lundi 10 décembre 2018

Pays de la Loire Témoignages. Elles partagent leur souffrance après un suicide

Les participants au groupe d’échanges, qui se retrouve une fois par mois autour de Jacques Ripaud et Marie-Jeanne Roulleau. Les femmes présentes ce soir-là n’ont pas souhaité montrer leur visage.
Les participants au groupe d’échanges, qui se retrouve une fois par mois autour de Jacques Ripaud et Marie-Jeanne Roulleau. Les femmes présentes ce soir-là n’ont pas souhaité montrer leur visage. | OUEST-FRANCE
Une fois par mois, à La Roche-sur-Yon, des personnes endeuillées après le suicide d’un proche se retrouvent dans un groupe de parole animé par Familles rurales. Entre incompréhension, culpabilité, dépression, le chemin est long pour retrouver le goût de vivre. Échanges et soutien du groupe peuvent aider à garder la tête hors de l’eau. Famille rurales a aussi créer un site, www.vivrelabsence.fr pour accompagner toutes les personnes endeuillées.
« J’ai perdu mon papa le 18 décembre 2017, il s’est pendu. » Gorge nouée, regard baissé, Marylou, 26 ans, entame le tour de table du groupe de parole de personnes endeuillées après un suicide. Il se réunit une fois par mois, à La Roche-sur-Yon. Marylou et Patricia, sa maman, habitent près de Loudun, dans la Vienne, et elles font deux bonnes heures de route pour venir y participer. « C’est moi qui ai trouvé Jean-Jacques, mon mari. Mon fils a essayé de le ranimer  » , poursuit Patricia, 54 ans. Silence : « Pour tenir, il y a les médicaments, le psychologue, mais c’est très dur. On ne sait pas comment on survit. Je continue pour mes enfants. »

Jacques Ripaud, chargé de mission à la fédération Familles rurales de Vendée, anime ce groupe d’échanges. À ses côtés, Marie-Jeanne Roulleau, bénévole et membre de la commission deuil. Parmi l’ensemble des actions menées pour accompagner les familles, la question du deuil est prise en compte depuis quarante ans, en lien avec les travailleurs sociaux et en complémentarité avec d’autres associations.

Culpabilité et questions

Depuis début 2018, Familles rurales a mis en place un groupe spécifique pour les endeuillés après un suicide. Entre pairs, on ose dire ce que l’on endure, chaque fois un peu plus au fil du temps. On s’écoute, on se comprend et s’épaule parce que les paroles de l’un font écho à celles des autres, empruntant les mêmes chemins pavés de questions, de souffrances et, souvent, de grand mal-être. On vient ici parce qu’on ne se sent pas jugé, dit aussi une participante.
Ce soir-là, huit femmes sont autour de la table. Marylou, Patricia, Régine, Hélène, Martine, Marie, Claire, Céline (1) ont perdu un mari, un compagnon, un père, un enfant… Les hommes sont trois fois plus nombreux que les femmes à mettre fin à leurs jours. Une mort violente, traumatisante pour les proches. « J’ai trouvé Anthony dans la cave en rentrant dans la nuit du 29 au 30 juillet, j’ai laissé les enfants dans la voiture… J’ai appelé les pompiers  » , raconte Claire, 33 ans. Marie, sa belle-mère, enchaîne : « En tant que mère, on souffre dans ses tripes. On se demande pourquoi il n’est pas venu nous parler. »
Derrière le choc, la révolte et l’incompréhension, les questions arrivent, la quête des « pourquoi » un tel geste. « Il avait laissé un mot dans sa poche, mais il ne m’a pas parlé  » , soupire Hélène. « Moi aussi, j’avais beaucoup de colère et je m’en voulais : qu’est-ce que je n’ai pas fait, pas vu, pas compris… explique Marie-Jeanne, bénévole-animatrice confrontée au suicide d’un fils. La culpabilité, ça fait partie des étapes normales du deuil. » Parce que le suicide est tabou, le regard des autres en rajoute une couche : « Les gens ne savent pas quoi dire, ils sont maladroits, assure Martine.  Quand on me dit « ma pauvre, ma pauvre », c’est encore plus lourd sur mes épaules. »
Les derniers chiffres connus du suicide dans les Pays de la Loire. | Ouest-France

