lundi 21 mars 2022
«Il y a 20 ou 30 ans, ils nous auraient ri au nez», en Bretagne, un centre d’écoute de la détresse psychologique des marins fait le plein
https://www.whatsupdoc-lemag.fr*
Avec les chavirages, la piraterie, la pandémie ou les conséquences du Brexit, les marins peuvent être en première ligne d’événements traumatiques. Pour entendre leurs souffrances, une cellule d’aide psychologique est accessible 24h/24 en France.
A l'origine, un constat glaçant. Marin est le métier le plus accidentogène, notamment chez les pêcheurs, avec un indice de mortalité de 4,18 pour 10 000 ETP (équivalent temps plein), selon les chiffres de l'Institut maritime de prévention (IMP).
Aussi, Camille Jégo, psychologue et responsable du Centre ressource d'aide psychologique en mer et aux marins (Crapem), installée à Saint-Nazaire a réalisé une étude "sur la prévalence de l'état de stress post traumatique chez les gens de mer qui a montré qu'elle atteignait 20%, soit dix fois plus que dans la population générale".
Si le monde maritime est très structuré, "on a constaté l'absence de prise en charge efficiente et adaptée à leur métier pour cette population surexposée aux événements traumatogènes", note Camille Jégo dans les locaux du Crapem où l'on trouve des maquettes de bateau, une casquette de capitaine, la revue Chasse-marée, au sein du centre hospitalier de Saint-Nazaire.
Ainsi, depuis mars 2020 une équipe de six personnes (psychologue, psychiatre, infirmières, dont une spécialisée dans la prévention du suicide) s'est peu à peu constituée. Financé par l'Agence régionale de santé, le ministère de la Mer et l'Enim (la sécurité sociale des marins), le Crapem permet "l'accès aux soins pour tous les gens de mer en souffrance psychique et les sédentaires du milieu maritime".
Qu'ils soient dans le golfe de Gascogne, en mer d’Écosse ou dans le détroit de Malacca, les 42 000 marins français peuvent à tout moment joindre le Crapem - téléconsultation ou téléphone - pour témoigner d'une souffrance psychologique. L'an passé, le Crapem a suivi une centaine de marins.
Les maux peuvent être variés : traumatisme après un accident sur un bateau, anxiété d'être privé de zone de pêche en raison du Brexit, impossibilité de descendre à terre comme lors de la pandémie dans la marine marchande, cas de harcèlement sur un bateau ou attaque violente...
Des marins tombent en mer, remontent à bord et ce n’est pas déclaré accident du travail, mais après ça ressort…
"J'ai eu le cas d'un marin, qui était au large du Nigeria, où il y a eu une prise d'otage sur le bateau avec des pirates montés à bord et des officiers mis en joue", relate l'infirmière Agnès Bihouix.
Les cas de harcèlement, dans le milieu isolé qu'est un bateau, peuvent "avoir un impact en termes de souffrance psychique : quand on est parti pour deux mois, il faut tenir", souligne Camille Jégo.
La souffrance psychologique peut aussi survenir chez les marins qui ont participé à des recherches en mer, comme en novembre dans le détroit du Pas-de-Calais afin de retrouver les migrants après un chavirage qui a fait 27 victimes.
"Quand les marins vivent leur événement en mer, ils restent plusieurs heures et ne seront sécurisés qu’une fois revenus à terre, ils vont rester dans cet état dissociatif. L'idée est d'intervenir au plus proche" de l'événement traumatique, explique Camille Jégo. Un suivi au plus long cours peut aussi être envisagé.
Françoise Le Berre, directrice de l'IMP, salue la création de cette structure. "Il y a des marins qui tombent à la mer et remontent à bord et ce n’est pas déclaré en accident de travail. Mais, trois ou cinq mois après, ça ressort et ils ont besoin d'être accompagnés", appuie-t-elle.
Cette cellule montre également à quel point le regard de la société a changé sur les risques psychologiques dans le milieu professionnel. "Il y a 20 ou 30 ans les marins auraient ri au nez de la personne qui aurait proposé ça ! Les mentalités ont changé, les gens font appel à des psychologues pour être accompagnés. C'est davantage rentré dans les mœurs", note Françoise Le Berre.
