mardi 9 juin 2026

RETOUR SUR MANIFESTATION 28/05/26 Bollene (84)

Bollène

Ce jeudi 28 mai, le point d’écoute Le Passage a organisé pour la première fois à Bollène une rencontre autour de la prévention du suicide chez les jeunes. L’événement, accueilli à La Manufacture, a réuni près de 60 professionnels de santé et de l’éducation venus échanger autour d’un sujet encore difficile à aborder.

Cette journée à Bollène s'est adressée aux professionnels susceptibles d’être confrontés à la détresse des adolescents : médecins, infirmiers, enseignants, travailleurs sociaux ou personnels éducatifs.

Les participants ont pu échanger autour des méthodes de repérage, des protocoles d’accompagnement et des attitudes à adopter face à un jeune en souffrance. "Aujourd’hui, nous avons choisi de venir à Bollène pour nous rapprocher aussi de ce territoire", souligne la directrice de l'association Le Passage, Isabelle Measson.

Les interventions ont été animées par Catherine Famin, psychologue clinicienne, aujourd’hui retraitée et formatrice, ainsi que par Yohan Delcourt, infirmier formateur en psychiatrie. Tous deux travaillent depuis de nombreuses années sur les questions liées au suicide et à la prévention.


Un sujet encore tabou

Pour les intervenants, le principal enjeu reste de lever les tabous : "Même quand on est professionnel, on a souvent du mal à demander à un jeune s’il a des idées suicidaires. Pourtant, parler du suicide ne donne pas envie de passer à l’acte. Au contraire, cela permet d’entendre la souffrance et de savoir quoi en faire", rappelle Isabelle Measson.

https://www.laprovence.com/article/region/14043352634716/crise-suicidaire-chez-les-jeunes-le-passage-organise-une-matinee-de-prevention-a-bollene 

ETUDE RECHERCHE EN COURS Etude de l'efficacité du programme francophone de psychoéducation PEPSUI dans la prévention des conduites suicidaires : essai contrôlé randomisé

Etude de l'efficacité du programme francophone de psychoéducation PEPSUI dans la prévention des conduites suicidaires : essai contrôlé randomisé

PEPSUI

 Promoteur  CHU Montpellier
 Investigateur coordonnateur  DUCASSE Deborah
Centre coordonnateur Centre Hospitalier Universitaire Montpellier
Population Patients
Statut de l’essai  Inclusions en cours

À propos

Le but de ce programme est d'enseigner aux patients les connaissances scientifiques actuelles sur les conduites suicidaires et les thérapeutiques disponibles, amenant ainsi les patients à devenir experts et acteurs de leur pathologie. Par ailleurs, ce programme enseigne des techniques psychologiques, issues de thérapies validées, pour mieux réguler ses émotions, gérer les moments de crise psychologique, améliorer la qualité de ses relations et créer une vie qui a du sens pour soi. Ce programme devrait contribuer à la réduction du risque suicidaire, ainsi qu'à l'amélioration du fonctionnement et de la qualité de vie des personnes en bénéficiant. L’objectif principal de l’étude est d’évaluer l’efficacité du programme de psychoéducation « PEPSUI » sur la récidive de tentative de suicide (2 ans après la fin de la thérapie), en complément du suivi psychiatrique habituel (consultations et traitement). Pour cela, deux groupes de sujets seront constitués par tirage au sort : - sujets participant au groupe de psychoéducation PEPSUI - sujets participant à un groupe de relaxation. Au total 500 personnes seront recrutées dans plusieurs centres participants en France et seront réparties, selon un tirage au sort, dans 2 groupes : - 250 personnes participeront au groupe de psychoéducation PEPSUI, en complément du suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement) - 250 personnes participeront au groupe de relaxation, en complément de leur suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement). Nous souhaitons comparer ces deux groupes pour répondre aux objectifs de l'étude décrits précédemment. Au terme de l’étude, les participants du groupe relaxation se verront proposer de participer au groupe de psychoéducation PEPSUI s’ils le souhaitent La durée totale de votre participation à la recherche est de 28 mois au maximum.

Se porter volontaire pour l’essai
 

OFFRE D'EMPLOI Psychologue - ALINEA F/H, Begard (22)

Psychologue - ALINEA F/H

Publiée le 21/05/2026
 
  • Type de contrat : CDI
  • Temps de travail : Temps plein
  • Lieu Bégard
  • Salaire 2600 EUR (€) - 3000 EUR (€) / mois

Description de l'entreprise

La Fondation Bon Sauveur de Bégard :

* Un établissement privé à but non lucratif composé d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000 patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents, addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg) qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale, handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.

Description du poste

Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.

 Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.

 La mission générale du poste est l’évaluation et prise en charge psychologique des proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation, de soutien psychologique et de synthèse en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires : médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif en lien avec la direction générale, le service qualité et gestion des risques.

