vendredi 15 février 2019

Mamers (72) Projet expérimental de «  repérage et d’activation d’un réseau de soutien des familles  »

Sarthe
Le Mans, lundi 11 février 2019 Ouest-France
Prévenir le  suicide autour de Mamers
Secrétaire de mairie, aide à domicile, gendarme, élu, infirmière scolaire, assistante sociale, facteur, coiffeur… Tous peuvent se retrouver face à une personne en mal-être, en grande souffrance psychique, voire suicidaire. Ou à sa famille endeuillée. Sans savoir comment agir.
Avec, en moyenne, 150 suicides par an (un tous les deux jours et demi), la Sarthe reste le département des Pays de la Loire le plus touché par le suicide.
Face à la demande croissante d’accompagnement, L’Arc-en-ciel a lancé un projet expérimental de «  repérage et d’activation d’un réseau de soutien des familles  » . Il est ciblé à Mamers et ses alentours (53 communes).

Un collectif, soutenu par le maire de Mamers, le conseil départemental et Familles rurales, a été créé en avril : «  Ensemble prévenir le suicide : agir en Maine-Saosnois  ». Il est ouvert aux acteurs associatifs et de proximité. Arc-en-ciel met son expertise à leur service.

Reste à définir ensemble les modalités pour apprendre à repérer les signes qui doivent alerter afin d’orienter la personne en mal-être au bon endroit, au bon moment. Et construire des actions de prévention, notamment en milieu scolaire
 INFO  +
En savoir plus sur Arc en ciel http://asso-larcenciel.fr/larc-en-ciel-sengage-dans-la-prevention-du-suicide/

SUISSE GENEVE MAL À TA VIE : UNE EXPOSITION UNIQUE AU SERVICE DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE DES JEUNES

MAL À TA VIE : UNE EXPOSITION UNIQUE AU SERVICE DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE DES JEUNES

EXPOSITION ITINÉRANTE

LES DATES ET LIEUX

12 au 21 février 2019
Uni Mail - Genève





7 CABINES TÉLÉPHONIQUES

7 ARTISTES :

Sylvie Auvray
Hicham Berrada
Sol Calero
Benjamin Renoux
Issam Rezgui
Barthélémy Toguo
Sislej Xhafa


Children action et HUG Hopitaux Universitaires Geneve




En savoir plus https://www.expo-malatavie.ch/

MANIFESTATION Draguignan (83) 28/02/2019 Souffrance psychique et risque suicidaire des adolescents et des jeunes adultes

Souffrance psychique et risque suicidaire des adolescents et des jeunes adultes
Du 28/02/19 18:00 jusqu'au 28/02/19 20:30
À Complexe Saint Exupery  Rue Auguste Renoir, 83300 Draguignan
Catégories: Conférence, Santé
Par le Dr Xavier Pommereau, Psychiatre, chef du pôle aquitain de l'adolescent (Centre Abadie) au CHU de Bordeaux.
Entrée libre


Source https://www.ville-draguignan.fr/flux-2/evenement/681-souffrance-psychique-et-risque-suicidaire-des-adolescents-et-des-jeunes-adultes

USA Ronda Rousey aide à ouvrir un centre de prévention du suicide

Ronda Rousey aide à ouvrir un centre de prévention du suicide
7 fevrier 2019

(Pratiquante d'arts martiaux mixtes (MMA) et une catcheuse américaine. Elle travaille actuellement à la World Wrestling Entertainment WWE, dans la division Raw, où elle est l'actuelle championne féminine de Raw.


La championne de la WWE Raw, Ronda Rousey, a contribué à l’ouverture d’un tout nouveau centre de prévention du suicide à Los Angeles, rapporte TMZ.

Ci-dessous, une vidéo de Rousey à l’ouverture du centre.
Le grand-père et le père de Ronda se sont suicidés, et c’est aussi un problème qu’elle a elle-même traversé par le passé.



Cette nouvelle succursale des services de santé mentale Didi Hirsch ouvrira officiellement ses portes le vendredi 22 février. Elle sera située au 10277 Olympic Boulevard Los Angeles, ajoutant ainsi une thérapie individuelle et familiale aux services déjà proposés par le centre. Cela leur permettra également de presque doubler le nombre de personnes auxquelles on répond sur leur ligne d'écoute Suicide Crisis Line

Ronda Rousey travaille avec Didi Hirsch Mental Health Services depuis plusieurs années et a reçu le prix Erasing the Stigma Leadership Award en 2014.

Elle a admis qu'après sa défaite face à Holly Holm à l'UFC, elle s'était également battue contre des idées suicidaires. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, Ronda encourage les gens à demander de l'aide en leur disant: "My message that I would give is reach out don't tough it out,"

Info tirée de https://wrestletalk.com/news/ronda-rousey-helps-open-suicide-prevention-centre/

MAJ ETUDE RECHERCHE CANADA risque de dépression et de comportement suicidaire chez les jeunes consommateurs de cannabis

Le pot peut-il causer la dépression et le suicide?
Publié le 14 février 2019 www.lapresse.ca/* Philippe Mercure

