jeudi 7 mai 2026

ETUDE RECHERCHE USA Une étude menée auprès de 633 000 personnes établit un lien entre solitude et pensées suicidaires

Une étude menée auprès de 633 000 personnes établit un lien entre solitude et pensées suicidaires 
D'apres article  "
Study of 633,000 people links loneliness to suicidal thoughts" by Vanderbilt University Medical Center le7/04/26 sur https://medicalxpress.com/*


Selon une étude menée par des chercheurs de Vanderbilt Health, la solitude joue un rôle important dans l’apparition des idées suicidaires, ces pensées de mettre fin à ses jours qui précèdent la quasi-totalité des décès par suicide.
 Leurs conclusions, publiées le 4 mars dans la revue 
JAMA Network Open, , suggèrent que réduire la solitude pourrait « ralentir la progression des symptômes anxieux et dépressifs vers les idées suicidaires », et ainsi contribuer à prévenir le suicide, qui fait plus de 48 000 victimes chaque année aux États-Unis. 
Cette étude a analysé les données d'enquête recueillies auprès de 633 000 participants au programme de recherche 
All of Us Research Program, , une initiative visant à faire progresser la médecine de précision en collectant et en évaluant des informations de santé, notamment des données génomiques, auprès d'un million de résidents américains.

 Si les symptômes dépressifs présentaient la corrélation la plus forte avec les idées suicidaires, suivis par les symptômes d'anxiété puis par la solitude, les chercheurs ont découvert que la solitude « jouait un rôle de médiation », c'est-à-dire qu'elle constituait un facteur déterminant dans une grande partie du lien entre la dépression, l'anxiété et les pensées suicidaires.

« Cette étude nous montre qu'en traitant la solitude, nous pourrions être en mesure d'atténuer certains des effets de l'anxiété et de la dépression sur les idées suicidaires », a déclaré la première auteure de l'article, Katherine Musacchio Schafer, Ph.D., MS, MEd, professeure adjointe d'informatique biomédicale à Vanderbilt Health.

Depuis des décennies, le traitement de la dépression et de l’anxiété par la thérapie cognitivo-comportementale et les médicaments constitue l’approche principale pour réduire les pensées suicidaires et prévenir le suicide. Mais pour de nombreux Américains, l’accès aux soins de santé mentale est limité.

En raison d'une pénurie nationale de professionnels de santé qualifiés, du coût de ces interventions et de la stigmatisation sociale liée au fait de recevoir des soins, les traitements en santé mentale sont souvent inaccessibles. Une approche centrée sur la personne visant à réduire la solitude et à aider les individus à nouer des liens avec les autres pourrait s'avérer plus réalisable.

« Il y a une pénurie nationale de professionnels de la santé mentale, et de ce fait, les conclusions de notre étude ont une pertinence très concrète pour les Américains ordinaires », a déclaré Mme Schafer, psychologue clinicienne spécialisée à la croisée de la prévention du suicide et de l’informatique.

« Les personnes aux prises avec l’anxiété et la dépression pourraient être en mesure de réduire leur risque de développer des idées suicidaires en réduisant leur solitude », a-t-elle déclaré. « Cela pourrait se traduire par le fait de nouer des liens avec les membres de leur communauté… (et) leurs proches, ou de trouver des moyens de participer à des expériences et des activités agréables en commun. »

« Les gens pourraient être en mesure d’améliorer leur santé mentale en réduisant leur solitude et en tissant des liens avec leur entourage », a poursuivi Mme Schafer. « Même si les gens n’ont pas accès à des soins de santé mentale fondés sur des données probantes pour traiter leur anxiété et leur dépression sous-jacentes, réduire leur solitude peut les aider à se sentir mieux. »

Les coauteurs de l'article au sein du département d'informatique biomédicale étaient Peter Embí, docteur en médecine et titulaire d'une maîtrise en sciences, Jacob Franklin, docteur en médecine, et Colin Walsh, docteur en médecine et titulaire d'une maîtrise en lettres.

Publication details
Katherine Musacchio Schafer et al, Loneliness, Anxiety Symptoms, Depressive Symptoms, and Suicidal Ideation in the All of Us Dataset, JAMA Network Open (2026). DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2026.0596 Journal information: JAMA Network Open

https://medicalxpress.com/news/2026-04-people-links-loneliness-suicidal-thoughts.html  

mardi 14 avril 2026

Blog en vacances, de retour le 7 mai.

