jeudi 22 avril 2021

MàJ : POST SPECIAL Coronavirus COVID-19 & prévention du suicide (suite)

En préambule
Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 :
sur https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
RETROUVEZ L'ACTUALITÉ, LES ACTIONS du Gouvernement, les informations Coronavirus, Consignes, Point de situation, Numéros utiles, etc
 
DANS LE CONTEXTE DES MESURES MISES EN PLACE DANS LA LUTTE CONTRE LA PROPAGATION DU VIRUS COVID-19, DE NOMBREUX CENTRES, STRUCTURES, ASSOCIATIONS, PROFESSIONNELS DE SANTÉ MENTALE, COLLECTIFS SOLIDAIRES ETC SE MOBILISENT POUR MAINTENIR UNE ACTIVITÉ, EN CAS DE SOUFFRANCE PSYCHIQUE, MAL ÊTRE, IDÉES SUICIDAIRES N’HÉSITEZ PAS A CONTACTER VOTRE MEDECIN, UN CENTRE MEDICO PSYCHOLOGIQUE, LIGNES D ÉCOUTE, PSYCHOLOGUES, PSYCHIATRES LIBÉRAUX, ETC. POUR CONNAITRE LEURS MODALITÉS DE PERMANENCES.
Besoin d'aide ? https://www.infosuicide.org/urgences-aide-ressources/

voir aussi https://www.psycom.org/sorienter/les-lignes-decoute/
 

Voir aussi posts 
L’évènement suicidaire est un phénomène complexe, impliquant des facteurs autant psychologiques, sociaux et biologiques, que culturels et environnementaux. 
 
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ANGLETERRE Covid-19: le taux de suicide `` n'a pas augmenté lors du premier confinement ''

Par Michael Buchanan
correspondant aux affaires sociales, BBC News

Le nombre de suicides en Angleterre n'a pas augmenté après le premier confinement national en 2020, selon des recherches.

Les organismes de bienfaisance ont signalé plus de personnes recherchant un soutien en santé mentale, ce qui laisse craindre une augmentation du nombre de suicides.

Mais les scientifiques de l'Université de Manchester ont trouvé un taux globalement similaire d'avril à octobre 2020 à celui observé entre janvier et mars.

Les résultats sont conformes aux recherches menées dans d'autres pays à revenu élevé.

À l'aide de données de surveillance en temps réel, qui enregistrent les suicides au fur et à mesure qu'ils surviennent, mais avant qu'une enquête ne soit tenue, les universitaires ont étudié les suicides dans des régions d'Angleterre couvrant quelque 13 millions de personnes - environ un quart de la population.

Ils ont constaté que le taux de suicide entre janvier et mars 2020 était de 125,7 par mois contre 121,3 par mois entre avril et octobre.

En comparant 2020 à 2019, les données ont montré un total de 633 suicides entre avril et octobre 2019, contre 637 au cours des mêmes mois en 2020.

"Nous savons grâce à des sondages et des appels aux organismes de bienfaisance que la pandémie a aggravé notre santé mentale", a déclaré le professeur Louis Appleby, directeur de l'enquête nationale confidentielle de l'Université de Manchester sur le suicide et la sécurité en santé mentale.

«Pour être clair, aucun taux de suicide - qu'il soit élevé ou faible, en hausse ou en baisse - n'est acceptable, et nos conclusions à ce stade doivent être prudentes car ces premiers résultats peuvent changer.

"Il peut encore y avoir des variations entre les groupes démographiques ou les zones géographiques. Après tout, l'impact de Covid-19 lui-même n'a pas été uniforme à travers les communautés."

La BBC Action Line contient des informations sur les organisations offrant des informations et un soutien si vous, ou quelqu'un que vous connaissez, avez été touché par des problèmes de santé mentale.

L'équipe affirme qu'il sera important de surveiller l'impact des conséquences à long terme de la pandémie, telles que l'impact économique.

Le professeur Nav Kapur, qui a également travaillé sur l'étude, a déclaré qu'il n'y avait pas nécessairement de ligne droite entre les personnes déclarant ressentir une plus grande détresse et mettre fin à leurs propres vies.

Écrivant dans le journal Lancet Regional Health Europe, les universitaires disent qu'il est important de continuer à surveiller les chiffres.

"Le suicide est complexe. Il peut y avoir un véritable effet de cohésion sociale au moment des crises extérieures - nous l'avons vu dans les données sur les taux de suicide à l'époque des deux guerres mondiales, les taux de suicide ont diminué et il y a cette idée que les sociétés se serrent les coudes lorsqu'il y a une menace extérieure."

Une recherche distincte publiée la semaine dernière dans le Lancet Psychiatry et examinant les taux de suicide de 21 pays principalement à revenu élevé, tels que l'Australie, le Canada, l'Allemagne, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, n'a trouvé aucune preuve d'une augmentation significative du risque de suicide depuis le début de la pandémie. .

Les chercheurs de cette étude ont émis l'hypothèse que le soutien financier que les gouvernements avaient mis en œuvre pour faire face à Covid-19, y compris l'investissement dans les services de santé mentale, pourrait avoir eu un effet protecteur.
https://www.bbc.com/news/health-56818876

Stabilité des taux de suicide au début de la pandémie. Et après ?
Publié le 20/04/2021 https://www.jim.fr/*
La pandémie de Covid-19 a des conséquences importantes sur la santé mentale des citoyens du monde entier. Certains prévoient une augmentation conséquente des taux de suicide. Peu de données existent toutefois sur l’effet d’autres pandémies sur ce paramètre.

Certaines études se sont intéressées à de précédentes pandémies de grippe aux USA ou au Royaume-Uni, de SRAS à Hong Kong et Taïwan ou encore d’Ebola en Guinée. Elles suggèrent que, si le risque de suicide augmente, cela ne concerne pas obligatoirement l’émergence de la pandémie, moment où, au contraire, le risque peut même être réduit.

Une équipe Internationale a relevé les données officielles émanant de 21 pays (16 pays à revenus élevés et 5 pays à revenus moyens-supérieurs). Cinq d’entre elles renseignaient l’évolution des incidences de suicides préalablement à la pandémie.

En prenant en compte le nombre de suicides attendus et le nombre de suicides observés, il n’apparaît pas d’augmentation significative du risque de suicide dans les premiers mois de la pandémie (d’avril à juillet 2020). Dans 12 pays ou régions, l’on observe même une diminution du nombre de suicides par rapport à ce qui était prévisible. C’est le cas par exemple de la Nouvelle-Galles du sud (réduction de 19 %), de la Colombie britannique (réduction de 24 %), de Leipzig en Allemagne (réduction de 51 %) ou encore de l’Illinois (réduction de 21 %).

Davantage de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires surtout
 Cette absence d’augmentation du nombre des suicides au début de la pandémie peut avoir plusieurs explications. Des informations ont dès le début émergé, rapportant une élévation du niveau de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires à la suite du confinement, de la fermeture des écoles et des entreprises. Mais cela peut ne pas s’être traduit par davantage de suicides. De nombreux gouvernements ont rapidement pris des mesures pour encourager l’accès aux soins.

Le contexte particulier a favorisé l’émergence d’initiatives individuelles pour soutenir les plus fragiles, ou le maintien des contacts par la technologie. Pour certaines personnes, le confinement a réduit le stress quotidien, pour d’autres, le sentiment d’être tous dans la même situation difficile a pu être bénéfique. Enfin, de nombreux pays ont rapidement mis en place des mesures pour limiter les conséquences économiques de la pandémie.

Mais les auteurs mettent en garde. Les mesures économiques n’auront qu’un temps et la récession qui va suivre pourra favoriser le risque suicidaire. C’est ce que confirme la prolongation de la période d’observation jusqu’en octobre 2020 à Porto Rico, Vienne ou au Japon, qui montre une augmentation des taux de suicide pourtant stables pendant les premiers mois de la pandémie. Si d’autres facteurs peuvent y avoir contribué (par exemple la médiatisation du suicide de personnalités célèbres au Japon au début de la pandémie, ou la pauvreté endémique à Porto Rico), il semble toutefois nécessaire de continuer à produire des données de qualité, pour une information fiable et des actions préventives adaptées à la situation réelle.
Dr Roseline Péluchon
Références
Pirkis J et coll.: Suicide trends in the early months of the COVID-19 pandemic: an interrupted time-series analysis of preliminary data from 21 countries. Lancet Psychiatry 2021 ; publication avancée en ligne le 13 avril. doi: 10.1016/S2215-0366(21)00091-2.
https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/stabilite_des_taux_de_suicide_au_debut_de_la_pandemie._et_apres__187327/document_actu_med.phtml

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SANTE MENTALEETCOVID-19: DE LA SURVEILLANCE A L’ACTIONa lire aussi Dossier de presse, Santé Publique France, 6 avril 2021Télécharger (pdf - 591.95 Ko)

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Les conseils de Angèle Consoli, la psychiatre du conseil scientifique, pour survivre à la période actuelle
Face au Covid-19, "il faut ouvrir des lits en psychiatrie
", alerte Angèle Consoli, qui appelle à s'accrocher aux espoirs suscités par la vaccination.
Par Antoine Beau  https://www.huffingtonpost.fr/* 5/04/2021

SANTÉ MENTALE - Depuis son bureau à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, Angèle Consoli est au chevet d’une France qui se ronge les ongles. Entre deux consultations dans le plus grand service psychiatrique de France, cette nouvelle recrue du Conseil scientifique apporte son expertise à Emmanuel Macron pour ménager la santé mentale des Français, malmenés par la crise du coronavirus.

Alors que le coronavirus sature déjà les hôpitaux, l’Élysée s’inquiète de l’émergence d’une nouvelle épidémie. À la mi-février, 22,7 % des Français interrogés par Santé publique France se disaient victimes de troubles dépressifs ou anxieux. La détresse psychologique n’a jamais été aussi répandue, même pendant les deux confinements nationaux.

Isolement, désocialisation, incertitude, incohérence, contradiction, absence de loisirs, perte de proches… Le Covid-19 et ses restrictions chagrinent, froissent, déstabilisent notre psyché, jusqu’à nous rendre malades. La première psy de France a accepté de répondre au HuffPost. Allongez-vous.

Le HuffPost: Les Français vont mal. Dépression, anxiété, hospitalisations après une tentative de suicide... Tous les indicateurs sont au rouge. La crise exacerbe-t-elle des troubles psychologiques préexistants ou sommes-nous tous à risque de développer des maladies mentales ?

Pr Angèle Consoli: La crise sanitaire peut aggraver certaines maladies mentales ou en révéler de nouvelles. Les populations particulièrement vulnérables sont les jeunes et les personnes âgées. Dans le service de pédopsychiatrie à la Pitié Salpêtrière où je travaille, je vois des adolescents et des enfants qui vont plus mal alors qu’ils étaient déjà suivis pour des pathologies psychiatriques (troubles dépressifs, troubles anxieux, troubles du développement). Il y a aussi des personnes qui consultent pour la première fois.


Il existe un continuum entre des signes d’une détresse émotionnelle, plus légère, plus temporaire, et des décompensations (ndlr : dégradations brutales) psychiatriques relevant de soins spécifiques. Les deux situations ne s’opposent pas, elles font partie d’un ensemble qui est préoccupant.


L’hôpital a-t-il les moyens pour affronter cette vague psychiatrique ?

La crise du Covid-19 aggrave les tensions dans les services psychiatriques, notamment ceux destinés aux patients les plus jeunes. Avant la pandémie, nous refusions déjà des malades relevant de soins en hospitalisation à temps plein. Depuis le second confinement, le nombre d’hospitalisations après une tentative de suicide ou pour idées suicidaires, troubles anxieux ou troubles dépressifs augmente fortement dans toute la France. La demande de consultations est également très forte.
Les malades repartent chez eux dans une cellule familiale inquiète d’un nouveau passage à l’acte.Angèle Consoli, pédopsychiatre, membre du Conseil scientifique

A la Pitié Salpêtrière, nous avons actuellement environ 40 patients sur une liste d’attente pour les admissions en hospitalisation temps plein, du fait de crises suicidaires principalement. Les malades repartent chez eux dans une cellule familiale inquiète d’un nouveau passage à l’acte. Nous devons faire rentrer chez eux des adolescents relevant de soins en hospitalisation, et annoncer à leurs familles inquiètes et parfois très démunies qu’il faut attendre qu’une place se libère… En attendant, on continue à les suivre en consultation.


Quelles sont les recommandations du Conseil scientifique pour que le pays puisse répondre à cette épidémie de maladie mentale ?

Les mesures préconisées par le Conseil scientifique varient selon le degré de difficultés rencontrées. Le système de soins en psychiatrie est très saturé, notamment en pédopsychiatrie. Cela mérite une réflexion profonde au-delà de cette crise sanitaire, sur l’offre de soins et l’organisation des soins en santé mentale (augmenter le nombre de lits temps plein, renforcer les alternatives aux hospitalisations). Des assises de psychiatrie doivent se tenir avant l’été.

Pour les personnes les plus à risques, nous préconisons notamment d’augmenter le quota de médecins et psychologues scolaires, de psychologues au sein des universités.


Enfin, pour la population générale, nous recommandons au gouvernement de continuer à soutenir des campagnes d’information sur l’impact sur la santé mentale de la crise sanitaire, qui accentue le risque suicidaire, les conduites addictives, les manifestations anxieuses et dépressives.
Une consultation avec un spécialiste est nécessaire si les symptômes persistent et deviennent invalidantsAngèle Consoli, pédopsychiatre, membre du Conseil scientifique


Comment repérer les signes d’un mal-être qui s’installe à la maison ?

