vendredi 27 mars 2020

MàJ POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Region se reorganisent

Voir aussi POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 : informations ressources

Quelques exemples néanmoins toutes les structures se réadaptent n"hésitez pas à contacter les acteurs de santé mentale près de chez vous pour connaitre leurs modalités.



*** 

Quimper : une cellule d'écoute et de soutien psychologique mise en place par l'hôpital L'hôpital Etienne-Gourmelen de Quimper met en place une ligne d'écoute et de soutien psychologique pour les week-ends. / © Claire Louet / France Télévisions

L'hôpital psychiatrique Etienne-Gourmelen instaure une cellule d'écoute chaque week-end, à compter de ce 28 mars, en plus de l'accueil en semaine. En cette période de confinement, le directeur redoute une "crise psychologique".

Par J. Jeunemaître Publié le 28/03/2020 à 15:41 Mis à jour le 28/03/2020 à 18:11

La période de confinement pourrait provoquer des crises d'angoisses, entraîner des comportements agressifs, voire amener des idées suicidaires.

En prévention, l'hôpital psychiatrique Etienne-Gourmelen, à Quimper, ouvre une cellule d'écoute et de soutien psychologique les samedis et dimanches, de 10 h à 18 h. Le dispositif est mis en place à compter de ce week-end.

Objectif : "prévenir une crise psychologique", explique Yann Dubois, directeur de l'établissement, tout en évitant le passage aux urgences déjà chargées, et où le virus circule plus facilement.

L'hôpital se prépare à un afflux de patients
"Nous avons déjà eu des signaux faibles, c'est-à-dire des hospitalisations en urgence de personnes non-suivies chez nous, pour des problématiques liées au confinement", poursuit le directeur.

Les patients qui décompensent peuvent être isolées ou à l'inverse confinées dans un environnement familial dégradé.
En amont de cette crise, l'hôpital a "acceléré la sortie de patients stables en capacité de rentrer chez eux" pour libérer des lits. Une unité de 14 lits supplementaires sera ouverte à partir de ce lundi.

Les centres médico-psychologiques ouverts en semaine
Une infirmière et un psychologue sont dédiés au soutien téléphonique ; ils assurent un suivi du patient ou le réorientent si besoin.

Les professionnels des sept centres médico-psychologiques, rattachés à l'hôpital, restent évidemment à l'écoute en semaine. Les sites effectuent la grande majorité de leurs entretiens par téléphone, depuis le début du confinement.

"Les 10 000 patients habituellement suivis en ambulatoire sont rappelés régulièrement pour ne pas perdre le lien. Nous ne n'organisons des consultations physiques que dans des cas particuliers pour limiter la propagation du virus", précise Yann Dubois.

Numéro à composer :

La cellule d'écoute est joignable par le standard au 02.98.98.66.00
Les urgences psychologiques restent ouvertes 24H/24

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/quimper/quimper-cellule-ecoute-soutien-psychologique-mise-place-hopital-1808054.html

***
 Santé Covid-19 : le travail des psys ne fait que commencer
Depuis le 17 mars et l'entrée en vigueur du confinement à l'échelle nationale, l'association normande Terra Psy a mis en place un numéro vert pour permettre à chacun de confier à des professionnels ses inquiétudes et ses angoisses. Elle reçoit chaque jour des dizaines d'appels de personnes en grande souffrance psychique.
Par Charlotte David (Destination Santé) - 27 mars 2020

D’ordinaire, les psychologues de Terra Psy s’occupent plutôt d’une patientèle locale, du Havre et des environs.

Mais depuis que leur numéro vert (0 805 383 922*) est actif, les gens téléphonent de partout.

« On reçoit beaucoup d’appels de la région de Strasbourg et des régions les plus touchées », indique Nora Abed, psychologue clinicienne au sein de l’association.

« Des gens avec des proches en réanimation, dont ils ne savent pas s’ils vont vivre ou pas ».

Il y a aussi des « petites mamies, qui appellent juste pour parler. Ou qui ont été repérées par leurs aides à domicile, et c’est nous qui appelons ».

Des jeunes enfermés avec leurs parents, et qui « pètent les plombs ». Des personnes dépendantes à l’alcool ou autres, qui ne « savent pas comment ils vont gérer, avec les consultations addicto et les groupes de parole annulés ».

Des personnes qui craignent le « passage à l’acte », les violences sur les femmes ou les enfants.

Des cas « psychiatriques, pathologiques, qui s’inquiètent pour leurs médicaments ».

Et beaucoup, beaucoup de personnes qui souffrent d’isolement, et « qui ont peur de mourir seules. Il faut les rassurer ».
La vie, la mort

Face à une maladie apparue soudainement et qui peut vous emporter en quelques jours, on parle beaucoup de vie et de mort au téléphone de Terra Psy. Comment rassurer ?

« On leur conseille d’éviter de regarder les infos en boucle. Juste une ou deux fois par jour, pas plus ».

Et surtout, on écoute : « certains nous appellent le matin, après avoir pleuré toute la nuit. Ils ont peur de leur propre mort, de celle de leurs proches ». Il y a aussi des gens qui appellent plusieurs fois par jour, et dont l’état s’améliore au fil des conversations.

« En parlant et en ayant un écoutant, on donne consistance à la pensée. Elle ne tourne pas à vide, sans réponse », explique Nora Abed.
Décompensation

Avec une semaine de recul, la psychologue clinicienne commence aussi à mesurer les effets spécifiques du confinement. La décompensation par exemple, ou « quand une fragilité mentale contenue, comme une dépression masquée contenue par le travail, est frappée par un événement extérieur. La fragilité n’est alors plus contenue, elle ‘exulte’ ».

Et les symptômes apparaissent, immédiatement ou à distance de l’événement. Troubles obsessionnels compulsifs, syndrome de stress post-traumatique, phobies…

« On a déjà des personnes qui développent des TOC, qui ont les mains brûlées à force de les laver. On sait aussi que certains continueront de ne plus sortir de chez eux ».

C’est peu dire que la situation inquiète Nora Abed, surtout « quand on va dépasser les 15 jours – 3 semaines de confinement. Ça va devenir très compliqué ».

La professionnelle est pour l’instant « dans l’action » mais pense déjà à l’après. « Nous avons des indicateurs d’appels, un journal de bord. Quand ce sera fini, il y aura une évaluation scientifique, travaillée par une équipe médicale ».

En attendant, elle se réjouit de la grande solidarité des partenaires habituels de Terra Psy. Et de pouvoir compter sur des psychologues, psychiatres et pédopsychiatres, qui ont spontanément proposé leurs services à l’association.

* Les consultations sont gratuites et proposées en français, anglais et arabe. L’association est soutenue par l’ARS de Normandie.
https://www.ledauphine.com/magazine-sante/2020/03/27/covid-19-le-travail-des-psys-ne-fait-que-commencer 



***

Plateforme téléphonique « Santé Mentale covid 19 » mise en place par le CHS de la Savoie
ligne d’écoute et d’orientation pour la population de Savoie, centrée sur le mal-être psychique lié à la période actuelle (confinement, COVID-19…)
Numéro direct : 04 79 60 31 00


Le CHS de la Savoie met en place une ligne d’écoute et d’orientation pour la population de Savoie, centrée sur le mal-être psychique lié à la période actuelle (confinement, COVID-19…).

Objectifs :
proposer à la population de Savoie un dispositif de soutien en cette période de crise impactant fortement la santé mentale
délester le centre 15, voire le standard du CHS de la Savoie
limiter le recours aux urgences psychiatriques, et aux hospitalisations
accueillir les personnes en souffrance, non connues du CHS, dans le cadre d’un dispositif dédié permettant évaluation, orientation, et le cas échéant, mise en œuvre des soins en Centre Médico Psychologique
limiter le risque d’un déplacement erratique des personnes à la recherche d’une aide en santé mentale, en identifiant précisément un dispositif téléphonique d’accueil des situations relevant de la santé mentale

Principes d’orientation vers la ligne dédiée :
Appel direct pour toute personne en difficulté psychique pendant la période épidémique

Horaires de fonctionnement :
Ligne d’appel ouverte du lundi au vendredi de 9h à 16h30

Équipe composée d’un médecin régulateur, de psychologues, d’une assistante sociale, et d’une secrétaire.

N’hésitez pas à diffuser autour de vous ! accès au site internet du CHS de la Savoie
https://www.bassens-savoie.fr/plateforme-telephonique-sante-mentale-covid-19-mise-en-place-par-le-chs-de-la-savoiee/

***



Coronavirus et confinement. Ennui, anxiété ou stress : une équipe de psychologues à votre écoute
La Fondation Bon Sauveur, de Bégard (Côtes-d'Armor) a mis en place une plateforme téléphonique de soutien psychologique. Accessible à tous. Les appels sont anonymes et gratuits



Mélanie Coquelin, Marine Deniau et Caroline Le Roux comptent parmi les six psychologues de la Fondation Bon Sauveur de Bégard (Côtes-d'Armor) à s'investir dans cette plateforme d'écoute et d'aide.
Mélanie Coquelin, Marine Deniau et Caroline Le Roux comptent parmi les six psychologues de la Fondation Bon Sauveur de Bégard (Côtes-d’Armor) à s’investir dans cette plateforme d’écoute et d’aide. (©L’écho de l’argoat)
La Fondation Bon Sauveur de Bégard, près de Guingamp (Côtes-d’Armor) se mobilise pour soutenir les personnes en cette période de confinement.
Elle a mis en place une plateforme téléphonique de soutien psychologique. Elle est destinée aux particuliers comme aux professionnels confrontés à des difficultés psychiques.
Au bout du fil, six psychologues cliniciennes apportent une écoute, un soutien 7 jours sur 7, de 9 h à 17 h. Le numéro d’appel est le 02 96 12 12 25. C’est anonyme et gratuit.

« Un réel risque d’épuisement et de surcharge émotionnelle »
Les initiateurs de ce dispositif expliquent :
Pour tous les publics, la plateforme se veut un espace d’expression, un lieu d’échange apaisant, libérant la parole, donnant des éclairages aux questions 
Dans cette période de confinement, personne n’est épargné : particuliers (adultes et enfants), professionnels hospitaliers (soignants et administratifs, de résidences ou de foyers, libéraux, intervenants à domicile, etc.)
« Nous souhaitons être un recours aux personnels hospitaliers qui vivent au jour le jour la montée du stress face aux adaptations quotidiennes dans leur pratique, et retrouvent le soir un foyer confiné. Il y a là un réel risque d’épuisement et de surcharge émotionnelle », assurent les psychologues de la Fondation Bon Sauveur.
«Chacun est confronté à des questionnements et des doutes face au Covid-19 et au confinement, ce qui est légitime car nous traversons une crise sanitaire exceptionnelle.»

« Un simple échange téléphonique suffit parfois à apaiser un mal-être »
« L’ennui, la frustration, le doute sont des ressentis légitimes dans ce contexte. Mais lorsqu’une personne ressent davantage d’anxiété voire d’angoisse, de peurs, de tristesse, plus de tensions en elle, c’est que cette situation devient difficilement gérable psychiquement. D’où la nécessité d’avoir un dispositif permettant de mettre des mots sur ces maux », poursuivent les professionnelles.
Les psychologues concluent :
Il ne faut pas hésiter à appeler. Un simple échange téléphonique suffit parfois à apaiser un mal-être. Si besoin, au cas par cas, dans des problématiques croisées (troubles sévères de l’anxiété, couplage avec des addictions, pensées morbides, etc.), nous orienterons vers les structures adéquates
Cette plateforme téléphonique de soutien psychologique est conçu pour pouvoir évoluer en fonction du nombre d’appels. Si le besoin s’en faisait sentir, d’autres psychologues de la Fondation Bon Sauveur viendraient renforcer les effectifs.
L’équipe de soutien psychologique est coordonnée par Marine Deniau. A ses côtés, Mélanie Coquelin, Caroline Le Roux, Sophie Thébert, Gwénaëlle Barrier, Laurie Jakubek répondent aux personnes avec un éclairage clinique. Le Dr Jacques Bernard assure la supervision médicale de l’équipe et Jean-Yves Déréat, la coordination.
https://actu.fr/bretagne/guingamp_22070/coronavirus-confinement-ennui-anxiete-stress-une-equipe-psychologues-ecoute_32604752.html


***
 

Département 13
La CUMP 13 offre un soutien psychologique aux soignants et à la population
Coronavirus 26/03/2020

Dans un communiqué la CUMP indique qu'elle "offre un soutien psychologique aux soignants et à la population

La situation inédite liée à l'épidémie de COVID-19 peut induire de l'angoisse, du stress et des symptômes chez de nombreuses personnes. Les patients déjà suivis en psychiatrie perdent leurs repères de continuité et de normalité. Les soignants, confrontés à de fortes pressions, peuvent se retrouver en situation délicate. Dans ce contexte, l'équipe de la Cellule d'Urgence Médico-Psychologique (CUMP13) des Hôpitaux Universitaires de Marseille – AP-HM a mis en place différents dispositifs afin de répondre au mieux aux besoins et attentes des soignants et du public.

Avec le soutien de professionnels de santé formés au repérage du stress et des traumatismes psychiques, elle propose :

une hotline dédiée à tous les personnels de l'AP-HM ;
une plate-forme de rappel téléphonique - sur repérage des personnels soignants - pour l'accompagnement des familles endeuillées par la perte d'un proche du COVID-19 ;
une veille, en collaboration avec l'équipe du SAMU, pour les usagers éprouvant du stress ou de la détresse psychologique liée au confinement.
Ces dispositifs téléphoniques s’inspirent directement de l’éthique de l’inquiétude, de la clinique du souci et du principe du « connectedness ». Il s’agit de rester en lien.

A l'échelle départementale, la CUMP travaille en lien avec la sectorisation psychiatrique publique et le secteur libéral des Bouches-du-Rhône qui soutient sa patientèle en téléconsultation.

A l'échelle régionale, elle se coordonne à la fois avec les centres hospitaliers de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et les autres CUMP de France et des DOM TOM.

Pour assurer ces services, la CUMP13 s'appuie sur les recommandations nationales, son évaluation des besoins locaux et son expertise forte en situation de crise per et post traumatique".
https://www.maritima.info/depeches/coronavirus/marseille/66654/la-cump-13-offre-un-soutien-psychologique-aux-soignants-et-a-la-population.html


***

Coronavirus : 6 questions à des psychiatres de la Manche



Par Jacqueline Fardel, France Bleu Cotentin

Manche, France
17 psychologues de la Fondation Bon Sauveur de la Manche sont mobilisés aux côtés du SAMU 50 pour prendre en charge les appels relevant d'un soutien psychologique .



Des permanences téléphoniques assurées dans le Cotentin pour aider à gérer les angoisses de toute la famille © Radio France - Claire Leys


Questions aux Docteur Michel DAVID et Docteur Julien DERDOUR, psychiatres à la Fondation Bon Sauveur, qui intervient sur une grande partie du territoire de la Manche

Vers quels services orienter les personnes qui en auraient besoin ?  
Les consultations et activités non urgentes ont été déprogrammées dans nos services ambulatoires -notamment dans les Centres Médico-Psychologiques et les Hôpitaux de Jour. Mais des permanences téléphoniques sont mises en place pour maintenir le lien avec les patients et continuer à leur apporter des réponses et du soutien. Lorsque cela est nécessaire, des rendez-vous individuels peuvent encore être organisés (dans le respect des mesures barrières et règles de distanciation) pour les situations les plus critiques. Il ne faut donc pas hésiter à appeler les services dans lesquels on est habituellement suivis. Il y a aussi un suivi en pédopsychiatrie à distance. Et nous envisageons si cela est nécessaire d’utiliser un dispositif de télémédecine.  
Au niveau national, l’association Terra Psy – Psychologues sans frontières a mis en place une plateforme téléphonique gratuite avec des psychologues qui répondent de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 du lundi au vendredi au 0 805 383 922 
Quels sont les problématiques particulières que l’on recense actuellement, liées au coronavirus et au confinement ?  
A ce jour, les principales demandes sont un besoin de contenance de la part de nos patients. Ce besoin est conséquent de l’anxiété que génère l’épidémie de COVID et le confinement à la maison.  
Nos patients sont inquiets face à leur propre état de santé (car il est bon de rappeler que la majorité des patients souffrant de pathologie psychiatrique ont des comorbidités somatiques, à savoir troubles cardio-vasculaires, diabète, surpoids…), mais ils sont également inquiets pour leurs proches. Ce climat actuel renforce sans nul doute l’incertitude ou la frustration, la solitude et l’ennui chez des patients qui en temps normal ont peu d’étayage proche.  
A ce jour, on ne recense aucune prédominance de pathologie spécifique à risque de décompensation. Cela s’explique par le fait que ne nous sommes qu’au début du confinement et que nous sommes dans une démarche « pro-active » a appeler chacun de nos patients.  
Par contre si la situation se prolonge nous serons exposés à un nombre de cas d’épisode dépressif majeur et à des cas de stress post traumatique.  
Auriez-vous quelques conseils à donner aux personnes pour bien vivre cette période de confinement ? Surmonter les angoisses qui pourraient surgir ? 
Cette période de crise sanitaire, alliée à la nécessité du confinement, s’associe sans nul doute à des facteurs de stress et à une détresse émotionnelle forte. Voici quelques rappels de stratégies de maintien du bien-être que l’on peut apporter à la population générale :  
  • Répondre aux besoins fondamentaux : manger, boire, dormir 
  • Réduisez l’ennui et l’isolement : la planification d’activités peut aider à réduire l’ennui et diminuer les ruminations autour des symptômes  
  • Gardez le contact : Protégez et soutenez les autres. Se soutenir les uns les autres est bénéfique. Favorisez les nouvelles technologies (Whatsapp, messenger…) pour faciliter les échanges  
  • Développez l’entraide : s’ouvrir à ceux qui sont fragiles et dans le besoin.  
  • Limitez l’exposition aux médias : les images et les messages inquiétants augmentent le stress. Limitez l’exposition aux informations 1 à 2 fois par jour sur une durée limitée (pas plus de 30 minutes à chaque fois)  
  • Normalisez l’anxiété sans céder à la panique : pratiquer la cohérence cardiaque (application « Respirelax » ), pratiquer des exercices de respiration ou de méditation de pleine conscience (vidéos sur youtube de Christophe André par exemple)  
  • Auto-surveillance : décelez tout symptôme de dépression ou de stress (tristesse prolongée, troubles du sommeil)  
Et chez les plus jeunes, à quoi doit-on être attentif ? 
Dans cette période unique il faut pouvoir identifier le stress des enfants et adolescents. Il est important d’identifier les modifications de comportements en lien avec une modification émotionnelle, à savoir :  
  • L’apparition de pleurs ou une certaine irritabilité  
  • La présence d’énurésie ou d’encoprésie  
  • Une inquiétude excessive ou de la tristesse  
  • Des difficultés attentionnelles  
  • Des conduites d’évitements  
  • Une somatisation excessive (maux de tête ou des douleurs inexpliquées)   
Avez vous quelques conseils pour venir en aide à nos enfants et adolescents ?
  • Favoriser les temps d’échanges : Répondez aux questions de manière simple et compréhensible   
  • Conserver une routine quotidienne (se laver, se coucher, manger à heures régulières…)  
  • Consacrer des heures pour le travail scolaire mais aussi pour la détente (la nécessité d’un besoin de continuité pour leur apporter de la sécurité)  
  • Partagez avec eux vos stratégies pour faire face à votre propre stress, afin qu’ils apprennent de vous   
  • Limitez les médias 
  • Favoriser les contacts avec les amis et les membres de la famille via les supports médias
Qu’en est-il des personnels soignants et autres professionnels des établissements de santé ?   
Sur le plan collectif, un psychiatre et des psychologues passent régulièrement dans les services pour apporter du soutien, rappeler les bonnes pratiques, éviter la désinformation et appuyer la valeur de la fonction soignante. Des ateliers de médiation pourront également être mis en place (musicothérapie, relaxation….). Le but est d’éviter la contagion anxieuse et émotionnelle  
Sur le plan individuel : chaque professionnel peut solliciter un soutien psychologique et, si besoin, une consultation psychiatrique individuelle. Une plateforme nationale est également à leur disposition via un numéro vert ou une application sur smartphone ou tablette (plateforme de l’association « SPS »)  
Le mot d’ordre actuel est « la contenance » : contenance psychique pour nos patients, nos soignants et pour la population générale et une contenance que chaque parent doit instituer au sein des familles. 
https://www.francebleu.fr/infos/societe/coronavirus-5-questions-a-des-psychiatres-du-cotentin-1585242576 


