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lundi 10 octobre 2022

L'OMS lance une campagne de prévention du suicide en Afrique

L'OMS lance une campagne de prévention du suicide en Afrique
06 octobre 2022
AFP
 L'Afrique "abrite six des dix pays ayant les taux de suicide les plus élevés au monde", selon l'OMS.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé jeudi le lancement d'une campagne de prévention du suicide en Afrique, région qui enregistre selon elle le taux le plus élevé de décès par suicide au monde.

"Environ 11 personnes sur 100.000 se donnent la mort dans la région africaine, ce qui est supérieur à la moyenne mondiale de neuf cas de suicide pour 100.000 habitants", précise dans un communiqué le bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.

L'Afrique "abrite six des dix pays ayant les taux de suicide les plus élevés au monde", poursuit-il.
Cette situation s'explique "en partie par les moyens d’action limités disponibles pour traiter et prévenir les facteurs de risque, notamment les troubles mentaux", ajoute le texte. La région "compte un psychiatre pour 500.000 habitants, ce qui est 100 fois inférieur à la recommandation de l’OMS", précise-t-il.

La campagne de prévention est lancée à l'occasion de la journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre. Menée sur les réseaux sociaux, elle "vise à atteindre 10 millions de personnes dans la région", selon l'OMS Afrique.

Il s'agit, selon la même source, de "sensibiliser le grand public et de mobiliser le soutien des gouvernements et des décideurs pour qu’ils accordent plus d’attention et de financement aux programmes dédiés à la santé mentale". "Des professionnels des soins de santé primaires suivent une formation au Zimbabwe dans le cadre d’une initiative de l’OMS", indique encore le communiqué.

Au Kenya, en Ouganda et au Zimbabwe, "un plaidoyer est en cours afin de mobiliser des ressources". L’OMS ajoute apporter également un appui au Cap-Vert et à la Côte d’Ivoire "pour réaliser une analyse nationale de la situation du suicide". 

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En savoir plus : World Mental Health Day 2022 Make mental health & well-being for all a global priority : https://www.who.int/campaigns/world-mental-health-day/2022

et https://www.afro.who.int/news/reversing-suicide-mental-health-crisis-africa 

 

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Suicide : lancement d’une campagne de prévention en Afrique, l’un des continents les plus affectés
OMS
la Région africaine enregistre le taux le plus élevé de décès par suicide au monde en 2022
6 octobre 2022 Santé

Alors que l'Afrique enregistre le taux le plus élevé de décès par suicide au monde, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé, jeudi, une campagne de sensibilisation et d’incitation à la prévention du suicide.

Environ 11 personnes sur 100.000 se donnent la mort dans le continent africain qui abrite six des dix pays ayant les taux de suicide les plus élevés au monde. Ce taux est supérieur à la moyenne mondiale de neuf cas de suicide pour 100.000 habitants.

Les moyens les plus utilisés par les personnes qui se suicident en Afrique sont la pendaison, l’intoxication par des pesticides et, dans une moindre mesure, la noyade, l’utilisation d’une arme à feu, le plongeon dans le vide ou le surdosage de médicaments.

Des études montrent qu’en Afrique, une tentative de suicide sur 20 aboutit. « Le suicide est un problème majeur de santé publique et chaque suicide est une tragédie. Malheureusement, la prévention du suicide est rarement une priorité dans les programmes de santé nationaux », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.
Les troubles mentaux touchent 116 millions de personnes en Afrique

Selon la branche africaine de l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, cette situation s’explique en partie par les moyens d’action limités disponibles pour traiter et prévenir les facteurs de risque. Il s’agit notamment des troubles mentaux, qui touchent en ce moment 116 millions de personnes en Afrique, contre 53 millions en 1990.

Plus largement, les problèmes de santé mentale représentent jusqu’à 11 % des facteurs de risque associés au suicide. C’est dans ce contexte que l’OMS a lancé aujourd’hui une campagne de sensibilisation et d’incitation à la prévention du suicide dans la Région africaine.

