lundi 9 février 2026

Dijon Santé mentale : un dispositif pour et par les étudiants

Dijon

Santé mentale : un dispositif pour et par les étudiants

Jean Denechau 
https://www.bienpublic.com/*

 Le dispositif Etu’bien à l’université Bourgogne-Europe, créé par la Maison des adolescents de Côte-d’Or, s’inscrit notamment dans ce maillage. Rencontre avec des “étudiants relais”, qui partent à la rencontre de leurs camarades afin de savoir comment ils vont.

« Tu as deux minutes ? » Cette question, certains étudiants la posent toutes les semaines sur le campus universitaire de Dijon. Ils proposent leur aide à leurs condisciples par le biais du dispositif Etu’bien. Imaginée comme un outil de sensibilisation primaire, l’initiative a vu le jour en 2022.

« Le but est de former des étudiants pour diriger leurs pairs en fonction des besoins. On veut capter assez tôt les étudiants qui ne vont pas bien », explique Karyn Alapetite, psychologue et coordinatrice du dispositif au sein de la Maison des adolescents de Côte-d’Or. « Un dispositif d’“étudiants relais”, porté par le service de santé étudiante, qui s’appelle Rescue, venait d’être mis en place à l’université de Strasbourg quand j’ai participé à un congrès en 2016. Je trouvais le principe super. » L’idée est partie de là.

Aujourd’hui, 13 “étudiants relais” composent chaque année l’équipe d’Etu’bien , grâce à des contrats de vacation d’une durée de 20 heures par mois. « Le fait de pouvoir aider les étudiants m’a tout de suite fait accrocher. C’est censé être une des plus belles périodes de notre vie, c’est triste que certains étudiants puissent mal la vivre », raconte Thiébaud, doctorant à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Dijon quand on le questionne sur ses motivations. « J’étais assez renfermé quand je suis rentré en études supérieures. Je me suis dit qu’il y en a d’autres qui vivent un truc semblable. » Nastasia, en deuxième année à l’école de kinésithérapie, abonde : « J’aurais bien aimé connaître un dispositif de ce genre lors de ma première année. »

« Au début, c’est quand même intimidant »

Avec les autres “étudiants relais”, ils ont pour but de créer du lien avec les jeunes présents sur le campus, notamment ceux venant d’arriver, et de les renseigner sur l’offre d’aide à leur disposition, qu’elle soit psychologique, financière ou alimentaire. Huit d’entre eux sont répartis dans les UFR (unités de formation et de recherche) de l’université Bourgogne-Europe, les autres sont présents à l’école de commerce de Dijon, l’Institut régional supérieur du travail éducatif et social (Irtes), l’École nationale supérieure d’art et design (Ensad) de Dijon, le Centre universitaire catholique de Bourgogne et l’école de kinésithérapie.

Pour rencontrer un maximum d’élèves, les “étudiants relais” sont présents aux événements destinés à leurs pairs et pratiquent “l’aller vers”. Sur le papier, rien de plus simple : il suffit d’arrêter les gens qu’ils croisent et d’entamer la discussion. « Au début, c’est quand même intimidant, mais on le fait avec un ancien du dispositif, on prend vite nos marques », reconnaît Savannah, arrivée au sein d’Etu’bien en septembre. Une démarche à laquelle leurs camarades sont, pour la plupart, réceptifs : « À l’entrée de la bibliothèque universitaire, cela marche plutôt bien quand les gens ressortent », confie Nastasia. Si la plupart des interactions sont courtes, les “étudiants relais” assurent que leurs interlocuteurs n’hésitent pas à les solliciter plus longuement si besoin ou à les contacter plus tard, principalement via Instagram.

« Je suis très en lien avec eux »

Ils peuvent également faire face à des situations complexes. « Des fois, c’est compliqué de répondre. On en parle entre nous, on réoriente la personne pour lui apporter une solution, de l’aide, pour qu’elle ne se retrouve pas seule  », explique Thiébaud, “étudiant relais” depuis plusieurs années, après avoir évoqué le jour où une personne leur avait fait part de sa tentative de suicide.

Pour prévenir un mal-être des “étudiants relais” et désamorcer les possibles risques, des temps d’échanges sont organisés. « Je suis très en lien avec eux. On a des temps de réunion de deux heures, deux fois par mois. On prend le temps de discuter. Je les vois également individuellement et ils peuvent venir me parler de ce qu’ils rencontrent », rassure Karyn Alapetite.

