vendredi 30 novembre 2018

PRESENTATION DISPOSITIF Roubaix (59) La Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe

L'EPSM de l'agglomération lilloise et ses secteurs de psychiatrie et de pédopsychiatrie sont amenés à créer des dispositifs spécifiques en fonction des territoires couverts et des partenaires de la santé mentale.

La Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe

Une équipe au service :
• Des patients majeurs exprimant des idées suicidaires, présentant un risque de passage à l’acte ou ayant fait une tentative de suicide
• Des patients majeurs sans suivi psychiatrique actuel (CMP ou libéral)

Situé au Centre Hospitalier Victor Provo
Hall de pédiatrie
Boulevard Lacordaire, 59100 Roubaix

Contact - À usage des professionnels de santé uniquement
Flyer Réécoute des suicidants - Équipe Sisyphe (Document à destination des professionnels de santé)

Source https://www.epsm-al.fr/article/la-reecoute-des-suicidants-equipe-sisyphe

Aude : des ateliers pour prévenir le suicide des agriculteurs

Aude : des ateliers pour prévenir le suicide des agriculteurs
Par Fabrice Dubault Publié le 29/11/2018 france3-regions.francetvinfo.fr*

Aude - un atelier destiné à la prévention des suicides chez les agriculteurs - novembre 2018. / © F3 LR

Le taux de suicide des agriculteurs est supérieur de 20 à 30% au reste de la population française. Dans la Piège, un petit territoire de l'Aude situé en Lauragais et Razès, le risque est grand, d'autant que les agriculteurs de ce territoire vont bientôt perdre leur statut de zone défavorisée.

Josiane est ergonome, autrement dit spécialiste des lieux et de l'organisation du travail... Elle s'intéresse au monde agricole depuis de nombreuses années. Aujourd'hui, elle anime une réunion avec les agriculteurs de la Piège.

Permettre aux exploitants agricoles de s'exprimer sur les difficultés rencontrées au quotidien, c'est l'idée de cet atelier.

On recense, on constate, on parle des problèmes puis on tente d'analyser les faits pour les faire évoluer" explique cette ergonome qui intervient au niveau national.
Cet atelier est l'une des réponses de la MSA, mutuelle sociale agricole, pour prévenir les risques de suicide dans le monde agricole, qui est très exposé.
L'atelier vise à libérer la parole, mais aussi à créer une communauté, une solidarité entre ces agriculteurs qui travaillent sur un même territoire, mais ne se connaissent pas forcément.

Ça fait du bien de parler, d'échanger, on se rend compte qu'on est tous dans le même bateau. Qu'on a tous des problèmes et même que quelquefois ce sont les mêmes" confie un agriculteur.
Cet atelier était centré cette fois-ci autour de deux territoires, La piège et le Razès. Et ce n'est pas un hasard. En 2019, les agriculteurs qui y travaillent perdront le statut de zone défavorisée, qui leur donnait jusqu'ici droit à des primes. De quoi compliquer encore un peu plus leur quotidien...


Aude : des ateliers pour prévenir le suicide des agriculteurs
Le taux de suicide des agriculteurs est supérieur de 20 à 30% au reste de la population française. Dans la Piège, un petit territoire de l'Aude situé en Lauragais et Razès, le risque est grand, d'autant que les agriculteurs de ce territoire vont bientôt perdre leur statut de zone défavorisée. - F3 LR - Reportage : A.grellier et J.Mériot
à voir sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/aude-ateliers-prevenir-suicide-agriculteurs-1583103.html

jeudi 29 novembre 2018

ARTICLE the economist Pourquoi le suicide baisse dans le monde, et comment le faire baisser davantage

Rester en vie
Pourquoi le suicide baisse dans le monde, et comment le faire baisser davantage
Sur https://www.lenouveleconomiste.fr*

Parmi les explications à cette baisse : l’urbanisation, la diminution des mariages forcés et un accès plus difficile aux moyens d’autodestruction © Freepik
The Economist

Vous savez, dit un trader dans ‘Margin Call’, un film sur la crise de 2008, alors qu’il parle perché au sommet d’un immeuble qui domine Wall Street, “le sentiment que les gens ressentent quand ils se tiennent au bord du vide comme ça, ce n’est pas la peur de tomber, c’est la peur d’avoir envie de sauter”. Le suicide nous fascine. C’est épouvantable et pourtant, dans les recoins les plus sombres de notre esprit, cela peut paraître séduisant. C’est la forme de mort la plus dommageable. Le suicide d’un enfant est le pire cauchemar d’un parent, et celui d’un parent marque ses enfants à vie. C’est la marque d’une détresse individuelle et aussi celle d’un échec collectif : si la vie en société est trop pénible, nous sommes peut-être tous coupables.

Le taux de suicide en Amérique est en hausse de 18 % depuis 2000. Ce n’est pas seulement une tragédie, c’est aussi un problème politique. Cette augmentation concerne surtout des hommes blancs, d’âge moyen et peu instruits, dans des régions laissées pour compte par le boom économique et écrasées par les crises. Certains voient le président Trump comme une solution aux problèmes dont ces morts sont le symptôme. Des problèmes qui ne devraient pas être ignorés.

“C’est la marque d’une détresse individuelle et aussi celle d’un échec collectif : si la vie en société est trop pénible, nous sommes peut-être tous coupables.
Le taux de suicide en Amérique est en hausse de 18 % depuis 2000. Ce n’est pas seulement une tragédie, c’est aussi un problème politique”

Néanmoins, au-delà de cette triste tendance en Amérique, il y a des chiffres plus positifs : au niveau mondial, le suicide a diminué de 29 % depuis 2000. En conséquence, 2,8 millions de vies ont été sauvées pendant cette période, soit trois fois plus que le nombre de morts dans des conflits. Il n’y a pas une explication unique. Cette baisse se produit à des rythmes différents selon les groupes et les régions concernées. Cette baisse est particulièrement sensible chez trois groupes de personnes.

L’un de ces groupes est formé par les jeunes femmes en Chine et en Inde. Dans la plupart des pays du monde, les personnes âgées se tuent plus souvent que les jeunes, et les hommes plus que les femmes. Mais en Chine et en Inde, les jeunes femmes ont été particulièrement sujettes au suicide. C’est de moins en moins le cas. Un autre groupe est composé d’hommes d’âge moyen en Russie. Après l’effondrement de l’Union soviétique, l’alcoolisme et le suicide ont explosé dans cette catégorie. Les deux phénomènes sont désormais en recul. Une troisième catégorie est celle des personnes âgées dans le monde entier. Le taux de suicide chez les personnes âgées demeure, en moyenne, plus élevé que dans le reste de la population, mais il a également diminué plus rapidement depuis 2000 que dans les autres groupes.

Pourquoi ces personnes sont-elles désormais moins susceptibles de se suicider ? L’urbanisation et une plus grande liberté y ont contribué. Les récits de ceux qui ont tenté de se suicider et des proches de ceux qui réussissent à mourir laissent penser que de nombreuses jeunes femmes asiatiques ont été poussées au désespoir par des maris violents et des beaux-parents dominateurs. Quand ces gens s’installent dans des villes, quand l’emprise de la tradition se relâche, les femmes ont plus de liberté dans le choix de leur conjoint ou de leur compagnon, ce qui rend la vie plus supportable. Quitter leur village est aussi un facteur positif. Parce que l’agriculture implique de tuer des animaux, les ruraux ont plus de probabilités d’avoir les moyens de se suicider – qu’il s’agisse d’armes à feu ou de pesticides – à portée de main.

“Parce que l’agriculture implique de tuer des animaux, les ruraux ont plus de probabilités d’avoir les moyens de se suicider – qu’il s’agisse d’armes à feu ou de pesticides – à portée de main”

La stabilité sociale est également un facteur. Dans les turbulences qui ont suivi l’effondrement de l’Union soviétique, de nombreuses personnes d’âge moyen ont vu leurs revenus et leur statut s’effondrer. Les chômeurs se suicident deux fois et demie plus que les actifs. On estime que le krach financier de 2007-2008 et les récessions qui en ont résulté ont provoqué environ 10 000 suicides supplémentaires en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Au fur et à mesure que les crises se résorbent et que le chômage baisse, le suicide a tendance à diminuer. Et la baisse du taux de pauvreté chez les personnes âgées, qui a été plus rapide que dans d’autres groupes sociaux à l’échelle mondiale, aurait contribué à la baisse du nombre de suicides chez les seniors.

Mais ce déclin n’est pas seulement la conséquence de grandes tendances sociales. La politique joue également un rôle. Lorsque Mikhaïl Gorbatchev a diminué la production et la vente d’alcool au milieu des années 1980, consommation d’alcool et suicides ont fortement diminué. Cette réglementation n’a pas survécu à la chute de l’Union soviétique, la consommation d’alcool et le suicide se sont de remis à augmenter. Les restrictions décidées par Vladimir Poutine en 2005 auraient contribué à ce récent déclin.

Les gouvernements peuvent également contribuer à limiter les conséquences des problèmes économiques et sociaux. Les politiques actives pour l’emploi, qui aident les chômeurs à se recycler et à retrouver un emploi, préviennent de nombreux suicides. Et les dépenses en matière de santé, en particulier celles qui profitent le plus aux personnes âgées et aux malades, peuvent faire une grande différence : la peur de la douleur chronique est l’une des choses qui poussent les gens à chercher une fin rapide. La chute remarquable et récente du taux de suicide chez les Britanniques âgés s’explique peut-être en partie par le fait que le système britannique de soins palliatifs est le meilleur au monde.

