vendredi 27 mars 2020

MàJ POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 : informations ressources

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 :
sur https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
RETROUVEZ L'ACTUALITÉ,  LES ACTIONS du Gouvernement, les informations Coronavirus, Consignes, Point de situation, Numéros utiles, etc

Santé publique France met à disposition des outils destinés aux professionnels de santé et au grand public pour favoriser l''information sur le Covid-19.
Santé publique France propose des affiches, des vidéos et des spots audios à partager pour améliorer l'information et la prévention du Covid-19.
Les affiches téléchargeables :
Alerte coronavirus : que faire face aux premiers signes
Alerte coronavirus : que faire si la maladie s'aggrave
Alerte coronavirus : pour se protéger et protéger les autres


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SANTÉ MENTALE &
COVID-19


DE NOMBREUX CENTRES, STRUCTURES, ASSOCIATIONS, PROFESSIONNELS DE SANTÉ MENTALE, COLLECTIFS SOLIDAIRES ETC SE MOBILISENT POUR MAINTENIR UNE ACTIVITÉ, FAVORISANT MAJORITAIREMENT LE TÉLÉPHONE, EN CAS DE SOUFFRANCE PSYCHIQUE, MAL ÊTRE, IDÉES SUICIDAIRES N’HÉSITEZ PAS A CONTACTER UN CENTRE MEDICO PSYCHOLOGIQUE, LIGNES D ÉCOUTE, PSYCHOLOGUES, PSYCHIATRES LIBÉRAUX, ETC.    POUR CONNAITRE LEURS MODALITÉS DE PERMANENCES.

Voir aussi  POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Régions

DOSSIERS ET RESSOURCES EN LIGNE

Covid-19 : le Psycom propose des ressources
L'épidémie et le confinement associé peuvent avoir un impact sur la santé mentale. Psycom recense sur son site des ressources pratiques pour aider à faire face et prendre soin de sa santé mentale et celle de ces proches. 5 rubriques sont proposées :
1- Prendre soin de sa santé mentale
2- Aider les enfants à vivre l'épidémie et le confinement
3- Aider les patients, les soignants, les personnes en situation de handicap ou de précarité
4- Se méfier des rumeurs et fausses informations
5- Développer l'entraide et la solidarité
La page sera mise à jour régulièrement, au fil de l'actualité. Voir
http://www.psycom.org/Espace-Presse/Actualites-du-Psycom/Ressources-pour-notre-sante-mentale-et-celle-des-autres-en-periode-d-epidemie-et-de-confinement

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Prendre soin de sa santé mentale : les ressources des professionnels de la réhabilitation
Pendant la durée du confinement, les professionnels des structures de réhabilitation psychosociale proposent auxes usagers des services, des petites capsules vidéos et des outils pour prendre soin de sa santé mentale. Ces ressources seront référencées au fur et à mesure sur cette page, n’hésitez pas à venir la consulter quotidiennement.
Dans cette première capsule, Marie Dekerle, neuropsychologue au centre référent et centre ressource de réhabilitation psychosociale de Lyon partage son vécu expérientiel autour de la gestion de l’angoisse.
En cette période difficile, le sommeil peut-être mis à rude épreuve. Dans cette seconde capsule, Claude Gronfier du centre de recherche en neurosciences de Lyon partage des conseils pratiques pour mieux gérer son sommeil.
Proposée par Samantha Lavallée, neuropsychologue au sein de l’unité TS2A, cette fiche ressource inspirée des TCC (Thérapies cognitives et comportementales) vous propose quelques idées pour mieux vivre la situation actuelle.

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Crise Covid-19 : Recommandations pour les soignants et patients en santé mentale
L'épidémie de COVID-19 a de multiples répercussions tant sur la santé que sur la vie de la société. Le récent confinement de l'ensemble de la population notamment peut être difficile à vivre tant pour les patients psychiatriques, que pour les soignants et le grand public. C'est pourquoi le Comité Scientifique de l'Encéphale met à votre disposition un ensemble de recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé et des différentes associations de psychiatrie américaines en français.
https://www.encephale.com/Actualites/2020/Crise-Covid-19-Recommandations-pour-les-soignants-et-patients-en-sante-mentale


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Recommandations et Ressources COVID 19 
Publié : 23 mars 2020
https://www.fondation-fondamental.org/recommandations-et-ressources-covid-19
Afin d'aider les soignants à faire face à cette situation inédite, ci-après quelques ressources issues de la littérature internationale ou des instances sanitaires pour aider à la prise en charge des patients.
Les thématiques abordées:
  1. Recommandations pour réduire les effets de la quarantaine
  2. Pour les soignants: prendre soin des patients et des familles pendant l'épidémie de Coronavirus
  3. Pharmacologie en psychiatrie et COVID-19
  4. Guides à l'attention des parents
  5. Prises en charge symptomatiques en ville: recommandations du gouvernement 


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Consignes et recommandations pour l’organisation des prises en charge en psychiatrie
Publié le 23 Mars 2020
Dans un communiqué daté du 20 mars, des acteurs de la psychiatrie demandaient à ce que des recommandations nationales prennent en compte "les enjeux particuliers auxquels sont confrontés patients, proches et professionnels au regard des vulnérabilités propres aux troubles psychiques et qu'elles prennent en compte les fortes contraintes relatives à la maladie mentale et au handicap psychique".
Des "Consignes et recommandations applicables à l’organisation des prises en charge dans les services de psychiatrie et les établissements sanitaires autorisés en psychiatrie" sont dorénavant accessibles sous forme de fiche.

Selon Hospimedia, Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, précise que ces recommandations ne sont pas définitives : "il nous faudra actualiser les préconisations au fur et à mesure. Dans ce contexte de crise, nous ne pouvons pas nous en tenir à des informations qui datent de plusieurs jours." C'est pourquoi est mise en place une cellule de crise "pilotée par la Direction générale de l'organisation des soins (DGOS), qui se réunira deux fois par semaine et dont la fonction sera d'actualiser les notes et de faire la synthèse des remontées de terrain"
Concrêtement cette fiche précise les points suivants : 
- Réorganisation et renforcement de l’ambulatoire pour un maintien des CMP en première ligne et pour organiser le suivi des patients sortis d’hospitalisation. Il est important de maintenir une première ligne pour éviter les hospitalisations en urgence et prévenir notamment les rechutes de pathologies chroniques. Cette première ligne doit privilégier une réponse téléphonique, la téléconsultation (ou autre solution de visioconférence) et un ensemble de modalités qui permettent de maintenir le lien, en allant au devant des patients : des prises en charge uniquement individuelles ; privilégier une organisation téléphonique et la téléconsultation ; gérer les équipes des structures
- Aménagements en hospitalisation complète :
* aménagements du régime d’hospitalisation : un séjour hospitalier doit s’interrompre dès lors qu’il est possible d’organiser le suivi du patient en ambulatoire, éviter la concentration et le regroupement des patients, ainsi que dans les espaces de déambulation de l’établissement, les activités et prises en charge en groupe sont suspendues, les chambres individuelles sont à privilégier, les visites des familles et des proches, sauf avis médical contraire, sont interdites, les sorties sont définitives, les autorisations de sortie de courte durée ne sont plus autorisées, les équipes qui interviennent à la fois en intra et en extra- hospitalier
devront être repositionnées préférentiellement sur un seul site...
* gestion des patients COVID 19, les schémas suivants doivent être envisagés :
- Une unité d’hospitalisation ou un secteur dédié doivent être réservés au confinement des cas possibles ou confirmés de COVID-19 ne nécessitant pas d’hospitalisation en soins somatiques et nécessitant la poursuite d’une hospitalisation complète en psychiatrie (unité COVID-19 psychiatrique exclusivement) ;
- Une unité d’hospitalisation mixte, co-animée par des psychiatres et des somaticiens, peut être organisée pour les besoins des patients COVID-19 présentant une pathologie psychiatrique décompensée et un état somatique qui le justifie, afin d’éviter des transferts systématiques vers le MCO ;
- Les patients qui justifient au regard de leurs signes cliniques d’une hospitalisation sur un plateau de soins critiques doivent être transférés en MCO.
Les unités COVID-19 bénéficient d’une équipe soignante dédiée. Les personnels de ces unités devront bénéficier d’une formation spécifique.
- Relations avec les autres établissements sanitaires du territoire
- Accompagnement du personnel des services et secteurs de psychiatrie : l’animation des équipes de soins et de direction est un élément essentiel de la gestion de crise ; défis pour le personnel de santé lors d’une épidémie ; préconisations à destination des encadrants et des encadrés pour le
maintien du bien-être du personnel de santé


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Période de confinement : Violences faites aux enfants à leur domicile
publié le18.03.20
Communiqués de presse de Adrien TaquetCommuniqués et dossiers de presseCoronavirusCOVID-19EnfanceMaltraitanceSocial
https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/periode-de-confinement-violences-faites-aux-enfants-a-leur-domicile
Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alerte sur les risques de maltraitance des enfants qui peuvent survenir pendant la période de confinement.

Comme l’a dit le Président de la République, la période particulière dans laquelle nous sommes doit nous conduire à être encore plus solidaire et protecteur à l’égard des plus vulnérables. Pour les enfants, le danger de la contamination par le virus existe bel et bien. Le confinement qui permet de les en protéger entraine toutefois des risques accrus de maltraitance, du fait de situations favorisant le passage à l’acte à domicile, et d’une difficulté supplémentaire pour le repérer.

En temps normal, l’école fait parfois office de « refuge » pour des enfants, et les personnels de l’Éducation nationale sont les premiers à transmettre des d’informations préoccupantes. Alors que seul un français sur quatre en moyenne déclare avoir le réflexe d’appeler le 119 face à une suspicion de violence sur mineur, la vigilance doit redoubler pendant cette période de confinement.

