lundi 23 juillet 2018

INTERVIEW La dépression n’est pas une fatalité, Jean-Pierre Olié

La dépression n’est pas une fatalité
Martine Betti-Cusso
Publié
La dépression n’est pas une fatalité
INTERVIEW - Environ une personne sur six a été, est ou sera atteinte de dépression. Une maladie fréquente mais complexe et mal connue. Elle constitue un vrai défi pour la médecine qui commence à en comprendre les origines et les mécanismes, comme nous l’explique le professeur Jean-Pierre Olié, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne de Paris.
Figaro.- Nous pensons tous avoir une idée de ce qu’est la dépression. Mais de quoi s’agit-il exactement?
JEAN-PIERRE OLIE.- Si tout le monde croit savoir, tous ne connaissent pas la réalité de cette affection. Qui n’a pas été triste? Qui n’a pas été confronté à la perte d’un être cher? Mais, d’un point de vue médical, la dépression est un état bien différent. «Il faut l’avoir éprouvée pour savoir ce que c’est», me disait, à juste titre, un patient. La dépression est un état pathologique qui survient brutalement ou progressivement, et plus rien n’est comme avant. Le sujet perd tout dynamisme, le goût des choses de la vie, le sommeil et l’appétit, le moral, la capacité à éprouver des émotions… Le noyau de la dépression est la douleur psychique, dont on sait désormais qu’elle est portée par les mêmes réseaux de neurones que la douleur physique. C’est d’ailleurs ce qui permet de comprendre que les manifestations douloureuses (maux de tête, de dos, douleurs musculaires…) soient aussi des symptômes de ce mal.
Chacun connaît des moments d’anxiété ou de déprime. Alors, où commence la pathologie?
Effectivement, nous vivons tous des états émotionnels négatifs. Ces états nous mettent en alerte, au sens où ils suscitent le sursaut nécessaire au franchissement de cette étape: sursaut cognitif - on se change les idées, on passe à autre chose - ou affectif et émotionnel. La pathologie commence lorsque la faculté de rebond semble impossible, et qu’elle se traduit par la persistance du mal-être et par l’altération des capacités fonctionnelles. Les signes d’alerte sont multiples: le premier étant les idées suicidaires. Il faut aussi savoir repérer les effets somatiques tels que les douleurs erratiques, la perte du caractère réparateur du sommeil, la perte de l’appétit, l’amaigrissement… Selon l’OCDE, 15% de la population active souffre de troubles dépressifs légers à modérés. Est-ce une maladie plus fréquente aujourd’hui? Effectivement, environ 15% de la population a été, est ou sera atteinte de ces troubles. Et dans au moins 50% des cas, l’épisode dépressif ne restera pas unique, que ce soit un trouble bipolaire, qui affecte environ 1 % de la population, ou un trouble unipolaire, c’est-à-dire des épisodes dépressifs à répétition. La fréquence de la dépression est similaire dans tous les pays du monde: elle n’est pas l’apanage des pays dits développés où le mal est plus souvent diagnostiqué et le traitement mis en œuvre. Est-elle devenue plus fréquente? C’est difficile à dire, dans la mesure où plusieurs paramètres interviennent: le niveau des connaissances médicales, d’éducation de la population et notre exigence en matière de santé et de qualité de vie. Mais deux faits sont établis: les écrits les plus anciens nous rapportent l’existence d’états dépressifs pathologiques. Et le trouble bipolaire, bien individualisé à partir du XIXe siècle, s’avère aujourd’hui bien plus évolutif qu’il n’était auparavant, en nombre d’accès dépressifs et maniaques au cours de la vie d’un même malade. On s’interroge sur l’augmentation de l’incidence du facteur génétique, sur le rôle de notre environnement et sur l’impact de nos thérapeutiques médicamenteuses sur le rythme de la maladie…


Les femmes semblent plus souvent affectées, pour quelles raisons?
Elles sont, en moyenne, deux fois plus concernées que les hommes. Mais il faut noter que le trouble bipolaire est aussi fréquent pour les deux sexes. Pourquoi davantage de troubles dépressifs chez la femme? Le facteur hormonal peut jouer: œstrogènes et progestérone ont un impact sur l’état émotionnel. Des facteurs sociologiques sont aussi susceptibles d’intervenir: bien des femmes affrontent deux professions -au travail et au domicile- et bénéficient, à situation égale, d’une moindre gratification professionnelle que les hommes. Mais d’autres questions se posent, tels l’existence d’un facteur de vulnérabilité génétique liée au sexe ou encore un diagnostic plus fréquent lié à la plus grande capacité de la femme à exprimer ses émotions.
On constate aussi les ravages de la dépression chez les adolescents. Que faire?
Le diagnostic de dépression chez l’adolescent est particulièrement difficile à effectuer du fait de la part des troubles du comportement dans les symptômes de l’épisode dépressif. De surcroît, l’adolescent est moins enclin à consulter et à se soigner que l’adulte: on ne tombe pas malade à cet âge de la vie! Et l’impulsivité, le goût pour les conduites à risques fréquemment observés à cette période peuvent évidemment mettre en jeu le pronostic vital: le suicide est la première ou la deuxième (selon les tranches d’âge) cause de mortalité à l’adolescence. Il faut savoir réagir, ne pas hésiter à consulter pour ne pas se réfugier derrière la notion vague de crise de l’adolescence. Et éviter le pire.
Les personnes âgées ne sont pas épargnées...
À l’autre extrémité de la vie, après 50 ans, le diagnostic de dépression est souvent méconnu: parce que l’association vieillesse-tristesse est facilement admise, et parce que la sémiologie peut être trompeuse lorsque les symptômes cognitifs (troubles de l’attention, de la mémoire, voire de l’orientation dans le temps et l’espace) laissent croire à un début de démence irréversible. La fréquence du suicide augmente régulièrement avec l’avancée en âge: le suicide des personnes âgées n’est pas suffisamment pris en compte.
Quelle est la part du facteur génétique dans l’origine de la maladie?
Les dépressions sont des maladies complexes. Que sait-on sur le facteur génétique? Qu’il n’existe pas un gène de la dépression mais différentes formes de gènes qui peuvent intervenir. Cela confirme le rôle d’une vulnérabilité génétique (ou au contraire une protection naturelle) et laisse entrevoir la possibilité d’aller plus loin en identifiant des sous-types de dépression selon le profil génétique. Mais gare à ne pas concevoir le génome comme un élément statique, définitivement arrêté au moment de la conception!
« Nous savons que les carences affectives durant l’enfance, les séparations et autres traumatismes sont significativement plus fréquents chez les déprimés adultes.»
Les facteurs environnementaux comptent aussi?
Bien évidemment. L’environnement, notamment durant le développement du cerveau de l’enfant, est capable d’activer ou de freiner l’expression du patrimoine génétique. Et cela peut définitivement marquer l’individu. Nous savons que les carences affectives durant l’enfance, les séparations et autres traumatismes sont significativement plus fréquents chez les déprimés adultes. Les événements de vie négatifs ont un poids évident avant le premier épisode dépressif, alors qu’ils s’avèrent facultatifs lors des épisodes suivants, comme si, une fois la brèche ouverte, la dépression était capable de se manifester par elle-même.
Que sait-on de ses mécanismes biologiques?
Même si beaucoup reste à découvrir, les vingt dernières années nous ont beaucoup appris sur les dysfonctionnements biologiques liés à la dépression. Il n’existe pas un dosage sanguin qui valide ou invalide le diagnostic de la dépression. Pourtant, des anomalies sont souvent observées chez les sujets déprimés en particulier du côté des hormones du stress, des hormones thyroïdiennes et des médiateurs de l’immunité. Les tests neuropsychologiques confirment l’altération des fonctions cognitives: attention, mémoire, jugement et raisonnement. Les techniques de neuro-imagerie (IRM) ont révélé l’existence d’anomalies fonctionnelles des réseaux de neurones. Que retenir de ces observations? Que la dépression est une maladie psychosomatique puisqu’elle associe une altération de diverses fonctions psychiques et somatiques, mais que l’on ignore encore le mécanisme déterminant ce dérèglement de l’humeur.
Faut-il nécessairement recourir aux antidépresseurs pour traiter la maladie?
Certaines autorités sanitaires ont recommandé de réserver ces traitements aux dépressions sévères, les formes d’intensité mineure devant se contenter d’une réponse psychothérapique. Une telle position n’a, à mon sens, aucun argument scientifique: elle relève davantage d’un renoncement à tracer la limite entre déprime et dépression que d’une indication de ce qu’il convient de proposer à un malade. Le recours à un médicament antidépresseur est incontournable. Le délai d’action de ces molécules est de l’ordre de quatre à six semaines. L’efficacité se mesure par la diminution des symptômes dépressifs et le retour à une vie familiale et sociale. Les plus récentes molécules, apparues après les années 1980, ont l’avantage d’être bien tolérées.


Est-ce suffisant pour sortir de la dépression?
Toute prescription d’un antidépresseur suppose un accompagnement attentif du patient, ce qui est déjà une forme de psychothérapie de soutien. Des méthodes de psychothérapie peuvent être proposées en fonction des aspirations et de l’état du patient. Les psychothérapies dites «cognitives-comportementales» ont apporté la preuve de leur efficacité en complément de l’action des médicaments. La psychothérapie d’inspiration psychanalytique peut aussi être utile pour mieux appréhender - et corriger - son fonctionnement émotionnel.
Que proposez-vous à celles et ceux qui résistent aux traitements?
Dans les formes sévères de dépression ou résistantes à ces thérapies, il peut être nécessaire de recourir à des techniques de stimulation du cerveau. Environ 20% des dépressions ne s’améliorent pas avec les traitements courants. Des centres spécialisés tels que celui de l’hôpital Sainte-Anne mettent en œuvre, après évaluation, d’autres stratégies thérapeutiques parmi lesquelles les techniques de stimulation. On utilise alors l’électricité, une technique dérivée de l’ancien électrochoc. C’est semblable à ce qui est pratiqué en cardiologie pour traiter certains troubles du rythme cardiaque. Autre thérapie: la stimulation magnétique transcrânienne mettant en œuvre un champ magnétique appliqué sur le cuir chevelu. Pour les cas les plus graves, on peut recourir à la stimulation profonde par voie chirurgicale. La dépression n’est plus une fatalité, et aujourd’hui, toute dépression peut trouver un traitement efficace.
« La dépression n’est pas une simple réaction psychologique mais une maladie dont il reste à découvrir bien des mécanismes physiopathologiques ».
Le rapport de l’OCDE affirme que plus de 56% des personnes dépressives ne reçoivent pas de traitement approprié. Comment l’expliquez-vous?
Être correctement soigné signifie, en premier lieu, que l’on reçoit un traitement antidépresseur à bonne dose et à durée suffisante. Plusieurs enquêtes ont rapporté que près de la moitié des personnes à qui il a été prescrit un antidépresseur ont spontanément interrompu le traitement avant terme, soit parce qu’elles n’observaient aucun effet, soit parce qu’elles avaient le sentiment d’aller mieux. Bien sûr, en constatant cette situation, on ne peut que s’interroger sur la qualité de la prescription. Cette dernière doit être précédée d’un diagnostic exact ne confondant pas émotion passagère ou déprime et dépression, d’un accord entre médecin et patient sur ce diagnostic et d’un plan de traitement compris et accepté par le patient et le médecin.


Et comment y remédier?
Cela est de la responsabilité de chacun: il faut progresser jusqu’à comprendre que la dépression n’est pas une simple réaction psychologique mais une maladie dont il reste à découvrir bien des mécanismes physiopathologiques. Ce dérèglement de l’humeur perturbe ce qui est le plus profondément humain: nos façons de choisir, de penser, d’aimer... Cela n’est pas facile à comprendre: nous cherchons trop souvent une explication psychologique alors qu’il faut appréhender les dysfonctionnements neurobiologiques de la dépression. Plusieurs mesures seraient les bienvenues comme soutenir la recherche, informer les populations sur tous les aspects de cette pathologie et ses traitements, et inciter tous les professionnels de santé à rechercher les signes de dépression.
Peut-on dire aujourd’hui que l’on sait guérir la dépression?
En tous les cas, de nos jours, nous savons soigner la dépression. Nous disposons de médicaments efficaces et bien tolérés, et nous avons appris à mieux connaître cette maladie. De son côté, la population admet de plus en plus que cette pathologie exige une aide médicale. Cependant, nombre de patients ne sortent de leur dépression qu’imparfaitement guéris: soit parce que tout n’a pas été mis en œuvre pour obtenir cette guérison, soit parce que les outils thérapeutiques ont atteint leurs limites face à certains cas. Mais cela ne concerne qu’une infime partie des dépressions. On sait désormais les guérir dans 80% des cas.

http://sante.lefigaro.fr/article/la-depression-n-est-pas-une-fatalite/

samedi 21 juillet 2018

NOTICE ARTICLE / CRITIQUE DÉBAT RÉFLEXION Plaidoyer d'un chef de service éducatif pour un plan psychiatrie adolescente

Plaidoyer pour un plan psychiatrie adolescente
par Emmanuel Okounholla, chef de service éducatif.
Dans  Le sociographe  2018/3 (N° 63)  Pages I - V
Résumé
À partir d’une situation d’une jeune fille en Maison d’enfants qui se met en danger et met en danger les autres jeunes de la structure, l’auteur s’insurge et appelle à un plan Psychiatrie adolescent de la même façon qu’ont été mis en place des plans Autisme ou Alzheimer.
https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=GRAPH_063_0100  

Extraits :
"Après une prise en charge de plus de deux mois en structure de soin psychiatrique pour adolescents, Sophie a été jugée apte par les médecins à réintégrer la MECS (Maison d’enfants à caractère social) où elle est placée. Dès son retour en collectivité, elle s’est isolée et son mal-être a refait surface. Elle a recommencé à se scarifier de façon assez massive.  "
...

"Tous les jours, l’équipe éducative soigne ses plaies qui sont de plus en plus profondes. Inutile de dire dans quelles tension et angoisse travaille l’équipe éducative. Les éducateurs sont obligés de la surveiller tout le temps afin de l’empêcher de se faire du mal. Surveillance massive qui malheureusement se fait parfois au détriment des autres jeunes du groupe qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux aussi. Une ado avec une telle problématique nécessiterait un éducateur en permanence pour assurer sa surveillance et l’empêcher de se mettre en danger."
...
 "À chaque incident, les éducateurs font des fiches d’intervention pour interpeller l’équipe de direction qui, à son tour, interpelle le service gardien, c’est-à-dire l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Voilà déjà près de trois ans que cette situation perdure, mais aucune solution pérenne n’est trouvée pour cette adolescente. Quand elle fait une crise, on appelle les pompiers qui la transportent aux urgences pédiatriques. Parfois, elle est hospitalisée quelques jours en pédiatrie ou en secteur adulte où elle est enfermée en chambre d’isolement pour la protéger des autres. D’autres fois, comme elle arrive aux urgences, toute calme, les médecins refusent de l’hospitaliser, car son cas, d’après eux, ne mérite pas une hospitalisation. Donc, retour sur la MECS où elle ne cesse de crier qu’elle ne veut pas y être et qu’elle veut intégrer une structure de soin. Et à chaque crise, c’est le même parcours : urgences, hospitalisation pour quelques jours dans le meilleur des cas et retour à la MECS, jusqu’à la prochaine crise. Ce « cinéma » dure depuis trois ans. Trois ans de souffrance, de mal-être, de manque de solution pérenne pour cette ado, trois ans que l’ASE demande à la MECS de tenir !
 ...
" L’hôpital dit : « Elle ne nécessite pas une hospitalisation… » La structure de soin qui l’accueille après certaines de ses crises nous dit : « Nous sommes une structure de soin, mais pas un lieu d’hébergement pérenne… Il est scandaleux que lorsqu’il n’y a pas d’indications d’hospitalisation à temps complet, les MECS refusent de poursuivre les prises en charge, l’ASE ne propose aucune solution… et les jeunes restent en hospitalisation faute de solution d’hébergement sur l’extérieur ce qui finit par rendre les choses délétères et aggraver les situations… » La MECS dit : « Cette jeune fille nécessite certes une protection, mais elle ne relève pas de notre prise en charge exclusive. Elle a besoin de soin… Et nous n’avons pas les moyens humains ni techniques pour assurer sa sécurité… Elle se met quotidiennement en danger et met en danger les autres jeunes et les équipes éducatives… » Le service de l’ASE dit à la MECS : « Tenez bon, car il n’y a pas de place en structure de soin spécialisée dans la souffrance psychique adolescente. Il y a très peu de structures et les places sont quasi inexistantes… »
 Alors que faire ?" ...
...

"Est-ce sérieusement l’avenir que nous voulons et préparons pour ces jeunes qui ne cessent de crier à l’aide et dont le seul moyen hélas de se faire entendre est le passage à l’acte, actes d’autodestruction (scarifications, tentative de suicide…) ou de violence envers autrui ? Il me semble qu’éthiquement, se taire face à une telle désespérance, c’est non seulement irresponsable et lâche, mais c’est même criminel ! Nous sommes, en tant que travailleurs sociaux, les porte-voix, les avocats de ces jeunes en grande détresse psychique. Alors, que chacun prenne ses responsabilités. Quant à moi, comme le Colibri, j’ai décidé de faire ma part. J’ai décidé de ne pas me taire et de prendre ma plume pour dire ma colère et ma révolte face à cette situation intenable."

https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=GRAPH_063_0100

MANIFESTATION Lille (59) 21/09/2018 Colloque AFRC- Prévention, remédiation et insertion

Colloque AFRC- Prévention, remédiation et insertion
https://remediation-cognitive.org/journee-de-l-afrc?debut_articles_rubrique=%4079
21 septembre 2018 à Lille (France).
Organisation Association Francophone de Remédiation cognitive - AFRC / Etablissement de Santé Mentale - ESM / CHU de LILLE
Programme
remediation-cognitive.org/…affiche_final.pdf
Lieu : Nouveau siècle
17 place Pierre Mendès France, Lille.

 Sur le thème du suicide et de sa prévention
2ème session : Prévention du suicide et cognition : 11h45-13h
Présidents : Guillaume Vaiva, Claire Rascle et Edouard Leaune
Troubles cognitifs chez les suicidants, Amélie Porte (Lille)
MACT : TCC pour les comportements suicidaires récidivants ,Trang Ton (Clermont-de-l'Oise)
E-santé mentale, Margot Morgiève (Paris), Déborah Sebbane (Lille)



Source info http://asp.bdsp.ehesp.fr/Colloques/Scripts/Show.bs?bqRef=27644

MANIFESTATION Nantes (44) Congrès Français de Psychiatrie du 28 novembre au 1er décembre 2018

Congrès Français de Psychiatrie
Nantes du 28 novembre au 1er décembre 2018

thème Le Temps

Le Congrès français de psychiatrie fête en 2018 ses 10 ans ! 10 ans depuis la première édition qui a eu lieu à Nice en 2009, 10 ans de pérégrinations (Lyon, Lille, Montpellier, Nantes et même Paris !), de rencontres et d’échanges entre divers corps de professionnels impliqués dans le soin, l’accompagnement, la prévention et la recherche auprès des personnes atteintes de troubles psychiatriques.
En 2018, nous nous réunirons à Nantes autour du thème du Temps. Ce sera l’occasion de nous interroger collectivement sur le temps comme paramètre de la maladie psychiatrique mais aussi de la guérison, le temps nécessaire à la recherche, ce que l’on perçoit du temps qui passe, ou encore l’évolution des pratiques en psychiatrie. Sans oublier les communications habituelles sur diverses thématiques portées par la psychiatrie (clinique, thérapeutiques, personnes âgées, enfants/adolescents, addictions, biologie, psychiatrie et société) : Sessions thématiques, Sessions Forum Association, Rencontres avec l’expert, Débats, pour lesquels la date limite de soumission est le 28 février 2018 ou Posters avant le 31 juillet 2018. Comme les années précédentes, seront renouvelés les Prix des meilleures publications en psychiatrie de l’année (cliniciens juniors et chercheurs) et les Bourses de recherche pour des étudiants de Master 2 (candidatures à transmettre avant le 19 octobre 2018). Et bien sûr le concours «180 secondes pour innover » qui connaît un grand succès et qui permettra à nouveau à de jeunes psychiatres de présenter leurs thèmes de recherche de demain. O tempora, o mores !
En 2017 à Lyon, le Congrès français de psychiatrie a réuni plus de 4000 cliniciens et chercheurs montrant la place centrale de cet évènement dans le monde de la psychiatrie francophone. En 2018, soyons aussi nombreux à Nantes du 28 novembre au 1er décembre, pour nous rencontrer, échanger, parfois débattre, et contribuer à la vie de notre discipline.en savoir plus  http://www.congresfrancaispsychiatrie.org/congres/ 


sur le thème du suicide et de sa prévention :
- Mieux comprendre le lien entre douleur et conduites suicidaires Emilie OLIÉ, Montpellier
- Marqueurs cognitifs et émotionnels de la vulnérabilité au suicide chez le sujet âgé Caroline MASSE SIBILLE, Besançon
- Assistance médicale au suicide : la psychiatrie doit-elle prendre part au débat ?
Modérateur :Philippe GENEST, Brest
Pour : Vincent CAMUS, Tours
Contre : Françoise CHASTANG, Caen
- Et pour se « foutre en l’air » ? Repérage et gestion de la crise suicidaire chez les personnes souffrant de trouble de la personnalité anti-sociale Jorge LOPEZ CASTROMAN, section SECS, Nîmes
-  Société de Psychologie Médicale et de Psychiatrie de Liaison :  Du dépistage à la prévention du risque suicidaire en psychiatrie de liaison
Président :  Bénédicte GOHIER , Angers
- Kit de formation au repérage des idées suicidaires chez les patients hospitalisés en MCO Cédric LEMOGNE, Paris
- Fatigue compassionnelle : enquête auprès des internes en médecine de l’UFR santé d’Angers
Laurine EGRETEAU, Angers
- Tentatives de suicide chez l’enfant Coline STORDEUR, Paris
- Préciser la sémiologie des conduites suicidaires grâce à l’observation des sous-groupes à haut risque
Président : Ali AMAD , Lille
-  Sémiologie des conduites suicidaires dans le péri-partum Sarah TEBEKA, Colombes
- Sémiologie des conduites suicidaires dans la schizophrénie Baptiste PIGNON, Créteil
- Sémiologie du sommeil : une fenêtre sur les conduites suicidaires Pierre-Alexis GEOFFROY, Paris
- Association de soins psychiatriques, somatiques et de la scolarité dans la prise en charge de suicidants graves (pronostic vital en jeu) Philippe LESIEUR, Bouffémont
- FTSLU : De quel temps disposons-nous pour l’urgence, le trauma et le suicide ?
Président :  Jean-Jacques CHAvAGNAT, Poitiers
- Le temps dans l’urgence : de l’angoisse torturante au sentiment d’abandon Jean-Jacques CHAVAGNAT, Poitiers
- Traumatisme des sauveteurs : le temps ne fait rien à l’affaire ? Patrice LOUVILLE, Issy-les-Moulineaux
- Autopsie psychologique des suicides en Sarthe : une étude pilote en population générale analysant les parcours de soin en santé mentale, articuler temporalité de la crise et permanence du lien
Frédéric PETER, Allonnes
- Papageno Programme
Effets Werther et Papageno - Comment parler du suicide aux médias ?
Co-animé par Nathalie PAUWELS et Pierre GRANDGENÈVRE , Lille
2 séances de média training vous seront proposées lors du CFP2018 le nombre de place sera limité à 30 par séance, l’inscription au CFP est obligatoire. Vous devrez également vous inscrire sans frais supplémentaire au programme.
Les psychiatres devraient être les premiers professionnels que les journalistes sollicitent lorsqu’il s’agit de traiter médiatiquement d’un suicide. Or, répondre à une interview suscite souvent méfiance et réticence, faute d’habitude à communiquer. Pourtant, s’agissant du suicide, chaque professionnel de santé peut être une ressource pour aider le journaliste à limiter les risques de contagion liés à son travail (effet Werther). En effet, chaque interview offre l’occasion de sensibiliser les journalistes à l’opportunité d’appliquer les recommandations de l’OMS en vue d’un traitement médiatique plus responsable du suicide. Des conseils adaptés pourraient même encourager les journalistes à avoir une véritable action de prévention (effet Papageno).
Cet atelier interactif vise à doter chacun des participants des compétences suffisantes pour répondre sereinement et avec pertinence aux questions des journalistes.
Cela passe par (1) une sensibilisation au métier de journaliste, (2) au rôle du journaliste en tant que vecteur des représentations sociales, (3) aux effets Werther et Papageno ainsi qu’à (4) une prise en compte des contraintes et attentes des professionnels des médias à ce sujet.
La méthodologie proposée associe exposés théoriques, analyse d’articles de presse et mises en situation pratique de type media training. L’objectif est à terme, que la communication responsable auprès des médias soit inscrite dans la culture des psychiatres, afin que chacun devienne une ressource pour les journalistes en vue de limiter l’effet Werther et de promouvoir l’effet Papageno.
- Marqueurs cognitifs et émotionnels de la vulnérabilité au suicide chez le sujet âgé Caroline MASSE SIBILLE, Besançon

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Redon (35) Dispositif de prévention et de suivi des suicidants

Source info Rapport d'activité 2017 du Centre hospitalier Redon Carentoir *

MISE EN PLACE DU DISPOSITIF DE PRÉVENTION ET DE SUIVI DES SUICIDANTS ET DE LUTTE CONTRE L’ISOLEMENT SUR LE SECTEUR 35G11
Ce dispositif a pour but de conserver le lien entre les équipes soignantes et les patients ayant réalisé un geste suicidaire. Suite à une tentative de suicide,  le patient reçoit une « carte ressource » qui indique un numéro joignable  24h/24. Le patient a ainsi la possibilité de contacter à tout moment des soignants sur ce numéro dédié. Le patient est aussi rappelé systématiquement à 3 jours, 10 jours, 20 jours et tous les mois durant 6 mois après sa sortie.
L’équipe de soins de Redon a rapproché ce dispositif de celui créé en 2014 par le Pr Guillaume Vaiva du CHRU de Lille, VigilanS, afin d’agréger les résultats du secteur au projet VigilanS.

http://www.ch-redon-carentoir.fr/fileadmin/Documents/Documents_officiels/RA2017.pdf

vendredi 20 juillet 2018

STRUCTURE RESSOURCE Les groupes du mardi soir d'ASMA Marseille (13)

Association pour la prévention du Suicide et du Mal-être chez l’Adolescent (ASMA) Marseille


L'Asma est un dispositif de veille téléphonique (ou "recontact"), visant à la prévention de la récidive suicidaire chez l'adolescent.
Les groupes du mardi soir (bi-mensuels) de

Le 1er mardi de chaque mois, Asma organise un groupe de parole.
Le groupe d’échange et de partage d’expériences accueille les familles d’ados ayant fait une tentative de suicide ou en mal-être suicidaire ainsi que les adolescents eux-mêmes : à partir du partage des expériences communes et des ressources des participants, chacun pourra trouver des issues nouvelles, des solutions de dépassement à ces difficultés du quotidien.
18h30-20h, à la Cité des Associations, 93 La Canebière, 13001 Marseille

Le 3ème mardi de chaque mois, Asma organise un groupe d'information.
Le groupe d’information permet aux familles de repérer les différents dispositifs de prise en charge des adolescents. Il sera l’occasion d’échanger sur les enjeux, les difficultés, les résistances aux soins et sur les différentes modalités de prévention de la récidive.
18h30-20h, à la Cité des Associations, 93 La Canebière, 13001 Marseille

En savoir plus https://www.asma.care/index.php?_dossier=_pages&_ecran=les-groupes-du-mardi-soir-bi-mensuels

AUTOUR DE LA QUESTION Le Conseil d'État dit non au suicide assisté et à l'euthanasie

Le Conseil d'État dit non au suicide assisté et à l'euthanasie
Par  François-Xavier Bourmaud Agnès Leclair

Pour les Sages, la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016 «dans un large consensus» et «au terme d'un débat approfondi», est encore trop récente pour être révisée.
Ces derniers mois, l'ajout du thème de la fin de vie au menu des États généraux de la bioéthique n'a pas manqué de raviver les partisans d'un «droit de mourir dans la dignité». Mais pour les Sages, la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016 «dans un large consensus» et «au terme d'un débat approfondi», est encore trop récente pour être révisée. Le conseil d'état a donc rejetté une loi qui autoriserait l'aide au suicide ou l'euthanasie.

Une loi sur l'euthanasie risquerait en outre d'avoir un «impact symbolique particulièrement négatif» pour les personnes les plus vulnérables
Le Conseil d'État
Les Sages évoquent aussi «des carences persistantes» dans l'accès aux soins palliatifs. Or l'accès à ces soins constitue une condition «indispensable» à «l'expression d'une volonté libre et éclairée du patient dans les derniers moments de la vie» et «un préalable à toute réflexion éthique sur la question de la fin de vie». Une loi sur l'euthanasie risquerait en outre d'avoir un «impact symbolique particulièrement négatif» pour les personnes les plus vulnérables, et d'entraîner «un sentiment imposé de l'indignité ou de l'inutilité de leur vie», met en garde le Conseil d'État. Enfin, l'assistance médicale au suicide serait «en contradiction avec les missions de la médecine telles que définies par le Code de déontologie médicale».

Tribune signée par 146 députésÀ l'Élysée, si l'on estime que le texte est suffisamment complet, on déplore en revanche qu'il ne soit pas suffisamment connu des Français. Plutôt que de toucher à un texte jugé équilibré, l'exécutif préférerait en faire la pédagogie. Si possible, autant ne pas rouvrir un sujet sensible qui touche à l'intime et qui provoque des lignes de fracture qui traversent tous les partis, au-delà des clivages politiques traditionnels. «Il n'est pas certain que l'on traite le sujet de la fin de vie dans la révision des lois bioéthiques, reconnaît un conseiller du président de la République, en demandant toutefois de pouvoir encore y réfléchir. Nous serons plus mûrs en octobre quand il faudra rendre les arbitrages.»
En mars dernier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait déjà jugé que la loi actuelle répondait «aux besoins» des malades en fin de vie. Une réponse à la tribune signée par 146 députés qui réclamaient une loi sur l'«aide médicalisée à mourir», parue dans Le Monde. Cette initiative avait été lancée par le député LaREM Jean-Louis Touraine. Or cet élu du Rhône vient d'être nommé rapporteur de la mission d'information sur la bioéthique qui a pour objectif de préparer la révision de la loi à l'Assemblée. La première réunion de la mission s'est tenue mardi. Reste à savoir si elle remettra l'incessante question de la fin de vie au menu de ses travaux.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/07/11/01016-20180711ARTFIG00352-le-conseil-d-etat-dit-non-au-suicide-assiste-et-a-l-euthanasie.php 

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La SFAP appelle l’Etat à tirer les conséquences de l’étude du Conseil d’Etat, qui exclut la légalisation de l’euthanasie
www.silvereco.fr*
Le Conseil d’Etat a remis le mercredi 11 juillet 2018 au premier Ministre Edouard Philippe son étude « Révision de la loi de bioéthique : quelles options pour demain ? ». Les questions de fin de vie y ont été notamment traitées, et le Conseil d’Etat se prononce contre la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. La SFAP, Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs, appelle l’Etat à tirer toutes les conséquences de cette étude.
Le 12 juin 2018, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a rendu un rapport reconnaissant que la législation actuelle constitue « une réponse adaptée à la prise en charge de l’immense majorité des parcours de fin de vie ». A son tour, dans une étude établie à la demande du Premier Ministre, le Conseil d’Etat vient exclure toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Il souligne également que « l’expression d’une demande d’aide anticipée à mourir ne devrait jamais naître d’un accès insuffisant à des soins palliatifs », dont l’intention restera toujours de soulager et accompagner les souffrances et la douleur des patients ainsi que de leurs proches.
Pour un traitement adapté de la douleur par des soins palliatifs
Avec le Conseil d’Etat, la SFAP réaffirme avec force qu’un patient ne peut exprimer une volonté libre et éclairée s’il ne bénéficie pas du traitement adapté de sa douleur par des soins palliatifs. La SFAP peut témoigner, forte de son expérience quotidienne auprès de milliers de patients en fin de vie, que les demandes d’euthanasie motivées par la douleur disparaissent avec une prise en charge adaptée par les soins palliatifs.
Comme le souligne le Conseil d’Etat « l’accès à des soins palliatifs de qualité constitue (…) un préalable nécessaire à toute réflexion éthique aboutie sur la question de la fin de vie ».
Pour la SFAP, il faut maintenant rendre ce préalable effectif pour les patients.

L’Etat doit permettre à tous d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité
L’étude du Conseil d’Etat fait preuve d’une juste humilité en soulignant que le législateur ne peut caresser de fantasmes de toute-puissance face à la mort, mais l’Etat n’est pas pour autant impuissant : il doit permettre à tous d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité.
Or, tandis que le Conseil d’Etat pointe l’inégal accès aux soins palliatifs, la SFAP déplore encore les fortes baisses des moyens subies par les services de soins palliatifs, une formation bien trop lacunaire des étudiants en médecine, le trop faible nombre de professeurs associés etc.
La SFAP appelle par conséquent les pouvoirs publics à tirer les conséquences de cette étude et à engager une action politique courageuse. L’Etat doit porter une ambition politique forte pour le pays, afin que la France se distingue par un développement inégalé des soins palliatifs.
Comme le souligne le Conseil d’Etat, l’égalité et la fraternité entre les citoyens ainsi que la dignité des patients le commandent.

https://www.silvereco.fr/la-sfap-appelle-letat-a-tirer-les-consequences-de-letude-du-conseil-detat-qui-exclut-la-legalisation-de-leuthanasie/31100571

AUSTRALIE Changement d'approche pour aider à la prévention du suicide, comme en témoignent les différentes campagnes


La prévention du suicide " une responsabilité communautaire " : Suicide Prevention Australia

Le PDG de Suicide Prevention Australia a déclaré à Sky News que les communautés sont plus résilientes lorsque les gens se soutiennent les uns les autres, plutôt que de compter uniquement sur les professionnels de la santé mentale pour aider les autres dans les moments difficiles.

Les Australiens sont priés d'interroger leurs proches sur les pensées suicidaires et les plans de suicide.
d'après article Australians urged to ask loved ones about suicide thoughts and plans
Par Aisha Dow https://www.smh.com.au*
18 juillet 2018

Les Australiens seront encouragés à poser des questions franches sur le suicide, ce qui représente un changement majeur dans la politique des principaux organismes de santé mentale du pays.

Le public a déjà reçu des messages contradictoires sur la question de savoir s'il est acceptable d'interroger les gens sur les pensées suicidaires, et beaucoup pensent que le travail devrait être laissé aux professionnels.

Mais à la suite de nouvelles recherches, sept organisations de prévention du suicide, dont Lifeline, beyondblue, headspace et le Black Dog Institute ont annoncé un changement d'approche.

*L'ancien policier Paul Walshe a survécu à deux tentatives de suicide et affirme qu'une conversation plus ouverte sur le sujet pourrait aider à sauver des vies.(Photo : Eddie Jim)



La nouvelle campagne #YouCanTalk incite les gens ordinaires à demander à leur famille ou à leurs amis s'ils pensent au suicide, s'ils observent certains signes avant-coureurs, tels qu'un comportement inhabituellement insouciant ou un manque d'hygiène.

Il met également en garde les gens contre toute tentative de dissuader leurs proches de se suicider en leur disant à quel point cela nuirait à leur famille et à leurs amis, à la suite de preuves qui montrent que cela peut en fait faire en sorte que les gens se sentent moins bien dans leur peau.

La nouvelle campagne comprend une liste de signes indiquant que les gens peuvent être à risque de suicide, comme les sautes d'humeur extrêmes, le fait de parler de la mort et l'augmentation de la consommation d'alcool ou de drogues.

Signes :
1. S'isoler des amis, de la famille et des activités sociales.
2. Changement d'humeur ou sautes d'humeur extrêmes - tristesse, agitation.
3. désintérêt pour le maintien de l'hygiène personnelle ou de l'apparence
4.Comportement insouciant inhabituel, y compris l'augmentation de la consommation d'alcool ou de drogues.
5.Parler de la mort, du suicide et du désir de mourir.
* Cette liste n'est pas exhaustive. Laissez-vous guider par votre instinct.

Le sergent Paul Walshe, ancien détective de la police de Victoria, a dit que lorsqu'il a été plongé dans une période de dépression dévastatrice à la suite d'un incident traumatique au travail en 1999, il a éprouvé des symptômes auxquels on ne s'attendait pas.

Il a cessé de se souvenir des numéros de téléphone dont il se souvenait facilement et oubliait de descendre à l'étage droit lorsqu'il prenait l'ascenseur du bureau.

"Les rapports qui me prendraient 15 minutes à écrire me prenaient une heure. Je me disputais avec ma femme ", a dit M. Walshe.

"Toute ma personnalité a changé de facile à agiter tout le temps. Cela a brisé ma confiance. "
Au début de l'année 2004, M. Walshe a fait des préparatifs minutieux pour s'enlever la vie, perturbés seulement par la visite surprise de sa sœur à son domicile.

Plusieurs organisations de santé mentale unissent leurs forces pour lancer une campagne visant à encourager les Australiens de tous les jours à parler ouvertement du suicide.

 Il a dit qu'il ne voulait pas mourir, mais qu'il ne savait pas comment faire face.

Au cours de ces années tumultueuses, M. Walshe a dit qu'un certain nombre de personnes autour de lui, lui avait demandé comment il allait, mais il n'a pas été interrogé spécifiquement sur les plans de suicide. Il croit que la discussion aurait pu l'aider à mieux réfléchir à ce qu'il ressentait.

"Nous avons commencé il y a des années avec la campagne R U OK, mais maintenant il faut aller plus loin.

"Nous devons demander 'Es-tu en sécurité? Penses-tu au suicide? "

Chaque jour, environ huit personnes perdent la vie en se suicidant en Australie, avec 2866 décès en 2016 résultant d'automutilations volontaires.

Le directeur général de Beyondblue, Georgie Harman, a déclaré chaque jour que 200 autres personnes tentaient de se suicider.

"Ce ne sont pas de petits nombres. Ils doublent celui des accidents de la route au plan national.", a-t-elle dit.

Mme Harman a déclaré que bien que les organisations de santé mentale aient parlé de la prévention du suicide comme étant l'affaire de tous, jusqu'à présent, elles n'avaient pas fourni à la communauté des informations sur la façon exacte dont elles pouvaient jouer un rôle.

Les gens sont encouragés à dire à leurs proches qu'ils ont remarqué qu'ils se comportent différemment et, s'ils s'inquiètent de la possibilité, poser des questions sur des pensées suicidaires, puis écouter avec empathie et sans jugement.


Mme Harman a déclaré que la campagne #YouCanTalk compléterait le travail en cours de R U OK?, Qui est l'un des sept groupes qui collaborent à la nouvelle initiative.

Le projet a été motivé par des recherches récentes de l'Université de Melbourne qui ont découvert que beaucoup de gens craignaient à tort de parler de suicide et pourraient mettre cette pensée dans l'esprit de quelqu'un.

La professeure Helen Christensen, directrice de l'Institut Black Dog, a déclaré qu'il n'était pas dangereux de demander à quelqu'un s'il pensait se suicider ou de savoir s'il avait établi un plan.

"En fait, cela pourrait aider", a-t-elle dit.

"Il est important que nous connaissions tous les faits sur le suicide et nos efforts de prévention sont éclairés par ce que la recherche nous dit."

Pour en savoir plus sur la campagne, rendez-vous sur lifeinmindaustralia.com.au/youcantalk/


Crisis support can be found at Lifeline: (13 11 14 and lifeline.org.au), the Suicide Call Back Service (1300 659 467 and suicidecallbackservice.org.au) and beyondblue (1300 22 4636 and beyondblue.org.au)


Le support de crise peut être trouvé à Lifeline: (13 11 14 et lifeline.org.au), le service de rappel de suicide (1300 659 467 et suicidecallbackservice.org.au) et beyondblue (1300 22 4636 et beyondblue.org.au)


https://www.smh.com.au/healthcare/australians-urged-to-ask-loved-ones-about-suicide-thoughts-and-plans-20180718-p4zs7u.html

USA Une initiative pour sensibiliser à la prévention du suicide et promouvoir la santé mentale des anciens combattants

Une initiative pour sensibiliser à la prévention du suicide et promouvoir la santé mentale positive.

Fondée en 2015, Stack-Up un organisme de bienfaisance rassemble les vétérans et les sympathisants civils grâce à un amour partagé pour le jeu vidéo. Stack-Up sert les vétérans des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l'OTAN pendant et après leurs déploiements en service actif.
Voir l'affiche
  en savoir plus https://stackup.org/services/stop-program/
Stack Up a annoncé en janvier 2018 une nouvelle initiative de prévention du suicide. Appelé le programme Stack Up Overwatch (STOP), il offre aux anciens combattants et au personnel militaire en service actif un accès permanent à une équipe de bénévoles formés et certifiés en gestion de crise. STOP sera disponible 24 heures sur 24 grâce à Discord.
Le programme Overwatch est dirigé par Stephanie Owens, elle-même technicienne des services médicaux d'urgence à la retraite et première intervenante en carrière.
"STOP est né d'un besoin", a déclaré Owens à Polygon. «J'ai remarqué que beaucoup de gens me tendaient la main personnellement et voulaient juste parler de choses. Peut-être qu'ils avaient des problèmes d'argent ou qu'ils ne se sentaient pas bien ou qu'ils avaient des problèmes à la maison avec leurs familles.
"Je me suis juste assise et je les ai écoutés. J'ai offert une oreille. ... J'ai été en mesure de les connecter avec certains services dans leur région pour les aider avec certaines de leurs factures. Et j'ai pensé: "Tu sais quoi? Je pense que peut-être que cela devrait être une chose. "
Les militaires en service actif font face à des pressions extraordinaires dans l'exercice de leurs fonctions, mais une fois leur service terminé, un autre défi commence. Une étude récente du ministère des Anciens Combattants des États-Unis a révélé que 20 anciens combattants se suicident tous les jours. La nouvelle génération d'anciens combattants n'a pas les mêmes structures de soutien que leurs parents et leurs grands-parents. Il appartient à des organisations comme Stack Up, a déclaré Owens, de créer un nouveau type de communauté à l'avenir.
Stack Up offre aux vétérans un sens de la communauté autour d'une passion commune pour les jeux vidéo. Grâce au programme Stacks, que Owens a aidé à construire et dirige encore, les sections locales de Stack Up organisent des rassemblements et des fêtes autour des jeux. Elle a dit que, pour certains jeunes vétérans, c'est leur seul moyen de communiquer avec leurs pairs.
"Quand ils ont commencé à faire ces soirées de jeu au [U.S. "Owens a dit," nous avions des gens qui venaient juste pour ça. Et ils le font encore, à ce jour, et c'est tout ce qu'ils vont sortir pour. Ils ne quitteront leur maison pour rien d'autre. Mais ils iront à ces soirées LAN.

"Les vétérans sont notre mission. Le jeu, c'est notre passion. »Est la mission de Stack Up qui sert de fil conducteur pour réunir les anciens combattants et les sympathisants civils à travers un amour partagé pour le jeu vidéo.

Chez Stack Up, nous reconnaissons que le PTSD, la dépression et la détresse émotionnelle touchent des millions de personnes et sont une cause majeure d'isolement et de suicide dans notre communauté. Le programme Stack Up Overwatch (StOP) est conçu pour surveiller notre communauté et fournir un soutien essentiel grâce à un accès 24 heures sur 24 à une équipe de bénévoles formés et certifiés en gestion de crise.
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 en savoir plus https://stackup.org/services/stop-program/

Janvier 2018 : Stack Up est heureux d'annoncer le programme Stack Up Overwatch (STOP)
Une initiative pour sensibiliser à la prévention du suicide et promouvoir la santé mentale positive.

Le programme Stack Up Overwatch (STOP) a commencé à être développé en décembre 2016 lorsque la directrice du programme Stacks Stephanie Owens a suggéré que Stack Up avait besoin de quelque chose pour ses membres qui ont besoin de parler, surtout pendant les vacances. "Les vacances peuvent être une période difficile pour beaucoup et nous voulons que notre communauté sache qu'ils ne sont pas seuls", a déclaré Mme Owens.

Conformément à la mission de Stack Up d'apporter réconfort et amitié aux vétérans qui font face au PTSD ou de retourner à la vie civile, le programme Stack Up Overwatch est composé de bénévoles vétérans et civils appelés l'escadron STOP qui sera disponible 24/7/365. Ils fourniront aux membres de la communauté Stack Up une variété de ressources qui font la promotion de la santé mentale et de la prévention du suicide, en plus de fournir une épaule sur laquelle s'appuyer au cas où ils auraient besoin de parler à quelqu'un.

Grâce à notre partenariat avec PsychArmor Institute, les candidats au programme seront soumis à un ensemble de cours présélectionnés. À la fin, les candidats recevront une évaluation pratique sur la façon dont ils se débrouillent en cas de crise. Une fois qu'ils ont passé le rassemblement, ils recevront un poste de membre de l'escouade STOP. Ils seront également tenus d'assister à la formation HIPAA.

Les services offerts par Stack Up ou les membres de la STOP Squad sont destinés à défendre et à éduquer et ne doivent pas être interprétés comme une consultation médicale ou psychiatrique.

À propos de Stack Up:

Fondée en 2015, Stack-Up (TAX ID: 47-5424265) rassemble les vétérans et les sympathisants civils grâce à un amour partagé pour le jeu vidéo. Stack-Up sert les vétérans des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l'OTAN à travers trois programmes principaux: The Stacks, Supply Crates, and Air Assaults.. Suivez-nous sur Facebook et Twitter (@stackupdotorg).

À propos de l'Institut PsychArmor:

PsychArmor Institute est un organisme à but non lucratif 501 (c) (3) fournissant une éducation et un soutien gratuits à tous les Américains qui travaillent, vivent ou s'occupent des vétérans militaires et de leurs familles. PsychArmor recrute des experts en la matière reconnus à l'échelle nationale pour créer et offrir des cours en ligne sur des questions liées aux anciens combattants et à leurs familles. De plus, notre ligne de soutien «Vous aider à aider les anciens combattants» fournit une aide continuelle et des ressources approuvées aux civils, s'assurant qu'ils sont armés des outils nécessaires pour aider efficacement les anciens combattants et leurs familles. Pour plus d'informations sur PsychArmor, suivez-les sur Facebook et Twitter (@PsychArmor), ou visitez PsychArmor.org.

en savoir plus https://stackup.org/stack-up-announces-the-stack-up-overwatch-program/

Hôpital : quand les soignants inventent eux-mêmes des solutions à leur mal-être

Hôpital : quand les soignants inventent eux-mêmes des solutions à leur mal-être
17 juillet 2018 sur theconversation.com**

Auteurs *
Emmanuel Abord de Chatillon
Professeur Chaire Management et Santé au Travail, Université Grenoble Alpes
Nathalie Commeiras
Professeur des Universités en Gestion des Ressources Humaines, Université de Montpellier

 Les échanges au sein de l'équipe soignante sont un moyen efficace de lutter contre la souffrance au travail.
 Suicides d’infirmières, démissions en bloc de médecins urgentistes à bout de nerfs, grèves pour protester contre l’état des conditions de travail des soignants à l’hôpital font régulièrement la une des médias ces dernières années. L’absentéisme, de plus en plus fort, s’établit ainsi à 27 jours selon l’Agence Technique de L’Information sur l’Hospitalisation.

« La fatigue, l’épuisement, c’est le quotidien aujourd’hui à l’hôpital », s’inquiète Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Les hôpitaux vont mal, et la santé de leur personnel, pas beaucoup mieux.

Et si les mieux placés pour trouver des solutions à ce mal-être étaient les soignants eux-mêmes ? Les travaux que nous avons menés récemment dans les hôpitaux et dans les cliniques montrent que les initiatives prises dans les unités de soin sont souvent les plus efficaces.
Une intensification du travail, davantage d’absentéisme

Les réformes de l’hôpital et de son financement se sont succédées depuis 30 ans. Elles ont modifié profondément l’organisation du travail des agents. Cela ne se fait pas, en effet, sans mettre sous pression des services déjà affectés par une intensification du travail qui a été encore plus forte entre 2003 et 2013 qu’au cours de la décennie précédente (Algava et coll., 2014).

À ces éléments s’ajoutent des contraintes très fortes liées aux nombreuses absences. Le personnel manque ; pour assurer les soins malgré tout, il faut rappeler les agents sur leurs temps de repos. Les métiers de l’hôpital sont de plus soumis à de très fortes contraintes émotionnelles. Le tout produit une perte de sens, dans une activité où cela est plus que nécessaire.

Face à ces difficultés, les managers ne restent pas les bras croisés. Les résultats de la recherche menée par notre équipe dans des hôpitaux publics et des cliniques privées en 2016 attestent que ces établissements mettent en place des actions de prévention des risques psychosociaux sans pour autant qu’il soit possible d’en évaluer l’efficacité.

Il s’agit d’enquêtes globales sur les conditions de travail, de diagnostics plus ou moins exhaustifs réalisés en collaboration avec des intervenants publics ou privés, de formations diverses et variées (méditation en pleine conscience, sensibilisation aux risques psychosociaux, gestion du stress…) ou encore de chartes de bon fonctionnement. Certaines structures offrent la possibilité de se détendre pendant les pauses, avec des salles de sport ou des fauteuils massants…
Usure, lassitude, perte de sens

Néanmoins, la situation ne semble pas évoluer sur le terrain. Dans toutes les institutions étudiées au cours de notre recherche, les soignants continuent à être soumis aux mêmes contraintes, avec les mêmes conséquences : absentéisme, lassitude, épuisement (ou burn-out), usure, perte de sens, sentiment de mal faire leur travail.

Les actions de prévention des risques psychosociaux s’inscrivent avant tout, aujourd’hui, dans des plans de communication. Il s’agit de « montrer que l’on fait », pour redorer une image écornée. L’effet pervers est que cela décourage les « bonnes volontés », et notamment celle des représentants du personnel qui ne souhaitent pas être perçus comme « des complices de la direction ».

Il faut dire aussi que l’hôpital, de plus en plus, ressemble à un monstre. Les établissements hospitaliers sont regroupés dans des pôles et des métiers qui sont autant de « mondes » différents. Les démarches de prévention venues d’en haut se heurtent à cette complexité. Les actions sont peu adaptées aux particularités de chaque métier et de chaque unité de soins. Les directions rencontrent alors des difficultés pour en assurer le suivi. Pour le personnel, ces actions apparaissent totalement artificielles. Ces démarches déconnectées du terrain « glissent » alors sur l’organisation, sans modifier l’activité au quotidien.

Le « bricolage » de solutions au sein des services

Dans un sursaut de survie, c’est au sein des services qu’émergent des solutions qui parviennent à limiter la souffrance au travail. Certains cadres de santé tentent d’améliorer eux-mêmes les conditions de travail de leurs collaborateurs. Comme si, face aux contraintes de l’hôpital et à l’inefficacité des démarches de prévention institutionnelles, le « bricolage » local, sous l’impulsion de l’encadrement, devenait le moyen ultime pour les soignants de se protéger d’un système délétère.

On peut ainsi donner l’exemple de ce service de gériatrie qui a totalement modifié le processus de toilette des patients d’une part en combinant tâches effectuées par un seul soignant et tâches en binômes et d’autre part en menant une réflexion sur les outils de la toilette (taille des serviettes, conditionnement du savon…) et sur les horaires pour améliorer à la fois la qualité du soin, mais aussi la relation au patient.

De plus, nombre de cadres de santé tentent de remettre en place des temps de parole, de réorganiser les moments de transmission entre équipes de jour et équipes de nuit pour les rendre plus efficaces. Ils créent aussi de nouveaux moments d’échanges où chacun peut s’exprimer et partager ce qu’est aujourd’hui le cœur de son métier et de ses difficultés.
Des échanges de services et des arrangements réciproques

Cette relation informelle est faite de soutien et d’arrangements réciproques. Face aux difficultés à gérer les emplois du temps et l’absentéisme, il s’agit de trouver des solutions qui conviennent à l’ensemble des parties. On assiste souvent à des échanges de services autour des plannings de chacun. Néanmoins, ces solutions sont éminemment dépendantes des cadres qui les portent, donc fragiles.

Les mécanismes d’entraide s’étendent aussi aux relations entre cadres de santé au sein d’un même établissement et plus particulièrement d’un même pôle. Des prêts de matériel ou de personnel peuvent s’opérer entre services, des patients peuvent être hébergés temporairement dans un service ami. Ces phénomènes reposent avant tout sur les bonnes relations entre les cadres concernés.

Enfin, les soignants prennent aussi la main, hors de toute intervention hiérarchique, pour trouver eux-mêmes des solutions. Ils créent parfois de nouvelles règles, pour réaliser les soins dans de meilleures conditions (comme par ex. mettre en œuvre à deux des soins devant être a priori être réalisés seuls ou réciproquement). Ils peuvent aussi forger de nouveaux espaces de communication, comme un groupe Facebook de leur équipe pour la transmission des consignes et les échanges de planning.
Reproduire ce qui est réussi dans un service

Nous pensons qu’à partir de ces expériences, il reste de la place pour une action concrète de la part des managers. À eux de faire l’inventaire des initiatives locales, dans leur établissement, et de tenter de reproduire ce qui est réussi dans un service au sein des autres.

Les managers peuvent aussi aider à reconstruire les collectifs de travail. Le développement d’espaces de discussion sur le travail semble, de ce point de vue, une piste essentielle d’action, comme montré dans deux études publiées en 2013 et en 2017. Cependant, pour atteindre pleinement son efficacité, la discussion doit s’ancrer dans les pratiques quotidiennes de travail et donner lieu à de vrais débats. Il reste donc, à l’hôpital, à donner suffisamment de ressources aux managers pour qu’ils puissent animer pleinement de telles rencontres.

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Déclaration d’intérêts
Le projet de recherche sur la prévention des RPS à l'hôpital a reçu un soutien financier de la DGAFP (Directions Générale de l'Administration et de la Fonction Publique).
La recherche sur la prévention des RPS à l'hôpital a reçu un soutien financier de la DGAFP (Direction Générale de l'Administration et de la Fonction Publique). Elle est membre de l'Association Francophone de la Gestion des Ressources Humaines.
Partenaires
Université Grenoble Alpes apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR.
Université de Montpellier apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR.
Voir les partenaires de The Conversation France Republier cet article

** https://theconversation.com/hopital-quand-les-soignants-inventent-eux-memes-des-solutions-a-leur-mal-etre-89504



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Qualité de vie au travail – Zoom sur trois retours d’expériences
05.07.2018
sur https://webzine.has-sante.fr/portail/jcms/c_2860495/fr/qualite-de-vie-au-travail-zoom-sur-trois-retours-d-experiences
Depuis fin 2015, 189 établissements de santé se sont lancés dans l’expérimentation de démarches de qualité de vie au travail, en partenariat avec la HAS, l’Anact et la DGOS. Lors de la Paris Healthcare Week 2018, deux chercheurs ont présenté les enseignements anonymisés des démarches menées par trois de ces établissements.


La qualité de vie au travail des professionnels de santé contribue à favoriser la qualité et la sécurité des soins délivrés au patient. Depuis fin 2015, des expérimentations (ou « clusters ») sont conduites dans le cadre de la collaboration entre la HAS, l‘Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) sur l’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT). Christophe Massot, docteur en sciences de gestion et chercheur associé au Centre de recherche sur le travail et le développement (CNAM-CRTD), et Cathel Kornig, sociologue du travail – membre associé du Laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST-CNRS-Aix-Marseille-Université) se sont rendus dans une dizaine d’établissements afin de réaliser une première évaluation de ces travaux.

Faire émerger des propositions

Premier exemple, celui d’un centre de gérontologie doté de plus de 300 lits. Il emploie plus de 400 personnes en équivalent temps plein. De nombreux changements organisationnels sont intervenus dans cet établissement depuis 5 ans, avec comme corollaire, des suppressions de postes. Ces évolutions ont conduit à des tensions et les relations se sont dégradées dans certains services. Pour faire face à cette situation, la direction des ressources humaines et les délégués du personnel ont souhaité travailler ensemble sur la qualité de vie au travail. Un groupe de travail a été constitué avec les représentants de différentes professions de santé (médecins, soignants, administratifs…). Son parti pris : ne traiter que des aspects qui concernent le travail quotidien en partant des questions posées par les professionnels de l’équipe, et ne pas aborder de front les conflits.
Parmi les problèmes soulevés : la question du « timing » des interventions des différents professionnels d’une équipe de soins auprès des patients. Des interventions mal planifiées ou en retard impactent considérablement l’emploi du temps au sein d’une équipe.

Illustrer concrètement les dysfonctionnements

Deuxième exemple, celui d’un hôpital situé dans une ville de 30 000 habitants. Il dispose de 1 000 lits, emploie 1 600 salariés, et propose des services de médecine, de chirurgie et d’obstétrique. L’établissement souffre d’une mauvaise réputation et peine à recruter des professionnels de santé. La directrice des soins et la DRH ont donc souhaité travailler sur la qualité de vie au travail pour améliorer l’attractivité du centre hospitalier. Leur démarche s’est concentrée autour du service ambulatoire que l’hôpital souhaite développer, mais qui connaît d’importants dysfonctionnements. Le groupe de travail était constitué du cadre de santé du service, des 12 membres de l’équipe de soins et d’un brancardier. Au cours de cette démarche, chacun a été invité à prendre deux photos d’une situation de travail pour illustrer un dysfonctionnement. Les photos ont ensuite été partagées et discutées afin de proposer solutions et aménagements. Le groupe de travail a ainsi pu élaborer et présenter un plan d’action à la direction pour réorganiser le service.

Analyser en détail l’activité

Le troisième exemple est celui d’un établissement de santé mentale qui emploie 130 salariés et dispose de 100 lits de court séjour. La démarche autour de la qualité de vie au travail s’inscrit dans un contexte particulier puisque les services doivent déménager. Ce déménagement offre l’opportunité de repenser l’organisation de l’hôpital. Le groupe de travail, qui réunit les différents professionnels et une qualiticienne, s’est notamment penché sur la question de l’administration des médicaments aux patients. Plusieurs solutions ont émergé mais aucune ne faisait l’unanimité. Le groupe a alors expérimenté deux solutions en parallèle : d’une part, l’administration des médicaments en salle (tous les patients se rendent en même temps dans la salle), et de l’autre, l’administration dans les chambres des patients. Finalement, l’administration en salle fut choisie, l’administration en chambre étant plus complexe à gérer.

Redevenir acteurs et forces de proposition

Christophe Massot et Cathel Kornig tirent plusieurs enseignements de ces exemples. Indéniablement, le fait d’aborder les problèmes du travail quotidien et de rechercher des solutions collectives permet aux groupes de travail de dépasser les conflits interpersonnels. Par ailleurs, l’engagement de la direction est indispensable pour valoriser le travail fait en groupe et y donner suite. Plus généralement, les expérimentations montrent qu’il est nécessaire de faire en sorte que le groupe de travail analyse lui-même l’activité pour explorer d’autres manières de fonctionner et de capitaliser sur les nouveaux rapports sociaux qui peuvent émerger de l’expérimentation.
 
Propos recueillis par Citizen press