lundi 10 juin 2024

Newsletter Loiréadd’ Les ressources "Prévention du suicide" dans la Loire

Newsletter Loiréadd’ N° 177 – Juin 2024

Les ressources "Prévention du suicide" dans la Loire

Ce mois de juin, nous poursuivons les présentations des services en lien avec la Santé Mentale et mettons l’accent sur le CICAH (Centre Intersectoriel de Consultations Alternatives à l’Hospitalisation) qui pilote le Centre Ambulatoire de Crise, PSY 15, le dispositif VigilanS et la psychiatrie de liaison. Nous espérons que ces ressources, connues ou à découvrir pour offriront de nouvelles perspectives d’accompagnement pour vos patients.

A lire https://loireadd.org/newsletter-loireadd/newsletter-loireadd-n-177-juin-2024/

Prévention du suicide au pied du pont de Saint-Nazaire

Prévention du suicide au pied du pont
Ouest-France  Loire Atlantique, samedi 8 juin 2024 375
Maxime HUTEAU.

Le Département a installé quatre panneaux affichant le numéro national de prévention du suicide aux pieds du pont de Saint-Nazaire.

C’était une mesure très attendue. Dans le cadre de la lutte contre les suicides depuis le pont de Saint-Nazaire, des panneaux de prévention affichant le 3114 (numéro national de prévention du suicide, accessible gratuitement vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept) ont commencé à être installés de chaque côté des deux pieds de l’ouvrage. De petite taille, ils sont principalement destinés à être vus des piétons.

Quatre ont été posés. Six autres suivront dans les semaines à venir. « Le Département échange actuellement avec les professionnels de santé et l’agence régionale de santé pour déterminer l’emplacement de ces six derniers panneaux », précise la collectivité, gestionnaire de l’édifice, sans vouloir préciser les recommandations en la matière.

Réduire le risque de passage à l’acte

Ces panneaux de prévention viennent compléter la modernisation du système de vidéosurveillance. Il y a un an, les vingt-trois caméras du pont ont été remplacées par vingt-neuf modèles plus performants, capables, grâce à l’intelligence artificielle, de détecter automatiquement des accidents et d’enregistrer les images. Cette dernière fonctionnalité n’est active que depuis le 20 mars, après quelques couacs administratifs.

Des panneaux, mais pour quelle efficacité ? Selon une étude réalisée par Jane Pirkis, chercheuse australienne, « l’affichage de numéros d’aide sur ces sites peut réduire le risque de 66 % ». Néanmoins, Papageno, un programme national spécialisé dans la prévention, indique « que peu de références scientifiques ont évalué l’efficacité des panneaux comme intervention seule. Souvent, les panneaux viennent compléter d’autres mesures ».

La mesure la plus efficace dans la lutte contre les suicides est l’installation de barrières ou filets. Elle n’est pas à l’ordre du jour en ce qui concerne le pont de Saint-Nazaire. En avril, le Département évoquait « des contraintes liées à la prise au vent, au poids supplémentaire de la structure et à des enjeux environnementaux en mesurant l’impact de ce type d’infrastructures sur les espèces et leur habitat et le coût assez prohibitif d’une telle mesure ». This article appeared in Ouest-France

Illustration(s) : 

Quatre panneaux de prévention sur le suicide sur les dix qui doivent être installés au pont de Saint-Nazaire ont déjà été posés à chaque pied du pont.

Quatre panneaux de prévention ont déjà été posés à chaque pied du pont. .
Ouest-France

AUTOUR DE LA QUESTION Destigmatisation des troubles Psychiques projet Regard(e)

"Regard(e), c’est le projet d’apprendre la photographie à des personnes hospitalisées pour des troubles psychiques et à des professionnels de santé, sans hiérarchie entre les participants. 

Au cours de ce projet, j’ai mené des entretiens sociologiques pour explorer les façons d’être au monde de ces participants : un photographe, huit personnes hospitalisées sur un temps long dans une unité de psychiatrie adulte et cinq soignantes.

Je leur ai d’abord demandé : « Pourquoi êtes-vous là ? ». Puis j’ai recueilli leur parole, écouté comment ils composaient leur réalité selon leurs propres perceptions, hésitations, incompréhensions ; comment le temps long de l’hospitalisation leur permettait de négocier un point de vue sur les choses. 

L’hospitalisation longue est souvent associée à la notion de chronicité et par contamination à la notion d’incurabilité alors qu’on observe une très grande pluralité de destins et de projets.  Il vaudrait mieux considérer que certaines situations ont un potentiel évolutif lent. Regard(e) permet de toucher l’espoir que ça va aller mieux, que rien n’est foutu, qu’on peut cultiver un bonheur local.

Pour donner corps à leurs histoires, j’ai sollicité à la compagnie de théâtre f.o.u.i.c. pour une mise en scène sonore des extraits de nos entretiens. Ce podcast est une sorte de pièce science-fictionnée.

Le projet Regard(e) a pris vie suite à la rencontre d’Arnaud Perrel, photographe ; de Brigitte Ouhayoun, cheffe de pôle Psychiatrie Dépendance Réhabilitation, au GHU psychiatrie & neurosciences et Margot Morgiève, chercheuse en sociologie à l’Inserm, au Cermes3.

