mardi 9 juillet 2019

AUTOUR DE LA QUESTION Vivre en « famille » plutôt qu’à l’hôpital

Vivre en « famille » plutôt qu’à l’hôpital
À la fin du XIXe siècle, des malades mentaux furent sortis des asiles parisiens pour être envoyés dans des familles vivant en zone rurale. Aujourd’hui, l’accueil familial thérapeutique existe toujours à Dun-sur-Auron et à Ainay-le-Château, mais aussi un peu partout en France.
Pierre Bienvault,
le 09/07/2019  www.la-croix.com*


L’objectif de la vie en famille est de favoriser la réadaptation du patient à la vie en dehors de l’hôpital.


Cela fait longtemps qu’à Dun-sur-Auron et à Ainay-le-Château, on ne parle plus de « colonies pour aliénés ». Mais les deux communes ont conservé cette vocation née il y a un siècle : celle d’un accueil familial de patients ne pouvant pas vivre seuls mais n’ayant plus besoin d’être hospitalisés à temps plein. L’hôpital de Dun dispose ainsi d’environ 120 familles d’accueil et celui d’Ainay, 180. Mais l’activité « d’accueil familial thérapeutique » est aussi pratiquée dans d’autres villes de France, toujours en lien avec un hôpital spécialisé.
L’accueil était vraiment familial

Au départ, les familles sont reçues par l’équipe médicale et soignante et ensuite agréées et salariées de l’hôpital. Elles peuvent accueillir de un à trois patients et touchent en moyenne 1 250 € par mois par personne hébergée. « On assure le logement, les repas et on surveille la prise de médicaments », indique Étienne Frommelt, fondateur de la Famidac, association nationale des accueillants familiaux et de leurs partenaires. Aujourd’hui retraité, cet Ardéchois a accueilli chez lui, avec sa femme et ses six enfants, des patients pendant vingt-deux ans.

« Des personnes atteintes de dépression, de troubles bipolaires, de schizophrénie, des personnes avec des idées suicidaires… Ces patients étaient tous stabilisés sur le plan médical », explique-t‑il, en ajoutant que, dans son cas, l’accueil était vraiment familial. « Elles prenaient les repas avec nous et on partageait pas mal d’activités. Certaines personnes sont restées une semaine chez nous, mais d’autres jusqu’à cinq ans », indique-t‑il.
« C’est un premier pas vers l’autonomie »

Dans d’autres endroits, les patients sont certes logés chez l’habitant, mais dans des chambres indépendantes avec leur propre salle de bains-WC et une pièce commune. « La famille et les patients ne vivent pas toujours au même rythme, et c’est une bonne chose que ces derniers aient une certaine autonomie », explique le docteur Marcella Michel, qui gère cette activité à l’hôpital de Dun-sur-Auron. « Il faut y aller de manière progressive. Sortir de l’hôpital permet au patient de retrouver une certaine forme de liberté. C’est un premier pas vers l’autonomie. Mais la liberté angoisse parfois certains patients ayant pu être marqués par une institutionnalisation de plusieurs années », ajoute le docteur Philippe Paulino, psychiatre à l’hôpital d’Ainay-le-Château.

L’objectif est de favoriser la réadaptation du patient à la vie en dehors de l’hôpital. La durée de l’accueil peut donc être très variable. « C’est difficile de donner une durée moyenne. Parfois, cela ne dure que quelques mois, mais cela peut être cinq ans, voire davantage, pas forcément dans une même famille. On a aussi quelques patients “historiques” qui vivent au même endroit depuis vingt ou trente ans. Il y a même un patient qui est arrivé en 1954 à l’âge de 8 ans. Et qui est toujours là après être passé dans différentes familles. »
https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sciences-et-ethique/Vivre-famille-plutot-qua-lhopital-2019-07-09-1201034281

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INFO + 
https://www.famidac.fr/
https://www.famidac.fr/?L-accueil-familial-therapeutique 

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