lundi 22 juin 2026

USA Essai clinique : Efficacité et innocuité d'une dose unique de psilocybine pour les idées suicidaires chroniques

Dépression sévère : comment la psilocybine pourrait libérer le cerveau des pensées suicidaires pendant trois mois

La psilocybine pourrait soulager des patients que plus aucun traitement n'aide. Des médecins en ont administré une seule dose à des personnes en proie à des idées suicidaires chroniques. Les effets observés sur plusieurs mois dépassent ce que les chercheurs espéraient.

Une seule dose de psilocybine ferait reculer les pensées suicidaires pendant des mois. Un premier essai clinique vient de la tester sur des patients qu'aucun traitement classique ne soulageait plus.

La psilocybine ferait reculer les pensées suicidaires les plus tenaces

Les idées suicidaires chroniques comptent parmi les symptômes les plus difficiles à traiter en psychiatrie. Elles persistent souvent malgré des années de médicaments et de thérapies. En effet, les antidépresseurs classiques agissent lentement, parfois en plusieurs semaines. D'autres traitements rapides existent, comme la kétamine, mais leurs effets s'estompent vite.

Un essai mené aux États-Unis a obtenu des résultats que ses auteurs n'attendaient pas. Une seule prise de psilocybine, encadrée par un accompagnement psychologique, aurait apaisé durablement ces idées noires. De plus, les améliorations seraient apparues dès la première semaine. Elles se seraient maintenues pendant trois mois.

Jusqu'ici, les médecins écartaient les patients suicidaires de ce type de recherche. Ils jugeaient le risque trop élevé pour les inclure dans un essai. Certains craignaient même que la molécule aggrave les pensées suicidaires. Or cette étude figure parmi les premières à les viser directement. C'est pourquoi ses résultats attirent autant l'attention des psychiatres.

Les chercheurs ont mesuré une chute rapide des idées suicidaires

Pour mener l'expérience, l'équipe a recruté 20 adultes en dépression sévère et résistante. Selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry, chacun a reçu 25 milligrammes de psilocybine de synthèse. Ainsi, la séance a duré près de huit heures, sous la surveillance de deux thérapeutes. Des séances de préparation et d'intégration ont entouré cette prise unique.

Les bénéfices sont apparus nets dès la troisième semaine. En moyenne, les patients ont perdu près de 14 points sur l'échelle des idées suicidaires. À ce stade, 75 % d'entre eux répondaient au traitement. De plus, près de la moitié ne présentaient plus aucune idée suicidaire. Les symptômes dépressifs ont suivi la même courbe descendante. Ces effets se seraient maintenus jusqu'à la douzième semaine.

 https://www.science-et-vie.com/cerveau-et-intelligence/depression-severe-comment-la-psilocybine-pourrait-liberer-le-cerveau-des-pensees-suicidaires-pendant-trois-mois-245325.html 

Etude :  The Journal of Clinical Psychiatry Original Research Early Career Psychiatrists May 13, 2026 Efficacy and Safety of a Single Dose of Psilocybin for Chronic Suicidal Ideation: An Open-Label Trial Andrew van der Vaart, MD, PhD; Jeffrey LaPratt, PsyD; Kimberly Swartz, BSN; Audrey Shoultz, BS; Margo Lauterbach, MD; Trisha Suppes, MD, PhD; Harold A. Sackeim, PhD;  Scott T. Aaronson, MD J Clin Psychiatry 2026;87(2):26m16338
https://www.psychiatrist.com/jcp/efficacy-safety-single-dose-psilocybin-chronic-suicidal-ideation-open-label-trial/

 

USA Une nouvelle étude montre une diminution des suicides suite à l'événement médiatique de Bon Jovi Papageno

Une nouvelle étude montre une diminution des suicides suite à l'événement médiatique de Bon Jovi Papageno 

D'apres article " New study shows decrease in suicides following Bon Jovi Papageno media event " https://research.sunnybrook.ca*

Une nouvelle étude co-écrite par Sunnybrook et publiée dans  le British Journal of Psychiatry Cette étude analyse les taux de suicide aux États-Unis après que les médias ont largement rapporté l'intervention du musicien Jon Bon Jovi pour empêcher une femme de se suicider dans le Tennessee en septembre 2024. Il s'agit de la première analyse rigoureuse de la couverture médiatique d'un acte de survie ayant sauvé des vies, suite à une histoire vraie largement médiatisée.  

L'étude a révélé une baisse significative des suicides dans le Tennessee après la diffusion du reportage, l'impact le plus marqué étant observé chez les hommes. Le fait que ces changements aient été constatés dans le Tennessee souligne l'impact potentiel des reportages locaux sur les personnes à risque. 

Les résultats de cette étude illustrent un phénomène connu sous le nom d'effet Papageno, selon lequel les récits de survie largement diffusés sont souvent suivis d'une diminution du nombre de suicides.  

« Cette étude fournit un exemple concret où le partage d'un témoignage poignant de survie et de prévention a eu un impact significatif sur le public et a contribué à prévenir des suicides », explique le Dr Mark Sinyor , auteur principal de l'étude et directeur du  Centre de recherche sur la prévention du suicide à Sunnybrook. « Nous savons que le suicide est évitable et nous devons continuer d'encourager les journalistes et autres créateurs de contenu à diffuser ces messages, car ils peuvent sauver des vies et le font réellement. » 

L'étude a effectué une analyse chronologique des décès mensuels par suicide de 2014 à 2024, avec une comparaison entre 19 États. 