Ce podcast a été imaginé par Margot Morgiève et produit avec le soutien de l’Inserm.

Il a été réalisé avec l’équipe de comédiens de la compagnie de théâtre f.o.u.i.c. "

A écouter

 • Spotify : https://open.spotify.com/show/3jut8H09mBNNDnsTjEEEFz

• Apple : https://podcasts.apple.com/us/podcast/regard-e/id1750032724

 

ETUDE RECHERCHE From Social Stress and Isolation to Autonomic Nervous System Dysregulation in Suicidal Behavior

From Social Stress and Isolation to Autonomic Nervous System Dysregulation in Suicidal Behavior

Résumé
Purpose of review: In this narrative review we wanted to describe the relationship of autonomic nervous system activity with social environment and suicidal spectrum behaviors. Recent findings: Patients with suicidal ideation/suicide attempt have higher sympathetic nervous system (SNS) and lower parasympathetic nervous system (PNS) activity in resting conditions and during acute stress tasks compared with patients without suicidal ideation/suicide attempt. Death by suicide and violent suicide attempt also are related to SNS hyperactivation. Similarly, a SNS/PNS imbalance has been observed in people with childhood trauma, stressful life events or feelings of loneliness and isolation. Social support seems to increase PNS control and resilience. Due to the importance of the social context and stressful life events in suicidal behavior, SNS/PNS imbalance could act as a mediator in this relationship and be a source of relevant biomarkers. Childhood trauma and stressful life events may impair the autonomic nervous system response in suicidal patients. Loneliness, isolation and social support may act as moderators in acute stress situations.

ETUDE RECHERCHE Grande interview : etude sur les tentatives de suicide chez les moins de 15 ans

« 80% des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans sont réalisées par des jeunes femmes. »

Grande interview
« 80% des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans sont réalisées par des jeunes femmes. »
Publié le 3 juin 2024 https://www.fondation-fondamental.org*

Richard Delorme, responsable du centre d’excellence pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement (InovAND) et du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert Debré à Paris, et chercheur à l’Unité de Génétique Humaine et Fonction Cognitive à l’Institut Pasteur à Paris.
Pouvez-vous nous parler de votre étude récente sur le suicide chez les jeunes et de ce qui l’a motivée ?

Tout a commencé avec la pandémie de Covid-19. En tant que pédopsychiatre, j’étais préoccupé par le nombre croissant de passages aux urgences. Il était surprenant de constater l’absence de données chiffrées, malgré la sensation qu’il se passait quelque chose d’inhabituel chez les enfants. L’enjeu majeur était de comprendre la réalité des faits.

C’est ainsi qu’est né le projet QIM Cassandre, Question d’Intérêt Majeur pour la santé mentale des jeunes franciliens (Région Île-de-France), visant à obtenir des informations fiables et, dans une deuxième phase, à prévenir et accompagner les jeunes en situation de vulnérabilité.
À ce moment-là, des études internationales émergeaient, notamment d’Asie et des pays anglo-saxons, confirmant nos intuitions en France. Elles signalaient une augmentation marquée des tentatives de suicide chez les jeunes, tout particulièrement les 18-25 Ans mais aussi les moins de 15 ans.

Pour répondre à ces enjeux, nous avons collaboré avec la région Île-de-France, l’AP-HP, Santé Publique France, les pouvoirs publics, et la Fondation FondaMental. Nous avons mené en premier lieu l’étude ENABEE pour évaluer la prévalence des troubles chez les 6-11 ans et créer un baromètre de santé. Nous avons également analysé les données hospitalières avec les ingénieurs de l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP pour vérifier s’il y avait une augmentation des passages aux urgences et des hospitalisations liées aux tentatives de suicide.

Avec la Fondation FondaMental, nous avons également participé au développement d’outils digitaux disponibles en ligne - pour informer et soutenir les jeunes. Nous avons également créé avec l’institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant, le site clepsy.fr

pour accompagner les familles et les enfants à risque suicidaire ou ayant des idées suicidaires.
Comment collecter et analyser les données relatives à ce phénomène ? Quelle a été la méthodologie utilisée ?


Nous avons publié plusieurs études à ce sujet. Une première étude pilote, publiée en 2021 dans la revue JAMA Network, s’est concentrée sur les urgences. Nous avons examiné la prévalence des passages et leurs caractéristiques en tenant compte des effets de saisonnalité, car certaines périodes de l’année enregistrent plus de tentatives de suicide.

Notre objectif était de comprendre si la crise du Covid-19 avait engendré un phénomène indépendant ou si ce que nous observions s’inscrivait dans une simple continuité d’une tendance préexistante d’augmentation des tentatives de suicide chez les jeunes.

Une seconde étude, basée uniquement sur les données de l’entrepôt de santé de l’AP-HP, a été publiée récemment. Sans prérequis ni cohorte définie, nous avons analysé les données recueillies dans le parcours de soin des patients hospitalisés à l’AP-HP pour identifier les caractéristiques des patients et mesurer l’augmentation des tentatives de suicide ayant entraîné une hospitalisation à l’AP-HP durant cette période.

