vendredi 26 juin 2020

ETUDE RECHERCHE Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations

Communication
Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations
Psychiatric inpatient suicides: Analysis of a series of eight cases at Sainte-Anne hospital in Paris and recommendations

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 23 June 2020
In Press, Corrected Proof


Résumé
Le taux de suicide à l’hôpital psychiatrique est élevé. L’amélioration du repérage des patients à risque suicidaire et de la prévention du passage à l’acte durant l’hospitalisation est nécessaire. Dans le cadre d’un groupe de travail d’évaluation des pratiques professionnelles sur le risque suicidaire à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, nous avons étudié huit cas de suicide de patients hospitalisés entre 2009 et 2018. Cette étude qualitative a porté sur les retours d’expériences (REX) des équipes multidisciplinaires de soins et la lecture des dossiers médicaux. L’analyse montre que tous les patients de notre étude présentaient des antécédents personnels de tentatives de suicide (notamment avec un moyen violent), dont la moitié d’entre eux durant un séjour hospitalier antérieur. La majorité des décès par suicides sont intervenus lors d’un week-end ou d’un jour férié et à l’intérieur même des unités d’hospitalisation. Le moyen de suicide le plus fréquemment retrouvé était la pendaison. Au regard des résultats de notre série de cas et des données de la littérature, l’histoire suicidaire personnelle est le facteur de risque de passage à l’acte en milieu hospitalier le plus fréquent. Toutefois, la prédictibilité du suicide reste faible en pratique clinique et tous les patients hospitalisés en psychiatrie devraient être considérés à haut risque de suicide durant l’hospitalisation et à la sortie. En amont, la prévention du suicide à l’hôpital repose avant tout sur la sécurisation du milieu hospitalier (inventaire à l’entrée, mobilier anti-suicide, blocage de l’accès aux hauteurs et de l’ouverture des fenêtres, etc.). La formation spécifique et répétée des équipes soignantes au risque suicidaire, la couverture de la permanence des soins, la mise en place de procédures d’évaluation et de surveillance, ainsi que la transmission et la traçabilité systématiques de ce risque sont également des actions organisationnelles de prévention des actes suicidaires à l’hôpital. Au niveau individuel, la qualité du contact avec le patient, le travail avec l’entourage et le traitement actif de la maladie mentale et de ses comorbidités sont essentiels. Après une tentative de suicide ou un suicide survenu à l’hôpital, le partage systématique d’expérience devrait être institué afin d’améliorer les pratiques. La mise en œuvre de mesures de postvention pour le soutien aux autres patients et aux soignants de l’unité, ainsi qu’à l’entourage, devrait compléter le dispositif.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S000344872030189X

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