 Missions et activités principales :

  • Veille et soutien téléphoniques aux proches endeuillés en collaboration avec les forces de l’ordre
  • Evaluation psychologique
  • Accompagnement clinique individuel, conjugal, familial.
  • Animations de groupe de soutien et de parole.
  • Guidance pour les professionnels, établissements, entreprises sur les thématiques du deuil et de l’annonce de la mort par suicide.
  • Participation aux actions régionales sur la prévention du suicide,...

Ce poste s’exerce en collaboration avec le responsable du service (psychologue coordinateur), les psychologues et infirmiers référents de la cellule prévention suicide.

 Pourquoi nous rejoindre ?

  • Nous reprendrons votre ancienneté à 100% et appliquerons les mesures Segur
  • Mobilité au sein de la Fondation possible et accompagnée (mobilité géographique ou évolution …)
  • Accès aux œuvres sociales de la Fondation et du CSE (chèques vacances, billetterie cinéma et évènementiel, subventions cultures et sport etc.)
  • Restaurant d'entreprise
  • 29 jours de congés payés (en jours ouvrés) + environ 18 jours de repos compensateurs
  • Aides au logement via le dispositif Action logement
  • Démarche développement durable

Profil recherché

Diplôme de psychologue clinicien

DESS/Master 2 Pro en psychologie clinique et psychopathologique

Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention

Formation à l’intervention de crise est un plus

OFFRE D'EMPLOI Infirmier à ALINEA F/H, Bégard (22)

Infirmier à ALINEA F/H

Publiée le 21/05/2026 
  •  Type de contrat :  CDI
  •  Salaire 2400 EUR (€) - 2600 EUR (€) / mois
  •  Temps de travail :  Temps plein
  •  Lieu   Bégard

Description de l'entreprise

La Fondation Bon Sauveur de Bégard :

* Un établissement privé à but non lucratif composé d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000 patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents, addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg) qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale, handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.

Description du poste

Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.

Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.

Les missions du poste sont l’animation du dispositif de veille téléphonique et soutien aux proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation  globale (psychologique, somatique et sociale) et participation à l’orientation, en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires: médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif.

 Missions et activités principales :

  • Veille et soutien téléphoniques aux proches endeuillés en collaboration avec les forces de l’ordre.
  • Evaluation globale des usagers: biologique, social et psychologique
  • Co-animations de groupe de soutien et de parole.
  • Co-animations de soirées grand public ou pour public spécifique (Participation aux formations sur les thématiques du deuil et de l’annonce de la mort brutale).
  • Consultations familiales ponctuelles avec le psychologue clinicien
  • Collaboration avec les partenaires du dispositif.

 Pourquoi nous rejoindre ?

  • Pour notre engagement à faire de la santé mentale un bien collectif, porté par des valeurs de bienveillance, d’écoute, de proximité et d’innovation.
  • Nous reprendrons votre ancienneté à 100% et appliquerons les mesures Segur
  • Mobilité au sein de la Fondation possible et accompagnée (mobilité géographique ou évolution …)
  • Accès aux œuvres sociales de la Fondation et du CSE (chèques vacances, billetterie cinéma et évènementiel, subventions cultures et sport etc.)
  • Restaurant d'entreprise
  • 30 jours de congés payés (en jours ouvrés) + environ 18 jours de repos compensateurs
  • Aides au logement via le dispositif Action logement
  • Démarche développement durable

Profil recherché

Diplôme d’infirmier diplômé d’état

Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention

Réf: c277b1c6-c061-4153-bcae-625fd5fcbb75

Postuler : https://recrutement.fondationbonsauveur.com/fr/offres/infirmier-a-alinea-c277b1 

vendredi 5 juin 2026

ETUDE RECHERCHE AUSTRALIE Pourquoi parle-t-on si peu du suicide ? Des chercheurs de l’ANU étudient des moyens d’encourager une confidence en toute sécurité.

Pourquoi parle-t-on si peu du suicide ? Des chercheurs de l’ANU étudient des moyens d’encourager une confidence en toute sécurité.
27 avril 2026 d’après article Why don’t we talk about suicide? ANU researchers are investigating ways to encourage safe disclosure https://reporter.anu.edu.au/*

Le suicide est la première cause de mortalité chez les Australiens âgés de 15 à 44 ans. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui ont des pensées suicidaires et qui n'osent pas en parler. Des chercheurs de l'ANU souhaitent comprendre ce phénomène.
Article rédigé par : Lukas Arns

Vous êtes assis dans la salle d'attente du médecin généraliste, en train de répéter ce que vous allez dire. Vous avez pris rendez-vous. Vous êtes arrivé. C'est le moment où vous allez enfin l'annoncer à quelqu'un.

Vous voilà donc installé sur le fauteuil, le médecin vous demande le motif de votre consultation, et, comme par magie, ce qui vous échappe, c'est : maux de tête. Insomnies. Vous repartez avec une ordonnance pour un médicament léger et un rendez-vous de suivi dans deux semaines, et ce que vous étiez venu dire reste enfoui au fond de vous, inexprimé.

Ce moment – ​​la quasi-révélation, les mots avalés à la dernière seconde – est ce qu’étudie le professeur Phil Batterham de l’Université nationale australienne (ANU).

