l’humeur. La prise en charge du patient aux urgences repose sur une évaluation globale, qui ne doit pas se limiter à l’entretien psychiatrique. Le contexte d’arrivée, l’environnement et l’entourage du patient doivent être pris en compte afin d’aboutir à une orientation optimale. Une attention particulière doit être portée aux premiers épisodes (élimination d’un diagnostic différentiel, dépistage d’un éventuel trouble bipolaire) et à l’évaluation du risque suicidaire. L’existence d’un facteur causal externe ou d’un trouble de personnalité comorbide ne doit pas faire banaliser la consultation et mener à un sous-diagnostic de dépression caractérisée. Le traitement médicamenteux aux urgences est le plus souvent symptomatique (traitement anxiolytique par benzodiazépines ou neuroleptiques selon les situations), et l’orientation ambulatoire doit toujours être privilégiée. Des adaptations thérapeutiques peuvent alors être envisagées. La décision d’une hospitalisation doit toujours être argumentée, et le consentement aux soins rigoureusement évalué. La prise en compte et éventuellement l’accompagnement de l’entourage sont presque toujours nécessaires. Tous ces éléments doivent être argumentés dans le dossier.
Mots clés : Crise, Dépression, Entourage, Suicide, Urgence psychiatrique

Plan
Introduction : l’urgence psychiatrique, généralités
La dépression aux urgences : épidémiologie
La dépression aux urgences : spécificités
L’accueil du patient aux urgences
Les motifs de consultation aux urgences
Conclusion
Discussion avec l’auditoire
Déclaration de liens d’intérêts
https://www.em-consulte.com/article/1534436

vendredi 25 février 2022

AUTOUR DE LA QUESTION La dépression post-partum touche un nombre inattendu de pères




Parents & enfants
La dépression post-partum touche un nombre inattendu de pères

Mathilde Debry — Édité par Thomas Messias — 12 février 2022  http://www.slate.fr*

Près de 20% des pères français traversent des dépressions post-partum à la naissance de leur enfant. Une maladie mentale émergeante, encore largement méconnue du grand public et des professionnels de santé.

 «Chaque jour de cette vie de parent, j'avais l'impression de me noyer.» | Piqsels
 
Temps de lecture: 10 min

Cela peut paraître surprenant, mais beaucoup d'hommes souffrent de dépression post-partum. Il y a quelques années, Sébastien Michel en a fait la douloureuse expérience. «J'ai commencé à me sentir mal pendant la première grossesse de ma femme. Après les trois premiers mois, je suis devenu complètement claustrophobe. Moi qui prenais sans problème la ligne 13, je ne pouvais plus prendre aucun transport», raconte ce Parisien pure souche. Les choses s'aggravent brutalement juste après la naissance de sa fille Viktoria, alors que le jeune papa rentre chez lui dormir quelques heures.

«Au réveil, plus rien n'allait, ça a été très violent. J'avais des nausées, j'ai perdu cinq kilos en quelques jours, je pleurais tout le temps. J'étais obsédé par la santé de Viktoria, avec l'angoisse permanente qu'elle décède. Pendant les trois premiers mois de son existence, chaque jour était une épreuve. Je me sentais seul, écrasé par les responsabilités. Ma paternité ne me procurait presque aucun plaisir», témoigne le chef de projet Santé et sécurité au travail maritime, par ailleurs président de l'APSEF (Association pour la Prévention des risques de la Santé et le bien-être des Enfants et Futurs parents).

De l'autre côté de l'Atlantique, Jason Keil a vécu une expérience similaire. «Chaque jour de cette vie de parent, j'avais l'impression de me noyer», raconte le journaliste, qui élève ses deux jeunes garçons à Phoenix, aux États-Unis. Victime d'énormes crises d'angoisse depuis la naissance de son premier enfant, il tente régulièrement de les cacher à ses collègues en se réfugiant sous son bureau.

«Je pleurais la vie que j'avais perdue en devenant père. Une époque sans baby-sitter, où ma femme et moi étions libres de nos mouvements, où j'étais en forme et actif. Désormais, j'étais en surpoids, épuisé, aigri et pessimiste, ce qui affectait la façon dont je m'adressais à mes enfants. Sans le vouloir, je les brusquais», dit-il.
Un mal méconnu

Selon un nouveau sondage d'OpinionWay pour la plateforme de téléconsultation Qare, 18% des pères français vivent une dépression post-partum après l'accouchement de leur conjointe. C'est moins que les femmes (30%), mais beaucoup plus que ce qu'avancent les rares recherches publiées précédemment sur le sujet.

Une étude menée à l'Université de Lund en Suède dégage par exemple le chiffre de 8%, un pourcentage repris par le nouveau site du ministère de la Santé dédié aux 1.000 premiers jours de l'enfant. Les sages-femmes suisses Marie Guérin et Sarah Boccon-Gibod, autrices d'un mémoire sur la dépression post-partum masculine, estiment qu'un père sur dix est touché.
«Elle se manifeste et se traite globalement de la même manière que la dépression post-partum maternelle, même si des symptômes et des facteurs spécifiques sont en train d'émerger.» Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la périnatalité

L'augmentation de la prévalence de cette pathologie s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, la libération de la parole autour de la santé mentale, qui s'est accélérée avec la pandémie de Covid-19. Mais aussi l'évolution du rôle de père au sein de la société française, qui pousse les hommes à davantage s'investir dans leur rôle de parent, et donc à en affronter les affres. «Les hommes et les femmes font probablement des dépressions post-partum depuis toujours. Mais la dépression post-partum paternelle est une maladie que l'on diagnostique seulement depuis une dizaine d'années», ajoute Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la périnatalité.

À ce jour, il n'existe pas de définition consensuelle de cette affection, qui n'est d'ailleurs pas répertoriée dans le DSM-5, le manuel diagnostique et statistique recensant tous les troubles mentaux. «Elle peut tomber sur n'importe qui, même si tout va bien. Elle se manifeste et se traite globalement de la même manière que la dépression post-partum maternelle, même si des symptômes et des facteurs spécifiques sont en train d'émerger», poursuit la médecin.
Le contraire d'une renaissance

Une récente recherche a par exemple démontré qu'une dépression anté ou post-partum de la conjointe favorise le développement de la même maladie chez le père, tout comme une grossesse ou un accouchement compliqué. La chute de la testostérone qui suit les neuf premiers mois de l'arrivée d'un enfant, et dont l'intensité varie en fonction du métabolisme de chaque papa, peut également être en cause. Une pathologie psychiatrique préexistante à la grossesse, un traumatisme durant l'enfance, un rapport compliqué aux parents, une vie de couple tendue, une séparation, une situation sociale précaire, un travail stressant ou fatigant et la jeunesse sont aussi des éléments fragilisants.
«La paternité a rouvert toutes mes blessures: celles liées à ma bipolarité et celles de mon enfance.» Rodolphe Viémont

Lorsque sa dépression post-partum se déclenche en 2016, Rodolphe Viémont cumule les périls. Gravement bipolaire, il doit affronter le diabète gestationnel de sa femme Laurence, qui se terminera par un accouchement très difficile. Laurence manque d'y laisser la vie, et leur fille Ernestine devra même être placée quelque temps sous respirateur. «Je pensais renaître à la naissance de mon premier enfant, mais au final, j'ai cru que j'allais mourir», raconte le quadragénaire. Peu de temps après le retour de la maternité, Rodolphe arrête le traitement qu'il suivait depuis des années. Se déclenche alors un très grave épisode de manie, chose qui ne lui était pourtant pas arrivée depuis 2011.

  Plusieurs sentiments l'ont conduit à cette rechute. «J'ai d'abord brutalement réalisé que la naissance d'Ernestine m'enlevait la plus grande des libertés: le suicide. Et jusqu'à ce qu'elle prononce son premier mot, j'avais l'impression dérangeante que ma fille n'était qu'un prolongement de moi-même, et pas un être à part entière», raconte cet auteur-réalisateur d'œuvres audiovisuelles. «Ensuite, la paternité a rouvert toutes mes blessures: celles liées à ma bipolarité et celles de mon enfance. Je ne voulais surtout pas reproduire les mêmes erreurs que mes parents, il ne fallait pas que je me rate», confie-t-il.