*** 
Coronavirus à Bordeaux : via un numéro vert, l’hôpital Charles Perrens offre un accompagnement psychologique


Stress, isolement, etc. Les conséquences du coronavirus ne sont pas que physiques. L'hôpital Charles Perrens de Bordeaux (Gironde) propose un accompagnement psychologique gratuit.

Le numéro mis à disposition par l’hôpital Charles Perrens est gratuit. (©PxHere)
C’est tout nouveau. Ce jeudi 26 mars 2020, le centre hospitalier spécialisé Charles Perrens à Bordeaux (Gironde) vient d’inaugurer un dispositif téléphonique d’accompagnement psychologique.
Angoisse, stress, solitude, isolement, tensions… Les conséquences du coronavirus ou du confinement sont parfois sournoises et échappent aux symptômes habituellement pointés en cas d’infection au Covid-19 : fièvre, toux sèche, fatigue…
Un dispositif gratuit
La docteur Chantal Bergey, psychiatre cheffe de pôle et responsable du dispositif, et une équipe de psychologues de l’hôpital ont mis en place cette plateforme, disponible gratuitement du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, via un numéro vert.
Le numéro vert : 0 800 71 08 90
https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bordeaux_33063/coronavirus-bordeaux-via-numero-vert-lhopital-charles-perrens-offre-accompagnement-psychologique_32585221.html

***

Meuse | Coronavirus La Maison des adolescents reste active pendant le confinement
Par M. B. 26/03/2020
La structure a mis en place une permanence téléphonique du lundi au samedi et une présence renforcée sur les réseaux pour rester à l’écoute des jeunes et de leur entourage. Photo ER /DR

La MDA est composée de professionnels

La Maison des adolescents réunit des professionnels de santé (psychologue, psychiatre, médecin, infirmières) et des travailleurs sociaux, qui exercent auprès de jeunes (11-25 ans) et de leurs proches. Les rendez-vous physiques étant désormais proscrits, la MDA a institué une permanence téléphonique.

Elle est à l’écoute des ados et de leurs proches

Mal-être, confinement, conflits familiaux, isolement, anxiété, manque, cyberharcèlement… Les professionnels de la MDA sont à l’écoute pour tenter d’apporter des réponses à toutes les problématiques rencontrées par un jeune et, par ricochet, ses proches.

Elle joignable par téléphone et sur Internet

Ces pros sont en effet joignables par téléphone (03.29.85.15.76), par SMS (07.60.92.85.09), par mail (contact@mda55.fr) ou via la page Facebook de la Maison des adolescents de la Meuse. La permanence est assurée du lundi au samedi, de 9 h à 20 h. La MDA a aussi musclé sa présence sur les réseaux sociaux (Snapchat) et organisera des Facebook live les mercredis et vendredis, à 17 h, à partir du 1er avril.

Elle soutient Les Promeneurs du net

Ce dispositif accessible via le site promeneursdunet.fr offre, comme il l’indique, « une présence éducative sur Internet ». Le promeneur écoute, conseille et accompagne les jeunes afin de répondre à leurs multiples interrogations.

Les parents au cœur du dispositif Triple P

Porté par Resadom (Réseau de l’adolescent en Meuse, la structure qui coiffe notamment la MDA), Triple P est un programme de parentalité positive. Il s’adresse à tous les parents d’enfants de 0 à 12 ans, qui s’interrogent sur le comportement de leur progéniture mais qui rencontrent des problèmes de mobilité ou de temps. Le programme est accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 sur le site de l’Agence régionale de santé.
https://www.estrepublicain.fr/edition-verdun/2020/03/26/la-maison-des-adolescents-reste-active-pendant-le-confinement

*** 

La Maison des adolescents est ouverte  

Vivre à Angers Jeunes à Angers
Publié le 26-03-2020

Durant cette période de crise sanitaire et de confinement, la Maison des Adolescents de Maine et Loire maintient son dispositif d’accueil téléphonique et d’écoute sur ces différents sites (Angers, Cholet, Saumur, Baugé). Pour les habitants du territoire Angers Loire Métropole vous pouvez joindre un professionnel sur le site de la MdA d’Angers du lundi au vendredi de 9h à 17h. Pour rappel, la Maison des Adolescents est un dispositif de prévention des questions et troubles liés à l’adolescence sur différentes thématiques : vie familiale, vie affective, scolarité, mal-être, relations avec les pairs… Les adolescents 11-21 ans, l’entourage (les parents, grands parents, amis, voisins..) et l’ensemble des professionnels peuvent contacter et solliciter une aide auprès des professionnels de la Maison des Adolescents pour une question ou un problème. Pour les contacter : 02 41 80 76 62 ou contact@maisondesados-angers.fr
 http://www.angers.fr/vivre-a-angers/jeunes-a-angers/actualites/62918-la-maison-des-adolescents-est-ouverte/

*** 
 Normandie


Coronavirus confinement : la solidarité s'organise pour les alcooliques et les dépressifs
Après 10 jours de confinement, les associations normandes d'écoute tirent la sonnette d'alarme. Femmes battues, personnes addictives, malades psychiques, toutes les réunions de groupes de parole sont logiquement annulées. Des situations personnelles vont forcément s'aggraver.

Par David Frotté

"Ils ont peur d'une rechute. Le temps est très long pour eux." Brigitte Le Suez est inquiète. La responsable de la Croix bleue sur Caen téléphone régulièrement à ses membres les plus fragiles, ceux qui ont arrêté l'alcool tout récemment. "J'en ai cinq qui sortent tout juste de cure, aux Essarts. Il leur faut absolument un suivi. Je les ai tous les deux jours, ils ont l'air d'aller, pour l'instant."
Ils ont peur d'une rechute. Le temps est très long pour eux.
C'est justement ce "pour l'instant" qui pose problème. Le confinement va sûrement durer, le conseil scientifique conseille de le prolonger six semaines. Difficile dans ces conditions de garder un lien, d'évaluer le moral, l'évolution de quelqu'un sans voir physiquement la personne. "D'habitude, on se réunit tous les mardis soir, pendant 1h30." Un futur voyage de groupe a également été annulé en avril prochain.
Au moment où l'épidémie de coronavirus s'étend sur la Normandie, le stress augmente. Il est alors tentant de boire un verre de vin ou d’allumer une cigarette. Pour les personnes dépendantes à l’alcool, au tabac ou à la drogue, cette période présente donc de réels dangers.

Pour continuer à répondre à ses 6.000 membres en France, des visio-réunions ont été mises en place. Le principe reste identiques aux réunions classiques, même dans ces salles virtuelles : un modérateur commence et  passe la parole en suite aux personnes.

Ces visio-réunions sont une autre découverte, avec de nouvelles rencontres
Marie-Jeanne et Yves sont membres des alcooliques anonymes, abstinents depuis respectivement 23 et 16 ans. Retraité, le couple de l'agglomération rouennaise vient de participer à la mise en place de ces nouvelles façons de se réunir.
"Bien sûr ce coronavirus est quelquechose qui change nos rituels", reconnait Yves." Hors COVID, j'assistais à deux réunions par mois. Ca nous coupe de nos amis. Lundi et mardi, j'ai ressenti une sorte de manque, d'impuissance à ne pas pouvoir y aller." Marie-Jeanne aimerait bien rendre visite à sa maman de 90 ans, mais elle ne veut pas la contaminer. "On est redevenu des citoyens responsables, et oui ce confinement se passe bien."
La solidarité est là, on essaie de s'en sortir tous ensemble
Ils le reconnaissent tous deux, rien ne remplace l'échange en face-à-face"Mais ces visio-réunions sont une autre découverte, sourit Yves. "Avec de nouvelles rencontres même à l'étranger, de nouvelles problématiques. Il y a toujours un chouia de positif, il faut savoir en profiter." Peut-être plus facile à gérer quand on a leur experience. "Les plus jeunes "amis" peuvent désactiver la vidéo si ils veulent, et rester uniquement en appel vocal", renchérit Marie-Jeanne. "Ils ont peut-être plus besoin de notre aide en ce moment, la solidarité est là, on essaie de s'en sortir tous ensemble."
 
La difficulté de contrôle sur la médicamentation des malades psychiques

 Autre groupe de parole normand, celui de l'antenne régionale de l'Unafam, union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques. "D'habitude, on propose une réunion par mois aux familles de malades psychiques (parents, frères et soeurs), pour qu'elles travaillent sur elles-mêmes", rappelle  son responsable Eric Medrinal. "Je sors d'une visio-conférence nationale, où il a été annoncé qu'il pourrait y avoir, sur demande, des conversations individualisées avec un psychologue."



© picture alliance / Frank May/Newscom/MaxPPP
© picture alliance / Frank May/Newscom/MaxPPP

Si il n'y a pas de prise de médicaments, tout peut dérailler
Ce qui lui fait peur, ce sont aussi les répercussions après coup. "Beaucoup de nos malades avaient un infirmier qui passaient chaque jour pour vérifier la prise de médicaments. C'est un point essentiel. Si il n'y a pas de prise, tout peut dérailler. J'ai justement eu un appel hier d'une famille qui s'angoissait pour son fils, qui veut rester seul dans son logement, à 10 km de chez eux." Alors les bénévoles essaient de maintenir le contact par téléphone.
Les groupes d'entraide mutuelle ont aussi été mis en sommeil. Hors, ils créent le lien social, et les personnes apprennent à reprendre des responsabilités, c'est précieux."
Je m'attendais à une surchage d'appel, c'est le silence complet ou presque
Alain Fouchard, le président régional de France dépression, s'interroge. La permanence téléphonique de son association est toujours là, mais 3 appels de membres en 15 jours de confinement, "c'est bizarre. Je m'attendais à une surcharge d'appel". Les quatre réunions mensuelles annulées, il ne reste là aussi que le téléphone pour communiquer. "Je prépare justement un sms pour tous nos membres, pour leur dire de ne pas rester à se morfondre sur le canapé."

Numéros d'écoute
Unafam : 01.42.63.03.03 (National)
France dépression : 07 71 77 72 35 (Rouen)
Alcooliques anonymes : 09.69.39.40.20 (National)
La croix bleue : 02.31.86.48.14  / 06.03.96.17.01 (Caen)
                         06.58.23.44.73 (Le Havre)

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/coronavirus-confinement-solidarite-s-organise-alcooliques-depressifs-1806216.html 

*** 


Covid-19. Le CHU de Lille organise un dispositif d'accompagnement des endeuillés 
Publié le 25 Mars 2020 https://www.santementale.fr*

L’équipe du pôle de psychiatrie du CHU de Lille a réalisé une fiche sur le dispositif d'accompagnement et de soutien aux endeuillés. Une ressource disponible sur le site du Centre national de ressources et de résilience (CN2R).

Le nombre attendu de décès liés à la Covid-19 est élevé. Pourtant, les restrictions drastiques de visites dans les services de réanimation, de contacts avec le corps, de possibilités de rassemblement, et de tenue habituelle des rites funéraires compliquent sérieusement l’entrée dans le deuil des proches. De plus, les règles de confinement strict compromettent le renforcement du tissu social qui vient habituellement en soutien des endeuillés ce qui laisse présager un risque accru de deuil compliqué, voire pathologique. Les objectifs du dispositif d’accompagnement et de soutien aux endeuillés de la Covid-19 mis en place au sein du CHU de Lille sont notamment les suivants :

1. Soutenir les proches des patients décédés de la Covid-19 (famille et amis), qu’il s’agisse d’enfants, d’adolescents ou d’adultes,

2. Assurer des missions d’accompagnement, d’évaluation et de prévention psychosociale pour les endeuillés,

3. Porter la représentation d’un souci collectif et sociétal à l’égard du deuil des proches.

La fiche précise le rôle de chaque professionnel, en particulier le psychologue dans le soutien aux proches et le repérage de deuils pathologiques ou à risque de le devenir, et le psychiatre « dans les situations de crise suicidaire, deuil pathologique ou vulnérabilité psychique préexistante ». Il procède « à une évaluation clinique des membres de la famille à risque, apporte une première réponse sanitaire, oriente vers les dispositifs de soin de droit commun chaque fois que nécessaire. » Par ailleurs il coordonne l’équipe et apporte un soutien à ses membres. Une supervision de l’équipe d’accompagnement et de soutien est assurée, toutes les 2 semaines, par un professionnel clinicien de l’association Vivre son Deuil.

Voir l'intégralité du document

https://www.santementale.fr/actualites/covid-19-le-chu-de-lille-organise-un-dispositif-d-accompagnement-des-endeuilles.html
***

Pays de la Loire Loire-Atlantique Nantes
Coronavirus et confinement : psys et associations à l'écoute des plus fragiles d'entre nous


Avant même les annonces de confinement, certains ont été pris de peur panique et de crises d'anxiété. Des psychologues et des associations ont décidé d'assurer une permanence des écoutes et des soins, à distance. Pour ne laisser personne sur le bas-côté.  
Par Sandrine Gadet avec Fabienne Béranger
La période est rude. Pour tout le monde. Mais encore plus difficile à vivre pour bon nombre d'entre nous.

Que ce soit la mère de famille qui élève seule ses enfants dans un appartement HLM avec vue sur les tours, le célibataire solitaire qui se réfugie déjà d'ordinaire derrière son ordinateur, ceux qui, depuis longtemps, ont largué les amarres familiales et n'ont pas de vie sociale, ou pas d'argent pour s'en offrir une.

Pour les plus fragiles, le confinement peut s'avérer une terrible épreuve psychologique. De celle qui risque d'engendrer des comportements (crises de nerfs, tachycardie, spasmophilie, suffocation...) particulièrement délétères pour leur santé physique et mentale.

[...]

Un accompagnement plus nécessaire que jamais

Le confinement imposé vient renforcer la solitude et la détresse des personnes les plus précaires.

"Il était évidemment hors de question de laisser nos bénéficiaires sans aucun recours" explique Malika Darmoungar. Depuis 2016, Malika est la responsable de l'association AlterSoin 44.

Située au sud du quartier des Dervallières, à Nantes, la structure propose des consultations, à tout petit prix, dans neuf disciplines alternatives à des personnes qui vivent avec des revenus infimes.

"Nous accueillons 700 personnes dont le quotient familial est inférieur à 700 euros. Mais 80% d'entre eux sont plutôt à 500 et leurs besoins de soutien sont énormes" précise Malika.

La plupart des personnes qui font appel à l'association sont, non seulement, en grande précarité financière mais surtout en grande souffrance. "Ce sont des personnes qui ont connu beaucoup de maltraitance physique et psychique... Le confinement risque de fragiliser encore plus notre public. À la base, ils ont besoin de nous et il faut leur montrer qu'on est là pour eux".

Si certaines thérapies comme le shiatsu, les massages ou l'ostéopathie sont désormais exclues de l'offre de soins de l'association, l'accompagnement psychologique est en première ligne. Et gratuit.

Quatre psychologues et psychothérapeutes se relaient, bénévolement, depuis le 23 mars pour écouter et accompagner les bénéficiaires d'AlterSoin44. Et ils continueront tant que cela s'avèrera nécessaire.

"Ce qui ressort de ces premières consultations, note Jean-Philippe Magnen, l'un des psychothérapeutes, c'est que des personnes qui fréquentaient AlterSoin44 mais n'osaient pas ou ne souhaitaient pas avoir à faire à un psy, nous ont appelé. J'ai ressenti un grand besoin d'écoute chez ces personnes mais plus encore la nécessité de s'exprimer".

