Rendez-vous le mardi 16 juin, 14h, à Taupont
à destination des élus, des professionnels et des bénévoles d’associations. Inscription : cliquez ici
Blog d'infosuicide.org - l'actualité en prévention du suicide.
Bollène
Ce jeudi 28 mai, le point d’écoute Le Passage a organisé pour la première fois à Bollène une rencontre autour de la prévention du suicide chez les jeunes. L’événement, accueilli à La Manufacture, a réuni près de 60 professionnels de santé et de l’éducation venus échanger autour d’un sujet encore difficile à aborder.Cette journée à Bollène s'est adressée aux professionnels susceptibles d’être confrontés à la détresse des adolescents : médecins, infirmiers, enseignants, travailleurs sociaux ou personnels éducatifs.
Les participants ont pu échanger autour des méthodes de repérage, des protocoles d’accompagnement et des attitudes à adopter face à un jeune en souffrance. "Aujourd’hui, nous avons choisi de venir à Bollène pour nous rapprocher aussi de ce territoire", souligne la directrice de l'association Le Passage, Isabelle Measson.
Les interventions ont été animées par Catherine Famin, psychologue clinicienne, aujourd’hui retraitée et formatrice, ainsi que par Yohan Delcourt, infirmier formateur en psychiatrie. Tous deux travaillent depuis de nombreuses années sur les questions liées au suicide et à la prévention.
Pour les intervenants, le principal enjeu reste de lever les tabous : "Même quand on est professionnel, on a souvent du mal à demander à un jeune s’il a des idées suicidaires. Pourtant, parler du suicide ne donne pas envie de passer à l’acte. Au contraire, cela permet d’entendre la souffrance et de savoir quoi en faire", rappelle Isabelle Measson.
Etude de l'efficacité du programme francophone de psychoéducation PEPSUI dans la prévention des conduites suicidaires : essai contrôlé randomisé
PEPSUI
Le but de ce programme est d'enseigner aux patients les connaissances scientifiques actuelles sur les conduites suicidaires et les thérapeutiques disponibles, amenant ainsi les patients à devenir experts et acteurs de leur pathologie. Par ailleurs, ce programme enseigne des techniques psychologiques, issues de thérapies validées, pour mieux réguler ses émotions, gérer les moments de crise psychologique, améliorer la qualité de ses relations et créer une vie qui a du sens pour soi. Ce programme devrait contribuer à la réduction du risque suicidaire, ainsi qu'à l'amélioration du fonctionnement et de la qualité de vie des personnes en bénéficiant. L’objectif principal de l’étude est d’évaluer l’efficacité du programme de psychoéducation « PEPSUI » sur la récidive de tentative de suicide (2 ans après la fin de la thérapie), en complément du suivi psychiatrique habituel (consultations et traitement). Pour cela, deux groupes de sujets seront constitués par tirage au sort : - sujets participant au groupe de psychoéducation PEPSUI - sujets participant à un groupe de relaxation. Au total 500 personnes seront recrutées dans plusieurs centres participants en France et seront réparties, selon un tirage au sort, dans 2 groupes : - 250 personnes participeront au groupe de psychoéducation PEPSUI, en complément du suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement) - 250 personnes participeront au groupe de relaxation, en complément de leur suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement). Nous souhaitons comparer ces deux groupes pour répondre aux objectifs de l'étude décrits précédemment. Au terme de l’étude, les participants du groupe relaxation se verront proposer de participer au groupe de psychoéducation PEPSUI s’ils le souhaitent La durée totale de votre participation à la recherche est de 28 mois au maximum.
Psychologue - ALINEA F/H
La Fondation Bon Sauveur de Bégard :
* Un établissement privé à but non lucratif composé
d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq
structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la
région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000
patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins
généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents,
addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg)
qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la
détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge
de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale,
handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise
suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités
socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.
Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.
Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.
La mission générale du poste est l’évaluation et prise en charge psychologique des proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation, de soutien psychologique et de synthèse en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires : médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif en lien avec la direction générale, le service qualité et gestion des risques.
Missions et activités principales :
Ce poste s’exerce en collaboration avec le responsable du service (psychologue coordinateur), les psychologues et infirmiers référents de la cellule prévention suicide.
