COMMUNIQUÉ 2019/01 Après un travail de plusieurs mois effectué par les instructeurs de l’INFIPP, de l’UNAFAM et de Santé Mentale France, la traduction et l’adaptation des documents et outils pédagogiques des Premiers Secours en santé Mentale(Manuel, diaporama, vidéos et exercices, guide formateur), sont prêts. Le Manuel PSSM France qui sera remis à chaque secouriste en santé mentale a été lu et validé par des experts choisis par les services du Ministère de la Santé ou par PSSM France et sa première version sortira de l’imprimerie au cours de la première quinzaine d’avril. Cinq formations tests sont programmées dans 4 régions de France en avril et mai : Auvergne -Rhône-Alpes (Clermont Ferrand et Lyon), Ile de France (Paris), Normandie (Le Havre), Aquitaine (Bordeaux), dont deux en milieu étudiant et une pour les professionnels de l’habitat inclusif qui constituent les priorités gouvernementales. PSSM France tient à remercier le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, l’Agence nationale de Santé Publique (Santé Publique France) et la Fondation de France pour le soutien apporté lors de la mise en oeuvre de cette première phase, préalable au déploiement du dispositif. Après avoir tiré les enseignements des formations tests, PSSM France pourra organiser les premières formations de formateurs, notamment celles des professionnels des services universitaires, en juin et en septembre, octobre ou novembre 2019. D’autres formations de formateurs seront encore organisées en 2020 et les années suivantes. Toutes les informations sur le PSSM peuvent désormais être obtenues sur le site que l’association PSSM France vient d’ouvrir : https://pssmfrance.fr/ Contact : info@pssmfrance.fr Lyon, le 27 mars 2019
Edito : Comment s’attaquer au fléau du suicide des seniors en France ?
Jeudi, 24/01/2019 https://www.rtflash.fr*
En 2015, le taux de décès par suicide en France était de 16,7 pour
100.000 habitants. Bien que ce taux ait baissé de 25 % depuis 2007, il
reste sensiblement supérieur à la moyenne européenne (10,2 pour 100.000
habitants) et surtout très supérieur à celui observé chez nos quatre
grands voisins : l’Italie, 6,5 pour 100.000, le Royaume-Uni, 6,9 pour
100.000, l’Espagne, 7,6 pour 100.000 et l’Allemagne, 12,3 pour 100.000.
En France, comme dans le reste de l’Europe, les hommes sont trois
fois plus nombreux à mettre fin à leurs jours que les femmes. Deux
catégories d’âge présentent une surmortalité : les 45-54 ans (25,1
suicides pour 100 000 habitants) et les plus de 75 ans (30 suicides pour
100 000 habitants).
On l’ignore souvent mais le suicide, sujet dérangeant, reste en
France la troisième cause de mortalité après les cancers et les
pathologies cardio-vasculaires. Officiellement, le suicide a été la
cause de 8 885 morts en France métropolitaine en 2014, soit un suicide
par heure, selon le dernier rapport de l'Observatoire national du
suicide. Mais cette étude très intéressante rappelle, en accord avec de
nombreuses associations, que ce nombre de suicides reste très
probablement sous-estimé, car il ne prend en compte que les morts
déclarées comme telles sur le certificat de décès. Dans la réalité, on
estime que le nombre de suicides pourrait dépasser les 10 000 personnes
par an, en France.
Ce taux est le plus élevé chez les personnes âgées, notamment chez
les hommes de plus de 75 ans (59,4 pour 100 000 hommes). Au total, on
compte environ 3.000 suicides par an chez les plus de 65 ans. Cette
catégorie d'âge représente 16 % de la population, mais presque un tiers
des suicides (28 %).
Selon le rapport sur la prévention du suicide chez les personnes
âgées du Comité National pour la Bientraitance et les Droits des
Personnes Agées et des Personnes Handicapées (CNBD) ,il y aurait 4,5
fois plus de suicides chez les hommes âgés entre 75 et 84 ans, et 7 fois
plus de suicides chez les hommes âgés entre 85 et 94 ans, que dans la
population générale (Voir cette Etude). Fait important, plus de 70 % de ces passages à l’acte ont lieu au domicile de la personne âgée.
