mardi 26 octobre 2021

USA ETUDE RECHERCHE 7 thèmes rapportés par des survivants de tentatives de suicide. Comprendre ce qui mène au suicide peut aider au traitement et à la prévention.

7 thèmes rapportés par des survivants de tentatives de suicide quasi létales
Comprendre ce qui mène au suicide peut aider au traitement et à la prévention.

D'apres  ExperiMentations 7 Themes Reported by Near-Lethal Suicide Attempt Survivors Understanding what leads to suicide may help with treatment and prevention. Article Publié le 25 octobre 2021 Grant Hilary Brenner MD, FAPA  https://www.psychologytoday.com*


Points clés
Malgré les recherches, le suicide reste notoirement difficile à prévoir.
Les approches narratives et axées sur la personne pour comprendre le suicide s'ajoutent à notre compréhension actuelle et peuvent améliorer la prévention.
Les personnes soucieuses de leur bien-être ou de celui des autres peuvent demander de l'aide à la National Suicide Prevention Lifeline 1-800-273-TALK (8255) ou 911.


La SAMHSA (la Substance Abuse and Mental Health Services Administration) ) rapporte des statistiques sur le suicide aux États-Unis, y compris la récente enquête des Centers for Disease Control and Prevention  sur les données de 2017 concluant ce qui suit :
Près de 47 173 décès par suicide sont survenus (environ un décès toutes les 12 minutes).
9,8 millions d'adultes ont sérieusement pensé au suicide.
2,8 millions ont élaboré un plan et 1,3 million ont tenté de se suicider.

Suicide
C'est la 10e cause de décès chez les adultes.
Est la 2e cause de décès chez les jeunes.
Augmentation de 29 199 décès en 1996 à 47 173 décès en 2017.

La prédiction et la prévention du suicide sont de plus en plus importantes. Il y a une prise de conscience croissante que nous sommes confrontés à une crise de santé mentale nationale et mondiale , stimulée par la pandémie, le changement climatique et d'autres facteurs. Les changements culturels, y compris une plus grande ouverture de la part des célébrités et des athlètes, conduisent à une réduction de la stigmatisation ; les suicides de célébrités et une foule d'autres facteurs émergents ont fait prendre conscience du besoin de ressources.

Malgré la recherche, une prédiction précise et opportune du suicide 1 demeure insaisissable. L'action législative a conduit à la mise en place du numéro de crise en santé mentale 988 (prévu en 2022). Des travaux continus sont nécessaires pour améliorer notre capacité à prédire le suicide et à traiter les facteurs de risque sous-jacents.

Utilisation d'approches narratives pour comprendre la psychologie du suicide

Les chercheurs Tillman, Stevens et Lewis (2021) du Austen Riggs Center de Stockbridge, dans le Massachusetts, qui se concentre sur le traitement psychanalytique intensif des patients ayant des difficultés persistantes à vivre, ont fait le point sur la recherche sur le suicide 2, notant les recherches existantes et les domaines à approfondir.

Ils suggèrent que des approches de recherche combinées sont nécessaires pour surmonter les limites des approches quantitatives : Les modèles "de l'idée à l'action" examinent les processus changeants au fil du temps qui peuvent être liés au suicide, déplaçant l'attention des données ou des modèles "orientés vers les variables" vers des modèles "orientés vers la personne". La compréhension de l'expérience subjective des personnes présentant un risque de tentative de suicide mortel apporte des informations précieuses et troublantes.

Dans cet esprit, Tillman et ses collègues ont publié leurs travaux sur les tentatives de suicide presque mortelles dans la revue Psychoanalytic Psychology . Pour ouvrir une fenêtre sur l' esprit suicidaire , ils ont mené des entretiens détaillés avec 11 personnes qui ont survécu à des tentatives hautement mortelles dues au seul hasard, cherchant à « reconstruire leur état d'esprit avant la tentative de suicide avec autant de profondeur et d'élaboration que possible ». 3

Résultats quantitatifs concernant les tentatives de suicide presque mortelles

Environ 75 pour cent des participants étaient des femmes, avec un âge moyen de 29 ans, allant de 19 à 51 ans. Peu étaient mariés ou dans une relation à long terme, et tous avaient reçu un diagnostic de trouble de la personnalité . En moyenne, ils avaient des antécédents de plus de cinq hospitalisations avant leur traitement hospitalier actuel, avec un premier traitement vers l'âge de 13 ans et des pensées suicidaires commençant à 18 ans.

La première tentative de suicide était en moyenne d'environ 24 ans avec un nombre moyen de 2,64 tentatives antérieures. La plupart des humeurs et états pénibles avant les tentatives de suicide étaient « déprimé », « désespéré », sans espoir et « vide », en plus de se sentir « résigné ». « Enragé » était classé au bas de l'échelle parmi les états émotionnels présuicides. La plupart des participants ont déclaré qu'ils ne pensaient pas qu'un de leurs proches pouvait savoir qu'ils allaient se faire du mal.

7 thèmes issus de l'analyse qualitative de récits détaillés 

1 Conflits et crises de développement : La difficulté à naviguer dans une transition majeure de la vie semblait un défi de développement impossible. La séparation était un thème commun - par exemple, la difficulté à quitter la maison pour aller à l'université, avec le suicide comme solution et moyen d'affirmer son autonomie en déjouant les efforts des parents et du thérapeute. Les patients plus âgés ont établi des liens avec leurs propres luttes d'adolescent alors que leurs propres enfants atteignaient l'adolescence. 4
2 Traits de caractère et vulnérabilités : Les patients présentant des personnalités et des styles d'adaptation rigides ont évoqué un sentiment de désespoir suicidaire lorsqu'ils ne parvenaient pas à atteindre leurs objectifs ou lorsque les autres ne comprenaient pas leur détresse. Les traits comprenaient le perfectionnisme , la pensée rigide et des façons inadaptées d'utiliser les ressources et le soutien, avec des difficultés à faire face à la mortalité et aux expériences nihilistes. Un patient a signalé un conflit intérieur dû à la fois à son désir de mourir et à celui de rester en vie à cause de ce que les autres voulaient.
3 Paradigmes des relations interpersonnelles et des relations d'objet : La trahison par les autres et le sentiment d'avoir déçu les autres ont été fréquemment rapportés. Les patients ont exprimé leur plaisir et leur autonomie à déjouer leurs proches ainsi que les professionnels. La tromperie autour de la pensée suicidaire était un modèle interpersonnel caractéristique. Les participants ont signalé juste avant un comportement suicidaire « coupant mentalement tous les liens à la fois dans le monde interne des objets et dans le monde externe des personnes et des relations ». Certains ont déclaré avoir le sentiment que d'autres leur avaient fait défaut au moment où ils en avaient le plus besoin, et une personne a parlé du suicide pour se venger de ceux qui leur avaient fait du tort.
4 Pensée et affect : en résonance avec des recherches antérieures, la plupart ont décrit une douleur psychologique atroce et incessante sans aucun sentiment que cela s'améliorerait un jour. Les émotions seraient allées et venues entre l'engourdissement et l'inondation, y compris des flashbacks traumatisants . Les patients ont signalé une logique suicidaire, y compris l'idée qu'après la mort, personne ne serait là pour faire face aux problèmes ou aux conséquences, ne pas avoir à souffrir ni manquer de bonnes choses du fait de ne plus être en vie et de minimiser l'effet sur les autres. Penser à l'action suicidaire incluait le cynisme , le nihilisme et le sentiment d'être puissant.
5  Fantasmes de la mort : Les idées sur ce que l'on "ressentirait" en mourant étaient courantes, ainsi que sur la fonction de la mort. Certains ont parlé de retrouvailles avec un être cher décédé comme un parent. Certains conçoivent la mort comme un « néant » ou comme « juste s'endormir », imaginant la paix. Des idées dissonantes sur la mort ont été exprimées - par exemple, des participants disant qu'ils ne croyaient pas à l'au-delà à d'autres moments, ont décrit des pensées sur la vie après la mort, ce qui suggère un attachement insécurisant à la mort.
6 Nature paradoxale du moment immédiat de la tentative de suicide : De nombreux participants ont signalé à la fois des aspects planifiés et impulsifs de leur décision. Ils semblaient avoir « deux esprits », reflétant des aspects traumatiques et dissociatifs sous-jacents – par exemple, le sentiment d'avoir pris la décision sur un coup de tête tout en déclarant avoir réfléchi pendant des années, avec « différents types de répétitions, d'actes préparatoires, planification et intention de tromper les autres au sujet de leur plan. La décision de se suicider a été décrite comme le « moment parfait », où « tout se mettait en place ». 5
7 Réactions à la survie : Toutes les personnes interrogées ont déclaré qu'elles avaient prévu de mourir, avec une intention et une action létales planifiées, souvent avec de graves conséquences médicales. Ils avaient survécu « par accident ». Beaucoup ont continué à se sentir suicidaires et étaient souvent mécontents d'avoir survécu. L'un d'eux a déclaré qu'il avait « perdu sa peur de la mort », ce qui rendait un futur suicide plus probable. Un autre participant avait de l'espoir après sa tentative de suicide, ayant appris que les gens s'en souciaient. 6 D'autres se sont sentis coupables en réfléchissant à l'impact de leurs actions sur les autres, notamment les jeunes enfants.

Bien qu'il s'agisse d'une petite étude, elle se distingue également par un examen approfondi d'un groupe unique de personnes qui ont failli mourir par suicide et ont survécu pour raconter l'histoire. Certains sont heureux d'avoir une seconde chance, tandis que d'autres restent en danger. Le traitement de la dépression sous-jacente et d'autres affections connexes est important pour traiter la douleur émotionnelle sous-jacente et les schémas de pensée qui l'accompagnent, et pour retravailler les adaptations à l'adversité développementale qui peuvent conduire à des souffrances continues et à une tragédie retardée des années plus tard.

