mardi 16 avril 2019

Infosuicide.org en vacances

...de retour le 6 mai 2019.

RETOURS SUR MANIFESTATION VIDEOS JNPS 2019 Suicide et violences, violence du suicide Colloque du mardi 5 février 2019 Paris


Suicide et violences, violence du suicide
Colloque du mardi 5 février 2019
Paris, Ministère de la justice

Depuis un siècle, le regard que nous portons sur le suicide s’est profondément modifié. De la criminalisation, à la « sociétalisation » du regard sur le geste, en passant par la psychiatrisation, les étapes ont été nombreuses. Aujourd’hui, pour la plupart des personnes, le suicide n’est plus une faute ni même une erreur. Il est plutôt perçu comme le témoin d’une profonde souffrance, d’une impasse, d’une difficulté à être soi-même ou simplement à se sentir exister et à trouver son identité, sa place dans une société de plus en plus complexe. Société moderne qui est ressentie comme contradictoire, vide de sens et de perspectives, insupportable et violente. 

Vidéos mises en ligne 15/04/2019 source UNPS-Prevention-Suicide



Ouverture du colloque - Marc FILLATRE - Président de l’UNPS




Signature de la convention Ministère de la justice /UNPS - 

Jimmy DELLISTE, directeur des services pénitentiaires 



 


Est-il aujourd’hui plus difficile de s’inscrire dans une démarche de prévention du suicide qu’il y a 10-15 ans - JNPS
Michel WIEVIORKA
Docteur d'État ès Lettres et Sciences Humaines
Président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme





Ces violences qui mènent aux conduites suicidaires - Pedro PEREIRA - JNPS 2019

Pedro PEREIRA, psychologue clinicien au SIUMPPS Paris Université






« Avez-vous des pistes pour articuler le sanitaire et le social dans la prévention des violences et du suicide ? »
Pedro PEREIRA, psychologue clinicien au SIUMPPS Paris Université



« Les étudiant.e.s relais sont –ils des vigies du mal-être de leurs pairs ? »
Pedro PEREIRA, psychologue clinicien au SIUMPPS Paris Université






« Avez-vous des pistes pour articuler le sanitaire et le social dans la prévention des violences et du suicide ? »
Romain CECCARINI, délégué régional, association Le Refuge







 « Comment informer les jeunes en situation de mal-être sur les structures qui peuvent les prendre en charge ? »
Romain CECCARINI, délégué régional, association Le Refuge








Information, contact :

http://www.unps.fr/
https://www.facebook.com/UnionNationalepourlaPreventionduSuicide/

lundi 15 avril 2019

ETUDE RECHERCHE Revue de littérature taux de suicide chez les personnes suicidaires ayant reçu leur congé de l'hôpital sur un demi siecle.

Les taux de suicide chez les personnes suicidaires ayant reçu leur congé de l'hôpital ont diminué de 50 %.
source "Suicide rates in suicidal people discharged from hospital down 50%"  10 avril 2019  Isabelle Dubach newsroom.unsw.edu.au*

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'UNSW de Sydney a exploré un demi-siècle de recherche sur les taux de suicide des personnes ayant reçu leur congé de l'hôpital après avoir présenté des pensées ou des comportements suicidaires.

Les taux de suicide chez les personnes qui sortent d'hôpitaux non psychiatriques après s'y être présentées avec des pensées ou des comportements suicidaires (comme l'automutilation) ont diminué de moitié au cours des 20 dernières années, selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs médicaux de l'UNSW.

La méta-analyse du chercheur - publiée aujourd'hui dans la revue académique Acta Psychiatrica Scandinavica - a porté sur 115 études menées sur plus d'un demi-siècle et portant sur plus de 248.000 patients.

"Nous avons systématiquement cherché des publications qui suivaient des cohortes de personnes qui se présentaient à l'hôpital avec un degré quelconque d'automutilation ou d'idées suicidaires et qui ont reçu leur congé sans être admises dans des centres psychiatriques ", explique Matthew Large, psychiatre clinicien et professeur adjoint en médecine à l'UNSW.

"Nous avons constaté que la date de publication d'une étude était fortement associée au taux de suicide - dans les études antérieures à l'an 2000, le taux de suicide était supérieur à 700 pour 100 000 années-personnes, soit environ 60 à 70 fois le taux global de suicide dans la collectivité.

"Cependant, au cours des 20 dernières années, nous avons fait beaucoup mieux et le taux de suicide pendant cette période était environ la moitié de ce qu'il était avant le début du siècle."

Les raisons exactes de ce déclin ne sont pas claires, mais le professeur Large dit que les résultats sont probablement liés à l'évolution des attitudes dans les services d'urgence et à l'augmentation des ressources en santé mentale dans ces milieux.

"Dans le passé, les personnes qui se présentaient aux urgences avec des pensées ou des comportements suicidaires n'obtenaient pas nécessairement le traitement dont elles avaient besoin. On a parfois constaté une interférence avec la fonction principale des salles d'urgence, qui est de soigner les malades et les blessés.

"Cependant, au cours des 20 dernières années, on s'est rendu compte de plus en plus que ces personnes ont tout autant le droit de réclamer des ressources en santé que les personnes souffrant d'autres maladies courantes comme l'asthme et la douleur thoracique.

Selon le Dr Large, on reconnaît partout dans le monde que les services d'urgence offrent une occasion de prévenir le suicide en évaluant et en prenant en charge les personnes qui sont tellement en détresse qu'elles s'automutilent d'une façon ou d'une autre.

"Cette étude suggère que l'augmentation des ressources et de l'attention accordée à ces patients au fil des ans semble avoir porté ses fruits, probablement parce qu'une proportion plus importante de personnes présentant des pensées et des comportements suicidaires bénéficient d'un traitement spécialisé en santé mentale."

Les auteurs disent qu'il reste une forte demande non satisfaite d'évaluation et d'intervention psychosociales dans les services d'urgence, suivie de soins de qualité axés sur le patient.

«Nous savons maintenant que ce que nous faisons fonctionne de plus en plus, mais bien que le taux de suicide de ces patients ait diminué, il reste 30 fois plus élevé que le taux de la communauté en général. Il reste donc beaucoup à faire», déclare le Dr Large. .


Les taux de suicide dans le monde ont diminué de façon assez spectaculaire au cours des 20 dernières années, principalement en raison d'une baisse des taux dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Cependant, les études incluses dans cette analyse proviennent de pays à revenu élevé où les taux de suicide dans les communautés sont stables ou ont même augmenté.

