vendredi 20 mai 2022

Violences, tentatives de suicide des adolescents, maladies chroniques : les défis de la profession infirmière dans l'Éducation

Violences, tentatives de suicide des adolescents, maladies chroniques : les défis de la profession infirmière dans l'Éducation

Publié le 9 mai 2022 https://www.unsa-education.com*
Les infirmièr·es scolaires sont au coeur de la vie des établissements. Les élèves viennent parler de leurs problèmes et les sujets traités par ces personnels peuvent être graves. A l'occasion de la journée internationale des infirmières du 12 mai, Gwenaëlle Durand, co-secrétaire générale du SNIES UNSA Éducation, revient sur des sujets peu connus de l'actualité éducative qui méritent pourtant d'être traités.

Dans votre métier, quel est sont les sujets qui doivent être mieux pris en compte auxquels vous êtes confrontés comme infirmiers et infirmières scolaires ?

Depuis la crise sanitaire de 2021, il a été constaté une aggravation de l’intensité des signes de mal-être allant jusqu’à une augmentation des phobies scolaires et des idées de suicide.

En France, 800 jeunes de 15 à 24 ans meurent par suicide chaque année ­ c’est la deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge (après les accidents de la route) . Environ 50 000 jeunes au total font font une tentative de suicide.

Une tentative de suicide chez un adolescent n’est jamais une conduite anodine à mettre sur le compte d’une « crise d’adolescence ».

De par sa proximité avec les jeunes, l’infirmier.e scolaire est souvent le 1er interlocuteur des élèves en mal-être, son expertise en fait un acteur incontournable et primordial dans l’évaluation du risque suicidaire chez les jeunes scolarisés.

Mais le sujet reste parfois tabou et difficile à aborder en entretien. Le SNIES Unsa Éducation dénonce le manque de moyens en formation sur ce sujet.

Les filles et les garçons ont-ils des problématiques spécifiques?

L’endométriose est un autre sujet qui est au cœur de notre spécialité à l’éducation nationale.

En effet, les maux de ventre chez les jeunes filles sont un des premiers motifs de consultations infirmières en établissement. Pendant leurs règles, les douleurs sont présentes et banalisées par la société. Pour tout le monde : « les règles ça fait mal ! » et bien NON les règles ne font pas mal, c’est un phénomène naturel indolore, et laisser croire le contraire c’est faire croire et admettre que les « femmes sont d’éternelles malades » (croyance du XIXème siècle où les femmes étaient considérées comme le « sexe faible »).

Une prise en charge précoce peut améliorer l’endométriose et surtout supprimer ces douleurs qui engendre des absences voire des décrochages scolaires.

L’endométriose est mal connue, nous sommes mal et peu formé.e.s, nous sommes à 98% une profession de femmes et nos représentations aussi sont à travailler pour changer le regard de la société sur les douleurs menstruelles.

Les infirmières sont à la croisée de toutes les problématiques de la vie des élèves, en tant que syndicat, quel projet menez-vous actuellement ?

En effet, les problématiques des élèves sont souvent liées à un problème de santé, une souffrance psychologique et des difficultés familiales. Nous recueillons ces données afin d’avoir une analyse globale de la situation pour orienter l’élève et l’aider.

Souvent seul.e personnel médico-social dans l’établissement, nous avons à gérer des problèmes sociaux mais aussi scolaires liés à des difficultés d’adaptation, des conflits, du harcèlement …qui engendrent des situations complexes où l’analyse demande de la finesse et de l’expérience.

Dans nos prises en charge, la douleur est systématiquement évaluée.

Nous utilisons un outil qui s’appelle la réglette EVA (Echelle Visuelle Analogique), c’est une échelle de 0 à 10 que tous les soignants connaissent. Cette donnée médicale est transmise au médecin en cas d’appel au 15, cela permet d’avoir le même langage. Mais c’est une échelle médicale qui ne permet pas d’évaluer la souffrance psychologique (quoique parfois je l’ai personnellement utilisée).

Lors d’échanges avec ma collègue Tiphaine Jouniaux, Secrétaire Générale du SNASEN UNSA Éducation des assistant·es de services sociaux, nous avons eu l’idée de développer un outil pour mesurer la violence, la souffrance psychologique que subit un élève (sexuel, harcèlement, familial), du même type que le violentomètre pour les femmes battues.