C’est censé être une des plus belles périodes de notre vie, c’est triste que certains étudiants puissent mal la vivre.

Thiébaud, “étudiant relais”

Des fois, c’est compliqué de répondre. On en parle entre nous, on réoriente la personne pour lui apporter une solution, de l’aide, pour qu’elle ne se retrouve pas seule.

Thiébaud, “étudiant relais”

J’aurais bien aimé connaître un dispositif de ce genre lors de ma première année.

Nastasia, “étudiante relais”

Contact Tél. 03 80 44 10 10, etubien@chlcdijon.fr, page Instagram : etubien21.

https://www.bienpublic.com/education/2026/02/01/sante-mentale-un-dispositif-pour-et-par-les-etudiants 

ETUDE RECHERCHE ''Sorry to call.''—a narrative approach to overcoming help-seeking barriers among suicidal men

Article Dans Une Revue American Journal of Men's Health Année : 2026



''Sorry to call.''—a narrative approach to overcoming help-seeking barriers among suicidal men

Margot Morgiève  
CERMES3 - UMR 8211 / U988 / UM 7 - CERMES3 - Centre de recherche Médecine, sciences, santé, santé mentale, société
Service de Psychiatrie [CHRU Lille]

Gido Metz 
Maastricht University [Maastricht]

Laure Rougegrez Fonction : Auteur
Service de Psychiatrie [CHRU Lille]

Thomas Delbarre Fonction : Auteur
Service de Psychiatrie [CHRU Lille]

Nathalie Pauwels Fonction : Auteur

Charles-Edouard Notredame Fonction : Auteur
LilNCog - Lille Neurosciences & Cognition - U 1172
Service de Psychiatrie [CHRU Lille]

Résumé

Background: Suicide rates among men remain disproportionately high, in part due to traditional masculine norms that discourage emotional expression and help-seeking. Narrative-based interventions may offer a promising strategy to address these gendered barriers, notably by fostering identification through shared lived experiences. This study aimed to co-design, disseminate, and evaluate lived-experience stories to promote use of the French national suicide prevention helpline (3114). Methods: We conducted a fivephase action-research protocol grounded in co-design principles: (1) semi-structured interviews with men who self-reported a positive experience with 3114 (n = 5); ( 2) collaborative rewriting and validation of their stories; (3) online dissemination via the 3114 website and social media; (4) follow-up interviews with new male readers (n = 7) to explore perceived impact; and (5) narrative optimization. We collected web analytics and qualitative data, which were thematically analyzed to examine the influence of masculine norms on help-seeking and the impact of the narratives. Results: The co-design process enabled the creation of ethically sound, adaptable prevention materials grounded in lived experience. All participants highlighted the negative impact of hegemonic masculine norms on help-seeking, citing fears of being seen as illegitimate, feelings of shame, and the prioritization of others' needs over their own. Male readers strongly identified with the narrators, particularly through shared experiences tied to masculinity. This identification fostered a greater sense of legitimacy, self-efficacy, and readiness to seek help. Notably, some participants reported contacting 3114 after reading the stories. Conclusions: Narrative interventions can reduce gendered barriers to help-seeking among suicidal men by presenting alternative masculine narratives that normalize vulnerability and reframe help-seeking as a legitimate and relatable response to distress. This gender-sensitive approach offers a scalable model for integrating lived experience into suicide prevention strategies. Future research should assess long-term effects and broader applicability.

Mots clés

Suicide prevention  Help-seeking Hegemonic masculinity Narrative-based inter- vention  Digital public health  Lived experience  Crisis helpline  Gendered health behaviours  Men’s health
Domaines Sciences de l'Homme et Société


Fichier principal
2026_Morgiève.pdf (399.14 Ko) Télécharger le fichier


Citer
Margot Morgiève, Gido Metz, Laure Rougegrez, Thomas Delbarre, Nathalie Pauwels, et al.. ''Sorry to call.''—a narrative approach to overcoming help-seeking barriers among suicidal men. American Journal of Men's Health, 2026, 22 (1), pp.69. ⟨10.22514/jomh.2026.006⟩. ⟨hal-05496928⟩

https://hal.science/hal-05496928v1

ETUDE RECHERCHE Chronic accessibility of suicide-related constructs in suicidal behavior

Chronic accessibility of suicide-related constructs in suicidal behavior

Armand Chatard
Alexia Delbreil
Ghina Harika-Germaneau
Marc Besnier
Leila Selimbegovic
Nemat Jaafari
DMG - Département de médecine générale [Université de Poitiers] 