« Nous en savons assez sur les raisons pour lesquelles les gens ont des pensées suicidaires, mais nous en savons très peu sur les raisons pour lesquelles certains d'entre eux passent à l'acte », explique-t-il.

Batterham étudie depuis des années pourquoi les personnes ayant des pensées suicidaires gardent si souvent le silence. Ses recherches suggèrent que les conseils en santé mentale qui incitent à « parler » sont souvent inefficaces. Face aux pensées suicidaires, explique Batterham, la question n'est pas seulement de savoir si l'on en parle, mais aussi comment, quand et à qui.

Le suicide est la principale cause de décès chez les Australiens âgés de 15 à 44 ans. Pourtant, les recherches de Batterham révèlent que 39 % des personnes ayant des pensées suicidaires n'en parlent à personne – ni à leur famille, ni à leurs amis, ni à leurs médecins.

Les raisons sont plus complexes – et plus rationnelles – qu'une simple stigmatisation. Le professeur Phil Batterham est codirecteur du Centre de recherche en santé mentale. Image : Jamie Kidston/ANU.

Au Centre de recherche sur la santé mentale de l'ANU, LifeTrack study, de Batterham , un projet de trois ans suivant 842 participants, étudie comment les personnes passent des pensées suicidaires aux tentatives de suicide et au rétablissement.

« Si une personne a des pensées suicidaires, cela ne signifie pas, dans la plupart des cas, qu'elle passera à l'acte », explique Batterham. « L'immense majorité, bien plus de 90 %, ne se suicidera pas. Si nous pouvons apporter un soutien précoce, nous pouvons changer le cours des choses... »

Les premiers résultats de l'étude LifeTrack suggèrent que les personnes qui se confient à des personnes de confiance sont plus susceptibles de recourir à des soins professionnels.

Alors pourquoi ce silence ? Les barrières sont multiples. Il y a la stigmatisation – les préjugés négatifs de la société qui s’intériorisent et se transforment en honte. Il y a la peur des conséquences : l’hospitalisation involontaire, la perte d’autonomie.

« Cette inquiétude n'est pas sans fondement », reconnaît Batterham. « Il existe des pratiques historiques qui ont réduit l'autonomie des personnes ayant des pensées suicidaires. »

Il y a aussi les mauvaises expériences passées. Nombreux sont ceux qui, ayant déjà révélé leur situation, ont été confrontés à du rejet ou à un malaise qui n'a fait qu'empirer les choses.

Il y a aussi l'autonomie, notamment chez certains hommes qui considèrent le fait de demander de l'aide comme un signe de faiblesse. Derrière tout cela se cache un calcul que la plupart des gens n'expriment jamais : en parler à quelqu'un améliorera-t-il ou empirera-t-il les choses ?

Ce calcul n'est pas de la paranoïa. Les recherches de Batterham ont montré que les réactions à la révélation d'un problème varient considérablement. Les psychologues et les conseillers sont perçus comme les plus utiles ; les parents et les professionnels hospitaliers comme les moins utiles. La différence tient souvent au jugement – ​​ou à son absence.

Par exemple, certains parents qui n'ont pas les ressources nécessaires pour gérer une telle révélation pourraient inciter une personne ayant des pensées suicidaires à demander de l'aide professionnelle – chose à laquelle cette personne n'est peut-être pas préparée.

« La divulgation peut aussi être une expérience négative », explique Batterham. « Une divulgation qui ne répond pas aux besoins de la personne peut être très dommageable et l'inciter à ne plus divulguer d'informations à l'avenir. »

Par conséquent, c'est la manière dont la divulgation est menée, plutôt que la divulgation en elle-même , qui infléchit la trajectoire. La divulgation peut constituer un espoir, mais elle n'est pas une finalité.

Alors, qu'est-ce qui aide ? Une écoute bienveillante et sans jugement. Être disponible sur la durée. Collaborer avec la personne plutôt que d'essayer de la réparer. Offrir son soutien sans le forcer, par exemple en demandant : « Puis-je vous accompagner chez le médecin ? » plutôt qu'en disant : « Vous devez aller à l'hôpital immédiatement. »

Batterham conseille, si vous soupçonnez quelqu'un de rencontrer des difficultés, de lui poser la question directement.

« Cela n’a pas d’effet négatif, les gens ne deviennent pas plus angoissés », dit-il. « S’ils ont des doutes, c’est souvent un soulagement de se faire interroger. »

Les chercheurs de l'ANU travaillent à l'élaboration de solutions systémiques. Des programmes de sensibilisation forment les parents et les enseignants à réagir de manière appropriée. Des programmes scolaires intègrent l'éducation à la santé mentale dès le plus jeune âge. Des « espaces sécurisants » non cliniques , animés par des pairs aidants ayant eux-mêmes connu des problèmes de santé mentale, offrent une alternative aux services d'urgence : des lieux où l'on peut simplement être présent sans chercher à résoudre le problème.