“La chute du taux de suicide chez les Britanniques âgés s’explique peut-être en partie par le fait que le système britannique de soins palliatifs est le meilleur au monde”

Les efforts visant à limiter l’accès aux moyens de se suicider peuvent également être utiles. Le suicide est étonnamment impulsif. Une étude menée auprès de jeunes femmes chinoises qui avaient tenté de se suicider a montré que les trois cinquièmes d’entre elles envisageaient de se suicider depuis moins de deux heures, et une sur dix depuis moins d’une minute. Sur 515 personnes qui ont survécu à un saut depuis le pont Golden Gate de San Francisco entre 1937 et 1971, 94 % étaient encore en vie en 1978, ce qui suggère qu’un suicide reporté est probablement un suicide évité.

Les gouvernements peuvent faire beaucoup pour diminuer un peu plus les tentatives d’autodestruction. Les pesticides les plus toxiques représentent le moyen utilisé dans un suicide sur 7. Lorsque la Corée du Sud a interdit l’un d’eux, le paraquat, en 2011, elle a enregistré une baisse du nombre de suicides, mais la production agricole n’a pas baissé. Exiger que les médicaments potentiellement mortels ne soient vendus qu’en petites quantités, comme certains pays le font pour l’aspirine et le paracétamol, s’est également révélé utile. Mais la mesure la plus efficace de toutes est de limiter l’accès aux armes à feu. La moitié de tous les Américains qui se suicident le font avec une arme, et le taux global de suicide par arme à feu en Amérique est environ deux fois plus élevé qu’en Grande-Bretagne, où le contrôle des armes à feu est très strict. Le taux de possession d’armes à feu explique en grande partie la variation des taux de suicide d’un État américain à l’autre.

Les médias ont aussi leur part de responsabilité. Le suicide est étrangement contagieux. Lorsque l’acteur Robin Williams s’est suicidé en 2014, sa méthode et ses motifs ont été décrits en détail. Les chercheurs estiment qu’il y a eu 1 800 suicides supplémentaires au cours des quatre mois qui ont suivi, souvent selon la même méthode. Les journalistes devraient évoquer ces tragédies avec moins de détails et plus de retenue.

“Le taux de possession d’armes à feu explique en grande partie la variation des taux de suicide d’un État américain à l’autre”

Pour quelques personnes – celles qui sont en phase terminale, qui souffrent beaucoup et qui sont déterminées à mourir – le suicide peut paraître la moins terrible des solutions. Dans de telles circonstances, et en s’entourant de règles strictes, les médecins devraient être autorisés à leur apporter leur aide. Mais un grand nombre des 800 000 personnes qui se suicident chaque année agissent à la hâte, et il serait possible d’en sauver davantage en améliorant les services de santé, les politiques en matière d’emploi et en réduisant la consommation d’alcool, d’armes, de pesticides et de médicaments. L’Amérique, en particulier, pourrait éviter beaucoup de souffrance en s’appuyant sur des progrès réalisés dans d’autres pays.
* https://www.lenouveleconomiste.fr/pourquoi-le-suicide-baisse-dans-le-monde-et-comment-le-faire-baisser-davantage-66170/
© 2018 The Economist Newspaper Limited. All rights reserved. Source The Economist, traduction Le nouvel Economiste, publié sous licence. L’article en version originale : www.economist.com.



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COMPLÉMENT ARTICLE SUR

www.economist.com titre original : Defeating despair Suicide is declining almost everywhere
Edition | International
24 novembre 2018 | BEIJING, DELHI, MOSCOU ET SEOUL

ZOZH EST un néologisme russe, né d'un acronyme pour un mode de vie sain. Il est visible sur Instagram, où des millions de messages célèbrent des corps nouvellement tonifiés. le boom des clubs de santé dans les villes russes; dans la
prolifération des cafés où les jeunes sirotent des sodas et grignotent du muesli. Il est si populaire que le groupe de rock le plus célèbre de Russie, Leningrad, en a fait la satire: «Ils disent que boire n’est pas à la mode, c’est une sorte de zozh. Avant il était ivre, et maintenant il est muscleman. »La vidéo de la chanson décrit des hommes en train de mourir de manière horrible pendant l’exercice.

Zozh est peut-être risible pour un groupe qui pratique le cynisme dégénéré, mais pour le reste de la Russie, c'est une excellente nouvelle. Cela fait partie d’une transformation sociale qui a contribué à bannir les démons de la Russie. Alors que l'exercice et les smoothies ont remplacé le désespoir et l'alcool, le taux de suicide en Russie s'est effondré. Et cette tendance n’est pas propre à la Russie (voir graphique).


À l'échelle mondiale, ce taux a diminué de 38% par rapport à son sommet de 1994. En conséquence, plus de 4 millions de vies ont été sauvées, soit quatre fois plus de personnes que de personnes tuées au combat au cours de cette période. Le déclin a eu lieu à des rythmes et à des époques différents selon les régions du monde. En Occident, cela a commencé il y a longtemps: en Grande-Bretagne, par exemple, le taux masculin atteignait environ 30 pour 100 000 habitants par an en 1905, puis au même niveau en 1934, pendant la Grande Dépression; chez les femmes, il a culminé à 12 en 1964. Dans la plupart des pays occidentaux, il est resté stable ou a diminué au cours des deux dernières décennies.

Dans d'autres régions du monde, les taux ont baissé plus récemment. La Chine a commencé à baisser dans les années 90 et a régulièrement décliné, pour se stabiliser ces dernières années. Les taux de la Russie, du Japon, de la Corée du Sud et de l’Inde, toujours élevés, ont tous baissé.

L'Amérique est la grande exception. Jusqu'au début du siècle, ce taux a baissé avec celui d'autres pays riches. Mais depuis lors, il a augmenté de 18% à 12,8%, soit bien au-dessus du taux actuel de sept pour la Chine. Les baisses enregistrées dans ces autres grands pays dépassent toutefois de loin la hausse en Amérique.

Bien que les chiffres américains soient probablement fiables, il y a lieu de traiter certaines de ces données avec prudence. Certains pays où des religions puissantes interdisent le suicide ont historiquement sous-déclaré l'acte; certains le font encore. Par exemple, une étude récente menée en Iran sur les tentatives de suicide révèle un taux dix fois supérieur à celui du ministère de la Santé. Mais les tendances sont probablement globalement correctes. Les experts estiment généralement que les données s’améliorent plutôt que d’empirer, ce qui (compte tenu de la sous-déclaration passée) aurait tendance à pousser les taux à la hausse plutôt que de les baisser, alors que l’inverse se produit.

Pourquoi?

L'une des principales raisons semble être l'amélioration du sort des femmes asiatiques. Dans la plupart des pays, les hommes sont plus susceptibles de se suicider que les femmes et les personnes plus âgées plus que les plus jeunes. Mais en Chine et en Inde, le taux de suicide chez les jeunes femmes a longtemps été exceptionnellement élevé.

Ça a changé. Parmi les femmes chinoises dans la vingtaine, ce taux a diminué de neuf dixièmes depuis le milieu des années 90; ce groupe représente environ un demi-million de ces 4 millions de vies sauvées.

Jing Jun, professeur à l’Université Tsinghua de Beijing, a déclaré: «L’indépendance des femmes a sauvé beaucoup de femmes», a déclaré Jing Jun.  Dans une étude de 2002 portant sur les taux élevés chez les jeunes femmes rurales, les deux tiers de celles qui ont tenté de se suicider ont cité des mariages malheureux, les deux cinquièmes ont dit avoir été battues par leur conjoint et un tiers se sont plaintes de conflits avec leur belle-mère. Le professeur Jing explique : "Elles se mariaient dans la famille de leur mari ; elles quittaient leur ville natale ; elles allaient dans un endroit où elles ne connaissaient personne." De nos jours, la pénurie peut accroître la valeur et le pouvoir des femmes rurales : dans les villages chinois, chez les 30 à 34 ans, il y a trois hommes célibataires pour chaque femme célibataire.

Il se peut qu'il se passe quelque chose de similaire en Inde. «En Inde, les jeunes femmes sont confrontées à des normes de genre particulièrement difficiles, a déclaré Vikram Patel, de la faculté de médecine de Harvard. Si les parents désapprouvent une relation, ils diront à la police que leur fille a été enlevée. Les policiers éloigneront alors un jeune homme de 21 ans d’une relation consensuelle. En conclusion, conclut-il, de nombreux suicides en Inde «sont liés au manque d’organisme pour que les jeunes choisissent leur propre partenaire romantique». Avec la libéralisation des mœurs sociales, cela change. Les taux chez les jeunes femmes ont diminué plus rapidement que chez tout autre groupe depuis 1990; M. Patel pense qu'ils vont continuer à s'améliorer à mesure que la libéralisation sociale se poursuit.

L'urbanisation a probablement aidé à la fois en Chine et en Inde.
Cela semble contre-intuitif dans la mesure où il est associé à l'affaiblissement des liens sociaux qui, selon Emile Durkheim, sociologue et théoricien du suicide du XIXe siècle, a contribué à protéger les personnes contre les pulsions suicidaires. Pourtant, partout dans le monde, les taux de suicide tendent à être plus élevés dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Les liens sociaux contraignent parfois les personnes tout en les maintenant; fuir un mari violent ou une belle-mère tyrannique est plus facile dans une ville que dans un village. Et les moyens de se tuer sont plus difficiles à trouver en ville qu'à la campagne.

En Chine et en Inde, le taux élevé chez les jeunes femmes constituait la curiosité démographique, mais en Russie, le taux était élevé chez les hommes d'âge moyen. Ils semblaient être les victimes de l'énorme bouleversement social survenu après l'effondrement de l'Union soviétique. Cette période est animée par «Second-Hand Time», une histoire orale de Svetlana Alexievich, auteure récompensée par un prix Nobel, qui se distingue par un motif sinistre: ses personnages continuent de se suicider.