Les personnes soucieuses de leur bien-être ou de celui des autres peuvent demander de l'aide à la National Suicide Prevention Lifeline, 1-800-273-TALK (8255) ou 911. Le code de numérotation 988 devrait être actif en 2022.

Les références

1. Les tentatives de suicide passées restent l'indicateur le plus fort d'un risque futur accru, ainsi que des facteurs corrélés, notamment des sentiments de douleur émotionnelle inévitable ; agitation; insomnie; perte d'inhibition, par exemple en cas d'intoxication alcoolique ; et degré de planification et d'intention. Alors que certains sont ouverts au sujet de la suicidabilité, d'autres peuvent cacher ce qu'ils vivent, amenant d'autres à ressentir une gamme d'émotions, de la surprise à la culpabilité, à la colère, lorsqu'une personne se suicide de manière inattendue.
Les chercheurs étudient également des modèles d'apprentissage automatique qui peuvent potentiellement identifier des intentions de se faire du mal à partir d' analyses cérébrales .

2. Ils notent qu'il existe plusieurs façons de comprendre le suicide. L'une est l'approche « d'autopsie psychologique », dans laquelle les informations provenant de notes médicales et d'entretiens avec des personnes impliquées (famille, cliniciens) sont utilisées pour déterminer après coup quels facteurs ont pu précipiter le suicide. D'autres études sont « quantitatives », examinant divers facteurs et cherchant à identifier des modèles statistiquement significatifs.

3. Ils ont utilisé des méthodes de recherche mixtes avec des questionnaires quantitatifs sur les traumatismes, l'humeur, la démographie et les variables connexes, ainsi qu'une analyse qualitative d'entretiens détaillés sur la tentative de suicide et les facteurs environnants.

4. Cela comprenait le déclenchement d'expériences d'abus et de traumatismes, qui ont ressuscité les fantasmes suicidaires de cette période de leur vie à la suite de blessures narcissiques (par exemple, échec, rejet).

5. Ce " timing parfait " reflète vraisemblablement la synchronisation des processus mentaux impulsifs et planifiés avec un sentiment de soulagement et de libération. La dissociation et la déconnexion des obstacles au suicide ont été signalées autour du moment de la décision : engourdissement, sentiment de libération, arrêt de la douleur, réduction du conflit ou de l'ambivalence, diminution de la peur de la mort et modification de la perception du temps. Le suicide pourrait surgir rapidement et de manière imprévisible, même si l'intention n'est pas consciemment présente, ce qui reflète la déconnexion et rend plus difficile la prise de conscience de la menace immédiate par soi-même et par les autres.

6. Bien que cela n'ait pas été signalé dans cette étude, des recherches antérieures ont révélé que des personnes peuvent souffrir d'un trouble de stress post-traumatique à la suite de leur propre tentative de suicide.

References : Tillman, J. G., Stevens, J. L., & Lewis, K. C. (2021, August 26). States of Mind Preceding a Near-Lethal Suicide Attempt: A
Mixed Methods Study. Psychoanalytic Psychology. Advance online publication. http://dx.doi.org/10.1037/pap0000378

https://www.psychologytoday.com/us/blog/experimentations/202110/7-themes-reported-near-lethal-suicide-attempt-survivors

CANADA ETUDE RECHERCHE PRESENTATION PROJET DE RECHERCHE prévention du suicide chez les victimes de cyberintimidation

Prévention du suicide chez les victimes de cyberintimidation

25 oct. 2021

Cette vidéo présente un projet de recherche sur la prévention du suicide auprès des victimes de cyberintimidation. Ce projet est mené par Ophély Dorol-Beauroy-Eustache, étudiante au doctorat en psychologie à l'Université du Québec à Montréal, sous la direction de Brian Mishara, PhD.

lundi 25 octobre 2021

CANADA Évaluation du risque suicidaire : un aperçu des pratiques exemplaires et considérations

Évaluation du risque suicidaire : un aperçu des pratiques exemplaires et considérations
25 oct. 2021 par MHCC CSMC


Bien que le suicide puisse être évité, les taux au Canada sont demeurés relativement stables au cours des deux dernières décennies. L’évaluation du risque suicidaire par les cliniciens et les professionnels de la santé mentale joue un rôle fondamental pour déceler les risques et prévenir le suicide. Dans ce webinaire, Dr David Klonsky, Dr Joseph Sadek, et Dre Allison Crawford présentent une approche clinique à l’évaluation du risque suicidaire et décrivent les conditions provoquant le risque suicidaire, les forces et les enjeux dans l’évaluation du risque suicidaire auprès des diverses communautés en plus des recommandations pour de futurs travaux.

MOVEMBER Edition 2021

Movember (ou Movembre) est un événement annuel organisé par la fondation Movember Foundation Charity. Chaque année au mois de novembre, les hommes du monde entier sont invités à se laisser pousser la moustache dans le but de sensibiliser l'opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate, le cancer des testicules, la santé mentale et la prévention du suicide . Le nom vient de la contraction de « mo », abréviation de moustache en anglais australien, et de « November » (novembre). Depuis 2003, cette fondation australienne relève le pari de « changer le visage de la santé au masculin ». 


En savoir plus  : France https://fr.movember.com/?home  ou https://www.movember.com/?reset=1

 

Édition 2021 :  


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MàJ MANIFESTATION Le Lude (72) Lecture-débat : littérature ados et prévention 27/10/2021

Lecture-débat : littérature ados et prévention 27 Oct.



Description
Événement organisé par la bibliothèque : lecture-débat avec Hélène Duvar, autrice sarthoise qui lira des passages de son roman « Mon Eden », et l’association L’arc-en-ciel du Mans qui animera le débat sur le thème du suicide des jeunes. Dédicace H. Duvar dès 16 h avec la librairie Récréalivres.
Gratuit.
Mercredi 27 octobre à 14h30
Age des spectateurs : Adolescent
Français
Espace Ronsard
Place du Champ-de-Foire 72800 Le Lude 

Source https://www.infolocale.fr/equipements-publics/ludo-bibliotheque-389710/evenement-le-lude-litterature-lecture-debat-litterature-ados-et-prevention-7324622 

1er post : 15/10/2021

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Le Lude : prévenir le suicide chez les jeunes

Une lecture-débat sur le thème du suicide chez les jeunes est programmée à la bibliothèque du Lude mercredi 27 octobre 2021. Une rencontre avec une auteure est prévue.
Hélène Duvar est l’auteure du roman « Mon Eden ». (©Hélène Duvar)


Par Rédaction Château-du-Loir Publié le 25 Oct 21 à 12:52
Le Courrier - L'Écho
Mon actu

Mercredi 27 octobre 2021 de 14 h 30 à 16 h, Camille Bénard en charge de la bibliothèque du Lude (Sarthe) propose une lecture-débat sur le thème « Littérature pour ados et prévention suicide » sous la forme d’une rencontre avec Hélène Duvar, auteure sarthoise du livre « Mon Eden ».

A noter également la participation d’intervenants et familles de l’association mancelle L’arc en ciel.

Cette rencontre est ouverte aux adolescents à partir de 12 ans et leurs parents. Elle se déroulera dans la nouvelle petite salle de l’Espace Ronsard.

Un livre pour lancer la discussion

Professeur d’anglais en collège puis en lycée, Hélène Duvar lira des extraits de son livre, qui deviendront des liens de discussion sur la thématique de la prévention des risques suicidaires chez les jeunes.

« Mon Eden » est son premier roman. Il raconte l’histoire d’Erwan a 16 ans et vient de perdre une moitié de lui. Sa sœur jumelle, Éden, s’est suicidée. Il souffre terriblement et s’éloigne de ses parents, du psychologue, de ses copains, de son lycée. Terrassé par la culpabilité qui s’ajoute à sa crise d’adolescence, Erwan ne peut s’empêcher de ressasser les souvenirs. Il découvre le journal intime d’Éden, dont il ne soupçonnait même pas l’existence…


Une exposition

Les participants pourront découvrir également l’exposition des travaux réalisés par des élèves de 4e du collège sur la thématique du mal-être.

La lecture-débat sera suivie de 16 h à 18 h d’une séance de dédicaces d’Hélène Duvar à la bibliothèque. Parallèlement dans ses locaux, une vente de livres jeunesse est proposée de 10h à 12h et de 14 h à 18 h avec Gwendal Oules, de la librairie « Récréalivres ».Contact de l’association Arc en Ciel : 4, rue Edouard Belin, 72100 Le Mans, tel : Tél. 09 53 69 91 96 et 06 84 88 17 55. Permanences d’accueil à l’adresse du lundi au vendredi de 9 h à 18 h, asso-larcenciel.fr

https://actu.fr/pays-de-la-loire/le-lude_72176/le-lude-prevenir-le-suicide-chez-les-jeunes_45943304.html

MàJ : 2NPS : « 3114 » le numéro national de prévention du suicide lancé vendredi 1er octobre #preventionsuicide #suicideprevention

 

 

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Site du 3114 https://3114.fr/

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Numéro national de prévention du suicide : «Est-ce que vous avez des idées noires ?»
Marlène Thomas  Libération (site web)  Société, samedi 23 octobre 2021 2134 mots


Mis en service le 1er octobre, le 3114, joignable jour et nuit, se distingue des lignes d'écoute par sa logique d'orientation et d'intervention. «Libération» a suivi deux répondantes de l'unité Poitou-Charentes.