Une étude québécoise publiée hier, mercredi, dans la prestigieuse revue JAMA Psychiatry établit un lien entre consommation de cannabis, dépression et comportement suicidaire. Mais attention : ça ne veut pas dire que le pot cause la dépression ni qu'il faut craindre outre mesure que son ado qui fume un joint de temps à autre commette l'irréparable. Le point en quatre questions.
Q : En quoi consiste l'étude publiée hier ?
R : L'analyse regroupe 11 études internationales comptant en tout 23 317 individus qui ont été suivis sur plusieurs années. Les chercheurs ont interrogé les participants sur leur consommation de cannabis lorsqu'ils avaient moins de 18 ans, puis ont surveillé s'ils développaient une dépression à l'âge adulte. L'anxiété, les idées suicidaires et les tentatives de suicide ont aussi été étudiées. Les chercheurs de McGill ont ensuite regardé si les consommateurs de cannabis étaient plus susceptibles que les autres d'être touchés par les problèmes étudiés. « Les liens entre psychose et cannabis ont beaucoup été étudiés, mais il existe beaucoup moins de recherches sur la dépression », souligne la Dre Gabriella Gobbi, chercheuse au Programme en réparation du cerveau et en neurosciences intégratives à l'Institut de recherche du CUSM et professeure de psychiatrie à l'Université McGill, qui a dirigé l'étude.
Q : Quels sont les résultats ?
R : Les chercheurs de McGill ont noté que les consommateurs de cannabis étaient plus touchés que les autres par la dépression et par les idées suicidaires et qu'ils commettaient plus de tentatives de suicide. Ils ne sont toutefois pas significativement plus nombreux à souffrir d'anxiété. Par « consommateur de cannabis », l'équipe de la Dre Gobbi a considéré les fumeurs qui prennent du pot au moins une fois par semaine. Le Dr Didier Jutras-Aswad, psychiatre au CHUM, n'a pas participé à cette recherche. Il fait remarquer que les différences entre consommateurs et non-consommateurs sont « relativement faibles ». « Ce sont des associations qui ne sont pas si impressionnantes », estime-t-il.
Q : Est-ce que ça veut dire que le pot cause la dépression et le suicide ?
R : Non, et c'est sans doute là le principal piège quand vient le temps d'interpréter ce genre d'études. « Il faut parler d'associations, et non de relations de cause à effet », convient la Dre Gobbi. Bref, l'étude montre que les fumeurs de pot sont plus nombreux à souffrir de dépression, mais pas que le pot est le facteur qui a déclenché ces dépressions. Les chercheurs de McGill ont tenté d'éliminer l'influence de variables comme l'âge, le sexe, le statut socioéconomique et la présence d'anxiété et de dépression lors de la première prise de contact avec les jeunes. Mais bien d'autres variables, comme la prédisposition génétique ou la consommation d'autres drogues, ont pu jouer.
« Il est pratiquement impossible de départager l'influence du cannabis de celle de la consommation d'alcool (voire d'autres drogues), qui est présente chez presque tous les consommateurs, particulièrement les consommateurs les plus lourds et à risque », illustre par exemple Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation à l'Université de Montréal.
Comme pour contredire cette analyse, les chercheurs de McGill s'avancent bel et bien, dans la partie « discussion » de leur étude, et attribuent une part des dépressions au cannabis. Après des « calculs épidémiologiques », ils estiment que cette proportion se chiffre à 7 % des diagnostics. Cela voudrait dire que 25 000 jeunes Canadiens souffrent de dépression « en raison » de leur consommation de cannabis. En entrevue à La Presse, la Dre Gobbi a convenu qu'il s'agissait d'« estimations ».
« On peut remettre ça en question », dit quant à lui Didier Jutras-Aswad, du CHUM.
Q : Un consommateur de pot devrait-il s'inquiéter pour sa santé mentale ?
R : « Il ne faut pas partir en peur, répond le Dr Justras-Aswad. Ce que cette étude vient nous dire, comme d'autres études l'ont montré avant, c'est que les gens qui consomment du cannabis sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé mentale. C'est intéressant à savoir, mais il faut rester prudent. Le cannabis peut sans doute contribuer à la dépression, mais ce n'est pas parce que l'on consomme du cannabis qu'on devient déprimé. »
Quant au suicide, le psychiatre rappelle que les raisons qui conduisent un individu à commettre l'irréparable sont complexes. Le pot peut faire partie de l'équation, mais déterminer le rôle exact joué par la drogue n'est pas simple. L'expert rappelle aussi que le type de pot consommé et la fréquence de consommation influencent les risques. La Dre Gabriella Gobbi estime quant à elle que le risque individuel de dépression et de suicide associé au cannabis est peut-être « modeste », mais qu'il se traduit en véritable enjeu de santé publique, considérant le nombre de jeunes Canadiens qui consomment du pot.
« Nous espérons que nos conclusions inciteront les organismes de santé publique à adopter des stratégies visant à réduire la consommation de cannabis chez les jeunes », dit-elle.
 https://www.lapresse.ca/actualites/sante/201902/14/01-5214705-le-pot-peut-il-causer-la-depression-et-le-suicide.php


Post initial :

Augmentation du risque de dépression et de comportement suicidaire chez les jeunes consommateurs
de cannabis

Une nouvelle étude révèle qu’un certain pourcentage de jeunes consommateurs de cannabis courent un risque de dépression ou de comportement suicidaire

Montréal – La consommation de cannabis à l’adolescence serait liée à un risque plus élevé de dépression et de comportements suicidaires au cours de la vie des jeunes adultes, selon les résultats de la première méta-analyse conduite sur le sujet par une équipe de scientifiques de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et de l’Université McGill, en collaboration avec chercheurs des universités d’Oxford et de Rutgers–Camden. Leur étude est publiée aujourd’hui dans le journal JAMA Psychiatry.
Dre Gabriella Gobbi
Dre Gabriella Gobbi
Ces conclusions ont été rapportées par une équipe dirigée par la Dre Gabriella Gobbi, chercheuse au Programme en réparation du cerveau et en neurosciences intégratives (RCNI) de l’IR-CUSM et professeure de psychiatrie à la Faculté de médecine de l’Université McGill, à la suite d’un examen systématique et à une méta-analyse d’études internationales, comprenant 23 317 individus. Les chercheurs ont conclu que la consommation de cannabis à l’adolescence pourrait être dommageable pour la santé mentale, même chez les jeunes qui ne présentaient pas de symptômes dépressifs avant de commencer à consommer du cannabis.
Peu d’attention a été portée, à ce jour, à l’analyse des conséquences de la consommation de cannabis chez les adolescents et au risque qu’ils courent de développer des symptômes dépressifs et des troubles de l’humeur, compte tenu du fait que leur cerveau est en développement jusqu’à l’âge de 25 ans.
Les jeunes adultes sont une population particulièrement à risque en Amérique du Nord, y compris au Canada, où le pourcentage d’adolescents consommant du cannabis est l’un des plus élevés des pays développés. Les Canadiens ayant entre 15 et 25 ans représentent la majorité des consommateurs de cannabis de tous les groupes d’âge, soit entre 20 et 33 %, alors que plus de 20 % des adolescents des États-Unis affirment consommer du cannabis mensuellement.
Conclusions surprenantes quant au comportement suicidaire
Les chercheurs ont analysé le risque de dépression, d’anxiété, de pensée suicidaire et de tentatives de suicide dérivant de la consommation de cannabis dont la fréquence allait de quotidienne à occasionnelle.
« L'étude suggère que le diagnostic de dépression chez environ 7 % des Canadiens et des Américains âgés de 18 à 30 ans est imputable au cannabis, ce qui signifie que 25 000 jeunes Canadiens et 400 000 Américains souffrent de dépression en raison d'une consommation de cannabis à un plus jeune âge », dit Nancy Mayo, professeure aux départements de médecine et à de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill, et chercheuse au Centre de recherche évaluative en santé de l’IR-CUSM.
En contrepartie, les chercheurs ont rapporté une faible association avec l’anxiété.
« Lorsque nous avons entrepris l’étude sur les effets de la consommation de cannabis chez les adolescents, nous nous attendions à ce que la dépression soit un facteur attribuable à la consommation de cette substance ; nous avons toutefois été très surpris de constater l’ampleur des comportements suicidaires, car nos résultats ont montré qu'un pourcentage significatif des tentatives de suicide chez les jeunes sont attribuables au cannabis », explique la Dre Gobbi, qui est aussi psychiatre au CUSM.
Le secteur public doit lancer des projets de prévention
Les conclusions de l’étude font ressortir l’importance des démarches de prévention, axées sur la sensibilisation des adolescents aux risques liés au cannabis, tout comme l’acquisition de compétences pour résister à la pression des pairs.
« Il est évident que beaucoup de jeunes gens qui consomment du cannabis courent le risque de développer une dépression et un comportement suicidaire; il est très important pour les autorités d’être plus proactives en matière de campagnes de prévention, poursuit la Dre Gobbi. Nous espérons que nos conclusions inciteront les organismes de santé à adopter des stratégies visant à réduire la consommation de cannabis chez les jeunes. »

