vendredi 8 novembre 2019

ETUDE RECHERCHE Recours à la psychothérapie en France chez les adultes avec tentative de suicide : résultats d’une vaste enquête épidémiologique

Recours à la psychothérapie en France chez les adultes avec tentative de suicide : résultats d’une vaste enquête épidémiologique
M. Revranche a, M. Husky b, ⁎ , V. Kovess-Masfety c
a Faculté de psychologie, université de Bordeaux, 33000 Bordeaux, France
b Laboratoire de Psychologie EA4139, institut universitaire de France, université de Bordeaux, 33000 Bordeaux, France
Université Paris Descartes EA 4057, 75006 Paris, France
⁎Auteur correspondant.
L'Encéphale
Sous presse. Epreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le jeudi 19 septembre 2019 Doi : 10.1016/j.encep.2019.07.012

Résumé Objectifs
La présente étude vise à identifier les facteurs associés au recours à la psychothérapie parmi des adultes avec tentative de suicide.

Méthode
Les données sont issues d’un échantillonnage aléatoire de 22 138 adultes, obtenu suite à une vaste enquête épidémiologique menée en 2005 dans quatre régions françaises, à l’aide d’un système d’interview téléphonique assistée par ordinateur (CATI). L’enquête avait pour objectif de caractériser les besoins en soins de santé mentale dans la population générale. Les données sociodémographiques, les troubles mentaux dans les douze derniers mois, les tentatives de suicide sur vie entière et dans les douze derniers mois ainsi que le recours à la psychothérapie ont été évalués.


Résultats
Parmi les adultes avec tentative de suicide antérieure aux douze derniers mois, 8,3 % ont suivi une psychothérapie dans les douze derniers mois, tandis que 27,5 % des adultes avec tentative de suicide récente ont suivi une psychothérapie sur la même période. Le recours à la psychothérapie sur vie entière était prédit par un niveau d’éducation élevé [AOR=2,81 (1,56–5,06)], vivre en région parisienne [AOR=2,06 (1,32–3,23)], être une femme [AOR=1,50 (1,08–2,09)]. Le recours à la psychothérapie dans les douze derniers mois était prédit par la présence d’un trouble dépressif majeur [AOR=2,59 (1,57–4,27)], la présence de tout trouble anxieux [AOR=1,79 (1,07–2,97)], un niveau d’éducation élevé [AOR=3,60 (1,29–10,0)], vivre dans une ville comptant entre 20 000 et 100 000 habitants [AOR=2,71 (1,13–6,50)] et au-delà [AOR=2,50 (1,12–5,57)] (hors région parisienne), avoir un salaire mensuel compris entre 2000 et 3000 euros [AOR=2,37 (1,15–4,85)].

Discussion
Les résultats soulignent l’association entre le trouble dépressif majeur ou les troubles anxieux et la probabilité accrue de suivi psychothérapique dans les 12 derniers mois chez les adultes avec tentative de suicide. La psychothérapie assurée par des psychologues ou des psychothérapeutes n’est actuellement pas couverte par la Sécurité Sociale française. Comme le traitement des troubles mentaux joue un rôle important dans la réduction du risque de suicide, le soutien de la psychothérapie fondée sur des données probantes par son remboursement semble être un important problème de santé publique.The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Psychothérapie, Étude épidémiologique, Tentative de suicide, Troubles mentaux
Plan
Introduction
Méthodes (+)
Analyse des données
Résultats
Discussion
Conclusion
Financement
Déclarations des liens d’intérêts

source https://www.em-consulte.com/en/article/1319590

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