À la pression familiale s'ajoute la pression professionnelle: «La naissance d'Ernestine m'a poussé à me dépasser dans mon art. Je voulais être le plus brillant possible. Lorsque que je prends des neuroleptiques, ma créativité est moindre. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'arrêter le zyprexa, et c'est aussi pour ça que j'ai commencé à boire beaucoup trop d'alcool».
De nombreux symptômes

L'abus de substances addictives est un symptôme typique de la dépression post-partum masculine, auquel s'ajoutent souvent un isolement social, de l'irritabilité, du cynisme, une difficulté à exprimer ses émotions, un surinvestissement professionnel et un désintérêt pour le foyer, généralement confondu par l'entourage avec de la fainéantise. «Je fuyais au maximum le cocon familial. Dès que je pouvais m'échapper de chez moi, je le faisais, car je ne m'y sentais pas à l'aise», raconte Maxime Coletti, rongé à l'époque par une colère sourde depuis son retour de la maternité.

«On était en train de faire des travaux dans l'appartement, donc je trouvais toujours une bonne raison d'aller traîner dans les magasins de meubles ou de bricolage. Quand j'étais à la maison, je restais dans mon coin, sans aucune envie de participer à la vie de famille. Je ne m'occupais pas du tout mon fils, comme si je le rejetais», poursuit le commercial.

«Je n'avais aucune patience avec Leandro. J'étais impulsif et lunatique», regrette le père de famille, qui multiplie alors les disputes avec sa compagne. «On formait pourtant un couple très soudé, stable depuis plusieurs années. Notre premier enfant était désiré, et la grossesse et l'accouchement se sont très bien passés», se souvient-il.
«Je faisais bonne figure, en disant à tout le monde que c'était la plus belle période de ma vie.» Maxime Coletti

Dans les cas les plus graves, la dépression post-partum masculine peut conduire à un arrêt de travail, une hospitalisation psychiatrique, une rupture brutale, des tromperies, des comportements sexuels déviants, des sorties à outrance, des violences conjugales, et au suicide. Non soignée, elle peut durer jusqu'à trois ans et avoir des répercussions sur le développement de l'enfant, d'où l'intérêt de la prendre en charge au plus vite.

«En revanche, le risque d'infanticide, qui peut se déclencher chez la mère atteinte d'une dépression post-partum, ne se manifeste pas chez les hommes», précise Fanny Jacq. «L'épisode masculin se produit aussi généralement plus tard que chez les femmes, entre six et douze mois après l'accouchement», ajoute la spécialiste.


Tristesse, angoisse diffuse, crise de panique, perte ou prise de poids, douleurs récurrentes (maux de tête, de ventre, de dents...), fatigue permanente, insomnie, pleurs, difficulté d'attachement à l'enfant, agressivité à son encontre, sensation d'être un robot ou culpabilité tenace d'être un mauvais parent... Qu'il se déclenche pendant ou après la grossesse, tout changement durable (plus de deux semaines) par rapport au comportement habituel du père doit être pris au sérieux et conduire à réagir.

Passer du temps avec son bébé et préserver son équilibre de vie malgré la naissance peut aider à faire disparaître les symptômes. En parler à sa femme, ses proches ou à d'autres nouveaux papas est aussi souvent salutaire [des forums, des associations, des maisons vertes et des groupes de parole existent, ndlr]. Et si tout cela ne suffit pas à faire disparaître le mal-être, consulter un professionnel de santé doit devenir une priorité.

Un premier rendez-vous peut être par exemple être pris avec un psychologue, un psychiatre, le médecin généraliste, la sage-femme ou la gynécologue, en fonction d'avec qui on se sent le mieux (les maternités, les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) et les Centres médico-psychologiques (CMP) proposent en général les services de psychiatres ou de psychologues).
Sujet tabou

Plus facile à dire qu'à faire, feront cependant remarquer avec justesse de nombreux interlocuteurs, tant la dépression post-partum est encore taboue en France. «Le stéréotype idéalisé du mâle fort et dominant, censé porter son foyer et résoudre ses problèmes seul, fait aussi que beaucoup d'hommes n'osent pas s'exprimer et encore moins consulter. Et quand ils le font, ce n'est pas forcément bien accueilli», rappelle Vincent Lapierre, psychologue et directeur du Centre de Prévention du Suicide (CPS).

«Lorsque j'ai publié mon propre témoignage pour sensibiliser au mal-être des pères, beaucoup de commentaires m'ont accusé d'être un mauvais mari ou de m'inventer une maladie. J'ai donc, pendant longtemps, arrêté d'en parler publiquement», raconte ainsi Jason. «Pour moi, c'était inconcevable de dire à mes proches que je n'étais pas heureux. J'avais honte, j'avais peur de leur jugement... Donc je faisais bonne figure, en disant à tout le monde que c'était la plus belle période de ma vie», se souvient également Maxime.

Difficile aussi de trouver le bon interlocuteur, car les professionnels de la périnatalité, logiquement focalisés sur la mère, s'intéressent rarement à l'état psychologique du père. «La dépression post-partum chez les mères est aujourd'hui identifiée, et les parcours de soins pour les prendre en charge fonctionnent bien. En revanche, la psyché masculine est un angle mort des maternités. On y accepte la présence des hommes, mais leur vécu ne fait pas l'objet d'un intérêt», rapporte Léa Karpel, psychologue à la maternité de l'hôpital Foch.

Cette dernière ne reçoit d'ailleurs quasiment jamais de pères en détresse dans ses consultations. «Les très rares fois où cela arrive, c'est soit parce qu'ils accompagnent leur conjointe qui va mal, soit parce que leur femme me les a adressés. Ils ne viennent pas d'eux-mêmes», ajoute-t-elle.

Pourtant, la dépression post-partum se soigne bien. Rodolphe, Sébastien, Jason et Maxime sont d'ailleurs tous remis aujourd'hui, notamment grâce à diverses démarches (psychothérapie, médication, médecine douce...), à leurs proches et à leur femme. «C'était très dur pour elle, car non seulement elle ne me comprenait pas, mais en plus, elle devait tout gérer avec notre fils», se rappelle Maxime.
«Il faut que les psychologues tirent davantage les vers du nez aux hommes lors des entretiens.» Vincent Lapierre, psychologue et directeur du Centre de Prévention du Suicide

«Au bout d'un moment, elle m'a dit stop: soit je faisais quelque chose pour que ça change, soit je prenais rendez-vous avec un médecin. Je me suis donc renseigné sur internet. Quand on a enfin réussi à identifier ce dont je souffrais et à en discuter, elle m'a poussé à passer du temps seul avec mon fils, ce qui lui permettait aussi de souffler un peu. Petit à petit, mon mal-être a disparu», raconte-t-il.
Un meilleur suivi du couple

Pour que tout ne pèse pas sur la conjointe, déjà mise à rude épreuve par sa grossesse, l'accouchement et l'arrivée du bébé, de nombreux psychologues et psychiatres militent pour la mise en place d'un suivi régulier de la santé mentale du couple pendant et après la conception, avec la création d'espaces d'expression et d'interlocuteurs spécifiques pour les pères.

«Il faut que les psychologues tirent davantage les vers du nez aux hommes lors des entretiens. S'ils ne sont pas assez proactifs, les consultations ne donnent généralement rien, surtout lorsqu'il s'agit de sujets intimes. De ce fait, en France, 75% des suicides sont masculins», complète Vincent Lapierre. «À une échelle plus sociétale, je pense qu'il faudrait aussi travailler à déconstruire les stéréotypes de genre en santé mentale, qui biaisent les approches de tout le monde, y compris des proches et des soignants», estime le spécialiste.
Une meilleure intégration des hommes au suivi de la grossesse permettrait de mieux détecter les signes de leur mal-être.

La diffusion d'informations sur la dépression post-partum masculine lors des consultations de suivi de grossesse aiderait aussi les papas en difficulté à comprendre ce qui leur arrive, à réagir plus vite et à s'orienter. «Un simple flyer m'aurait suffi, car j'étais complètement perdu, comme d'ailleurs tous les pères déprimés que je commence à recevoir au sein de mon association», confirme Sébastien Michel.