C’est le message qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Solidarités et de la Santé, souhaite envoyer à chacun dans les prochaines semaines et c’est dans le même objectif qu’un certain nombre de dispositifs visant à prévenir les violences faites aux enfants dans un cadre privé ont été renforcés :
1°) Déclenchement du plan de continuité d’activité du 119 – Enfance en danger

Le Service 119-Allo Enfance en Danger a activé son plan de continuité d’activités pour assurer un maintien de l’activité des écoutants, indispensable au repérage des situations de danger ou de risque de danger d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) continuera à s’articuler étroitement avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux, avec lesquels s’entretiennent régulièrement les services d’Adrien Taquet.

Un point hebdomadaire sera fait entre le Ministre et les responsables du 119-Enfance en danger pour suivre l’évolution de la situation des violences recensées.

Adrien Taquet appelle chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence sur un enfant.

Il s’agit d’un geste simple sans risque pour chacun d’entre nous qui peut sauver la vie d’un enfant. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux-mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique.

Par ailleurs, des associations de protection de l’enfance restent plus que jamais à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :
La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234
2°) La justice maintient les procédures d’urgence permettant de garantir la protection de tous les enfants

Sur décision de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, les tribunaux sont fermés au public, pour éviter la propagation du virus. Les plans de continuité d’activité, déclinés dans chaque tribunal judiciaire selon les directives données, permettent d’assurer le traitement des contentieux urgents et d’assurer la protection de tous les enfants.

Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire seront décidées par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants sera assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.

Des préconisations seront adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis.

Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.
3°) Sensibilisation des enfants et du grand public

Chacun doit également se sentir concerné par ce message de vigilance pour que la protection de nos enfants reste une priorité malgré le confinement qui s’impose.

Le Ministre en appelle à l’ensemble des diffuseurs -chaînes de télévision, radios, plateformes internet et réseaux sociaux, utilisés en particulier par les jeunes- afin qu’ils puissent relayer les messages de prévention et de promotion du 119-Enfance en danger.

Une campagne de sensibilisation sur l’enfance en danger à destination du grand public sera ainsi réactivée dans les prochains jours afin de favoriser cette vigilance collective.

Contact presse :
sec.presse.enfance@sante.gouv.fr
pdf Communiqué de presse : confinement et violences Téléchargement (181.9 ko)
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Le Gouvernement pleinement mobilisé contre les violences conjugales et intrafamiliales
Communique de presse 25 mars 2020
Le contexte particulier de confinement, indispensable à l’endiguement de la pandémie de Covid-19, constitue malheureusement un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales: la promiscuité, les tensions, l’anxiété peuvent y concourir. Le Gouvernement y est particulièrement vigilant et pleinement mobilisé. Depuis le début du mandat, il s’est engagé avec la plus grande résolution pour lutter contre le fléau des violences intrafamiliales. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, Marlène Schiappa, secrétaire d’État au près du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations et Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la santé en charge de l’enfance, tiennent à rappeler conjointement les dispositifs et mesures mis en œuvre.
Le traitement des affaires de violences conjugales continue d’être assuré par les juridictions, désormais fermées au public pour éviter la propagation du virus. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux a ainsi clairement rappelé que les audiences de comparutions immédiates devaient être maintenues afin de permettre la répression sans délai des conjoints violents. Par ailleurs, les juges aux affaires familiales continueront à assurer le prononcé des ordonnances de protection afin de garantir aux victimes une protection rapide et efficace. La Garde des Sceaux et Marlène Schiappa, secrétaire d’État au près du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations l’ont rappelé : l’éviction du conjoint violent doit être la règle. La lutte contre les violences faites aux femmes demeure une priorité de politique pénale clairement affirmée par le ministère de la Justice.
  • Le traitement des contentieux urgents est assuré, des permanences sont tenues dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire peuvent être rendues par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants est assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.Des préconisations ont été adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis. Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.
  • Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a demandé aux forces de l’ordre de rester pleinement mobilisées dans leur combat contre les violences intrafamiliales. Il convient de rappeler que pour tout cas de danger grave et immédiat, avec nécessité d’une intervention sur place, il convient de contacter les services de première urgence : Le 17 est évidemment à la disposition des victimes et doit impérativement être le moyen de contact utilisé en cas d’urgence. Il permet une action rapide de la police ou de la gendarmerie et que tout soit mis en place pour protéger la ou les victimes. Les services de police ou de gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18 ou 112) ou le Samu (15) restent mobilisés pour les situations d’urgence.
  • Durant toute la période du confinement, la plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes mise en place par le ministère de l’Intérieur pour signaler des violences et pouvoir bénéficier d’assistance et de conseils est pleinement opérationnelle, disponible sur arretonslesviolences.gouv.fr. Elle reste active 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et permet de dialoguer avec des forces de l’ordre formées aux violences sexistes et sexuelles de manière anonyme et sécurisée. Chacun peut diriger les victimes de violences conjugales vers cette plateforme, plus adaptée à la période.
En outre, dès le début de la période de confinement, la secrétaire D’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations a déployé un plan pour protéger les victimes de violences conjugales, annoncé le lundi 16 mars, en lien avec les différents ministères concernés. :
  • Le 3919, numéro d’écoute national, reste opérationnel et une écoute à distance a été mise en place. La secrétaire d’État tient à saluer la mobilisation des écoutantes, au domicile desquelles des téléphones portables ont été livrés afin de garantir une continuité de service dès le samedi 22 mars au matin. La ligne est ouverte du lundi au samedi de 9h à 19h.
  • En lien avec le Ministre chargé de la Ville et du Logement, la Secrétaire d'État a demandé que les accueils de nouvelles femmes puissent se poursuivre dans le respect des mesures barrières.
  • Pour chacun des départements, un état des lieux de la situation des associations locales et des centres d'hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences est régulièrement réalisé. Les directrices régionales et les déléguées départementales aux droits des femmes sont pleinement mobilisées pour assurer ce suivi et résoudre les problèmes rencontrés par les structures.
Une campagne de communication portée par des influenceurs pour faire mieux connaître la plateforme de signalement est en cours.
Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la santé en charge de l’enfance, tient à saluer la mobilisation des professionnels qui permet au 119, numéro d’appel pour l’enfance en danger, de continuer à être joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en priorisant les appels d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) maintient sa collaboration étroite avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux.
Le secrétaire d’État appelle à nouveau chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence commise sur un enfant, quelle que soit sa nature. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux-mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique. Une campagne de sensibilisation à la question des violences faites aux enfants du ministère des Solidarités et de la Santé sera réactivée cette semaine, visant notamment à toujours mieux faire connaitre le 119.
Les associations de protection de l’enfance restent également, plus que jamais, à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :
  • La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
  • L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
  • Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
  • Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234
Enfin, face au risque de burn out parental notamment lorsqu’un un enfant ou un bébé ne cesse de pleurer, des conseils existent :
  • Rompre l’isolement : joindre un proche ou quelqu’un de confiance au téléphone
  • Atténuer le sentiment de persécution par le bruit des pleurs : allumer la radio ou la télévision
  • Consulter le « guide des parents confinés : 50 astuces de pro » publié par le Secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, disponible sur www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/publications/droits-desfemmes/autres/guide-des-parents-confines-50-astuces-de-pro/ external link
  • Laisser l’enfant en sécurité dans son lit quitte à le laisser pleurer
  • Demander de l’aide par tous les moyens, y compris en contactant son médecin traitant son pédiatre, ou en appelant le 15
La mise en œuvre des travaux du Grenelle des violences conjugales n’est pas suspendue pendant le confinement, les administrations mobilisées poursuivent le travail. Dans cette période de confinement qui peut être un facteur de risque supplémentaire, la détermination du Gouvernement ne faiblit pas un instant, soulignent les ministres.
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Confinement : une étude pour en évaluer les effets psychologiques
Science
27.03.2020 https://www.inserm.fr*
Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à Strasbourg, mène une étude auprès de volontaires sains, pour explorer les effets positifs et négatifs du confinement, notamment sur la santé mentale.
[Cette étude ne recrute plus de volontaires.]
Le confinement est une expérience exceptionnelle qui n’est pas sans conséquences. Plusieurs facteurs peuvent changer la façon dont nous réagissons à cette situation, positivement ou négativement. Une méta-analyse qui vient de paraître dans le Lancet montre que cette expérience peut, par exemple, avoir un impact psychologique délétère, avec des troubles de l’humeur, des confusions, voire un syndrome de stress post-traumatique. Le risque d’apparition de ces manifestations augmente avec la durée d’isolement, mais aussi avec d’autres facteurs comme les conditions de logement, la perte de revenus, l’absence d’information, ou encore l’ennui. Pour explorer ces différentes associations dans le contexte actuel en France, Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie*, vient de lancer une enquête en population générale.
À l’annonce des mesures de confinement en France, le 16 mars dernier, elle a décidé de monter dans l’urgence une étude pour étudier ses effets sur la santé mentale et psychique. Avec son équipe, elle a élaboré un protocole de recherche comprenant un questionnaire, puis elle a saisi le comité d’éthique de l’université de Strasbourg qui l’a validé en un temps record. Dans les heures qui ont suivi, ce questionnaire a été envoyé par mail à plus de cent personnes qui ont donné leur consentement écrit, uniquement des adultes. "Il était important d’aller vite pour capter ce moment extrêmement particulier des premiers jours du confinement, ce changement brutal des habitudes et de l’organisation, l’état d’esprit des individus", explique Anne Giersch.