Il est important de repérer chez un enfant ou un adolescent un changement de comportement, une rupture avec son fonctionnement antérieur. Par exemple, il va montrer une irritabilité inhabituelle, voire des crises de colère, ou bien un retrait, un isolement, une humeur triste, voire des pleurs inhabituels et fréquents.

La première chose à faire est de parler avec son enfant ou son adolescent et avec les personnes qui s’en occupent, les enseignants par exemple. C’est important de pouvoir les amener à parler de ce qu’ils ressentent, de leurs inquiétudes, de leurs sentiments. Une consultation avec un spécialiste sera nécessaire si les symptômes s’installent, persistent, deviennent invalidants et intenses.

Pour aller mieux, faut-il s’accrocher aux espoirs que provoquent la vaccination et les protocoles sanitaires dans les restaurants et les lieux de culture ?

La vaccination est un espoir indéniable. Les courbes rapportant le nombre d’infections par la COVID 19 en Île-de-France dans la population générale et chez les soignants de l’AP-HP étaient jusqu’à maintenant tout à fait superposables. Depuis que 37% des soignants sont vaccinés versus 7% de la population de l’Île-de-France, la courbe des infections COVID des soignants a nettement diminué, ce qui témoigne de l’efficacité de la vaccination. Se faire vacciner permet d’être acteur d’une amélioration possible.
Essayons de nous projeter. On va pouvoir reprendre des activités qui nous font du bien.Angèle Consoli, pédopsychiatre, membre du Conseil scientifique

Cet espoir peut se transmettre aux plus jeunes qui ont besoin de se projeter vers un avenir meilleur. Penser et imaginer retrouver des activités qui faisaient du bien, comme les activités sportives ou culturelles, est essentiel. Une adolescente en consultation me disait: “mon petit café en sortant du lycée avec les copains était tellement important”. La vie culturelle et le bien être psychique sont étroitement liés.

Est-ce qu’on va aller mieux une fois la crise terminée ou rester chez nous, anxieux?

Les deux mouvements sont possibles et il faudra y être attentif. On peut s’attendre à des moments d’exaltation avec la tentation d’oublier et de passer vite à autre chose. L’enjeu c’est de faire comprendre que reprendre cette vie la plus “normale” possible s’accompagnera aussi de la poursuite des gestes et mesures barrière…

Que va-t-il se passer si certains troubles psychologiques graves s’installent dans la population ?

Les effets de la crise sanitaire sur la santé mentale peuvent tout à fait se prolonger pour les personnes les plus vulnérables (personnes âgées, sujets jeunes, personnes précaires…), d’autant plus que les difficultés économiques sont un facteur de risque bien connu de troubles mentaux. Les symptômes rapportés dans la population (anxiété, dépression, idées noires), la précarité, l’isolement social sont aussi des facteurs de risque de passage à l’acte suicidaire. Le nombre de tentatives de suicide, indice majeur en termes de santé mentale, est observé de très près.

Peut-être que la mobilisation aujourd’hui concernant la santé mentale permettra une déstigmatisation des pathologies mentales. Et enfin, il est important de rappeler tous les élans de solidarité, d’altruisme et de créativité qui se sont développés et qui peuvent aussi permettre de faire face à l’adversité et d’aller mieux. 
 
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 Hospitalizations for suicide attempt during the first COVID‐19 lockdown in France
Emilie Olié 1, 2, * Erika Nogué 3 Marie Christine Picot 3 Philippe Courtet 1, 2
* Auteur correspondant
1 IGF - Institut de Génomique Fonctionnelle
2 CHU - Hôpital Lapeyronie [Montpellier]
3 CHRU Montpellier - Centre Hospitalier Régional Universitaire [Montpellier]

Abstract : When the first lockdown was implemented to limit the spread of coronavirus disease 19 (COVID-19), many experts alerted on the potential risk of suicide. Indeed, prolonged social isolation due to the stay-at-home directives has been associated with increased loneliness (1), known to increase suicide risk.
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03181295
Soumis le : jeudi 25 mars 2021 - 15:06:08
Citation
Emilie Olié, Erika Nogué, Marie Christine Picot, Philippe Courtet. Hospitalizations for suicide attempt during the first COVID‐19 lockdown in France. Acta Psychiatrica Scandinavica, Wiley, 2021, ⟨10.1111/acps.13296⟩. ⟨hal-03181295⟩
 
 
Articles sur le sujet 
 
Recherche  : Les hospitalisations pour tentative de suicide pendant le premier confinement en France

Publié : 11 avril 2021

https://www.fondation-fondamental.org/*

Lors du premier confinement de mars 2020 mis en place afin de limiter la propagation du COVID-19, de nombreux psychiatres ont alerté sur un possible impact quant aux possibles passages à l’acte suicidaire, en particulier chez les personnes en situation de détresse psychologique. Au CHRU de Montpellier, une équipe de chercheurs, membres de la Fondation FondaMental, a montré que le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide avait nettement baissé pendant le confinement alors que le nombre de cas les plus sévères restait stable sur l’ensemble du territoire français.


Étudier le lien entre la pandémie et les tentatives de suicide
En mars 2020, les mesures du confinement ont contraint la population française à l’isolement social pendant une période prolongée. Certains experts ont dès lors alerté sur l’impact psychologique du confinement, qui a fortement aggravé le sentiment de solitude, lui-même identifié comme un facteur de risque suicidaire.
 
Les données concernant le taux de mortalité par suicide pendant cette période ne sont pas encore assez précises et, à ce jour, peu d’études ont analysé l’effet du confinement sur un échantillon large et représentatif.
 
En s’appuyant sur la base de données nationale sur les sorties d’hôpital, des chercheurs du CHRU de Montpellier ont, dans un premier temps, identifié le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide pendant la période du confinement ainsi que pendant les 56 jours précédant et suivant le confinement et des périodes similaires en 2019. Ils ont aussi évalué la proportion de gestes sévères, le taux de mortalité hospitalière, les tranches d’âge et le sexe les plus touchés. 

Une baisse générale des tentatives de suicide pendant le confinement
Pour la période du premier confinement, 10 400 hospitalisations pour tentative de suicide ont été recensées, soit une réduction significative du nombre global des tentatives de suicide pendant le confinement. Les tentatives dites « non-sévères » (c’est-à-dire ne requérant pas de soins intensifs) étaient les plus fréquentes, soit près de 79% des cas.
 
Les autres chiffres montrent que : 
 
  • La réduction s’explique principalement par une diminution du nombre de tentatives de suicide non-sévères, par rapport à la période précédant le confinement et aux mêmes périodes en 2019 ;
  • Le pourcentage de tentatives de suicide chez les femmes et les moins de 30 ans a également diminué ;
Ces résultats correspondent avec la baisse observée dans les autres pays pendant les périodes de confinement. D’après les auteurs, cette diminution pourrait s’expliquer selon plusieurs facteurs :
 
  • Le sentiment collectif d’entraide, observé pendant les périodes de crise nationale ;
  • L’adaptation à une nouvelle forme de travail (télétravail, diminution des heures) ;
  • Les aides financières.

Le nombre de cas sévères demeure préoccupant
En comparaison à ces chiffres, le nombre de tentatives de suicide sévères, ainsi que les décès liés pendant l’hospitalisation, sont restés relativement stables. Par conséquent, la proportion des passages à l’acte sévères était plus importante lors du confinement.
 

Portrait Philippe Courtet

Le Pr Philippe Courtet indique ainsi que « cet écart pourrait s'expliquer par la non-hospitalisation des cas de tentatives de suicide non-sévères en raison de l’accès limité aux urgences, contrairement aux tentatives les plus graves. (1)»

 
 
Une autre hypothèse suggère que le contexte psychosocial a plus fortement impacté les personnes ayant commis une tentative de suicide sévère et qui de fait présentent une psychopathologie plus grave.

Portrait Emilie Olié

« La prévention du suicide doit rester une priorité car le nombre des tentatives de suicide sévères n’a pas changé, ce qui pourrait conduire à une augmentation du taux de suicide pendant la pandémie COVID-19 », indique le Dr Emilie Olié. « Des études supplémentaires sont nécessaires pour identifier l'impact à long terme de la pandémie de COVID-19 sur le risque de suicide en raison de ses conséquences psychosociales et des séquelles neuropsychiatriques attendues. »

 
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(1) GÓMEZ-RAMIRO M, FICO G, ANMELLA G, et al. Changing trends in psychiatric emergency service admissions during the COVID-19 outbreak: Report from a worldwide epicentre. J Affect Disord. 2020 Dec 27;282:26-32
 
Source : Emilie Olié, Erika Nogue, Marie-Christine Picot et Philippe Courtet. // Acta Psychiatrica Scandinavica // Hospitalizations for suicide attempt during the first COVID-19 lockdown in France
 
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Les hospitalisations pour tentative de suicide ont baissé lors du premier confinement, pointe une étude montpelliéraine
Des chercheurs du CHRU de Montpellier et de la Fondation Fondamental se sont penchés sur les données d'hospitalisation pour tentative de suicide. Les résultats soulèvent de nombreuses hypothèses d'interprétation.
Publié le 16/04/2021 https://france3-regions.francetvinfo.fr*
 
Le CHU de Montpellier, en février 2020. Hérault Montpellier

C’est un résultat qui a de quoi surprendre, à l’heure d’une vigilance accrue concernant les troubles psychologiques engendrés par la pandémie de Covid-19. Selon une étude menée par des chercheurs du CHRU de Montpellier et publiée début mars dans l'Acta Psychiatrica Scandinavica, le nombre d’hospitalisations après une tentative de suicide a diminué pendant le premier confinement. Et ce, malgré les facteurs de risque aggravés par les restrictions de circulation, à commencer par l'isolement.
Diminution globale des hospitalisations

Entre le 16 mars et le 11 mai 2020, les auteurs dénombrent 10 400 hospitalisations pour ce motif à travers la France, soit 2864 de moins que l’année précédente à la même période. Cette évolution à la baisse se confirme si l’on considère les semaines qui ont précédé ou suivi le confinement. Mais elle concerne surtout les tentatives "non-sévères", c’est-à-dire celles pour lesquelles le patient n’a pas eu besoin de soins intensifs. Ce sont aussi les plus nombreuses.

Reste à savoir comment expliquer cette diminution. Les auteurs, rattachés à la Fondation Fondamental avancent plusieurs hypothèses : changement du mode de travail et diminution des heures, mécanismes d’aides qui ont allégé la pression financière, ou encore un "sentiment collectif d’entraide observé pendant les périodes de crise nationale". "On sait que sur une période de guerre par exemple, il y a une plus grande cohésion sociale et une réduction de la mortalité par suicide, avec un sentiment d'appartenance qui est plus fort", explique ainsi Emilie Olié, professeure de psychiatrie au CHU de Montpellier.
Une "diminution artificielle" ?

Mais ces pistes sont à nuancer par une autre explication possible : le recours moindre aux services de soin. "Est-ce qu'on capte une réelle diminution des tentatives de suicide, s’interroge Emilie Olié, ou est-ce que c'est une diminution artificielle parce que des gens qui, en temps normal, auraient atterri aux urgences ne se sont pas présentés (...) du fait de l'engorgement ou d'un accès à l'hôpital moins aisé pendant le confinement ?"

D’autant que les tentatives les plus graves n’ont elles pas diminué. Et que l’étude ne prend en compte que les personnes hospitalisées, laissant donc sous silence les suicides qui ont abouti à la mort de leur auteur avant toute prise en charge. Il faudra donc attendre les données de la mortalité, certainement d’ici "2023 ou 2024", pour avoir une idée plus fine de l’impact du confinement sur les passages à l’acte.
"Rester vigilant"

Les alertes sur la dégradation générale de la santé mentale en France se sont également multipliées au cours de l’année écoulée. L’étude CoviPrev, dont les résultats sont publiés par Santé Publique France, indique une augmentation de la dépression et des troubles anxieux, mais aussi des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Elles concerneraient 9 % des Français, soit quatre points de plus que le niveau "hors épidémie".

"Il faut quand même rester vigilant et continuer à prendre en charge la dépression, les troubles anxieux, et faire de la prévention sur la santé mentale, insiste Emilie Olié. C’est essentiel et c’est un des éléments de la prévention du suicide." De quoi imaginer un impact sur le long terme, au-delà du confinement ? L’équipe montpelliéraine a donc commencé à travailler sur les données de l’année 2020 dans sa globalité.
M. Lesprit 
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TRIBUNES :  « Sommes-nous vraiment prêts à “trier” les enfants et adolescents suicidaires ? »
Tribune jeudi 25 mars 2021 https://www.lemonde.fr/*
Collectif

Depuis le début de la crise sanitaire, idées et pulsions suicidaires chez les plus jeunes déferlent, alerte un collectif emmené par Lisa Ouss, pédopsychiatre à l’hôpital Necker.

La seconde vague psychiatrique nous submerge

Chez les plus jeunes, les actes et les idées suicidaires déferlent depuis l'automne, alerte un collectif emmené par Lisa Ouss, professeure associée en pédopsychiatrie à l'hôpital Necker, à Paris, et les membres du conseil scientifique de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
un collectif page 29

Comment répondre à ce dilemme impossible : trier les enfants et adolescents que l'on va hospitaliser après un geste ou une intentionnalité suicidaire forte ? Si les actes ou idées suicidaires des jeunes ont diminué pendant le premier confinement, ils déferlent depuis l'automne, peut-être à la faveur d'un discours fataliste sur une jeunesse sacrifiée.

