vendredi 26 juin 2020

MàJ : POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & prévention du suicide


En préambule
Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 :
RETROUVEZ L'ACTUALITÉ,  LES ACTIONS du Gouvernement, les informations Coronavirus, Consignes, Point de situation, Numéros utiles, etc

Santé publique France met à disposition des outils destinés aux professionnels de santé et au grand public pour favoriser l''information sur le Covid-19.
Santé publique France propose des affiches, des vidéos et des spots audios à partager pour améliorer l'information et la prévention du Covid-19.
Les affiches téléchargeables :

DANS LE CONTEXTE DES MESURES MISES EN PLACE DANS LA LUTTE CONTRE LA PROPAGATION DU VIRUS COVID-19, DE NOMBREUX CENTRES, STRUCTURES, ASSOCIATIONS, PROFESSIONNELS DE SANTÉ MENTALE, COLLECTIFS SOLIDAIRES ETC SE MOBILISENT POUR MAINTENIR UNE ACTIVITÉ, FAVORISANT MAJORITAIREMENT LE TÉLÉPHONE, EN CAS DE SOUFFRANCE PSYCHIQUE, MAL ÊTRE, IDÉES SUICIDAIRES N’HÉSITEZ PAS A CONTACTER VOTRE MEDECIN, UN CENTRE MEDICO PSYCHOLOGIQUE, LIGNES D ÉCOUTE, PSYCHOLOGUES, PSYCHIATRES LIBÉRAUX, ETC.    POUR CONNAITRE LEURS MODALITÉS DE PERMANENCES.

Lignes d'écoute et de soutien actives pendant l'épidémie de Covid-19 
Dispositifs d'aide proposant écoute, conseil, soutien et orientation par téléphone ou par internet. Cette liste, non exhaustive, recense des dispositifs nationaux d’aide à distance disponibles pendant l'épidémie (les appels téléphoniques ne sont pas surtaxés). La disponibilité des services a été vérifiée sur leurs sites internet respectifs. Les lignes sont classées par ordre alphabétique. (Mis à jour lundi 20 avril) Sources : Psycom/Santé publique France/IREPS Auvergne-Rhône-Alpes http://www.psycom.org/Actualites/Lignes-d-ecoute-et-de-soutien-actives-pendant-l-epidemie-de-Covid-19

Voir aussi posts
POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 : informations ressourcesPOST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Régions

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Le Centre de Prévention du Suicide publie un premier bilan des effets de la crise sanitaire sur les personnes suicidaires  25/06/2020

Bilan à consulter ou télécharger
https://www.preventionsuicide.be/media/static/cps-premierbilaneffetscrisesanitaire-25-06-2020.pdf


Nous détaillons les effets de la crise sanitaire sur les personnes suicidaires dans le bilan, tout en précisant que le suicide est multifactoriel et qu'il nous faut plus de recul sur la situation pour prendre l'exact mesure de tout ce qui s'est passé.

Le Centre de Prévention du Suicide a été proactif et créatif durant la crise sanitaire :

Il a maintenu ses activités avec une grande mobilisation des bénévoles sur la ligne d’écoute 0800 32 123 et un suivi sans interruption des consultations pour la crise suicidaire.

Nous encourageons les citoyens à relayer les personnes en difficulté vers nos divers services :
Notre ligne d’écoute (0800 32 123) est disponible 24h/24, gratuite et anonyme. Nos bénévoles accueillent tout appelant avec bienveillance et sans jugement.
Notre secrétariat (0476 53 00 84) accueille les demandes pour consultation.
Les psychologues de la plateforme « A l’écoute du deuil » (0800 20 220) accompagnent les personnes endeuillées par le biais d’une écoute active téléphonique dédiée et puis, si les personnes le souhaitent, d'un suivi psychologique individuel gratuit.
Source https://www.preventionsuicide.be/fr/actualit%C3%A9/le-centre-de-pr%C3%A9vention-du-suicide-publie-un-premier-bilan-des-effets-de-la-crise-sanitaire-sur-les-personnes-suicidaires%0D%0A%C2%A0.html
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Wissam El-Hage : "Le déconfinement présente une difficulté supplémentaire pour certaines personnes" Par Claire Manière le 19.06.2020 www.sciencesetavenir.fr/*

Le psychiatre Wissam El-Hage, professeur de psychiatrie à l’Université de Tours et co-directeur de l’équipe de psychiatrie neurofonctionnelle de l’unité Inserm Imagerie & Cerveau, explique que de multiples facteurs sont à l’origine de troubles psychologiques post-confinement.

Bien souvent, la difficulté psychologique à gérer l'après confinement s'explique par plusieurs facteurs pour lesquels demander de l'aide est essentiel.
Priscilla Du Preez/Unsplash

Sciences et Avenir : La période du confinement a-t-elle engendré un stress post-traumatique chez certaines personnes, voire un risque accru de dépression profonde ?

Wissam El-Hage : Comme son nom l'indique, le stress post-traumatique ne concerne que les personnes qui ont vécu un traumatisme. Le confinement n'est pas en soi un traumatisme particulier, sauf pour les gens qui ont été victimes de violence pendant cette période ou si des traumatismes antérieurs ont été réactivés. Cette période a pu être traumatisante pour les soignants, témoins de nombreux décès. On ne sait pas encore avec précision l'impact de la crise sur le nombre de stress post-traumatiques chez les soignants. Et pour la dépression, c'est très variable d'un individu à l'autre. On a observé que pour certains la période de confinement était presque du répit, alors que pour d'autres elle était inquiétante et problématique ! Le déconfinement est un retour à la réalité qui présente plusieurs enjeux : certains ont perdu leur emploi, d'autres un proche… la dépression est toujours liée à une ou plusieurs situations.

Le déconfinement peut-il s'avérer plus dramatique que le confinement lui-même ?

Oui pour une petite partie de la population. De façon générale, le confinement est beaucoup plus compliqué à gérer que le déconfinement. Mais chez certaines personnes qui ont mal vécu le confinement, le déconfinement représente encore une difficulté supplémentaire. Par exemple pour celles qui souffraient d'anxiété sociale ou de troubles obsessionnels compulsifs, le déconfinement devient source d'angoisse avec la peur des relations sociales ou celle d'être contaminé.