Sur les réseaux sociaux, elle vise à atteindre 10 millions de personnes. Il s’agit aussi de sensibiliser le grand public à la façon d’identifier et d’aider les personnes dans le besoin et de contribuer à la lutte contre la stigmatisation associée au suicide, à l’épilepsie, aux troubles mentaux et à l’abus d’alcool ou de drogues.

La campagne est aussi l’occasion d’attirer l’attention des pays africain sur le sous-investissement des gouvernements, qui est le principal obstacle à la prestation de services de santé mentale adaptés aux besoins. En moyenne, les gouvernements allouent moins de 50 centimes de dollar par habitant à la santé mentale.

Une spécialiste de la santé mentale discute avec des patients en République démocratique du Congo.
La Région africaine compte un psychiatre pour 500.000 habitants

Du fait du faible investissement dans les services de santé mentale, l'Afrique compte un psychiatre pour 500.000 habitants. Ce qui est 100 fois inférieur à la recommandation de l’OMS.

De plus, les professionnels de la santé mentale exercent principalement dans les centres urbains, et la plupart des établissements de santé primaires et communautaires sont très peu, voire pas du tout, couverts par ce personnel. « Des investissements importants doivent être réalisés pour s’attaquer au fardeau croissant des maladies chroniques et de maladies non infectieuses telles que les troubles mentaux qui peuvent déboucher sur le suicide en Afrique », a ajouté la Dre Moeti.

A noter qu’en août 2022, les ministres africains de la Santé réunis dans le cadre de la soixante-douzième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique – la réunion phare sur la santé dans la région – ont approuvé une nouvelle stratégie visant à renforcer les soins de santé mentale et à fixer des cibles pour 2030.

À cette échéance, tous les pays devront s’être dotés d’une politique ou d’une législation en matière de santé mentale, 60% des pays devront mettre en œuvre cette politique. De plus, 95% des pays devront suivre les indicateurs clés de santé mentale et établir des rapports sur le sujet, et 80% des pays devront avoir affecté un budget aux services de santé mentale.

 https://news.un.org/fr/story/2022/10/1128602

 


 

 

lundi 3 octobre 2016

Au Bénin, un réseau de prévention contre le suicide


Au Bénin, un réseau de prévention contre le suicide Dans le centre-relais de Djougou, dans le nord-ouest du Bénin, des lits fabriqués par les malades.


« Certaines personnes nous disent spontanément qu’elles sont fatiguées et qu’elles veulent que leurs souffrances cessent. Avec d’autres, il faut aborder le sujet en leur demandant franchement si elles ont déjà voulu mourir », raconte sœur Lorette. La religieuse écoute ceux qui souffrent. Elle travaille depuis deux dans un centre-relais de santé mentale à Comé, dans le sud du Bénin, à 60 km de la capitale, Cotonou.Des centres comme celui de Comé, le pays en compte désormais 26. Ils forment un véritable réseau de santé mentale. Gérés par une ONG catholique locale, Sainte-Camille de Lellis, ils sont chargés depuis 2012 de la prévention et de la prise en charge des maladies mentales et du suicide. Les soins sont dispensés par des infirmières religieuses comme Lorette, non spécialisées, mais sensibilisées à la psychiatrie. Lorsque les malades franchissent les portes de ces centres de santé, c’est souvent après une vaine errance thérapeutique. « Les familles emmènent souvent d’abord le malade voir le marabout, mais quand elle constate que son état ne s’améliore pas, elle se tourne vers nous », constate l’infirmière.

Au Bénin, parler du suicide n’est toujours pas chose facile. Pour évaluer le risque suicidaire, sœur Lorette a dû apprendre à briser des tabous. Grâce aux entretiens avec les patients et à l’aide d’un guide pédagogique, elle identifie les pathologies mentales. Elle peut alors, si nécessaire, proposer aux malades des médicaments efficaces. « Les malades trouvent un bénéfice à venir dans les centres-relais de santé mentale. Ils constatent qu’avec des médicaments, ils se sentent mieux. L’efficacité, mais surtout l’accessibilité géographique et financière des traitements font que les malades s’en saisissent », explique le docteur William Alarcon, psychiatre à Uzès, en France, et président de Santé Mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO), une association qui œuvre pour le développement de politiques de santé mentale en Afrique subsaharienne, et qui épaule l’ONG Sainte-Camille de Lellis dans son travail auprès des Béninois.

