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samedi 1 avril 2023

RETOURS SUR Conférence sur la prévention du risque suicidaire du SDIS 62 du 21/03/23

Conférence sur la prévention du risque suicidaire


L'Actualité du SDIS 62
en ligne le 29 mars 2023
Dans sa démarche globale de prévention, le Pôle Santé du SDIS 62 a organisé, le 21 mars 2023, une conférence sur la prévention du risque suicidaire. Animé par le Docteur François DUCROCQ, Médecin Psychiatre, référent national des CUMP de France et membre au pôle national du 3114, et le Docteur Laure ROUGEGREZ, médecin psychiatre à la CUMP 62 et au Centre des répondants du 3114 des Hauts de France, cette conférence a eu pour objet d’apporter des éléments de compréhension du processus suicidaire et de sensibiliser toute personne au repérage des signaux d’alerte.

 

vendredi 18 novembre 2022

USA ETUDE RECHERCHE Problèmes de santé mentale et de toxicomanie fréquents chez les patients des salles d'urgence non psychiatriques


D'apres article Mental health, substance use issues prevalent among nonpsychiatric emergency room patients https://www.eurekalert.org*

Communiqué de presse17-Nov-2022
Problèmes de santé mentale et de toxicomanie fréquents chez les patients des salles d'urgence non psychiatriques

L'outil de dépistage numérique peut aider les hôpitaux à identifier les problèmes de santé mentale souvent manqués chez les patients qui se rendent aux urgences pour des problèmes physiques Université de l'Indiana




image: Brian D'Onofrio Crédit : Université de l'Indiana

INDIANAPOLIS et BLOOMINGTON, Ind. - Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de l'Indiana a révélé qu'environ 45% des patients qui se rendent au service des urgences pour des blessures et des affections physiques ont également des problèmes de santé mentale et de consommation de substances qui sont souvent négligés. Il a également constaté que les patients qui ont signalé des niveaux élevés de pensées et de plans suicidaires étaient plus susceptibles d'avoir des visites fréquentes aux urgences.

C'est pourquoi les chercheurs de l'UI, développant des études antérieures, ont utilisé un test adaptatif informatique pour dépister les problèmes de santé mentale et de toxicomanie chez les patients souffrant de troubles non psychiatriques afin d'examiner si les visites aux urgences sont une occasion importante de dépister les problèmes de santé mentale.

Avec des résultats récemment publiés dans le Journal of the American College of Emergency Physicians , il s'agit de l'étude la plus approfondie à utiliser un dépistage multidomaine de la santé mentale des patients non psychiatriques dans un service d'urgence. Le test, connu sous le nom de Computerized Adaptive Test-Mental Health, ajuste les questions en fonction des réponses des répondants.

"Les résultats de notre étude sont vraiment importants pour les entreprises de soins de santé et les économistes de la santé", a déclaré Brian D'Onofrio , chercheur principal de l'étude et professeur de sciences psychologiques et cérébrales au Collège des arts et des sciences de l'IU Bloomington. « Les personnes qui reviennent sans cesse aux urgences sont des patients à haut risque. C'est un endroit où le dépistage pourrait être très utile pour identifier les personnes à haut risque - que ce soit pour le suicide, la dépression, l'anxiété, le SSPT ou des problèmes de consommation de substances - et pour leur fournir les soins dont elles ont besoin.

Parallèlement aux soins de suivi, le dépistage de la santé mentale pourrait également réduire le besoin de visites futures, réduisant ainsi le fardeau des services d'urgence, a-t-il déclaré.

Pour mener l'étude, les chercheurs ont demandé à des patients sélectionnés au hasard dans un service d'urgence d'Indianapolis de remplir ce test adaptatif informatique qui dépiste cinq conditions : dépression, anxiété, trouble de stress post-traumatique, suicidalité et troubles liés à l'utilisation de substances. L'objectif de l'étude était de comprendre la prévalence de ces problèmes avec un processus de dépistage durable dans un grand service d'urgence urbain, où les médecins ont des intérêts concurrents et pressants.

Sur 794 patients, l'étude a montré que 24,1% présentaient un risque modéré à sévère de suicidalité, 8,3% de dépression, 16,5% d'anxiété, 12,3% de SSPT et 20,4% de troubles liés à l'utilisation de substances. Il a également montré que les personnes qui avaient eu deux visites ou plus aux urgences au cours de l'année précédente avaient 62% de chances accrues d'être dans la catégorie de risque de suicide intermédiaire à élevé par rapport à celles qui n'avaient pas de visites antérieures. Les personnes qui ont obtenu un score dans le groupe à risque de suicide intermédiaire-élevé avaient 63% plus de risques d'avoir une autre visite aux urgences dans les 30 jours suivant leur visite aux urgences par rapport à celles qui ont obtenu un score à faible risque.

Des recherches antérieures ont également montré que de nombreux patients qui meurent par suicide se rendent souvent aux urgences ou accèdent au système de santé pour une raison non psychiatrique peu de temps avant leur tentative de suicide.

Les résultats de l'étude suggèrent que les tests adaptatifs informatiques pourraient être une option viable pour dépister rapidement un grand groupe de patients au service des urgences au sujet de leur santé mentale, car ils fournissent des résultats qui correspondent aux tests de dépistage standard. Il est également plus rapide que les autres méthodes de dépistage, ce qui le rend plus pratique à utiliser dans un environnement occupé, a déclaré IU Ph.D. l'étudiante Lauren O'Reilly , chercheuse dans le laboratoire de D'Onofrio dont les recherches actuelles portent sur la suicidalité.

Ensuite, les chercheurs ont déclaré que des travaux étaient nécessaires pour comprendre les implications de cette étude, telles que la manière dont les services d'urgence pourraient intégrer les dépistages dans leurs procédures - ainsi que pour surmonter les obstacles au traitement des problèmes de santé mentale à la fois au sein et au-delà du cadre des services d'urgence.

"Si les services d'urgence mettent en œuvre le dépistage, il est essentiel que des mesures soient prises après le dépistage pour garantir des soins adéquats, tels que les interventions, la planification de la sécurité ou la connexion avec les prestataires", a déclaré O'Reilly. "Il s'agit d'un défi particulièrement important compte tenu de la pénurie mondiale de services de soins de santé mentale."

L'étude ouvre également de nouvelles perspectives d'amélioration de la qualité globale de la prise en charge aux urgences.

"J'espère que ces résultats offriront une opportunité de discuter, d'intervenir et de relier les patients des services d'urgence à des soins appropriés", a déclaré Paul Musey , auteur principal de l'étude et professeur agrégé de médecine d'urgence à l'IU School of Medicine. « Le service des urgences est le bon endroit pour toute personne en crise. Je crois que nous avons le devoir non seulement de stabiliser et de traiter les patients en crise, mais aussi de nous assurer que nous avons fait tout ce que nous pouvions pour leur fournir les ressources dont ils ont besoin pour éviter une crise à l'avenir.

Cette recherche a été financée par une subvention du IU Responding to the Addictions Crisis Grand Challenge.

Journal

Journal du Collège américain des médecins d'urgence

Le titre de l'article

Computer adaptive testing to assess impairing behavioral health problems in emergency department patients with somatic complaints

Date de publication des articles

22 sept. 2022 

https://www.eurekalert.org/news-releases/971716

vendredi 12 août 2022

NOTICE ARTICLE La dépression aux urgences psychiatriques : une expérience quotidienne

La dépression aux urgences psychiatriques : une expérience quotidienne - 09/08/22
Doi : 10.1016/j.amp.2022.07.029 
Louise Todorov ⁎ , Raphaël Gourevitch
 Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, Hôpital Sainte-Anne, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
⁎Auteur correspondant. Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, GHU Psychiatrie Paris et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne, 1 rue Cabanis, 75014 Paris, France.Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil, GHU Psychiatrie Paris et Neurosciences, Hôpital Sainte-Anne1 rue CabanisParis75014France
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Tuesday 09 August 2022