Marie Guérin et Sarah Boccon-Gibod appellent également à une meilleure formation des professionnels de santé à cette pathologie, dont beaucoup n'ont encore jamais entendu parler. Plus globalement, comme le recommande l'OMS depuis 2015, une meilleure intégration des hommes au suivi de la grossesse permettrait de mieux détecter les signes de leur mal-être.


«Les pères expriment un sentiment d'exclusion des services de périnatalité et un manque de reconnaissance dans leur rôle de coparent. Ils questionnent leur légitimité à y être inclus, craignant le regard de la société et d'ôter des ressources à la mère et l'enfant», écrivent les deux sages-femmes.


Enfin, Didier Meillerand, fondateur du Psychodon, milite pour davantage de prévention autour de la santé mentale masculine, plus de moyens investis dans les soins, un développement de la recherche et un remboursement de toutes les consultations psychologiques. Sans bien sûr déshabiller Pierre pour habiller Paul, puisque les structures de soins destinées aux Françaises atteintes de dépression post-partum ne couvrent pas encore tous les besoins. «Les dernières annonces d'Adrien Taquet vont dans le bon sens, mais une consultation supplémentaire et l'ouverture de cinq à dix nouvelles Unités mère-enfant ne suffiront toujours pas à traiter toutes les patientes», conclut Fanny Jacq.
En savoir plus:
Parents & enfants dépression naissance parentalité

Source http://www.slate.fr/story/223407/depression-post-partum-hommes-peres-prevention-prise-charge



lundi 22 novembre 2021

ETUDE RECHERCHE Association entre symptômes dépressifs avec comportements de suicide et les relations avec les parents chez les adolescents

Association entre symptômes dépressifs avec comportements de suicide et les relations avec les parents chez les adolescents
Honessa Gherdaoui 1

1
UL - Université de Lorraine

Résumé : Les symptômes dépressifs (SD) sont fréquents et souvent associés aux comportements de suicide chez les plus jeunes adolescents. Les problèmes relationnels avec les parents sont également fréquents et peuvent favoriser les SD et le risque suicidaire des adolescents déprimés. Cette étude évaluait l'association entre les SD avec comportements suicidaires et les problèmes relationnels avec les parents chez les plus jeunes adolescents. La population étudiée comprenait 1559 collégiens dans le Nord-Est de la France (âge moyen=13,5+1,3 ans). Ils remplissaient un auto-questionnaire recueillant : sexe, âge, caractéristiques socioéconomiques, performance scolaire, usage de substances, relations avec les parents, SD (échelle de Kandel), soin pour la dépression, idées de suicide durant les 12derniers mois (IS), et les tentatives de suicide durant la vie (TS). L'analyse était limitée aux 1256 adolescents vivant avec les deux parents. Les données étaient analysées avec les modèles de régression logistique. Les SD seuls, SD+IS et DS+TS affectaient respectivement 8,0, 2,5 et 3,9% des adolescents. Les relations négatives avec le père seulement, la mère seulement, et les deux parents affectaient respectivement 11,2, 6,1 et 10,9% des adolescents. Basé sur l'odds ratio ajusté sur le sexe et l'âge, les relations négatives avec le père seulement étaient associées respectivement à un risque de 3,2 et 4,6 fois plus élevé pour SD seuls et SD+TS (p<0,001). Celle avec la mère seulement était associée respectivement à un risque de 4,2, 12,9 et 14,3 fois plus élevé pour SD seuls, SD+IS et SD+TS (p<0,001). Les relations négatives avec les deux parents n'étaient pas associées à un risque plus élevé que celles avec la mère seulement. Ces risques étaient robustes et restaient élevés après ajustement sur les facteurs socioéconomiques, la performance scolaire, l'usage de substances, et le soin pour la dépression. En conclusion, l'insatisfaction des adolescents des relations avec la mère, et à un degré moindre, celle avec le père sont fortement associées aux symptômes dépressifs seuls et plus fortement associées au cumul de ses symptômes avec les idées et tentatives de suicide. Les relations avec les parents devraient être prises en compte dans la prévention visant à réduire les symptômes dépressifs et les comportements de suicide.
Mémoire / Rapport de stage
https://hal.univ-lorraine.fr/hal-03297434
 
Soumis le : vendredi 23 juillet 2021 - 13:50:41
Dernière modification le : samedi 20 novembre 2021 - 03:40:03

Fichier BUMED_T_2018_GHERDAOUI_HONESSA...

Honessa Gherdaoui. Association entre symptômes dépressifs avec comportements de suicide et les relations avec les parents chez les adolescents. Médecine humaine et pathologie. 2018. ⟨hal-03297434⟩

samedi 6 novembre 2021

ETUDE RECHERCHE Association Between the A118G Polymorphism of the OPRM1 Gene and Suicidal Depression in a Large Cohort of Outpatients with Depression

Association Between the A118G Polymorphism of the OPRM1 Gene and Suicidal Depression in a Large Cohort of Outpatients with Depression

Benedicte Nobile 1, 2, * Emilie Olie 1, 2, 3 Nicolas Ramoz 4 Jonathan Dubois 1, 2 Sebastien Guillaume 1, 2, 3 Philip Gorwood 4 Philippe Courtet 1, 2, 3
* Auteur correspondant
1 CHRU Montpellier - Centre Hospitalier Régional Universitaire [Montpellier]
2 IGF - Institut de Génomique Fonctionnelle
3 Fondation FondaMental [Créteil]
4 IPNP - U1266 Inserm - Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris
Abstract : Background: Growing evidences suggest that depression with suicidal ideation (SI) could be a specific phenotype with its own characteristics. Moreover, opioid system deregulation might be implicated in suicidal behaviour (SB). The aim of this study was to determine whether the A118G polymorphism (rs1799971) in ORPM1 (the gene encoding opioid receptor mu 1) is associated with suicidal depression (ie, moderate to severe depression with SI) in a large cohort of outpatients with depression. Methods: GENESE is a large, prospective, naturalistic cohort of French adult outpatients with depression (DSM-IV criteria), treated and followed for 6 weeks. Depression severity was assessed with the Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS), and SI with the suicidal item of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale (MADRS-SI). From this cohort, patients with moderate or severe depression (HADS-D subscale score >11) were selected and classified as without SI (MADRS-SI < 2), or with SI (MADRS-SI ≥ 2). Results: The AA/AG genotypes of the A118G polymorphism were significantly associated with suicidal depression in the non-adjusted (OR = 2.32, 95% CI = [1.28; 4.18]; p-value = 0.005) and in the adjusted models (OR = 2.54, 95% CI = [1.35; 4.78]; p-value = 0.004). Conclusion: Outpatients with depression harbouring the A allele are at higher risk of SI (and possibly SB) than those carrying the G allele. More studies are needed to better understand the link between this polymorphism and SB.


Soumis le : jeudi 4 novembre 2021 - 11:49:02
Dernière modification le : vendredi 5 novembre 2021 - 04:23:03
Lien texte intégral https://www.dovepress.com/getfile.php?fileID=74926
Citation
Benedicte Nobile, Emilie Olie, Nicolas Ramoz, Jonathan Dubois, Sebastien Guillaume, et al.. Association Between the A118G Polymorphism of the OPRM1 Gene and Suicidal Depression in a Large Cohort of Outpatients with Depression. Neuropsychiatric Disease and Treatment, Dove Medical Press, 2021, 17, pp.3109-3118. ⟨10.2147/NDT.S324868⟩. ⟨hal-03414253⟩

Source https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03414253

mardi 2 novembre 2021

NOTICE ARTICLE Dépister la dépression pour prévenir le risque suicidaire en Ehpad

Dépister la dépression pour prévenir le risque suicidaire en Ehpad
- 30/10/21
Doi : 10.1016/j.sasoi.2021.08.008
Nathalie Jakob : Psychogérontologue, psychologue référente de la région Centre
Ehpad Korian Les Dames blanches, 7 boulevard Preuilly, 37000 Tours, France
Dans Soins Aides-Soignantes Vol 18 - N° 103 P. 24-25 - novembre 2021

Résumé

L’augmentation du risque suicidaire marque un mal-être de plus en plus important chez nos aînés, dans un contexte de maintien du lien social particulièrement difficile z Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes prennent cette souffrance en considération depuis plusieurs années z La prévention du risque suicidaire s’organise notamment par le biais d’une évaluation du risque dépressif chez les aînés.
Mots clés : équipe pluridisciplinaire, évaluation, prévention, risque dépressif, risque suicidaire

Plan
Dépression et risque suicidaire
Évaluation du risque dépressif
Prévenir le risque dépressif
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts

source https://www.em-consulte.com/article/1480288

mardi 28 septembre 2021

UNAFAM Santé mentale. Point mensuel, septembre 2021.