"Notre étude portait presque exclusivement sur les pays à revenu élevé en raison de la disponibilité d'études qui correspondent à notre méta-analyse - il est donc intéressant de constater que les taux après le congé diminuent dans les pays à revenu élevé, contrairement à l'ensemble des taux communautaires.

L'équipe a observé des disparités entre les pays dans son analyse.

"Des études menées en Asie, par exemple, où les services psychiatriques sont moins développés, ont montré que les taux de suicide sont plus élevés. Au Royaume-Uni, où les services communautaires sont bien développés, les taux de suicide sont plus faibles.

"Les taux de l'Australie étaient conformes aux résultats globaux, mais nous devons faire un peu plus de recherche. Il est surprenant qu'il n'y ait qu'une petite quantité de données disponibles d'ici, malgré les bons résultats de l'Australie dans la recherche sur le suicide."

La deuxième constatation importante de l'analyse est que le taux de suicide des personnes qui avaient des pensées ou des comportements suicidaires et qui ont ensuite reçu leur congé d'un hôpital non psychiatrique est extrêmement semblable au taux de suicide des personnes ayant reçu leur congé d'un hôpital psychiatrique.

"C'est une constatation importante parce que, souvent, beaucoup moins de ressources sont consacrées aux personnes qui obtiennent leur congé des services d'urgence ou des hôpitaux généraux, plutôt qu'aux établissements psychiatriques.

Enfin, le journal a également fait état d'un résultat positif en ce qui concerne les jeunes.

"J'ai été surpris de constater à quel point le taux de suicide des moins de 25 ans était remarquablement bas.

Les jeunes sont les plus susceptibles de se présenter à l'urgence avec des pensées et des comportements suicidaires et il est rassurant de constater qu'ils n'ont pas un risque plus important de suicide ", conclut le professeur Large.

https://newsroom.unsw.edu.au/news/health/suicide-rates-suicidal-people-discharged-hospital-down-50




IDF Le dispositif de prévention du suicide VigilanS déployé dans les Yvelines


Le dispositif de prévention du suicide VigilanS déployé dans les Yvelines
Actualité Santé publique
Date de publication


VigilanS Yvelines





L’ARS Île-de-France accompagne le centre hospitalier de Plaisir (78) dans le déploiement de VigilanS, dispositif innovant de prévention de la récidive suicidaire.



La survenue d’une tentative de suicide multiplie par quatre le risque de suicide ultérieur. Pour prévenir ce risque, le maintien du contact avec les personnes est l’un des modes d’intervention les plus efficaces.
Dans son Projet régional de santé, l’ARS Île-de-France s’est fixé comme objectif de disposer d’une organisation de recontact dans chaque département francilien d’ici 2022.
C’est la raison d'être du dispositif VigilanS, initialement déployé dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, puis dans plusieurs régions françaises.
Dans les Yvelines, le projet est financé par l’ARS Île-de-France et porté par le Dr Cécile Omnes, praticien hospitalier, psychiatre au CH de Plaisir.
VigilanS 78
VigilanS 78 repose sur une équipe de professionnels : praticien hospitalier psychiatre,  infirmière,  psychologue, cadre de santé, assistante médico-administrative.
Concrètement, l’équipe médicale hospitalière propose aux patients ayant effectué un geste suicidaire de bénéficier du dispositif de recontact à leur sortie des services d’urgences ou de toute autre structure de soins hospitalière. Ils reçoivent alors un document d’information et une carte comportant le numéro de téléphone de VigilanS 78, à contacter en cas de besoin.
La cellule VigilanS contacte les patients entre 10 et 21 jours après leur sortie des services de soins et met en place le suivi téléphonique pour une durée de six mois. Selon l’évaluation du risque de passage à l’acte suicidaire, plusieurs niveaux croissants d’intervention peuvent être décidés depuis la poursuite du contact téléphonique jusqu’à la mobilisation du SAMU pour une intervention au domicile.
Tous les patients sont rappelés à l’issue de la période des six mois pour faire un bilan. Une nouvelle période de veille de six mois pourra être proposée si nécessaire.
En parallèle, les médecins traitants ou référents sont informés de l’entrée de leur patient dans le dispositif VigilanS et bénéficient d’une ligne téléphonique dédiée pour les accompagner dans la gestion de la crise suicidaire.
Chiffres clés
  • En Île-de-France, 751 décès par suicide ont été déclarés en 2015, dont 146 dans les Yvelines (Source : Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès)
  • 1370 hospitalisations pour tentatives de suicides en 2016 dans les Yvelines
https://www.iledefrance.ars.sante.fr/le-dispositif-de-prevention-du-suicide-vigilans-deploye-dans-les-yvelines

MàJ Suicide de policiers: Christophe Castaner annonce "la mise en place d'une cellule de vigilance"

Suicide de policiers: Christophe Castaner annonce "la mise en place d'une cellule de vigilance"
12/04/2019


Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'exprimait ce vendredi concernant les suicides des policiers. Il a annoncé "la mise en place d'une cellule de vigilance" dans les quinze jours.https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/suicide-de-policiers-christophe-castaner-annonce-la-mise-en-place-d-une-cellule-de-vigilance-1153818.html



Info complémentaire
source

"Ici, à l’hôpital des Gardiens de la Paix, je suis venu à la rencontre du personnel soignant pour répondre à deux questions simples : comment mieux protéger ceux qui nous protègent ; comment mieux combattre le fléau du suicide dans la @PoliceNationale et la @Gendarmerie."J'en ai assez d’entendre, à chaque fois, « ça n’avait rien à voir avec le service, c’était seulement personnel ». Nous ne pouvons ignorer que le suicide est lié à un ensemble de facteurs, pas seulement à un fait déclencheur. C'est la raison de ma présence.

"Aujourd’hui, avec vous tous, j’ai décidé de me battre. J’ai décidé de renforcer nos moyens et nos actions. J’ai décidé d’affirmer haut et fort que le suicide dans la police et la gendarmerie ne sera jamais une fatalité.
"Notre premier objectif, c’est de déceler l’alerte et de répondre à l’urgence :
écoute téléphonique 24h/24 pour signaler les risques
réunions et séances de formation pour sensibiliser chacun
travail transversal avec psychologues, médecine préventive, assistants sociaux.

"Le deuxième pilier de notre action, c’est la prévention. Nous devons :
simplifier les systèmes actuels, les rendre plus accessibles à tous
améliorer notre suivi psychologique, médical et social, dans la durée, en particulier pour les agents les plus exposés.