À propos de l’étude
Les coauteurs de l’étude intitulée « Association of Cannabis Use in Adolescence and
Risk of Depression, Anxiety, and Suicidality in Young Adulthood – A Systematic Review
and Meta-analysis » sont Gabriella Gobbi (auteure principale); Tobias Atkin;
Tomasz Zytynski; Shouao Wang; Sorayya Askari; Jill Boruff; Mark Ware;
Naomi Marmorstein; Andrea Cipriani; Nadine Dendukuri; et Nancy Mayo.
DOI : 10.1001/jamapsychiatry.2018.4500
Ces travaux de recherche ont été financés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et par le Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés.
  
Contacts presse :
 Julie Robert
Relations médias (recherche)
Centre universitaire de santé McGill
514.971.4747 (cellulaire)
julie.robert@muhc.mcgill.ca

https://cusm.ca/newsroom/nouvelles/augmentation-du-risque-d%C3%A9pression-et-comportement-suicidaire-chez-les-jeunes-consommateurs

MAROC PRESSE Suicide des adolescents : Comprendre l’impensable

Suicide des adolescents : Comprendre l’impensable

Chady Chaabi Vendredi 15 Février 2019 www.libe.ma/*

Dans la série des douleurs humaines, il en existe une qui s’affiche en tête de liste. Période charnière et souvent troublée entre l'enfance et l'âge adulte, l'adolescence constitue un cap difficile à passer. Au point que certains tentent de mettre fin à leurs jours. Ainsi, un jeune qui se suicide est un drame terrifiant auquel se rattachent des sentiments de culpabilité et d’impuissance extrêmes. Un acte tellement insupportable, que la majorité des parents et des proches ne sauront jamais comment s’en remettre. Alors, comment expliquer un tel acte ? Comment le voir venir ? Que faire si votre ado a des idées suicidaires ? Layoussifi Elkhansa, psychiatre-addictologue au Centre d’addictologie du CHU Ibn Rochd et secrétaire générale adjointe de la Ligue pour la santé mentale, fait le point.

Qu’est-ce qui pousse un adolescent au suicide ?
Quand on apprend qu’un adolescent a mis fin à ses jours, on ne peut qu’être consterné et se demander ce qui a bien pu le pousser à un tel geste. Comme l’explique Layoussifi Elkhansa, cet acte n’est pas attribuable à une seule cause, mais plutôt à la combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, il existe des facteurs pathologiques, à savoir les maladies psychiatriques. Ensuite, il y a la dépression. Beaucoup de jeunes connaissent des épisodes dépressifs et, malheureusement, leur entourage ne s’en rend pas compte. D’autant plus que ces ados sont réticents à en parler. Tout bonnement car ils ne savent pas comment aborder le sujet. Donc, dans ce cas, la suicidalité* apparaît sur un nid de dépression : une maladie qui a un début et une fin. Un traitement et une prise en charge. Il y a évidemment des facteurs qui la déclenchent, tels une rupture amoureuse, un échec scolaire ou tout simplement un conflit avec les parents. Ces derniers peuvent déclencher une dépression, en s’appuyant notamment sur des facteurs de type héréditaire ou biologique, mais aussi psychologique et même environnemental.
Par ailleurs, il existe des tentatives de suicide qui se font dans d’autres circonstances. Sans qu’il y ait dépression ou maladie mentale sous-jacente. Elles sont à mettre sur le compte de l’impulsivité qui caractérise l’état émotif de certains adolescents. Dans ce cas-là, le passage à l’acte peut être facile, à l’instar de la prise d’une drogue. Que le jeune soit addict ou bien juste sous l’effet d’une substance utilisée pour la première fois. Enfin, il convient de mettre en lumière le danger émanant d’Internet et qui prend corps dans des challenges morbides qui peuvent le pousser au suicide. Pour exemple, le défi de la baleine bleu (voir notre édition du 9 janvier 2018). Cet effet de mode est dangereux dans le sens où faire comme l’autre, s’identifier à autrui, est un processus d’identification et une étape qui existe pendant l’adolescence.

Comment "repérer" un adolescent suicidaire?
Les sentiments de culpabilité et d’impuissance extrêmes qui rongent les parents d’un jeune ayant commis un acte suicidaire sont certainement dus à leur incapacité à repérer les signes avant-coureurs ou plutôt les symptômes qui poussent à nous poser des questions, rectifie Layoussifi Elkhansa. Pour elle, il y en a certains qui ne trompent pas, comme des changements importants de comportement. Généralement, un jeune en bonne santé et en pleine effervescence est fait pour être avec ses pairs, ses semblables. Il va sortir avec ses copains et passer du temps avec eux. Du coup, s’il commence à s’isoler, à préférer la solitude, à fuir ses amis et éviter toute discussion avec les membres de sa famille, les parents doivent se poser des questions. Tout comme quand leur fille ou leur fils, manque de concentration quant à ses travaux scolaires, avec des résultats à la baisse ou ne mange plus correctement et commence à perdre du poids, à faiblir et à blêmir. Là, il y a sûrement quelque chose qui ne tourne pas rond chez lui ou chez elle. Et justement, la maman a un rôle important à jouer dans ce sens, puisqu’elle est douée pour constater et percevoir les changements de comportement de ses enfants.

