jeudi 19 février 2015

RECHERCHE USA Exposition à la pollution et risques suicidaire


Air d'apres article "Plus de suicides après un pic de pollution"
Le 17 février 2015 par Romain Loury http://www.journaldelenvironnement.net/article/plus-de-suicides-apres-un-pic-de-pollution,55585


 
Suite à un pic de pollution, on observe une hausse de 20% des suicides dans la population, en particulier chez les hommes, révèle une étude américaine publiée dans l’American Journal of Epidemiology. S’il est pour l’instant difficile d’établir un lien de causalité, les explications biologiques ne manquent pas.
Encore peu connu, le phénomène a déjà été mis en évidence en 2010 en Corée du Sud, puis en 2011 à Taïwan. Or les pays asiatiques présentent une sociologie du suicide particulière: taux plus élevé, taux femmes/hommes plus élevé, plus de personnes âgées. Difficile d’étendre ces conclusions aux pays occidentaux, tant les causes de suicide, qu’elles soient sociales, environnementales ou génétiques, sont complexes.
C’est pourtant ce à quoi sont parvenus Amanda Bakian, psychiatre à l’université d’Utah à Salt Lake City, et ses collègues. Les chercheurs ont analysé 1.546 suicides survenus entre 2000 et 2010 dans cette ville de l’ouest des Etats-Unis, uniquement des tentatives «réussies», en fonction de la concentration atmosphérique de plusieurs polluants.
C’est avec le dioxyde d’azote (NO2) que le lien est le plus marqué: dans les 3 jours suivant un pic atmosphérique, le risque de suicide est accru de 20%. Quant aux particules de moins de 2,5 µm (PM2,5), les chercheurs observent une légère hausse, de 5%.
+35% au printemps
Particulièrement sensibles à cet effet de la pollution, les hommes et les personnes âgées de 36 à 65 ans voient leur risque s’accroître encore plus au printemps et à l’automne, jusqu’à 35% par rapport à une période sans pic de NO2. Le risque suicidaire est notoirement plus élevé lors des saisons de transition qu’en hiver ou en été, probablement pour des raisons météorologiques.
S’il n’est pas exclu que la pollution cache d’autres facteurs de risque, elle pourrait fort bien jouer un rôle physiologique direct. Parmi les hypothèses évoquées par les chercheurs, le NO2 et les particules fines pourraient, par leurs effets inflammatoires, exacerber une dépression préexistante. Ou encore entraîner une moindre oxygénation du cerveau, favorisant ainsi la production de sérotonine, neurotransmetteur lié au risque de suicide
«Si l’étude ne prouve pas que la pollution de l’air déclenche un passage à l’acte, elle suggère que ces polluants pourraient interagir avec d’autres facteurs dont on sait qu’ils accroissent le risque de suicide», concluent les chercheurs dans un communiqué de l’université de l’Utah. Prochaine étape pour l’équipe, mieux cerner les facteurs, sociologiques, démographiques et génétiques, associés au risque suicidaire après un pic de pollution.

références étude citée

Acute Air Pollution Exposure and Risk of Suicide Completion
manda V. Bakian*,Rebekah S. Huber, Hilary Coon, Douglas Gray, Phillip Wilson, William M. McMahon and Perry F. Renshaw  ↵*Correspondence to Dr. Amanda V. Bakian, Department of Psychiatry, School of Medicine, University of Utah, 650 Komas Drive, Suite 206, Salt Lake City, UT 84103 (e-mail: amanda.bakian@hsc.utah.edu).
Am. J. Epidemiol.Volume 181 Issue 4 February 15, 2015

Research into environmental factors associated with suicide has historically focused on meteorological variables. Recently, a heightened risk of suicide related to short-term exposure to airborne particulate matter was reported. Here, we examined the associations between short-term exposure to nitrogen dioxide, particulate matter, and sulfur dioxide and completed suicide in Salt Lake County, Utah (n = 1,546) from 2000 to 2010. We used a time-stratified case-crossover design to estimate adjusted odds ratios for the relationship between suicide and exposure to air pollutants on the day of the suicide and during the days preceding the suicide. We observed maximum heightened odds of suicide associated with interquartile-range increases in nitrogen dioxide during cumulative lag 3 (average of the 3 days preceding suicide; odds ratio (OR) = 1.20, 95% confidence interval (CI): 1.04, 1.39) and fine particulate matter (diameter ≤2.5 μm) on lag day 2 (day 2 before suicide; OR = 1.05, 95% CI: 1.01, 1.10). Following stratification by season, an increased suicide risk was associated with exposure to nitrogen dioxide during the spring/fall transition period (OR = 1.35, 95% CI: 1.09, 1.66) and fine particulate matter in the spring (OR = 1.28, 95% CI: 1.01, 1.61) during cumulative lag 3. Findings of positive associations between air pollution and suicide appear to be consistent across study locations with vastly different meteorological, geographical, and cultural characteristics.
http://aje.oxfordjournals.org/content/early/2015/02/10/aje.kwu341.abstract?sid=ae8e7d3d-6836-4739-96c6-264b3d9d1c7e

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