***
Le Figaro.fr
vendredi 12 avril 2019 
Flash Actu
Les suicides dans la police ne sont pas «une fatalité», selon Castaner
Le Figaro avec AFP
Christophe Castaner a estimé aujourd'hui que les suicides dans la police n'étaient pas une «fatalité» en promettant de mettre «les bouchées doubles» pour lutter contre ce fléau persistant dans l'institution: depuis le début de l'année, 24 policiers se sont donné la mort.

«La police et la gendarmerie ne sont pas malades du suicide», a-t-il déclaré lors d'une visite à l'hôpital des gardiens de la paix à Paris. Le ministre de l'Intérieur n'a pas annoncé un nouveau programme de lutte et de prévention des suicides mais a promis une accélération dans la mise en oeuvre du plan lancé en 2018 par son prédécesseur, Gérard Collomb, après une année 2017 déjà marquée par une recrudescence des suicides au sein des forces de l'ordre.
Christophe Castaner a annoncé la création d'une «cellule alerte prévention suicide» pour la police nationale pilotée par Noémie Angel, membre de l'Inspection générale de l'administration (IGA). Cette cellule aura pour mission de porter le plan d'actions et sera également chargée de faire des propositions au ministre.
Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, permettra de signaler les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues. Castaner a redit l'importance de la hiérarchie dans la prévention du suicide en estimant qu'elle devait être «une vigie attentive et bienveillante» en écho aux récriminations récurrentes des syndicats et collectifs de policiers souvent critiques sur son rôle.
Selon le ministre, le suivi psychologique, médical et social «dans la durée» doit être amélioré, par exemple en ce qui concerne les agents revenant de maladie ou d'arrêt de travail. Ce chantier a déjà été lancé au sein de la Police nationale. Vingt-quatre policiers et deux gendarmes se sont donné la mort depuis janvier. En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.




Suicides dans la police: Castaner concrétise un plan de lutte
Alors que 24 fonctionnaires se sont déjà donné la mort depuis janvier, le ministre de l’Intérieur crée une cellule d’alerte dédiée.
Le corps de Christophe, policier affecté à la brigade anticriminalité d’Alès, a été retrouvé dimanche dernier, pendu à un arbre dans un bois de la commune de Dions. Âgé de 49 ans, ce fonctionnaire, qualifié de «très sportif», avait signalé sa détresse psychologique et était pris en charge médicalement depuis plusieurs semaines. La veille, une fonctionnaire de la brigade de nuit de Conflans-Sainte-Honorine s’est donné la mort avec son arme de service, en Eure-et-Loir. Mère de deux enfants, tourmentée par des difficultés de couple, cette femme de 37 ans a été retrouvée sans vie à bord de sa voiture, garée dans un champ, situé dans le hameau Le Vieux Château. Ces suicides ont une fois encore endeuillé une profession qui a les nerfs à vif. Ils portent à 24 le nombre de policiers s’étant suicidé depuis janvier. Soit près d’une mort volontaire tous les quatre jours. «Si on continue à ce rythme-là, ce seraune centaine de policiers qui auront mis fin à leurs jours avant la fin de l’année. On décime un commissariat complet», a lancé vendredi matin sur Franceinfo Daniel Chomette, secrétaire général adjoint du Syndicat général de la police (SGP).

Alors que plane toujours la menace terroriste et que la «fièvre jaune» s’empare chaque samedi de la France depuis 22 semaines consécutives, la profession frise la surchauffe. Christophe Castaner a décidé de descendre dans l’arène pour tenter d’endiguer l’épidémie des décès qui clairsèment les rangs policiers dix fois plus que dans la gendarmerie, où 2 suicides sont à déplorer depuis le début de l’année.
«Nous ne laisserons pas le suicide être un risque du métier»
Christophe Castaner
Dans les murs de l’hôpital des gardiens de la paix, institution centenaire qui abrite à Paris un centre d’accompagnement psychologique et psychiatrique pour les agents qui présentent des «fragilités», le ministre de l’Intérieur a annoncé la création d’une inédite cellule d’alerte prévention suicide, disponible 24 heures sur 24. Pilotée par Noémie Angel, membre de l’Inspection générale de l’administration (IGA) et spécialiste des ressources humaines, cette cellule inaugurée sous quinze jours aura pour mission de porter le plan d’action et sera également chargée de faire des propositions au premier flic de France. Face à cette «maladie qui ronge l’âme» et peut «frapper comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu», l’hôte de Beauvau en fait la promesse publique: «Nous ne laisserons pas le suicide être un risque du métier.» Bien conscient que le port de l’uniforme est une «passion mais aussi une pression», confessant son indignation de voir «certains policiers obligés de demander à leurs enfants, à l’école, de cacher leur profession», il a décidé de se «battre». Et d’accélérer enfin la mise en œuvre d’un plan annoncé en 2018 par Gérard Collomb et intervenant lui-même après un train de 55 mesures dévoilé dès janvier 2015 par Bernard Cazeneuve. Parmi les mesures, figurait l’idée de déposer les armes de service, souvent à l’origine des drames, dans des casiers sécurisés à l’issue des vacations des fonctionnaires. Mais la vague terroriste et l’assassinat du couple de policiers en juin 2016 à Magnanville, ont mis fin à cette expérience lancée dans le Val-d’Oise. «Il y a un an, mon prédécesseur avait alerté sur ce sujet. Mais alerter, ça ne suffit pas, a taclé Christophe Castaner. Alors le gouvernement a pris le problème en main et un plan d’action contre le suicide a été décidé.» Un numéro de téléphone dédié, disponible 24 heures sur 24, «permettra de signaler les risques mais aussi de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues».