L'association travaille aussi à l'élaboration d'une newsletter en direction des adhérents afin que les intervenants habituels (diététicienne, ostéopathe ou sophrologue) puissent continuer à dispenser leurs conseils et à accompagner leur patients.

"Nous savons que les situations vont se compliquer jour après jour. C'est pourquoi nous avons mis en place ces télé-consultations. Il faut à tout prix que l'on maintienne ce service et de manière constante...sans quoi l'après-crise risque d'être catastrophique" conclut Malika.


L'écoute...toujours
Sur le pont depuis 50 ans, les écoutants de SOS Amitié sont plus mobilisés que jamais.

"Nous avons eu d'abord beaucoup d'appels concernant le virus et la peur d'être contaminé ou de le propager... Maintenant les gens nous appellent plus parce qu'ils paniquent d'être enfermés chez eux. Nous avons beaucoup de nouvelles personnes qui nous contactent parce qu'ils découvrent que le confinement n'a rien d'une période de vacances et qui nous disent : qu'est-ce que je vais faire de ma vie", explique Martine Quentric.
Elle est responsable de SOS Amitié en Loire-Atlantique.

Lorsque je lui demande si les appels se sont multipliés depuis le début du confinement, la réponse fuse : "vous savez, on n'a pas vraiment le temps de faire des statistiques. L'an passé nous avons pris près de 12 800 appels... Et chaque année, la détresse est telle qu' on ne peut répondre qu'à un appel sur quatre, alors, en ce moment la machine s'affole, c'est tout ce que je peux vous dire !".

Pour pouvoir faire face à un afflux d'appels, l'association a augmenté sa puissance de réponses en tchats et en mails, et est en train d'installer des dispositifs informatiques afin que les bénévoles puissent répondre de chez eux, en offrant, comme depuis toujours, la garantie d'anonymat aux appelants.

Dans le département, 48 écoutants assurent nuit et jour une écoute bienveillante.

"C'est important de continuer à écouter. La plupart des personnes qui nous appellent ne mesurent pas leurs capacités à gérer ces événements. Nous les aidons à retrouver les ressources qu'elles ont en elles ou à disposition, comme les sorties autorisées. Des ressources dont elles sont coupées à cause de l'anxiété et de la panique. Nous essayons de les aider à dépasser cette sidération de la pensée qu'entraîne le confinement".

►SOS Amitié : 02.40.04.04.04

source et article integral ; https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/coronavirus-confinement-psys-associations-ecoute-plus-fragiles-entre-nous-1806650.html

***
Confinement : une cellule de soutien psychologique désormais ouverte pour les Français "en détresse psychique"AFPSanté
www.lci.fr/sante/ 25/03/2020
AIDE - Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a annoncé la création d'une cellule d'aide psychologique via le numéro vert 0800.130.000, afin d'aider les Français désemparés face à la menace épidémique du nouveau coronavirus et aux mesures drastiques du confinement.
25 mars 15:02 - Romain LE VERN

Plus le confinement sera strict et long, plus la santé mentale de la population doit être accompagnée, avec l'aide des téléphones et des réseaux. Nombreux sont ceux qui, face à la durée du confinement, réclament un centre d’appel pour les personnes en détresse psychique, c’est désormais chose faite avec un numéro vert 0.800.130.000 qui était jusqu’à présent ouvert aux personnes se posant des questions sur le virus. Ce numéro prend désormais en charge celles et ceux qui ont besoin de soutien psychologique.

Ce projet de cellule d'aide a été annoncé par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. En quoi consiste-t-il ? Réponses avec François Ducrocq, chef de la cellule d’urgence médico-psychologique pour la zone Nord et co-instigateur du projet.
Lire aussi

Comment est né ce centre d’appel ?

On sait depuis une semaine que l’évolution du virus, sa mortalité, sa contagiosité et ce qui va devenir un confinement long, vont entrainer une grande détresse psychique. Après un nombre conséquent de réunions et de réflexions, l’idée a consisté à s’appuyer sur ce guichet unique du 0.800.130.000, le numéro du gouvernement et de santé publique France, initialement réservé à ceux qui se posent des questions sur le virus pour aider les gens qui présentent une détresse particulière liée à l’actualité. Ce numéro est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et l’Etat donnera les moyens techniques et humains pour y pourvoir.

Une fois que l’on compose ce numéro, que se passe-t-il désormais ?

Une première évaluation aura lieu via des opérateurs afin de déterminer s’il y a une détresse psychique. Et si oui, l'interlocuteur bascule l’appel vers une plateforme Croix-Rouge/CUMP (cellules d'urgence médico-psychologique). Sur cette plateforme, se trouveront d'autres opérateurs qui prendront plus de temps avec un niveau d’expertise plus poussé, pour mesurer l’intensité et la typologie de la détresse psychologique. Par la suite, deux options s’imposent : soit ce nouvel opérateur gère directement la personne en détresse au téléphone, soit il envoie les coordonnées à un référent du département d’habitation de la personne ayant appelé pour un renvoi téléphonique, pouvant aller jusqu’à la télé-consultation.

Est-ce une alternative pour celles et ceux, en détresse, qui auraient instinctivement envie d’appeler le 15 ?

Exactement. Notre idée, c’est de désengorger le 15 qui en moyenne reçoit 5000 appels par jour. Beaucoup d'appels sont d’ordre somatique (j’ai mal à la tête, je tousse…) quand d’autres tiennent d’angoisses (j’ai la trouille, je ne dors pas, mon enfant dort pas…). Ainsi, si on se sent en détresse psycho-social (caractère anxiogène du confinement, sentiment d’insécurité, difficultés relationnelles…), on n’appelle pas le 15, on appelle le 0.800.130.000.

Romain LE VERN
https://www.lci.fr/sante/coronavirus-confinement-covid-19-numero-telephone-0800130000-une-cellule-de-soutien-psychologique-desormais-ouverte-pour-les-francais-en-detresse-psychique-2148880.html

***
LOIRE PREVENTION SUICIDE POURSUIT SON ECOUTE

Saint-Etienne, le 24 mars 2020
En lien avec les directives sanitaires,
L’associationLOIRE PREVENTION SUICIDE est fermée au public. cependant, nous mettons tout en œuvre pour poursuivre notre activité par une écoute téléphonique au titre de la prévention du suicide, de la prise en compte du mal-être Nous élargissons notre intervention à l’écoute des personnes qui sont en difficulté face à la situation deconfinement En cas de besoin: Contacter le 06 84 58 67 39 (horaires habituels de bureau)
Pour le Roannais, merci de privilégier le 06 45 72 99 29
Pour le signalement des personnes âgées, merci de privilégier la messagerie:equilibre.charcot@loire-prevention-suicide.fr
Un RDV téléphonique vous sera proposé dans les meilleurs délais.
***

Nouvelle-Aquitaine 
Un psy limousin au bout du fil pour vous aider à passer le cap du confinement

Le Centre Ecoute et Soutien en Limousin intervient habituellement auprès de personnes rencontrant des difficultés psychologiques diverses. La structure associative recevait habituellement 20 appels en moyenne par jour. Depuis que le confinement général a été instauré, ce sont 50 coups de fil quotidiens auxquels répondent des « écouteurs professionnels ». / © France 3 Limousin - Matthieu Dégremont
Parce que le confinement et la peur de la maladie peuvent engendrer un stress et une angoisse aigus, les psychologues et psychiatres se mobilisent face au Covid-19 dans nos trois départements. Et pour éviter l’engorgement des hôpitaux, les téléconsultations se multiplient.
Par Vanessa Finot / IR Publié le 23/03/2020

« Les appels au Centre ont plus que doublé en quelques jours, notamment de la part de soignants »

Le Centre Ecoute et Soutien en Limousin intervient habituellement auprès de personnes rencontrant des difficultés psychologiques diverses. La structure associative recevait habituellement 20 appels en moyenne par jour. Depuis que le confinement général a été instauré, ce sont 50 coups de fil quotidiens auxquels répondent des « écouteurs professionnels »

Eric Gras, chargé de mission pour l’association, confie que « depuis quelques jours, beaucoup de soignants nous appellent, notamment certains qui travaillent dans des EHPAD. Ils sont fatigués, craignent d’être eux-mêmes potentiellement vecteurs de la maladie et vivent mal d’être perçus par les résidents comme les porteurs de mauvaises nouvelles, qui interdisent les visites et les activités par exemple. »

Mais au-delà des soignants, l’association offre une oreille attentive à tous ceux qui ressentent des angoisses liées à la situation actuelle.

« Souffrir du confinement, c’est normal. Être angoissé, c’est aussi ce qui nous protège, nous fait prendre conscience de la gravité de la situation. Mais certains ont besoin d’exprimer leur mal-être, surtout ceux qui sont seuls. Nous sommes dans une écoute bienveillante, nous ne sommes pas là pour juger ».

Parfois l’écoute suffit. Soit celle des « écouteurs professionnels », soit celle de l’un des 6 psychologues cliniciens partenaires, vers qui peuvent être orientés les appelants. Dans certains cas, les plus fragiles sont dirigés vers les hôpitaux psychiatriques, en Creuse, Corrèze ou Haute-Vienne

« Les personnes isolées surtout nous appellent »

Pour Delphine Beaussant, psychologue du Centre Ecoute et soutien en Creuse, il s’agit aussi de maintenir un lien avec les personnes suivies d’habitude. Notamment avec les patients claustrophobes, hypocondriaques ou souffrant de nosophobie (la peur de contracter une maladie), chez qui l’angoisse peut exploser pendant le confinement.

En Creuse, elle doit également répondre aux angoisses de personnes âgées et seules qui se demandent « si je tombe malade, j’ai peur de ne pas être soigné
Delphine Beaussant insiste bien en parlant de cette aide psychologique par téléphone : « on parle de soutien, pas de thérapie ». Ses conseils pour préserver au mieux sa santé mentale, même si aucun mode d’emploi tout prêt n'existe, sont les suivants
« il faut le plus possible fixer des rituels, maintenir une routine quotidienne, prendre soin de soi, de son corps, faire de bonnes pauses déjeuner par exemple, notamment pour ceux qui télétravaillent ; appeler des proches, garder un lien avec les autres même si on ne les voit pas. Et surtout, rester informé mais en limitant l’exposition aux médias, qui peut être extrêmement anxiogène ».
Même si c’est plus facile à dire qu’à faire, les professionnels nous poussent à essayer de voir le bon côté des choses. Le confinement peut permettre de se recentrer, de faire un réel travail sur soi. Et réaliser que rester chez soi est une mission de résistance : c'est un acte civique et altruiste. Le voir ainsi - et c'est une réalité et pas seulement une vue de l'esprit - permet de mieux vivre ce confinement.

« Attention aux syndromes post-traumatiques qui pourront perdurer

Le Docteur Eric Charles, psychiatre au Centre Hospitalier Esquirol à Limoges, ajoute que tout ce qui rassemble, même virtuellement, comme les applaudissements à la fenêtre en soutien aux personnels soignants, l’entraide entre voisins ou les liens sur les réseaux sociaux, peut être bénéfique

Il alerte toutefois :

« Attention aux théories du complot qui fleurissent et auxquelles les personnes fragiles peuvent plus facilement adhérer. Ne passez pas trop de temps sur internet à lire tout et n’importe quoi. Attention aussi aux incivilités, comme les gens qui se promènent ou font du vélo, et qui peuvent provoquer colère et animosité chez d’autres qui respectent à la lettre le confinement ».

Il ajoute que les effets de cette crise ne s’envoleront sans doute pas une fois la quarantaine terminée : « Nous aurons le contre-coup de tout ça, il y aura un impact sur le plus long terme, voire même un état de stress post-traumatique possible »

Le psychiatre lui aussi s’est mis à la téléconsultation, depuis le lundi 17 mars, comme nombre de ses confrères d’Esquirol. De plus, le Centre hospitalier devrait mettre en place une cellule d’écoute très prochainement.

Rappelons que les consultations chez un psychologue ou un psychiatre font partie des dérogations médicales justifiant un déplacement, si la téléconsultation ne suffit pas.

Les antennes de l'association Centre Ecoute et Soutien en Limousin
Centre Ecoute et Soutien, en Limousin
47, Avenue du Maréchal Foch
19100 Brive la Gaillarde
Tél. : 05 55 23 49 95
25 quai Gabriel Péri
19000 Tulle
Tél. : 05 55 23 49 95
35 avenue du général Leclerc
19200 Ussel
ainsi qu'une permanence à Aubusson
Tél. : 05 55 23 49 95
31, Avenue Baudin
87000 Limoges
ainsi qu'une permanence sur Bellac et St Yrieix
Tél. : 05 55 23 49 95
4 rue Salvador Allende
23000 Guéret
Tél. : 05 55 23 49 95


https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/psy-limousin-au-bout-du-fil-vous-aider-passer-cap-du-confinement-1805264.html

***

ILE DE FRANCE Paris
CPS Paris Centre Prévention du Suicide Paris mobilisé
 mars 24, 2020

Du fait des mesures mises en place dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19 par le gouvernement pour réduire à leur plus strict minimum les contacts physiques et les déplacements, le CPS Paris est fermé au public depuis le mardi 17 mars et le restera jusqu'à la levée des mesures.
Toutefois l'équipe du CPS Paris est mobilisée pour rester en contact par téléphone avec la possibilité de nous laisser un message au 01 42 78 19 87 afin qu'un membre de l'équipe puisse rappeler.
Site du CPS Paris

***
Metz Lorraine
Coronavirus SOS Amitié n’a pas coupé le fil et croule sous les appels

Le standard de SOS Amitié Metz Lorraine est saturé depuis le début du confinement de la population. Et si les trois quarts des écoutants continuent de décrocher le téléphone malgré tout, cela ne suffit pas à endiguer la vague d’appels.
Par Catherine ROEDER
Écouter, rassurer, conseiller, voilà en quoi consiste le travail mené par les bénévoles de SOS Amitié qui, plus que jamais, au cœur de cette crise sanitaire majeure, ont « un rôle d’utilité publique ». Photo d’illustration RL /Pascal BROCARD

SOS Amitié Metz Lorraine croule sous les appels depuis le début du confinement. « À peine je raccroche, ça sonne déjà », indique François Nolot, écoutant, responsable de l’antenne mosellane. À Metz, ils ont choisi de ne pas couper le fil. Vingt-deux des 33 écoutants continuent de venir « en respectant les gestes barrières », de décrocher le téléphone sept jours sur sept, 24 heures sur 24. « Certains ont spontanément augmenté leurs plages d’écoute pour compenser le retrait des autres, ce qui fait que notre planning est presque plus rempli qu’en temps normal », remarque le responsable messin. Et d’expliquer : « Notre présence est essentielle, il y a énormément d’anxiété liée au virus et à ses conséquences. Les gens ont plus que jamais besoin de parler, d’être réconfortés et ils nous le disent. Tous les jours, des personnes nous remercient d’être là et de ne pas les abandonner. » « La solitude doublée de l’angoisse liée au confinement génère des situations qui peuvent conduire à la dépression et même au suicide », pointe à son tour, Michèle, écoutante.

« Un rôle d’utilité publique »

À Metz comme partout en France, le téléphone sonne, à toute heure du jour et de la nuit, sans cesse. « Les appels ont été multipliés par dix en quelques jours », affirme un écoutant basé à Avignon. Car un appel passé à Metz, peut, si la ligne est occupée, être transféré vers un écoutant disponible ailleurs afin de ne pas rompre la chaîne. « Toutes les conversations tournent autour du Covid-19. Les personnes isolées ou fragiles nous appellent dans l’espoir de dissiper leurs craintes, tromper leur soliude. Il est parfois très difficile de raccrocher même après une heure, une heure et demie de conversation », relève encore François Nolot. Écouter, rassurer, conseiller, voilà en quoi consiste le travail mené par les bénévoles de SOS Amitié qui, plus que jamais, au cœur de cette crise sanitaire majeure, ont « un rôle d’utilité publique ». Et Michelle d’insister : « Tout appel à SOS Amitié peut être un appel en moins au 15 »

SOS Amitié Metz Lorraine, 03 87 63 63 63.

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-thionville-hayange/2020/03/24/coronavirus-sos-amitie-n-a-pas-coupe-le-fil

***

Coronavirus
Carcassonne : la liste des professionnels disponibles pour le public malgré le confinement


La Ville de Carcassonne vient d'ouvrir un annuaire en ligne.
Lancé en fin de semaine dernière, l'annuaire des professionnels toujours ouverts à Carcassonne a été publié ce lundi 23 mars, sur le site Internet de la Ville. Plus de 70 commerçants, artisans, professions libérales sont recensés. Le public découvrira un large choix de commerces alimentaires, dont beaucoup proposent un service de livraison, mais aussi le contact d'artisans pour les dépannages d'urgence (serrurerie, électricité, plomberie...)
Des professions libérales se sont aussi inscrites sur cet annuaire, notamment des avocats qui proposent des échanges par mail ou téléphone ; une psychologue clinicienne avec la possibilité d'échanger par Skype ; un thérapeute familial qui annonce "désinfecter son cabinet après chaque consultation".
Les loisirs ne sont pas oubliés avec quelques librairies, mais aussi une école de musique qui propose des cours en ligne...
Renseignement sur www.carcassonne.org

**

Bourgogne-Franche-Comté Côte-d'Or Dijon


Coronavirus Covid-19 : “Il y aura un vide après la crise” - une cellule d'écoute mise en place A Dijon, le CHU et le Centre Hospitalier La Chartreuse collaborent dans la mise en place d'une plateforme téléphonique de soutien psychologique. Au bout du fil, une vingtaine de psychologues qui sont là pour répondre à tout le monde (usagers, soignants, patients) pour surmonter les conséquences psychologiques de cette crise sanitaire. / © Bruno Levesque / MAXPPP

Le CHU de Dijon et le Centre Hospitalier La Chartreuse collaborent dans la gestion de crise pour faire face à la pandémie de Covid-19. Une plateforme téléphonique de soutien psychologique a été mise en place.
Par Antoine Marquet Publié le 25/03/2020

Elle est active depuis le lundi 23 mars dernier. La plateforme téléphonique compte déjà de nombreux appels. Un "succès" qui témoigne de la nécessité des usagers d’avoir des interlocuteurs pour répondre à leurs besoins psychologiques, en cette période difficile.