Structures quasi inexistantes

Parmi les patients qui viennent consulter dans ces centres, nombreux sont ceux qui reviennent. « Nous atteignons des taux de fidélisation de l’ordre de 70 % à 80 % », précise le docteur William Alarcon. Rien d’étonnant au succès rencontré par les associatifs : leur offre de soin vient combler un vide abyssal en matière de soins psychiatriques au Bénin. Ce pays d’Afrique de l’Ouest dénombre 0,19 psychiatre pour 100 000 habitants, un chiffre à peine complété par des infirmières et d’autres professionnels de santé. Il n’existe aucune résidence pour personnes atteintes de maladie mentale et l’ensemble des établissements de soin publics a une capacité d’accueil de 700 lits de psychiatrie adulte, dans les seules villes de Cotonou et Parakou – la grande ville du nord du Bénin − pour une population de plus de 10 millions de personnes, et aucun lit de pédopsychiatrie. « Dans tout le nord, nous ne sommes que trois psychiatres, déplore le professeur Tognon, psychiatre à l’hôpital universitaire de Parakou. Nous ne pouvons évidemment pas recevoir toutes les personnes qui font des tentatives de suicide. »
Pourtant, au Bénin comme ailleurs, les personnes suicidaires existent. D’après les dernières estimations de l’OMS de 2012, le taux de suicide était, en Afrique, proche de la moyenne mondiale : 11,4 pour 100 000 habitants. Soit une augmentation de 38 % en comparaison avec l’année 2000. Selon le docteur William Alarcon, « face à la mondialisation, la vie en communauté, villageoise et familiale, se disloque. Cela peut déséquilibrer les personnes les plus fragiles ». Mais le médecin explique aussi à quel point les maladies psychiatriques sont aussi très suicidogènes. « Les suicides dus à des maladies lourdes comme la dépression, les troubles bipolaires et la schizophrénie ont toujours existé en Afrique, et ils sont plus nombreux qu’on a toujours bien voulu le dire. Mais ils continuent d’être tabous et ce sont souvent d’autres causes qui sont avancées pour les expliquer », analyse-t-il.
Le professeur Tognon évoque en effet une autre cause au suicide : « En Afrique, des personnes malveillantes, avec des paroles incantatoires et des vibrations maléfiques, ont le pouvoir de provoquer un passage à l’acte. Parfois un simple “va te noyer” glissé à l’oreille peut suffire », explique le psychiatre.
Les représentations culturelles du suicide, comme celles des pathologies psychiatriques, sont, en Afrique, fortement marquées par l’« externalisation de la cause ». « Il y a une tendance à penser que la cause du mal-être est extérieure à la personne, et due à des possessions ou autres envoûtements », regrette le docteur Alarcon. « Or accuser le mauvais sort revient souvent à nier les véritables racines du suicide et le considérer comme inéluctable. A quoi bon, alors, essayer de soigner ? » Ce fatalisme autour de la maladie mentale représente un frein majeur au développement de la psychiatrie. Et il retarde également la prise en charge des malades dans les centres du réseau. « Dans les zones rurales, les personnes blâment systématiquement les mauvais esprits en cas de tentative de suicide. Elles ne savent même pas que les soignants peuvent peut-être faire quelque chose pour eux », rapporte le professeur Francis Tognon.