«Le suicide est lié à un ensemble de facteurs, pas seulement à un fait déclencheur», insiste le premier flic de France, qui lâche: «Quand l’un des nôtres se donne la mort, tous ses camarades s’interrogent, se culpabilisent, se demandent ce qu’ils ont raté, ce qu’ils auraient pu faire, ce qu’ils auraient dû faire.» Pointée du doigt par les syndicats de gardiens et gradés qui l’accusent de pousser les effectifs au burn out, la hiérarchie est invitée à être «une vigie attentive et bienveillante». «Nous devons aussi briser un tabou, le tabou du besoin d’aide, clame Christophe Castaner. Il n’y a aucune gloire, jamais, à souffrir dans son coin. Aucune honte, jamais, à saisir une main tendue.»
Car dans le milieu «viril» des forces de l’ordre, les «gueules cassées» peinent à confesser leur mal-être. Outre le «commandement de la police et de la gendarmerie», le ministre en appelle à l’union sacrée pour «les psychologues, la médecine préventive, la médecine statutaire, les assistants sociaux, les psychiatres». Sur le front de la prévention, Castaner entend «améliorer le suivi psychologique, médical et social, dans la durée, en particulier pour les agents les plus exposés». À ce titre, il a jugé en petit comité qu’il n’y avait «pas forcément de corrélation» entre la poussée de ce fléau et la crise des «gilets jaunes», «puisque ce ne sont pas les forces mobiles qui présentent les taux les plus élevés».
«Prétendre que les suicides sont dus aux situations familiales n’est pas la seule réponse à nous apporter»
Le Syndicat général de la police
«La police nationale se dirige vers le triste record de 1996 avec 71 suicides dans le courant de l’année, s’indigne le Syndicat général de la police. Prétendre que les suicides sont dus aux situations familiales n’est pas la seule réponse à nous apporter. Prétendre que l’arme est un souci majeur n’est pas acceptable. Ne pas oser aborder le suremploi, les carences de l’outil managérial, l’absence de la protection de l’image, les rythmes de travail, l’absence d’espaces d’échanges et de convivialité… est encore plus inacceptable.»
Soucieux «d’améliorer le travail au quotidien» et de «débarrasser, au plus vite, les policiers et gendarmes des tâches indues», Christophe Castaner a égrainé les «10.000 postes créés d’ici la fin du mandat», les «900 millions d’euros engagés d’ici la fin de 2020 pour rénover les casernes et de commissariats» ou encore les «6000 voitures neuves qui sont livrées cette année».
Le ministre sait que la pente sera rude. Un rapport choc sur «l’état de la sécurité intérieure», porté par le sénateur (LR) de Moselle François Grosdidier, pointait dès juillet dernier un taux de suicide anormalement élevé dans la police, de 36 % supérieur à la moyenne nationale. «La police et la gendarmerie se sont mobilisées», avait souligné le parlementaire, précisant qu’«avec 82 postes de psychologues, le service de soutien psychologique opérationnel de la police nationale (SSPO) est le dispositif le plus important en France».

* http://www.lefigaro.fr/actualite-france/suicides-dans-la-police-castaner-concretise-un-plan-de-lutte-20190412



RAPPEL ACTU 


Société, mardi 9 avril 2019 
Suicides dans la police: Des syndicats s'unissent pour appeler l'administration à réagir
20 Minutes avec AFP

PASSAGE A L'ACTE Un rapport sénatorial remis en 2018 avait mis en lumière «un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale» chez les policiers

Depuis le début de l'année, 24 policiers se sont suicidés. En 2018, ce chiffre avait été atteint en août. Cette accélération pousse plusieurs syndicats de police à tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme, appelant les autorités à réagir.

Un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale

L'un des principaux syndicats policiers, Unité-SGP-FO a appelé ce mardi les responsables des autres organisations à une réunion commune «qui devra aboutir sur des projets concrets» pour mettre fin «à une spirale dramatique». «Seule l'unité obligera l'administration à enfin réagir, à se mettre en face de ses responsabilités et à rechercher les véritables causes de ces drames», assure Unité-SGP-FO dans un communiqué.

Le syndicat estime «intolérable» de réduire les passages à l'acte des policiers à «des problèmes personnels». Les deux syndicats incriminent la passivité de l'administration et «le management vertical» au sein de l'institution. Un rapport sénatorial remis en 2018 avait mis en lumière «un taux de suicide plus élevé que la moyenne nationale» chez les policiers, même en tenant compte des spécificités de cette population (population davantage masculine, jeune, ayant accès aux armes, etc.)

En 2015, Bernard Cazeneuve avait présenté un plan de 23 mesures (recrutement de psychologues, redynamisation des cellules de veille, nouveaux cycles de travail...) destinées à prévenir le suicide. Fin 2017, un nouveau pic avait conduit Gérard Collomb à réunir les syndicats policiers, sans que les discussions n'aboutissent à de nouvelles mesures tangibles. This article appeared in 20 Minutes (site web)

Les cliniques psy ont un nouveau site

Les cliniques psy ont un nouveau site


La branche psychiatrie de la FHP lance son nouveau site internet www.fhp-psychiatrie.fr qui valorise la prise en charge au sein des hôpitaux et cliniques psychiatriques privés
.
 
Ce site informe en quelques clics les usagers sur les services proposés par les cliniques psychiatriques privées. Une rubrique dédiée met ainsi en avant l’actualité et les initiatives des 170 établissements.
 
Pour trouver rapidement et facilement une clinique psychiatrique près de chez soi, une carte interactive a été créée. Cet outil dynamique recense l’ensemble des structures psychiatriques privées partout en France et propose un système de recherche efficace par nom de ville.
 
Ce site  contient également un espace réservé aux adhérents de la FHP-Psychiatrie pour partager des informations et retrouver les communications privilégiées du syndicat.
 
 
 

AUTOUR DE LA QUESTION S'attaquer au problème de la santé mentale dans le sport olympique

S'attaquer au problème de la santé mentale dans le sport olympique
14/04/2019 https://www.olympic.org*

Chaque année, la commission médicale et scientifique du CIO adopte une déclaration de consensus sur un problème prédominant ayant une incidence sur le bien-être des athlètes. En 2018, la commission a tenu une réunion de consensus sur la maladie mentale dans le sport de haut niveau, un sujet discuté aujourd'hui au Forum international des athlètes à Lausanne.