Sondage sur la dépression : il y a urgence à agir !

27 septembre 2021 https://www.unafam.org/*

Brèves

Paris, le 27 septembre 2021

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Dépression : prise en charge insuffisante et manque d’informations aggravent les difficultés des patients, de leurs proches et des soignants, révèlent l’Unafam et la Fondation Pierre Deniker à la veille des Assises de la Psychiatrie

L’Unafam et la Fondation Pierre Deniker dévoilent aujourd’hui un baromètre exclusif sur la dépression réalisé avec le concours du laboratoire Janssen et de l’institut CSA*. Avec seulement un patient sur trois pris en charge par un professionnel de santé, le sondage met en évidence un système de soins débordé, alors que plus d’un Français sur dix est actuellement touché par la maladie et que l’état de santé d’un malade sur deux s’est dégradé du fait de la crise sanitaire. A cette prise en charge qui ne parvient plus à suivre le flux de la maladie, s’ajoute un silence qui aggrave la souffrance des patients et des proches. Ce silence assombrit notre perception collective de la dépression : pourtant, elle se soigne. À l’aube des Assises de la Psychiatrie et dans un contexte dégradé par la crise Covid, ces résultats soulignent la nécessité d’une prise de conscience collective sur la dépression.
Prise en charge insuffisante, tabou social et manque d’informations : la crise Covid vient accentuer une situation déjà préoccupante sur le front des dépressions

Le baromètre mené par CSA pour l’Unafam, la Fondation Pierre Deniker et Janssen met en évidence trois grands enseignements.

D’abord, alors que 10% des Français souffrent actuellement de dépression et que 25% en ont déjà souffert, la prise en charge de la maladie reste largement insuffisante.
On découvre notamment que seuls 33% des malades sont actuellement suivis par un professionnel de santé.
Un constat préoccupant quand on sait que près de 2/3 des patients vivant ou ayant déjà vécu un épisode dépressif, ont déjà eu des pensées suicidaires, et que la dépression a entraîné ou amplifié d’autres problèmes de santé pour plus de la moitié d’entre eux.

Ensuite, l’étude met en évidence que, pour les patients, le silence s’ajoute à la souffrance psychique et à la prise en charge insuffisante.
Près de la moitié des personnes actuellement atteintes n’en parlent pas (46%), et 62% ont l’impression que leur maladie n’est pas comprise par leur entourage.
Le constat est similaire chez les soignants : ils estiment en majorité que c’est une maladie dont on parle peu (63%), ce qui la rend difficile à aborder avec le patient (53%).

Ce silence aggrave le fardeau de la maladie : près d’un patient sur trois pense ne jamais en sortir (29%).

Enfin, le sondage confirme une intuition largement partagée : déjà préoccupante, la situation s’accentue avec la crise Covid.
A l’heure de la crise sanitaire, plus d’un Français sur dix avoue avoir déjà eu des pensées suicidaires (14%). Un chiffre encore plus alarmant chez les 18 à 24 ans (30%).
Quant aux personnes actuellement en dépression : 1 sur 2 estime que sa maladie s’est aggravée avec la pandémie.
Un constat partagé par les professionnels de santé : pour 85% d’entre eux, le Covid-19 a fait augmenter le nombre de patients et a également nui à leur pratique du soin (rendez- vous annulés, traitements abandonnés…).
Une urgence qui fait oublier que la dépression se soigne

À ce tableau sombre, s’ajoute un élément trop peu évoqué : oui, la dépression se soigne, comme 95% des soignants l’affirment. C’est pourquoi l’Unafam et la Fondation Deniker insistent sur le sentiment de gachis qu’inspirent ces résultats.

Celui-ci prend racine dans plusieurs maux. Comme le montre le sondage, l’information reste insuffisante auprès de la population. Mais le premier besoin est humain : deux tiers des soignants estiment que l’on manque de personnel formé, et la moitié des aidants doivent soutenir leur proche malade seuls (44%).

Cette étude révèle une spirale de refoulement des troubles psychiques, des patients et des soins en marge de la vie collective dont la mesure doit être prise. Pour Marie-Jeanne-Richard, présidente de l’Unafam : « Face au fardeau de la dépression, les familles crient à l’aide ! Elles savent que leur présence auprès de leurs proches est importante mais elles se sentent impuissantes voir épuisées. Elles ont besoin d’aide pour garder espoir ».

« L’ensemble de ces résultats confirment les difficultés que nous rencontrons sur le terrain et que la crise actuelle accentue » conclut pour sa part Raphaël Gaillard, président de la Fondation Pierre Deniker.

« Les Assises de la Santé Mentale doivent être l’occasion d’une prise de conscience collective : le silence autour de la maladie défait notre système de prise en charge, a des conséquences sur la souffrance psychique des patients et complique la mission des aidants et des soignants ».

*Observatoire « Les Français et la dépression », réalisé par l’institut CSA pour le compte du laboratoire Janssen France, de la Fondation Pierre Deniker et de l’Unafam, septembre 2021. Tous les chiffres détaillés ci-après en sont issus. Résultats disponibles sur demande.

Communiqué de presse Sondage dépression
pdf, 206.95 Ko
Infographie sondage dépressionpdf, 192.23 Ko

https://www.unafam.org/actualites/sondage-sur-la-depression-il-y-urgence-agir

 

 

lundi 26 juillet 2021

ETUDE RECHERCHE Characteristics and treatment outcome of suicidal depression: Two large naturalistic cohorts of depressed outpatients

Characteristics and treatment outcome of suicidal depression: Two large naturalistic cohorts of depressed outpatients

Bénédicte Nobile 1, 2 Emilie Olié 1, 2, 3 Jonathan Dubois 1, 2 Sebastien Guillaume 1, 2, 3 Philip Gorwood 4 Philippe Courtet 1, 2, 3
1 CHRU Montpellier - Centre Hospitalier Régional Universitaire [Montpellier]
2 IGF - Institut de Génomique Fonctionnelle
3 Fondation FondaMental [Créteil]
4 IPNP - U1266 Inserm - Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris
Abstract : Objective: The emergence of new drugs for managing suicidal ideation (e.g. ketamine) raises the question of whether suicidal depression (i.e. moderate to severe depression with concomitant suicidal ideation) is a specific depression phenotype. Therefore, this study characterized patients with suicidal depression (baseline clinical characteristics, suicidal ideation and depression evolutions, suicide risk) in two large cohorts of outpatients with depression. Methods: LUEUR and GENESE are two large, prospective, naturalistic cohorts of French adult outpatients with depression (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, fourth edition, criteria), treated and followed up for 6 weeks. Depression severity was assessed with the Hospital Anxiety and Depression Scale, and suicidal ideation with the suicidal item of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale. Patients with moderate or severe depression (Hospital Anxiety and Depression Scale-Depression subscale score >11) were selected and classified as without suicidal ideation (suicidal item of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale <2), with moderate suicidal ideation (suicidal item of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale [2; 3]) and with severe suicidal ideation (suicidal item of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale ⩾4). Results: Baseline clinical features were more severe (e.g. higher anxiety and depression scores) in depressed patients with moderate/severe suicidal ideation. Depression remission after treatment was less frequent among patients with severe suicidal ideation. The risk of suicide attempt during the follow-up was threefold higher in patients with suicidal ideation among those 10% had persistent suicidal ideation. Conclusion: Suicidal depression could be a specific depression phenotype with more severe clinical characteristics, less frequent depression remission, suicidalideation persistence and higher suicide attempt risk, despite antidepressant treatment. It seems that
Soumis le : mercredi 21 juillet 2021 - 15:28:44
Dernière modification le : vendredi 23 juillet 2021 - 03:15:43
Source https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03294347