Un rapport de l'Observatoire national du suicide paru en début d'année présente des liens entre perte d'emploi et suicide. La situation économique liée au coronavirus peut-elle expliquer une crise suicidaire ?

A l'inverse de la dépression, il faut garder en tête que le suicide est toujours multifactoriel. Les personnes victimes de crise suicidaire se sentent en difficulté pour des problèmes pour lesquels ils pensent ne pas avoir de solution. Chez des personnes déjà vulnérables, la présence de facteurs de risques sociaux, économiques ou amoureux (difficulté d'être ensemble pendant le confinement, séparations) peut être à l'origine de la crise suicidaire. Mais la perte d'emploi ne peut à elle seule expliquer la survenue de cette crise.

Quelle est la situation en France dans les services de psychiatrie depuis la fin du confinement ?

Au début de la période de confinement il y a eu une sorte de calme plat. Maintenant nous arrivons à saturation donc j'imagine que toutes les personnes qui se sont contenues pendant la période de confinement opèrent comme un rattrapage. Ce n'est pas forcément une conséquence du confinement mais un rééquilibrage après une période de creux. Plus de gens viennent en consultation mais pas particulièrement en hospitalisation. Dans tous les cas on manque de recul, il n'y a pas encore d'études avec des données qui soient fiables.

Comment gérer les troubles psychologiques liés au déconfinement ?

En cas d'angoisse pour sortir de chez soi il faut y aller progressivement pour se rassurer petit à petit et éventuellement avec un proche. Il s'agit d'un processus d'habituation. En cas d'idées noires de plus en plus insistantes, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide aux associations de son département, à son médecin ou dans un service d'urgence. Peu importe son métier, son milieu et ses difficultés, il y a toujours des solutions possibles qu'on ne visualise pas sur le moment.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/interview-wissam-el-hage-le-confinement-est-beaucoup-plus-complique-a-gerer-que-le-deconfinement_145277

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Suicide Prevention During and After the COVID-19 Pandemic Evidence-Based Recommendations2020 On behalf of the World Psychiatric Association –Section of Suicidology Danuta Wasserman, MD.PHD. Professor in Psychiatry and Suicidology at Karolinska Institute, Stockholm, Sweden, Director for the WHO collaborating Centre
https://www.afpbn.org/suicide-et-covid-19-recommandations-de-la-world-psychiatric-association/

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Confinement : SOS Amitié a constaté une hausse des idées suicidaires
Pendant les huit semaines de confinement, les écoutants ont reçu 32% d'appels de plus qu'à l'accoutumée.
Camille Sarazin et AFP  sur www.rtl.fr/* publié le 17/06/2020

Les écoutants de SOS Amitié ont reçu pendant le confinement 40% d'appels en plus émanant de personnes songeant au suicide, comparé à la même période de l'an dernier. Un tiers du total des appelants ont cité le confinement comme une cause de leur mal-être, a annoncé mardi l'association.

La crise sanitaire a "exacerbé les difficultés de la solitude" et "provoqué des angoisses profondes, de la détresse et des souffrances exceptionnelles", analyse SOS Amitié dans son "observatoire des souffrances psychiques", où elle dresse un bilan de ses activités en 2019 et pendant le confinement de 2020.

Du 15 mars au 10 mai, les quelque 1.800 bénévoles de l'association ont répondu à plus de 102.000 appels, soit 32% de plus qu'à la même période l'an dernier. En télétravaillant massivement depuis chez eux, les écoutants ont pu répondre à une plus grande proportion d'appels qu'à l'accoutumée. Cependant les deux tiers des appels n'aboutissent pas, faute de bénévoles en nombre suffisant.
L'écoute via internet se développe

Pendant le confinement, les appelants ont davantage évoqué leurs peurs et leurs angoisses, mais aussi des "nuisances du logement et du voisinage", ainsi que des "violences familiales et conjugales", relève l'association, qui cherche à recruter 500 nouveaux écoutants "pour répondre à une demande en croissance continue".

Avant la crise sanitaire, SOS Amitié a par ailleurs observé en 2019 une légère augmentation, par rapport à 2018, de la proportion d'appelants évoquant le suicide, sujet qui reste "parmi les premières raisons d'appels". En outre, même lorsque la personne n'exprime pas "clairement de pensées suicidaires", les "problèmes de santé mentale, dépression, burn-out, violence, ruptures, deuil" représentent "la part la plus importante" des appels reçus.

L'écoute via internet - par mail ou par chat - occupe une place croissante dans les activités de l'association, qui s'adapte ainsi aux habitudes des jeunes générations. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, qui représentent 12% des appelants au téléphone, mais 35% au chat et 28% par mail. "Pour chacun de ces médias, 30% d'entre eux évoquent le suicide", précise SOS Amitié.

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SUISSE Crise sanitaire et crise suicidaire : éclairages en miroir
Paco Prada, Christian Greiner, Mélanie De Néris, Guido Bondolfi
Rev Med Suisse 2020; volume 16. 1057-1059

Résumé
La prise en charge psychothérapeutique d’une crise suicidaire permet de penser la crise sanitaire liée au COVID-19 sous un angle particulier. Dans cet article, nous montrons les parallèles mais également les différences entre ces deux types de crises. Le déroulement séquentiel de la crise, l’agent viral qui agit comme un facteur déclenchant et la foule de réactions qui s’ensuivent peuvent ainsi évoquer une crise suicidaire durant laquelle un sujet perçoit souvent un événement externe comme facteur précipitant. Toutefois, contrairement au confinement dans le cas du virus, c’est bien la relation, notamment la relation thérapeutique, qui permet de traverser la crise. Cette relation doit nous permettre de faire connaissance avec nos vulnérabilités spécifiques, celles sur lesquelles le facteur déclenchant a précisément agi.


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Nouvelle  rubrique sur STOPBLUES
"
En période de pandémie de Covid-19, nous vivons une situation inédite et angoissante pour la plupart d’entre nous. Il est normal de se sentir stressé.e, déboussolé.e ou dépassé.e par les événements. Cette rubrique a été créée pour vous accompagner."