De Michael Phelps révélant avec sincérité son combat contre la dépression après les Jeux olympiques de 2012 à Londres à Lindsey Vonn expliquant ouvertement avoir souffert de cette maladie pendant dix ans, un nombre croissant d'athlètes parlent de leur lutte souvent cachée contre les troubles psychiques.
Les études scientifiques signalent actuellement que les troubles de santé mentale affectent jusqu'à 35 % des athlètes d'élite à un stade ou à un autre de leur carrière. Cela peut aller de l'épuisement et de la toxicomanie aux troubles de l'alimentation, à la dépression et à l'anxiété. Les facteurs déclencheurs peuvent être extrêmement variés, les études relevant une palette de facteurs contributifs allant de la mauvaise qualité du sommeil aux pressions subies dans le cadre des processus de sélection ou à une retraite prématurée pour cause de blessure. Dans le cas de Phelps et de bien d'autres, c'est la baisse radicale d'activité après les Jeux qui a provoqué une spirale descendante menant à des pensées suicidaires.
 “Bien qu'il n'y ait aucune preuve que la maladie mentale soit plus répandue chez les athlètes d'élite que dans la population en général, il est important d'aborder ces problèmes chez les athlètes, en tenant compte de la situation particulière dans laquelle ils se trouvent et du stress important auquel ils sont confrontés dans leur vie,” indique le Dr Richard Budgett, directeur médical et scientifique du CIO.
Ainsi, au cours des deux dernières années, le CIO a cherché à lancer un certain nombre de projets qui améliorent notre compréhension de la santé mentale des athlètes et à trouver des moyens d'aider les athlètes et les membres de leur entourage à détecter et à traiter d'éventuels troubles psychiques.
IAF IOC/Greg Martin
Pour commencer, un groupe de 20 experts du monde entier - composé d'éminents psychiatres, psychologues, représentants des athlètes et professionnels de la médecine sportive – s'est attelé à l'étude de près de 15 000 articles de recherche pour produire un document de consensus, avec données probantes, sur les troubles de santé mentale chez les athlètes d'élite. Ce document sera publié en mai 2019.
Si cette vue d'ensemble des connaissances scientifiques actuelles revêt une importance vitale, elle ne constitue toutefois qu'une partie du puzzle. Peu d'entraîneurs et d'officiels dans le sport ont une compréhension approfondie de la santé mentale, et le CIO reconnaît également qu'il existe un grand besoin d'outils d'évaluation pratique susceptibles d'être utilisés par les professionnels de la santé et toute personne s'occupant d'athlètes. Un petit groupe de travail doit se réunir le 15 avril pour examiner les nouvelles mesures qui pourraient être mises en place à l'avenir par les Fédérations Internationales (FI) et les Comités Nationaux Olympiques (CNO) afin de protéger la santé mentale des athlètes.
 "Nous avons un projet similaire portant sur les commotions cérébrales, qui est revu tous les quatre ans ", ajoute le Dr Budgett. "Il est réalisé en collaboration avec un certain nombre de Fédérations Internationales pour lesquelles les commotions cérébrales sont une source de préoccupation, et ce projet a abouti à la création d'un outil d'évaluation des commotions cérébrales dans le sport appelé SCAT. Il se présente sous la forme d'un questionnaire qui permet d'identifier très facilement les commotions cérébrales ; ce questionnaire comporte également des lignes directrices sur la durée de repos à observer par l'athlète blessé et sur les moyens à mettre en œuvre pour sa rééducation la plus rapide et la plus sûre possible. Nous voulons donc adopter une approche similaire pour la maladie mentale chez les athlètes, à savoir créer un outil qui peut faire partie du processus normal de soins et d'évaluation, et la commission des athlètes y est très favorable."
Mais pour bien s'attaquer à la santé mentale dans le sport d'élite, il faut aussi continuer à sensibiliser le public et à réduire la stigmatisation qui entoure encore le sujet. Selon le Dr Budgett, les efforts déployés par des athlètes de renommée mondiale et aux multiples succès, comme Michael Phelps, pour parler de leurs combats personnels, ont déjà eu un impact positif majeur.
 “Je pense que les athlètes qui parlent franchement de problèmes dont d'autres ont eu du mal à s'ouvrir peuvent être d'un grand secours, surtout s'il s'agit d'athlètes de haut niveau et célèbres. Cela a été très utile dans ce cas-ci pour sensibiliser le public à l'importance de ce thème."
Toutefois, il reste encore beaucoup à faire. La santé mentale a été un sujet de discussion important aujourd'hui au Forum international des athlètes 2019 ; par ailleurs, en décembre dernier, le CIO a organisé un atelier sur le sujet avec des représentants de l'ensemble des FI et d'un certain nombre de CNO. L'objectif était d'assurer que toutes les commissions médicales olympiques et les différentes commissions d'athlètes soient informées des projets du CIO en cours et d'entendre les différents points de vue sur les chantiers nécessaires pour l'avenir.
"Ce que nous avons surtout entendu aujourd'hui, c'est que les problèmes de santé mentale devraient être abordés plus ouvertement dans le sport ; on peut en effet aisément comprendre que les athlètes s'inquiètent en permanence pour leur sélection et qu'ils veuillent paraître aussi solides que possible ", relève le Dr Budgett. "Mais en fin de compte, cela peut être contre-productif, et c'est pourquoi les problèmes de santé mentale doivent être reconnus et abordés de manière constructive par les entraîneurs et le reste de l'entourage.
"C'est donc là notre objectif : reconnaître et réduire la stigmatisation afin que les athlètes puissent bénéficier d'une aide adéquate lorsqu'ils en ont besoin. Le Forum des athlètes est vraiment utile pour sensibiliser à cette question et recueillir d'autres idées sur ce qui permettrait d'améliorer la gestion et la reconnaissance des problèmes de santé mentale. C'est un processus à double sens. Nous écoutons les athlètes, et nous espérons qu'ils pourront apprendre de nous."

ROYAUME UNI Le Prince Harry et Oprah Winfrey réalisent un documentaire sur la santé mentale

Le Prince Harry et Oprah Winfrey réalisent un documentaire sur la santé mentale
Pour la future plateforme de streaming en ligne AppleTV+ la célèbre présentatrice américaine et le mari de Meghan Markle s'allient pour aborder un sujet important : la santé mentale.

Publié le Lundi 15 Avril 2019  glamourparis.com

C’est sur son compte Instagram officiel que le Prince Harry a annoncé une collaboration avec la célèbre présentatrice américaine Oprah Winfrey. L'objet de cette alliance ? Une série documentaire sur la santé mentale et le bien-être, à paraître sur la future plateforme de streaming Apple TV+. Ils seront créateurs et producteurs exécutifs de ce document de plusieurs épisodes.

L'époux Meghan Markle s'est réjoui de cette nouvelle en postant un message sur leur nouveau compte Instagram, Sussex Royal : "C'est une énorme responsabilité, car nous apportons des faits, des éléments scientifiques, et une prise de conscience sur un sujet important de notre époque." Il a ouvertement évoqué ses problèmes de santé mentale au cours des dernières années. En 2016, il a cofondé l'initiative Heads Together, qui vise à lutter contre la stigmatisation de des troubles mentaux et finance des services de santé mentale.