Porté par la faim et la pauvreté, un homme s’est immolé par le feu dans son potager. Un ancien combattant vieillissant a survécu à la Seconde Guerre mondiale, avant de se jeter dans un train en 1992. Un officier qui a pris part à la tentative de coup d'État contre Mikhail Gorbatchev en 1991 s'est par la suite pendu au Kremlin. «Tout ce que j’ai considéré jusqu’à présent comme le sens de ma vie est en train d’être détruit», écrit-il dans une note de suicide.

L'hyperinflation, la baisse des revenus et le chômage endémique dans les premières années de transition ont laissé de nombreuses personnes dans la misère et le besoin . La crise financière de 1998, au cours de laquelle le gouvernement russe a été en défaut de paiement de ses dettes, a anéanti l’épargne de nombreuses familles. Depuis le début des années 2000, toutefois, les tendances se sont inversées. Le taux de suicide en Russie se situe maintenant à 25, ce qui est très élevé par rapport aux normes mondiales, mais a diminué de moitié par rapport à son sommet. La baisse s’est produite de manière disproportionnée chez les hommes d’âge moyen, le groupe qui a le plus souffert dans les années 90.

Une des principales raisons est probablement que la société se stabilise après le bouleversement de l'ère post-soviétique. Selon Olga Kalashnikova, psychologue au département de psychiatrie du suicide et des crises de l'hôpital numéro 20 de la ville de Moscou, «les gens savent maintenant comment se débrouiller et se débrouiller sans l'État». Depuis 2000, le PIB par habitant a presque doublé. Les salaires ont récupéré leurs pertes des années 1990 et plus. Le chômage est inférieur à 5%. L'hypothèse socio-économique est renforcée par les taux de suicide relativement élevés observés chez les hommes des zones rurales, qui ont tendance à être moins aisés. Ilnur Aminov, un démographe, souligne que près de 40% de tous les suicides dans sa région d'origine de Bachkirie sont dus à des chômeurs.

Il existe des parallèles entre la montée du suicide dans la Russie post-soviétique et la «mort du désespoir» en Amérique identifiée par Anne Case et Sir Angus Deaton, économistes à l'Université de Princeton. Les taux de suicide chez les Blancs américains sont plus élevés et ont augmenté plus rapidement depuis 2000 que chez tout autre groupe, à l'exception des Amérindiens (voir graphique). La même tendance peut être observée chez les personnes d'âge moyen. Au tournant du siècle, les personnes âgées étaient beaucoup plus susceptibles de se tuer que celles âgées de 50 ans, mais ce n'est plus vrai. Les taux parmi les habitants des zones rurales sont plus élevés et ont augmenté plus rapidement que ceux des habitants des villes et des villages.



Il est difficile de conclure que l’explication n’est qu’une simple explication économique: revenus médians stagnants et taux d’emploi en baisse. Les Noirs et les Hispaniques ont connu des problèmes économiques similaires à ceux des Blancs et les taux d'emploi des jeunes ont tendance à être inférieurs à ceux des personnes d'âge moyen. Mme Case et Sir Angus ont expliqué que «des histoires familières sur la mondialisation et l'automatisation, les changements de coutumes sociales qui ont permis des changements dysfonctionnels dans les modèles de mariage et d'éducation des enfants, le déclin des unions et autres. En fin de compte, nous considérons que notre histoire a trait à l'effondrement de la classe ouvrière blanche après son heure de gloire au début des années 1970 et aux pathologies qui accompagnent ce déclin. »

L'augmentation du taux de suicide aux États-Unis a précédé le krach économique, mais s'est accélérée lors de la récession qui a suivi. Les recherches suggèrent qu'après la crise économique mondiale, une hausse des taux de suicide en Europe, en Amérique et au Canada a entraîné 10 000 décès supplémentaires entre 2007 et 2010. La dette, la forclusion et le chômage sont tous impliqués dans le suicide: des chômeurs se suicident à un taux de 2,5 fois plus élevés que ceux qui travaillent. La pointe des suicides en Corée du Sud a suivi la crise financière asiatique de 1997-1998.

La politique peut atténuer les effets de la récession. Selon les recherches de David Stuckler de l'Université Bocconi de Milan, le nombre de suicides n'a pas augmenté en Suède, que ce soit durant la récession de 1991-1992 ou après 2007. M. Stuckler attribue cela en partie à l'amélioration des services de santé. à tous que dans des pays tels que l’Amérique où il est lié à l’emploi - et aux efforts du gouvernement pour ramener les gens au travail. Une étude menée dans 26 pays européens a montré une corrélation inverse entre les taux de suicide et les dépenses consacrées aux politiques actives du marché du travail. Les observateurs de suicide du Japon attribuent cette baisse en partie au succès des Abenomics dans la réduction du chômage. Michiko Ueda, de l’Université de Waseda, pense que l’économie est la «raison numéro un» du déclin du suicide.

L’alcool est également clairement lié au suicide - du moins dans les cultures de «
dry drinking», telles que la Russie, l’Europe orientale et la Scandinavie, où les gens boivent pour se saouler, mais pas dans les lieux de «wet drinking», comme l'Europe centrale et du Sud, où ils boivent socialement pendant un repas. En Russie, l'alcool et le suicide ont augmenté et diminué en même temps. La consommation d'alcool a diminué de moitié entre 2003 et 2016; à ce moment-là, les Russes buvaient moins par tête que les Français ou les Allemands. Alors que les Russes adoptent des modes de vie plus sains, la part du marché de la bière augmente et celle des spiritueux est en baisse.

Suicide et alcool semblent aller de pair, mais les deux pourraient être l’effet de la turbulence sociale. Les preuves antérieures à l'effondrement de l'Union soviétique suggèrent toutefois que, dans une certaine mesure du moins, l'alcool mène au suicide. En 1985, M. Gorbatchev a imposé des règles strictes à la production et à la distribution d'alcool. Les ventes de vodka ont diminué de moitié entre 1984 et 1986. Au cours de cette période, le taux de suicide chez les hommes a diminué de 41% et le taux chez les femmes de 24%. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, le monopole de l’État sur l’alcool a été aboli et la réglementation a été abolie. La consommation d'alcool et le suicide ont tous deux augmenté.

L'intervention de l'État est probablement en partie responsable de la récente chute du suicide. En 2006, les nouvelles règles sur la production et la distribution d’alcool ont fait monter les prix. L'analyse statistique suggère que ces restrictions ont entraîné une baisse de 9% du nombre de suicides chez les hommes, ce qui a permis de sauver 4 000 vies par an. une politique similaire en Slovénie en 2003 a entraîné une baisse de 10%.

L'amélioration de la vie des personnes âgées aurait également contribué à réduire les taux de suicide. Globalement, le taux chez les personnes âgées a tendance à être plus élevé que chez les jeunes et les personnes d'âge moyen, mais il a également diminué plus rapidement dans la plupart des pays.

Cela peut s'expliquer en partie par le fait que, comme le souligne Diego de Leo, ancien directeur de l'Australian Institute for Suicide Prevention and Research, les taux de pauvreté des personnes âgées (souvent les plus pauvres de la société) ont diminué plus rapidement dans le monde que ceux des autres groupes. De meilleurs services de santé, plus utilisés par les personnes âgées que par les jeunes, peuvent être une autre raison. La maladie à long terme est une cause fréquente de suicide, et les efforts pour soulager la douleur des patients peuvent faire une grande différence. Le système britannique de soins palliatifs, considéré comme le meilleur au monde, contribue à expliquer une baisse remarquable du taux de suicide chez les personnes âgées.

Les soins à domicile peuvent également réconforter les personnes âgées. M. de Leo évoque l'afflux de badanti, des travailleurs migrants en Italie. Les enfants italiens sont réticents à confier leurs parents dans les maisons de retraite, mais ils n’ont souvent ni le temps ni la volonté de s’occuper eux-mêmes des personnes âgées. Les travailleurs migrants, explique le professeur de Leo, ont apporté «une amélioration considérable». (Trop souvent, râlent des Italiens d'âge moyen, consternés par la relation de leurs parents âgés avec des migrants supposés chercher de l'or.)

Jing Jun, de l'Université Tsinghua, estime que la Chine doit également s'attacher à réduire le nombre de suicides chez les personnes âgées.
Il blâme la tradition chinoise en matière de responsabilité parentale. Avec la politique de l'enfant unique, il y a trop peu d'enfants pour en supporter le fardeau, et s'il y en a plus d'un, les parents peuvent se retrouver en conflit. «En Occident, vos enfants ne se disputent que le temps qu’ils passent avec vous. En Chine, ils se battent pour l’argent qu’ils dépensent pour vous. »Mais il ajoute que les choses vont dans la bonne direction: les taux chez les personnes âgées ont baissé à mesure que les prestations de retraite et de soins de santé s’amélioraient.


Restreindre l'accès aux moyens de se tuer peut également faire une grande différence. Le suicide est un acte étonnamment impulsif, en particulier chez les jeunes. Selon cette étude réalisée en 2002 sur de jeunes Chinoises ayant tenté de se suicider, trois cinquièmes envisageaient de se suicider depuis deux heures ou moins, dont deux cinquièmes qui y pensaient depuis dix minutes ou moins, et une sur dix pour juste une minute. S'attaquer au poison à base de rat  - 88% d'entre eux avaient utilisé des pesticides agricoles - entraînera probablement beaucoup plus de décès que la saisie d'une bouteille de pilules. Cela peut aider à expliquer pourquoi la baisse des taux chez les femmes chinoises a été plus marquée que chez les hommes. Dans les zones urbaines, les hommes privilégient les moyens violents tels que suspendre ou sauter de bâtiments, tandis que les femmes ont tendance à préférer les médicaments, qui risquent moins de les tuer. Ainsi, s’éloigner des zones rurales a tendance à sauver plus de femmes que d’hommes.