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Épidémie de COVID-19 et prise en charge des conduites suicidaires: challenge et perspectives
Ismaël Conejero a Sofian Berrouiguetb Deborah Ducasse a Marion Leboyer c Vincent Jardon d Emilie Olié a Philippe Courtet a 
a PSNREC, Univ Montpellier, INSERM, CHU de Montpellier, Montpellier, France, Department of Emergency Psychiatry and Acute Care, Lapeyronie Hospital, CHU Montpellier, Montpellier, France, FondaMental Foundation, Créteil, France 
b CHU de Brest, Université de Bretagne Occidentale, France 
c Université Paris Est Créteil, Inserm, Fondation FondaMental, AP-HP, Paris, France 
d Pôle de psychiatrie, médecine légale et médecine en milieu pénitentiaire, CHU de Lille, France 
L'Encéphale
Available online 8 May 2020
Resume

Objectifs: La pandémie de Covid-19 touche à ce jour plus de 3,000,000 de personnes à travers le monde et les mesures de prévention ont conduit au confinement de plus de la moitié de l’humanité. La communauté scientifique et les autorités politiques redoutent une épidémie de suicides secondaires à cette crise. L’objectif de cette revue de la littérature est d’analyser l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les dimensions du processus suicidaire, son interaction avec les différents facteurs de risque. Nous proposons également des solutions innovantes pour y remédier.

Méthodes: Nous avons réalisé une revue narrative des articles internationaux traitant des grandes pandémies (Covid-19, SRAS) et de leur influence sur la vulnérabilité suicidaire.

Résultats: De nombreux facteurs sont susceptibles de majorer l’émergence d’idées de suicide et le passage à l’acte suicidaire au cours de cette crise. La distanciation et le confinement pourraient favoriser un sentiment de déconnexion et la perception d’une douleur sociale chez les individus vulnérables. Certaines populations déjà «à risque suicidaire élevé» pourraient être encore fragilisées par la pandémie actuelle: personnes âgées, personnel médical et individus exposés à une forte précarité économique. Plusieurs solutions innovantes adaptées aux contraintes de la distanciation et du confinement permettront de prévenir le risque suicidaire: outils de santé connectée, protocole VigilanS, Thérapie Comportementale et Cognitive de troisième vague et pratique artistique.

Conclusions: Il est possible que cette crise inédite exacerbe certaines dimensions du processus suicidaire. Cependant, à l’heure de l’innovation, plusieurs outils de prévention du suicide ont toute leur place dans les nouveaux modes de soins et devront être expérimentés à grande échelle.

Mots clés
Covid-19 vulnérabilité suicidaire suicide crise économique déconnexion sociale prévention
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013700620300853
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CANADA QUEBEC Prévenir la violence et le suicide dans un contexte de pandémie de COVID-19 – quelques pistes
Lire le document

Des situations préoccupantes pour la sécurité et le bien-être de la population

En plus des préoccupations sanitaires directement liées à l’épidémie de COVID-19, la communauté scientifique s’inquiète des répercussions sur le bien-être de la population du ralentissement de l’économie, des pertes d’emploi, de la perturbation des liens sociaux (isolement social, réduction des contacts avec la famille et l’entourage, changement de la routine, tensions sociales), des modifications dans les pratiques de consommation et des enjeux d’accès aux services, pour ne nommer que ceux-là. Ces bouleversements génèrent du stress, de la détresse et de l’anxiété dans la population, en plus de précariser la situation économique de plusieurs. Certains groupes pourraient être affectés plus fortement. Au Canada, par exemple, on observe des baisses d’emploi deux fois plus marquées chez les femmes que chez les hommes. Les jeunes sont aussi plus touchés par cette diminution. Parallèlement, les effets de l’épidémie et des mesures de confinement et de distanciation sur la santé mentale et le bien-être sont de plus en plus documentés et un consensus émerge selon lequel les impacts psychosociaux de la crise doivent être atténués, tant aux plans clinique que populationnel.

Encore peu de données sont disponibles au Québec et ailleurs dans le monde pour mesurer les répercussions de l’épidémie de COVID-19 sur la violence et le suicide. Cependant, en se basant sur des situations d’urgence et de crises humanitaires précédentes, il semble qu’une hausse de la violence envers les femmes et les enfants et des suicides soit à craindre. Même si le portrait est moins clair en ce qui a trait à la maltraitance envers les personnes aînées, plusieurs facteurs de risque de maltraitance sont exacerbés dans la crise sanitaire actuelle (ex. : isolement social) et peuvent faire craindre une augmentation, surtout compte tenu de l’épidémiologie de la COVID-19. Pour ce qui est de la criminalité et de la sécurité dans les communautés, les effets de la crise pourraient aussi se faire sentir dans les prochains mois. Puisque la violence et le suicide sont des enjeux bien présents au Québec, ils demeurent une préoccupation pour la sécurité, la santé et le bien-être de la population.

Dans ce bref état de situation, différentes problématiques de violence sont abordées, en identifiant des pistes d’actions émergentes et des exemples concrets lorsque possible. Ces pistes d’actions s’appuient sur des stratégies prometteuses dans le domaine de la prévention de la violence et du suicide. Cependant, les évidences scientifiques dans un contexte de pandémie, tel que celui de la COVID-19, sont peu nombreuses et ne permettent pas de poser un regard sur l’efficacité des mesures à mettre en place pour prévenir la violence et ses effets. Malgré tout, un effort a été fait pour identifier les facteurs les plus probants pour agir et fournir une liste de ressources et d’outils pouvant soutenir les efforts des différents acteurs interpellés.