Résumé
La dépression est le trouble psychiatrique le plus fréquent dans la population générale, et les consultations aux urgences pour dépression seraient en hausse depuis plusieurs années. Le Centre Psychiatrique d’Orientation et d’Accueil est un service d’urgences psychiatriques à vocation régionale situé à Paris qui recense environ 10 000 consultations par an. Parmi ces consultations, on retrouve près de 40 % de diagnostics de troubles de l’humeur. La prise en charge du patient aux urgences repose sur une évaluation globale, qui ne doit pas se limiter à l’entretien psychiatrique. Le contexte d’arrivée, l’environnement et l’entourage du patient doivent être pris en compte afin d’aboutir à une orientation optimale. Une attention particulière doit être portée aux premiers épisodes (élimination d’un diagnostic différentiel, dépistage d’un éventuel trouble bipolaire) et à l’évaluation du risque suicidaire. L’existence d’un facteur causal externe ou d’un trouble de personnalité comorbide ne doit pas faire banaliser la consultation et mener à un sous-diagnostic de dépression caractérisée. Le traitement médicamenteux aux urgences est le plus souvent symptomatique (traitement anxiolytique par benzodiazépines ou neuroleptiques selon les situations), et l’orientation ambulatoire doit toujours être privilégiée. Des adaptations thérapeutiques peuvent alors être envisagées. La décision d’une hospitalisation doit toujours être argumentée, et le consentement aux soins rigoureusement évalué. La prise en compte et éventuellement l’accompagnement de l’entourage sont presque toujours nécessaires. Tous ces éléments doivent être argumentés dans le dossier.
Mots clés : Crise, Dépression, Entourage, Suicide, Urgence psychiatrique

Plan
Introduction : l’urgence psychiatrique, généralités
La dépression aux urgences : épidémiologie
La dépression aux urgences : spécificités
L’accueil du patient aux urgences
Les motifs de consultation aux urgences
Conclusion
Discussion avec l’auditoire
Déclaration de liens d’intérêts
https://www.em-consulte.com/article/1534436

vendredi 17 juin 2022

Pratiques prfessionnelles : La crise suicidaire, une urgence psychiatrique


Pratiques
La crise suicidaire, une urgence psychiatrique
17 juin 2022 |  | Rédaction ActuSoins |

Sommaire
Le contexte de l’arrivée aux urgences
Évaluation de l’état somatique du patient et avis psychiatrique
La crise suicidaire : définition
La crise suicidaire : le rôle infirmier
Hospitalisation sous contrainte
Entretien infirmier
Bibliographie

La crise suicidaire est l’une des situations auxquelles les services d’urgence sont régulièrement confrontés. Elle constitue une urgence psychiatrique et implique donc une prise en charge spécifique. Au croisement de facteurs psychiques, familiaux, sociaux et médicaux, elle demande au personnel paramédical une grande capacité d’écoute et d’adaptation.

Le contexte de l’arrivée aux urgences

Le contexte d’arrivée aux urgences du patient en crise suicidaire est important pour la suite de la prise en charge. Il peut recouvrir plusieurs cas de figure : La personne vient de manière volontaire aux urgences, par ses propres moyens, ou avec l’aide de pompiers ou d’ambulanciers. Elle est parfois accompagnée de son entourage. Elle est en demande d’aide, angoissée par la présence d’idées suicidaires contre lesquelles elle souhaite se protéger.
La personne est accompagnée aux urgences contre son gré, souvent par des services de secours ou parfois par l’entourage. Il s’agit de situations délicates, avec une instabilité comportementale et souvent des atteintes somatiques associées. Le patient doit être gardé aux urgences, par contrainte si nécessaire, jusqu’à ce que son état somatique et psychiatrique ait pu être convenablement évalué et traité.
La personne se présente d’elle-même aux urgences et tient des propos suicidaires, avec une détresse psychologique mais parfois aussi une ambivalence vis-à-vis de la prise en charge. Cela se produit parfois en lien avec des prises de toxiques (alcool et/ou stupéfiants), des troubles du comportement et des situations de précarité et/ou de marginalité. Ces différents facteurs sont souvent imbriqués les uns aux autres.
Des propos suicidaires peuvent apparaître fortuitement chez des patients qui consultent pour d’autres motifs. Il s’agit souvent de personnes traversant des périodes difficiles cumulant plusieurs facteurs de stress ou ayant des problèmes médicaux chroniques impactant leur qualité de vie.

Dans tous les cas, des propos suicidaires doivent toujours être explorés et entraîner une prise en charge adaptée.


Nombre de séjours hospitaliers pour tentative de suicide, nombre de patients hospitalisés et pourcentage de femmes, France, 2008-2017 (Source : Santé Publique France)
Évaluation de l’état somatique du patient et avis psychiatrique

La prise en charge d’un patient venant de faire une tentative de suicide (TS) doit d’abord passer par une évaluation de son état somatique. Un geste suicidaire implique souvent une atteinte corporelle : intoxication médicamenteuse volontaire (IMV), phlébotomie, cervicotomie ou strangulation…

Toute atteinte somatique doit être explorée et traitée préalablement à l’aspect psychiatrique. Le patient sera alors dans un premier temps mis en sécurité (prévention des risques associés à la crise suicidaire, traitement de l’angoisse ou de l’agitation psychomotrice, si nécessaire) avant d’être orienté dans le secteur ou le service de soins adapté. Il faut aussi prendre en compte une éventuelle consommation d’alcool ou de stupéfiants qui nécessitera un temps de dégrisement.

Après la prise en charge somatique, vient l’avis psychiatrique. Le psychiatre des urgences doit déterminer l’importance du risque suicidaire chez le patient, son état psychique et l’orientation qui lui sera la plus adaptée. Il va chercher à joindre l’entourage du patient afin de faire le point. A l’issue de l’évaluation, le patient pourra : rentrer chez lui si son état psychique le permet : souvent accompagné de personnes de son entourage et avec un rendez-vous de suivi rapproché ;
être hospitalisé à sa demande : en milieu psychiatrique, afin de se mettre à l’abri et initier un traitement psychiatrique et/ou psychothérapique ;
être hospitalisé sans son consentement : cela peut être envisagé si le patient s’oppose aux soins malgré la persistance d’un risque suicidaire immédiat (voir encadré).

La crise suicidaire : définition

Selon la Haute Autorité de Santé, « il s’agit d’une crise psychique dont le risque majeur est le suicide […] Un état d’insuffi sance de ses moyens de défense et de vulnérabilité place la personne en situation de souffrance et de rupture d’équilibre relationnel avec elle-même et son environnement. Cet état est réversible et temporaire. […] Elle s’accompagne d’idées suicidaires de plus en plus prégnantes et envahissantes jusqu’à l’éventuel passage à l’acte. La tentative de suicide ne représente qu’une des sorties possibles de la crise, mais lui confère sa gravité. La crise suicidaire (est) variable en fonction des sujets, des pathologies associées, des facteurs de risque et des conditions d’observation. Elle peut être difficile à identifier. »

Un patient dit suicidaire est un patient qui a des idées suicidaires actives. Un patient dit suicidant est un patient qui a fait une tentative de suicide (TS).
La crise suicidaire : le rôle infirmier

Certains services d’urgences disposent de secteurs psychiatriques, avec des infirmiers possédant une expérience du soin en santé mentale. Mais ce n’est pas toujours le cas et les personnels paramédicaux des urgences se doivent d’acquérir certaines bases pour appréhender ces situations.

Les actions à mettre en place par l’IDE au cours de la prise en charge sont les suivantes : L’évaluation de l’état psychique du patient : qualité du contact, humeur, angoisse, propos délirants, verbalisation d’idées noires ou suicidaires, tension interne, agitation psychomotrice…
L’écoute et la réassurance, telles que définies dans le cadre de la relation d’aide. La crise suicidaire est un moment où la souffrance morale est souvent aiguë. Cela entraîne parfois un investissement relationnel un peu plus intense qu’habituellement. Il faut donc, à partir du principe de neutralité bienveillante, trouver un positionnement suffisamment aidant sans laisser le facteur émotionnel altérer la qualité de son jugement et de ses actes.
Le rôle sur prescription : administration de thérapeutiques médicamenteuses (traitements à visée anxiolytique et/ou sédative, principalement des benzodiazépines et des antipsychotiques). Certaines situations peuvent amener le médecin à prescrire un traitement par voie injectable et une mise sous contentions physiques, en cas d’agitation et/ou de mise en danger.
La prévention du risque de fugue : ce risque est prégnant chez un patient à risque suicidaire refusant les soins. Le retrait des vêtements et affaires personnelles et le contrôle des allées et venues permet généralement de le prévenir. Parfois les velléités de fugue persistent et peuvent amener à un état d’agitation. Il peut alors être nécessaire de lui administrer un traitement sédatif, voire de pratiquer une contention.
La prévention du risque de violence envers soi-même : il faut toujours l’envisager chez un patient suicidaire. Il faut alors retirer tout objet pouvant être utilisé pour se faire du mal (piquant/tranchant, objets permettant la strangulation, médicaments et substances toxiques, briquets et allumettes), si le patient est potentiellement instable. Le plus sécurisant est souvent le retrait de principe de toutes les affaires personnelles. L’environnement du patient doit aussi être sécurisé. Ce qui implique le retrait des flacons, des fils électriques, des boîtes à aiguilles et de tout ce qui représente un danger potentiel.