La seconde vague psychiatrique nous submerge, et nous, les pédopsychiatres, psychiatres, psychologues, acteurs du soin psychique, avec l'aide précieuse des pédiatres, malgré les alertes lancées depuis longtemps, écopons la catastrophe annoncée mais désormais quotidienne. Or, un geste ou une intention suicidaire, chez un enfant ou un adolescent, marque une détresse qui doit être immédiatement entendue, accompagnée, dans toute la complexité d'un environnement scolaire, familial, sociétal que le contexte actuel fragilise.

Pour ce faire, il faut du temps, une écoute, un espace, et celui de l'hôpital est un nécessaire refuge, à l'abri des turbulences. Or, il devient extrêmement difficile voire impossible d'hospitaliser rapidement un enfant ou un adolescent qui présente de telles pensées ou est passé à l'acte. Nous ne voulons pas « trier » les patients Covid-19, sommes-nous vraiment prêts à « trier » les enfants et adolescents après un geste ou une intention suicidaire forte ?

Notre inquiétude

Faut-il raconter la quête interminable et infructueuse d'un lit ? Faut-il raconter comment nous renvoyons chez eux ces adolescents et les revoyons tous les jours jusqu'à l'obtention du Graal, un lit en pédiatrie ou en pédopsychiatrie ? Faut-il détailler la réaction de leur environnement à l'annonce de leur retour à domicile ? Faut-il souligner le risque de transformer ce retour à domicile en un premier palier d'une escalade face à un acte qui n'est pas entendu dans toute sa gravité ? Faut-il raconter notre inconfort, notre inquiétude, et notre manquement à les laisser partir ? Faut-il rapporter les discussions pour savoir quelle « pire » situation nous allons choisir d'hospitaliser car nous n'avons qu'un lit et plusieurs patients ?

Une société qui court à sa perte

Faut-il raconter que nous déprogrammons chaque semaine nos activités, depuis plusieurs mois, pour répondre à ces besoins urgents ? Faut-il rappeler que nous ne pouvons pas transférer en TGV, vers des territoires meilleurs, des adolescents qui doivent être, paradoxalement, éloignés de l'environnement qui a précipité leur geste, tout en en restant proches ?

Faut-il attendre un inéluctable accident à venir, un autre fait divers, pour dire la souffrance et la détresse pourtant déjà si visibles qui étreignent notre jeunesse ? Nous ne voulons plus rentrer chez nous en nous disant que nous n'avons pas pu faire correctement notre travail.

Koltès savait ouvrir ces horizons : « Je voudrais aller voir la neige en Afrique. Je voudrais faire du patin à glace sur les lacs gelés », dit la gamine. Une société qui ne laisse pas à ses adolescents le territoire du possible, à défaut de celui du rêve, est une société qui court à sa perte.

Et nous, acteurs du soin psychique, qui sommes convoqués sans arrêt pour soutenir les équipes médicales pendant la tempête déchaînée du Covid-19, à chaque événement traumatique, face aux questions sociétales de la jeunesse, sans que l'on nous donne les moyens d'y répondre, refusons d'être les spectateurs muets d'une catastrophe que nous pouvons prévenir.
Note(s) :
Premiers signataires : Florence Askenazy-Gittard, professeure de pédopsychiatrie,chef de service; Michel Basquin, professeure émérite de pédopsychiatrie; Thierry Baubet, professeur de pédopsychiatrie; Bérengère Beauquier-Maccotta, pédopsychiatre, praticienne hospitalière; Avicenne Bellis, interne en pédopsychiatrie; Olivier Bonnot, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent; Marie Bon-Saint-Côme, pédopsychiatre; Romain Bourdoncle, pédopsychiatre; Marie-Michèle Bourrat, pédopsychiatre; Lisa Ouss, professeure associée en pédopsychiatrie, membre du conseil scientifique de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et disciplines associées. La liste complète sur Lemonde.fr 
 
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« Souvent, chez les jeunes, la finalité de l’acte suicidaire, c’est de vouloir un changement radical de vie »
S&B Vonlanthen on Unsplash

Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact exact de la crise sanitaire et des confinements à répétition sur l’évolution du nombre de suicides en France. Mais la psychologue clinicienne Nathalie de Kernier, qui a publié en décembre 2020 un « Que sais-je ? » sur le sujet, redoute que cette pandémie ne pousse un nombre négligeable de personnes à mettre fin à leurs jours.
Philippe Chassepot

- 22 mars 2021

Le penseur roumain francophone Emil Cioran a fait du suicide une grande partie de son fond de commerce, avec des formules aussi drôles que profondes telles que : « On se suicide toujours trop tard », ou encore « Sans l’idée du suicide, je me serais tué depuis longtemps ». La réalité est hélas bien plus terrible que cet exercice de style. Les confinements multiples et les privations de liberté liées à la crise sanitaire ont renforcé l’isolement, les contraintes et le sentiment d’emprise chez ceux qui souffrent. Nathalie de Kernier, maître de conférences et psychologue clinicienne, vient de publier un « Que sais-je ? » sur le sujet. Si on ne peut encore mesurer l’ampleur des dégâts, faute de statistiques, elle craint que cette pandémie s’annonce cruelle à court terme.

Usbek & Rica : Quelles sont, selon vous, les tranches d’âges les plus touchées par les tendances suicidaires depuis le début de la pandémie ?

Nathalie de Kernier : Je pense d’abord aux personnes âgées et isolées, pour qui les visites sont souvent leur seule raison d’exister. Lorsqu’elles en sont privées, elles se détachent de toute raison de vivre et se laissent « glisser » – ce qu’on appelle le syndrome de glissement, c’est-à-dire le contraire de tenir. Elles abandonnent tout élan vital car il n’y a plus le sel de leur vie. C’est une forme de suicide à petit feu. Il est fort probable que les conséquences psychiques de l’isolement les tuent davantage que le virus lui-même, même si on n’a pas encore les statistiques pour le prouver.

« Mes collègues exerçant en milieu hospitalier évoquent davantage d’arrivées aux urgences et de crises suicidaires, dépressives et anxieuses depuis un an »

Nathalie de Kernier, psychologue clinicienne

Une étude anglaise vient de montrer une forte augmentation des signes d’anxiété et de dépression chez les adolescents et les post-ados. C’est l’autre catégorie à risques ?

Mes collègues exerçant en milieu hospitalier évoquent davantage d’arrivées aux urgences et de crises suicidaires, dépressives et anxieuses depuis un an. Plus de phobies scolaires, également. Les jeunes sont eux aussi fortement impactés, surtout les étudiants sommés de rester isolés. Rester rivé sur son écran entre quatre murs, c’est tout le contraire de ce dont ils ont besoin à ce moment de leur vie : les contacts, la sensorialité, les expériences sont aussi essentiels que le contenu des apprentissages. Le resto U, la cafétéria, la pelouse du campus, les jobs étudiants, les activités extra-universitaires, c’est aussi essentiel que l’enseignement.

Nathalie de Kernier, psychologue clinicienne / Capture d’écran du site Doctolib

Pendant des mois, on a surtout entendu parler d’urgence sanitaire et très peu de souffrance psychologique. Pourquoi un tel fourvoiement ?

Très souvent, dans les situations de crises, les aspects psychologiques se voient dans un premier temps mis à l’écart, voire déniés. Parce que le premier réflexe, c’est la survie physique, le suivi des consignes sans trop se poser de questions. Sans doute la plupart des gens estimaient qu’on en viendrait vite à bout et qu’il fallait juste prendre son mal en patience pendant un temps limité. Un an plus tard, on n’entrevoit toujours pas de sortie de crise, et la répétition des restrictions a entraîné un véritable inconfort.

Plusieurs épidémiologistes militent toujours pour un confinement dur et long. Ont-ils selon vous une vision trop étroite du problème ?

Certains n’ont sans doute pas la pleine maîtrise du sujet. Chaque spécialiste est tenté d’aller dans le sens de son approche principale. Il est très compliqué pour certains d’avoir une vision globale, et ils perdent de vue les effets collatéraux. En temps que psychologue, j’ai vu cette urgence-là plus vite, évidemment. Mais il faut un certain temps pour qu’il y ait pleine prise de conscience chez tout le monde. Et puis l’émotion collective est souvent un empêcheur de penser, dans un premier temps.

Plusieurs tentatives de suicide de la part d’étudiants ont été médiatisées cet hiver. On imagine que vous n’avez pas été surprise…

J’ai surtout été très surprise quand on a reconfiné tous les étudiants en novembre dernier. J’avais voulu publier un article grand public sur le sujet à ce moment-là, mais les grands quotidiens nationaux ont refusé mes propositions spontanées. J’ai alors posté un article intitulé « Jeunesse confinée, jeunesse sacrifiée ? » sur le blog de Mediapart, et depuis quelques semaines, je retrouve des bribes du contenu ici et là, avec le mot « sacrifice » qui revient. Mais j’avoue avoir été très étonnée de cet apparent déni de la détresse des étudiants à la fin de l’automne.

« Le non-dit est le fil rouge dans la problématique suicidaire, quel que soit l’âge »

Nathalie de Kernier, psychologue clinicienne

Ces passages à l’acte sont parfois étonnants, déclenchés par un événement anodin que personne ne voit venir.

C’est la face émergée de l’iceberg, oui, une accumulation qui fait qu’un événement en apparence insignifiant vient déclencher quelque chose de très très fort. Je rencontre souvent des personnes qui survivent à leur acte suicidaire, qui peuvent encore parler, et je suis toujours stupéfaite de voir à quel point leur détresse était incommunicable. Le non-dit est le fil rouge dans la problématique suicidaire, quel que soit l’âge : il existe un sentiment de honte dans l’histoire familiale, ou d’autres suicides dans la famille, ou des traumas précoces enfouis, parfois des générations en arrière. Et le geste suicidaire vient interroger sur le sens de ce non-dit, dans une quête désespérée d’élucidation.

Entre le terrorisme, la pandémie, les crises économique et environnementale, le monde d’aujourd’hui est très anxiogène. Pensez-vous que les tentatives de suicide soient un « recours » amené à se développer au cours des prochaines années ?

Je ne veux pas entretenir une vision alarmiste d’une vie qui serait forcément de plus en plus dure pour tous. Certaines personnes arrivent à tirer des ressources pour faire de leur vulnérabilité une opportunité. Ce contexte de pandémie est propice à la réflexion existentielle : où aller, pourquoi… Il faut absolument ouvrir les portes de l’introspection plutôt que s’enfermer avec des « on doit » ou des « il faut ». Ces tunnels peuvent aussi tuer, parce qu’on se dit qu’il n’y plus le choix, et que la seule possibilité, c’est d’en finir.

Vous écrivez dans votre ouvrage : « Très souvent, vouloir mettre fin à ses jours ne signifie pas, dans le fond, vouloir mettre fin à sa vie. » C’est-à-dire ?

C’est le plus souvent le cas chez les jeunes : la finalité de l’acte suicidaire, c’est de vouloir un changement radical de vie, une volonté de mettre fin à la vie telle qu’elle est vécue dans sa forme actuelle. Mais la détresse est telle que la conviction qui règne à ce moment-là, c’est que cette forme de vie ne pourrait pas changer. Quand la personne survit à cet acte, le travail thérapeutique consiste à l’amener à une plus grande souplesse, à un élargissement des possibles. Amener la personne à sortir des ses propres enfermements, soit en réalisant comment elle a pu être son propre geôlier, soit en s’autorisant à ne pas se figer dans des rôles que d’autres lui assignent. Il faut travailler avec la famille, aussi, amener les parents à prendre conscience des messages qu’ils peuvent véhiculer le plus souvent à leur insu. Car certains ne fonctionnent qu’avec des injonctions et des stratégies de culpabilisation, avec l’idée qu’il n’y aurait qu’une seule voie possible pour leurs enfants. Le plus souvent avec la meilleure volonté du monde, d’ailleurs, mais avec des résultats inverses aux effets recherchés. Il faut mettre tout ça à plat et ouvrir les alternatives. Tout l’enjeu est là.
Philippe Chassepot - 22 mars 2021
 
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Covid-19 : depuis le 31 octobre, les crises suicidaires chez les jeunes multipliées par deux fois et demi
Selon Sylvie Tordjman, professeur de pédopsychiatrie, cheffe du pôle de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université de Rennes 1, les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont en hausse de 80%.
Article rédigé par
franceinfo
Radio France

Publié le 22/03/2021
  Sylvie Tordjman, le 20 novembre 2007, à Rennes. (MAXPPP)

"Depuis le 31 octobre, on a assisté à un nombre de crises suicidaires qui a été multiplié par deux fois et demi", a souligné lundi 22 mars sur franceinfo Sylvie Tordjman, professeur de pédopsychiatrie, cheffe du Pôle de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université de Rennes 1, alors que les hospitalisations des moins de 15 ans pour motif psychiatrique sont en hausse de 80% et qu'une réunion interministérielle sur la santé mentale s'est tenue lundi matin.

franceinfo : Est-ce qu'il y a vraiment une dégradation de la santé mentale chez les plus jeunes ?