Mieux vaut ne jamais tarder

Les gens ont tendance à croire que ceux qui ont l'intention de se suicider finissent par le faire. Dans une enquête réalisée par Matthew Miller de la Northeastern University, 34% des personnes interrogées pensaient que toutes les personnes ayant sauté du Golden Gate Bridge, ou la plupart d'entre elles, auraient trouvé un autre moyen de se suicider si une barrière les avait stoppées; 40% pensent que la plupart l’auraient. Mais une étude portant sur 515 personnes ayant survécu au saut entre 1937 et 1971 a montré que 94% d'entre elles étaient encore en vie lorsque l'étude a été réalisée en 1978, ce qui suggère que le suicide est souvent une impulsion éphémère plutôt qu'une intention bien établie.

La Grande-Bretagne dans les années 1960 illustre parfaitement ce qui peut arriver si l'accès à un moyen facile de se tuer est exclu. Lorsque le pays est passé du gaz de charbon toxique - le moyen de suicide préféré des femmes et des hommes âgés - au gaz inoffensif de la mer du Nord, les taux parmi ces groupes se sont effondrés. À l'époque, les taux étaient en hausse chez les jeunes hommes, ce qui conforte l'idée que le commutateur de gaz a joué un rôle.

C’était la conséquence fortuite d’une découverte d’énergie, mais une politique délibérée peut jouer un rôle dans la limitation de l’accès au suicide. Une série d'interdictions au Sri Lanka - la plus récente en 2008-2011 concernant le paraquat - a permis de ramener le taux de 45 au début des années 90 à 20 aujourd'hui. Lorsque la Corée du Sud a interdit le paraquat en 2011, on estime que la réduction du nombre de décès par suicide a contribué pour moitié à la diminution globale du nombre de suicides au cours des deux prochaines années. Le paraquat est maintenant interdit dans l'UE; La Chine a dit qu'elle l'interdirait. la distribution est restreinte en Amérique; mais dans de nombreuses régions du monde, il reste librement disponible.

En Europe occidentale, où les pesticides ne constituent plus un risque sérieux, l’accent a été mis sur la limitation de l’accès aux pilules dangereuses. En Grande-Bretagne, par exemple, une loi a été adoptée en 1998 pour limiter le nombre d’aspirines et de paracétamol pouvant être vendus dans un seul emballage. L'année suivante, les suicides liés à l'aspirine ont diminué de 46% et ceux au paracétamol de 22%. Les plaquettes sont également utiles, car les pilules doivent être expulsées péniblement une à une, ce qui permet à un soi-disant suicide de revenir en arrière. En Amérique, hélas, le paracétamol est toujours vendu en vrac, de sorte que 50 comprimés peuvent être gorgés en une fois.

Mais le principal moyen de suicide en Amérique sont les armes à feu. Ils représentent la moitié des suicides, et les suicides représentent plus de décès par arme à feu que les homicides. Les armes à feu sont plus efficaces que les pilules. Par conséquent, les personnes qui se tirent impulsivement risquent davantage de se retrouver à la morgue que dans le service des urgences. Selon Matthew Miller, de l’Université de Harvard, les niveaux de possession d’armes à feu expliquent en grande partie la variation des taux de suicide, allant de 26 pour 100 000 dans le Montana à cinq à Washington, DC. Si l’Amérique abandonnait ses armes, les suicides s’écraseraient.

La retenue  des médias peut également jouer un rôle. Même à la mort, les gens sont influencés par les célébrités. C’est ce que l’on appelle «l’effet Werther», après la série de suicides qui a suivi la publication en 1774 d’un roman de Goethe qui se termine par le suicide du héros éponyme. Particulièrement courant en Asie, le phénomène a été observé dans le monde entier. Après que le comédien américain Robin Williams se soit pendu en 2014, les chercheurs ont calculé qu'il y avait 1 841 suicides de plus, soit une augmentation de 10%, par rapport aux prévisions pour les quatre prochains mois. L’augmentation des pendaisons et des personnes d’âge moyen a été particulièrement marquée.

Les experts en suicide ont critiqué le shérif du comté de Marin pour avoir décrit en détail la méthode utilisée par Williams. Les rapports font clairement la différence. Paul Yip, de l'Université de Hong Kong, décrit les tendances sur le territoire après un article de première page en 1998 sur le suicide d'une femme s'empoisonnant au monoxyde de carbone. En un an, le nombre de suicides au charbon de bois était passé de zéro à 10% du total.
Quand un acteur sud-coréen, Ahn Jae-hwan, s'est tué en 2008 avec un fusain à charbon, la méthode est passée de moins de 1% des suicides sud-coréens à 8% en 2011, ce qui explique en grande partie la hausse globale du nombre de suicides. le taux dans cette période.

De nombreux pays ont des directives à l’intention des médias, qui disent essentiellement la même chose: n’écrivez pas les suicides de manière héroïque et n’indiquez pas le lieu ou la méthode en détail. La retenue des médias semble faire la différence. Après une vague de suicides dans le métro de Vienne, lorsque les gens se tuaient tous les six mois, les journaux ont été persuadés de cesser de signaler les suicides ou au moins de les empêcher de faire la une des journaux. Les nombres sont passés de un à quatre tous les six mois. Mais dans certains pays, les directives concernant les médias sont largement ignorées. Une étude sur les rapports de suicide de la Corée du Sud plus tôt cette année a montré que les trois quarts des articles donnaient des détails sur la méthode et l'emplacement, et que la moitié révélait le contenu de la note de suicide de la personne décédée. La fascination des lecteurs pour les détails sanglants du suicide l'emporte sur le journalisme responsable.

Face à l'horreur d'un ami ou d'une relation suicidaire, les gens se sentent effrayés et impuissants. Pourtant, les sociétés peuvent faire la différence - parler, écouter, aider les personnes qui traversent une période difficile. Donner aux femmes plus de contrôle sur leur vie, atténuer les effets du changement social, mieux soigner les personnes âgées, restreindre la façon dont le suicide est signalé, restreindre l'accès aux moyens de se tuer: tout cela peut rendre la vie un peu plus digne d'être vécue , ou du moins persuader les désespérés de s’y accrocher jusqu’à ce qu’il en soit ainsi.

Cet article a été publié dans la section internationale de l'édition imprimée sous le titre "Vaincre le désespoir".
https://www.economist.com/international/2018/11/24/suicide-is-declining-almost-everywhere

RAPPEL MANIFESTATION Lyon (69) 11& 12/02/2019


Dans le cadre des JNPS 2019, la fondation ARHM et le Centre Hospitalier du Vinatier organisent deux évènements sur la prévention et la postvention du suicide :

·         11 février 2019 de 18h30 à 20h30 : Conférence grand public : « Suicide tous concernés »

Affiche

Une personne sur 20 fait une tentative de suicide au cours de sa vie et 9 000 personnes se suicident chaque année en France. Parce que ces drames sont le plus souvent tus alors que des solutions existent, rompre le silence c'est déjà lutter pour sauver des vies. 
Cette conférence grand public propose de faire un premier pas pour informer le grand public sur les moyens d'agir. Les Drs Christophe DEBIEN, Charles-Edouard NOTREDAME, Anne-Fleur PEREZ et Edouard LEAUNE animeront au cours de la conférence des temps de réflexion sur les mythes entourant le suicide, sur les moyens de soutenir les personnes en crise suicidaire et les dispositifs existant pour apporter une aide effective par des professionnels et des bénévoles.
Conférence gratuite, ouverte à tous, inscription obligatoire ici : https://www.inscription-facile.com/form/yZnLGHyvnwkxkdgTAlw2


·         12 février 2019 de 9h15 à 17h40 : Colloque « Postvention : Accompagner, Soutenir et Intervenir après un SuicidePré-programme
Affiche
Ce colloque portera sur la prise en charge des endeuillés par suicide et les réponses institutionnelles au suicide d’un patient dans un service de santé ou médico-social. L'impact sur les professionnels impliqués dans la prise en charge d'un patient décédé par suicide et sur la communauté sera notamment évoqué.
Les inscriptions sont gratuites mais obligatoires (nombres de places limitées) auprès de yamina.lagha@ch-le-vinatier.fr 





ETUDE RECHERCHE IRLANDE Association d'expériences psychotiques avec un risque ultérieur d'idées suicidaires, de tentatives de suicide et de décès par suicide

D'après article "One in four suicide attempts are associated with perceptual difficulties"
www.sciencedaily.com* du 28/11/2018
Une tentative de suicide sur quatre est associée à des difficultés de perception
Comprendre et traiter les facteurs associés à ces anomalies de la perception pourrait prévenir au moins un quart des tentatives de suicide et des décès.
Source:   Royal College of Surgeons in Ireland (RCSI)

Résumé: Des chercheurs ont révélé qu'un quart des tentatives de suicide était associé à un dysfonctionnement de l'interprétation des informations perceptuelles de base par le cerveau, telles que ce que nous voyons, entendons et pensons. Les recherches montrent que ce dysfonctionnement permet de prédire les comportements suicidaires et offre de nouvelles perspectives de traitement et de prévention du suicide.