Questions et récits
Cette enquête est destinée à évaluer les conditions de confinement, l’environnement social et le bien-être mental des personnes concernées. Les questionnaires portent sur la santé en général, l’infection éventuelle par le virus, l’inquiétude face au risque d’infection, les conditions du confinement (surface du domicile, nombre de personnes sous le même toit, jardin...), le réseau social avant et pendant le confinement, l’humeur, les émotions, le niveau de stress et les perceptions. Il y a notamment des questions relatives aux angoisses, à la dépression, aux violences ou encore aux symptômes psychotiques, des sujets qui intéressent plus particulièrement ce laboratoire spécialisé en psychiatrie. "De précédents travaux ont montré que l’isolement peut participer à l’émergence d’hallucinations ou d’expériences de sortie du corps, une sensation de flotter en dehors de son corps, par exemple", explique Anne Giersch. Il est prévu d’envoyer un second questionnaire à l’ensemble des participants à l’issue du confinement, afin de suivre l’évolution des réponses.
Il est également demandé aux participants d’écrire quotidiennement une dizaine de lignes pour relater leur expérience personnelle : les activités de la journée, les pensées, émotions... "Il s’agit de narration que nous interpréterons de façon qualitative mais aussi quantitative. Nous pouvons analyser les termes employés, le ton du récit et si ces paramètres évoluent au fil du temps", explique Anne Giersch.
Les questionnaires sont déposés par les participants de façon anonyme sur la plateforme web de l’université de Strasbourg. "Un traitement informatisé sera développé pour analyser et interpréter les résultats qui viendront compléter les données issues d’autres laboratoires travaillant également sur ces questions. Cela pourrait aider les pouvoirs publics dans leurs décisions concernant la durée et les conditions de confinement", conclut Anne Giersch
Note :
* unité 1114 Inserm/Université de Strasbourg
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PRESSE
Sélection d'articles ressources generales 
Voir Aussi presse ressources locales POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & Santé mentale : des ressources en Régions



Xavier Mathieu : "C'est le lien qui préserve". Independant / Nathalie Amen-Vals
Publié le 21/03/2020 à 10:48 / Modifié le 21/03/2020

Coronavirus - Aude : "On a le droit de se sentir mal, d’être irritable ou angoissé"

Xavier Mathieu est psychologue. Il décline et explique les conséquences que peuvent avoir, au niveau psychologique, les conséquences du confinement destiné à freiner la pandémie de coronavirus.

Les personnes psychologiquement affaiblies peuvent-elles ressentir de la claustrophobie, un mal-être, en se retrouvant confinées chez elles ?
La claustrophobie est quand même souvent moins active lorsqu'on est chez soi, à l’abri, dans sa base de sécurité qui est tout autant dans notre rapport à nous-même et aux autres que, souvent, dans notre lieu de vie. Pour autant la privation de mouvement est difficile à vivre. C’est une occasion de retour à soi, certes, mais ça, c’est sur le papier. On ne va pas tous faire de la méditation et revenir à l’essentiel. La contrainte, c’est difficile. Pour beaucoup d’entre nous, l’identité est avant tout sociale. Nous trouvons des ressources à l’extérieur. Il faut s’attendre, et dans la mesure du possible accepter que ça puisse être difficile. Il faudra s’accorder des moments de baisse de moral et prendre soin de soi au maximum. Comme pour le reste, les recommandations de bonne gestion, les injonctions à traverser cela sereinement sont culpabilisantes. On a le droit de se sentir mal, d’être irritable ou angoissé.

Pour celles qui ont la chance d'avoir un jardin, un lieu de respiration, ce sera moins dur ?
Bien sûr. La nature est source d’apaisement et le luxe, c’est l’espace. Les distinctions sociales ont un impact et les plus précaires, pour beaucoup de raisons, sont généralement plus touchés. Cependant les ressources internes, elles, ne sont pas réservées aux plus favorisés.

Les personnes très actives qui se retrouvent au chômage technique peuvent-elles aussi éprouver un mal-être ?
Absolument. On se définit beaucoup par ce qu’on fait, ce qu’on réalise. Nous serions bien plus à l’abri des circonstances extérieures si nous nous ancrions sur qui on est. Dans le meilleur des cas, cela mènera à une redéfinition de ce qui est important. Les crises sont toujours des occasions, mêmes douloureuses. Certaines expériences de vies permettent de hiérarchiser ses priorités. J’aimerais pouvoir penser que c’est aussi valable au plan collectif.

Le télétravail est-il idéal ? C'est l'espace familial soudain investi par la sphère professionnelle.
C’est évidemment très difficile. Comment gérer en même temps ses enfants à la maison et le travail à faire dans un moment de tension accrue. Là aussi il va falloir être créatif en ne visant pas un idéal irréaliste.

Peut-on avoir des cas de tentatives de suicide, ou de suicide ?
Le suicide n’est jamais dû à un seul paramètre. Le confinement est un facteur de stress et il pourrait amener à ce que les ressources de personnes vulnérables soient dépassées. On sait aussi qu’un des facteurs de risque majeur des comportements suicidaires est l’isolement social. C’est le lien qui préserve. On est globalement tous très sensibles aux liens avec les autres. Vous, moi, sommes plus ou moins heureux principalement en fonction de la qualité des rapports que l’on a avec les autres.

Internet va être une aide précieuse. On a beaucoup dit de mal des téléphones mobiles, des réseaux sociaux. On sait maintenant que c’est aussi du lien et que ça sauve parfois. Il s’agit donc de rester en lien par tous les moyens sans risque sanitaire. Il y a différents numéros utiles quand on est isolé qui restent opérationnels (*). On peut aussi toujours appeler son médecin traitant.

Il peut arriver que des personnes craquent, sortent dans la rue pour simplement respirer, ou d'autres qui peuvent devenir agressives ?
Les débordements arrivent quand nos modes de gestion du stress sont insuffisants. On ne compense plus nos angoisses. C’est déjà le cas en temps normal mais là, nos ressources sont mises à mal. On peut alors "décompenser" sur plusieurs modes. On peut être sujet à de la dépression, de l’angoisse incontrôlable et des "passages à l’acte" qui sont toujours un court-circuit de nos capacités à gérer autrement, à faire avec. Le confinement devrait créer du stress même si beaucoup vont s’adapter. Sans compter qu’il est aussi question de notre rapport à la mort. C’est le grand impensé de nos sociétés qui refuse la souffrance. Il s’agit donc là de faire face au stress, du mieux qu’on peut en s’écoutant et en faisant ce qui nous fait du bien ou nous apaise. Pour les populations vulnérables, le lien va être primordial. Savoir que nous vivons tous une situation similaire est aidant ; partager nos difficultés avec les autres nous permet de mieux les surmonter.

Le confinement peut-il avoir un effet sur les enfants ?
Globalement les enfants sont plus résilients. Ils sont par contre très sensibles à l’angoisse de leurs parents. Des explications claires et adaptées à leur âge sont nécessaires. On peut prendre les choses au sérieux sans ajouter de l’angoisse. C’est effectivement une occasion de partager du temps avec eux, de la tendresse, des moments créatifs mais, là aussi, on ne peut que s’accorder que ça peut être difficile. Dans la mesure du possible, il faudrait organiser le temps et l’espace pour que chacun respire.

Les personnes malades (somatiquement ou psychologiquement), qui doivent suivre un traitement, comment font-elles ? Un psychologue ne peut plus se déplacer... En cas d'urgence ?
Il est toujours possible de voir un thérapeute, un psychiatre. Cela rentre dans les raisons médicales de déplacement dérogatoire. Il ne faut pas hésiter à se mettre en contact avec eux. Certains libéraux vont proposer des alternatives (consultations par téléphone, visio...). Les centres médico psychologiques restent à ce jour ouverts pour les situations difficiles. Pour les traitements, les pharmacies sont exceptionnellement habilitées à renouveler les prescriptions y compris avec une ordonnance périmée. Enfin, en ce qui concerne les cas de crise psychologique grave, l’Ussap et le centre hospitalier se sont organisés pour permettre encore un premier accueil au service des urgences du CH. (*) SOS amitié 01 42 96 26 26, Suicide écoute 01 45 39 40 00, les centres médico psychologiques...

Propos recueillis par Bruno Coince https://www.lindependant.fr/2020/03/18/aude-on-a-le-droit-de-se-sentir-mal-detre-irritable-ou-angoisse,8807834.php
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Confinement : une cellule de soutien psychologique désormais ouverte pour les Français "en détresse psychique"AFPSanté
www.lci.fr/sante/ 25/03/2020
AIDE - Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a annoncé la création d'une cellule d'aide psychologique via le numéro vert 0800.130.000, afin d'aider les Français désemparés face à la menace épidémique du nouveau coronavirus et aux mesures drastiques du confinement.
25 mars 15:02 - Romain LE VERN

Plus le confinement sera strict et long, plus la santé mentale de la population doit être accompagnée, avec l'aide des téléphones et des réseaux. Nombreux sont ceux qui, face à la durée du confinement, réclament un centre d’appel pour les personnes en détresse psychique, c’est désormais chose faite avec un numéro vert 0.800.130.000 qui était jusqu’à présent ouvert aux personnes se posant des questions sur le virus. Ce numéro prend désormais en charge celles et ceux qui ont besoin de soutien psychologique.

Ce projet de cellule d'aide a été annoncé par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. En quoi consiste-t-il ? Réponses avec François Ducrocq, chef de la cellule d’urgence médico-psychologique pour la zone Nord et co-instigateur du projet.
Lire aussi

Comment est né ce centre d’appel ?

On sait depuis une semaine que l’évolution du virus, sa mortalité, sa contagiosité et ce qui va devenir un confinement long, vont entrainer une grande détresse psychique. Après un nombre conséquent de réunions et de réflexions, l’idée a consisté à s’appuyer sur ce guichet unique du 0.800.130.000, le numéro du gouvernement et de santé publique France, initialement réservé à ceux qui se posent des questions sur le virus pour aider les gens qui présentent une détresse particulière liée à l’actualité. Ce numéro est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et l’Etat donnera les moyens techniques et humains pour y pourvoir.

Une fois que l’on compose ce numéro, que se passe-t-il désormais ?

Une première évaluation aura lieu via des opérateurs afin de déterminer s’il y a une détresse psychique. Et si oui, l'interlocuteur bascule l’appel vers une plateforme Croix-Rouge/CUMP (cellules d'urgence médico-psychologique). Sur cette plateforme, se trouveront d'autres opérateurs qui prendront plus de temps avec un niveau d’expertise plus poussé, pour mesurer l’intensité et la typologie de la détresse psychologique. Par la suite, deux options s’imposent : soit ce nouvel opérateur gère directement la personne en détresse au téléphone, soit il envoie les coordonnées à un référent du département d’habitation de la personne ayant appelé pour un renvoi téléphonique, pouvant aller jusqu’à la télé-consultation.