Cette analyse approfondit les recherches du Dr Sinyor, qui visent à comprendre comment prévenir le suicide et ses conséquences (idées suicidaires, tentatives de suicide, automutilation) grâce à des stratégies populationnelles, notamment la diffusion de messages dans les médias et les programmes scolaires qui utilisent les médias populaires pour enseigner aux jeunes des stratégies d'adaptation. Ses travaux examinent souvent l'influence de la culture populaire, notamment des chansons et des films, sur les comportements suicidaires. 

L'an dernier, le Dr Sinyor a dirigé  une étude  comparant la qualité du traitement médiatique du suicide par les principales chaînes d'information en continu aux États-Unis. Les résultats ont montré que la plupart des reportages se concentraient sur les décès, avec un respect variable des recommandations en matière de responsabilité médiatique. L'étude a donc souligné la nécessité d'une meilleure sensibilisation et d'une sensibilisation accrue quant à la manière de traiter les sujets liés au suicide. 

« Notre analyse de l'événement médiatique concernant Jon Bon Jovi est fondamentalement porteuse d'espoir et s'appuie sur nos recherches et notre compréhension du fait que les récits de survie peuvent contribuer à sauver des vies », ajoute le Dr Sinyor. « Les reportages et les récits culturels que nous partageons peuvent avoir un impact majeur sur les taux de suicide, et les récits de survie constituent un outil puissant et sous-utilisé. »  

Apprenez-en davantage sur  les directives relatives à la couverture médiatique du suicide.

Source https://research.sunnybrook.ca/2026/06/new-study-shows-decrease-in-suicides-following-bon-jovi-papageno-media-event/ 

NOTICE ARTICLE Le passage à l’acte suicidaire comme moment mélancolique : de la haine de l’Autre à la haine de soi

Article Dans Une Revue  Cahiers de psychologie clinique Année : 2026 
Le passage à l’acte suicidaire comme moment mélancolique : de la haine de l’Autre à la haine de soi

Sylvie Lemonnier
RPPsy [Composante UCO] - Laboratoire Recherches en psychopathologie et psychanalyse [Composante UCO]
dans Cahiers de psychologie clinique , 2026, n° 66 (1), pp.125-138.

Résumé

Cet article explore le passage à l’acte suicidaire à travers le prisme de la mélancolie, à partir d’une recherche clinique qualitative menée auprès de sept personnes ayant survécu à une ou plusieurs tentative(s) de suicide. L’objectif de cette recherche était d’améliorer la compréhension du moment de bascule entre idéation suicidaire et tentative de suicide. Notre hypothèse centrale était que ce basculement survient dans un moment mélancolique marqué par un sentiment de perte symbolique et de culpabilité intolérable. Les témoignages révèlent des expériences où la haine de l’Autre se retourne en haine de soi. Le développement des idées suicidaires semble s’accompagner d’un processus de déshumanisation ou mort symbolique, caractérisé par des autodénigrements associés à des sentiments de décalage avec les autres. Le passage à l’acte suicidaire est analysé comme une tentative d’effacement du « corps-objet », lorsqu’un événement prend valeur pour le sujet d’une confirmation de son inadéquation avec le monde, dans une logique d’exclusion définitive du champ social. Enfin, l’article souligne l’importance de l’accueil clinique et symbolique de la souffrance, en particulier chez les sujets qui se perçoivent comme inaptes, marginalisés ou disqualifiés. 

Source https://hal.science/hal-05662666v1 

 

Autre article 

Article Dans Une Revue L'Information Psychiatrique Année : 2026

La dynamique psychique de l’acte suicidaire

Résumé
L’objectif de cette recherche est d’améliorer la compréhension de la logique psychique à l’œuvre au moment de bascule entre les idées suicidaires et la tentative de suicide. L’étude s’appuie sur les témoignages de sept personnes ayant survécu à une ou plusieurs tentatives de suicide, recueillis au cours d’entretiens cliniques de recherche. Lors du développement des idées suicidaires, l’analyse des données met en évidence, chez chacun des participants, un processus de mort symbolique associé à un sentiment de décalage par rapport à la communauté, marqué par des autodénigrements. Le moment de bascule survient lorsqu’un événement prend valeur d’une confirmation de cette inadéquation au monde. La mort symbolique s’achève alors par une exclusion radicale, entérinant l’impossibilité de se penser comme ayant une place parmi les autres hommes.

 

vendredi 19 juin 2026

Prévention du mal-être en agriculture : Olivier Damaisin présente les avancées et les perspectives de la feuille de route interministérielle

Prévention du mal-être en agriculture : Olivier Damaisin présente les avancées et les perspectives de la feuille de route interministérielle
6 juin 2026  https://agriculture.gouv.fr/*

Le 2 juin 2026, Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel du Plan de prévention du mal-être en agriculture, est intervenu au ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, aux côtés de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, dans le cadre de l'événement « Santé mentale, Grande cause nationale ».