Cette ligne est joignable du lundi au vendredi, de 8h à 18h, au 03.80.42.48.05

La supervision de cette plateforme est assurée par le Docteur Pierre BESSE (Président par intérim de la Communauté Médicale du Centre Hospitalier La Chartreuse) et le Professeur Irène FRANCOIS-RUSSEL (Référente Régionale de la Cellule d’Urgence Médico Psychologique Bourgogne-Franche-Comté est Coordonateur du Centre Référent Régional du Psychotraumatisme de Bourgogne-Franche-Comté).

Une écoute pour tous

L’objectif est d’"offrir à la population une écoute libre" et de répondre à des questions concernant toutes les conséquences liées au confinement, aux craintes, aux inquiétudes et à toutes les questions pratiques concernant la famille ou les enfants.

Cette ligne est aussi ouverte aux patients suivis dans les services de psychiatrie. Le Docteur BESSE rappelle que les CMP (Centres Médico-Psychologiques) n’ont pas fermés et que des permanences téléphoniques sont assurées, avec toujours la possibilité d’être orienté ou de répondre à toutes les formes d’anxiété.
La cellule d’aide est composée d’une vingtaine de volontaires, tous psychologues. "Des agents aguerris, professionnels, qui ont l’habitude de travailler sur ces problématiques et qui ont une grande expérience de l’écoute" rassure le Docteur BESSE

"Nous ne nous substituons pas aux différentes cellules déjà mises en place sur l’épidémie." rappelle le Docteur BESSE. Au bout du fil, les psychologues peuvent répondre à des questions concernant le Covid-19, tout en réorientant les usagers vers les services plus adéquats.

Le Professeur FRANCOIS-PURSELL assure la formation des agents. "Les psychologues sont d’ordinaire formés à des entretiens thérapeutiques. Mais dans ce cadre-là, ils font plutôt une évaluation de l’état psychique des personnes. Les entretiens sont davantage ciblés sur la souffrance du moment." L’idée est de travailler sur le vécu de cette crise, du confinement, en mettant tout en place pour mieux vivre la période.

Les psychologues de la plateforme sont coordonnés par des médecins et des psychiatres.

« Ça va changer la vie de chacun »

Ce travail permet aussi de préparer l’après Covid-19. Le Docteur BESSE et le Professeur FRANCOIS-PURSELL anticipent les conséquences de cette période.

Tout le monde ne sera pas concerné, bien évidemment. Mais il y a des personnes pour qui ce sera plus difficile. Ca va changer la vie de chacun. Chacun va se construire sa propre histoire.

Le confinement prononcé en réaction à l’épidémie du coronavirus marquera une forme "de rupture" selon les professionnels de la santé mentale. Même si tout le monde sera très content de pouvoir sortir de nouveau, il pourra y avoir une forme de vide qui s’installera.

Par exemple, l’annulation des JO à Tokyo était un moment collectif, qui aurait permis à beaucoup de se rassembler. De plus en plus de manifestations sont annulées et laisseront un espace vide dans le quotidien des personnes une fois que la crise sera terminée.

Et puis il y aura aussi les endeuillés. Ceux qui ont perdu ou qui vont perdre des proches devront être accompagnés. "Il y aura peut-être une forme de culpabilité. De ne pas avoir pu être assez présent par exemple."

« Les soignants vont avoir besoin de soutien »

Evidemment, tous les personnels soignants peuvent aussi joindre cette plateforme téléphonique. "Tous les soignants, du professeur qui encadre le service jusqu’à l’ASH, en passant par les cuisiniers et les infirmières."

En première ligne dans cette crise sanitaire, "il est important qu’ils puissent témoigner de leurs difficultés et être rassurés." Mais il est important d’anticiper chez eux aussi la période post-coronavirus.

Ils sont épuisés mais ne veulent pas lâcher. Ils ne le peuvent pas. Ils vivent des choses extrêmement fortes et ils doivent sauver des vies.

- Professeur Irène FRANCOIS-RUSSEL


Les autres dispositifs sont toujours valables

"Cette plateforme téléphonique ne se substitue pas aux autres numéros d’appel existants, notamment les numéros verts en place au niveau national et sur la ville de Dijon."

Les proches et aidants des personnes concernées par un trouble psychique peuvent contacter l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques Côte-d’Or au 03 80 49 78 45, 7 jours sur 7 de 8h à 20h.

Au niveau national, le numéro vert qui répond aux questions sur le coronavirus Covid-19 est le suivant : 0 800 130 000.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/coronavirus-covid-19-il-y-aura-vide-apres-crise-du-soutien-psychologique-grace-plateforme-telephonique-1806268.html

***

OCCITANIE
21 mars 2020 
Soignants : Pourquoi les psys se préparent à l’écoute d’urgence

Chaque soir, à 20 heures, des balcons s’échappent des hommages vivants à l’adresse des soignants. En coulisses, à Toulouse, Montpellier, Sète, et ailleurs, les psys montent des cellules d’écoute de crise pour les soutenir quand le besoin ne manquera pas de se faire ressentir.

C’est Sabine Cariou qui en parle le mieux. Et pour cause : avant d’être psychologue et de participer à la création de la Maison de la psychologie, à Toulouse, Sabine Cariou était, entre autres, pompier pendant 20 ans. Avec cette double casquette, « j’ai été habituée aux gestions de crise et j’en connais le processus », dit-elle. La Maison de la Psychologie a augmenté ses créneaux en téléconsultations. Notamment pour répondre à l’afflux de demandes de soutien psychologique des personnels soignants qui ne manqueront pas de se manifester. Sabine Cariou, psychologue. Ph.DR.

« Nous avons déjà un partenariat avec le CHU de Toulouse depuis deux ans et demi et une vague de suicides dans cet établissement de santé qui nous a permis d’aider une centaine de soignants, notamment dans le domaine de la souffrance au travail », précise la psychologue clinicienne. La demande va davantage se structurer, pandémie oblige. « Le CHU a en interne deux psychologues du travail affectées plus spécialement à la souffrance au travail. Elles sont en télétravail. » Leur mission est de soutenir les personnels soignants qui en éprouvent le besoin par des consultations au téléphone. Ce sera la même chose à la Maison de la psychologie avec des téléconsultations ou des visioconsultations. « C’est pour cela que nous-mêmes nous renforçons notre dispositif d’écoute. » Contacté, la DRH du CHU de Toulouse n’était pas joignable.

Les personnels soignants prennent sur soi ; ils ne peuvent pas dire qu’ils souffrent ; ils n’ont pas le droit de se plaindre… »

Immergés dans « l’action », les personnels de santé agissent « sans se plaindre », nuit et jour. Adrénaline aidant, ils accomplissent leurs missions avec passion et sans compter fatigue et heures supplémentaires. En mettant de « côté leur souffrance psychique ». Eux-mêmes auront de la famille touchée par ce coronavirus. Mais pour l’instant « ils prennent sur soi ; ils ne peuvent pas dire qu’ils souffrent ; ils n’ont pas le droit de se plaindre ; parfois, ils outrepassent le risque. Ils ne veulent pas dans l’instant reconnaître leur souffrance qui apparaîtrait comme une faiblesse. Ils sont confrontés à l’image du « parfait soignant ». C’est après la crise sanitaire que la décompression fait son oeuvre… Et perceront les inévitables traumatismes. « Surtout ceux qui auront, malheureusement, à trier qui ils doivent ou non sauver. Un soignant ce n’est pas fait pour faire ces choix-là… »

Un médecin, une infirmière, une aide-soignante vit, mange et dort avec cette maladie en tête. Parfois séparés de leur famille, confinés à l’hôpital pour d’autres, ils vont avoir besoin de soutien rapidement… »

Une autre psychologue, Stéphany Orain Pelissolo est à l’origine d’un projet national de création d’une plate-forme d’écoute, « un peu sous la forme d’un « Samu Psy ». « Nous sommes en train de le construire, dit-elle, avec des spécialistes et de développeurs web et dès que celui-ci sera concrétisé, nous lancerons un appel national pour recruter des volontaires médecins et des psychologues reconnus par l’ARS. » Cette plate-forme proposera des consultations gratuites à distance aux personnels soignants. Certains redoutent les effets traumatiques et le burn-out : « Un médecin, une infirmière, une aide-soignante vit, mange et dort avec cette maladie en tête. Parfois séparés de leur famille, confinés à l’hôpital pour d’autres, ils vont avoir besoin de soutien rapidement… », résume une psy. Stéphany Orain Pelissolo souhaite aussi étendre ces consultations à distance bénévoles aux proches des malades atteints par le coronavirus.

La charge émotionnelle sera inévitablement forte. Ils auront besoin de décharger cette pression… »

Pendant que les Français, de plus en plus nombreux, rendent hommage aux soignants avec, parfois, une belle inventivité, en coulisses, la communauté des psychologues, eux, se coordonnent et se préparent à affronter une vague inédite de soutien. Depuis ce jeudi, par exemple, une cellule d’écoute d’urgence est activée. Coordonnateur de cette « première », Laurent Lemaitre, psychologue explique : « Nous sommes dans une situation très particulière. Les soignants vont être de plus en plus confrontés à des situations difficiles, avec des patients très isolés, qui n’aura pas droit à voir leur famille et à l’avoir autour d’eux. Ils seront donc d’autant plus investis et en empathie avec ces malades. La charge émotionnelle sera inévitablement forte. Ils auront besoin de décharger cette pression… »

Laurent Lemaitre précise : « Notre cellule d’écoute est ouverte de 8 heures à 18 heures, sept jours sur sept. Les personnels de l’hôpital qui le souhaitent appelleront un numéro de téléphone dédié avec lequel ils prendront rendez-vous et, ensuite ». Ces rendez-vous téléphoniques peuvent ensuite donner lieu à un rendez-vous physique si besoin pour un « face-face » (dans un lieu dédié, désinfecté, etc.), « en fonction des difficultés que nous ressentons pour un agent. »Cette cellule de crise nécessite deux psychologues par jour. « Nous avons déjà 50 volontaires sur les 140 du CHU. Le dispositif est évolutif », confie encore Laurent Lemaitre.

Olivier SCHLAMA 

MàJ POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 : informations ressources

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 :
sur https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
RETROUVEZ L'ACTUALITÉ,  LES ACTIONS du Gouvernement, les informations Coronavirus, Consignes, Point de situation, Numéros utiles, etc

Santé publique France met à disposition des outils destinés aux professionnels de santé et au grand public pour favoriser l''information sur le Covid-19.
Santé publique France propose des affiches, des vidéos et des spots audios à partager pour améliorer l'information et la prévention du Covid-19.
Les affiches téléchargeables :
Alerte coronavirus : que faire face aux premiers signes
Alerte coronavirus : que faire si la maladie s'aggrave
Alerte coronavirus : pour se protéger et protéger les autres


***


SANTÉ MENTALE &
COVID-19


DE NOMBREUX CENTRES, STRUCTURES, ASSOCIATIONS, PROFESSIONNELS DE SANTÉ MENTALE, COLLECTIFS SOLIDAIRES ETC SE MOBILISENT POUR MAINTENIR UNE ACTIVITÉ, FAVORISANT MAJORITAIREMENT LE TÉLÉPHONE, EN CAS DE SOUFFRANCE PSYCHIQUE, MAL ÊTRE, IDÉES SUICIDAIRES N’HÉSITEZ PAS A CONTACTER UN CENTRE MEDICO PSYCHOLOGIQUE, LIGNES D ÉCOUTE, PSYCHOLOGUES, PSYCHIATRES LIBÉRAUX, ETC.    POUR CONNAITRE LEURS MODALITÉS DE PERMANENCES.

Voir aussi  POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Régions

DOSSIERS ET RESSOURCES EN LIGNE

Covid-19 : le Psycom propose des ressources
L'épidémie et le confinement associé peuvent avoir un impact sur la santé mentale. Psycom recense sur son site des ressources pratiques pour aider à faire face et prendre soin de sa santé mentale et celle de ces proches. 5 rubriques sont proposées :
1- Prendre soin de sa santé mentale
2- Aider les enfants à vivre l'épidémie et le confinement
3- Aider les patients, les soignants, les personnes en situation de handicap ou de précarité
4- Se méfier des rumeurs et fausses informations
5- Développer l'entraide et la solidarité
La page sera mise à jour régulièrement, au fil de l'actualité. Voir
http://www.psycom.org/Espace-Presse/Actualites-du-Psycom/Ressources-pour-notre-sante-mentale-et-celle-des-autres-en-periode-d-epidemie-et-de-confinement

*** 


Prendre soin de sa santé mentale : les ressources des professionnels de la réhabilitation
Pendant la durée du confinement, les professionnels des structures de réhabilitation psychosociale proposent auxes usagers des services, des petites capsules vidéos et des outils pour prendre soin de sa santé mentale. Ces ressources seront référencées au fur et à mesure sur cette page, n’hésitez pas à venir la consulter quotidiennement.
Dans cette première capsule, Marie Dekerle, neuropsychologue au centre référent et centre ressource de réhabilitation psychosociale de Lyon partage son vécu expérientiel autour de la gestion de l’angoisse.
En cette période difficile, le sommeil peut-être mis à rude épreuve. Dans cette seconde capsule, Claude Gronfier du centre de recherche en neurosciences de Lyon partage des conseils pratiques pour mieux gérer son sommeil.
Proposée par Samantha Lavallée, neuropsychologue au sein de l’unité TS2A, cette fiche ressource inspirée des TCC (Thérapies cognitives et comportementales) vous propose quelques idées pour mieux vivre la situation actuelle.

***

Crise Covid-19 : Recommandations pour les soignants et patients en santé mentale
L'épidémie de COVID-19 a de multiples répercussions tant sur la santé que sur la vie de la société. Le récent confinement de l'ensemble de la population notamment peut être difficile à vivre tant pour les patients psychiatriques, que pour les soignants et le grand public. C'est pourquoi le Comité Scientifique de l'Encéphale met à votre disposition un ensemble de recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé et des différentes associations de psychiatrie américaines en français.
https://www.encephale.com/Actualites/2020/Crise-Covid-19-Recommandations-pour-les-soignants-et-patients-en-sante-mentale


***

Recommandations et Ressources COVID 19 
Publié : 23 mars 2020
https://www.fondation-fondamental.org/recommandations-et-ressources-covid-19
Afin d'aider les soignants à faire face à cette situation inédite, ci-après quelques ressources issues de la littérature internationale ou des instances sanitaires pour aider à la prise en charge des patients.
Les thématiques abordées:
  1. Recommandations pour réduire les effets de la quarantaine
  2. Pour les soignants: prendre soin des patients et des familles pendant l'épidémie de Coronavirus
  3. Pharmacologie en psychiatrie et COVID-19
  4. Guides à l'attention des parents
  5. Prises en charge symptomatiques en ville: recommandations du gouvernement 


 ***

Consignes et recommandations pour l’organisation des prises en charge en psychiatrie
Publié le 23 Mars 2020
Dans un communiqué daté du 20 mars, des acteurs de la psychiatrie demandaient à ce que des recommandations nationales prennent en compte "les enjeux particuliers auxquels sont confrontés patients, proches et professionnels au regard des vulnérabilités propres aux troubles psychiques et qu'elles prennent en compte les fortes contraintes relatives à la maladie mentale et au handicap psychique".
Des "Consignes et recommandations applicables à l’organisation des prises en charge dans les services de psychiatrie et les établissements sanitaires autorisés en psychiatrie" sont dorénavant accessibles sous forme de fiche.

Selon Hospimedia, Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, précise que ces recommandations ne sont pas définitives : "il nous faudra actualiser les préconisations au fur et à mesure. Dans ce contexte de crise, nous ne pouvons pas nous en tenir à des informations qui datent de plusieurs jours." C'est pourquoi est mise en place une cellule de crise "pilotée par la Direction générale de l'organisation des soins (DGOS), qui se réunira deux fois par semaine et dont la fonction sera d'actualiser les notes et de faire la synthèse des remontées de terrain"
Concrêtement cette fiche précise les points suivants : 
- Réorganisation et renforcement de l’ambulatoire pour un maintien des CMP en première ligne et pour organiser le suivi des patients sortis d’hospitalisation. Il est important de maintenir une première ligne pour éviter les hospitalisations en urgence et prévenir notamment les rechutes de pathologies chroniques. Cette première ligne doit privilégier une réponse téléphonique, la téléconsultation (ou autre solution de visioconférence) et un ensemble de modalités qui permettent de maintenir le lien, en allant au devant des patients : des prises en charge uniquement individuelles ; privilégier une organisation téléphonique et la téléconsultation ; gérer les équipes des structures
- Aménagements en hospitalisation complète :
* aménagements du régime d’hospitalisation : un séjour hospitalier doit s’interrompre dès lors qu’il est possible d’organiser le suivi du patient en ambulatoire, éviter la concentration et le regroupement des patients, ainsi que dans les espaces de déambulation de l’établissement, les activités et prises en charge en groupe sont suspendues, les chambres individuelles sont à privilégier, les visites des familles et des proches, sauf avis médical contraire, sont interdites, les sorties sont définitives, les autorisations de sortie de courte durée ne sont plus autorisées, les équipes qui interviennent à la fois en intra et en extra- hospitalier
devront être repositionnées préférentiellement sur un seul site...
* gestion des patients COVID 19, les schémas suivants doivent être envisagés :
- Une unité d’hospitalisation ou un secteur dédié doivent être réservés au confinement des cas possibles ou confirmés de COVID-19 ne nécessitant pas d’hospitalisation en soins somatiques et nécessitant la poursuite d’une hospitalisation complète en psychiatrie (unité COVID-19 psychiatrique exclusivement) ;
- Une unité d’hospitalisation mixte, co-animée par des psychiatres et des somaticiens, peut être organisée pour les besoins des patients COVID-19 présentant une pathologie psychiatrique décompensée et un état somatique qui le justifie, afin d’éviter des transferts systématiques vers le MCO ;
- Les patients qui justifient au regard de leurs signes cliniques d’une hospitalisation sur un plateau de soins critiques doivent être transférés en MCO.
Les unités COVID-19 bénéficient d’une équipe soignante dédiée. Les personnels de ces unités devront bénéficier d’une formation spécifique.
- Relations avec les autres établissements sanitaires du territoire
- Accompagnement du personnel des services et secteurs de psychiatrie : l’animation des équipes de soins et de direction est un élément essentiel de la gestion de crise ; défis pour le personnel de santé lors d’une épidémie ; préconisations à destination des encadrants et des encadrés pour le
maintien du bien-être du personnel de santé


 ***

Période de confinement : Violences faites aux enfants à leur domicile
publié le18.03.20
Communiqués de presse de Adrien TaquetCommuniqués et dossiers de presseCoronavirusCOVID-19EnfanceMaltraitanceSocial
https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/periode-de-confinement-violences-faites-aux-enfants-a-leur-domicile
Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alerte sur les risques de maltraitance des enfants qui peuvent survenir pendant la période de confinement.