Que faire si votre ado a des idées suicidaires?
En présence de l’un ou de plusieurs de ces symptômes, on se doit d’aller lui poser la question. Mais avec la manière, précise notre interlocutrice. Directement ou indirectement via une personne de confiance dans son entourage. Il ne faut surtout pas le laisser livré à lui-même. Même si les parents ont tendance à se dire qu’il commence à grandir et qu’il a besoin d’intimité et donc ’’laissons-le tranquille’’. Effectivement, il a besoin d’intimité sauf qu’il a aussi besoin de se sentir soutenu et en sécurité. En fait, les ados ont une folle envie d’indépendance, tout en ayant un fort besoin d’être soutenus et accompagnés. Cette dualité est la définition même d’un adolescent. Il faut trouver le bon équilibre. Ne pas être trop intrusif, ne pas le gaver avec trop de questions, mais en parallèle, il ne faut pas totalement s’en désintéresser. Ce sont deux attitudes extrêmes à bannir.
Si les parents n’arrivent pas à établir un contact, il va leur falloir s’appuyer sur une personne de confiance dans l’entourage de l’enfant. Il y a toujours une tante, un oncle ou un cousin, qui est plus proche de lui et plus empathique. Ce dernier doit avoir la capacité de l’écouter et lui exprimer son soutien. Lui poser des questions ouvertes pour l’amener à se confier. Et surtout le message à transmettre est : «Je suis là pour toi si tu as besoin d’aide».
En réalité, dans sa tête, l’ado qui a des idées suicidaires se trouve dans un tunnel sans fin. Il y broie du noir avec la sensation d’un horizon bouché. Il culpabilise, en se disant qu’il ne mérite pas cette vie pour une raison ou pour une autre. Pour lui, l’unique moyen d’échapper à cette souffrance intérieure serait le suicide. J’aimerais insister sur cette notion. Pendant la phase d’adolescence, le cerveau émotionnel prend de l’ampleur par rapport au cerveau rationnel. En d’autres termes, l’adolescent ne possède pas toutes les capacités de prendre les bonnes décisions d’un point de vue rationnel et objectif. Donc la personne qui va lui parler doit combler ce déséquilibre et lui offrir d’autres alternatives. Une lueur d’espoir.


* Tentatives de suicide ou idées suicidaires, sans forcément qu’il y est passage à l’acte réussi.


Un registre des suicides inexistant

Selon des chiffres annoncés par le ministère de la Santé en 2014, 14% des Marocains âgés entre 13 et 14 ans ont déjà fait une tentative de suicide. Depuis, plus rien. Ses statistiques n’ont pas été actualisées. Et pour cause, d’après le docteur Layoussifi Elkhansa, et à l’inverse de plusieurs autres pays, dont ceux scandinaves « il n’existe aucun registre des suicides au Maroc. Plusieurs raisons à cela : l’absence d’unité suicide dans les hôpitaux psychiatriques. Le facteur culturel joue aussi, puisque le sujet est tabou. S’il y a tentative de suicide, c’est parfois un acte dissimulé par la famille. Comme lorsqu’on se trouve face à des morts suspectes, sans qu’il y ait de raisons évidentes, surtout quand c’est un jeune bien portant et qui n’a a priori aucun problème de santé. Cependant, toutes les morts suspectes ne déclenchent pas automatiquement une procédure et une expertise supplémentaire ou une autopsie. Et quand bien même il y en aurait une, elle reste sommaire en l’absence d’analyse psychologique. En tout cas, il y a certains cas entourés énormément d’interrogations. Bref, impossible d’avoir une estimation exacte, sauf si on s’adresse aux autorités. Mais on reste dans le cadre de l’estimation. Du coup, on se rabat sur les chiffres de l’OMS. En tout cas, je peux vous assurer, de par mon expérience, que la suicidalité est assez fréquente lors de nos consultations psychiatriques ».

https://www.libe.ma/Suicide-des-adolescents-Comprendre-l-impensable_a106090.html

jeudi 14 février 2019

ETUDE RECHERCHE USA Les jeunes enfants qui expriment des idées suicidaires comprennent la mort mieux que leurs pairs

D'apres Young children who express suicidal ideation understand death better than their peers
12 février 2019 sur https://www.sciencedaily.com/*
Les jeunes enfants qui expriment des idées suicidaires comprennent la mort mieux que leurs pairs

Les résultats réfutent les hypothèses courantes selon lesquelles les enfants déprimés qui expriment des idées suicidaires ont une compréhension «moins mature» de la mort
La source:     Elsevier


Graphique illustrant les niveaux de réaction de quatre émotions: tristesse, anxiété, frustration et intérêt pour les récits sur le thème de la mort.
Crédit: Elsevier

Les enfants de quatre à six ans qui expriment des pensées et des comportements suicidaires comprennent mieux ce que signifie mourir que la majorité de leurs pairs, rapporte une étude récemment publiée dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (JAACAP).


Les auteurs ont constaté que les enfants exprimant des pensées suicidaires, phénomène connu sous le nom d'idéation suicidaire, étaient 3,6 fois plus susceptibles de décrire la mort comme étant causée par la violence que les enfants déprimés sans idées suicidaires.

"C’est un sujet difficile à aborder, et à bien des égards, je pense qu’il est plus facile de supposer que les enfants ne savent pas vraiment ce qu’ils disent, et qu’ils ne peuvent donc pas dire exactement la même chose que les adultes quand ils parlent de vouloir mourir », a déclaré l’auteur principale Laura Hennefield, PhD, chercheuse postdoctorale à l’Université de Washington à St. Louis, MO, États-Unis.

"Nous avons toutefois constaté que même les enfants de quatre ans et plus qui exprimaient des idées suicidaires comprenaient parfaitement ce que signifie mourir", a ajouté le Dr Hennefield. "Bien qu'il soit difficile de déterminer comment évaluer pleinement le risque dans ces circonstances, nos conclusions soulignent la nécessité de prendre au sérieux les expressions de pensées et de comportements suicidaires des enfants."

Les résultats sont basés sur les données d'un essai contrôlé randomisé de développement des émotions de la thérapie par interaction parent-enfant visant à traiter la dépression préscolaire. L'échantillon comprenait 22 enfants déprimés ayant des idées suicidaires; 57 enfants déprimés sans idées suicidaires; et  et 60 pairs en santé du même âge.

