mardi 17 janvier 2012

FORMATION DES PROFESSIONNELS

Actualité Villeneuve
« Apprendre » à parler du suicide au centre social de Mons-en-Baroeul
mardi 17.01.2012, 05:36 - La Voix du Nord
Laurent Defromont indique qu'on dénombre, en France, une tentative de suicide toutes les quatre minutes.

On dénombre 10 500 décès par suicide chaque année en France. C'est la première cause de mortalité des 24-34 ans. Les plus de 60 ans sont également très concernés. Le secteur 59G21 (1) de santé mentale, à l'initiative du professeur Defromont, lance un atelier sur ce douloureux sujet au centre social de Mons-en-Baroeul (2).

PAR JEAN-MARIE GUICHARD

La première rencontre, organisée dans le cadre des « ateliers mieux-être », n'a attiré jeudi soir que deux personnes mais les intervenants ont bon espoir pour la suite. Laurent Reynaert, qui a longtemps travaillé sur la prévention du risque suicidaire à l'EPSM (3), a écouté avec attention les questions des deux participantes, tout comme Guy Lepan, président de l'association Vivre son deuil. « Nous ne donnons pas une conférence, nous proposons simplement quelques clés pour essayer de vous aider... » Guy Leman ajoute : « Il faut surtout savoir écouter. Plus que de conseils, les endeuillés qui nous rejoignent à l'association ont besoin de s'exprimer, de trouver une oreille attentive pour faire leur deuil ».

Notamment, explique-t-il, dans les cas de suicide où les proches s'interrogent inévitablement : pourquoi n'ai-je rien vu ? Aurais-je pu l'empêcher de passer à l'acte ?

La discussion, jeudi, a porté essentiellement sur le suicide des personnes âgées puisque Stéphanie, aide-soignante, et Marie-Aude, psychomotricienne, travaillent dans un béguinage d'Hellemmes. « Que répondre à une personne très âgée qui me dit qu'elle veut en finir, qu'elle n'a plus rien à espérer de la vie ? », s'interroge Stéphanie.

Difficile de proposer effectivement un projet de vie à des personnes de 90 ans. Et pourtant, il existe de petites choses, une façon de réagir, d'accompagner ces personnes au quotidien afin de prévenir tout geste désespéré. Laurent explique : « Déjà faire attention à ce qu'elles disent. Dans la plupart des cas, les suicidaires évoquent leur idée avant, très clairement. Autre élément important, les antécédents familiaux et puis les repères chronologiques. Souvent, c'est un jour précis qui est choisi pour passer à l'acte, l'anniversaire du décès de son conjoint par exemple... » Il n'est pas rare que les personnes ne « réussissent » leur suicide qu'à la suite de tentatives (deux en sept semaines dans la résidence où travaillent Stéphanie et Marie-Aude), comme des appels au secours qui n'auraient pas été entendus... En « surveillant » d'un peu plus près les personnes à risque, le personnel soignant peut essayer de contrecarrer leur idée en leur proposant des mini-projets : ce soir, on se paye une bonne pâtisserie, demain on va rencontrer un vieil ami ou faire telle ou telle promenade... Et puis surtout, prendre un peu de temps pour s'intéresser à leurs soucis, leurs angoisses. « Des choses très matérielles comme un changement de chambre pour des questions d'organisation dans l'établissement peuvent les perturber grandement », rappelle Laurent. Stéphanie est d'accord, regrettant justement que le contexte de rentabilité actuel, qui joue aussi dans l'accueil des personnes âgées, ne permette plus de remplir pleinement ce rôle. •

(1) Faches-Thumesnil, Hellemmes, Lesquin, Lezennes, Mons-en-Baroeul et Ronchin.

(2) Pour plus de renseignements sur l'organisation de cet atelier et sur les autres thèmes « mieux-être », appeler le 03 20 43 71 01.

(3) Établissement public de santé mentale.

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