Une feuille de route interministérielle ancrée dans la durée

Lancée le 23 novembre 2021 et reconduite en juillet 2025 par les ministres en charge de l'Agriculture, de la Santé, du Travail et des Solidarités, la feuille de route interministérielle repose sur une conviction fondatrice : la prévention du mal-être et du suicide en agriculture est avant tout la mise en œuvre décloisonnée de politiques économique agricole, de santé, de travail et de solidarité en faveur des agriculteurs, des agricultrices, des salariés agricoles et de leurs familles.

Elle s'articule autour de trois orientations stratégiques :

  • humaniser les relations entre les agriculteurs et les institutions en créant dans chaque département un comité dédié au mal-être agricole ;
  • aller vers ceux qui sont isolés grâce au déploiement d'un réseau national de sentinelles et aux dispositifs d'écoute dont Agri‘Écoute, ligne nationale anonyme et confidentielle disponible 24h/24 et 7j/7 ;
  • prévenir et accompagner par des politiques publiques décloisonnées, incluant un soutien spécifique aux familles endeuillées à la suite d'un suicide.

Des résultats concrets et mesurables

Quatre ans après son lancement, la feuille de route affiche des résultats tangibles. Le réseau des sentinelles agricoles, acteurs de terrain formés pour détecter les signaux de détresse au plus près du monde rural, compte désormais plus de 10 500 sentinelles déployées sur l'ensemble du territoire national, y compris dans les territoires ultramarins, au 1er janvier 2026. Animé par la Mutualité sociale agricole en lien avec les agences régionales de santé, ce réseau fédère élus, associations, agriculteurs, salariés agricoles et professionnels de santé. Plus de 70 organismes participent au comité national de pilotage.

Des priorités renforcées pour 2026

La mission renouvelée en juillet 2025 a renforcé trois axes prioritaires :

  • mieux documenter et évaluer le risque suicidaire en agriculture ;
  • intégrer pleinement les enjeux de santé mentale dans les politiques de prévention ;
  • consolider la coordination territoriale, notamment au travers des Maisons France Services.

Ces orientations se déclinent concrètement au travers de 7 chantiers opérationnels qui structurent l'action de la mission sur le terrain.

Dans son intervention, Olivier Damaisin a réaffirmé que cette mobilisation doit s'inscrire dans la durée et a structuré les priorités du Plan autour de trois axes :

  1. une meilleure connaissance de la santé mentale des agriculteurs ;
  2. un renforcement de la prévention des risques ;
  3. une amélioration de la prise en charge des personnes en souffrance.

La Communauté de communes Loir‑Lucé‑Bercé (72) lance un appel à bénévoles pour rejoindre son réseau de “sentinelles".

 Prévention du suicide, devenez sentinelles 🔹
06/05/2026
🔹 Prévention du suicide, devenez sentinelles 🔹
La Communauté de communes Loir‑Lucé‑Bercé lance un appel à bénévoles pour rejoindre son réseau de “sentinelles".
👥 Votre rôle ?
Être à l’écoute, repérer les situations de fragilité et orienter les personnes vers les professionnels adaptés.
🎓 Une formation est prévue dès octobre
Accessible à tous, elle vous donnera les clés pour agir avec justesse et bienveillance.
💬 Parce que chacun peut faire la différence, engagez-vous dans une démarche humaine et essentielle pour notre territoire.
📩 Intéressé(e) ? Contactez-nous pour en savoir plus et rejoindre le réseau.
Téléphone 06 30 08 21 58

jeudi 11 juin 2026

MANIFESTATION 16/06/26 TAUPONT (56) Ciné-débat : prévention du suicide

Ciné-débat : prévention du suicide

Rendez-vous le mardi 16 juin, 14h, à Taupont
à destination des élus, des professionnels et des bénévoles d’associations. Inscription : cliquez ici

mardi 9 juin 2026

RETOUR SUR MANIFESTATION 28/05/26 Bollene (84)

Bollène

Ce jeudi 28 mai, le point d’écoute Le Passage a organisé pour la première fois à Bollène une rencontre autour de la prévention du suicide chez les jeunes. L’événement, accueilli à La Manufacture, a réuni près de 60 professionnels de santé et de l’éducation venus échanger autour d’un sujet encore difficile à aborder.

Cette journée à Bollène s'est adressée aux professionnels susceptibles d’être confrontés à la détresse des adolescents : médecins, infirmiers, enseignants, travailleurs sociaux ou personnels éducatifs.

Les participants ont pu échanger autour des méthodes de repérage, des protocoles d’accompagnement et des attitudes à adopter face à un jeune en souffrance. "Aujourd’hui, nous avons choisi de venir à Bollène pour nous rapprocher aussi de ce territoire", souligne la directrice de l'association Le Passage, Isabelle Measson.

Les interventions ont été animées par Catherine Famin, psychologue clinicienne, aujourd’hui retraitée et formatrice, ainsi que par Yohan Delcourt, infirmier formateur en psychiatrie. Tous deux travaillent depuis de nombreuses années sur les questions liées au suicide et à la prévention.