« Réfléchir à l’endroit où se trouvent les gens et aux voies d’intervention existantes, en particulier l’intervention précoce auprès des jeunes, est ce qui s’est avéré le plus prometteur jusqu’à présent », observe Batterham.

L'objectif n'est pas de supprimer tous les obstacles à la confidence, mais de comprendre lesquels sont les plus importants et de mettre en place des mécanismes de protection. La personne qui attend chez son médecin généraliste et qui prépare ses mots n'a pas seulement besoin d'un slogan pour l'inciter à parler. Elle a besoin d'une oreille attentive, au bon moment, prête à l'écouter.

Car lorsqu'il s'agit de confier des pensées suicidaires, la question n'est jamais seulement de savoir si l'on écoute. Il s'agit de savoir comment on réagit, comment on reste présent et comment on apporte son soutien.

Professeur Phil Batterham, Centre de recherche en santé mentale, Le professeur Phil Batterham est chercheur au Centre de recherche en santé mentale de l'ANU.

https://reporter.anu.edu.au/all-stories/why-dont-we-talk-about-suicide-anu-researchers-are-investigating-ways-to-encourage-safe-disclosure

jeudi 4 juin 2026

Santé mentale des enfants et des adolescents : Santé publique France publie de nouveaux travaux

Santé mentale des enfants et des adolescents : Santé publique France publie de nouveaux travaux

Au cours de ces dernières années, en France comme à l’international, de nombreuses études ont mis en évidence une dégradation de l’état de santé mentale de la population, dont les jeunes, confirmée par les professionnels de santé. Dans ce contexte, la surveillance épidémiologique de la santé mentale des enfants et des adolescents est cruciale afin de documenter le fardeau des troubles psychiques dès le plus jeune âge, favoriser une prise en charge précoce et renforcer les actions de prévention. Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats d’Enabee et EnCLASS, deux études clefs pour décrypter la santé mentale des enfants de 6 à 11 ans scolarisés du CP au CM2, et des adolescents scolarisés au collège et au lycée.

Santé mentale de l’enfant : comprendre les contextes de vulnérabilité pour mieux agir

Les premiers résultats d’Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, ont été publiés en 2023. En croisant les points de vue des parents, des enseignants et des enfants, ces résultats inédits montraient que 13 % des enfants en élémentaire (6 à 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). 

Santé publique France publie aujourd’hui de nouvelles analyses qui décrivent les caractéristiques individuelles et contextuelles (familiales, relationnelles, environnementales) associées à ces troubles probables de santé mentale chez les enfants de 6 à 11 ans. Ces nouveaux résultats pourront aider à identifier des situations de vulnérabilité, où l’enfant est davantage susceptible de souffrir de troubles de santé mentale, sans qu’il soit possible d’établir de liens de causalité.

L’étude montre que, dans cette tranche d’âge : les garçons, les enfants dont les mères ont déclaré des complications de grossesse ainsi que les enfants souffrant de maladies chroniques, sont plus fréquemment concernés par des troubles probables de santé mentale. De plus, les enfants éprouvant des difficultés scolaires (selon le parent et/ou l’enseignant), ou ayant vécu des événements difficiles (deuil, agression, placement à l’Aide sociale à l’enfance) présentent également plus souvent un trouble probable de santé mentale.


Par ailleurs, l’étude permet de confirmer à nouveau l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur la santé mentale des enfants. En effet, une pénibilité importante du confinement ou une inquiétude importante au sein du ménage pendant la pandémie sont associées à une présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez l’enfant.

L’environnement familial (parents séparés, existence de conflits entre parents séparés, situation financière du ménage perçue comme difficile, présence d’un trouble anxieux chez le parent répondant) constitue un contexte de fragilité pour l’enfant, davantage associé à l’existence de troubles de santé mentale. Le fait d’être probablement victime de harcèlement de la part d’autres enfants ou de passer un temps important au centre de loisirs les jours sans école sont également des facteurs associés à au moins un trouble de santé mentale chez l’enfant. Mais il convient de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes.

Santé mentale et bien-être des adolescents : des signes d’amélioration, mais des souffrances persistantes

L’adolescence est une période durant laquelle les jeunes sont confrontés à de nombreux changements, pressions et défis, susceptibles de les rendre plus vulnérables sur le plan de la santé mentale. C’est une période davantage propice à l’émergence de manifestations d’anxiété, de dépression ou de conduites suicidaires.

Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats sur la santé mentale de l’enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS), menée en partenariat avec l'École des Hautes Etudes en santé publique (EHESP) et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

Les données, recueillies en 2024 auprès de 11 400 élèves du secondaire, révèlent une situation contrastée du bien-être et de la santé mentale des collégiens et lycéens. Après une dégradation marquée de l’ensemble des indicateurs de bien-être et de santé mentale entre 2018 et 2022, certains indicateurs montrent une amélioration, tandis que d’autres indiquent une tendance à la baisse. On note également que les adolescentes ont des indicateurs de santé mentale systématiquement moins favorables que les garçons, avec des écarts qui s’accentuent au cours du secondaire.