Cet outil pourrait servir lors d’entretien avec un élève mutique, en souffrance, dans l’incapacité de verbaliser : l’élève, en déplaçant un curseur selon son état, nous en indiquerait ainsi  la gravité.

Outils simple, utilisable par tous les personnels de l’éducation nationale.

Tiphaine travaille sur la maquette et en travaillant ensemble, nous apportons nos regards complémentaires. Ainsi un outil polyvalent et simple d’utilisation sera créé !

Le SNIES UNSA Éducation est plus qu’un syndicat : nous sommes novateurs et holistiques.

https://www.unsa-education.com/article-/violences-tentatives-de-suicide-maladies-chroniques-les-defis-de-la-profession-infirmiere-dans-leducation/

ETUDE RECHERCHE Seasonal changes and decrease of suicides and suicide attempts in France over the last 10 years

Seasonal changes and decrease of suicides and suicide attempts in France over the last 10 years
Marine Ambar Akkaoui  1   2   3 Christine Chan-Chee  4 Karine Laaidi  4 Gregory Fifre  5 Michel Lejoyeux  6   7 Guillaume Vaiva  8   9 Hugo Peyre  10   11 Pierre A Geoffroy  6   7   12   13
1 Département de Psychiatrie et d'addictologie, AP-HP, GHU Paris Nord, DMU Neurosciences, Hôpital Bichat - Claude Bernard, 75018, Paris, France. marine.ambar@gmail.com. 
2 Centre Psychiatrique d'Orientation et d'Accueil (CPOA), Hôpital Sainte Anne, GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, 1 Rue Cabanis, 75014, Paris, France. marine.ambar@gmail.com. 
3 Etablissement Publique de Santé Mentale de Ville Evrard, 202 Avenue Jean Jaurès, Neuilly Sur Marne, France. marine.ambar@gmail.com. 
4 Santé Publique France, 12 Rue du Val d'Osne, 94415, Saint-Maurice Cedex, France. 
5 Météo-France, Direction des Services de la Météorologie, Avenue G. Coriolis, 31057, Toulouse, France. 
6 Département de Psychiatrie et d'addictologie, AP-HP, GHU Paris Nord, DMU Neurosciences, Hôpital Bichat - Claude Bernard, 75018, Paris, France. 
7 GHU Paris - Psychiatry & Neurosciences, 1 Rue Cabanis, 75014, Paris, France. 
8 Univ Lille, INSERM U 1772, CHU Lille, General Psychiatry Department, Hôpital Fontan, 59037, Lille, France. 
9 Centre National de Ressources et Résilience pour les Psychotraumatismes Cn2r Lille Paris, Lille, France. 
10 Neurodiderot, INSERM UMR 1141, Paris Diderot University, Paris, France. 
11 Department of Child and Adolescent Psychiatry, Robert Debré Hospital, APHP, Paris, France. 
12 Université de Paris, NeuroDiderot, Inserm, 75019, Paris, France. 
13 CNRS UPR 3212, Institute for Cellular and Integrative Neurosciences, 67000, Strasbourg, France.
  • PMID: 35581322
  • PMCID: PMC9114420
  • DOI: 10.1038/s41598-022-12215-3
. 2022 May 17;12(1):8231.
doi: 10.1038/s41598-022-12215-3.

Abstract

The objective of this study was to examine the evolution of suicides and suicide attempts over the last 10 years in France. We analyzed the number of deaths by suicide and suicide attempts in metropolitan France (2009-2018) from French national databases, on a daily, weekly or monthly basis. Seasonal variation in suicide rates was modeled using a cosinor function. Based on this model, we determined the association of suicides and suicide attempts with geographic characteristics, age, gender, means used and psychiatric disorders. The number of suicides and suicide attempts decreased over the last ten years in France (mean decrease of 14.49% and 11.69% per year). We observed a significant and recurrent seasonal pattern of suicides and suicide attempts in France, with a peak in spring. The suicide and suicide attempt rates were higher in the northern departments of France. Suicides were more frequent for men (75%) and middle-age individuals (45-54 years old), while suicide attempts were more frequent for women (62%) and young adults and middle-age individual (15-19 and 40-49 years old). Nearly two-thirds of the patients who attempted suicide suffered from comorbid psychiatric disorders. Mood disorders was the most frequent comorbid psychiatric disorder (54%). Voluntary drug intoxication was the most common means of suicide attempt (80%), and hanging was the most common means of suicide (54%). The number of suicides and suicide attempts decreased in France over the last 10 years, with large and recurrent seasonal variations. These findings could be used to alert and adjust prevention policies, as well as developing preventive strategies such as chronotherapeutics.