Un sujet encore tabou

Pour les intervenants, le principal enjeu reste de lever les tabous : "Même quand on est professionnel, on a souvent du mal à demander à un jeune s’il a des idées suicidaires. Pourtant, parler du suicide ne donne pas envie de passer à l’acte. Au contraire, cela permet d’entendre la souffrance et de savoir quoi en faire", rappelle Isabelle Measson.

https://www.laprovence.com/article/region/14043352634716/crise-suicidaire-chez-les-jeunes-le-passage-organise-une-matinee-de-prevention-a-bollene 

ETUDE RECHERCHE EN COURS Etude de l'efficacité du programme francophone de psychoéducation PEPSUI dans la prévention des conduites suicidaires : essai contrôlé randomisé

Etude de l'efficacité du programme francophone de psychoéducation PEPSUI dans la prévention des conduites suicidaires : essai contrôlé randomisé

PEPSUI

 Promoteur  CHU Montpellier
 Investigateur coordonnateur  DUCASSE Deborah
Centre coordonnateur Centre Hospitalier Universitaire Montpellier
Population Patients
Statut de l’essai  Inclusions en cours

À propos

Le but de ce programme est d'enseigner aux patients les connaissances scientifiques actuelles sur les conduites suicidaires et les thérapeutiques disponibles, amenant ainsi les patients à devenir experts et acteurs de leur pathologie. Par ailleurs, ce programme enseigne des techniques psychologiques, issues de thérapies validées, pour mieux réguler ses émotions, gérer les moments de crise psychologique, améliorer la qualité de ses relations et créer une vie qui a du sens pour soi. Ce programme devrait contribuer à la réduction du risque suicidaire, ainsi qu'à l'amélioration du fonctionnement et de la qualité de vie des personnes en bénéficiant. L’objectif principal de l’étude est d’évaluer l’efficacité du programme de psychoéducation « PEPSUI » sur la récidive de tentative de suicide (2 ans après la fin de la thérapie), en complément du suivi psychiatrique habituel (consultations et traitement). Pour cela, deux groupes de sujets seront constitués par tirage au sort : - sujets participant au groupe de psychoéducation PEPSUI - sujets participant à un groupe de relaxation. Au total 500 personnes seront recrutées dans plusieurs centres participants en France et seront réparties, selon un tirage au sort, dans 2 groupes : - 250 personnes participeront au groupe de psychoéducation PEPSUI, en complément du suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement) - 250 personnes participeront au groupe de relaxation, en complément de leur suivi habituel (consultations médicales et prise d’un traitement). Nous souhaitons comparer ces deux groupes pour répondre aux objectifs de l'étude décrits précédemment. Au terme de l’étude, les participants du groupe relaxation se verront proposer de participer au groupe de psychoéducation PEPSUI s’ils le souhaitent La durée totale de votre participation à la recherche est de 28 mois au maximum.

Se porter volontaire pour l’essai
 

OFFRE D'EMPLOI Psychologue - ALINEA F/H, Begard (22)

Psychologue - ALINEA F/H

Publiée le 21/05/2026
 
  • Type de contrat : CDI
  • Temps de travail : Temps plein
  • Lieu Bégard
  • Salaire 2600 EUR (€) - 3000 EUR (€) / mois

Description de l'entreprise

La Fondation Bon Sauveur de Bégard :

* Un établissement privé à but non lucratif composé d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000 patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents, addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg) qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale, handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.

Description du poste

Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.

 Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.

 La mission générale du poste est l’évaluation et prise en charge psychologique des proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation, de soutien psychologique et de synthèse en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires : médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif en lien avec la direction générale, le service qualité et gestion des risques.

 Missions et activités principales :

  • Veille et soutien téléphoniques aux proches endeuillés en collaboration avec les forces de l’ordre
  • Evaluation psychologique
  • Accompagnement clinique individuel, conjugal, familial.
  • Animations de groupe de soutien et de parole.
  • Guidance pour les professionnels, établissements, entreprises sur les thématiques du deuil et de l’annonce de la mort par suicide.
  • Participation aux actions régionales sur la prévention du suicide,...

Ce poste s’exerce en collaboration avec le responsable du service (psychologue coordinateur), les psychologues et infirmiers référents de la cellule prévention suicide.

 Pourquoi nous rejoindre ?

  • Nous reprendrons votre ancienneté à 100% et appliquerons les mesures Segur
  • Mobilité au sein de la Fondation possible et accompagnée (mobilité géographique ou évolution …)
  • Accès aux œuvres sociales de la Fondation et du CSE (chèques vacances, billetterie cinéma et évènementiel, subventions cultures et sport etc.)
  • Restaurant d'entreprise
  • 29 jours de congés payés (en jours ouvrés) + environ 18 jours de repos compensateurs
  • Aides au logement via le dispositif Action logement
  • Démarche développement durable

Profil recherché

Diplôme de psychologue clinicien

DESS/Master 2 Pro en psychologie clinique et psychopathologique

Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention

Formation à l’intervention de crise est un plus

OFFRE D'EMPLOI Infirmier à ALINEA F/H, Bégard (22)

Infirmier à ALINEA F/H

Publiée le 21/05/2026 
  •  Type de contrat :  CDI
  •  Salaire 2400 EUR (€) - 2600 EUR (€) / mois
  •  Temps de travail :  Temps plein
  •  Lieu   Bégard

Description de l'entreprise

La Fondation Bon Sauveur de Bégard :