Des chercheurs du RCSI (
Royal College of Surgeons in Ireland) ont révélé qu'un quart des tentatives de suicide est associé à un dysfonctionnement de la façon dont le cerveau interprète les informations perceptuelles de base, telles que ce que nous voyons, entendons et pensons. Les recherches montrent que ce dysfonctionnement permet de prédire les comportements suicidaires et offre de nouvelles perspectives de traitement et de prévention du suicide. La recherche a été publiée aujourd'hui dans JAMA Psychiatry.

Des symptômes tels que l'humeur dépressive, les sentiments d'inutilité et de désespoir sont bien documentés dans les comportements suicidaires. Cependant, dans une analyse de plus de 80 000 personnes, de nouvelles recherches ont révélé que le quart des personnes qui ont tenté de mourir ou qui sont décédées par suicide ont eu des problèmes d'expériences sensorielles de base, telles qu'entendre ou voir des choses qui n'existent pas réellement - autrement dit «anomalies de perception».

Selon cette étude, de tels épisodes ne sont pas nécessairement associés à des maladies psychotiques ou à la dépression et peuvent survenir chez des personnes ne souffrant pas de maladie mentale.

Des recherches menées au cours des 15 dernières années ont montré que des expériences telles que «entendre des voix» sont beaucoup plus courantes qu'on ne le pensait auparavant - environ 5 à 7% de la population en général déclarent avoir au moins occasionnellement des expériences telles qu'entendre des voix. Pour certaines personnes, ces expériences apparaissent lorsque le cerveau est stressé ou lorsque les niveaux d'adaptation sont dépassés.

Le Dr Ian Kelleher, chargé de recherche sur la psychiatrie à RCSI et responsable de l'étude, a commenté: "Nos recherches montrent que si nous pouvions comprendre et traiter les facteurs associés à ces anomalies perceptuelles, nous pourrions prévenir au moins un quart des tentatives de suicide et des décès. 1 millions de personnes se suicident chaque année, c’est une perspective très encourageante en matière de prévention du suicide. "

"Ces résultats montrent la nécessité pour les cliniciens d'accorder une attention particulière aux patients rapportant une expérience d'expérience psychotique, ainsi qu'un financement accru pour la recherche visant à reconnaître un sous-type de suicide psychotique", a ajouté le Dr Kelleher.

Kathryn Yates, psychiatre de RCSI et co-auteur de l'étude, a déclaré: "Si nous voulons comprendre le suicide, nous devons en savoir beaucoup plus sur les anomalies de la perception. Qu'est-ce qui amène les gens à entendre leurs voix? Comment ces expériences se rapportent-elles aux facteurs biologiques et sociaux? facteurs impliqués dans le risque de suicide? Il reste encore beaucoup de questions en suspens, mais cette recherche suggère de nouvelles pistes pour améliorer la prévision du comportement suicidaire. "

References:
Association of Psychotic Experiences With Subsequent Risk of Suicidal Ideation, Suicide Attempts, and Suicide DeathsA Systematic Review and Meta-analysis of Longitudinal Population Studies
Kathryn Yates, MSc 1
; Ulla Lång, MA 1; Martin Cederlöf, PhD 2; et al
Fiona Boland, PhD 3,4; Peter Taylor, PhD 5; Mary Cannon, MD, PhD 1; Fiona McNicholas, MD 6,7,8; Jordan DeVylder, PhD 9; Ian Kelleher, MD, PhD 1
1
Department of Psychiatry, Royal College of Surgeons in Ireland, Dublin, Ireland
2
Department of Medical Epidemiology and Biostatistics, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
3
Division of Population Health Sciences, Royal College of Surgeons in Ireland, Dublin, Ireland 

4Data Science Centre and Department of General Practice, Royal College of Surgeons in Ireland, Dublin 2, Ireland
5
Division of Psychology and Mental Health, University of Manchester, Manchester, United Kingdom
6
School of Medicine and Medical Sciences, University College Dublin, Belfield, Dublin, Ireland
7
Lucena Clinic St. John of God, Dublin, Ireland
8
Department of Child Psychiatry, Our Lady’s Hospital for Sick Children, Dublin, Ireland
9
Graduate School of Social Service, Fordham University, New York, New York
JAMA Psychiatry.
Published online November 28, 2018. doi:10.1001/jamapsychiatry.2018.3514
https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2715166


Materials provided by Royal College of Surgeons in Ireland (RCSI). Note: Content may be edited for style and length.

 * https://www.sciencedaily.com/releases/2018/11/181128114904.htm

PARUTION Actualités sur les maladies dépressives

Vient de paraître

Actualités sur les maladies dépressives
Collection Psychiatrie dirigée par Jean-Pierre OLIÉ

Coordonné par Frank BELLIVIER et Emmanuel HAFFEN

608 pages - 17 x 24 cm - ISBN : 978-2-257-20733-3 - 65 €

Cet ouvrage est disponible dans les librairies spécialisées et sur le site de Lavoisier

Réunissant l’expérience et les recherches de plus d’une centaine d’auteurs, spécialistes reconnus de leur domaine, l’ouvrage offre un panorama détaillé et complet des avancées les plus récentes dans le champ des maladies dépressives, en explorant :
• l’évolution des idées sur la dépression
• les aspects sémiologiques et les formes cliniques
• l’évaluation de la dépression
• les différentes comorbidités
• l’évolution de la maladie
• les biomarqueurs états et les biomarqueurs traits
• les prises en charge, qu’elles soient médicamenteuses, psychothérapeutiques, de stimulation, sans oublier l’éducation thérapeutique et l’accompagnement du patient et de son entourage.
Cet ouvrage est destiné aux psychiatres, en exercice et en formation, et à tous les praticiens confrontés à la prise en charge d’un patient souffrant d’une dépression.

Les auteurs ont travaillé sous la direction du Professeur Frank Bellivier (Professeur des Universités, Praticien hospitalier, département de Psychiatrie et Médecine addictologique, hôpital Fernand-Widal, Paris) et du Professeur Emmanuel Haffen (Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Psychiatrie, CHRU, Besançon).

Persuadés que cette synthèse intéressera vos lecteurs, nous vous remercions par avance de l'accueil que vous lui réserverez.






extraits de la table des matières
Chapitre 15 Dépression et Conduites suicidaires par Lucile Villain et Philippe Courtet
Quelques définitions
Epidémiologie
Facteurs de risque liés à la dépression
Facteurs de vulnérabilité individuelle et de stress
Facteurs de protection
Physiopathologie du suicide
prise en charge

mardi 27 novembre 2018

PRESENTATION STRUCTURES Une treizième clinique de la Fondation santé des étudiants de France est en construction.

Psychiatrie : Une clinique à Sceaux mêle soins et études pour éviter aux adolescents de lâcher l’école

PSYCHIATRIE Une treizième clinique de la Fondation santé des étudiants de France est en construction. Reportage dans l'une d'elle qui propose un accompagnement spécifique pour les 16-25 ans...
Publié le 26/11/18 sur https://www.20minutes.fr*
 
La clinique Dupré à Sceaux accueille une centaine de jeunes de 16 à 25 ans pendant en moyenne un an et propose un accompagne soins-études. — O. Gabriel / 20 Minutes

Douze cliniques de la Fondation santé des étudiants de France proposent un parcours soins-études.
Une treizième clinique va sortir de terre à Vitry-le-François d'ici un an, la première pierre vient d’être posée.
Comment fonctionne cette double prise en charge? «20 Minutes» a été à la rencontre des équipes soignantes et éducatives de la clinique Dupré à Sceaux (Hauts-de-Seine).

Une médiathèque bien fournie, des arbres apaisants, des chambres individuelles et de petites salles de classe. La clinique Dupré, à Sceaux (Hauts-de-Seine), loin du tumulte et des caricatures d’un hôpital psychiatrique angoissant, offre un havre de paix et surtout une démarche originale pour éviter que des adolescents atteints de troubles psychiatriques ne lâchent l’école. Un parcours soins-études individualisé est proposé à chaque patient-élève. Une spécificité des douze cliniques privées à but non lucratif* de la Fondation santé des étudiants de France. Une treizième doit même ouvrir à Vitry-le-François (Marne) à l’automne 2019. La première pierre a d’ailleurs été posée le 9 novembre.
Accepter de se faire soigner sur la durée

« On dit facilement qu’on est atteint de diabète, moins qu’on est psychotique », introduit Blandine Charrel, directrice de cette clinique francilienne. Encore moins pendant cette période critique de l’adolescence, où sortir de la norme rime avec railleries et solitude. « Le quotidien quand on est lycéen, c’est l’école », reprend la directrice.

D’où l’intérêt de proposer un refuge qui mêle soins et études pour des adolescents anorexiques, bipolaires, schizophrènes, dépressifs ou encore atteints de phobie scolaire. « Le premier avantage de ce parcours soins-études, c’est d’abord que ça rassure et donc que les familles acceptent mieux ces soins importants et dans la durée », synthétise Blandine Charrel. « On le voit d’ailleurs chez nos patients qui vont moins renoncer à leur traitement », complète Patricia Benhamou, psychiatre à la clinique.

A qui cela s’adresse ?