Nous avons utilisé les dossiers d’hospitalisation et les comptes rendus textuels des patients, intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour rechercher des informations sur les tentatives de suicide, leurs antécédents personnels et familiaux. Cette analyse textuelle a permis d’identifier les cas de patients hospitalisés avant et pendant la crise du Covid-19.

Nous avons étendu l’étude à 3 millions de comptes-rendus pour étudier la prévalence des tentatives de suicide et les facteurs associés. Bien que nous n’ayons pas identifié de nouveaux facteurs de risque, nous avons confirmé des risques accrus chez les 13-20 ans, notamment chez les jeunes femmes :

Cette étude souligne que 80% des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans sont réalisées par des jeunes femmes. Notre étude souligne par ailleurs que les femmes victimes de violences sont particulièrement à risque, faisant de la prévention des violences un enjeu majeur de santé publique. Les violences physiques, morales ou sexuelles subies durant l’enfance sont des déterminants critiques de la santé mentale et physique, en particulier chez les femmes, mais aussi chez les jeunes gens. Evidemment, certains jeunes hommes peuvent avoir d’autres comportements à risque comme lorsqu’ils ont un trouble d’utilisation de drogues ou d’alcool, et doivent bénéficier d’une attention particulière.
En quoi les résultats de votre étude peuvent-ils nous aider à mieux comprendre les causes de l’augmentation du taux de suicide, en particulier chez les jeunes femmes ?

Les tentatives de suicide sont une réalité fréquente, résultant souvent d’une combinaison de facteurs sociaux, biologiques, génétiques, endocriniens et environnementaux. Au-delà des violences, les femmes présentent une vulnérabilité accrue par rapport aux hommes. Dès leur plus jeune âge, elles sont souvent sollicitées pour accomplir des tâches domestiques, s’occuper des plus jeunes de la famille et assumer une charge mentale plus élevée.

En outre, elles subissent plus de violences, y compris le harcèlement et les nouvelles formes de violences en milieu scolaire. Ces vulnérabilités s’accumulent, amplifiant leur risque. Les jeunes femmes peuvent également être plus sensibles à certains phénomènes environnementaux ou sociaux, comme les réseaux sociaux ou les conflits. Il est bien établi que les femmes possèdent généralement une empathie plus développée que les hommes, ce qui peut les rendre plus vulnérables à la dépression et à l’anxiété.

Cette différence de vulnérabilité est visible dès l’école primaire et augmente avec l’âge. Dans l’étude Enabee, on a vu que les jeunes filles avaient très précocement une réduction forte de l’estime de soi en comparaison aux jeunes hommes. En CP, elles ont une estime de soi similaire à celle des garçons, mais en fin de primaire, il existe déjà une différence significative.
Quels mécanismes psychologiques et troubles sont impliqués ?

Les enfants traversent, notamment durant l’adolescence, de nombreux changements physiologiques, affectifs, scolaires, qui sont déterminants dans l’émergence des troubles psychiatriques. Durant cette période, l’entourage joue un rôle crucial de vigilance, de surveillance et d’accompagnement, et permet d’enclencher les actions de prévention primaire ou secondaire. Il est essentiel pour les parents ou l’entourage d’être vigilants aux changements perceptibles chez leur enfant. Il est important d’interroger son enfant. Si vous pensez que votre enfant peut avoir des idées suicidaires, alors interrogez-le. Repérer ces phases de changement est fondamental pour la prévention des tentatives de suicide.
Que dit cette étude de la vulnérabilité des jeunes face au suicide ? En quoi le Covid est-il impliqué dans ce phénomène ?

La pandémie de Covid-19 a été un accélérateur majeur et une phase critique pour la santé mentale. Cette crise a épuisé le système de soin en santé mentale – qui était déjà à l’agonie et induit l’émergence, la récidive ou l’aggravation de troubles psychiatriques chez un certain nombre d’individus.

Cette période a été particulièrement difficile pour les jeunes, qui sont déjà vulnérables en termes d’accès aux soins. Moins autonomes financièrement, ils ont plus de difficultés à obtenir l’aide nécessaire. De plus, les jeunes traversent des phases de changement importantes et de découvertes, telles que la consommation d’alcool et de drogues, les relations amoureuses, et les questionnements existentiels, ce qui les rend encore plus vulnérables.

La pandémie a souligné l’importance des stratégies de prévention en santé mentale, comme celles étudiées par le projet QIM Cassandre. la crise Covid a renforcé les convictions qu’il est nécessaire d’agir tôt et efficacement pour le bien être des générations à venir. Les jeunes ont été très touchés par la crise Covid, et je ne suis pas persuadé que nous ayons complètement tiré les enseignements des effets délétères de cette crise.
Quels sont les outils disponibles pour évaluer le risque suicidaire chez les jeunes et prévenir le passage à l’acte ?