jeudi 19 mai 2022

Toulouse récompensée pour son action en faveur de la santé mentale des jeunes

Toulouse récompensée pour son action en faveur de la santé mentale des jeunes

18 mai 2022 https://toulouse7.com/*
dans Toulouse
 


Photo DP

Le projet Suricate en faveur de la santé mentale des jeunes fait partie des six programmes récompensés le 4 mai dernier par un Prix européen de la Santé 2021-Appel Santé mentale.

Finaliste dans la catégorie Collectivités locales, Toulouse est la seule ville française à être distinguée lors de cet appel à candidature de l’Union européenne. Ce prix récompense des autorités locales et associations affiliées ainsi que des ONG et toute autre organisation à but non lucratif qui travaillent à atténuer l’impact du COVID-19 sur la santé mentale.

Suricate est un dispositif de prévention en santé mentale, initié par la Mairie de Toulouse dans lequel des jeunes vont à la rencontre de leurs pairs (jeunes âgés de 15 à 25 ans) dans les espaces publics du centre-ville et les sites universitaires pour des actions de prévention, de sensibilisation, d’information, d’orientation. Ce dispositif offre un espace d’écoute et d’échanges autour de la souffrance psychique et du bien-être physique et psychologique.

Suricate a été baptisé du nom de ce mammifère sentinelle du désert, au comportement social et altruiste.

Les jeunes mobilisés par ce dispositif expérimental sont formés et accompagnés par un psychologue du dispositif mais aussi par leurs référents et tuteurs mobilisés par les partenaires de ce projet : le Service Communal d’Hygiène et de Santé (SCHS) de la municipalité de Toulouse, Avenir Santé Occitanie-Ouest (AS), la Mutuelle des Étudiants (LMDE), le Centre Régional des œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS de Toulouse – Occitanie), le Service Inter-universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SIMPPS), le Conseil Toulousain de la Vie Étudiante (CTVE), l’Association Régionale de Prévention et d’Aide face aux Dépendances et aux Exclusions (ARPADE), Act Up Sud Ouest (AUSO).

Il est financé par la Mairie de Toulouse et l’Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie

https://toulouse7.com/2022/05/18/toulouse-recompensee-pour-son-action-en-faveur-de-la-sante-mentale-des-jeunes/

QUEBEC Protocole SécUrgence: Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

Protocole SécUrgence: Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

Lundi 16 mai 2022 crise.ca/

Ce projet visait le développement d’un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide qui se présentent dans les urgences du Québec. Ce protocole, adressé aux infirmières, aux médecins et tout autre professionnel concerné des urgences, a été élaboré en étroite collaboration avec les acteurs clés du réseau de la santé et du réseau communautaire ainsi qu’avec les patients et leurs familles.


Téléchargez le rapport final du projet

Référence: Rassy, J., Lesage, A., Larue, C., Labelle, R. et Consortium (2022). Protocole SécUrgence : Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

 

https://crise.ca/nouvelles/protocole-securgence-un-protocole-devaluation-et-daccompagnement-des-personnes-a-risque-de-suicide-dans-les-urgences-du-quebec/

NORD Installation du comité plénier dédié au mal-être agricole

Installation du comité plénier dédié au mal-être agricole
 
Les agriculteurs, leurs salariés et leurs familles figurent au nombre des catégories socio-professionnelles particulièrement exposées à la souffrance psychique, du fait de conditions de travail et de vie difficiles, éprouvées par des aléas climatiques, sanitaires et économiques de plus en plus contraignants.

Le gouvernement a donc élaboré une feuille de route pour la prévention du mal-être agricole et l’accompagnement des agriculteurs en difficulté. Elle développe trois axes de travail, à savoir humaniser, « aller vers » et prévenir et accompagner.