Aider ceux qui restent

Débit saccadé, tête dans les mains, Céline compte les mois et les jours depuis la mort de son mari, il y aura bientôt deux ans, après plus de vingt ans de vie commune et « deux beaux enfants  » . La colère et la tristesse ne la quittent plus : « Je casse tout dans la maison, le béton, la cuisine… Je fais du bois, je fends des bûches. Mes garçons parlent de leur père et ont retenu tout ce qu’il leur a apporté de bon. Il est tout le temps là, c’est moi qui dérape. » Martine, elle, voudrait qu’on parle de son mari, cet homme élu et engagé dans des associations : « Au début, on est portés par l’entourage. Mais plus ça va, plus c’est difficile. L’absence s’installe et personne ne parle plus de lui. »
Les « dégâts collatéraux » du suicide, on n’en parle pas ou peu. Et pourtant. Comment faire pour s’en sortir quand dépression et désespoir sont installés, à tel point que, comme le confie Marylou, « les journées sont trop difficiles. Quand je me réveille, c’est le cauchemar, lâche la jeune femme, qui ne peut plus contenir ses larmes. Je tiens pour maman et mon frère, mais j’espère partir jeune pour être près de papa. » Jacques Ripaud s’emploie à mettre des mots sur cette étape du deuil que traverse Marylou, afin d’apaiser un tant soit peu sa douleur : « L’état dépressif, c’est la phase la plus longue, on n’a plus le goût de vivre, jusqu’à cette étincelle qui revient après la traversée du désert. »

Remonter la pente

Le groupe de parole peut aider, justement, à passer un cap, conserver ou sortir la tête de l’eau. Marie, qui trouve des raisons d’espérer dans le spirituel, partage avec le groupe ce qui peut faire remonter la pente : « On a l’impression que c’est la fin du monde, mais je t’assure, Marylou, on y arrive. Je vis la journée qu’il m’est donné de vivre et je n’ai plus peur du lendemain. Depuis qu’il est mort, Anthony a resserré les liens familiaux. »
Malgré la fatigue, Claire tient parce que « Anthony n’aimerait pas me voir abattue. Mes deux enfants, ce sont ma force. » Jacques conseille : « Il faut faire appel aux amis, oser demander de l’aide, souffler. »
Pour s’accrocher, rester à la surface, « on a besoin d’ancres  » , insiste Marie-Jeanne. Un livre, des animaux, de la musique, des chansons, une passion, un dérivatif. Patricia a repris la plume pour coucher son chagrin sur le papier. « Depuis le suicide de Jean-Jacques, je n’arrivais plus à écrire », dit-elle avant de lire un texte au groupe. Céline s’apaise en restaurant des meubles pour les amis. « Ça prend du temps, car le meuble a déjà une histoire. Il faut enlever toutes les couches qui le recouvrent, mettre à nu pour repartir à zéro. » La symbolique ne lui a pas échappé : la transformation sera longue pour réapprendre à vivre et continuer son chemin.

 (1) À la demande de plusieurs participantes, les prénoms ont été modifiés.