Il existe plusieurs outils sur le site de la Fondation FondaMental conçus pour aider à la prévention du suicide, comme Ecoute Etudiants Ile-de-France, une plateforme numérique développée en 2021 avec le soutien de la Région Île-de-France, ou encore Simple+, une application de psychoéducation et d’auto-évaluation à destination des personnes vivant avec un trouble bipolaire qui permet de détecter les modifications de l’humeur et les situations d’urgence.

Dans le cadre de l’étude QIM Cassandre, une phase est dédiée aux jeunes, aux adolescents, et aux jeunes adultes pour comprendre comment les accompagner lorsqu’ils sont confrontés à des idées suicidaires.

L’application «Before Anyone Else», développée par l’équipe de Montpellier en collaboration avec la Fondation FondaMental, offre un plan d’urgence pour les jeunes, et permet un soutien aux personnes ayant des idées suicidaires. Elle propose des solutions à mettre en œuvre par soi-même, avec l’aide de l’entourage et en fonction de son environnement. Il a été prouvé que ce type d’application est efficace dans la réduction du risque suicidaire chez les jeunes.

Enfin, le site internet clepsy.fr, vise à répondre aux besoins de santé mentale des jeunes en impliquant les parents. Il fournit des outils et des ressources pour aider les parents à mieux gérer les situations de vulnérabilité mentale rencontrées par leurs enfants, améliorant ainsi leurs compétences dans ce domaine clé.
Comment pouvons-nous mieux sensibiliser le public et les professionnels de santé à l’importance de la prévention du suicide chez les jeunes ?

C’est une grande partie de la mission de la Fondation FondaMental, qui œuvre pour briser les préjugés sur la santé mentale et pour améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies psychiatriques. Pionnière en France de la médecine de précision en psychiatrie, elle fait bénéficier les patients des Centres Experts qu’elle coordonne des dernières avancées de la recherche.

La santé mentale est un enjeu majeur de santé publique, dont nous souhaitons faire la Grande cause nationale en 2025. Les maladies mentales touchent 20% des Français, nous sommes donc tous concernés. Mais la notion de santé mentale ne se limite pas aux maladies mentales. Elle concerne aussi l’équilibre psychique, lui-même indissociable de la santé somatique. Chacun souhaite être bien dans sa peau et heureux dans sa vie, ce qui fait de la santé mentale une préoccupation fondamentale pour tous.

Cependant, lorsque la santé mentale se détériore, un sentiment d’exclusion peut surgir, paradoxalement, puisque 1 personne sur 5 éprouve des troubles au cours de sa vie. L’objectif est donc de combattre la stigmatisation, de libérer la parole, de développer des organismes dédiés à la santé mentale pour aider les gens à sortir de leur isolement.

Bien qu’il y ait une prise de conscience, l’accès aux soins reste difficile. Le digital joue un rôle croissant en santé et en santé mentale. Pour les personnes isolées qui peinent à consulter des professionnels formés, le digital offre un accès direct à des informations de qualité chez soi, ainsi qu’à des outils utiles pour soi-même ou pour ses proches.

https://www.fondation-fondamental.org/actualites/80-des-tentatives-de-suicide-chez-les-moins-de-15-ans-sont-realisees-par-des-jeunes

 

AUTOUR DE LA QUESTION AUTRE ARTICLE  :


Les outils numériques au service du suivi des tentatives de suicide
 
L'équipe de rédaction de MEDADOM*
30 mai 2024

Saviez-vous que la France présentait l’un des taux de suicide les plus élevés en Europe ? C’est dire combien ce sujet représente un enjeu majeur de santé publique, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19 qui a eu un impact considérable sur le moral des français. D’où l’importance de suivre de près l’état de santé mentale de la population. C’est le sens des travaux menés par des chercheurs parisiens qui ont développé de nouveaux outils numériques pour mieux suivre la santé mentale des habitants de la région Île-de-France. Zoom sur les résultats de leur étude récemment publiée dans la revue NPJ Mental Health Research.

Tentatives de suicide : un réel problème de santé publique

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 700 000 personnes se suicident chaque année dans le monde. Et à l’échelle européenne, la France présente l’un des taux de suicide les plus élevés. Ce constat est d’autant plus inquiétant que le suicide concerne toutes les tranches d’âge y compris les jeunes de 15 à 24 ans chez qui il représente aujourd’hui la seconde cause de mortalité.

C’est dire combien ce sujet représente un enjeu majeur de santé publique, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19 qui a eu un impact considérable sur le moral des français. D’où l’importance de suivre de près l’état de santé mentale de la population.

De l’importance de surveiller les tentatives de suicide

Pandémie de Covid-19 : quel impact sur le risque suicidaire ?

C’est le sens des travaux menés par des chercheurs de l’institut Pasteur et des équipes de l’AP-HP qui ont tenté d’identifier de nouveaux paramètres épidémiologiques relatifs à la santé mentale des populations en temps de crise. L’objectif affiché ? Mieux comprendre l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le risque suicidaire des habitants d’Île-de-France.

De nouveaux outils numériques pour suivre les tentatives de suicide

Pour cela, les chercheurs ont mis au point de nouveaux outils numériques exploitant les capacités d’un algorithme d’intelligence artificielle développé par un « data scientist ». Ces outils numériques ont ainsi été capables d’analyser de façon automatique des millions de données contenues dans près de trois millions de dossiers médicaux informatisés issus de 15 hôpitaux différents de l’AP-HP.