Dans les services d’urgences psychiatriques, l’IDE peut être amené à procéder, en amont de l’entretien psychiatrique, à un recueil de données auprès du patient. Il mène alors un entretien infirmier en vue de mieux évaluer les modalités de la crise et de faire des liens avec le contexte personnel et l’histoire du patient.

Hospitalisation sous contrainte

Une hospitalisation sous contrainte se décide dans le cadre de l’article L 3212-1 du Code de la santé publique. Elle est organisée par le psychiatre avec le soutien de l’entourage du patient (famille, conjoint, amis proches). Il s’agit alors de Soins psychiatrique à la demande d’un tiers (SPDT). Si l’entourage est indisponible ou ne souhaite pas appuyer la décision, le psychiatre peut invoquer la notion de Péril Imminent (SDTPI).

L’annonce au patient d’une hospitalisation sous contrainte est toujours le fait du psychiatre qui la décide. C’est un moment délicat, au cours duquel l’anxiété et le risque d’agitation peuvent être majorés. Par ailleurs, les démarches administratives et l’attente d’une place en psychiatrie peuvent durer. Il faudra surveiller le patient pendant ce laps de temps. Il faudra aussi s’assurer que son état psychique et comportemental est compatible avec un transfert en ambulance dans des conditions optimales de sécurité.
Entretien infirmier

L’entretien infirmier porte sur plusieurs axes : Les informations de vie du patient : sa situation professionnelle, familiale et sentimentale ; ses habitudes et son mode de vie, ses consommations de toxiques (alcool et stupéfiants).
Ses antécédents médicaux, psychiatriques, familiaux et addictologiques, ses antécédents de TS, l’existence d’un suivi avec un professionnel de santé mentale et la prise d’un traitement.
Le contexte de survenue de la crise : le lieu et l’endroit, les éléments déclencheurs, les facteurs de stress, son état psychologique actuel et des jours précédents, la nature et l’intensité des idées suicidaires (scénario et intentionnalité), s’il y a eu planification, messages d’alertes ou lettres de suicide.

En conclusion, la crise suicidaire peut donc prendre de nombreuses formes. Ce n’est jamais un moment anodin dans le parcours de vie d’un patient. La qualité relationnelle des soins apportée par l’IDE au patient y est primordiale, et il ne doit jamais en perdre les fondamentaux de vue : rassurer, expliquer et apaiser.
Bibliographie

Haute Autorité de Santé (2000, octobre). La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge. recommandation de bonne pratique. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/suicilong.pdf

Arthur BILLON
Infirmier libéral, anciennement infirmier des urgences psychiatriques
au GHU Paris - Psychiatrie et neurosciences 

https://www.actusoins.com/363714/la-crise-suicidaire-une-urgence-psychiatrique.html

jeudi 19 mai 2022

QUEBEC Protocole SécUrgence: Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

Protocole SécUrgence: Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

Lundi 16 mai 2022 crise.ca/

Ce projet visait le développement d’un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide qui se présentent dans les urgences du Québec. Ce protocole, adressé aux infirmières, aux médecins et tout autre professionnel concerné des urgences, a été élaboré en étroite collaboration avec les acteurs clés du réseau de la santé et du réseau communautaire ainsi qu’avec les patients et leurs familles.


Téléchargez le rapport final du projet

Référence: Rassy, J., Lesage, A., Larue, C., Labelle, R. et Consortium (2022). Protocole SécUrgence : Un protocole d’évaluation et d’accompagnement des personnes à risque de suicide dans les urgences du Québec

 

https://crise.ca/nouvelles/protocole-securgence-un-protocole-devaluation-et-daccompagnement-des-personnes-a-risque-de-suicide-dans-les-urgences-du-quebec/

jeudi 10 février 2022

NOTICE ARTICLE Suicidant

Suicidant
R. Wallaert ⁎ , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
Service de psychiatrie, Unité de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France
Auteur correspondant.
 
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Thursday 10 February 2022
- 09/02/22
[24-153-B-20] - Doi : 10.1016/S1241-8234(22)45986-4
Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention
Plan
Introduction
Suicide en France : données épidémiologiques
Crise suicidaire
Comorbidité psychiatrique liée aux conduites suicidaires
Parcours des patients suicidants
Prise en charge des suicidants dans les services d'urgences
Place des urgences dans la prévention du suicide
Déclaration de liens d'intérêts

☆ Les annexes indiquées dans ce PDF sont présentes dans la version étendue de l'article disponible sur www.em-consulte.com/.

☆☆ Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Médecine d'urgence 2020;14(4):1-11 [25-150-A-20]. 

https://www.em-consulte.com/article/1500978

lundi 12 avril 2021

Consensus - Recommandations Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Consensus - Recommandations
Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Recommandations validées par le CA SFMU le 31/03/2021 


Extraits :

"L’identification du risque suicidaire lors de la prise en charge préhospitalière du patient (en régulation notamment) est essentielle. La formation des médecins du SAMU à l’évaluation du risque suicidaire s’intègre à la priorité ministérielle visant à réduire la mortalité par suicide en France. Il est donc nécessaire de former les personnels des SAMU à la détection de ces facteurs.Les tentatives d’autolyse avec passage à l’acte (intoxication, traumatisme...) nécessitent une première évaluation dans les SU de la sévérité et des conséquences induites 5 par le geste suicidaire, et la réalisation éventuelle d’examens complémentaires. L’expression d’idées suicidaires, autant que le passage à l’acte suicidaire, doit faire l’objet d’une évaluation psychiatrique une fois la prise en charge somatique finalisée (cf. section 2.3)."

...
2.3 Évaluation du risque suicidaire
Les SU prennent en charge de manière courante des patients suicidaire ou suicidant (après le passage à l’acte). L’apparition d’idées suicidaires et a fortiori le passage à l’acte est à comprendre comme l’acutisation d’un processus pathologique sous-jacent. Il existe donc une réelle opportunité de détecter le risque suicidaire dans nos structures, d’autant plus que proposer un suivi permet de diminuer la morbi-mortalité [18][19]. L’évaluation du risque suicidaire par l’urgentiste est possible en s’aidant de différents outils décrits dans la littérature sous forme de score de risque sans qu’aucun n’ait montré sa supériorité sur les autres. Une des échelles validées aux urgences est la Manchester Self-Harm rule qui se base sur quatre points : antécédents d’autolyse ?, antécédents de prise de traitement à visée psychiatrique ?, utilisation de benzodiazépines dans la tentative d’autolyse actuelle ?, traitement par psychotrope en cours ? Les patients qui ont un score nul sont beaucoup moins a risque de récidive [20] . Un des critères majeurs de l’évaluation initiale reste de demander dès l’accueil IOA, puis lors de l’entretien médical s’il existe encore une velléité suicidaire. Dans ce cas, le risque de récidive précoce y compris en intra hospitalier est non nul. L’évaluation de la stratégie de prise en charge d’orientation d’un patient suicidaire ou suicidant est complexe. De fait, l’évaluation psychiatrique doit être systématique [21]. La prise en charge du patient psychiatrique nécessite une surveillance et une sécurisation des lieux. En dehors des situations où il existe un risque vital somatique, les SU ne sont pas structurellement prévues pour cela et des unités de santé mentale au sein des services d’urgences devraient être le plus possible implémentées lorsque cela est possible. 8 La décision d’hospitalisation ou de non-hospitalisation doit être conjointe entre le médecin psychiatre et le médecin urgentiste. Le lieu d'hospitalisation en soins libres ne dépend pas forcément du secteur dont dépend le patient, contrairement aux hospitalisations sans consentement. La recherche d’une place d’hospitalisation en psychiatrie reste de la responsabilité du psychiatre, le transfert se faisant après accord entre ce dernier et le service d’aval. En cas de fugue, la déclaration administrative doit être systématique avec demande de recherche justifiée auprès des forces de l’ordre s’il existe un risque suicidaire, si le patient présente des idées délirantes ou s’il existe une hétéro dangerosité.