Des mentalités qui évoluent

Il subsiste au Bénin des tabous sur un acte qui reste condamné par la religion et la tradition. « Dans certaines ethnies, par exemple dans le nord du Bénin où j’exerce, lorsqu’on met le corps du suicidé dans le tombeau, on y ajoute des épines. Juste pour le punir », rapporte le professeur Tognon. Le suicidé paie le prix fort pour son affront : il ne bénéficie pas des rites funéraires accordés aux autres défunts. Et pour ceux qui survivent à une tentative de suicide, la vie peut devenir encore plus difficile qu’elle ne l’était.
Cependant, les mentalités évoluent. Sœur Lorette, elle-même, a changé de regard sur ceux qui veulent se donner la mort. « Avant, comme beaucoup de personnes au Bénin, je condamnais le suicide. A force d’écouter les personnes concernées, et à force de réfléchir, j’ai pu sortir du jugement », explique-t-elle. Si la situation l’exige, l’infirmière peut passer une heure à écouter une personne pour lui venir en aide.
« De plus en plus de gens comprennent que le suicide peut être la conséquence d’une maladie mentale, d’une tristesse », estime le docteur Alarcon. « Les tentatives ne sont plus condamnées systématiquement comme elles l’étaient auparavant », renchérit sœur Laurette. « Nous avons récemment reçu une femme qui avait essayé de se tuer avec des calmants. Elle a heureusement pu être sauvée. Il y a peu encore, elle aurait été insultée, frappée, et menacée du pire si elle osait recommencer. Et personne ne l’aurait écoutée. Nous, nous l’avons écoutée, et nous avons aussi rencontré son mari. »
Le nombre de centres-relais de santé mentale doit encore augmenter. De quoi amener aux personnes désespérées ce dont elles ont besoin : une écoute et des soins psychiatriques de qualité.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/16/au-benin-un-reseau-de-prevention-contre-le-suicide_4998640_3212.html#5522GxKVbmRD7qHL.99

mardi 25 novembre 2014

INTERVENTIONS CONGRES LE SUICIDE ET SA PRISE EN CHARGE EN AFRIQUE



D’après European Psychiatry Volume 29, Issue 8, Supplement, November 2014, Pages Hors-série 1 – 6ème Congrès Français de Psychiatrie – Nice, novembre 2014
3 résumés d’interventions sur la question du suicide et Afrique


SMAO - La clinique suicidaire en Afrique sub-saharienne: de l’analyse sociologique à la prévention
P. Legrand ? Clinique Fanon, centre hospitalier du Rouvray, Sotteville-les-Rouen, France
Adresse e-mail : pierre.legrand@ch-lerouvray.fr
Malgré un manque d’études et de statistiques officielles, la progression de la clinique suicidaire (idées suicidaires, tentatives de suicide et suicide) en Afrique Sub-saharienne semble incontestable sur le terrain. Cette avancée de l’intentionnalité de se donner la mort, s’explique sans doute en partie par les profondes mutations que les sociétés africaines vivent actuellement dans le cadre de la globalisation économique et culturelle.
De ce point de vue, cette augmentation semble donner raison au postulat du sociologue Émile Durkheim selon lequel le fait social serait au moins aussi important que le déterminisme individuel dans l’explication du suicide [1]. Dans une première partie ,nous tenterons d’analyser l’évolution des sociétés contemporaines africaines au filtre des concepts Durkheimiens de «régulation» et d’«intégration» pour tenter de donner une ébauche sociologique du suicide en leur sein. Nous envisagerons dans une seconde partie, de donner un cadre épidémiologique et sémiologique à la clinique suicidaire africaine contemporaine et comment celle-ci a pu naître et évoluer par rapports aux représentations traditionnelles qui y étaient rattachées [2,3] .Nous terminerons par la présentation de l’action que l’association santé mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO) développe à travers la mise en place de centre-relais de santé mentale avec son partenaire, l’Ong Saint-Camille de Lellis, au Bénin. Ce programme de formation sur trois années permet de sensibiliser les acteurs de santé de première ligne (infirmiers de soins généraux) à cette clinique du suicide qui reste encore taboue et difficile à appréhender, tant sur le plan culturel que religieux [4].
Mots clés Suicide ; Afrique sub-saharienne ; Durkheim ; Représentations du suicide ; Smao ; Ong Saint-Camille de Lellis
Déclaration d’intérêts L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflits d’intérêts.
Références
[1] Durkheim E. Le suicide. Ed Puf; 1897.
[2] Nwuso SO, Odesamni WO. Patterns of suicides in Ile-Ife Nigeria.
West Afr J Med 2001;20:259–62.
[3] Ndosi NK, Mbonde MP, Lyamuya EL. Profile of suicide in Dar es
Salaam. East Afr Med J 2004;81:207–11.
[4] Plan d’action pour la Santé Mentale 2013–2020. OMS, Genève.