Pourquoi nous rejoindre ?
Diplôme de psychologue clinicien
DESS/Master 2 Pro en psychologie clinique et psychopathologique
Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention
Formation à l’intervention de crise est un plus
Réf: 621beee5-8f52-4e97-bf71-308682502981
postuler : https://recrutement.fondationbonsauveur.com/fr/offres/psychologue---alinea-621bee
Infirmier à ALINEA F/H
La Fondation Bon Sauveur de Bégard :
* Un établissement privé à but non lucratif composé
d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq
structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la
région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000
patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins
généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents,
addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg)
qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la
détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge
de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale,
handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise
suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités
socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.
Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.
Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.
Les missions du poste sont l’animation du dispositif de veille téléphonique et soutien aux proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation globale (psychologique, somatique et sociale) et participation à l’orientation, en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires: médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif.
Missions et activités principales :
Pourquoi nous rejoindre ?
Diplôme d’infirmier diplômé d’état
Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention
Réf: c277b1c6-c061-4153-bcae-625fd5fcbb75
Postuler : https://recrutement.fondationbonsauveur.com/fr/offres/infirmier-a-alinea-c277b1
Le professeur Phil Batterham est codirecteur du Centre de recherche en santé mentale. Image : Jamie Kidston/ANU. Santé mentale des enfants et des adolescents : Santé publique France publie de nouveaux travaux
Au cours de ces dernières années, en France comme à l’international, de nombreuses études ont mis en évidence une dégradation de l’état de santé mentale de la population, dont les jeunes, confirmée par les professionnels de santé. Dans ce contexte, la surveillance épidémiologique de la santé mentale des enfants et des adolescents est cruciale afin de documenter le fardeau des troubles psychiques dès le plus jeune âge, favoriser une prise en charge précoce et renforcer les actions de prévention. Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats d’Enabee et EnCLASS, deux études clefs pour décrypter la santé mentale des enfants de 6 à 11 ans scolarisés du CP au CM2, et des adolescents scolarisés au collège et au lycée.
Les premiers résultats d’Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, ont été publiés en 2023. En croisant les points de vue des parents, des enseignants et des enfants, ces résultats inédits montraient que 13 % des enfants en élémentaire (6 à 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).
Santé publique France publie aujourd’hui de nouvelles analyses qui décrivent les caractéristiques individuelles et contextuelles (familiales, relationnelles, environnementales) associées à ces troubles probables de santé mentale chez les enfants de 6 à 11 ans. Ces nouveaux résultats pourront aider à identifier des situations de vulnérabilité, où l’enfant est davantage susceptible de souffrir de troubles de santé mentale, sans qu’il soit possible d’établir de liens de causalité.
L’étude montre que, dans cette tranche d’âge : les garçons, les enfants dont les mères ont déclaré des complications de grossesse ainsi que les enfants souffrant de maladies chroniques, sont plus fréquemment concernés par des troubles probables de santé mentale. De plus, les enfants éprouvant des difficultés scolaires (selon le parent et/ou l’enseignant), ou ayant vécu des événements difficiles (deuil, agression, placement à l’Aide sociale à l’enfance) présentent également plus souvent un trouble probable de santé mentale.
Par
ailleurs, l’étude permet de confirmer à nouveau l’impact de la crise
sanitaire du Covid-19 sur la santé mentale des enfants. En effet, une
pénibilité importante du confinement ou une inquiétude importante au
sein du ménage pendant la pandémie sont associées à une présence plus
fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez l’enfant.
L’environnement familial (parents séparés, existence de conflits entre parents séparés, situation financière du ménage perçue comme difficile, présence d’un trouble anxieux chez le parent répondant) constitue un contexte de fragilité pour l’enfant, davantage associé à l’existence de troubles de santé mentale. Le fait d’être probablement victime de harcèlement de la part d’autres enfants ou de passer un temps important au centre de loisirs les jours sans école sont également des facteurs associés à au moins un trouble de santé mentale chez l’enfant. Mais il convient de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes.