Télécharger le fichier joint

Source https://www.sfmu.org/fr/vie-professionnelle/outils-professionnels/consensus/prise-en-charge-du-patient-adulte-a-presentation-psychiatrique-dans-les-structures-d-urgences-/con_id/540

lundi 1 mars 2021

ETUDE RECHERCHE Évolution des gestes suicidaires dans les services d’accueil d’urgences en France entre 2010 et 2019

Évolution des gestes suicidaires dans les services d’accueil d’urgences en France entre 2010 et 2019
URL d'accès à la thèse : http://pepite-depot.univ-lille2.fr/nuxeo/site/esup...
Droits d'auteur : Ce document est protégé par le Code de la Propriété Intellectuelle.
Droits d'accès : Accès réservé aux membres de Lille 2 sur authentification jusqu'au 21/06/2021
Langue : Français

Auteur : Gobert, Yann
Date de soutenance : 21/10/2020
Directeur(s) de thèse : Rochoy, Michaël
Type de thèse : Doctorat de médecine

Discipline : Médecine générale

Résumé : Introduction : Les gestes suicidaires sont notamment favorisés par le manque de support social, les évènements de vie, les effets des médias, le sentiment de solitude et par la saison et le jour de semaine. Notre objectif était de déterminer les périodes les plus à risque de gestes suicidaires en France, à travers l’analyse d’une base de données de services d’accueil des urgences. Matériel et méthode : Nous avons réalisé une étude épidémiologique rétrospective multicentrique, à l’aide des données du réseau de l’Organisation de la Surveillance Coordonnée des Urgences (Oscour®) de 2010 à 2019. Nous avons agrégé les données quotidiennes du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2019. Les variations des gestes suicidaires aux dates considérées ont été examinés en comparant leurs fréquences (Zscores ad hoc). Nous avons réalisé des analyses en sous-groupe par sexe, âge découpé en classes (15-24 ans, 25-49 ans, 50 ans et plus). Résultats : Entre 2010 et 2019, 114 805 488 passages aux urgences ont été enregistrés dans la base Oscour®, dont 233 242 passages concernant un geste suicidaire. Les hommes représentaient 45,7 % des passages aux urgences pour geste suicidaire (sexratio de 0,84). Nous montrons une augmentation statistiquement significative de la fréquence des passages au SAU pour gestes suicidaires le dimanche dans les deux sexes, puis le samedi chez les hommes et le lundi chez les femmes ; les mois de mai et juin dans les deux sexes, puis les mois de juillet et septembre chez les hommes et de novembre chez les femmes. Le début des vacances scolaires était associé à une augmentation de passage pour gestes suicidaires chez les hommes, et une diminution chez les femmes et les [15-25[ ans. Il n’y avait pas d’augmentation de passages au SAU pour gestes suicidaires sur les jours en lien avec une superstition (vendredis 13, phases lunaires type pleine lune ou nouvelle lune). Conclusion : Nos données incitent à renforcer la vigilance concernant le suicide du dimanche ou du mois de juin en France.

Mot(s)-clé(s) : tentative de suicide; saisons; périodicité; archives administratives hospitalières, Comportement suicidaire--Épidémiologie; Saisons; Suicide--Facteurs de risque; Tentative de suicide--statistiques et données numériques; Facteurs de risque; Suicide

http://pepite.univ-lille2.fr/notice/view/UDSL2-workflow-16563

vendredi 13 novembre 2020

ETUDE RECHERCHE Suicidant

Suicidant
- 12/11/20

R. Wallaert ⁎ , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
 Unité de psychiatrie, Service de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France 

Auteur correspondant.
Médecine d'urgence Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Friday 13 November 2020

Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention

Plan

jeudi 25 juin 2020

ETUDE RECHERCHE Contacts avec les services de santé au cours de l'année précédant le décès par suicide et conditions prévalentes Une étude à l'échelle nationale

Research paper
Contacts with Health Services During the Year Prior to Suicide Death and Prevalent Conditions A Nationwide Study
a Centre for Epidemiology on Medical Causes of Death (CépiDc-Inserm), Le Kremlin-Bicêtre, France
b Strategy and Research Department, French National Health Insurance, Paris, France
c Centre of Research in Epidemiology and Statistics, Inserm, Villejuif, France
d Université de Paris, Paris, France
e GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Sainte-Anne hospital, Paris, France
f McGill Group for suicide studies, McGill University, Montréal, Canada
g Nîmes university hospital (CHU), Nîmes, France
h Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Biostatistics and Epidemiology unit, Cochin Hospital, Paris, France
i French National Public Health Agency, Saint-Maurice, France

Journal of Affective Disorders
Volume 274, 1 September 2020, Pages 174-182
Received 12 February 2020, Revised 12 May 2020, Accepted 14 May 2020, Available online 23 May 2020.
Highlights
• Contacts with primary care services are frequent in the last weeks prior to suicide• Mental and physical conditions are more common among suicide decedents than in the general population• General practitioners and emergency rooms should be targeted for suicide preventive interventions• Contacts with Health Services During the Year Prior to Suicide Death and Prevalent Conditions: A Nationwide Study
Abstract
Background
This study was designed to describe contacts with health services during the year before suicide death in France, and prevalent mental and physical conditions.
Methods
Data were extracted from the French National Health Data System (SNDS), which comprises comprehensive claims data for inpatient and outpatient care linked to the national causes-of-death registry. Individuals aged ≥15 years who died from suicide in France in 2013-2015 were included. Medical consultations, emergency room visits, and hospitalisations during the year preceding death were collected. Conditions were identified, and standardised prevalence ratios (SPRs) were estimated to compare prevalence rates in suicide decedents with those of the general population.
Results
The study included 19,144 individuals. Overall, 8.5% of suicide decedents consulted a physician or attended an emergency room on the day of death, 34.1% during the week before death, 60.9% during the month before death. Most contacts involved a general practitioner or an emergency room. During the month preceding suicide, 24.4% of individuals were hospitalised at least once. Mental conditions (36.8% of cases) were 7.9-fold more prevalent in suicide decedents than in the general population. The highest SPRs among physical conditions were for liver/pancreatic diseases (SPR=3.3) and epilepsy (SPR=2.7).
Limitations
The study population was restricted to national health insurance general scheme beneficiaries (76% of the population living in France).
Conclusions
Suicide decedents have frequent contacts with general practitioners and emergency departments during the last weeks before death. Improving suicide risk identification and prevention in these somatic healthcare settings is needed.

jeudi 9 avril 2020

ETUDE RECHERCHE Des tentatives de suicide à leur prise en charge à l'hôpital : une sociologie des urgences

Des tentatives de suicide à leur prise en charge à l'hôpital : une sociologie des urgences
Florian Pisu 1
1 CERMES3 - UM 7 (UMR 8211 / U988) - CERMES3 - Centre de recherche Médecine, sciences, santé, santé mentale, société
Résumé : Cette thèse a pour objectif de rendre compte des ressorts contemporains de la suicidalité en France. Ce travail a été pensé dans une double perspective. D'une part, il s'est agi d'analyser la dynamique propre aux conduites suicidaires, en questionnant autant les motifs que les causes qui suscitent ces conduites. D'autre part, il a été question d'étudier l'organisation de leur prise en charge médicale, en s'intéressant au fonctionnement des services d'urgences qui accueillent la majorité des tentatives de suicide connues. Ces deux axes d'investigation ont été pensés de façon complémentaire, si bien que l'approche théorique et méthodologique qui organise cette démarche lie intimement la compréhension des conduites suicidaires avec celle de son traitement médical. La lecture que nous proposons ici consiste à penser la suicidalité, ainsi que sa prise en charge, à travers les transformations normatives des sociétés contemporaines. Ces transformations sont caractérisées par l'affirmation et la valorisation inédite d'un certain type de relation sociale, faisant de la capacité d'autodétermination individuelle et de l'accomplissement personnel une référence centrale pour orienter l'action. L'autonomie, l'indépendance, l'authenticité et la responsabilité seraient ainsi inscrites dans nos pratiques les plus communes, de sorte qu'elles sont devenues un principe du fonctionnement des rapports sociaux et de la mesure de la valeur de chacun. Cette individualisation recompose les zones de tensions que les acteurs sont tenus de résoudre en contexte, selon leurs ressources propres, et au risque pour eux, parfois, d'y perdre toute possibilité d'agir. C'est donc l'esquisse d'une nouvelle économie du suicide et des tentatives de suicide que nous avons souhaité mettre en lumière. Pour ce faire, nous avons mis en place une ethnographie des services d'urgences générales et psychiatriques, visant à analyser le déroulé de la prise en charge des tentatives de suicide au décours du geste suicidaire. Cette démarche vise à saisir la manière par laquelle les conduites suicidaires s'inscrivent dans la logique qui préside à l'univers médical, hypothèse étant faite ici que les tensions suscitées par l'autonomie se rejouent précisément dans cette rencontre singulière et incertaine entre suicidalité et soin.

