vendredi 12 avril 2019

Suicide chez les personnes âgées À l’image de la Franche-Comté, le Grand Est veut se doter d’un centre ressource psychiatrique, basé à Reims avec des antennes à Nancy et Brumath. 


 Un Centre pour le Grand Est : de l’accès aux soins à la formation professionnelle
Source L'Est Républicain 7 avril 2019

Le premier colloque Grand Est dédié à la psychiatrie de la personne âgée a été organisé « pour mettre en relief une discipline qui se développe et qui est très partenariale », explique Xavier Dousseau, directeur de l’Etablissement public de santé mentale (ESPM) de la Marne. Basée à Châlons-en-Champagne, la première équipe mobile pluridisciplinaire (prévention, diagnostic, soins ambulatoires…) y a été créée en 2006 par le docteur Anis Dammak. Elles sont au nombre de quatre actuellement. Ce type de dispositif a son équivalent à Nancy-Laxou et à Brumath au nord de Strasbourg. L’une des prochaines étapes est la constitution d’un Centre ressource régional de psychiatrie du sujet âgé pour le Grand Est, basé à Reims avec des antennes lorraine et alsacienne. Le premier Centre régional de ce type a été fondé en Ile-de-France en 2013. Il a ensuite essaimé en Franche-Comté. Il a plusieurs missions : améliorer la qualité des soins ainsi que leur accès, appuyer l’enseignement universitaire et les formations professionnelles, la recherche, fédérer les équipes mobiles…
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Suicide chez les personnes âgées : les signaux d’alerte

La dépression est la principale cause du passage à l’acte.
À l’image de la Franche-Comté, le Grand Est veut se doter d’un centre ressource psychiatrique, basé à Reims avec des antennes à Nancy et Brumath.

« Il n’est pas normal d’avoir des idées de suicide lorsqu’on est une personne âgée », lance le professeur Pierre Vandel, chef de service de la psychiatrie au CHU de Besançon. Or « la fréquence du suicide augmente avec l’âge et ce risque est sous-estimé ». Pourquoi ? Parce qu’« une perte peut être celle de trop », rappelle-t-il. Perte du conjoint, de l’animal familier, du domicile… Mais « le trouble le plus souvent constaté est la dépression », poursuit le docteur Vandel. La moitié des personnes décédées par suicide présente des syndromes dépressifs. Ce pourcentage grimpe jusqu’à 82 % chez les personnes âgées.
Le psychiatre bisontin était l’un des intervenants du premier colloque Grand Est organisé à Reims par l’Établissement public de la santé mentale (ESPM) Marne. Thème retenu : « La psychiatrie de la personne âgée : nouvelle discipline, nouvelles pratiques ». Créée en 2017, cette discipline est « paradoxalement très jeune alors qu’elle concerne les personnes âgées », a pointé le professeur Arthur Kaladjian, chef du Pôle universitaire de psychiatrie (ESPM). Avec un enjeu « majeur qui va aller croissant en raison du vieillissement de la population ».
Or l’institution ne protège guère – le suicide est fréquent en maison de retraite. Au-delà même, le repérage est compliqué. Plus de 65 % des suicides après 65 ans se produisent à domicile. Les idées de suicide ne sont pas toujours verbalisées. Ceci étant, les signaux d’alerte existent : modification de l’apparence physique, du comportement, désinvestissement, sentiment d’inutilité, perte d’appétit, expressions d’adieu aux proches, don d’objets importants aux petits enfants…
Brevet de secourisme psychique
« Une personne âgée dit plus facilement : J’ai mal que Je suis mal », relève le docteur Vandel. Repérer ces signaux est la première étape, la seconde consiste à écouter et orienter. « L’empathie et le dire sont une démarche qui a prouvé son efficacité ». Et c’est bien mieux que de juger. Bref, sont à éviter les « pensez à vos enfants ! » De l’entourage proche à l’environnement professionnel, c’est toute une arche qui doit se construire. 75 % des personnes âgées ont consulté un médecin généraliste dans le mois précédant le passage à l’acte. Autre champ d’action, la formation professionnelle. Il faudrait proposer « un brevet de secourisme psychique », conclut Pierre Vandel.

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