Sylvie Tordjman : Oui, tout à fait. Depuis le 31 octobre, on a assisté à un nombre de crises suicidaires - à savoir des tentatives de suicide, mais aussi des jeunes qui présentent des idées suicidaires, en particulier pour les moins de 16 ans - qui a été multiplié par deux fois et demi. On a une équipe mobile de pédopsychiatrie basée aux urgences pédiatriques, donc on voit passer tous ces jeunes. On était avant sur à peu près une à deux tentatives par semaine, on est passé à cinq par semaine. Pour les idées suicidaires, on avait à peu près cinq jeunes avec des idées suicidaires par semaine et actuellement c'est plus de dix. C'est vrai pour les crises suicidaires, c'est vrai aussi pour les troubles anxieux, avec des problèmes de somatisation, d'absentéisme scolaire qui ont été triplés. Et c'est vrai également pour les problèmes d'anorexie qui ont quadruplés avec un passage aux urgences pédiatriques et qui sont vus par nos équipes.

Est-ce qu'on a sous-estimé les problèmes chez cette tranche d'âge jusqu'à maintenant ?

Oui. Après, ce n'était pas évident. On est tous confrontés à cette crise sanitaire. On a été aussi les premiers surpris puisqu'ils n'étaient pas déscolarisés. Il y a eu un maintien de la scolarisation, que ce soit pour les écoliers, les collégiens et les lycéens. On a vraiment fait un brainstorming, y compris pour essayer de faire une prévention, pour essayer de mieux comprendre pourquoi ça touchait comme ça ces préadolescents et adolescents de moins de 16 ans. Dans les causes, avec ce confinement depuis le 31 octobre, on est devant une diminution des activités sociales. Le port du masque n'arrange rien. On est aussi devant une diminution de tout ce qui est activités extrascolaires de type activités physiques sportives. Et là, c'est un enjeu important pour eux en termes de mieux-être et de mal-être. On est face aussi un reconfinement, c'est à dire du stress qui se répète, un stress qui est chronique dans un contexte d'incertitude, de précarité sociale. Tout ça vient alimenter des préoccupations chez ces jeunes qui sont un peu comme des éponges qui absorbent tout ça.

Deuxième point : on a les conséquences du précédent confinement. L'Agence nationale de sécurité sanitaire montrait qu'il y avait une augmentation de la consommation d'écrans qui était extrêmement importante avec des thématiques d'addiction. Donc, on paye un peu les pots cassés de ce précédent confinement. Et puis, il y a aussi chez certains jeunes qui, quand il y a eu le déconfinement en mai, n'ont pas repris le chemin de l'école, et se sont retrouvés dans une sorte de cocon familial, avec un décrochage. Enfin un des problèmes les plus importants, c'est que beaucoup de parents sont encore dans du télétravail. Du coup, ils ont eu un changement majeur de leurs repères temporels, ne sortent plus forcément pour aller pour aller travailler. Et on assiste à une synchronisation de l'horloge biologique avec des temps qui sont complètement désynchronisés, avec des rythmes veille-sommeil qui peuvent être complètement mis à mal. Et c'est là où c'est extrêmement important que les parents puissent respecter des facteurs d'environnement extérieur, à savoir des heures régulières de coucher et de lever.

Est-ce qu'il faut privilégier désormais une approche préventive ? Est-ce qu'on peut imaginer des numéros de téléphone, des centres accessibles ?

Je suis beaucoup plus basique. La clé de tout cela, c'est cette synchronisation des horloges biologiques avec des rythmes veille-sommeil qui sont très altérés. On peut facilement faire de la prévention avec un respect des heures de coucher et de lever, de repas, d'activités sociales, scolaires, d'activités physiques. En sachant que quand il y a une désynchronisation des horloges biologiques, c'est un terrain de vulnérabilité aux troubles anxieux, aux troubles dépressifs, mais également à l'émergence de troubles psychiatriques de type psychotique entraînant la schizophrénie. C'est en effet extrêmement important que les parents puissent respecter pour eux-mêmes, mais également pour leurs enfants, ces prérequis. On est sur de la prévention.

Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, il existe des services d'écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D'autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.  
 
 
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Covid-19 et santé mentale des Français : des bulletins hebdomadaires publiés à partir de ce jeudi

IMPACT - Alors que l’enquête CoviPrev atteste d’une dégradation de la santé mentale de la population, Santé publique France publie à compter de ce jeudi 18 mars des bulletins spécifiques pour suivre son évolution à partir des données des urgences et de SOS Médecins.
ALG - Publié hier à 10h52

L'impact de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 sur la santé mentale des Français n'est plus à démontrer. Pour suivre au plus près son évolution et l'analyser, Santé publique France publiera à un rythme hebdomadaire à compter de ce jeudi des bulletins spécifiques, a annoncé l'agence de veille sanitaire sur son site.

Pour ce faire, deux indicateurs seront particulièrement scrutés, à savoir les "passages aux urgences pour geste suicidaire, troubles de l’humeur (incluant les troubles dépressifs) et troubles anxieux" ainsi que les "actes SOS Médecins pour angoisse, états dépressifs et troubles du comportement", est-il par ailleurs précisé sur leur site.

Trois outils de surveillance

Plus en détails, le système de surveillance mis en place par Santé publique France concernant la santé mentale des Français repose sur trois "systèmes d’information complémentaires". À savoir les données d’enquête déclaratives, le système national des données de santé et enfin le système de surveillance Sursaud, qui comprend les données des urgences hospitalières, les données des associations SOS Médecins et les données mortalité.

Derrière la publication de ces nouveaux bulletins hebdomadaires, l'objectif s'avère double. Il s'agit d'une part de renseigner "sur le résultat des études mises en place dans le cadre de cette surveillance" mais aussi d'"informer l’ensemble des acteurs de la santé mentale de l’évolution de la santé mentale des Français et contribuer ainsi aux orientations des prises de décision des décideurs, des actions menées par les acteurs de terrain, et plus largement à sensibiliser la population générale de ce constat", détaille encore Santé publique France ce jeudi.

Depuis les prémices de la pandémie et le premier confinement en mars 2020, l’enquête CoviPrev menée de façon répétée par Santé publique France atteste d’une dégradation de la santé mentale de la population. Cette situation a fait l’objet de plusieurs signalements émanant de professionnels, notamment de services de psychiatrie et de pédiatrie, portant sur une augmentation de la prise en charge de jeunes patients pour tentatives de suicide et autres diagnostics de santé mentale, rappelle encore l'agence de veille sanitaire.

https://www.lci.fr/sante/covid-coronavirus-crise-sanitaire-et-sante-mentale-desormais-des-bulletins-hebdomadaires-pour-suivre-l-evolution-2181066.html

INFO +

Bulletin du 15 mars https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/328102/2958524


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Coronavirus : les pensées suicidaires augmentent chez les jeunes en Pays de la Loire

Jeudi 18 mars 2021 à 5:09 - Par Nina Valette, France Bleu Loire Océan, France Bleu Mayenne
Pays de la Loire  https://www.francebleu.fr/*

Face à l'épidémie de Covid-19, les hôpitaux font face a un mal-être grandissant chez les plus jeunes. Des idées morbides qui touchent les enfants dès l'âge de 7 ans. En Vendée et en Loire-Atlantique, certaines structures sont même débordées par le phénomène. 
Avec la crise sanitaire, les jeunes ont de plus en plus d'idées noires en Pays de la Loire © Maxppp - Richard Villalon

"Nous sommes débordés en Vendée devant le nombre de suicides chez les jeunes", annonce Pascal Forcioli, directeur général du Centre Hospitalier Georges Mazurelle. Avec la crise sanitaire, le mal-être monte en flèche chez les adolescents mais aussi chez les enfants. Depuis mars 2020, l’activité a fortement augmenté. A titre d’exemple, le nombre de consultations en pédopsychiatrie, a augmenté de +25% en moyenne dans la région Pays de la Loire.
Etat des lieux dans la région

Avec la crise sanitaire, le manque de visibilité sur l'avenir, le télétravail et la fermeture des universités, le mal-être gagne les Français. Pour Jean-Paul Boulé, chef de projet régional en santé mentale à l'ARS Pays de la Loire, "la crise Covid n'épargne personne, et c'est normal de ne pas aller bien. Mais quand ça nous envahit trop, il faut consulter".

Une crise sanitaire qui touche la santé des plus jeunes. Une situation inhabituelle dans les hôpitaux. "La crise de la Covid n'est pas qu'une crise de virus, mais une crise du mal-être dans la société", raconte le directeur général du Centre Hospitalier Georges Mazurelle en Vendée avant d'ajouter, "en pédiatrie on a des patients qui sont hospitalisés avec des tableaux cliniques très graves. Avec des pensées suicidaires très fortes, avec des jeunes qui passent à l'acte, de plus en plus jeunes. Et pas seulement les étudiants". Un département débordé "par les tentatives de suicides assez graves, qui nécessitent de la réanimation mais aussi une prise en charge chirurgicale", ajoute Yves Bescond président de la commission médicale de l'établissement vendéen.

Dans la région, le Maine-et-Loire n'est pas épargné non plus. D'après Jean François Poirier, directeur à l’Institut psychothérapeutique au Pin-en-Mauges, "30% des patients qui sont soignés actuellement sont mineurs. Il y a six ou sept ans, nous étions à 5% des prises en charge".
Situation inquiétante au CHU de Nantes

Aux urgences pédiatriques du CHU de Nantes, Bénédicte Vrignaud, la responsable constate un vrai mal-être chez les plus jeunes depuis le mois de septembre. "Ça se traduit par des enfants et des ados déprimés, tristes qui ont envie de mourir, qui refusent de manger, d'aller à l'école..."

Sophie Montassier, l'une des infirmières du service, se souvient d'un cas : "C'était une jeune de 12 ans qui me disait 'j'ai peur de contaminer ma famille'. C'est parti d'un camarade de classe qui a éternué. A partir de là, elle s'est mise en tête que potentiellement il était positif donc elle pouvait ramener la Covid-19 à la maison". A l’hôpital de Nantes, la situation est très préoccupante d'après le service de pédopsychiatrie
L'autre infirmier du service, Olivier Langlet, reconnaît que le discours des jeunes est de plus en plus sombre. "Ils n'ont plus goût à la vie. Souvent j'entends, 'à quoi ça sert de vivre ? Si c'est pour aller à l'école, au collège, au lycée.... Et puis ne rien pouvoir faire'" L'infirmier se souvient d'un enfant à Noël. "Il était très agité, il n'arrivait pas à verbaliser les choses. A la fin de l'entretien, j'ai demandé s'il avait envie de mourir, et il m'a dit que oui. Nous avons dû l'hospitaliser".
Des conséquences sur les prises en charges

En Vendée, le service de prise en charge des adolescents est plein à 100%. "Nous arrivons difficilement à admettre de nouveaux patients. Alors ils vont aux urgences, ou en pédiatrie. On doit accueillir ces jeunes de 15 ou 16 ans dans les chambres d'isolement des secteurs adultes qui normalement auraient leur place dans le service d’adolescent". Une situation comparable à celle du CHU de Nantes où là aussi les équipes disent manquer de lit.


En psychiatrique on ne peut pas déprogrammer l'activité. - Pascal Forcioli, directeur général du Centre Hospitalier Georges Mazurelle

"On peut déprogrammer en chirurgie, si l'ARS le demande, en psychiatrie ce n'est pas possible. C'est un peu comme en réanimation. La priorisation des patients est extrêmement complexe", raconte Pascal Forcioli, directeur général du Centre Hospitalier Georges Mazurelle.

Dans la région, il n'y a pas encore de données sur ces tentatives de suicide chez les plus jeunes, précise l'ARS, mais le gouvernement et le ministère de la Santé regardent le sujet de très près.

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Coronavirus : hausse des tentatives de suicide, alerte sur la santé mentale des jeunes
ÉCLAIRAGE - La Société Française de pédiatrie parle de "déferlement" d’enfants qui vont mal. Les tentatives de suicide augmentent, notamment chez les moins de 15 ans.

RTL Matin Yves Calvi

Coronavirus : les tentatives de suicides augmentent chez les jeunes Sophie Aurenche édité par Coline Daclin
publié le 17/03/2021
Au centre Hospitalier Georges Daumezon, à Nantes, les 14 lits d'hospitalisation en pédopsychiatrie sont saturés. Depuis plusieurs mois, les soignants font face à un phénomène inédit et inquiétant : l'augmentation des tentatives de suicide des enfants et adolescents. Un problème qui se passe aussi ailleurs en France.

Selon la Société Française de pédiatrie, qui parle de "déferlement" d’enfants qui vont mal dans les hôpitaux et en ville, les services de protection maternelle et infantile (PMI), les psys et les centres médico-psychologiques ne savent plus où donner de la tête.

Il y a encore peu d’études quantitatives sur le sujet depuis le début du confinement. Mais on dispose de quelques indicateurs. On compte peu plus d’hospitalisations pour gestes suicidaires chez les moins de 15 ans, +80% de passages aux urgences pour troubles dépressifs et anxieux, et plus d’actes également pour SOS médecins.
Un Français sur 5 anxieux ou dépressif

Selon Santé Publique France qui réalise depuis un an des enquêtes très régulières sur la santé mentale, un Français sur 5 souffre de troubles anxieux et de dépression : 22,7% exactement. C’est le chiffre le plus élevé depuis un an. Deux fois plus de personnes en souffrance qu’en temps normal, hors crise. Et depuis le mois de novembre, ce chiffre ne baisse pas.