Citation
Bénédicte Nobile, Emilie Olié, Jonathan Dubois, Sebastien Guillaume, Philip Gorwood, et al.. Characteristics and treatment outcome of suicidal depression: Two large naturalistic cohorts of depressed outpatients. Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, SAGE Publications, 2021, pp.000486742110256. ⟨10.1177/00048674211025697⟩. ⟨hal-03294347⟩

vendredi 28 mai 2021

Libourne (33) OUTIL PEDAGOGIQUE Un escape game cible les troubles dépressifs

Un escape game cible les troubles dépressifs

Sud Ouest  ; Gironde mercredi 19 mai 2021 Jean-Charles Galiacy

Découvrir le trouble dépressif sous la forme d'un jeu d'énigmes peut paraître saugrenu. C'est pourtant l'ambition d'un escape game (jeu d'évasion) proposé depuis cette semaine par la Mission locale du Libournais, à destination de ses jeunes bénéficiaires mais également du grand public. Créé par la société Tricky, qui l'a déjà mis en place sur le campus universitaire bordelais, ce dispositif vise à éclairer la jeunesse sur une problématique tenace: 32% des 18-24ans seraient victimes de troubles de santé mentale, selon la fondation Fondamental.Cela prend la forme d'un escape game classique, à l'atmosphère dystopique. Trois participants investissent une petite pièce, l'appartement d'un jeune homme appelé Thomas, dans un futur indéterminé. Ils suivent son compagnon virtuel avec pour objectif de réunir les symptômes dont il souffre et d'établir ainsi un diagnostic pour lui permettre de reprendre une vie normale. À cette heure de jeu, s'ajoute une heure de débriefing, avec la volonté de libérer la parole sur un mal peu enclin aux mots.«Il s'agit de désacraliser le recours au psychiatre, au psychologue ou au médecin pour des consultations liées au syndrome dépressif. Chez les jeunes, on observe parfois un enfermement, et les maladies mentales sont un frein considérable à l'insertion sociale et professionnelle. On les amène à avoir une vigilance sur ces troubles, pour eux mais également pour leur entourage», explique le jeune médecin David Labrosse, à l'origine de la création de Tricky. Sa société multiplie les escape games, physiques ou digitaux, dans le domaine de la prévention de la santé, abordant les thèmes de l'hésitation vaccinale dans les Ehpad ou les troublesmusculo-squelettiques.Hier, la Mission locale du Libournais, qui aide à l'insertion sociale et professionnelle des 16-25ans et regroupe 2800jeunes sur l'arrondissement, a inauguré son espace de jeu. Cinq conseillers ont été spécialement formés pour en assurer l'animation. Trois bénéficiaires en Garantie jeunes, âgés de 16à 20ans, ont étrenné le dispositif. Ils ont rempli leur mission en cinquante minutes et découvert comment reconnaître certains symptômes du syndrome dépressif : «La tentative de suicide, bien sûr, mais aussi la perte de poids ou d'appétit notamment», cite Thomas, le plus âgé.Quelques adultes se sont également prêtés au jeu. Marie Queraz, cadre de santé aux urgences pédiatriques, reconnaît volontiers son scepticisme avant de l'avoir expérimenté. «Le jeu est sympa, mais nous avons surtout observé ce qu'il pouvait se passer durant le débriefing, dit-elle. Le ludopédagogique permet d'aborder certains sujets délicats et de déstigmatiser - ici, les troubles de la dépression. En règle générale, on manque d'empathie en ce qui concerne les troubles psychiatriques. On montre plus d'affect pour quelqu'un qui s'est cassé le bras, par exemple. Alors que beaucoup de jeunes sont confrontés à la dépression, sans qu'ils ne le sachent eux-mêmes.»Cet escape game innovant et gratuit, proposé dans les locaux de la Mission locale à Libourne, doit rester en place une année au moins. Des sessions sont organisées chaque mardi dans un premier temps. Réservées prioritairement aux jeunes bénéficiaires de l'espace d'intervention, elles sont ouvertes au grand public sur inscription en ligne(1). Pour sa première année, il est financé à hauteur de 46000euros, bénéficiant de subventions de la Région et de l'État. Une demande d'aides a également été adressée à l'Agence régionale de santé.

«Il s'agit de désacraliser le recours au psychiatre, au psychologue ou au médecin»

«Beaucoup de jeunes sont confrontés à la dépression, sans qu'ils ne le sachent eux-mêmes»

Aussi paru dans
18 mai 2021 -

vendredi 9 avril 2021

Comment repérer la dépression chez les enfants?


Comment repérer la dépression chez les enfants?
Repéré par Nina Pareja — 3 avril 2021 http://www.slate.fr/*

Les symptômes sont plus subtils que chez l'adulte.

2 à 3% des enfants de 6 à 12 ans souffrent de formes graves de dépression. | Janko Ferlic

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur New York Times

Depuis le début de la pandémie, le moral de toutes et tous n’est pas bon, voire très mauvais. De nombreuses publications font état d’un niveau rarement atteint de dépressions et de pensées suicidaires, en particulier chez les jeunes. Les très jeunes enfants peuvent aussi souffrir de dépression mais les symptômes de celle-ci sont plus difficiles à identifier. Des études américaines et françaises montrent que 2 à 3 % des enfants de 6 à 12 ans souffrent de formes graves de dépression.

Or, ce n'est que depuis les années 70, grâce à Maria Kovacs, que la dépression infantile et ses symptômes ont trouvé une véritable définition scientifique. Elle a développé le CDI, le Children Depression Inventory, un guide à propos de la dépression infantile à l’adresse des professionnels de santé aujourd’hui utilisé partout dans le monde.
À lire aussiFace au troisième confinement, ces stratégies sont une porte de secours mental
À quoi être attentif?

Pour répondre à cette question, Perri Klass interroge plusieurs psychologues dans le New-York Times. Perri Klass est une pédiatre et autrice américaine multi-récompensée pour ses nombreux ouvrages sur les enfants.

Contrairement aux adultes, les enfants identifient difficilement leur propre tristesse qu’ils ne parviennent pas à verbaliser simplement: «Quelque chose ne va pas parce que je suis triste.» En revanche, ils peuvent se montrer très irritables.

Pour reconnaître une dépression infantile, il faut être attentif aux changements de comportements de l’enfant. Ce n’est pas tant ce que l’enfant fait que ce qu’il ne fait plus. Par exemple, il a arrêté subitement de jouer avec son doudou préféré, il ne répond plus comme avant quand on l’appelle; il montre des signes de fatigue plus rapides, il a moins d’énergie; il se plaint de symptômes physiques comme des douleurs à l'estomac ou un mal de tête; il dort davantage ou il dort moins, il a perdu l'appétit. Parfois, l’enfant qui souffre de dépression développe des troubles du comportement à l’école qui le mettent lui ou ses camarades en danger.

Même si elles restent rares, les tentatives de suicide chez les enfants de moins de 12 ans ont augmenté ces dernières années. Aux États-Unis, le suicide était la deuxième cause de mortalité chez les enfants de 10 à 14 ans en 2018.
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Maria Kovacs, la psychologue à l'origine de la définition de la dépression infantile, estime qu’il ne faut pas hésiter, en cas de doute, à demander à un enfant s’il a des pensées suicidaires: «Si vous êtes face à un enfant pour lequel ce n’est pas un problème, il va vous regarder comme si vous étiez malade.» Cela ne risque pas de l’influencer. Si votre enfant évoque des pensées suicidaires, il faut lui demander ce qu’il entend précisément par celles-ci et contacter un thérapeute car cela est rarement un simple moyen de réclamer de l'attention, explique-t-elle.

Il faut réellement commencer à s’inquiéter si, pendant deux semaines, les signes d'un changement d'attitude de votre enfant persistent (humeur, irritabilité, fatigue, problèmes de sommeil). Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste, en commençant par le pédiatre habituel de votre enfant qui pourra ensuite vous orienter.

La bonne nouvelle est que souvent, le traitement consiste en une thérapie parents-enfants qui fonctionne très bien. En attendant, et si cela est possible, il faut encourager les enfants à faire des activités extérieures, marcher, jouer dehors.