Est-ce une alternative pour celles et ceux, en détresse, qui auraient instinctivement envie d’appeler le 15 ?

Exactement. Notre idée, c’est de désengorger le 15 qui en moyenne reçoit 5000 appels par jour. Beaucoup d'appels sont d’ordre somatique (j’ai mal à la tête, je tousse…) quand d’autres tiennent d’angoisses (j’ai la trouille, je ne dors pas, mon enfant dort pas…). Ainsi, si on se sent en détresse psycho-social (caractère anxiogène du confinement, sentiment d’insécurité, difficultés relationnelles…), on n’appelle pas le 15, on appelle le 0.800.130.000.

Romain LE VERN
https://www.lci.fr/sante/coronavirus-confinement-covid-19-numero-telephone-0800130000-une-cellule-de-soutien-psychologique-desormais-ouverte-pour-les-francais-en-detresse-psychique-2148880.html

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Confinement : « Il est indispensable de maintenir une sociabilisation »

Entretien
Alors que le gouvernement durcit les règles du confinement, entretien avec David Gourion, psychiatre, ancien chef de clinique à l’hôpital Sainte-Anne, sur les risques psychologiques de la quarantaine due à l’épidémie de coronavirus.
Recueilli par Paula Pinto Gomes,
le 24/03/2020 https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sante/Confinement-Il-indispensable-maintenir-sociabilite-2020-03-24-1201085846

David Gourion : Nous n’avons pas beaucoup de recul face à ce genre de situation. Selon les publications de nos collègues psychiatres chinois, 10 à 15 % des gens vivent mal, voire très mal, le confinement. Ces personnes, qui ne présentent pas nécessairement des troubles émotionnels, peuvent se retrouver dans des états dépressifs ou de stress post-traumatique, surtout si elles ont été touchées par l’épidémie. Le confinement peut en outre aggraver les addictions.

Les médecins chinois ont vite compris qu’il fallait mettre en place un plan de gestion du stress adapté à chaque type de population : les anxieux, les contaminés, les familles, les personnes âgées. Pas seulement pour des raisons « humanistes » et de bien-être, mais parce qu’ils ont constaté que les gens en détresse psychique intense n’étaient pas en mesure de suivre les recommandations de confinement à la lettre. Ils ont donc proposé des outils d’auto-prise en charge du stress, un numéro d’appel gratuit 24 heures sur 24 heures et des consultations avec des psychologues ou des psychiatres pour les cas les plus sévères.

Ici, avec les équipes (professeurs, élèves, psychologues…) d’HEC, nous avons créé un site pour aider les étudiants à gérer le stress et l’ennui. Car il est normal de se sentir anxieux, de mal dormir, d’avoir peur d’être contaminé ou de contaminer, de se sentir irritable, impuissant ou en colère dans une situation de pandémie. Mais une aide psychologique peut être utile.

La colère, la frustration peuvent exacerber la violence intrafamiliale…

D. G. : Oui, le confinement risque d’augmenter une violence latente dans certaines familles. Cette période de quarantaine peut s’avérer une véritable épreuve pour certains. Je le vois chez les étudiants. Certains sont très heureux de se retrouver confinés avec leurs proches, parce qu’ils ont de bonnes relations, alors que pour d’autres c’est un cauchemar.
Y a-t-il des populations plus exposées aux risques psychiques ?

D. G. : Oui, les personnes âgées ou isolées et les adolescents sont des populations plus fragiles. L’étude chinoise montre que les femmes sont aussi davantage exposées au risque de troubles émotionnels du registre psychotraumatique. On sait par ailleurs que les conditions socio-économiques sont un facteur aggravant. Se retrouver confiné en famille dans un logement exigu, ce n’est pas tout à fait la même chose que dans un grand appartement ou une maison avec jardin. Les patients qui souffrent de troubles psychiatriques sont eux aussi plus vulnérables. Nous redoutons d’ailleurs que cette population déjà stigmatisée socialement ne le soit également sur le plan médical. Du fait de leur pathologie, elles pourraient ne pas bénéficier de soins aussi rapides et efficaces que les autres.

Quels enseignements peut-on tirer des expériences de confinement dans certaines professions, ou situations, comme en milieu carcéral ?

D. G. : Les sous-mariniers, par exemple, sont astreints à des rituels quotidiens très stricts parce que, dans des conditions de vie difficiles, comme celles-là, il est indispensable de respecter les rythmes biologiques et le besoin de lien social propre à notre espèce. N’oublions pas que nous sommes des mammifères. D’où l’importance, pendant ce confinement, de garder une routine autour des horaires de repas, de lever, de coucher afin de ne pas perdre ses repères. La psychiatrie militaire et carcérale nous a appris que les gens supportent mieux leur situation lorsqu’ils arrivent à conserver certaines habitudes régulières, une activité physique et des liens sociaux quotidiens.

Il est donc indispensable de maintenir une sociabilisation, même si ce n’est pas simple en ces temps de pandémie. Les réseaux sociaux le permettent de manière virtuelle, et c’est très important, mais pas suffisant. Lorsqu’on a la chance de ne pas être seul, il faut garder le lien avec les personnes de notre entourage.

Concernant les sous-mariniers, il y a un autre point intéressant à relever : il est interdit de leur envoyer des mauvaises nouvelles quand ils sont en mer pour ne pas affecter le moral des troupes. Nous, nous ne pouvons pas nous protéger des mauvaises nouvelles, mais il ne faut pas s’exposer à longueur de journée à une information anxiogène, voire à des fakes news. On doit s’informer, mais il suffit de le faire deux fois par jour, le matin et le soir, par exemple, et sur des médias sérieux pour ne pas augmenter le stress généré par le confinement. 

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Comment la crise du Covid-19 et le confinement sont vécus par les plus « fragiles » psychiquement
 
Santé mentale Coronavirus Confinement 
Mis à jour le 24 mars 2020 https://www.psychologies.com/Actualites/Sante-mentale/Comment-la-crise-du-Covid-19-et-le-confinement-sont-vecus-par-les-plus-fragiles-psychiquement
Par Lucien Fauvernier
La situation épidémique actuelle et le confinement constituent une période anxiogène pour la plupart d’entre nous. Mais comment vivent et affrontent cette situation exceptionnelle les personnes à la santé mentale « fragile » ? Faut-il craindre des risques suicidaires ou de dépressions majeures ? Les réponses de Jean-Louis Terra, professeur de psychiatrie à l’Université de Lyon et psychiatre au Centre Hospitalier Le Vinatier.

Quels impacts peut avoir la situation sur les personnes les plus « fragiles » en termes de santé psychique, atteintes de dépressions sévères ou aux pensées suicidaires ?

Jean-Louis Terra : Il n’existe pas de réponse toute faite, car chaque cas est particulier. Cependant mon expérience clinique témoigne de différentes réactions chez mes patients. Tout d’abord, il y a ceux qui étaient déjà confinés par leur maladie. Ces personnes se sentaient en décalage par rapport à la population générale. Par exemple, tous les matins elles se promettaient de sortir sans y parvenir. Elles peuvent donc, paradoxalement, éprouver une forme de soulagement, si personne ne sort, elles ne ont plus si différentes et n’ont plus vraiment à sortir. Ainsi, plutôt que ce soit la dépression qui prescrive une forme d’impuissance, c’est désormais la crise sanitaire qui l’exige. J’ai plus d’inquiétudes cependant concernant les dépressions à forme anxieuse, où les personnes peuvent être très négatives, avoir une tendance à faire jouer le catastrophisme lié à leur trouble et donner un sens encore plus tragique à la situation. C’est d’autant plus vrai pour certains patients qui ont une tendance à l’anticipation négative, qui vont sur-interpréter une quinte de toux, le silence de leur proche etc. et s’inquiéter de façon démesurée. Néanmoins, ma pratique confirme que quelques fois, ces patients anxieux résistent bien quand il y a un principe de réalité très fort comme c’est le cas actuellement. Elles peuvent avoir une réaction tout à fait saine et ordinaire, c’est le cas lorsqu’elles sont confrontées à un deuil ou un événement familial fort. Les personnes atteintes de dépressions dites « agitées », de leur côté, ont besoin de bouger pour fuir leur souffrance, elles ne se trouvent bien ni assises, ni couchées, ni dedans, ni dehors… Il peut y avoir une tension psychique qui pousse à la consommation de dérivatifs comme l’alcool, le tabac ou d’autres substances psychoactives.

Que faire si l’on se sent « fragile » pour affronter au mieux cette situation ?


Jean-Louis Terra : La première chose est d’appliquer des règles d’hygiène de vie simples : conserver une vie « normée » avec des rituels quotidiens, ne pas se laisser intoxiquer par l’information à outrance, d’avoir des activités structurées comme la lecture, le bricolage… faire des petites choses habituelles donne une bonne assise et limite les zones de peur. Il vaut mieux éviter de se retrouver dans une position de négligence ou d’attente anxieuse au risque de s’épuiser psychiquement. Pour ne pas se retrouver seul, j’invite aussi les personnes qui se sentent « fragiles » à appeler leurs proches, à prendre des nouvelles ou à demander de l’aide. Elles peuvent très bien envoyer un texto à leurs proches en disant : « N’hésitez pas à m’appeler, je n’ai pas toujours la force ou la présence d’esprit de le faire ». Et surtout, si elles sont suivies par un professionnel de santé, il convient de multiplier les séances par téléphone pour prendre des nouvelles, soutenir, partager et briser l’isolement. En France, les thérapeutes sont encore trop souvent réticents à pratiquer l’out reach –consulter par téléphone – pourtant les outils numériques nous fournissent des moyens très efficaces pour réaliser facilement des échanges thérapeutiques à distance. C’est une pratique, selon moi, très saine et très efficace, qui permet parfois un contact plus intense entre le patient et le thérapeute. C’est d’autant plus vrai que l’échange est libéré de tout le paralangage – gestes, mimiques et expressions faciales - qui perturbe parfois la séance. Le patient a souvent la parole plus libre car les réactions du thérapeute sont dans l’ombre et il peut donc se confier plus aisément. De plus cette peur collective liée à cette crise est quelque chose que nous avons tous en commun. Les patients savent que nous partageons les mêmes inquiétudes. Une certaine asymétrie s’estompe car les patients s’inquiètent pour nous. Jamais je n’ai reçu autant de conseils de prudence, de remerciements et d’encouragement de la part de mes patients.