Il est midi. Casque audio vissé sur le crâne, Lisa (1) brise le calme qui règne depuis le début de la matinée autour des deux bureaux. «Bonjour Nathalie (1), c'est Lisa, du 3114. Comment vous allez aujourd'hui ?» Affublée d'une blouse blanche, la psychologue de 24 ans est l'une des répondantes du numéro national de prévention du suicide, mis en service le 1er octobre. Soigneusement pesés, ses mots dessinent la situation d'isolement de cette octogénaire : des douleurs physiques causant des maux psychiques et une dépendance affective dans son couple. Une dizaine de minutes plus tard, Lisa questionne celle qu'elle a déjà eue à plusieurs reprises au téléphone : «Est-ce que vous avez des idées noires, Nathalie ?» Silence. Yeux fixés sur ses quatre écrans, la psychologue officiant au centre de jour installé au centre hospitalier Henri-Laborit de Poitiers (Vienne) rebondit : «Qu'est-ce que vous entendez par de temps en temps ? Tous les jours ?» Par cet appel, Lisa doit qualifier et évaluer la souffrance et déceler sans brusquer d'éventuelles idées suicidaires. Complémentaire des lignes d'écoute telles que SOS Amitié, ce numéro gratuit et confidentiel tenu par des professionnels se distingue par sa logique d'orientation et d'intervention.

Si le jour de notre visite est particulièrement calme, la cellule reçoit en moyenne quatre appels quotidiens à Poitiers et en passe quasiment le même nombre. En une dizaine de jours, presque 6 200 appels ont été reçus au niveau national, avec une moyenne de 500 quotidiennement. Quelque 160 professionnels - psychologues ou infirmiers derrière le combiné - mais aussi cadres de santé, assistantes sociales, secrétaires médicales et psychiatres sont mobilisés dans dix centres à travers le France pour ce numéro accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Tous ont été spécifiquement formés à la prévention du suicide et à la prise en charge de la crise suicidaire. Coordonné nationalement par le CHU de Lille, ce dispositif, initié par l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn en 2017-2018 avant d'être repris lors du Ségur de la santé, devrait s'étendre en 2022 à un centre par région.

«Des morts évitables»

A Poitiers, de 9 heures à 21 heures, deux répondants sont systématiquement sur le pont pour couvrir les sept départements de Poitou-Charentes et du Limousin. Hébergés sur la plateforme du Samu, six psychologues se relaient tout au long de la semaine. «On peut travailler en équipe, discuter d'un cas, alors qu'habituellement un psychologue en cabinet est plutôt seul», remarque Lisa. Même la nuit, les personnes en détresse trouvent une oreille attentive. L'équipe de Brest, l'un des trois centres ouverts en permanence, prend le relais de celle de Poitiers.

Famille, voisins, employeurs, professeurs ou encore soignants, tous peuvent interpeller le 3114. Un besoin criant. «Il manquait un moyen d'accès aux ressources lorsqu'on est en difficulté ou qu'un proche l'est», estime le professeur de psychiatrie au CHU de Lille Pierre Thomas, coordinateur national du 3114, pour qui cette initiative permet de combiner les dispositifs déjà existants. Une manière aussi de décharger le Samu dont environ «10% des appels concernent le sujet du suicide».

Avec plus de 9 000 suicides par an, la France présente «un des taux les plus élevés d'Europe». S'il est en baisse ces dernières années, «la diminution n'est pas suffisamment sensible», pointe le coordinateur national, qui espère «voir une cassure de la courbe des décès par suicide». «On est en retard notamment parce qu'on ne sait pas comment en parler, on a toujours peur d'inciter à passer à l'acte. Ce sont pourtant des morts évitables», regrette le psychiatre, qui veut briser le mythe tenace selon lequel il n'y aurait parfois plus rien à faire.

Dans certains cas sensibles comme celui de Nathalie, l'accompagnement se poursuit au-delà du premier appel. Son carnet de notes devant les yeux, Lisa s'attelle, à la fin des vingt minutes de discussion, à dresser un compte rendu de l'échange. Lors de leur premier contact, l'urgence était davantage palpable : Nathalie développait un scénario suicidaire bien établi, cherchant même à avoir un avis médical sur l'éventualité d'un échec de la technique utilisée. Son appel du jour ne laisse pas entrevoir de crise suicidaire mais Lisa reste en alerte, une rupture avec son compagnon pourrait mener à une tentative de suicide. «L'évaluation se fait au niveau de l'urgence. Est-ce que la personne a envie de se suicider dans les heures, jours qui viennent ? Le danger est le moyen. Si la personne a accès à un moyen létal facilement, c'est une urgence», explique le psychiatre Jean-Jacques Chavagnat, responsable de l'unité Poitou-Charentes du 31 14.

Addictions, troubles de la personnalité et maladies psychiatriques font notamment partie des critères pris en compte lors de l'évaluation, tout comme le sexe ou encore l'âge. «Une personne ayant déjà fait une tentative de suicide a plus de chances de repasser à l'acte», ajoute Lisa. Les potentiels remparts au suicide sont aussi passés au crible, tels que la famille ou le travail. «Pour les personnes âgées, les chiens et chats sont des gros facteurs de protection», avance la psychologue.

Si les urgences ne sont pas systématiques, elles sont régulières. «Presque tous les jours, j'ai dû faire intervenir le Samu pour une crise suicidaire», rembobine Lisa. Dès le 1er octobre, deux interventions ont eu lieu auprès de personnes sur le point de se suicider. Si la ligne n'est pas anonyme, les professionnels manquent parfois d'informations essentielles pour entrer éventuellement en contact avec les proches ou le médecin de l'appelant, ou alerter les secours. Une difficulté que Lisa n'avait pas anticipée : «On a le prénom, mais rarement le nom de famille, l'adresse. Il y a beaucoup de méfiance, cette peur qu'on envoie le Samu et la crainte d'une hospitalisation sous contrainte.» En cas d'urgence, le numéro de téléphone permet toutefois au Samu de localiser l'appelant.

«Dans deux mois vous ne pensez plus être là??»

Si aucune limite de temps n'est fixée, Marie-Lou, l'autre psychologue en poste ce jour-là, précise : «On évite de dépasser une heure d'appel, sauf en cas d'intervention immédiate du Samu, il faut rester en ligne jusqu'à leur arrivée», détaille la Poitevine de 25 ans. L'investissement émotionnel des répondantes est fort. Pour Lisa flotte surtout la «crainte d'une erreur d'évaluation». Une fois rentrée chez elle le soir, la jeune femme se repasse le film de chaque appel, questionnant ses initiatives. «On ne décroche pas.» Le médecin coordinateur résume : «Un répondant arrive à mettre en place un lien avec la personne, évalue la problématique et essaie de proposer une solution à court terme.» Il insiste : «Ce n'est pas un numéro d'urgence mais une ligne en lien avec les urgences.»
Cette idée de lien est au coeur de la philosophie du 3114. A 16 heures, Lisa dresse la liste des sujets à aborder avec Béatrice (1). En tête des priorités ? Conforter cette septuagénaire isolée et en rupture familiale, dans la nécessité de consulter un psychologue. «Ça peut toujours vous apaiser de parler de votre souffrance même si ce n'est pas miraculeux», dit-elle d'une voix douce. La première partie de l'appel laisse entendre un profond désespoir. «Vous avez une idée de quand vous pourriez passer à l'acte ? Dans deux mois, vous ne pensez plus être là ?» A travers les mots de Lisa transparaît le poids de la pandémie de Covid-19, qui a accentué l'isolement. La répondante réussit à dénicher une association prête à la recevoir, suscitant l'étonnement de son interlocutrice. Les personnes au bout du fil ne «s'imaginent pas forcément ce que le 3114 peut faire pour eux», relate Lisa, qui relève notamment leur facilité à décrocher des rendez-vous chez des soignants surbookés.

D'autres solutions peuvent aussi être proposées aux appelants : envisager une visite du médecin traitant, d'un voisin, renvoyer vers le 3919 ou les forces de l'ordre pour une femme victime de violences ou encore aider un étudiant en difficulté avec ses démarches administratives. Si un annuaire des ressources locales doit être mis à disposition des équipes, pour l'heure Lisa et Marie-Lou jonglent entre plusieurs sites pour trouver les solutions les plus adaptées à chaque situation.

«On ne se laisse pas distraire»

Les répondants marchent sur un fil ténu quant à la posture à adopter vis-à-vis des personnes à l'autre bout du combiné. «De l'empathie mais pas de la sympathie, il faut garder une certaine distance», souligne le médecin. Certains appelants sollicitent le 3114 des dizaines de fois. Dans le cas d'appels récurrents, les répondants écoutent, évaluent et tentent de déceler l'émergence d'une nouvelle problématique. Bref, «apporter du soutien sans être rejetant», conclut le coordinateur. Le risque étant par lassitude ou habitude de passer à côté de signaux alarmants.

La plupart des écoutants recrutés débutent leur carrière. Un choix délibéré : «Quelqu'un avec plus d'expérience aura plus de mal à se mouler à cette nouvelle pratique» téléphonique, estime Jean-Jacques Chavagnat, responsable de l'unité. Marie-Lou, dont c'est le premier poste, voit des avantages dans ces consultations à distance : «Ce qui peut être impressionnant dans le métier, comme le regard, le comportement du patient, on ne le voit pas. On ne se laisse pas distraire par ce qu'il pourrait faire en face de nous.» L'écoute doit être totale. «On fait attention à ce qu'il se passe autour, s'il y a des enfants, un train, la télé, des bruits de voiture», embraye sa collègue. Des informations sonores clés pour cerner le contexte de l'appel.