Un suicide sur trois concerne une personne âgée en Pays de la Loire

Un suicide sur trois concerne une personne âgée en Pays de la Loire

L’Observatoire régional de la santé vient de publier une étude sur la santé mentale des personnes de 65 ans et plus. Si le panorama semble s’améliorer, la région est marquée par une surmortalité des seniors par suicide.

La santé mentale des seniors a fait l’objet d’une étude menée par l’Observatoire régional de la santé Pays de la Loire. |

La santé mentale des jeunes a été érigée en grande cause nationale par le gouvernement. Une question de santé publique qui touche tout autant les seniors. Cette dernière a fait l’objet d’une étude, menée par l’Observatoire régional de la santé (ORS) Pays de la Loire, publiée en avril 2026.

Premier indicateur : le taux de suicide des seniors. Entre 2021 et 2023, chaque année, un décès par suicide sur trois concerne une personne âgée. Mais le panorama semble s’améliorer. Ces chiffres sont en baisse depuis dix ans, même si la moyenne ligérienne reste supérieure à celle nationale (+ 19 %). 220 cas par an sont recensés parmi les Ligériens âgés de 65 ans et plus , détaille l’ORS, dans son étude. Un phénomène qui concerne essentiellement les hommes (74 %) et qui s’accentue avec l’âge.


Plus de traitements par antidépresseurs

Autre critère de l’étude : l’usage de médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques…). Là encore, la situation paraît optimiste. En 2015, 29 % des Ligériens de 65 ans et plus suivaient un traitement régulier. Ils ne sont plus que 24 % en 2023. Dans les Pays de la Loire, près d’un tiers des personnes suivant ce type de traitements sont des femmes âgées (18 % pour les hommes).

Seules les prescriptions d’antidépresseurs ou de régulateurs de l’humeur ont augmenté. Elles concernent 14 % des seniors ligériens en 2023, contre 13 % en 2015.

https://sante.ouest-france.fr/sante-mentale/sante-mentale-un-deces-par-suicide-sur-trois-concerne-une-personne-agee-dans-les-pays-de-la-loire-revele-une-etude-ba3724a0-3413-11f1-9a1c-03e0a2077847 

 

En savoir plus  Santé mentale des personnes âgées en Pays de la Loire Chiffres-clés 2 avril 2026 
https://www.orspaysdelaloire.com/lactualite-de-lors/sante-mentale-des-personnes-agees-en-pays-de-la-loire 

lundi 13 avril 2026

Au CHU de Toulouse un service ambulatoire connu sous le nom de « centre de thérapie brève (CTB) ».

Crise suicidaire (CTB)

Mis à jour le

Au CHU de Toulouse, dans le service de psychiatrie et psychologie médicale, nous disposons d’une équipe médicale spécialisée dans la prise en charge intensive et limitée dans le temps de patient·es en situation de crise, notamment de crise suicidaire. Ce service ambulatoire est connu sous le nom de « centre de thérapie brève (CTB) ».

Notre centre de thérapie brève, avec le service de crise accueil de jour intersectoriel réactif (AJIR) de l’Hôpital Gérard Marchant, fait partie d’une structure dénommée la « Plateforme de crise ».

L’accès des patient·es à cette plateforme de crise est régulé par un infirmier de coordination qui oriente les patient·es éligibles :

  • soit vers notre centre,
  • soit vers ce service de l’Hôpital Gérard Marchant.

Grâce à cette « Plateforme de crise », nous recevons des demandes pour des patient·es pris·es en charge par :

  • les urgences psychiatriques,
  • le dispositif de soins partagés en psychiatrie (DSPP),
  • les unités hospitalières de psychiatrie du service de liaison psychiatrique du CHU,
  • des professionnel·les de santé de la Haute-Garonne formé·es à l’évaluation de la crise suicidaire,
  • des psychiatres privés (sur demande).

Grâce à notre CTB, nous proposons une prise en charge pluridisciplinaire (psychiatre, psychologue, infirmier ou infirmière, assistant·e social·e), dans laquelle l’infirmier ou l’infirmière est la personne référente principale. Chaque patient·e est reçu·e avec son entourage par notre psychologue formée à la systémie, en présence de son équipe référente.