Résumé

Objective: This study examined whether chronic accessibility of suicide-related constructs differs across individuals with a history of suicidal ideation, planning, or attempts. Although situational increases in suicide-related accessibility have been documented experimentally, its chronic elevation among individuals with suicidal histories remains understudied. Method: A large purposive sample of young adults (N = 952) with moderate-to-high depressive symptoms completed a word-completion task assessing chronic cognitive accessibility of suicide- and sadness-related constructs. Participants were classified into four groups based on lifetime history: no suicidal behavior, ideation, planning, and attempts. Results: Suicide-related constructs were more chronically accessible among individuals with a history of suicide planning or attempts, but not among those reporting suicidal ideation alone, compared with individuals with no suicidal history. No comparable pattern was observed for sadness-related constructs. Discussion: These findings suggest that chronic accessibility of suicide-related cognitions may be a content-specific cognitive marker associated with more severe suicidal behavior. Further research is required to clarify its temporal dynamics and potential implications for suicide risk assessment. 

https://hal.science/hal-05442150v1 

 

Armand Chatard, Alexia Delbreil, Ghina Harika-Germaneau, Marc Besnier, Leila Selimbegovic, et al.. Chronic accessibility of suicide-related constructs in suicidal behavior. Psychiatry Research Communications, 2026, 6 (1), pp.100243. ⟨10.1016/j.psycom.2025.100243⟩. ⟨hal-05442150⟩ 

MàJ : Veille stratégique de l’Observatoire National du Suicide réalisée par Monique Carrière, DREES-MiRe, Ministère des Solidarités et de la Santé

L’essentiel de l’actualité documentaire consacrée au suicide

Le sommaire de la veille se présente sous la forme d’une carte mentale proposant sept champs sémantiques (Prévention, Effet de la crise et Inégalités sociales, Groupes à risque, Psychiatrie & Santé mentale, Facteurs psychosociaux, Colloques/Formation, Étonnant).

Miroir des concepts apparus au fur et à mesure du processus de recherche bibliographique, depuis la création de l’Observatoire, elle permet d’avoir un aperçu rapide des champs sémantiques relatifs au suicide, jugés prioritaires par les membres...

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/la-drees/observatoire-national-du-suicide-ons/article/veille-strategique-de-l-observatoire-national-du-suicide

 

Veille stratégique ONS n°58 du 5 février 2026  

 

historique :  

Veille stratégique ONS n° 57 du 4 décembre 2025.
Veille stratégique ONS n°56 du 19 septembre 2025
Veille stratégique ONS n°54 du 11 Juillet 2025 
Veille stratégique ONS n°54 du 17 avril 2025
Veille stratégique ONS n°53 du 6 février 2025
 
Veille stratégique ONS n°52 du 29 novembre 2024
Veille stratégique ONS n°51 du 5 septembre 2024 
Veille stratégique ONS n°50 du 27 juin 2024
Veille stratégique ONS n°49 du 24 avril 2024
Veille stratégique ONS n°48 du 8 février 2024
Veille stratégique ONS n°47 du 24 novembre 2023
Veille stratégique ONS n°46 du 6 septembre 2023

Veille stratégique ONS n°45 du 7 juillet 2023
Veille stratégique ONS n°44 du 26 mai 2023

Veille stratégique ONS n°43 du 24 mars 2023
Veille stratégique ONS n°42 du 20 janvier 2023

Veille stratégique ONS n°41 du 25 novembre 2022
Veille stratégique ONS n°40 du 29 septembre 2022
Veille stratégique ONS n°39 du 3 juin 2022
Veille stratégique ONS n°38 du 25 mars 2022
Veille stratégique ONS n37 du 3 février 2022
 
Veille stratégique ONS n°36 (26 novembre 2021)
Veille stratégique ONS n°35 (22 octobre 2021)
Veille stratégique ONS n°34 (7 septembre 2021) 
Veille stratégique ONS n°33 (30 juillet 2021)

Veille stratégique ONS n°32 (17 juin 2021)
Veille stratégique ONS n°31 (30 avril 2021)

Veille stratégique ONS n°30 (31 mars 2021)
Veille stratégique ONS n°29 (04 février 2021)