Si la ligne de Poitiers a pour l'instant reçu une majorité d'appels à l'aide de personnes âgées, un tchat doit être mis en service courant 2022 afin de toucher les plus jeunes. «Un des projets à court terme est aussi d'afficher le numéro de la ligne sur des lieux où l'on se suicide plus, comme les gares ou les falaises. Si on le met au bord des ponts comme en Angleterre ou aux Etats-Unis, le nombre de suicides diminue», assure le psychiatre Pierre Thomas. Reste aussi à communiquer largement sur ce numéro pour qu'il devienne un outil de premier recours pour les personnes concernées et leurs proches.

Le suicide en France

Près de 9?300 décès sont à déplorer chaque année en France, soit plus de 24 morts évitables par jour et 200 000 tentatives. En baisse depuis vingt ans, le taux de suicide reste l'un des plus élevés d'Europe (14 pour 100?000 habitants), selon les données de Santé publique France. Des disparités régionales sont toutefois à relever, ce taux variant de 7,4 à 22,2. «En Nouvelle-Aquitaine, il est un peu supérieur à la moyenne nationale [18,7 selon le dernier bulletin de 2019, ndlr] avec des disparités entre milieu rural et urbain», indique Sophie Lefevre, chargée de la promotion de la santé mentale à l'agence régionale de santé. La moyenne européenne plafonne, elle, autour de 10,3. Les hommes se suicident davantage alors que les femmes font plus de tentatives. L'adolescence est l'âge où celles-ci sont les plus fréquentes : 1% à 4% des 15-19 ans ont dû être hospitalisés après un geste suicidaire. Chaque année, 400 jeunes en meurent. Bien que «le nombre de décès par suicide augmente avec l'âge», selon le psychiatre Pierre Thomas, cela en fait la deuxième cause de mortalité chez les 15-19 ans.

(1) Les prénoms ont été changés. 

https://www.liberation.fr/societe/sante/numero-national-de-prevention-du-suicide-est-ce-que-vous-avez-des-idees-noires-20211023_7ZUFTVA6V5FYTIRVYTDZBXOTAM/

 

 

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Vienne : le docteur Chavagnat dirige l'équipe des répondants du 3114
Publié le 15/10/2021 https://www.lanouvellerepublique.fr*

 

Le Dr Jean-Jacques Chavagnat, psychiatre au centre hospitalier Laborit.
© Photo NR

Le Dr Jean-Jacques Chavagnat est psychiatre au centre hospitalier Laborit et coordonne l’équipe des six répondants de la plateforme 3114.
Poitiers fait partie des 17 premiers centres répondants à couvrir le territoire, comment cela s’est-il organisé ? « Il y avait normalement un centre de jour par région administrative, mais pour la Nouvelle-Aquitaine, Poitiers et Bordeaux ont été retenus. À Poitiers, cela fait 30 ans qu’on fait de la suicidologie… En tant que responsable du dispositif VigilanS (1) Poitou-Charentes et président de la fédération française Trauma suicide liaison urgence (FTSLU), il y a une cohérence à ce que nous soyons associés. »
Qui sont les répondants qui décrochent le téléphone ? « Ce sont six répondants psychologues débutants qui ont été spécifiquement recrutés pour cette mission. Ils ont été formés pendants quatre jours et deux médecins assurent la supervision du dispositif. »
Quelle différence entre ce dispositif national et les numéros d’écoute comme SOS Amitié qui existent déjà ? « Le 3114 est avant tout un numéro national de prévention du suicide, tenu par des professionnels et encadré par un psychiatre. Nous ne sommes pas que des écoutants mais nous trouvons des solutions avec un réseau national en appui. »
Qui peut appeler et quand ? « Le numéro se déploie 7 jours sur 7, de 9 h à 21 h. C’est le centre d’appel de Brest qui prend le relais en dehors de ces horaires. Toutes les personnes en souffrance peuvent appeler, mais c’est aussi ouvert aux proches de personnes en souffrance. Nous avons aussi un pan d’écoute tourné vers le deuil après suicide. Enfin, les professionnels peuvent appeler pour être écouté, aidé, conseillé. »
Depuis le 1er octobre, combien d’appels avez-vous reçu ? « Chaque jour, environ cinq appels entrants et cinq appels sortants. Les appels sortants, ce sont les appels que les psychologues passent afin d’assurer le suivi. On prend des nouvelles des gens qui nous ont appelés, parfois dans la journée même, parfois le lendemain. »
(1) Ce dispositif consiste en un système de recontact et d’alerte en organisant autour de la personne ayant fait une tentative de suicide un réseau de professionnels de santé qui garderont le contact avec elle.
https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/vienne-le-docteur-chavagnat-dirige-l-equipe-des-repondants-du-3114

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Numéro de prévention du suicide : des infirmiers au bout du fil

14 octobre 2021 Géraldine Langlois https://www.actusoins.com*
Au bout du 31 14, le numéro national de prévention du suicide ouvert le 1er octobre 2021, ce sont majoritairement des infirmiers qui répondent. Les centres téléphoniques régionaux qui ouvrent peu à peu recrutent des IDE (et des psychologues) pour permettre à ce nouvel élément de la stratégie nationale de prévention du suicide de se déployer complètement.

Les personnes qui composent le 31 14, le numéro national de prévention du suicide (2NPS), tombent pour la grande majorité d'entre eux sur un infirmier ou une infirmière.

Les autres, dans une proportion bien inférieure, sur un ou une psychologue. Les recrutements de répondants pour cette nouvelle ligne ont commencé à l'automne et se poursuivent encore car seule une partie des centres téléphoniques ont ouvert, explique Christophe Debien, psychiatre au CHU de Lille et chargé du déploiement du 2NPS.

A Angers, Bordeaux, Brest, Lille, Lyon, Montpellier, Nancy, Poitiers, Rouen et Saint-Etienne, les équipes sont en place ou en cours de constitution et les IDE et psychologues répondent déjà aux appels (de toute la France).

D'autres doivent encore ouvrir puisqu'un centre par région doit être opérationnel. Ceux qui assurent une permanence 24 heures sur 24 ont besoin de 18 ETP (Équivalent temps plein) et ceux qui ne répondent aux appels que de 9h à 21h en ont besoin de huit en moyenne.
Il s'agit de postes à plein temps : combiner ces missions à temps partiels avec un autre mode d'exercice hospitalier est actuellement compliqué.
Un centre par région

Les infirmiers et psychologues recrutés ont pour mission de répondre aux appels téléphoniques (ou par chat) des personnes qui appellent le numéro national, des personnes en grande souffrance, parfois en crise suicidaire, ou des proches de ces personnes.

Ils doivent évaluer l'urgence suicidaire et adapter leur réponse, c'est-à-dire, par exemple, orienter la personne vers les structures de soin ou des ressources d'aide locales voire lancer une intervention dans les situations les plus graves.

Pour Christophe Debien, ces missions ne nécessitent pas forcément d'être « qualifié en psychiatrie ». Selon lui, « la première qualité requise, c'est l'empathie, la capacité à se représenter la souffrance de l'autre, sans jugement, pour essayer de la comprendre et de la mettre en équation avec ses problématiques, ce que la personne n'arrive plus à faire car elle est submergée par son émotion et sa douleur ».

Il faut également des qualités de soignant en matière d'évaluation du risque suicidaire, de la souffrance de l'autre et du contexte : il ne s'agit pas de rassurer ou de consoler mais bien d'évaluer la situation pour y apporter la réponse la plus juste.

Des compétences en gestion de crise sont aussi très utiles pour ces postes : « une fois que la situation est évaluée, il faut trouver comment co-construire avec la personne les leviers qui, on l'espère, vont fonctionner » pour l'aider à sortir de la crise et trouver du soutien, ajoute le psychiatre.

Cela nécessite de la souplesse voire de la créativité, pour « s'autoriser à penser hors des cadres », poursuit-il.
Soin à distance, nouveau métier

Tous les infirmiers (et psychologues) recrutés, suivent une formation de trois jours avant de devenir « répondants ».

Elle a été élaborée « de manière très rigoureuse en collaboration avec le Groupement d'étude et de prévention du suicide, déjà chargé par le ministère de la Santé des formations en prévention du suicide », précise Christophe Debien.

L'équipe formation du pôle national chargé du déploiement du numéro, qui l'a conçue, a écrit un guide de bonnes pratiques inédit, après avoir réalisé une revue de la littérature sur le sujet, animé un focus groupe et soumis ce travail à un comité d'experts.

Les modules de formation ont été construits à partir de ce guide et les formations, en présentiel, se déroulent dans les régions. En plus, les répondants recrutés se forment à la réponse et à l'entretien téléphonique auprès de soignants plus expérimentés, notamment au sein des équipes du dispositif Vigilans de prévention de la récidive du suicide. Et ils bénéficient du tutorat de ces « vigilanseurs ».

Répondre à des personnes en souffrance psychique n'est pas anodin et une séance hebdomadaire d'échange de pratiques est organisée dans toutes les équipes, indique le psychiatre. Elle vise, selon lui, à permettre aux répondants de partager leurs expériences, aux moins expérimentés de bénéficier de celle des plus aguerris, et elle offre à tous un espace pour déposer les émotions et les situations difficiles qui peuvent être ressenties et vécues.

Ces « répondants-soignants » sont en quelque sorte, selon lui, des pionniers d'un « nouveau métier » des soins à distance, en cours de création depuis la création du dispositif Vigilans en 2015 et dont la crise du Covid a démontré à quel point ils sont utiles. Pour Christophe Debien, « c'est une belle aventure qui commence ».