Parmi les spécificités que présente le suicide des personnes âgées,
il est important de souligner la détermination des victimes : alors que
le ratio entre tentatives de suicide et décès est de un pour quatre chez
les hommes jeunes, il passe à un pour deux chez les plus de 70 ans, ce
qui démontre bien la grande détermination dans le passage à l’acte pour
cette tranche d’âge.
D’une manière générale, parmi les causes évoquées lors des appels à
SOS Amitié, on trouve la solitude, la dépression, la maladie physique et
les problèmes de couple ou de famille.
Mais s’agissant de la question plus spécifique du suicide des
personnes âgées, plusieurs études réalisées par les services sociaux et
médicaux locaux, à la demande des Autorités Régionales de Santé, mettent
en avant trois grands types de facteurs.
Le premier concerne un profond sentiment de perte : certaines
personnes âgées ressentent en effet avec beaucoup de violence la perte
d’un être cher (le conjoint ou un ami proche), leur perte d’autonomie
physique, leurs pertes de santé - par exemple, l’annonce d’un diagnostic
de maladie neurodégénérative incurable -, ou encore la perte de leur
environnement familier, avec le départ du domicile et l’entrée dans un
établissement spécialisé.
Le deuxième ensemble de facteurs concerne la gestion des événements
de la vie. Un passage mal préparé à la retraite, après une vie
professionnelle très active, ou encore une rupture de l’unité familiale,
avec un éloignement géographique des enfants ou petits-enfants, peuvent
venir fragiliser durablement une personne âgée.
Enfin, le troisième groupe de facteurs rassemble les éléments du
parcours psychique et affectif particulier. On observe ainsi que les
personnes âgées dépressives peuvent présenter longtemps après le début
de leur trouble des signes de confusion et d’agitation, qui peuvent se
traduire par une perte d’intérêt, une dénutrition ou encore la prise
d’antidépresseurs. Mais ces symptômes sont encore trop souvent confondus
avec ceux correspondant à certaines formes de démence.
D’une manière générale, on estime que 80 à 90 % des tentatives de
suicide chez les personnes âgées sont reliées à un état dépressif et,
dans les deux tiers de ces situations, ces symptômes dépressifs
présentés par les personnes âgées restent ignorés ou mal traités. Mais
la solitude et le sentiment envahissant d’isolement joue également un
rôle majeur dans le développement de tendances suicidaires chez certains
seniors : on estime en effet de que, pour une personne âgé vivant à
domicile, la vie sociale se limite à une seule discussion par semaine…
L’ensemble des études scientifiques réalisées sur cette question du
suicide des personnes âgées montre que deux types d’interventions
s’avèrent majeures pour réduire le taux de suicide des personnes âgées :
en premier lieu, celles visant à réduire les facteurs de risque : en
améliorant notamment le diagnostic et le traitement de la dépression et
en luttant contre l’isolement des personnes. En second lieu, celles
visant à augmenter les facteurs protecteurs qui favorisent un bon
vieillissement et permettent le maintien d’une qualité de vie
satisfaisante.
En France, certaines expérimentations territoriales sont conduites
avec la mise en place d’une formation spécifique pour essayer de repérer
les tendances suicidaires chez les personnes âgées. C’est par exemple
le cas du CHRU de Besançon, qui a instauré, à l’initiative de Pierre
Vandel psychiatre et enseignant dans cet établissement, un « brevet de premiers secours psychiatriques », qui
s’adresse à toutes les personnes qui sont régulièrement au contact des
anciens : les médecins généralistes, mais aussi les auxiliaires de vie,
les infirmières, les pompiers et les policiers.
Pierre Vandel dirige également l’étude OBSUIVAL, lancée en 2017 pour
deux ans et visant à une meilleure prévention du suicide des personnes
âgées. Cette étude part du constat que les personnes âgées ont plus de
mal que les autres à repousser les idées suicidaires qui les assaillent.