Avec AFP
18/03/2022 - 12:15
Par La rédac'
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/il-y-20-ou-30-ans-ils-nous-auraient-ri-au-nez-en-bretagne-un-centre-decoute-de-la-detresse
vendredi 30 juillet 2021
À Saint-Nazaire, une cellule d’urgence psy pour les marins en mer
À Saint-Nazaire, une cellule d’urgence psy pour les marins en mer
L’expérience menée à Saint-Nazaire a montré son utilité pendant le Covid. Des locaux sont ouverts et quatre personnes ont été recrutées.
Des mois en mer sans savoir quand on va débarquer. Au plus fort de la crise du Covid, avec des ports qui fermaient les uns après les autres, des centaines de milliers de marins dans le monde se sont retrouvés coincés au milieu des océans. Comme ce mécanicien de 28 ans qui frôlé une crise suicidaire après 150 jours en mer, deux mois de plus de prévu.
C’était l’une des personnes prises en charge par le centre ressource d’aide psychologique en mer, qui s’était créé à Saint-Nazaire juste avant le premier confinement. Il a vite vu affluer les appels d’urgence.
« La crise a montré son utilité », confirme Camille Jego, qui en a eu l’idée après avoir mené des recherches sur cette question. Depuis, elle a obtenu des crédits pour se développer de la part du ministère de la Santé et de l’ARS dans le cadre du fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie.
Le centre, qui se trouvait dans une petite pièce de l’hôpital de Saint-Nazaire, s’est installé au rez-de-chaussée d’un ancien château, sur le site de psychiatrie d’Heinlex, à quelques encablures. Des recrutements sont en cours, outre son poste de responsable : deux infirmiers à temps plein, une secrétaire, un médecin et une psychologue, chacun à mi-temps.
Numéro d’urgence
C’est le seul centre de ce type en France. « Il s’adresse aux 42 000 marins professionnels de la pêche et du commerce », résume Camille Jégo. Une assistance d’urgence 24 heures sur 24 par téléphone est créée.
Elle peut être appelée directement ou déclenchée par les services de secours lors d’une intervention. Une crise suicidaire, un grave événement à bord d’un navire qui nécessite une prise en charge psychologique. « C’est le même principe qu’une cellule lors d’un accident de la route ou un attentat. Une aide rapide peut permettre de limiter le choc post-traumatique. Quand on voit un marin être gravement blessé ou décéder, que parfois il faut rester plusieurs jours isolés dans cette situation, c’est compliqué à gérer… »
Le centre propose aussi des consultations classiques, physiques ou par téléphone, avec des personnels formés aux problématiques du milieu de la mer. Un colloque est organisé début octobre à Saint-Nazaire. « Les réseaux existent. D’un côté, le monde de la mer, de l’autre celui de la psychologie. Il s’agit de les mettre en relation pour une meilleure efficacité. »
lundi 25 juin 2018
Journée des gens de mer 2018 : Bien-être des gens de mer
Communiqué de l'Organisation Maritime Internationale
http://www.imo.org*
Cette année encore, la Journée des gens de mer sera célébrée le 25 juin.
Bien-être des gens de mer
En 2017 et 2018, le secteur maritime a fortement progressé sur la question du bien-être des gens de mer, et notamment sur celle de leur santé mentale.
Afin de donner davantage de visibilité à cette question cruciale, l'OMI a décidé de retenir le thème du « bien-être des gens de mer » pour célébrer la Journée mondiale de la mer 2018.
En s'attaquant à la question du bien-être des gens de mer et particulièrement à celle de leur santé mentale, la campagne de cette année permet, d'une part, de soutenir les stratégies visant spécifiquement à lutter contre le stress et les autres facteurs ayant une influence sur la santé mentale des gens de mer et, d'autre part, de faire largement connaître les outils à disposition.
La campagne 2018 s'efforcera de mettre en avant et de valoriser les meilleures pratiques et les exemples à suivre mais, inéluctablement, elle permettra aussi de faire ressortir les sujets de préoccupation et les défaillances dans ce domaine.
Message vidéo officiel du Secrétaire général de l'OMI
https://www.youtube.com/watch?v=YdJOz8mYuWI
Répondez à notre enquête en ligne !