* Un établissement privé à but non lucratif composé d'un Centre Hospitalier spécialisé en santé mentale et de cinq structures sociales et médico-sociales.
* Un acteur majeur sur la région Bretagne dans le domaine de la santé mentale, avec près de 12.000 patients en file active et une équipe de 22 psychiatres et 9 médecins généralistes réunis autour de 4 pôles : adultes, enfants/adolescents, addictologie et social et médico-social.
* Un employeur de l'Economie Sociale et Solidaire (https://youtu.be/2c8yNsO76Qg) qui emploie plus de 950 salariés investis dans la prévention, la détection et la prise en soin des pathologies psychiatriques à tout âge de la vie.
* Des prises en soin des troubles en santé mentale, handicap moteur et psychique, addictologie, prévention de la crise suicidaire, éducation thérapeutique du patient, activités socio-thérapeutiques, réhabilitation psychosociale, TSA…
* Une implantation territoriale forte sur plus de 20 sites sur le département.

Description du poste

Le Pôle Prévention/Postvention du Suicide est un service de création et d’animation d’actions de prévention du suicide et de sa récidive, avec pour modalités premières de fonctionnement l’activation de compétences de veille, d’information et d’intervention auprès et par la population (citoyens, bénévoles, professionnels), dans une application de la politique de santé et de communication prédéfinie par l’établissement de soins.

Son activité suicide s’organise selon les trois axes principaux que sont la sensibilisation-information sur la prévention du suicide, l’amélioration de la prise en soin des usagers, et la postvention dont le dispositif Alinéa d’accompagnement des proches endeuillés par suicide.

Les missions du poste sont l’animation du dispositif de veille téléphonique et soutien aux proches accompagnés par Alinéa : enfants, adolescents, adultes, familles, couples. Travail d’évaluation  globale (psychologique, somatique et sociale) et participation à l’orientation, en lien étroit avec l’équipe pluridisciplinaire interne (médecin, psychologue coordinateur, infirmiers, secrétaire) et externe (différents partenaires: médecins extérieurs, forces de l’ordre, associations d’aide et d’écoute, etc). Contribution à l’activité institutionnelle du dispositif.

 Missions et activités principales :

  • Veille et soutien téléphoniques aux proches endeuillés en collaboration avec les forces de l’ordre.
  • Evaluation globale des usagers: biologique, social et psychologique
  • Co-animations de groupe de soutien et de parole.
  • Co-animations de soirées grand public ou pour public spécifique (Participation aux formations sur les thématiques du deuil et de l’annonce de la mort brutale).
  • Consultations familiales ponctuelles avec le psychologue clinicien
  • Collaboration avec les partenaires du dispositif.

 Pourquoi nous rejoindre ?

  • Pour notre engagement à faire de la santé mentale un bien collectif, porté par des valeurs de bienveillance, d’écoute, de proximité et d’innovation.
  • Nous reprendrons votre ancienneté à 100% et appliquerons les mesures Segur
  • Mobilité au sein de la Fondation possible et accompagnée (mobilité géographique ou évolution …)
  • Accès aux œuvres sociales de la Fondation et du CSE (chèques vacances, billetterie cinéma et évènementiel, subventions cultures et sport etc.)
  • Restaurant d'entreprise
  • 30 jours de congés payés (en jours ouvrés) + environ 18 jours de repos compensateurs
  • Aides au logement via le dispositif Action logement
  • Démarche développement durable

Profil recherché

Diplôme d’infirmier diplômé d’état

Connaissances pluridisciplinaire sur le suicide et sa prévention

Réf: c277b1c6-c061-4153-bcae-625fd5fcbb75

Postuler : https://recrutement.fondationbonsauveur.com/fr/offres/infirmier-a-alinea-c277b1 

vendredi 5 juin 2026

ETUDE RECHERCHE AUSTRALIE Pourquoi parle-t-on si peu du suicide ? Des chercheurs de l’ANU étudient des moyens d’encourager une confidence en toute sécurité.

Pourquoi parle-t-on si peu du suicide ? Des chercheurs de l’ANU étudient des moyens d’encourager une confidence en toute sécurité.
27 avril 2026 d’après article Why don’t we talk about suicide? ANU researchers are investigating ways to encourage safe disclosure https://reporter.anu.edu.au/*

Le suicide est la première cause de mortalité chez les Australiens âgés de 15 à 44 ans. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui ont des pensées suicidaires et qui n'osent pas en parler. Des chercheurs de l'ANU souhaitent comprendre ce phénomène.
Article rédigé par : Lukas Arns

Vous êtes assis dans la salle d'attente du médecin généraliste, en train de répéter ce que vous allez dire. Vous avez pris rendez-vous. Vous êtes arrivé. C'est le moment où vous allez enfin l'annoncer à quelqu'un.

Vous voilà donc installé sur le fauteuil, le médecin vous demande le motif de votre consultation, et, comme par magie, ce qui vous échappe, c'est : maux de tête. Insomnies. Vous repartez avec une ordonnance pour un médicament léger et un rendez-vous de suivi dans deux semaines, et ce que vous étiez venu dire reste enfoui au fond de vous, inexprimé.

Ce moment – ​​la quasi-révélation, les mots avalés à la dernière seconde – est ce qu’étudie le professeur Phil Batterham de l’Université nationale australienne (ANU).