Cette clinique accueille des jeunes de 16 à 25 ans, « des âges où les troubles psychiatriques se manifestent », précise Laurent Pinel, psychiatre à la clinique Dupré. Période aussi où « le psychisme n’est pas encore figé, ajoute la directrice. Plus on prend en charge tôt ces maladies, plus on a de chance d’aller vers une guérison ou une stabilisation. » Sans hypothéquer son avenir social et professionnel. D’ailleurs, les patients suivent des cours dispensés par des enseignants de l’Education nationale et passent les mêmes examens que le reste des étudiants français. « Et le bac, ils l’obtiennent ! » s’enthousiasme Patricia Benhamou.
Planning individuel et évolutif

Comment marier exigences des soins et des cours ? Chaque élève a un emploi du temps aménagé en fonction de ses besoins : cours dans son niveau (seconde, première, terminale, université, et ce dans des classes de 5 à 12 élèves maximum), ateliers de danse, chant, relaxation avec des ergothérapeutes et rendez-vous avec le psychiatre. « Pour des élèves qui ont été déscolarisés pendant plusieurs mois, on va commencer doucement avec peu de cours, puis réaménager son planning en fonction de son évolution », précise Patricia Benhamou, psychiatre. Avec un suivi ajusté puisque chaque semaine un binôme psychiatre et enseignant référent dresse un bilan pour chaque élève.

De petites classes accueillent entre 5 et 12 élèves par niveau pour les adolescents et jeunes adultes hospitalisés dans cette clinique soins-études en psychiatrie. - O. Gabriel / 20 Minutes

« Nous respectons les programmes de l’Education nationale, mais nous adaptons notre pédagogie à l’élève en fonction de son individualité, explique Nadia Azzimani, enseignante d’anglais dans cette clinique. Et de sa fatigue le jour J. C’est toute la difficulté et l’intérêt des soins-études. » Avec pour objectif d’aider ce jeune à « retrouver de la concentration, une possibilité d’être avec les autres, un plaisir d’apprendre et de refaire une activité manuelle », explique l’enseignante rattachée au lycée Lakanal. Car chaque clinique nourrit des liens forts avec un établissement de son secteur.
Cette clinique à Sceaux est en lien avec le lycée Lakanal et des professeurs de l'éducation nationale enseignent dans ce lieu spécifique. - O. Gabriel / 20 Minutes

Une approche différente de l’école à l’hôpital, ce système de cours individuels donnés par des bénévoles pour les enfants hospitalisés. « Ici, c’est le jeune qui se déplace, il doit prendre une douche, aller à la salle de cours », souligne Patricia Benhamou. Laisser son pyjama de patient pour reprendre sa casquette d’élève. Et retrouver un rythme cadré, des horaires précis, une date butoir d’examen…
Construire son avenir professionnel

Avec pour objectif d’éviter que la maladie et l’hospitalisation n’hypothèquent l’avenir professionnel de ces jeunes. Héloïse Roguet, documentaliste à la clinique, aborde donc dans des ateliers la question de l’orientation. Car ces adolescents ont besoin de soins, mais aussi de savoir remplir Parcoursup ou un CV…



Héloïse Roguet, documentaliste et enseignante à la clinique Dupré propose notamment des ateliers pour présenter un cv aux adolescents hospitalisés pour troubles psychiatriques. - O. Gabriel / 20 Minutes

« Parfois, quand les familles arrivent, leurs ambitions sont illusoires, reprend Laurent Pinel. J’ai entendu des parents marteler "mon fils, tu seras polytechnicien". Notre travail, c’est de les ramener à une réalité de manière bienveillante et paisible pour qu’elle soit acceptable et raisonnable. »
Garder un lien avec l’extérieur

Mais l’avenir de ces patients s’écrit en dehors de ces murs. Et le retour à la vie ordinaire n’est pas simple. D’où l’importance de laisser aux parents toute leur place. « Il y a une dimension totalisante de notre établissement où les jeunes retrouvent l’école, des relations amicales, amoureuses, des adultes bienveillants, reconnaît Laurent Pinel. On sait à quel point ils peuvent s’attacher et que le travail de fin de prise en charge commence dès la première rencontre. »

Si en moyenne, ces adolescents passent un an dans cette clinique soins-études, ils restent toujours en lien avec l’extérieur. « On fait du dedans-dehors en permanence, illustre Patricia Benhamou. Ils retournent dans leur famille le week-end et les vacances, quand leur état le permet. On les encourage aussi à garder des liens avec leurs amis, continuer leurs loisirs le week-end. »
Retrouver confiance et optimisme

Mêler études et soins pendant une longue période plutôt que ménager une scolarité en pointillé, un bon calcul ? « J’ai vu des jeunes en grande difficulté, hospitalisés très régulièrement, qui se sont stabilisés ici et ont pu construire un projet d’avenir, assure Laurent Pinel. Cela ne marche pas pour tous, c’est sûr, mais on voit combien cet accompagnement a été bénéfique pour certains. » Et l’équipe pluridisciplinaire de raconter les lettres de remerciement de ces adolescents en grande souffrance qui ont retrouvé confiance en eux.

Pour le moment, aucune enquête sur les soins-études ne peut venir appuyer ce ressenti. « Mais des études montrent que les rechutes à répétition affectent la qualité de vie et l’insertion professionnelle des patients en psychiatrie », complète Patricia Benhamou. Les psychiatres, qui adressent leurs patients à cette clinique, ne s’y sont pas trompés : il y a dix à douze mois d’attente pour obtenir un des 106 lits d’hospitalisation.

* Les tarifs de cette clinique sont ceux d’une hospitalisation classique dans le public.
https://www.20minutes.fr/sante/2373771-20181126-psychiatrie-clinique-sceaux-mele-soins-etudes-eviter-adolescents-lacher-ecole

En savoir plus la fondation et ses structures http://www.fsef.net/

RECHERCHE ETUDE NÎMES Le suicide des personnes âgées déprimées en débat à Carémeau, Nîmes (30)

NÎMES Le suicide des personnes âgées déprimées en débat à Carémeau
Anthony Maurin 26 novembre 2018

Le CHU de Nîmes et la Fondation APICIL présenteront cette semaine les résultats de la recherche " Comprendre le risque suicidaire de la personne âgée déprimée " pour rendre compte des mécanismes spécifiques de la vulnérabilité suicidaire.

Cause de 800 000 morts chaque année dans le monde, le suicide représente un important problème de santé publique. En France, plus de 10 000 personnes décèdent chaque année de suicide, et 10 à 20 fois plus tentent de se suicider (données Observatoire national du suicide 2016). Avec 16 suicides pour 100 000 habitants, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. Même si le terme est loin d'être humain, le " fardeau économique " des conduites suicidaires dans notre pays est estimé à cinq milliards d’euros par an.

" À ce jour, très peu d’études ont examiné le fonctionnement cérébral du sujet âgé à risque suicidaire, et peu de données existent concernant les fondements biologiques de la douleur psychologique en général. Ce projet novateur se propose donc d’améliorer notre compréhension du processus suicidaire en étudiant spécifiquement, à l’aide de la neuro-imagerie, les bases cérébrales de la vulnérabilité suicidaire. Notamment le fonctionnement cérébral associé à la douleur psychologique chez la personne âgée déprimée. Ces travaux pourraient ouvrir des pistes originales de traitement de la crise suicidaire et de prévention du suicide ", expose le professeur Fabrice Jollant.

De toutes les tranches d’âge, ce sont les personnes âgées qui présentent les taux de suicide les plus élevés, un fait peu connu. Améliorer la prévention du suicide nécessite d’améliorer la connaissance des mécanismes complexes conduisant une personne à cet acte terrible. Un des mécanismes suicidaires centraux est la douleur psychologique intense. Cette recherche a été cofinancée par la Fondation APICIL (20 840 euros), la fondation de l’Avenir et le CHU de Nîmes.

La Fondation APICIL, reconnue par les médecins pour son engagement dans le soutien de projets de recherche dans le domaine de la douleur, a été contactée par le professeur Fabrice Jollant pour contribuer au financement du projet de recherche très innovant " Bases cérébrales de la douleur psychologique et du risque suicidaire chez la personne âgée déprimée ".
http://www.objectifgard.com/2018/11/26/nimes-le-suicide-des-personnes-agees-deprimees-en-debat-a-caremeau/


INFO +

Point presse 29/11/18 Nîmes sur la recherche comprendre le risque suicidaire de la personne âgée déprimée  sur https://web.babbler.fr
Au cours de ce point presse le 29 novembre à 14h30 au CHU de Nîmes, le CHU de Nîmes et la Fondation APICIL présenteront la recherche en cours pour comprendre les mécanismes spécifiques de la vulnérabilité suicidaire chez la personne âgée déprimée.


 
Cause de 800 000 morts chaque année dans le monde, le suicide représente un important problème de santé publique. En France, plus de 10 000 personnes décèdent chaque année de suicide, et 10 à 20 fois plus tentent de se suicider (données Observatoire National du Suicide 2016). Avec 16 suicides pour 100 000 habitants, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. Le fardeau économique des conduites suicidaires dans notre pays est estimé à 5 milliards d’euros par an. De toutes les tranches d’âge, ce sont les personnes âgées qui présentent les taux de suicide les plus élevés, un fait peu connu. Améliorer la prévention du suicide nécessite d’améliorer la connaissance des mécanismes complexes conduisant une personne à cet acte terrible. Un des mécanismes suicidaires centraux est la douleur psychologique intense.

AGIR ENSEMBLE CONTRE LA DOULEUR

La Fondation APICIL, reconnue par les médecins pour son engagement dans le soutien de projets de recherche dans le domaine de la douleur, a été contactée par le Professeur Fabrice Jollant pour contribuer au financement du projet de recherche très innovant « Bases cérébrales de la douleur psychologique et du risque suicidaire chez la personne âgée déprimée ».

Cette recherche a été cofinancée par la Fondation APICIL (20 840€), la fondation de l’Avenir et le CHU de Nîmes.

Qu’est-ce qu’une fondation ?

Une fondation est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources à la réalisation d’une oeuvre d’intérêt général et à but non lucratif. La Fondation APICIL, reconnue d’utilité publique se positionne comme une valeur ajoutée aux missions de la collectivité, comme un starter de projets, un incubateur d’innovation. Les projets innovants, originaux sont encouragés pour donner de l’ampleur à des moyens efficaces mais trop peu développés qui ne bénéficient pas toujours de financements publics.