Comme l’a dit le Président de la République, la période particulière dans laquelle nous sommes doit nous conduire à être encore plus solidaire et protecteur à l’égard des plus vulnérables. Pour les enfants, le danger de la contamination par le virus existe bel et bien. Le confinement qui permet de les en protéger entraine toutefois des risques accrus de maltraitance, du fait de situations favorisant le passage à l’acte à domicile, et d’une difficulté supplémentaire pour le repérer.

En temps normal, l’école fait parfois office de « refuge » pour des enfants, et les personnels de l’Éducation nationale sont les premiers à transmettre des d’informations préoccupantes. Alors que seul un français sur quatre en moyenne déclare avoir le réflexe d’appeler le 119 face à une suspicion de violence sur mineur, la vigilance doit redoubler pendant cette période de confinement.

C’est le message qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Solidarités et de la Santé, souhaite envoyer à chacun dans les prochaines semaines et c’est dans le même objectif qu’un certain nombre de dispositifs visant à prévenir les violences faites aux enfants dans un cadre privé ont été renforcés :
1°) Déclenchement du plan de continuité d’activité du 119 – Enfance en danger

Le Service 119-Allo Enfance en Danger a activé son plan de continuité d’activités pour assurer un maintien de l’activité des écoutants, indispensable au repérage des situations de danger ou de risque de danger d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) continuera à s’articuler étroitement avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux, avec lesquels s’entretiennent régulièrement les services d’Adrien Taquet.

Un point hebdomadaire sera fait entre le Ministre et les responsables du 119-Enfance en danger pour suivre l’évolution de la situation des violences recensées.

Adrien Taquet appelle chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence sur un enfant.

Il s’agit d’un geste simple sans risque pour chacun d’entre nous qui peut sauver la vie d’un enfant. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux-mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique.

Par ailleurs, des associations de protection de l’enfance restent plus que jamais à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :
La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234
2°) La justice maintient les procédures d’urgence permettant de garantir la protection de tous les enfants

Sur décision de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, les tribunaux sont fermés au public, pour éviter la propagation du virus. Les plans de continuité d’activité, déclinés dans chaque tribunal judiciaire selon les directives données, permettent d’assurer le traitement des contentieux urgents et d’assurer la protection de tous les enfants.

Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire seront décidées par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants sera assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.

Des préconisations seront adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis.

Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.
3°) Sensibilisation des enfants et du grand public

Chacun doit également se sentir concerné par ce message de vigilance pour que la protection de nos enfants reste une priorité malgré le confinement qui s’impose.

Le Ministre en appelle à l’ensemble des diffuseurs -chaînes de télévision, radios, plateformes internet et réseaux sociaux, utilisés en particulier par les jeunes- afin qu’ils puissent relayer les messages de prévention et de promotion du 119-Enfance en danger.

Une campagne de sensibilisation sur l’enfance en danger à destination du grand public sera ainsi réactivée dans les prochains jours afin de favoriser cette vigilance collective.

Contact presse :
sec.presse.enfance@sante.gouv.fr
pdf Communiqué de presse : confinement et violences Téléchargement (181.9 ko)
***  

Le Gouvernement pleinement mobilisé contre les violences conjugales et intrafamiliales
Communique de presse 25 mars 2020
Le contexte particulier de confinement, indispensable à l’endiguement de la pandémie de Covid-19, constitue malheureusement un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales: la promiscuité, les tensions, l’anxiété peuvent y concourir. Le Gouvernement y est particulièrement vigilant et pleinement mobilisé. Depuis le début du mandat, il s’est engagé avec la plus grande résolution pour lutter contre le fléau des violences intrafamiliales. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, Marlène Schiappa, secrétaire d’État au près du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations et Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la santé en charge de l’enfance, tiennent à rappeler conjointement les dispositifs et mesures mis en œuvre.
Le traitement des affaires de violences conjugales continue d’être assuré par les juridictions, désormais fermées au public pour éviter la propagation du virus. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux a ainsi clairement rappelé que les audiences de comparutions immédiates devaient être maintenues afin de permettre la répression sans délai des conjoints violents. Par ailleurs, les juges aux affaires familiales continueront à assurer le prononcé des ordonnances de protection afin de garantir aux victimes une protection rapide et efficace. La Garde des Sceaux et Marlène Schiappa, secrétaire d’État au près du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations l’ont rappelé : l’éviction du conjoint violent doit être la règle. La lutte contre les violences faites aux femmes demeure une priorité de politique pénale clairement affirmée par le ministère de la Justice.
  • Le traitement des contentieux urgents est assuré, des permanences sont tenues dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire peuvent être rendues par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants est assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.Des préconisations ont été adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis. Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.
  • Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a demandé aux forces de l’ordre de rester pleinement mobilisées dans leur combat contre les violences intrafamiliales. Il convient de rappeler que pour tout cas de danger grave et immédiat, avec nécessité d’une intervention sur place, il convient de contacter les services de première urgence : Le 17 est évidemment à la disposition des victimes et doit impérativement être le moyen de contact utilisé en cas d’urgence. Il permet une action rapide de la police ou de la gendarmerie et que tout soit mis en place pour protéger la ou les victimes. Les services de police ou de gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18 ou 112) ou le Samu (15) restent mobilisés pour les situations d’urgence.
  • Durant toute la période du confinement, la plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes mise en place par le ministère de l’Intérieur pour signaler des violences et pouvoir bénéficier d’assistance et de conseils est pleinement opérationnelle, disponible sur arretonslesviolences.gouv.fr. Elle reste active 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et permet de dialoguer avec des forces de l’ordre formées aux violences sexistes et sexuelles de manière anonyme et sécurisée. Chacun peut diriger les victimes de violences conjugales vers cette plateforme, plus adaptée à la période.
En outre, dès le début de la période de confinement, la secrétaire D’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations a déployé un plan pour protéger les victimes de violences conjugales, annoncé le lundi 16 mars, en lien avec les différents ministères concernés. :
  • Le 3919, numéro d’écoute national, reste opérationnel et une écoute à distance a été mise en place. La secrétaire d’État tient à saluer la mobilisation des écoutantes, au domicile desquelles des téléphones portables ont été livrés afin de garantir une continuité de service dès le samedi 22 mars au matin. La ligne est ouverte du lundi au samedi de 9h à 19h.
  • En lien avec le Ministre chargé de la Ville et du Logement, la Secrétaire d'État a demandé que les accueils de nouvelles femmes puissent se poursuivre dans le respect des mesures barrières.
  • Pour chacun des départements, un état des lieux de la situation des associations locales et des centres d'hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences est régulièrement réalisé. Les directrices régionales et les déléguées départementales aux droits des femmes sont pleinement mobilisées pour assurer ce suivi et résoudre les problèmes rencontrés par les structures.
Une campagne de communication portée par des influenceurs pour faire mieux connaître la plateforme de signalement est en cours.
Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la santé en charge de l’enfance, tient à saluer la mobilisation des professionnels qui permet au 119, numéro d’appel pour l’enfance en danger, de continuer à être joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en priorisant les appels d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) maintient sa collaboration étroite avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux.
Le secrétaire d’État appelle à nouveau chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence commise sur un enfant, quelle que soit sa nature. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux-mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique. Une campagne de sensibilisation à la question des violences faites aux enfants du ministère des Solidarités et de la Santé sera réactivée cette semaine, visant notamment à toujours mieux faire connaitre le 119.
Les associations de protection de l’enfance restent également, plus que jamais, à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :
  • La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
  • L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
  • Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
  • Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234
Enfin, face au risque de burn out parental notamment lorsqu’un un enfant ou un bébé ne cesse de pleurer, des conseils existent :
  • Rompre l’isolement : joindre un proche ou quelqu’un de confiance au téléphone
  • Atténuer le sentiment de persécution par le bruit des pleurs : allumer la radio ou la télévision
  • Consulter le « guide des parents confinés : 50 astuces de pro » publié par le Secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, disponible sur www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/publications/droits-desfemmes/autres/guide-des-parents-confines-50-astuces-de-pro/ external link
  • Laisser l’enfant en sécurité dans son lit quitte à le laisser pleurer
  • Demander de l’aide par tous les moyens, y compris en contactant son médecin traitant son pédiatre, ou en appelant le 15
La mise en œuvre des travaux du Grenelle des violences conjugales n’est pas suspendue pendant le confinement, les administrations mobilisées poursuivent le travail. Dans cette période de confinement qui peut être un facteur de risque supplémentaire, la détermination du Gouvernement ne faiblit pas un instant, soulignent les ministres.
***

Confinement : une étude pour en évaluer les effets psychologiques
Science
27.03.2020 https://www.inserm.fr*
Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à Strasbourg, mène une étude auprès de volontaires sains, pour explorer les effets positifs et négatifs du confinement, notamment sur la santé mentale.
[Cette étude ne recrute plus de volontaires.]
Le confinement est une expérience exceptionnelle qui n’est pas sans conséquences. Plusieurs facteurs peuvent changer la façon dont nous réagissons à cette situation, positivement ou négativement. Une méta-analyse qui vient de paraître dans le Lancet montre que cette expérience peut, par exemple, avoir un impact psychologique délétère, avec des troubles de l’humeur, des confusions, voire un syndrome de stress post-traumatique. Le risque d’apparition de ces manifestations augmente avec la durée d’isolement, mais aussi avec d’autres facteurs comme les conditions de logement, la perte de revenus, l’absence d’information, ou encore l’ennui. Pour explorer ces différentes associations dans le contexte actuel en France, Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie*, vient de lancer une enquête en population générale.
À l’annonce des mesures de confinement en France, le 16 mars dernier, elle a décidé de monter dans l’urgence une étude pour étudier ses effets sur la santé mentale et psychique. Avec son équipe, elle a élaboré un protocole de recherche comprenant un questionnaire, puis elle a saisi le comité d’éthique de l’université de Strasbourg qui l’a validé en un temps record. Dans les heures qui ont suivi, ce questionnaire a été envoyé par mail à plus de cent personnes qui ont donné leur consentement écrit, uniquement des adultes. "Il était important d’aller vite pour capter ce moment extrêmement particulier des premiers jours du confinement, ce changement brutal des habitudes et de l’organisation, l’état d’esprit des individus", explique Anne Giersch.

Questions et récits
Cette enquête est destinée à évaluer les conditions de confinement, l’environnement social et le bien-être mental des personnes concernées. Les questionnaires portent sur la santé en général, l’infection éventuelle par le virus, l’inquiétude face au risque d’infection, les conditions du confinement (surface du domicile, nombre de personnes sous le même toit, jardin...), le réseau social avant et pendant le confinement, l’humeur, les émotions, le niveau de stress et les perceptions. Il y a notamment des questions relatives aux angoisses, à la dépression, aux violences ou encore aux symptômes psychotiques, des sujets qui intéressent plus particulièrement ce laboratoire spécialisé en psychiatrie. "De précédents travaux ont montré que l’isolement peut participer à l’émergence d’hallucinations ou d’expériences de sortie du corps, une sensation de flotter en dehors de son corps, par exemple", explique Anne Giersch. Il est prévu d’envoyer un second questionnaire à l’ensemble des participants à l’issue du confinement, afin de suivre l’évolution des réponses.
Il est également demandé aux participants d’écrire quotidiennement une dizaine de lignes pour relater leur expérience personnelle : les activités de la journée, les pensées, émotions... "Il s’agit de narration que nous interpréterons de façon qualitative mais aussi quantitative. Nous pouvons analyser les termes employés, le ton du récit et si ces paramètres évoluent au fil du temps", explique Anne Giersch.
Les questionnaires sont déposés par les participants de façon anonyme sur la plateforme web de l’université de Strasbourg. "Un traitement informatisé sera développé pour analyser et interpréter les résultats qui viendront compléter les données issues d’autres laboratoires travaillant également sur ces questions. Cela pourrait aider les pouvoirs publics dans leurs décisions concernant la durée et les conditions de confinement", conclut Anne Giersch
Note :
* unité 1114 Inserm/Université de Strasbourg
***




PRESSE
Sélection d'articles ressources generales 
Voir Aussi presse ressources locales POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Régions



Xavier Mathieu : "C'est le lien qui préserve". Independant / Nathalie Amen-Vals
Publié le 21/03/2020 à 10:48 / Modifié le 21/03/2020

Coronavirus - Aude : "On a le droit de se sentir mal, d’être irritable ou angoissé"

Xavier Mathieu est psychologue. Il décline et explique les conséquences que peuvent avoir, au niveau psychologique, les conséquences du confinement destiné à freiner la pandémie de coronavirus.

Les personnes psychologiquement affaiblies peuvent-elles ressentir de la claustrophobie, un mal-être, en se retrouvant confinées chez elles ?
La claustrophobie est quand même souvent moins active lorsqu'on est chez soi, à l’abri, dans sa base de sécurité qui est tout autant dans notre rapport à nous-même et aux autres que, souvent, dans notre lieu de vie. Pour autant la privation de mouvement est difficile à vivre. C’est une occasion de retour à soi, certes, mais ça, c’est sur le papier. On ne va pas tous faire de la méditation et revenir à l’essentiel. La contrainte, c’est difficile. Pour beaucoup d’entre nous, l’identité est avant tout sociale. Nous trouvons des ressources à l’extérieur. Il faut s’attendre, et dans la mesure du possible accepter que ça puisse être difficile. Il faudra s’accorder des moments de baisse de moral et prendre soin de soi au maximum. Comme pour le reste, les recommandations de bonne gestion, les injonctions à traverser cela sereinement sont culpabilisantes. On a le droit de se sentir mal, d’être irritable ou angoissé.

Pour celles qui ont la chance d'avoir un jardin, un lieu de respiration, ce sera moins dur ?
Bien sûr. La nature est source d’apaisement et le luxe, c’est l’espace. Les distinctions sociales ont un impact et les plus précaires, pour beaucoup de raisons, sont généralement plus touchés. Cependant les ressources internes, elles, ne sont pas réservées aux plus favorisés.

Les personnes très actives qui se retrouvent au chômage technique peuvent-elles aussi éprouver un mal-être ?
Absolument. On se définit beaucoup par ce qu’on fait, ce qu’on réalise. Nous serions bien plus à l’abri des circonstances extérieures si nous nous ancrions sur qui on est. Dans le meilleur des cas, cela mènera à une redéfinition de ce qui est important. Les crises sont toujours des occasions, mêmes douloureuses. Certaines expériences de vies permettent de hiérarchiser ses priorités. J’aimerais pouvoir penser que c’est aussi valable au plan collectif.

Le télétravail est-il idéal ? C'est l'espace familial soudain investi par la sphère professionnelle.
C’est évidemment très difficile. Comment gérer en même temps ses enfants à la maison et le travail à faire dans un moment de tension accrue. Là aussi il va falloir être créatif en ne visant pas un idéal irréaliste.

Peut-on avoir des cas de tentatives de suicide, ou de suicide ?
Le suicide n’est jamais dû à un seul paramètre. Le confinement est un facteur de stress et il pourrait amener à ce que les ressources de personnes vulnérables soient dépassées. On sait aussi qu’un des facteurs de risque majeur des comportements suicidaires est l’isolement social. C’est le lien qui préserve. On est globalement tous très sensibles aux liens avec les autres. Vous, moi, sommes plus ou moins heureux principalement en fonction de la qualité des rapports que l’on a avec les autres.

Internet va être une aide précieuse. On a beaucoup dit de mal des téléphones mobiles, des réseaux sociaux. On sait maintenant que c’est aussi du lien et que ça sauve parfois. Il s’agit donc de rester en lien par tous les moyens sans risque sanitaire. Il y a différents numéros utiles quand on est isolé qui restent opérationnels (*). On peut aussi toujours appeler son médecin traitant.

Il peut arriver que des personnes craquent, sortent dans la rue pour simplement respirer, ou d'autres qui peuvent devenir agressives ?
Les débordements arrivent quand nos modes de gestion du stress sont insuffisants. On ne compense plus nos angoisses. C’est déjà le cas en temps normal mais là, nos ressources sont mises à mal. On peut alors "décompenser" sur plusieurs modes. On peut être sujet à de la dépression, de l’angoisse incontrôlable et des "passages à l’acte" qui sont toujours un court-circuit de nos capacités à gérer autrement, à faire avec. Le confinement devrait créer du stress même si beaucoup vont s’adapter. Sans compter qu’il est aussi question de notre rapport à la mort. C’est le grand impensé de nos sociétés qui refuse la souffrance. Il s’agit donc là de faire face au stress, du mieux qu’on peut en s’écoutant et en faisant ce qui nous fait du bien ou nous apaise. Pour les populations vulnérables, le lien va être primordial. Savoir que nous vivons tous une situation similaire est aidant ; partager nos difficultés avec les autres nous permet de mieux les surmonter.