Auteur(s):  Andréane Melançon Julie Laforest André Tourigny Dominique Gagné Dave Poitras Marie-Claude Roberge Véronique Leclair
Sujet(s):
Date de publication:
8 mai 2020
https://www.inspq.qc.ca/publications/2994-prevenir-violence-suicide-covid19
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NOUVELLE-ZELANDE La Fondation pour la santé mentale estime qu'une rumeur selon laquelle le taux de suicide aurait atteint un niveau d'alerte est "irresponsable et fausse"

D'apres article NEW ZEALAND Covid 19 coronavirus: 'No evidence' suicide rate up during lockdown
https://www.nzherald.co.nz/*
3 mai, 2020
Shaun Robinson, directeur général de la Fondation pour la santé mentale, se dit profondément déçu que de fausses informations circulent en ligne. Photo / Fournie
Par : Dubby Henry journaliste au New Zealand Herald
Coronavirus Covid 19 : Le taux de suicide "sans preuve" en hausse suite au confinement

- Cet article porte sur le suicide et peut être bouleversant pour certains lecteurs.
La Fondation pour la santé mentale estime qu'une rumeur selon laquelle le taux de suicide aurait atteint un niveau d'alerte 4 est "irresponsable et fausse", tandis que le ministère de la santé affirme que cette affirmation est "absolument fausse".
Les deux organisations affirment que si le Covid-19 peut avoir des effets importants sur la vie des gens, une augmentation des problèmes graves de santé mentale ou des suicides n'est pas inévitable.
Cela vient alors que la police affirme que les appels liés à la santé mentale et à l'automutilation sont restés stables.
La police s'attendait à une augmentation du nombre d'appels liés à la santé mentale, car les gens luttent contre l'isolement et le stress général de la pandémie, a déclaré le commissaire adjoint de police Sandy Venables.
Mais s'il est trop tôt pour donner des données officielles, il n'y a pas eu de hausse ou de baisse significative des appels liés à la santé mentale et à l'automutilation, a déclaré M. Venable.
"Nous savons que la situation actuelle sera source de stress et d'incertitude pour beaucoup. Nous voulons rappeler à tous qu'il est normal de demander de l'aide pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre. De l'aide est disponible".
La rumeur largement répandue a fait état de suicides en une semaine, ce qui équivaudrait à près de cinq fois la moyenne. En 2018-19, il y a eu 685 suicides, soit un peu plus de 13 par semaine.
Le Dr Caroline McElnay, directrice de la santé publique, a été interrogée lors d'une conférence de presse la semaine dernière sur les taux de suicide pendant le confinement, mais elle a déclaré qu'elle n'avait pas les chiffres sous la main.
Le ministère de la santé a déclaré aujourd'hui que les spéculations sur le nombre de suicides présumés étaient inexactes et inutiles.
Le bureau de prévention du suicide et le coroner en chef surveillent le nombre de suicides suspects, et des données mensuelles sont publiées chaque année par le coroner en chef.
Toute décision sur la publication de données en dehors de ce cycle serait prise par le coroner en chef, mais aucune donnée n'a été publiée, selon une déclaration conjointe de Robyn Shearer, directrice générale adjointe de la santé mentale et de la toxicomanie, et de Carla na Nagara, directrice du Bureau de prévention du suicide.
"Nous avons tous la responsabilité de promouvoir et d'encourager le bien-être mental - le nôtre et celui des autres. Il est trop tôt pour dire quels seront les effets de la réponse à Covid-19 sur la santé mentale des gens ou sur le taux de suicide", ont-ils déclaré.
"Se focaliser sur les pires scénarios et en parler comme s'ils étaient inévitables est contre-productif et ne soutient pas nos personnes les plus vulnérables".
Le nombre de suicides pourrait augmenter ou diminuer suite à la réponse du Covid-19 - les données des crises internationales précédentes ont montré les deux résultats, a déclaré le ministère.
"Parfois, les gens réalisent à quel point la vie est précieuse après une crise et le nombre de suicides diminue. Chaque vie compte ; il est vital que nous nous concentrions sur la préservation de la vie plutôt que de spéculer sur la probabilité d'y mettre fin".
Agir maintenant, prêter attention au bien-être mental et avoir accès à un soutien en cas de besoin permettrait d'éviter un pic de détresse dans les mois à venir, selon la déclaration du ministère.
Nombreux sont ceux qui ont partagé la rumeur en ligne et qui ont attribué la prétendue augmentation des suicides à l'impact de l'isolement, des pertes d'emploi et d'autres facteurs de stress induits par la pandémie.
La Fondation pour la santé mentale a déclaré dans un communiqué qu'elle était profondément déçue de voir la rumeur circuler - et qu'elle était particulièrement inquiète de l'impact que cela pourrait avoir sur les personnes qui sont actuellement vulnérables au suicide.
"Chaque fois que nous avons une discussion publique sur le suicide, les personnes qui sont actuellement suicidaires ou qui sont vulnérables au suicide sont toujours à l'écoute", a déclaré le directeur général de la fondation, Shaun Robinson.
"Il est souvent impossible de dire qui sont ces personnes, en particulier en ligne. Mais elles sont là et, souvent, elles cherchent des raisons pour justifier ou rationaliser leurs sentiments - elles sont très vulnérables à l'idée que si d'autres personnes prennent cette voie, elles pourraient la prendre aussi. Nous ne devrions pas aggraver ce risque grave.
"Ces rumeurs et les commentaires qui les accompagnent impliquent que le suicide est une réponse attendue, compréhensible et proportionnée à Covid-19, et c'est à la fois faux et extrêmement inutile de le suggérer".
La directrice de la santé publique, le Dr Caroline McElnay, s'adresse aux médias le 30 avril, plusieurs jours après la fin du confinement. Photo / Mark Mitchell
Le 23 avril, le ministère de la santé a déclaré au Herald qu'une enquête quotidienne sur la santé était menée, comprenant des questions sur l'anxiété et la dépression. Le ministère était également en communication régulière avec les conseils de santé et les prestataires de soins pour obtenir des informations sur les facteurs de risque, la réponse aux crises et les taux d'admission.
Il n'y avait pas de données à ce moment-là suggérant une augmentation de ces chiffres suite à Covid-19, mais il y avait parfois eu une demande accrue sur les lignes d'assistance nationales.
Outre l'investissement record du gouvernement actuel dans le bien-être mental, des programmes de soutien supplémentaires ont été lancés pendant la crise du Covid-19, notamment des applications et un programme d'e-thérapie.
Selon M. Robinson, de la Fondation pour la santé mentale, très peu de personnes en Nouvelle-Zélande sont en mesure d'évaluer avec précision et en temps réel le nombre de suicides au niveau national.
"Il est essentiel de ne pas contribuer aux malentendus et aux fausses informations sur le suicide en Nouvelle-Zélande.
"Alors que les travailleurs de la santé mentale, la police et d'autres personnes font partie intégrante des efforts de prévention du suicide en Nouvelle-Zélande, les individus ne seront pas en mesure de donner une image précise des suicides nationaux.
"C'est une période difficile pour les Néo-Zélandais, mais nous constatons beaucoup de bonne volonté à travailler ensemble et à se soutenir mutuellement pour passer au travers", a déclaré M. Robinson.