La page d’accueil du site www.vivrelabsence.fr | Ouest-France

Deuil : un site internet au service des familles

Parce que le soutien et l’aide aux familles, le développement local et l’entraide de proximité sont au cœur du projet de Familles rurales, l’accompagnement du deuil figure depuis quarante ans parmi les actions que l’association déploie dans les territoires. Cette prise en compte a démarré avec les hommes et femmes confrontés au veuvage. Comme le rappelle Bérengère Soulard, la directrice de la fédération de Vendée, « notre action est complémentaire de celle des professionnels de santé, des services sociaux et des autres associations » .
« Parce qu’il est difficile d’y arriver seul, qu’on a tous été dépourvus face à la demande d’un ami  » , rappelle Jacques Ripaud, chargé de mission pour l’accueil des familles en deuil, Familles rurales Vendée propose diverses actions collectives, en lien avec des partenaires comme la MSA, la CAF, des associations comme Jalmav ou Hespéranges : conférences animées par des thérapeutes, service d’accueil et d’écoute ; groupes de parole après le décès d’un enfant, un suicide ; forum et soirées d’échanges… Mission principale : accompagner les personnes endeuillées pour leur permettre de se reconstruire progressivement.
En 2017, la fédération a enregistré une hausse importante des accueils physiques et des écoutes téléphoniques individuels. Pour s’adapter aux nouveaux modes de communication, mieux répondre aux attentes d’un public qui évolue, elle a lancé, au mois d’octobre, un site internet : www.vivrelabsence.fr.
Sobre, pédagogique et ergonomique, il propose des textes de référence sur le deuil, des conférences filmées, des liens pour effectuer diverses démarches, une bibliographie variée et un forum de discussion. Vu sa richesse, www.vivrelabsence.fr n’est pas réservé aux seuls Vendéens et adhérents de l’association.
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/temoignages-elles-partagent-leur-souffrance-apres-un-suicide-6115646

MANIFESTATION 11/12/2018 Loudéac (22) Des réponses aux questions que se posent les proches des personnes en souffrance psychique

Loudéac. Des réponses aux questions que se posent les proches des personnes en souffrance psychique
Quelles sont les ressources dont peuvent bénéficier les aidants de personnes en souffrance psychique ? Des réponses, mardi à Loudéac.
Publié le 8 Déc 18 https://actu.fr/*
Quelles sont les ressources dont peuvent bénéficier les aidants de personnes en souffrance psychique ? Des réponses, mardi à Loudéac. (©LD)

A Loudéac, ce mardi 11 décembre, le Conseil Territorial de Santé Cœur de Breizh, l’UNAFAM* Bretagne et l’Association hospitalière de Bretagne organisent un débat public sur le thème : Accompagner un proche en souffrance psychique : quelles ressources pour les aidants ?
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En France, plus d’une personne sur 10 accompagne un proche en souffrance psychique (conjoint, famille ou ami). Être aidant réclame une forte implication personnelle et de nombreux sacrifices. Ces personnes, qui ont besoin de soutien et d’accompagnement elles-mêmes, sont souvent démunies face à la souffrance de leur proche.

Trois conférences débats seront proposées, animées par des représentants de l’UNAFAM et des professionnels de la santé mentale (psychiatres, infirmiers…) sur les problématiques rencontrées par les aidants, les ressources et les dispositifs qui existent pour les soutenir, qu’ils soient professionnels ou associatifs.

Mardi 11 décembre 2018 de 14h à 17h, salle Jeanne Malivel (34, rue de Moncontour) à Loudéac. Gratuit, ouvert à tous.

* Union Nationale de FAMilles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques

https://actu.fr/bretagne/loudeac_22136/loudeac-reponses-questions-se-posent-proches-personnes-souffrance-psychique_20153767.html

vendredi 7 décembre 2018

AUTOUR DE LA QUESTION CANADA Trousse d'information sur le harcèlement psychologique ou sexuel

Trousses d'information > Trousse d'information sur le harcèlement psychologique ou sexuel

Documentation à l'intention des employeurs

Capsules vidéo sur le harcèlement psychologique au travail

Les capsules illustrent trois types de situations problématiques pouvant se présenter en milieu de travail ainsi que les moyens qui auraient pu être pris pour les régler.