Une cellule nationale de soutien psychologique Covid-19 offre de l'aide pour la population générale en détresse psychologique pendant l'épidémie et le confinement, au 0 800 130 000 (numéro vert, 24h/24, 7j/7). En cas de grande détresse psycho-sociale (crise d'anxiété, idées suicidaires…), appelez le 15. 

http://www.slate.fr/story/206930/reperer-symptomes-depression-enfants-infantile

lundi 22 mars 2021

ETUDE RECHERCHE Traumatismes de l’enfance et risque suicidaire dans la dépression résistante

Traumatismes de l’enfance et risque suicidaire dans la dépression résistante

Publié : 11 mars 2021 https://www.fondation-fondamental.org*

La littérature reconnaît que les expériences traumatisantes, surtout pendant l'enfance, sont souvent à l’origine de psychopathologies à l'âge adulte. Une étude menée au sein des Centres Experts FondaMental Dépression Résistante révèle que l’existence d’un traumatisme précoce est fortement associée aux conduites suicidaires chez les personnes souffrant d'un trouble dépressif résistant.

L’impact des traumatismes précoces

Les personnes souffrant de dépression résistante au traitement sont plus susceptibles de réaliser une tentative de suicide que celles présentant une réponse favorable au traitement.
 
Selon plusieurs études, près de 30% des individus souffrant de dépression résistante tentent de mettre fin à leurs jours au moins une fois dans leur vie. (1)
 
Parmi les facteurs de risque de suicide, en plus de l’hérédité et de l’existence d’un trouble psychiatrique, l’exposition à des traumatismes précoces est un facteur prédisposant important.

Évaluer l’association entre traumatismes précoces et risque suicidaire

Cette association entre les traumatismes précoces et l’augmentation du risque suicidaire est désormais bien connue dans le trouble dépressif mais, à ce jour, il n’existe que peu de données concernant les patients présentant un trouble dépressif résistant.
 
Lors d’une précédente étude, le Dr Antoine Yrondi, responsable du Centre Expert Dépression résistante du CHU de Toulouse, avait étudié le lien entre l’évolution péjorative dans la dépression résistante et la maltraitance infantile. 
 
Cette fois-ci, c’est l’association entre la présence de traumatismes dans l’enfance et l’apparition du comportement suicidaire qui était au centre de l’étude. Pour cela, 256 patients présentant un trouble dépressif résistant et suivis dans les 13 Centres Experts FondaMental ont été évalués.
 

« Nous avons conduit une nouvelle étude afin d’évaluer si l’association entre les traumatismes précoces et l’augmentation du risque suicidaire est retrouvée dans une population de patients présentant un trouble dépressif résistant. Nous souhaitons également évaluer le rôle potentiel des traits de personnalités et de l’impulsivité dans cette association », nous explique le Dr Antoine Yrondi.

Rôle de l’intensité de l’épisode dépressif et de la négligence physique 

Les résultats mettent en évidence une association entre l’existence d’un traumatisme précoce et l’augmentation du risque suicidaire. Cette association semble liée, en partie, à l’intensité de l’épisode dépressif actuel.
 
Il semblerait également que la négligence physique au cours de l’enfance soit plus spécifiquement associée au risque suicidaire dans cette population
 
Cependant, aucun rôle spécifique des traits de personnalités ou de l’impulsivité dans ces associations n’a été démontré.

L’importance de la prise en compte des traumatismes précoces dans l’évaluation du risque suicidaire

« Il semble nécessaire d’évaluer de manière systématique les traumatismes précoces et en particulier la négligence physique lors de l’évaluation du risque suicidaire chez des patients présentant un trouble dépressif résistant », préconise le Dr Antoine Yrondi. 
 
Se renseigner sur des antécédents de maltraitance infantile permettrait d’identifier les personnes susceptibles de développer un comportement suicidaire et ainsi de proposer une prise en charge adéquate.

La piste des mécanismes biologiques

L’association entre traumatismes précoces et risque suicidaire peut s’expliquer par des mécanismes biologiques liés aux traumatismes précoces. Les personnes ayant vécu un traumatisme au début de leur vie sont plus vulnérables face au stress
 
Le trouble dépressif résistant semble également associé à un dysfonctionnement des réponses immunitaires et inflammatoires. Plusieurs recherches ont exploré le rôle de ces voies biologiques dans les relations entre les traumatismes de l’enfance et les comportements suicidaires chez des patients souffrant de dépression résistante. 
 
Les résultats de cette étude devraient être confirmés au sein d’une plus large cohorte de patients, en prenant en compte les mécanismes biologiques impliqués. 
 
Ces recherches ouvrent la voie à l’élaboration de traitements porteurs d’espoir pour les personnes atteintes de dépression résistante et sont cruciales dans le développement d’une médecine de précision.
 
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1. Dunner et al., J Clin Psychiatry 2006;67(5):688-695 ; Hantouche et al., J. Affect. Disord 2010;127 (1), 305–308 ; Ozcan et al., Psychiatr. Res. 2020;286, 112873. 
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Source : Antoine Yrondi, Wissam El-Hage, Bruno Aouizerate et al. // Journal of Psychiatric Research // Childhood Trauma increases suicidal behaviour in a treatment-resistant depression population: a FACE-DR report
 

samedi 13 mars 2021

AUTOUR DE LA QUESTION Différences de Prise en charge : comment l'anxiété et la dépression sont-elles traitées en Europe ?

Différences de Prise en charge : comment l'anxiété et la dépression sont-elles traitées en Europe ?

Dans de nombreux pays européens, l’accessibilité aux soins psychologiques du système public de santé est insuffisante, voire inexistante. Les listes d'attente interminables, les frais de santé et le manque de ressources sont autant d’obstacles qui poussent les personnes souffrant d'anxiété ou de dépression à se tourner vers le système privé, lorsqu'elles peuvent se le permettre.

Lire la suite https://www.europeandatajournalism.eu/fre/News/News-data/Differences-de-Prise-en-charge-comment-l-anxiete-et-la-depression-sont-elles-traitees-en-Europe

samedi 13 février 2021

ETUDE RECHERCHE État des lieux des connaissances et des pratiques de dépistage et de diagnostic de la dépression de l’adolescent par les médecins généralistes dans les Landes

État des lieux des connaissances et des pratiques de dépistage et de diagnostic de la dépression de l’adolescent par les médecins généralistes dans les Landes
Lauren Clouard 1
1 UB - Université de Bordeaux
Résumé : Objectifs: la prévalence de la dépression de l’adolescent varie entre 4 et 8% et les conséquences peuvent être majeures sur le développement et la santé. Le repérage de ces troubles est un enjeu majeur de santé publique dans lequel le médecin généraliste est un maillon essentiel. L’objectif principal de notre étude est d’établir un état des lieux des connaissances, des pratiques et des attentes des médecins généralistes concernant le dépistage et le diagnostic de la dépression chez l’adolescent. Méthode : les médecins généralistes à activité libérale appartenant au secteur géographique du centre médico-psychosocial pour adolescents de Mont de Marsan ont été inclus dans l’étude. Il s’agit d’une étude de pratiques réalisée par l’intermédiaire d’un questionnaire envoyé à chacun des médecins le 09/11/2019 par voie postale. Le recueil des données a été fait du 09/11/2019 au 29/02/2020. Résultats: le repérage des signes d’alerte des manifestations dépressives semble être influencé par la réalisation d’une formation préalable sur la dépression adolescente, la réalisation d’un examen clinique systématique, l’implication du médecin en tant que maître de stage universitaire et la connaissance de l’épidémiologie de la dépression adolescente. Les critères diagnostiques de dépression sont peu maîtrisés, et ceci semble dépendre de la réalisation d’une formation préalable sur la dépression adolescente, de l’implication en tant que maître de stage universitaire, de l’aisance avec la population adolescente en général, de la réalisation des consultations en deux temps, et de la connaissance de la prévalence de la dépression adolescente. Conclusion : les connaissances des médecins généralistes concernant le dépistage de la dépression adolescente semblent satisfaisantes alors que les difficultés semblent majorées à l’étape du diagnostic. Les connaissances et les pratiques des médecins semblent dépendre d’un certain nombre de facteurs qui sont de potentiels axes d’amélioration.
Mémoire
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03134561

Soumis le : lundi 8 février 2021

Fichier : Med_Generale_2021_Clouard.pdf

mardi 9 février 2021

ETUDE RECHERCHE CANADA La perte de cellules cérébrales liée à la dépression

Article : Les hommes décédés par suicide auraient un point commun, une composition du cerveau différente
Par Mathilde Ragot le 8 février 2021 https://www.maxisciences.com*

Une dépression chronique pouvant mener au suicide a de nombreux causes psychologiques et physiologiques différentes. Des scientifiques canadiens viennent d'en identifier une nouvelle : un "dysfonctionnement astrocytaire" dans le cerveau.