L'intérêt d'Oprah Winfrey pour la santé mentale est tout aussi personnel. Dans son propre magazine O, elle a admis avoir souffert d'anxiété et de dépression. Cette série documentaire permettra de palier aux clichés qui entourent les troubles mentaux. Une initiative importante pour deux personnalités à l'influence colossale.

https://www.glamourparis.com/people/news/articles/le-prince-harry-et-oprah-winfrey-realisent-une-serie-documentaire-sur-les-maladies-mentales/73928

MàJ Jeunes en souffrance psychique : lancement de l’expérimentation Écout’Émoi en Île-de-France


Jeunes en souffrance psychique : lancement de l’expérimentation Écout’Émoi en Île-de-France
Communiqué de presse Santé publique
Logo Ecout'émoi

L’expérimentation Écout’Émoi, destinée aux jeunes de 11 à 21 ans en détresse psychologique, débute en Île-de-France, Pays de la Loire et Grand Est pour une durée de trois ans.


L’expérimentation Écout’Émoi, mesure phare du plan « Bien être et santé des jeunes », débute en Île-de-France pour une durée de trois ans, ainsi que dans deux autres régions : Pays de la Loire et Grand Est.
Destiné aux jeunes de 11 à 21 ans en détresse psychologique, ce parcours coordonné de prise en charge et d'accompagnement va permettre de tester un accès facilité et rapide à des consultations de psychologues libéraux avec, pour la première fois en France, un remboursement intégral de ces consultations par l’Assurance maladie. Le repérage de ces jeunes se fera par les acteurs présents dans leur territoire de vie : établissements scolaires, centres de loisirs, dispositifs d’insertion, médecins généralistes, services de santé universitaires…et bien-sûr par les familles.
Au niveau national, cette expérimentation est portée par la Direction Générale de la Santé (DGS), la Fédération Française de psychiatrie (FFP), la Direction Générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO) et la Direction Générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle.
En quoi consiste Écout’Émoi ?
L’expérimentation a pour objectif principal de mieux repérer des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et de leur proposer une prise en charge adaptée et facilitée. Le dispositif prévoit une consultation médicale d’évaluation et la prescription d’un forfait de prise en charge auprès d’un psychologue libéral (sur la base d’un forfait de 12 séances pour le jeune et/ou les titulaires de l’autorité parentale). Le renforcement de la formation en santé mentale, pour les professionnels, et l’inclusion dans un parcours de soins, pour les jeunes, sont coordonnés par les Maisons des Adolescents (MDA) de chaque territoire concerné.
Fonctionnement du dispositif Écout’Émoi
Le parcours du jeune se déroule selon les étapes suivantes :
  • Information sur la santé mentale, dans les lieux de vie des jeunes, auprès des acteurs de première ligne, des jeunes et de leurs familles,
  • Repérage des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et orientation vers un médecin évaluateur,
  • Évaluation de la situation globale du jeune par le médecin évaluateur,
  • En cas de mal être ou de souffrance psychique, le médecin évaluateur prescrit un forfait de 12 consultations psychologiques en libéral, sans reste à charge pour le patient (le consentement du jeune et des titulaires de l’autorité parentale pour les mineurs est indispensable),
  • En cas de situations plus complexes, de besoin d’un complément d’évaluation ou d’une prise en charge spécialisée, le jeune est adressé par le médecin évaluateur vers les Maisons des adolescents, les psychiatres ou, le cas échéant, les urgences.
Les listes des médecins évaluateurs et des psychologues qui s’engagent dans l’expérimentation sont gérées par les MDA qui les diffusent aux acteurs de première ligne, aux familles et aux jeunes afin de faciliter leur participation à Écout’Émoi. Les professionnels de santé et psychologues participant à l’expérimentation sont formés à la prise en main d’Écout’Émoi et accompagnés par les MDA pendant toute la durée de l’expérimentation sous la forme de staffs cliniques. Ils signent une charte d’engagement dans l’expérimentation et participent à son évaluation.
Le public concerné
Plusieurs conditions doivent être réunies pour bénéficier de l’expérimentation Écout’Émoi :
  • Être âgé(e) de 11 à 21 ans,
  • Résider ou être scolarisé dans l’une des six villes expérimentatrices,
  • Ne pas présenter de troubles psychiatriques, ni  de signes manifeste de crise suicidaire,
  • Ne pas déjà bénéficier d’un suivi.
Il est prévu que 500 jeunes bénéficient de ce dispositif en Île-de-France d’ici la fin 2021.
Les villes expérimentatrices
En Île-de-France, ce dispositif est piloté par l’ARS et l’Académie de Versailles et mis en œuvre avec les MDA des territoires concernés (MDA Yvelines Sud, la MDA Yvelines Nord et la MDA Est Val d’Oise).
6 villes ont été retenues pour participer à l’expérimentation en Île-de-France :
  • Dans les Yvelines : Trappes, Les Mureaux
  • Dans le Val-d’Oise : Garges-lès-Gonesse, Villiers-le-Bel, Sarcelles, Goussainville.
Le choix du territoire a été fait dans la suite de la dynamique d’acteurs enclenchée par l’expérimentation, en 2017, du plan « Mission bien-être des jeunes » conduite par l’ARS et l’Education nationale (rectorat de Versailles), avec le concours des MDA et des Conseils locaux de santé mentale. Dans le cadre de la lutte contre les inégalités de santé, le choix s’était alors porté sur des villes avec une forte représentation de jeunes de 11 à 21 ans dans leur population et des indicateurs de précarité marqués.
Évaluation à venir de l’expérimentation
Le dispositif Écout’Émoi fera l’objet d’une évaluation dont les résultats doivent permettre d’envisager la généralisation du dispositif de prise en charge sur l’ensemble du territoire français. Ainsi, Écout’Émoi doit permettre de préfigurer des modalités de collaborations nouvelles entre professionnels de santé, médecins, pédiatres et psychologues, de contribuer à développer l’alliance entre acteurs de l’éducation et de la santé, de faciliter et d’accompagner l’orientation des jeunes vers des psychologues libéraux par un dispositif de prise en charge financière et une information adaptée.
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VIDEO. Agnès Buzyn face aux jeunes: «Ce qui m'inquiète, c'est le déficit de médecins!»
EXCLUSIF Jeudi dernier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a rencontré six membres de notre communauté #MoiJeune, qui l’ont interviewée sur les sujets qui les préoccupent le plus
Propos recueillis par Oihana Gabriel