L’adolescence est une période durant laquelle les jeunes sont confrontés à de nombreux changements, pressions et défis, susceptibles de les rendre plus vulnérables sur le plan de la santé mentale. C’est une période davantage propice à l’émergence de manifestations d’anxiété, de dépression ou de conduites suicidaires.
Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats sur la santé mentale de l’enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS), menée en partenariat avec l'École des Hautes Etudes en santé publique (EHESP) et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
Les données, recueillies en 2024 auprès de 11 400 élèves du secondaire, révèlent une situation contrastée du bien-être et de la santé mentale des collégiens et lycéens. Après une dégradation marquée de l’ensemble des indicateurs de bien-être et de santé mentale entre 2018 et 2022, certains indicateurs montrent une amélioration, tandis que d’autres indiquent une tendance à la baisse. On note également que les adolescentes ont des indicateurs de santé mentale systématiquement moins favorables que les garçons, avec des écarts qui s’accentuent au cours du secondaire.
Cependant, ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique chez les jeunes :
Ces résultats confirment l’importance de promouvoir des comportements et environnements favorables à la santé mentale, et de développer les programmes de compétences psychosociales, notamment en milieu scolaire. Ces résultats invitent aussi à renforcer les actions de sensibilisation des parents, enseignants et personnels éducatifs au repérage précoce des signes de mal-être des adolescents et à l’orientation vers des espaces d’écoute et de soutien, notamment en cas d’idées suicidaires. Des stratégies de prévention prenant en compte les inégalités de genres doivent également être développées.
Les études Enabee et EnCLASS offrent un panorama unique sur la santé mentale des jeunes, de l’enfance à l’adolescence. Les nouveaux résultats publiés aujourd’hui enrichissent les connaissances sur le sujet. Ils éclairent aussi les décisions publiques nécessaires à la création d’environnements de vie favorables à l’épanouissement des enfants et des ados, dès le plus jeune âge. Déclarée Grande Cause nationale en 2025, prolongée en 2026, la santé mentale est l’affaire de tous. Promouvoir une bonne santé mentale, prévenir l’apparition de troubles psychiques et lutter contre la stigmatisation, sont des enjeux de santé publique sur lesquels nous nous engageons pleinement pour accompagner les adultes de demain.
Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France
Face à ces constats, il convient de poursuivre et renforcer les actions de prévention et de promotion de la santé mentale des enfants et des adolescents.
Santé publique France s’engage dans le déploiement des compétences psychosociales (CPS) en milieu scolaire, un levier à mobiliser au bénéfice de la santé mentale dès le plus jeune âge. Le renforcement des CPS peut en effet aider à créer un climat éducatif protecteur et inclusif, tout en prévenant des dynamiques de domination et de violence entre pairs. Ainsi, en 2022, l’Agence a publié un premier état des connaissances sur les CPS et un référentiel théorique, complétés par un référentiel et des ressources opérationnels publiés en 2025 pour le tome 1 et en 2026 pour le tome 2. Dans le cadre de la stratégie interministérielle sur le développement des CPS des enfants, Santé publique France élabore et co-construit ces outils afin d’accompagner les acteurs dans les territoires. C’est ainsi qu’elle a apporté l’expertise CPS pour la construction du kit empathie de l’Education Nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires.
Des programmes de prévention efficaces ou prometteurs sur le sujet de la santé mentale sont recensés dans ReperPrev, le registre national des interventions en prévention et promotion de la santé mis en place par Santé publique France, tel que le Good Behavior Game (GBG) et le programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP).
Par ailleurs, de multiples outils d’information soutenus par Santé publique France, comme CléPsy et Psycom,
permettent de sensibiliser et orienter les professionnels de
l’éducation et les familles sur les sujets relatifs à la santé mentale.
De plus, le dispositif Mon soutien psy permet l’accès à un psychologue pour les enfants dès l’âge de 3 ans.
Soutenu par Santé publique France et destiné aux jeunes de 12 à 25 ans, le Fil Santé Jeunes propose une ligne d’écoute (0 800 235 236) accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h (service et appel anonyme et gratuit). Les jeunes peuvent également consulter le site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un tchat, des orientations vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maisons des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins). Ces services sont dispensés par des professionnels (psychologues, éducateurs, conseillers familiaux, médecins).