Ces données figuraient dans « l'entrepôt de données de santé » de l'AP-HP. Il s’agit d’une plateforme sécurisée hébergeant des données collectées dans le cadre des soins hospitaliers.

Grâce à ces données, les chercheurs ont pu dresser la dynamique des tentatives de suicide ayant eu lieu avant et durant la pandémie de Covid-19. Au total, 14 023 hospitalisations pour tentative de suicide ont été répertoriées sur les deux sous-périodes d’étude : Avant la pandémie : du 1er août 2017 au 29 février 2020.

Durant la pandémie : du 1er mars 2020 au 31 juin 2022.

Les femmes particulièrement touchées par le risque suicidaire

Il en ressort que la majorité de ces hospitalisations a eu lieu durant la période 2020-2022 avec une augmentation de la tendance suicidaire pendant la période de Covid-19 en population générale. Et ils se trouve que les femmes ont été particulièrement touchées. Deux tiers de tentatives de suicide concernaient en effet les filles de 8 à 17 ans et les jeunes femmes de 18 à 25 ans.

Parmi les facteurs de risque identifiés pour ces tentatives de suicide, on retrouve de façon fréquente les violences domestiques, physiques et sexuelles, en nette augmentation depuis la crise du Covid-19. Un constat jugé alarmant par le professeur Richard Delorme, chercheur à l’Institut Pasteur et chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert-Debré AP-HP. D’autres facteurs de risque ont également été relevés parmi lesquels l’histoire personnelle des tentatives de suicide ainsi que l’isolement social chez les femmes et les hommes, indépendamment de la période Covid-19.

Vers un meilleur suivi des personnes à risque ?

Publiés dans la revue NPJ Mental Health Research, les résultats de cette étude rétrospective font prendre conscience de l’impact considérable de la pandémie de Covid-19 sur la santé mentale des populations, particulièrement des femmes. Ils soulignent également l’ampleur des violences commises envers les femmes en temps de crise.


Nul doute que ces nouveaux outils d’analyse massive des données développés par les chercheurs permettront un meilleur suivi de la santé mentale des populations et des tentatives de suicide ainsi qu’un meilleur repérage des personnes à risque.

Sources : De nouveaux indicateurs de surveillance épidémiologique développés pour mieux suivre les tentatives de suicide. AP-HP.
Natural language processing of multi-hospital electronic health records for public health surveillance of suicidality. 

https://info.medadom.com/blog/suivi-numerique-tentatives-suicide 

lundi 3 juin 2024

SUISSE TEMOIGNAGE REFLEXION Crise suicidaire, un tournant vers la résilience?

Crise suicidaire, un tournant vers la résilience?

Publié

 Crise suicidaire, un tournant vers la résilience? [Depositphotos - nicoletaionescu]Crise suicidaire, un tournant vers la résilience?

Si le suicide reste un sujet tabou, il illustre également pourquoi les troubles mentaux sont parfois des maladies mortelles. Avant de passer à l'acte, une personne traverse ce que l'on appelle une crise suicidaire. Heureusement, la majorité de ces crises ne se solde pas par un suicide. Dans certains cas, cet événement peut constituer une opportunité de transformation sous certaines conditions.

Dans le podcast "Dingue", Bettina, pasteure et mère de deux enfants, raconte comment l'accompagnement qu'elle a entrepris en 2018 pour régler ses problèmes d'insomnie lui a révélé un état dépressif sous-jacent.

"Je surrégulais complètement mes émotions. Je n'étais même pas capable de nommer mes émotions. C'est un peu comme si j'avais tout le temps roulé avec le frein à main tiré en contrôlant les émotions et à un certain moment, j'ai desserré le frein à main, mais je ne savais plus utiliser le frein." Après quelques mois de suivi, Bettina traverse un trouble dépressif majeur et commence à avoir des pensées suicidaires.

Crise suicidaire et hospitalisation

Une nuit de mars 2019, les pensées de Bettina deviennent plus précises: "dans ma tête, ça tourne, ça tourne et c'est comme une spirale qui me tire vers le bas. D'abord, c'est assez concret: 'cette personne m'a dit ça, ça m'a fait de la peine'. Ensuite, je me dis que tout le monde irait mieux si je n'étais pas là. Et finalement, je réfléchis. Comment est-ce que je pourrais mettre fin à ma vie?".

Le lendemain, Bettina appelle son psychiatre, qui lui propose une hospitalisation en intervention de crise, ce qu'elle accepte. Elle sera hospitalisée pendant huit jours: "les deux, trois premiers jours, c'était terrible. Je pleurais énormément. Il y avait aussi le fait que je ne pouvais pas tellement appeler les enfants en pleurant. Je ne voulais pas leur infliger ça. Mais le fait de pouvoir disposer de mon temps, de faire la sieste si j'en avais envie, de sortir courir si j'en avais envie, de ne faire attention qu'à mes besoins, c'était finalement une expérience positive. Parfois, je suis presque un peu nostalgique de ces jours passés dans ce service."