OÙ TROUVER DE L'AIDE :
Si vous êtes inquiet pour votre santé mentale ou celle de quelqu'un d'autre, le meilleur endroit où trouver de l'aide est votre médecin généraliste ou votre prestataire de soins de santé mentale local. Toutefois, si vous ou quelqu'un d'autre êtes en danger ou met en danger d'autres personnes, appelez immédiatement la police au 111.

OU SI VOUS AVEZ BESOIN DE PARLER À QUELQU'UN D'AUTRE :

0800 543 354 (0800 LIFELINE) or free text 4357 (HELP) (available 24/7)
https://www.lifeline.org.nz/services/suicide-crisis-helpline
YOUTHLINE: 0800 376 633
• NEED TO TALK? Free call or text 1737 (available 24/7)
KIDSLINE: 0800 543 754 (available 24/7)
WHATSUP: 0800 942 8787 (1pm to 11pm)
• DEPRESSION HELPLINE: 0800 111 757 or TEXT 4202

Source https://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=12329202

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USA Traitement des patients suicidaires pendant le COVID-19 : Bonnes pratiques et télésanté
D'apres  Treating Suicidal Patients During COVID-19: Best Practices and Telehealth
Type d'événement :  Webinaire général
Date :  Mardi 14 avril 2020 - 13h00 à 14h30 (America/New_York)
http://www.sprc.org*

Les professionnels de la santé mentale continuent à fournir des thérapies aux patients utilisant la télésanté malgré cette nouvelle ère de quarantaine et de COVID-19. Il s'agit d'un changement important pour la plupart, mais les recherches suggèrent que la télésanté peut être tout aussi efficace que la thérapie en face à face et pour certains patients, elle est même préférable. Avant cette quarantaine, de nombreux cliniciens traitaient en toute sécurité les patients à risque de suicide en ambulatoire, se tournant rarement vers l'hospitalisation, et peuvent continuer à fournir des soins sûrs et efficaces grâce à la télésanté. De nouveaux patients exprimant des pensées suicidaires peuvent également émerger pendant cette période. À une époque où les hôpitaux ont déjà dépassé leur capacité et où le risque de transmission du coronavirus est extrêmement élevé dans les murs des établissements de soins de santé, l'hospitalisation ou les visites aux urgences pour les personnes exprimant des pensées suicidaires devraient être réduites au minimum. Le recours à des pratiques de soins aux suicidés fondées sur des données probantes peut réduire considérablement les pensées et les comportements suicidaires, même lorsqu'ils sont dispensés par le biais de la télésanté.

Ce webinaire a abordé l'utilisation de trois meilleures pratiques de soins aux personnes à risque de suicide qui peuvent être appliquées facilement et efficacement via la télésanté : les plans de sécurité, le traitement qui cible directement les pensées suicidaires et les compétences et ressources d'auto-assistance basées sur la DBT que les cliniciens peuvent commencer à utiliser immédiatement dans le traitement et partager avec les patients.

Intervenants :

Dr Barbara Stanley, Université de Columbia et Institut psychiatrique de l'État de New York, Dr David Jobes, Université catholique d'Amérique, et Dr Ursula Whiteside, fondatrice de NowMattersNow.org et de la faculté clinique de l'Université de Washington. Ces trois conférenciers sont des experts nationaux et internationaux en matière de prévention et de traitement du suicide. Ils ont présenté ces trois pratiques de traitement en mettant l'accent sur la manière de les utiliser immédiatement avec les patients via la télésanté.

Event Materials
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Prévention du suicide en période de crise sanitaire : messages à faire passer à la population
14 Avr 2020
https://papageno-suicide.com/prevention-du-suicide-en-periode-de-crise-sanitaire-messages-a-faire-passer-a-la-population/

En tant que professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale, vous êtes susceptibles d’être interviewés par les médias sur la question de l’impact psychologique de la crise sanitaire. Le sujet du suicide pourrait également être évoqué par le journaliste.
Dans la mesure où nous avons des craintes quant à une augmentation des suicides et que ces craintes sont partagées par la communauté des spécialistes du suicide, nous vous invitons à suivre ces messages-clés.
Dans le contexte actuel, nous rappelons également l’impact du traitement médiatique du suicide. Et invitons les professionnels interviewés ainsi que les journalistes à la plus grande prudence quant aux propos relayés dans les médias. Il est essentiel de répondre aux journalistes, tout en veillant à limiter l’effet d’incitation suicidaire (effet Werther) à laquelle la période se prête de façon inquiétante, et promouvant un effet de prévention (effet Papageno).
1er message : IL EST CERTAIN QUE L’ON VIT UNE PÉRIODE DIFFICILE

La crise sanitaire que nous vivons actuellement confronte l’ensemble des français à l’incertitude et à la perte de repères, voire, pour bon nombre, à un sentiment d’angoisse et d’insécurité. Bien que nécessaires, les mesures mises en place pour y faire face, fragilisent des liens sociaux : confinement, distanciation sociale, isolement, etc.
Alors que les élans de solidarité et les coopérations sont nombreux, le manque de cohésion et de régulation engendrent des changements importants qui peuvent faire le lit d’idées suicidaires chez les personnes les plus vulnérables.
2ème message : LE SUICIDE N’EST PAS UNE FATALITÉ

Plus que jamais, il est important de rappeler que le suicide n’est pas une fatalité et qu’il est possible d’agir pour le prévenir. Tout d’abord, en repérant les signes de souffrance psychique. Il arrive que les personnes évoquent clairement leurs idées suicidaires ce qui permet de consulter rapidement un médecin. Mais parfois, les propos sont plus indirects. Ainsi, des phrases telles que « Je n’en peux plus de cette vie là » ou « Vous seriez plus tranquilles sans moi » sont à prendre au sérieux. Tout comme un changement de comportement habituel comme l’isolement, le repli, l’irritabilité, l’alcoolisation… Dans tous les cas, la question des idées suicidaires peut être simplement posée. Cela permettra à la personne d’exprimer sa souffrance et de contacter rapidement un professionnel.
3ème message : IL EXISTE DES RESSOURCES D’AIDE

Compte tenu du contexte, nombre de français hésitent à contacter leur médecin traitant ou à appeler le 15 de peur de surcharger les lignes d’appel. Soyez assurés que de nombreux professionnels de santé mentale se sont réorganisés afin de compléter la palette de soutien psychologique. Sur le territoire national, les Samu centre 15 sont majoritairement renforcés en équipes de professionnels de santé mentale. Ce message doit être diffusé à la population.