Santé mentale, sexualité, perturbateurs endocriniens, déserts médicaux, voilà les thèmes qui ont été abordés lors de cette interview face aux jeunes lecteurs de 20 Minutes.
Santé mentale, sexualité, perturbateurs endocriniens, déserts médicaux, voilà les thèmes qui ont été abordés lors de cette interview face aux jeunes lecteurs de 20 Minutes. — C.Follain / 20 Minutes

  • Santé mentale, perturbateurs endocriniens, accès à la santé, voilà les trois thèmes qui préoccupent le plus notre communauté #MoiJeune, selon une enquête « 20 Minutes »-OpinionWay.
  • Autant de sujets que six membres de ce panel ont pu aborder en face-à-face avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
  • Au cours d’un échange détendu et précis, Salomé, Dorian, Pierre, Solène, Maximilien et Camille, âgés de 19 à 24 ans, ont pu questionner la ministre 

« C’est pour la jeunesse, pour vous, que je me suis engagée en politique. » Voilà comment s’est achevée l’heure d’échanges qui a eu lieu entrela ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn et six jeunes femmes et hommes venus l’interviewer dans nos locaux, en fin de semaine dernière. En parallèle d’une enquête 20 Minutes-OpinionWay menée pour connaître les principales préoccupations des jeunes en matière de santé, ces six étudiants et jeunes travailleurs, âgés de 19 à 24 ans et membres de notre communauté #Moijeune, sont venus de Besançon (Bourgogne-Franche-Comté), de Tergnier (Hauts-de-France) ou encore de Paris, pour rencontrer la ministre et lui poser leurs questions. Au menu de la discussion : la santé mentale, les perturbateurs endocriniens, les déserts médicaux ou encore la contraception.


Agnès Buzyn était à la rédaction de 20 Minutes pour échanger avec six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril 2019.
Agnès Buzyn était à la rédaction de 20 Minutes pour échanger avec six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril 2019. - C. Follain / 20 Minutes
Pierre : Alors que le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans, que proposez-vous pour améliorer le suivi des jeunes fragiles ?

On n’a pas assez anticipé le besoin en santé mentale et les centres médico-psychologiques sont débordés. Pour les jeunes âgés de 11 à 25 ans, nous lançons une expérimentation (Ecoute’Emoi) dans trois régions, qui va leur permettre de consulter un psychologue et d’être remboursé quand ils sont en souffrance. Pour ceux qui ont déjà fait une tentative de suicide, nous allons financer et déployer dans la France entière une expérimentation qui a bien marché dans le Nord-Pas-de-Calais, qui s’appelle VigilanS : l’équipe VigilanS, qui inclut des psychiatres, rappelle le patient après une tentative de suicide, pour l’accompagner une fois reparti chez lui. Ensuite, nous voulons former les étudiants aux premiers gestes de secours en santé mentale, pour qu’ils soient en capacité de soutenir et d’orienter vers un lieu d’écoute un jeune qui va mal.


Dorian : La fragilité psychologique est parfois amplifiée par les addictions. Sur le tabac, certaines actions ont été menées. Qu’est-ce qui est mis en place côté prévention sur d’autres addictions : l’alcool, le cannabis, les drogues dures ?

Sur les produits licites, l’alcool et le tabac – même si, rappelons-le, quand on a moins de 18 ans, la loi interdit qu’on nous vende cigarettes et alcool –, l’augmentation du prix semble efficace pour les jeunes. Concernant les produits illicites, c’est beaucoup plus compliqué pour l’État d’agir, parce que ce sont des circuits parallèles. On soutient donc énormément les associations, qui interviennent à l’intérieur des soirées et festivals, par exemple. La prévention via les pairs est primordiale pour mieux toucher les jeunes, et plus efficaces que les descentes de police pour changer les comportements. Un outil formidable pour la prévention a été mis en place : le service sanitaire. Progressivement, tous les étudiants en santé vont faire de la prévention pendant trois mois dans les écoles, universités, entreprises et sont formés pour cela. L’information que donnent ces futurs soignants, par des conseils mais aussi par leur vécu, cela peut être beaucoup plus fort que le message d’un médecin, d’une association ou même qu’une image choc. Les chiffres, c’est abstrait, une histoire, c’est beaucoup plus efficace. Les effets de l’alcool sont souvent minorés par les jeunes : beaucoup pensent que prendre une bière tous les jours, ce n’est pas grave. En réalité, c’est déjà une forme de dépendance si l’on ne peut pas s’en passer une journée. Ils minimisent aussi les risques indirects comme le viol, le coma, les accidents de la route. Les jeunes n’évoquent pas facilement l’addiction à l’alcool ou aux drogues dures chez leurs amis ou pour eux-mêmes. Or ce n’est un service à rendre à personne. Un jeune qui va mal est souvent très seul, il faut donc oser parler.

Maximilien : Le manque de médecins généralistes se fait davantage ressentir dans les départements ruraux. Ne faudrait-il pas obliger les jeunes médecins à s’installer dans ces déserts médicaux ?

Jusqu’en 2025, on aura un manque de médecins en France, et il n’y a pas moyen d’en faire venir d’autres car c’est un problème européen. Obliger les médecins à s’installer, ça marche quand vous avez assez ou trop de professionnels, comme pour les infirmiers, par exemple. Mais aujourd’hui, il y a des milliers de postes de médecins vacants. Si vous leur dites « Vous n’avez pas le droit de vous installer où vous voulez », d’une part on risquerait d’endommager leur motivation, et d’autre part, ils pourraient prendre les postes salariés vacants plutôt que de s’installer en libéral. On a donc choisi une autre méthode : redonner du temps médical disponible aux médecins en déléguant des tâches telles que la vaccination aux pharmaciens, ou le suivi de certaines maladies chroniques à des infirmiers formés spécifiquement pour le faire. En plus, je crée un nouveau métier pour les décharger de la paperasse, avec les assistants médicaux. Et j’espère donner envie aux médecins de s’installer dans ces zones en leur proposant une pratique qui leur plaît, particulièrement les plus jeunes : l’exercice regroupé (kiné, infirmière, médecin) dans des maisons de santé.