>> Ecouter le podcast : La crise suicidaire, un tournant vers la résilience ? / Dingue / 35 min. / le 27 mai 2024 https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2024/article/crise-suicidaire-un-tournant-vers-la-resilience-28523358.html

La crise suicidaire vue par les soignants

Paco Prada, chef du service de psychiatrie de liaison et d'intervention de crise aux Hôpitaux Universitaires de Genève, explique avec des mots simples l'objectif d'une hospitalisation dans son service: "ce que l'on aimerait, c'est permettre aux patients de se découvrir eux-mêmes à l'aide d'une rencontre avec quelqu'un qui a une curiosité et une disponibilité pour vraiment explorer avec eux ce qui leur arrive. Cette découverte-là, elle doit permettre d'explorer qui je suis, pourquoi j'en suis là et comment je peux être autrement. C'est ça l'ouverture après la crise que l'on souhaite."

Une crise suicidaire apparaît généralement après un événement déclencheur. Schématiquement, la personne concernée passe – contre sa volonté – d'une situation A à une situation B, et ne peut pas se projeter, s'imaginer vivre dans la situation B. La rupture amoureuse, bien qu'elle ne soit - de loin - pas à l'origine de toutes les crises suicidaires, est un exemple emblématique d'événement déclencheur. Paco Prada précise: "il y a beaucoup de risques, le premier, c'est quand même que la vie s'arrête là, donc c'est vraiment un risque dramatique. Mais en même temps, ce que ça veut dire, c'est que ce n'est pas possible de poursuivre comme ça. Donc c'est aussi positif d'en arriver à cette conclusion que quelque chose peut changer, doit changer. Les gens sont capables d'adaptation bien plus grande que ce qu'on se représente."

Après la crise, le long chemin vers la résilience

À travers son parcours, Bettina a enrichi sa carrière professionnelle. Elle est notamment devenue formatrice 'ensa' en premiers secours en santé mentale. Son expérience l’a également confrontée aux préjugés et même à des discriminations professionnelles. Elle traverse encore des épisodes dépressifs, mais comme le dit Paco Prada, parlant du rétablissement après une crise suicidaire : « Les belles histoires mettent du temps à s’écrire."

Sans conteste, Bettina se sent plus empathique aujourd'hui qu'elle ne l'était avant le début de ce parcours. Par ailleurs, elle explique : "Je fais beaucoup plus attention, chez mes enfants, à valider leurs émotions. Et j'essaie aussi de les prendre – de manière très consciente – dans les bras alors que ce sont des ados ; ils ne m'encouragent pas, forcément ! Mais de tenir bon."

Adrien Zerbini

Publié

Besoin d'aide pour vous-même ou vos proches? Parlez-en...

Sur internet:

Pour la promotion de la santé mentale dans les cantons latins: santépsy.ch

Pour les enfants et les personnes adolescentes: ciao.ch

Pour les 18-25 ans: ontécoute.ch

Pour la prévention du suicide des jeunes: stopsuicide.ch

Le Groupe Romand de Prévention du Suicide: preventionsuicide-romandie.ch

L'Unité Malatavie des HUG pour les adolescent·e·s en crise: malatavie.ch ou par téléphone (24h/24): 022 372 42 42

Par téléphone:

147: Pro Juventute – Ecoute et conseils pour les jeunes (147.ch)

143: La Main Tendue – Ecoute et conseils pour les adultes (143.ch)

144: Ambulances – Urgences

 

https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2024/article/crise-suicidaire-un-tournant-vers-la-resilience-28523358.html

vendredi 31 mai 2024

L’Unicef s’implique dans des actions de prévention du suicide des jeunes au Guyana et au Suriname

L’Unicef s’implique dans des actions de prévention du suicide des jeunes au Guyana et au Suriname
Nicolas Charles Pron représentant de l'Unicef au Guyana et au Suriname
Venu en Guyane pour un projet de coopération, Charles Pron le Directeur de l’Unicef pour le Guyana et le Suriname a expliqué les actions engagées en faveur des enfants sur le plateau des Guyane. Il est notamment revenu sur le programme mis en place pour prévenir les suicides chez les jeunes, un phénomène très alarmant dans la région qui touche essentiellement les 16-25 ans.

Le 10 octobre 2023, une lettre ouverte de l’Unicef France a été adressée au gouvernement français, elle alertait sur l’urgence de mettre en place un plan spécifique sur la santé mentale chez les jeunes face à l’augmentation très alarmante des cas de dépression chez les adolescents. Une situation qui s’est exacerbée durant et après la crise sanitaire covid. Ces problèmes de santé mentale affectent durablement la jeunesse dans toutes les parties du globe et c’est le cas sur le plateau des Guyanes.
L’antenne de l’Unicef est basée à Georgetown et son rayonnement s’opère essentiellement au Guyana et au Suriname.