Au départ, les Français ont exprimé de l’anxiété. Mais les mois passant, cette anxiété s’est transformée en troubles dépressifs devant l’accumulation des difficultés et l’absence de perspective. Il y a eu un vrai basculement à l’automne. Après une rentrée où les Français avaient retrouvé de l’espoir.

Et il y a une différence selon les âges. Les 18-24 ans sont beaucoup plus en souffrance que les plus âgés, pourtant plus à risque sanitaire. Un sur trois est en dépression : 31,5%. Un triste record depuis le début de cette crise.

On connaît les raisons : isolement, cours à distance pour ceux qui font des études, difficultés de trouver un travail, un stage, un petit boulot, moins de temps passé avec des amis, retour chez les parents, cohabitation difficile…
Trois séances gratuites chez le psy pour les jeunes

Depuis la semaine dernière, ils peuvent bénéficier de trois séances gratuites chez le psy, renouvelable une fois. Le jeune doit d’abord aller voir son médecin qui juge, ou non, s’il a besoin de soutien. Si c’est le cas, il bénéficie de trois premières séances chez le psy. 750 professionnels sont déjà inscrits sur le portail "Santé psy étudiant". Ensuite, retour chez le médecin qui peut à nouveau prescrire 3 séances supplémentaires. Tout est gratuit bien sûr.

Plus généralement, quel que soit son âge, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. Un numéro vert a été ouvert : le 0 800 130 000. Les spécialistes conseillent, surtout en télétravail, surtout en confinement, de rythmer sa journée, faire du sport, appeler ses amis et, très important, d'aider les autres.

Car nous sommes tous sujets en ce moment à ce que l’épidémiologiste Antoine Flahault appelle la "fatigue pandémique". Lassitude, impression de jour sans fin, absence de perspective…. Un dernier conseil pour y faire face : créer chacun, chaque jour, un moment agréable, même très court, pour se faire du bien. 
 
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Association internationale pour la prévention du suicide (IASP): Protocole de réponse aux urgences de santé publique mondiales et transnationales et aux catastrophes naturelles
L’IASP est heureuse de présenter un développement important dans notre travail lié à la réponse des associations à la pandémie COVID-19. En avril 2020, le professeur Murad Khan, alors président de l'IASP, en réponse aux menaces pour la santé mentale mondiale et au risque de comportement suicidaire résultant de la pandémie COVID-19, a créé un groupe de travail présidentiel spécial sur le COVID-19 (PSTFC). Le but du PSTFC était de développer la réponse stratégique de l'IASP à l'impact mondial potentiel de la pandémie COVID-19 sur les comportements suicidaires, les idées suicidaires et l'automutilation en développant la réponse stratégique de l'IASP à l'impact mondial potentiel de la pandémie COVID-19 sur les suicidaires. comportement, idées suicidaires et automutilation. Le «Protocole de réponse aux urgences de santé publique et aux catastrophes naturelles mondiales et transnationales» peut être téléchargé ci-dessous.
 
 
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Bulletin de surveillance syndromique de la santé mentale du 8 mars 2021

Publié le 11 Mars 2021
Mis à jour le 11 mars 2021
Synthèse

En semaine 09 (du 1er au 07 mars de 2021).
Données de passages aux urgences du réseau Oscour®
Chez les adultes de 15 ans et plus, les passages pour geste suicidaire, troubles anxieux et troubles de l’humeur se maintiennent dans des niveaux comparables voire inférieurs à ceux des 2 dernières années.
Chez les enfants de moins de 15 ans, après 4 semaines de baisse, les passages pour geste suicidaire sont en hausse en S09 : 131 passages en S09 (vs 120 en S08 soit +8%). Le niveau observé reste légèrement supérieur à ceux des années précédentes : 115 en S09-2020 et 116 en S09-2019.

Après une semaine de forte baisse (-39%), les passages pour troubles de l’humeur (contenant les troubles dépressifs) sont de nouveau en hausse avec 111 passages en S09 vs 94 en S08 soit +8%. Le niveau atteint en S09 reste entre 1,5 et 3 fois supérieur à celui des années précédentes (respectivement 36 et 71 passages en S09 de 2020 et 2019).

Ces augmentations sont observées chaque année en période de reprise après les vacances scolaires d’hiver et se poursuivent habituellement sur une à 2 semaines.
https://www.santepubliquefrance.fr/surveillance-syndromique-sursaud-R/documents/bulletin-national/2021/bulletin-de-surveillance-syndromique-de-la-sante-mentale-du-8-mars-2021

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If Suicide Were COVID-19: A Neglected Cause of Premature Death This letter points to the disparity in resources devoted to combating COVID-19 versus another preventable epidemic: suicide.
Alejandro Porras-Segovia, MD, PhDa; Enrique Baca-García, MD, PhDa,e–l; Philippe Courtet, MD, PhDb; Milton Wainberg, MD, PhDc; and Maria A. Oquendo, MD, PhDd
a Instituto de Investigación Sanitaria Fundación Jiménez Díaz, Madrid, Spain
b Department of Emergency Psychiatry and Acute Care, CHU Montpellier, University of Montpellier, Montpellier, France
c New York State Psychiatric Institute, Columbia University, New York, New York
d Perelman School of Medicine, University of Pennsylvania, Philadelphia, Pennsylvania
e Department of Psychiatry, Hospital Universitario Fundación Jiménez Díaz, Madrid, Spain
f Department of Psychiatry, University Hospital Rey Juan Carlos, Mostoles, Spain
g Department of Psychiatry, General Hospital of Villalba, Madrid, Spain
h Department of Psychiatry, University Hospital Infanta Elena, Valdemoro, Spain
i Department of Psychiatry, Madrid Autonomous University, Madrid, Spain
j CIBERSAM (Centro de Investigacion Biomédica en Red Salud Mental), Carlos III Institute of Health, Madrid, Spain
k Universidad Catolica del Maule, Talca, Chile
l Department of Psychiatry, Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, Nîmes, France
J Clin Psychiatry. 2021;82(2):20l13702. 
Published online: February 23, 2021.
To the Editor:
A sad soul can kill you quicker, far quicker, than a germ.

—John Steinbeck

In the year since the start of the pandemic (as of January 19, 2021), coronavirus disease 2019 (COVID-19) has claimed 2,057,095 lives worldwide, while the number of cases exceeds 95 million.1 According to data from the World Health Organization, suicide accounts for about 800,000 deaths worldwide every year, while the number of suicide attempts may be more than 20 times higher, or more than 16 million suicide attempts every year.2

Focusing on the US, as of January 13, 2021, 329,593 COVID-19 deaths have been reported,3 compared with the 47,096 deaths by suicide that occurred in the whole of 2018.4 However, an estimation using data from the Centers for Disease Control and Prevention reveals that COVID-19 has resulted in 1,591,487.5 years of potential life lost (YPLL) before age 75 in the US,3 while suicide resulted in 1,344,552 YPLL in 20184 (Figure 1).



To understand the social impact of these two conditions, we must consider the age at which death occurs.5 Most of the COVID-19 victims were 85 years or older,3 and they often had a history of chronic physical conditions, especially respiratory diseases.3 By comparison, suicide is the second leading cause of death among 15- to 29-year-olds,2 and up to 90% of victims had a history of mental illness, most frequently depressive disorders.6 Both the COVID-19 pandemic and suicidal behavior are major public health issues, and COVID-19 has appropriately received unprecedented attention in public health, biomedical research, and the media, while suicidal behavior continues to be neglected. There is no doubt that COVID-19 is one of the greatest health challenges we have ever faced, but suicide also requires a sustained and effortful attention that continues to be denied. Suicidal behavior has been so neglected that rates of suicide in the US have dramatically increased by 35% between 1999 and 2018.4

This comparative grievance is not exclusive to COVID-19. It is normative for physical health to absorb more clinical and research resources than mental health. A 2014 Nature article highlighted this disparity using cancer and depression as examples, stating: “If the extent of human suffering were used to decide which diseases deserve the most medical attention, then depression would be near the top of the list.”7

This disparity in resource deployment is especially notable in the case of COVID-19 because prevention measures aimed at combating the pandemic may increase suicidal behavior.8,9 In addition to the increased social isolation and economic consequences of the pandemic, face-to-face mental health care has been hampered or disrupted, further exacerbating the situation of psychiatric patients.10 COVID-19 prevention measures are fully justified by the severity of the situation and the risk of massive contagion, but we must do our best to minimize their impact on other areas. Moreover, while we are hopeful that the recent development of vaccines will soon rid us of the COVID-19 pandemic, suicide has remained a leading cause of death for decades, and we have not yet been able to provide effective prevention measures. The sustained mortality rates and the direct and indirect economic costs of suicide generate an overwhelming cumulative impact over time.

Both COVID-19 and suicide are preventable. Studies show that a large number of deaths from COVID-19 could be avoided by the use of a face mask.11 Suicide prevention measures undertaken in Denmark in recent decades—a combination of restriction of access to lethal means and specific clinical programs—have resulted in a substantial decrease in suicide attempts: from 38 attempts per 100,000 people in 1980 to 11.4 per 100,000 in 2007.12


The disparity in resources for addressing suicide and COVID-19 is evidence of an unexplained gap that still exists between concern for physical illness and concern for mental illness. In the late 20th century, HIV infection was one of the leading causes of YPLL in the US.13 Thanks to the development of antiretroviral therapies, life expectancy of those infected with HIV now resembles that of the general population.14 This increase is proof that when public and private health systems devote themselves to solving a health problem, mortality rates drop dramatically. We are still waiting for society to show the same degree of concern for suicide.

To cite: Porras-Segovia A, Baca-García E, Courtet P, et al. If suicide were COVID-19: a neglected cause of premature death. J Clin Psychiatry. 2021;82(2):20l13702.

To share: https://doi.org/10.4088/JCP.20l13702

J Clin Psychiatry 2021;82(2):20l13702

https://www.psychiatrist.com/jcp/depression/if-suicide-were-covid-19-a-neglected-cause-of-premature-death/

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NORVEGE
Research paper Prevalence of mental disorders, suicidal ideation and suicides in the general population before and during the COVID-19 pandemic in Norway: A population-based repeated cross-sectional analysis
Ann Kristin Skrindo Knudsen a Kim Stene-Larsen b Kristin Gustavson cd Matthew Hotopf ef Ronald C. Kessler g Steinar Krokstad hi Jens ChristofferSkogen jkl Simon Øverland aAnne Reneflot b
a
Centre for Disease Burden, Norwegian Institute of Public Health, Zander Kaaes Gate 7, PO Box 973 Sentrum, 5-5808, 5015 Bergen, Norway
b
Department of Mental Health and Suicide, Norwegian Institute of Public Health, Marcus Thranes Gate 6, 0473 Oslo, Norway
c
PROMENTA Research Center, Department of Psychology, University of Oslo, Blindern, 0317 Oslo, Norway
d
Department of Mental Disorders, Norwegian Institute of Public Health, Marcus Thranes Gate 6, 0473 Oslo, Norway
e
Department of Psychological Medicine, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience, King's College London, 16 De Crespigny Park, Camberwell, London SE5 8 AF, United Kingdom
f
Biomedical Research Centre, South London and Maudsley NHS Foundation Trust, 16 De Crespigny Park, Camberwell, London SE5 8 AF, United Kingdom
g
Department of Health Care Policy, Harvard Medical School, 180 Longwood Avenue, Boston, MA 02115 United States
h
HUNT Research Centre, Department of Public Health and Nursing, Norwegian University of Science and Technology, Forskningsvegen 2, 7600 Levanger, Norway
i
Levanger Hospital, Nord-Trøndelag Hospital Trust, Kirkegata 2, 7600 Levanger, Norway
j
Department of Health Promotion, Norwegian Institute of Public Health, Zander Kaaes gate 7, 5015 Bergen, Norway
k
Center for Alcohol & Drug Research, Stavanger University Hospital, 4010 Stavanger, Norway
l
Department of Public Health, Faculty of Health Sciences, University of Stavanger, 4021 Stavanger, Norway
The Lancet Regional Health - Europe
Volume 4, May 2021, 100071
Available online 27 February 2021.
https://doi.org/10.1016/j.lanepe.2021.100071
Abstract

Background

Self-report data on mental distress indicate a deterioration of population mental health in many countries during the COVID-19 pandemic. A Norwegian epidemiological diagnostic psychiatric interview survey was conducted from January to September 2020, allowing for comparison of mental disorder and suicidal ideation prevalence from before through different pandemic periods. Prevalence of suicide deaths were compared between 2020 and 2014–2018.

Methods

Participants from the Trøndelag Health Study (HUNT) in Trondheim were recruited through repeated probability sampling. Using the Composite International Diagnostic Interview (CIDI 5.0) (n = 2154), current prevalence of mental disorders and suicidal ideation was examined in repeated cross-sectional analyzes. Data on suicide deaths was retrieved from the Norwegian Cause of Death Registry and compared for the months March to May in 2014–2018 and 2020.

Findings

Prevalence of current mental disorders decreased significantly from the pre-pandemic period (January 28th to March 11th 2020; 15•3% (95% CI 12•4–18•8)) to the first pandemic period (March 12th – May 31st; 8•7% (6•8–11•0)). Prevalences were similar between the pre-pandemic period and the interim (June 1st July 31st; 14•2% (11•4–17•5)) and second periods (August 1st-September 18th; 11•9% (9•0–15•6)). No significant differences were observed in suicidal ideation or in suicide deaths.