Mais pour ce spécialiste, la raison de ce phénomène ne serait pas un
manque de volonté mais relèverait d’une cause physiologique. L’hypothèse
de cette équipe est en effet que ce phénomène de moindre résistance aux
idées suicidaires serait lié à la diminution chez certains seniors de
la capacité à contrôler leur vue. C’est pourquoi son étude va tout
d’abord observer ce phénomène oculaire chez quinze patients dépressifs
et à tendance suicidaire et quinze patients dépressifs sans tendance
suicidaire.
Mais si nous voulons atteindre cet objectif difficile d'une réduction
massive du suicide des seniors, nous devons intégrer cette
problématique dans celle plus vaste d’une refonte globale du système
médico-social d’aide et accompagnement des personnes âgées dans notre
pays.
À cet égard, un récent rapport de l’institut Montaigne, intitulé «
bienveillant à domicile : accompagner les seniors » propose des pistes
de réflexion et d’action à la fois intéressantes et innovantes (Voir Institut Montaigne).
Cette étude fait le constat peu contestable que l’action des pouvoirs
publics en faveur du vieillissement à domicile est entravée par la
lourdeur du financement de la dépendance et la complexité de son
organisation. L’étude rappelle notamment que notre collectivité
nationale reste le principal financeur de la dépendance, avec 27
milliards d’euros de dépenses, soit deux tiers de l’ensemble des coûts
liés à la dépendance qui sont évalués à 41 milliards d’euros par an.
Les acteurs du bien-vieillir à domicile se heurtent à deux obstacles
majeurs : la qualité globalement insatisfaisante des services à domicile
et leur manque de coordination. Pour essayer de surmonter ces
difficultés, l’Institut Montaigne émet deux propositions très
intéressantes.
D’abord, mettre en place un métier de moniteur de services de
dépendance. Ce professionnel aurait pour rôle de fournir des conseils et
une aide à la réalisation des démarches nécessaires, administratives
notamment (demandes de subventions, etc.). Il serait également chargé
d’aider à la gestion de l’intervention de différents prestataires de
services à la personne. Enfin, sur le plan du contrôle de la qualité des
services, il assurerait la gestion des audits des services proposés à
la personne.
La seconde proposition consisterait à créer, en complémentarité avec
la fonction de gestionnaires des services, le nouveau métier de « Coach
de vie ». Celui-ci interviendrait dans trois domaines : les besoins
physiologiques et psychologiques de la personne, la vie quotidienne à
domicile, et le lien avec le médecin traitant. S’agissant de ce dernier
point, ce coach aurait un rôle crucial d’information et d’alerte envers
le médecin traitant et les aidants. Il serait donc à même de détecter
très en amont des signes et manifestations de changement d’humeur et de
modification psychique pouvant augmenter les risques de tentative de
suicide, et pourrait bien évidemment en informer très précocement le
médecin de famille et les services sociaux concernés.
L’encadrement déterminant et les actions menées par ces deux
nouvelles professions, moniteurs de dépendance et coach de vie,
s’appuieraient sur un outil numérique puissant de « Care Management »,
que nous appellerons, en bon français « Gestion numérique de
l’environnement médico-social ».
Ce système, déjà mis en place avec succès dans certains pays, comme
le Japon, la Suède ou encore le Canada, permet la saisie simple et
rapide, à l’aide d’interfaces mobiles comme les Smartphones ou les
tablettes, des informations relatives aux actions menées avec le senior.
Ces informations viennent alimenter un « tableau de bord » qui permet
une excellente coordination de l’ensemble des actions menées par les
différents services sociaux et médicaux et du suivi global de la
personne âgée.
Selon l’Institut Montaigne, la mise en place de ce nouveau cadre
combinant de manière équilibrée et harmonieuse une coordination humaine
compétente et de qualité et des nouveaux outils numériques disponibles,
pourrait non seulement permettre, sans coûts supplémentaires pour la
collectivité, un maintien à domicile plus large des seniors, mais
pourrait également déboucher sur une prévention bien plus efficace des
pathologies et problèmes spécifiques qui affectent les personnes âgées,
comme cette question récurrente du suicide des seniors qui restent très
insuffisamment traitées dans notre pays.