Le trouble dépressif majeur, ou dépression clinique, se caractérise un sentiment persistant de tristesse et de perte d'intérêt pour le quotidien, pouvant provoquer des problèmes émotionnels et physiques graves allant jusqu'au suicide.

Alors afin de mieux comprendre ce qu’il se passe chimiquement dans la tête des personnes affectées, les chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas (Canada) ont étudié la composition cellulaire du cerveau d’hommes dépressifs décédés par suicide. Or d’après leurs conclusions, publiées dans la revue Frontiers in Psychiatry ce 4 février 2021, ceux-ci partageaient un point commun.
Une diminution du nombre d’astrocytes

Les scientifiques ont identifié, à travers d’analyses post-mortem sur les tissus, une différence notable entre la composition cellulaire du cerveau chez les individus qui se sont suicidés en comparaison à celle d'individus décédés subitement d'autres causes : le nombre d’astrocytes, des cellules en forme d’étoiles indispensables pour un fonctionnement optimal des neurones, était réduit chez ces premiers.

Mais si ce nombre diffère, les personnes dépressives présentaient toutefois des astrocytes avec une structure similaire à celle des personnes en bonne santé psychiatrique, ce qui signifie que ces cellules ne seraient pas directement altérées par la dépression. Naguib Mechawar, professeur de psychiatrie à l’Université McGill (Canada) et auteur principal de cet article, indique ainsi dans un communiqué :
Cette recherche indique que la dépression peut être liée à la composition cellulaire du cerveau. La nouvelle prometteuse est que contrairement aux neurones, le cerveau humain adulte produit continuellement de nombreux nouveaux astrocytes.
Des traitements pour cibler le phénomène
Trouver des moyens de renforcer ces fonctions cérébrales naturelles peut améliorer les symptômes chez les personnes dépressives, continue-t-il.

Les chercheurs préconisent de développer des médicaments qui pourraient neutraliser cette perte d'astrocytes. Pour le moment, aucun antidépresseur ne cible spécifiquement ces cellules. Mais la kétamine, traitement relativement nouveau et salvateur chez les patients pour lesquels aucun autre ne marche, corrige indirectement les anomalies astrocytaires.

Les auteurs de l’étude soulignent toutefois les limites de leurs recherches, notamment le fait que les échantillons aient été issus de patients masculins exclusivement. Ils souhaitent ainsi élargir les données, "car il est désormais connu que la neurobiologie de la dépression diffère de manière assez significative entre les hommes et les femmes", écrivent-ils.

https://www.maxisciences.com/sante/depression-les-hommes-decedes-par-suicide-auraient-une-composition-cellulaire-du-cerveau-differente_art45307.html

samedi 23 janvier 2021

ETUDE RECHERCHE USA Association de l'épuisement professionnel des médecins avec des idées suicidaires et des erreurs médicales

D'apres article When doctors ponder suicide, depression—not burnout—is key driver

Lorsque les médecins réfléchissent au suicide, la dépression - et non l'épuisement professionnel - est le principal moteur

La dépression, les troubles liés à la consommation de substances, les relations altérées et la tendance à l'autodestruction ont été associés au suicide des médecins. Les idées suicidaires ont également été associées à des facteurs propres à la profession médicale, tels que l'augmentation de la charge de travail et les erreurs médicales, entre autres. Des recherches antérieures ont également établi un lien entre l'épuisement professionnel des médecins et la dépression et le suicide, mais une enquête récente présente un tableau plus complexe.
En utilisant des données d'enquête recueillies entre novembre 2018 et février 2019 auprès de 1 354 médecins exerçant dans l'ensemble des États-Unis, les chercheurs ont découvert que chaque unité d'écart-type d'augmentation de l'épuisement professionnel était associée à une augmentation de 85 % des risques d'avoir des idées suicidaires. Après ajustement pour la dépression, il n'y avait plus d'association entre le burnout et le risque d'idées suicidaires.

Pourtant, dans les modèles ajustés, la dépression était associée à une augmentation de 202% des risques d'avoir des idées suicidaires. À l'inverse, en termes de conséquences sur les soins aux patients, un schéma opposé émerge ; chaque augmentation du burnout était associée à des erreurs médicales auto-déclarées alors que la dépression n'était pas dans les modèles prenant en compte les deux, indique l'étude, “Association of Physician Burnout With Suicidal Ideation and Medical Errors,” publiée dans JAMA Network Open.

"Bien que l'épuisement professionnel ait été identifié comme un facteur de risque de dépression et de suicide chez les médecins, les études précédentes n'ont pas entièrement pris en compte les effets des deux", a déclaré Nikitha K. Menon, auteur principal de l'étude et chercheur en sciences sociales au département de psychiatrie de la faculté de médecine de l'université de Stanford. "En outre, une certaine controverse subsiste quant à savoir si l'épuisement professionnel et la dépression sont vraiment des constructions distinctes ou simplement des gradations du même trouble sous-jacent.

"Nous explorons leur chevauchement ainsi que la manière dont chacun d'entre eux - l'épuisement professionnel et la dépression - est lié aux probabilités d'idéation suicidaire et d'erreur médicale auto-déclarée après avoir pleinement pris en compte leurs effets", a-t-elle ajouté. "Nos conclusions suggèrent que l'épuisement professionnel et la dépression sont des expériences distinctes, avec des conséquences distinctes pour les médecins et leurs patients".

Menon a ajouté que «la dépression est liée à une probabilité nettement plus élevée d'idées suicidaires, même après ajustement pour l'épuisement professionnel».

L'AMA Christine A. Sinsky, MD, vice - président de la satisfaction professionnelle, et Lindsey Carlasare, directeur de recherche à l'AMA, ont également été répertorié comme auteurs de l'étude, une partie d'un groupe éminent de chercheurs de l' école de médecine de l' Université de Stanford, l'Université de l'École de médecine du Minnesota et de l'École de santé publique de l'Université de Boston.

Besoin d'ajuster les interventions

«Bien que l'épuisement professionnel ait retenu l'attention comme une épidémie en médecine résultant d'un système dysfonctionnel plutôt que d'un individu défaillant», a déclaré Menon. «La dépression et les autres maladies mentales restent stigmatisées en médecine.

«Cette stigmatisation culturelle autour de la maladie mentale exacerbe probablement les obstacles auxquels font face les médecins qui sont touchés, les empêchant de demander de l'aide lorsqu'ils en ont besoin», a-t-elle ajouté.

https://www.ama-assn.org/practice-management/physician-health/when-doctors-ponder-suicide-depression-not-burnout-key-driver

 ***

 

Information étude citée 

Original Investigation
Occupational Health
December 9, 2020

Association of Physician Burnout With Suicidal Ideation and Medical Errors

Nikitha K. Menon, BA1; Tait D. Shanafelt, MD2; Christine A. Sinsky, MD3; et al Mark Linzer, MD4; Lindsey Carlasare, MBA3; Keri J. S. Brady, MPH, PhD5; Martin J. Stillman, MD, JD4; Mickey T. Trockel, MD, PhD1
1Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Stanford University School of Medicine, Stanford, California
2
Department of Medicine, Stanford University School of Medicine, Stanford, California

3
Professional Satisfaction and Practice Sustainability, American Medical Association, Chicago, Illinois

4
Department of Medicine, Hennepin Healthcare, Minneapolis, Minnesota
5Department of Health Law, Policy & Management, Boston University School of Public Health, Boston, Massachusetts 
JAMA Netw Open. 2020;3(12):e2028780. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.28780
https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2773831

 

samedi 31 octobre 2020

27.10.20 Journée européenne de la dépression : le ministère des Solidarités et de la Santé souhaite renforcer la prévention et le traitement de la dépression, ainsi que l’accompagnement des personnes face à cette maladie.

