jeudi 14 février 2019

ROYAUME UNI dans un rapport, le Royaume-Uni trace le futur de sa santé numérique

Bientôt des assistants vocaux pour prévenir les suicides ?
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High-tech  Jusqu'où ira l'intelligence artificielle ?
"ALEXA, SAUVE-MOI" - Traiter la douleur par la réalité virtuelle, inviter les robots dans les blocs opératoires : dans un rapport, le Royaume-Uni trace le futur de sa santé numérique. C'est parfois surprenant, notamment quand il imagine un assistant vocal pensé pour détecter des tendances suicidaires et éviter le passage à l'acte.
À Londres, la numérisation de la santé est en marche, et ce n'est pas nouveau. Dès le début des années 2000, le NHS, le système de santé britannique, avait été le premier à publier sur son site web le premier assistant d'auto-diagnostic en ligne, capable de vous dire si votre mal de tête nécessite une simple aspirine, une visite chez votre médecin de famille ou l'attention immédiate des services d'urgence. Dans tous les cas, ce passage au digital poursuit les mêmes buts : désengorger les urgences, limiter les actes et les ordonnances inutiles et faire des économies, sans passer à côté de pathologies graves.

Dans cette optique, le contenu du dernier rapport de préconisations sur la santé numérique commandé par le NHS est une suite logique, parfois étonnante. Logique, quand il estime que 80% des emplois dans la santé requerront des compétences numériques d'ici à 2040 ou quand il fait la place belle à l'intelligence artificielle dans l'analyse d'imagerie médicale. Logique encore quand il préconise le séquençage du génome de patients atteints de pathologies graves pour imaginer des traitements sur mesure et faire avancer la recherche.

Là où le rapport surprend, c'est par exemple quand il imagine à court terme des usages médicaux pour la réalité virtuelle. Celle-ci pourrait être utilisée pour distraire les patients de leur douleur et du stress post-opératoire, comme elle l'est déjà, au moins à titre expérimental, pour traiter les vertiges et certaines phobies.

Mais c'est du côté de la santé mentale que les propositions posent le plus de questions. Devant le succès des assistants vocaux, qu'ils soient signés Google, Amazon ou Apple, Eric Topol, le médecin auteur du rapport, les imagine mis au service du dépistage des dépressions sévères et des tentations suicidaires, assez efficacement pour éviter les passages à l'acte.

Ici, plusieurs hypothèses : créer des "robots de triage", des assistants conversationnels capables d'avoir une conversation avec le patient pour estimer son état d'esprit, son degré d'anxiété et la sévérité des troubles. Plus intrigante, l'idée d'installer chez le patient un assistant vocal qui analyserait ses conversations du quotidien, ses réflexions à voix haute, pour y trouver les mots-clés, les inflexions, les sautes d'humeur qui peuvent alerter d'un possible geste suicidaire.

L'écoute silencieuse existe déjà chez Facebook

Si le principe d'une écoute silencieuse existe déjà ailleurs -Facebook, par exemple, recherche dans les pages de ses utilisateurs certains mots-clés caractéristiques de tentations suicidaires-, le faire en tâche de fond dans le monde réel pose question. D'abord, parce que les assistants vocaux existants ne sauraient pas le faire, eux qui n'interprètent vos commandes qu'après avoir entendu "Alexa" ou "Ok Google". Surtout, le procédé devrait éviter les fausses détections positives, en comprenant le contexte de ce qu'il écoute et en reconnaissant la personne qui parle, pour éviter par exemple d'interpréter les dialogues des séries que vous regardez.

Enfin, et comme le reste des initiatives autour de la santé connectée, l'idée pose la question de la sécurité des données, leur stockage et savoir qui pourra y accéder. Pour autant, l'irruption de plus de technologie dans notre santé au quotidien ressemble à un mouvement irrépressible, et pas seulement outre-Manche.

Le rapport Topol est disponible en intégralité ici.

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