Mais sans même attendre une réforme d’ensemble des structures
d’accompagnement médico-social pour nos aînés, il est frappant de
constater que des initiatives simples, peu coûteuses et déployables
rapidement, peuvent permettre de prévenir très efficacement ce risque de
suicide propre aux personnes âgées. À cet égard, plusieurs
expérimentations dans le monde, notamment en Italie, au Canada et au
Japon, ont montré qu’en renouant un lien relationnel plus fréquent et
plus serré avec des seniors isolés (pour des raisons géographiques ou
familiales), on pouvait réduire des trois-quarts ce risque suicidaire
particulier aux anciens.
Concrètement, il suffit de permettre aux seniors d’entrer directement
en relation, depuis leur domicile, avec des « écoutants » qui ont été
spécialement formés et peuvent évaluer le niveau de détresse et de
fragilité psychique de leurs interlocuteurs. Ces dispositifs reposent
également sur la prise de contact régulière avec ces seniors, par
téléphone et par courriel, afin de rompre leur sentiment d’isolement et
de solitude.
Alors qu’il existe à présent, sur l’ensemble de notre territoire, une
vaste panoplie de puissants moyens numériques de communication, il
n’est plus tolérable que notre société accepte sans réagir
vigoureusement qu’autant de personnes âgées décident de mettre fin à
leurs jours.
Pour prendre à bras-le-corps ce problème, il est temps que les
pouvoirs publics, en étroite coopération avec les collectivités
territoriales et les acteurs médicaux et sociaux concernés, lancent un
vaste programme de prévention active du suicide chez nos aînés. Ce
programme, qui serait évalué chaque année, pourrait se fixer un objectif
ambitieux : réduire de moitié en cinq ans le nombre de suicides des
personnes âgées en France.
Si nous pouvions parvenir à un tel résultat, nous aurions alors
accompli un grand pas vers une société que nos concitoyens, nous le
voyons bien à la lumière des événements que connaît actuellement notre
pays, appellent avec force de leurs vœux : c’est-à-dire une société plus
empathique, plus humaine et plus soucieuse de ses membres les plus
fragiles et les plus vulnérables.
René TRÉGOUËT
Sénateur honoraire
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat https://www.rtflash.fr/comment-s-attaquer-fleau-suicide-seniors-en-france/article?fbclid=IwAR3L2tTyY6Sr-m_59cxKfPzHzpXoaBn1cJ8c5jdom6P6xjh9oEVE7KZJCfQ
Nouvelles de Premiers Secours en Santé Mentale France
Mise en ligne le 23 nov. 2018
HISTORIQUE DU POST
Document INFIPP *– maj 17/09/2018
"Bonjour,
Vous avez souhaité être tenu-e informé-e de l’avancée du projet PSSM at nous vous communiquons donc les informations suivantes :
- Une semaine de travail a été organisée du 9 au 13 juillet dans les locaux d’INFIPP en présence de Gloria Claessen, représentante de International Mental Health First Aid (IMHFA), venue spécialement d’Australie. Nous étions une vingtaine de participants représentant à parts égales les 3 porteurs du projet, l’UNAFAM, Santé Mentale France et INFIPP. Santé Publique France était également représentée, ainsi qu’un représentant d’un projet de mise en place du programme sur la Suisse francophone. Nous avons pu suivre le programme pendant 2 jours, puis travailler sur les modalités de son adaptation à la France.
- A l’issue de la semaine de travail, nous nous sommes répartis l’ingénierie pédagogique : de contextualisation, de validation scientifique et d’adaptation des méthodes et supports, notamment les exercices et vidéos.
Actuellement les 3 porteurs de projet mènent cet important travail de manière à ce que nous puissions disposer d’un programme complet, validé, à la hauteur de nos ambitions.
La semaine passée avec IMHFA nous a permis de conforter l’image que nous avions du programme qui est très intéressant et porteur, tant sur le plan des apports dans le domaine de la santé mentale, parfaitement adaptés à un niveau « sensibilisation », que sur le plan de la pédagogie déployée qui permet d’animer ce programme dans un cadre très sécurisé.