Équipe médicale

Dr Bougon Emmanuelle Psychiatre
Dr Galliot Gaël Psychiatre
Dr Lévêque Adélaïde Psychiatre
Dr Mathur Anjali Psychiatre
Dr Sarramon-Bacquié Christine Psychiatre
Dr Sporer Marie Psychiatre

Source 
https://www.chu-toulouse.fr/crise-suicidaire-ctb


INRS L'analyse des malaises et des actes suicidaires par une délégation d'enquête paritaire

L'analyse des malaises et des actes suicidaires par une délégation d'enquête paritaire


L'analyse des malaises et des actes suicidaires par une délégation d'enquête paritaire
Article

Article HST (extrait de dossier) : Dans les cas de malaise mortel, de suicide ou de tentative de suicide en lien avec le travail auxquels peut être confrontée une entreprise, l'INRS recommande
la mise en place d'une délégation d'enquête paritaire (DEP), afin d'en tirer des enseignements et de mieux prévenir ce type d'accidents à l'avenir. Cet article fait le point sur la mise en place et le fonctionnement d'une DEP, en lien avec deux exemples concrets.

Revue  Hygiène et sécurité du travail 
Support Article de 4 pages, publié dans le n°279 Référence INRS DO 48-6 Auteur(s) PEISSEL-COTTENAZ G. Date de publication 07/2025



AVIS CRITIQUE DEBAT Pourquoi la souffrance psychique des jeunes n’est pas une affaire individuelle

 Pourquoi la souffrance psychique des jeunes n’est pas une affaire individuelle


Auteur Cyril Tarquinio Professeur de psychologie clinique, Université de Lorraine

Symptômes anxiodépressifs, idées suicidaires… les données scientifiques s’accumulent pour confirmer que les causes de la souffrance psychique qui affecte de nombreux jeunes sont à rechercher davantage du côté de déterminants sociaux et de mutations qui bouleversent notre époque – à commencer par les réseaux sociaux auxquels les adolescent·es sont particulièrement vulnérables – que des facteurs individuels.


Anxiété massive, épisodes dépressifs précoces, crises de panique, sentiment d’irréalité, fatigue chronique, idées suicidaires… la détresse psychique d’une partie croissante de la jeunesse n’est plus un phénomène marginal. Au niveau mondial, elle s’impose aujourd’hui comme un fait social majeur, documenté par la clinique comme par l’épidémiologie.

Pourtant, les réponses apportées continuent de cibler prioritairement les individus, comme si le problème relevait avant tout d’une fragilité personnelle. Cette lecture est non seulement insuffisante : elle est erronée.

Dans Génération à vif, je défends une thèse simple mais dérangeante : le malaise psychique des jeunes est un indicateur sensible des transformations systémiques de nos sociétés. Il ne dit pas tant quelque chose de leur faiblesse que de l’environnement dans lequel ils grandissent, se construisent et tentent de se projeter.

Des indicateurs qui ne trompent plus

Les données sont désormais convergentes. En France, selon Santé publique France, 9,5 % des adolescents de 17 ans présentent des symptômes anxiodépressifs sévères, contre 4,5 % en 2017. Près d’un jeune sur cinq rapporte des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, avec une vulnérabilité particulièrement marquée chez les jeunes femmes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans présente un trouble mental, et le suicide constitue la troisième cause de décès chez les 15-29 ans. Ces données ne peuvent être réduites à un simple effet de dépistage ni à une supposée « fragilisation générationnelle ». Elles signalent l’ampleur réelle du fardeau psychique qui affecte aujourd’hui les jeunes.

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L’erreur classique : psychologiser ce qui est structurel

Face à ces constats, le réflexe dominant consiste à invoquer la vulnérabilité individuelle, le déficit de compétences émotionnelles ou l’hypersensibilité. Or la recherche en santé mentale montre depuis longtemps que les troubles anxieux et dépressifs sont étroitement liés aux déterminants sociaux : précarité économique, instabilité des parcours, insécurité professionnelle, isolement relationnel, pression normative et inégalités d’accès aux ressources.

Plusieurs travaux internationaux soulignent que l’augmentation des troubles internalisés chez les adolescents et les jeunes adultes est indissociable de la montée de l’incertitude structurelle et de l’accélération sociale. Autrement dit, ce n’est pas la jeunesse qui a changé seule ; c’est le monde qui lui est proposé. Continuer à pathologiser les individus sans interroger ce cadre revient à déplacer le problème, non à le résoudre.