FA25A
L’Afrique contemporaine au révélateur de Durkheim
W. Alarcon, Centre hospitalier Mas-Careiron, section 30G05, Uzès, France
Adresse e-mail :colletdedeze@gmail.com
En 1897, Émile Durkheim, père de la sociologie moderne fait paraître un de ses ouvrages clefs, «Le Suicide», qui va bouleverser le regard que l’on porte sur ce phénomène. Il y affirme, que loin d’être un phénomène purement individuel, le suicide est aussi un fait social, qui peut dire quelque chose de la société dans laquelle vit le suicidant [1]
.Durkheim révèle les «déterminants sociaux» pouvant influencer le passage à l’acte suicidaire et il conclue à l’existence de plusieurs catégories sociales de suicide. Il met surtout en évidence que ce sont les mutations sociales rapides qui sont les périodes les plus à risque d’augmentation de la pathologie suicidaire. Dans une première partie, nous tenterons ainsi d’analyser l’évolution des sociétés contemporaines africaines au filtre des concepts Durkheimiens de «régulation» et d’«intégration» pour tenter de donner une ébauche sociologique du suicide en leur sein. Nous envisagerons dans une seconde partie, d’analyser les critiques opposables à la vision de Durkheim pour essayer de s’approcher au plus près d’une représentation sociale actualisée du suicide, mêlant à la fois les bouleversements sociétaux d’une Afrique plongée dans la globalisation et les aspirations individuelles nouvelles entre tradition et modernité [2–4] .
Mots clés Suicide ; Afrique sub-saharienne ; Durkheim ; Régulation ; Intégration ; SMAO Déclaration d’intérêts L’auteur n’a pas de conflit d’intérêt.
Références
[1] Durkheim E. Le suicide. Ed. Puf; 1897.
[2] Baudelot C, Establet R. Suicide: l’envers de notre monde. Ed.
Seuil; 2006.
[3] Auge M. Pour une anthropologie des mondes contemporains.
Ed. Flammarion Champs-Essai; 2010.
[4] Abélès M. Anthropologie de la globalisation. Ed. Payot Petite
Bibliothèque; 2012.
http://dx.doi.org/10.1016/j.eurpsy.2014.09.172

FA25B
Épidémiologie et représentations du suicide en Afrique sub-saharienne J.-C. Bernard
CHU de Nantes, Nantes, France
Adresse e-mail : j-charles.bernard@hotmail.fr
Le suicide dans les sociétés traditionnelles africaines est depuis longtemps sujet d’interrogations multiples et de fantasmes divers. Existe-t-il? Prend-il une forme particulière? Les peuples traditionnels d’Afrique possèdent-ils des mécanismes de protection? Si oui, quels sont-ils? Sur le plan épidémiologique, la rareté des études nous force à rester dans des conjectures. Mais les six articles scientifiques que nous présenterons ([1,2] ...) convergent vers des caractéristiques statistiques «classiques» du suicide – avec toutefois un très jeune âge moyen retrouvé, probablement plus reflet de la pyramide des âges africaine que d’une caractéristique en soi du « suicide à l’africaine ». Dans un second temps, nous nous pencherons sur les caractéristiques traditionnelles sociales et anthropologiques des sociétés traditionnelles africaines qui pourraient faire penser à une appréhension différente de cet acte autodestructeur. Nous aborderons le rôle des religions monothéistes et animistes, la place du suicide dans l’histoire traditionnelle et les légendes, et le récit d’un reporter occidental au long cours en Afrique [3], pour nous rendre compte que les sociétés traditionnelles ne possèdent probablement pas plus d’amulette de protection contre le suicide que les sociétés occidentales. Le tabou est, lui, certainement plus fort.
In fine, l’évolution de la société africaine vers une société urbanisée au tissu social de plus en plus globalisé et individualiste rendra la question de la teinte culturelle du suicide en Afrique sub-saharienne de plus en plus obsolète...
Mots clés Suicide ; Afrique sub-saharienne ; Urbanisation ; Légendes ; Animisme ; Tabou
Déclaration d’intérêts L’auteur n’a pas de conflit d’intérêt.
Références
[1] Ndosi NK, Mbonde MP, Lyamuya EL. Profile of suicide in Dar es Salaam. East Afr Med J 2004;81:207–11.
[2] Maniboliot Soumah M, ngwé Eboué A, Ndiaye M, Lami M, Sow E. Aspects épidémiologiques du suicide à Dakar. Pan Afr Med J 2013;15:2010–21.
[3] KapúscínskiR.Ébène:aventuresafricaines.Paris:Plon;2000.p. 43.
http://dx.doi.org/10.1016/j.eurpsy.2014.09.173