La situation actuelle peut-elle provoquer des dépressions sévères ou créer des pensées suicidaires ?

Jean-Louis Terra : Il y a selon moi peu de probabilités. Que cela crée de l’anxiété, de la peur oui, mais une authentique dépression ou des troubles plus sévères, je ne pense pas immédiatement. En effet, cette épreuve est collective et c’est assez protecteur pour la psyché. Ainsi, concernant le risque suicidaire, différentes études montrent que les situations exceptionnelles ont tendance à faire baisser le taux de suicide, comme cela a été le cas très nettement après les attentats du 11 septembre 2001. Une attention particulière devra cependant être prêtée à la santé psychique des soignants, qui sont à risque, une fois que la situation sera revenue à la normale. Les pompiers qui sont intervenus au World Trade Center ont été touchés par un fort stress post-traumatique et un taux de suicide élevé. Il faut distinguer cet effet des décès qui peuvent intervenir dans la famille des patients et des conséquences économiques qui ont déjà par le passé conduit à plus de suicides. Mais globalement, la chose essentielle est de ne pas se laisser enfermer dans son angoisse ou son anxiété. Il faut savoir raison garder et s’en tenir aux faits : nous sommes confinés, c’est une chose inquiétante, mais aussi positive pour la santé de tous. Nous avons de quoi satisfaire nos besoins de première nécessité, la société est encore active, le gouvernement prend des mesures, ce n’est pas le chaos. Il est donc inutile de chercher des solutions miracles, de s’abreuver de fake news, mais plutôt appréhender ce temps du confinement comme un temps de recueillement qui réinterroge la valeur de nos existences, et qui peut paradoxalement, redonner un goût plus fort à la vie.

Que faire si l'on se sent vaciller et que l'on a besoin d'aide ?

Jean-Louis Terra : Il faut réagir si on ne se sent vraiment pas bien ou si l'on a l'impression que notre état psychique se dégrade rapidement. Les consultations en présentiel des CMP et les visites à domiciles sont arrêtées, sauf cas de force majeure où des thérapeutes et équipes médicales peuvent se déplacer pour vous venir en aide. Une dernière chose, en cas de trop grande inquiétude concernant son état de santé, je recommande vivement aux personnes de ne pas se ruer aux urgences mais d’essayer vraiment en première intention d’avoir un médecin traitant au bout du fil. Cela permettra d’éviter de saturer les hôpitaux, et de se mettre parfois dans des situations difficiles d’attente désespérantes qui peuvent être très éprouvantes pour la psyché. https://www.psychologies.com/Actualites/Sante-mentale/Comment-la-crise-du-Covid-19-et-le-confinement-sont-vecus-par-les-plus-fragiles-psychiquement

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Coronavirus, comment protéger sa santé mentale ?
En quelques jours, notre vie, nos façons de travailler, d’habiter et d’être ensemble ont radicalement changé. Que nous soyons pris.e.s dans l’urgence de la gestion de crise (professionnel.le.s de santé, journalistes, personnel de vente, etc.) ou que nous soyons immobilisé.e.s à la maison, la brutalité avec laquelle le coronavirus (Covid-19) frappe nos quotidiens n’est facile à vivre pour personne. Pour vous aider et vous conseiller dans cette période forte en chamboulements, nous partageons cet article très complet de Minds, qui oeuvre pour la promotion de la santé mentale à Genève.
Pour une majorité d’entre nous, le confinement semi-volontaire est notre nouvelle réalité, pour une durée indéterminée. L’isolement soudain, la cohabitation sans répit ou la solitude pesante, la peur du virus et le flot continu d’informations inquiétantes représentent un cocktail difficile à absorber pour notre santé mentale.
Le message le plus important que minds souhaite adresser est celui-ci: c’est normal de se sentir dépassé!
Cette situation que nous vivons est aussi inédite que bouleversante. Se sentir stressé.e, seul.e, triste ou angoissé est normal. Faire des stocks de nourriture? Penser à se réfugier à la campagne? Pleurer en regardant les infos? S’en prendre à ses proches en confinement? Oui, ça peut arriver. Nous avons le droit de réagir parfois de manière irrationnelle ou émotionnelle et nous ne devrions pas être blâmé ou stigmatisé pour ça.
Au milieu de cet ouragan émotionnel et médiatique que nous vivons, il est donc plus que jamais essentiel de penser aussi à sa santé mentale. Voici quelques conseils qui peuvent aider à traverser les prochaines semaines.

Comment prendre soin de sa santé mentale pendant cette période?






Se tenir informé.e sans se laisser envahir
  • Chercher de l’information fiable auprès de sources officielles, comme l’Office fédéral de la santé publique, les HUG ou le site de l’Etat de Genève. Privilégier les faits et les informations de prévention qui peuvent aider à réduire les peurs.
  • Mais ne pas se laisser envahir par l’info: consulter les infos 1 ou 2 fois par jour (le journal télévisé par exemple), et éviter les sources d’information en continu. Limiter aussi les réseaux sociaux ou les groupes whatsapp pleins de fake news qui alimentent l’anxiété.

Garder une routine, bouger, se divertir

  • Garder une routine: autant que possible, conserver un rythme stable, se lever et se coucher à heures fixes pour garantir un sommeil suffisant, faire 3 repas sains par jour, séparer autant que possible le temps de travail et de vie familiale, etc
  • Prendre l’air, si on le peut: un balcon, un jardin, une cour intérieure, un tour du quartier (en respectant les distances), voire, si on le peut encore, une balade en campagne ou en forêt. La nature est un important facteur de bien-être mental.
  • Bouger: notre santé physique et mentale sont étroitement liées et l’exercice physique est une des clés du bien-être mental. Si on le peut, sortir faire quelques pas mais sinon, on met de la musique et on danse!
  • Se divertir hors des écrans: écouter de la musique, lire un roman, tenir un journal, écouter des podcasts, faire de la couture, de la pâtisserie, dessiner… Toutes ces choses que nous n’avons pas le temps de faire d’habitude à cause de nos vies trop chargées.

Garder le contact

  • Rester en contact: même en confinement, il s’agit de rester connectés à nos proches. Prendre des nouvelles ou en donner. Et passés les premiers jours d’agitation, pas forcément besoin de ne parler que de la crise sanitaire, on peut parler de tout, échanger des conseils de lecture, parler des enfants ou du printemps.
  • Mais là aussi, modérer: 15 coups de téléphone par jour, 200 messages, ça peut devenir envahissant. Ou déprimant quand tout à coup les notifications se tarissent. Limiter les conversations qui nous angoissent et se concentrer sur la tâche qu’on avait commencée, ça permet de reprendre un peu un cours normal de la vie

Exprimer ses émotions, en parler et se faire confiance

  • Dire si on ne se sent pas bien: chercher du soutien, manifester des émotions pour ne pas tout ruminer seul.e. Si on ne trouve personne à qui se confier, des ressources comme La Main Tendue peuvent aider.
  • Essayer de ne pas devenir sombre: lorsque l’on est isolé.e, on a beaucoup de temps pour penser, ce qui peut parfois nous entraîner dans une spirale négative de dévalorisation de soi et de sa vie.
  • Essayer de positiver: se rappeler que les épidémies, comme tout, ont une fin, que de très nombreuses personnes ont déjà guéri et que des milliers d’autres, y compris nous, s’en sortiront aussi. Penser au personnel soignant et à tous.tes les professionnel.le.s avec gratitude et admiration, être reconnaissant.e pour leur travail et les moyens mis à leur disposition.
  • S’écouter et se faire confiance: durant les moments de stress, prêter attention à nos propres besoins et ressentis. Savoir ce qui nous fait du bien et le faire.

Se soutenir…

  • Etre solidaire: soutenir d’autres personnes en difficulté peut être bénéfique pour la personne qui reçoit de l’aide autant que pour celle qui en donne. Prendre des nouvelles de nos voisins proches, se renseigner sur des initiatives solidaires dans notre quartier, ça occupe et ça fait du bien.






 Où trouver de l’aide en cas de besoin?

Comment rendre service et s’entraider?





Services aux Hôpitaux Universitaires de Genève
  • Pour les soignant.es qui souhaitent proposer leurs services aux HUG, écrire à: covid19.candidatures@hcuge.ch – HUG (Genève)
  • Pour les personnes qui proposent un hébergement pour le personnel soignant: hebergements.covid19@hcuge.ch
Plateformes et réseaux d’entraide
Les actions de solidarité et d’entraide se multiplient à Genève, en voici quelques exemples:
  • L’association La Main sûre organise un réseau d’entraide actif sur toute la Suisse
  • Coronaide Genève – Les scouts Genevois se mobilisent face à la pandémie de Covid-19 pour aider les personnes âgées et les personnes à risque à faire leurs courses, chercher leurs médicaments ou toute autre activité ayant lieu dans l’espace public
  • L’organisation Pro Senectute met en place des chaînes téléphoniques pour que les aînés puissent garder des contacts.
  • La Course suisse se propose de livrer chez vous ou des proches des aliments du magasin de votre choix ou des médicaments.
  • Le site Aide-Maintenant recense les propositions d’aide sur l’ensemble du pays
  • Five Up – soutenue par la Croix-Rouge Suisse, l’application met en relation bénévoles et personnes ayant besoin d’aide.
  • Le groupe Facebook  – Coronavirus entraide Genève et régions
Sources
 https://blogs.letemps.ch/lisa-dubin/2020/03/25/coronavirus-comment-proteger-sa-sante-mentale/
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Coronavirus : les risques psychologiques du confinement en 5 questions

Quelles sont les conséquences d'un confinement de plusieurs semaines sur la santé mentale d'une population ? Si la situation actuelle est inédite par son ampleur, des études et l'expérience des professionnels nous éclairent sur les risques et les manières de s'en prémunir.

