mardi 18 novembre 2014

DEUIL «Une marche blanche, c’est laisser une empreinte indélébile du chagrin»

Bruay-La Buissière :«Une marche blanche, c’est laisser une empreinte indélébile du chagrin»
RENOVATAIn
Vendredi matin, une adolescente bruaysienne a mis fin à ses jours. Dès le lendemain, sa sœur créait une page Facebook pour annoncer une marche blanche à sa mémoire. Les mœurs changeraient-elles ? Pas si l’on en croit Cynthia Mauro, psychologue rebreuvoise spécialisée dans le deuil.
Ophélie avait 15 ans. Vendredi matin, sa mère a retrouvé son corps sans vie, dans leur maison. La jeune Bruaysienne, qui a mis fin à ses jours, a laissé une lettre à son attention. Le lendemain, Mélanie, sa sœur aînée, a créé une page Facebook annonçant l’organisation d’une marche blanche à sa mémoire. Elle a eu lieu ce lundi matin (lire ci-dessous).

Rituel collectif

Une décision surprenante ? Pas si l’on en croit Cynthia Mauro, psychologue et docteur en psychologie spécialisée dans le deuil et la traumatologie : « Je crois qu’organiser une marche blanche, c’est tenter de faire une reconnaissance de la gravité des faits, mettre une certaine forme de solidarité collective face à la solitude de celui ou celle qui est passé à l’acte. »

Rituel

La spécialiste parle même de rituel « pour honorer la mémoire de celle qui est partie ». Et qui « soit quelque chose de reconnu par la société ». Effectivement, la marche blanche, qui a perturbé la circulation en remontant la rue de la République jusqu’au lycée Carnot, où Ophélie était scolarisée, a forcément été remarquée.
Autre explication proposée par Cynthia Mauro, le besoin de réconfort de la famille : « Cela permet de prouver que cette mort n’est pas passée inaperçue, que les proches de la victime se sentent épaulés. » Sans parler de la douleur et du sentiment d’impuissance qui pousse à agir, à faire quelque chose. « C’est aussi une manière de lutter contre l’oubli. Une marche blanche, c’est laisser une empreinte indélébile du chagrin. »

Violence

Un chagrin forcément terrible, quand il s’agit d’un suicide, a fortiori lorsqu’il concerne un adolescent. « C’est une mort extrêmement violente. Pour ses proches, cela va probablement être un deuil très difficile à faire, mais pas impossible. »
Ce lundi, Mélanie disait en vouloir à sœur pour ce geste « impardonnable ». Le temps du deuil viendra plus tard.

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