Au cours de leur évaluation initiale (avant traitement), les enfants ont passé une interview dirigée par un experimenter-led afin de mesurer leur compréhension de cinq concepts de la mort, à savoir:

    L'universalité (tous les êtres vivants finissent par mourir);
    spécificité (seuls les êtres vivants meurent);
    irréversibilité (la mort est permanente);
    cessation (à la mort, les processus corporels cessent de fonctionner); et
    causalité (il y a des événements qui peuvent causer la mort).

Les enfants déprimés ayant des idées suicidaires démontraient une meilleure compréhension de ces composantes de la mort que les deux groupes de pairs. En outre, 100% des enfants déprimés présentant des idées suicidaires ont été en mesure de décrire un événement raisonnable susceptible de causer la mort, par rapport à 61% des enfants déprimés sans idées suicidaires et à 65% des enfants en bonne santé.

De manière quelque peu inattendue, les auteurs ont également constaté que l'âge et l'expression d'idées suicidaires prédisaient de manière indépendante l'attribution de la mort à des causes violentes chez les enfants.

"Lorsqu'on leur a demandé de décrire un événement susceptible de causer la mort, les enfants plus âgés et les enfants exprimant des idées suicidaires étaient beaucoup plus susceptibles de décrire une cause violente telle que tirer, poignarder ou être empoisonné", a déclaré le Dr Hennefield.

L’auteur principal Joan Luby, MD, chercheur principal de l’étude et directeur du programme Early Emotion Development à la faculté de médecine de l’Université de Washington, a ajouté: «Nous avons lancé cette enquête après avoir constaté des taux d'idées suicidaires plus élevés que prévu dans notre étude sur les traitements. ce que nous n'avions pas vu auparavant dans des études antérieures sur la dépression préscolaire.

"Cela nous a amenés à ajouter des mesures pour étudier la signification de ce symptôme afin d'aider les soignants et les cliniciens à y répondre. Très semblables aux études antérieures sur la dépression chez les enfants d'âge préscolaire menées dans le cadre du Programme de développement affectif des jeunes enfants et ailleurs, nos constatations suggèrent que les enfants plus jeunes sont plus conscients de leurs émotions et ont de meilleures capacités émotionnelles qu'on ne le croyait auparavant."

Source de l'histoire:

Materials provided by Elsevier. Note: Content may be edited for style and length.

Journal Reference:
Laura Hennefield, Diana J. Whalen, Grace Wood, Mary C. Chavarria, Joan L. Luby. Changing Conceptions of Death as a Function of Depression Status, Suicidal Ideation, and Media Exposure in Early Childhood. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 2019; DOI: 10.1016/j.jaac.2018.07.909

Cite This Page:
Elsevier. "Young children who express suicidal ideation understand death better than their peers: Findings refute common assumptions that depressed children who express suicidal ideation have a 'less mature' understanding of death." ScienceDaily. ScienceDaily, 12 February 2019. https://www.sciencedaily.com/releases/2019/02/190212094901.htm

Santé des hospitaliers : l'alerte des médecins du travail

AU COEUR DU METIER
Santé des hospitaliers : l'alerte des médecins du travail
12.02.19 par Bernadette Fabregas. Mise à jour le 13.02.19
https://www.infirmiers.com*
Ils sont bien placés pour le savoir parce qu'ils l'observent. Les médecins du travail, dans les hôpitaux où ils sont encore présents, sont les témoins d'une souffrance de plus en plus marquée des professionnels de santé. Alors que les signaux d'alerte clignotent maintenant depuis plusieurs années, ils alertent leurs tutelles. L'Association Nationale de Médecine du Travail et d’Ergonomie du Personnel des Hôpitaux* interpelle par courrier en date du 9 février 2019 la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ainsi que la Direction générale de l'offre de soins.
casser les oeufs
Les médecins du travail, dans les hôpitaux où ils sont encore présents, sont les témoins d’une souffrance de plus en plus marquée des professionnels de santé. Ils lancent l'alerte auprès de leurs tutelles.
Le suicide sur son lieu de travail d'un praticien hospitalier, chirurgien bariatrique à l'hôpital Avicenne (AP-HP), a souligné, une fois encore, même si les raisons précises de cet acte désespéré ne sont pas établies - et notamment celles en lien avec des conditions de travail dégradés et des tensions fortes avec la hiérarchie -, que l'hôpital est devenu un lieu qui, bien souvent, malmène les professionnels de santé qui exercent leurs missions avec engagement. Comme le souligne l'Association Nationale de Médecine du Travail et d’Ergonomie du Personnel des Hôpitaux (ANMTEPH) dans cette lettre adressée à Agnès Buzyn, espérons en mémoire de ce médecin qu’une enquête approfondie permettra de comprendre les raisons de son geste. Et si des raisons professionnelles y ont participé, qu’une réelle attention y soit portée pour que d’autres drames soient évités.
Faire de la prévention, ne pas d’être des « caisses enregistreuses » des maladies et des accidents de travail
L'initiative de l'Association n'est pas de polémiquer mais simplement de témoigner de ce que qu'elle constate dans les établissements de santé. En effet, écrit-elle, les médecins du travail, dans les hôpitaux où nous sommes encore présents, sont les témoins d’une souffrance de plus en plus marquée des professionnels de santé. Il n’est plus rare de voir en consultation en santé au travail, à leur initiative ou à celle d’un collègue inquiet, des médecins épuisés, des soignants perdus, perdant pied. Les raisons sont connues de tous, dénoncées lors de chaque mouvement social et dernièrement encore de celui du monde infirmier, le 20 novembre 2018 : des charges de travail trop importantes, des objectifs financiers devenus prioritaires, des restructurations pas toujours comprises, des équipes de soignants trop changeantes pour instaurer la confiance nécessaire dans le travail en équipe... Et l'ANMTEPH de souligner que l’hôpital tient encore par la motivation de ceux qui y travaillent (médecins, paramédicaux, administratifs, techniques) mais combien y laissent leur santé ?
Nous alertons au niveau des établissements mais la culture de la Prévention est tellement éloignée des pratiques que souvent nous avons l'impression de brasser de l'eau.
L'Association rappelle à la ministre que sa mission principale est de faire de la prévention, pas d’être des « caisses enregistreuses » des maladies et des accidents de travail. A cet effet,
faire de la prévention ne peut être qu’une démarche participative, qui nécessite courage, volonté et réalisme. La Présidente de l'ANMTEPH, le Dr Hélène Beringuier, le défend avec conviction : tous les personnels qui à ce jour ont payé de leur santé méritent bien que directions, représentants des personnels médicaux et non médicaux et préventeurs y travaillent de concert avec l’implication des ARS et de la DGOS, et avec des évaluations objectives des résultats. Et de rajouter, mais ce n’est peut-être qu’une utopie, les médecins du travail n'étant présents aujourd'hui que dans de très rares hôpitaux...