  • En 2024, la majorité des collégiens (82 %) et lycéens (78 %) se perçoit en bonne ou excellente santé et est satisfaite de sa vie actuelle (respectivement 80 % et 72 %), malgré une tendance à la baisse de ces indicateurs depuis 2018.
  • De plus, 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental, avec une hausse respective de 11 et 12 points par rapport à 2022, observée chez les garçons comme chez les filles. On observe également une diminution de la part des jeunes qui disent ressentir un sentiment de solitude la plupart du temps au cours de l’année (cela concerne 15 % des collégiens et 20 % des lycéens en 2024).

Cependant, ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique chez les jeunes :

  • 45 % des collégiens (de 6e, 5e et 4e) rapportent des plaintes psychologiques plus d’une fois par semaine depuis au moins 6 mois (-4 points par rapport à 2022). La nervosité est la plus fréquemment rapportée (32 %), suivie de l’irritabilité (29 %) et du sentiment de déprime (21 %). Ces manifestations s’accentuent avec le niveau de classe et s’avèrent plus fréquentes chez les filles.
  • Par ailleurs, 19 % des lycéens ont un risque important de dépression, plus marqué chez les filles (+3,5 points par rapport à 2022). Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : le manque d’énergie (58 %), les difficultés de concentration (44 %) et le sentiment de découragement (42 %).
  • Enfin, 20 % des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois ; un chiffre en baisse par rapport à 2022 (-4 points). Si cette diminution est un signal encourageant, l’augmentation des tentatives de suicide déclarées au cours de la vie (15 % des lycéens, soit +2 points par rapport à 2022) rappelle que les formes les plus sévères de souffrance psychique persistent chez une partie des adolescents.

Ces résultats confirment l’importance de promouvoir des comportements et environnements favorables à la santé mentale, et de développer les programmes de compétences psychosociales, notamment en milieu scolaire. Ces résultats invitent aussi à renforcer les actions de sensibilisation des parents, enseignants et personnels éducatifs au repérage précoce des signes de mal-être des adolescents et à l’orientation vers des espaces d’écoute et de soutien, notamment en cas d’idées suicidaires. Des stratégies de prévention prenant en compte les inégalités de genres doivent également être développées. 

Les études Enabee et EnCLASS offrent un panorama unique sur la santé mentale des jeunes, de l’enfance à l’adolescence. Les nouveaux résultats publiés aujourd’hui enrichissent les connaissances sur le sujet. Ils éclairent aussi les décisions publiques nécessaires à la création d’environnements de vie favorables à l’épanouissement des enfants et des ados, dès le plus jeune âge. Déclarée Grande Cause nationale en 2025, prolongée en 2026, la santé mentale est l’affaire de tous. Promouvoir une bonne santé mentale, prévenir l’apparition de troubles psychiques et lutter contre la stigmatisation, sont des enjeux de santé publique sur lesquels nous nous engageons pleinement pour accompagner les adultes de demain.

Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France 

Prendre soin de la santé mentale des jeunes : quels outils et leviers d’actions ?  

Face à ces constats, il convient de poursuivre et renforcer les actions de prévention et de promotion de la santé mentale des enfants et des adolescents.

Santé publique France s’engage dans le déploiement des compétences psychosociales (CPS) en milieu scolaire, un levier à mobiliser au bénéfice de la santé mentale dès le plus jeune âge. Le renforcement des CPS peut en effet aider à créer un climat éducatif protecteur et inclusif, tout en prévenant des dynamiques de domination et de violence entre pairs. Ainsi, en 2022, l’Agence a publié un premier état des connaissances sur les CPS et un référentiel théorique, complétés par un référentiel et des ressources opérationnels publiés en 2025 pour le tome 1 et en 2026 pour le tome 2. Dans le cadre de la stratégie interministérielle sur le développement des CPS des enfants, Santé publique France élabore et co-construit ces outils afin d’accompagner les acteurs dans les territoires. C’est ainsi qu’elle a apporté l’expertise CPS pour la construction du kit empathie de l’Education Nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires.

Des programmes de prévention efficaces ou prometteurs sur le sujet de la santé mentale sont recensés dans ReperPrev, le registre national des interventions en prévention et promotion de la santé mis en place par Santé publique France, tel que le Good Behavior Game (GBG) et le programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP).
Par ailleurs, de multiples outils d’information soutenus par Santé publique France, comme CléPsy et Psycom, permettent de sensibiliser et orienter les professionnels de l’éducation et les familles sur les sujets relatifs à la santé mentale. De plus, le dispositif Mon soutien psy permet l’accès à un psychologue pour les enfants dès l’âge de 3 ans. 

Soutenu par Santé publique France et destiné aux jeunes de 12 à 25 ans, le Fil Santé Jeunes propose une ligne d’écoute (0 800 235 236) accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h (service et appel anonyme et gratuit). Les jeunes peuvent également consulter le site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un tchat, des orientations vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maisons des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins). Ces services sont dispensés par des professionnels (psychologues, éducateurs, conseillers familiaux, médecins).