Le confinement peut-il avoir un effet sur les enfants ?
Globalement les enfants sont plus résilients. Ils sont par contre très sensibles à l’angoisse de leurs parents. Des explications claires et adaptées à leur âge sont nécessaires. On peut prendre les choses au sérieux sans ajouter de l’angoisse. C’est effectivement une occasion de partager du temps avec eux, de la tendresse, des moments créatifs mais, là aussi, on ne peut que s’accorder que ça peut être difficile. Dans la mesure du possible, il faudrait organiser le temps et l’espace pour que chacun respire.

Les personnes malades (somatiquement ou psychologiquement), qui doivent suivre un traitement, comment font-elles ? Un psychologue ne peut plus se déplacer... En cas d'urgence ?
Il est toujours possible de voir un thérapeute, un psychiatre. Cela rentre dans les raisons médicales de déplacement dérogatoire. Il ne faut pas hésiter à se mettre en contact avec eux. Certains libéraux vont proposer des alternatives (consultations par téléphone, visio...). Les centres médico psychologiques restent à ce jour ouverts pour les situations difficiles. Pour les traitements, les pharmacies sont exceptionnellement habilitées à renouveler les prescriptions y compris avec une ordonnance périmée. Enfin, en ce qui concerne les cas de crise psychologique grave, l’Ussap et le centre hospitalier se sont organisés pour permettre encore un premier accueil au service des urgences du CH. (*) SOS amitié 01 42 96 26 26, Suicide écoute 01 45 39 40 00, les centres médico psychologiques...

Propos recueillis par Bruno Coince https://www.lindependant.fr/2020/03/18/aude-on-a-le-droit-de-se-sentir-mal-detre-irritable-ou-angoisse,8807834.php
***

Confinement : une cellule de soutien psychologique désormais ouverte pour les Français "en détresse psychique"AFPSanté
www.lci.fr/sante/ 25/03/2020
AIDE - Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a annoncé la création d'une cellule d'aide psychologique via le numéro vert 0800.130.000, afin d'aider les Français désemparés face à la menace épidémique du nouveau coronavirus et aux mesures drastiques du confinement.
25 mars 15:02 - Romain LE VERN

Plus le confinement sera strict et long, plus la santé mentale de la population doit être accompagnée, avec l'aide des téléphones et des réseaux. Nombreux sont ceux qui, face à la durée du confinement, réclament un centre d’appel pour les personnes en détresse psychique, c’est désormais chose faite avec un numéro vert 0.800.130.000 qui était jusqu’à présent ouvert aux personnes se posant des questions sur le virus. Ce numéro prend désormais en charge celles et ceux qui ont besoin de soutien psychologique.

Ce projet de cellule d'aide a été annoncé par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. En quoi consiste-t-il ? Réponses avec François Ducrocq, chef de la cellule d’urgence médico-psychologique pour la zone Nord et co-instigateur du projet.
Lire aussi

Comment est né ce centre d’appel ?

On sait depuis une semaine que l’évolution du virus, sa mortalité, sa contagiosité et ce qui va devenir un confinement long, vont entrainer une grande détresse psychique. Après un nombre conséquent de réunions et de réflexions, l’idée a consisté à s’appuyer sur ce guichet unique du 0.800.130.000, le numéro du gouvernement et de santé publique France, initialement réservé à ceux qui se posent des questions sur le virus pour aider les gens qui présentent une détresse particulière liée à l’actualité. Ce numéro est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et l’Etat donnera les moyens techniques et humains pour y pourvoir.

Une fois que l’on compose ce numéro, que se passe-t-il désormais ?

Une première évaluation aura lieu via des opérateurs afin de déterminer s’il y a une détresse psychique. Et si oui, l'interlocuteur bascule l’appel vers une plateforme Croix-Rouge/CUMP (cellules d'urgence médico-psychologique). Sur cette plateforme, se trouveront d'autres opérateurs qui prendront plus de temps avec un niveau d’expertise plus poussé, pour mesurer l’intensité et la typologie de la détresse psychologique. Par la suite, deux options s’imposent : soit ce nouvel opérateur gère directement la personne en détresse au téléphone, soit il envoie les coordonnées à un référent du département d’habitation de la personne ayant appelé pour un renvoi téléphonique, pouvant aller jusqu’à la télé-consultation.

Est-ce une alternative pour celles et ceux, en détresse, qui auraient instinctivement envie d’appeler le 15 ?

Exactement. Notre idée, c’est de désengorger le 15 qui en moyenne reçoit 5000 appels par jour. Beaucoup d'appels sont d’ordre somatique (j’ai mal à la tête, je tousse…) quand d’autres tiennent d’angoisses (j’ai la trouille, je ne dors pas, mon enfant dort pas…). Ainsi, si on se sent en détresse psycho-social (caractère anxiogène du confinement, sentiment d’insécurité, difficultés relationnelles…), on n’appelle pas le 15, on appelle le 0.800.130.000.

Romain LE VERN
https://www.lci.fr/sante/coronavirus-confinement-covid-19-numero-telephone-0800130000-une-cellule-de-soutien-psychologique-desormais-ouverte-pour-les-francais-en-detresse-psychique-2148880.html

***

Confinement : « Il est indispensable de maintenir une sociabilisation »

Entretien
Alors que le gouvernement durcit les règles du confinement, entretien avec David Gourion, psychiatre, ancien chef de clinique à l’hôpital Sainte-Anne, sur les risques psychologiques de la quarantaine due à l’épidémie de coronavirus.
Recueilli par Paula Pinto Gomes,
le 24/03/2020 https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sante/Confinement-Il-indispensable-maintenir-sociabilite-2020-03-24-1201085846

David Gourion : Nous n’avons pas beaucoup de recul face à ce genre de situation. Selon les publications de nos collègues psychiatres chinois, 10 à 15 % des gens vivent mal, voire très mal, le confinement. Ces personnes, qui ne présentent pas nécessairement des troubles émotionnels, peuvent se retrouver dans des états dépressifs ou de stress post-traumatique, surtout si elles ont été touchées par l’épidémie. Le confinement peut en outre aggraver les addictions.

Les médecins chinois ont vite compris qu’il fallait mettre en place un plan de gestion du stress adapté à chaque type de population : les anxieux, les contaminés, les familles, les personnes âgées. Pas seulement pour des raisons « humanistes » et de bien-être, mais parce qu’ils ont constaté que les gens en détresse psychique intense n’étaient pas en mesure de suivre les recommandations de confinement à la lettre. Ils ont donc proposé des outils d’auto-prise en charge du stress, un numéro d’appel gratuit 24 heures sur 24 heures et des consultations avec des psychologues ou des psychiatres pour les cas les plus sévères.

Ici, avec les équipes (professeurs, élèves, psychologues…) d’HEC, nous avons créé un site pour aider les étudiants à gérer le stress et l’ennui. Car il est normal de se sentir anxieux, de mal dormir, d’avoir peur d’être contaminé ou de contaminer, de se sentir irritable, impuissant ou en colère dans une situation de pandémie. Mais une aide psychologique peut être utile.

La colère, la frustration peuvent exacerber la violence intrafamiliale…

D. G. : Oui, le confinement risque d’augmenter une violence latente dans certaines familles. Cette période de quarantaine peut s’avérer une véritable épreuve pour certains. Je le vois chez les étudiants. Certains sont très heureux de se retrouver confinés avec leurs proches, parce qu’ils ont de bonnes relations, alors que pour d’autres c’est un cauchemar.
Y a-t-il des populations plus exposées aux risques psychiques ?

D. G. : Oui, les personnes âgées ou isolées et les adolescents sont des populations plus fragiles. L’étude chinoise montre que les femmes sont aussi davantage exposées au risque de troubles émotionnels du registre psychotraumatique. On sait par ailleurs que les conditions socio-économiques sont un facteur aggravant. Se retrouver confiné en famille dans un logement exigu, ce n’est pas tout à fait la même chose que dans un grand appartement ou une maison avec jardin. Les patients qui souffrent de troubles psychiatriques sont eux aussi plus vulnérables. Nous redoutons d’ailleurs que cette population déjà stigmatisée socialement ne le soit également sur le plan médical. Du fait de leur pathologie, elles pourraient ne pas bénéficier de soins aussi rapides et efficaces que les autres.

Quels enseignements peut-on tirer des expériences de confinement dans certaines professions, ou situations, comme en milieu carcéral ?

D. G. : Les sous-mariniers, par exemple, sont astreints à des rituels quotidiens très stricts parce que, dans des conditions de vie difficiles, comme celles-là, il est indispensable de respecter les rythmes biologiques et le besoin de lien social propre à notre espèce. N’oublions pas que nous sommes des mammifères. D’où l’importance, pendant ce confinement, de garder une routine autour des horaires de repas, de lever, de coucher afin de ne pas perdre ses repères. La psychiatrie militaire et carcérale nous a appris que les gens supportent mieux leur situation lorsqu’ils arrivent à conserver certaines habitudes régulières, une activité physique et des liens sociaux quotidiens.

Il est donc indispensable de maintenir une sociabilisation, même si ce n’est pas simple en ces temps de pandémie. Les réseaux sociaux le permettent de manière virtuelle, et c’est très important, mais pas suffisant. Lorsqu’on a la chance de ne pas être seul, il faut garder le lien avec les personnes de notre entourage.

Concernant les sous-mariniers, il y a un autre point intéressant à relever : il est interdit de leur envoyer des mauvaises nouvelles quand ils sont en mer pour ne pas affecter le moral des troupes. Nous, nous ne pouvons pas nous protéger des mauvaises nouvelles, mais il ne faut pas s’exposer à longueur de journée à une information anxiogène, voire à des fakes news. On doit s’informer, mais il suffit de le faire deux fois par jour, le matin et le soir, par exemple, et sur des médias sérieux pour ne pas augmenter le stress généré par le confinement. 

***


Comment la crise du Covid-19 et le confinement sont vécus par les plus « fragiles » psychiquement
 
Santé mentale Coronavirus Confinement 
Mis à jour le 24 mars 2020 https://www.psychologies.com/Actualites/Sante-mentale/Comment-la-crise-du-Covid-19-et-le-confinement-sont-vecus-par-les-plus-fragiles-psychiquement
Par Lucien Fauvernier
La situation épidémique actuelle et le confinement constituent une période anxiogène pour la plupart d’entre nous. Mais comment vivent et affrontent cette situation exceptionnelle les personnes à la santé mentale « fragile » ? Faut-il craindre des risques suicidaires ou de dépressions majeures ? Les réponses de Jean-Louis Terra, professeur de psychiatrie à l’Université de Lyon et psychiatre au Centre Hospitalier Le Vinatier.

Quels impacts peut avoir la situation sur les personnes les plus « fragiles » en termes de santé psychique, atteintes de dépressions sévères ou aux pensées suicidaires ?

Jean-Louis Terra : Il n’existe pas de réponse toute faite, car chaque cas est particulier. Cependant mon expérience clinique témoigne de différentes réactions chez mes patients. Tout d’abord, il y a ceux qui étaient déjà confinés par leur maladie. Ces personnes se sentaient en décalage par rapport à la population générale. Par exemple, tous les matins elles se promettaient de sortir sans y parvenir. Elles peuvent donc, paradoxalement, éprouver une forme de soulagement, si personne ne sort, elles ne ont plus si différentes et n’ont plus vraiment à sortir. Ainsi, plutôt que ce soit la dépression qui prescrive une forme d’impuissance, c’est désormais la crise sanitaire qui l’exige. J’ai plus d’inquiétudes cependant concernant les dépressions à forme anxieuse, où les personnes peuvent être très négatives, avoir une tendance à faire jouer le catastrophisme lié à leur trouble et donner un sens encore plus tragique à la situation. C’est d’autant plus vrai pour certains patients qui ont une tendance à l’anticipation négative, qui vont sur-interpréter une quinte de toux, le silence de leur proche etc. et s’inquiéter de façon démesurée. Néanmoins, ma pratique confirme que quelques fois, ces patients anxieux résistent bien quand il y a un principe de réalité très fort comme c’est le cas actuellement. Elles peuvent avoir une réaction tout à fait saine et ordinaire, c’est le cas lorsqu’elles sont confrontées à un deuil ou un événement familial fort. Les personnes atteintes de dépressions dites « agitées », de leur côté, ont besoin de bouger pour fuir leur souffrance, elles ne se trouvent bien ni assises, ni couchées, ni dedans, ni dehors… Il peut y avoir une tension psychique qui pousse à la consommation de dérivatifs comme l’alcool, le tabac ou d’autres substances psychoactives.

Que faire si l’on se sent « fragile » pour affronter au mieux cette situation ?


Jean-Louis Terra : La première chose est d’appliquer des règles d’hygiène de vie simples : conserver une vie « normée » avec des rituels quotidiens, ne pas se laisser intoxiquer par l’information à outrance, d’avoir des activités structurées comme la lecture, le bricolage… faire des petites choses habituelles donne une bonne assise et limite les zones de peur. Il vaut mieux éviter de se retrouver dans une position de négligence ou d’attente anxieuse au risque de s’épuiser psychiquement. Pour ne pas se retrouver seul, j’invite aussi les personnes qui se sentent « fragiles » à appeler leurs proches, à prendre des nouvelles ou à demander de l’aide. Elles peuvent très bien envoyer un texto à leurs proches en disant : « N’hésitez pas à m’appeler, je n’ai pas toujours la force ou la présence d’esprit de le faire ». Et surtout, si elles sont suivies par un professionnel de santé, il convient de multiplier les séances par téléphone pour prendre des nouvelles, soutenir, partager et briser l’isolement. En France, les thérapeutes sont encore trop souvent réticents à pratiquer l’out reach –consulter par téléphone – pourtant les outils numériques nous fournissent des moyens très efficaces pour réaliser facilement des échanges thérapeutiques à distance. C’est une pratique, selon moi, très saine et très efficace, qui permet parfois un contact plus intense entre le patient et le thérapeute. C’est d’autant plus vrai que l’échange est libéré de tout le paralangage – gestes, mimiques et expressions faciales - qui perturbe parfois la séance. Le patient a souvent la parole plus libre car les réactions du thérapeute sont dans l’ombre et il peut donc se confier plus aisément. De plus cette peur collective liée à cette crise est quelque chose que nous avons tous en commun. Les patients savent que nous partageons les mêmes inquiétudes. Une certaine asymétrie s’estompe car les patients s’inquiètent pour nous. Jamais je n’ai reçu autant de conseils de prudence, de remerciements et d’encouragement de la part de mes patients.

La situation actuelle peut-elle provoquer des dépressions sévères ou créer des pensées suicidaires ?

Jean-Louis Terra : Il y a selon moi peu de probabilités. Que cela crée de l’anxiété, de la peur oui, mais une authentique dépression ou des troubles plus sévères, je ne pense pas immédiatement. En effet, cette épreuve est collective et c’est assez protecteur pour la psyché. Ainsi, concernant le risque suicidaire, différentes études montrent que les situations exceptionnelles ont tendance à faire baisser le taux de suicide, comme cela a été le cas très nettement après les attentats du 11 septembre 2001. Une attention particulière devra cependant être prêtée à la santé psychique des soignants, qui sont à risque, une fois que la situation sera revenue à la normale. Les pompiers qui sont intervenus au World Trade Center ont été touchés par un fort stress post-traumatique et un taux de suicide élevé. Il faut distinguer cet effet des décès qui peuvent intervenir dans la famille des patients et des conséquences économiques qui ont déjà par le passé conduit à plus de suicides. Mais globalement, la chose essentielle est de ne pas se laisser enfermer dans son angoisse ou son anxiété. Il faut savoir raison garder et s’en tenir aux faits : nous sommes confinés, c’est une chose inquiétante, mais aussi positive pour la santé de tous. Nous avons de quoi satisfaire nos besoins de première nécessité, la société est encore active, le gouvernement prend des mesures, ce n’est pas le chaos. Il est donc inutile de chercher des solutions miracles, de s’abreuver de fake news, mais plutôt appréhender ce temps du confinement comme un temps de recueillement qui réinterroge la valeur de nos existences, et qui peut paradoxalement, redonner un goût plus fort à la vie.

Que faire si l'on se sent vaciller et que l'on a besoin d'aide ?

Jean-Louis Terra : Il faut réagir si on ne se sent vraiment pas bien ou si l'on a l'impression que notre état psychique se dégrade rapidement. Les consultations en présentiel des CMP et les visites à domiciles sont arrêtées, sauf cas de force majeure où des thérapeutes et équipes médicales peuvent se déplacer pour vous venir en aide. Une dernière chose, en cas de trop grande inquiétude concernant son état de santé, je recommande vivement aux personnes de ne pas se ruer aux urgences mais d’essayer vraiment en première intention d’avoir un médecin traitant au bout du fil. Cela permettra d’éviter de saturer les hôpitaux, et de se mettre parfois dans des situations difficiles d’attente désespérantes qui peuvent être très éprouvantes pour la psyché. https://www.psychologies.com/Actualites/Sante-mentale/Comment-la-crise-du-Covid-19-et-le-confinement-sont-vecus-par-les-plus-fragiles-psychiquement

***






Coronavirus, comment protéger sa santé mentale ?
En quelques jours, notre vie, nos façons de travailler, d’habiter et d’être ensemble ont radicalement changé. Que nous soyons pris.e.s dans l’urgence de la gestion de crise (professionnel.le.s de santé, journalistes, personnel de vente, etc.) ou que nous soyons immobilisé.e.s à la maison, la brutalité avec laquelle le coronavirus (Covid-19) frappe nos quotidiens n’est facile à vivre pour personne. Pour vous aider et vous conseiller dans cette période forte en chamboulements, nous partageons cet article très complet de Minds, qui oeuvre pour la promotion de la santé mentale à Genève.
Pour une majorité d’entre nous, le confinement semi-volontaire est notre nouvelle réalité, pour une durée indéterminée. L’isolement soudain, la cohabitation sans répit ou la solitude pesante, la peur du virus et le flot continu d’informations inquiétantes représentent un cocktail difficile à absorber pour notre santé mentale.
Le message le plus important que minds souhaite adresser est celui-ci: c’est normal de se sentir dépassé!
Cette situation que nous vivons est aussi inédite que bouleversante. Se sentir stressé.e, seul.e, triste ou angoissé est normal. Faire des stocks de nourriture? Penser à se réfugier à la campagne? Pleurer en regardant les infos? S’en prendre à ses proches en confinement? Oui, ça peut arriver. Nous avons le droit de réagir parfois de manière irrationnelle ou émotionnelle et nous ne devrions pas être blâmé ou stigmatisé pour ça.
Au milieu de cet ouragan émotionnel et médiatique que nous vivons, il est donc plus que jamais essentiel de penser aussi à sa santé mentale. Voici quelques conseils qui peuvent aider à traverser les prochaines semaines.