La campagne de cette année propose aux gens de mer de répondre à une brève enquête en ligne afin de recueillir leurs avis et de déterminer s'ils connaissent leurs droits et s'ils estiment que ces droits sont appliqués et respectés au quotidien. Les données collectées seront ensuite transmises aux États Membres de l'OMI, assurant ainsi une communication directe entre les gens de mer et les gouvernements. Si vous êtes concerné(e), ne manquez pas l'occasion de répondre à notre enquête en ligne en cliquant ici
Concours photo
Cette année, l'OMI et l'International Seafarers Welfare and Assistance Network (ISWAN) ont fait équipe pour vous offrir la possibilité de faire valoir vos talents de photographe et de peut-être gagner une caméra GoPro, un iPad ou les deux ! Le concours est parrainé par la North American Maritime Ministry Association (NAMMA). Cliquez ici
Réseaux sociaux
Comme lors des années précédentes, la campagne 2018 s'articulera autour des réseaux sociaux. Toutes les plateformes sociales de l'OMI seront mises à contribution, mais Twitter et Facebook joueront un rôle de premier plan.
Cette année, deux hashtags seront utilisés dans le cadre de la campagne :
#SupportSeafarersWellbeing
Ce hashtag peut être utilisé par les compagnies maritimes et les autres acteurs du secteur afin de valoriser les mesures prises pour fournir un environnement de travail décent aux gens de mer et lutter contre les problèmes de santé mentale de leur personnel navigant.
#GoodDayatSea
Ce hashtag peut être utilisé pour mobiliser le grand public ou, tout simplement, pour souhaiter une bonne journée aux gens de mer.
Dans le cadre de notre concours photo, nous utiliserons le hashtag #GoodDayatSea pour encourager les gens de mer à partager des photos d'eux dans un environnement de travail favorable.
Vous pouvez par exemple utiliser la phrase suivante : « #GoodDayatSea looks like… » (Une journée en mer ressemble à…).
Enfin, dans le cadre de cette édition 2018, nous ferons la promotion des initiatives et des outils positifs mis en place par les différents acteurs du secteur pour appuyer le renforcement des normes relatives au bien-être des gens de mer et mettre en lumière les mesures prises pour améliorer la condition des gens de mer concernant un certain nombre de questions en lien avec le bien-être des gens de mer. Parmi ces dernières :
Congé à terre
Abandon
Santé mentale
Salaires
Non incrimination des gens de mer
Rapatriement
Ressources disponibles pour favoriser la bonne santé mentale
Convention du travail maritime (Convention CTM)
Film sur la santé mentale et le bien-être des gens de mer
La bande annonce d’un nouveau film produit par Videotel sur la santé mentale et le bien-être des gens de mer (Seafarers' Mental Health and Wellbeing) sera lancée à l’occasion de la Journée des gens de mer 2018. Cette vidéo gratuite vous donnera des indications utiles et des outils de réflexion sur la question de la santé mentale. Elle proposera également de nombreuses idées et ressources aux gens de mer en vue de les aider à améliorer leur bien-être en mer.
Téléchargez nos posters
lire la suite http://www.imo.org/fr/About/Events/dayoftheseafarer/Pages/Day-of-the-Seafarer-2018.aspx
Contexte
L'événement a été mis en place par le biais d'une résolution adoptée lors de la Conférence de Manille de 2010, chargée d'adopter le texte révisé de la Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille (Convention STCW).
L'objectif de la Journée est de reconnaître la contribution unique des gens de mer du monde entier au commerce maritime international, à l'économie mondiale et à la société civile dans son ensemble.
La résolution « encourage les gouvernements, les organisations du secteur maritime, les compagnies, les propriétaires de navires et toutes les autres parties intéressées à dûment promouvoir la Journée des gens de mer, comme il convient, et à prendre les mesures voulues pour la célébrer à sa juste valeur ».
La Journée des gens de mer est une des Journées internationales officielles des Nations Unies.
ITF Seafarers’ Trust est fier de soutenir
la Journée des gens de mer
*http://www.imo.org/fr/About/Events/dayoftheseafarer/Pages/Day-of-the-Seafarer-2018.aspx