Géraldine Langlois

https://www.actusoins.com/354188/numero-de-prevention-du-suicide-des-infirmiers-au-bout-du-fil.html

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Nouvelle-Aquitaine : l'ARS lance son numéro de prévention suicide


Le taux de suicide en France est l’un des plus élevés des pays européens, et le suicide constitue la deuxième cause de mortalité des 10-25 ans après les accidents de la route.
  L’ARS lance le 3114, son numéro de prévention suicide. (©Corentin Cousin.)


Par Corentin Cousin Publié le 12 Oct 21 Actu La Rochelle
 

L’Agence Régional de Santé (ARS) de la Nouvelle-Aquitaine vient de lancer, ce lundi 11 octobre, son numéro nationale de prévention du suicide, le 3114, aussi effectif à La Rochelle.

Elle apporte une réponse à l’une des problématiques-clés, celle de l’accès et du maintien du lien des personnes en souffrance psychique non seulement avec le système de soins mais aussi avec les partenaires du champ social, médico-social et associatif.
Quelle organisation ?

Cette ligne est déclinée dans chaque région afin de faciliter en proximité le soutien, l’orientation et la prise en charge des appelants.

En Nouvelle-Aquitaine, les centres répondants sont le Centre Hospitalier Charles Perrens à Bordeaux et le Centre Hospitalier Henri Laborit à Poitiers.

L’objectif global de la ligne consiste à réduire les tentatives de suicide et les suicides en permettant à chaque personne du territoire d’accéder rapidement par téléphone ou par tchat à une prise en charge sanitaire.

Ce nouveau service est assuré par des professionnels de soins, en lien avec le SAMU,
spécifiquement formés pour procurer un service d’écoute, d’information, d’évaluation,
d’intervention et enfin d’orientation., et ce, 24h/24, 7j/7.
Mauvais élève

En Nouvelle-Aquitaine, en 2020, ce sont 442 nouvelles personnes qui ont été formées, dont 111 personnes sentinelles, 234 professionnels de santé et 97 professionnels de la psychiatrie spécialisés en intervention de crise.

Publié en juin dernier, l’Observatoire de la Mutualité Française indique qu’en France, on dénombre plus de 8 500 décès par suicide par an, soit un peu plus de 13 décès pour 100 000 habitants.

Le taux d’hospitalisation lié à une tentative de suicide est de 16 pour 10 000 jeunes de 12 à 18 ans. Il est de 19 dans la région. Le record est atteint en Charente-Maritime avec plus de 29 hospitalisations en moyenne par an.
Le Centre Hospitalier Charles Perrens est ouvert de 9h à 21h en semaine et de 13h15 à 21h le week-end.
Le Centre Hospitalier Henri Laborit est ouvert de 9h à 21h en semaine et le week-end.
https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/la-rochelle_17300/nouvelle-aquitaine-l-ars-lance-son-numero-de-prevention-suicide_45601187.html

 

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Prévention suicide : le CHU de Saint-Etienne

9/10/2021 https://www.activradio.com/*
Il a été mis en place le 1er octobre : le 31 14, un numéro national de prévention du suicide, à destination de tous les usagers.
11 centres régionaux

Le CHU de Saint-Etienne est l’un des 11 centres régionaux, en plus des 4 centres nationaux, à faire partie du dispositif national.

Une ligne accessible 24 h/24 et 7 j/7, pour les « personnes ayant des idées suicidaires et à leur entourage éprouvant de l’inquiétude, depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire » souligne le CHU de Saint-Etienne.

Ce numéro s’adresse aussi aux « personnes endeuillées par un suicide ou celles exposées à un suicide, y compris dans une institution ».
Des infirmiers du pôle Psychiatrie

Au bout du fil, des professionnels de soin spécifiquement formés à des missions d’écoute, d’évaluation, d’orientation et d’intervention.

Au CHU de Saint-Etienne, ce sont des infirmiers du pôle Psychiatrie qui prennent les appels au SAMU. Ils font partie du Centre Intersectoriel de Crise et d’Alternative à l’Hospitalisation (CICAH), un dispositif déployé en début d’année qui apporte un soutien aux personnes en détresse psychique et une alternative à l’hospitalisation.

https://www.activradio.com/prevention-suicide-le-chu-de-saint-etienne-en-action/

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Le CHU de Montpellier, pilier du 3114, le nouveau numéro de prévention du suicide

Mercredi 6 octobre 2021 à 6:09 - Par Clara Guichon, France Bleu Hérault, France Bleu
Vailhauquès

Le CHU de Montpellier a ouvert l'un des trois centres de référence du 3114, le nouveau numéro de prévention du suicide. Des équipes de trois professionnels se relaient, jour et nuit, pour répondre aux appels. Léa Garcia, psychologue de 23 ans, travaille au centre d'appels du CHU de Montpellier © Radio France - Clara GUICHON


Le gouvernement a lancé, ce vendredi 1er octobre 2021, le 3114, un nouveau numéro de prévention du suicide. Il est destiné à toutes les personnes en détresse et à leurs proches. Cette ligne téléphonique est confidentielle, gratuite et accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Sur tout le territoire français, dix centres gèrent les appels. Celui du CHU de Montpellier est l'un des trois centres de référence, dans la mesure où il fonctionne de jour comme de nuit.
Mesurer la détresse

Ces équipes, composées de trois infirmiers ou psychologues, reçoivent les appels dans un petit local, situé à côté de la caserne des pompiers de Vailhauquès. Inès Chappelon, interne en psychiatrie, en fait partie. Son casque sur les oreilles, elle écoute avec attention. Elle n'a que la voix et les mots pour comprendre la détresse, à l'autre bout du fil. Alors elle multiplie les questions.

"L'objectif, c'est de mesurer l'urgence pour savoir comment on doit intervenir, explique la professionnelle de 28 ans. On cherche à savoir si, au bout du fil, les personnes ont fait des préparatifs. Par exemple, certains ont écrit une lettre, d'autres ont déposé leurs animaux ou enfants, en sécurité, chez un ami." Les répondants se renseignent aussi sur les antécédents médicaux.

La réponse qu'on a aujourd'hui face à une personne suicidaire c'est 'Allez aux urgences!'. Là, ça va être de répondre de façon personnalisée en fonction des besoins - Professeur Philippe Courtet, chef des Urgences psychiatriques au CHU de Montpellier.

Il s'agit ensuite d'orienter les patients au mieux : contacter le médecin traitant, une association ou le SAMU, pour qu'il intervienne en urgence. Dans la majeure partie des cas, l'appel suffit. "Le fait d'exprimer sa souffrance permet de la réduire dans un grand nombre de cas", explique le Professeur Philippe Courtet, chef des Urgences psychiatriques au CHU de Montpellier.

Élodie Michel, coordinatrice du dispositif, explique qu'il ne faut pas hésiter à appeler le 3114
https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/le-chu-de-montpellier-pilier-du-3114-le-numero-de-prevention-du-suicide-1633456055

Des appels toute la nuit au lancement du 3114

Apaiser cette souffrance à distance, sans voir ne serait-ce que le visage de son interlocuteur, est-il possible ? "Soigner à distance, c'est un nouveau métier, concède Élodie Michel, coordinatrice du dispositif. Mais avec le Covid-19, les outils de téléconsultation se sont développés. Nous aussi on a fait des consultations à distance, en psychiatrie, et on a eu des résultats positifs."

Le 3114 fonctionne. Au lancement du dispositif, la première nuit, les répondants n'ont pas raccroché une seule minute. Certaines personnes appellent aussi plusieurs fois par jour. "Il faudra réfléchir à la manière de les prendre en charge au mieux, explique Élodie Michel. Mais pour l'instant, nous gérons."

Les professionnels de santé remarquent que beaucoup de personnes en détresse composent le numéro sans avoir d'envie suicidaire. "Je pense surtout aux personnes âgées et isolées, explique Inès Chappelon. On essaye de faire de notre mieux. On leur prend des rendez-vous médicaux, car l'outil informatique peut être, pour elles, compliqué à utiliser."

Inès Chappelon, interne en psychiatrie qui travaille au centre d'appels, répond souvent à des personnes âgées  https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/le-chu-de-montpellier-pilier-du-3114-le-numero-de-prevention-du-suicide-1633456055

Le CHU de Montpellier, investi dans la lutte contre le suicide

Ce n'est pas un hasard si le CHU de Montpellier a été choisi pour être l'un des centres de référence du 3114. Il a lancé de nombreux dispositifs. Il a un service d'hospitalisation pour les patients qui ont tenté de mettre fin à leurs jours. À leur sortie de l'hôpital, ces patients sont ensuite suivis.

D'une part par le dispositif VigilanS : des professionnels de santé gardent contact avec eux par téléphone ou par courrier. D'autre part via une unité d'intervention, baptisée Restart, et qui a été créée en septembre 2021. Son rôle est de revoir le patient, trois jours après sa sortie de l'hôpital. Ces rencontres peuvent continuer, au besoin, physiquement ou à distance, sous forme de téléconsultation.