Interpretation

Except for a decrease in mental disorders in the first pandemic period, the findings suggest stable levels of mental disorders, suicidal ideation and suicide deaths during the first six months of the COVID-19 pandemic compared to pre-pandemic levels. Potential methodological and contextual explanations of these findings compared with findings from other studies are discussed.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S266677622100048X

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USA
Suicide Ideation and Attempts in a Pediatric Emergency Department Before and During COVID-19
Ryan M Hill 1 , Katrina Rufino 2 3 , Sherin Kurian 4 , Johanna Saxena 4 , Kirti Saxena 4 , Laurel Williams 4
1 Departments of Pediatrics and ryan.hill@bcm.edu.
2 Department of Social Sciences, University of Houston-Downtown, Houston, Texas; and.
3 The Menninger Clinic, Houston, Texas.
4 Psychiatry, Baylor College of Medicine, Houston, Texas.
. 2021 Mar;147(3):e2020029280. doi: 10.1542/peds.2020-029280. Epub 2020 Dec 16.
DOI: 10.1542/peds.2020-029280

Abstract
Objectives: Elevated rates of mental health concerns have been identified during the coronavirus disease 2019 (COVID-19) pandemic. In this study, we sought to evaluate whether youth reported a greater frequency of suicide-related behaviors during the 2020 COVID-19 pandemic as compared with 2019. We hypothesized that rates of suicide-related behaviors would be elevated between the months of March and July 2020 as compared with 2019, corresponding to the onset of the COVID-19 pandemic.

Methods: Routine suicide-risk screening was completed with youth aged 11 to 21 in a pediatric emergency department. Electronic health records data for suicide-risk screens completed between January and July 2019 and January and July 2020 were evaluated. A total of 9092 completed screens were examined (mean age 14.72 years, 47.7% Hispanic and/or Latinx, 26.7% non-Hispanic white, 18.7% non-Hispanic Black).

Results: Rates of positive suicide-risk screen results from January to July 2020 were compared with corresponding rates from January to July 2019. Results indicated a significantly higher rate of suicide ideation in March and July 2020 and higher rates of suicide attempts in February, March, April, and July 2020 as compared with the same months in 2019.

Conclusions: Rates of suicide ideation and attempts were higher during some months of 2020 as compared with 2019 but were not universally higher across this period. Months with significantly higher rates of suicide-related behaviors appear to correspond to times when COVID-19-related stressors and community responses were heightened, indicating that youth experienced elevated distress during these periods.

Copyright © 2021 by the American Academy of Pediatrics.

POTENTIAL CONFLICT OF INTEREST: The authors have indicated they have no potential conflicts of interest to disclose.

https://pediatrics.aappublications.org/content/147/3/e2020029280


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Incidence de la pandémie sur les tentatives de suicide
Publié le jeudi 11 février 2021

Auteurs : HO S.1, HENRY J.1, NGUYEN C.1, AMERIGO K.1, MATHIOT A.1

1 Assistance Publique des Hopitaux de Marseille, Marseille, FRANCE


Résumé
Introduction

La pandémie Covid-19 et le confinement décrété pour l’endiguer ont induit des modifications profondes des comportements. La littérature a pu mettre en évidence une exacerbation des éléments de vulnérabilité psychique pendant cette période. L’augmentation des facteurs de risques des comportements suicidaires tels que l’isolement, la fragmentation sociale et la menace des appartenances ont-ils induit une augmentation des passages à l’acte ? Dans cette perspective, nous avons étudié l’impact du confinement sur le nombre de tentatives de suicide reçues aux urgences.
Cette étude se déroule au sein du service des urgences psychiatriques de l’hôpital de la Timone, un des deux centres recevant des urgences psychiatriques à Marseille et qui enregistre environ 7000 passages tous les ans.


Méthode

Il s’agit d’une étude épidémiologique descriptive. Nous avons comptabilisé et analysé, le nombre de tentatives de suicide reçues aux urgences psychiatrique le premier semestre 2020 et l’avons comparé à la même période en 2019.


Résultats

Nous relevons 343 prises en charge pour tentatives de suicide en 2019 contre 307 en 2020. Nous observons ainsi une diminution de 10.5% du nombre de tentatives de suicide. Cette diminution est proportionnelle à la diminution du nombre de passages aux urgences psychiatriques pendant le premier semestre 2020. Le taux de tentative de suicide dans la file active reste donc stable. Nous relevons également une nette modification du sexe ratio (H/F) pour les comportements suicidaires qui passe de 47,8% en 2019 à 73,4% en 2020.


Conclusion

Contrairement à notre hypothèse initiale, nous observons une diminution de 10,5% des comportements suicidaires reçus au premier semestre 2020, proportionnelle à la baisse d’activité. Si la tendance globale est à la baisse, la modification du sexe ratio traduit une augmentation du comportement suicidaire chez les hommes et une diminution chez les femmes. Ces résultats préliminaires laissent donc supposer une vulnérabilité différente des hommes et des femmes en cette période épidémique pour le suicide. L’échelle locale d’observation incite à la plus grande prudence mais invite à la confrontation avec les indicateurs nationaux de suicidalité sur cette période.

Poster https://media.encephale.com/posters/ENCEPHALE-2021/p-015-incidence-de-pandemie-sur-tentatives-de-suicide.pdf

https://www.encephale.com/Congres/Congres-de-l-Encephale-2021/Meilleurs-posters-2021 

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Tentatives de suicide en baisse, idées noires en hausse
Mathilde GARNIER  Le Progrès (Lyon)
Jura, mardi 9 février 2021 505 mots, p. Jura10

Les hôpitaux du Jura ont enregistré moins de patients diagnostiqués pour des tentatives de suicide en 2020, malgré la crise sanitaire. Les appels au dispositif VigilanS et SOS Amitié restent cependant soutenus.

Un bulletin de Santé publique dévoilé en février 2019 dressait un inquiétant bilan du nombre de suicides et tentatives de suicide enregistrés dans le Jura et au niveau régional, avec des taux supérieurs à la moyenne nationale. Une tendance à la baisse avait toutefois été observée entre 2015 et 2017, et pourrait se confirmer dans le département. S'il est trop tôt, répond l'Observatoire régional de la santé, pour avoir des informations concernant le nombre de suicides enregistrés en 2020, les hospitalisations pour des tentatives de suicide ont diminué ces trois dernières années dans plusieurs établissements du Jura et, en particulier, pendant l'année où le Covid-19 est entré dans nos vies.

-25 % de patients reçus aux urgences

Les hôpitaux de Dole, Lons-le-Saunier, Saint-Claude et Morez comptent 261 diagnostics liés à des comportements suicidaires, contre 349 en 2018, soit une baisse de 25 %. Le dispositif VigilanS, mis en place depuis 2016, a notamment fait ses preuves contre la récidive suicidaire. « Il se déploie maintenant sur l'ensemble de la Franche-Comté », note Nathalie Haberkorn, cadre de santé. « On n'a pas constaté d'impact particulier sur notre travail en 2020, répond Elisabeth Cambazard, infirmière. Comme au niveau national, il y a eu moins d'appels au premier confinement et on est revenu à la normale aujourd'hui. »

Plus de pensées suicidaires

« Le confinement a aussi quelque chose de rassurant pour certaines personnes, habituellement angoissées », pointe Danielle Sire, médecin coordinatrice du dispositif VigilanS, dont les locaux sont basés à Dole. Une enquête de la Fondation Jean-Jaurès, publiée en novembre 2020, a en effet révélé une augmentation des idées suicidaires au premier déconfinement.

Selon cette étude, 17 % des Français interrogés ont envisagé de se suicider durant cette période, contre 11 % pendant le confinement où « nous étions tous égaux face à la menace qui n'était pas relative à notre personne », note le rapport. Le décès d'un proche, la difficulté de se faire soigner ou de poursuivre des soins, les tensions et violences conjugales, ou encore l'arrêt de son activité économique, peuvent expliquer l'aggravation des pensées suicidaires au déconfinement.

« On a une hausse des personnes avec des idées suicidaires de +39 % en 2020 par rapport à 2019, confirme Bernard Ruelle, responsable de l'antenne bisontine de SOS Amitié. Ce sont les situations de santé psychique qui sont passées en tête. »

Psychiatre et formateur régional pour la prévention au suicide, Pierre Vandel observe, quant à lui, « plus de passages à l'acte violents », avec « une explosion très nette » de son activité au CHRU de Besançon depuis septembre. « Dans le Jura, on a eu une expérience assez unique avec VigilanS. Cela contribue à montrer qu'il y a des équipes et des relais possibles, positive le professionnel. Ce qu'il faut, avant tout, c'est en parler. »

Illustration(s) :
SOS Amitié constate une augmentation des appels et pensées suicidaires en 2020.
https://www.leprogres.fr/sante/2021/02/09/tentatives-de-suicide-en-baisse-idees-noires-en-hausse

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Se mobiliser pour prévenir le suicide des jeunes
Présentée par Melchior Gormand UA-161199
mercredi 10 février https://rcf.fr/*
Durée émission : 55 min

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"J’y suis allé avant de faire une bêtise" : quand les urgences psy recueillent les âmes cabossées par la Covid
lundi 8 février 2021 par Cécilia Arbona
Si l'on s'est occupé, depuis un an, de soigner les malades du coronavirus, certains ont vécu, avec cette pandémie et ses conséquences, un choc bien moins visible et qui inquiète sérieusement les psychiatres.
De nombreux psychiatres décrivent une situation préoccupante dans les urgences psy. Image d'illustration. © AFP / Loic Venance

Combien sont-ils, comme ce patron de bar restaurant de 35 ans, en couple, avec un enfant, hospitalisé en psychiatrie à sa demande ? Combien sont ces Français qui ont traversé la crise sanitaire et qui finalement se sont effondrés, broyés par les conséquences de la pandémie ? Des entrées en dépression de plus en plus nombreuses, des séjours à l'hôpital également. Des gens ordinaires sans antécédent, des jeunes aussi, basculent, s'alarment les psychiatres. Les deux confinements, le chômage partiel, l’absence de loisirs, de sport, de sorties, de voyages : ces habitudes de la vie d’avant disparues ont une incidence inquiétante et même parfois dramatique.
"Je croyais être quelqu’un de fort"

Nous avons cherché à comprendre comment un trentenaire sportif, jovial, cabotin et fêtard avait pris la décision de se rendre aux urgences psychiatriques du CHU de Besançon, dans le Doubs. Cet homme qui tente de sourire derrière son masque chirurgical a fait sa valise à la hâte un jour où il a senti que les idées noires qui l’assaillaient depuis des mois ne le quittaient plus du tout.

"J’ai laissé ma chérie et son petit garçon, je n’y arrivais plus. Pourtant je croyais être quelqu’un de fort. Mais un jour ça te tombe dessus et tu ne comprends pas ce qui t’arrive, tu te demandes s’il n’y a pas un truc qui a pété dans ta tête, tu es en panique et il n’y a personne pour te parler. J’ai appelé six ou sept psy, mais personne ne te prend, ils sont tous débordés”, raconte-t-il. Il est donc venu demander de l’aide aux urgences psychiatriques, avant, confie t-il, “de faire une bêtise”.

“La première nuit ici c’est marquant. T’entends les gens dans les chambres voisines qui crient, qui hurlent ‘Tuez-moi, je veux mourir’. Ou alors tu comprends qu’ils s’en prennent aux soignants, ils mordent ou griffent des infirmiers. Ça fait peur et toi, t’es déjà pas bien, alors…” Il raconte qu'on lui a pris ses effets personnels, mis dans un placard sous clef :

Pas le droit au chargeur de téléphone, ils ont peur que tu te pendes avec. Parce que quand t’es très mal, tu oublies que t’as une femme, tu oublies que t’as des enfants, tu veux juste arrêter, tout arrêter.

Carrure robuste, pull en laine kaki, jean, il fixe ses pieds, gêné. En guise de chaussons, pour son séjour ici, il porte des sandales Birkenstock et des chaussettes. “Je n’avais pas imaginé qu’ils me garderaient si longtemps. Ce matin, on m’a dit que j’en aurai pour quatre semaines, peut-être même six semaines ! J’aurais préféré me casser la jambe ou les ligaments croisés… Au moins, tu sais pour combien tu en as après un accident. Là, ce n’est pas pareil. En plus, je suis quelqu’un de fier. Je n’ai pas dit à mon frère ni à mon associé du restaurant que j’étais ici, on a un sentiment de honte d'être là”, raconte-t-il, expliquant encore que, depuis la fermeture de son établissement qui servait 100 couverts par jour, il s’est senti glisser.

La perte de repères, l’inactivité, mais surtout la peur du lendemain, l’incertitude de l’avenir, sans perspective, sans projet et surtout la casse sociale qu’il redoute. Inévitable selon lui. “J’avais six employés. Quatre sont au chômage partiel, mais quand le gouvernement va stopper les aides, on va être obligé de licencier. Il ne faut pas se leurrer. Et tous ces salariés qui n’auront plus de boulot, il faudra les soutenir. Il va y avoir de plus en plus de gens qui vont aller mal…”

On a soigné les corps mais oublié les esprits

Même si nous ne disposons pas de données précises et chiffrées, le phénomène est général, national. Pas encore d’études, mais déjà des alertes se multiplient chez les psychiatres. En urgence, on a soigné les corps attaqués par la Covid-19, on a sans doute négligé les esprits.

Si le décompte des morts, des malades en réanimation, des contaminations, peut être d’une précision chirurgicale, si nous disposons de statistiques sur ces victimes directes de la pandémie, avons-nous conscience des dommages de cette crise sanitaire, sociale, économique sur les âmes ; des stratégies, des échappatoires et des pansements que les uns et les autres mettent en place entre les murs de nos foyers, à l’abri des regards ?