CONTEXTE DE LA RECHERCHE

"À ce jour, très peu d’études ont examiné le fonctionnement cérébral du sujet âgé à risque suicidaire, et peu de données existent concernant les fondements biologiques de la douleur psychologique en général. Ce projet novateur se propose donc d’améliorer notre compréhension du processus suicidaire en étudiant spécifiquement, à l’aide de la neuro-imagerie, les bases cérébrales de la vulnérabilité suicidaire, notamment le fonctionnement cérébral associé à la douleur psychologique chez la personne âgée déprimée. Ces travaux pourraient ouvrir des pistes originales de traitement de la crise suicidaire et de prévention du suicide." Pr Fabrice JOLLANT

En pièce jointe, vous trouverez l'invitation presse en pdf

Nous vous remercions de bien vouloir vous inscrire à ce point presse en confirmant votre présence, avant le 28 novembre, auprès de Wilma Odin-Lumetta.


Rendez-vous à la salle d'honneur de la Direction Générale, Bâtiment polyvalent, CHU de Nîmes, place du Pr R.Debré, 20029 Nîmes, le jeudi 29 novembre 2018 à 14h30.

Contacts presse Fondation APICIL contre la douleur
Wilma Odin-Lumetta - wilma.odin@buro2presse.com - 06 83 90 25 64
Nathalie Aulnette - 21, place Bellecour, 69002 LYON - nathalie.aulnette@fondation-apicil.org
www.fondation-apicil.org
Contact presse CHU de Nîmes
Benjamin Héraut - benjamin.heraut@chu-nimes.fr - 06 78 93 70 25
www.chu-nimes.fr

https://web.babbler.fr/document/show/invitation-point-presse-9-novembre-14h30-chu-nimes-comprendre-le-risque-suicidaire-de-la-personne-agee-deprimee/suggested_content#/

RECHERCHE ETUDE EVAREST 2: évaluation qualitative du dispositif de veille nancéien “ Rester en contact ” dans la prévention de la récidive suicidaire

EVAREST 2 : évaluation qualitative du dispositif de veille nancéien « Rester en contact » dans la prévention de la récidive suicidaire
Sondos Abdalla 1
1 UL - Université de Lorraine
Résumé : Les outils de veille sanitaire (OVS) ou Brief Contact Interventions (BCIs) se développent depuis une vingtaine d’années dans la prévention de la récidive suicidaire. Malgré la mise en évidence de plusieurs résultats positifs, les résultats des études sur l’efficacité de ces dispositifs de veille dans la prévention de la récidive suicidaire sont hétérogènes. Par ailleurs, peu d’études s’intéressent au vécu des patients face à ces dispositifs de veille et à l’impact qu’ils ont sur le recours aux soins en cas de crise suicidaire. Il nous a donc semblé intéressant d’intégrer l’expérience personnelle des patients vis-à-vis de ces dispositifs en évaluant qualitativement un dispositif de veille à travers leur vécu. Cette thèse propose de présenter sous forme d’article EVAREST 2, qui est une évaluation qualitative du dispositif de veille sanitaire « Rester en contact » mis en place depuis mars 2015 à l’Unité d’Accueil des Urgences Psychiatriques de Nancy. Les résultats d’EVAREST 2 ont permis de mettre en évidence que le dispositif de veille « Rester en contact » a très bien été accepté par les patients suicidants, qui l’ont estimé bénéfique en leur permettant de se sentir moins isolé, d’avoir le sentiment d’être en contact et d’avoir été compris et entendu.
Mémoire / Rapport de stage
Sciences du Vivant [q-bio]. 2018
Domaine : Sciences du Vivant [q-bio]

https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01932290
Contributeur : Colette Orange   Soumis le : vendredi 23 novembre 2018 Dernière modification le : lundi 26 novembre 2018
Fichier


BUMED_T_2018_ABDALLA_SONDOS.pd...
Fichiers produits par l'(les) auteur(s)
https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01932290

lundi 26 novembre 2018

MANIFESTATION 29/11/2018 ET MOBILISATION Mauléon-Licharre (64) Le risque suicidaire au cœur du débat

Le risque suicidaire au cœur du débat
Publié le par Pierre-Alex Barcoïsbide.
Le risque suicidaire au cœur du débat
La journée de de débats, préparée par le groupe Santé Soule, aura lieu ce jeudi.
Photo P.-A. B.
Voila quelque temps que le groupe Santé Soule réunit régulièrement les acteurs du territoire autour de problématiques de santé publique. Parmi les interlocuteurs, se trouvent la Communauté d’agglomération Pays basque, le Collectif souletin, le CCAS de Mauléon, Etxe Goxoki-Groupe d’entraide mutuelle, le Service départemental des solidarités et de l’insertion, le Centre médico-psychologique, les établissements scolaires, la Mission locale, Azia, le Centre intercommunal d’action sociale du pays de Soule ainsi que Algarrekin Bizi. Au vu d’évènements tragiques récents, le groupe Santé Soule s’est emparé de la problématique du suicide.
Une action avait déjà été menée il y a quelques années, dans les établissements scolaires sur « le mal-être des jeunes ». Des ateliers de paroles, des lieux d’écoute dans les collèges et lycées et une formation pour les professionnels encadrant les adolescents avaient alors été mis en place.
Deux projections
Cette année, une action sur « la prévention du risque suicidaire chez les adolescents » a été lancée en partenariat avec le cinéma Maule-Baitha et la Maison du parent. Ce jeudi, deux ciné-débats sont programmés au cinéma. La première séance se déroulera à 14 heures avec la projection du film « Marion, 13 ans pour toujours » à destination des scolaires. Le soir, une projection du long-métrage « Después de Lucia » est programmée à 20 h 30. Ce second film est ouvert aux lycéens, leurs parents, les professionnels des collèges et des lycées, les encadrants des associations sportives et culturelles… Après chaque projection, un temps d’échange sera proposé aux participants avec deux psychologues. Ces deux projections sont gratuites et auront été préparées par le personnel éducatif des établissements scolaires. Un travail en groupe en amont est en cours afin de collecter des questions anonymes qui seront traitées lors du débat.
« L’objectif de cette journée est de sensibiliser les jeunes et les adultes à cette problématique difficile et souvent taboue. C’est une première étape. Une réunion d’information collective sera proposée aux professionnels et bénévoles en lien avec les jeunes du territoire d’ici la fin de l’année. Il s’agira de délimiter différentes actions à mener auprès des adolescents de Soule, de constituer un réseau de personnes ressources qui seront formées pour identifier les signes d’alerte et orienter les jeunes en détresse psychologique vers les structures et professionnels du territoire », confie Katia Monclus-Bentz, chef de service de l’équipe pluridisciplinaire de Mauléon et référente en qualité de vie au domicile au Service départemental des solidarités et de l’insertion du Pays basque intérieur.

https://www.sudouest.fr/2018/11/26/le-risque-suicidaire-au-coeur-du-debat-5599063-4273.php

RECHERCHE ETUDE Santé mentale des actifs en France : un enjeu majeur de santé publique

SANTÉ MENTALE DES ACTIFS EN FRANCE : UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE
de la fondation Pierre Deniker.org * 26/11/2018

Les liens entre le travail et la santé psychique sont aujourd’hui bien établis, que ce soit dans un sens positif ou négatif. Les pathologies mentales liées au travail sont en augmentation constante* et le stress est le premier risque professionnel pour la santé des individus au travail*. La santé psychique des actifs est dorénavant un enjeu majeur de santé publique. C’est également un enjeu humain, sociétal et économique.
Nombreuses sont les enquêtes d’une part sur les environnements et conditions de travail et d’autre part sur la santé mentale des salariés. En France ces enquêtes sont conduites de façon indépendante et nous ne disposions donc d’aucune étude reliant, d’un point de vue scientifique, ces deux éléments : le travail et la santé psychique. 
La Fondation Pierre Deniker présente la 1ère étude épidémiologique représentative de la population active française investiguant les facteurs de risques psychosociaux liés au travail et la détresse orientant vers un trouble mental. Les résultats mettent en évidence l’importance du sujet et l’urgence de s’emparer de la question de la santé mentale au travail.
La Fondation Pierre Deniker lance un plaidoyer pour une politique d’évaluation et de prévention en santé mentale chez les actifs (lien)
Principaux résultats :
22 % des Français actifs présentent une détresse orientant vers un trouble mental, soit 1 sur 5.
Ce chiffre passe significativement à :
  • 26% pour les femmes contre 19% chez les hommes ;
  • 28% chez les aidants* contre 19% chez ceux qui n’ont pas cette responsabilité ;
  • 28% chez les personnes qui passent plus d’1h30 par jour dans les transports contre 21% chez celles dont le temps de transport est inférieur à 1h30.