Les sept clés pour prévenir le harcèlement psychologique ou sexuel
  • Le respect des personnes au travail
  • Une communication ouverte entre les employés et la direction
  • Une distribution équitable des charges de travail
  • La promotion de la collaboration
  • Des attentes clairement établies et des malentendus dissipés rapidement
  • Une concordance entre les exigences de l’emploi et les compétences des personnes
  • Des tâches et des rôles clairement définis

Pour en savoir plus sur les normes du travail concernant le harcèlement psychologique et sexuel au travail, consultez la page Harcèlement psychologique ou sexuel.


https://www.cnt.gouv.qc.ca/publications/trousses-dinformation/trousse-dinformation-sur-le-harcelement-psychologique-ou-sexuel/index.html

CANADA Des élèves et du personnel formés à la prévention du suicide Dans les écoles secondaires de Viamonde

Des élèves et du personnel formés à la prévention du suicide Dans les écoles secondaires de Viamonde
L'Express. ca *  3 décembre 2018
Les écoles secondaires du Conseil scolaire Viamonde peuvent désormais compter sur la présence d’élèves et de membres du personnel formés pour identifier les personnes ayant des idées suicidaires et leur offrir des services de premiers soins en santé mentale.
Après quatre demies journées de formation offertes dans autant de régions sur le territoire de Viamonde (toute la péninsule du Centre-Sud ontarien), les participants sont désormais aptes à reconnaître les appels à l’aide de personnes ayant des pensées suicidaires, à entrer en relation avec elles et à les mettre en contact avec les ressources appropriées.

DouleurLes professionnels de la santé mentale s’entendent pour dire que plupart des personnes qui ont des pensées suicidaires ne veulent pas mourir, mais qu’elles cherchent plutôt une façon de faire cesser une douleur qui les afflige.
Les aidants sont formés pour intervenir en utilisant une démarche de prévention reconnue internationalement et développée par l’organisme LivingWorks Education. La démarche s’articule autour de l’utilisation des quatre étapes TALK, soit: dire, demander, écouter et protéger (rester en sécurité).

77 aidantsLes 77 élèves et membres du personnel de Viamonde qui ont participé à la formation s’ajoutent à un réseau de plus de 275 000 personnes à travers le monde certifiées safeTALK. Elles et ils contribuent à prévenir le suicide et à convaincre les personnes aux prises avec des idées noires de s’accrocher à la vie.
La démarche été développée par LivingWorks Education.
 
 
https://l-express.ca/des-eleves-et-du-personnel-formes-la-prevention-du-suicide/?fbclid=IwAR12mnlbjuu2t3Smja8KK1NcpTSTRk0_pZm9dyApPDySwIGQGzxjlT-aum4

WEBINAIRE chercheur du CRISE Quebec Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.

Bogdan M. Balan
professeur, Département des sciences infirmières, Université du Québec en Outaouais (UQO), membre chercheur du CRISE
Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.
source http://www.crise.ca*

Résumé de la présentation: La thérapie comportementale dialectique (Linehan, 1993) est reconnue comme approche de choix auprès des personnes souffrant d’un trouble de personnalité limite et à risque suicidaire. Pour l’intervenant intéressé qui travaille auprès des adolescents à risque, certaines techniques et éléments sont potentiellement utiles même en absence d’un programme TCD complet. Ce webinaire se propose de présenter (avec des exercices et applications) les stratégies de validation, orientation et engagement ainsi que la démarche d’analyse comportementale en chaîne.
Biographie: Bogdan M. Balan est professeur au Département des Sciences Infirmières de l’Université du Québec en Outaouais, campus de Saint Jérôme où il est responsable de la formation des infirmières en pratique avancée en santé mentale. Après une formation en psychologie et en médecine humaine, il a soutenu son doctorat en psychologie sociale en 2000 à l’Université « Al.I.Cuza » de Iasi, Roumanie. Il a par la suite été stagiaire postdoctoral au CRISE, UQAM, et est devenu membre de l’Ordre des Psychologues du Québec en 2006. Entre 2006 et 2015, il a pratiqué en tant que psychologue clinicien auprès d’une clientèle jeunesse avec troubles de l’humeur et comportements auto-dommageables à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Il est psychothérapeute d’orientation dialectique comportementale (DBT – Linehan) avec une formation intensive en 2009-2010 et a participé à l’implantation d’un des premiers programmes de DBT pour adolescentes au Québec à la Clinique des Troubles de l’Humeur de l’HRDP. Ses intérêts de recherche portent principalement sur la prévention des comportements auto-dommageables et suicidaires chez les adolescents autant à travers des programmes de prévention que par l’utilisation d’interventions spécifiques, selon des modèles soutenus par les données probantes.
POUR VISIONNER LE WEBINAIRE:
WEBINAIRE 16 - Bogdan M. Balan   - Éléments de thérapie comportementale dialectique utiles dans la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents.