Comment prendre soin de sa santé mentale pendant cette période?






Se tenir informé.e sans se laisser envahir
  • Chercher de l’information fiable auprès de sources officielles, comme l’Office fédéral de la santé publique, les HUG ou le site de l’Etat de Genève. Privilégier les faits et les informations de prévention qui peuvent aider à réduire les peurs.
  • Mais ne pas se laisser envahir par l’info: consulter les infos 1 ou 2 fois par jour (le journal télévisé par exemple), et éviter les sources d’information en continu. Limiter aussi les réseaux sociaux ou les groupes whatsapp pleins de fake news qui alimentent l’anxiété.

Garder une routine, bouger, se divertir

  • Garder une routine: autant que possible, conserver un rythme stable, se lever et se coucher à heures fixes pour garantir un sommeil suffisant, faire 3 repas sains par jour, séparer autant que possible le temps de travail et de vie familiale, etc
  • Prendre l’air, si on le peut: un balcon, un jardin, une cour intérieure, un tour du quartier (en respectant les distances), voire, si on le peut encore, une balade en campagne ou en forêt. La nature est un important facteur de bien-être mental.
  • Bouger: notre santé physique et mentale sont étroitement liées et l’exercice physique est une des clés du bien-être mental. Si on le peut, sortir faire quelques pas mais sinon, on met de la musique et on danse!
  • Se divertir hors des écrans: écouter de la musique, lire un roman, tenir un journal, écouter des podcasts, faire de la couture, de la pâtisserie, dessiner… Toutes ces choses que nous n’avons pas le temps de faire d’habitude à cause de nos vies trop chargées.

Garder le contact

  • Rester en contact: même en confinement, il s’agit de rester connectés à nos proches. Prendre des nouvelles ou en donner. Et passés les premiers jours d’agitation, pas forcément besoin de ne parler que de la crise sanitaire, on peut parler de tout, échanger des conseils de lecture, parler des enfants ou du printemps.
  • Mais là aussi, modérer: 15 coups de téléphone par jour, 200 messages, ça peut devenir envahissant. Ou déprimant quand tout à coup les notifications se tarissent. Limiter les conversations qui nous angoissent et se concentrer sur la tâche qu’on avait commencée, ça permet de reprendre un peu un cours normal de la vie

Exprimer ses émotions, en parler et se faire confiance

  • Dire si on ne se sent pas bien: chercher du soutien, manifester des émotions pour ne pas tout ruminer seul.e. Si on ne trouve personne à qui se confier, des ressources comme La Main Tendue peuvent aider.
  • Essayer de ne pas devenir sombre: lorsque l’on est isolé.e, on a beaucoup de temps pour penser, ce qui peut parfois nous entraîner dans une spirale négative de dévalorisation de soi et de sa vie.
  • Essayer de positiver: se rappeler que les épidémies, comme tout, ont une fin, que de très nombreuses personnes ont déjà guéri et que des milliers d’autres, y compris nous, s’en sortiront aussi. Penser au personnel soignant et à tous.tes les professionnel.le.s avec gratitude et admiration, être reconnaissant.e pour leur travail et les moyens mis à leur disposition.
  • S’écouter et se faire confiance: durant les moments de stress, prêter attention à nos propres besoins et ressentis. Savoir ce qui nous fait du bien et le faire.

Se soutenir…

  • Etre solidaire: soutenir d’autres personnes en difficulté peut être bénéfique pour la personne qui reçoit de l’aide autant que pour celle qui en donne. Prendre des nouvelles de nos voisins proches, se renseigner sur des initiatives solidaires dans notre quartier, ça occupe et ça fait du bien.






 Où trouver de l’aide en cas de besoin?

Comment rendre service et s’entraider?





Services aux Hôpitaux Universitaires de Genève
  • Pour les soignant.es qui souhaitent proposer leurs services aux HUG, écrire à: covid19.candidatures@hcuge.ch – HUG (Genève)
  • Pour les personnes qui proposent un hébergement pour le personnel soignant: hebergements.covid19@hcuge.ch
Plateformes et réseaux d’entraide
Les actions de solidarité et d’entraide se multiplient à Genève, en voici quelques exemples:
  • L’association La Main sûre organise un réseau d’entraide actif sur toute la Suisse
  • Coronaide Genève – Les scouts Genevois se mobilisent face à la pandémie de Covid-19 pour aider les personnes âgées et les personnes à risque à faire leurs courses, chercher leurs médicaments ou toute autre activité ayant lieu dans l’espace public
  • L’organisation Pro Senectute met en place des chaînes téléphoniques pour que les aînés puissent garder des contacts.
  • La Course suisse se propose de livrer chez vous ou des proches des aliments du magasin de votre choix ou des médicaments.
  • Le site Aide-Maintenant recense les propositions d’aide sur l’ensemble du pays
  • Five Up – soutenue par la Croix-Rouge Suisse, l’application met en relation bénévoles et personnes ayant besoin d’aide.
  • Le groupe Facebook  – Coronavirus entraide Genève et régions
Sources
 https://blogs.letemps.ch/lisa-dubin/2020/03/25/coronavirus-comment-proteger-sa-sante-mentale/
***
Coronavirus : les risques psychologiques du confinement en 5 questions

Quelles sont les conséquences d'un confinement de plusieurs semaines sur la santé mentale d'une population ? Si la situation actuelle est inédite par son ampleur, des études et l'expérience des professionnels nous éclairent sur les risques et les manières de s'en prémunir.

La plupart des études réalisées sur des populations confinées concluent à des « effets psychologiques négatifs », le plus souvent une humeur maussade et de l'irritabilité. (iStock)

Par Sophie Amsili
Plus d'un tiers de l'humanité est actuellement soumis à des mesures de confinement du fait de l'épidémie de coronavirus. Plus de 2,6 milliards de personnes sont en effet sommées de rester chez elles toute la journée, plusieurs semaines durant, ne pouvant sortir qu'exceptionnellement.
Qu'en est-il des risques pour la santé mentale ? « Pour être honnête, on ne les connaît pas au sens scientifique du terme », prévient d'emblée Christophe Debien, psychiatre et responsable de pôle au Centre national de ressources et de résilience (CN2R). La situation est en effet inédite et, par conséquent, son impact le sera aussi.
Des études déjà parues sur des mises en quarantaine, ainsi que l'expérience des professionnels permettent toutefois d'esquisser quelques pistes.
1. Quelles sont les études sur la quarantaine déjà parues ?
Fin février, alors que des dizaines de millions de personnes en Asie étaient soumises à des mesures de confinement - mais encore aucune en Europe -, la revue américaine « The Lancet » a publié un article synthétisant les risques psychologiques de mises en quarantaine constatés lors de précédentes épidémies.
Les auteurs, des chercheurs du King's College de Londres, ont sélectionné 24 études sur des confinements imposés depuis 2004 sur tous les continents, surtout en Chine, au Canada et en Afrique de l'Ouest, notamment lors des épidémies de SRAS, d'Ebola et de la grippe H1N1. Il s'agissait généralement de quelques centaines de personnes, rarement plus d'un millier. Quant aux durées des confinements, lorsqu'elles ont pu être identifiées, elles ne dépassaient pas 21 jours, la période maximale d'incubation d'Ebola.
Quelques jours après la publication de cet article, la revue « General Psychiatry » publiait les résultats d'un sondage effectué au début du mois en Chine auprès de 53.000 personnes confinées. C'est l'unique étude réalisée à ce jour sur ce sujet dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.
D'autres études peuvent éclairer les professionnels, notamment sur les travailleurs en milieu confinés, comme les sous-mariniers.
2. Quels sont les principaux facteurs de stress identifiés ?
Les auteurs de l'article publié dans « The Lancet » listent une série de « facteurs de stress » pour une population confinée, dont le premier concerne la durée de la quarantaine : « les symptômes de stress post-traumatique deviennent significativement plus élevés lorsqu'elle dure plus de 10 jours », écrivent-ils. Une durée qui sera largement dépassée dans tous les pays qui luttent aujourd'hui pour éradiquer le coronavirus.

A ce facteur s'ajoutent la peur d'être contaminé, la frustration et l'ennui, ainsi que le manque d'équipement et d'information, mais aussi la perte de revenus et la stigmatisation de ceux mis en quarantaine. L'étude recommande aux autorités d'agir sur chacun de ces facteurs.
3. Quelles sont les conséquences psychologiques du confinement ?
Premier constat, « le confinement semble mettre en danger le lien social, puisqu'on ne peut plus voir ni famille, ni amis, ni collègues et qu'on est privés de la satisfaction que peut procurer le travail », explique Christophe Debien.
« Tout ce qui va déstabiliser nos repères temporels, sociaux ou économiques va faire monter notre niveau d'angoisse », poursuit-il. Le risque de violences est, de plus, accru par la contrainte de rester 24 heures sur 24 avec ses proches. « Les études réalisées en Chine et sur les sous-mariniers montrent qu'on voit monter une colère et une angoisse qu'on va alors passer sur ceux à côté de nous », alerte Christophe Debien. D'où l'inquiétude particulière exprimée ces derniers jours en France par les associations mobilisées contre les violences conjugales.
La plupart des études analysées dans l'article de « The Lancet » concluent en effet à des « effets psychologiques négatifs », dont des troubles émotionnels, des dépressions, du stress, des insomnies, des symptômes de stress post-traumatique, de la colère et le plus souvent, une humeur maussade et de l'irritabilité.

Par exemple, une étude réalisée en 2004 à Taïwan sur 338 personnels hospitaliers mis en quarantaine pendant neuf jours après avoir été en contact avec des personnes contaminées par le SRAS montre que ces personnes avaient ensuite été plus nombreuses que leurs collègues à se plaindre d'épuisement, de détachement par rapport aux autres, d'irritabilité ou encore de troubles de la concentration.
Quant au sondage réalisé en février en Chine, il conclut que plus du tiers des répondants (35 %) font part de troubles psychologiques (anxiété, phobies, troubles compulsifs, difficultés sociales etc.), considérés comme sévères pour plus de 5 % d'entre eux.
4. Y a-t-il des populations plus à risque ?
L'étude réalisée en Chine souligne que les femmes, les plus diplômés, les personnes éloignées de structures de santé et surtout les travailleurs migrants sont surreprésentés, probablement du fait du stress accru lié à la perte anticipée de leurs revenus. Les 18-30 ans et les plus de 60 ans sont également les plus touchés, l'étude faisant l'hypothèse d'un stress supplémentaire généré par les réseaux sociaux pour les plus jeunes.
Le confinement « n'a pas les mêmes conséquences pour tous, selon les facteurs de protection psychique qui ont pu être acquis ou qui, hélas, font défaut », explique le neuropsychiatre Boris Cyrulnik dans un entretien à « L'Obs » publié cette semaine. Il cite « ceux qui souffrent de fragilités psychiques antérieures, un trauma infantile, une enfance difficile, des conflits familiaux ou une précarité sociale. »
Christophe Debien confirme qu'« une énorme inquiétude émerge pour les patients de psychiatrie ». De nombreux centres médico-psychologiques ont mis en place une ligne de soutien pour leurs patients, voire même les appelle pour prendre de leurs nouvelles, se félicite-t-il.
Nous ne sommes pas tous égaux sur le plan financier également. Comment s'isoler un instant lorsqu'on est confiné à plusieurs dans un petit appartement, qui plus est sans forcément d'espace extérieur ? « Cette crise accentue la fracture sociale », conclut Christophe Debien.
5. Comment se prémunir des risques engendrés par le confinement ?
A l'échelle individuelle, le psychiatre délivre quelques conseils pour mieux vivre le confinement : en premier lieu être capable d'exprimer ses émotions, et en cas de colère, de trouver un moyen de s'isoler pour la faire baisser. « L'enjeu est de maintenir son angoisse à un niveau supportable », explique-t-il. Il suggère de conserver son rythme habituel lors d'une journée de travail et de garder une activité physique régulière.
Autre recommandation : ne pas s'informer en continu sur la pandémie. Le psychiatre se montre également méfiant des polémiques actuelles sur la gestion de la crise qui font grimper l'anxiété de la population : « des catastrophes précédentes nous montrent qu'il est important que les décideurs apparaissent sûrs d'eux et qu'on ne remette pas en cause leur autorité pendant la crise », souligne-t-il.
Enfin, il invite ceux qui le peuvent à porter assistance dans cette période à « tous ceux qui sont vulnérables parce qu'ils sont seuls, souffrent d'addictions, de maladies mentales ou physiques ». Le CN2R publie également sur son site des recommandations, notamment pour les parents souhaitant parler du confinement ou du deuil à leurs enfants.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/coronavirus-les-risques-psychologiques-du-confinement-en-5-questions-1189190

***







Covid-19

En psychiatrie, l’étrange calme pendant la tempête

Par Eric Favereau

Une chambre de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Photo Yann Castanier. Hans Lucas
Si le coronavirus a provoqué une réorganisation des services et de la prise en charge, avec un bouleversement du quotidien des patients, l’équilibre précaire de ce milieu est pour l’heure préservé.
En psychiatrie, l’étrange calme pendant la tempête

«C’est calme, étrangement calme. On est presque mieux qu’avant», lâche le psychiatre d’un grand établissement public de Normandie. De fait, la situation est étonnante, presque inattendue. On pouvait craindre que dans les hôpitaux psychiatriques, l’arrivée du confinement fasse écrouler ce monde déjà bien fragile, qui plus est abîmé par des années de rigueur. Ce n’est pas le cas. Bien sûr, une kyrielle de problèmes, de peurs et d’angoisses se télescopent ici aussi. Il y a ces masques de protection qui manquent un peu partout et, dans certains endroits, les difficultés sont lourdes. Toujours est-il que, pour l’heure, cela tient, et pas trop mal. «La crise et le confinement, ce n’est pas très nouveau pour nous», ironise Tim Greacen, militant des droits des malades et responsable du laboratoire de recherche de l’établissement public de santé Maison Blanche, à Paris.