Dans ce but, elle prévoit la création de deux comités départementaux pour mener à bien et coordonner les missions de prévention et d’accompagnement à l’attention des exploitants agricoles : un comité plénier, organe de pilotage, et un comité technique, organe opérationnel.

C’est dans ce contexte que s’est réuni pour la première fois le comité plénier le 26 avril 2022.

Le comité plénier sera l’organe de coordination et de pilotage de l’action des organisations et instances dédiées au mal-être agricole : le réseau des « sentinelles », le suivi assuré par l’association Arcade, la cellule fragilité de la Mutualité sociale agricole (MSA) la cellule agriculteurs en difficultés. Toutefois, il manquait un organe de coordination et de pilotage. Le comité plénier répond à ce besoin.

La réunion dudit comité a permis de préciser les éléments de gouvernance indispensables à la bonne coordination des actions à mener. La Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) sera l’entité coordinatrice de ce comité qui réunira au moins une fois par an l’ensemble des acteurs concernés par cette problématique.

D’autres parts, la cellule agriculteurs en difficulté évoluera en comité technique et s’ouvrira à de nouveaux membres dont l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Le comité technique, piloté par la DDTM, mettra en œuvre les actions de la feuille de route.

Pour en savoir plus : https://agriculture.gouv.fr/presentation-de-la-feuille-de-route-pour-la-prevention-du-mal-etre-et-laccompagnement-des

https://www.nord.gouv.fr/Actualites/Actualites/Installation-du-comite-plenier-dedie-au-mal-etre-agricole 

 

AVIS CRITIQUE DEBAT « En France, le taux de suicide, bien qu’en diminution depuis trente ans, reste supérieur à la moyenne des pays européens »

« En France, le taux de suicide, bien qu’en diminution depuis trente ans, reste supérieur à la moyenne des pays européens »
Fabrice Jollant Le Monde (site web)
mercredi 18 mai 2022
Le psychiatre Fabrice Jollant salue, dans une tribune au « Monde », le nouvel élan donné à la stratégie nationale de prévention du suicide, mais pointe trois faiblesses : le manque de discussions avec les associations bénévoles et d’avis extérieurs sur l’ensemble du programme, ainsi que la grande misère de la psychiatrie en France.

La France vient enfin de se doter d’une véritable stratégie nationale de prévention du suicide, nous ne pouvons que nous en féliciter ! Seuls une quarantaine de pays dans le monde en ont une. Rappelons que le taux de suicide en France, bien qu’en diminution depuis trente ans, reste supérieur à la moyenne des pays européens. Près de 9 000 personnes décèdent de suicide chaque année dans notre pays, laissant plus de 100 000 personnes endeuillées, et plus de 150 000 personnes tentent de se suicider. Le coût économique des conduites suicidaires en France a été estimé à 10 milliards d’euros en 2009.

Le programme national de prévention du suicide – conduit et financé par la direction générale de la santé et mis en œuvre par les agences régionales de santé – comprend une série de mesures importantes, dont la formation des professionnels de santé (pour améliorer la prise en charge des crises suicidaires) et de « sentinelles » (pour mieux identifier ces crises, en milieu professionnel par exemple), un numéro national, le 31 14 (pour savoir à tout moment où obtenir de l’aide), un dispositif de rappel téléphonique après une tentative de suicide (pour éviter les récidives à court terme), un programme de communication éthique sur les cas de suicide (pour éviter un effet de contagion), et d’autres mesures à venir.

De manière générale, il est attendu que cette stratégie favorise la libération de la parole des personnes en souffrance et la demande d’aide, améliore l’évaluation et la prise en charge des crises suicidaires, et stimule un travail en réseau au niveau local. Comme tout programme de prévention, il s’agira d’assurer le maintien de ce formidable élan initial. Sur ce point, trois faiblesses me semblent devoir être soulignées et corrigées pour assurer la pérennité du dispositif.