*L’ANMTEPH, Association Nationale de Médecine du Travail et d’Ergonomie du Personnel des Hôpitaux, a pour objectif de former et d’informer les médecins et équipes pluridisciplinaires de santé au travail (infirmiers, psychologues, ergonomes...), exerçant en établissements de santé publics et privés sur l’actualité professionnelle, médicale et réglementaire, de faciliter les échanges entre adhérents pour favoriser le partage d’expériences de terrain et rompre l’isolement, de promouvoir les métiers en santé au travail et d’entretenir des liens avec les Ministères de tutelle et les Institutions, les Universitaires et les partenaires impliqués dans la santé au travail. L’association assure tout au long de l’année des formations thématiques (entretiens infirmiers, radioprotection, ergonomie…) et une fois par an, les journées nationales qui se déroulent chaque année dans une ville différente.


Autre Article 


"Il y a un lien entre la souffrance au travail des praticiens hospitaliers et les réformes"
www.whatsupdoc-lemag.fr*

Depuis dix ans, de plus de praticiens hospitaliers consultent des médecins du travail.

À la suite du suicide du professeur Christophe Barrat le 3 février dernier, la président de l'association nationale de médecine du travail et d'ergonomie du personnel des hôpitaux (ANMTEPH), le Dr Hélène Beringuier, a adressé un courrier à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des affaires sociales, pour l'avertir de la dégradation de la santé des praticiens hospitaliers. Hélène Beringuier, pour WUD, revient sur dix années de

What's up Doc. Votre lettre a été motivée par le suicide du Professeur Barrat. N'aviez-vous pas été tenté de tirer la sonnette d'alarme avant cela ?

Dr Hélène Beringuier. Lors de précédentes alertes, nous nous étions posé la question : devions-nous en parler ? J’ai été tenté d’en parler lors de la CHSCT (Commission hygiène sécurité et conditions de travail) de la FPH (fonction publique hospitalière) mais là, l’on s’aperçoit que rien ne bouge. Il y a de l’émotion dans ces moments-là, et la première communication de la direction de l'établissement du professeur Barrat a été maladroite. Peut-être est-ce une manière pour les directions de se protéger, en évoquant sa maladie, comme étant la possible cause de son geste. Pour notre part, nous demandons aux pouvois publics de prendre désormais en compte les signalements de souffrance au travail des praticiens hospitaliers pour que cela débouche sur des actions, notamment de prévention. Il ne plus en rester au simple constat.
WUD. Suite à un suicide d'un médecin anesthésiste-réanimateur en 2013, certains syndicats avaient réclamé la mise en place d’un CHSCT pour les médecins. C’est une proposition qui a été abandonnée ?

Dr H. B. Ça a été abandonné, il n'y a pas de CHSCT spécifique au praticiens hospitaliers. Dans les CHSCT classiques des hôpitaux, il y a un ou deux médecins qui siègent, choisis par la CME des hôpitaux. Ils participent plus ou moins à ces CHSCT et lorsqu’ils y participent ils ne relatent pas forcément l’expérience des médecins et de leurs souffrances. La présence actuelle des médecins dans les CHSCT n’a pas de sens en terme de résolution des problèmes de conditions de travail des médecins. Ils sont là pour répondre à des questions de syndicats non médicaux sur les problématiques des équipes soignantes. Là, j’ai vu qu’ils allaient faire comme dans le secteur privé, en rejoignant CTE et CHSCT. Pour le moment, le représentant médical au CTE ne dit pas grand chose non plus.

WUD. Vous avez dit que la santé des praticiens hospitaliers semble s’aggraver depuis quelques années. Depuis quand ? Pourquoi ?

Dr H. B. Nous, les médecins du travail, avons commencé à voir des médecins venir consulter il y a huit à dix ans. Avant ils venaient très peu, et s’ils venaient, c’étaient essentiellement pour des vaccination ou des accidents d’exposition au sang. Mais on ne les voyait que très peu. Il y a huit ans nous avons commencé à en voir et c’est allé crescendo. Soit ils viennent spontanément, soit c’est un collègue qui les accompagnent dans nos services. Je pense qu’il y a peu de médecins du travail qui tiennent une comptabilité du nombre de médecins qui viennent les voir, mais on ressent très bien qu’avant c’était très marginal et que maintenant c’est beaucoup plus important. Nous constatons aussi que de nombreux médecins quittent l’hôpital public.

Nous avons commencé à voir des médecins venir consulter il y a huit à dix ans

WUD. Pensez-vous que vous voyez beaucoup plus de médecins parce que les conditions de travail se sont déteriorés ou alors parce que les médecins, sous le coup des campagnes de prévention, hésitent moins à consulter ?

Dr H. B. Je pense que c’est avant tout dû à l’aggravation des conditions de travail. Je pense en effet que l’aggravation des conditions de travail a permis de lever le tabou de la consultation médicale. Nous constatons aussi que du côté des médecins libéraux, ça ne va pas très fort non plus. Ils n’ont pas de relais auprès de médecins du travail qu’ils pourraient joindre, donc ils se confient à des associations qui ont mis en place des numéros d’appel comme l’association Mots qui travaille avec le Cnom.


WUD. Vous avez noté que les médecins consultent de plus en plus depuis huit à dix ans. Cela correspond à la mise en place de la nouvelle gouvernance hospitalière issue de la loi HPST. Ces deux événements - souffrance au travail des PH et nouvelle gouvernance hospitalière - sont-ils liés ?

Dr H. B. On peut mettre en relation la souffrance au travail et les différentes réformes qui sont arrivées ces dernières années, compliquées, qui bouleversent le fonctionnement des médecins. Surtout, le côté financier est mis en avant. Maintenant vous avez des DIM (directeurs de l'information médicale) qui vous présentent des tableaux de résultats, on se croirait chez Renault, les médecins sont assimilés à des vendeurs, à qui on fixe un certain nombre d'objectifs à atteindre. C’est vrai que les hôpitaux ont besoin d’argent pour fonctionner, mais la ministre a bien noté que ça n’avait pas de sens, avec la T2A, d’aller vers cet excès-là. Mais c’est très prégnant sur le fonctionnement médical car cela augmente les tâches administratives, qui les éloignent du patient. Aussi, il est important maintenant de ne pas oublier de coder un soin, un acte, car cela aura des répercussions financières sur leurs services, donc ils sont obligés de faire attention à cela. Mais leur métier c’est de soigner des gens, si bien que les médecins sont sous le coup d’injonctions paradoxales : ils doivent soigner tous ceux qui arrivent, et être parfaits de manière qualitative, mais il ne faut pas non plus dépenser trop.