« Nous en savons assez sur les raisons pour lesquelles les gens ont des pensées suicidaires, mais nous en savons très peu sur les raisons pour lesquelles certains d'entre eux passent à l'acte », explique-t-il.

Batterham étudie depuis des années pourquoi les personnes ayant des pensées suicidaires gardent si souvent le silence. Ses recherches suggèrent que les conseils en santé mentale qui incitent à « parler » sont souvent inefficaces. Face aux pensées suicidaires, explique Batterham, la question n'est pas seulement de savoir si l'on en parle, mais aussi comment, quand et à qui.

Le suicide est la principale cause de décès chez les Australiens âgés de 15 à 44 ans. Pourtant, les recherches de Batterham révèlent que 39 % des personnes ayant des pensées suicidaires n'en parlent à personne – ni à leur famille, ni à leurs amis, ni à leurs médecins.

Les raisons sont plus complexes – et plus rationnelles – qu'une simple stigmatisation. Le professeur Phil Batterham est codirecteur du Centre de recherche en santé mentale. Image : Jamie Kidston/ANU.

Au Centre de recherche sur la santé mentale de l'ANU, LifeTrack study, de Batterham , un projet de trois ans suivant 842 participants, étudie comment les personnes passent des pensées suicidaires aux tentatives de suicide et au rétablissement.

« Si une personne a des pensées suicidaires, cela ne signifie pas, dans la plupart des cas, qu'elle passera à l'acte », explique Batterham. « L'immense majorité, bien plus de 90 %, ne se suicidera pas. Si nous pouvons apporter un soutien précoce, nous pouvons changer le cours des choses... »

Les premiers résultats de l'étude LifeTrack suggèrent que les personnes qui se confient à des personnes de confiance sont plus susceptibles de recourir à des soins professionnels.

Alors pourquoi ce silence ? Les barrières sont multiples. Il y a la stigmatisation – les préjugés négatifs de la société qui s’intériorisent et se transforment en honte. Il y a la peur des conséquences : l’hospitalisation involontaire, la perte d’autonomie.

« Cette inquiétude n'est pas sans fondement », reconnaît Batterham. « Il existe des pratiques historiques qui ont réduit l'autonomie des personnes ayant des pensées suicidaires. »

Il y a aussi les mauvaises expériences passées. Nombreux sont ceux qui, ayant déjà révélé leur situation, ont été confrontés à du rejet ou à un malaise qui n'a fait qu'empirer les choses.

Il y a aussi l'autonomie, notamment chez certains hommes qui considèrent le fait de demander de l'aide comme un signe de faiblesse. Derrière tout cela se cache un calcul que la plupart des gens n'expriment jamais : en parler à quelqu'un améliorera-t-il ou empirera-t-il les choses ?

Ce calcul n'est pas de la paranoïa. Les recherches de Batterham ont montré que les réactions à la révélation d'un problème varient considérablement. Les psychologues et les conseillers sont perçus comme les plus utiles ; les parents et les professionnels hospitaliers comme les moins utiles. La différence tient souvent au jugement – ​​ou à son absence.

Par exemple, certains parents qui n'ont pas les ressources nécessaires pour gérer une telle révélation pourraient inciter une personne ayant des pensées suicidaires à demander de l'aide professionnelle – chose à laquelle cette personne n'est peut-être pas préparée.

« La divulgation peut aussi être une expérience négative », explique Batterham. « Une divulgation qui ne répond pas aux besoins de la personne peut être très dommageable et l'inciter à ne plus divulguer d'informations à l'avenir. »

Par conséquent, c'est la manière dont la divulgation est menée, plutôt que la divulgation en elle-même , qui infléchit la trajectoire. La divulgation peut constituer un espoir, mais elle n'est pas une finalité.

Alors, qu'est-ce qui aide ? Une écoute bienveillante et sans jugement. Être disponible sur la durée. Collaborer avec la personne plutôt que d'essayer de la réparer. Offrir son soutien sans le forcer, par exemple en demandant : « Puis-je vous accompagner chez le médecin ? » plutôt qu'en disant : « Vous devez aller à l'hôpital immédiatement. »

Batterham conseille, si vous soupçonnez quelqu'un de rencontrer des difficultés, de lui poser la question directement.

« Cela n’a pas d’effet négatif, les gens ne deviennent pas plus angoissés », dit-il. « S’ils ont des doutes, c’est souvent un soulagement de se faire interroger. »

Les chercheurs de l'ANU travaillent à l'élaboration de solutions systémiques. Des programmes de sensibilisation forment les parents et les enseignants à réagir de manière appropriée. Des programmes scolaires intègrent l'éducation à la santé mentale dès le plus jeune âge. Des « espaces sécurisants » non cliniques , animés par des pairs aidants ayant eux-mêmes connu des problèmes de santé mentale, offrent une alternative aux services d'urgence : des lieux où l'on peut simplement être présent sans chercher à résoudre le problème.

« Réfléchir à l’endroit où se trouvent les gens et aux voies d’intervention existantes, en particulier l’intervention précoce auprès des jeunes, est ce qui s’est avéré le plus prometteur jusqu’à présent », observe Batterham.