Un constat alarmant : le taux de suicides très élevé d’enfants

Le responsable de l’antenne Unicef sur la zone du Guyana et du Suriname, Charles Pron mène depuis 3 ans des actions sur la santé mentale chez les enfants. Ces deux pays figurent malheureusement parmi les pays qui ont le taux le plus élevé au monde avec les Etats-Unis de suicides d’enfants précise-t-il :

« Nous effectuons donc des actions de prévention, de plaidoyers pour démystifier les problèmes de santé mentale, pour amener les enfants à parler de leurs problèmes, leur permettre d’accéder aux services de sensibilisation. Nous œuvrons à la formation de travailleurs sociaux, de psychothérapeutes avec les universités. L’une des formes les plus communes de suicides au Guyana et au Surinam c’est l’utilisation des pesticides. Les enfants les boivent et s’empoisonnent. Nous travaillons avec l’industrie des pesticides pour avoir un code de conduite pour le marketing. Nous avons mis en place une hot-line pour la diffusion de textos et avons mis en place.»

Une série d’actions pratiques comme les ateliers de sensibilisation, un programme télévisé qui a été établi avec la première dame du Suriname, Mme Santokhi dans lequel les jeunes s’expriment parlent à des amis, des professeurs, des professionnels de la santé mentale.


Une implication forte du gouvernement guyanien aux côtés de l’Unicef

« Les droits des enfants ne s’arrêtent pas à une frontière à une rivière, ils s’appliquent partout. Notre mandat doit promouvoir ces droits de façon qu’ils soient respectés dans n’importe quel territoire ou le long de n’importe quel fleuve frontière. S’agissant des migrants, nous apportons un soutien immédiat aux personnes qui en ont besoin à travers les services de l’état. L’État du Guyana est assez généreux avec les migrants qu’ils viennent d’Haïti, du Venezuela comme c’est le cas assez souvent. Nous proposons toute une gamme de services en matière de santé, d’éducation, de protection car souvent ces enfants migrants sont victimes d’abus, d’actes de violence. Nous soutenons les actions des gouvernements guyanien et surinamais.»

Charles Pron précise que l’État du Guyana se projette depuis 3 ans les budgets dans l’investissement durable dans l’éducation et de la santé et ce sont les budgets qui s’accroissent le plus au sein de l’enveloppe gouvernementale.

« Le président Irfaan Ali n’hésite jamais à apporter son soutien aux programmes de l’Unicef, l’objectif principal de son gouvernement est de distribuer la richesse du pays à travers des programmes sociaux en santé et en éducation. Aussi nous travaillons de façon étroite avec les ministères de la santé et de l’éducation […] »

Mais ces interventions gouvernementales ont d’abord concerné les habitants de la frange littorale autour de Georgetown alors que beaucoup de populations isolées se trouvent dans l’intérieur, notamment des populations amérindiennes. Aussi les programmes Unicef mettent l’accent sur des services de qualité dans l’intérieur du pays. Cela concerne l’accès à l’eau potable, à des moyens sanitaires. Outre l’axe santé les services de l’Unicef s’impliquent également pour l’amélioration de la qualité de l’éducation.

Le directeur de l’Unicef reconnaît au gouvernement du Guyana son appréhension d’une situation globale concernant la protection des droits des enfants et son implication forte à mener des actions qui ne sont pas limitées aux Guyaniens mais à tous les enfants recensés dans le pays y compris les enfants des migrants.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/l-unicef-s-implique-dans-des-actions-de-prevention-du-suicide-des-jeunes-au-guyana-et-au-suriname-1491554.html

ETUDE RECHERCHE Passage à l’acte suicidaire des mères en période de post-partum

Passage à l’acte suicidaire des mères en période de post-partum - 29/05/24

Doi : 10.1016/j.amp.2024.04.001 
Virginie Jacob Alby a, , Anne-Charlotte Guérin b, Titouan Keribin b
a Laboratoire RPpsy (EA4050), université catholique de l’Ouest, Bretagne Nord, France 
b Laboratoire RPpsy (EA4050), université catholique de l’Ouest, Angers, France 

Auteur correspondant. 36, rue Pichot, 35800 Dinard, France.36, rue PichotDinard35800France

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Wednesday 29 May 2024

Résumé
Objectifs
L’objectif de notre étude est d’explorer les mécanismes à l’œuvre dans les cas de passages à l’acte suicidaires en période de post-partum. Il s’agit ici de souligner l’importance de l’accompagnement pluridisciplinaire, tant psychologique, médical que social, dans la mise en place d’un maillage pluridisciplinaire autour des parents pendant et après la grossesse.

Méthode
Notre méthode consiste en une revue de la littérature sur les enjeux de l’accompagnement de femmes en ante- et post-partum, afin de prévenir ou d’accompagner la dépression du post-partum et les passages à l’acte pouvant en découler. Nous appuierons notre propos sur l’étude d’un cas clinique illustrant les points aveugles du système de soin.

Résultats
Les résultats de notre étude montrent que la dynamique suicidaire en post-partum est multifactorielle, prenant sa source en période anténatale et parfois bien en amont, mêlant des facteurs endogènes et exogènes pour des femmes confrontées aux attendus supposés de la société envers la jeune mère. Il est également à noter que l’accompagnement de la dépression du post-partum se fait de façon inégale sur les différents territoires, par manque de moyens effectifs ou structurels, laisse échapper certains sujets au maillage professionnel et mène parfois un passage à l’acte.

