vendredi 10 juillet 2026

Yvelines le plan de prévention de la santé mentale dévoilé

Yvelines » : le plan de prévention de la santé mentale dévoilé
En 2023, 135 personnes tous âges confondus sont mortes par suicide dans les Yvelines. « Cela montre une image un peu sombre de ce qu'est la santé mentale dans notre territoire car c'est trois fois le nombre de morts sur la route », regrette Brice Blondel, le préfet.

Ce mercredi 8 juillet, la préfecture des Yvelines a dévoilé son ambitieux plan de prévention concernant la santé mentale. Il vise à coordonner les actions des dispositifs existants. « C'est inédit sous cette forme-là », souligne Simon Kieffer, directeur départemental de l'ARS.

« Les jeunes sont en première ligne »

En préambule, Brice Blondel égrène les tristes chiffres concernant la santé mentale. En France, un lycéen sur cinq a ou a connu des états dépressifs. 20 % des lycéens ont ou ont eu des pensées suicidaires.

« Dans les Yvelines, on a une concentration de population paupérisée dans des grands ensembles urbains, notamment dans la vallée de la Seine. Ce public n'a pas les mêmes ressources que dans d'autres régions, glisse-t-il. Les jeunes sont en première ligne. »

En 2025, le gouvernement a choisi de déclarer la santé mentale « comme grande cause nationale ». « Cela ne veut pas dire que l'argent afflue pour créer des structures mais il y a une priorisation des moyens », décrypte le préfet.

Ce plan a fait l'objet d'une expérimentation dans deux quartiers classés politiques de la ville, notamment à Mantes-la-Jolie. Cette dernière a montré qu'il existait des initiatives mais qu'elles n'étaient pas coordonnées.

« La première priorité, c'est de coordonner les actions « »

« On a compris qu'il fallait fédérer, explique Marc Tschiggfrey, le préfet délégué pour l'égalité des chances. Cela a débouché sur des contrats locaux de santé dans des quartiers politiques de la ville, comme à Mantes-la-Ville et Carrières-sous-Poissy. »

Ce plan se construit autour de trois priorités. « La première, c'est de coordonner les actions, que ce soit des soignants, des enseignants, des collectivités, des associations, la CAF, etc. afin d'éviter que chacun duplique des modes de réponse dans son couloir », éclaire Brice Blondel.

La préfecture ambitionne par ailleurs de former les encadrants au repérage et à la compréhension des symptômes. « Cela signifie développer les compétences psychosociales des enseignants, des infirmières scolaires, des moniteurs de colonies de vacances etc. », liste Brice Blondel.

Des secouristes de la santé mentale dans cinq établissements scolaires

Pour cela, la préfecture veut utiliser l'outil Premier secours en santé mentale mis au point par une association. « Son objectif, c'est de former 100 000 secouristes de la santé mentale par an, rapporte-t-il. On va le déployer dans cinq établissements scolaires à Mantes-la-Jolie et Saint-Germain-en-Laye. »

La préfecture souhaite encore faire connaître davantage les lieux d'accueil, comme les maisons de l'adolescent. « Ces structures ne travaillent pas aujourd'hui complètement ensemble pour se partager les publics en fonction de leurs compétences, observe-t-il. On mettra en place un travail de clarification. »

« La France a du retard sur cette question »

La préfecture démocratisera également dans les Yvelines l'usage de l'outil de prévention du suicide VigilanS imaginé par le ministère de la Santé. Ce dispositif sert à recontacter les jeunes après une tentative de suicide. Il réduit de 40 % le risque de rechute.

Enfin, les conseils locaux de santé seront renforcés. « Des représentants de l'Éducation nationale pourront convier un professeur confronté à une situation compliquée pour lui apporter des solutions », illustre Brice Blondel.

« Par rapport à d'autres pays comme l'Irlande, la France a du retard sur cette question, déplore le préfet. Elle a été trop longtemps délaissée avec des réponses morcelées. On aura désormais un dispositif à l'échelle des Yvelines. » Et le délégué de l'ARS de souligner : « C'est unique à ce niveau en Île-de-France. » Cet article est paru dans Le Parisien (site web)