Un défaut de méthodologie

Tout d’abord, le programme n’a pas bénéficié à ce jour d’un indispensable regard extérieur. Cet audit pourrait facilement être réalisé par des experts internationaux en santé publique et suicidologie qui se feraient un plaisir de venir faire le point (et pour pas cher). Il ne s’agit pas seulement de juger de la stratégie elle-même mais également du rôle des associations, des sociétés savantes, des représentants des patients et des familles.

Outre son caractère multimodal, la prévention du suicide repose depuis longtemps sur de nombreux intervenants d’horizons variés – professionnels et bénévoles – qui doivent trouver leur place dans le nouveau dispositif.

Ensuite, le deuxième point faible concerne les indicateurs de suivi, et notamment le plus sensible, celui des décès par suicide. Le principal souci est le terrible retard actuel de quatre ans à l’obtention de ces données, ce qui est problématique en matière de guidage et d’évaluation. Ces données sont disponibles dans l’année au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, dans le mois au Japon (grâce à une collaboration avec la police).

Inventer de nouvelles prises en charge

A ce rythme, ce qui est fait aujourd’hui ne pourra être évalué qu’en 2026. Il est notamment indispensable de généraliser rapidement les certificats médicaux de décès électroniques, certificats encore largement manuscrits !

Enfin, une grande partie du plan national de prévention du suicide s’appuie sur le système de soins, et notamment la psychiatrie. La maladie mentale est un facteur de risque suicidaire majeur, un risque fortement réduit par des soins appropriés.

Or, ce n’est pas un secret, le système de soins en santé mentale est en grande difficulté et cela ne s’arrangera pas tout de suite. Il sera également difficile de s’appuyer sur les médecins généralistes dont le nombre diminue. Il est donc nécessaire et urgent d’inventer de nouvelles prises en charge tout en préservant la qualité des soins.

Fabrice Jollant est professeur de psychiatrie, à l’université Paris Cité et GHU Paris psychiatrie et neurosciences, unité Inserm Moods, Paris-Saclay ; membre de l’Observatoire national du suicide et membre du Groupement d’étude et de prévention du suicide (GEPS). Cet article est paru dans Le Monde (site web)


lundi 16 mai 2022

ETUDE RECHERCHE Le programme INFORMED recrute toujours des étudiant.es en médecine à partir de la 3ème année pour mener ses recherches

Le programme INFORMED recrute toujours des étudiant.es en médecine à partir de la 3ème année pour mener ses recherches

Etude d'i share sur la réduction du stress et la prévention des idées suicidaires chez les étudiant.es en médecine

INFORMED

Qu’est-ce qu’INFORMed ?

Il s’agit d’un programme interventionnel numérique pour la réduction du stress et la prévention du suicide chez les étudiant.es en médecine financé par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) du ministère de la santé et des solidarités, porté par le CH Charles Perrens et mené par Marie Tournier. Son acronyme veut dire INternet-based programmes FOR the prevention of suicidal ideation in MEDical students.


Quel est l’objectif ?

L’objectif est de tester et évaluer l’efficacité des programmes de réduction du stress et de prévention des idées suicidaires contre placebo (intervention neutre vis-à-vis de la santé mentale) :

  • l’un basé sur la gestion du stress via les techniques de thérapie comportementale et cognitive (TCC),
  • l’autre sur la promotion de la santé.

On ne le répète jamais assez mais la recherche c’est aussi de concevoir et tester des interventions pour améliorer la santé et le bien-être des étudiant.es !


Concrètement, comment va se dérouler INFORMed ?

Ce projet a été lancé en juin 2021. Il sollicitera environ 2 500 étudiant.es à partir de la 3ème année de médecine des universités et hôpitaux en France.
Chacun de ces 2 programmes de prévention des idées suicidaires consistent en deux phases : une phase web de formation pendant 2 mois (19-20 vidéos de 3 min) puis une phase booster par SMS qui durera 4 mois.

Les conditions pour participer sont :

  • être étudiant.e en médecine à partir de la 3ème année,
  • être Sharer et avoir rempli le premier questionnaire,
  • avoir au moins 18 ans,
  • avoir donné son consentement éclairé à l’étude.