Le 22 mars, le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, le professeur Frank Bellivier, a achevé de mettre au point «les consignes et recommandations applicables à l’organisation des prises en charge dans les services de psychiatrie et les établissements sanitaires autorisés en psychiatrie» (lire ci-contre). La bascule organisationnelle est énorme : fini ou presque les consultations en face-à-face, c’est-à-dire la quasi-totalité des activités dans les centres médico-psychologiques (CMP) ; fermeture des hôpitaux de jour, qui sont le lieu central pour un grand nombre de patients. «Les prises en charge de groupe et les activités sont suspendues pour limiter le risque de propagation virale (fermeture des ateliers thérapeutiques en psychiatrie adulte, psychiatrie de la personne âgée et psychiatrie de l’enfant et adolescent)», insiste le texte. Et encore : «Au sein des unités de soins, il convient d’éviter la concentration et le regroupement des patients, ainsi que dans les espaces de déambulation de l’établissement. Les activités et prises en charge en groupe sont suspendues. Les chambres individuelles sont à privilégier. Les repas sont servis en chambre pour les patients à risque et les repas au réfectoire doivent être organisés afin de permettre le respect des distances préconisées.»
Autrement dit, c’est une tout autre vie qui doit se mettre en place. «Cela demande du temps, de l’organisation, et des dispositifs exceptionnels, souligne le professeur Frank Bellivier. Pour les équipes comme pour les malades, cela a été difficile car ces derniers jours, les informations étaient contradictoires. Maintenant, il faut bien caler les choses.»
Echanges téléphoniques
Au jour le jour, on a pris le pli. Le Dr Marc Lecuyer, psychiatre, ancien chef de secteur à l’hôpital d’Annecy, appelle désormais ses patients. Cette règle est devenue impérative : plus de consultations en face-à-face, mais par échanges téléphoniques. Et si besoin, se rendre chez le patient. Ce jour-là, le CMP est donc vide, mis à part ce médecin. «Pour les patients que l’on connaît et que l’on suit depuis longtemps, avec le téléphone, c’est un autre type de consultation, mais on y arrive. C’est plus problématique pour les patients que l’on ne connaît pas.» Là, il appelle un vieux psychotique, simple rendez-vous régulier, pour faire le point. Pas de souci, manifestement. «Non, docteur, ça va, et cela ne change pas grand-chose», explique même ce patient. Puis la consultation se poursuit à l’écart. «Un certain nombre de malades vivent le confinement au jour le jour depuis des années, précise alors le psychiatre. Et de ce fait, pour eux, au début, il n’y a pas à s’inquiéter outre mesure.»
«L’enfermement, ils connaissent, poursuit Tim Greacen, militant associatif. Pour ceux qui vivent chez eux, qui ont un trouble majeur, ils sortent peu : courses, consultations, pharmacie, promenade, ils font tout à pied mais ne prennent pas le métro. Et avec la stigmatisation dont ils souffrent, et l’autostigmatisation qu’ils peuvent parfois s’infliger, ils gardent leur distance.» Il n’empêche, à l’hôpital, comme celui de Maison Blanche à Paris, tout est inédit. Un étage - soit une vingtaine de lits - est en train d’être bloqué pour des personnes suivies en psychiatrie qui attraperaient le Covid-19 et ne pourraient pas rester à domicile sans être accompagnées. Pour l’instant, il n’y a pas de cas connu. «Les populations à risque ? Ce sont les usagers de drogue, bien sûr, les personnes âgées en institution, et le personnel, qui peut l’attraper dans le métro en allant au boulot», analyse encore Tim Greacen.
Même son de cloche chez le Dr Jean-Luc Marcel, qui dirige un secteur à l’hôpital Sainte-Anne, également à Paris. Celui-ci décrit d’abord une situation atypique : «A présent, la période est plutôt calme, on a moins de patients, on a moins de demandes, il n’y a plus de consultations, et on arrive à faire des choses au téléphone.» Puis ce constat : «Momentanément, cela se passe pas trop mal.»
«Plus de permissions»
Le Dr Bruno Caron, lui, est en charge d’un CMP dépendant du centre hospitalier Alpes-Isère à Saint-Egrève, près de Grenoble. C’est l’un des plus gros établissements psychiatriques de la région. L’homme est solide, il a une forte expérience. «Actuellement, ça va. Au CMP, quelques patients viennent, en particulier ceux qui ont du mal avec leur traitement ou ceux auxquels on fait des injections "retard" [traitement par piqûre une fois par mois, ndlr]. Ce qui m’inquiète, c’est demain, l’état psychique des personnes à moyen terme. Il y en a pour qui nous sommes leurs seuls liens. C’est fragile… En tout cas, cela reste incroyable de voir comment on arrive tous à s’adapter.»
A Saint-Egrève, la vie des patients n’est pas pour autant devenue un long fleuve tranquille. «Les règles changent tout le temps, c’est un problème. Il y a une réorganisation permanente», note le Dr Caron. «Pour les patients, il n’y a plus de permissions. Ils ne peuvent pas sortir dans le parc, sauf accompagnés. Ils prennent beaucoup sur eux, ils font d’énormes efforts pour s’adapter», insiste le médecin. Et là comme ailleurs, il manque du gel hydroalcoolique et les soignants doivent courir pour trouver des masques.
A l’autre bout de la France, au Havre, dans un des établissements psychiatriques qui, l’an dernier, avaient été en pointe dans la mobilisation, le Dr Jaut s’interroge, sans trop savoir comment qualifier ce moment à part. « Ici, il y a un étonnant silence. On fait les consultations par téléphone. Dans les pavillons, tout ce qui est réunion est arrêté. Les pavillons, même ceux qui étaient ouverts, sont aujourd’hui tous fermés. Les permissions ne sont plus autorisées. Paradoxalement, on a très peu d’entrées et on a eu quelques sorties. On a des lits disponibles, ce qui est rarissime.»
Qu’en déduire ? Le Dr Jaut constate : «C’est impressionnant car les patients semblent supporter mieux que nous ces changements. On les prend pour de grands fous, mais ils s’adaptent. Nous, on a presque du mal avec le confinement, eux ont l’air moins inquiets.» Et comme un petit miracle, il détaille encore : «Avec l’administration, cela se passe bien. Tous les organes de décision collective ont disparu, on a beaucoup moins de réunions, et quand il y en a, on les fait par téléphone, au moins c’est rapide.» Il s’agit d’un moment à part, incertain. «Reste que du point de vue de la préservation du psychisme de nos patients, conclut le Dr Jaut, on attend la vague. Que va-t-il se passer la semaine prochaine ? Même si jusqu’ici tout va bien…»
Eric Favereau 
https://www.liberation.fr/france/2020/03/26/en-psychiatrie-l-etrange-calme-pendant-la-tempete_1783216 

***

Psycho








Nos conseils face au confinement
https://www.lci.fr/*

CHRONIQUE - Stress, angoisse et anxiété sont inévitables en situation de confinement qui est une période inattendue et qui s’impose à nous pour une durée indéterminée. Mais il est important de bien comprendre la différence entre ces émotions pour mieux gérer nos réactions.









Trois émotions différentes. Le stress est la réaction physiologique (celle du corps) qui permet de mobiliser nos ressources face à une situation inhabituelle pour nous permettre d’y faire face. L’angoisse est davantage une réaction psychologique liée à la peur et à l’inquiétude face à un sentiment de menace. L’anxiété est d’une toute autre dimension : elle est liée à une peur sans nom, un sentiment émotionnel qui nous déborde totalement et qui ne permet plus de nous contrôler dans nos réactions. 
Les réactions sont à la fois physiques : cœur qui bat plus vite (tachycardie, sueurs, pâleur, malaise), mais aussi psychologique (ruminations mentales sur le sens de la vie, peur de la mort, inquiétude irraisonnable face à toute situation nouvelle. Les réactions peuvent être très visibles : proche qui se met subitement à paniquer en pleurant, en criant, en refusant des choses habituelles, en étant violent contre soi-même ou les autres, mais il faut aussi être vigilant aux réactions plus invisibles ("internalisées") qui fait que la personne angoissée ne va rien dire, va se renfermer sur elle-même, ne plus sortir de son lit, ne plus parler, s’isoler.









Pour les proches c’est difficile, mais il est essentiel de rester calme, comprendre que ce n’est pas de la "comédie", mais un vrai signe de souffrance psychique, ne pas se moquer (ce ne sont pas des signes de "faiblesse"), aider la personne à respirer calmement, essayer de la valoriser, lui donner des petites missions quotidiennes pour l’aider à penser à autre chose, réfléchir positivement à des projets pour l’après-confinement. 

Quand cela est possible, les proches peuvent tenter de repérer ce qui a conduit à l’accès d’angoisse pour essayer de prévenir une prochaine crise (par exemple éviter la liste officielle donnée tous les soirs par les autorités sur le nombre de morts…)
Si tout cela ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à solliciter un médecin (ou le 15 si aucun médecin n’est joignable) qui pourra prescrire un médicament (anxiolytique), mais attention, le médicament réglera les effets de l’angoisse, mais pas ce qui l’a causé. Et aucun traitement ne peut être pris sans avis et suivi médical. En confinement le risque serait alors de transformer les intérieurs en pharmacie et l’automédication est un réel danger. Apprivoiser toutes ces manifestations comme inévitables - les accepter sans en avoir honte - est la meilleure des solutions pour parvenir à les dépasser et vivre au mieux le confinement.

 https://www.lci.fr/psycho/consultation-psy-8-angoisse-anxiete-lies-a-l-isolement-confinement-quels-signes-doivent-nous-alerter-2149202.html

***


Le divan en ligne: psy et patients au temps du coronavirus
AFP/Archives - Eric BARADAT

publié le 27 mars 2020 https://www.larepubliquedespyrenees.fr/

Allô… ne coupez pas! Psychologues et analystes recourent massivement au téléphone ou à la visioconférence pour garder le lien avec des patients par définition fragiles, et d’autant plus angoissés par le confinement imposé par le coronavirus.

Susan S., analyste dans le IXe arrondissement parisien, a immédiatement proposé de faire les séances au téléphone. « La moitié des patients ont accepté. Il y a dix ans, c’était impensable ».

A Paris, où le logement est souvent petit, difficile de se livrer à son thérapeute sans être à portée de voix du conjoint ou des enfants. Le psychanalyste-psychothérapeute Nicolas Rambourg a fait une première séance téléphonique avec un patient tandis que la petite amie écoutait à côté. Pour la deuxième séance, son patient l’avait envoyée faire les courses, et à la troisième, il s’était calfeutré dans la salle de bains.

Responsable d’un centre médico-psycho-pédagogique dans le Xe arrondissement qui gère 180 rendez-vous avec des enfants et adolescents par semaine, il a dû réorganiser les soins à distance.

« On a appelé toutes les familles pour savoir s’il était possible de continuer les soins avec les enfants dans de bonnes conditions: pas question de faire un entretien avec un enfant au milieu du salon, toute la famille autour et la télé allumée », dit-il. « J’ai un enfant en soins qui n’est pas très bavard, pour lequel la séance se passe souvent autour d’un jeu du pendu, on a procédé avec la vidéo sur le téléphone portable et ça a très bien fonctionné ».

Une collègue a préféré recourir aux SMS avec un petit patient d’une famille nombreuse, pour préserver la confidentialité.

« Les enfants sont très demandeurs », note-t-il. Pour les adultes qu’il voit dans son cabinet, c’est parfois plus compliqué. « Un de mes patients a très mal pris que je cesse de lui serrer la main, c’était pour lui un signal de rupture ». Le patient a été « très soulagé » de poursuivre les séances au téléphone.

– « Replis dépressifs » –

Pour les adolescents, le confinement ravive « les grandes questions philosophiques: c’est quoi la vie qu’on mène? » Une étudiante qui, adolescente, avait vécu un épisode dépressif, « s’est effondrée pendant le confinement, elle m’a dit: +ça me rappelle ma dépression+ ».

Barbara Goutte, psychologue dans un hôpital psychiatrique pour adolescents de la région parisienne, observe que « le confinement peut réactiver des craintes d’abandon, provoquer des replis dépressifs. Plusieurs adolescents m’ont dit qu’ils n’arrivaient pas à se lever le matin ».

Elle effectue ses consultations par téléphone, et « pour les malades les plus graves, je propose par Skype ou WhatsApp pour maintenir un lien visuel, car ça peut être angoissant de se livrer sans voir son thérapeute ».

Elle observe que « le confinement peut être mal supporté dans des familles précaires, où parents et adolescents ont du mal à s’exprimer. On craint une montée des violences familiales et des maltraitances », dit-elle.

Lucille, psychologue dans un hôpital de jour de Seine-Saint-Denis, évoque le cas d’adolescents « qui ont du mal avec les figures parentales et sont condamnés à la promiscuité avec leurs parents, sans la ressource de voir leurs amis. Le risque, c’est que l’ado s’enferme dans un monde parallèle, avec les jeux vidéos, les écrans ».

« Paradoxalement, nos enfants autistes ne se portent pas si mal, le ralentissement de toute la société, l’immobilisme les rassure, c’est pour les parents que c’est difficile », témoigne-t-elle. D’autant que certains « ont beaucoup besoin de bouger ». Ceux-là sont reçus par roulement d’une heure dans l’établissement.

Dans l’hôpital de Colombes où Nicolas Rambourg donne une journée de consultation par semaine, une attention particulière est donnée aux familles endeuillées. « J’ai un petit patient dont le père cancéreux est mort juste avant le confinement. On leur a accordé d’abord dix personnes pour les funérailles, ensuite trois de la famille pendant dix minutes… et après, personne. Ce petit garçon me dit +je sais même pas ce que ça me fait, c’est comme si papa était toujours à l’hôpital, mais comme l’hôpital est fermé, on peut pas le voir+ ».

« J’ai insisté auprès de la mère pour qu’ils organisent une cérémonie dans quelques temps, c’est très compliqué de vivre un deuil sans rituel », souligne-t-il.

Source : AFP
https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2020/03/27/le-divan-en-ligne-psy-et-patients-au-temps-du-coronavirus,2681488.php 

***

Comment traverser l'épreuve psychologique du confinement
Par Elena Sender le 26.03.2020 https://www.sciencesetavenir.fr*

Le confinement et la peur de l’épidémie peuvent avoir des effets psychologiques désastreux. Le chercheur Christophe Haag propose des gestes barrières pour mieux traverser l’épreuve.

Les bons souvenirs apaisent la peur.
SPL/AFP

Alors que 2,6 milliards de personnes, dans plus de 50 pays, sont appelées au confinement pour limiter la propagation de Covid-19, des études scientifiques ont alerté sur les possibles effets psychiques négatifs de la quarantaine. Comment faire pour bien traverser cette épreuve difficile? Christophe Haag, chercheur en psychologie sociale à l'EMLyon, auteur de La contagion émotionnelle (Albin Michel, 2019) propose que l'on adopte des gestes barrière.
 
Sciences et Avenir : à l'heure du confinement planétaire, quel sentiment domine?

Christophe Haag : sans conteste, la peur. C'est une émotion qui naît lorsque nous sommes confrontés à un danger immédiat (le coronavirus en est un) et qui met en branle une série de réactions physiologiques (augmentation du rythme cardiaque, respiratoire, élévation de la glycémie…). Ponctuellement, elle est utile, car elle nous pousse à réagir face à un danger et à nous adapter. Dans le cas de l'épidémie de covid-19, elle nous force à revisiter nos habitudes, notre hygiène de vie : on se lave plus souvent les mains, on fait attention, on respecte le confinement… C'est bien. Sauf que, comme le dit Fernando Parrado, l'un des 16 rescapés du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya qui s'est écrasé dans les Andes en 1972, "La peur nous sauve, la panique nous tue!".

En quoi la peur représente-t-elle un danger pour nous ?

Tant que la peur reste modérée et ponctuelle, tout va bien. Mais, dans le cas présent, elle est d'intensité inhabituelle car elle se compose des trois peurs les plus fortes chez l’être humain : la peur de la mort (le virus tue), la peur de l’avenir pour ses enfants et la peur économique (perdre son emploi). Et, de plus, elle se prolonge dans le temps. Résultat : non seulement les réactions physiologiques normales peuvent devenir source de pathologies (hypertension, hyperglycémie…etc) qui, ironie du sort, baissent l’immunité générale ce qui nous rend plus vulnérable à covid19. Mais aussi, lorsque les circuits de la peur sont sursollicités dans le temps chez un individu, il y a de gros risques de voir apparaître un trouble anxieux généralisé qui se caractérise par un état d’inquiétude permanent, excessif, disproportionné qui peut aboutir à des troubles mentaux telles la dépression et l’anxiété chronique, voire un syndrome de stress post traumatique.

Comment éviter cela ?

Il faut déjà faire honnêtement son auto-diagnostic. Où en suis-je avec ma peur ? Les symptômes à reconnaître en cas d’anxiété chronique sont : nervosité, pessimisme, sensation d’être à bout, fatigue, difficultés de concentration ou de mémorisation, irritabilité, douleurs et tensions musculaires, insomnies, maux de tête, et même diarrhée, palpitations, maux d’estomac, gorge serrée, hyperventilation et tout un tas d’autres désagréments qui accompagnent cet état psychique. Ces signaux doivent alerter. Il faut alors sans attendre adopter des gestes barrières.

Quels sont ces gestes barrières ?
 
- Se déconnecter des informations, ne s’autoriser qu’un certain volume horaire dans la journée.

- Elaborer une routine rigoureuse pour la semaine, et une autre pour le week-end, garder des repères fixes.

- Manger sainement.

- Faire de l’exercice physique.

- Se connecter via les outils de communications à ses proches, ses voisins, pour s’entraider, se rassurer, échanger.

- Si l’on a des enfants, s’en occuper pleinement à certains moments, puis travailler pleinement à d’autres. Ne pas tout mélanger.

- Rester en contact avec la nature (qui agit comme un anxiolytique naturel), si c’est possible.

- Jouer avec un animal de compagnie, si c’est possible.

- Lire des romans, pour s’évader et stimuler notre imagination et nos émotions positives.

- Se replonger dans ses valeurs psychiques refuges (musiques, souvenirs heureux, films, photos…) pour générer des émotions positives.

- Faire des exercices de respiration.

- Se projeter dans le futur, avec nos envies, nos passions.

Enfin, on peut aussi se connecter à notre application gratuite Dr Mood qui peut donner des clés pour gérer son stress et ses émotions négatives. Dans mon livre (la contagion émotionnelle) je propose également un SAS de décontagion émotionnelle en 7 étapes facile à utiliser chez soi pour se « décontaminer » de tout un tas d’émotions toxiques comme une peur ou une anxiété dysfonctionnelle. Si malgré tout cela votre anxiété ne baisse pas en intensité et que vous vous sentez démuni face à elle, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (psychologue etc…).

Comment bien vivre un confinement avec les autres?

Lorsqu’on est confiné avec son conjoint, ses enfants, les émotions passent en boucle d’un individu à l’autre. Ce huis clos émotionnel peut être très intense et épuisant. On doit donc tous être conscients de notre responsabilité émotionnelle et faire attention à ce que l’on émet « émet » (émotionnellement parlant). Au sein des couples, le confinement peut générer des tensions, surtout chez ceux qui d’ordinaire ne se voient qu’à dose homéopathique. Là, il y a clairement une inégalité des chances. On vivra différemment le confinement qu’on habite dans une petite surface sans vue ou dans une grande maison avec jardin. Les faits de violence conjugale peuvent être à craindre dans certains cas. Il ne faut pas hésiter à faire appel à des médecins ou des plateformes d’écoutes voire la police en cas de danger immédiat face à un conjoint qui se montrerait violent.

Comment protéger les enfants ?

Les enfants sont des éponges qui absorbent la peur ambiante (celle véhiculée notamment par les figures d’autorité, les parents…). Nous avons ainsi tous une responsabilité à ne pas devenir des agents hautement pathogènes de la peur pour ne pas les contaminer à haute dose et en faire plus tard des hypocondriaques. Dans les faits, cela passe par couper son téléphone ou les informations lorsqu’on s’occupe d’eux. Bien organiser son temps de travail et son temps avec eux. Si l’on se consacre totalement à eux, il y a immédiatement une baisse de tension et tout s’organise de manière fluide.

… et rassurer les seniors ?

La peur chez nos aînés - qui se sentent la cible du virus - peut entrainer un certain désespoir avec une peur prégnante de la mort. Toutes les mesures barrières déjà évoquées sont utiles. Avec, pour eux, si possible un engagement supplémentaire à trouver des valeurs refuge. Je les invite à ouvrir chaque jour les albums photos familiaux pour s’inspirer et se remémorer des événements du passé heureux qui abaissent le niveau d’anxiété. Et à toutes fins utiles, la Croix Rouge a mis en service un numéro de téléphone pour les personnes isolées. 
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/comment-traverser-l-epreuve-psychologique-du-confinement_142751