Pierre : Quand on ferme des hôpitaux de proximité, des maternités, les Français peuvent se sentir abandonnés…

J’ai pris l’engagement de ne fermer aucun hôpital. En revanche, dans ma loi santé, il est prévu que ces hôpitaux locaux se transforment pour mieux assurer les soins du quotidien et devenir plus attractifs. Je ne peux pas maintenir toutes les activités médicales partout. Le problème, on l’a dit, c’est qu’il n’y a pas assez de médecins. Quand il y a une maternité qui ferme, ce n’est pas pour embêter les Français. Ce n’est absolument pas une question de déficit financier des hôpitaux, ce qui m’inquiète, c’est le déficit de médecins ! La sécurité de ces accouchements n’est pas assurée quand il n’y en a pas assez pour faire tourner une maternité. Si certains jours, aucun pédiatre, aucun obstétricien n’est là, comment fait-on si une femme enceinte a besoin d’une césarienne en urgence ?


Salomé, Pierre, Solène, Maximilien, Dorian et Camille ont échangé pendant 1h20 avec la ministre et Oihana Gabriel, journaliste santé à 20 Minutes.
Salomé, Pierre, Solène, Maximilien, Dorian et Camille ont échangé pendant 1h20 avec la ministre et Oihana Gabriel, journaliste santé à 20 Minutes. - C. Follain / 20 Minutes


Maximilien : A cette difficulté d’accès aux médecins s’ajoute souvent, pour les étudiants, un frein financier, qui peut entraîner de l’automédication ou la consultation de sites en ligne. Mais quand je tape sur Internet mes symptômes, à chaque fois, j’en déduis que j’ai un cancer…

On a supprimé les fameuses « sécus étudiantes ». A partir de la rentrée 2019, tous les étudiants seront affiliés au régime général de l’Assurance maladie, ce qui fait tout de même 220 euros économisés chaque année. On est également en train de transformer les services de prévention en centres de santé dans les universités, pour que les étudiants puissent accéder à des dentistes, des ophtalmos, par exemple, sans dépassement d’honoraire. Plus généralement, avec « 100 % santé », on doit aboutir en 2021 à ce que les lunettes, le dentaire et les audioprothèses soient sans reste à charge. C’est un gros effort, pour un vrai sujet de justice sociale. Enfin, en novembre, une complémentaire santé contributive à 1 euro par jour sera proposée aux Français qui touchent jusqu’à 1.000 euros par mois.

Salomé : Une pilule contraceptive masculine a été testée et prouvée efficace aux Etats-Unis. Qu’en pensez-vous, sachant que la contraception est principalement une responsabilité féminine aujourd’hui ?

Pour le moment, elle n’est pas admise sur le marché français. Mais il y a, plus généralement, un vrai problème de prévention sur la santé sexuelle. Aujourd’hui, les jeunes filles entre 15 et 18 ans ont accès à une consultation sur la contraception. Demain, je souhaite que l’Assurance maladie envoie un courrier pour les prévenir qu’elles ont droit à cette consultation, remboursée et normée, pour une information fiable et diverse, c’est-à-dire qu’on ne va pas parler que de la pilule. Le préservatif peut désormais être remboursé, les médecins peuvent le prescrire sur ordonnance pour un an, aux filles comme aux garçons. Pour promouvoir l’égalité hommes-femmes sur ces questions de sexualité, je travaille sur la vaccination des garçons pour le virus HPV, aujourd’hui réservé aux jeunes filles uniquement en France. Or, les hommes ont aussi un risque de cancers du canal anal, de cancers ORL et surtout de transmettre le virus aux femmes. C’est un enjeu de solidarité.


Agnès Buzyn, ministre de la Santé a rencontré six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril dans les locaux de 20 Minutes.
Agnès Buzyn, ministre de la Santé a rencontré six jeunes de notre panel #MoiJeune jeudi 11 avril dans les locaux de 20 Minutes. - C.Follain / 20 Minutes


Solène : Le 12 mars dernier, le principal syndicat des gynécologues a envoyé un courrier dans lequel il demandait à ses adhérents d’arrêter de pratiquer l’IVG. Ce droit est déjà menacé dans certains départements. La notion de clause de conscience pour l’IVG fait débat. Seriez-vous prête à la supprimer ?

Il faut garantir l’accès à l’IVG pour toutes les jeunes filles. J’ai demandé à mes Agences régionales de santé de faire remonter l’information s’il y a des situations de tension, et que tout soit fait pour apporter une réponse, y compris de demander à des professionnels de se déplacer. Je suis consciente de cette inquiétude. J’ai lancé une mission, dont le rapport sera remis d’ici à la fin de l’année aux parlementaires, sur les conditions réelles d’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire.

Pierre : Concernant le VIH, pourquoi est-il toujours difficile de trouver des médecins formés et informés sur les questions de la Prep [traitement qui évite la contamination] et des TPE [traitement post-exposition, qui limite le risque de contamination] ? Comment favoriser l’accès aux soins et à l’information, notamment pour les LGBT + ?

Le nombre de contaminations du VIH est stable depuis une dizaine d’années, mais beaucoup trop élevé, autour de 6.000 par an. La Prep est pour des communautés à risque. Aujourd’hui, j’essaie de développer des centres de santé communautaires, ce qui n’est pas tellement dans la culture française. Face à certains risques, c’est mieux d’avoir des professionnels très bien formés, justement pour expliquer la Prep. Je réfléchis à ce que les généralistes puissent la prescrire, mais cela nécessite un programme de formation continue des généralistes, car c’est une découverte encore récente. En formation initiale, les médecins seront aussi beaucoup mieux formés sur la prévention des IST, qui augmentent chez les jeunes.

Camille : Que ce soit par des applications, type Yuka, ou les médias, on se rend compte que les perturbateurs endocriniens sont partout, dans l’alimentation comme dans les cosmétiques. Le gouvernement peut-il mettre en place des mesures pour favoriser l’accès à des produits sains ?

Nous avons obtenu de la Commission européenne une définition commune des perturbateurs endocriniens, mais il reste à définir la liste des substances qui peuvent répondre à cette définition et être considérées comme telles. Donc, nous ne savons pas encore parfaitement dans quelle mesure un produit est dangereux, et encore moins quel est l’effet cocktail de ces substances à long terme. Nous avons lancé, avec le Ministère de la transition écologique et tous les autres ministères impliqués, un grand programme de recherche dédié aux perturbateurs endocriniens. On a saisi l’Inserm et l’Anses pour qu’elles nous fassent une expertise collective, un résumé de la somme de connaissances dans le monde sur les produits phytosanitaires. On l’aura fin 2019, ça nous permettra d’y voir plus clair sur les précautions prioritaires que l’on doit prendre.

https://www.20minutes.fr/sante/2495315-20190414-video-agnes-buzyn-face-jeunes-inquiete-deficit-medecins