Plus précisément, il sera demandé aux participant.es de :

  1. s’inscrire à l’étude i-Share et de remplir le questionnaire « Qui es-tu l’étudiant ? » (vous pouvez le retrouver ici) si ce n’est pas déjà fait.
  2. se rendre sur le site Internet du projet INFORMed : https://informed.clinfile.com/
  • lire la note d’information,
  • cocher les cases dédiées pour accepter les conditions de l’enquête et les conditions générales d’utilisation de l’application INFORMed,
  • valider,
  • remplir le formulaire d’inscription et le valider.

Leur profil s’affichera et il faudra alors :

  • cliquer sur « suivant »,
  • lire le consentement et l’accepter en cochant la case dédiée,
  • cliquer sur « suivant »,
  • compléter le questionnaire d’inclusion INFORMed en trois parties « Idées et conduites suicidaires », « Qualité de vie » et « Mode de vie » (10 min) et valider.

Pendant les 18 mois du programme, le/la participant.e devra répondre, tous les 6 mois, à des questionnaires en ligne sur son bien-être.
L’ensemble du processus sera simple d’utilisation, entièrement accessible en ligne. Le/la participant.e sera libre de choisir le moment auquel il/elle souhaitera répondre aux questionnaires, visionner les vidéos etc.

Pour les remercier, les participant.es recevront à la fin du programme une e-carte cadeau d’une valeur de 40€.

Ce projet ne pourra voir le jour qu’avec l’engagement et la participation accrue des étudiant.es. alors on compte sur vous !

Retrouvez toutes les études ancillaires de la cohorte i-Share ici et toutes ses publications scientifiques dans la rubrique dédiée ici.

EM

Source https://www.i-share.fr/actualite/informed/

Le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran s'engage dans la lutte contre le suicide : des détenus "premiers maillons de la chaîne de secours"


Institutions
Le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran s'engage dans la lutte contre le suicide : des détenus "premiers maillons de la chaîne de secours"
Publié le 13/05/2022 https://www.larep.fr*

Claude Longombé, nouveau directeur du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, remet son diplôme à un codétenu de soutien, sous les yeux de Pascal Vion, directeur interrégional des services pénitentiaires et Laura Robin-Hébert, directrice des services pénitentiaires à Saran. © Alban GOURGOUSSE

Sept détenus, cinq hommes et deux femmes, du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, ont été formés dans le cadre d'un dispositif de la lutte contre le suicide en prison. Un vrai fléau depuis de nombreuses années que l'administration pénitentiaire entend bien juguler.

"On est régulièrement tenté (par le suicide). Maintenant, on surmonte tout ça. Mais, on n'oublie pas d'où l'on vient. Et de pouvoir apporter aux autres, c'est très important pour nous." Ce détenu est l'un des sept à avoir reçu son diplôme de codétenu de soutien.

En effet, le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est le premier établissement de l'interrégion de Dijon à mettre en œuvre ce dispositif (ils sont treize en France). Ces sept détenus auront un rôle "citoyen d'alerte et de soutien envers les autres détenus", explique Laura Robin-Hébert, directrice des services pénitentiaires à Saran.

Parce qu'on le sait, les risques suicidaires sont accrus en milieu carcéral. La lutte contre le suicide en prison est une priorité de l'administration pénitentiaire en France. Deux personnes détenues se sont suicidées en 2021 au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, et déjà une en 2022.

Le suicide en prison est "une vieille histoire", lance de son côté Pascal Vion, directeur interrégional des services pénitentiaires, présent à Saran, ce jeudi. "Quand je suis entré dans l'administration pénitentiaire en 1994, on en parlait très peu. Cela a changé il y a vingt ans. Des outils se sont mis en place progressivement. L'objectif est d'impliquer davantage les personnes détenues dans leur quotidien."

Ces détenus ont donc été formés pour prévenir les suicides de leurs camarades de cellule. Ils ont reçu leur diplôme ce jeudi 12 mai dans le gymnase du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran sous les yeux du nouveau directeur, Claude Longombé (arrivé il y a à peine une semaine dans ses nouvelles fonctions), des associations, des surveillants, des représentants du service pénitentiaire d'insertion et de probation, d'un représentant du parquet d'Orléans, d'une juge d'application des peines et des sapeurs-pompiers.