Enfin, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible 24h/24 et 7j/7. Cette ligne s’adresse aux personnes en détresse, mais aussi à leur entourage, aux professionnels et aux personnes endeuillées par suicide. Les appels, gratuits et confidentiels, sont pris en charge par des professionnels du soin, psychologues ou infirmiers, formés à la prévention du suicide. Ce dispositif comporte également un site internet qui met à disposition des ressources pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter.
Santé publique France
presse@santepubliquefrance.fr
Stéphanie Champion : 01 41 79 67 48
Marie Delibéros : 01 41 79 69 61
Camille Le Hyaric : 01 41 79 68 64
ÉDITION NATIONALE
La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale
Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) 2024
Points clés
● En 2024, la majorité des élèves de collège et de lycée se perçoit en bonne ou en excellente
santé (respectivement -4 points et -6 points par rapport à 2022) et perçoit positivement leur vie
actuelle (respectivement -2 points et -5 points par rapport à 2022).
● 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental
(respectivement +11 points et +12 points par rapport à 2022).
● 15 % des collégiens et près de 20 % des lycéens déclarent un sentiment de solitude
(respectivement -6 points et -7 points par rapport à 2022).
● 45 % des collégiens (de 6e, 5e et 4e) rapportent des plaintes psychologiques (-4 points par
rapport à 2022). La nervosité est la plainte la plus fréquemment rapportée (32 %), suivie de
l’irritabilité (29 %) et du sentiment de déprime (21 %).
● 19 % des élèves de lycée ont un risque important de dépression (+3,5 points par rapport à
2022).
● 20 % des lycéens déclarent des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois (-4 points
par rapport à 2022), 15 % avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie (+2 points
par rapport à 2022), et environ 3 % une tentative ayant donné lieu à une hospitalisation.
● La santé mentale et le bien-être des élèves se dégradent durant le collège et ne s’améliorent
pas au lycée.
● Globalement, les filles ont une santé mentale moins bonne et un niveau de bien-être moins élevé
que les garçons.
● Entre 2022 et 2024, la santé mentale des élèves suit une évolution contrastée. Après une
dégradation marquée de l’ensemble des indicateurs entre 2018 et 2022, certains montrent une
amélioration, tandis que d’autres confirment leur tendance à la baisse.
Date de publication : 2 juin 2026
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/cadic_files/documents/spf00006678.pdf
"On touche à l'essence de la vie" : reportage au 3114, numéro national de prévention du suicide
Une répondante dans les locaux du 3114, proches du CHU de Lille • © 3114
Emmanuel Pall Publié le16/05/2026 Hauts-de-France https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/*
En France, 2 000 personnes font appel aux services du 3114, chaque jour. À Lille, ce sont 410 appels qui sont traités quotidiennement. Reportage au sein de la structure où la vingtaine de répondants professionnels, psychologues ou infirmiers, aident à dépasser une crise de pensées suicidaires."Il y a les appels très peu inquiétants et très inquiétants,
en termes de régulation, c'est plus facile. Et puis, il y a toute cette
zone grise au milieu où on se demande s'il faut s'inquiéter ou pas, s'il
faut agir et comment. Alors, une concertation à plusieurs se met en
place et le répondant n'est plus seul avec la situation", explique
la psychiatre Laure Rougegrez qui, avec deux autres médecins, encadre
l'équipe du 3114 de Lille. Cela permet de prendre du recul.
Selon elle, les trois quarts des appels sont des personnes qui ont elles-mêmes des idées suicidaires, de manière passive (c'est-à-dire sans être dans une dynamique de passer à l'acte) mais cela peut aller jusqu'à des personnes sur le point de passer à l'acte. Concernant ces personnes : "Le moment de la crise est le moment où la relation - ça peut être très stressant mais aussi très satisfaisant (enfin je ne sais pas si c'est le bon mot), mais de sentir que la relation, qui peut aussi blesser, peut sauver, désamorcer la crise de pensées suicidaires. En quelques dizaines de minutes ou une heure, quelqu'un avec qui on n'aura plus jamais de contact peut être sauvé."