Grandir dans un monde instable

L’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte ont toujours été des périodes de remaniement identitaire. Ce qui est plus nouveau, en revanche, c’est le contexte dans lequel ces transitions s’opèrent. Les jeunes d’aujourd’hui se construisent dans des sociétés où les repères qui balisaient autrefois plus nettement l’accès à la vie adulte se sont affaiblis. La fin des études ne débouche plus automatiquement sur un emploi stable, l’insertion professionnelle est plus souvent marquée par les contrats temporaires, les allers-retours entre formation, emploi et chômage se multiplient, et l’accès à l’autonomie résidentielle devient plus difficile.

À l’échelle européenne, la discontinuité des trajectoires juvéniles n’a rien d’une abstraction. 31,1 % des salariés de 15 à 29 ans occupaient un emploi temporaire dans l’Union européenne, tandis que 11,0 % des jeunes de cette tranche d’âge n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. Autrement dit, une part importante de l’entrée dans l’âge adulte se joue désormais soit dans l’instabilité, soit dans l’interruption, ce qui dit bien combien les seuils biographiques autrefois plus lisibles sont devenus plus fragiles et plus incertains.

Dans ce contexte, la difficulté à se projeter dans un avenir lisible ne relève pas d’un manque individuel de maturité. Elle traduit aussi une transformation objective des conditions d’existence. Quand le travail est plus précaire, le logement plus difficile d’accès, et l’avenir socialement moins prévisible, il devient plus compliqué de relier le présent à un futur désirable.

Or, on ne se construit pas psychiquement de la même manière quand l’avenir ressemble à une promesse que lorsqu’il ressemble à une énigme.

Réseaux sociaux et comparaison permanente

À cette instabilité structurelle s’ajoute une transformation profonde du rapport à soi et aux autres liée aux usages numériques. Les effets des réseaux sociaux dépendent moins du temps passé en ligne que de ce qui s’y joue réellement : se comparer, se montrer, se mettre en scène, attendre des signes d’approbation, subir des interactions hostiles ou, parfois, trouver du soutien et de l’authenticité. En ce sens, les réseaux sociaux ne constituent pas une cause simple et univoque ; ils forment plutôt un nouvel environnement relationnel et identitaire, capable d’amplifier certaines vulnérabilités propres à l’adolescence.

Or, lorsque cet environnement organise la vie sociale autour de la visibilité, de la comparaison et de la validation externe, il peut peser lourdement sur l’image de soi. La littérature scientifique met ainsi en évidence des liens entre usages intensifs ou problématiques des réseaux sociaux, diminution de l’estime de soi, insatisfaction corporelle, symptômes anxieux et manifestations dépressives, avec une vulnérabilité particulièrement marquée chez les adolescentes.

Sur le plan psychique, cette dynamique peut favoriser la construction d’un « faux self », au sens winnicottien. Une identité de présentation, progressivement façonnée pour répondre aux attentes perçues, capter l’approbation et éviter la disqualification, parfois au prix d’un éloignement croissant d’avec l’expérience subjective authentique. Lorsque la valeur de soi se trouve ainsi suspendue au regard d’autrui, l’ajustement au monde ne se fait plus à partir d’un sentiment interne de continuité, mais à partir d’une surface à maintenir. Il peut alors se creuser un écart entre ce que le sujet vit, ce qu’il ressent et ce qu’il donne à voir. Cet écart ouvre un espace de tension psychique majeur, pouvant aller, chez certains sujets plus vulnérables, jusqu’à des expériences de dépersonnalisation, de désancrage de soi ou de fonctionnement dissociatif.

La souffrance qui en résulte n’est pas un défaut individuel, elle est le produit d’un environnement qui rend l’authenticité coûteuse et la vulnérabilité risquée.

Quand le malaise s’inscrit dans les corps

Un autre aspect souvent sous-estimé concerne la dimension corporelle de cette détresse. Fatigue chronique, troubles du sommeil, douleurs diffuses, dérégulations émotionnelles sont fréquents chez les jeunes en souffrance psychique. Les avancées en psychoneuro-immunologie montrent que le stress chronique, lorsqu’il est durable et imprévisible, active les systèmes neurobiologiques de l’alerte et favorise des états inflammatoires associés à la dépression et à l’anxiété.