Ces mêmes sapeurs-pompiers qui ont d'ailleurs participé à la formation : "Le suicide est quelque chose qu'on rencontre trop souvent à l'extérieur", souligne le formateur du service départemental d'incendie et de secours. "Il faut du monde pour réagir très vite (quand il y a un suicide)."
Les premiers maillons de la chaîne de secours

Puis, s'adressant aux sept détenus : "Vous serez les premiers maillons de la chaîne de secours." En plus d'une formation à base d'un stage de prévention et secours civique de niveau 1, ils ont bénéficié d'une formation repérage du risque suicidaire et une sur l'écoute et soutien psychologiques.

Pour l'instant, la maison d'arrêt 1, la maison d'arrêt femmes et le quartier arrivants à Saran auront des codétenus de soutien. Une convention en ce sens a été signée ce jeudi. En septembre 2022, le centre de détention hommes, la maison d'arrêt 2 et le quartier disciplinaire devraient suivre. "Je vous rappelle, sans vous mettre la pression, qu'il y a eu beaucoup de candidatures", rappelle un surveillant aux sept détenus. "On compte sur vous pour donner le maximum. "

C'est une grande responsabilité. Ils en sont conscients. "Je l'ai déjà fait dans ma cellule mais là je me sens légitime", conclut cette détenue. "J'ai déjà eu, dans ma cellule, quelqu'un qui avait une pathologie suicidaire. Ça peut aller très vite et ça revient souvent. Quelques minutes d'inattention et ma codétenue y serait passée..."

Alban Gourgousse 

https://www.larep.fr/saran-45770/actualites/le-centre-penitentiaire-d-orleans-saran-s-engage-dans-la-lutte-contre-le-suicide-des-detenus-premiers-maillons-de-la-chaine-de-secours_14128946/

RETOURS SUR Conférence débat NOUVELLE-CALÉDONIE & POLYNESIE FRANÇAISE Représentations sociales et aspect anthropo-culturels des troubles mentaux et du risque suicidaire

Représentations sociales et aspect anthropo-culturels des troubles mentaux et du risque suicidaire
 16 mai 2022 Les représentations sociales et les aspects anthropo-culturels des maladies mentales, la prévalence des troubles mentaux et le risque suicidaire ont été explorés en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française par l'enquête "Santé Mentale en Population Générale : images et réalités" dans les années 2010. L'objet de cette conférence-débat était de croiser nos regards avec d'un côtés les résultats en N-C présentés par le Dr Benjamin Goodfellow et de l'autre, pour la première fois à Nouméa, avec les résultats en Polynésie française présentés par le Dr Stéphane Amadéo. Il a été discuté des particularités et des similitudes dans cette région du Pacifique sud et surtout de quelle politique de santé publique faut-il préconiser tout en tenant compte des spécificités culturelles ? [Conférence captée le 2 mai 2022 à l'auditorium de la province Sud] Retrouvez les replays de vos émissions préférées sur www.caledonia.nc . Copyright © CALEDONIA 2022


samedi 14 mai 2022

MANIFESTATION 31/05/22 Equevillon (39) Rencontre - Débat Phar'andole, information sur le repérage du risque suicidaire

Phar'andole, information sur le repérage du risque suicidaire



Source/crédits : MSA de Franche-Comté
Rencontre - Débat
 
Phar'andole, information sur le repérage du risque suicidaire

Quand, Où ? le 31/05/2022 de 10h00 à 12h00

Espace culturel et convivial
Équevillon
Voir le plan d'accès

Organisateur MSA de Franche-Comté - Amélie Bonneau
06.71.13.04.06

Date limite de réservation : 30 mai 2022. Lieu/site internet pour la réservation/l'inscription : bonneau.amelie@franchecomte.msa.fr.

Tarifs Gratuit
Parler du suicide ce n'est pas facile, d'autant plus qu'il existe des idées fausses sur le suicide, qui rendent toute discussion impossible.Veille collective pour prévenir le suicide et développer le maillage territorial. Inscription : 06 71 13 04 06. bonneau.amelie@franchecomte.msa.fr
Amélie Bonneau, animatrice MSA - 0671130406 bonneau.amelie@franchecomte.msa https://www.leprogres.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Debats/Franche-comte/Jura/Equevillon/2022/05/31/Phar-andole-information-sur-le-reperage-du-risque-suicidaire