Depuis un local situé au centre des pompiers de Vailhauquès, des équipes se relaient jour et nuit https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/le-chu-de-montpellier-pilier-du-3114-le-numero-de-prevention-du-suicide-1633456055

Source  https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/le-chu-de-montpellier-pilier-du-3114-le-numero-de-prevention-du-suicide-1633456055

 

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PRESSE 

CHU de Nancy : au 31 14, un numéro gratuit d'écoute pour la prévention du suicide
Mercredi 6 octobre 2021 à 20:40 - Par Léo Limon, France Bleu Sud Lorraine
Nancy

Lancé vendredi dernier, le 3114 est le nouveau numéro national gratuit de prévention du suicide. Le centre en charge des appels du Grand Est se trouve au CHU de Nancy. Trois psychologues et infirmiers formés pour faire face aux tentatives de suicide et pensées suicidaires répondent 24h sur 24. Centre d’appel du numéro national de prévention du suicide au CHU de Nancy © Radio France - Léo Limon

Depuis le 1er octobre un nouvel îlot est installé au sein de la salle de régulation du SAMU au CHU de Nancy, celle du 3114, le numéro national de prévention du suicide.

Micro-casques vissés sur les oreilles et regards attentifs sur leurs écrans, trois psychologues et infirmiers spécialisés dans l'accompagnement des personnes suicidaires appartenant au centre psychothérapique de Nancy-Laxou, répondent de 9h à 21h à tous les appels émanant du Grand Est. Passé cet horaire, les appels sont toujours pris en charge, mais cette fois par un centre national. à lire aussi Le CHU de Montpellier, pilier du 3114, le nouveau numéro de prévention du suicide

La prise en charge est spécifique avec une écoute précise sans aucune limite de temps. Le but est "de pouvoir aider un maximum de personnes en souffrance psychologique, psychique ayant besoin de parler et de se faire entendre" explique Anne-Sophie Mathiot, psychologue au sein de la cellule d'écoute. Salle d’appel du numéro national de prévention du suicide au CHU de Nancy © Radio France - Léo Limon

Si la bienveillance et l'empathie sont les maîtres mots de cette prise en charge téléphonique, les écoutants sont parfois amenés à dénouer des situations critique.
Eviter le passage à l'acte

"Quand on sent qu'il n'y a pas de possibilité de discuter et que la personne est déterminée à passer à l'acte, il ne faut pas attendre et envoyer le SAMU" détaille Nadège une infirmière de la cellule d'écoute, "on évolue la présence ou non d'idées suicidaires et on essaye de dialoguer et de trouver des solutions" ajoute Anne-Sophie Mathiot.
Psychologue du CPN Nancy Laxou au centre d’appel national de prévention du suicide du chu Nancy © Radio France - Léo Limon

La prise en charge ne se cantonne pas seulement à gérer les cas les plus extrêmes, au bord du passage du l'acte. Elle vise à intervenir plus en amont en proposant un accompagnement adapté. "En fonction des départements et du profil des patients on dispose d'une liste de professionnels et d'établissements vers qui les orienter" détaille Anne-Sophie Mathiot, alors que des appels de suivi sont aussi effectués après le premier appel.

Le 31 14 est un numéro destiné également aux professionnels de santé et aux proches de patients en détresse.

 https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/chu-de-nancy-au-31-14-un-numero-gratuit-d-ecoute-et-de-prevention-du-suicide-1633541994



 

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GARD Un nouveau numéro d’appel pour la prévention du suicide


Confidentiel et gratuit, ce nouveau numéro 3114 vise à réduire le nombre de suicides en France en offrant aux personnes en grande souffrance une ligne téléphonique qui apporte 24h/24 et 7j/7 une réponse pour une prise en charge adaptée à chaque situation.

Le 3114 répond aux besoins immédiats des personnes en recherche d’aide : écoute, évaluation, intervention, urgence, orientation ou accompagnement. Il s’adresse également aux professionnels en contact avec des personnes en détresse ou en quête d’information sur le suicide et sa prévention.

Avec l’ouverture du 3114, la France complète sa stratégie nationale de prévention du suicide. Ce nouveau dispositif a pour missions de soulager la détresse psychologique de la personne suicidaire, de son entourage et des personnes endeuillées à la suite d’un suicide ; d'aider les professionnels en contact avec des personnes en détresse, de sensibiliser la population à la problématique du suicide et à sa prévention, de promouvoir les efforts de prévention sur notre territoire.

La ligne téléphonique permet, sur l’ensemble du territoire et de manière immédiate, 24h/24 et 7j/7, une prise en charge sanitaire des personnes ayant des idées suicidaires, dès les premières idées de mort. Des professionnels hospitaliers (infirmiers et psychologues, sous la supervision d’un médecin spécialiste) assurent, à partir du 1er octobre 2021, la continuité de la réponse au sein de dix centres répartis sur le territoire national.

Pour le Gard, le centre référent est celui de Vailhauquès (Hérault), piloté par le département d’urgence et post urgence psychiatrique du pôle urgences (Pr Courtet) du CHU de Montpellier. Particulièrement investi depuis de nombreuses années dans la prévention du suicide, le département d’urgence et post urgence psychiatrique du CHU de Montpellier a beaucoup œuvré cet été pour la mise en œuvre du centre dans un délai record.

Quelques indicateurs sur les gestes suicidaires en Occitanie :

En moyenne, les gestes suicidaires sont à l’origine de 579 passages aux urgences par mois en 2021 en Occitanie (538 en 2020, 583 en 2019 et 607 en 2018). Dans 86 à 91% des cas selon l’année, ces passages aux urgences liés à un geste suicidaire concernent des adultes âgés de plus de 18 ans. Les 11-17 ans représentaient néanmoins entre 9 à 11% des cas entre 2018 et 2020 et 14% des cas en 2021. Les plus de 65 ans représentent 20,4% de la population, mais 33% des décès par suicide (*).

(*) Sources Santé publique France, Projet régional de santé et CEPIDC INSERM

https://www.objectifgard.com/2021/10/05/gard-un-nouveau-numero-dappel-pour-la-prevention-du-suicide/

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Suicide : Au lancement du 3114, numéro de prévention et d’intervention, des appels déjà nombreux

SANTE MENTALE Disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, le 3114 est dédié aux personnes ayant des idées suicidaires mais aussi à leurs proches et à celles endeuillées par un suicide
20 Minutes avec AFP
Publié le 02/10/21
« Je suis quand même très inquiète pour vous. » « Votre psychiatre s’appelle comment ? » « A nous deux, on va y arriver. » Casques sur les oreilles, quatre « répondantes » réceptionnent les appels reçus au 3114. A peine mis en service, vendredi à 9 heures, le numéro national de prévention du suicide, lancé depuis Lille, a reçu ses premiers appels.   Voir le reportage https://www.20minutes.fr/societe/3138555-20211002-suicide-lancement-3114-numero-prevention-intervention-appels-deja-nombreux

Disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, ce nouveau numéro gratuit est dédié aux personnes ayant des idées suicidaires mais aussi à leurs proches et à celles endeuillées par un suicide.
Un centre dans chaque région d’ici 2022

Le projet est coordonné depuis le CHU de Lille. « On a déjà 10 à 15 appels », constate vers 11 heures le docteur Pierre Grandgenevre, psychiatre chargé de former les « répondants », qui seront à terme 300 à l’échelle nationale. Des centres similaires ont ouvert dans plusieurs régions vendredi. Chaque région devrait avoir le sien début 2022.

La stratégie nationale de prévention du suicide a pour objectif d'« arriver à une cassure de la courbe des décès par suicide », explique le professeur Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie du CHU de Lille et coordinateur national du projet. « Ce sont des décès évitables », insiste-t-il.
Une logique d’intervention et d’action

Le nouveau numéro vient compléter des dispositifs antérieurs, comme VigilanS, créé en 2015, qui suit les personnes ayant fait une tentative de suicide. Par rapport aux autres lignes d’écoute, souvent bénévoles, celle-ci « a davantage une logique d’intervention et d’action, notamment dans le secours grâce à une collaboration très étroite avec le Samu », explique le psychiatre.

Les personnes qui appellent peuvent rester anonymes si elles le souhaitent mais « puisqu’il s’agit d’avoir des actions d’accompagnement concret, on s’efforcera de lever l’anonymat ».
« Tout était prêt, elle savait où, quand et comment (passer à l’acte) »

Le lancement de cette ligne intervient quelques jours après les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, au cours desquelles le président Emmanuel Macron a annoncé des mesures pour un secteur qui s’était dit « au bord de l’implosion », sans en satisfaire complètement les acteurs.

Dès la première matinée du 3114, Nancy Roque, infirmière formée comme « répondante », a reçu l’appel très lourd d’une dame « en détresse ». « Tout était prêt, elle savait où, quand, comment (passer à l’acte) », explique la soignante. « Ce n’est pas facile parce que les gens ont du mal à nous donner les informations comme leur adresse. Et on n’a pas le physique, seulement les intonations de la voix, les mots qu’on utilise, pour les garder en ligne, en sécurité, et en même temps trouver une solution pour la prise en charge ». Les répondants, infirmiers ou psychologues, peuvent travailler en doublon pour les appels particulièrement compliqués.
Bientôt un service de tchat

« On est vraiment heureux de l’arrivée de ce dispositif parce que c’était une des pierres manquantes », se réjouit Patrick Goldstein, le patron du Samu du Nord, qui accueille ce nouveau service dans ses locaux. « Aujourd’hui arrivent dans les Samu beaucoup d’appels de ce type-là : "Je vais passer à l’acte", "j’ai des idées noires". Et on ne sait pas faire. C’est un métier et on n’a pas le temps. Ce qu’on veut, c’est ne pas intervenir : quand on intervient (…) c’est qu’on a manqué quelque chose », explique-t-il.

En 2022, le 3114 devrait s’enrichir d’un service de « chat ». Ses créateurs veulent aussi le rendre accessible aux personnes en situation de handicap et aux détenus, en incluant ce numéro parmi ceux autorisés à l’intérieur des prisons.