Pour toute information , veuillez communiquer avec Luc Dargis: dargis.luc@uqam.ca ou 514-987-3000 #1685

http://www.crise.ca/fr/webinaire17.asp?section=cdd&sujet=webinaires

AUTOUR DE LA QUESTION rapport Solitude ET handicap ou maladie chronique : la double peine





Vulnérabilité & précarité
Solitude ET handicap ou maladie chronique : la double peine
30/11/2018 https://www.fondationdefrance.org *






A cause de la fatigue, des problèmes de mobilité, du temps consacré aux soins ou aux démarches administratives… le handicap ou la maladie chronique deviennent vite des obstacles à la vie sociale. Pour la première fois, cette « double peine » fait l’objet d’une étude menée par la Fondation de France.
Depuis 2010, la Fondation de France dresse chaque année un état des lieux de l’évolution des solitudes en France. L’édition 2018 de cette enquête quantitative et qualitative, menée avec le CREDOC entre mai et juillet[1], s’est intéressée spécifiquement à la solitude des personnes en situation de handicap ou souffrant de maladies chroniques.  32% d’entre eux se sentent seuls « tous les jours ou presque » ou « souvent », une proportion plus élevée qu’en population générale (+10 points). Ce sentiment de solitude constitue une source de souffrance pour un peu plus de 8 personnes concernées sur 10.
Comment « mesurer » la solitude ?
Sont considérées comme isolées les personnes ayant des contacts « moins de plusieurs fois par mois », avec les réseaux de sociabilité : famille, amis, voisins, collègues, membres d’une association. 12% des personnes souffrant d’un handicap ou d’une maladie chronique sont ainsi en situation objective d’isolement, soit 3 points de plus que dans la population globale. Mais c’est surtout la question du sentiment de solitude qui fait apparaître une écart important , de 10 points.

La difficile articulation entre handicap / maladie et vie sociale
52 % des personnes porteuses d’une maladie ou d’un handicap déclarent en effet que leur maladie ou leur handicap a des incidences négatives sur leurs sorties quotidiennes. En cause : la douleur, la fatigue, ainsi que les difficultés de mobilité. A 65 % elles sont, en effet, limitées dans leurs capacités physiques (12 % dans leurs capacités psychiques et 16 % dans d’autres capacités). Cette situation les oblige à renoncer à entretenir une vie sociale, parfois de manière temporaire, en fonction des périodes de crise ou de répit… mais aussi parfois définitivement.
Les témoignages montrent que le temps consacré au handicap ou à la maladie, pour les soins ou les démarches administratives, empiète sur les autres temps de la vie, sur les moments passés entre amis ou en famille. Dans certaines situations, toute l’énergie des personnes est mobilisée dans cette prise en charge, les contacts se réduisent aux soins… ne laissant plus de place à une vie sociale choisie.