Conclusion
Nous observons que l’accompagnement pluridisciplinaire des femmes suicidaires permet de limiter les risques d’aggravation de la symptomatologie et d’un passage à l’acte. Nous encourageons le travail conjoint entre les professionnels institutionnels et les professionnels libéraux du champ psychiatrique, médical et social, pour la constitution du maillage pluridisciplinaire indispensable à l’accompagnement de toute femme dans son devenir mère, il s’agit d’une question de santé publique.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.


Mots clés : Accompagnement, Cas clinique, Comportements à risque, Dépression du post-partum, Étude de cas, Périnatalité, Psychopathologie

Plan
Introduction
Enjeux multifactoriels et incidences sur la dépression du post-partum
Articulation entre dépression du post-partum et passage à l’acte suicidaire
Importance du maillage pluridisciplinaire autour des mères en période périnatale
Étude d’un cas de mort maternelle par suicide en post-partum
Chiara
Un désir d’enfant divisé
Consommation de stupéfiants
Un post-partum confiné
Deux tentatives de suicide et un suicide abouti
Le refus des soins psychiatriques : une mort intra-muros
Conclusion
Discussion avec l’auditoire
Déclaration de liens d’intérêts

https://www.em-consulte.com/article/1666550

ETUDE RECHERCHE Prévention du suicide chez les jeunes et efficacité des programmes : une revue de littérature

Prévention du suicide chez les jeunes et efficacité des programmes : une revue de littérature

Source https://www.santementale.fr 28/05/24

Conduite par Ludovic Soulié dans le cadre de son mémoire d’infirmier en pratique avancée, cette revue systématique propose d’identifier les bonnes pratiques de prévention du suicide et de la récidive suicidaire chez les 15-34 ans, afin d’améliorer la qualité et l’efficacité des programmes de prévention.

Le suicide est un problème de santé publique croissant, les jeunes de 15 à 29 ans sont la deuxième cause de mortalité dans le monde en 2019. En France, le suicide représente la première cause de mortalité des 25-34 ans, et la deuxième cause chez les 15-24 ans en 2017.

Méthode : Évaluer les interventions et les mesures pour prévenir le suicide et réduire les comportements suicidaires chez les jeunes. Sources de données : Pubmed, ScienceDirect, PsycInfo et d’autres sources de janvier 2002 à mars 2023.

Synthèse des données : 11 ECR, 8 études quantitatives, 2 qualitatives et 1 mixte ont été incluses. Les preuves d’interventions psychologiques suggèrent que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) réduit les tentatives de suicide, les idées suicidaires et le désespoir par rapport au traitement habituel. Des études suggèrent la thérapie comportementale dialectique (TCD) réduisant les comportements suicidaires et agis sur l’humeur. Des études préconisent un traitement pharmacologique chez l’adulte réduisant les idées suicidaires ou les tentatives de suicides. L’efficacité serait plus importante en combinant avec une psychothérapie. Une revue prenant en compte tous les traitements pharmacologiques est nécessaire.

Limitation : Les lacunes méthodologiques des études, l’hétérogénéité des interventions et des mesures, la prise en charges pharmacologiques sont les limites les plus significatives.

Conclusion : La TCC et la TCD ont toutes deux montré un avantage dans la réduction des idées suicidaires par rapport à une prise en charge classique chez les adolescents et les jeunes adultes. La TCC a également réduit les tentatives de suicide. Les études inclues ont montré l’intérêt d’une association pharmacologique et psychothérapeutiques chez les adultes permettant la réduction du taux de suicide par rapport au placebo. Les données disponibles sont limitées pour étayer l’efficacité d’autres interventions pharmacologiques. Les mesures C-SSRS, SIQ, SIQ-JR et ASQ sont un soutien lors des entretiens afin d’évaluer les intentions et la gravité suicidaires.

• La prévention du suicide et la récidive : une revue systématique afin d’améliorer la prise en charge à l’international et en France, L. Soulié, Mémoire d’IPA, 2023, Université d’Aix-Marseille. En pdf

https://www.santementale.fr/2024/05/prevention-du-suicide-des-jeunes-une-revue-de-la-litterature/

MANIFESTATION 6/06/24 Saint-Julien (22) Suicide : toutes et tous concernés ! Osons en parler.

 Jeudi 6 juin 2024 à 20h00


Suicide : toutes et tous concernés ! Osons en parler.

Le collectif Misaco vous invite à une soirée pour parler santé mentale et prévention du suicide. Le documentaire "A l’écoute" de Léa Menard sera diffusé, suivi d’échanges avec la salle en présence de professionnelles de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu. Pot convivial à l’issue de la soirée.

Jeudi 6 juin à 20 h, salle du trait d’union, rue de Sainte-Anne, Saint-Julien. Gratuit. Contact : 06 47 91 69 54, plebouffant@bretagne.mutualite.fr.

  • Gratuit
  • Salle du trait d’union
    Rue de Sainte-Anne 22940 Saint-Julien
    • jeudi 6 juin 2024 :
      • 20:00
  • 1 h 30 min
  • Français
  • Age du public : Tout public