La presse s’est faite l’écho du programme et notamment :
- Un entretien téléphonique avec France Inter
- Des articles dans la presse du groupe LE PROGRES
- Un article dans la revue Santé Mentale
Les travaux d’adaptation devraient se terminer fin 2018, ce qui permettrait de lancer les premiers projets tests en printemps 2019. Nous n’hésitons pas à vous tenir informé dès que nous avons un calendrier plus précis."
Des élèves et du personnel formés à la prévention du suicide Dans les écoles secondaires de Viamonde
L'Express. ca * 3 décembre 2018
Les écoles secondaires du Conseil scolaire Viamonde
peuvent désormais compter sur la présence d’élèves et de membres du
personnel formés pour identifier les personnes ayant des idées
suicidaires et leur offrir des services de premiers soins en santé
mentale.
Après quatre demies journées de formation offertes dans autant de
régions sur le territoire de Viamonde (toute la péninsule du Centre-Sud
ontarien), les participants sont désormais aptes à reconnaître les
appels à l’aide de personnes ayant des pensées suicidaires, à entrer en
relation avec elles et à les mettre en contact avec les ressources
appropriées.
DouleurLes professionnels de la santé mentale s’entendent pour dire que
plupart des personnes qui ont des pensées suicidaires ne veulent pas
mourir, mais qu’elles cherchent plutôt une façon de faire cesser une
douleur qui les afflige.
Les aidants sont formés pour intervenir en utilisant une démarche de
prévention reconnue internationalement et développée par l’organisme LivingWorks Education.
La démarche s’articule autour de l’utilisation des quatre étapes TALK,
soit: dire, demander, écouter et protéger (rester en sécurité).
Maladies mentales: comment agir pour aider?
Publié le 10 Octobre 2018 par Muriel Chavaillaz femina.ch*
Plus les malades psychiques sont pris en charge rapidement, meilleures sont leurs chances de guérison. La Fédération des psychologues lance une action pour modifier le système de remboursement et permettre aux milliers de Suisses concernés de mettre toutes les chances de leur côté. Cette action est dévoilée le 10 octobre 2018, Journée internationale de la santé mentale.
Plus les malades psychiques sont soignés tôt, meilleures sont leurs chances de guérison. Watari / Unsplash
Réagir face à quelqu’un qui s’évanouit, se blesse ou s’étouffe: nous savons tous plus ou moins comment réagir (merci les souvenirs des cours samaritains!). Mais que faire face à une personne en détresse sur le point de sauter d’un pont? La réponse est plus difficile à trouver, comme le prouve ce micro-trottoir:
La Fédération suisse des psychologues souhaite, par ce biais, sensibiliser la population face aux gestes de premiers secours psychologiques. Le second message: pousser la Confédération à agir pour mieux soigner les maladies psychiques. Et ces dernières touchent tout le monde, puisqu’un(e) Suisse sur deux sera confronté(e) à une telle difficulté au moins une fois dans sa vie.
Le programme Premiers secours en santé mentale
Dans Le hors série Santé mentale spécial formation 2018-2019
Former le grand public à repérer les troubles psychiques et à se comporter de façon
adaptée face à la personne en difficulté, tel est l’objectif du programme Premiers secours
en santé mentale (PSSM) qui va être déployé en France. Explications de Mickaël Bardonnet,
Secrétaire du bureau de l’association PSSM-France, Chef de projet à l’Infipp
Santé Pour en finir avec la peur de la maladie mentale La ministre de la Santé a présenté 37 actions sur la santé mentale
visant notamment la « déstigmatisation ». Sur le terrain, associations
et fondations œuvrent dans ce sens avec l’arrivée des premiers secours
en santé mentale. Le 09/08/2018 sur https://www.republicain-lorrain.fr
Comment réagir face à un collègue qui s’isole peu à peu, un ami
dont on craint qu’il se suicide, un inconnu qui “pète un plomb” en
pleine rue ? « La tendance naturelle, quand une personne manifeste des
signes de mal-être, c’est de détourner le regard », note Roselyne
Touroude, vice-présidente de l’Unafam (Union nationale de familles et
amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques). Pourtant, comme
il existe des premiers gestes physiques à réaliser sur une personne
blessée avant l’arrivée des secours professionnels, il existe des
« premiers secours en santé mentale » (PSSM) à prodiguer en attendant
que la crise soit passée ou qu’une prise en charge adaptée ne soit
trouvée.
