lundi 10 juillet 2017

ACTU DISPOSITIF VIGILANS BRETAGNE


Le téléphone breton contre les suicides est basé au Samu de Brest
 09/07/2017 sur ouest-france.fr* / Laurence GUILMO.Au Samu 29, à l'hôpital de la Cavale-Blanche, à Brest. Noémie Calvez, chargée du déploiement du dispositif VigilanS, le Dr Sofian Berrouiguet, et Delphine Bonhommeau, « vigilanSeuse ». Au Samu 29, à l'hôpital de la Cavale-Blanche, à Brest. Noémie Calvez, chargée du déploiement du dispositif VigilanS, le Dr Sofian Berrouiguet, et Delphine Bonhommeau, « vigilanSeuse ». | Ouest-France


Tous les jours de la semaine, de 9h à 18h, deux infirmiers psychiatriques sont basés au Samu 29, à Brest. Ils reçoivent des appels de toute la Bretagne de personnes ayant déjà tenté de mettre fin à leurs jours. Ils peuvent aussi envoyer des secours à domicile, partout en Bretagne. Ce dispositif innovant a été testé avec succès dans le Nord-Pas-de-Calais.
« Un lundi matin, une femme d'une cinquantaine d'années m'a appelée. Pas en forme du tout... », raconte Delphine Bonhommeau, une des deux « vigilanSeurs » du Samu 29 (Service d'aide médicale urgente du Finistère), basé au CHU de Brest. « Elle a rappelé l'après-midi. Elle allait mettre fin à ses jours. Elle avait préparé son dispositif. On a rapidement envoyé une ambulance chez elle. Et elle a pu être sauvée ! »
Le job des « vigilanSeurs »? À tout moment de la journée, ces deux infirmiers psychiatriques reçoivent des appels téléphoniques de personnes en souffrance, situées sur tout le territoire breton. Cette présence au Samu n'est effective que depuis quelques semaines. Mais elle change beaucoup de choses! Ils peuvent désormais agir très vite.

Testé durant trois ans

« Avant, on devait appeler le Samu comme tout le monde et attendre... Désormais, on peut prendre un rendez-vous en urgence avec un psychiatre. Et surtout déclencher des interventions d'un Samu partout en Bretagne. C'est plus direct et plus rapide. Et on peut localiser un appel », précise Delphine Bonhommeau.
Accroître les chances de sauver des vies, c'est l'objectif de VigilanS, le dispositif régional innovant mis en place en septembre. « Il concerne des personnes qui ont déjà tenté de se suicider, et qui ont été prises en charge dans des urgences ou hospitalisés dans des services », explique le Dr Sofian Berrouiguet, coordonnateur régional, et psychiatre au CHU de Brest.
Le dispositif sera testé en Bretagne durant trois ans. Il a déjà été expérimenté dans le Nord-Pas-de-Calais, autre région très touchée par les suicides. L'objectif est de faire baisse leur nombre en Bretagne, soit 850 par an. Le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-24ans, et la première chez les 24-35ans.
La région enregistre 14000 tentatives par an, dont 7 000 sont prises en charge aux urgences ou dans un service d'hospitalisation.
Financé par l'Agence régionale de santé (ARS), le dispositif VigilanS est en cours de déploiement dans les vingt centres de Bretagne. Les urgences des hôpitaux de Rennes, Vannes et Saint-Brieuc ont reçu une formation.
Les personnes concernées reçoivent un carton avec un numéro de téléphone gratuit. Celles qui le souhaitent pourront joindre un vigilanSeur durant six mois minimum, de 9 h à 18 h, en semaine. Les infirmiers les appelleront aussi deux fois durant cette période. Faute de financements, ce dispositif ne couvre pas les week-ends ou les nuits. En cas d'urgence, la mise en ligne sera directe avec le Samu.
Pour l'instant, 485 patients sont dans le dispositif. Le plus jeune a 15ans. « On a de bons retours. Les personnes se sentent moins seules. Elles sont rassurées, ajoute Delphine Bonhommeau. Souvent, on arrive à désamorcer les choses. Au fur et à mesure de la discussion, les choses s'apaisent. »
Renseignements: infovigilans@chu-brest.fr

http://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-le-telephone-breton-contre-les-suicides-est-base-au-samu-5124057

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