L’isolement, un facteur associé à d’autres difficultés
Le handicap ou la maladie chronique favorisent l’isolement et cette « double peine » s’applique à tous les domaines de la vie ! C’est le cas pour la scolarité : 73 % des personnes déclarant un handicap ou une maladie et isolées ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat (vs 63 % des personnes en situation de handicap ou ayant une maladie chronique mais non isolées).
Arrêts de travail prolongés ou répétés, licenciement pour inaptitude, retraite anticipée pour invalidité sont autant de freins pour l’emploi des personnes souffrant d’un handicap ou d’une maladie chronique. 58 % de ces personnes qui sont également isolées estiment que leur situation a un impact négatif sur leur vie professionnelle (vs 46 %). Au final, cette fragilité devient économique car 31 % ont de bas revenus (vs 23 %), ce qui peut entraîner une réduction des moments de sociabilité ayant peu de moyens financiers pour sortir ou accueillir des proches à la maison.
Infographie Solitude 1
La « peur » d’être un poids
Le handicap comme la maladie chronique représentent un terreau fertile pour un isolement généralement douloureux : 50 % des personnes en situation de handicap ou de maladie chronique se sentent fréquemment seules (vs 41 % des personnes isolées mais n’ayant ni handicap ni maladie). 83 % en souffre, vs 77 % des personnes isolées sans handicap ou maladie.
Ces personnes isolées sont aussi celles qui se disent le moins soutenues par leur famille (9 % seulement vs 18 %). Elles comptent plus sur les professionnels de santé (74 %) que leur famille (63 %) en cas de difficultés.
S’engage alors un cercle vicieux : 48 % des personnes isolées en situation de handicap ou de maladie ont souvent le sentiment d’être « un poids pour leurs proches » (vs 33 % pour les autres et 21% pour l’ensemble de la population) ; et  51 % limitent leurs relations pour éviter cette situation.
Infographie solitude



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« L’isolement aiguise les sentiments négatifs des personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie chronique. Tous les pans de leur vie quotidienne sont touchés. Elles souffrent souvent d’une faible estime d’elles-mêmes, ce qui impacte leur vie professionnelle et les liens sociaux. Pour combattre ce cercle vicieux la Fondation de France soutient des centaines de projets.»
Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France


A télécharger
La synthèse de l'étude


https://www.fondationdefrance.org/fr/solitude-et-handicap-ou-maladie-chronique-la-double-peine-0

MANIFESTATION 5/12/2018 Paris (75) Prendre soin des professionnels de santé et prévenir leur vulnérabilisation : De l’observation à l’action

Prendre soin des professionnels de santé et prévenir leur vulnérabilisation : De l’observation à l’action 

Le 5 décembre prochain au Conseil régional d’Île-de-France à Saint-Ouen

4 E COLLOQUE NATIONAL


COMMUNIQUÉ DE PRESSE  Paris, le 28 novembre 2018

informations : www.asso-sps.fr/colloque.html

RESSOURCES 116 006 : le nouveau numéro d'aide aux victimes

Plateforme téléphonique

116 006 : le nouveau numéro d'aide aux victimes
Publié le 06 décembre 2018 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Illustration 1Crédits : © Ministère de la Justice
Illustration 1
Victimes d'un chauffard, d'une escroquerie sur internet, de propos racistes, de violence... Appelez le 116 006, le nouveau numéro d'aide aux victimes, gratuit et ouvert 7 jours sur 7 de 9h à 19h. Cette porte d'entrée unique pour toutes les victimes, proches et témoins directs remplace l'ancien « 08Victimes ».
Cette plateforme téléphonique s'adresse aux victimes d'infractions (vols, agressions...) mais aussi aux victimes d'accidents de la route, d'événements collectifs, d'attentats ou de catastrophes naturelles.
Dans le respect de l'anonymat de l'appelant, ce dispositif écoute et dirige les victimes vers les réseaux associatifs d'aide aux victimes et les services spécialisés.
Ce service est également accessible aux Français de l'étranger au 00 33 1 80 52 33 76.
  À savoir :
France Victimes met également à disposition du public un courriel : victimes@france-victimes.fr

jeudi 6 décembre 2018

Baromètre du moral des soignants 2018



Article sur le sujet : Dégradation des conditions de travail, patients violents... les étudiants en santé ont le moral dans les chaussettes
Sophie Martos| 05.12.2018
lequotidiendumedecin.fr*








Quotidien lourd, rythme infernal... La dégradation du moral des étudiants en santé s'accentue fortement en 2018. Selon le baromètre* annuel réalisé par 360 medics, 64 % des étudiants se déclarent aujourd'hui insatisfaits de leurs conditions de travail (contre 31 % en 2017). 