D’autres leviers de prévention peuvent également être levés :
Mobiliser l’entourage : Même s’ils sont virtuels, les liens sociaux peuvent être maintenus en utilisant les techniques à notre disposition : téléphone, mail, réseaux sociaux, visioconférence… Passer un appel à un proche, prendre de ses nouvelles, s’inquiéter de son bien-être peut changer la donne.
Solliciter les lignes d’écoute : Disponibles pour la plupart par téléphone ou par chat, les professionnels des plateformes téléphoniques apportent soutien et écoute aux personnes en situation de vulnérabilité et de détresse psychologique.
Jeunes et adolescents : Fil Santé jeunes 0800 235 236, 7j/7, de 9h à 13h et de 14h à 18h
Pour tous : 0800 130 000, 7j/7, 24h/24
TOUTE INTERVIEW DOIT SI POSSIBLE SE TERMINER PAR LE MESSAGE SUIVANT

Prenez soin de vous et de vos proches. N’oubliez jamais que vos proches, votre famille, votre entourage, votre communauté… sont d’une aide précieuse dans ce contexte ; n’hésitez pas à les contacter. Si vous vous sentez envahi par des idées suicidaires, appelez le 15.

L’équipe du programme Papageno
Pr Frank Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie
Pr Pierre Thomas, Co-président du comité national de pilotage de la psychiatrie, Responsable du groupe prévention du suicide au sein de la Direction générale de la santé
https://papageno-suicide.com/prevention-du-suicide-en-periode-de-crise-sanitaire-messages-a-faire-passer-a-la-population/
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USA prévention suicide et covid 19 ; "Malgré les défis, il existe des possibilités d'améliorer les efforts de prévention du suicide en cette période unique"
 
Mortalité par suicide et maladie à coronavirus 2019: une tempête parfaite?
d’après article  April 10, 2020 Suicide Mortality and Coronavirus Disease 2019—A Perfect Storm?
Mark A. Reger, PhD 1,2; Ian H. Stanley, MS 1,3; Thomas E. Joiner, PhD 3
https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2764584
Affiliations d'auteur Informations sur l'article

    1 VA Puget Sound Health Care System, Seattle, Washington
    2 Département de psychiatrie et des sciences du comportement, Université de Washington, Seattle
    3 Département de psychologie, Florida State University, Tallahassee
JAMA Psychiatrie. Publié en ligne le 10 avril 2020. doi: 10.1001 / jamapsychiatry.2020.1060

Les taux de suicide ont augmenté aux États-Unis au cours des deux dernières décennies. Les dernières données disponibles (2018) montrent le taux de suicide ajusté selon l'âge le plus élevé aux États-Unis depuis 1941.1 C'est dans ce contexte que la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a frappé les États-Unis. En ce qui concerne les modèles de maladie, des actions de santé publique historiques et sans précédent ont permis de freiner la propagation du virus. Des interventions de distanciation sociale remarquables ont été mises en œuvre pour réduire fondamentalement les contacts humains. Bien que ces étapes devraient réduire le taux de nouvelles infections, le risque d'effets indésirables sur le risque de suicide est élevé. Des mesures pourraient être prises pour atténuer les conséquences imprévues potentielles sur les efforts de prévention du suicide, qui représentent également une priorité nationale de santé publique.

COVID-19 Interventions de santé publique et risque de suicide

Les conséquences secondaires de l'éloignement social peuvent augmenter le risque de suicide. Il est important de considérer les changements dans une variété de facteurs de risque économiques, psychosociaux et liés à la santé.

Stress économique

Il est à craindre que la combinaison d'événements publics annulés, de fermetures d'entreprises et de stratégies de confinement conduise à une récession. Les ralentissements économiques sont généralement associés à des taux de suicide plus élevés par rapport aux périodes de prospérité relative.2 Depuis la crise du COVID-19, les entreprises ont été confrontées à l'adversité et à des licenciements. Les écoles ont été fermées pour des périodes indéterminées, obligeant certains parents et tuteurs à s'absenter du travail. Le marché boursier a connu des baisses historiques, entraînant des changements importants dans les fonds de retraite. Les recherches existantes suggèrent qu'un stress économique soutenu pourrait être associé à des taux de suicide plus élevés aux États-Unis à l'avenir.

Isolement social

Les principales théories du suicide mettent l'accent sur le rôle clé que les liens sociaux jouent dans la prévention du suicide. Les personnes ayant des idées suicidaires peuvent manquer de liens avec d'autres personnes et souvent se déconnecter des autres à mesure que le risque de suicide augmente.3 Les pensées et les comportements suicidaires sont associés à l'isolement social et à la solitude.3 Par conséquent, du point de vue de la prévention du suicide, il est préoccupant de constater que le public le plus critique la stratégie sanitaire pour la crise du COVID-19 est la distanciation sociale. De plus, la famille et les amis restent isolés des personnes hospitalisées, même lorsque leur décès est imminent. Dans la mesure où ces stratégies augmentent l'isolement social et la solitude, elles peuvent augmenter le risque de suicide.

Accès réduit au soutien communautaire et religieux

De nombreux Américains participent à diverses activités communautaires ou religieuses. La fréquentation hebdomadaire des services religieux a été associée à un taux de suicide 5 fois plus faible que ceux qui n'y participent pas.4 Les effets de la fermeture des églises et des centres communautaires peuvent contribuer davantage à l'isolement social et donc au suicide.