La plupart des études réalisées sur des populations confinées concluent à des « effets psychologiques négatifs », le plus souvent une humeur maussade et de l'irritabilité. (iStock)

Par Sophie Amsili
Plus d'un tiers de l'humanité est actuellement soumis à des mesures de confinement du fait de l'épidémie de coronavirus. Plus de 2,6 milliards de personnes sont en effet sommées de rester chez elles toute la journée, plusieurs semaines durant, ne pouvant sortir qu'exceptionnellement.
Qu'en est-il des risques pour la santé mentale ? « Pour être honnête, on ne les connaît pas au sens scientifique du terme », prévient d'emblée Christophe Debien, psychiatre et responsable de pôle au Centre national de ressources et de résilience (CN2R). La situation est en effet inédite et, par conséquent, son impact le sera aussi.
Des études déjà parues sur des mises en quarantaine, ainsi que l'expérience des professionnels permettent toutefois d'esquisser quelques pistes.
1. Quelles sont les études sur la quarantaine déjà parues ?
Fin février, alors que des dizaines de millions de personnes en Asie étaient soumises à des mesures de confinement - mais encore aucune en Europe -, la revue américaine « The Lancet » a publié un article synthétisant les risques psychologiques de mises en quarantaine constatés lors de précédentes épidémies.
Les auteurs, des chercheurs du King's College de Londres, ont sélectionné 24 études sur des confinements imposés depuis 2004 sur tous les continents, surtout en Chine, au Canada et en Afrique de l'Ouest, notamment lors des épidémies de SRAS, d'Ebola et de la grippe H1N1. Il s'agissait généralement de quelques centaines de personnes, rarement plus d'un millier. Quant aux durées des confinements, lorsqu'elles ont pu être identifiées, elles ne dépassaient pas 21 jours, la période maximale d'incubation d'Ebola.
Quelques jours après la publication de cet article, la revue « General Psychiatry » publiait les résultats d'un sondage effectué au début du mois en Chine auprès de 53.000 personnes confinées. C'est l'unique étude réalisée à ce jour sur ce sujet dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.
D'autres études peuvent éclairer les professionnels, notamment sur les travailleurs en milieu confinés, comme les sous-mariniers.
2. Quels sont les principaux facteurs de stress identifiés ?
Les auteurs de l'article publié dans « The Lancet » listent une série de « facteurs de stress » pour une population confinée, dont le premier concerne la durée de la quarantaine : « les symptômes de stress post-traumatique deviennent significativement plus élevés lorsqu'elle dure plus de 10 jours », écrivent-ils. Une durée qui sera largement dépassée dans tous les pays qui luttent aujourd'hui pour éradiquer le coronavirus.

A ce facteur s'ajoutent la peur d'être contaminé, la frustration et l'ennui, ainsi que le manque d'équipement et d'information, mais aussi la perte de revenus et la stigmatisation de ceux mis en quarantaine. L'étude recommande aux autorités d'agir sur chacun de ces facteurs.
3. Quelles sont les conséquences psychologiques du confinement ?
Premier constat, « le confinement semble mettre en danger le lien social, puisqu'on ne peut plus voir ni famille, ni amis, ni collègues et qu'on est privés de la satisfaction que peut procurer le travail », explique Christophe Debien.
« Tout ce qui va déstabiliser nos repères temporels, sociaux ou économiques va faire monter notre niveau d'angoisse », poursuit-il. Le risque de violences est, de plus, accru par la contrainte de rester 24 heures sur 24 avec ses proches. « Les études réalisées en Chine et sur les sous-mariniers montrent qu'on voit monter une colère et une angoisse qu'on va alors passer sur ceux à côté de nous », alerte Christophe Debien. D'où l'inquiétude particulière exprimée ces derniers jours en France par les associations mobilisées contre les violences conjugales.
La plupart des études analysées dans l'article de « The Lancet » concluent en effet à des « effets psychologiques négatifs », dont des troubles émotionnels, des dépressions, du stress, des insomnies, des symptômes de stress post-traumatique, de la colère et le plus souvent, une humeur maussade et de l'irritabilité.

Par exemple, une étude réalisée en 2004 à Taïwan sur 338 personnels hospitaliers mis en quarantaine pendant neuf jours après avoir été en contact avec des personnes contaminées par le SRAS montre que ces personnes avaient ensuite été plus nombreuses que leurs collègues à se plaindre d'épuisement, de détachement par rapport aux autres, d'irritabilité ou encore de troubles de la concentration.
Quant au sondage réalisé en février en Chine, il conclut que plus du tiers des répondants (35 %) font part de troubles psychologiques (anxiété, phobies, troubles compulsifs, difficultés sociales etc.), considérés comme sévères pour plus de 5 % d'entre eux.
4. Y a-t-il des populations plus à risque ?
L'étude réalisée en Chine souligne que les femmes, les plus diplômés, les personnes éloignées de structures de santé et surtout les travailleurs migrants sont surreprésentés, probablement du fait du stress accru lié à la perte anticipée de leurs revenus. Les 18-30 ans et les plus de 60 ans sont également les plus touchés, l'étude faisant l'hypothèse d'un stress supplémentaire généré par les réseaux sociaux pour les plus jeunes.
Le confinement « n'a pas les mêmes conséquences pour tous, selon les facteurs de protection psychique qui ont pu être acquis ou qui, hélas, font défaut », explique le neuropsychiatre Boris Cyrulnik dans un entretien à « L'Obs » publié cette semaine. Il cite « ceux qui souffrent de fragilités psychiques antérieures, un trauma infantile, une enfance difficile, des conflits familiaux ou une précarité sociale. »
Christophe Debien confirme qu'« une énorme inquiétude émerge pour les patients de psychiatrie ». De nombreux centres médico-psychologiques ont mis en place une ligne de soutien pour leurs patients, voire même les appelle pour prendre de leurs nouvelles, se félicite-t-il.
Nous ne sommes pas tous égaux sur le plan financier également. Comment s'isoler un instant lorsqu'on est confiné à plusieurs dans un petit appartement, qui plus est sans forcément d'espace extérieur ? « Cette crise accentue la fracture sociale », conclut Christophe Debien.
5. Comment se prémunir des risques engendrés par le confinement ?
A l'échelle individuelle, le psychiatre délivre quelques conseils pour mieux vivre le confinement : en premier lieu être capable d'exprimer ses émotions, et en cas de colère, de trouver un moyen de s'isoler pour la faire baisser. « L'enjeu est de maintenir son angoisse à un niveau supportable », explique-t-il. Il suggère de conserver son rythme habituel lors d'une journée de travail et de garder une activité physique régulière.
Autre recommandation : ne pas s'informer en continu sur la pandémie. Le psychiatre se montre également méfiant des polémiques actuelles sur la gestion de la crise qui font grimper l'anxiété de la population : « des catastrophes précédentes nous montrent qu'il est important que les décideurs apparaissent sûrs d'eux et qu'on ne remette pas en cause leur autorité pendant la crise », souligne-t-il.
Enfin, il invite ceux qui le peuvent à porter assistance dans cette période à « tous ceux qui sont vulnérables parce qu'ils sont seuls, souffrent d'addictions, de maladies mentales ou physiques ». Le CN2R publie également sur son site des recommandations, notamment pour les parents souhaitant parler du confinement ou du deuil à leurs enfants.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/coronavirus-les-risques-psychologiques-du-confinement-en-5-questions-1189190

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Covid-19

En psychiatrie, l’étrange calme pendant la tempête

Par Eric Favereau

Une chambre de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Photo Yann Castanier. Hans Lucas
Si le coronavirus a provoqué une réorganisation des services et de la prise en charge, avec un bouleversement du quotidien des patients, l’équilibre précaire de ce milieu est pour l’heure préservé.
En psychiatrie, l’étrange calme pendant la tempête

«C’est calme, étrangement calme. On est presque mieux qu’avant», lâche le psychiatre d’un grand établissement public de Normandie. De fait, la situation est étonnante, presque inattendue. On pouvait craindre que dans les hôpitaux psychiatriques, l’arrivée du confinement fasse écrouler ce monde déjà bien fragile, qui plus est abîmé par des années de rigueur. Ce n’est pas le cas. Bien sûr, une kyrielle de problèmes, de peurs et d’angoisses se télescopent ici aussi. Il y a ces masques de protection qui manquent un peu partout et, dans certains endroits, les difficultés sont lourdes. Toujours est-il que, pour l’heure, cela tient, et pas trop mal. «La crise et le confinement, ce n’est pas très nouveau pour nous», ironise Tim Greacen, militant des droits des malades et responsable du laboratoire de recherche de l’établissement public de santé Maison Blanche, à Paris.