Plusieurs facteurs « stresseurs » plombent le moral des jeunes. Sept étudiants sur dix ont déjà fait face au moins une fois à un comportement violent de la part d'un patient (65 % en 2017). 

Le rythme de travail est un autre facteur anxiogène et avec des répercussions directes. 86 % des sondés considèrent que ces cadences infernales impactent négativement la vie sociale, 67 % jugent que cela affecte leur vie familiale et 47 % leurs performances professionnelles.

Ce rythme de travail se répercute plus globalement sur le bien-être des jeunes. En 2018, 52 % jugent qu'il joue sur leur moral et leur condition physique. Et 41 % souffrent ou ont déjà souffert de dépression, confirmant la prévalence du burn out ou des idées suicidaires dans cette population jeune. 

Incidence sur la qualité des soins

Chez les jeunes, les raisons de l'épuisement s'expliquent dans l'ordre par le comportement des patients, le manque de reconnaissance, l'organisation du travail et la masse de travail. Et 90 % d'entre eux estiment que leur travail n'est pas reconnu à leur juste valeur !

Également sondés sur le lien entre épuisement professionnel et qualité des soins (seuls les répondants ayant connu ou connaissant un épisode de burn-out sont ici interrogés),  3 % d'entre eux affirment que cette situation de souffrance les a conduits à un incident médical de sécurité sur un patient. Et 41 % déclarent que « le risque existe ».  

* Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne entre le 1er octobre et le 4 novembre 2018 auprès de 6 195 répondants dont 5 117 professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, kinés, sages-femmes, aides-soignants, chirurgiens-dentistes) et 1 078 étudiants en santé (dont 51 % en médecine).

mardi 4 décembre 2018

BELGIQUE Rapport : "Internet et santé mentale", Rapport de l’Observatoire "Vies Numériques" du Centre de référence en Santé Mentale

Rapport : "Internet et santé mentale", Rapport de l’Observatoire "Vies Numériques" du Centre de référence en Santé Mentale
le 3 décembre 2018 signalé sur http://www.psycom.org*
En Belgique, depuis janvier 2016, grâce au soutien de la Région Wallonne, le Centre de référence en santé mentale (CRéSaM) développe une mission d’observatoire des usages et des usages problématiques d’Internet et des jeux vidéo. Dans ce contexte, l’Observatoire « Vies Numériques » tel qu’il a été baptisé, a pour objectif d’apporter un complément d’information à travers un rapport annuel destiné aux acteurs de terrain et aux pouvoirs publics afin de les soutenir dans la construction de leurs actions, tant au niveau préventif que curatif.
Le troisième rapport, publié en novembre 2018 est intitulé "Internet et santé mentale".
Résumé
Consulter Internet pour rechercher de l’information en santé mentale est devenu un réflexe pour un nombre croissant d’utilisateurs. Ce texte propose une synthèse non exhaustive de la littérature sur ce phénomène à travers trois questions clés :
  1. les fractures numériques et les littératies ;
  2. l’impact de l’Internet santé sur la relation entre les professionnels et les usagers ;
  3. la qualité de l’information en santé mentale disponible sur Internet.
Télécharger le rapport
Minotte P., Note n° 3 : Internet santé mentale , novembre 2018, 36 p.


http://www.psycom.org/Actualites/E-Sante/Rapport-Internet-et-sante-mentale-Rapport-de-l-Observatoire-Vies-Numeriques-du-Centre-de-reference-en-Sante-Mentale