Cette inflammation n’est pas un simple bruit de fond biologique : elle interfère avec les circuits de l’humeur, de la motivation, de la vigilance et de la régulation émotionnelle. Elle contribue ainsi à faire de la détresse psychique une expérience à la fois psychologique et somatique, où l’anxiété, l’abattement ou l’hyperréactivité coexistent avec la fatigue, les troubles du sommeil, les douleurs diffuses et le sentiment d’un corps devenu lui-même difficile à habiter.

Chez les adolescents et les jeunes adultes, dont les systèmes cérébraux sont encore en maturation, cette exposition prolongée à l’insécurité et à la pression sociale peut avoir des effets durables, en particulier sur les circuits de l’alerte, de l’humeur, du sommeil et de la régulation émotionnelle. Là encore, il ne s’agit pas de « somatisation », mais d’une inscription biologique du social. Les corps parlent lorsque les environnements ne permettent plus de symboliser autrement.

Des réponses encore trop étroites

Face à cette situation, l’augmentation de l’offre de soins psychologiques est nécessaire, mais insuffisante. En renvoyant prioritairement les jeunes vers des prises en charge individuelles, on entretient l’idée implicite que le problème leur appartient. Or l’OMS insiste sur le fait que les politiques efficaces en matière de santé mentale des jeunes doivent articuler prévention, réduction des inégalités, politiques éducatives, conditions de travail et cohésion sociale.

Autrement dit, soigner sans transformer les contextes revient à réparer sans cesse les mêmes fissures. La santé mentale des jeunes ne peut être pensée indépendamment des choix collectifs en matière d’éducation, d’emploi, de protection sociale et d’organisation du temps de vie.

Ce que la souffrance des jeunes nous oblige à regarder

La souffrance psychique des jeunes est un symptôme collectif. Elle révèle un monde qui exige autonomie, performance et adaptabilité, tout en offrant de moins en moins de stabilité, de sécurité symbolique et de récits communs. Elle interroge notre rapport au temps, à la réussite, à l’échec et à la vulnérabilité.

Plutôt que de s’inquiéter d’une jeunesse prétendument fragile, il serait plus juste de s’interroger sur la fragilité de nos structures sociales. Écouter ce que le malaise des jeunes dit de nos choix collectifs n’est pas un exercice de compassion, c’est une nécessité politique et sociale. Parce que ce qui se joue ici n’est pas seulement une crise générationnelle, mais la capacité de nos sociétés à offrir un avenir psychiquement habitable

source https://theconversation.com/pourquoi-la-souffrance-psychique-des-jeunes-nest-pas-une-affaire-individuelle-278601 

Prix de la Recherche en Sciences Infirmières : lauréats 2026

PRSI 2026 Prix de la Recherche en Sciences Infirmières : Voici les lauréats 2026
Par
Audrey Parvais -
Publié le 10/04/2026 https://infirmiers.com*

Le Prix de la Recherche en Sciences Infirmières 2024, dont Infirmiers.com est partenaire, a récompensé 3 lauréats pour leurs travaux de recherche en prévention de la récidive suicidaire, les impacts de la création de postes de logisticiens dans les services hospitaliers, et l’intérêt de la ventilation manuelle en cas d’arrêt cardiaque.

Photo de groupe avec les lauréats du PRSI 2026

Crédit photo : Gaël Kazaz/Quinze Mai

C’est lors du dernier Salon infirmier, qui s’est tenu au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, les 25 et 26 mars, que s’est déroulée la cérémonie de remise du Prix de la recherche en sciences infirmières 2026 (PRSI 2026). Organisé en partenariat par la Chaire de Recherche en Sciences Infirmières de l'Université Sorbonne-Paris Nord, la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) et Infirmiers.com, il récompense cette année trois lauréats dans les catégories de «Jeune chercheur» et «Meilleure publication scientifique», et un prix spécial «Coup de cœur du Jury - Meilleure publication scientifique». Sous la présidence de Monique Rothan-Tondeur, directrice de la Chaire Recherche Sciences Infirmières, le comité d’experts a ainsi décidé, après analyse des candidatures, de saluer les travaux de Benoît Chalancon, Michelle Delpy et Frédéric Lemoine.