Le 22 mars, le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, le professeur Frank Bellivier, a achevé de mettre au point «les consignes et recommandations applicables à l’organisation des prises en charge dans les services de psychiatrie et les établissements sanitaires autorisés en psychiatrie» (lire ci-contre). La bascule organisationnelle est énorme : fini ou presque les consultations en face-à-face, c’est-à-dire la quasi-totalité des activités dans les centres médico-psychologiques (CMP) ; fermeture des hôpitaux de jour, qui sont le lieu central pour un grand nombre de patients. «Les prises en charge de groupe et les activités sont suspendues pour limiter le risque de propagation virale (fermeture des ateliers thérapeutiques en psychiatrie adulte, psychiatrie de la personne âgée et psychiatrie de l’enfant et adolescent)», insiste le texte. Et encore : «Au sein des unités de soins, il convient d’éviter la concentration et le regroupement des patients, ainsi que dans les espaces de déambulation de l’établissement. Les activités et prises en charge en groupe sont suspendues. Les chambres individuelles sont à privilégier. Les repas sont servis en chambre pour les patients à risque et les repas au réfectoire doivent être organisés afin de permettre le respect des distances préconisées.»
Autrement dit, c’est une tout autre vie qui doit se mettre en place. «Cela demande du temps, de l’organisation, et des dispositifs exceptionnels, souligne le professeur Frank Bellivier. Pour les équipes comme pour les malades, cela a été difficile car ces derniers jours, les informations étaient contradictoires. Maintenant, il faut bien caler les choses.»
Echanges téléphoniques
Au jour le jour, on a pris le pli. Le Dr Marc Lecuyer, psychiatre, ancien chef de secteur à l’hôpital d’Annecy, appelle désormais ses patients. Cette règle est devenue impérative : plus de consultations en face-à-face, mais par échanges téléphoniques. Et si besoin, se rendre chez le patient. Ce jour-là, le CMP est donc vide, mis à part ce médecin. «Pour les patients que l’on connaît et que l’on suit depuis longtemps, avec le téléphone, c’est un autre type de consultation, mais on y arrive. C’est plus problématique pour les patients que l’on ne connaît pas.» Là, il appelle un vieux psychotique, simple rendez-vous régulier, pour faire le point. Pas de souci, manifestement. «Non, docteur, ça va, et cela ne change pas grand-chose», explique même ce patient. Puis la consultation se poursuit à l’écart. «Un certain nombre de malades vivent le confinement au jour le jour depuis des années, précise alors le psychiatre. Et de ce fait, pour eux, au début, il n’y a pas à s’inquiéter outre mesure.»
«L’enfermement, ils connaissent, poursuit Tim Greacen, militant associatif. Pour ceux qui vivent chez eux, qui ont un trouble majeur, ils sortent peu : courses, consultations, pharmacie, promenade, ils font tout à pied mais ne prennent pas le métro. Et avec la stigmatisation dont ils souffrent, et l’autostigmatisation qu’ils peuvent parfois s’infliger, ils gardent leur distance.» Il n’empêche, à l’hôpital, comme celui de Maison Blanche à Paris, tout est inédit. Un étage - soit une vingtaine de lits - est en train d’être bloqué pour des personnes suivies en psychiatrie qui attraperaient le Covid-19 et ne pourraient pas rester à domicile sans être accompagnées. Pour l’instant, il n’y a pas de cas connu. «Les populations à risque ? Ce sont les usagers de drogue, bien sûr, les personnes âgées en institution, et le personnel, qui peut l’attraper dans le métro en allant au boulot», analyse encore Tim Greacen.
Même son de cloche chez le Dr Jean-Luc Marcel, qui dirige un secteur à l’hôpital Sainte-Anne, également à Paris. Celui-ci décrit d’abord une situation atypique : «A présent, la période est plutôt calme, on a moins de patients, on a moins de demandes, il n’y a plus de consultations, et on arrive à faire des choses au téléphone.» Puis ce constat : «Momentanément, cela se passe pas trop mal.»
«Plus de permissions»
Le Dr Bruno Caron, lui, est en charge d’un CMP dépendant du centre hospitalier Alpes-Isère à Saint-Egrève, près de Grenoble. C’est l’un des plus gros établissements psychiatriques de la région. L’homme est solide, il a une forte expérience. «Actuellement, ça va. Au CMP, quelques patients viennent, en particulier ceux qui ont du mal avec leur traitement ou ceux auxquels on fait des injections "retard" [traitement par piqûre une fois par mois, ndlr]. Ce qui m’inquiète, c’est demain, l’état psychique des personnes à moyen terme. Il y en a pour qui nous sommes leurs seuls liens. C’est fragile… En tout cas, cela reste incroyable de voir comment on arrive tous à s’adapter.»
A Saint-Egrève, la vie des patients n’est pas pour autant devenue un long fleuve tranquille. «Les règles changent tout le temps, c’est un problème. Il y a une réorganisation permanente», note le Dr Caron. «Pour les patients, il n’y a plus de permissions. Ils ne peuvent pas sortir dans le parc, sauf accompagnés. Ils prennent beaucoup sur eux, ils font d’énormes efforts pour s’adapter», insiste le médecin. Et là comme ailleurs, il manque du gel hydroalcoolique et les soignants doivent courir pour trouver des masques.
A l’autre bout de la France, au Havre, dans un des établissements psychiatriques qui, l’an dernier, avaient été en pointe dans la mobilisation, le Dr Jaut s’interroge, sans trop savoir comment qualifier ce moment à part. « Ici, il y a un étonnant silence. On fait les consultations par téléphone. Dans les pavillons, tout ce qui est réunion est arrêté. Les pavillons, même ceux qui étaient ouverts, sont aujourd’hui tous fermés. Les permissions ne sont plus autorisées. Paradoxalement, on a très peu d’entrées et on a eu quelques sorties. On a des lits disponibles, ce qui est rarissime.»
Qu’en déduire ? Le Dr Jaut constate : «C’est impressionnant car les patients semblent supporter mieux que nous ces changements. On les prend pour de grands fous, mais ils s’adaptent. Nous, on a presque du mal avec le confinement, eux ont l’air moins inquiets.» Et comme un petit miracle, il détaille encore : «Avec l’administration, cela se passe bien. Tous les organes de décision collective ont disparu, on a beaucoup moins de réunions, et quand il y en a, on les fait par téléphone, au moins c’est rapide.» Il s’agit d’un moment à part, incertain. «Reste que du point de vue de la préservation du psychisme de nos patients, conclut le Dr Jaut, on attend la vague. Que va-t-il se passer la semaine prochaine ? Même si jusqu’ici tout va bien…»
Eric Favereau 
https://www.liberation.fr/france/2020/03/26/en-psychiatrie-l-etrange-calme-pendant-la-tempete_1783216 

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Psycho








Nos conseils face au confinement
https://www.lci.fr/*

CHRONIQUE - Stress, angoisse et anxiété sont inévitables en situation de confinement qui est une période inattendue et qui s’impose à nous pour une durée indéterminée. Mais il est important de bien comprendre la différence entre ces émotions pour mieux gérer nos réactions.









Trois émotions différentes. Le stress est la réaction physiologique (celle du corps) qui permet de mobiliser nos ressources face à une situation inhabituelle pour nous permettre d’y faire face. L’angoisse est davantage une réaction psychologique liée à la peur et à l’inquiétude face à un sentiment de menace. L’anxiété est d’une toute autre dimension : elle est liée à une peur sans nom, un sentiment émotionnel qui nous déborde totalement et qui ne permet plus de nous contrôler dans nos réactions. 
Les réactions sont à la fois physiques : cœur qui bat plus vite (tachycardie, sueurs, pâleur, malaise), mais aussi psychologique (ruminations mentales sur le sens de la vie, peur de la mort, inquiétude irraisonnable face à toute situation nouvelle. Les réactions peuvent être très visibles : proche qui se met subitement à paniquer en pleurant, en criant, en refusant des choses habituelles, en étant violent contre soi-même ou les autres, mais il faut aussi être vigilant aux réactions plus invisibles ("internalisées") qui fait que la personne angoissée ne va rien dire, va se renfermer sur elle-même, ne plus sortir de son lit, ne plus parler, s’isoler.









Pour les proches c’est difficile, mais il est essentiel de rester calme, comprendre que ce n’est pas de la "comédie", mais un vrai signe de souffrance psychique, ne pas se moquer (ce ne sont pas des signes de "faiblesse"), aider la personne à respirer calmement, essayer de la valoriser, lui donner des petites missions quotidiennes pour l’aider à penser à autre chose, réfléchir positivement à des projets pour l’après-confinement. 

Quand cela est possible, les proches peuvent tenter de repérer ce qui a conduit à l’accès d’angoisse pour essayer de prévenir une prochaine crise (par exemple éviter la liste officielle donnée tous les soirs par les autorités sur le nombre de morts…)
Si tout cela ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à solliciter un médecin (ou le 15 si aucun médecin n’est joignable) qui pourra prescrire un médicament (anxiolytique), mais attention, le médicament réglera les effets de l’angoisse, mais pas ce qui l’a causé. Et aucun traitement ne peut être pris sans avis et suivi médical. En confinement le risque serait alors de transformer les intérieurs en pharmacie et l’automédication est un réel danger. Apprivoiser toutes ces manifestations comme inévitables - les accepter sans en avoir honte - est la meilleure des solutions pour parvenir à les dépasser et vivre au mieux le confinement.

 https://www.lci.fr/psycho/consultation-psy-8-angoisse-anxiete-lies-a-l-isolement-confinement-quels-signes-doivent-nous-alerter-2149202.html

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Le divan en ligne: psy et patients au temps du coronavirus
AFP/Archives - Eric BARADAT

publié le 27 mars 2020 https://www.larepubliquedespyrenees.fr/

Allô… ne coupez pas! Psychologues et analystes recourent massivement au téléphone ou à la visioconférence pour garder le lien avec des patients par définition fragiles, et d’autant plus angoissés par le confinement imposé par le coronavirus.

Susan S., analyste dans le IXe arrondissement parisien, a immédiatement proposé de faire les séances au téléphone. « La moitié des patients ont accepté. Il y a dix ans, c’était impensable ».

A Paris, où le logement est souvent petit, difficile de se livrer à son thérapeute sans être à portée de voix du conjoint ou des enfants. Le psychanalyste-psychothérapeute Nicolas Rambourg a fait une première séance téléphonique avec un patient tandis que la petite amie écoutait à côté. Pour la deuxième séance, son patient l’avait envoyée faire les courses, et à la troisième, il s’était calfeutré dans la salle de bains.

Responsable d’un centre médico-psycho-pédagogique dans le Xe arrondissement qui gère 180 rendez-vous avec des enfants et adolescents par semaine, il a dû réorganiser les soins à distance.

« On a appelé toutes les familles pour savoir s’il était possible de continuer les soins avec les enfants dans de bonnes conditions: pas question de faire un entretien avec un enfant au milieu du salon, toute la famille autour et la télé allumée », dit-il. « J’ai un enfant en soins qui n’est pas très bavard, pour lequel la séance se passe souvent autour d’un jeu du pendu, on a procédé avec la vidéo sur le téléphone portable et ça a très bien fonctionné ».