Deux jours pour apprendre à réagir Né en Australie en 2001,
le programme PSSM vise à apprendre aux citoyens comment se comporter
face aux premières manifestations de troubles psychiques et à bien
connaître le système de soins et d’accompagnement afin d’être en mesure
d’aider les malades à s’orienter « vers un dispositif susceptible
d’apporter l’écoute et les soins requis par leur état de santé »,
explique l’association PSSM France. Créé fin juin, cette structure –
regroupant l’Unafam, Santé mentale France et l’organisme de formation
INFIPP – dispensera, à partir de 2019, des formations à ce programme
enseigné dans une vingtaine de pays dans le monde. Ainsi, dans
quelques mois ou années, votre employeur vous proposera peut-être, aux
côtés de la formation de secouriste du travail, une formation aux PSSM…
Comme la première, elle devrait durer deux jours et s’articuler autour
de plusieurs troubles : l’anxiété, la dépression, la psychose, les
addictions, la crise panique et les situations de violence.
« Un savoir être très simple » « Il ne s’agit pas
d’apporter du soin mais une aide », souligne Béatrice Borrel, trésorière
de PSSM France. « L’objectif est de développer un savoir être très
simple, une écoute, une attention bienveillante… L’idée c’est : comment
aborder ces personnes sans être envahis par nos propres peurs et nos
représentations de la maladie mentale », précise Rémi Forger. Infirmier
au Mans, il fait partie des seize « instructeurs » formés pendant cinq
jours à Lyon, du 9 au 13 juillet. Ceux-ci formeront à leur tour les
premiers formateurs aux PSSM qui enseigneront à leur tour ce savoir
auprès des publics « pilotes », en particulier les étudiants en santé,
comme le souhaite la ministre de la Santé mais aussi des travailleurs
sociaux, des DRH, des policiers… dans des régions pilotes. Le démarrage
est soutenu financièrement par la Direction générale de la santé, Santé
Publique France et la Fondation de France. Mais le déploiement du
programme auprès d’un public plus large dépendra de la sensibilité et
des moyens financiers que chaque structure (entreprise, collectivité…)
sera prête à investir dans cette formation.
Diminuer le taux de suicide Le programme PSSM est
l’occasion « d’inverser » le premier mouvement de recul face au malade
psychique, « de changer le regard et de permettre un accès aux soins »,
souligne Roselyne Touroude, également futur instructeur. Car
contrairement aux premiers secours physiques, « on n’est pas dans le
ponctuel. On va traiter une crise mais pas seulement. On est beaucoup
dans une logique de compréhension : repérer les premiers signes,
travailler sur la prise de conscience avec la personne et lui donner de
l’information », explique Béatrice Borrel. Outre la « déstigmatisation »
de la maladie mentale, l’enjeu est d’arriver à une prise en charge plus
précoce des patients. Et peut-être de diminuer le taux de suicide car,
avec 25 morts par jour – contre 9 tués par accident de la route –, la
France affiche l’un des taux européens les plus mauvais (17e sur 28 en 2014). L’efficacité
du programme a été mesurée par plusieurs études internationales. Elles
ont montré que les formations aux PSSM augmentaient les connaissances
sur la santé mentale ainsi que les comportements d’aide et réduisaient
les attitudes négatives envers les personnes malades.
Création d'une association pour piloter le programme "Premiers secours en santé mentale"
le 29 juin 2018http://www.psycom.org/*
Santé mentale France, l’UNAFAM et l’INFIPP créent l’association PSSM
France, chargée de piloter le programme « Premiers secours en santé
mentale ». Cette association, composée au départ des 3 fondateurs, sera
ouverte à d’autres partenaires dont l’activité s’inscrit dans le domaine
de la psychiatrie et de la santé mentale qui en feront la demande.