Avec environ 9.000 suicides par an, la France présente « un des taux les plus élevés d’Europe », selon Santé Publique France.

https://www.20minutes.fr/societe/3138555-20211002-suicide-lancement-3114-numero-prevention-intervention-appels-deja-nombreux

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Le 31 14, un numéro pour renforcer la prévention du suicide

Analyse

Gratuite et accessible en permanence, cette ligne d’écoute nationale est en service depuis le 1er octobre. Les associations saluent une « étape majeure » dans la prévention des risques suicidaires.
Jeanne Ferney,
le 01/10/2021 à 16:30
Modifié le 01/10/2021 à 18:57

Lecture en 2 min.
Le 31 14, un numéro pour renforcer la prévention du suicide Une pancarte d’une manifestation des étudiants pour le retour en présentiel à l’université, en janvier 2021 à Rennes. DAMIEN MEYER/AFP

Un numéro national pour faire rempart au désespoir. Mis en service vendredi 1er octobre, le 31 14 a pour mission d’apporter écoute et secours aux personnes en détresse psychologique, « depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire ».Gratuite et ouverte 24 heures sur 24, cette ligne « sera également au service des professionnels de santé désirant en savoir plus sur la prévention du suicide ou ayant besoin d’un avis spécialisé », précise le ministère de la santé. Un enjeu de santé publique majeur, alors que chaque année en France, 9 000 personnes mettent fin à leur jour, l’un des taux les plus élevés d’Europe.

Sur ce terrain, de nombreuses associations assurent déjà un rôle de premier plan. « Les bénévoles de SOS Amitié, notamment, font un travail de prévention extraordinaire depuis des années, souligneYann Massart, infirmier aux urgences psychiatriques de l’hôpital du Mans. D’autres associations ciblent des publics précis, comme Agri’écoute pour les agriculteurs, le Refuge pour les personnes LGBT, ou encore Phare, pour les parents d’enfants souffrant de mal-être. »
Des soignants au bout du fil

Lui-même à l’origine d’une plateforme sensibilisant les proches de personnes en crise suicidaire (1), ce soignant n’estime pas moins cette nouvelle ligne « indispensable ». « La grande différence avec ce qui existe, ce sont les interlocuteurs. Quel que soit le jour ou l’heure à laquelle vous appelez, vous ne tomberez pas sur une centrale d’appel mais sur un infirmier en psychiatrie ou sur un psychologue. Ce n’est pas un énième numéro », insiste-t-il.

Vice-présidente de l’Union nationale de prévention du suicide (UNPS), Françoise Facy se félicite, elle aussi, de ce dispositif qui répond à « deux enjeux essentiels » : « Donner de la visibilité au sujet de la souffrance mentale et aux risques qu’elle représente, surtout en cette période d’épidémie. Et contribuer à familiariser le grand public avec les ressources qui existent déjà. »

S’il salue une « étape majeure dans la prévention du suicide », Yann Massart, lui, espère que ce numéro n’éclipsera pas les acteurs historiques du secteur. « Les associations jouent un rôle important de sensibilisation auprès de la population, notamment sur la sécurisation de l’environnement. » Un sujet essentiel selon le soignant, alors que plus de 10 % des suicides impliquent une arme à feu.
Les Centres médico-psychologiques saturés

Autre motif de questionnement : la prise en charge des appelants. Une fois le téléphone raccroché, vers qui pourront-ils se tourner ? En cas de risque de passage à l’acte imminent, les soignants du 31 14, en lien avec le Samu, pourront rapidement alerter les secours. « Mais il faut également qu’un suivi soit proposé à ceux pour lesquels le risque, sans être immédiat, est bien réel ». Orles Centres médico-psychologiques (CMP) sont dépassés par la demande. « Certes, le Président Macron a annoncé la création de 800 postes mais sur les 1 600 CMP du territoire, cela ne représente qu’un mi-temps, évalue Yann Massart. Améliorer la prise en charge va être un travail plus long que la mise en place d’un numéro vert. »

Également annoncé lors des Assises de la santé mentale, le remboursement des consultations chez le psychologue, à partir de 2022, devrait d’ores et déjà faciliter l’accès aux soins. « C’est tous ensemble qu’on fera baisser le nombre de suicide », soutient Yann Massart. « Sur ces sujets, il ne peut pas y avoir de réponse unique, abonde Françoise Facy. Il faut une stratégie collaborative. »

(1) « Dites je suis là »

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Le-31-14-numero-renforcer-prevention-suicide-2021-10-01-1201178377

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Lancement d’un nouveau numéro national de prévention du suicide, le 3114

Avec environ 9 000 personnes qui mettent fin à leurs jours chaque année, la France présente « un des taux [de suicide] les plus élevés d’Europe », selon Santé publique France.

Le Monde avec AFP Publié le 01 octobre 2021 à 16h29 - Mis à jour le 01 octobre 2021 à 17h44

Ecouter, orienter les personnes souffrant d’idées suicidaires mais aussi leurs proches : c’est l’objectif du 3114, un numéro national de prévention du suicide lancé vendredi 1er octobre.

Gratuit, ce service garantit une écoute « professionnelle et confidentielle » vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, par des infirmiers et psychologues formés comme répondants. Au total, dix centres ouvrent leurs portes vendredi à travers le pays et seront rejoints par neuf autres d’ici le début de 2022, pour constituer un réseau employant à terme 300 personnes.

En 2022, le 3114 devrait s’enrichir d’un service de tchat. Ses créateurs veulent aussi le rendre accessible aux personnes handicapées et aux détenus, en ajoutant ce numéro à ceux autorisés à l’intérieur des prisons. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Gestes suicidaires en France : des signaux de hausse chez les jeunes
9 000 suicides par an

Promis dans le cadre du Ségur de la santé et coordonné par le CHU de Lille, ce numéro vient compléter des dispositifs antérieurs, comme VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France, qui suit les personnes ayant fait une tentative de suicide. Le centre de Lille assurera aussi, comme ceux de Brest et Montpellier, la réception des appels pendant la nuit.

L’ensemble de la stratégie nationale de prévention du suicide a pour objectif d’« arriver à une cassure de la courbe des décès par suicide », a expliqué lors d’une présentation à la presse le professeur Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie du CHU de Lille et coordinateur national du projet. « Il y a encore 9 000 décès par suicide par an sur le territoire, c’est énorme, ce sont des décès évitables », a-t-il ajouté. Selon Santé publique France, la France présente « un des taux [de suicide] les plus élevés d’Europe ».

Les personnes qui appellent peuvent rester anonymes si elles le souhaitent mais « puisqu’il s’agit d’avoir des actions d’accompagnement concret, on s’efforcera de lever l’anonymat », a-t-il expliqué. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Alice, 25 ans : « J’ai longtemps eu honte de mes tentatives de suicide. Mais j’ai toute une vie pour me reconstruire »
« Logique d’intervention »

Pour Charles-Edouard Notredame, psychiatre et coordinateur adjoint du projet, « la grande différence par rapport aux lignes d’écoute existantes en prévention du suicide, c’est que celle-ci est professionnelle alors que la plupart sont bénévoles et qu’elle a davantage une logique d’intervention et d’action, notamment dans le secours grâce à une collaboration très étroite avec le SAMU ».

« On est vraiment heureux de l’arrivée de ce dispositif parce que c’était une des pierres manquantes », se réjouit Patrick Goldstein, le patron du SAMU du Nord, qui accueille ce nouveau service dans ses locaux.

« Aujourd’hui arrivent dans les SAMU beaucoup d’appels de ce type-là : “Je vais passer à l’acte”, “j’ai des idées noires”. Et on ne sait pas faire. C’est un métier et on n’a pas le temps. Ce qu’on veut, c’est ne pas intervenir : quand on intervient (…), c’est qu’on a manqué quelque chose. »

Le lancement de cette ligne intervient quelques jours après les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, au cours desquelles le président Emmanuel Macron a annoncé des mesures pour répondre à la forte demande de soins. Dès 2022, l’Assurance-maladie remboursera des consultations de psychologues libéraux « pour toute la population à partir de l’âge de 3 ans ». Cette prise en charge se fera toutefois sous conditions : les patients devront être « adressés par prescription médicale dans le cadre d’un forfait de consultation », la première séance étant facturée 40 euros et les suivantes 30 euros chacune, le tout renouvelable l’année suivante si besoin.

Selon les derniers résultats de l’enquête CoviPrev publiés le 17 septembre, 15 % des Français montrent des signes d’un état dépressif (+ 5 points par rapport à la situation hors épidémie), 23 % des signes d’un état anxieux (+ 10 points) et 10 % ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année (+ 5 points). L’isolement, les angoisses, les violences intrafamiliales dans l’intimité des confinements ont été les détonateurs de nouvelles souffrances. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : la crainte d’une « deuxième vague psychiatrique »
Où trouver de l’écoute et de l’aide ?