Enfin, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible 24h/24 et 7j/7. Cette ligne s’adresse aux personnes en détresse, mais aussi à leur entourage, aux professionnels et aux personnes endeuillées par suicide. Les appels, gratuits et confidentiels, sont pris en charge par des professionnels du soin, psychologues ou infirmiers, formés à la prévention du suicide. Ce dispositif comporte également un site internet qui met à disposition des ressources pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter.

Facteurs associés à la présence d’au moins un trouble probable de santé mentale chez les enfants scolarisés de 6 à 11 ans : résultats de l’étude Enabee 2022 en France hexagonale

La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale. Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS…

samedi 30 mai 2026

La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) 2024

ÉDITION NATIONALE
La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale
 Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) 2024
Points clés
● En 2024, la majorité des élèves de collège et de lycée se perçoit en bonne ou en excellente
santé (respectivement -4 points et -6 points par rapport à 2022) et perçoit positivement leur vie
actuelle (respectivement -2 points et -5 points par rapport à 2022).
● 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental
(respectivement +11 points et +12 points par rapport à 2022).
● 15 % des collégiens et près de 20 % des lycéens déclarent un sentiment de solitude
(respectivement -6 points et -7 points par rapport à 2022).
● 45 % des collégiens (de 6e, 5e et 4e) rapportent des plaintes psychologiques (-4 points par
rapport à 2022). La nervosité est la plainte la plus fréquemment rapportée (32 %), suivie de
l’irritabilité (29 %) et du sentiment de déprime (21 %).
● 19 % des élèves de lycée ont un risque important de dépression (+3,5 points par rapport à
2022).
● 20 % des lycéens déclarent des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois (-4 points
par rapport à 2022), 15 % avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie (+2 points
par rapport à 2022), et environ 3 % une tentative ayant donné lieu à une hospitalisation.
● La santé mentale et le bien-être des élèves se dégradent durant le collège et ne s’améliorent
pas au lycée.
● Globalement, les filles ont une santé mentale moins bonne et un niveau de bien-être moins élevé
que les garçons.
● Entre 2022 et 2024, la santé mentale des élèves suit une évolution contrastée. Après une
dégradation marquée de l’ensemble des indicateurs entre 2018 et 2022, certains montrent une
amélioration, tandis que d’autres confirment leur tendance à la baisse.

 Date de publication : 2 juin 2026 
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/cadic_files/documents/spf00006678.pdf

PRESSE "On touche à l'essence de la vie" : reportage au 3114

"On touche à l'essence de la vie" : reportage au 3114, numéro national de prévention du suicide

Une répondante dans les locaux du 3114, proches du CHU de Lille • © 3114

Emmanuel Pall  Publié le16/05/2026 Hauts-de-France  https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/*

En France, 2 000 personnes font appel aux services du 3114, chaque jour. À Lille, ce sont 410 appels qui sont traités quotidiennement. Reportage au sein de la structure où la vingtaine de répondants professionnels, psychologues ou infirmiers, aident à dépasser une crise de pensées suicidaires."Il y a les appels très peu inquiétants et très inquiétants, en termes de régulation, c'est plus facile. Et puis, il y a toute cette zone grise au milieu où on se demande s'il faut s'inquiéter ou pas, s'il faut agir et comment. Alors, une concertation à plusieurs se met en place et le répondant n'est plus seul avec la situation", explique la psychiatre Laure Rougegrez qui, avec deux autres médecins, encadre l'équipe du 3114 de Lille. Cela permet de prendre du recul.

Selon elle, les trois quarts des appels sont des personnes qui ont elles-mêmes des idées suicidaires, de manière passive (c'est-à-dire sans être dans une dynamique de passer à l'acte) mais cela peut aller jusqu'à des personnes sur le point de passer à l'acte. Concernant ces personnes : "Le moment de la crise est le moment où la relation - ça peut être très stressant mais aussi très satisfaisant (enfin je ne sais pas si c'est le bon mot), mais de sentir que la relation, qui peut aussi blesser, peut sauver, désamorcer la crise de pensées suicidaires. En quelques dizaines de minutes ou une heure, quelqu'un avec qui on n'aura plus jamais de contact peut être sauvé."

C'est incroyablement optimiste de faire ce constat que malgré la douleur psychique, la relation est, dans ce moment, toujours un levier d'intervention. Il se passe toujours un petit quelque chose

Dr Laure Rougegrez

"C'est incroyablement optimiste de faire ce constat que malgré la douleur psychique, la relation est, dans ce moment, toujours un levier d'intervention. Il se passe toujours un petit quelque chose. On touche à l'essence de la vie. Je trouve cela incroyable", s'enthousiasme Laure Rougegrez.