Veille stratégique ONS n°28 / (15 décembre 2020)
Veille stratégique ONS n°27 / (9 novembre 2020)
Veille stratégique ONS n°26 / (15 octobre 2020)
Veille stratégique ONS N°25 / (10 septembre 2020)
Veille Stratégique ONS N°24 / (10 juillet 2020)
Veille Stratégique ONS N°23 / (11 juin 2020)
Veille Stratégique ONS N°22 / (30 Avril 2020)
Veille Stratégique ONS N°21 / (26 mars 2020)
Veille Stratégique ONS N°20 / (7 février 2020)
Veille Stratégique ONS N°19/ (13 décembre 2019)
Veille Stratégique ONS N°18/ (28 novembre 2019)
Veille Stratégique ONS N°17 (24 octobre 2019)
Veille Stratégique ONS N°16 (19 septembre 2019)
Veille Stratégique ONS N°15 (22 août 2019)
Veille Stratégique ONS N°14 (11 juillet 2019)
Veille Stratégique ONS N°13 (28 juin 2019)
Veille Stratégique ONS N°12 (16 mai 2019)
Veille Stratégique ONS N°11 (11 avril 2019)
Veille Stratégique ONS N°10 (14 mars 2019)
Veille Stratégique ONS N°9 (14 février 2019)
Veille Stratégique ONS N°8 (18 janvier 2019)
Veille stratégique ONS N°7 (28 décembre 2018)
Veille stratégique ONS n°6 (14 décembre 2018)
Veille stratégique ONS n°5 (29 novembre 2018)
Veille stratégique ONS n°4 (19 novembre 2018)
Veille stratégique ONS n 3 (26 octobre 2018)
Veille stratégique ONS n°2 (15 Octobre 2018)
Veille stratégique ONS n°1 (1er octobre 2018)


Vous pouvez également consulter et télécharger les veilles stratégiques sur le site Web de l’Observatoire National du Suicide à l’adresse suivante :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/article/veille-strategique-de-lobservatoire-national-du-suicide

Page ONS : Observatoire National du Suicide ONS

Source : CARRIERE, Monique (DREES/SEEE/MIRE)

MANIFESTATION 4/03/26 Bordeaux (33) Soirée thématique : “Repérage et Accompagnement de la Crise Suicidaire”





Repérage et accompagnement de la Crise Suicidaire

par CPTS BOOSTE Le 04 mars 2026, de 19h à 22h
🎗 Soirée thématique : “Repérage et Accompagnement de la Crise Suicidaire” – Une approche coordonnée au service de la santé féminine. La CPTS BOOSTE à le plaisir de vous inviter sur cette soirée afin de vous proposer un temps de sensibilisation et de partage autour du repérage et de l’accompagnement de la crise suicidaire, afin de mieux comprendre, mieux agir et ne pas rester seul face à ces situations.

👉 Intervenants de la soirée :

• Association Rénovation

• Association SOS Suicide Phénix

• Clinique Anouste

• Centre Hospitalier Charles Perrens

📅 Cette soirée d’information et de sensibilisation est consacrée au repérage et à l’accompagnement de la crise suicidaire, enjeu majeur de santé publique. Elle a pour objectif de renforcer les connaissances et les pratiques des participants face aux situations de détresse psychique. Nous espérons pouvoir compter sur votre présence pour ce temps d’échange et de réflexion collective.

🥂🍽️ le traditionnel buffet de la CPTS sera bien entendu au rendez-vous pour prolonger les échanges dans un cadre convivial. » 

 L'espace 1er étage de la Chartreuse Saint André

194 Avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny

33200 Bordeaux

France

Information inscription https://www.helloasso.com/associations/cpts-booste/evenements/soiree-sur-le-theme-de-la-crise-suicidaire 

CANADA Un nouvel outil numérique en prévention du suicide

Un nouvel outil numérique en prévention du suicide

Le site web MesOutils.ca vise à prévenir la détresse psychologique par les autosoins.

Publié le 5 février  https://www.ledevoir.com*
Katrine Desautels  La Presse canadienne

Le réseau de la santé et le communautaire s’allient en matière de prévention du suicide et lancent un nouvel outil numérique qui vise à prévenir la détresse psychologique par les autosoins.

Il s’agit d’un projet commun de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) et du Centre provincial d’expertise en technologie de l’information en santé mentale, dépendance et itinérance (CETI-SMDI).

Le lancement du site web MesOutils.ca a lieu jeudi dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide. Il propose aux utilisateurs une plateforme pour faire de la journalisation (journaling), un questionnaire d’autoévaluation, un plan de sécurité, des exercices de respiration et des citations positives.