Le 31-14, numéro national de prévention du suicide : numéro gratuit, garantissant une écoute « professionnelle et confidentielle » vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, par des infirmiers et des psychologues formés comme répondants. Il est destiné aux personnes souffrant d’idées suicidaires, mais aussi à leurs proches et aux personnes endeuillées par un suicide.
Fil Santé Jeunes : écoute, information et orientation des jeunes dans les domaines de la santé physique, psychologique et sociale. Anonyme et gratuit sept jours sur sept, de 9h à 23h tous les jours. Joignable également par tchat de 9h à 22h. Tél. : 0800-235-236. Filsantejeunes.com
Suicide Ecoute : écoute des personnes confrontées au suicide. Permanence d’écoute téléphonique vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Tél. : 01-45-39-40-00. Suicide-ecoute.fr.
Nightline France : service d’écoute par et pour les étudiant(e)s, nocturne et gratuit. Tél. : 01-88-32-12-32 et service de tchat. Nightline.fr
Soutien étudiant info : recensement par l’association Nightline de tous les soutiens psychologiques gratuits disponibles dans les 30 académies de France. Soutien-etudiant.info
En cas de risque suicidaire avéré se rapprocher des services d’urgence : appeler le SAMU 15 ou le 112 (numéro européen).
https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/01/lancement-d-un-nouveau-numero-national-de-prevention-du-suicide-le-3114_6096763_3224.html

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Le numéro national « 3114 » de prévention du suicide sera opérationnel le 1er octobre
Stéphanie Lavaud
29 septembre 2021

France — Dans le cadre des Assises de la Santé mentale et de la psychiatrie, le ministre des Solidarités et de la Santé Oliver Véran a annoncé la mise en place d’un numéro national de prévention du suicide, le « 3114 » à compter du 1er octobre. Il sera gratuit, confidentiel et accessible 7j/7 et 24h/24, depuis tout le territoire national.

« Pour la première fois dans notre pays, il y aura un numéro unique national que toute personne en détresse pourra appeler. Le 3114 apportera une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique et à risque suicidaire. Au bout du fil, il y aura des professionnels de santé, formés, mobilisés, en lien avec les acteurs du soin de chaque territoire, qui pourront apporter des réponses adaptées à chaque situation » a déclaré Olivier Véran.

Egalement pour les professionnels de santé ayant besoin d’un avis spécialisé

Dans la continuité de la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie » de 2018, et dans le cadre du développement de la stratégie régionale de prévention qui s’était donnée pour objectif « de mieux repérer et de maintenir le lien avec les personnes à risque suicidaire au plus près de leur lieu de vie », le Ministère de la Santé a annoncé la création pour l’ensemble de la population française, d’un numéro national de prévention du suicide – « une réponse essentielle à l’enjeu de l’accès et du maintien du lien avec le système de soins des personnes en souffrance », explique le communiqué gouvernemental [1].

« La ligne permettra, sur l’ensemble du territoire et de manière immédiate, 24H/24 et 7J/7, une prise en charge sanitaire des personnes ayant des idées suicidaires, depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire », est-il détaillé. Ce nouveau service sera assuré par des professionnels de soins spécifiquement formés pour assurer des missions d’écoute, d’évaluation, d’orientation et d’intervention, au sein de centres régionaux répondants situés dans des établissements de santé, et en lien notamment avec le SAMU. Néanmoins, cette ligne « sera également au service des professionnels de santé désirant en savoir plus sur la prévention du suicide ou ayant besoin d’un avis spécialisé », précise-t-on.

Une initiative nécessaire quand on sait que le taux de décès par suicide en France est de 13,7 pour 100 000 habitants, soit un des taux les plus élevés en Europe, derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique et que le suicide constitue la deuxième cause de mortalité des 10-25 ans après les accidents de la route.

En complément d’autres dispositifs de prévention du suicide
L’ouverture du « 3114 » complète la stratégie nationale de prévention du suicide impulsée par la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie 2018 » qui comprend :

Le dispositif VigilanS de veille et recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide dans les suites de leur sortie des urgences ou d’une hospitalisation. Créé en 2015 et déployé à ce jour dans 12 régions métropolitaines sur 13 et dans deux régions d’outre-mer et dans l’ensemble des régions avant la fin de cette année, ce sont près de 15 000 patients qui y ont eu recours en 2020 et près de 10 000 de janvier à juin 2021.


Des formations à la prévention du suicide de professionnels de santé.


La prévention de la contagion suicidaire (dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les lieux publics ou les institutions (https://papageno-suicide.com).

Source https://francais.medscape.com/voirarticle/3607623


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1er post sur le sujet : 30/09/2021

Santé mentale : le numéro national de prévention du suicide lancé vendredi

Ce nouveau numéro vert doit compléter le système « de rappel et de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide » VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France. © Crédit photo : Illustration SO Thierry David

Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 27/09/2021

Ce numéro, gratuit et accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, permettra d’apporter une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique et à risque suicidaire

Promis en juillet 2020 dans le cadre du « Ségur de la santé », le nouveau numéro national de prévention du suicide entrera « en fonctionnement » vendredi, a annoncé lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

« Gratuit, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis tout le territoire national, ce numéro permettra d’apporter une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique et à risque suicidaire », a-t-il déclaré en ouverture des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie.

« Au bout du fil, des professionnels de santé, formés, mobilisés, en lien avec des acteurs du soin de chaque territoire, pourront apporter des réponses adaptées à toute situation », a-t-il ajouté.

Ce nouveau numéro vert doit compléter le système « de rappel et de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide » VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France.

À ce jour « deployé dans 12 régions métropolitaines sur 13 et dans deux régions d’outre-mer, il le sera dans l’ensemble des régions avant la fin de cette année », a affirmé Olivier Véran, précisant que « près de 15 000 patients » y ont eu recours en 2020 et déjà « 10 000 début juin de cette année ».

https://www.sudouest.fr/sante/sante-mentale-le-numero-national-de-prevention-du-suicide-lance-vendredi-6220173.php

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EXCLUSIF. Les contours du futur numéro vert pour la prévention du suicide
Stéphanie Benz L'Express (site web)
Société, dimanche 26 septembre 2021 https://www.lexpress.fr

Les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie devraient être l'occasion du lancement d'un numéro d'appel national sur le suicide, qui ouvrira en fin de semaine. L'Express vous en dévoile le fonctionnement.

9000 morts par an, 200000 tentatives annuelles, et le sentiment d'une sorte de fatalisme. Dans notre pays, les suicides causent trois fois plus de décès que les accidents de la route, et pourtant, la question restait jusqu'ici largement taboue. "On se tue plus en France que chez la plupart de nos voisins. Le grand public pense qu'il n'y a rien à faire, car si quelqu'un veut se suicider, il y arrivera toujours. Mais en réalité, on peut faire quelque chose. Les études scientifiques montrent que si l'on tend la main vers ceux qui sont en difficulté, si on les accompagne, ils ne se suicident pas", constate le Pr Philippe Courtet, chef de service de psychiatrie au centre hospitalo-universitaire de Montpellier.

Un numéro accessible 24 heures sur 24

Et justement, les pouvoirs publics semblent enfin avoir décidé de tendre la main aux personnes en grande souffrance, et à leurs proches. La semaine prochaine, à l'occasion des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, un numéro unique et gratuit dédié au suicide devrait être lancé officiellement. Il ouvrira en fin de semaine, et sera relié à des plateformes d'écoute - une par région. Au bout du fil : des équipes de 12 personnes, infirmières et psychologues spécialement formés, qui se relaieront à raison de 4 à 6 professionnels disponibles sur chaque plateforme à tout moment de la journée. La nuit, la France sera coupée en trois : les plateformes de Lille, Brest et Montpellier prendront les appels pour l'ensemble du territoire.

Ces plateformes seront placées auprès de services de SAMU. L'idée : pouvoir réagir rapidement, au cas où certaines personnes appelleraient alors qu'elles se trouvent sur le point de se donner la mort. Mais la cible de ce nouveau service sera bien plus large : "Ce numéro de prévention du suicide sera ouvert à toute la population : des individus en situation d'urgence, d'autres en difficulté et cherchant des soins, mais aussi des proches s'interrogeant sur le comportement d'un enfant ou d'un conjoint, ou même des médecins généralistes ayant besoin de conseils pour l'un de leurs patients", résume Philippe Courtet.

Ce service sanitaire spécialisé, organisé sous l'égide des pouvoirs publics, sera une première en France. Les effectifs, qui peuvent paraître nombreux, ont été configurés sur la base des appels déjà reçus aujourd'hui par les SAMU, mais aussi en tenant compte des expériences des pays voisins. "Aux Etats-Unis, il existe déjà des numéros de ce type. Des grands panneaux sont placés près des endroits propices aux suicides, sur les ponts, par exemple", explique le Pr Pierre-Michel Llorca, chef de service de psychiatrie du CHU de Clermont-Ferrand. Selon cet expert, des études ont montré que ce type de mesure permettait de réduire le nombre de suicides.

Pas de fatalité

La France semble donc enfin décidée à agir en matière de prévention du suicide. D'autres dispositifs sont en effet en train de se déployer, à commencer Vigilans, un programme qui vise à recontacter après la sortie de l'hôpital les personnes passées par les urgences hospitalières après avoir tenté de se tuer. Il s'agit pour les professionnels de santé de maintenir un lien, sur une période de six mois, par téléphone ou par courrier. Les patients, de leur côté, ont accès à un numéro d'appel. Ces dernières années, les récidives ont baissé dans les départements où cette initiative était expérimentée. Le ministère de la santé avait annoncé sa généralisation à l'échelle nationale : il existe déjà une antenne dans chaque région, et l'objectif est à présent d'en ouvrir une par département.

"L'Angleterre avait des taux de suicide bien plus importants que les nôtres, mais à force de multiplier les programmes de prévention, elle a réussi à se rapprocher des pays du sud de l'Europe, comme l'Italie et l'Espagne, où ces taux sont bien plus faibles", rappelle le Pr Courtet. Il n'y a donc pas de fatalité, et les Français vont peut-être finir par se rendre compte qu'en matière de suicide aussi, il est possible d'agir.
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/exclusif-les-contours-du-futur-numero-vert-pour-la-prevention-du-suicide_2159202.html