En 2019, 12 millions de Français étaient déjà touchés par une maladie psychiatrique sévère (troubles anxieux, dépressions, suicides, schizophrénies). La sidération de mars 2020 a laissé la place, au fil des mois, à l’angoisse, l’insomnie, la colère, l’addiction, la dépression. 2021 sera-t-elle l’année d’un variant du “burn-out” ? “Les personnes que nous accueillons arrivent ici parce qu’elles n’ont pas trouvé de psychiatre disponible. Souvent, les prises de rendez-vous sont impossibles, avec des délais excessivement longs. Plusieurs semaines, plusieurs mois même !”, précise Aurore Develle, psychiatre au CHU de Besançon.

Elle décrit une situation préoccupante aux urgences psychiatriques : “Il y a les patients qui présentaient des troubles ou des pathologies et qui ont été déstabilisés par la crise. Mais il y a aussi des personnes qui n’avaient jamais consulté de psychiatres auparavant qui sont bouleversés, soit dans leur travail, soit dans leur milieu familial. Ils viennent de tous milieux sociaux.”
Impact psychologique “bien réel” de la crise

Et la psychiatre de citer les exemples les plus significatifs : les gens de l’hôtellerie-restauration, les étudiants, aussi, qui ne parviennent pas à obtenir de l’aide, même dans les structures dédiées dans les universités. Il y a embouteillage dans les centres médico-psychologiques, tant la demande est importante.

“Ils sont débordés dans les facultés. Nous sommes dans une ville universitaire et souvent les jeunes sont loin de leur famille et le vivent mal. Parfois c’est un camarade ou un colocataire qui vient les accompagner aux urgences psy. Le motif principal de l’hospitalisation en urgence est la crise suicidaire. Ils en viennent à imaginer des stratégies, des scénarios pour mettre fin à leurs jours”, constate Aurore Develle.

“La santé mentale des français s’est détériorée”, confirme Emmanuel Haffen, professeur de psychiatrie au service de psychiatrie de l'adulte du CHU de Besançon, directeur du département Neurosciences à l'université de Franche-Comté :

Nous constatons des difficultés face à l’absence de lien social, les gens nous parlent de leur isolement, de leur ennui, de leur lassitude, de leur incapacité à se projeter dans l’avenir puisque nous sommes face à de nombreuses inconnues.

L’impact psychologique de cette crise sanitaire, sociale et économique “est bien réel”, estime-t-il, “même s’il est trop tôt pour le mesurer aujourd’hui”. “Ce qui est certain, c’est que nous constatons, depuis septembre ou octobre dernier, une augmentation des cas de personnes en ébriété, pour des situations qui combinent à la fois des états de stress, d’anxiété et une consommation excessive d’alcool. Ce que nous avons aussi observé depuis la fin 2020 c’est une baisse de l’âge moyen des patients admis après un geste suicidaire avec des populations globalement plus jeunes par rapport à ce que l’on pouvait observer habituellement, autour d’une vingtaine d’années. Des hospitalisations en cascade, notamment dans notre unité post urgences psychiatriques d’adultes jeunes suite à une tentative de suicide, avec une moyenne d’âge relativement basse : 20 ou 21 ans.”

Dans la chambre silencieuse et spartiate d’un pavillon de l’hôpital Saint-Jacques au centre-ville de Besançon où il a été transféré pour se reposer et se remettre sur pied, notre patron de bar à qui l’on demande ce que l’on peut lui souhaiter avant de le quitter, prend une longue inspiration et lâche comme une supplique : “J’espère redevenir la personne que j’étais avant, pleine d’énergie, qui parle à tout le monde, qui fait un peu le boute-en-train et qui a envie de croquer la vie.”

L'équipe
Cécilia Arbona
https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-08-fevrier-2021


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De l’importance du traitement médiatique du suicide en période de crise
Nathalie Pauwels
Chargée de déploiement du programme Papageno
papageno@f2rsmpsy.fr

Dans L'information psychiatrique 2021/1 (Volume 97), pages 9 à 10

Il nous a semblé important de vous relayer quelques informations utiles en cette période de crise sanitaire. Pourquoi ? Parce que les médias s’alarment en ce moment de l’impact psychique du confinement, de la crise et de l’augmentation des suicides. La probabilité que vous soyez contactés en tant qu’acteur de la prévention du suicide est donc forte.
Vous savez que nous incitons toujours à ce que les experts de la prévention du suicide répondent et accompagnent les journalistes mais jamais sans préparation au préalable.
Ce mail se veut donc un récapitulatif de quelques conseils en vue d’impulser une réponse appropriée face aux angoisses de certains journalistes (révélatrice des angoisses en population générale).
Ces recommandations sont issues de l’association internationale de prévention du suicide avec laquelle notre programme travaille et qui est particulièrement mobilisée en ce moment.
Si vous êtes contacté.e par un journaliste, n’oubliez pas de :
Vous concentrer sur les risques psychologiques potentiels de Covid-19 pour la santé mentale, reconnaître qu’il est important de soutenir la santé mentale des gens en ce moment de façon générale.
Profitez de cette occasion pour encourager les gens à se rapprocher les uns des autres en utilisant le téléphone ou les réseaux sociaux, à participer à des activités qui les aident à gérer leur santé mentale et à donner de l’espoir.
Évitez de faire directement référence au suicide ou une corrélation entre pandémie et suicide … https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2021-1-page-9.htm

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Replay Comment aborder un tel sujet avec un proche qui va mal, et envisage le suicide.

Replay du vendredi 5 février 2021
25èmes Journées nationale pour la prévention du suicide (JNPS)
 Le dossier du jour
Du lundi au vendredi à 9h05 France Bleu Cotentin

Les suicides chaque année en France tuent 3 fois plus que les accident de la route, soit environ 9000 personnes. France bleu Cotentin vous propose une émission autour du partage, de la bienveillance, de l'écoute et de la compréhension d'autrui. Nous pouvons tous agir, et aider un proche. Ecouter et savoir entendre le désespoir de quelqu'un peut l'aider à surmonter la crise qu'il traverse © Getty

25èmes Journées nationale pour la prévention du suicide (JNPS)

Plus que jamais nous allons évoquer ce sujet avec bienveillance et espoir et nous poser les bonnes questions, autour de la prévention et du partage. Vous allez comprendre grâce à cette émission comment aborder un tel sujet avec un proche qui va mal, et envisage le suicide.

Comment réagir face à ce désespoir?

Comment soutenir cette personne?

Comment prévenir un tel acte?

Aider quelqu'un qui va mal c'est s'aider soit même, c'est aider toute l'humanité.

Pour répondre à toutes nos questions notre expert est le docteur Vincent Lapierre, psychologue, directeur du CPS à Paris, le centre de prévention du suicide.

www.infosuicide.org 

https://www.francebleu.fr/emissions/le-dossier-du-jour/cotentin/le-dossier-du-jour-194



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Isolées, confinées, déprimées… Les personnes âgées ont-elles plus de risques de se suicider avec la crise sanitaire ?
05 février 2021
 
Avec la crise sanitaire, les idées suicidaires plus répandues ?
  À l’occasion de la Journée nationale de Prévention du suicide ce 5 février 2021, les Petits Frères des Pauvres rappellent la double peine que vivent les personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire entre isolement forcé et risque face au virus. L’Association souligne l’importance de briser la solitude pour éviter la multiplication des dépressions qui peuvent conduire à des crises suicidaires.

L’envie d’en finir. De tous temps, les personnes âgées de plus de 65 ans ont toujours été la population la plus à risque de décès par suicide. En 2016, 2 695 personnes âgées se sont donné la mort, ce qui correspond à 31 % du total des suicides (Inserm CédiDc 2016).
Mais depuis la crise sanitaire, il semble que ce phénomène d’idées suicidaires prenne de l’ampleur chez tous les Français, et plus particulièrement chez les plus âgés.
La dépression, fait le lit du suicide ?

Les Petits Frères des Pauvres le constatent tous les jours : pendant cette période, de nombreuses personnes âgées se sont retrouvées de plus en plus isolées et angoissées. La ligne d’écoute et de soutien téléphonique des Petits Frères des Pauvres, Solitud’écoute a d’ailleurs enregistré une augmentation de 15 000 appels sur l’année 2020 par rapport à 2019. « La ligne Solitud’écoute a connu un pic d’appels pendant les confinements avec des personnes âgées angoissées et dépressives. Nous avons constaté une hausse d’appels de personnes qui exprimaient des tendances suicidaires surtout en fin d’année », observe Mélanie Rossi, Cheffe de Projet Téléphonie Sociale pour notre Association.

Notre rapport sur l’isolement des personnes âgées et les effets du confinement publié en juin 2020 a aussi révélé que le confinement a généré un impact négatif sur la santé mentale pour 41 % des personnes âgées, or une bonne santé psychique et un soutien moral jouent un rôle essentiel vis-à-vis du risque suicidaire. En effet, les principaux facteurs de risques du passage à l’acte chez les personnes âgées sont le deuil, l’isolement et la dépression.

Plusieurs autres études attestent que le moral des Français est en berne… L’enquête CoviPrev de Santé publique France sur l’état psychologique de la population montre que 21 % des Français sont touchés par la dépression, c’est deux fois plus que l’année précédente. Nos aînés sont particulièrement impactés, d’après les observations de l’hôpital Charles Perrens à Bordeaux (33) qui a ouvert une ligne téléphonique depuis le confinement. Plus de 20 % des consultations ont été réalisées avec des retraités qui ressentent un fort isolement.

Les pensées suicidaires en hausse pendant le confinement

Si les chiffres officiels du nombre de suicides en 2020/2021 ne nous parviendront pas avant plusieurs mois voire années, ces quelques éléments annoncent d’ores-et-déjà de terribles nouvelles…

D’autant qu’une étude de la Fondation Jean Jaurès réalisée avec l’IFOP réalisée avant le deuxième confinement auprès de 2000 Français, dévoilait que parmi les 20 % à avoir envisagé le suicide au cours de leur vie, 18 % l’avait fait depuis mars 2020… Parmi les personnes ayant eu des pensées suicidaires au moins une fois dans leur vie, 11 % d’entre elles les avaient eues durant le premier confinement, 17 % depuis le déconfinement.
Un manque criant de liens sociaux et de perspectives d’avenir ?

Privés de liens sociaux, nos aînés tombent dans une profonde dépression.

Pour les personnes âgées, les différents confinements ont considérablement réduit les interactions sociales. Notre rapport de juin 2020 indiquait notamment que 720 000 personnes âgées n'avaient eu aucun contact avec leur famille durant le 1er confinement et 650 000 n’avaient trouvé personne à qui parler. Pour 32 % des Français de 60 ans et plus, la solitude était ressentie tous les jours ou souvent. Privés de liens sociaux et familiaux, nos aînés plongent dans une profonde dépression…

« Le confinement, c’est très triste. Je me sens seule. Personne ne vient me voir. Je tourne en rond dans ma chambre. Les journées sont interminables. », témoigne Claudette, 87 ans.

Des témoignages de solitude auxquels les bénévoles de ligne Solitud’écoute font face au quotidien : « "Je suis tellement seule", "je tourne en rond comme un animal en cage" … ce sont les témoignages que nous recevons sur la ligne Solitud’écoute. Et cette solitude extrême, ils finissent par ne plus la supporter », révèle Mélanie Rossi.

« Les conséquences de l’isolement, ce sont d’abord des troubles psychiques, et en particulier dépressifs. L’absence de lien social contribue beaucoup à la dépression chez le sujet âgé. La meilleure façon de lutter contre cette dépression, c’est le maintien d’un lien social de qualité. C’est un élément protecteur contre le risque de passage à l’acte suicidaire. La solution est humaine, elle n’est pas seulement médicamenteuse. La bonne pilule antidépressive, c’est le lien social ! », explique François Puisieux, gériatre au CHU de Lille.

Dans un monde en pleine crise sanitaire où les lendemains sont incertains, les personnes âgées peinent également à se projeter et questionnent leur place dans la société. « Très vite, depuis le début du confinement, nous avons eu des appels de panique avec des personnes qu’il est impossible de raisonner ou de rassurer. Ils ont des boules de panique et d’angoisse de l’avenir. "Je suis seul, je ne sais pas où on va, comment ça va se passer ?" Les appelants sont de plus en plus angoissés et ils se sentent encore plus exclus que les autres parce qu’ils sont âgés. La plupart sont dans le moment présent, avec peu de projection dans le futur », précise Héloïse, bénévole écoutante à Solitud’écoute.

Privés de liens sociaux, exclus de la société, sans projection d’avenir, nos aînés tombent dans une profonde dépression qui peut les conduire petit à petit au suicide. Si vous repérez un tel mal-être chez une personne âgée de votre entourage, voici 5 bons réflexes pour agir.

https://www.petitsfreresdespauvres.fr/informer/nos-actualites/isolees-confinees-deprimees-les-personnes-agees-ont-elles-plus-de-risques-de-se-suicider-avec-la-crise-sanitaire

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CANADA Prévention du suicide chez les ados : comment avoir une conversation sincère avec ses enfants

« École ou pas, ça ne changera rien. »

« Les problèmes des jeunes sont moins gros que ceux des adultes. »

En tant que chercheurs qui se préoccupent de la prévention du suicide chez les jeunes, nous entendons parfois des gens exprimer ce type de sentiments à propos des jeunes pendant la pandémie. Cependant, la socialisation est une partie importante de la jeunesse. Si la Covid-19 a affecté les adultes, il est possible qu’elle affecte encore plus les enfants et les adolescents.