WUD. Qu’attendez-vous des pouvoirs publics avec la lettre que vous avez écrite ?

Dr H. B. Je veux que l’on passe des belles paroles à l’action. Au CHSCT de la fonction publique hospitalière, nous entendons sans arrêt que la prévention est importante, on passe des matinées à discuter mais concrètement il est difficile de faire en sorte que ces réunions deviennent des réalités tangibles. En 2018 par exemple la DGOS a rédigé une instruction sur le travail et la grossesse pour les soignants. Ils ont fait un vrai travail en répertoriant toute la législation qui s’applique en la matière dans les établissements de santé, pour que les soignantes enceintes soient protégées à ce moment là. Sauf que cette instruction est adressée aux ARS qui transmettent aux directions, mais pas dans tous les cas. Mais elle n’est pas diffusée au sein des CHSCT et elle ne vit pas, elle n’a même pas été évaluée. Pourtant, c’est un beau travail qui a été effectuée. Rien n’a été mis en place suite à la publication de cette instruction. La prévention n’est pas dans la culture des hôpitaux. Je pense qu’il est plus facile de faire de la prévention des risques professionnels dans les usines que dans les hôpitaux.

Luttons contre l’isolement des personnes en deuil tribune A l’initiative de l’association Empreintes

Luttons contre l’isolement des personnes en deuil
"A l’initiative de l’association Empreintes, diverses personnalités appellent, en amont des premières Assises du deuil, le 12 avril au Palais du Luxembourg, à une mobilisation pour que l’impact et le coût du deuil en France soient enfin reconnus."
En signant cette tribune parue dans le journal Le Monde daté du 13 février 2019, vous plaidez pour un meilleur soutien des personnes en deuil en France.
Pour relayer & signer cette tribune  : http://www.empreintes-asso.com/tribune/
Le deuil échappe aux politiques publiques de prévention et de soutien aux personnes vulnérables. Agissons ensemble, pour mieux accompagner les personnes en deuil et pour former les professionnels.

Le deuil fait peur. Personne ne veut y penser, en parler, s’en occuper. En France, on recense chaque année 600 000 décès dont 8 500 suicides, soit un décès toutes les 54 secondes. 4 Français sur 10 se déclarent en deuil, 5 millions sont veufs ou veuves. En établissement scolaire, un élève par classe est orphelin comme le sont également 20 % des élèves placés à l’aide sociale à l’enfance. Nous le savons, nous l’oublions le plus souvent : tout être vivant est destiné à mourir. Or, chaque mort impacte 5 à 7 personnes proches, qui seront durablement fragilisées.
Vécu en société, le deuil reste considéré comme exclusivement intime. Sa définition, sa nature, son évolution sont liées aux représentations et aux croyances. Mais rappelons ici que le deuil est un processus de cicatrisation utile, naturel et bénéfique. Chacun devrait pouvoir le vivre à son rythme, selon son lien au défunt, selon les circonstances du décès, selon sa propre histoire. Souvent associé à l’oubli, le deuil risque d’être prolongé, voire bloqué. Idées reçues, injonctions et silences témoignent du malaise collectif face au deuil. Par action, par omission ou par déni, notre société ajoute de la douleur à la douleur du deuil.
Si le deuil a un impact humain que chacun mesure à l’aune de son vécu, il a aussi un coût sanitaire que l’on commence à quantifier, mais également un coût économique et social qui doivent être pris en compte.
Le soutien de deuil doit s’inscrire de façon transversale dans les domaines de l’éthique, du soin, de l’éducation, du travail, de la dépendance, du handicap, de l’aide aux aidants et aux victimes, de la prévention du suicide, mais aussi de la recherche scientifique. Il mérite un cadre, une formation, des moyens et une place dans les politiques publiques. A ce jour, aucune ligne budgétaire n’est dédiée à l’accompagnement des personnes en deuil. Et si la loi de 1999 sur l’accès aux soins palliatifs énonçait un droit au soutien pour l’entourage du patient y compris après son décès, ce droit n’a pas été repris en 2005 et 2016 par les lois ultérieures sur la fin de vie. Des avancées législatives sont nécessaires en la matière.
Il existe à ce jour un corpus de connaissances et d’expériences cliniques partagé par des professionnels et des associations spécialisées. Ces compétences permettent de définir ce qu’est un deuil, d’évaluer si le deuil est “normal”, compliqué (environ 20%) ou pathologique (5%), de repérer les personnes à risque, d’orienter vers une prise en charge adaptée – thérapeutique ou de soutien. Mais trop rares sont ceux qui en bénéficient ! Quels salariés en deuil accèdent à un dispositif de et d’accompagnement au sein de leur entreprise ? A l’école, à l’aide sociale à l’enfance, quels outils ont les enseignants et les éducateurs pour comprendre les enfants en deuil ? Quels hôpitaux et quels EHPAD forment leurs équipes et proposent une offre systématique de soutien de deuil ? Parmi les victimes du terrorisme, qui éclaire les personnes en deuil sur ce vécu, au-delà des prises en charge liées à leur statut ?
Les risques consécutifs à un deuil sont connus : dans la première année de veuvage, la mortalité est accrue de 80 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes ; 58 % des actifs en deuil ont été en arrêt de travail plus d’une semaine, 29 % l’ont été plus d’un mois ; 77 % des élèves orphelins déclarent des impacts négatifs sur leur scolarité.
Pour que l’impact et le coût du deuil en France soient reconnus, pour lever ce tabou et pour qu’une action politique soit entreprise, combien faudra-t-il de décès par maladie, suicide, accident, addiction ; combien de personnes désocialisées, isolées, précarisées ; combien de familles monoparentales fragilisées ; combien d’enfants en échec scolaire ; combien de personnes âgées perdent leur autonomie après la mort de leur conjoint et restent sans soutien ?
Prévenir les risques liés au deuil nécessite motivation, courage, audace, professionnalisme. Et si, pour commencer, dans chaque entreprise, chaque établissement scolaire ou universitaire, chaque service social, médico-social ou hospitalier, un référent sur le deuil était formé ?
Nous avons à construire, grâce à une prise de conscience et une volonté collective fortes, une solidarité pour lutter contre l’isolement des personnes en deuil.
Ensemble, parlons-en et agissons ! Le deuil, c’est la vie. Le deuil, c’est l’affaire de tous.
Alors, dans le cadre d’une mobilisation nationale, les premières Assises du Deuil – organisées par l’association Empreintes – auront lieu le 12 avril 2019 au Palais du Luxembourg à Paris, sous la présidence du sénateur Bernard JOMIER, sous le haut patronage du Ministère des Solidarités et de la Santé et du Ministère de l’Education Nationale. Ces Assises sont soutenues par nos partenaires : la Chambre Nationale Syndicale de l’Art Funéraire, l’Action Sociale de Klésia, la Fondation OCIRP.