Soumis le : lundi 23 mars 2020 - 09:09:10
Fichier
va_Pisu_Florian.pdf
Version validée par le jury (STAR)

mardi 28 janvier 2020

NOTICE ARTICLE Conduites suicidaires à l'adolescence


Conduites suicidaires à l'adolescence
 - 27/01/20
[7-0352] - Doi : 10.1016/S1634-6939(19)41418-X
X. Benarous a, b, ⁎ , M.-J. Guedj c, S. Garny de la Rivière a, J.-M. Guilé a, b, D. Périsse d
a Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, CHU d'Amiens-Picardie, Site Sud, 1, rue du Professeur-Christian-Cabrol, 80054 Amiens, France 
b Inserm U1105, Groupe de recherche sur l'analyse multimodale de la fonction cérébrale, Université Picardie-Jules-Verne-Amiens, chemin du Thil, 80025 Amiens, France 
c Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil, Hôpital Sainte-Anne, AP-HP, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
d Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Sorbonne Universités, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 28 janvier 2020
Résumé

Les conduites suicidaires à l'adolescence représentent un problème majeur de santé publique non seulement du fait de leur fréquence mais aussi de leur gravité potentielle. Un peu plus d'un adolescent sur dix rapporte avoir eu des idées suicidaires dans l'année qui précède et environ 4 % d'entre eux auraient déjà tenté de se suicider. Il s'agit de la seconde cause de mortalité à cet âge. Parmi les nombreux facteurs de risque impliqués, les plus importants sont l'existence d'un geste suicidaire antérieur et d'un trouble psychiatrique caractérisé, en particulier dépressif. Chez les adolescents les plus jeunes, l'identification d'une crise suicidaire peut être rendue compliquée par les troubles du comportement à type de réactions agressives et impulsives qui peuvent être au premier plan. Chez les adolescents plus âgés, l'accroissement progressif d'un sentiment de désespoir et des idées de mort peuvent rester longtemps masqués derrières des plaintes banales anxieuses ou psychosomatiques associées à un retrait relationnel ou au contraire à des prises de risque inconsidérées. Si les conduites suicidaires de l'adolescent sont parfois la manifestation d'un trouble psychiatrique caractérisé, le geste suicidaire est quasiment toujours adressé à l'entourage. Il représente alors pour l'adolescent l'ultime moyen de faire entendre une souffrance et un désir de changement indicible. La prise en charge des adolescents après une tentative de suicide fait l'objet de recommandations à la pratique professionnelle : tout adolescent suicidant doit être admis dans un service d'urgence hospitalier où il est évalué sur les plans somatique, psychologique et social. Dans un certain nombre de cas, une hospitalisation spécialisée est indiquée. Une fois la crise suicidaire passée, le relai du jeune et de sa famille vers des professionnels de santé (psychiatre, psychologue) est un enjeu essentiel. Au-delà du repérage diagnostique et du traitement d'un trouble psychiatrique caractérisé, des interventions centrées sur la famille aident à mobiliser au mieux les ressources du système familial pour rendre audible différemment la détresse de l'adolescent et aider chacun à s'y ajuster au mieux.

Mots-clés : Idées suicidaires, Tentative de suicide, Conduites à risque, Dépression, Adolescence

Plan

mardi 17 décembre 2019

MàJ OUTILS PEDAGOGIQUES OMS INFORMATIONS EN FILMS D'ANIMATION & FICHES D'INFORMATION

La prévention du suicide: les fiches d'information
repéré le 17/12/2019 sur https://www.who.int/mental_health/suicide-prevention/one-pagers/fr/
Chaque année, près de 800 000 personnes mettent fin à leurs jours et d’autres, plus nombreuses encore, font une tentative de suicide. Chaque suicide est une tragédie qui frappe une famille, une communauté ou un pays tout entier et qui a des effets durables sur l’entourage.
Le suicide est évitable. Ensemble, prévenons le suicide.

La prévention du suicide: information pour les employeurs, les managers et les collaborateurs





La prévention du suicide: information pour les enseignants et autres personnes travaillant en milieu scolaire





La prévention du suicide: information pour le personnel des établissements pénitentiaires




La prévention du suicide: information pour les journalistes et ceux qui écrivent sur le suicide




La prévention du suicide: information pour les policiers, les pompiers et autres intervenants dans les situations d’urgence




La prévention du suicide: information pour le personnel de santé








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Prévention du suicide : information pour les secours d'urgence
9 oct. 2019 par World Health Organization (WHO)

Lors d’une intervention d’urgence, la situation réelle des victimes n’est pas toujours évidente. Les secouristes sont souvent les premiers à intervenir en cas de tentative de suicide, ou toute autre crise mentale. Leur rôle est déterminant pour la suite.



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Prévention du suicide - information pour le personnel de santé
•8 oct. 2019
Les gens vont chez le médecin pour de nombreuses raisons mais la véritable raison est parfois bien plus sérieuse que ce qu’ils disent. La stigmatisation de la santé mentale et du suicide peut empêcher les gens de demander de l’aide. Beaucoup se donnent un air courageux même lorsque leur moral est au plus bas. Le personnel de santé est très bien placé pour repérer les signes d’une personne qui a des problèmes de santé mentale ou songe au suicide.



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Prévention du suicide - information pour les employeurs
•8 oct. 2019
Travailler peut contribuer à une bonne santé mentale. Mais les pressions exercées sur le lieu de travail peuvent générer du stress. Un environnement de travail difficile ou des facteurs permanents de stress peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des employés. Dans certaines circonstances, les employés mettent fin à leurs jours. Mais le suicide n’est jamais la solution. Il y a toujours de l’espoir. Les employeurs et les responsables ont un rôle important à jouer pour protéger la santé mentale de leur personnel.  




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Prévention du suicide - information pour les enseignants
•8 oct. 2019
L’adolescence est parfois une période exaltante, pleine de possibilités et de libertés nouvelles. Mais elle peut aussi être marquée par les soucis liés aux examens, aux relations, aux influences des autres jeunes et aux dernières tendances. Pour certains tout cela est trop dur à supporter et ils mettent fin à leurs jours. Le suicide n’est pourtant jamais la solution. Il y a toujours de l’espoir. Les enseignants et autres employés des établissements scolaires, peuvent aider les élèves à rester en bonne santé mentale.



vendredi 29 mars 2019

ETUDE RECHERCHE Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires



Seulement s’ils veulent mourir. Les urgences générales face aux patients suicidaires
Sciences sociales et santé Volume 37, numéro 1, Mars 2019

Philippe Le Moigne * Florian Pisu  **

* Philippe Le Moigne, sociologue, INSERM CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

** Florian Pisu, sociologue, CERMES3, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France

  • Mots-clés : urgences, tentative de suicide, catégorisation, sélection
  • DOI : 10.1684/sss.2019.0133
  • Page(s) : 75-98
  • Année de parution : 2019
En France, la majorité des tentatives de suicide connues est prise en charge par les urgences générales. Près d’un quart de ces patients font l’objet d’une ré-hospitalisation pour le même motif moins de quatre ans après leur première admission. Sachant que la récidive constitue l’un des éléments les plus prédictifs d’un suicide à venir, l’article tente de comprendre pourquoi les urgences ne parviennent pas à mieux endiguer ce risque. Fondée sur l’observation ethnographique de trois services, cette recherche met en lumière une série de facteurs tant internes qu’externes aux urgences. Elle montre en particulier comment les priorités d’intervention des services, les conditions d’échanges avec les patients et la caractérisation de la crise suicidaire par les personnels soignants contribuent à façonner une prise en charge qui n’est congruente qu’en partie avec les préconisations médicales.

source https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/seulement_sils_veulent_mourir._les_urgences_generales_face_aux_patients_suicidaires_314032/article.phtml 


Article associé



Les pratiques psychiatriques et psychologiques auprès des suicidants en service d’urgence : entre paradoxalité, conflictualité et innovation
Sciences sociales  Volume 37, numéro 1, Mars 2019
Auteur
François Danet *
* François Danet, psychiatre et chercheur en psychologie, École de Psychologues Praticiens de Lyon, Institut Catholique de Paris
DOI : 10.1684/sss.2019.0134
Page(s) : 99-107
Année de parution : 2019