Benoît Chalancon, lauréat du prix du "Jeune chercheur"
Benoît Chalancon, lauréat du prix "Jeune chercheur". ©Gaël Kazaz/Quinze Mai

Prix du «Jeune chercheur» : Benoît Chalancon

Infirmier depuis une quinzaine d’années en santé mentale, mais aussi doctorant en santé publique, Benoît Chalancon baigne depuis presque autant de temps dans la recherche. Le projet que récompense le PRSI 2026 n’est d’ailleurs pas son premier travail de recherche. En 2017 déjà, il participé avec le laboratoire ICAR-UMR 5191 (Interaction Corpus Apprentissage et Représentation), placé sous la triple tutelle du CNRS, de l’Université Lumière Lyon 2 et de l’ENS de Lyon, le projet CIPSY (Compétences d’interaction des infirmiers en psychiatrie). Sa finalité : mettre en lumière les spécificités des transmissions, aussi bien orales qu’écrites, des infirmiers exerçant en psychiatrie.

Ayant orienté sa pratique vers la prévention du suicide, il intègre en 2019 le Centre de prévention du suicide du Vinatier. C’est là qu’il développe sa thématique sur l’intérêt des interventions brèves dans la prévention de la récidive suicidaire. Des actions qui consistent en rappels téléphoniques, envoi de SMS ou de cartes postales, mais aussi un plan de protection – soit un outil co-construit entre le professionnel de santé et le patient qui regroupe l’ensemble des stratégies permettant de mieux gérer la crise suicidaire. Les effets de ces interventions sont démontrés à l’international, mais il reste encore à les évaluer en France. C’est pourquoi en 2020, il lance l’étude PROTECT, un essai contrôlé randomisé qui mesure l’intérêt de la mise en place d’un plan de protection par l’infirmier des urgences dans la prévention de la réitération suicidaire. L’étude fera l’objet de plusieurs publications dans des revues internationales mais aussi d’une présentation au Congrès international du Sidiief de juin 2025.

C’est toutefois un troisième projet de recherche que vient récompenser le PRSI 2026 : soit l’étude PRESENCE, centrée sur le soutien social. Identifié comme un facteur clé dans la protection contre la récidive suicidaire, ce dernier n’a encore été que très peu étudié du point de vue des personnes concernées. Prévoyant 30 entretiens semi-directifs, cette recherche qualitative entend donc examiner la perception de ce soutien avec une tentative de suicide. Son objectif : apporter des connaissances inédites sur le vécu post-crise et contribuer à optimiser interventions et prises en charge.

Parmi ses publications

source et lire la suite https://infirmiers.com/ipa-specialites/recherche-et-bibliographie/prix-de-la-recherche-en-sciences-infirmieres-voici-les-laureats-2026 

ETUDE RECHERCHE Quand la solitude devient un signal d’alerte chez les adolescents

 Actualités, Recherche

Quand la solitude devient un signal d’alerte chez les adolescents

Mis en ligne le 09 avril 2026 sur https://www.ch-le-vinatier.fr/*

Chez les adolescents confrontés au suicide d’un proche, le sentiment de solitude est fréquent. Une étude récente explore son rôle dans l’apparition d’idées suicidaires et montre qu’il est étroitement lié à la souffrance dépressive.

Une vulnérabilité accrue après un événement traumatique

Lorsqu’un adolescent est confronté au suicide ou à une tentative de suicide dans son entourage, il peut traverser une période de grande vulnérabilité. Parmi les difficultés rapportées, le sentiment de solitude revient souvent.

Ce constat pose une question importante : ce sentiment joue-t-il un rôle direct dans le risque suicidaire, ou reflète-t-il une souffrance plus large, notamment liée à la dépression ?

L’étude vise à mieux comprendre cette articulation pour orienter plus finement la prévention.

Une approche basée sur l’observation des parcours

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 5 000 adolescents américains suivis sur plusieurs années.

Ils ont examiné :

  • l’exposition à un suicide ou une tentative dans l’entourage
  • le sentiment de solitude ressenti par les adolescents
  • l’évolution des idées suicidaires et des tentatives de suicide

Ils ont également pris en compte d’autres éléments importants, en particulier les symptômes dépressifs présents au départ, afin de mieux comprendre ce qui relève spécifiquement de la solitude.

Solitude et risque suicidaire : des liens à nuancer

Les résultats indiquent que les adolescents qui se sentent seuls après une telle expérience présentent davantage de pensées suicidaires et de tentatives de suicide.

Cet effet apparaît surtout dans la période qui suit l’événement.