Son équipe se constitue d'une vingtaine de personnes, incluant les répondants (infirmiers et psychologues) accompagnés d'une cadre de santé, d'une secrétaire, d'une personne en charge des missions territoriales et des médecins référents. Situés à proximité du CHU de Lille, les locaux du 3114, se trouvent non loin de ceux du SAMU. Il y a là également, Estelle, infirmière qui termine sa journée et Oussama, psychologue, qui prend son poste. Les deux, comme le reste de l'équipe, travaillent en 3 x 8 pour couvrir le service 7j/7 et 24h/24. Pour Estelle, qui officie ici depuis 2021, date de la mise en service de la ligne à Lille, "c'est un métier passion, sans routine, un métier qui a du sens", Oussama, abonde dans son sens.


Sauver des vies

Les deux ont sans doute sauvé de nombreuses vies. Mais, pas question de s'enorgueillir ou de chercher la récompense. Pour le psychologue, si, parfois, "comme hier", "un monsieur qui avait des idées suicidaires très intenses a rappelé à la fin du service pour remercier", ce qui est gratifiant, "il ne faut pas faire ce métier pour la reconnaissance", qui n'arrive pas souvent : "On a quelqu'un au téléphone au début en situation de crise, on vérifie ensuite qu'il se projette dans l'avenir, qu'il est plus apaisé, à la fin de l'entretien et c'est ça le plus important. Après, la reconnaissance, c'est important de ne pas être dans cette attente de la reconnaissance".

C'est le propre de "l'empathie, qui se distingue de la compassion", ajoute Estelle qui compare son action à celle d'aider à "sortir du trou, sans tomber dans le trou". "L'empathie permet de réussir à ne pas s'abîmer également". Oussama appuie : "C'est quelque chose que l'on retrouve dans tous les métiers du soin : la compassion va nous faire souffrir avec l'autre et peut provoquer un épuisement compassionnel".

Le débriefing hebdomadaire, en groupe, au 3114 de Lille © France Télévisions

"C'est difficile de mettre à distance parfois, sachant qu'on a des adolescents qui nous appellent avec des situations familiales extrêmement compliquées, avec beaucoup de violence. Ça aussi, il faut savoir l'accueillir et les aider", prend en exemple Oussama. Alors, les répondants sont amenés à débriefer, pour peaufiner leur savoir-faire bien sûr, mais aussi pour se mettre à distance, parfois.


Débriefer

Le futur répondant, en double écoute, peut s'imprégner des échanges et de la manière dont la prise en charge est effectuée. Une formation théorique de trois jours suit, dans un des 18 centres de réponse 3114 implantés partout en France (métropole et outremer) ; puis une écoute active avec prise d'appels avec un collègue, en binôme, et bilan. Le débriefing c'est "de l'apprentissage aussi".

Il sert à critiquer positivement l'expérience de la prise d'appels : "comment j'ai vécu, j'ai interprété les choses et voir comment on pourrait faire autrement. Ça permet aussi de se décharger de tout ça et de partager avec le maximum de répondants lors des retours d’expérience, en groupe. On essaie de mettre en commun nos ressources pour pouvoir répondre à des situations complexes", explique Oussama. Enfin des modules de formation continue sont également dispensés.


Pour soi ou un proche, tout le monde peut appeler le 3114

Pour le quart restant des appels, "De tierces personnes nous contactent aussi du type : 'je suis inquiet pour mon père', 'pour ma mère'", poursuit Oussama. L'intérêt, c'est que le 3114, qui est confidentiel, mais pas anonyme - on se présente, on explique sa situation, sa détresse - peut suivre les appels et conseiller, orienter grâce à son chargé de missions territoriales vers les associations, les hôpitaux, les médecins, les Centres Médico-Psychologiques...

Estelle assure ainsi que : "Ce matin, j'ai été appelée par une psychologue de collège pour une élève de 14 ans. Une liaison s'est mise en place entre l'Éducation Nationale, le 3114 et les parents, pour lui venir en aide". Parfois les appels sont aussi passés par une infirmière libérale, un conseiller France Travail, une infirmière scolaire, ou aussi, à la marge, quelques appels de coiffeurs, voire un tatoueur, "c'est déjà arrivé", précise Laure Rougegrez.

Sur la vingtaine de répondants, une dizaine travaille la nuit là où d'autres problématiques sont possibles avec consommation plus fréquente d'alcool ou de drogues. Au 3114 de Lille, sur la vingtaine de répondants, une dizaine est spécialisée dans les appels reçus la nuit.

► Si vous êtes inquiet pour un proche ou si vous avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114. Gratuit, ce service propose une écoute professionnelle et confidentielle, 24h/24 et 7j/7, par des infirmiers et psychologues spécifiquement formés.

https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/on-touche-a-l-essence-de-la-vie-reportage-au-3114-numero-national-de-prevention-du-suicide-3349084.html 