L’article « Seulement s’ils veulent mourir » décrit les limites du dispositif de soins tel qu’il s’exerce en service d’urgence au bénéfice des suicidants, en démontrant notamment qu’il n’est congruent qu’en partie avec les préconisations médicales. Il met également en exergue la sous-évaluation des tentatives de suicide chez les hommes qui sont masquées par les alcoolisations et les abus de substances.Ce commentaire qui s’appuie sur des recherches menées sur le sujet de la prise en charge des suicidants [...]
https://www.jle.com/fr/revues/sss/e-docs/les_pratiques_psychiatriques_et_psychologiques_aupres_des_suicidants_en_service_durgence_entre_paradoxalite_conflictualite_et_innovation_314033/article.phtml

lundi 4 mars 2019

USA "I Care Too" Prévenir le suicide avec l'aide des médecins urgentistes

Article "I Care Too: Preventing Suicide with the Help of Emergency Physicians,

Je me soucie aussi: Prévenir le suicide avec l'aide des médecins urgentistes

1er mars 2019 - En 2018, la Fondation américaine pour la prévention du suicide (AFSP) a noué un partenariat unique avec American College of Emergency Physicians (ACEP) afin de réduire le nombre de suicides aux États-Unis, en mettant notamment l'accent sur la prévention du suicide dans les services d'urgence.

On estime que plus du tiers (39%) des personnes décédées par suicide se rendent aux urgences l'année précédant leur décès. Le dépistage et les interventions de base en prévention du suicide peuvent donc constituer un filet de sécurité pour les patients à risque vus dans les services d'urgence. Les départements d’urgence offrent un cadre et une possibilité de sauver des vies. C’est l’un des domaines critiques du projet 2025 de l’AFSP, qui a pour objectif ambitieux de réduire le taux de suicide aux États-Unis de 20% d’ici à 2025.

Pour atteindre cet objectif, AFSP a sollicité l'aide de l'ACEP pour atteindre les départements d'urgence à travers le pays. ACEP est la société de spécialité médicale nationale représentant plus de 40 000 médecins et stagiaires en médecine d'urgence à travers les États-Unis. Par le biais de son personnel national et de ses 53 sections, ACEP s'est engagée à faire progresser les soins d'urgence par le biais de la formation continue, de la recherche et de l'éducation du public. En collaborant avec des organisations d'accréditation et professionnelles clés telles que l'ACEP, nous pouvons ensemble trouver des moyens de perfectionner les compétences et les actions spécifiques dans le cadre des urgences qui ont été démontrées pour réduire le risque de suicide et pour améliorer l'adoption du dépistage du suicide et de l'intervention préventive comme norme de référence. soin d'urgence.

Parmi les plus grands défis en matière de prévention du suicide dans les services d'urgence, il y a la nature de la visite à l'urgence et les exigences imposées au personnel des services d'urgence. Pensez à la dernière fois que vous avez visité un service d'urgence. Il y avait probablement une longue attente - plus longue que ce que vous auriez souhaité étant donné votre situation d'urgence - suivie d'une visite assez courte du médecin, car il y avait probablement beaucoup d'autres patients, tout comme vous, attendant patiemment. Quand une personne qui pourrait avoir des idées suicidaires entre dans le service des urgences - en particulier si les idées sont secondaires ou peut-être même sans lien avec la raison pour laquelle elles sont présentes - sans avoir une procédure rapide et facile à suivre pour évaluer le risque de suicide, un médecin ou une infirmière peut par inadvertance manquer ces signes avant-coureurs et une chance de soutenir la personne.

AFSP et ACEP ont décidé de surmonter ce défi en développant un outil de dépistage rapide du suicide et un outil d'intervention à l'usage des médecins d'urgence. ICAR2E (prononcé «I Care Too») est un outil en ligne librement disponible permettant de détecter les risques de suicide et de fournir des soins réduisant les risques au service des urgences. Le nom est un acronyme qui représente les étapes clés du processus:

Identify Suicide Risk (Identifier le risque de suicide)
Communicate (Communiquer)
Assess for Life Threats and Ensure Safety (Évaluer les menaces de mort et assurer la sécurité)
Risk Assessment (L'évaluation des risques)
Reduce the Risk (Réduire le risque)
Extend Care Beyond the Emergency Department Visit (Prolonger les soins au-delà de la visite à l'urgence)


L'outil ICAR2E a été développé dans l'esprit d'autres outils de service d'urgence à usage rapide créés par ACEP et utilisés par les médecins d'urgence. Il est structuré comme un ensemble de directives, fondées sur les dernières preuves scientifiques, avec des étapes claires à suivre pour aider à prévenir le suicide chez les patients. L'outil fournit également des liens vers des ressources supplémentaires que les urgentistes peuvent utiliser, telles que des formulaires de plan de sécurité et du matériel de suivi. Il est disponible gratuitement en ligne aujourd'hui, mais cet outil sera également disponible à l'avenir sous la forme d'une application interactive pour téléphone / tablette. Nous encourageons tous les urgenistes, infirmières et membres du personnel à explorer et à se familiariser avec l'outil gratuit ICAR2E, disponible dès maintenant à l'adresse: https://www.acep.org/iCar2e

Outre la création et le partage de l'outil ICAR2E, AFSP et ACEP ont entrepris de découvrir les départements d'urgence à travers le pays en utilisant leurs propres approches novatrices en matière de prévention du suicide. Ensemble, AFSP et ACEP ont lancé un prix national visant à identifier les «innovations en matière de prévention du suicide dans les soins de courte durée». Les candidats des services d’urgence et d’autres établissements de soins de courte durée (par exemple, les soins urgents) ont été encouragés à postuler, dans le but de mettre en évidence des approches novatrices partagées et reproduites, améliorant en fin de compte les soins et sauvant des vies partout dans le pays. Les lauréats - qui seront annoncés dans les mois à venir - seront invités à présenter leur programme aux dirigeants de l’AFSP et de l’ACEP, et figureront sur les sites Web des deux organisations. En outre, AFSP et ACEP prévoient d'ouvrir à nouveau le cycle d'attribution des marchés aux nouveaux candidats plus tard en 2019.


En nous concentrant sur la prévention du suicide dans les services d'urgence et grâce à cette formidable collaboration avec ACEP, nous estimons qu'il est possible de sauver plus de 1000 vies d'ici 2025. Chaque jour, avec chaque utilisation de l'outil ICAR2E et en découvrant de nouvelles approches en matière de prévention du suicide
Dans les départements d'urgence du pays, nous avons les meilleures chances de sauver des vies et d'atteindre notre objectif ambitieux d'ici 2025.

Pour plus d'informations sur le projet 2025, y compris un lien vers l'outil ICAR2E, cliquez ici.
http://www.afsp.org/project2025



https://afsp.org/i-care-too-preventing-suicide-with-the-help-of-emergency-physicians/

jeudi 3 janvier 2019

CANADA NUMERO SPECIAL Prise en charge du suicide : entre crime, troubles mentaux et droit de mourir

Dans revue Criminologie Volume 51, Number 2, Fall 2018, pp. 5-395 Digital Publication : Sept. 12, 2018 Volume 51, Number 2, Fall 2018 Prise en charge du suicide : entre crime, troubles mentaux et droit de mourir
Guest-edited by Jean-François Cauchie, Patrice Corriveau and Isabelle Perreault

Table of contents (16 articles)
Introduction : Prise en charge du suicide : entre crime, troubles mentaux et droit de mourir
Isabelle Perreault, Jean-François Cauchie and Patrice Corriveau
pp. 5–12

Un droit criminel en retrait ou en introspection ? : Les plaintes déposées pour tentative de suicide dans le district judiciaire de Montréal (1908-1919)
Jean-François Cauchie, Patrice Corriveau, Bryan Hamel and Annie Lyonnais
pp. 13–38
FR: En 1892, date de la création du premier Code criminel canadien, la tentative de suicide est un crime, et ce, jusqu’à sa décriminalisation en 1972. Du droit criminel à la psychiatrie, le déplacement de la réaction sociale à la tentative suicidaire aurait en quelque sorte été « officialisé » par ce retrait de l’article de loi. Nous verrons néanmoins dans le présent article qu’il n’y a pas eu, pour les tentatives de suicide, d’abord prise en charge pénale et seulement ensuite, encadrement médical. En effet, au tournant du 20e siècle, le droit criminel cohabite déjà depuis un moment avec cet autre régime de vérité qu’est la psychiatrie. L’analyse de 163 plaintes pour tentatives de suicide à Montréal entre 1908 et 1919 montre qu’il faut être prudent avant de diagnostiquer qu’un type de régulation prend la place d’un autre. En effet, un verdict d’aliénation mentale ou une prise en charge médicale sans procès d’un individu aux tendances suicidaires ne sortent pas de facto le dossier judiciaire du rayon d’action du droit criminel. Il serait davantage question d’une réorganisation, voire d’un renouvellement partiel de ce type de droit quant aux options qu’il mobilise pour traiter des plaintes relatives aux tentatives de suicide.