Obstacles au traitement en santé mentale

Les établissements de santé ajoutent des questions de dépistage du COVID-19 aux points d'entrée. Dans certaines installations, les enfants et les autres membres de la famille (sans rendez-vous) ne sont pas autorisés à entrer. Ces actions peuvent créer des obstacles au traitement de la santé mentale (par exemple, les rendez-vous annulés associés aux restrictions imposées aux enfants pendant que l'école est annulée). L'information contenue dans les médias peut également laisser entendre que les services de santé mentale ne sont pas priorisés pour le moment (p. Ex. Représentations de milieux de soins de santé débordés, chirurgies électives annulées). De plus, les services d'urgence surpeuplés peuvent affecter négativement les services aux survivants de tentatives de suicide. Un accès réduit aux soins de santé mentale pourrait nuire aux patients ayant des idées suicidaires.

Maladie et problèmes médicaux

Des problèmes de santé physique exacerbés pourraient augmenter le risque pour certains patients, en particulier chez les personnes âgées, chez qui les problèmes de santé sont associés au suicide. Un patient a illustré le bilan psychologique des symptômes de COVID-19 lorsqu'il a dit à son clinicien: «J'ai l'impression que vous m'avez renvoyé chez moi pour mourir 5.

Résultats de l'anxiété nationale

Il est possible que la couverture médiatique 24h / 24 et 7j / 7 de ces événements sans précédent soit un facteur de stress supplémentaire, en particulier pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale préexistants. Les résultats de l'anxiété nationale sur la dépression, l'anxiété et la consommation de substances d'un individu méritent une étude supplémentaire.


Taux de suicide des professionnels de la santé

De nombreuses études documentent des taux de suicide élevés parmi les professionnels de la santé6. Ce groupe à risque est maintenant en première ligne de la bataille contre COVID-19. Une discussion nationale est en train de voir le jour sur les préoccupations des travailleurs de la santé concernant l’infection, l’exposition des membres de la famille, des collègues malades, le manque d’équipements de protection individuelle nécessaires, les installations débordées et le stress au travail. Cette population particulière mérite des services de soutien et de prévention.

Ventes d'armes à feu

De nombreux médias ont signalé une augmentation des ventes d'armes aux États-Unis à mesure que le COVID-19 progressait. Les armes à feu sont la méthode de suicide la plus courante aux États-Unis, et la possession ou l'accès à une arme à feu et le stockage dangereux sont associés à un risque de suicide élevé.7 Dans ce contexte, les questions de sécurité des armes à feu pour la prévention du suicide sont de plus en plus pertinentes.

Variation saisonnière des taux

Dans l'hémisphère nord, les taux de suicide ont tendance à culminer à la fin du printemps et au début de l'été. Le fait que cela coïncidera probablement avec le pic des efforts de prévention du COVID-19 est préoccupant et mérite une étude supplémentaire.

Possibilités de prévention du suicide

Malgré les défis, il existe des possibilités d'améliorer les efforts de prévention du suicide en cette période unique. Le maintien de certains efforts existants est également possible.

Distance physique, pas une distance sociale

Malgré son nom, la distance sociale nécessite un espace physique entre les personnes, pas une distance sociale. Des efforts peuvent être faits pour rester en contact et maintenir des relations significatives par téléphone ou vidéo, en particulier chez les personnes présentant des facteurs de risque de suicide importants. Des solutions de médias sociaux peuvent être explorées pour faciliter ces objectifs.

Télé-santé mentale

Il existe un élan national pour accroître l'utilisation de la télésanté en réponse à COVID-19. Malheureusement, les traitements de télésanté mentale pour les personnes ayant des idées suicidaires sont loin derrière le domaine de la télésanté. Des opportunités d'augmenter l'utilisation de traitements fondés sur des preuves pour les personnes ayant des pensées suicidaires ont été notées pendant des années, en particulier dans les zones rurales, mais la crainte d'événements indésirables et de poursuites judiciaires a paralysé le terrain. Les disparités dans les ordinateurs et l'accès à Internet haut débit doivent également être corrigées. La recherche, le changement de culture et potentiellement même des protections législatives sont nécessaires pour faciliter la prestation de traitements de prévention du suicide à des personnes qui, autrement, ne recevraient rien.

Accroître l'accès aux soins de santé mentale

À mesure que les précautions COVID-19 se développent dans les milieux de soins de santé, il est essentiel d'envisager la gestion des personnes aux prises avec des crises de santé mentale. Les procédures de dépistage et de prévention du COVID-19 qui pourraient réduire l'accès aux soins (par exemple, les rendez-vous annulés, le renvoi des patients à domicile) pourraient inclure le dépistage des crises de santé mentale; le personnel clinique serait nécessaire dans une certaine mesure dans les milieux qui peuvent actuellement reléguer le dépistage des symptômes du COVID-19 au personnel administratif. De plus, plutôt que d'envoyer un patient avec un enfant à la maison, d'autres paramètres de traitement pourraient être envisagés (par exemple, un espace privé à l'extérieur).

Prévention du suicide à distance

Il existe des interventions de prévention du suicide fondées sur des preuves qui ont été conçues pour être dispensées à distance. Par exemple, certaines interventions brèves de contact (sensibilisation par téléphone) 8 et l'intervention Caring Letters (dans laquelle des lettres sont envoyées par la poste) 9 ont réduit les taux de suicide dans les essais cliniques randomisés. Le contact de suivi peut être particulièrement important pour les personnes positives pour COVID-19 et présentant des facteurs de risque de suicide.

Rapports médias

En raison de la contagion suicidaire, les reportages des médias sur ce sujet doivent suivre les directives de signalement et inclure le National Suicide Prevention Lifeline (1-800-273-TALK). La hotline reste ouverte.

Considérations optimistes

Il y a peut-être un bon côté à la situation actuelle. Les taux de suicide ont diminué au cours de la période qui a suivi les catastrophes nationales passées (par exemple, les attentats terroristes du 11 septembre 2001). Une hypothèse est ce que l'on appelle l'effet de rapprochement, selon lequel les individus qui vivent une expérience partagée pourraient se soutenir mutuellement, renforçant ainsi la connectivité sociale. Les récents progrès technologiques (par exemple, la vidéoconférence) pourraient faciliter le rapprochement. Les épidémies et les pandémies peuvent également modifier les opinions sur la santé et la mortalité, rendant la vie plus précieuse, la mort plus redoutable et le suicide moins probable.