ETUDE RECHERCHE REVUE DE LITTERATURE Sommeil et comportements suicidaires

Sommeil et comportements suicidaires

Author links open overlay panelAlix Romier a, Jeanne Leseur b c, Anne Moroy d e, Pierre Alexis Geoffroy b c faUnité du sommeil, Fédération de Neurologie, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, 75019 Paris, FrancebDépartement de Psychiatrie et d’Addictologie, AP–HP, GHU Paris Nord, DMU Neurosciences, Hôpital Bichat–Claude-Bernard, 75018 Paris, FrancecUniversité Paris Cité, NeuroDiderot, Inserm, FHU I2-D2, 75019 Paris, FrancedUnité de Sommeil, Service de Psychiatrie, CHU de Lille, Lille, FranceeCentre du Sommeil et de la Vigilance, AP–HP, GHU Paris-Centre, Hôpital Hôtel-Dieu, 75004 Paris, FrancefGHU Paris – Psychiatry & Neurosciences, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France


L'Encéphale Received 26 February 2026, Accepted 5 March 2026, Available online 13 April 2026.
https://doi.org/10.1016/j.encep.2026.03.004Get rights and content


Résumé

Contexte
Les conduits suicidaires, incluant les idées suicidaires, les tentatives de suicides, et les décès par suicide, représentent un enjeu majeur de santé public dans le monde. L’identification de facteurs de risque modifiables est essentielle pour mieux identifier et prévenir les conduits suicidaires. Les troubles du sommeil apparaissent actuellement comme un facteur de risque précoce et modifiable des conduites suicidaires, mais leur rôle est souvent sous-estimé dans la pratique clinique.

Méthodes
Ce chapitre a pour but de décrire les liens existants entre les altérations du sommeil et les conduites suicidaires, en s’appuyant sur des études épidémiologiques, cliniques, et neurobiologiques. Les marqueurs du sommeil à la fois subjectifs (insomnie, cauchemars, somnolence) et objectifs (polysomnographie, actimétrie, dysrégulation circadienne) sont évalués, ainsi que les mécanismes neurobiologiques potentiels, et les traitements possibles.

Résultats
L’insomnie, les cauchemars, les modifications de la durée de sommeil habituelle, et les troubles des rythmes circadiens veille-sommeil sont associés de façon significative aux idées suicidaires, tentatives de suicide, et décès par suicide, de façon indépendante de toute pathologie psychiatrique. Des altérations des marqueurs objectifs de sommeil, comme la durée de veille intra-sommeil et les modifications du sommeil paradoxal, renforcent cette association avec les conduites suicidaires. Les mécanismes potentiels impliquent des processus inflammatoires, une dysrégulation de certains neurotransmetteurs, une altération de la connectivité préfronto-limbique, ainsi que des facteurs psychosociaux tels que le désespoir et l’isolement nocturne. L’évaluation du risque suicidaire pourrait être renforcée par l’intégration de questions ciblées sur le sommeil lors de l’entretien clinique, l’utilisation de questionnaires validés et le recours à des mesures objectives comme l’actigraphie. Les traitements spécifiques des troubles du sommeil — notamment la TCC-I, certains traitements médicamenteux et la thérapie par répétition d’imagerie mentale — montrent des résultats prometteurs dans la réduction des idées suicidaires.

Conclusion
L’intégration systématique de l’évaluation et de la prise en charge des troubles du sommeil pourrait renforcer de manière significative le dépistage et la prévention du risque suicidaire.

Source https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0013700626000692 

Prévention : le 3018 et le 3114 renforcent leur coopération

Prévention : le 3018 et le 3114 renforcent leur coopération

le 28 mai 2026 https://www.jdpsychologues.fr*

Le 3018, dédié à la lutte contre le harcèlement et les violences numériques et le 3114, numéro national de prévention du suicide, officialisent un partenariat afin d’améliorer l’accompagnement des jeunes en situation de souffrance psychique. Signée au CHU de Lille, cette convention vise à mieux coordonner les interventions lorsque harcèlement, cyberharcèlement et risque suicidaire se croisent.

Les deux dispositifs souhaitent notamment fluidifier les orientations entre leurs équipes, partager davantage d’informations sur les phénomènes émergents et renforcer la continuité des prises en charge. Cette coopération répond à une réalité de terrain : les professionnels du 3018 et du 3114 sont de plus en plus confrontés aux mêmes jeunes, parfois à différents moments d’une même trajectoire de détresse.

Dans un contexte marqué par la progression du cyberharcèlement et des conduites suicidaires chez les adolescents, cette alliance entend aussi promouvoir la prévention et encourager le recours aux dispositifs d’aide.


Pour aller plus loin : 3018 – Numéro national pour les victimes de harcèlement et de violences numériques : www.3018.fr
3114 – Numéro national de prévention du suicide : www.3114.fr
Santé publique France, La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale, Résultats de l’enquête EnCLASS 2022.
Santé publique France, Bulletin mensuel « Santé mentale » (surveillance des recours aux urgences pour idées suicidaires, troubles anxieux et état dépressif).
e-Enfance, Baromètre 2025 du harcèlement et du cyberharcèlement chez les jeunes.
Blaya C., 2020, Cyberviolence, 
cyberharcèlement et cyberhaine : 
conséquences et facteurs de protection, Le Journal des psychologues.

source https://www.jdpsychologues.fr/actualites/prevention-le-3018-et-le-3114-renforcent-leur-cooperation