Journée européenne de la dépression : le ministère des Solidarités et de la Santé souhaite renforcer la prévention et le traitement de la dépression, ainsi que l’accompagnement des personnes face à cette maladie.
publié le27.10.20
Communiqués de presse de Olivier VéranCommuniqués et dossiers de presseSantéSanté mentale

Bien des idées fausses circulent encore sur la dépression, souvent perçue comme une faiblesse de l’âme, de la paresse, du « laisser aller » ; qui serait liée à des facteurs de stress exclusifs (problèmes professionnels, financiers, conjugaux) ; qui serait accessible à la volonté, de l’ordre de l’injonction, du « remue toi ». Loin de ces préjugés, le ministère des Solidarités et de la Santé rappelle que la dépression n’est pas un mal-être passager qu’il faut cacher, mais une véritable maladie pour laquelle chacun peut accéder à une prise en charge appropriée, en surmontant les discriminations qui s’y attachent, le sentiment de honte ou la culpabilité qui y sont parfois associés.


La dépression est une maladie qui touche tous les âges, depuis l’enfance jusque très tard dans la vie. C’est le trouble psychique le plus fréquent. En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Une enquête de Santé Publique France[1] a permis d’estimer qu’environ 8% de la population active occupée en France en 2017 avait eu un épisode dépressif au cours des 12 derniers mois, avec une différence selon le sexe : les femmes présentent une dépression deux fois plus souvent que les hommes (11% contre 5%), leurs conditions socio-économiques plus désavantagées en constituant l’un des principaux facteurs de risque. Chez les plus jeunes, la prévalence des troubles dépressifs est estimée entre 2,1 à 3,4 % chez l’enfant et à 14 % chez l’adolescent.

La dépression multiplie par 10 le risque de suicide par rapport à la population générale (en France : 9000 morts par an, 1ère cause de mortalité entre 15 et 35 ans, 1 mort toutes les heures, 1 tentative de suicide toutes les 3 minutes). C’est aussi une pathologie incapacitante, qui impacte fortement la vie personnelle, professionnelle et sociale des personnes qui en sont atteintes. A contrario, une étude de l’OMS[2] conclut que le bénéfice résultant du traitement de la dépression et de l’anxiété, sous forme d’une amélioration de la santé et de la capacité de travail, est quatre fois supérieur à la dépense investie.

La dépression est une maladie qui se prévient, qui se traite et qui s’accompagne. Il ne faut donc pas avoir peur d’en parler et d’aller consulter. Des traitements efficaces existent, médicamenteux et psychologiques.

Le rappel de ce message prend un relief tout particulier dans le climat d’angoisse que traverse notre pays. Les symptômes qui naissent dans le climat actuel (anxiété, troubles du sommeil, tristesse, apathie) sont des réactions adaptées au contexte que nous vivons, avec les effets de la crise COVID, des mesures de confinement, de distanciation sociale, de fragilisations économiques et sociales, avec les attentats terroristes… L’indifférence à ce contexte serait anormale. Ces réactions sont propices à une authentique souffrance psychique qui, chez nombre de nos compatriotes, peut déclencher des états dépressifs.

Le Gouvernement est attentif à cette souffrance et mobilisé pour la prévenir, la traiter et l’accompagner. Cet objectif majeur de sa feuille de route « santé mentale et psychiatrie », coordonnée par le délégué ministériel Frank Bellivier, a été renforcé par les récentes mesures du Ségur de la santé.

Au nombre des mesures de l’axe 1 de la feuille de route « promotion du bien être mental et la prévention de la souffrance psychique » :
le renforcement des compétences psycho sociales, qui permettent de développer les compétences cognitives, sociales et émotionnelles, et notamment pour les plus jeunes, dans le cadre d’un partenariat actif entre les ministères de la santé et de l’éducation nationale.
le dispositif VigilanS de recontacte des personnes ayant fait une tentative de suicide, déployé à ce jour dans 13 régions et programmé pour couvrir l’ensemble des régions au terme de l’année 2021 (11.000 patients contactés depuis le début de cette année).

Au nombre des mesures du Ségur de la santé, une mesure dédiée au soutien psychologique des français, avec :
la mise en place du Numéro national suicide qui complète le dispositif de prévention du suicide.
le renforcement les mesures de soutien psychologique des français en souffrance. En complément de dispositifs déjà existants, comme l’applicatif « stopblues » développé en 2018 par l’INSERM, soit :
la multiplication des plateformes d’écoute et d’orientation, en s’appuyant sur les plateformes existantes (Croix Rouge Ecoute, SOS Amitié, SIS…), généralistes ou spécialisées par publics.
le renforcement de l’intervention de psychologues : dès la fin de cette année dans les Cellules d’Urgence Médico Psychologique (CUMPS) ; dès 2021 dans les Centres Médico Psychologiques (CMP) et les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), cette intégration dans les MSP préfigurant le lancement du chantier ambitieux de mise en place d’un dispositif de première ligne « médecin généraliste-psychologue » de repérage et de prise en charge psychologique pris en charge par l’assurance maladie.

Les troubles de l’humeur constituent également un axe de recherche majeur, dans lequel plusieurs dizaines d’équipes de recherche françaises sont impliquées, ainsi que des instituts de recherche au travers de l’ITMO Psychiatrie et Neurosciences.

[1] La dépression en France chez les 18-75 ans : résultats du baromètre santé 2017, C Léon, C Chan Chee, E du Roscoät et le groupe Baromètre santé 2017, BEH 32-33, 16 octobre 2018.
[2] Étude, publiée dans The Lancet Psychiatry (2016)
pdf Communiqué de presse | Journée européenne de la dépression Téléchargement (435.8 ko)

Contact presse

Cabinet d’Olivier Véran
Mél : sec.presse.solidarites-sante@sante.gouv.fr

https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/journee-europeenne-de-la-depression-le-ministere-des-solidarites-et-de-la-sante

 

mardi 4 août 2020

ETUDE RECHERCHE Un soutien intensif en suivi ambulatoire peut augmenter l'observance du traitement et diminuer les symptômes dépressifs chez les patients après une tentative de suicide

Original article
Intensive supportive ambulatory aftercare may increase adherence to treatment and decrease depressive symptoms in patients after a suicide attempt

French Journal of Psychiatry

Available online 25 June 2020

Highlights

•Patients present a high risk for relapse during the post-discharge period of a suicide attempt.
• Individualized, proactive, intensive psychosocial follow-up (IPC) provided by a psychiatric team, assuring continuity of care maintaining substantial personalized contacts after discharge, could significantly reduce the levels of depressive symptoms in suicide attempters patients after discharge.
• IPC seems to improve compliance with treatment and slightly decrease the number of repeat SA.

Summary

Objectives

Patients who survive a suicide attempt present an increased risk of relapse during the three months after discharge from a hospital, referred to herein as the post-discharge period. Developing and assessing the efficacy and safety of methods that reduce the risk of relapse in the post-discharge period is critical for professionals in the field of suicide prevention. This study aimed to compare the efficacy of a new Intensive Psychosocial Care (IPC) program after discharge for a suicide attempt with a Standard Care Program (SCP) in non-hospitalized patients.

Methods

We conducted a open-label prospective trial to compare the outcome of patients who have attempted suicide for a duration of 6 months according to whether they were included in care program group IPC or SCP after discharge from the emergency department.

Results

Using the Beck Depression Inventory short-form (BDI-SF), the IPC program was significantly associated with both a decrease of the total score of the scale at 6th month, and a trend towards a decline in the time lag between discharge and the improvement of depressive symptoms. When compared to SCP, patients receiving the IPC had also a lower drop-out rate (43% versus 15% in the 6th month) and a higher adherence to treatment until the 3rd month (56% versus 41.7%). Median time to reattempt was 83.7 [95%CI: 45.8–121.7] days for IPC as compared to 75.6 [95%CI: 38.8–112.4] days for SCP, respectively.

Conclusions

Personalized follow-up with close contacts by the same caregivers as those who initially assessed the patient in the emergency room improved adherence to care and reduced depressive symptoms more intensely and faster after a suicide attempt.

Keywords

Suicide Attempted Self-injurious behavior Suicidal ideation Depressive disorder Prevention
Ambulatory care Social support