Le fait divers suicidaire dans les hebdomadaires populaires québécois (1927-1940) : Un « crime » moins tabou qu’il n’y paraît
Alexandre Pelletier-Audet
pp. 39–60
Abstract
FR: Cet article documente les pratiques discursives à l’égard du geste suicidaire dans les premiers tabloïds hebdomadaires parus au Québec dans le second quart du 20e siècle. La prédilection de ce nouveau média pour le fait divers a contribué à donner au suicide une très grande visibilité, ce qui met en évidence la valeur perçue de ces récits d’ici et d’ailleurs comme objets de divertissement séculier et familial, mais tout en renforçant leur représentation à titre d’actes criminalisés ou déviants.

Prévenir le suicide en prison au Canada : Les premiers pas d’une politique publique (1970-1987)
Claire Guenat and Jean Bérard
pp. 61–85
FR: L’article analyse la constitution du suicide carcéral comme un problème public à la fin des années 1970 et au début des années 1980 et rend compte des expertises mobilisées et des registres d’action esquissés par le Service correctionnel du Canada. Il place la genèse de ces réformes dans le cadre plus large des transformations de l’univers carcéral, au croisement entre la promotion des droits des prisonniers, l’accroissement du contrôle des pratiques pénitentiaires, l’ouverture croissante des prisons à des intervenants extérieurs, notamment médicaux, et la reconfiguration du fonctionnement disciplinaire de l’institution. L’article montre que, même s’ils ne sont qu’esquissés dans les années 1980, les lignes de force et les points de tension des politiques de prévention du suicide en prison apparaissent nettement et selon des modalités qui seront ensuite poursuivies et approfondies, notamment autour des enjeux de recueil et partage de l’information, de classification, d’affectation et de surveillance des détenus considérés comme suicidaires.

La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme : Son contenu et ses effets en matière de prévention du suicide
Gaëtan Cliquennois
pp. 86–108
Abstract
FR: Nous proposons d’analyser les développements jurisprudentiels de la Cour européenne en matière de prévention du suicide en prison et dans les commissariats de police et leurs effets paradoxaux sur les politiques de prévention conduites par les États condamnés par la Cour. Nous montrons d’abord que la philosophie jurisprudentielle à laquelle se réfère la Cour est marquée par une segmentation des risques suicidaires et une conception étroite et synchronique du passage à l’acte suicidaire des gardés à vue et des détenus qui s’oppose au paradigme de la réaction sociale. Nous montrons ensuite que, sous la pression exercée par le Comité pour la prévention de la torture et des associations nationales de défense des droits des détenus, les arrêts de la Cour conduisent les États à adopter des politiques de prévention du suicide marquées par une rationalité à la fois actuarielle et punitive. Ceci n’empêche pas la jurisprudence européenne d’être au fondement d’un nouveau contrôle opéré sur les lieux privatifs de liberté auquel peuvent contribuer les familles de détenus suicidés.

Psychopathologie, traitement et genre en milieu psycholégal : associations avec les conduites suicidaires
David Joubert
pp. 109–135
FR: La recherche a souligné l’importance des problématiques de santé mentale dans le suicide, en particulier lorsqu’il survient en milieu carcéral ou institutionnel. Par ailleurs, les études disponibles laissent entendre que certaines mesures de prévention du suicide en institution peuvent être efficaces. Il y a peu de connaissances à ce jour sur l’importance relative et les effets d’interaction possibles entre psychopathologie, réponse institutionnelle sous forme de traitement, genre et comportements suicidaires. La présente étude cherchait à mettre en évidence les patrons d’association entre ces facteurs à partir d’un échantillon de 3620 sujets résidant en milieu psycholégal, totalisant 25 778 observations dans le temps. Les analyses de modèles mixtes logistiques laissent supposer que le genre, la forme et la cible du traitement sont significativement associés aux conduites suicidaires. Spécifiquement, les individus de sexe masculin ayant peu accès au traitement et prenant part à des interventions visant surtout la réintégration sociale étaient davantage à risque de conduites suicidaires. La présence de schizophrénie sans trouble de personnalité concomitant était négativement associée aux comportements suicidaires. Ces résultats contribuent à clarifier les liens entre problèmes de santé mentale, traitement institutionnel et problématiques suicidaires.

Un nouvel enjeu de santé publique au Canada : L’accompagnement des personnes endeuillées à la suite d’un suicide
Rae Spiwak, Ph. D., Brenda Elias, Ph. D., Jitender Sareen, M.D., Mariette Chartier, R.N. and James M. Bolton, M.D.
pp. 136–166
Abstract
FR: Chaque année, dans le monde, entre 48 et 50 millions de personnes se retrouvent endeuillées à la suite d’un suicide. Au Canada seulement, ce sont 4 000 individus qui se suicident chaque année, laissant derrière eux un grand nombre de personnes qui doivent faire face au caractère traumatisant et complexe du suicide. Dans un contexte qui avait déjà vu la tentative de suicide être décriminalisée en 1972, la présente étude se penche sur ce qui apparaît désormais constituer une nouvelle problématique de santé publique : le soutien aux personnes endeuillées à la suite d’un suicide. Nous discuterons à cet égard de quelques acteurs clés qui ont influencé les politiques canadiennes sur le sujet : les tribunaux, la Constitution ou encore des groupes qui avaient un intérêt spécifique par rapport à cet enjeu. Les questions de santé associées à ce type de deuil de même que la question de la nécessité de l’intervention seront abordées. Enfin, divers aspects émergents de ces politiques qui demandent encore à être éclairés seront examinés, de même que la nécessité de distinguer les approches à court, moyen et long terme quand on intervient auprès de personnes touchées par ce type de deuil.

« 99 % des suicides sont tragiques, nous nous battons pour le 1 % qui reste » : Des esprits sains dans des corps malades et l’activisme du droit à la mort
Ari Gandsman
pp. 167–188

FR: À partir de recherches ethnographiques menées auprès d’activistes du droit à la mort, cet article cherche à relever et à analyser les divisions de nature conceptuelle qui structurent les arguments des activistes. D’une part, des activistes soutiennent que la mort médicalement assistée doit être rigoureusement distinguée de l’acte du suicide. Pour ce faire, ils font référence à la notion « d’espritsain » dans un contexte où le corps est malade, faisant ainsi appel au caractère fondamentalement rationnel d’un processus décisionnel fondé sur la volonté dans le choix. Ils distinguent un tel choix des suicides, non rationnels, qui sont visiblement le résultat d’un « esprit troublé ». Toutefois, en puisant dans une base de données ethnographiques considérable et dans des entrevues, on constate que les activistes reconnaissent aussi implicitement une frontière perméable entre les deux actes. Plusieurs points de tension et d’ambiguïté surviennent d’ailleurs lorsqu’il s’agit de distinguer la mort médicalement assistée et officiellement approuvée d’un acte de suicide. Dans l’analyse de la question, le présent article cherche à explorer le noyau de la tension entre les réformistes et les branches plus radicales de l’activisme du droit à la mort. Si ceux qui aspirent à modifier la constitution actuelle demandent, parmi d’autres garde-fous, des critères d’admissibilité clairement définis en fonction de maladies terminales et incurables, d’autres activistes plus radicaux s’opposent à de telles « médicalisations de la mort » et tiennent une position plus ouverte où le droit à la mort englobe aussi les « suicides rationnels ». Enfin, notre article montrera que, même après la légalisation de la mort médicalement assistée, ces noyaux de tensions subsistent.