Conclusions

Les préoccupations concernant les résultats secondaires négatifs des efforts de prévention de COVID-19 ne doivent pas être prises pour impliquer que ces mesures de santé publique ne doivent pas être prises. Cependant, la mise en œuvre devrait inclure une approche globale qui tient compte des multiples priorités de santé publique des États-Unis, y compris la prévention du suicide. Il existe des possibilités d'améliorer les services de prévention du suicide pendant cette crise.


Article Information
Corresponding Author: Mark A. Reger, PhD, VA Puget Sound Health Care System, 1660 S Columbian Way (S-116), Seattle, WA 98108 (mark.reger@va.gov).
Published Online: April 10, 2020. doi:10.1001/jamapsychiatry.2020.1060
Conflict of Interest Disclosures: None reported.
Disclaimer: The views expressed in this article are those of the authors and do not necessarily reflect the position or policy of the Department of Veterans Affairs or University of Washington.
References
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Crise sanitaire et suicides
Pourquoi faut-il davantage de prudence sur la couverture médiatique du suicide en période de crise sanitaire ?
source Programme Papageno 07/04
La crise sanitaire que nous vivons actuellement confronte l'ensemble des français à l'incertitude et à la perte de repères, voire, pour bon nombre, à en sentiment d'angoisse et d'insécurité. Bien que nécessaires, les mesures mises en place pour y faire face, fragilisent des liens sociaux : confinement, distanciation sociale, isolement, etc.
Alors que les élans de solidarité et les coopérations sont nombreux, le manque de cohésion et de régulation engendrent des changements importants qui peuvent faire le lit d'idées suicidaires.

Les craintes d'assister à une augmentation des suicides sont partagées par la communauté des soignants. Que peut-on faire ?

En terme de prévention du suicide, tout à chacun a un rôle à jouer :

l'entourage : Même s'ils sont virtuels, les liens sociaux peuvent être maintenus en utilisant les techniques à notre disposition : téléphone, mail, réseaux sociaux, visioconférence... Passer un appel à un proche, prendre de ses nouvelles, s'inquiéter de son bien-être peut changer la donne.
les associations : Disponibles pour la plupart par téléphone ou par chat, plusieurs associations apportent soutien et écoute aux personnes isolées et en situation de vulnérabilité.
les soignants : Mobilisés pour maintenir le lien avec les personnes déjà connues des services de soins, de nombreux professionnels de santé mentale se sont réorganisés afin de compléter la palette de soutien psychologique : renforts d'équipes de psychologues au sein des régulations du Samu centre 15, ligne d'appel nationale pour les personnes en détresse, dispositifs de soutiens aux endeuillés.
les journalistes : Plus que jamais, le rôle des journalistes est essentiel afin de limiter un effet d'incitation suicidaire (effet Werther) à laquelle la période se prête de façon inquiétante, et promouvoir un effet de prévention (effet Papageno). Nous invitons donc à une grande prudence en cas de médiatisation de cas de suicide et rappelons les 12 recommandations de l'OMS à ce sujet.

Prenez soin de vous et de vos proches. N'oubliez jamais que vos proches, votre famille, votre entourage, votre communauté... sont d'une aide précieuse dans ce contexte ; n'hésitez pas à les contacter. En cas de grande détresse psycho-sociale (caractère anxiogène du confinement, sentiment d'insécurité, difficultés relationnelles...), appelez le 15.source Programme Papageno 07/04
https://papageno-suicide.com/

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SUISSE Dossier STOP SUICIDE 2/04/2020
Coronavirus et risque suicidaire
La pandémie de Coronavirus est venue brusquement chambouler nos habitudes et notre mode de vie. Pour cette raison, le bien-être et la santé mentale de chacun.e peuvent être mis à mal.
Dans ces circonstances, informer sur le risque suicidaire reste essentiel, mais il est plus que jamais nécessaire de prendre toutes les précautions afin d'éviter l'effet d'imitation (effet Werther).
Pour cela soutenir le travail des professionnel.le.s de l'information sur cette thématique, STOP SUICIDE a synthétisé les recommandations de la prévention dans un document unique, présentant également les ressources d'aide en lien avec la pandémie.
Nous sommes également à disposition pour les journalistes :
leonore@stopsuicide.ch
Lire la fiche d'information

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BELGIQUE
de Un pass dans l'impasse 
http://www.info-suicide.be/recommandations-de-bonnes-pratiques/
Dossier spécial Recommandations de bonnes pratiques en prévention du suicide
COMMENT COMPRENDRE le phénomène du suicide, COMMENT REPERER les personnes à risque, QUE FAIRE et COMMENT REAGIR face à une personne en crise suicidaire ? Que l’on soit un particulier, un professionnel de la santé ou un journaliste, nous pouvons tous être confrontés de différentes façons au suicide. C’est pour cette raison que le Centre de référence de prévention du suicide a mis en place diverses recommandations de bonnes pratiques afin d’être préparé au mieux à cette éventualité.
Nous avons mis en place trois documents.
Le premier s’adresse à la population. Que dire ? Quels gestes adopter ? Nous répondons à toutes ces questions.








Le deuxième document concerne tous les professionnels de la santé. Que vous travaillez avec des adolescents, des adultes, des personnes âgées ou encore avec des personnes incarcérées, nous vous proposons différents conseils pour prendre en charge une personne en crise suicidaire et pour appliquer au mieux la prévention suicide.  
Le troisième document s’adresse quant à lui aux journalistes. Thématique récurrente dans l’actualité, les journalistes doivent parfois aborder des cas de suicide. Comment en parler sans tomber dans le drama, sans donner trop d’informations précises et peu pertinentes ? Nous avons élaboré différents conseils pour mettre en place une médiatisation dite responsable.  
Le confinement peut avoir un impact sur notre santé mentale et cela peut s’exprimer par un sentiment de solitude, des angoisses, du stress,… Afin d’éviter ces émotions négatives, nous avons mis en place un manuel de survie en période de confinement à destination de la population générale.
Manuel de survie en période de confinement – COVID-19

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Service Hospitalo-Universitaire –Pôle Ouest—23/03/2020 CPS Centre de Prévention du Suicide du centre hospitalier Le Vinatier CORONAVIRUS : 13 RECOMMANDATIONS POUR «MIEUX VIVRE» LE CONFINEMENT http://www.ch-le-vinatier.fr/documents/Documents/03_le_vinatier/organisation/organisation_polaire/recommandations_generales.pdf
 

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