Le calendrier prévisionnel des opérations est le suivant :
9-13 juillet 2018 : formation des 16 futurs instructeurs (= formateurs de formateurs) par une délégation austalienne ;
2ème semestre 2018 : a) adaptation des supports de
formation au contexte français et conception pédagogique de la formation
des formateurs (travaux effectués par les instructeurs) b) lancement
des appels à candidatures pour les sites pilotes et pour les futurs
formateurs
1er trimestre 2019 : a) formations pilotes assurées par
les instructeurs auprès de publics et/ou de territoires ciblés
(étudiants, travailleurs sociaux, Auvergne Rhône Alpes, Ile de France,
Normandie…) b) premières formations de formateurs par les instructeurs
à partir du 2ème trimestre 2019 : lancement des
formations auprès de publics ciblés (milieu universitaire notamment) et
du grand public par les premiers formateurs PSSM.
PREMIERS SECOURS EN SANTE MENTALE : PROGRAMME DE FORMATION 2 mai 2018
L’INFIPP, Santé Mentale France et l’UNAFAM ont décidé de mettre en
œuvre sur l’ensemble du territoire français le programme de formation
« premiers secours en santé mentale ».
Ce programme vise à toucher
un large public, afin de pouvoir aider des personnes présentant les
premières manifestations de troubles psychiques ou en situation de
crise, en apprenant à se comporter de façon adaptée et en connaissant
suffisamment le système de soins et d’accompagnement ainsi que le tissu
associatif, pour les aider à s’orienter elles ou leurs
proches, vers un dispositif susceptible d’apporter l’écoute et les soins
requis par leur état de santé.
Ce programme, créé sous le nom de
Mental Health First Aid (MHFA), en 2001 en Australie, où 540 000
personnes ont été formées en 15 ans, est mis en œuvre à ce jour dans
plus de 20 pays, dont le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, l’Irlande, le
Danemark, les Pays-Bas et la Finlande et prochainement la Suisse puis
la France et l’Allemagne. La Direction générale de la
Santé, l’Agence nationale de Santé Publique ainsi que la Fondation de
France apportent leur soutien à ce projet en contribuant au financement
du démarrage. Le Conseil interministériel pour la santé, réuni
le 26 mars 2018, a même inscrit la formation des étudiants aux premiers
secours en santé mentale comme une des 25 mesures phares du programme
national de santé publique.
Une délégation du MHFA International
doit venir en France du 9 au 13 juillet former les futurs instructeurs,
c’est-à-dire les formateurs de formateurs, délégués par les 3
institutions. Ces instructeurs rédigeront le guide de référence
français, traduit et adapté du guide anglophone et assureront, au début
de l’année 2019, les formations des futurs formateurs ainsi que des
formations d’« aidants » dans des régions pilotes et auprès de publics
pilotes en particulier les étudiants comme le souhaitent les pouvoirs
publics.La formation de formateur sera ensuite
largement ouverte de manière que les Premiers Secours en Santé Mentale
puissent être diffusés largement sur l’ensemble du territoire et avoir
ainsi un impact sur les représentations et comportements.
L’objectif
des 3 institutions, en améliorant la connaissance des troubles
psychiques et des dispositifs de soins et d’accompagnement dans la
population française, est de contribuer à faire reculer la
stigmatisation des personnes malades ou en situation de handicap
d’origine psychique et de leurs familles, à faciliter et accélérer
l’accès aux soins et leur acceptation quand ceux-ci sont nécessaires.
Paris, le 2 mai 2018
Contacts :
- Pour l’UNAFAM : Béatrice Borrel beatrice.borrel@unafam.org - 01 53 06 36 46
- Pour l’INFIPP : Brian Smith b.smith@infipp.com - 04 72 69 91 70
- Pour SMF : Jacques Marescaux j.marescaux@santementalefrance.fr - 01 45 96 06 36