Comment expliquer à un jeune enfant pourquoi il ne peut pas jouer avec ses amis ? Comment les enfants peuvent-ils apprendre à lire les expressions du visage lorsque les gens portent des masques ? Comment voir ses copains, son petit ami ou nouer de nouvelles relations avec la distanciation sociale et des cours principalement en ligne ? Pourtant, de telles expériences sont essentielles au développement des adolescents et des jeunes adultes.

Tous les jours, une information fiable sur la Covid-19.

Cette nouvelle anxiété s’ajoute désormais à la multitude de problèmes de santé mentale qui touchent déjà les jeunes. Bien que les experts soupçonnent une légère hausse du nombre de suicides depuis le début de la pandémie, les statistiques de 2020 ne sont pas encore accessibles.

Y a-t-il beaucoup de suicides chez les adolescents ?

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les adolescents. Chaque année au Canada, plus de 200 jeunes meurent par suicide.

Bien des parents se demandent ce qu’ils doivent savoir sur le suicide chez les jeunes et ce qu’ils peuvent faire pour le prévenir. Nous pensons que, avec une meilleure compréhension du suicide et grâce au fait que les adolescents passent plus de temps à la maison, c’est l’occasion pour les parents d’engager une conversation sincère et sans risques sur le suicide avec leurs enfants.

La ligne d’écoute en prévention du suicide : apprendre à écouter » avec Dylan Gunaratne, bénévole pour la ligne de crise.| TEDxCalStateLA. https://www.youtube.com/watch?v=HIewIZR0aNQ

Ce que les parents doivent savoir sur le suicide chez les adolescents

Chaque vie enlevée par suicide est une vie de trop. Lorsqu’une personne se suicide, ses proches sont gravement affligés et les membres de la communauté, tels que les élèves et les enseignants, sont également éprouvés.

Pour chaque suicide, il y a beaucoup plus d’adolescents qui pensent au suicide ou qui font une tentative de suicide. Selon notre étude, avant l’âge de 21 ans, environ 22 % des adolescents affirment y avoir pensé, 10 % l’avoir sérieusement envisagé et 7 % avoir fait une tentative de suicide. Si les risques de décès restent faibles, les idées suicidaires ou les tentatives sont courantes.

Il existe un écart important entre les sexes pour les décès par suicide : environ deux ou trois garçons pour une fille. Cependant, les filles font davantage de tentatives de suicide.

Pourquoi le taux de suicide est-il plus élevé chez les garçons ? Premièrement, les garçons utilisent souvent des moyens plus violents, ce qui rend l’intervention médicale difficile. Deuxièmement, les stéréotypes de genre (« les garçons sont forts ») peuvent encourager les jeunes hommes à dissimuler leurs pensées intimes et les dissuader de demander de l’aide. Mais l’écart se réduit. Le taux de suicide est en hausse chez les filles et les jeunes femmes au Canada.

Pourquoi les adolescents tentent-ils de s’ôter la vie ? Cette question troublante n’a pas de réponse claire.

Le suicide est un phénomène complexe, avec des interactions biologiques, psychologiques et sociales.

 
Le projet « It Gets Better » incite les gens du monde entier à partager des histoires pour rappeler à la prochaine génération de jeunes LGBTQ+ que l’espoir existe. 

Les pensées et comportements suicidaires sont étroitement liés à des troubles mentaux comme la dépression majeure, l’anxiété, les troubles du comportement, le déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et l’alcoolisme ou la toxicomanie.

Certains troubles de la personnalité, tels que la personnalité limite, peuvent aussi entraîner un risque accru de suicide.

Nous savons également que le taux de suicide est plus élevé chez les jeunes Autochtones et pour ceux qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, queer ou en questionnement (LGBTQ+).

« Tomorrow’s Hope, un dessin animé du gouvernement albertain sur la prévention du suicide chez les jeunes des Premières Nations. https://www.youtube.com/watch?v=4odBLXzNs70

De nombreux experts soulignent que l’utilisation accrue des médias sociaux et la cyberintimidation sont des facteurs qui alimentent la crise de santé mentale. Environ 15 % des adolescents déclarent avoir été victimes de cyberintimidation au moins une fois par an.

Avec la crise de la Covid-19 et la hausse du temps passé en ligne, les risques de temps d’écran excessif, de solitude et de cyberintimidation pourraient avoir augmenté, ce qui engendre des effets négatifs sur la santé sociale et mentale.

Ce que les parents peuvent faire pour prévenir le suicide

Les idées suicidaires sont souvent le signe d’une détresse psychologique. Par conséquent, elles doivent toujours être prises au sérieux.

Selon une étude américaine récente, 50 % des parents ignorent que leurs adolescents, surtout les plus jeunes, pensent au suicide.

C’est pourquoi il est important d’être présent et vigilant. Soyez particulièrement attentifs aux signaux d’alerte. N’attendez pas que les adolescents viennent vous voir. Engagez la conversation avec eux.

Remarquez tout signe de souffrance psychologique, d’automutilation non suicidaire, d’isolement social, d’augmentation de la consommation de drogues ou d’alcool ou de recherche de moyens pour mettre fin à ses jours sur Internet. Tout geste d’exploration du suicide ou tout signe de tentative de suicide doit être considéré comme un signal d’alarme.

Le vidéo du projet’It Gets Better’. https://www.youtube.com/watch?v=l1E1Bpgzbgk

Que faire

La Fondation américaine pour la prévention du suicide recommande aux parents soucieux de poser directement la question.

On peut dire : « Je suis inquiet parce que j’ai remarqué que ton comportement avait changé ces derniers temps. Certains adolescents qui traversent une période difficile peuvent avoir des idées noires ou même des pensées suicidaires, est-ce que c’est ton cas ? »

En posant une question sur le suicide, vous montrez votre préoccupation. Cela n’augmentera pas les pensées suicidaires et ne mettra pas des idées dans la tête de votre enfant.

La meilleure réponse parentale consiste à valider les émotions de votre adolescent. Valider ne signifie pas être d’accord, mais reconnaître et accepter véritablement les sentiments, les pensées et les comportements.

Cependant, un adolescent peut ne pas avoir envie de partager ou d’exprimer sa solitude. Lorsque la communication est difficile, dites à votre adolescent que vous êtes disponible et assurez-vous qu’il a quelqu’un à qui se confier.

La validation peut être difficile. On encourage les parents à chercher un soutien de professionnels pour eux-mêmes et à consulter des livres qui aident à pratiquer la validation.

Ne pas tarder à demander de l’aide

La plupart des adolescents qui passent de l’idéation à la tentative de suicide le font au cours de la première année. Demandez de l’aide dès le début.

Environ la moitié des adolescents qui ont essayé de se suicider feront une nouvelle tentative au cours de leur adolescence.

Pour certains, le risque subsiste à l’âge adulte. Le risque de mourir par suicide est plus élevé pour ceux qui ont fait plusieurs tentatives. Restreindre l’accès aux moyens, en plaçant par exemple les médicaments dans un endroit fermé à clé, est une bonne stratégie de prévention.

Il est important de savoir qu’un soutien social adéquat et des soins de santé mentale professionnels peuvent changer la perception de la vie. Si le suicide peut apparaître comme une solution pour un adolescent en souffrance, ce ne l’est jamais. La guérison est toujours possible. Il faut rappeler aux adolescents qui ont des idées suicidaires qu’il n’est jamais trop tard pour bâtir une vie qui vaut la peine d’être vécue.

Si les premières interventions doivent être axées sur la sécurité, le traitement à long terme doit viser à créer des facteurs de protection, tels que l’acceptation de soi, les relations de soutien et l’engagement envers des objectifs de vie positifs. En cette époque où on met l’accent sur le rétablissement, les récits de personnes qui ont survécu à l’idéation ou à des tentatives de suicide et qui sont passées de la survie à l’épanouissement peuvent être une source importante d’espoir.

« Du suicide à l’espoir, comment j’ai appris à me battre », entretien TEDxAuckland avec Jazz Thornton. https://www.youtube.com/watch?v=h2au58zB_kk

Ressources pour les parents et les adolescents

Évaluer le risque suicidaire est complexe, même pour un professionnel de la santé mentale avec beaucoup d’expérience. Il n’existe pas de test sanguin ou d’examen cérébral qui puisse prédire avec précision qui fera une tentative ou qui mourra par suicide.

Selon l’ampleur du besoin, nous recommandons que les parents inquiets appellent une ligne d’assistance, contactent le thérapeute de leur enfant ou emmènent celui-ci au service des urgences de l’hôpital. Une visite aux urgences peut être appropriée lorsque le risque est élevé ou imminent.

Les services de santé mentale sont disponibles dans le secteur privé ou dans des institutions publiques telles que les écoles et les cliniques médicales. Des traitements comme la thérapie comportementale dialectique, ou la thérapie cognitivo-comportementale lorsque les parents s’impliquent, se sont avérés efficaces pour réduire le risque de suicide chez des adolescents vulnérables.

Même si l’on ne s’attend pas à ce que vous sachiez exactement quoi faire ou dire si votre adolescent a des pensées suicidaires, vous pouvez néanmoins lui être d’un soutien précieux.

 

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CANADA


Avec la pandémie, les idées suicidaires sont en hausse chez les 65 ans et +
Stéphanie Marin, La Presse Canadienne
4 février 2021 https://lactualite.com*

MONTRÉAL — On en parle peut-être moins, mais le suicide existe chez les 65 ans et plus. Et avec les bouleversements causés par la pandémie de COVID-19, leurs idées suicidaires ont augmenté, prévient un psychiatre de la Santé publique, qui appelle à la vigilance de leurs proches.

Ça reste souvent caché, dit le Dr Robert Perreault, un médecin psychiatre et expert en médecine préventive à la Direction de la santé publique de Montréal.

Mais «parce qu’il faut en parler», il a saisi l’occasion de cette semaine consacrée à la prévention du suicide.

S’il y a moins de Québécois de plus de 65 ans qui s’enlèvent la vie que ceux du groupe de 45 à 64 ans – qui affiche le plus haut taux – ils y parviennent tristement plus souvent. Selon les données des bureaux du coroner, six suicides sur dix sont des personnes âgées de plus de 65 ans, rapporte le médecin.

Le taux d’idées suicidaires «sérieuses» est passé de 1 % à 4 % chez les Québécois de 65 ans et plus, un chiffre «significatif» selon le Dr Perreault qui compare ainsi les taux mesurés en septembre à ceux de novembre.

Le taux est 5,8 % dans la population en général et de près de 8 % lorsque l’on se concentre sur la Ville de Montréal.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, les gens âgés sont beaucoup plus isolés, rapporte-t-il. Ils ont nettement moins de contacts humains, certains ont été confinés dans leurs chambres de CHSLD durant de longs mois, leur santé physique s’est détériorée, ils se savent plus à risque de mourir de la COVID-19, et alors que les plus jeunes réussissent à garder un semblant de vie sociale avec l’internet, les plus âgés ne maîtrisent pas tous les nouvelles technologies.

La pandémie et le confinement, «ça leur a enlevé des protections».

Ceux qui sont encore à la maison auraient été touchés plus durement que ceux qui habitent en résidences pour aînés, où le personnel a un œil sur eux. Il n’y a pas d’étude sur le sujet, dit-il, mais c’est ce que rapportent les intervenants sociaux sur le terrain.

Et puis, des aînés qui craignent d’être perçus comme un fardeau par leur famille peuvent hésiter à parler de dépression ou d’idées suicidaires, pour ne pas leur faire peur et les éloigner davantage.

En cette semaine de la prévention du suicide, Dr Perreault souhaite que les proches des aînés esseulés ne les oublient pas, et intensifient les contacts avec eux pour briser l’isolement, qui peut être source de détresse. Cela leur permettra peut-être aussi de percevoir les signes d’un état dépressif.

Car ils ne sont pas forcément faciles à reconnaître, avertit-il.

Chez les gens plus âgés, la dépression ne montre pas les mêmes signes que chez les plus jeunes, comme la grande tristesse et la perte d’envie de faire quoi que ce soit. Elle se manifeste plutôt par des douleurs étranges, un sommeil difficile, plus de confusion ou d’irritabilité, des signes qui s’apparentent parfois à la sénilité, explique le docteur Perreault.

«On ne pense pas forcément à un état dépressif et donc on ne pense pas toujours à le traiter. Et c’est là qu’il peut progresser».

Comme dans tous les groupes d’âge, la dépression et la maladie mentale en général font partie des facteurs prédisposant au suicide, indique l’Association Québécoise en prévention du suicide dans un guide mis en ligne.

Les proches doivent donc être vigilants, conclut le Dr Perreault.
Besoin d’aide pour vous ou un proche?
– Ligne téléphonique de prévention du suicide: 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)
– Ligne Info-Social du gouvernement du Québec (811)
– Site d’aide et de prévention (suicide.ca)
– Centre de prévention du suicide du Québec (cpsquebec.ca)
– Association québécoise de prévention du suicide (aqps.info)

https://lactualite.com/actualites/avec-la-pandemie-les-idees-suicidaires-sont-en-hausse-chez-les-65-ans-et/


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Voir 1er post sur le thème https://blogdinfosuicide.blogspot.com/2020/04/post-special-coronavirus-covid-19.html

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