En tout temps, la personne peut accéder à la section « Besoin d’aide » où elle sera en mesure de rejoindre un intervenant par les canaux traditionnels, comme 1 866 APPELLE ou suicide.ca. L’outil possède également un assistant virtuel, qui n’est pas une intelligence artificielle (IA), qui aide la personne à naviguer sur le site selon ses besoins.

L’intelligence artificielle est un outil à double tranchant en prévention du suicide, mais Hugo Fournier, p.-d.g. de l’AQPS, croit que le Québec pourrait être un leader en la matière. Il rappelle que certains cas de décès par suicide impliquant l’IA ont été documentés aux États-Unis. « C’est une vague qui va déferler, et la question n’est pas : “Est-ce qu’elle va déferler”, c’est : “Quand est-ce que ça va arriver ?” », dit-il.

Un comité national de réflexion sur l’intelligence artificielle en prévention du suicide a récemment été mis sur pied, réunissant différentes expertises, entre autres des psychiatres, des cliniciens, des experts en IA. « Ce qu’on vise l’automne prochain, on aimerait beaucoup être capable de déployer un cadre sécuritaire d’utilisation de l’IA en prévention de suicide », a fait savoir M. Fournier.
Combler le manque de ressources ?

Une première version de MesOutils a été déployée il y a environ cinq ans, en même temps que Suicide.ca. « C’était une application à l’époque, sauf qu’on pensait déjà à MesOutils dans 5-10 ans, comme aujourd’hui on pense à Suicide.ca dans 10 ans. Et l’opportunité qu’on a eue, c’est de créer quelque chose qui n’avait jamais été fait : un mariage entre le réseau public des soins de santé et nous, le communautaire », mentionne M. Fournier.

Jennifer Dahak, codirectrice du CETI-SMDI, affilié à Santé Québec, explique que MesOutils est souvent utilisé en complément à d’autres interventions, comme une psychothérapie, une intervention de crise ou une pharmacothérapie. « Toutes ces options sont valides, dit-elle. Il n’y a pas une seule solution qui fonctionne nécessairement toute seule. C’est l’ajout de toutes ces briques ensemble qui donne à la population le service le plus complet possible. Surtout que c’est accessible 24-7, c’est gratuit et c’est confidentiel. »

Les plateformes d’autosoins du gouvernement se multiplient depuis quelques années. Est-ce que cela est essentiel dans un contexte de manque de ressources ? Mme Dahak reconnaît que l’accès aux services peut être difficile, mais elle soutient que tout le monde n’a pas nécessairement besoin d’une thérapie avec un psychologue.

« Certaines personnes en ont besoin pour certains critères, certains symptômes, des éléments qu’ils vivent au quotidien, mais ce qu’on essaie, c’est de donner à tout le monde une base commune, incluant pour nous-mêmes, pour nos proches et notre entourage », indique-t-elle.

M. Fournier fait valoir que l’outil donne « un peu de pouvoir » aux utilisateurs sur la prise en charge de leur santé mentale. « Seul, ça peut avoir une certaine aide, mais dans le continuum, lorsqu’une personne reçoit de l’aide, elle va pouvoir être autoportante dans ses choix et dans sa prise en charge de sa santé mentale. Je pense vraiment que ça a une différence dans la prévention du suicide, affirme-t-il, parce que lorsqu’on parle de problématique de santé mentale, on veut éviter justement que la personne puisse arriver dans le niveau supérieur où on ne veut pas aller, qui est le suicide. Donc, tout l’aspect en amont, c’est là que se situe l’action. »

Mme Dahak rappelle qu’une personne sur deux qui doit aller chercher de l’aide ne va pas la chercher en raison du stigma et de l’organisation complexe des soins et services. « Ce n’est pas simple de naviguer dans le réseau de la santé et des services sociaux », admet-elle. D’où l’importance de l’outil numérique qui peut faire de la prévention avant d’en arriver aux idées suicidaires.

Chaque jour, en moyenne, trois personnes décèdent par suicide au Québec. Pour chaque décès, entre 20 et 30 personnes font une tentative, et environ 200 vivent avec des idées suicidaires.

MesOutils.ca s’inscrit dans le Plan d’action interministériel en santé mentale 2022-2026.

Besoin d’aide ?

N’hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

Pour obtenir de l’aide concernant votre santé mentale ou celle d’un proche, n’hésitez pas à contacter le service Info-Social 811.

 

https://www.ledevoir.com/actualites/sante/953895/nouvel-outil-numerique-prevention-suicide?