FA25C
Suicide en Afrique: de la clinique à la prévention
C. Bergot CHU de Montpellier, Montpellier, France
Adresse e-mail : camillebergot@yahoo.fr
La santé mentale, notamment la dépression et le suicide, est l’un des troubles majeurs du 21esiècle. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), par son plan d’action pour la santé mentale 2013–2020 [1], préconise de renforcer les dispensateurs de soins non spécialisés, afin qu’ils intègrent la santé mentale à leur prise en charge, permettant l’utilisation de moyens à faible coût, à grande échelle, et ce dans un cadre communautaire. L’OMS insiste également sur la nécessité d’articuler santé physique et santé mentale, pour une prise en charge globale et multidimensionnelle de l’individu.
Pour ce faire, santé mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO) développe avec son partenaire l’ONG Saint-Camille de Lellis, au Bénin, un réseau de centres relais de santé mentale, organisés en première ligne de la prévention et la prise en charge des maladies psychiatriques, dont le suicide.
Un programme de formation d’agents de santé communautaires (infirmiers de soins généraux) est mis en place sur 3 années, dont le but est de les sensibiliser à la pratique psychiatrique. Un pré-requis à ce travail est de briser le tabou autour du suicide, qui peut concerner toute personne quels que soient son sexe, son âge, sa culture et sa religion. Destigmatiser le suicide autorisera les patients à en parler, et permettra aux soignants de leur porter un regard non jugeant et non culpabilisant, donnant accès à une évaluation plus fine, notamment par le biais d’échelles d’évaluation simples. Le patient, si besoin, pourra être revu rapidement en consultation au centre relais. Ce système, en offrant une alternative à l’hospitalisation, permet aux patients et aux familles l’accès aux soins à moindre coût Ce réseau tend à se généraliser au Bénin, et l’on peut espérer que les services de soins en santé mentale seront prochainement répartis équitablement sur tout le territoire.
Mots clés
OMS ; Plan d’action ; Centre relais ; Prévention ; Évaluation ; Prise en charge communautaire
Déclaration d’intérêts L’auteur n’a pas de conflit d’intérêt.
Référence [1] Plan d’action pour la santé mentale 2013–2020. OMS: Genève

vendredi 5 septembre 2014

Djiby Diakhaté, sociologue "Le suicide est un sujet tabou en Afrique"

L’invité 05/09/2014 : Djiby Diakhaté, sociologue


Djiby Diakhaté, sociologue


Le suicide est un sujet tabou en Afrique selon notre invité le sociologue Djiby Diakhaté.
Un rapport de l'OMS indique qu'une personne se suicide toutes les 40 secondes dans le monde.
En Afrique, le suicide est plus fréquent en milieu urbain que rural même si très peu de statistiques sont disponibles explique le sociologue Djiby Diakhaté joint par Emmanuelle Landais.