Une collègue a préféré recourir aux SMS avec un petit patient d’une famille nombreuse, pour préserver la confidentialité.

« Les enfants sont très demandeurs », note-t-il. Pour les adultes qu’il voit dans son cabinet, c’est parfois plus compliqué. « Un de mes patients a très mal pris que je cesse de lui serrer la main, c’était pour lui un signal de rupture ». Le patient a été « très soulagé » de poursuivre les séances au téléphone.

– « Replis dépressifs » –

Pour les adolescents, le confinement ravive « les grandes questions philosophiques: c’est quoi la vie qu’on mène? » Une étudiante qui, adolescente, avait vécu un épisode dépressif, « s’est effondrée pendant le confinement, elle m’a dit: +ça me rappelle ma dépression+ ».

Barbara Goutte, psychologue dans un hôpital psychiatrique pour adolescents de la région parisienne, observe que « le confinement peut réactiver des craintes d’abandon, provoquer des replis dépressifs. Plusieurs adolescents m’ont dit qu’ils n’arrivaient pas à se lever le matin ».

Elle effectue ses consultations par téléphone, et « pour les malades les plus graves, je propose par Skype ou WhatsApp pour maintenir un lien visuel, car ça peut être angoissant de se livrer sans voir son thérapeute ».

Elle observe que « le confinement peut être mal supporté dans des familles précaires, où parents et adolescents ont du mal à s’exprimer. On craint une montée des violences familiales et des maltraitances », dit-elle.

Lucille, psychologue dans un hôpital de jour de Seine-Saint-Denis, évoque le cas d’adolescents « qui ont du mal avec les figures parentales et sont condamnés à la promiscuité avec leurs parents, sans la ressource de voir leurs amis. Le risque, c’est que l’ado s’enferme dans un monde parallèle, avec les jeux vidéos, les écrans ».

« Paradoxalement, nos enfants autistes ne se portent pas si mal, le ralentissement de toute la société, l’immobilisme les rassure, c’est pour les parents que c’est difficile », témoigne-t-elle. D’autant que certains « ont beaucoup besoin de bouger ». Ceux-là sont reçus par roulement d’une heure dans l’établissement.

Dans l’hôpital de Colombes où Nicolas Rambourg donne une journée de consultation par semaine, une attention particulière est donnée aux familles endeuillées. « J’ai un petit patient dont le père cancéreux est mort juste avant le confinement. On leur a accordé d’abord dix personnes pour les funérailles, ensuite trois de la famille pendant dix minutes… et après, personne. Ce petit garçon me dit +je sais même pas ce que ça me fait, c’est comme si papa était toujours à l’hôpital, mais comme l’hôpital est fermé, on peut pas le voir+ ».

« J’ai insisté auprès de la mère pour qu’ils organisent une cérémonie dans quelques temps, c’est très compliqué de vivre un deuil sans rituel », souligne-t-il.

Source : AFP
https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2020/03/27/le-divan-en-ligne-psy-et-patients-au-temps-du-coronavirus,2681488.php 

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Comment traverser l'épreuve psychologique du confinement
Par Elena Sender le 26.03.2020 https://www.sciencesetavenir.fr*

Le confinement et la peur de l’épidémie peuvent avoir des effets psychologiques désastreux. Le chercheur Christophe Haag propose des gestes barrières pour mieux traverser l’épreuve.

Les bons souvenirs apaisent la peur.
SPL/AFP

Alors que 2,6 milliards de personnes, dans plus de 50 pays, sont appelées au confinement pour limiter la propagation de Covid-19, des études scientifiques ont alerté sur les possibles effets psychiques négatifs de la quarantaine. Comment faire pour bien traverser cette épreuve difficile? Christophe Haag, chercheur en psychologie sociale à l'EMLyon, auteur de La contagion émotionnelle (Albin Michel, 2019) propose que l'on adopte des gestes barrière.
 
Sciences et Avenir : à l'heure du confinement planétaire, quel sentiment domine?

Christophe Haag : sans conteste, la peur. C'est une émotion qui naît lorsque nous sommes confrontés à un danger immédiat (le coronavirus en est un) et qui met en branle une série de réactions physiologiques (augmentation du rythme cardiaque, respiratoire, élévation de la glycémie…). Ponctuellement, elle est utile, car elle nous pousse à réagir face à un danger et à nous adapter. Dans le cas de l'épidémie de covid-19, elle nous force à revisiter nos habitudes, notre hygiène de vie : on se lave plus souvent les mains, on fait attention, on respecte le confinement… C'est bien. Sauf que, comme le dit Fernando Parrado, l'un des 16 rescapés du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya qui s'est écrasé dans les Andes en 1972, "La peur nous sauve, la panique nous tue!".

En quoi la peur représente-t-elle un danger pour nous ?

Tant que la peur reste modérée et ponctuelle, tout va bien. Mais, dans le cas présent, elle est d'intensité inhabituelle car elle se compose des trois peurs les plus fortes chez l’être humain : la peur de la mort (le virus tue), la peur de l’avenir pour ses enfants et la peur économique (perdre son emploi). Et, de plus, elle se prolonge dans le temps. Résultat : non seulement les réactions physiologiques normales peuvent devenir source de pathologies (hypertension, hyperglycémie…etc) qui, ironie du sort, baissent l’immunité générale ce qui nous rend plus vulnérable à covid19. Mais aussi, lorsque les circuits de la peur sont sursollicités dans le temps chez un individu, il y a de gros risques de voir apparaître un trouble anxieux généralisé qui se caractérise par un état d’inquiétude permanent, excessif, disproportionné qui peut aboutir à des troubles mentaux telles la dépression et l’anxiété chronique, voire un syndrome de stress post traumatique.

Comment éviter cela ?

Il faut déjà faire honnêtement son auto-diagnostic. Où en suis-je avec ma peur ? Les symptômes à reconnaître en cas d’anxiété chronique sont : nervosité, pessimisme, sensation d’être à bout, fatigue, difficultés de concentration ou de mémorisation, irritabilité, douleurs et tensions musculaires, insomnies, maux de tête, et même diarrhée, palpitations, maux d’estomac, gorge serrée, hyperventilation et tout un tas d’autres désagréments qui accompagnent cet état psychique. Ces signaux doivent alerter. Il faut alors sans attendre adopter des gestes barrières.

Quels sont ces gestes barrières ?
 
- Se déconnecter des informations, ne s’autoriser qu’un certain volume horaire dans la journée.

- Elaborer une routine rigoureuse pour la semaine, et une autre pour le week-end, garder des repères fixes.

- Manger sainement.

- Faire de l’exercice physique.

- Se connecter via les outils de communications à ses proches, ses voisins, pour s’entraider, se rassurer, échanger.

- Si l’on a des enfants, s’en occuper pleinement à certains moments, puis travailler pleinement à d’autres. Ne pas tout mélanger.

- Rester en contact avec la nature (qui agit comme un anxiolytique naturel), si c’est possible.

- Jouer avec un animal de compagnie, si c’est possible.

- Lire des romans, pour s’évader et stimuler notre imagination et nos émotions positives.

- Se replonger dans ses valeurs psychiques refuges (musiques, souvenirs heureux, films, photos…) pour générer des émotions positives.

- Faire des exercices de respiration.

- Se projeter dans le futur, avec nos envies, nos passions.

Enfin, on peut aussi se connecter à notre application gratuite Dr Mood qui peut donner des clés pour gérer son stress et ses émotions négatives. Dans mon livre (la contagion émotionnelle) je propose également un SAS de décontagion émotionnelle en 7 étapes facile à utiliser chez soi pour se « décontaminer » de tout un tas d’émotions toxiques comme une peur ou une anxiété dysfonctionnelle. Si malgré tout cela votre anxiété ne baisse pas en intensité et que vous vous sentez démuni face à elle, n’hésitez pas à consulter un spécialiste (psychologue etc…).

Comment bien vivre un confinement avec les autres?

Lorsqu’on est confiné avec son conjoint, ses enfants, les émotions passent en boucle d’un individu à l’autre. Ce huis clos émotionnel peut être très intense et épuisant. On doit donc tous être conscients de notre responsabilité émotionnelle et faire attention à ce que l’on émet « émet » (émotionnellement parlant). Au sein des couples, le confinement peut générer des tensions, surtout chez ceux qui d’ordinaire ne se voient qu’à dose homéopathique. Là, il y a clairement une inégalité des chances. On vivra différemment le confinement qu’on habite dans une petite surface sans vue ou dans une grande maison avec jardin. Les faits de violence conjugale peuvent être à craindre dans certains cas. Il ne faut pas hésiter à faire appel à des médecins ou des plateformes d’écoutes voire la police en cas de danger immédiat face à un conjoint qui se montrerait violent.

Comment protéger les enfants ?

Les enfants sont des éponges qui absorbent la peur ambiante (celle véhiculée notamment par les figures d’autorité, les parents…). Nous avons ainsi tous une responsabilité à ne pas devenir des agents hautement pathogènes de la peur pour ne pas les contaminer à haute dose et en faire plus tard des hypocondriaques. Dans les faits, cela passe par couper son téléphone ou les informations lorsqu’on s’occupe d’eux. Bien organiser son temps de travail et son temps avec eux. Si l’on se consacre totalement à eux, il y a immédiatement une baisse de tension et tout s’organise de manière fluide.

… et rassurer les seniors ?

La peur chez nos aînés - qui se sentent la cible du virus - peut entrainer un certain désespoir avec une peur prégnante de la mort. Toutes les mesures barrières déjà évoquées sont utiles. Avec, pour eux, si possible un engagement supplémentaire à trouver des valeurs refuge. Je les invite à ouvrir chaque jour les albums photos familiaux pour s’inspirer et se remémorer des événements du passé heureux qui abaissent le niveau d’anxiété. Et à toutes fins utiles, la Croix Rouge a mis en service un numéro de téléphone pour les personnes isolées. 
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/comment-traverser-l-epreuve-psychologique-du-confinement_142751 

 

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