Les personnes suicidaires peuvent-elles parler ? : Théoriser l’oppression suicidiste à partir d’un modèle sociosubjectif du handicap
Alexandre Baril
pp. 189–212
FR: Malgré des appels répétés dans les campagnes de prévention du suicide pour que les personnes suicidaires s’expriment, plusieurs ne se sentent pas en sécurité de le faire. Puisque briser le silence est capital pour prévenir les suicides, la peur de parler est contreproductive. Comment expliquer ces silences ? La thèse défendue est qu’en dépit d’une laïcisation, d’une décriminalisation et même d’une certaine dépathologisation du suicide, les personnes suicidaires, leurs gestes et leurs discours demeurent inintelligibles en fonction d’une injonction à la vie et à la futurité. Des mécanismes sont en place pour culpabiliser, surveiller/punir et pathologiser les personnes suicidaires, les empêchant de parler. Je soutiens l’idée que l’injonction à la vie et à la futurité est promue par l’ensemble des discours actuels sur le suicide. Qu’il s’agisse de l’approche médicale, sociale ou biopsychosociale, les divers modèles sur le suicide aboutissent tous à la même conclusion : le suicide n’est jamais une option. Dans leur condamnation univoque du suicide, ces modèles n’écoutent les personnes suicidaires que dans une logique de surveillance, créant des espaces peu sécuritaires pour s’exprimer. M’inspirant des théories crip et des études du handicap qui critiquent le modèle médical et social du handicap et développent d’autres modèles, je propose l’adoption d’un modèle sociosubjectif du handicap pour interpréter le suicide.

Attitudes des intervenants en santé mentale envers l’euthanasie et le suicide assisté : une synthèse des connaissances scientifiques
Jaskiran Kaur and Isabelle Marcoux
pp. 213–243
FR: L’objectif de cette synthèse des connaissances est de donner un aperçu des études scientifiques publiées sur les attitudes des intervenants en santé mentale envers l’euthanasie et le suicide assisté. Une recherche a été menée dans les bases de données Medline, PsycInfo et Embase ; onze articles répondant aux critères d’inclusion ont été sélectionnés. Les résultats montrent que les intervenants en santé mentale ont généralement des attitudes positives envers l’euthanasie et le suicide assisté, avec des attitudes un peu plus favorables envers ce dernier que pour l’euthanasie. Plusieurs études ont montré une corrélation négative entre l’importance de la religion et leurs attitudes ainsi qu’avec l’expérience professionnelle. Le lien entre les attitudes et d’autres caractéristiques personnelles (par ex. : le genre, l’âge, le niveau d’éducation) n’est toutefois pas constant d’une étude à l’autre. Des enjeux particuliers sur le plan de la méthodologie doivent être considérés dans l’interprétation des résultats, dont des différences dans les définitions et la terminologie utilisée, ainsi que dans la formulation des questions. Le lien entre les expériences personnelles et les attitudes envers l’euthanasie ou le suicide assisté devrait faire l’objet de recherches futures.

Le rôle et l’impact des premiers répondants dans le processus de résilience familiale à la suite du suicide d’un adolescent
Christine Genest, Nathalie Maltais and Francine Gratton
pp. 244–263
FR: Le suicide d’un adolescent ou d’une adolescente crée généralement une onde de choc au sein du système familial. Les premiers répondants que représentent les pompiers, les ambulanciers ou les policiers sont les intervenants qui entrent en contact avec les familles lors de cette période de crise et de bouleversement. Leurs interventions et leurs attitudes à l’égard du suicide et des endeuillés peuvent donc influencer le cheminement des familles au cours de leur processus de deuil. À la suite d’une étude dont le but était de comprendre et de décrire le processus de résilience familiale après le suicide d’un ou d’une adolescente, une analyse secondaire des comptes rendus intégraux a permis de faire ressortir l’impact des premiers répondants sur le cheminement des membres (n = 17) de sept familles au cours de leur processus de deuil. Les résultats montrent que le contact avec les premiers répondants influence l’ampleur du cataclysme vécu au moment du suicide, ce qui teinte la suite du cheminement. Il serait donc pertinent de former les premiers répondants (policiers, pompiers et ambulanciers) à ce type de situation et de repenser l’organisation des services afin de mieux soutenir les endeuillés et de favoriser leur processus de résilience.


Vulnérabilité suicidaire des contrevenants en centre de réadaptation : présentation d’un modèle explicatif
Laurie St-Pierre and Catherine Laurier
pp. 264–287
FR: Les jeunes contrevenants sont une population particulièrement à risque d’idéations suicidaires, de tentatives de suicide et de suicides complétés. Le modèle Cry of Pain a été conçu par Williams (2001) pour expliquer la trajectoire suicidaire auprès de la population générale. Le modèle interpersonnel du suicide de Joiner (2005) a, pour sa part, été conçu pour prédire les suicides complétés. Le premier propose que les idées et comportements suicidaires résultent d’un processus qui comprend trois composantes : un sentiment de défaite, la perception d’être pris au piège et le désespoir. Le second avance plutôt que le suicide résulte de l’addition de trois facteurs : un faible sentiment d’appartenance, un sentiment de lourdeur relationnelle et une aptitude au suicide. Une recension des écrits récents a été menée, puis les facteurs de risque personnels et institutionnels soulevés ont été utilisés pour vérifier lequel des deux modèles s’applique le mieux à la population d’intérêt. Il est proposé que la situation de mise sous garde en centre de réadaptation aurait le potentiel d’enclencher la trajectoire du modèle Cry of Pain chez le jeune contrevenant. Les implications pour l’intervention et la recherche sont discutées.

Jeunes contrevenants à la croisée des chemins : Étude à devis mixte du risque suicidaire
Catherine Laurier, Anne-Marie Ducharme, Laurie St-Pierre and Janet Sarmiento
pp. 288–313
Abstract
FR: En raison de la prédominance des conduites antisociales des jeunes contrevenants en général et de ceux associés aux gangs de rue en particulier, qui constituent d’ailleurs le motif de leur prise en charge par le système de justice, il est moins fréquent de se pencher sur leur victimisation et leurs séquelles psychologiques. Ainsi, dans le cadre de cet article, 212 jeunes contrevenants, pris en charge par les services jeunesse ou les services correctionnels ont été évalués à l’aide de questionnaires quantitatifs et lors d’une entrevue qualitative semi-structurée. Cette étude à devis mixte a permis de relever, dans la partie quantitative, les variables qui contribuent statistiquement le plus au risque suicidaire, tel qu’il a été évalué à l’aide de deux outils (MAYSI-2 et MINI). En outre, les entretiens qualitatifs ont fait ressortir que les jeunes contrevenants pris en charge se trouvent à une croisée des chemins où s’affrontent le désir de quitter un mode de fonctionnement délinquant et le sentiment de ne pas pouvoir le faire à cause d’un avenir considéré comme étant bloqué. Dans la discussion, les résultats des devis quantitatifs et qualitatifs sont mis en relation, dans une démarche abductive, pour en proposer une compréhension intégrée. Finalement, quelques suggestions pour l’intervention complètent cet article.

Peut-on distinguer homicide-suicide et suicide par leurs facteurs de risque ?
Charles-Édouard Notredame, Stéphane Richard-Devantoy, Alain Lesage and Monique Séguin
pp. 314–342
Abstract
FR: Les homicides-suicides sont des événements aussi graves qu’exceptionnels. À l’interface de la criminologie et de la suicidologie, leur étude et leur prévention butent sur une indistinction de statut : sont-ils à considérer comme une sous-catégorie du suicide ou comme une entité à part entière ? Pour le clarifier, nous avons mené une méta-analyse de l’ensemble des articles comparant les facteurs de risque de suicide et d’homicide-suicide afin de discerner si certains d’entre eux étaient plus spécifiques de l’un ou de l’autre des événements. Treize articles ont été inclus dans l’analyse finale. Le sexe masculin, l’appartenance à une minorité culturelle et les antécédents judiciaires étaient plus spécifiquement associés à l’homicide-suicide qu’au suicide. De même, le suicide survenait plus fréquemment à domicile et impliquait des moyens plus violents lorsqu’il était précédé d’un homicide. En revanche, les problèmes de santé physique, les antécédents de dépression, de tentative de suicide et de consommation de substances psychoactives augmentaient le risque de suicide davantage que celui d’homicide-suicide. À l’appui des présents résultats, nous proposons de revisiter la dualité homicide-suicide/suicide en l’inscrivant dans un modèle intégré. Sous cette perspective, les deux événements pourraient être lus comme l’issue dramatique d’une même tension psychique critique que favoriseraient des facteurs prédisposant aspécifiques. La forme du passage à l’acte ne dépendrait alors de l’influence que de certains de ces facteurs, dits facteurs orientants. Les implications que cette modélisation pourrait avoir en termes de recherche sont ici discutées.

source https://www.erudit.org/en/journals/crimino/2018-v51-n2-crimino03961/