Cependant, lorsque l’on tient compte de la dépression, le lien entre solitude et comportements suicidaires s’atténue fortement. Cela suggère que la solitude est souvent associée à un état dépressif, qui joue un rôle central dans le risque observé.

La solitude comme signal d’attention

Ces résultats invitent à considérer la solitude comme un signal important, sans pour autant la voir comme un facteur isolé.

Repérer un adolescent qui s’isole après un tel événement peut permettre d’identifier plus tôt une souffrance psychique, en particulier dépressive.

Ils ouvrent ainsi des pistes pour renforcer l’accompagnement dans ces situations, en prêtant attention à la fois aux relations sociales et à l’état émotionnel des jeunes concernés.

Découvrir l’article 

 

source https://www.ch-le-vinatier.fr/actualites-23/quand-la-solitude-devient-un-signal-dalerte-chez-les-adolescents-1511.html?no_cache=1&cHash=7c057ccd35b16b30124a7ed6ab7bc41f 

MANIFESTATION 28/05/26 Strasbourg (67) La Vague Orange : une marche citoyenne pour sensibiliser au trouble de la personnalité borderline et à la prévention du suicide

La vague Orange

Travaux de recherche Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ

Travaux de recherche

Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ

Publié le 09 avril 2026 https://www.justice.gouv.fr/*

La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) a soutenu une recherche intitulée : « Accompagner des adolescents présentant un risque suicidaire en foyer : un état des lieux des difficultés et des ressources des professionnels », réalisée par la sociologue Myriem Auger.

Les jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) présentent de multiples vulnérabilités sur le plan de la santé, y compris la santé mentale, comme le montre la récente étude nationale sur la santé des jeunes suivis par la PJJ. 13,5 % des jeunes interrogés déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide (26 % des filles et 12 % des garçons). La recherche sur les caractéristiques psychosociales des jeunes placés au pénal fait également le constat d’un état de santé mentale dégradé chez les jeunes placés, lesquels se caractérisent notamment par une exposition fréquente à des expériences adverses durant l’enfance (61 % des jeunes déclarent par exemple avoir subi de la maltraitance émotionnelle et 47,5 % de la maltraitance physique) et par une prévalence élevée des symptômes psychotraumatiques. Dans ce contexte, la DPJJ a souhaité disposer d’analyses sur le risque suicidaire dans les foyers de la PJJ, dans l’objectif d’améliorer la prévention et la prise en charge de ce risque.

Cette recherche s’inscrit dans la continuité d’un projet financé par l’Observatoire national de la protection de l’enfance sur la prévention et la prise en charge du risque suicidaire dans les établissements relevant de l’Aide sociale à l’enfance (Charles et. al. 2024). Elle complète cette étude par une enquête dans les unités éducatives d’hébergement diversifié (UEHC) relevant de la PJJ, afin d’analyser les ressources disponibles et les obstacles à la protection des jeunes présentant un risque suicidaire.

Elle met en lumière plusieurs axes de travail pour que les professionnels puissent mieux protéger ces jeunes : améliorer la transmission d’informations au moment du placement ; former les professionnels à la prise en charge du risque suicidaire ; renforcer le travail partenarial pour faciliter l’orientation vers les soins en santé mentale. L’auteure invite également à cultiver et valoriser les pratiques de « care », reposant sur des gestes du quotidien, peu formalisés mais essentiels dans l’accompagnement des adolescents présentant un risque suicidaire dans les foyers.

Le soutien de la DPJJ à ce travail s’inscrit dans le cadre de son plan national de prévention du suicide des mineurs et jeunes majeurs (2024-2027). L’objectif du plan est de conforter l’action des professionnels au service d’une sécurisation des prises en charge. En 2025, aucun suicide de mineurs n’a été à déplorer dans les établissements de placement, ni en détention, mais, la prévention du risque suicidaire reste une priorité au regard de la fragilité de la santé mentale des jeunes placés et des tentatives de suicide repérées.

Suite à l’organisation de groupes de travail, des fiches destinées à mieux détecter et accompagner ce risque suicidaire en hébergement seront publiées en 2026. Par ailleurs, la réforme des modalités de placement à la PJJ, qui prévoit à partir de septembre 2026 la transformation des UEHC et des centres éducatifs fermés en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), compte parmi ses objectifs l’amélioration de la prise en charge de la santé des jeunes placés, et plus principalement la santé mentale.