Le facteur de risque psychosocial le plus fortement associé à une détresse orientant vers un trouble mental chez tous les actifs est le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle :
15% des actifs déclarent ne pas pouvoir mener de front vie professionnelle et vie personnelle. Parmi eux 45 % présentent une détresse orientant vers un trouble mental contre 18% chez ceux qui n’ont pas cette difficulté.
Une étude inédite
Le comité scientifique a permis d’associer des chercheurs, des statisticiens, des soignants, des acteurs du monde du travail. Il est composé de :
  • Dr Patrick Légeron, président du Comité scientifique de l’étude, psychiatre, coauteur du rapport de l’Académie de médecine sur le burn-out
  • Pr Raphaël Gaillard, président de la Fondation Pierre Deniker, chef du Pôle Hospitalo-Universitaire du 15ème arrondissement au sein du Centre hospitalier Sainte Anne, Paris.
  • Dr Nicolas Brosset, médecin du travail, référant risques psychosociaux, Groupe PSA-Peugeot-Citroën
  • Pr William Dab, professeur titulaire de la Chaire Hygiène et Sécurité du Cnam, responsable des enseignements sanitaires au Cnam
  • Muriel Sanchez, déléguée générale de la Fondation BTP+
  • Pr Gilbert Saporta, professeur émérite, titulaire de la Chaire Statistique Appliquée du Cnam
  • Jean-Christophe Sciberras, directeur des Ressources humaines et directeur des Relations sociales et de l’Innovation chez Solvay
Invités permanents extérieurs :
  • Luc Barthélémy, directeur de clientèle Santé IPSOS
  • Anthony Baréa, chargé d‘études sénior IPSOS

Réalisée avec Ipsos et le soutien de la Fondation BTP+, auprès de 3200 Français représentatifs de la population active occupée, cette étude épidémiologique sur la santé mentale des actifs est inédite en France.
C’est la première étude qui croise, en  France, l’évaluation d’une détresse orientant vers un trouble mental chez les actifs français et leur exposition aux facteurs de risques psychosociaux (FRPS*) liés au travail.
  • Elle s’intéresse à la détection d’un potentiel trouble mental, c’est-à-dire d’une pathologie médicale susceptible d’être soignée et non à la souffrance au travail ou au burn-out*
  • La taille (3200 personnes) et la représentativité de l’échantillon étudié permettent de tirer des conclusions scientifiques sur la population active occupée.
  • Elle restitue la complexité des liens entre facteurs de risques psychosociaux liés au travail et détresse orientant vers un trouble mental
Un échantillon supplémentaire de 200 actifs représentatifs du secteur du BTP a été recruté afin de pouvoir effectuer des analyses spécifiques à cette population
Des outils scientifiques
50 questions visant à décrire caractéristiques socio-démographiques, l’état de santé et les conditions de travail des enquêtés : âge, genre, statut, type de travail, habitat, localisation géographique, situation familiale…
Un questionnaire d’auto-évaluation de la santé mentale : le « General Health Questionnaire », en 28 items. Il explore différentes dimensions : les symptômes physiques, l’anxiété et l’insomnie, le dysfonctionnement social et la dépression.
Avoir un score supérieur ou égal à 24 indique une détresse orientant vers un trouble mental.
Un questionnaire des facteurs de risques psychosociaux : le FRPS44, couvrant toutes les catégories de risques psychosociaux (selon le Collège d’expertise de l’Insee sur les RPS). Par exemples : l’équilibre entre les exigences du travail et ses gratifications, l’autonomie et les marges de manœuvres, la qualité des rapports humains entre collègues/avec la hiérarchie, les conflits de valeur, l’insécurité socio-économique…
L’analyse des données a eu lieu au mois de septembre 2018 avec l’appui du Dr Astrid Chevance, psychiatre, doctorante en épidémiologie et de Mme Mounia Hocine, enseignant-chercheur en biostatistique au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).


* Le stress professionnel est devenu le 1er risque pour la santé des travailleurs (Agence européenne de sécurité et de santé au travail, 2012)
* Les souffrances pathologiques liées au travail ont augmenté en France au cours de la précédente décennie (Santé Publique France, 2015)
* Etude épidémiologique : Étude des rapports existants entre les maladies ou tout autre phénomène biologique, et divers facteurs (mode de vie, milieu ambiant ou social, particularités individuelles) susceptibles d’exercer une influence sur leur fréquence, leur distribution, leur évolution.
*Aidants : On considère comme aidant une personne qui apporte des soins ou qui est régulièrement présente pour aider un membre de sa famille ou de son entourage, atteint d’une maladie et/ou souffrant d’une perte d’autonomie (une maladie chronique, mentale ou physique, qui est handicapé, dépendant d’une substance toxique, ou une personne âgée).
https://www.fondationpierredeniker.org/programme/sante-mentale-des-actifs-en-france-un-enjeu-majeur-de-sante-publique

ETUDE RECHERCHE Un exemple de système de veille post-hospitalière des suicidants : VigilanS


Un exemple de système de veille post-hospitalière des suicidants : VigilanS - 25/11/18
V. Jardon a, , C. Debien a, S. Duhem b, M. Morgiève c, d, F. Ducrocq e, G. Vaiva a, f, g
a Pôle de psychiatrie, médecine légale et médecine en milieu pénitentiaire, hôpital Fontan, rue André-Verhaeghe, CHU de Lille, 59037 Lille, France 
b Inserm, centre d’investigation clinique, CHU de Lille, 59037 Lille, France 
c Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale et société (Cermes3), CHU de Lille, France 
d Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), hôpital Pitié-Salpêtrière, 47, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France 
e Pôle de l’urgence, hôpital R.-Salengro, CHU de Lille, avenue du Professeur-Emile-Laine, 59037 France 
f SCA-Lab UMR 9193 CNRS, faculté de médecine pôle recherche, 1, place de Verdun, 59045 Lille, France 
g Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale des Hauts-de-France, 3, rue Malpart, 59000 Lille, France 

L'encéphale Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le dimanche 25 novembre 2018

Résumé

Les tentatives de suicide constituent un facteur de risque majeur de récidives et de décès. Les comportements suicidaires sont polyfactoriels et rendent inefficace une stratégie unique de prévention. L’adhésion aux soins est mauvaise dans un contexte où les liens sociaux sont souvent en souffrance. Deux catégories de programmes ont montré leur efficacité : les dispositifs d’intervention intensive et les dispositifs de veille. Ces derniers peuvent recouvrir différentes modalités : envois de courriers, remise de carte de crise comportant un numéro d’urgence, rappels téléphoniques. Un essai contrôlé randomisé, ALGOS, a combiné ces différentes stratégies dans l’algorithme suivant : délivrance d’une carte de crise pour les primosuicidants ; rappel téléphonique des non-primosuicidants 15jours après leur sortie des urgences ; envoi de cartes postales personnalisées mensuellement pendant 6 mois en cas d’échec de l’appel ; information du médecin traitant. Cette étude a été adaptée en soins courants en 2015 dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais sous le nom de VigilanS. L’algorithme a été légèrement modifié par la remise de la carte de crise à tous. L’équipe de recontact, formée à la gestion de crise, gère tous les appels sortants et entrants vers les patients, leurs proches et leurs soignants. Un jeu de 4 cartes postales peut être envoyé en cas d’appel téléphonique non concluant. S’appuyant sur une philosophie de veille, VigilanS a développé un véritable savoir-faire de gestion de crise, nécessitant une supervision médicale constante et de solides capacités de mise en réseau.

Abstract

Background

Attempted suicide is a major risk factor of further re-attempts and death. Self-harm behaviors are related to multiple causes explaining why it is ineffective to have a single and simple strategy to offer after the clinical assessment in reducing morbidity and mortality. Furthermore, treatment adherence is known to be especially poor in a context where social connection seems compromised and a source of pain. Effective interventions can be divided into two categories: intensive intervention programs (care at home, supported by a series of brief psychotherapy interventions) and case management programs that rely on a “stay in contact” dimension. These programs, initiated by Jerome Motto and its short letters may consist of: (1) sending letters or postcards after discharge of the ER; (2) giving a crisis card that offers a crisis telephone line and a crisis unit for hospitalization if needed, and; (3) placing a phone call at some time distance after the discharge. The aim is to enhance a “connectedness feeling” with the patient. These different strategies have proven to be even more effective in some specific subgroups, highlighting the heterogeneity of this population. Each modality of contact was well accepted and generated a positive involvement of the patients.

Method

It led to the idea of combining these different strategies in an algorithm built on the specificity of identified subgroups. A randomized controlled trial, named ALGOS was carried out in France to test this algorithm in 2011. The algorithm consisted of: (1) delivering a crisis card for first attempters; (2) giving a phone call for re-attempters to re-assess their situation between the 10th and 21st day after their discharge, and to propose a new intervention if needed, and; (3) in case of an unsuccessful call or a refusal of proposed care, sending personalized postcards for 6 months. All of this was supported with shared information to the general practitioner of the patient. This study was further adapted to routine care in 2015 in the northern departments of France, Nord and Pas-de-Calais (4.3 million people), taking the name of VigilanS. The inclusion consists of sending a form for every patient assessed after a suicide attempt in the two departments to the medical staff of VigilanS in order to provide information about the patient and the context of his suicide attempt. The algorithm has been modified in giving the crisis card to all the patients whether it is a first attempt or not. An information letter, explaining the aim of the monitoring is also given to the patient, and to his general practitioner. The calling staff is composed of 4 nurses and 4 psychologists, all trained in suicidal crisis management. They use a phone platform located in the Emergency Medical Assistance Service (SAMU) of the Nord department on a halftime basis and manage the incoming calls from the patients as well as the outgoing calls towards the patients, their relatives and their medical contacts. A set of 4 postcards (1 per month) can be sent if needed in case of an inconclusive or a failed phone call.

Conclusion

Built on a monitoring philosophy, VigilanS has further developed a real crisis case management dimension requiring enough time to insure an effective medical supervision and strong networking abilities. A specific time is also needed to take care of all the technical aspects of the organization. This program expertise, designed by Northern departments to prevent suicide, can be shared with other French or even foreign territories.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Mots clés : Arbre décisionnel, Évaluation, Prévention, Suicide, Surveillance, Téléphone
Keywords : Decision tree, Assessment, Prevention, Suicide, Monitoring, Telephone

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