mardi 21 mai 2019

ILE DE LA REUNION Harcèlement scolaire : des moyens pour lutter contre ce fléau

Harcèlement scolaire : des moyens pour lutter contre ce fléau
LINFO.RE – créé le 13.05.2019 - Manuel Yepes

Le harcèlement scolaire est un fléau qui n’épargne pas les établissements scolaires de l’île, comme à Saint-André. L’ARS OI, la commune et les établissements scolaires se coordonnent pour accompagner les élèves dans le mal-être.


"Je me faisais harceler, frapper, on me menaçait." Elio (prénom d’emprunt) a été victime de harcèlement scolaire. Chaque jour, il subissait des violences physiques et verbales de la part de ses camarades de classe. Pour sortir de cette spirale, il a alerté ses parents et la directrice de l’école.
Harcelé parce que "fils d’enseignant"
"Quand je revenais à la maison, j’avais toujours un bleu. Quand j’avais un ami qui se faisait harceler je venais l’aider. Ils venaient tous sur moi parce que j’étais le fils d’un enseignant."
Comme pour Elio, les marmailles victimes de harcèlement scolaire souffrent de troubles de l’anxiété. Les premiers signes d’angoisse apparaissent chez les enfants et les adolescents maltraités, ils changent alors de comportement.
"Ils vont s’isoler de plus en plus"
"De moins en moins envie d’aller à l’école, de plus en plus d’absentéisme scolaire, sans que l’on comprenne exactement pourquoi. Des jeunes qui avaient l’habitude de parler, de s’exprimer en famille et qui vont s’isoler de manière beaucoup plus importante", explique Aurélie Bouthier, pédopsychiatre.
Dans l’Est de l’île, un numéro d’urgence permet d’alerter sur les cas de maltraitance. Joignables sept jours sur sept, des infirmiers et des praticiens hospitaliers sont à l’écoute, tout en proposant une prise en charge adaptée.
Un numéro pour les situations d’urgence
"Ce numéro est réservé aux professionnels et aux situations d’urgence, notamment pour les crises suicidaires chez les adolescents où les établissements scolaires sont souvent démunis et ne savent pas trop où envoyer les patients," relate François Appavoupoullé, vice-président de la commission médicale d’établissement de l’EPSMR.
Une vingtaine d’appels sont recensés chaque mois. Dans le cadre d’un contrat local de santé, l’Agence régionale de santé océan Indien (ARS OI), la commune de Saint-André et les établissements scolaires se coordonnent pour accompagner les élèves dans le mal-être.
Une équipe ressource dans chaque établissement
"Le Recteur a mis en place, dans chaque établissement, une équipe ressource pour la question du harcèlement scolaire. On met aussi en place un groupe ou des habitudes de travail pour pouvoir ensuite passer le relai aux professionnels de santé, notamment de santé psychologique", expose Médéric Hoarau, principal adjoint au collège Milles Roches.
Jean-Marie Virapoullé, 2e adjoint au maire de Saint-André de poursuivre : "Il y a de plus en plus de troubles anxieux qui perturbent la scolarité des enfants. Raison pour laquelle on a mis un coup de projecteur sur ce sujet particulièrement sensible, avec notamment le cyber-harcèlement que tout le monde connaît aujourd’hui."
Cette coordination entre les différents acteurs permet une plus grande réactivité et une meilleure prise en charge. Selon l’Éducation nationale, un élève sur huit est victime de harcèlement à La Réunion.

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