C'est incroyablement optimiste de faire ce constat que malgré la douleur psychique, la relation est, dans ce moment, toujours un levier d'intervention. Il se passe toujours un petit quelque chose
Dr Laure Rougegrez
"C'est incroyablement optimiste de faire ce constat que malgré la douleur psychique, la relation est, dans ce moment, toujours un levier d'intervention. Il se passe toujours un petit quelque chose. On touche à l'essence de la vie. Je trouve cela incroyable", s'enthousiasme Laure Rougegrez.
Son équipe se constitue d'une vingtaine de personnes, incluant les répondants (infirmiers et psychologues) accompagnés d'une cadre de santé, d'une secrétaire, d'une personne en charge des missions territoriales et des médecins référents. Situés à proximité du CHU de Lille, les locaux du 3114, se trouvent non loin de ceux du SAMU. Il y a là également, Estelle, infirmière qui termine sa journée et Oussama, psychologue, qui prend son poste. Les deux, comme le reste de l'équipe, travaillent en 3 x 8 pour couvrir le service 7j/7 et 24h/24. Pour Estelle, qui officie ici depuis 2021, date de la mise en service de la ligne à Lille, "c'est un métier passion, sans routine, un métier qui a du sens", Oussama, abonde dans son sens.
Les deux ont sans doute sauvé de nombreuses vies. Mais, pas question de s'enorgueillir ou de chercher la récompense. Pour le psychologue, si, parfois, "comme hier", "un monsieur qui avait des idées suicidaires très intenses a rappelé à la fin du service pour remercier", ce qui est gratifiant, "il ne faut pas faire ce métier pour la reconnaissance", qui n'arrive pas souvent : "On a quelqu'un au téléphone au début en situation de crise, on vérifie ensuite qu'il se projette dans l'avenir, qu'il est plus apaisé, à la fin de l'entretien et c'est ça le plus important. Après, la reconnaissance, c'est important de ne pas être dans cette attente de la reconnaissance".
C'est le propre de "l'empathie, qui se distingue de la compassion", ajoute Estelle qui compare son action à celle d'aider à "sortir du trou, sans tomber dans le trou". "L'empathie permet de réussir à ne pas s'abîmer également". Oussama appuie : "C'est quelque chose que l'on retrouve dans tous les métiers du soin : la compassion va nous faire souffrir avec l'autre et peut provoquer un épuisement compassionnel".
"C'est difficile de mettre à distance parfois, sachant qu'on a des adolescents qui nous appellent avec des situations familiales extrêmement compliquées, avec beaucoup de violence. Ça aussi, il faut savoir l'accueillir et les aider", prend en exemple Oussama. Alors, les répondants sont amenés à débriefer, pour peaufiner leur savoir-faire bien sûr, mais aussi pour se mettre à distance, parfois.
Le futur répondant, en double écoute, peut s'imprégner des échanges et de la manière dont la prise en charge est effectuée. Une formation théorique de trois jours suit, dans un des 18 centres de réponse 3114 implantés partout en France (métropole et outremer) ; puis une écoute active avec prise d'appels avec un collègue, en binôme, et bilan. Le débriefing c'est "de l'apprentissage aussi".
Il sert à critiquer positivement l'expérience de la prise d'appels : "comment j'ai vécu, j'ai interprété les choses et voir comment on pourrait faire autrement. Ça permet aussi de se décharger de tout ça et de partager avec le maximum de répondants lors des retours d’expérience, en groupe. On essaie de mettre en commun nos ressources pour pouvoir répondre à des situations complexes", explique Oussama. Enfin des modules de formation continue sont également dispensés.
Pour le quart restant des appels, "De tierces personnes nous contactent aussi du type : 'je suis inquiet pour mon père', 'pour ma mère'", poursuit Oussama. L'intérêt, c'est que le 3114, qui est confidentiel, mais pas anonyme - on se présente, on explique sa situation, sa détresse - peut suivre les appels et conseiller, orienter grâce à son chargé de missions territoriales vers les associations, les hôpitaux, les médecins, les Centres Médico-Psychologiques...