L'objectif n'est pas de supprimer tous les obstacles à la confidence, mais de comprendre lesquels sont les plus importants et de mettre en place des mécanismes de protection. La personne qui attend chez son médecin généraliste et qui prépare ses mots n'a pas seulement besoin d'un slogan pour l'inciter à parler. Elle a besoin d'une oreille attentive, au bon moment, prête à l'écouter.

Car lorsqu'il s'agit de confier des pensées suicidaires, la question n'est jamais seulement de savoir si l'on écoute. Il s'agit de savoir comment on réagit, comment on reste présent et comment on apporte son soutien.

Professeur Phil Batterham, Centre de recherche en santé mentale, Le professeur Phil Batterham est chercheur au Centre de recherche en santé mentale de l'ANU.

https://reporter.anu.edu.au/all-stories/why-dont-we-talk-about-suicide-anu-researchers-are-investigating-ways-to-encourage-safe-disclosure

jeudi 4 juin 2026

Santé mentale des enfants et des adolescents : Santé publique France publie de nouveaux travaux

Santé mentale des enfants et des adolescents : Santé publique France publie de nouveaux travaux

Au cours de ces dernières années, en France comme à l’international, de nombreuses études ont mis en évidence une dégradation de l’état de santé mentale de la population, dont les jeunes, confirmée par les professionnels de santé. Dans ce contexte, la surveillance épidémiologique de la santé mentale des enfants et des adolescents est cruciale afin de documenter le fardeau des troubles psychiques dès le plus jeune âge, favoriser une prise en charge précoce et renforcer les actions de prévention. Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats d’Enabee et EnCLASS, deux études clefs pour décrypter la santé mentale des enfants de 6 à 11 ans scolarisés du CP au CM2, et des adolescents scolarisés au collège et au lycée.

Santé mentale de l’enfant : comprendre les contextes de vulnérabilité pour mieux agir

Les premiers résultats d’Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, ont été publiés en 2023. En croisant les points de vue des parents, des enseignants et des enfants, ces résultats inédits montraient que 13 % des enfants en élémentaire (6 à 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). 

Santé publique France publie aujourd’hui de nouvelles analyses qui décrivent les caractéristiques individuelles et contextuelles (familiales, relationnelles, environnementales) associées à ces troubles probables de santé mentale chez les enfants de 6 à 11 ans. Ces nouveaux résultats pourront aider à identifier des situations de vulnérabilité, où l’enfant est davantage susceptible de souffrir de troubles de santé mentale, sans qu’il soit possible d’établir de liens de causalité.

L’étude montre que, dans cette tranche d’âge : les garçons, les enfants dont les mères ont déclaré des complications de grossesse ainsi que les enfants souffrant de maladies chroniques, sont plus fréquemment concernés par des troubles probables de santé mentale. De plus, les enfants éprouvant des difficultés scolaires (selon le parent et/ou l’enseignant), ou ayant vécu des événements difficiles (deuil, agression, placement à l’Aide sociale à l’enfance) présentent également plus souvent un trouble probable de santé mentale.


Par ailleurs, l’étude permet de confirmer à nouveau l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur la santé mentale des enfants. En effet, une pénibilité importante du confinement ou une inquiétude importante au sein du ménage pendant la pandémie sont associées à une présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez l’enfant.

L’environnement familial (parents séparés, existence de conflits entre parents séparés, situation financière du ménage perçue comme difficile, présence d’un trouble anxieux chez le parent répondant) constitue un contexte de fragilité pour l’enfant, davantage associé à l’existence de troubles de santé mentale. Le fait d’être probablement victime de harcèlement de la part d’autres enfants ou de passer un temps important au centre de loisirs les jours sans école sont également des facteurs associés à au moins un trouble de santé mentale chez l’enfant. Mais il convient de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes.

Santé mentale et bien-être des adolescents : des signes d’amélioration, mais des souffrances persistantes

L’adolescence est une période durant laquelle les jeunes sont confrontés à de nombreux changements, pressions et défis, susceptibles de les rendre plus vulnérables sur le plan de la santé mentale. C’est une période davantage propice à l’émergence de manifestations d’anxiété, de dépression ou de conduites suicidaires.

Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats sur la santé mentale de l’enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS), menée en partenariat avec l'École des Hautes Etudes en santé publique (EHESP) et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

Les données, recueillies en 2024 auprès de 11 400 élèves du secondaire, révèlent une situation contrastée du bien-être et de la santé mentale des collégiens et lycéens. Après une dégradation marquée de l’ensemble des indicateurs de bien-être et de santé mentale entre 2018 et 2022, certains indicateurs montrent une amélioration, tandis que d’autres indiquent une tendance à la baisse. On note également que les adolescentes ont des indicateurs de santé mentale systématiquement moins favorables que les garçons, avec des écarts qui s’accentuent au cours du secondaire.

  • En 2024, la majorité des collégiens (82 %) et lycéens (78 %) se perçoit en bonne ou excellente santé et est satisfaite de sa vie actuelle (respectivement 80 % et 72 %), malgré une tendance à la baisse de ces indicateurs depuis 2018.
  • De plus, 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental, avec une hausse respective de 11 et 12 points par rapport à 2022, observée chez les garçons comme chez les filles. On observe également une diminution de la part des jeunes qui disent ressentir un sentiment de solitude la plupart du temps au cours de l’année (cela concerne 15 % des collégiens et 20 % des lycéens en 2024).