Signataires : Pr Régis Aubry, soins palliatifs CHU Besançon ; Dr Carole Bouleuc, soins de supports Institut Curie ; Pierre Cahuc, économiste Sciences-Po Paris ; Dr Laure Copel soins palliatifs Diaconesses C. St Simon ; Karine Dusfour, réalisatrice ; Marie Darrieussecq, auteure ; Anny Duperey actrice ; Philippe Duperron, Président association 13 onze 15 ; Pr Emmanuel Gyan Professeur des Universités-Praticien Hospitalier (PU-PH) en Hématologie-Transfusion ; Dr Christophe Fauré, psychiatre ; Laurence Ferrari, journaliste ; Pr François Goldwasser, cancérologue APHP ; Serge Guérin, sociologue ; Bernard Jomier, Sénateur ; Marie L. Tournigand et Hélène Lalé, association Empreintes ; Michèle-Hélène Salamagne, co-fondatrice de la SFAP ; Georges Saline, association 13 onze 15 ; Audrey Pulvar, auteure ; Hélène Romano, Dr en psychopathologie ; Pr Christophe Tournigand, cancérologue APHP et CHIC…
Sources et statistiques nationales disponibles sur ce site.
Le choc du veuvage à l’orée de la vieillesse : vécus masculin et féminin Delbès Christiane, Gaymu Joëlle, INED, Population n° 6, 2002 – page 879
Enquête Unaf-Favec, 2011
Etude CREDOC/CSNAF 2016
Etude Ecole et orphelins, IFOP/OCIRP 2017
INED MORTA_NIV : Tables de mortalité par sexe, âge et niveau de vie 2018

http://www.empreintes-asso.com/tribune/

ROYAUME UNI dans un rapport, le Royaume-Uni trace le futur de sa santé numérique

Bientôt des assistants vocaux pour prévenir les suicides ?
source
High-tech  Jusqu'où ira l'intelligence artificielle ?
"ALEXA, SAUVE-MOI" - Traiter la douleur par la réalité virtuelle, inviter les robots dans les blocs opératoires : dans un rapport, le Royaume-Uni trace le futur de sa santé numérique. C'est parfois surprenant, notamment quand il imagine un assistant vocal pensé pour détecter des tendances suicidaires et éviter le passage à l'acte.
À Londres, la numérisation de la santé est en marche, et ce n'est pas nouveau. Dès le début des années 2000, le NHS, le système de santé britannique, avait été le premier à publier sur son site web le premier assistant d'auto-diagnostic en ligne, capable de vous dire si votre mal de tête nécessite une simple aspirine, une visite chez votre médecin de famille ou l'attention immédiate des services d'urgence. Dans tous les cas, ce passage au digital poursuit les mêmes buts : désengorger les urgences, limiter les actes et les ordonnances inutiles et faire des économies, sans passer à côté de pathologies graves.

Dans cette optique, le contenu du dernier rapport de préconisations sur la santé numérique commandé par le NHS est une suite logique, parfois étonnante. Logique, quand il estime que 80% des emplois dans la santé requerront des compétences numériques d'ici à 2040 ou quand il fait la place belle à l'intelligence artificielle dans l'analyse d'imagerie médicale. Logique encore quand il préconise le séquençage du génome de patients atteints de pathologies graves pour imaginer des traitements sur mesure et faire avancer la recherche.

Là où le rapport surprend, c'est par exemple quand il imagine à court terme des usages médicaux pour la réalité virtuelle. Celle-ci pourrait être utilisée pour distraire les patients de leur douleur et du stress post-opératoire, comme elle l'est déjà, au moins à titre expérimental, pour traiter les vertiges et certaines phobies.

Mais c'est du côté de la santé mentale que les propositions posent le plus de questions. Devant le succès des assistants vocaux, qu'ils soient signés Google, Amazon ou Apple, Eric Topol, le médecin auteur du rapport, les imagine mis au service du dépistage des dépressions sévères et des tentations suicidaires, assez efficacement pour éviter les passages à l'acte.

Ici, plusieurs hypothèses : créer des "robots de triage", des assistants conversationnels capables d'avoir une conversation avec le patient pour estimer son état d'esprit, son degré d'anxiété et la sévérité des troubles. Plus intrigante, l'idée d'installer chez le patient un assistant vocal qui analyserait ses conversations du quotidien, ses réflexions à voix haute, pour y trouver les mots-clés, les inflexions, les sautes d'humeur qui peuvent alerter d'un possible geste suicidaire.

L'écoute silencieuse existe déjà chez Facebook

Si le principe d'une écoute silencieuse existe déjà ailleurs -Facebook, par exemple, recherche dans les pages de ses utilisateurs certains mots-clés caractéristiques de tentations suicidaires-, le faire en tâche de fond dans le monde réel pose question. D'abord, parce que les assistants vocaux existants ne sauraient pas le faire, eux qui n'interprètent vos commandes qu'après avoir entendu "Alexa" ou "Ok Google". Surtout, le procédé devrait éviter les fausses détections positives, en comprenant le contexte de ce qu'il écoute et en reconnaissant la personne qui parle, pour éviter par exemple d'interpréter les dialogues des séries que vous regardez.

Enfin, et comme le reste des initiatives autour de la santé connectée, l'idée pose la question de la sécurité des données, leur stockage et savoir qui pourra y accéder. Pour autant, l'irruption de plus de technologie dans notre santé au quotidien ressemble à un mouvement irrépressible, et pas seulement outre-Manche.

Le rapport Topol est disponible en intégralité ici.