Estelle assure ainsi que : "Ce matin, j'ai été appelée par une psychologue de collège pour une élève de 14 ans. Une liaison s'est mise en place entre l'Éducation Nationale, le 3114 et les parents, pour lui venir en aide". Parfois les appels sont aussi passés par une infirmière libérale, un conseiller France Travail, une infirmière scolaire, ou aussi, à la marge, quelques appels de coiffeurs, voire un tatoueur, "c'est déjà arrivé", précise Laure Rougegrez.
Sur la vingtaine de répondants, une dizaine travaille la nuit là où d'autres problématiques sont possibles avec consommation plus fréquente d'alcool ou de drogues. Au 3114 de Lille, sur la vingtaine de répondants, une dizaine est spécialisée dans les appels reçus la nuit.
► Si vous êtes inquiet pour un proche ou si vous avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114. Gratuit, ce service propose une écoute professionnelle et confidentielle, 24h/24 et 7j/7, par des infirmiers et psychologues spécifiquement formés.
Sommeil et comportements suicidaires
Author links open overlay panelAlix Romier a, Jeanne Leseur b c, Anne Moroy d e, Pierre Alexis Geoffroy b c faUnité du sommeil, Fédération de Neurologie, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, 75019 Paris, FrancebDépartement de Psychiatrie et d’Addictologie, AP–HP, GHU Paris Nord, DMU Neurosciences, Hôpital Bichat–Claude-Bernard, 75018 Paris, FrancecUniversité Paris Cité, NeuroDiderot, Inserm, FHU I2-D2, 75019 Paris, FrancedUnité de Sommeil, Service de Psychiatrie, CHU de Lille, Lille, FranceeCentre du Sommeil et de la Vigilance, AP–HP, GHU Paris-Centre, Hôpital Hôtel-Dieu, 75004 Paris, FrancefGHU Paris – Psychiatry & Neurosciences, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France
L'Encéphale Received 26 February 2026, Accepted 5 March 2026, Available online 13 April 2026.
https://doi.org/10.1016/j.encep.2026.03.004Get rights and content
Résumé
Contexte
Les conduits suicidaires, incluant les idées suicidaires, les tentatives de suicides, et les décès par suicide, représentent un enjeu majeur de santé public dans le monde. L’identification de facteurs de risque modifiables est essentielle pour mieux identifier et prévenir les conduits suicidaires. Les troubles du sommeil apparaissent actuellement comme un facteur de risque précoce et modifiable des conduites suicidaires, mais leur rôle est souvent sous-estimé dans la pratique clinique.
Méthodes
Ce chapitre a pour but de décrire les liens existants entre les altérations du sommeil et les conduites suicidaires, en s’appuyant sur des études épidémiologiques, cliniques, et neurobiologiques. Les marqueurs du sommeil à la fois subjectifs (insomnie, cauchemars, somnolence) et objectifs (polysomnographie, actimétrie, dysrégulation circadienne) sont évalués, ainsi que les mécanismes neurobiologiques potentiels, et les traitements possibles.
Résultats
L’insomnie, les cauchemars, les modifications de la durée de sommeil habituelle, et les troubles des rythmes circadiens veille-sommeil sont associés de façon significative aux idées suicidaires, tentatives de suicide, et décès par suicide, de façon indépendante de toute pathologie psychiatrique. Des altérations des marqueurs objectifs de sommeil, comme la durée de veille intra-sommeil et les modifications du sommeil paradoxal, renforcent cette association avec les conduites suicidaires. Les mécanismes potentiels impliquent des processus inflammatoires, une dysrégulation de certains neurotransmetteurs, une altération de la connectivité préfronto-limbique, ainsi que des facteurs psychosociaux tels que le désespoir et l’isolement nocturne. L’évaluation du risque suicidaire pourrait être renforcée par l’intégration de questions ciblées sur le sommeil lors de l’entretien clinique, l’utilisation de questionnaires validés et le recours à des mesures objectives comme l’actigraphie. Les traitements spécifiques des troubles du sommeil — notamment la TCC-I, certains traitements médicamenteux et la thérapie par répétition d’imagerie mentale — montrent des résultats prometteurs dans la réduction des idées suicidaires.
Conclusion
L’intégration systématique de l’évaluation et de la prise en charge des troubles du sommeil pourrait renforcer de manière significative le dépistage et la prévention du risque suicidaire.
Source https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0013700626000692