Cependant, ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique chez les jeunes :

  • 45 % des collégiens (de 6e, 5e et 4e) rapportent des plaintes psychologiques plus d’une fois par semaine depuis au moins 6 mois (-4 points par rapport à 2022). La nervosité est la plus fréquemment rapportée (32 %), suivie de l’irritabilité (29 %) et du sentiment de déprime (21 %). Ces manifestations s’accentuent avec le niveau de classe et s’avèrent plus fréquentes chez les filles.
  • Par ailleurs, 19 % des lycéens ont un risque important de dépression, plus marqué chez les filles (+3,5 points par rapport à 2022). Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : le manque d’énergie (58 %), les difficultés de concentration (44 %) et le sentiment de découragement (42 %).
  • Enfin, 20 % des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois ; un chiffre en baisse par rapport à 2022 (-4 points). Si cette diminution est un signal encourageant, l’augmentation des tentatives de suicide déclarées au cours de la vie (15 % des lycéens, soit +2 points par rapport à 2022) rappelle que les formes les plus sévères de souffrance psychique persistent chez une partie des adolescents.

Ces résultats confirment l’importance de promouvoir des comportements et environnements favorables à la santé mentale, et de développer les programmes de compétences psychosociales, notamment en milieu scolaire. Ces résultats invitent aussi à renforcer les actions de sensibilisation des parents, enseignants et personnels éducatifs au repérage précoce des signes de mal-être des adolescents et à l’orientation vers des espaces d’écoute et de soutien, notamment en cas d’idées suicidaires. Des stratégies de prévention prenant en compte les inégalités de genres doivent également être développées. 

Les études Enabee et EnCLASS offrent un panorama unique sur la santé mentale des jeunes, de l’enfance à l’adolescence. Les nouveaux résultats publiés aujourd’hui enrichissent les connaissances sur le sujet. Ils éclairent aussi les décisions publiques nécessaires à la création d’environnements de vie favorables à l’épanouissement des enfants et des ados, dès le plus jeune âge. Déclarée Grande Cause nationale en 2025, prolongée en 2026, la santé mentale est l’affaire de tous. Promouvoir une bonne santé mentale, prévenir l’apparition de troubles psychiques et lutter contre la stigmatisation, sont des enjeux de santé publique sur lesquels nous nous engageons pleinement pour accompagner les adultes de demain.

Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France 

Prendre soin de la santé mentale des jeunes : quels outils et leviers d’actions ?  

Face à ces constats, il convient de poursuivre et renforcer les actions de prévention et de promotion de la santé mentale des enfants et des adolescents.

Santé publique France s’engage dans le déploiement des compétences psychosociales (CPS) en milieu scolaire, un levier à mobiliser au bénéfice de la santé mentale dès le plus jeune âge. Le renforcement des CPS peut en effet aider à créer un climat éducatif protecteur et inclusif, tout en prévenant des dynamiques de domination et de violence entre pairs. Ainsi, en 2022, l’Agence a publié un premier état des connaissances sur les CPS et un référentiel théorique, complétés par un référentiel et des ressources opérationnels publiés en 2025 pour le tome 1 et en 2026 pour le tome 2. Dans le cadre de la stratégie interministérielle sur le développement des CPS des enfants, Santé publique France élabore et co-construit ces outils afin d’accompagner les acteurs dans les territoires. C’est ainsi qu’elle a apporté l’expertise CPS pour la construction du kit empathie de l’Education Nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires.

Des programmes de prévention efficaces ou prometteurs sur le sujet de la santé mentale sont recensés dans ReperPrev, le registre national des interventions en prévention et promotion de la santé mis en place par Santé publique France, tel que le Good Behavior Game (GBG) et le programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP).
Par ailleurs, de multiples outils d’information soutenus par Santé publique France, comme CléPsy et Psycom, permettent de sensibiliser et orienter les professionnels de l’éducation et les familles sur les sujets relatifs à la santé mentale. De plus, le dispositif Mon soutien psy permet l’accès à un psychologue pour les enfants dès l’âge de 3 ans. 

Soutenu par Santé publique France et destiné aux jeunes de 12 à 25 ans, le Fil Santé Jeunes propose une ligne d’écoute (0 800 235 236) accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h (service et appel anonyme et gratuit). Les jeunes peuvent également consulter le site internet mettant à disposition de l’information, un forum, un tchat, des orientations vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maisons des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins). Ces services sont dispensés par des professionnels (psychologues, éducateurs, conseillers familiaux, médecins).

Enfin, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible 24h/24 et 7j/7. Cette ligne s’adresse aux personnes en détresse, mais aussi à leur entourage, aux professionnels et aux personnes endeuillées par suicide. Les appels, gratuits et confidentiels, sont pris en charge par des professionnels du soin, psychologues ou infirmiers, formés à la prévention du suicide. Ce dispositif comporte également un site internet qui met à disposition des ressources pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter.

Facteurs associés à la présence d’au moins un trouble probable de santé mentale chez les enfants scolarisés de 6 à 11 ans : résultats de l’étude Enabee 2022 en France hexagonale

La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale. Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS…