Attachement amoureux, symptômes dépressifs et comportements suicidaires en contexte de rupture amoureuse Auteurs :
Audrey Brassard Ph. D., Professeure titulaire, Département de psychologie, Université de Sherbrooke Marianne St-Laurent Dubé D. Ps., psychologue clinicienne Kristin Gehl B.A., Étudiante, Département de psychologie, Université de Sherbrooke Tania Lecomte Ph. D., Professeure titulaire, Département de psychologie, Université de Montréal – Chercheuse seniore, Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CRIUSMM)
Santé mentale au Québec Volume 43, Number 1, Spring 2018, pp. 145- 162 edition Mosaïque sur Érudit* Résumé
Les ruptures amoureuses et les divorces sont de plus en plus fréquents en Occident. La rupture d’une relation amoureuse est une épreuve difficile qui génère une détresse émotionnelle importante. Certains individus vivant une rupture peuvent même poser un geste suicidaire. Le lien entre la rupture amoureuse et le comportement suicidaire est bien documenté, mais d’autres facteurs de risque sont moins connus. La présente étude a investigué le rôle des insécurités d’attachement amoureux (anxiété d’abandon, évitement de l’intimité) dans la survenue des symptômes dépressifs et des comportements suicidaires (pensées et tentatives) à la suite d’une rupture. Pour ce faire, 50 adultes ayant vécu une rupture amoureuse dans les six derniers mois ont été recrutés auprès d’organismes d’aide ainsi que dans la communauté. Un doctorant formé en crise suicidaire a administré verbalement des échelles validées d’attachement amoureux, de symptômes dépressifs et de comportements suicidaires lors d’une entrevue individuelle. Les résultats des analyses de régression multiple ont montré que l’anxiété d’abandon des adultes vivant une rupture est liée à davantage de symptômes dépressifs, ainsi qu’à la sévérité et l’intensité des idées suicidaires. Ces effets demeurent lorsque l’utilisation du réseau social est contrôlée. L’évitement de l’intimité n’est pas lié à ces variables. Des pistes d’évaluation et d’intervention sont proposées.
L’unité assure l’accueil et le traitement de la crise pré-suicidaire, suicidaire et des évènements psychotraumatiques.
Elle participe au Programme Régional de Santé sur le problème de la suicidalité.
L’intervention en situation de crise (I.S.C.) a pour objectif de centrer les soins sur l’événement critique du
moment, la mise en place de moyens de résolution, puis l’identification et la mobilisation des ressources
et des soutiens existants.
Au Liban, des volontaires dépassent les tabous pour lutter contre le suicide
Liban Publié le
AFP/ANWAR AMRO
Le
long du front de mer de Beyrouth, Nour Safieddine, 24 ans, dépasse des
promeneurs déambulant en fin d'après-midi. Vêtue d'un tee-shirt rose
vif, la journaliste court pour survivre.
"Je cours pour pouvoir
continuer, pour que la vie puisse me sourire après m'avoir fait pleurer
ou plutôt pour ne pas succomber aux pensées suicidaires qui m'ont
traversé l'esprit", a-t-elle expliqué récemment dans un courageux et
rare témoignage sur sa dépression sur les réseaux sociaux.
Au
Liban, les problèmes de santé mentale et les suicides sont un sujet
tabou. Le christianisme et l'islam, les deux principales et très
influentes religions du pays, condamnent le suicide.
Par
peur d'être victimes de l'opprobre de la société, les familles
préfèrent souvent dissimuler les suicides, compliquant la lutte contre
ce phénomène.
"Certaines préfèrent dire que leur proche est tombé par peur d'être stigmatisées", explique Nour Kik du ministère de la Santé.
Une étude réalisée en 2008 a estimé qu'un adulte libanais sur trois développera un trouble mental avant l'âge de 75 ans.
Ravagé
par une guerre civile de 15 ans (1975-1990), le Liban porte encore les
stigmates de ce conflit avec des crises politiques à répétition. Les
inégalités sociales restent par ailleurs très fortes.
Le taux de
suicide a récemment augmenté de manière alarmante mais les chiffres
pourraient ne recouvrir qu'une partie de la réalité.
Au cours des
sept premiers mois de 2018, 89 personnes se sont donné la mort, contre
143 sur l'ensemble de 2017, selon les Forces de sécurité intérieure
(FSI).
En moyenne, une personne se suicide environ tous les deux
jours et demi dans ce petit pays méditerranéen, selon les derniers
chiffres.
Pour secouer les mentalités et sauver des vies, de
jeunes Libanais comme Nour Safieddine ont décidé de témoigner
ouvertement du malaise profond qui les ronge ou de s'engager
bénévolement.
- Energie positive -
Tombée dans une
dépression paralysante après la mort soudaine de sa soeur et de son père
il y a environ un an, Nour a partagé son expérience sur les réseaux
sociaux, racontant également comment la course lui a permis de lutter
contre la douleur.
"J'ai décidé de donner de l'énergie positive à
ces gens et je veux leur rappeler que la vie vaut la peine d'être
vécue", dit cette coureuse au corps élancé.
Les réactions
positives ont afflué. "J'ai réalisé que mon expérience était similaire à
celle de nombreuses personnes qui n'osaient pas parler",
raconte-t-elle. Un
groupe de professionnels de santé et de bénévoles ont eux lancé fin
2017 le premier numéro vert (1564) de prévention contre le suicide.
Baptisée
"Embrace Lifeline", la ligne a déjà reçu 600 appels depuis novembre,
précise Omar Ghosn, psychiatre et membre du conseil d'administration de
l'association à l'origine de l'initiative.
Dans un petit bureau du
centre de Beyrouth, environ 45 volontaires se relaient pour répondre
aux appels des personnes en détresse ou de leurs familles et amis.
"Les
personnes qui appellent sont des femmes et des hommes de tout âge" dont
beaucoup d'adolescents, dit Sally, une bénévole qui préfère taire son
nom de famille.
"J'ai reçu beaucoup d'appels d'hommes âgés" qui
souvent sans travail ni retraite peinent à se nourrir ou à se loger,
raconte cette étudiante en psychologie de 22 ans.
- "Les écouter pleurer" -
"90%
des personnes qui tentent de se suicider souffrent d'un trouble mental
qui peut être soigné", explique Nour Kik, du programme public de
bien-être mental lancé en 2014 par le ministère de la Santé. "Nous
oeuvrons à rendre les services plus accessibles".
Le fléau
n'épargne pas les réfugiés syriens vivant au Liban dans des conditions
d'extrême pauvreté et qui sont parfois confrontés à des discriminations,
après avoir fui la guerre ravageant leur pays depuis plus de sept ans.
En
2014, un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait
que 41% des jeunes Syriens au Liban avaient déjà envisagé le suicide.
Fadi, un Syrien de 37 ans, a rejoint l'équipe de bénévoles d'"Embrace Lifeline". Il
tente de faire surmonter leurs problèmes à ses interlocuteurs en
mettant en avant leurs accomplissements. Mais, "parfois, ils ont juste
besoin de quelqu'un qui les écoute pleurer", confie-t-il.
Son
engagement a été encore renforcé en avril après être intervenu lors de
la tentative de suicide d'un Syrien âgé d'une quarantaine d'années, qui
menaçait de se jeter d'une falaise à Beyrouth devant des passants
totalement indifférents.
"Ils mangeaient des graines de tournesol
et observaient la scène comme s'ils regardaient un film au cinéma",
déplore-t-il. "La société entière a besoin de séances de
sensibilisation".
Fadi a fini par gagner la confiance de l'homme en lui offrant son manteau. Il l'a ensuite convaincu de ne pas sauter. https://www.capital.fr/economie-politique/au-liban-des-volontaires-depassent-les-tabous-pour-lutter-contre-le-suicide-1301660
Le
suicide est un sujet de préoccupation grandissant chez les médecins, et
on affirme souvent qu’il touche davantage cette profession que les
autres. Malheureusement, les données robustes manquent pour étudier le
phénomène avec précision.
« Le taux de suicide des médecins est à peu près le même que celui des agriculteurs », affirmait l’année dernière le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF), sur RMC.
Une déclaration que rien ne permet d’infirmer, mais que bien peu de
chose permettent d’étayer, tant les données sur le sujet sont
parcellaires.
En effet, les chiffres disponibles sur le suicide des médecins en
France sont bien rares. Ceux que l’on cite le plus souvent proviennent
du travail de feu le Dr Yves Léopold. Ce généraliste avignonnais a
notamment produit en 2003 une enquête
portant sur 42 000 libéraux actifs dans 26 départements. Dans cette
population, 14 % des décès recensés sur une période de 5 ans étaient dus
à un suicide (*), contre 5,6 % dans la tranche des 35-65 ans dans la
population générale à cette époque. Soit un risque 2,4 fois supérieur.
Malheureusement, cette étude souffrait de plusieurs biais : absence
des médecins salariés dans l’échantillon, surreprésentation des
départements ruraux… Depuis, peu de travaux sont venus contribuer à
notre connaissance du sujet, comme le déplore le Pr Michel Debout,
professeur de médecine légale et auteur avec le journaliste Gérard
Clavairoly d’un ouvrage sur le suicide. « Nous n’avons pas de connaissance précise de la mortalité par
suicide en fonction des professions, et ce notamment en raison de la
manière dont les certificats de décès sont constitués », explique le PU-PH. « Ceux-ci
ne mentionnent en effet pas l’activité professionnelle de la personne
décédée, si elle est en situation de chômage, etc. » Le niveau baisse-t-il ?
D’ailleurs, pour Michel Debout, la question la plus importante ne
serait pas de savoir si le risque suicidaire est plus élevé dans telle
profession ou dans telle autre (le taux de suicide peut dépendre de
différents facteurs non professionnels, comme par exemple la répartition
hommes-femmes), mais de savoir si le nombre de suicides est en
augmentation ou en diminution. Malheureusement, sur la question de
l’évolution du phénomène, comme sur celle des comparaisons entre
professions, les données manquent.
Ceux qui cherchent tout de même à comparer le taux de suicide chez
des médecins à celui de la population générale peuvent toutefois se
tourner vers les données disponibles à l’international. Celles-ci vont
dans le même sens que celles issues du travail d’Yves Léopold, ce qui
tendrait à confirmer leur validité.
On peut par exemple citer cette étude de 2005,
qui montrait une mortalité plus élevée chez les médecins américains que
dans la population générale (sur-risque de 1,8 pour les hommes et 4,9
pour les femmes). Une revue de la littérature internationale
estimait quant à elle en 2004 le sur-risque à 1,4 pour les hommes et
2,7 pour les femmes. Il n’y a pas de raison pour que les choses soient
fondamentalement différentes en France. (*) Suicide, un tabou français, Editions Pascal, 2012
Santé Pour en finir avec la peur de la maladie mentale La ministre de la Santé a présenté 37 actions sur la santé mentale
visant notamment la « déstigmatisation ». Sur le terrain, associations
et fondations œuvrent dans ce sens avec l’arrivée des premiers secours
en santé mentale. Le 09/08/2018 sur https://www.republicain-lorrain.fr
Comment réagir face à un collègue qui s’isole peu à peu, un ami
dont on craint qu’il se suicide, un inconnu qui “pète un plomb” en
pleine rue ? « La tendance naturelle, quand une personne manifeste des
signes de mal-être, c’est de détourner le regard », note Roselyne
Touroude, vice-présidente de l’Unafam (Union nationale de familles et
amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques). Pourtant, comme
il existe des premiers gestes physiques à réaliser sur une personne
blessée avant l’arrivée des secours professionnels, il existe des
« premiers secours en santé mentale » (PSSM) à prodiguer en attendant
que la crise soit passée ou qu’une prise en charge adaptée ne soit
trouvée.
Deux jours pour apprendre à réagir Né en Australie en 2001,
le programme PSSM vise à apprendre aux citoyens comment se comporter
face aux premières manifestations de troubles psychiques et à bien
connaître le système de soins et d’accompagnement afin d’être en mesure
d’aider les malades à s’orienter « vers un dispositif susceptible
d’apporter l’écoute et les soins requis par leur état de santé »,
explique l’association PSSM France. Créé fin juin, cette structure –
regroupant l’Unafam, Santé mentale France et l’organisme de formation
INFIPP – dispensera, à partir de 2019, des formations à ce programme
enseigné dans une vingtaine de pays dans le monde. Ainsi, dans
quelques mois ou années, votre employeur vous proposera peut-être, aux
côtés de la formation de secouriste du travail, une formation aux PSSM…
Comme la première, elle devrait durer deux jours et s’articuler autour
de plusieurs troubles : l’anxiété, la dépression, la psychose, les
addictions, la crise panique et les situations de violence.
« Un savoir être très simple » « Il ne s’agit pas
d’apporter du soin mais une aide », souligne Béatrice Borrel, trésorière
de PSSM France. « L’objectif est de développer un savoir être très
simple, une écoute, une attention bienveillante… L’idée c’est : comment
aborder ces personnes sans être envahis par nos propres peurs et nos
représentations de la maladie mentale », précise Rémi Forger. Infirmier
au Mans, il fait partie des seize « instructeurs » formés pendant cinq
jours à Lyon, du 9 au 13 juillet. Ceux-ci formeront à leur tour les
premiers formateurs aux PSSM qui enseigneront à leur tour ce savoir
auprès des publics « pilotes », en particulier les étudiants en santé,
comme le souhaite la ministre de la Santé mais aussi des travailleurs
sociaux, des DRH, des policiers… dans des régions pilotes. Le démarrage
est soutenu financièrement par la Direction générale de la santé, Santé
Publique France et la Fondation de France. Mais le déploiement du
programme auprès d’un public plus large dépendra de la sensibilité et
des moyens financiers que chaque structure (entreprise, collectivité…)
sera prête à investir dans cette formation.
Diminuer le taux de suicide Le programme PSSM est
l’occasion « d’inverser » le premier mouvement de recul face au malade
psychique, « de changer le regard et de permettre un accès aux soins »,
souligne Roselyne Touroude, également futur instructeur. Car
contrairement aux premiers secours physiques, « on n’est pas dans le
ponctuel. On va traiter une crise mais pas seulement. On est beaucoup
dans une logique de compréhension : repérer les premiers signes,
travailler sur la prise de conscience avec la personne et lui donner de
l’information », explique Béatrice Borrel. Outre la « déstigmatisation »
de la maladie mentale, l’enjeu est d’arriver à une prise en charge plus
précoce des patients. Et peut-être de diminuer le taux de suicide car,
avec 25 morts par jour – contre 9 tués par accident de la route –, la
France affiche l’un des taux européens les plus mauvais (17e sur 28 en 2014). L’efficacité
du programme a été mesurée par plusieurs études internationales. Elles
ont montré que les formations aux PSSM augmentaient les connaissances
sur la santé mentale ainsi que les comportements d’aide et réduisaient
les attitudes négatives envers les personnes malades.
Rôle et coordination des préventeurs en cas de suicide Publié le 28 février 2018 | Dernière mise à jour le 5 mars 2018 sur http://bretagne.direccte.gouv.fr*
Ce guide « Rôle et coordination des préventeurs en cas de suicide en lien avec le travail » a été réalisé dans le cadre des travaux du Plan régional Santé Travail 2016-2020 de Bretagne, par les membres du groupe Risques psycho-sociaux (RPS).
A destination des préventeurs, il a pour objectifs : d’appréhender les idées reçues sur le suicide pour être en capacité d’accompagner l’entreprise et l’inciter à la prévention d’Identifier le rôle de chaque intervenant en cas de suicide en lien avec le travail de se connaître pour mieux travailler ensemble : favoriser la coopération entre les intervenants d’apporter des conseils et outils sur l’intervention à mener en cas de suicide en lien avec le travail
Le nombre important des comportements suicidaires en Bretagne est une réalité. Un certain nombre de ces actes sont en lien avec l’environnement de travail. Plusieurs sources estiment à 500 par an le nombre de suicides, en France, en lien avec l’environnement de travail, soit autant que le nombre total d’accidents du travail mortels.
Conscients de la nécessité et de la difficulté des interventions en milieu de travail, les préventeurs du plan régional de santé au travail PRST – groupe RPS de Bretagne ont souhaité mieux définir le champ et le cadre de leurs missions respectives à partir de leurs pratiques et réflexions.
Au préalable, il est apparu nécessaire de mieux connaître chaque acteur concerné. Ceci a conduit à élaborer des fiches pratiques à destination des intervenants.
Au-delà de la situation spécifique de suicide en lien avec le travail, ces fiches peuvent être étendues à toute situation nécessitant une coordination importante (accident grave ou mortel).
Dans le cadre de ce travail, quelques outils pratiques de sensibilisation ou d’information sont également proposés.
À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE PRÉVENTION DU SUICIDE LE GROUPE HOSPITALIER CARNELLE PORTES DE L’OISE & L’ASSOCIATION ENTR’ACTES VOUS PRÉSENTENT COLORFUL Japon, 2010 De Keiichi Hara Scénario : Miho Maruo Durée : 2h06 Un esprit gagne une deuxième chance de vivre à condition d’apprendre de ses erreurs. Il renait dans le corps de Makoto, un élève de 3ème qui vient de mettre fin à ses jours. L’esprit doit endurer la vie quotidienne de cet adolescent mal dans sa peau. Avançant à tâtons, s’efforçant de ne pas reproduire les fautes de Makoto, il va finalement découvrir une vérité qui va bouleverser son existence. Projection du film suivie d’un échange avec des professionnels de la prise en charge du suicide et des troubles du comportement. Affiche Image Vendredi 5 octobre 2018 ENTREE LIBRE 19h30 CINÉ-DÉBAT flyer Lieu de la projection : MJC de Persan 90 Avenue Gaston Vermeire 95340 PERSAN Groupe Prévention du Suicide du GHCPO
SAINT-PIERRE-DU-MONT
Une nouvelle structure de santé du groupe privé Inicea a ouvert le 16
juillet, dans les anciens locaux de Pôle emploi
jeudi 2 août 2018 , p. Mont-de-Marsan-C2_5 Sud Ouest
Mont-de-Marsan Agglo
Un hôpital psychiatrique de jour, pour quoi faire ?
Coût du projet : 1, 2 million d'euros
VINCENT DEWITTE
Ses portes sont ouvertes depuis le 16 juillet mais les premiers
patients n'y seront accueillis qu'à partir du 20 août. La petite équipe
du tout nouvel hôpital psychiatrique de jour du groupe privé Inicea a
profité, hier, de cette phase de " préadmissions " pour prendre le temps
de présenter ses nouveaux locaux à Saint-Pierre-du-Mont, sur l'ancien
site de Pôle emploi, juste derrière l'église évangélique.
Rien à
voir avec les austères bureaux de la vieille agence ANPE, délaissés
depuis quatre ans. La façade hors d'âge rappelle encore l'ancienne
destinée du bâtiment. Mais à l'intérieur, tout a été cassé, repensé et
rebâti en fonction des besoins d'une telle structure, confirme Nathalie
Texier, directrice de la clinique Maylis de Narrosse. L'accueil très
lumineux est prolongé par un large couloir qui mène à une vaste salle de
restauration collective. À côté des bureaux des soignants, des espaces
dédiés aux futurs ateliers de groupe, socle de la thérapie tournée vers
la réinsertion. " Et puis il y le parc, très important et utile pour
proposer des activités en extérieur ", appuie Julien Pitiot, le
responsable du site.
L'ancien infirmier et cadre hospitalier de
l'hôpital public Sainte-Anne a été recruté en janvier pour diriger cet
hôpital de jour et celui développé à côté de la clinique de Narrosse.
Signe encourageant pour l'avenir du site saint-pierrois, son équivalent
narrossais, en service depuis le 12 février, revendique déjà " 149
venues par semaine et environ 90 patients suivis en file active ", se
réjouit le duo de chefs.
" Des troubles plus légers "
Pour mieux se développer, sans trop empiéter sur l'activité de Narrosse,
les prises en charges prévues à la journée ou à la demi-journée seront
quelque peu différentes ici. Outre les consultations privées des
psychiatres montois, Nathalie Bats et Thierry Fernandez, qui ont chacun
déménagé leur patientèle à Saint-Pierre, l'équipe placée sous la
responsabilité de Julien Pitiot entend se spécialiser sur " une prise en
charge de troubles psychiatrique plus légers ", insiste Nathalie
Texier.
Les soignants et intervenants paramédicaux (lire par
ailleurs) s'occuperont bien sûr des personnes atteintes de bipolarité et
de schizophrénie; " mais avec uniquement des patients spécialisés, et
davantage dans une logique de réhabilitation psychosociale ",
s'engage-t-on. Les nouveaux venus souhaitent toutefois se mobiliser plus
spécialement autour des questions du " stress professionnel " et de "
la prévention du burn-out ". Il est également question de
soins associés à la chirurgie bariatrique (obésité). Mais aussi de
stress post-traumatique, notamment " en direction des militaires qui
rentrent d'Opex (opérations extérieures) ", met-on en avant alors que
ces derniers sont pour l'instant dirigés vers des hôpitaux de Pau ou de
Bordeaux.
Nathalie Texier ajoute " la prise en charge du risque de suicide
", et " le souhait de développer une offre de pédopsychiatrie ", ici ou
ailleurs. En attendant ces échéances, les responsables de l'hôpital de
jour de Saint-Pierre-du-Mont recensent " déjà une trentaine de futurs
patients actifs
Ils recrutent
Suivant les modalités des thérapies mises
en place, l'équipe constituée d'un cadre, d'une secrétaire, de deux
infirmiers (trois à partir du 1er septembre), d'une psychologue, d'une
assistante sociale (à mi-temps) et de deux psychiatres sera complétée
par des intervenants extérieurs. Ce sera notamment le cas pour tout ce
qui touche à la relaxation, la sophrologie, les activités sportives
(remise à l'effort) ou encore l'art thérapie. Les professionnels
interessés peuvent se rapprocher de l'hôpital de jour par téléphone, au
05 54 00 01 30. Ou par mail : cmpa.accueil@inicea.fr
Rassurer les riverains
Le projet, développé sur 760 mètres carrés et chiffré à 1,2 million
d'euros, était à l'étude depuis mars 2016. L'Agence régionale de santé
l'avait validé moins de six mois plus tard. Il ne restait alors plus
qu'à acquérir le foncier nécessaire et réaliser les travaux. « Il a
surtout fallu rassurer les riverains », ne cache pas Nathalie Texier.
Habituée à faire face à « la stigmatisation de la psychiatrie », la
professionnelle s'est employée à « expliquer que ce ne serait pas
Sainte-Anne ». Les inquiétudes ont d'abord été levées via une
communication dans le magazine municipal de Saint-Pierre-du-Mont.
Nathalie Texier a ensuite proposé aux plus inquiets de venir visiter la
clinique de Maylis et son nouvel hôpital de jour attenant. L'argument le
plus apaisant a été celui des horaires d'ouverture. Soit « du lundi au
vendredi seulement, jusqu'à 17 heures, et jamais le week-end »,
rappelait-elle mercredi matin. Cet article est paru dans Sud Ouest (site web)
Taux de suicide, burn-out... SOS médecins en détresse
>Société>Santé|Elsa Mari|
31 juillet 2018 http://www.leparisien.fr/*
Selon un récent sondage, 100 % des soignants se disent épuisés et 50 % ont déjà connu un burn-out.
Après des années de déni, la souffrance des médecins et des infirmiers est enfin devenue un problème que l’on prend à bras-le-corps dans des unités spécialisées que nous avons pu visiter.C’est
un médecin généraliste qui s’enfonce dans la forêt, alcool et
médicaments à la main, décidé à ne jamais en ressortir. C’est une
consœur, qui est retrouvée évanouie par ses patients dans son cabinet.
Une autre, en arrêt, qui pleure d’angoisse à l’idée de reprendre les
consultations. Pénurie de blouses blanches, lourdeurs administratives, surcharge de travail due au vieillissement de la population… En France, la souffrance des soignants est devenue un problème de santé publique.
Selon un récent sondage réalisé par la start-up spécialisée 360 Medics,
100 % se disent épuisés et 50 % ont déjà connu un burn-out. Le taux de
suicide est aussi 2,5 fois plus élevé que dans les autres métiers.
Mais
aujourd’hui, le tabou se fissure et le milieu médical, conscient du
malaise, contre-attaque pour sauver d’urgence ses soldats. De plus en
plus de structures inédites émergent pour les aider à panser leurs
plaies comme à Châtillon-en-Michaille, dans l’Ain, où une unité dédiée
aux soignants vient d’ouvrir ses portes. Comment sont-ils réparés ? Pour
le savoir, nous nous sommes rendus dans la première, créée il y a six
ans à la clinique psychiatrique Belle-Rive, à Villeneuve-lès-Avignon et
inaugurée l’an dernier.
Crises de larmes et addictions
Quinze
des 120 lits sont réservés à ces patients pas comme les autres,
victimes d’états dépressifs, de palpitations, crises de larmes,
d’addiction, de pensées suicidaires. « On s’est dit qu’il était temps de
prendre le problème à bras-le-corps », témoigne Emmanuel Granier,
psychiatre à l’origine de cette unité où 50 % des soignants sont
dépendants à l’alcool et les deux tiers aux psychotropes,
tranquillisants, opiacés.
Ici, ils apprennent à verbaliser leur
malaise et à rabaisser leur niveau d’exigence. Pas facile lorsqu’on est
formaté, depuis ses études, à être insubmersible, à prendre de plein
fouet les névroses et blessures des autres, sans jamais écouter les
siennes. C’est toujours la même équation : je soigne, sinon je ne suis
rien, je n’existe pas. Alors, généralistes, infirmiers, psychiatres,
gynécos ou kinés multiplient les ateliers « gestion des émotions », «
organisation du travail ».
Chaîne de solidarité
Mais
l’hôpital n’est que le dernier maillon d’une stratégie globale.
D’abord, il faut endiguer cette vague de mal-être. C’est pour cela
qu’une nouvelle plateforme d’écoute téléphonique, d’abord réservée aux
médecins et internes, est, depuis avril, ouverte à tous les
professionnels de santé, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le résultat
d’un travail entre les associations et l’ordre des médecins et
infirmiers. « Face au malaise général, on a monté ce partenariat tous
ensemble, l’union fait la force », s’exclame leur président Patrick
Chamboredon.
Depuis quelques mois, une chaîne de solidarité s’est
mise en place, baptisée Programme aide solidarité soignant (PASS). Ainsi
lorsqu’un professionnel de santé en détresse compose le numéro
d’écoute, il peut être redirigé vers une des associations de sa région
et, au besoin, être hospitalisé. « L’objectif est de créer une unité
spécialisée dans chaque région d’ici quelques années, explique le
docteur Granier. On est tous main dans la main pour mettre au point une
entité nationale. C’est du jamais-vu ! »
De son côté, le
ministère de la Santé a installé, le 2 juillet, un Observatoire national
pour la qualité de vie au travail des professionnels de santé, chargé
d’élaborer des recommandations de bonnes pratiques. Selon le psychiatre
Granier, il ne faut pas oublier « qu’un médecin qui va mal est un
médecin qui soigne mal ».
«Allô ? Je suis en train de craquer»
Au
cabinet Psya, une vingtaine de psychologues se relaient jour et nuit
pour répondre aux appels de soignants. LP/Jean Nicholas Guillo Un
cabinet médical transformé en grand open space, derrière une baie
vitrée, interdite au public. Ici arrivent les appels des soignants en
détresse, au cabinet Psya, expert dans l’accompagnement psychologique.
Pas de blouses blanches, mais une vingtaine de psychologues, casque de
téléphone sur la tête, ordi sous les yeux, qui se relaient jour et nuit
pour répondre à leurs consœurs et confrères dans une tour de la Défense
(Hauts-de-Seine).
Bienvenue sur la nouvelle plateforme d’écoute
ultra-discrète dédiée à tous les professionnels de santé depuis le 1er
avril. À l’autre bout du fil, ce sont surtout des médecins, étudiants,
infirmiers, kiné qui composent gratuitement le 0 800 800 854, à la
recherche d’une voix bienveillante. Plus de 700 appels ont été
enregistrés depuis avril. Surtout des femmes d’une cinquantaine
d’années. « Elles représentent 72 % des appels, sûrement parce qu’elles
ont tendance à se confier plus librement que les hommes », explique
Sophie Cot-Rascol, psychologue clinicienne.
À chaque fois, c’est
le même rituel. Lors d’un échange de près d’une heure, chacun met en
mots son épuisement physique et moral. On leur propose un suivi
téléphonique avec le même psychologue, ou d’être orientés vers un
médecin généraliste ou un psychiatre. Derrière leur téléphone, les
répondants doivent faire vite, les amener à se livrer. Pour mieux les
aider. Certains, réticents, ne laissent que leurs noms et numéros,
préférant écourter la conversation. « Ils ont un sens de l’abnégation
très poussé, prendre soin de soi ou tomber malade n’est pas prévu,
analyse Sophie Cot-Rascol. Beaucoup minimisent leurs symptômes alors
qu’ils sont déjà en burn-out depuis longtemps. »
Ici, ils trouvent
des solutions concrètes, comme avec cette infirmière en libéral qui, au
bout du fil, confie être « en train de craquer ». « Elle a accepté de
prendre une semaine d’arrêt. Puis, on a vu comment elle pouvait
réorganiser son emploi du temps, ne plus répondre aux appels de ses
patients à 21 heures ou 22 heures », se réjouit Victoria Tchakmazian,
l’une des psychologues, coordinatrice du centre d’écoute. « Avant on
était dans un déni total, reprend Sophie Cot-Rascol. Aujourd’hui, on en
parle plus librement, c’est très positif même si un grand travail
d’acceptation est encore nécessaire. » Les deux psys insistent : «
Surtout ne restez pas seul, parlez, parlez. »
Publics concernés : parlementaires ; administrations ; professionnels de santé ; experts ; chercheurs ; associations.
Objet : création de l'Observatoire national du suicide.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Notice : le présent décret crée l'Observatoire national du suicide, en définit les missions et la composition.
Cet Observatoire se situe dans la continuité de la dynamique
impulsée par l'Observatoire créé par décret le 9 septembre 2013 pour une
durée de quatre ans. Il résulte du besoin des pouvoirs publics de
disposer d'un instrument de connaissance et d'aide à la décision,
pluridisciplinaire et indépendant, dans le champ de la prévention du
suicide.
Références : le présent décret peut être consulté sur le site Légifrance (https://www.legifrance.gouv.fr).
Le Premier ministre, Sur le rapport de la ministre des solidarités et de la santé, Vu la constitution, notamment son article 37 ; Vu le décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006
fixant les conditions et les modalités de règlement des frais
occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils de
l'Etat, Décrète :
Article 1
Il est créé, pour une durée de cinq ans, auprès du ministre chargé
de la santé un Observatoire national du suicide, indépendant et
pluridisciplinaire, dont les missions sont les suivantes :
- coordonner les différents producteurs de données ; - identifier des sujets de recherche, les prioriser et les promouvoir auprès des chercheurs ; -
favoriser l'appropriation des travaux de recherche par les politiques
publiques et le public de façon plus générale ainsi que leur diffusion ; - produire des recommandations sur l'amélioration des systèmes d'information et en matière de recherche et d'études ; - définir des indicateurs de suivi de la politique de prévention du suicide.
Article 2
L'Observatoire national du suicide est présidé par le ministre chargé de la santé. Il comprend :
- le directeur de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques ou son représentant ; - le directeur général de la santé ou son représentant ; - le directeur général de l'offre de soins ou son représentant ; - le directeur général de la cohésion sociale ou son représentant ; - le directeur général du travail ou son représentant ; - le directeur de l'animation de la recherche, des études et des statistiques ou son représentant ; - le directeur de l'administration pénitentiaire ou son représentant ; - le directeur général de la police nationale ou son représentant ; - le directeur général de l'enseignement scolaire ou son représentant ; - le directeur de l'évaluation, de la prospective et de la performance ou son représentant ; - le directeur général pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle ou son représentant ; - le directeur général de la recherche et de l'innovation ou son représentant - le secrétaire général du ministère de l'agriculture et de l'alimentation ou son représentant ; - un représentant d'une agence régionale de santé désigné par le ministre chargé de la santé ; - un représentant du conseil d'orientation sur les conditions de travail ; - un représentant de la Caisse nationale de l'assurance maladie ; - un représentant de la Caisse nationale déléguée pour la Sécurité sociale des travailleurs indépendants ; - un représentant de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole ; - un représentant de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie ; - un représentant de l'Agence nationale de santé publique ; - un représentant de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire ; -
un représentant de l'Institut national de recherche et de sécurité pour
la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
; - un représentant de la Haute autorité de santé ; - un représentant de l'Institut de recherche en santé publique ; - un représentant du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès ; - un représentant de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé ; - un représentant de la Fédération nationale des Observatoires régionaux de santé ; - un représentant de l'Institut national des études démographiques ; - un représentant de la Fédération régionale Nord-Pas-de-Calais de recherche en santé mentale ; - un représentant du Centre collaborateur OMS pour la recherche et la formation en santé mentale ; -
huit représentants d'associations susceptibles d'intervenir dans le
champ du suicide, dont la liste et les modalités de représentation sont
fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ; - trois
psychiatres, un médecin généraliste, un médecin urgentiste, un médecin
du travail, un médecin scolaire, un gérontologue et un médecin légiste
désignés par arrêté du ministre chargé de la santé ; - deux personnalités qualifiées désignées par arrêté du ministre chargé de la santé.
La présidence déléguée est assurée par le directeur de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques assure le secrétariat de l'Observatoire.
Article 3
L'Observatoire national du suicide se réunit sur convocation de son
président, qui arrête le programme annuel de travail et fixe l'ordre du
jour des séances. L'Observatoire peut, au titre de ses missions,
constituer en son sein des groupes de travail chargés notamment du suivi
des indicateurs ou de la recherche. L'Observatoire élabore tous les
dix-huit mois un rapport qu'il rend public. Ce rapport comprend un bilan
et est alimenté par les travaux des groupes de travail.
Article 4
Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, la garde des sceaux,
ministre de la justice, la ministre des solidarités et de la santé, la
ministre du travail, le ministre de l'éducation nationale, le ministre
de l'agriculture et de l'alimentation et la ministre de l'enseignement
supérieur, de la recherche et de l'innovation sont chargés, chacun en ce
qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au
Journal officiel de la République française.
Fait le 1er août 2018.
Edouard Philippe
Par le Premier ministre :
La ministre des solidarités et de la santé,
Agnès Buzyn
Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur,
Gérard Collomb
La garde des sceaux, ministre de la justice,
Nicole Belloubet
La ministre du travail,
Muriel Pénicaud
Le ministre de l'éducation nationale,
Jean-Michel Blanquer
Le ministre de l'agriculture et de l'alimentation,
Stéphane Travert
La ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation,
Frédérique Vidal